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Sujet : Les médiocres tribulations d'Hekares

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Kröy

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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:21
En fait, Serge hissa l’homme à bord, avant de le ruer de coups jusqu’à ce qu’il meurt. Il hésita à jeter le corps par-dessus bord, mais décida de s’abstenir. Nous l’en remercions. Ceci fait, il s’approcha du bout avant du planeur. Une petite passerelle permettait l’accès à la cabine du conducteur, qui était isolée du corps du véhicule pour des raisons échappant au domaine de la logique, mais dont l’esthétique avant-gardiste laissait déjà présager les plus spectaculaires vaisseaux trouvables dans Star-Wars. Le conducteur avait tout entendu, et savait pertinemment que ses camarades se faisaient copieusement massacrer par un homme surentraîné ; mais s’il avait lâché les commandes ne serai-ce qu’un quart de seconde, le planeur aurait pu être secoué par une vague de vent, même minime, qui l’aurait assurément envoyé au sol, causant la mort de tous ses passagers. Alors, s’il pouvait éviter de crever, la vie de ses amis lui semblait tout d’un coup passablement inintéressante. Le sot ignorait que Serge n’avait pas l’intension de faire de prisonniers.
Et donc, d’un pas plus ou moins décidé, Serge franchit de façon acrobatiques la passerelle aérienne qui menait à la cabine avant, frappa à la porte, et attendit.

- Oui, entrez, c’est ouvert !
- Ah, merci.

Il tourna donc la poignée, et entra, car la porte était ouverte. Malgré le fait que ses poignets étaient toujours liés, il y avait assez d’espace entre eux deux pour que Serge puisse tenir un fusil ; le canon en était pointé sur le crâne du naïf conducteur.

- Ne vous inquiétez pas, je ne ferais pas d’histoires, je me rends… Je vous dépose où ?
- C'est-à-dire que…

Et pan. Divers morceaux de cervelle grillée et de sang visqueux vinrent s’étaler dans un sprotch répugnant sur les commandes du véhicule, tandis que le corps du fusillé s’écroula au sol, aidé par Serge, qui le poussa hors du siège d’un geste brusque.

- Bon bon bon… Comment que ça se conduit, ce truc… Ah vraiment, la technologie, c’est quelque chose !
- Je vous aiderais bien, mais vous venez de me tuer.
- Oui, donc théoriquement vous êtes sensé ne pas parler.
- Oh, eh bien si vous êtes pas content, c’est pareil !
- Chut !
- D’accord, d’accord…

Serge, comme nous l’avons déjà dit plus haut, prenez des notes, avait beau avoir un esprit quelque peu bagarreur, il n’en restait pas moins assez intelligent. Il mis donc très peu de temps à s’adapter à ces leviers barbares qui pullulaient de part et d’autre du tableau de bord en bois de chêne, en fait juste à temps pour éviter une collision fortuite avec un troupeau de vaches placides. Comme nous l’avions aussi dit plus haut, voyez vos mêmes notes, le planeur est un moyen de locomotion des plus rapides, et malgré la féroce bataille qui avait opposé notre brave guerrier à tous ces hommes en robe, le pilote avait réussi à le faire progresser jusqu’à la Plaine des Fanfarons Expropriés, au bout de laquelle se situait Sainte Eminence du Carré. Et donc le Castel de la Franche Colombe Musquée.


Dernière mise à jour par : Kröy le 18/03/04 23:27

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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:25
Il aurait sûrement été malvenu de débarquer en plein milieu du domaine avec un vaisseau rempli de cadavres, surtout lorsque l’on porte l’uniforme peu apprécié en cette période de conflit, celui de la Milice Préposée aux Choses Peu Rationnelles, seul rempart pour l’instant face à une conquête de Kaprï. Aussi Serge décida-t-il, démontrant encore une fois si cela était nécessaire le bien fondé de sa pensée, de se poser à quelque distance, de préférence loin des regards assez belliqueux des gardes baronniaux qui se pressaient dans le Grand Mur en Premier. Il trouva un lieu propice en un petit lac, dans lequel il piqua du bec sans aucun respect pour les lois de la gravité, qu’il méprisait de toute façon du plus profond de son âme.
Le planeur explosa littéralement sous le choc : Serge ne pouvait pas savoir que le dit lac était profond d’à peine deux mètres, et c’est assez surpris qu’il fût éjecté vers l’avant, traversant la vitre de la cabine (il en profita même pour la briser tout en se faisant très mal, car il est vrai que le contact avec les bris de verre n’égale en douceur que celui d’un oursin géant recouvert de papier de verre brûlant sous une pluie d’acide sulfurique mêlée à une légère dose de napalm frais tout droit sorti des usines américaines, dont on ne peut que louer les qualités quand il s’agit de trouver des moyens amusants de massacrer son prochain, surtout si celui-ci est désarmé, nu et en larmes), et s’écrasa mollement dans la vase qui composait le sol de ce qui s’apparentait désormais plus à un marais qu’à un lac. Il se releva, jura, jura encore, mais cette fois qu’on ne l’y reprendrais plus à se faire avoir par un bête marais, et constata avec un certain effroi que sa tunique était complètement embouée. Eh oui, rappelez vous, quand je vous dis qu’il faut prendre des notes, rappelez vous que les membres de la MPCPR sont tous plus ou moins obsédés par la propreté. Pourquoi ? Nous ne saurions l’expliquer ici sans utiliser des termes extrêmement techniques, aussi ne nous y risquerons nous pas. Sachez simplement qu’un ouvrage est consacré à cette légendaire unité : c’est « La Milice Préposée aux Choses Peu Rationnelles : Genèse d’une milice pas comme les autres », par Joseph Kantal’ouh, célèbre biographe dont on ne compte plus les œuvres de qualité (et aussi les navets). Si j’étais taquin, je pourrais même vous rappeler que cet ouvrage est trouvable chez tous les Maître des Prix d’Occitant et de Navarre à un prix proprement imbattable. Mais ce serait vous sous-estimer.
Puis il se dit que, de toute façon, il n’allait pas rentrer en uniforme dans le Castel. Il lui fallait un déguisement. Comme il n’avait pas l’intention de se travestir en palourde géante, il décida de prendre la robe d’un des défunts qui flottaient à la surface de l’eau croupie. Bien sûr, elles étaient un peu humides, mais elles séchèrent très vite, ce qui devait être une de leurs étonnantes propriétés. Serge put constater qu’en plus d’être ridicules, ces robes étaient lourde, peu pratiques et beaucoup trop chaudes, bien que face au froid de cette fin de soirée, cela ne pouvait paraître qu’opportun. Il rabattit la capuche afin de se donner un air mystérieux, mais constata qu’elle puait puissamment, comme si une confiture périmée y avait été étalée. Il l’enleva donc, se saisit d’un fusil et s’élança en direction du Castel.
Une route y menait. Il la suivit donc. Il ne se sentait en effet que moyennement faire un détour par les collines Semi-Maudites à l’extrême Ouest, et encore moins emprunter le col du Pingouin Ténébreux totalement au Sud. Il suivit donc bien la route qui menait à Sainte Eminence du Carré.


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:28
Un quart d’heure plus tard, il en franchissait les limites, matérialisées par un panneau d’aspect rustique qui indiquait : « Bienvenue à Eminence du Carré. Ici, vous ne trouverez pas de Pyramides en granit, et encore moins de Bodybuilders huilés. Par contre, nous servons le meilleur pain de campagne de toute la région. Enfin nous imaginons. En fait, nous ne sommes jamais allé vérifier ailleurs, alors nous supposons, en parfaits optimistes que nous sommes, que notre pain de campagne est le meilleur de toute la région. En tout cas, s’il ne l’est pas, il est tout de même très bon. Enfin, ça se trouve, par rapport à d’autres, il est dégueulasse. Oh, et puis, si vous êtes pas contents, c’est tout comme. ». Les murs de brique rose de l’ensemble des habitations reflétaient l’orange intense du troisième soleil de l’Argantrèss avec beauté, et il régnait dans ce paisible hameau une ambiance rustique et apaisante qu’il était rare de retrouver ailleurs, et dont on ne pouvait que jouir lors de situations critiques comme l’était celle qui intéressait notre héros, et nous-même par la même occasion.
Serge hésita à rentrer dans une auberge au nom typique qui bordait la rue du Four Crématoire Fleuri ; pas très longtemps d’ailleurs, puisqu’il se dit que la vie de Katrin et ses propres rancoeurs pouvaient bien souffrir l’ingurgitation de quelques verres de liquide alcoolisé. Il poussa donc la porte du Rude Barbare des Steppes du Grand Nord, nom assez intriguant car il n’y avait pas de steppes dans le Grand Nord ; d’ailleurs, il n’y avait même pas de Grand Nord en Argantrèss.
L’ambiance était chaleureuse et guillerette, et il semblait régner en ce lieu de boisson un climat aimable d’entente commune entre tous les consommateurs. Serge s’approcha du comptoir derrière lequel une femme belle et souriante discutait pêche avec un buveur tout en remplissant une grille de mots croisés. Lorsqu’il posa son coude viril sur le bois verni qui avait pour lourde tâche de soutenir toutes les exactions alcoolisées des férus de boisson assez fréquents dans ce genre d’établissements, la Barmaid lui jeta un œil étonné mais aussi enchanté, et lui demanda.

- Oui monsieur, qu’est-ce que ce sera ?
- Un jus d’orange.
- Ouaip ! Et un jus d’orange, un !
- Merci…

Serge attendit quelques secondes que son verre lui arrive sous le nez, et but, car après tout il n’allait pas s’en aller maintenant qu’il avait payé. Quoiqu’il n’avait pas payé, en vérité. Mais ce genre de blagues, ce n’était pas son genre.

- Alors, mon bon monsieur, d’où c’est-y que vous venez ?
- De nulle part.
- Ah ? Et ça va crécher où, ça ?
- Sais pas.
- Ah. Dommage.
- Ouais.
- …
- …
- Ben dites donc, vous êtes pas très causant, comme qui dirait.
- Comme qui dirait, nan.
- Hunhun (signe d’approbation, ici assez déplacé si l’on en juge par la totale absence de thèse ou de quoi que soit d’autre à approuver.). Et sinon, vous venez faire quoi, dans la région ?
- Buter un baron, sauver une minette, et d’autres trucs dans le genre…
- Quel baron ?
- Pourquoi, il y en a beaucoup, dans le coin, des barons ?
- Non. En fait, il n’y en a qu’un seul.
- Ben alors vous l’avez.
- Ah oui. Et vous lui voulez quoi, à ce baron ?
- Bah, rien de vraiment personnel… Enfin, si, mais bon… Enfin, c’est pas vos affaires.
- Ah bah j’imagine, oui.
- …
- Ouais ouais ouais.
- Bon, votre jus d’orange, très bon.
- Merci. Si vous voulez savoir…
- Non.
- Dommage.
- Bon, et bien merci pour votre hospitalité, je vais maintenant partir.
- Eh bien faites donc. En espérant vous revoir, et tout ça.
- Vous de même, et tout ça.


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:30
Serge quitta l’auberge d’un pas morne et désabusé : il ne se sentait plus spécialement d’aller revoir « ce con d’Adam », désormais, mais bon, il n’avait plus franchement le choix. Il prit le Chemin Baronnial, simple petite rue pavée qui sortait de la ville à l’Ouest pour mener, bien entendu, au Castel de la Franche Colombe Musquée. Il était jalonné, de part et d’autre, par des panneaux informatifs relatant le passé plus ou moins glorieux de cette noble famille, de façon très exagérée, et qui omettaient de parler du règne pacifique et viticole d’Alfred de la Franche Colombe Musquée, père d’Adam, ce qui ne fut pas sans irriter encore plus notre Serge, qui avait eu beaucoup d’estime pour ce sage oenophile. En tout cas, beaucoup plus que pour son pitoyable rejeton. Sur les derniers mètres le séparant de l’écrasante enceinte chargée de menaces, il sifflota le refrain de « Pourquoi les arbres », de l’excellent Michel Gardou, dont le génie était reconnu par les plus grand artistes Argantriites. Ce détail a son importance, car il n’est pas sans rappeler la fameuse scène du film « L’abattoir huit » où le héros, épris d’une éponge amorphe, se lance dans un puissant monologue sur la condition humaine et le ragoût de mouton servi à la cantine de son entreprise, avant de siffler, avec ce son rauque qui lui est propre, le début du générique de « Les arbres, pourquoi ? », cette série populaire qui rafla bien des prix audiovisuels l’année de sa sortie.
Et puis il arrêta de faire l’âne, et commença à se mettre dans la peau de son personnage à mesure qu’il devenait visible depuis les murailles de briques roses : il se mit à boiter, arbora une mine défaite et effarée par toutes les horreurs dont il avait été témoin, et se serra l’épaule comme si il avait été blessé, ce qui n’était bien entendu pas le cas. Bien vite, une vois, amplifiée par quelque procédé hors du temps, lui parvint.

- Veuillez vous identifier !

Serge avait bien entendu tout prévu, et avait trouvé dans la poche de la porte qu’il portait à ravir un morceau de carton laqué qui indiquait le nom de Lans Lodule-Acke, ainsi que le grade de Simple Piétaille, et le matricule 713705.

- Simple Piétaille Lans Lodule-Acke, Matricule 713705 !
- Attendez, je vérifie dans mes fichiers. Euh… Dans mes fiches.
- Faites, mais grouillez, parce que je souffre atrocement. Aaaaah. Mon Dieu, je vais mourir, c’est horrible.

Ceci dit sur un ton parfaitement neutre, aussi crédible que si une porte de garage avait voulu se faire prendre pour un portail en bois d’acacia.

- Ouais, c’est bon, je vous ai, là, mais vous êtes sensé être avec la Division 315 « Pyrotechnie à l’Amiable » pour l’opération « Réincarnation à la Maison 2, le retour », c’est en tout cas ce que je vois dans mes fiches, qui ont été mises à jour il y a cinq minutes. De plus, on vous a attribué un planeur, le « Décharge Athlétique à Mi-temps », or je ne le vois pas ici.
- On a eu de gros problèmes avec un prisonnier, je suis le seul à avoir pu m’échapper sans me faire éviscérer. Et il a mis notre planeur en miette. Il était très fort.
- Ah oui. Alors je vous ouvre.
- Voila.


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:36
Par un procédé mécanique du dernier moderne, l’énorme battant unique qui composait la Grand Porte en Premier commença de s’enfoncer dans le sol, tandis qu’une série d’orifices grillagés expulsaient quantité de gaz blanchâtre qui pouvait s’apparenter à de la vapeur, à ce point même qu’on pouvait dire qu’il en était. Serge constata avec satisfaction que son meilleur ennemi avait gardé son goût pour le sensationnel de mauvais goût, et qu’il n’avait donc pas changé d’un iota depuis la dernière fois qu’il l’avait vu, c'est-à-dire lors de l’affaire qui le liait à une secte d’illuminés soi-disant proches de Dieu, notamment par des liens financiers, car il est bon de rappeler qu’Adam avait hérité de son père une fortune conséquente, fruit de plusieurs années d’une viticulture intelligente.
Il entra dans la Grand Enceinte en Unique, qui consistait en un vaste espace parfaitement inutile, mise à part la possibilité d’entrer dans le Grand Mur en Premier. A des fenêtres proprement lavées, deux hommes aux airs bovido-féroviaires le détaillèrent vaguement, avant d’activer l’ouverture de la Grand Porte en Second, par le même procédé spectaculaire qui avait été celui de la première entrée. Et ainsi, Serge put entrer au sein de ce domaine aux airs si grandiloquents, qui aurait constitué un spectacle plutôt écoeurant sous la lueur verte du jour Argantriite, mais qui ne rendait pas trop mal grâce au rouge chaud qui caractérisait la nuit, et qui s’alliait plutôt bien avec le rose des briques dont étaient fabriqués l’ensemble des bâtiments.
Il fit de son mieux pour laisser croire aux militaires qu’il connaissait très bien les lieux, mais cette précaution n’était guère nécessaire, car ils étaient pour la plupart très affairés ; après tout, une conquête du monde demande du personnel et des compétences que l’on ne trouve que très rarement sous le fondement d’une vache. Il déambula donc lentement, pour rester en adéquation avec son rôle de grand blessé, faisant mine de savoir où il allait, et il se retrouva bien vite devant le Sur Palais Noblial, qui était repérable en ceci qu’il dépassait en laideur l’ensemble des autres bâtiments du Castel. Il avisa les deux mastodontes suréquipés qui en gardaient l’entrée avec l’air de dire en permanence « S’il te plait, amuse-toi à tenter de rentrer par la force dans ce joli bâtiment, que je puisse enfin tester mon super matériel sur ta belle petite gueule ».

- Il… Il faut que je voie le Baron tout de suite…
- Pourquoi.

Il n’y avait même pas de point d’interrogation dans la voix du gorille.

- Je suis le seul survivant de l’opération… Euh… Réincarnation dans la maison 2, le retour. Le prisonnier s’est échappé après avoir massacré la plupart de mes coéquipiers…
- Ah. Sauf que c’est Réincarnation A la maison.
- Ah pardon, ça doit être l’émotion…
- Mouais. J’ai jamais vu ta tronche ici, c’est bizarre, ça fait quand même trois mois que je suis affecté à cette entrée…
- Oui, mais tu sais, j’ai un visage qui s’oublie facilement… He he he…
- Je suis très physionomiste. Pas vrai Isaac.
- Ouais. Plus iconoclaste que lui, tu meurs.
- J’ai pas dit iconoclaste, j’ai dit physionomiste.
- Ouais, c’est pareil.
- Mh. Bon, j’appelle le boss, mais je te préviens, au moindre truc pas clair, j’arrive, et je te marave ta race.
- Ah, eh bien merci de me prévenir !
- Ta gueule.
- Bien bien.

Gédéon, vous l’aurez reconnu, s’empara du combiné relié à l’interphonographe, attendit quelques instants, et demanda :

- Un homme prétend être le seul survivant de l’expédition « Réincarnation à la Maison deux, le retour ». Je le laisse entrer ?
- …
- C’est que… Il ne m’inspire pas confiance
- …


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:38
Il raccrocha en soupirant, et activa l’ouverture du sas. Serge le franchit, un grand sourire à l’attention de l’armoire à glace fixé sur les lèvres. Il subit le rituel mécanico-gazeux ridicule mais nécessaire à l’entrée dans le merveilleux monde de l’administration, et démontra par là même la futilité de ce système. En effet, il avait bel et bien l’intention, sinon de tuer, au moins de s’enguirlander très violemment avec le Baron, et pourtant l’alarme ne retentit pas. Et pour cause : Serge ne suait pas. C’était un défaut de naissance qu’il tenait de son arrière grand-père du côté maternel, et qui lui avait valu bien des soucis, que nous ne relaterons pas ici par manque de place. Et aussi un peu par feignantise. Et de toute façon, il n’était nullement ému, simplement amusé par tout cet attirail déployé inutilement, qui ne venait que conforter la piètre opinion qu’il avait du noble par défaut. Il passa donc le sas d’un pas neutre, et pénétra dans le dédale du Sur Palais Noblial…
Les couloirs du complexe étaient emprunts d’une ambiance chimique rappelant un peu celle de l’hôpital, toute en blanc trop lumineux et en odeurs de produits de synthèse, une ambiance assez rare à l’époque, pour ne pas dire inexistante. La première chose que fit Serge fut de chercher un plan ; il n’y en avait pas, puisque après tout, chacun était censé connaître le chemin vers ses bureaux et celui du Baron par cœur. Voila qui était plutôt contrariant, mais il ne se laissa pas abattre pour autant : il demanda de l’aide à quelqu’un qui passait par là, et qui se trouvait d’ailleurs être une quelqu’une. Semblant agée d’une trentaine d’années, plutôt belle que jolie, elle sortait justement d’une salle au dessus de la porte de laquelle était inscrit « Janine Duspoulet, costumière-maquilleurse-visagiste-capillicultrice attitrée au Castel » en lettre pourpres assez hideuses. Serge l’avisa en levant le bras.

- Excusez moi madame !
- Euh… Oui ? Vous êtes ? Je ne vous connais pas…
- Oui, mais je suis gravement blessé, et je dois aller voir le Baron tout de suite, mais j’ai un trou de mémoire, je ne me rappelle plus du tout où…
- Tut tut, c’est le docteur qu’il faut que vous alliez voir ! Regardez vous, votre robe est toute tâchée de rouge !
- Non non, mais ça peut attendre, il faut absolument que…
- J’ai dis !
- …
- …
- Vous avez dis quoi ?
- J’ai dis que vous DEVEZ aller voir le docteur !
- Bon, dîtes moi où se trouve son bureau, et celui du Baron, j’irais après…
- Je vais vous accompagner.
- Oh, vous savez, ce n’est pas la peine…
- J’AI DIS !
- …
- …
- Oui ?
- Je vous accompagne ! Allez, hop, ne traînons pas !

Serge soupira, regarda alentour, attendit qu’il n’y ai plus personne, puis frappa violemment à la nuque de la femme, qui s’évanouit sans même avoir pu pousser le moindre cri. Puis il avisa un placard à balais, et l’y casa. Il n’était guère plus avancé, et il se dit bientôt qu’il avait fait une bêtise, d’autant plus que la dame avait l’air sympathique, et certes moins soupçonneuse que ses congénères. Son esprit de gentlemen a demi le força à retourner dans le placard à balais, où il réveilla Janine, car c’était elle, vous l’aviez bien entendu deviné, petits génies que vous êtes, à l’aide d’une volée de baffes plus ou moins maîtrisées, mais la plupart du temps assez brutales, qu’il appliqua consciencieusement sur les joues douces de l’esthète en corps humain. Au bout de cinq minutes de cet exercice fastidieux combiné à la nécessité de simuler la recherche d’un balais quelconque dans le petit local lorsque quelqu’un venait à passer, la femme se réveilla en marmonnant de mystérieuses paroles telles que « rébus » ou « dilapidation surannée ». Lorsqu’elle pris totalement conscience du visage de celui qui lui faisait face, elle prit un air assez agacé.

- Dites donc, on ne vous a jamais appris la politesse envers les femmes espèce de machiste ingrat ?

Comme tous les gens de sa profession, Janine était féministe.

- Ah, désolé, ma main a glissé que je chassais une mouche, et je n’ai pas réussi à la dévier de votre cou, que vous avez très beau, soit dit en passant.
- Mph… Me voila avec un beau bleu maintenant… Je crois que nous sommes bon pour aller tous les deux chez le docteur.
- Ouais, mais en fait, je crains que non.


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Il sortit alors un petit couteau de sa manche de façon tout à fait discrète, tout en faisant en sorte que la femme la voie et panique un peu.

- Vous allez tout d’abord m’accompagner au bureau du Baron Adam de la Franche Colombe…

Il est bon de noter qu’à chaque fois qu’il prononçait le mot Baron, Serge insufflait à sa voix une couleur faite d’un mélange de mépris et de haine, tout en simulant de façon psychique des guillemets invisible de part et d’autre du titre de noblesse.

- …, et quand j’en aurais fini avec lui, vous m’accompagnerez à l’endroit où sont garés vos machins volants, là. Vous savez où c’est, j’espère ?

La lame de son couteau semblait pour sa part espérer le contraire…

- Euh… Oui, plus ou moins…
- Mouais. Bon, et faîtes attention : à la moindre entourloupe, je vous plante, et croyez moi, je viserais sûrement pas les organes vitaux…
- D… D’accord ! Si vous… Euh… Si vous voulez bien me suivre…
- Ouais.

Le couple malgré lui chemina parmi les artères et les coudes pierreux au fil des décisions expertes de Janine qui connaissait la maison plus que quiconque, puisqu’elle travaillait ici depuis qu’Adam était au pouvoir, et pour cause : elle avait été la petite ami de celui-ci pendant une dizaine d’années, avant de rompre pour cause d’incompatibilité idéologique. Mais comme elle aimait bien le lieu, elle avait décidé de rester ; et puis, de toute façon, entre ici et ailleurs, c’est sûrement ici qu’elle serait le mieux payée.
De fait, tout le monde la connaissait, et à chaque fois qu’ils croisaient un quelconque technocrate, ils étaient gratifiés d’un « Eh, salut Janine, la pêche ? Super journée, hein ! », auquel elle se devait de répondre, un sourire crispé aux lèvres, « Ouais. Salut. ». Si Serge se sentait un peu exclu de cette ambiance franchement communautaire, au moins personne ne faisait attention à lui, et il n’était donc plus obligé de jouer ce rôle idiot de grand blessé de guerre. Il marchait en conséquence parfaitement normalement, mais la manche meurtrière toujours à portée de sa compagne. Bientôt, alors qu’il débouchait d’un couloir étroit au long duquel il avait rencontré le Bureau Préposé à l’Etude de l’œuf de Caille, la Meta-Buanderie pour Tailles Moyennes à Moyennes Plus, la Salle de Visionnage Spécialisée Es Derrick, le Guichet de Procuration Alpine – Section Randonnée Pédestre Débutante, et le Salon de Discutions Métaphysiques Ayant Trait à l’Univers, les Cailloux, le Papillon Brassé et l’Imminence de la Fin du Monde, Serge stoppa sa marche, et celle de Janine par la même occasion. Il n’y avait aucun doute : ces lettres hideuses et gigantesques écrites d’une calligraphie laborieusement féodale, indiquant avec une fierté mal contenue le statut de celui qui occupait ces lieux, ne pouvaient être que le fait de son ancien ami. Il pouffa, ce qui ne fut pas sans étonner la dame Janine, puis demanda à quel autre procédé bizarroïde et grotesque il fallait se livrer pour entrer dans l’Antre du Demi-Déïque et Génialissime Baron de la Franche Colombe Musquée.
Janine s’approcha du combiné qui reposait à la droite de la porte en acier trempé (dont le look rouillé évoquait l’imagerie des plus grands groupes de thrash métal Argantriites), et appuya sur un bouton rouge au dessous duquel était marqué « Appel ». Quelques secondes passèrent avant que la porte ne commence à descendre, semblant dix fois plus lente qu’elle ne devrait l’être, ce qui était sûrement une méprise de l’esprit du à l’excitation que commençait à ressentir notre héros, qui s’avança d’un pas avant d’entre complètement dans la salle.

- M… Monsieur Serge ?


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:43
Katrin avait l’air vaguement déçue, comme si elle aurait aimé rester ici un peu plus longtemps, mais Serge n’y fit pas attention outre mesure ; il était bien trop amusé à regarder le visage d’Adam se décomposer littéralement, avant que ne se peigne une soudaine hargne sur ses traits non sibyllins.

- Serge.

Aucune personne présente dans la salle n’avait jamais senti une telle haine renfermée dans la simple prononciation d’un nom. Aucun mot n’aurait pu décrire l’envie de meurtre, voire de génocide, qui émanait du nobliau. Serge, au comble de l’hilarité intérieure, réussit contenir un ultime fou rire, avant de prendre la parole en ces termes.

- Ouais, salut.
- Et toi, Janine, qu’est-ce que tu fous là !
- Eh… Ben… Il a un couteau dans sa manche !
- Et alors ?
- Il m’a forcée à l’amener ici !
- Salaud ! Je ne te pardonnerais pas ça !

Et, se tournant vers tous les sages qui s’affairaient plus que de raison dans son dos.

- Butez le ! Butez le ! BUTEZ LE !
- Euh, vous savez, ce n’est pas vraiment notre métier, monsieur le Baron…
- Raaaah, je vous ferais pendre, bande d’incapables !

Il se rua vers son bureau dans le but évident d’alerter qui de droit, en l’occurrence la garde. Mais Serge n’approuvait que moyennement, et le petit couteau qui se tenait toujours dans sa large manche vola à une vitesse raisonnable en direction de la jambe du veule, qui poussa un cri extrêmement strident, en tout cas trop venant d’un homme. Il se retourna en un quart de seconde, le visage dévasté par la haine.

- Pourquoi est-ce qu’il faut qu’un minable comme toi vienne encore me pourrir l’existence ? Quand comprendras-tu que tu n’es qu’un résidu de fosse à purin sans idées, une brute pitoyable incapable de comprendre les mécanismes de notre monde ?

C’est Adam quoi avait parlé. Pas Serge. Non, Serge, lui, se grattait les dents avec le bout de ses ongles. S’il avait eu un autre couteau, il aurait réalisé cet exercice avec d’autant plus de brio, mais il n’avait pas franchement réfléchi à tout ce qui était armement.
Katrin prit alors la parole, car elle avait dans l’esprit que désormais, elle avait la capacité d’énoncer des phrases douées d’intérêt.

- Oh, allons, il ne faut pas vous battre ! Monsieur Serge, vous savez, il est gentil Adam, et…
- Mais comment tu connais mon nom, toi ?
- Ben… C’est moi, Katrin !
Serge ouvrit grand les yeux, tourna la tête dans tous les sens afin de vérifier qu’aucune gamine vaguement adolescente au visage souillé par les produits cosmétiques ne se cachait dans un coin, puis reporta son regard ahuri sur la charmante jeune fille qui lui faisait face, et qui avait l’air aussi intriguée que lui.

- Ka… Katrin ? C’est pas possible, qu’est-ce qu’il t’es arrivé ?
- Ben rien…
- Bon, dîtes, ça vous dérangerais de vous impliquer un peu, là ! Parce que si ça continue, j’appelle vraiment mes hommes, et là, Serge, t’es mort !
- Bon, discutons, alors.
- Nan, je vais te tuer, en fait.
- Ah ? Tu en es certain, hein, tu ne regretteras pas ton choix, j’espère.
- T’inquiète pas pour moi…



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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:45
Adam leva alors lentement le bras droit, car il avait l’intention de se livrer à un procédé théâtral de toute qualité : il allait dévoiler progressivement son Irrationnalisateur en faisant lentement coulisser sa manche le long de son bras relevé, en arborant un visage maléfique et moqueur, et en émettant de petits rires de type « hin hin ».
Seulement, son Irrationnalisateur n’était pas à son bras. En effet, il ne pouvait pas être à la fois à son bras et à celui de Katrin, qui l’observait, attentive. Son stratagème d’intimidation fut en définitive totalement raté, et il se couvrit de ridicule en rougissant et balbutiant bêtement.

- Ouais, et ?

Désormais très en colère, Adam se jeta sur son élève, et tenta de lui arracher le gant du bras.

- Eh, mais ça va pas ? Vous me faîtes mal !
Et comme pour confirmer son désaccord, elle lança un coude pointu en direction du ventre un peu rebondi du Baron.
Qui n’a jamais subi les affres d’un coup volontaire ou non venant vous compresser l’estomac ne peut se figurer la douleur que ressentit alors Adam. Il recula, le souffle coupé, jetant un regard désespéré à ses employés dans le vague espoir que l’un deux l’aiderait. Serge arborait, pour sa part, un air consterné comme il savait si bien les arborer. Il s’approcha d’un pas las en direction de son noble rival, s’apprêtant à l’achever à coups de poing dans les côtes, mais une imprécation le stoppa net : un homme d’un certain âge, qui s’était avancé au devant de la masse des peureux, pointait vers l’homme en noir un gant étrange (oui, un Irrationnalisateur, vous l’avez deviné) autant qu’accusateur, bien que le doigt qu’il tendait en avant le fût bien plus encore, accusateur.

- Jeune homme, veuillez ne plus bouger, s’il vous plait.
- Eh pourquoi donc, vieil homme ?

Le dit vieil homme, déçu par la faiblesse de la réplique, plaça ses doigts au dessus d’un flacon qu’il venait de débouchonner, les crispa et avança la paume, le tout dans un mouvement si fluide et si inconscient qu’il était presque imperceptible. Une bonne rasade d’Irrationnel fila droit dans le creux de sa main, et il eut un sourire.

- Parce que sinon, je te fais goûter aux joies très primesautières du cocktail napalm-nitroglycérine.
- Connais pas.


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:48
Et sur ces paroles empruntes d’une sagesse des temps anciens, ou pas, il s’élança vers un établi planté en plein milieu de la salle, en profitant pour renverser Adam qui s’écrasa au sol, ce qu’il aurait fait de toute façon tant sa douleur était grande. Dessus, il s’empara de la première chose qui lui tomba sous la main, et qui se trouva être une autre main, celle d’un savant quelconque caché en dessous qui cherchait en aveugle un moyen de défense aussi primaire soit-il. Pas plus étonné que ça, Serge tira très fort, juste à temps pour exposer le pleutre aux affres de la décomposition chimique accélérée.
En effet, pendant ces quelques secondes, l’Irrationaliste expert avait activé ses doigts et sa paume à une vitesse proprement hallucinante, attribuant à la glue bleuâtre nombre de capacités secrètes qu’il ne fallait mieux pas connaître, et en modifiant progressivement l’apparence de sorte que lorsqu’elle vint s’écraser sur le corps du pauvres scientifique-bouclier-malgré-lui, elle ressemblait à une sorte de marmelade noire et pâteuse aux reflets verdâtres plutôt écœurants.
La matière s’étala très rapidement sur toute la surface de son corps craquant, s’attaquant aux vêtements avant de dissoudre la peau dans une odeur à vomir, arrachant des lambeaux flasques qui à leurs tours disparaissaient dans des volutes de fumée nauséabonde, sans pour autant tuer notre pauvre victime. Bien entendu, la véritable douleur se fit sentir lorsque l’acide s’attaqua aux os, qui fondirent comme du beurre au micro-onde, coulant sur les organes jusque là épargnés, les étouffant et les brûlant jusque à l’extrême, avant de les dissoudre à leur tour. Le plus douloureux fût certainement la destruction progressive de la vessie emplie de liquide jaunâtre dont la composante n’est plus à présenter, qui débuta par une mise en ébullition dudit liquide, avant une explosion assez phénoménale qui produisit un bruit de pet disgracieux que tout le monde ne put que réprouver. L’ensemble du tronc déchiqueté et pulvérisé, l’homme, que Serge avait lâché de dégoût, s’écrasa au sol, en profitant pour briser les verres de ses lunettes dont des fragments vinrent lui laminer la rétine, avant que le liquide ne termine son travail et n’emporte le reste du corps.
Un grand silence suivit cette overdose d’horreur, comme si quelqu’un avait sorti une très très mauvaise blague. Celui qui avait pulvérisé son congénère tremblait comme une feuille morte au gré du vent, le Baron venait de se relever son visage était passé en un éclair de le douleur à l’envie de vomir, Katrin vomissait, Serge posait un regard intéressé sur la flaque de liquide à ses pieds, et tous les autres arboraient des visages soit consternés, soit dégoûtés. Puis, après une minute de cette ambiance lourde et chargée, Serge se tourna vers son agresseur, l’œil noir et chargé de reproches implicites remettant en cause tout le fondamentalisme de la science et des arts occultes, avant le lui lancer, avec mépris.

- Bravo. Je dois avouer, vous m’avez bluffé. Dans la catégorie « je massacre sciemment mes petits copains en voulant jouer au malin », je pense que vous obtiendriez de nombreuses récompenses.
- Hurgh.


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:50
Puis il se tourna vers Adam.

- Bon, et maintenant que te voila calmé, Baronnet de mes couilles, est-ce que tu vas enfin pouvoir m’expliquer les raisons de tout ce bordel ?
- Oh, je vois que tu n’as pas perdu ton sens de l’éloquence, ça fait plaisir à entendre…
- Le devineras-tu ? Je n’ai pas non plus perdu mon sens du poing dans la gueule.
- Ah bon. Eh bien alors…
- C’est toi qui as causé tout ça, hein ? Allez, je sais très bien qu’il n’y a qu’un taré pour vouloir foutre un bazar pareil, et je me rappelle très bien de ta minable histoire de réincarnation à la noix.
- Mais non, enfin ! C’est Dieu !
- Et pourquoi Dieu libérerait-il son fils qu’il est sensé caché à la vue de ses subalternes pour des raisons évidentes de crédibilité ?
- Rgh… Comment sais-tu qu’il s’agit de son fils ? C’est un secret que je suis quasiment le seul à savoir, en principe !
- Que veux-tu, j’ai mes sources. Bon, alors, pourquoi ?
- C’est pas tes affaires.
- Si, un peu. En tant qu’Anti-Irrationnaliste officiel, c’est partiellement mon boulot de résoudre ce genre de situations à la con, tu vois ?
- Oh, et puis tu m’ennuie, tu ne pourrais même pas comprendre…

Ce disant, il avait adressé à ses hommes des signes de main discrets dans son dos, et ceux-ci s’étaient rapprochés sensiblement depuis le début de la conversation, de sorte qu’ils formaient désormais un demi cercle autour des deux hommes. Katrin était restée en retrait, et avait toujours à la main l’Irrationnalisateur d’Adam ; elle feuilletait le Manuel d’Irrationalisme Appliqué et cherchait une manipulation qui pourrait être d’une quelconque aide, car elle présentait à juste titre que la situation allait devenir quelque peu explosive dans les secondes à suivre. Elle fût découragée par le nombre astronomique de figures toutes plus complexes les unes que les autres, mais poussa un soupir de soulagement intérieur lorsqu’elle tomba sur celle-ci : « Luminification Intense à Très Intense de l’Irrationnel ». La manipulation ne semblait pas franchement infaisable, et elle entraîna brièvement ses petits doigts graciles à élaborer l’enchevêtrement voulu. Elle eut un sourire lorsque enfin elle parvint à reproduire la position du dessin qui accompagnait la définition. Elle releva les yeux en direction des deux hommes, qui s’insultaient assez crûment, puis chercha du regard un flacon contenant la précieuse matière.

- Eh bien si tu le prends comme ça, très bien ! Cette fois-ci, je vais te tuer, et pour de bon…
- Ouais, il serait peut-être temps, effectivement…
- Laisse moi finir !
- Oh. Vas-y.
- Ca fait des années et des années que tu discrédites mon œuvre, et enfin, aujourd’hui, tu vas comprendre que tout ce que tu auras pu réaliser dans ta vie n’est que pitoyables banalités face à l’ampleur de l’intelligence et du génie qui émane des connaiss…
- Ouais, bon, abrège…
- RAAAAAH, JE TE HAIS !

Adam se jeta sur son meilleur ennemi, portant ses bras vers son cou, les faisant tout deux choir dans une étreinte puérile à côté de quoi même la plus féroce bagarre de récréation aurait paru puissamment esthétique. Car c’est bien à ça que se livraient les deux adversaire : une altercation digne d’une école maternelle, faite de coups tout sauf calculés et de hurlement de rage. Serge, que l’on tenait jusque là pour quelque un de très posé (si, si, quand-même…), apparaissait ici sous un autre jour, celui de la haine de son prochain, et pas de n’importe quel prochain, DU prochain, de l’incarnation même de tout ce qu’il pouvait détester au monde, cette bourgeoisie portée sur les choses de l’esprit qui n’a plus guère à faire avec les affaires du peuple, cette bourgeoisie embourbée dans son immodestie et sa certitude qu’elle détient le savoir universel, cette bourgeoisie à la fois trop réactionnaire et trop désireuse d’innover, ceci dans le seul but de démontrer aux autres sa suprématie, les autres pouvant regrouper aussi bien des familles nobles au moins aussi stupide que l’actuelle Franche Colombe Musquée que les gens du peuple qui, décontenancés devant une telle exhibition de savoir, ne pouvait que rester coi et obtempérer avec un objectif nouveau, celui d’apporter prospérité à sa nation, et tout ce genre de sentiments patriotiques méprisables sur lesquels l’homme avisé aura tôt fait de soulager sa vessie et son estomac.
Ils ne s’aimaient vraiment pas.


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:53
Et puis soudain, la masse de corps entrelacés se brisa, et Adam et Serge se relevèrent. Le Baron n’était plus que haine et frustration, il respirait bruyamment tout en tremblant sensiblement des épaules. Il pointa un doigt hargneux vers son anti-frère, placide pour sa part, et s’exclama d’une voix suraiguë qu’il prenait toujours en cas de vive émotion.

- Tuez-le ! Massacrez-le ! Eparpillez-le ! Trucidez-le ! Pulvérisez-le ! Je veux que ce type disparaisse à jamais !
- C’est marrant comme on peut avoir le même genre d’aspiration…

Serge bondit et lança un coup de pied puissant auquel s’ajoutait la dureté de la semelle en fer qui était celle de sa botte, qui atterrit sur son visage et le fit basculer en arrière, faisant s’écrouler un Maître Irrationaliste qui était hélas en train de confectionner une bombe à clous de toute dernière facture, qui explosa au sol, projetant ses meurtriers projectiles à tout va. L’homme eut le crâne transpercé, mais Adam ne fut que superficiellement touché à la joue.
Faisant montre encore une fois de ses facultés d’adaptation, Serge s’empara d’un flacon qui traînait sur un proche établi, et l’envoya au visage d’un homme qui s’approchait, un énorme objet dont il ne valait sûrement mieux pas connaître l’utilité à la main. Le liquide contenu par la petite bouteille aurait très bien pu être du jus de pomme, ce qui n’aurait pas à proprement constitué un désagrément si l’on fait fi des obligatoires bouts de verre qui accompagnent toujours ce genre de situations. Mais il ne s’agissait pas de jus de pomme. Ni de jus d’orange, d’ailleurs. C’était de l’Irrationnel Pur.

Mmh, j'adore passer des heures à faire du copier coller, vraiment... Bon ben voila, c'est làché, ça fait beaucoup, c'est vrai, mais quand on aime, on ne compte pas, hein ! Hein ! Non ? Ah bah tant pis, alors...


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 22/03/04 01:02
Ouahou ! Mais c'est super-bien ficelé, votre truc ! On dirait pas, comme ça...
Je ne puis que réitérer mes précédents compliments. En ajoutant que, cette fois-ci, il y a des passages qui m'ont fait rire. Oui, vous avez bien compris : qui m'ont fait rire.

Si c'est pas un beau compliment, ça...


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 22/03/04 12:45
Et quel passage aura réussi à déclencher cette hilarité qui semble dans votre cas assez dure à atteindre ? Nan, c'est juste pour savoir, en fait, parceque si ça se trouve, je l'ai même pas fais exprès...
En tout cas, merci. Mais c'est pas du tout bien ficelé, ça reste une totale improvisation du début à la fin, et je ne sais vraiment pas comment je vais faire pour conclure ce machin... Bah, je me suis sorti de situations litéraires bien plus périlleuses.

Kröy - Semi Gnou.


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 22/03/04 20:14
Vous le croirez ou pas, cher ami, mais ce n'est pas un passage qui me fit rire, ni même deux passages, non ! Ce sont bien trois passages ! Incroyable, non ?
Les chaînes de réactions dues à la malheureuse chute du malheureux soldat ennemi, la pancarte de bienvenue au village, et la dissolution lente et patiemment détaillée par vos soins de ce scientifique mort pour son métier...

[une minute de silence]

Quant à votre sens de l'improvisation, vous le maîtrisez avec art, et le résultat en est bien construit (le fait, par exemple, de pousser le baron à donner le gant à la charmante Katrin - car elle est bien charmante, maintenant, je peux le dire ? - afin qu'il se retrouve ridicule devant Serge, et qu'il ne puisse pas le massacrer dès la première seconde. C'est une chose que l'on ne voit pas venir, mais qui vient naturellement et en douceur, et c'est parfait).
Je ne doute pas que la fin vienne de manière tout aussi inattendue mais logique que tout le reste.


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 24/03/04 18:07
Eh bien alors, je ne peux que vous remercier pour ce compliment bien utile ; après tout, c'est toujours bon de savoir qu'on peut improviser de manière correcte, surtout quand on a déjà improvisé pendant l'équivalent de 150 pages (quand même...). Allez, youpla ! Ah, juste un truc : j'ai refait l'introduction, et je crois que je vais en faire de même avec au moins les cinq premiers chapitres... Bon, l'idée reste la même, mais je préfère...

Et puis soudain, la masse de corps entrelacés se brisa, et Adam et Serge se relevèrent. Le Baron n’était plus que haine et frustration, il respirait bruyamment tout en tremblant sensiblement des épaules. Il pointa un doigt hargneux vers son anti-frère, placide pour sa part, et s’exclama d’une voix suraiguë qu’il prenait toujours en cas de vive émotion.

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Il est un fait établi parmi les hommes de science que l’Irrationnel ne tire de son statut qu’un contentement minime par rapport à la terrible frustration qu’il éprouve à ne pas être un humain normal, car oui, ressembler à une sorte de gelée disparate bleue, ce n’est pas être un humain normal. Il est donc facilement admissible qu’au fil des siècles, le liquide étrange ai développé une certaine haine à l’égard des habitants de la surface, une haine d’autant plus attisée qu’il lui était impossible de faire quoi que ce soit à un humain, étant donné que l’Irrationnel se trouvait soit enfermé dans un ridicule flacon beaucoup trop étroit, soit sous des milliers de kilomètres de terre et de pierre et de pas mal d’autres choses plutôt dégoûtantes, soit dans le creux d’un gant le retenant par un jeu de propriétés magnétiques complexes et vraiment ennuyeuses, ou soit dans un état complètement modifié ne lui laissant qu’une marge de manœuvre parfaitement nulle. Une sorte de conscience collective s’était instaurée chez toutes les molécules d’Irrationnel qui s’ennuyaient royalement au cœur de l’Argantrèss, une envie propre à chacun de tuer pour démontrer sa détermination à devenir un jour un homme, un vrai.
Et voila qu’un flacon d’Irrationnel éclatait au visage d’un homme. Ce furent des siècles de hargne accumulée qui éclatèrent, pas seulement quelques bouts de verre ; enfin, les molécules frustrées étaient à l’air libre, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça allait barder. Ca barda, d’ailleurs. Le liquide, en l’espace de quelques secondes, dévora l’intégralité, ou presque, de la chair qui palpitait jusque là de façon tout à fait correcte autour de l’ossature anatomiquement banale de notre homme ; puis, ravi, il s’élança d’un vol leste en direction d’un autre homme, qui s’avérait être Mouflehd’Alfe, l’avisé Irrationaliste qui avait démontré tantôt son talent dans le domaine musical. La matière bleuâtre avait bien mal choisi sa cible, puisque celle-ci leva une main grande ouverte en sa direction, crispa ses doigts et avança la paume. Et, bien entendu, l’Irrationnel se trouva de nouveau emprisonné dans la paume noueuse d’un vieillard quelconque, quoique à la vérité ce vieillard là ne fût pas quelconque. Au moins, il aurait la satisfaction d’avoir accompli ce dont tout un peuple de molécules aura toujours rêvé.


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Kröy

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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 24/03/04 18:13
Maître Mouflehd’Alfe, dont l’expérience dans le domaine n’était plus à démontrer (on prétendait même qu’il avait aidé Kah’Ioü Beharne Aise dans ses travaux, alors qu’il était encore très jeune), jeta un regard froid, sans sombrer dans l’excès, à Serge, qui s’était pour sa part réfugié derrière l’établi cité plus haut. Un regard désapprobateur, par certains aspects, comme si le vieil homme lui reprochait de faire son malin et de causer un tel bazar ; bien entendu, ses doigts s’agitaient pendant ce temps là, et l’Irrationnel rebelle, désormais dompté, prenait des allures plutôt déplaisantes. En fait, plus sa paume validait les modifications structurelle, plus le liquide ressemblait à un chien. Un gros chien, même. En tout cas, pas un caniche, tout le monde aurait pu l’assurer.
Pour tout dire, il s’agissait d’un dogue ventripotent, dont le blanc de l’œil était aussi blanc qu’une tomate farcie (dans sa partie tomate, bien sûr), et aux commissures des lèvres duquel coulait un fluide baveux blanchâtre des plus répugnants. La petite histoire voulait qu’il fût immédiatement nommé, par l’ensemble des personnes présentes dans la salle, Brutus. Un nom certes convenu, mais qui semblait convenir à ravir à l’était d’esprit quelque peu fougueux de l’antipathique animal. Une fois la touche finale (qui consistait tout simplement à lui attribuer le poids d’un chien, puisqu’il ne pesait pour l’instant que quelques milligrammes – en effet, il était toujours, et ce malgré les apparences, intégralement fait d’Irrationnel, qui ne pesait pas plus qu’une plume de canari anorexique…) apportée, Brutus s’affala par terre. Le Maître Irrationaliste lui lança alors cette mystique injonction, à laquelle aucun membre de la gent canine jamais ne pu résister, tant le mystérieux pouvoir qu’elle recèle est puissant.

- Brutus, attaque !
- Miaou !

Oui, Mouflehd’Alfe avait beau être un des meilleurs Maîtres Irrationalistes de tout l’Argantrèss, il n’en restait pas moins vieux, ce qui impliquait certains trous de mémoire aux conséquences parfois catastrophiques ; pour l’heure, elles étaient plutôt grotesques… Un homme à sa droite lui chuchota à l’oreille que non, les chiens ne faisaient pas miaou, et Mouflehd’Alfe s’en excusa, d’autant plus qu’il hésitait entre ça et « Beeeeh ». Ce qui eût été, sans aucun doute, du dernier ridicule.
Le dogue s’élança du pas gracieux et véloce de la tortue prise de rhumatisme et sauta par-dessus l’établi. C’aurait été sous-estimer notre véhément bagarreur que d’imaginer qu’il soit pris au dépourvu ; on ne rentre pas comme ça dans la Milice Préposée aux Choses Peu Rationnelles. Au moment où le puissant molosse passait au dessus de sa tête, Serge planta d’un bras vigoureux les tessons d’un flacon brisé pour l’occasion. La bête poussa un miaulement de mécontentement, et se retourna pour faire face à son agressant agressé. Plutôt que de lui lécher le visage, il opta pour l’option « bouffer la carotide », aussi courante chez les morts vivants et chez les déducteurs italiens. C’était une bonne alternative, mais Serge y trouva à redire, et exposa ses opinions à son adversaire en lui crevant l’œil. L’argument fut accepté à sa juste valeur, et le chien mourût dans un feulement grotesquement félin.


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   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 24/03/04 18:18
Tout le monde commençait à se lasser un tantinet de ce freluquet prétentieux aux airs faussement désintéressés qui paraît chacune de leurs attaques. Adam le premier. En poussant un soupir d’agacement, il arracha un fusil des mains d’un de ses subalternes, très occupé à constater que les apparences sont trompeuses. L’arme était du dernier moderne, et probablement très puissante. Le Baron épaula, visa l’établi derrière lequel Serge s’était de nouveau replié, et tira.
Probablement aurait-il eu plus du succès si l’arme en question avait été chargée. D’autant plus que son geste avait été d’une beauté martiale que l’on ne retrouve que dans les plus grands films de Western. Faisant tout pour échapper au ridicule de sa triste situation, il projeta d’un bras mou (signe malheureusement commun d’une absence totale de pratique sportive depuis les trente dernières années) l’objet de fer et de bois contre la table de travail, ce qui eut pour effet de n’avoir justement aucun effet. Mais au moins ce geste avait-il une forte puissance symbolique : il était la matérialisation même de tout ce qu’Adam pouvait détester Serge. Et comme par magie, tout le monde dans la salle se mis à le détester. C’est sûrement ce que l’on appelle le courage de masse, ou la témérité assistée. Et c’est bientôt un déluge de tirs et d’Irrationnel modifié qui s’abattit sur notre pauvre héros en second.

- Pssst… Eh, gamine…
- Ecoutez, je n’ai pas le temps de parler à une porte de placard, je dois réussir à faire marcher ce… Eh ?
- Bon, tu m’écoutes ?
- Oui.
- Bon, eh bien alors tant mieux, c’est que tu as une bonne ouïe.

Et Janine sortit de sa cachette. On avait eu tendance à l’oublier quelque peu depuis le début de cette scène, et pourtant elle avait assisté à l’intégralité de son déroulement. Et elle était parfaitement consternée.
Consternée devant la lâcheté de celui pour qui, même si elle l’avait quitté plusieurs années plus tôt, elle gardait jusque là un certain un certain respect à l’égard de la tâche certes assez convenue mais proprement titanesque à laquelle il s’était attelé depuis la mort de son père, consternée par cet esprit puéril et pleurnichard que, si elle y avait fait attention plus tôt, elle aurait pu remarquer dans chacune des actions du Baron, mais consternée aussi devant la folle classe qui émanait de celui qui, quelques minutes plus tôt, s’était servi d’elle comme d’une vulgaire guide (quoiqu’à la vérité il n’y ai aucune honte à être guide ; moi-même, j’ai plusieurs fois côtoyé des guides pratiquants, et laissez moi vous dire que leurs conversations ne sont pas moins intéressantes que celle d’un ostéopathe chevronné.). A vrai dire, elle venait de tomber amoureuse.
C’est triste. Rien ne nous dit que Serge ne va pas mourir dans les minutes à suivre. Rien. Vraiment rien.

- Oh, Madame Janine, vous étiez cachée ?
- Eh oui. Tu semble en plus avoir une bonne vue, dis-moi… Bon, qu’est-ce que c’est que tu voulais faire de beau avec ce gant ? Et tu sais t’en servir, au moins ?
- Oui, j’ai eu une formation accélérée, et je dois dire que je me débrouille plutôt pas mal, et…
- Commence par rester modeste, veux-tu ?
- Pardon. Bon, alors j’ai trouvé une figure assez facile à réaliser, regardez, hop !
- Oui, c’est très bien, mais ce ne serait pas mieux si tu mettais ce machin bleu, là, l’Irrationnel ?
- Ben oui, mais justement, il ne veut pas venir dans ma main !

Katrin essaya une énième fois de crisper les doigts comme le Baron lui avait appris au dessus du goulot d’un petit flacon. Détail amusant : le verre de ce flacon était bleuté. Non, je dis amusant, parce qu’en fait, il ne contenait pas plus d’Irrationnel qu’un poulailler ne contient de boulangeries.

- Attends, laisse moi voir ce machin… Hmmm… (borborygme signe d’une intense réflexion) Snif, snif (onomatopée caractéristique du reniflement bruyant et inquisiteur)… Mais… Mais… (interjection précédant en général l’expression intense de la fierté éprouvée à avoir fait quelque découverte digne d’intérêt) C’est de la limonade !
- Ah nan, la limonade c’est blanc, c’est pas bleu…
- Mais nunuche, regarde, c’est la flacon qui est bleu !
- Ah oui, tiens, quel amusant jeu d’optique, je fus trompée par la quasi-perfection de l’ouvrage de cet aimable artisan qui aura, je n’en doute pas, investi la totalité de sa personne dans la création de ce miroitant flaconnet que j’ai bien l’intention d’emmener avec moi…
- Voila que tu te mets à bien parler, maintenant ?


Ca c'est tout chaud, écrit dans l'heure, et donc probablement infesté de fautes ridicules, mais j'imagine que vous avez du vous y habituer si vous lisez ce... machin depuis le début


Dernière mise à jour par : Kröy le 24/03/04 18:19

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Katrin fourra la bouteille dans sa poche, puis chercha du regard un flacon de véritable Irrationnel.

- Allez, rends-toi, espèce de tâche ! Si tu crois que tu vas pouvoir tenir longtemps avec ce fusil automatique, tu te fourvoies de la plus piteuse manière !
- Adam, permets-moi de te dire que tu parles trop…

Serge bondit de derrière l’armoire en bois d’acajou contenant maints livres et grimoires probablement très intéressants, qui lui avait servie de nouveau refuge après que l’établi ait disparu par les flammes et l’acide. Il aimait beaucoup le principe même du fusil, et ne manquait pas de se rire de ses camarades rétrogrades au plus hauts points, effrayés par la simple vue de cette arme qui n’est pourtant que la suite logique de l’arbalète et de la tarte au citron meringuée. Il prit le temps de soupeser l’espace de quelque centièmes de seconde ce chef-d’œuvre d’ingénierie militaire, avant d’ouvrir le feu sur la masse de scientifique exacerbés, qui déjà vidaient de nouvelles flaques de liquide disparate, et cherchaient dans leurs esprits embrumés des figures propres à convaincre le plus-tout-à-fait jeune paltoquet, qui les tenait en échec depuis maintenant près d’une demi-heure, des arguments de la science. Plusieurs tombèrent avant même d’avoir pu terminer leurs complexes passe digitales, mais d’autres parvinrent à leur fin, et ce qui devait arriver arriva (remarquez, le contraire eût été très contrariant, car si ce qui doit arriver se met à ne pas arriver, où allons nous, je vous le demande !) : un projectile sensé représenter un gros caillou, mais que l’absence totale de talent artistique qui était celle de son créateur avait fait ressembler plutôt à une balle de tennis grise et anguleuse, frappa notre bon Serge au crâne, sa casquette n’étant plus là pour le protéger, et il s’écroula au sol, inerte.

- Ha ha ! Tu fais moins ton malin, maintenant !

Les perfectionnistes cinéphiles me pardonneront l’usage de cette phrase d’une consternante banalité rhétorique.

- J’hésite à te réduire tout de suite en une flaque de boue sanguinolente… Oh, en fait je crois que je vais le faire. Hun hun hun hun hun… Hun ?

Soudain, une lueur blanche, crûe et intense avait empli la salle dans sa parfaite intégralité, surprenant tout un chacun, ce qui n’était pas sans démontrer, une fois encore si cela était nécessaire, que les scientifiques ont beau faire leurs malins, ce sont de parfaits crétins.

- Woua, tu gères, gamine…

Janine s’approcha de son ancien petit ami, une paire de lunettes aux verres opaques sortie d’on ne sait où sur le nez. Le Baron en aurait bien eut besoin en ce moment, car au moins il n’aurait pas eu à plisser ses paupières d’un air porcin tout à fait pitoyable, ajoutant à son ridicule naturel.

- Bon, Adam, je crois qu’aujourd’hui tu as réussi à me démontrer à quel point tu pouvais être minable, et je t’en remercie, même si j’aurais préféré que tu me fasse la démonstration de tes non-talents plus tôt, histoire que je gâche pas ma foutue vie dans ce Castel à la con pour une cause tellement pitoyable que je m’en veux de l’avoir cautionnée ne serai-ce que l’espace de quelques secondes.
- Mais... Janine…
- Ta gueule, sombre tâche. A partir de maintenant, tu n’as plus de costumière-maquilleurse-visagiste-capillicultrice, ni plus d’ex-petite amie. Tu n’es qu’un déchet humain, un débris méprisable tout juste bon à attirer les crachats des véritables hommes sensés, caste dont vous ne faites pas partie non plus, messieurs, où devrai-je bande de moutons asservis cantonnant l’incroyable potentiel de vos cerveau favorisés par la nature à de basse recherche militaires, alors que des millions d’enfants meurent dans le monde, et… Oui, bon, ça n’a pas un très grand rapport.
- Je te l’accorde…
- Ta gueule. Alors maintenant, tu vas nous laisser passer, tous les trois, on va se barrer et je peux t’assurer que tu risque pas de me revoir, en tout cas je ne te le conseille pas, parce que si je revois ta sale petite tronche d’enfant gâté, je te la carre dans le cul d’une vache, et je lui ordonne de chier, et là, là seulement tu comprendra à quel point tu peux n’être qu’un furoncle humain, une pollution dégoûtante, un étron vivant, une…
- Bon, tu as fini, oui ?
- Nan !
- Eh bien moi je te dis que tu as fini !
- Grzzghwwhqu’est-ce qui se passe ? Où suis-je ? Oh, Adam ! La forme ?

Et Serge s’empara du fusil qui traînait près des mains, épaula, et tira sans même prendre le temps de se relever. L’agitation effervescente repris alors tout le monde dans la salle : la récréation était terminée.


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- Gamine, la porte !

Katrin était agile, quand même, et n’avait en conséquent eu aucun mal à se faufiler jusque au bureau d’Adam, celui qui ressemblait d’ailleurs plus à une grosse machine avec pleins de trucs à actionner qu’à un bureau, d’ailleurs. Elle toucha de manière approximative environ la totalité de tous ce que ce tableau de bord pouvait contenir d’interactif, de sorte qu’une alarme se mit à retentir, une fenêtre s’ouvrit en grand, un singe empaillé tomba du plafond, un tableau d’art contemporain accolé au mur ouest de la salle s’illumina selon des couleurs pastelles du meilleur goût, et enfin la porte s’ouvrit. Avant que quiconque n’ai pu réagir, tant l’audace qui avait été celle de ces deux femmes était grande, les trois compagnons franchissaient le seuil de la salle pour de préférence n’y jamais remettre les pieds.
Adam avait reçu le tir bancal de Serge dans les côtes gauche, et souffrait comme jamais il n’avait souffert. Tandis que la plupart des hommes de la salle d’élançaient enfin à la poursuite des trois importuns, et que d’autres s’affairaient à alerter la garde, deux hommes furent obligé de son cas désastreux. Un plomb avait atteint quelque organe interne de première importance, dans les tréfonds de son organisme, et il était au seuil de la mort. A vrai dire, il aurait du mourir. Car il est vrai que l’organe sus cité était d’une importance véritablement capitale. Oui, c’était le cœur.
Mais que voulez vous, quand on hait, on ne meurt pas ; pas le temps, sans doute. Adam de la Franche Colombe n’avait déjà plus qu’une idée en tête : conquérir le monde pour enfin montrer à ce… (aucun mot n’aurait pu traduire tout le mal qu’avait Adam à l’esprit sans le rendre soit euphémique, soit ridicule) qu’il n’était qu’un ignare, et qu’il resterait, toute sa vie, un misérable suiveur tout juste bon à vivre parmi les basses classes populaires bêlantes et grouillantes, pour lesquelles il avait un mépris sans nul égal au monde.

- Vous… pff, pff… Vous savez, vous pouvez m’appeler… Katrin… Pff, pff…
- On… On verra ça plus tard, si ça te dérange pas… Pff… Et ********, en voila devant !
- Halte !
- Ouais, ouais…

Serge, qui s’était désormais complètement remis du choc reçut au crâne, ne ralentit même pas son pas ; au contraire, il accéléra, les poings bien en avant, ce qui lui aurait sûrement donné un air de héros dans une série de science fiction si la télé avait existé (et autant vous dire qu’avec des scies, on mettrait Kaprï dans rien du tout, parce que les scies ne coupent pas le béton). Intrigués, les trois hommes en verts qui pointaient leurs fusils d’un air belliqueux ne comprirent que trop tard qu’aucune des personnes progressant dans leur direction à allure soutenue n’avait l’intention de s’arrêter. Un centième de seconde plus tard, deux parmi eux étaient au sol, et le troisième en était à remettre totalement en cause sa théorie sur la rationalité des comportements humains.
Avant que d’autres fâcheux ne débarquent d’une salle spécialement prévue à cet effet, et Dieu sait si elles étaient nombreuses, Janine cria à ses compagnons de s’arrêter…

- Arrêtez vous !

… voila, et ouvrit d’un pied puissant la porte de ce qui apparaissait être le Bas Commissariat à la Dépense Excédentaire de Canne à Sucre sur Table Base Cent Virgule Seize pour les Régions Nord-Sud 48° médiane, Est-Ouest 10° décigrade et Ailleurs s’Il le Faut. Il s’agissait, malgré ce que pouvait laisser croire ce titre quelque peu pompeux, d’une salle minuscule, dotée d’un bureau et d’un tableau du célèbre peintre nomipanquien Gustaf El Roubarou. Derrière le bureau, car il n’y avait pas assez d’espace derrière le tableau, un petit homme gros et particulièrement quelconque s’affairait à résoudre d’inutiles équations. Il leva la tête au bruit de la porte qu’on martyrise, et jeta un regard pour le moins intrigué à la belle femme, que tout le monde connaissait dans le Castel, mais je crois l’avoir déjà dit.

- Janine ? Ca va ?
- Ouais, plus ou moins…

Et elle lui asséna un violent uppercut au menton, ce qui ne produit pas un bruit extraordinaire ; la graisse avait en effet cette faculté désolante d’étouffer les bruits, même les plus amusants. L’homme s’écroula, inconscient. En fait, pour tout vous dire, il était mort sur le coup, tant sa vie morne et son manque d’exercice flagrant l’avaient rendu sensible à la moindre brusquerie. C’était comme si un quadragénaire puissamment bodybuildé avait asséné une frappe d’amitié virile à un petit chaton nain venant de naître et souffrant de fragilité osseuse.


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