Mercenaire du Chaos

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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 13:56
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Et ils retournèrent voir ces deux abrutis.
- Mais comment pouvez vous donc être aussi stupides ?! Votre amie a été enlevée devant vos yeux, et vous n’avez même pas réagi !
- Eh, oh, on peut pas tout faire, hein !
- Ouais, on était déjà assez occupé à attendre Katrin comme ça !
- Tiens, d’ailleurs, ça fait longtemps qu’elle est partie, qu’est-ce qu’elle peut bien être en train de faire ?
- Ouais, c’est vrai, ça ?
- …
Serge songeait très sérieusement à la certes discutable mais néanmoins très efficace méthode dite du suicide. Mais il se rebiffa : il n’y avait pas de temps à perdre (or, le suicide en est une, de perte de temps).
- A quoi ressemblait l’homme qui a tiré votre amie par la manche ?
- Un peu à Dorian Rik’Atrr, son ancien petit…
Le violent uppercut que reçut Ekobën sous le menton l’envoya s’étaler sur les marches crasseuses de l’escalier, en contrebas du palier où la nappe avait été installée.
- Comment était-il habillé, bordel de ******** ?!
On notera que lorsque Serge en venait à s’énerver, il perdait de son flegme, et la largeur de son vocabulaire avait tendance à rétrécir quelque peu.
- Aïe.
- Euh, moi je l’ai vu aussi, je peux vous dire !
- Alors ?
- Eh bien, je crois qu’il avait une grande robe verte foncée, mais ses bottes ressortaient quand même en dessous. Et il avait les manches retroussées, des gants énormes, et il tenait dans sa main (celle qui ne tenait pas Katrin) un objet assez bizarre, allongé, avec un manche en bois et un tube en fer au bout.
(Pour le bien de l’histoire, il a été décrété qu’Artanger disposait temporairement de la capacité « œil de lynx ». Nous en somme tout à fait désolé, et mettons fin dans l’instant à cette totale improbabilité scénaristique, puisqu’en réalité, je vous le dis, Artanger était myope)
- C’est ce qu’il est convenu d’appeler un fusil, jeune sot.
- Eh, monsieur Serge !
- Oui, Hamely ?
- Le monsieur comme il a dit, le gros bonhomme, il ressemble un peu à un monsieur qui était venu un jour chez moi, et que mes parents ils étaient partis, et que le monsieur il m’a dit que si je venais avec lui sans faire de bruit, il me donnerait des bonbons.
- Et tu l’as suivi ?
- Ben, j’aurai bien aimé, parce que moi j’aime bien les bonbons, mais mon papa il est arrivé courrant, et puis il lui a cassé la tête avec une casserole, c’était rigolo, y’avait du sang partout, hi hi hi.
- Et le bâton avec un bout en fer (le fusil, donc) que le monsieur en vert avait, il en a fait quoi ton papa ?
- Ben, il me l’a donné !
- Et… Tu l’as encore ?
- Oui, c’est rigolo comme jouet, mais l’autre jour papa il m’a grondée parce que j’ai fait PAN ! sur le plombier, et il avait du sang partout, c’était rigolo, hi hi hi. Alors papa il m’a pris mon jouet, et il l’a caché dans sa chambre, mais heureusement je l’ai retrouvé, pendant qu’ils se faisaient des bisous tous nus dans la salle de bain avec maman, c’était rigolo, hi hi hi.
- Je décèle chez cet enfant une personnalité perturbée… Il faudra songer à l’emmener voir un pédopsychiatre, un de ces jours…
- Tiens, cela tombe bien, j’ai justement un très bon ami pédopsychiatre, il devrait pouvoir s’occuper sans peine de son cas ; il est compétent.
- C’est quoi, un pédopsychiatre ?
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Dernière mise à jour par : Kröy le 22/01/04 19:01
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:03
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Voila bien un vaste sujet de dissertation philosophique, source d’argumentations toutes plus subtiles les unes que les autres : « qu’est-ce qu’un pédopsychiatre ? ». Telle fut la réponse, mûrement réfléchie bien sûr, d’Ekobën à la question posée par Artanger :
- Tss, ce que tu peux être bête, alors… Un pédopsychiatre, c’est comme les Psychiatres Fantastiques, mais pour les pieds.
- Ah, je me disais bien que j’avais déjà entendu ça quelque part… Mais alors, ça n’a aucun rapport avec la plongée sous-marine ?
- Non.
- C’est étrange, j’ai toujours fait un rapprochement dans ma tête entre la pédopsychiatrie et la plongée sous-marine…
- Oui, enfin, c’est pas pour dire, mais la plongée sous-marine, ça n’existe pas encore.
- Parce que tu crois que le fusil, ça existe ?
- J’ai jamais dit que ça existait.
- Moi non plus.
- Alors arrête de faire ton malin.
- Ouais, bah c’est toi qu’avait qu’à pas commencer.
Pendant ce rude débat philosophique, Serge l’Atterré, ainsi qu’il s’était autoproclamé, avait eu le temps de remonter dans l’appartement d’Hamely, celle-ci sur son dos, de récupérer le fusil, qui marchait à poudre (« Trop d’anachronisme tue l’anachronisme », disait Robespierre lors de soirées mondaines par trop arrosées.), et qui en était encore relativement bien chargé, et de redescendre avec l’air le plus neutre qu’il pouvait arborer. Hekares, lui, mangeait.
Serge pris alors la parole, d’un ton qui se voulait solennel, et qui, ma foi, l’était, solennel.
- Bien. Que je vous explique. Le type en vert que vous vîtes tantôt, sombres crétins ignares et sans la moindre once de culture politico-mondaine que vous êtes, se trouve faire partie de la garde élitique du Baron de la Franche Colombe Musquée, un aristocrate pédant dont le manoir se situe à la périphérie d’Avrande-sur-Pilloti, une bourgade placide située à quarante Foulées Déïques de Kaprï environs. Tout le monde, à part vous apparemment, mais que voulez vous, c’est pas de votre faute, vous êtes cons, tout le monde donc, sait que le dit Baron apprécie particulièrement tout ce qui touche de près à la Religion et à la Magie, même si tout le monde sait que la Magie, ça n’existe pas, ça n’existe pas.
- Ah bon ? Ben ********, alors…
- Je sais aussi, pour ma part, et ce de source relativement sûre, que cela fait maintenant trois ans qu’il recherche ce qui serait la réincarnation de la progéniture originelle née des ébats entre Dieu et Poss-e-Hidon.
- Floush’h ?
- Non, lui n’est apparemment que leur second enfant. La petite histoire veut que lorsque Dieu et son divin amant eurent un premier enfant, personne au Panthéon n’accepta cette union, de sorte que Dieu fut forcé à détruire le fruit de son amour afin de ne pas alimenter les potins qui conduiraient irrémédiablement à une révolution et un changement de pouvoir. Toutefois, empli d’une compréhensible tristesse, il décida de réincarner son enfant dans la peau d’un humain. Si ce que vous m’avez rapporté de votre inintéressante discussion avec Notre Très Saint Père Qui Êtes Aux Cieux est vrai, il semblerait qu’il ait eu un second enfant, et dans ce cas les autres dieux du panthéon ne sont pas au courant. Il a commis une bourde en vous confiant ce secret, croyez moi… Il du l’enfermer dans cette mine du Mont Tendancieux, afin que cela ne se sache pas…
- Tiens, c’est marrant, je connais quelqu’un qui habite là bas…
- Oui, c’est moi.
- …
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:05
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Serge pleurait intérieurement. C’est tout juste s’il ne suçait pas son pouce.
- Bon, voila ce que je pense : Hamely doit être la réincarnation de la progéniture originelle. Cela expliquerait bien des choses.
- Ouais.
- Je pense aussi que le Baron, qui essaie depuis trois longues années de capturer la petiote, mais qui était constamment mis à mal par ses parents qui devaient être au courant, par quelque moyen que ce soit, de la spécificité de leur enfant…
- Vous croyez que ça existe, vous, des écoles spécialisées pour réincarnations de progéniture divine ?
- Oui, sûrement. Après tout, il y a bien des écoles pour pédopsychiatres, je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas d’écoles spécialisées pour réincarnations de progéniture divine.
- Ca c’est bien vrai.
- J’aimerais tellement être pédopsychiatre…
- Et moi, j’aimerais bien finir la phrase que j’avais commencée, s’il vous plait.
- Mais je vous en prie.
- Bien. Donc, le Baron a du profiter du chaos ambiant pour dépêcher sa garde d’élite afin d’enfin se saisir d’Hamely ; mais il aura donné à ses hommes une description trop succincte, et, ceux-ci n’étant pas réputés pour leur intelligence, ils l’auront confondue avec Katrin, qui cherchait du bois, donc.
- Oui.
- Dans la cage d’escalier.
- Voila.
- Mon dieu… Bon, alors maintenant, voila ce que je propose : tout d’abord, nous allons ranger cette nappe en évitant de mettre des miettes partout, car après tout nous sommes des gens civilisés.
- Oui.
- Puis nous irons, après nous être lavé les mains, au point de ralliement établi par mes supérieurs, comme je l’avais déjà annoncé.
- Oui.
- S’il vous plait, arrêtez de dire oui…
- D’accord.
- Bon, une fois là-bas, nous formerons deux groupes.
- D’accord.
- L’un, composé d’Hekares, d’Ekobën et d’un homme quelconque que nous trouverons bien là bas, se rendra dans le RPS, comme nous l’avions prévu à la base.
- D’accord. Mais… Aïe ! Arrêtez, pas l’oreille, ça fait mal !
- L’autre, composé d’Hamely, d’Artanger et de moi-même, se rendra au manoir afin de récupérer Katrin. Si le Baron a su profiter de la situation, il y a de fortes chances pour qu’il ai un rapport avec cette mascarade stupide, aussi les informations que nous recueillerons là-bas nous serons peut-être d’une grande aide. Et maintenant, pas de discussions : allons-y !
- Attendez, j’aimerais soulever un point crucial et terriblement délicat : qui va se voir attribuer la garde de la nappe ?
- C’est moi qui la prends !
- Non, c’est moi !
- Et pourquoi ?
- C’est moi qui ai choisit le motif !
- Et moi le tissu !
- Eh bien, prend le tissu, je garde mes motifs !
(Désolé)
- Maintenant que ce point est réglé, pouvons-nous y aller, messieurs ?
- Oui. Juste : vous avez des ciseaux ?
- Non, bien entendu, car sinon je vous les aurait déjà plantés dans le globe oculaire depuis bien longtemps, petit chanceux.
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:09
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Et c’est d’un pas quelque peu enjoué, car emprunt de la satisfaction d’avoir traumatisé le stupide Artanger, que Serge ouvrit la marche. Le fait de porter sur ses épaules la réincarnation de l’enfant divin d’une boule à facette géante ne semblait pas le déranger outre mesure, ce qui est une belle preuve de sang froid et de fierté contenue (car en vérité, il était très fier, le Serge. Peut-être même que demain, il serait dans le journal. Oh, oui, ce serait tellement bien). Les autres, magistralement bêtes, le suivirent d’un pas certes moins enjoué, mais sans non plus que l’on puisse la qualifier de morne, car après tout, ne dit-on pas « M’ornes pas, je vais aller me laver » ? Dans la ville, le chaos ambiant semblait avoir diminué quelque peu, ce qui signifiait, soit que les monstruosités avaient finit par toutes se dévorer les unes les autres, soit que c’était l’heure de goûter. Hekares regarda sa montre, et constata avec une moue déconfite qu’elle n’avait toujours pas été inventée, alors que le fusil, lui, oui. C’est vraiment dégueulasse, pensa-t-il d’ailleurs, mais pas trop fort, car l’écrivain avait oublié d’être sourd.
Lorsque un monstre à la laideur quelconque sortit de la poubelle réservée au 10, rue du Jeune Cabri Pusillanime, Serge s’essaya avec un certain bonheur à l’exercice de sa nouvelle arme (il avait déjà laissé son arbalète loin derrière lui, prétextant que les carreaux n’étaient pas assez invisibles pour lui). Il se munit d’un allumette (…), embrasa la poudre déposée là où elle devait être déposée, et appuya sur la gâchette, libérant par là une gigantesque décharge de plomb qui vint s’écraser à une vitesse relativement impressionnante sur le visage décomposé du triste sire qui s’avançait maintenant vers la groupe d’une démarche bancale. Nos amis eurent juste le temps de remarquer les morceaux de laitue et de viande pourrie collés au dit visage, indiquant que le monstre avait été surpris en train de tenter de se nourrir… Trente centièmes de seconde plus tard, le crâne explosait violemment, éparpillant bouts de cervelles et giclées sanguinolentes sur un mur voisin. Le monstre n’eut guère d’autres solutions que de mourir le plus bêtement qu’il soit (bien entendu, cela reste assez relatif, on a la mort que l’on peut, après tout…).
Heureux, le Lieutenant Supérieur Attesté eut un étrange réflexe, celui de souffler la fumée qui émanait du canon, prenant alors un air sombre et mélancolique, évoquant aussi bien le fierté du geste bien fait que les vastes landes dévastées du Grand Nord Népérien aux arbres charnus et aux buissons ardents. On notera au passage la prouesse linguistique réalisée ici par l’auteur, qui évoquait plus haut, très sur de lui, de « vastes landes dévastées ». Or, la science prouve que si elle sont dévastées, elle ne peuvent être vastes (puisqu’elles sont dévastées, désolé d’avoir à me répéter, mais voulez vous, vous n’aviez qu’a pas être bêtes.). Enfin. La troupe se remis en marche, voila bien le principal.
Le ciel, pour sa part, commençait à passer au rouge, sans pour autant être plus orange que ça. Malgré le nombre considérable de feux allumés accidentellement par les écervelées créatures qui peuplaient désormais la ville, il commençait à se répandre dans les rues un air frisquet qui avait quelque chose d’effrayant.
- Brr.
Se surpris même à dire le brave Artanger.
- Mr Serge, j’ai froid.
- Ah oui ?
- Oui.
- C’est stupide, Hamely, tu aurais du te couvrir avant de partir.
Hekares, qui était loin d’être sot lorsque l’on parlait d’enfants, car après tout il possédait une petite sœur en état de marche qu’il avait réussi à faire fonctionner parfaitement jusque là, Hekares, donc, chuchota à l’oreille du rude soldat qui pour sa part semblait décidément plus doué dans l’art ô combien noble du bilboquet que dans l’entretien d’un marmot :
- Dans ce genre de situations, si vous voulez vous attirer la franche sympathie de l’animal, vous êtes sensé lui prêter votre veste.
- C'est-à-dire qu’il fait froid…
- Taratata.
- Eh bien alors…
Et Serge posa lourdement Hamely au sol, à la suite de quoi il eut tout le loisir de constater qu’il n’avait pas de veste. A défaut, il ôta l’armure de cuir noir qui recouvrait son admirable polo en laine noire, afin de la placer sur la fillette. Bien entendu, c’était grotesque : le col du lourd habit arrivait au front de la pauvrette, qui ressemblait du coup plus à un homme tronc décapité qu’à autre chose. Or tout le monde sait que les hommes tronc sont, après les hommes branche, les êtres les plus détestables de toute civilisation. Mais personne n’y trouva rien à redire, aussi reprit-on la route en direction de là où l’on devait aller.
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:15
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Chapitre 8 - Du drame, car il en faut.
La rue Saint-Mauribald-les-Petits-Anges-Bleus, qui se voulait être un hommage, non seulement à Saint Mauribald qui fut l’inventeur du civet de lapin à la sauce Bourguignonne, mais aussi aux petits anges bleus, qui étaient des anges, et qui étaient bleus, la rue Saint-Mauribald-les-Petits-Anges-Bleus donc, était une rue tout à fait quelconque. Seulement, il se trouve que nos compagnons étaient en train de l’emprunter lorsque, provenant de quelque hauteur, une voix à la fois martialement virile et émotionnellement vide se fit entendre.
- Hola, gens, qui va là ?
- Calme, mon bon, je suis le Lieutenant Supérieur Attesté Serge Aid’Ubonthabak. J’ai été détaché pour la garde de la porte Nord-ouest de la cité. J’ai ici de jeunes personnes qui sont sensées…
- Oui, bon, je m’en fous, moi, je voulais juste savoir qui vous étiez.
- Eh bien vous le savez.
Voyez comme on savait faire observer la discipline, en ces temps ancestraux.
- Très bien, alors j’imagine que je vais devoir vous accompagner jusqu’au Poste Avancé « Purification et Damnation pour Kaprï la Grande » ?
- Ah, vous lui avez donné un nom ?
- Ben faut bien, si vous saviez ce qu’on peut s’ennuyer, là bas, depuis que plus aucun zombi ne sort du RPS…
- Si vous le dites…
La mystérieuse voix se décida enfin à se matérialiser sur le toit d’un bâtiment de taille très modeste qui, si l’on en croyait l’inscription de lettres d’or oxydé qui avait été appliquée sur sa façade, était une école élémentaire pour jeunes filles. L’homme était apparemment couché, afin de mieux surprendre l’ennemi (si toutefois ennemi il y avait, ce qui n’était pas à proprement parler le cas), et il fallu attendre qu’il se hisse sur ses genoux rendus gourds par un certain temps d’inactivité pour que l’on puisse le détailler avec plus d’attention : il était affublé de la même façon que Serge, mais arborait sur son épaule une réplique miniature de Klaus Fr’Hansoä, un chanteur populaire et charismatique de l’époque ; ceci signifiait qu’il était d’un degré seulement sous les ordres de notre ami. Grand et peu agile, il mit un certain temps à descendre l’échelle qui avait latéralement été placée contre l’école par ses soins. Il avait à son dos une énorme arbalète, que Serge reconnut de suite pour une arme à tirs multiples, extrêmement pratique au combat rapprochée. Enfin, l’homme vint se poster devant lui, et consenti à saluer, bien qu’il parut évident qu’il n’y mettait absolument aucune conviction.
- Sous-lieutenant Druaut Lädendurh’, de la douzième Division Vacillante, seconde Section, vingtième Régiment, cent trente-septième Bataillon, puis la Troisième après le Boulevard Saint Charles. A vos ordres, on va dire…
- Oui, on va dire… On va dire aussi que je vais vous mettre mon pied au cul si vous continuez à arborer cet air je-m’en-foutiste face à un supérieur. Et maintenant, accompagnez moi jusqu’au Poste avancé.
- Bien, bien… Pffff…
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:17
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L’inintéressé se dirigea alors à l’arrière de l’école, dans une petite cour de récréation au sol marqué à la craie de jeux infantiles et charmants. Là, il décrocha un cheval de la poutre que les professeurs de gymnastique utilisaient pour leurs cours avisés ; la bête avait le regard vif, inquisiteur, et qui ne prêtait pas à la gauloiserie, ce qui était bien dommage étant donné l’impressionnante paire de… Tout compte fait, c’est sans importance. Druaut monta dessus sans dextérité aucune, poussant un râle de douleur, car ses jambes étaient encore envahies par les fourmis, mais surtout car il n’avait jamais été un très grand sportif. Nos compagnons, pour leur part, trouvère cet acte très impoli, car l’homme ne leur avait même pas proposé son moyen de transport.
Mais celui-ci ne s’excusa pas pour autant, et se mis en route, faisant marcher son bourricot d’un pas mou et lent qui lui correspondait très bien. Les autres suivaient, n’ayant pas grand-chose d’autre à faire. Et ainsi, ils avancèrent durant quelques minutes, quand tout à coup, si soudainement que personne ne pu réagir, une déflagration tout proche se fit entendre. Ils étaient alors en train de croiser la rue Petit Vase la Potiche Mauve depuis le boulevard Métastase Stellaire, sans se soucier le moins du monde de la circulation et des priorités, la totalité des véhicules étant immobilisés en plein milieu de la chaussée.
Une charge de plomb vint déchirer le flanc de Sarbacane (c’était le nom qu’avait donné Druaut à sa monture), qui hennit de façon fort similaire à celle qu’avait Katrin de pousser des hurlements stridents et infondés, avant de s’écrouler lourdement sur le côté. Son cavalier, ayant les pieds accrochés aux lanières de cuir pendant latéralement à la bête, ne pus que la suivre dans son mouvement, et se fracassa le crâne par terre, tout en voyant sa jambe écrasée par le poids de l’équestre animal.
Serge fut le plus prompt à réagir : il courut derrière un carrosse vide de conducteur, entraînant dans sa course Hekares et Ekobën, restés plantés là, incapable de réagir à une telle surprise. Artanger était, bien hélas pour lui, resté quelque peu en arrière, aussi Serge ne pus rien pour lui lorsqu’une seconde décharge retentit, et que les multiples projectiles vinrent percuter le bas de son épaule droite : son bras fut tout simplement arraché, et alla s’écraser dans une poubelle avoisinante. Le pauvre garçon arborait un visage assez déconfit, déçu dirait-on, mais ne le garda pas bien longtemps, puisqu’il ferma les yeux avant de s’affaler au sol sans même pousser de cri de douleur (performance assez rare dans ce genre de circonstances).
Hamely, pour sa part, avait manqué choir lorsque sa monture à elle, c'est-à-dire Serge, s’était précipité à l’abri, fonçant tête penchée. Heureusement elle n’en fit rien, mais le militaire lui demanda tout de même de descendre de ses épaules, car il risquait de devoir se livrer à un virulent débat sur le thème « mérites-tu plus que moi de périr dans d’atroces souffrances » avec les deux personnes, peut être plus, qui leur avait jouer ce double mauvais tour. La fillette eut beau protester, elle n’eut d’autre choix que poser ses frêles petons sur le sol poussiéreux de la ville en proie à un froid de plus en plus important. Ceci fait, Serge risqua un œil à travers la fenêtre du carrosse, celle-ci donnant droit devant lui, sur le carrefour entre les deux voies routières. Là, deux hommes trop vêtus de longues robes vertes, trop armés de fusils et portant trop l’écusson des armes de la famille de la Franche Colombe Musquée pour que notre ami ne les reconnaisse pas, s’approchaient du cadavre du cheval. L’un venait de l’angle droit du carrefour, tandis que l’autre était probablement dissimulé derrière un panneau réservé à l’affichage électoral, situé juste à la droite du boulevard qui continuait tout droit. Cela peut paraître compliqué, mais le principal est de savoir que nos deux blessés avaient étés assaillis de la façon la plus fourbe possible.
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:20
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Le rouge du ciel virait de plus en plus au foncé, et le vent soulevait des nuages de poussière assez denses, c’est ce qui explique que les hommes en vert ne semblèrent pas remarquer que quatre autres personnes étaient dissimulées derrière le véhicule. Et c’était tant mieux. L’un des sous-fifres du baron, après s’être baissé sur le corps de Druaut, adressa la parole à son compagnon qui scrutait la rue d’où venaient nos amis, et dans laquelle était situé le carrosse, qui prenait la moitié de la voie car il était placé de façon latérale.
- Mph. Encore un gars de la MPCPR… On va jamais la trouver, cette gamine…
- Ouais.
- Déjà que le boss était pas content qu’on lui ramène une radasse sur-maquillée, si en plus on est pas fichu de retrouver la vraie réincarnation avec le temps supplémentaire qu’il nous a offert, il va nous en vouloir à mort.
- Ouais.
- Bon, va voir le corps de l’autre, il a peut-être du pognon, et aucun extra n’est à négliger.
- Ouais.
- Et arrête de dire ouais.
- Ouais, ouais…
Serge avait entendu la conversation, pour la bonne et simple raison qu’il avait de très bonnes oreilles, état de fait dont ne peut pas se targuer le commun des mortels. Or, pour se rendre au niveau du corps d’Artanger, il était obligatoire de passer à côté du carrosse. Il chuchota donc un plan élaboré dans le plus grand empressement aux oreilles de ses compagnons.
- Bien, je vais faire très vite. Lorsque l’homme sera à notre niveau, Hekares va se ruer sur lui et l’éliminer grâce à son épée. Dans le même instant, moi et Ekobën briserons les fenêtres du véhicule, afin de pouvoir tirer sur l’autre type.
- Bien !
- Bien !
- Et moi, je fais quoi ?
- Toi, tu peux nous chanter un chanson.
- D’accord ! C’était un petit sapin-pin-pin, qui avait de jolies branches-anches-anches !
- Mais… Pas maintenant, idiote !
Mais c’était trop tard : l’innocente comptine d’Hamely fut braillée si fort qu’elle fut sûrement entendue dans une majeure partie du quartier ; aussi, le benêt qui allait juste passer à leurs côtés n’eut aucun mal à la percevoir, et il eut assez d’intelligence pour prendre conscience que non, ce n’était pas sa botte qui chantait, car il avait la conviction que celle-ci était en fait un homme. De fait, il fit glisser d’un geste brusque la magnifique lame qui pendait à son côté hors de son fourreau. Il s’agissait d’une arme longue et fine, qui semblait particulièrement maniable, et dont le manche avait la particularité de briller dans le noir, ce qui reste un atout majeur en cas de panne d’électricité. Puis l’homme porta son regard dans la direction d’où provenait l’enfantin cantique, et bondit de façon à surprendre les quatre infortunés.
L’autre, pour sa part, n’était pas plus sourd que son coéquipier, aussi fut il aussi prompt à réagir. Contrairement à ce dernier, il préféra détacher son fusil, similaire à celui que Serge avait dans les mains, qui était astucieusement accroché à son sac à dos grâce à un habile système de crochets. Ainsi armé, le rusé guerrier épaula, visa le carrosse, et tira. Bien entendu, il avait oublié d’allumer la poudre à canon contenue dans le réservoir de son arme. C’est donc en parfait ridicule qu’il dut courir derrière un tonneau de bois afin de ne pas se voir doté d’un nombre d’orifices plus important que la décence le voudrait.
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:22
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Ne perdant pas une miette de temps, Serge lança l’exécution de son plan machiavélique d’un claquement de doigts professionnel. Hekares eut tout juste assez de dextérité et de force pour parer le coup que le nigaud en vert lui portait déjà, mais il savait trop bien qu’il ne ferait pas le poids très longtemps avec sa piètre maîtrise du duel, et ce malgré la considérable estime de lui qu’il avait réussi à forger au fil du temps. Aussi usa-t-il d’une fourberie de la pire espèce : alors que les lames étaient collées l’une à l’autre dans un puissant brase de fer, il décocha un vigoureux coup de pied dans les parties génitales de son opposant, qui ne put s’empêcher de souffrir très fort. Mais l’homme, à défaut d’être le contraire d’un con, était le contraire d’une tapette, et trouva la vélocité nécessaire pour esquiver ce qu’Hekares voyait déjà comme un coup fatal, en pivotant sur lui-même afin de se déporter sur sa gauche. Là, il imprima un vif mouvement latéral à sa lame, qui aurait du trancher notre pauvre héros en deux, si celui-ci n’avait pas bondi en arrière. Il était assez fier de sa manœuvre, et en tira une vigueur toute nouvelle, qu’il concentra dans un coup droit et puissant en direction de l’autre, qui commençait tout de même à avoir assez mal aux testicules. Cette fois, malgré la célérité dont il avait fait preuve auparavant, il dut se rendre à l’évidence : il était percé. Il jeta un œil quelque peu désemparé, voire déçu, au gigantesque couteau à pain qui lui traversait le ventre, se dit qu’il était véritablement très laid, ce couteau à pain, se demanda qui pouvait bien l’avoir designé, avant de mourir, n’ayant plus grand-chose à penser de toute façon. Bien entendu, Hekares fut particulièrement heureux, puisque c’était ni plus ni moins la première fois qu’il tuait quelqu’un, ce qui est, convenons-en, une source d’adrénaline inaltérable.
Serge et Ekobën, pour leur part, n’en avaient pas fini. Le tireur adverse avait enfin mis le feu aux poudres, et tirait en direction du carrosse de puissantes rafales de plomb, disloquant celui-ci petit à petit, le véhicule étant en bois. Bien qu’il fut plutôt bon dans le noble art du tir à distance, l’obscurité ambiante l’empêchait de pouvoir ajuster une décharge en plein dans la fenêtre, derrière laquelle se trouvaient, je le rappelle, nos deux lurons. Ceux-ci, eux même, avaient bien du mal à ajuster le petit tonneau de bois et de fer, posé là parmi quelques autres sans que l’on sache pourquoi (pour sur que quelque marchand affairé les auras laissées là le temps d’aller boire un coup dans une proche taverne… En fait, je crois bien qu’on s’en fout. De toute manière, cela aurait très bien pu être, en lieu et place de ces tonneaux, des caisses, des armoires ou encore des hommes troncs, voir des pédopsychiatres), et que le fourbe prenait pour abri. Toutefois, après quelques minutes de farouche autant qu’infertile combat, une flèche miraculeusement ajustée d’Ekobën vint perforer sa clavicule, dans une effusion d’hémoglobine très banale. Le sous-fifre du baron, se sachant perdu, fouilla dans une des nombreuses poches que l’intérieur de sa robe recelait, et en sortit un sifflet. Il aurait très bien pu jongler avec, mais il opta pour une utilisation plus classique de l’objet, puisqu’il pris une grande respiration, et souffla un grand coup. Le bruit terrassa tout le monde, tant il était strident et puissant à la fois. Celui là même qui l’avait utilisé hurla effroyablement fort. Et pour cause. Ses tympans venaient d’imploser, et un sang noirâtre coulait de ses oreilles, le long de ses lobes. Il s’écroula encore plus qu’il ne l’était auparavant, raide mort.
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:24
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- C’est une vieille technique samouraï, ça ? Je veux dire, se suicider au lieu d’être tué par l’ennemi ?
- J’ai bien peur que non, mon jeune ami.
- Ah, alors c’était sûrement un mélomane, qui voulait une dernière fois dans sa vie entendre…
- Non.
- Ah bon ? Eh bien alors je ne vois pas.
- Cherche.
- …
- …
- …
- Allez, vas-y, je suis sur que tu peux y arriver.
- …
- Tssss…
- Ah ! Mince, je crois que j’ai compris ! Il a alerté ses amis, c’est ça ?
Serge poussa alors un hurlement de joie, un grand bravo adressé à son coéquipier qui devenait décidément de plus en plus intelligent. Il pris dans ses bras, et lui dis à l’oreille que « un jour, tu sera grand, mon fils », les larmes aux yeux, et ce sous les yeux quelque peu intrigués d’Hamely qui n’avait pas bougée depuis le début du combat, et qui avait mal aux oreilles. Toutefois, Ekobën se résolut à casser cette ambiance chaleureuse et emprunte d’une rare émotion, en rappelant ses amis à la raison.
- Euh… Je voudrais pas avoir l’air d’un rabat-joie, vous me connaissez, mais y’aurait comme qui dirait Artanger qui est au sol, là…
- Pardon, je me suis égaré. Son pouls bat-il encore ?
- Ah, ********, on dirait que non… Il est mort !
- C’est-à-dire qu’il y a une tradition qui veut quel l’on prenne le pouls soit au niveau de la carotide, soit au niveau du poignet, mais en aucun cas au niveau des cheveux.
- Ah bon ? J’aurais pourtant juré… Ah ben tiens, vous avez raison, y’a un truc qui bouge au niveau de son poignet !
- Bien… Mais il est gravement blessé, il nous faut trouver quelqu’un de compétent pour le soigner, et ce au plus vite. C’est pourquoi il nous faut nous remettre en route immédiatement.
- Et Druaut ? Il est mort ?
- Non non, je ne suis pas mort, je ne faisais que simuler.
Dit l’intéressé en s’extirpant de sous la carcasse de sa monture.
- Il en faut bien plus pour éliminer un gars de la MPCPR. Mais ils m’ont buté Sarbacane, les enfants de salaud… Tiens, je crois qu’on ferait tout de même mieux de fouiller rapidement leurs cadavres avant de partir.
- OK, je m’en occupe. Mais je vous rappelle que c’est moi le chef, ici.
- Ouais, ouais…
Ils s’apprêtaient donc à chercher des indices confirmant la thèse de Serge quant à la présence des hommes du Baron de la Franche Colombe Musquée en ces lieux sur leurs cadavres, lorsque ils se rendirent compte qu’ils étaient tout simplement encerclés par une dizaine de ces hommes en vert. Ceux-ci s’étaient positionnés dans le plus grand silence, et avaient profité de l’obscurité ambiante pour prendre nos amis par surprise. Un des mécréants, qui était doté d’une casquette de satin vert le différenciant de ses compagnons, s’approcha en direction de Serge et Druaut, qui étaient au niveau de la carcasse de Sarbacane. Puis il le va la main vers le ciel dans un salut des plus martiaux, avant d’engager la conversation sur un ton qui excluait assurément le badinage que l’on sait si cher aux concierges de tous les horizons.
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:27
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- Vous avez la fille ?
- Ca se pourrait…Mais n’espérez même pas mettre la main dessus.
- Ah bon.
- Oui.
- Vous avez conscience, tout de même, que vous êtes complètement encerclés, là ?
- Oui.
- Bien…
- Eh Mr Serge ! De quelle fille il parle le vilain monsieur ?
- Mais… Chut, Hamely !
- LA VOILA ! EMPAREZ VOUS D’ELLE !
- Ouais, ça va, pas la peine d’utiliser des majuscules comme ça…
Serge se rua en direction d’Hamely, toujours assise derrière la carrosse, et la précipita sur ses épaules, alors que les premières balles de plomb commençaient déjà à fuser. Druaut, à défaut de pouvoir le couvrir, se contenta d’éventrer d’un vif estoc celui qui semblait être le supérieur, avant de lui subtiliser sa casquette, qu’il trouvait à son goût.
Hekares, que la mise à mort qu’il avait effectué plusieurs minutes plus tôt avait rendu hardi, poussa un cri qui n’avait aucun but précis, d’autant plus qu’il muait encore un peu de la voix, ce qui portait plus à rire que ne terrifiait. Il se précipita vers deux soldats qui se tenaient dans le boulevard Métastase Stellaire, effectuant d’amples moulinets, un peu maladroits tout de même, mais l’effet restait saisissant, et n’aurait pas fait tâche dans un film hollywoodien à grand budget. Il frappa celui de gauche avec autant de force qu’il pouvait, mais celui-ci para en dernier recours avec le manche de son fusil, qui se vit sectionné en deux, au grand désarroi de son possesseur qui venait d’en faire l’acquisition. Puis Hekares donna un vigoureux coup d’épaule au malheureux désarmé afin de l’écarter, et d’avoir ainsi le champ livre pour offrir au second l’infime honneur de rentrer dans « le Clan des Coupés en Deux ou Plus Petits Morceaux ». Mais celui-ci avait oublié d’être lent, et déjà pointait son arme à feu en direction de l’estomac de notre bon héros. Il s’apprêtait à presser la détente, quand une flèche se planta dans un grand bruit sec et sinistre au beau milieu de sa cuisse droite. Déconcerté, il baissa le regard juste à temps pour observer un gigantesque couteau à pain le sectionnant en deux parties bien distinctes.
Bien entendu, c’est Ekobën qui avait tiré. Il était fier : cela faisait deux fois qu’il réussissait à démontrer que ses dons d’archer n’avaient rien de risibles, et il commençait, tout comme Hekares, à développer une certaine fierté martiale qui est à la base de bien des dictatures couronnées de succès. Il était resté près d’Artanger inconscient, non pas dans le but de le défendre, car après tout sa vision de l’amitié excluait ce genre de sentiments loyaux, mais tout simplement parce qu’il avait eu la flemme d’aller ailleurs. Apres ce geste héroïques, Hekares acheva celui qu’il avait bousculé juste avant, et les deux compagnons se choisirent d’autres cibles, heureux.
Serge tentait maintenant de s’échapper afin de mettre Hamely en sécurité dans quelque immeuble déserté ou dans quelque boutique mise à sac. Il était désormais couvert par Druaut, qui avait sorti l’immense arbalète à tirs multiples qui pendait auparavant à son dos, et qui tirait carreau sur carreau avec une vitesse proprement hallucinante. L’arme utilisait une grande bande de cuir sur laquelle étaient fixés les munitions, et qui défilaient dans le chargeur à mesure que le soldat émérite tournait une petite manivelle située sur le bas de la machine de guerre. Elle vibrait violemment au fur et à mesure que les tirs partaient, ce qui rendait ceux-ci particulièrement imprécis, mais Druaut semblait maîtriser son sujet, et abattit ainsi maints hommes en verts. Mais pas assez pour que, alors qu’il allait prendre la rue Petit Vase la Potiche Mauve sur la droite, Serge ne reçoive une décharge de plomb brûlant dans la cuisse. Il hurla, trébucha, et Hamely culbuta par-dessus sa tête, allant s’assommer sur le sol goudronné de la rue. Serge hurla à Druaut de venir récupérer la petite, en ces mots, certes évocateurs :
- Druaut, venez récupérer la petite !
Vous voyez ?
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:30
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- Bien monsieur !
- Barrez vous tous jusqu’au Poste Avancé, je vais les retenir !
- Ouais, c’est un peu facile, quand même, je trouve, de s’attribuer le beau rôle… Moi aussi j’aurais pu me prendre une décharge dans la jambe, et alors c’est moi qui aurait balancé cette réplique !
- Ta gueule ! Cassez vous tous, c’est moi qui reste !
- Ouais, bon, d’accord…
Et le grand dadais pris la frêle fillette dans ses bras, avant de la poser sur ses épaules de manière assez bancale, avant de se remettre à tirer à tout va. Puis il fit signe aux deux autres restés au niveau d’Artanger de se saisir de son corps, et de se ramener le plus vite possible. Ce n’était pas une tâche facile, car le bonhomme avait l’outrecuidance d’allier à sa laideur naturelle un embonpoint l’étant beaucoup moins, fruit de repas improvisés en des heures anarchiquement choisies, et très modérément équilibrés. Mais, alliant leurs efforts, les deux gaillards purent soulever leur ami, et se mirent à courir de concert vers la direction que leur avait indiqué Druaut, qui déjà avait entamé sa course, trois soldats à ses trousses. Serge, lui, s’était relevé, et visait les trois importuns avant qu’ils ne soient trop loin : il put en abattre deux, ce qui est un score honorable, dont il se félicita en se serrant la main à lui-même. Ses amis étaient en sécurité, cela ne faisait plus aucun doute, car le dernier homme en vert à leurs trousses, ne semblait guère doué pour l’athlétisme. C’est donc un sourire satisfait aux lèvres qu’il jeta son arme au sol, et leva les mains : il se rendait.
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:33
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Chapitre 9 - D’une course poursuite.
Pour la première fois de sa morne vie, Druaut se sentait des responsabilités. Oh, bien entendu, il n’irait pas jusqu’à donner sa vie pour l’adorable fillette qui pesait sur son dos courbé, mais il dut bien se rendre à l’évidence : si elle venait à mourir, il en serait assez contrarié. Pendant quelques secondes, en tout cas. Enfin, pour l’instant, il courrait, la respiration saccadée, l’œil torve, les cheveux dans le vent. Derrière lui, un type en vert, qui pourtant lui avait paru aussi athlétique qu’une théière à roulette, lui collait au train, ne semblant même pas éprouver la moindre fatigue. Il était sur le point de rattraper les deux gamins que Druaut était aussi sensé ramener au QG, ceux-ci étant considérablement ralentis par le corps d’Artanger, qui, je le rappelle, était loin d’être maigre. La course poursuite en elle-même avait quelque chose d’à la fois esthétique et parfaitement ridicule, tant la situation était grotesque : un homme en robe courant à une vitesse très moyenne et donnant l’impression d’être aussi intéressé par sa course qu’un bovidé quelconque par un poteau de clôture électrifiée après un grand benêt et un blondinet minable de banalité, tous deux tractant ce qui ressemblait à un cadavre de baleine semi manchote, devant lesquels courait enfin un autre escogriffe, avec sur ses épaules une petite fille qui le forçait à se tenir trapu afin qu’elle ne tombe pas ; voila bien une scène qui aurait fait rire la population, si celle-ci n’avait pas été préalablement transformée en créatures abominables et stupides qui avaient fini par presque toutes s’entretuer les unes les autres. Toutefois, la rougeur ambiante du soleil qui se couchait sur la ville meurtrie conférait à cet apitoyant tableau un air mélancolique et d’infinie tristesse qui ne collait pas du tout avec le ton quelque peu burlesque de celui-ci.
Hamely se réveilla, et se frotta le front : il était en sang, rien toutefois non plus qui ne justifia une inquiétude extrême, mais tout de même. Elle hésita à pleurer, car après tout elle n’était qu’un enfant, mais elle se ravisa, se disant qu’elle n’avait aucune raison de le faire, puisqu’elle n’avait presque pas mal. Fort de ce raisonnement, elle regarda autour d’elle, et constata qu’elle était ballottée sur le dos de quelqu’un, qui portait une armure similaire à celle qu’elle-même revêtait avec un sens de l’esthétisme assez moyen ; ce ne pouvait donc être Serge, puisque c’était lui qui lui avait gracieusement prêté son vêtement. De fait, elle posa la question tout à fait justifiée qu’on a pour habitude de poser dans ce genre de situation.
- Excusez moi… Vous habitez chez vos parents ?
Non, pas celle là.
- Excusez moi… Vous êtes qui ?
Voila, celle-ci.
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:36
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- Ah… Tu… Est… Réveillée, toi ? Pouf, pouf !
Vous aurez bien sûr compris que l’usage des points de suspension se justifie ici par l’essoufflement intense duquel notre bien sympathique héros par procuration était la proie. Car vous êtes d’une rare intelligence. Si si, ne soyez pas modestes.
- Ben, oui.
- Je suis Druaut, j’étais avec vous tout à l’heure, et on dirait que j’y suis encore.
- Où ?
- Ben, avec vous.
- Ah. Tiens, c’est rigolo, y’a Hekares et Ekobën, derrière, qui tiennent un cadavre de baleine en courrant…
- C’est pas un cadavre de baleine, c’est votre copain Artanger.
- Oh, tiens, y’a aussi un monsieur en vert derrière eux… Roooh, il a pas l’air content, vous devriez voir sa tête… Hi hi hi !
- J’ai pas vraiment le temps, là, en fait… Ah, j’ai une idée ! Fouille dans mon sac à dos, il devrait y avoir un petit sachet avec des chocolats, dedans.
- Ah tiens, oui, ils ont l’air bon… Mmmmh, ah oui oui, ils sont très bons, vous en voulez un ? Personnellement je préfère les chocolats pralinés, mais ceux là sont très bon quand même !
- Non non, c’est pas pour les manger !
- Ah ben si, les chocolats, ça se mange ! J’ai déjà essayé de me les mettre dans l’oreille, ça marche pas !
- Non, écoute : je vais courir un peu moins vite, pour qu’on se rapproche du monsieur, et tu vas lui jeter les chocolats à la figure ! Compris ?
- Euh… Oui oui ! Mmmh, vraiment, trop bons, ces chocolats !
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 22/01/04 19:38
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Druaut commença alors à ralentir la cadence de sa course enragée, avec un certain soulagement, il fallait bien l’avouer, tant son ses poumons étaient en feu et ses jambes en lambeaux… Bien vite, Hekares et son ami le dépassèrent, en profitant pour leur faire un petit coucou de la main. Le militaire leur beugla de continuer tout droit, et de prendre la rue du Papillon Avili lorsque celle-ci se présenterait à eux. Quelques secondes plus tard, Hamely était en assez bonne position pour abattre de ses tirs mortellement précis l’ennuyeux personnage qui commençait enfin à montrer des signes de fatigue. Mais qui avait un fusil. Dans les mains.
Un duel sans merci débuta alors entre l’importun et la fillette, qui s’était forgée un regard haineux et provocateur, plus attendrissant qu’autre chose. Une première rafale de plomb s’échappa de l’extrémité métallique du fusil, mais le mouvement des bras du tireur, entraînés par la course, fit que les petits projectiles vinrent s’écraser sur les murs des immeubles décrépis bordant la sinistre rue de l’Inflation Désobligeante. En revanche, Hamely, qui était bien callée désormais entre les omoplates de sa monture, visa avec finesse, et son chocolat, en forme d’escargot particulièrement élégant, sûrement l’ouvrage d’un grand maître chocolatier (en fait, je peut vous le dire, vu que c’est moi qui ai écrit l’histoire : Druaut les avait acheté dans un magasin d’alimentation Discount, « Au Maître des Prix ». L’investissement en valait la peine, puisque non seulement les sucreries étaient vendues à un prix défiant toute concurrence, mais en plus il lui avait été offert un magnifique bonnet mauve sur lequel était cousu une le visage du célèbre champion de bilboquet Joann Mahsser’Ann, tout souriant, portant à la main la splendide coupe de la « Argantrèss Cup of Simple Ruled Bilboquet », ainsi que la phrase « Pour vous, je serais toujours là, sauf le dimanche, je suis à la messe, mais vous n’avez qu’à me glisser un mot sous la porte, je le lirais sans aucun problème ». Certes, l’objet faisait un peu surchargé, mais ce n’était pas sans fierté que Druaut le portait sous son casque, en grand fan de Joann Mahsser’Ann qu’il était. Enfin, tout ça pour dire que niveau services et qualité, « Au Maître des Prix » pouvait faire pâlir d’envie bien des magasins de mets sois disant luxueux, appliquant des tarifs excessifs au possible, pour au final n’offrir que de piètres imitations, les véritables mets luxueux n’arrivant de toute manière jamais à Kaprï, tant l’Occitant était coupée du reste du monde.), son chocolat en forme d’escargot, donc, atteint le coureur au visage. L’homme fut étonné, mais n’en arrêta pas sa course pour autant. Il était bien déterminé à réduire cette petite peste en charpie, bien que ses ordres divergeassent quelque peu de cette intention meurtrière.
Les projectiles volèrent alors des deux côtés, rebondissant qui sur le sol, qui sur le casque de l’homme en vert, les deux antagonistes s’envoyant des jurons qui, s’ils paraissaient banals dans la bouche d’un homme, avaient quelque chose de choquant une fois prononcé par une petite fille d’à peine 6 ans.
- Tiens, prends ça dans ta face, enfoiré !
- Vas-y, Hamely, explose lui sa face à cette tafiole en robe de mes deux !
- Ouaiiiis ! Crève, pourriture !
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Oui, c’était véritablement traumatisant pour une âme normalement constituée, et Famille de France envisageait déjà de porter cette portion de dialogue devant les tribunaux pour atteinte aux bonnes mœurs et destruction du mythe de l’enfant innocent. Soudain, un chocolat, que l’on avait taillé en forme de plume plantée dans un savon de Marseille (encore une fois, « Le Maître des Prix » avait fait honneur à sa réputation, et avait employé les meilleurs artisans de tout l’Occitant afin d’offrir à sa clientèle un produit de qualité pour une somme, je le répète, véritablement dérisoire, surtout si l’on prend en compte la conjoncture économique ayant plus que tendance à la crise, et ce en particulier pour ce qui est des secteurs du poisson et du chocolat, marchés phares pour toute bonne économie en croissance. Un économiste populaire du nom de Laminsah’Tan avait d’ailleurs ainsi résumé la situation désastreuse qui était celle de cette époque reculée : « C’est bien simple, tant que les gens ne se seront pas décidés à manger plus de poisson et plus de chocolat, on sera dans la ********. » On admirera son sens de la formule, ainsi que son style tout à fait abordable, même pour les populations les plus intellectuellement bornées. Je ne saurais trop vous conseiller son dernier ouvrage en date, « Chocolat et Poisson en Economie : pourquoi j’ai acheté un parapluie », une excellente thèse de 1058 pages sur l’importance du poisson, ainsi que du chocolat, dans l’économie Occitantaise, qui nous révèles toutes les subtilités de ces deux marchés clefs. Vous pourrez trouver ce chef-d’œuvre de vulgarisation économico-scientifique dans tous les magasins portant l’enseigne « Le Maître des Prix ». D’ailleurs, connaissez vous cette ligne de boutiques Discount ? Sachez qu’on y trouve tous les biens de consommation nécessaire à une vie correcte, et ce à des prix défiant toute concurrence. Ainsi, la boîte assortiment de chocolats « La Rue de la Qualité » y est vendue à moins de 10 Menue Monnaie, ce qui équivaut, dans notre système monétaire moderne, à environ 10 francs, et en plus vous est offert un bonnet à l’effigie d’un grand joueur de bilboquet au choix. N’hésitez pas, « Le Maître des Prix » est ouvert toute la semaine, même le Dimanche.), un chocolat que l’on avait taillé en forme de plume plantée dans un savon de Marseille donc, atteint l’athlète malgré lui à l’œil. Le coup fut extrêmement douloureux, ce qu’il ne se garda pas de signaler au reste du monde, juste avant de s’affaler au sol tête la première :
- AAAAAAAAAAAAAAAAÏE ! Mais putain, elle m’a démonté l’œil, cette petite […]
La décence, qui fut jusque là bien trop laxiste à son propre goût, nous interdit de finir la phrase éructée par ce triste sire.
- Tiens, dans ton groin !
- Bien joué, petite !
Et Druaut de s’écrouler lui aussi au sol, en plein milieu de la rue. De la rue du Papillon Avili, d’ailleurs. Et en face d’un grand bâtiment, un des rares à ne pas être un feu dans la ville, aussi d’ailleurs.
-------------------- "Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.
"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.
"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 30/01/04 13:20
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Chapitre 10 - De destins.
Partie Première : D'Hekares.
- Ben Dru-Dru, qu'ess' tu glandes là, ma grande ?
- Pfffff... Hrrrrrr... Pffffff... Rhhhhh...
- Ah, carrément ?
- Hrrrrr...
- Ah ouais d'accord...
Druaut, aussi appelé Dru-Dru par ses compagnons d'armes, était exténué, n'aspirait qu'au repos, mais étais écrasé au sol par une fillette certes " mimi tout plein ", mais quand même assez grassouillette pour son age. Plus loin devant lui, Hekares et Ekobën semblaient aussi inspirés par un long sommeil dans un lit douillet que lui, et Artanger paraissait plus mort que jamais. Déjà, deux autres hommes s'approchaient pour s'occuper d'eux. Quand notre homme eut retrouvé un semblant de souffle, il put enfin prononcer ce qui s'apparentait plus ou moins à une phrase, et que nous retranscrirons ici dans une version intelligible.
- Figure toi que cette petite fille est celle que l'autre tordu de la Franche Colombe Musquée fait rechercher par ses gars.
- Sans dèc' ?
- Ouais.
- Ben alors, faut la ramener fissa au poste, ce serait con qu'on nous la chope sous les pattes !
- Eh bien, faites...
- Et les trois autres ?
- Selon un type de la quatrième division Oblique...
- Serge ?
- Ouais, voila, selon Serge, le gamin presque aussi grand que moi serait un Héros Officiel, et les deux autres sont ses potes...
- Quoi, lui, un Héros Officiel ? Alors que même moi, ils ont refusé ma candidature sous prétexte que j'étais pas assez bon au marcher sur main ? Tss... C'est à vous dégoûter un homme, tiens... Bon, tu viens, Dru ? On te fait un café ?
- Ouais, comme d'hab', avec une rondelle de citron...
Il faisait maintenant complètement nuit, et seules les lanternes des soldats de la MPCPR permettaient d'y voir quelque chose dans cette obscurité rougeoyante. On posa des vestes sur les athlètes afin qu'ils ne tombent pas malades avec le froid ambiant, quelqu'un pris Hamely dans ses bras (elle était de nouveau devenue inconsciente, sans doute à cause de sa chute de tout à l'heure), et on exécuta l'homme en vert, que le chocolat d'Hamely n'avait fait qu'assommer (car après tout, ces chocolats ont beau avoir été fabriqués sous la merveilleuse enseigne " Le Maître des Prix ", une excellente ligne de magasins Discount dont je ne peux que vous recommander l'adresse, ils avaient tout de même pour vocation première d'être des chocolats. N'allez pas croire que cette marque, gage de qualité s'il en est, se refusait à faire dans l'armement pour autant ! Si elle n'avait pas muni ses chocolats de dispositifs explosifs, c'est tout simplement parce qu'elle disposait d'une sous-filiale, " Le Bon Boucher ", spécialisée dans l'armement, lui aussi Discount. Ainsi, on pouvait trouver dans ces échoppes un fleuret en métal teinture mauve, à lame flexible degré 12, manche en bois de chêne recouvert à la laque, coque métallisée gravée à votre nom en alphabet Quandenien ancien, vendu non pas à 197 MM comme il coûtait chez " Les Pourfendeurs du Prix ", ni 156 MM, comme c'était le cas à " Khorâ ", mais bien à... 125 MM, toutes taxes comprises, garantie deux éternités, livrée sous 48 jours. Et si vous veniez à ne pas être satisfait par l'un de nos... euh, de leurs produits, il vous sera remboursé intégralement, sans frais d'utilisation ou de dossiers, et on vous offrira en prime une peluche en forme de caneton géant pour avoir eu l'ingratitude de vous avoir offert un produit de qualité moindre par rapport à l'excellence dont nous... euh, dont ils se targuent d'être les garants depuis plusieurs millénaires. Ah, béni soit celui qui, alors que nos populations vivaient dans la plus grande misère, sans même avoir de quoi s'offrir la pitance d'un souper, eut l'audace d'offrir à sa clientèle des produits modernes et de qualité, pour les bourses les plus vides et les gosiers les plus secs. Que ce soit pour la pêche, pour le chasse, pour manger ou pour boire, pour se divertir ou pour travailler, oui quoi que ce soit d'autre, n'oubliez pas : " Le Maître des Prix ", au niveau des prix, c'est le maître.).
Puis tout le monde rentra dans l'imposant bâtiment. Il s'agissait d'un immeuble, comme c'était le cas pour la grande majorité des habitations de Kaprï, si l'on exceptait les petits lotissements particuliers de la périphérie Nord de la ville, ainsi que les maisonnettes placées le long de Kaprï-Plage. Comme dans tout le quartier, qui était en fait le quartier populaire de la cité, il s'agissait d'une structure parfaitement droite, laide et banale à la fois, dont les murs étaient gravés d'insultes vis-à-vis de l'autorité en place, de la police de répression préposée à l'insurrection massive (la très efficace PRPIM, qui avait eu ses heures de gloire lors des révoltes étudiantes de Mai moins 68 avant la Sainte Disparition de Celui qui Mentait Souvent, puisqu'elle avait massacré assez d'étudiants pour dissuader quiconque de tenter ne serai-ce que la moindre petite action syndicale, ou la plus bénigne signature de pétition), ou encore d'un camarade d'Université. A l'intérieur, on retrouvait cette atroce odeur de navet au miel, qui provenait très probablement de l'enduit utilisé pour isoler les étages les uns des autres, le bois des planchers ne se suffisant pas à lui-même.
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 30/01/04 13:22
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Toutefois, le hall avait été aménagé par les troupes de la MPCPR, de sorte que le sol était propre, les murs lavés, les fenêtres dépoussiérées, les marches de l'escalier astiquées, et on avait disposé un gigantesque tapis rouge vif droit devant l'entrée. Partout, des hommes en noir gesticulaient, s'attelant à des tâches diverses et variées, telles que le repassage, l'affichage de tableaux d'art contemporain, et même parfois des tâches sérieuses. Nos amis, exténués, perçurent cette insupportable fourmilière comme une atteinte à leur quiétude personnelle, et demandèrent de suite à être conduit dans leur suite personnelle. Car si après ce qu'il venaient d'accomplir, ils n'avaient pas droit à une suite personnelle, c'est qu'il n'y avait pas de justice en ce bas monde.
Artanger fut de suite apporté à l'infirmerie, qui avait été installée au second étage, dans un petit appartement qui, le hasard faisait une fois de plus son travail convenablement, avait du être celui d'un médecin, bien qu'il soit assez difficile de deviner son métier sur les traits de son cadavre putréfié, fraîchement abattu par les membres de la MPCPR. Ekobën, lui, eut le droit d'aller prendre un bain, puis de se coucher, ce dont il ne se plaint le moins du monde. Hamely, de par son statut très envié de " mimi tout plein ", attira bien vite l'attention des quelques femmes faisant partie de la Section, qui la choyèrent et lui préparèrent un lit le plus confortable possible, au lieu de faire leur boulot, bande de feignasses. Enfin, Druaut et Hekares, qui commençait à comprendre l'importance de son récent statut de Héros Officiel, furent conviés à rejoindre la salle de l'Anti-irrationalisme Suprême, où tous les plus haut officiers étaient sensés décider de la suite des opérations, et qui avait été installée à la cave, pour faire plus secret, point sur lequel les gradés ne faisaient jamais aucun compromis, tant ils étaient attachés à leur image mystérieuse et inaccessible. Nul doute que s'ils avaient un jour appris que la plupart avaient déjà été surpris de nombreuses fois dans des situations ridicules, nus sous la douche ou en train d'éplucher des éponges, ils se seraient probablement retirés de la vie militaire, couverts de hontes, et auraient entamé une vie d'ermite au sommet de quelque Mont fouetté par le vent.
A défaut de sentir le navet et le miel, c'est une forte odeur de sueur que dégageait la salle de l'Anti-irrationalisme Suprême, signe qu'elle était occupée depuis des heures par ces génies militaires, qui cherchaient désespérément un moyen de neutraliser le terrible Floush'h. Un homme de taille moyenne, aux cheveux grisonnants et à la barbe hirsute, à qui l'on aurait donné 50 ans à défaut d'autre chose, et qui devait très probablement être à la tête de tous ces gradés, leur demanda de bien vouloir s'asseoir. Il n'y avait plus de chaise. Aussi, nos deux amis n'eurent d'autre choix que de s'asseoir par terre, au milieu du grand rectangle formé par quatre longues tables recouvertes d'une nappe de satin immaculé, elle-même écrasée sous le poids des cartes, notes et directives couchées sur papier. En tailleur, même. Je veux dire, ils s'assirent en tailleur. Puis celui qui ressemblait beaucoup au chef de tous ces messieurs, titre qui lui donnait une certaine assurance que l'on pouvait aisément ressentir dans le ton hautain et méprisant de sa voix, adressa la parole aux deux énergumènes.
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 30/01/04 13:24
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- Messieurs, enfin vous voila.
- Eh oui.
- J'ai déjà eu vent de votre situation ; le lieutenant Serge Aid'Ubonthabak s'est donc rendu aux forces Franche-Colombe-Musquiennes ? Quel sot, je le croyais pourtant compétent, on ne m'y prendra plus à traiter avec des débutants...
- Vous vous méprenez, chef. S'il s'est rendu, c'est pour pouvoir opérer en territoire ennemi.
- Et pourquoi donc opérerait-il en territoire ennemi, s'il vous plait ?
- Pour retrouver une jeune fille.
- Pardon ?
- Pour retrouver une jeune fille.
- Excusez moi, j'ai du mal entendre... Vous pouvez répéter ?
- Pour retrouver une jeune fille.
- Mais, espèce d'idiot, je vous donne deux chance de trouver un argument plausible, et vous me balancez innocemment qu'un de mes meilleurs hommes s'est fait capturer volontairement pour les beaux yeux d'une radasse quelconque ?
- Oh, vous savez, on ne peut pas vraiment dire qu'elle a de beaux yeux, la Katrin, si c'est bien d'elle que vous parlez. C'est-à-dire qu'elle s'est mise tellement de maqu...
- Oh, vous, le Héros Officiel de mes deux, la ferme, hein !
- Bien.
- Notez, chef, qu'une fois là bas, le lieutenant Serge aura sûrement l'occasion de réunir des information intéressantes quand au pourquoi du comment de cette affaire...
- Mais on le sait, nous, pourquoi les hommes de la Franche Colombe Musquée ont attaqués ! C'est pour retrouver la réincarnation de...
Un des hommes présents autour du rectangle de tables pris alors la parole, d'une voix rauque et criarde à la fois, ce qui était assez inaudible.
- Si je puis me permettre, chef, je pense pas que ce soit leur seul but...
- Ah bon ? Et alors, ce serait quoi, leur " second but ", monsieur je sais tout ?
- J'en sais trop rien, mais si, comme tendent à l'indiquer les derniers rapports de la section placée au niveau de l'entrée " Rotule Clinquante " du RPS, il y a des hommes de la Franche Colombe Musquée dans le sous-sol Kapréen, c'est sûrement pas pour faire joli...
- Mmmmh... Maintenant que vous le dites, c'est vrai que je les vois en effet mal organiser une rave party dans le réseau sous terrain...
- Une quoi ?
- Une rave party.
- Mais... Ca n'existe pas !
- Vraiment ? Quel dommage, vous ne savez pas ce que l'on rate...
Druaut repris la parole, se demandant ce que pouvait bien être une rave party, et si cela avait un rapport avec les betteraves qui étaient parties il y a de cela deux jours du potager de sa grand tante, morte de tristesse depuis.
- Au fait, chef, pourriez vous nous résumer un peu la situation, de votre côté, parce que moi, j'étais un peu tout seul, sur le toit de l'école, là bas...
- Oh, oui, assurément. Alors voila : des hommes en vert ont essayé de s'en prendre à notre bâtiment, mais ont étés mis en échec par nos tireurs postés sur le toit, qui disposaient d'arbalète extrêmement sophistiquées. Du coup, ils ont fui, et un contingent de nos meilleurs hommes les a suivi. Ils nous ont rapportés il y a peu que les fuyards s'étaient réfugié dans le RPS, et qu'ils avaient massacré tous les hommes placés à l'entrée " Rotule Clinquante ", située rue du Bord de Mer Fleuri. Comme vous le savez, toutes les autres entrées du RPS ont été barricadées de l'intérieur, et nous n'avons guère d'alternatives si l'on veut pénétrer dans celui-ci...
- Mais, les hommes du Baron de la Franche ont du se faire massacrer ! Il reste encore des zombis, à l'intérieur, non ?
- Si.
- Et donc ?
- Et donc j'en sais rien, je ne comprend rien à ce qui se passe. On est dans la mouise, et jusqu'au coup.
- Il faut qu'une petite troupe escorte ce jeune homme...
Druaut désigna alors d'un doigt quelconque le timide Hekares, qui n'avait pas dit grand-chose depuis qu'il était assis par terre, et qui était juste en train de jouer avec des cailloux qui parsèment le sol.
- ... jusque dans le RPS, afin qu'il règle son compte à ce monstre !
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 30/01/04 13:27
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- Et alors, quand bien même le tuerait-il, qu'est-ce que ça changerait ?
Cette fois-ci, Hekares se décida à faire l'étalage de ses connaissances devant l'assistance.
- Eh bien, j'ai obtenu de Dieu lui-même, après de longues négociations, que tout soit remis en place comme avant si je détruis son petit enfant. Enfin, Floush'h, quoi.
- Et pourquoi aurait on besoin de vous ? D'après ce que j'ai appris, c'est l'épée qui est capable de détruire la bête, pas vous, bien que vous-même, vous le soyez beaucoup, bête.
- Oui, mais il est hors de question que je vous la donne : c'est moi qui l'ai trouvée, c'est moi qui la garde !
- Ah oui ? Petit malin, va... Alphonse, Bertrand, emparez vous de cette arme !
Deux malabars, qui étaient jusque là restés debout dans l'ombre de l'arrière salle, acquiescèrent et s'approchèrent de notre grand dadais de héros d'un pas qui se voulait aussi primesautier que celui du pachyderme imbibé de vodka ayant l'intention de commettre un meurtre dans le quart d'heure à suivre. Druaut se leva et, d'un geste si vif que tout le monde dans la salle sursauta, il sortit une rapière de son fourreau, puis effectua une vrille sur lui-même, avant de pointer sa lame vers les deux élégants gorilles. Tout le monde dans la salle applaudit (a part bien sûr le chef aigri de toute cette militaire micro-population, qui serra ses bras sur sa poitrine en arborant un air bougon et impatient), certains montaient sur la table, d'autres jetaient des rose au pied du gigantesque dissident. Puis le calme revint, car après tout, il n'avait fait qu'effectuer une petite pirouette que même le plus estropié des trisomiques 21 aurait pu effectuer sans broncher.
- N'avancez pas ! Si ce gamin a envie de se farcir le monstre lui-même, eh bien, il en sera ainsi ! S'il a envie de mériter son statut de Héros Officiel, eh bien, il en sera ainsi ! Même s'il doit périr pour ça, et moi aussi par la même occasion, eh bien, il en sera ainsi ! Et si je devais manger cru le saucisson que je tiens dans cette main...
Et effectivement, il tenait un saucisson dans sa main. On se demandait bien, d'ailleurs, d'où il pouvait sortir, sinon de... Oh, non, c'est techniquement impossible.
- ... eh bien, il en sera ainsi !
Cette fois-ci, ce n'était plus une ovation, mais un véritable délire qui s'était emparée de la foule. Les tables volèrent, les cris retentirent plus fort que jamais, on souleva Druaut et Hekares a bout de bras en clamant des slogans tels que " Druaut, au pouvoir ", " Vas-y Hekares, montre nous tes fesses ", ou encore " A bas le pouvoir, vive l'anarchie ". Les deux brutes furent huées et prises pour cible par divers projectiles alimentaires variablement consistant, même si, au bout du compte, ils n'avaient rien fait, ni rien demandé.
Puis Maître Ethalon, car c'est ainsi qu'il avait l'audace de se prénommer, frappa du poing violemment sur la première chose qui lui vint sous le poing. A savoir ses genoux. Constatant que sa violente démonstration de consternation n'avait guère été perçue à sa juste valeur, et qu'on continuait à festoyer, il braya.
- BON, BANDE D'INCAPABLES, VOUS ALLEZ LA FERMER, OU VA FALLOIR QUE JE SORTE LE FUSIL ?!
- Ah non, pas le fusil !
- Bien.
La simple évocation du mot fusil avait suffit à faire taire la salle entière, et si il y avait eu une mouche dans celle-ci, nul doute que l'on aurait entendu le faible bourdonnement de ses fines ailles translucides. Mais il n'y en avait pas. Du coup, on n'entendait vraiment rien, mis a part les quelques toussotements de gêne émis par les plus ridicules des fêtards. Il faut préciser ici que la technologie du fusil était encore à l'époque très peu répandue, et ce bien plus encore en Occitant. Les rangs de la MPCPR étaient tous très habitués au maniement de l'arbalète, qui semblait encore moderne en cette terre incivilisée, alors que l'on avait depuis bien longtemps abandonné cet instrument archaïque sur le continent d'Eminence. Oui, j'ai décidé que le continent à l'ouest de l'île d'Occitant s'appellerait Eminence. Pour ces soldats enfouis dans leurs principes ancestraux, le fusil était synonyme de puissance, et donc de peur. Le fait que les hommes du Baron de la Franche Colombe Musquée possèdent une telle technologie n'avait rien d'étonnant, tant on connaît son goût pour l'innovation. C'est un peu toujours le cas, avec ces nobliaux se croyant garants de la connaissance, de la subtilité et de l'originalité, mais qui au bout du compte ne font que s'engluer dans leurs stéréotypes bornés et navrant de convenance. Enfin, je dis ça... Tout ça pour dire qu'il était normal que la menace proférée par le Maître Ethalon ait eu un effet aussi efficace. D'autant plus que lui, il en avait un, de fusil.
- Alors, puisque ce petit ********ux refuse de me procurer son couteau à pain géant, qui nous aurait permis d'en découdre dans des délais convenables, nous allons effectivement envoyer un petit groupe d'hommes, les meilleurs qui nous restent, ce sera parfait, afin de l'escorter dans le RPS. Celui-ci est vaste, il faudra donc chercher longtemps. Et en plus, il y aura des monstres et des types en vert à chaque recoin. Et je suis sûr que ça doit puer comme c'est pas permis, à l'intérieur. Alors, petit con, on veut toujours aller faire son héros et aller tuer le vilain méchant ?
- Il y a une majuscule, à Héros.
Quelques brefs applaudissements vinrent saluer cette réplique bien tournée.
- Oui, bon, là n'est pas le problème.
- Eh bien oui, c'est bel et bien moi qui tuerait cette créature monstrueuse !
- Ah ah, je ne demande qu'à voir ça... Eh bien alors, la séance est...
Il ne croyait pas si bien dire : au moment ou il allait conclure cette réunion mouvementée, un étrange bruit métallique parvint aux oreilles des hauts militaires. Comme quelque chose de petit, qui rebondirait sur les marches de l'escalier qui menait à la cave. Comme quelque chose de sphérique, habituellement muni d'un goupille qui brillait ici par son absence, et qui serait chargé de poudre explosive. Comme quelque chose qui exploserait dans trois secondes. Deux. Une. Boum.
- Tous à terre !
Ha ha, quel suspens intenable ! Je vous sens fébriles, mes amis ! Comment ? Oui, personne ne lis, et alors, j'ai bien le droit de me faire des illusions ! Pffff... Rabats-joie...
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Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 05/02/04 19:57
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Bien bien bien... En esperant que certains suivent toujours...
Celui qui avait prononcé cette phrase avait vu juste, et son conseil aurait très sûrement beaucoup servi s’il ne l’avait pas hurlé un centième de seconde avant la gigantesque déflagration qui balaya la salle. Ses deux jambes furent arrachées sous l’impact de l’explosion, et le reste de son corps vint s’écraser à toute vitesse sur un second militaire, qui fut tranché en deux sous le choc. Une table à proximité fut elle aussi soufflée et propulsée avec lourdeur contre le mur du fond de la salle, en profitant pour emporter dans son vol trois pauvres gens qui n’avaient pas pu réagir le moins du monde, et qui subirent un régime express que même le plus convaincu des membres de le Weight Watchers Industry ne pourrait remettre en cause. Et, elle est pas belle la vie, ils en profitèrent pour gagner quelques centimètres en taille, ils étaient gagnants à tous points de vue… D’autres membres de la MPCPR furent blessés par l’engin de malheur, mais ces quatre là furent les seuls à en périr. Car oui, ils avaient péri.
La stupeur causée par la déflagration permis à cinq hommes en vert de pénétrer dans la petite cave, fusils à la main, et portant d’étranges masques cachant leurs yeux avec du verre fumé, et leurs bouches avec d’étranges tuyaux pendouillant au niveau de leur ventre. Ils avaient quelque chose de terrifiant. Aucune émotion ne pouvait être lue sur leurs visages, alors que ça se trouve, ils étaient en train de se poiler.
Toutefois, rappelons que la MPCPR entraînait des hommes surqualifiés, et ils furent assez rapides à se remettre d’aplomb. Alors que le troisième soldat de la Franche Colombe débouchait de l’escalier crasseux, un premier carreau fusa, et vint se ficher en plein milieu de la poitrine de celui-ci, qui s’écroula lourdement.
- Putain, t’es con…
Lui fit remarquer celui qui le suivait, en trébuchant sur son corps. C’était le Sur-Enseigne Berüh qui avait eu la présence d’esprit de sortir l’arbalète miniature qu’il avait dans sa poche, et qui avait tiré d’un geste précis et professionnel. Ce n’était pas pour rien qu’on l’appelait « Vif Tir le Frileux », même s’il n’était pas frileux pour un sou.
Là, personne n’applaudit. Par contre, ce geste héroïque donna du baume au cœur à tous ces dirigeants, qui sortirent tour à tour leurs armes de prédilection. Le Maître Ethalon, qui avait été projeté au sol par un pot de fleur volant, se releva, et pointa vers le premier des importuns une sublime arbalète, en acier d’une facture si pure qu’il miroitait de milles feux, gravé de symboles compliqués représentant des fruits et des légumes variés dans des situations de la bible Néo-Libérale (la bible Néo-Libérale s’opposait à la bible Pro-Matérialiste Lucide, et ces deux conceptions du fait religieux s’affrontaient depuis bien longtemps déjà. Nous ne développerons pas ici les fondements et principes prônés par les deux textes, mais sachez qu’il existe des différences capitales entre ceux-ci.), équipée d’une crosse ergonomique rétractable, d’une lunette de visée disposant de quatre-vingt-quatre degrés de grossissement, d’un compensateur de chocs tiers sensé éviter les gestes brusques, et surtout d’un système révolutionnaire de mise à feu des projectiles, mis au point très récemment par des scientifiques oeuvrant dans une grotte du Nord de l’Occitant.
Seulement, il tenait l’arme à l’envers.
Et une seconde plus tard, il ne la tenait plus du tout. Il avait perdu sa main. Et son bras, par la même occasion, tout comme une majeure partie de la droite de son buste. Le plomb chauffé à blanc avait toujours conservé ce petit quelque chose d’extrêmement douloureux, à ce point que celui qui en recevait une pleine charge avait l’impression que des vers carnivores lui dévoraient les entrailles. Moins endurant que notre ami Artanger, Ethalon mourut sur le coup, mais eut au moins le soin de pousser un long râle d’agonie appuyé par l’expulsion d’un glaire ensanglanté qui vint s’écraser sur le sol froid et poussiéreux de la salle souterraine….
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Cachée
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