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Sujet : LES NUITS DE BAENTCHER
Sondage : LES NUITS DE BAENTCHER
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le duodénum 6% (2)
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Grouïn des Tétynes

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   Réponse au Sujet 'LES NUITS DE BAENTCHER' a été posté le : 19/12/04 20:09
Mais je m'égare, revenons je vous prie à notre histoire. Donc, Vertu présenta Nilbor comme étant un compagnon d'arme, et l'autre comme étant un certain Belam, commanditaire de l'affaire. Ils convinrent rapidement qu'il serait plus civilisé de parlementer autour d'un verre, sous la tonnelle d'une agréable buvette attenante au parc, et s'installèrent bientôt. En fait, Belam et Vertu avaient déjà une conversation en cours.
" Dois-je comprendre, ma fille, que vous pratiquez la prostitution ?
- Eh bien oui, mon père, c'est cela même.
- Mais ne trouvez-vous pas que c'est une conduite dégradante et contraire à la dignité de la femme ?
- C'est un métier qui a ses inconvénients, comme tous les autres. Un peu plus que d'autres, c'est vrai, c'est un peu pour ça que je souhaite quitter cette carrière. Je ne savais pas que le culte de Myrna avait quelque chose contre le métier.
- Eh bien, ce n'est pas strictement prohibé, à vrai dire. Mais c'est loin d'être encouragé, c'est tout de même dégradant...
- Mon père, intervint Nilbor, permettez-moi de témoigner, en tant qu'homme ayant un peu l'expérience de la vie, que nombre de putains conservent malgré leur profession, et peut-être même au travers de leur profession, toute la dignité et la fierté que l'on peut attendre d'une femme honnête. Certaines jouissent même d'une considération et d'une estime justifiée.
- J'avoue ne pas fréquenter le quartier des plaisirs... Il est vrai que vous-même, ma fille, ne paraissez pas du genre à vous laisser aller. Vous semblez, malgré votre jeune âge, traverser la vie avec une assurance que vous envieraient bien des personnes mûres telles que moi.
- Merci.
- Je devine en vous une de ces courtisanes expertes et calculatrices dont on vante les vénéneux mérites dans les romans et les pièces de théâtre. Une de ces princesses du vice habiles à ruiner leurs clients, à pervertir les pères de famille les plus honnêtes, à gruger les plus avares.
- Ben...
- Mais dans le sein de chacune de ces reines esclaves aux mille amants bat le cœur fragile d'une femme, soupirant pour un jeune inconnu aperçu, un jours, au travers des persiennes de la maison de plaisir. Et telle la flamme fragile d'une chandelle qu'aucune bourrasque d'hiver ne peut souffler, un amour impossible dont la pureté...
- Holà, eh, du calme ! Je suis pas du genre à jouer du shamisen à la mode kiyomoto sous les lespédèzes, moi. Tout ce que je fais, c'est que quand un type a le zigouigoui qui le démange, il vient me voir, je le soulage comme il a envie, je prends l'argent et je passe au suivant.
- Ah oui ?
- Et je me lave entre les deux, on n'est pas des sauvages. Mais vous-mêmes, vous avez l'air d'un homme normal et en bonne santé, et je n'ai jamais entendu dire que les Myrnéens castraient leurs curés. Comment vous faites quand ça vous prend ? Il y a une madame Belam ?
- Euh... pas vraiment. En fait, je parviens à retrouver la sérénité par la communion avec la nature... Mais ceci n'a aucun rapport avec notre affaire, je crois.
- Ah, on y vient quand même, s'impatienta Mark. De quoi s'agit-il ? "


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Je tendrement dans le huître, avec deux en
plus, et dedans je le. Ordure et mou, l'chaussette
vermine jaune petit sachet de arbre.

(Excusez-moi, je suis dyssyntaxique)


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   Réponse au Sujet 'LES NUITS DE BAENTCHER' a été posté le : 19/12/04 20:10
Tout le monde fut soulagé que Mark recentre le débat sur des considérations plus constructives.
" Euh... bon, alors voilà. Avez-vous entendu parler d'une ville appelée Nedolbert, aux marches de la Thalassie ? C'est une petite cité de la plaine sans grande envergure, en bordure d'une forêt immense. Il y a un temple de Myrna qui a un style certain, un peu dans le genre de la basilique de Gonorrhée, en plus modeste.
- Nedolbert, terre de contrastes, ses habitants chaleureux, son patrimoine historique, sa vie culturelle animée... Vous êtes payé par l'Office du Tourisme ?
- Du tout. Voici quarante-six ans, le temple en question fut victime d'un vol, comme cela ne se produit que trop souvent. Le butin fut des plus modestes, quelques tableaux religieux, divers instruments du culte, quelques offrandes de fidèles, rien de bien précieux.
- Voilà histoire excitante ! Holà, Djilel, va me chercher un café avant que je m'endorme.
- Rien qui retienne l'attention. Après quelques infructueuses recherches, le Temple a classé l'affaire dans les pertes et profits, et l'histoire sombra dans l'oubli. Or dans la liste des objets volés se trouvait un certain pendentif, le don d'un fidèle anonyme. Il s'agissait d'une simple breloque en ivoire incrustée de pierre semi-précieuses.
- Si on ne me fait pas 25 cc d'adré en IV, je m'enfonce !
- Cessez donc de faire le pitre, jeune homme ! Il se trouve que je suis passionné d'histoire, et j'ai découvert récemment en compulsant les chroniques anciennes que ce pendentif était peut-être, en fait un objet d'une grande magie.
- Ah quand même.
- Il s'agirait du Pendentif des Neuf Incarnations, un artefact très anciens et très recherché, qui a traversé les millénaires en semant derrière lui la concupiscence.
- Neuf incarnations ? S'étonna Mark.
- Exactement. Le pouvoir du pendentif est considérable, jugez-en : celui qui le met un jour autour de son cou, ne serait-ce qu'une seconde, se voit assuré, une fois son existence achevée, d'être instantanément réincarné ! Et ce, neuf fois de suite, même si par la suite, il perd l'amulette, qui continuera à faire son office à distance.
- N'est-ce pas que c'est fantastique ! S'enthousiasma Nilbor. Qui ne rêverait pas de voir son espérance de vie décuplée, c'est prodigieux !
- Prodigieux, en effet, mais un tel pouvoir est assorti d'une contrepartie. Pour infléchir à ce point le destin d'un mortel, un artefact magique doit être relié aux astres et aux sphères célestes. Une fois utilisé, il faut attendre une certaine conjonction des étoiles pour que le pendentif retrouve son pouvoir, et puisse à nouveau dispenser sa bénédiction. Elle ne se produit que tous les cent quatre-vingt huit ans, ce qui explique qu'entre deux utilisations, l'objet perde toute valeur. Qui risquerait sa vie pour acquérir un objet magique inutilisable avant deux ou trois générations ?
- Je comprends tout à fait, approuva Mark. Mais la prochaine conjonction se produira quand ?
- C'était il y a trois semaines, si mes calculs sont exacts.
- Bouffre !
- Et c'est pourquoi l'affaire est urgente, il faut agir avant que quelqu'un s'aperçoive de ce qu'est réellement ce pendentif. Après bien des détours, j'ai réussi à localiser l'amulette, ici même, à Baentcher. Votre mission sera de la dérober, afin que le Temple de Myrna la mette sous bonne garde. L'aventure comportant quelques risques, je suis prêt à vous offrir deux mille askenis. Je pense que c'est raisonnable.
- Tout dépend du lieu où est enfermée l'amulette, tempéra Mark. S'il y a douze liches et trois dragons à tuer, ça va être un peu plus cher.
- Rien de tel, je vous l'assure. J'ai réussi à suivre la trace du pendentif après le vol, il fut dérobé par des membres de la Guilde des Lames Nocturnes de Baentcher, vendu à un sorcier qui en sut rien en faire, et le revendit à un collectionneur, lequel à sa mort légua l'objet au Temple Noir. Cependant, comme il n'avait rien de commun avec les prodigieuses richesses qu'exposent nos collègues du culte de Hima, il fut remisé dans un lieu où ils entreposent traditionnellement les pièces jugées indignes de tels honneurs.
- Le Labyrinthe de Theraknoar, annonça Nilbor.
- Précisément. C'est une nécropole qui date de l'époque où les fidèles de Hima ne brûlaient pas encore leurs morts. Comme je vous l'ai dit, le Temple y entasse tout ce qui l'encombre, mais comme rien là dedans n'a de grande valeur, il est peu gardé, et nous ne devrions pas trouver d'opposition insurmontables pour des gens résolus et habiles tels que nous.
- Nous ? Vous comptez venir ?
- Eh bien oui, voyons. Me trouvez-vous trop vieux ? Ne vous méprenez pas, je suis habile à manier la masse, et si jamais il y a des blessés, mes bénédictions pourront être d'une certaine aide.
- Et puis surtout, persifla Mark, il faut s'assurer que nous n'aurons pas la vilaine tentation d'utiliser nous-mêmes l'amulette à notre profit, n'est-ce pas ? Mais j'y songe, vous avez l'aval de votre temple pour cette entreprise ? N'est-il pas logique de penser que vous pourriez vous-même être tenté par ce semblant d'immortalité ?
- Oh, voyons, quelle vilaine idée vous avez là. Ah, tant pis, je vais vous dire le fond de ma pensée. Je ne convoite pas l'amulette, car ma religion m'interdit d'aller à l'encontre des cycles de la nature, et lorsque mon heure sera venue, je ne demande pas mieux que de quitter ce monde imparfait pour rejoindre la déesse et participer aux Vendanges Eternelles. Si l'un d'entre vous décide de porter le pendentif, peu m'importe, en vérité. Ce qui est primordial, c'est que ce pouvoir ne tombe pas entre de mauvaises mains.
- De mauvaises mains ? Notez, moi, tout ce qui m'intéresse, c'est l'or que vous allez me donner, mais permettez-moi de vous dire que je ne vois pas très bien en quoi le temple de Myrna est un meilleur endroit que le temple de Hima pour ranger ce pendentif. Et je ne vois pas ce qui vous fait croire que les prêtres de Myrna seront plus sages que ceux de... "
Mark s'arrêta dans sa diatribe, frappé par une compréhension soudaine. Car la si fantasque Hima était une déesse respectée, que son culte était officiel et que ses fidèles étaient parfaitement tolérés en société, il y avait un avatar, un aspect de sa nature divine, qui posait de tout autres problèmes.
" ...Nyshra...
- Eh oui, c'est bien là le problème. Les prêtres de Nyshra, comme ceux de Hima, ont libre accès au Labyrinthe de Theraknoar. Imaginez qu'un adepte de la déesse de la destruction s'empare se ce trésor... Qui sait ce que l'imagination de tels pervers criminels pourrait bien en faire ?
- Je comprends. L'affaire semble franche, dans ces conditions, j'en suis. Et vous, mes joyeux compagnons ?
- Hardi, fit Nilbor.
- A l'aventure, s'écria Vertu.
- Montjoie, approuva Djilel.
- Ta gueule ! "
Et sans plus de cérémonie, l'on se pencha sur les détails de l'opération.


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   Réponse au Sujet 'LES NUITS DE BAENTCHER' a été posté le : 19/12/04 23:16
Chapitre 7. Le neveu

Comme il n'y avait aucune raison de remettre au lendemain, les conjurés décidèrent de tenter le coup le soir même. Ordinairement, la prudence commandait de reconnaître longuement le terrain, mais selon toute vraisemblance, Nilbor avait eu les détails de l'histoire de la bouche de Belam quelques jours auparavant, et s'était déjà acquitté des travaux préparatoires. Il avait même fait un plan du labyrinthe de Theraknoar, qui présentait une particularité assez singulière : c'était un labyrinthe rectiligne.
Pour des raisons bien compréhensibles, l'unique entrée du dédale était secrète. Le seul accès était situé dans les caves d'une hostellerie appartenant au Temple et tenue par des dévots de Hima, qui étaient au-dessus de tout soupçon. Il y avait deux moyens de parvenir à la cave, le plus évident étant la trappe située dans la grande salle de l'établissement, occupée en permanence, et donc peu propice à une infiltration. Mais il y avait aussi un soupirail donnant sur la ruelle adjacente. Il n'était pas si facile de s'y glisser, car juste en face se trouvait l'échoppe d'un ferblantier spécialisé dans la réalisation de petites babioles votives à destination des pèlerins de Hima, nombreux dans le quartier, car nous étions à proximité immédiate du Temple Noir. Ni le temple, ni les pèlerins n'avaient d'horaires, et bien que ces derniers se fissent rares à partir d'une certaine heure, la maison avait pour politique de toujours garder porte ouverte. Ce détail avait éveillé l'intérêt des sénéchaux du Temple, de qui les tenanciers avaient reçu la consigne de garder un œil ouvert sur le fameux soupirail, moyennant la concession d'un quelconque petit privilège.
Las, comme l'avait expliqué Nilbor, le patron étant sans enfant mâle, il avait adopté un jeune neveu désargenté qui n'avait guère d'amour pour lui, ni grande considération pour le culte de la déesse triopte, mais en revanche, avait le vice bien excusable quoique coûteux des chausses de qualité, des pourpoints à la mode et des belles parures. En outre, il s'ennuyait fort tous les soirs, dans la poussiéreuse boutique qu'il avait la charge d'administrer. Ceci étant bien compris entre les deux parties, il avait été facile de trouver un terrain d'entente.
La nuit tomba, et la lune était gibbeuse, mais bientôt, elle disparut derrière le bulbe obèse du temple cyclopéen qui semblait vouloir recouvrir tout le quartier d'un lourd manteau de ténèbres. Seule l'unique fenêtre de la petite boutique distillait maintenant dans la ruelle la lueur rougeâtre d'une huile trop usée - car le patron était avare. Les compagnons apparurent, comme par magie, l'un après l'autre. Jamais n'aurait-on soupçonné entre eux la moindre concertation. Vertu s'adossa contre un mur à une extrémité de la voie, en une attitude qui lui était familière, Nilbor à l'autre bout imitait un poivrot délirant et déclamant des vers indistincts dans sa barbe alcoolisée. A eux deux, ils fermaient le périmètre, prêts à donner discrètement l'alarme si jamais un importun faisait mine de se promener. Belam, Mark et Djilel se retrouvèrent dans le commerce exigu du neveu indigne, et attendirent avec patience qu'un client veuille bien sortir, feignant d'examiner les bibelots, petites lampes et autres encensoirs à vil prix avec un œil de connaisseur. Puis, quand le badaud - un gamin des rues à l'attitude désagréable - fut enfin parti se faire pendre ailleurs, le commerçant fit un signe de la tête, et se mit en devoir de regarder ailleurs pendant quelques minutes. Il n'en fallut pas plus pour que la troupe disparaisse dans les profondeurs de la terre, emportant tout son matériel.
Une demi-heure plus tard, un ork à la mine farouche, c'est à dire à la mine parfaitement normale pour sa race, se présenta dans la boutique. Quelques barbares vénéraient Hima, déesse de la liberté, mais parmi eux, on en avait rarement vu de cette engeance. A le voir arriver ainsi en pleine nuit, sans faire de bruit, le neveu comprit qu'il s'était mis dans un mauvais cas. Il était au cœur d'une des plus grandes villes du monde civilisé, à deux pas d'un des lieux saints les plus fameux d'occident, mais en ce moment, il se sentait aussi seul que s'il avait été dans la taïga, sans armes et poursuivi par une meute de loups affamés.
" M... Mes hommages... messire...
- Toi rien voir. Toi rien entendre. Et toi rien dire.
- Je... que je ne...
- Sinon, toi retrouver jambes de toi dans tonneau, et bras de toi dans tonneau. Et pas le même tonneau.
- Je... je ne vois pas de quoi vous parlez. D'ailleurs, je ne vous ai jamais vu.
- Bien. Intelligent. Il vivra longtemps. "
Et sans plus philosopher, l'ork disparut dans la nuit, et le très peu brave neveu fit de son mieux pour ne pas l'entendre glisser sa carcasse et ses armes dans... Il préférait ne pas savoir dans quoi. Ah, dieux, quelle rencontre déplaisante ! Comment les autorités municipales toléraient-elles la présence de ces... Ah, l'ignoble pourceau sur deux pattes. Aurait-il mesuré une tête de plus qu'il aurait rossé ce coquin, ça, c'était sûr.
Comme souvent les gens timorés se retrouvant soudain confrontés à la violence, fut-elle purement verbale, notre jeune commerçant s'imaginait après-coup dans toutes sortes de postures triomphantes tout en se servant un petit verre d'alcool fort lorsqu'un nouveau client se présenta. En fait, et il mit un moment à s'en rendre compte, il ne s'agissait pas d'un nouveau client, mais du gamin de tout à l'heure. Lequel était plus en fonds qu'il en avait l'air, car il posa cinq askenis d'or sur le comptoir - ce qui correspondait au prix d'une certaine redingote de serge écru exposée depuis deux jours dans la vitrine du fameux tailleur Djian Francaux Ferreux - et soupira à mi-voix :
" Toi mon mignon, tu as l'air d'un gars bavard et cupide. Ce sont des qualités que je sais apprécier chez un homme... "


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   Réponse au Sujet 'LES NUITS DE BAENTCHER' a été posté le : 20/12/04 21:53
Chapitre 8. Nyshra

La fameuse cave ressemblait en toutes choses à la cave ordinaire d'une taverne quelconque. Au travers du plancher grinçant provenaient les accents d'une musique complexe interprétée par plusieurs flûtistes sur des tons différents, dans un genre qui était encore à la mode cette année là chez les fidèles de Hima. Parfois, le déplacement d'un client ou d'un serveur précipitait au travers d'une fente une cascade de poussière, discret rappel qu'un employé pouvait débarquer d'une minute à l'autre, et que donc si l'on était un malandrin, il était de bon ton de se presser.
Trouver la porte secrète ne présenta aucune difficulté pour nos fripons, car sans être un lieu public, le labyrinthe de Theraknoar n'était nullement abandonné, et recevait de temps à autre la visite de prêtres, de représentants de riches familles venus se recueillir sur les cendres de leurs aïeux à l'occasion des fêtes religieuses, ou des équipes d'entretien. C'est pourquoi les soins mis à en dissimuler l'entrée étaient vains, car le passage de tout ce monde durant des décennies laissait des traces, éraflures, usure de la pierre, terre compressée, gouttes de cire provenant de chandelles, et autres reliefs qu'un brigand expérimenté sait interpréter.
C'était dans un réduit peu accessible, derrière une innocente colonne de pierre. Il y avait là un pan de mur de quelques paumes de large, qui n'était en fait pas un pan de mur, mais un panneau de bois recouvert de plâtre. Bien sûr, il y avait une serrure, dissimulée dans une fausse crevasse. Et bien sûr, Nilbor avait une clé, car un sien cousin avait eu la bonne idée d'endetter au jeu l'un des agents d'entretien susmentionnés. Des agents d'entretien qui faisaient bien leur travail, car la porte pivota d'une simple pression, comme si elle flottait sur un bain d'huile. Silencieux, ils pénétrèrent donc l'un après l'autre dans le dédale, et allumèrent torches et lanternes.
Ils pénétrèrent dans un vestibule assez étriqué, dont l'unique issue était un couloir descendant vers d'insondables profondeurs. Il en émanait des remugles humides de décomposition, de champignons et de mousses, mais aucune odeur de musc ou de crasse, généralement révélatrice d'un monstre. Nilbor fit mine de refermer la serrure derrière le groupe, mais Mark l'arrêta.
" Crois-tu que ce soit bien prudent de fermer ?
- Pourquoi pas ?
- Réfléchis compagnon, si jamais il y a une mauvaise surprise en bas, s'il faut fuir à toute vitesse, on gagnera du temps si on n'a pas à chercher ta clé.
- C'est vrai, mais s'il y a tantôt une visite au labyrinthe, et s'ils découvrent que la porte est ouverte ?
- A cette heure ? Non, crois-moi, il y a bien plus de chances de tomber sur un imprévu à l'intérieur que de voir débarquer des touristes. D'ailleurs, porte ouverte ou fermée, si des gens devaient descendre, ils nous trouveraient ici, et ça ne changerait rien à la situation. Tout ce dont je suis sûr, c'est que je me sens mal à l'aise à l'idée de condamner nous-même l'unique issue de ce lieu.
- Il a pas forcément tort, approuva Vertu.
- Bon, soit. Mais dans ces conditions, pressons-nous ! Je reste en arrière, des fois qu'on nous surprenne. "
Sur ce dernier point, ils tombèrent d'accord. Et dans l'obscurité du tombeau, le sourire de Mark échappa à tous, sauf à lui-même.


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Comme je l'ai déjà brièvement souligné, le labyrinthe de Theraknoar était rectiligne. En fait, il s'agissait d'un fort long couloir, s'ouvrant sur deux rangées de caveaux aux portes de fer forgé, dont les linteaux disaient en vieilles lettres les noms des familles qui y avaient remisés leurs os. Les dévots de ce culte estimaient que la beauté était à faire partager aux autres vivants, aussi considéraient-ils comme sacrilège et criminel de se faire enterrer avec des bijoux ou des œuvres d'art, les plus rigoristes mettant même un point d'honneur à aller nus dans l'autre monde, c'est pourquoi ces sépultures n'attiraient guère la convoitise des pillards. Cette grande métropole n'avait jamais été totalement utilisée, car dans un passé reculé, les fidèles de Hima avaient peu à peu abandonné l'habitude de se faire inhumer, effrayés par la perspective que leurs cadavres puissent servir aux expériences de nécromanciens. C'est pourquoi, une fois passé le belvédère souterrain marquant le milieu du couloir, ce n'étaient plus des sépulcres que l'on trouvait, mais des chambres fortes, derrière les portes blindées desquelles on imaginait facilement un bric-à-brac d'objets sans grande valeur unitaire, mais dont le nombre pouvait rendre un voleur riche.
Alors qu'ils arrivaient au fameux belvédère, Vertu, qui jusque là avait pris la tête, fit mine de rester un peu en retrait pour s'intéresser à l'architecture néo-gothique du caveau de la famille Danael-Meshypran, tandis que Nilbor, qui assurait nonchalamment l'arrière garde, une flèche encochée dans son arc, se montra plus nerveux. Il faut dire que le belvédère était peu engageant. Il s'agissait d'une salle de belle taille, une douzaine de pas de diamètre environs, couronnée par un dôme soutenu par huit faisceaux de colonnettes. Au centre, un espace circulaire surélevé par trois marches s'ornait, si l'on peut dire, d'une hideuse sculpture à taille humaine, celle d'un monstre abominable. Après en avoir fait le tour, Mark vit que son visage était celui d'une femme à trois yeux, comme c'était le cas pour Hima, mais au lieu d'une sainte inspiration, cette face était tordue par la douleur et la colère. Son buste était celui d'une femme ayant pas moins de six bras, chacun équipé d'une arme différente et terrible, et à la place des jambes, elle rampait sur une queue évoquant celle d'un serpent, ou bien d'un scorpion. Ses seuls vêtements étaient des colliers et bracelets faits de crânes et d'os humains. La facture de cette œuvre de bronze était fort habile, mais nulle plaque n'en dénonçait l'auteur. Nulle plaque n'en donnait non plus le nom de la créature figurée, mais c'était superflu, tous avaient reconnu sans ambiguïté les attributs Nyshra, la déesse honnie de la vengeance, le redoutable avatar de Hima.
L'œil aiguisé de Mark n'avait pas manqué de remarquer un détail tout à fait intéressant : les prunelles de la statue étaient des pierres d'un rouge profond, grosses chacune comme un ongle d'index, et qui, s'il s'agissait bien de rubis, valaient tout à fait qu'on s'y attarde quelques secondes.
" Messire Mark, j'espère que vous ne comptez pas voler ces joyaux ? Il s'agit de reliques sacrées, et bien que je réprouve ce culte, il y a tout de même des choses qui se respectent.
- Je ne convoite pas, j'admire, mon père.
- Le pendentif, rien que le pendentif !
- Et rien d'autre, soyez-en assuré. "


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Un petit mensonge qui ne lui coûtait pas cher, car si tout se passait comme prévu, Belam ne devait pas sortir vivant de cette tombe. Ah, il n'aimait rien plus que rouler ses contemporains, leur mentir avec effronterie, voir sur leurs faces les traits de la méfiance cédant la place au masque niais de la confiance béate, à force de flatterie, de propos bien tournés, d'explications rassurantes. Il avait eu l'occasion de remarquer à de nombreuses reprises qu'en chaque homme, prince ou manant, idiot du village ou docte professeur, se ta*******ait, plus ou moins profondément, ce travers sournois et fatal, l'aptitude à faire confiance à autrui. Souvent il riait de cette naïveté, qu'il faut donc être sot pour abaisser sa garde !
Plus tard, chaque fois qu'il repensait au piètre comportement qui fut le sien ce soir là, notre héros eut bien des remords de s'être fait blouser de la sorte. Et toi aussi qui lis ces lignes, confortablement installé dans ton logis bourgeois, quelque bête poilue ronronnant sur les genoux, tu peux à ton tour juger que Mark s'était comporté de façon bien légère, car je te sais expert en matière de souterrains hostiles. Certes, te dis-tu, à la place de cette brute, tu ne te serais jamais approché de la statue d'une déesse du chaos, de la vengeance et de la destruction sans le secours d'un bon harnois d'acier plein, d'un large bouclier, d'une hache de foudre, de quelques sortilèges protecteurs et d'une demi-douzaines de forts gaillards équipés à la même mode. Mais il faut se souvenir ici qu'il était encore fort jeune, et s'il avait écumé steppes, bois et campagnes en rançonnant les paysans, attaqué moult marchands ambulants et bouté le feu à force relais de poste, il n'avait pas d'expérience des donjons, avait fort peu lu d'heroïc-fantasy et n'avait jamais pratiqué le jeu de rôle. Dans ces conditions, on peut considérer son erreur avec indulgences, d'autant que ses qualités de combattant lui permirent d'y survivre.
Le fléau d'armes siffla au-dessus de la tête de Mark. Il avait juste eu le bon réflexe au bon moment. Il n'y avait eu aucun signe avant-coureur, la statue ne s'était pas étirée longuement avec des craquements sinistres, ses yeux n'avaient pas lui d'un éclat malsain, aucune chaîne d'éclairs n'avait parcouru ses membres musculeux, pas le moindre phylactère ne s'était illuminé. Mark se dégagea, encore étourdi par l'irréalité de cette situation qu'il affrontait pourtant. Seul son entraînement lui permit de survivre durant les quelques secondes qui suivirent, où la statue de bronze utilisa tous ses bras, toutes ses armes. Au vrombissement incessant des lames et des piques répondait le crissement sinistre des gravillons écrasés sous les anneaux de bronze du monstre métallique.
Mark ne reprit tout à fait ses esprits que lorsqu'il vit du coin de l'œil deux Vertu et Nilbor se dissimuler chacun dans l'embrasure d'une porte, accroupis, leurs têtes de fourbes couvertes par leurs capes noires. Les ordures, ils savaient dès le départ ! Ils s'étaient servis de lui comme appât pour cette espèce de golem... Belam, bouche bée, restait au milieu du passage en dépit de toute prudence, mais Vertu parvint à le tirer à elle, puis le calma d'un bon direct du foie. Mark n'avait d'autre choix que de reculer dans le couloir. Apparemment, le gardien d'airain ne voyait que lui, il dépassa bientôt les deux traîtres immobiles, et poursuivit le guerrier de ses criminelles assiduités.
" Djilel, bougre d'âne, viens donc m'aider ! Hurla Mark tout en évitant une nouvelle fois la mort.
- J'arrive, maître. " Répondit l'esclave d'une voix blanche, tout en s'abstenant scrupuleusement de faire le moindre mouvement.


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   Réponse au Sujet 'LES NUITS DE BAENTCHER' a été posté le : 20/12/04 21:54
Pendant ce temps, les deux voleurs, fiers de leur coup, s'étaient avancés dans le couloir à toute vitesse, traînant avec eux un Belam hébété.
" On ne va pas aider Mark ? Hein ?
- A se faire tuer ? Non, il y arrivera bien sans nous. Ah, c'est ici. Vertu, il paraît que tu sais crocheter les portes.
- Je me suis un peu entraînée.
- Voyons ce que tu sais faire, c'est une de ces trois portes, d'après mes renseignements.
- Mais... on ne va pas l'aider ?
- Ce gardien est indestructible, Mark est perdu. Concentrons-nous sur notre tâche. "
Vertu sortit son petit matériel à crocheter, qu'elle avait acheté à vil prix à un voleur prenant sa retraite. Elle semblait douée pour cet exercice, car faire jouer les mécanismes ne lui demanda qu'une trentaine de secondes. La porte s'ouvrit.
Ce qui aurait dû être une chambre mortuaire était un cube de pierre dont les murs avaient été creusés chacun de deux rangées de quatre alvéoles, chacune assez vaste pour qu'on y laisse un cadavre. Mais c'étaient toutes sortes de babioles qu'on y avait rangées, et lorsque les niches avaient été pleines, on avait empilé devant elles des pièces d'ameublement sur lesquelles on avait entassé d'autres babioles, pour la plupart sans grande valeur.
" Il faut chercher un chacal de bronze avec de très longues pattes, à peu près haut jusqu'à ma hanche. A son oreille est accroché le pendentif, m'a-t-on dit.
- Je ne vois rien de tel, répondit Belam.
- Cherchez mieux. Ce n'est peut-être pas dans cette pièce, mais si c'est ici, ce serait dommage de passer à côté. "
Tout en recommandant au prêtre d'ouvrir grand ses yeux, il fit à Vertu un geste bien connu, l'invitant à se remplir discrètement les poches avec ce qu'elle pouvait trouver, et s'empressa de montrer l'exemple.
" Je ne vois de chacal nulle part !
- Non, moi non plus. Ce doit être dans une des deux autres salles. Vite, vite, ne perdons pas plus de temps ici. "
Ils sortirent donc comme des rats, et jetèrent un œil en arrière, là où le fracas des armes continuait à se faire entendre. Ils ne voyaient pas bien ce qui se passait, mais le bruit indiquait clairement que Mark tenait tête au monstre, jusque là.
Rassurés d'avoir encore du temps, les deux larrons s'attaquèrent à la porte suivante. Vertu, à nouveau, s'agenouilla devant l'ouverture de la serrure cruciforme, s'appliquant à ressentir les ressorts internes de la mécanique par le truchement des minces crochets d'acier. Nilbor était occupé à deviner le tour que prenait le combat par-delà le belvédère, lutte obscure dont ne lui parvenaient que des râles étouffés, des chocs métalliques et quelques reflets fugitifs. Ce fut donc Belam qui s'aperçut qu'eux aussi avaient des ennuis.
" Là... là... regardez le... truc qui flotte... argh ! "


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   Réponse au Sujet 'LES NUITS DE BAENTCHER' a été posté le : 03/01/05 22:47
Chapitre 9. Le fracasseur

Les deux larrons se retournèrent. Au milieu du couloir, juste derrière eux, une chose, une créature fantasmagorique venait d’apparaître, aussi silencieusement qu’un rêve. C’était une sphère parfaite, plus grosse qu’une tête humaine, d’un bleu opalescent, vaguement translucide, d’où pendaient une grappe de tentacules ou de filins, épais comme le pouce d’un homme un peu fort, dont l’âme était un mince fil d’un rouge profond se délitant à mesure que l’on s’approchait de la périphérie. Pour tout dire, la créature (si c’était bien une créature) n’avait l’air qu’à moitié réelle. Les tentacules s’agitaient très lentement, attitude que l’on pouvait prendre pour de la perplexité. De fascinants reflets dansaient entre les épaisseurs concentriques formant la sphère bleue, qui semblait de seconde en seconde plus dense, plus réelle. Cette chose étrange s’incarnait-elle dans notre monde ?
Quel sens mystérieux alarma Vertu ? Tout d’un coup, elle sut avec la plus effroyable certitude qu’ils étaient tous menacés par un danger plus mortel que tout ce qu’ils avaient affronté jusque là au cours de leurs existences.
« Baissez-vous ! »
Une fraction de seconde après qu’ils se fussent exécutés, un fracas abominable emplit l’espace, transperçant leurs os, leurs nerfs, leurs muscles et tous leurs organes d’une vibration dépassant en amplitude toute idée de son ou de douleur. Et la porte de la crypte, devant laquelle ils se tenaient peu de temps auparavant, se volatilisa en un grand nuage de poussière, sans laisser de fragment plus gros qu’une phalange.


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   Réponse au Sujet 'LES NUITS DE BAENTCHER' a été posté le : 03/01/05 22:47
A quelques dizaines de pas de là, mais cela semblait être un autre monde, Mark avait évité la plupart des assauts de son adversaire métallique, et ceux qu’il n’avait pu esquiver, il s’était arrangé pour qu’ils ne lui causent que des blessures mineures. Mais il sentait confusément que l’affaire était mal engagée. En quelques secondes d’engagement total, il était arrivé au point d’asphyxie musculaire, où les déplacements sont plus hésitants et les coups que l’on donne ne porte qu’à mi-puissance. Ce dernier point était d’autant plus alarmant que les quelques rudes attaques qu’il avait réussi à passer au travers du rideau de bras n’avaient fait qu’érafler le bronze constituant la statue. Il n’arriverait à rien comme cela, sinon à se faire tuer. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à la fuite. Abandonner le butin à ces forbans sans honneur ? Ah non, sûrement pas. Mais au fait, comment avaient-ils envisagé de quitter cet endroit ?
Tout en reculant pour éviter une nouvelle éruption de métal coupant, l’esprit de Mark tenta d’analyser les stratégies de Nilbor. Il avait compté sur lui pour occuper la statue de Nyshra pendant qu’il serait tout à son pillage, la chose était entendue. Mais pour le retour ? Y avait-il une porte de sortie de l’autre côté ? Ou bien connaissait-il un moyen de neutraliser l’implacable gardien ? Un mot de passe, un parchemin, une pierre runique ? Non, Nilbor n’était pas un lanceur de sort, c’était un archer. Et Vertu aussi, deux archers. Mais qu’est-ce que des archers, même habiles, pouvaient bien espérer faire contre une telle masse de...
Les yeux !
Le cimeterre de Mark fila droit vers la tête grimaçante, vers l’un des rubis scintillants. La bête para au dernier moment en relevant son poignet. Mark avait deviné juste, furieuse que son talon d’Achille soit découvert, l’effigie maléfique redoubla de violence en un assaut dévastateur. Malgré son habileté, notre héros fatigué n’y aurait peut-être pas survécu si à ce moment précis, Wahg-Ork n’avait eu la bonne idée d’intervenir.
La hache du barbare n’eut pas plus de succès que le cimeterre de son frère de sang, mais il divertit un instant le gardien, qui après quelques passes, se retrouva à se battre sur deux fronts, dressé sur sa queue reptilienne pour prendre quelque hauteur, tout en continuant à se défendre. Malheureusement pour nos amis, l’arithmétique était impitoyable, et lorsqu’on ne possède que deux bras, il faut se mettre à plus de deux pour être en surnombre contre un adversaire qui en a six. Et une queue.
En un mouvement audacieux, la bête virevolta en fauchant les jambes de nos coquins de son appendice plus lourd qu’une chaîne d’encre. Se retrouvant au sol, l’ork et l’humain ne pouvaient que tenter d’esquiver les coups de pique, d’épée et de fléau que dispensaient généreusement la statue dans la glaise du sol, sans avoir le loisir d’esquiver. Bien inutilement, Mark conseilla à son ami :
« Vise les yeux !
- Vise les yeux toi même. »


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   Réponse au Sujet 'LES NUITS DE BAENTCHER' a été posté le : 03/01/05 22:48
C’est à ce moment que retentit une épouvantable explosion. L’effigie de Nyshra se figea dans son élan vengeur et se retourna. Puis, sans plus se soucier de nos deux cogne-bestes, elle tourna les talons qu’elle n’avait pas et rampa vers le fond du couloir. Interloqués, Wahg-Ork et Mark se regardèrent un instant, se relevèrent à grand peine sur leurs jambes meurtries et chancelantes, puis suivirent le gardien à prudente distance. Ils devinèrent alors, plus qu’ils ne virent, un spectacle réjouissant : les traîtres Vertu et Nilbor, accompagnés du supposé traître Belam, semblaient dans une condition physique encore plus médiocre qu’eux., et de surcroît se retrouvaient coincés entre la redoutable statue et une créature qui devait être un spectre de quelque sorte, et qui venait de les mettre rudement à mal.
Mark s’adossa alors à un mur, sourit paisiblement, et regretta amèrement de n’avoir pas amené une pipe et du tabac dans cette expédition, car cela seul manquait au spectacle réjouissant dont il espérait être témoin.
Hélas, la statue animée dépassa les trois fuyards étourdis et saignant du nez, ne leur prêtant aucune attention, se précipitant droit sur la créature translucide, qui accepta le combat. Dans la même seconde, la lance de bronze transperça par deux fois la boule bleue, le sabre de bronze trancha les filaments purpurins, et la masse d’armes fouetta la bête, mais chose surprenante, aucun de ces coups ne rencontra autre chose que l’air. Il semblait qu’à l’inverse de son adversaire, il était totalement immatériel. Puis les rouges tentacules se détendirent démesurément pour enserrer les membres et le corps de la Nyshra de bronze, la boule bleue se rapprocha, et le cri abominable retentit à nouveau dans le long souterrain, insupportable, interminable. Et la statue commença à se désagréger, à tomber en morceaux, fracassée par l’immonde harmonie produite par la bête mystérieuse. A cette vue, Mark, en plus de se boucher les yeux, écarquilla les yeux, puis fit signe à son collègue qu’il était grand temps de se replier en bon ordre sur des positions préparées à l’avance afin d’explorer au calme toutes les éventualités tactiques, dont la plupart impliquaient de se tirer vite fait.


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   Réponse au Sujet 'LES NUITS DE BAENTCHER' a été posté le : 03/01/05 22:48
Clopin-clopant, mais avec la célérité que confère la nécessité, ils se retirèrent dans la petite salle où débouchait l’escalier, et constatèrent avec soulagement que quelque chose retenait le monstre, quelque invisible barrière l’empêchait de poursuivre sa traque au-delà d’une ligne située environ à mi-distance entre eux et le belvédère. Belam s’écroula, saisi par tant d’émotions soudaines, Mark et Wahg-Ork d’un côté, Vertu et Nilbor de l’autre, reprirent haleine, en silence. Puis, comme synchronisés par un mystérieux signal, tous quatre eurent la même idée au même instant, et tinrent prêtes leurs armes.
« Lâchez ça, dit Nilbor dans un souffle. On peut vous tuer avant que vous bougiez.
- Ouais, répondit l’ork. Mais ta main tremble. Et celle de la fille aussi. Si un de vous rate, vous aurez pas le temps de recommencer. Vos deux têtes tomberont.
- Bien parlé, compadre.
- Wahg-Ork aussi, il sait réfléchir. »
Après quelques secondes de silence, au cours desquelles chacun étudia les diverses possibilités tactiques, Belam vint mettre son grain de sel.
« Allons, allons, mes amis, mais pourquoi tant de rancœur ? Ne pouvons-nous pas coopérer tous dans un esprit de concorde et de fraternité, en ces heures sombres où le mal nous menace ? Ne sommes-nous pas une compagnie de héros ?
- Ouais, dit Vertu. A la vie, à la mort.
- Un pour tous, tous pour un.
- Cochon qui s’en dédit.
- Et toutes ces conneries. »
Et les indignes compagnons rangèrent leurs armes, et sans mot dire, prirent le chemin de la sortie, bredouille et gros-jean comme devant.


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   Réponse au Sujet 'LES NUITS DE BAENTCHER' a été posté le : 04/01/05 22:09
Chapitre 10. Marît

A dix minutes de marche de là se trouvait la taverne du « Sapajou Espiègle », tenue par Golbar le Borgne et ses trois fils, Galbor Crâne-fendu, Borgal N’a-qu’un-pied et Bargol Nez-d’argent. Est-il utile que j’en dise plus ? Dans un coin, cinq marauds que vous commencez à connaître discutaient ferme.
« Je tiens tout d’abord à signaler ma réprobation devant ce vol que je découvre, et je vous assure que ma part sera versée à des œuvres de charité ! Déclara Belam d’un air pincé. Puis, il désigna l’un des cinq lots qui jonchaient la table.
- Evidemment, dit Mark, le bon père prend le meilleur lot.
- Je crois que ces lots ont été faits de façon juste et équitable, mais si vous estimez que j’ai un avantage indu, je suis prêt à échanger une part du lot contre une part du votre que vous choisirez.
- Bah, ne soyons pas pusillanime, je vous laisse votre lot.
- En revanche, s’étonna Nilbor, je me demande pourquoi nous avons fait cinq lots, alors que nous avions convenu d’être quatre début de l’aventure.
- Grrr, grogna Wahg-Ork en portant la main à sa hache.
- Mais c’était une question purement rhétorique. Tu as raison Mark, ne soyons pas pusillanime. Si vous n’y voyez pas d’inconvénients, je prendrai le lot trois.
- Donc, compta Vertu qui était en charge du partage, le père Belam prend le lot quatre, constitué d’un tire-bouchon antique à la mode Nérale, en ronce de noyer et acier rouillé, d’un petit tableau légèrement moisi d’une paume de large représentant Saint-Marsupio terrassant le Lapin, d’une montre à gousset au verre fendu et d’une statuette de bois articulée figurant un moinillon dont le sexe sort quand on appuie sur la tête.
- Ah bon ? Ah mais oui, c’est vrai. Comme c’est cocasse.
- Nilbor s’approprie le lot trois, soit un petit sac de huit pièces d’argent probablement fausses, une broche dite fibule en cuivre représentant un camélia en fleur mais dont la moitié des pierres serties a disparu, une paire de ciseaux de couturière d’assez bonne qualité, quatre bobines de fil à coudre et un lot de boutons de nacre. Mark, quelle part de ces merveilles vas-tu t’approprier avec avidité ?
- Lot un.
- Lot un, soit une boîte contenant une collection assez complète de crânes de rongeurs de nos régions, un livre d’heures pour les travaux agricoles, un pourpoint de pongé d’un goût douteux et un set de trois dés à jouer en corne de vache. L’ork ?
- Je veux le cinq.
- Un cahier d’écolier avec des dessins d’enfant à la gloire de Hima, un collier de nouilles multicolore, un cendrier en plâtre présentant une exceptionnelle palette de polychromies enfantines, un porte-clé en fer forgé, et un coupe-papier en fer blanc pouvant à la rigueur faire office de dague pour qui souhaite assassiner un escargot où une limace. A propos de dague, Mark, tu as toujours la mienne.
- Tiens.
- Merci. Ah, je suis super contente, j’ai le lot deux ! Ouais ! Une paire gants en laine avec des trous, un lot de lacets enchantés ayant le pouvoir de faire des nœuds sur le dessus des chaussures, un authentique cintre magique pendeur de chemises, un jeu d’échecs portatif, et un... un bracelet en... pff...
- Allez, allez, fais pas cette tête. C’est ça l’aventure, ma belle, un jour on gagne, un jour on perd.
- On était si près, si près... Ah la honte... Adieu veaux, vaches, cochons, couvées... et salut les passes, les michetons et les blennorragies. J’ai plus qu’à retourner faire le tapin, de toute façon, je suis bonne qu’à ça.
- Mais non, ma fille, ne vous laissez pas aller au découragement ! Il n’est de condition, si modeste soit-elle, qui ne se puisse quitter à force de travail et d’obstination...
- En parlant de condition modeste, quelqu’un a vu Djilel récemment ? Parbleu, mais il a marronné, le ladre ! C’est pas que ce soit une grande perte, notez.
- ...et nous aurons d’autre occasions de briller au firmament des héros de légende. Mais j’y songe, il faut un nom à notre illustre compagnie ! Un nom qui donne confiance, un nom qui exalte les nobles qualités qui nous réunissent.
- Très juste, mon père, approuva Nilbor. Disons, la Compagnie des... la Compagnie du...
- La Compagnie Mal-Barrée. »


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   Réponse au Sujet 'LES NUITS DE BAENTCHER' a été posté le : 04/01/05 22:09
Cet avis autorisé provenait de quelqu’un qui pouvait s’autoriser à donner son avis, à savoir Marît Joryl. Il avait la quarantaine bien tassée, la calvitie bien rase, la bedaine bien développée, et pourtant un visage pas encore empâté au regard clair et alerte. Dans le civil, il était officier du guet municipal, responsable d’un arrondissement résidentiel et sans histoire de Baentcher. Ses concitoyens n’avaient pas à se plaindre de ses services, ni à en faire particulièrement les louanges, il veillait à faire son boulot, sans plus. Tous les soirs, sauf les rares fois où le service commandait qu’il fasse des heures supplémentaires, il attendait l’appel à la prière lancé depuis la tour du temple de Hegan, qui annonçait la fin de la journée de travail, et se changeait aussitôt, sans précipitation. Il remisait alors son vieil uniforme dans l’armoire de sa subdivision, attentif à le bien pendre de manière à ce qu’il ne fasse aucun pli, reprenait son habit civil, saluait ses subordonnés d’un petit geste fatigué, puis se dirigeait sans se presser ni se cacher vers les locaux austères de la Congrégation pour la Lumière de la Vérité. Il s’agissait officiellement d’une société à but philosophique, dont l’objet était de réfléchir sur la finalité de l’existence humaine, les rapports des mortels avec la Divinité, la vanité des possessions terrestres et l’utilité qu’il y a de s’en dépouiller pour atteindre la sagesse.
Dans la pratique, la Congrégation pour la Lumière de la Vérité invitait surtout les autres à se dépouiller de leurs possessions terrestres pour atteindre la sagesse, si nécessaire en employant bâton pour appuyer la rhétorique. Depuis qu’Elnantel Finnileas avait pris la sénéchaussée de la Confrérie des Lames Nocturnes, la Congrégation était devenue la première force politique de ce trouble monde souterrain aux lois de fer plus inflexibles encore que la justice officielle. Et ces lois, c’était précisément à Marît Joryl, le bras droit d’Elnantel, de les faire respecter. Voyant arriver l’individu, Vertu sut qu’ils étaient dans un mauvais cas.
« Maître Joryl, mais quel bon vent vous amène ?
- Tiens, la petite Vertu. Ah là là, ma pauvre enfant, tu t’es mise dans une drôle de situation, tu sais ? Comme c’est triste, une gentille gamine comme toi...
- Mais je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler.
- Tu sais bien que ça ne sert à rien de nier, on vous a vus, tous les cinq, pas plus tard que tout à l’heure, sortir de Teraknoar avec des mines de conspirateurs.
- Mais je ne nie rien du tout.
- Et tu sais bien que c’est interdit, tu sais bien quelle peine vous encourrez pour contrevenir à la loi des voleurs.
- Je sais que je suis dans mon droit. Et j’en appelle à la sagesse de la Cour Sombre pour prouver mon innocence et celle de mes compagnons.
- La Cour Sombre, la Cour Sombre... A chaque fois qu’on en prend un sur le fait, maintenant, il en appelle à la Cour Sombre. Je sais bien que c’est ton droit, mais ça ne t’avancera à rien, tu sais. Enfin soit, puisqu’il faut déranger le Sénéchal, autant le faire avant qu’il ne se couche.


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Vertu et Nilbor n’avaient pas l’air dans leur assiette, aussi les autres comprirent instinctivement que l’heure n’était pas à la rigolade, et les suivirent sans mot dire lorsqu’ils prirent la direction de la porte. L’air était frais et les étoiles bien nettes dans le ciel, ce qui aidait à remettre les idées en place. Mark demanda :
« Tu peux m’expliquer ce qui se passe ? C’est qui se gusse ?
- Guilde des voleurs, chuchota Vertu. Fais tout ce qu’il dit, ne le contrarie pas.
- Pourquoi ? C’est un mage ? Une liche ? Un démon à forme humaine ?
- Non, c’est juste que... c’est la guilde des voleurs. Ah, tu ne peux pas comprendre... Prends juste l’air niais du provincial nigaud si tu tiens à la vie, et surtout, ferme la, je m’occupe du reste.
- Ah oui, cette histoire de « voler c’est interdit si tu n’as pas de permis ». Mais tu m’avais dit qu’on ne risquait rien, que tu avais un truc pour t’assurer notre immunité. C’était pas vrai ?
- Mais si, bien sûr... Bien sûr... »
La nuance de doute n’échappa nullement au jeune guerrier, qui commença à se faire des soucis pour ses gonades.
« Tu verras, on va s’expliquer calmement, tout rentrera dans l’ordre.
- Ouais. Bon. Et dis moi, ce type là, il est particulièrement balèze ? Non parce qu’il est tout seul, il n’a pas d’arme, la ruelle est déserte...
- On serait tous morts cinq minutes plus tard, les nuits de Baentcher appartiennent aux Lames Nocturnes. Notre meilleure chance, c’est le jugement d’Elnantel Finnileas. »
Et sur ces peu engageantes perspectives, ils arrivèrent à la Congrégation pour la Lumière de la Vérité.


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Chapitre 11. La Cour Sombre

Dans les cités de moindre importance, le siège d’une guilde des voleurs est ordinairement abrité dans un bâtiment décrépit ne se distinguant des autres que par les mauvais garçons montant la garde aux alentours, ou bien alors, au sein de catacombes malsaines et grouillantes de rats. On y trouve généralement un semblant de taverne particulièrement animé, des chambres communes où dorment les compagnons et leurs bonnes amies dans une joyeuses promiscuité, des classes où de vieux maîtres estropiés expliquaient à de jeunes vauriens, usant de mannequins, de schémas et d’appareils pédagogiques, l’art de l’effraction, du pickpocket, du crochetage, du piégeage et du désamorçage, du déguisement, de la dissimulation, du mensonge, et de leur exposer les escroqueries classiques, l’histoire des voleurs célèbres, les lois non-écrites, les lois écrites, les rites secrets, les mots codés, le culte des ombres et les moyens de ne pas finir leurs jours estropiés à enseigner des fadaises à des jeunes cons qui n’écoutent rien.
Toutefois, dans la colossale Baentcher, les affaires du monde souterrain étaient d’une toute autre ampleur, aussi ces activités folkloriques étaient-elles reléguées dans diverses annexes dispersées un peu partout en ville. Pour tout dire, au visiteur béjaune, le siège de la Congrégation était extrêmement décevant : on n’y trouvait guère que des comptables, des archivistes, des contrôleurs de gestion, des consultants en outsourcing, pas mal de cadres n’encadrant qu’eux-mêmes, toute une flopée de directeurs stratégiques chargés de missions, des salles de réception et d’apparat, le comité d’entreprise (il y avait même un petit théâtre où avaient lieu de temps en temps les représentations de la chorale, de l’amicale lyrique ou les expositions de l’Association Historique Malandrine), les locaux syndicaux, et le bureau d’Elnantel.
Comme il était tard dans la nuit, les autres maîtres voleurs étaient partis se coucher, aussi le Sénéchal dût-il s’occuper seul du Jugement de Cour Sombre, ce qu’il fit sans chichis, dans son propre bureau (ordinairement, il y avait un tribunal impressionnant destiné à cet usage, entièrement ta*******é de tentures noires et de crânes blancs, dans les souterrains, à côté des salles de tortures, histoire d’impressionner les prévenus).


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c|o c|o (°°) c|o c|o
Je tendrement dans le huître, avec deux en
plus, et dedans je le. Ordure et mou, l'chaussette
vermine jaune petit sachet de arbre.

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« Maître Nilbor, enfin, un homme comme vous... tsss...
- Mais je vous assure, Votre Bassesse...
- Et toi Vertu, enfin... encore les autres je comprends, mais toi, tu connais les règles, cela fait trois ans que tu assièges mon bureau pour entrer à la guilde. Comment as-tu pu te laisser entraîner dans un crime de friponnerie ?
- Je ne me suis pas laissée entraîner, Votre Bassesse, j’ai été initiatrice du projet !
- En plus ! Eh bien, je ne te félicite pas...
- Et j’attire respectueusement votre attention sur le fait que nous sommes parfaitement en règle, et que nous suivons scrupuleusement les usages anciens de la Guilde des Lames Nocturnes.
- Ah ? Je suis impatient d’entendre cela.
- Le délit de friponnerie se définit sic subito nunc absurdo comme étant l’exercice illégal d’un sacerdoce réglementé sans être dûment breveté et prébendé par une autorité compétente en ayant de plein droit reçu délégation de souveraineté, en l’occurrence, la susdite Guilde des Lames Nocturnes. Or, lex et jus, l’usage a consacré un certain nombre de cas dits « de tolérance », et c’est corrélativement à l’un d’eux que, nunc est bibendum, j’invoque le privilège dit « droit de quête spirituelle ». Et je vous invite à vous rapporter à la jurisprudence du 15 triembre 735, dans l’affaire « la Guilde des Lames Nocturnes contre Anatole ‘le plombier’ Marcellin », ainsi que divers arrêts similaires dont je tiens la liste in extenso à la disposition de la cour. « Carthago delenda est », disait Caton...
- Mais que sont ces billevesées ? De quoi me parles-tu là ?
- Lorsqu’un aventurier est payé par un prêtre afin de commettre un vol, un assassinat ou tout autre larcin motivé par les besoins de son culte, c’est ce que l’on appelle une quête spirituelle. Selon l’usage qui prévaut à la Guilde des Lames Nocturnes, une telle quête ne peut pas être considérée comme un cas de friponnerie, en héritage du droit coutumier nordique qui prévalait lors de la fondation de la Guilde, et c’est précisément ce que je fais valoir ici. La jurisprudence est formelle !
- C’est bien la première fois que j’entends parler d’une telle fadaise. »
La remarque d’Elnantel sema l’effroi dans les consciences déjà troublées de nos amis, qui se mirent aussitôt à cogiter toutes sortes d’échappatoires riches de violentes diversions, de sauts acrobatiques, de prises d’otages et de « c’est elle qui m’a forcé ». Toutefois, Marît se pencha à l’oreille de son maître afin de lui susurrer quelque secret conseil. Elnantel souleva un sourcil, répondit dans le conduit de son féal, et ainsi conversèrent-ils quelques secondes. Puis, l’elfe lâcha :
« Une petite seconde. »


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Et aussitôt, les deux hommes s’éloignèrent vers une lourde armoire de bois sombre, dont ils ouvrirent les battants. Parmi les nombreux livres qui en encombraient les étagères, ils jetèrent leur dévolu sur un fort volume qu’ils ouvrirent, feuilletèrent et consultèrent lentement, avant de lire avec attention quelques paragraphes. Puis, Elnantel referma le codex avec un grand claquement énervé qui fit bouffer dans l’air un petit nuage de poussière. L’air chiffonné, il revint s’asseoir face à nos compagnons, sans les regarder, et s’absorba dans une intense réflexion.
Elnantel appartenait donc à la race des elfes, il en avait la fine ossature, la noble face allongée, les yeux en amande et les oreilles à la vulcaine, sans doute était-ce la combinaison de ce visage juvénile à la carnation satinée et de ces yeux gris de vieillard, assortis à sa blanche chevelure, qui lui donnaient ce charme auquel résistaient peu de femelles. Il se vêtait avec recherche et élégance des soies les plus fines et les mieux ajustées, mais toujours dans une économie de couleurs qui le distinguaient sans peine des parvenus et des m’as-tu-vu. Ses manières affables n’étaient en rien celles d’un truand, et il n’avait guère de mal à se faire accepter dans la bonne société de Baentcher, bien que ses occupations fussent de notoriété publique. Il avait le don de se faire apprécier de tous, avait les attentions d’un gentilhomme pour les dames les plus fanées et traitait avec courtoisie jusqu’au petit personnel. L’aisance avec laquelle il se mouvait dans les mers mondaines parvenait même à faire oublier l’étonnante particularité physique qui était la sienne, à savoir deux ailes blanches semblables à celles des chauves-souris des neiges, si grandes que même repliées, la nervure la plus longue arrivait au bas de ses mollets, et qui de loin pouvaient passer pour une cape garnie d’une armature bizarre. Nul ne savait d’où il tirait ces étranges appendices, mais ils en faisaient que rajouter à sa légende, et à l’ascendant qu’il avait sur ses contemporains.
« Savez-vous que cette affaire me contrarie ? Oui, elle me contrarie beaucoup.
- Un problème, votre Bassesse ? Si nous pouvons vous être d’une aide quelconque...
- C’est à dire que formellement, on peut considérer que du strict point de vue légal, tu as raison. Cependant, dans les faits, le concept de quête spirituelle est tombé en désuétude depuis des lustres...
- Mais il est toujours en vigueur dans les textes.
- Oui. Dans les textes. Et ça m’arrangerait que peu de gens se souviennent de ces textes.
- Ah ?
- Car si cette... particularité légale venait à se répandre, nos affaires à Baentcher seraient fort compromises. Imagine que n’importe quel barbare débarque en ville, et il lui suffirait de se trouver un prêtre ivrogne et de lui promettre une bouteille de rhum et une nuit avec une fille de joie pour qu’il justifie n’importe quel pillage avec un sceau sacerdotal. Et les prêtres ivrognes, ce n’est certes pas ce qui manque dans la région.
- Je comprends le problème.
- Et bien vite, le premier venu pourrait pratiquer la truande sans entrave ni formation, ce serait l’anarchie, la barbarie, la Guilde n’aurait plus aucun sens...
- Alors que c’est une noble institution d’une utilité reconnue. »


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Il n’y avait aucune trace visible d’ironie dans le propos de Vertu, qui semblait en effet parfaitement convaincue de son propos. Elle imita un moment l’expression chagrinée d’Elnantel, puis fit mine d’avoir une idée soudaine.
« J’y songe, il y aurait peut-être un moyen de se tirer de ce mauvais pas, en respectant à la lettre les lois et usages en vigueur.
- Je t’écoute.
- On pourrait tout simplement oublier le cas de friponnerie et conclure l’affaire par un non-lieu s’il s’avérait que l’un des membres de notre compagnie était un voleur membre de la Guilde des Lames Nocturnes. Auquel cas, il a parfaitement le droit de se faire accompagner d’un certain nombre de spécialistes hors-guilde, s’ils sont nécessaires à l’exercice de son larcin.
- Je ne sache pas qu’aucun d’entre-vous ne soit membre de la Guilde.
- Pas stricto sensu, toutefois, les maîtres de guilde ont le privilège d’adouber un malfaiteur au rang d’apprenti selon leur bon vouloir.
- Oui, je sais, mais le délit a déjà eu lieu.
- Sauf que, et c’est là que c’est intéressant, l’adoubement peut avoir lieu avec effet rétroactif de trois jours maximum.
- Ah oui ?
- Il y a une intéressante jurisprudence dans l’affaire « Mustelide ‘Doigts d’or’ Rastaille contre Bichalon ‘Le Bègue’ Sinovis », et aussi...
- Oui, oui, certes... Mais dis-moi, as-tu donc appris tous ces vieux ouvrages par cœur.
- En fait, j’ai appris à lire dedans.
- Tout s’explique, poursuivit Elnantel en s’emparant d’une plume et d’un formulaire qui traînait sur son bureau. Mais j’y songe, il y aura encore le Morceau de Bravoure à passer. Je suppose que tu sais de quoi il s’agit.
- Une sorte d’épreuve que le voleur doit subir avant d’être accepté.
- C’est plus une mission qu’une épreuve, une mission qui prouve que le l’aspirant est digne de confiance et que ses capacités sont idoines à l’office auquel on le destine. Bien, voyons, quel genre d’affaire pourrait utilement occuper un voleur sans expérience... Tiens, Marît, cette histoire dont tu me parlais hier, l’homme aux paillassons...
- Le voleur de carpettes.
- Précisément, le voleur de carpettes. C’est un de vos collègues d’ailleurs, un fripon, un mystérieux malfaiteur qui a la curieuse habitude de ne dévaliser que les drapiers, les ta*******iers et les tisseurs, n’est-ce pas étonnant ? Enfin bref, il s’agira de retrouver sa trace et de faire un rapport à Marît, qui se chargera de prendre les mesures qui s’impose. Ça ne devrait pas être trop difficile. Je crois me souvenir que durant le Morceau de Bravoure, l’aspirant acquiert de plein droit les prérogatives de l’apprenti.
- En effet, c’est la coutume.
- Bon, nous tombons donc d’accord sur le fait que la meilleure solution pour tout le monde est d’initier l’un de vous dans les arts sombres de la Voie Ténébreuse. Tiens, toi, l’ork, quel est ton nom ? Ça te dirait de devenir voleur ?
- EH ! Hurla Vertu en bondissant comme un diable.
- Ah ah, la tête que tu tires ! C’est trop drôle, tu sais que tu es... »
Elnantel et Vertu se regardèrent un instant les yeux dans les yeux.
« Bref... ton nom de famille c’est comment déjà ?
- Lancyent, parvint-elle à dire, la gorge sèche. Avec un Y. »


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C’était la sixième fois que le petit groupe, qui remontait la rue de la Mâcherie vers le sud-est, passait devant une lanterne publique, et c’était la sixième fois que Vertu s’arrêtait pour dérouler le parchemin et le lire à la faible lumière. Comme les cinq précédentes fois, c’était bien son nom qui était inscrit dans la case « nom du voleur », et la signature du sénéchal Elnantel qui s’étirait en bas à droite. Au loin l’Orient déjà se faisait violet, et tout portait à croire qu’elle passerait toute la journée à regarder son brevet jusqu’à l’user.
« Eh bien, contente ?
- Vous avez vu ? C’est moi, là, c’est moi... Je suis une voleuse !
- Oui, dit Mark, on a vu. Plusieurs fois. On pourrait te le réciter par cœur, ton papelard.
- Hi ! Quand Alysse va voir ça... Non mais vous avez vu ça ?
- Ouais, mais si j’ai bien compris, pour que ce soit définitif, il faut que tu retrouve Eponge-Man...
- Le voleur de carpettes. Mais tranquillisez-vous, on le trouvera, je connais cette ville comme ma poche.
- Comment ça ON ? Demanda Nilbor.
- Je n’ai rien à voir avec cette histoire de malandrin des textiles, précisa doctement Belam.
- Oh moi, si y’a Baston... grogna Wahg-Ork.
- Tu peux la suivre autant que tu veux, compadre, moi j’en ai soupé.
- Mais non, je t’assure, tu vas venir avec moi. Et vous aussi, j’en suis convaincue.
- Ah oui ? J’aimerais bien savoir pourquoi.
- Pour trois raisons. La première, c’est que je viens de vous sauver la vie, et que vous avez tous une dette envers moi.
- Ah ah ah ! Préviens quand tu vas faire une bonne blague, j’ai failli m’étouffer !
- La seconde, c’est que pour retrouver la fameuse Amulette des Neuf Vies , vous avez besoin d’une voleuse de plein droit, pour les raisons légales que l’on vient de vous exposer en long en large et en travers. C’est donc votre intérêt de m’aider.
- Sauf qu’on pourrait prendre un autre voleur, un vrai.
- Et la troisième, c’est que je pourrais très bien faire demi-tour pour expliquer à Elnantel que dans l’affaire du Labyrinthe de Theraknoar, vous n’étiez pas des compagnons mais de vulgaires concurrents trouvés sur les lieux par hasard, comme en témoignent d’ailleurs les traces de luttes faciles relevées sur place, que vous m’avez forcée sous la menace à lui mentir, et que de surcroît, je viens de me rappeler que le codicille B-17 du Codex Hanseaticus rend nulles et caduques les tolérances afférentes au droit de quête depuis l’affaire « Sauroumien ‘Tête Plate’ Golphebert contre Felix ‘Trois Mains’ Déomite ». Moi je serais toujours couverte par ce papier, mais pour d’impudents fripons comme vous, tout ce que je pourrais faire, c’est implorer une mort clémente, telle que la noyade dans le Xno dans une cage en fer...
- J’ai pas tout suivi, avoua Mark.
- Cette enflure dit qu’elle nous a mis bien profond. » Traduisit Nilbor, avec cependant une certaine admiration dans la voix.


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Quoi de plus naturel que le vol froufroutant d’une chauve-souris dans le ciel nocturne ? Dans une ville comme Baentcher, personne ne notait à ce genre de chose, à part les doux hurluberlus qui se passionnaient pour les mœurs des chiroptères, au nombre desquels ne figurait aucun de nos héros*. La petite créature avait voleté quelques temps au-dessus de la lanterne, prenant garde à ne pas projeter d’ombres sur les murs, puis s’était pendue deux étages au-dessus, sous le recoin obscur d’un encorbellement, sans que nul ne la remarque. Elle ne tenta pas de gober les papillons de nuit qui circulaient en tourbillon stupide autour du luminaire, ne se lécha pas le poil ni les surfaces portantes, et s’abstint d’établir aucun contact avec ses congénères du quartier. Elle se contenta d’écouter, en silence, la conversation tumultueuse qui se tenait entre grands bipèdes glabres. Ce n’est que lorsqu’ils se furent tous éloignés qu’elle se détacha, et fila à tire d’aile vers le gîte lointain où on lui donnerait, elle le savait, ample provende et douillette protection en contrepartie de ses services.




* Au nombre des hurluberlus, pas au nombre des chiroptères. Enfin, ils ne comptaient pas non plus au nombre des chiroptères, si on va par là. Enfin, j’me comprends.


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