Ajouter le Forum à vos Favoris
- - - -
Vous êtes ici : Forum Pen Of Chaos > Horreur sur le web > Littérature fantastique - BDs, Mangas, Comics ... > Nouvelles, essais, écrits divers d'entre nous > Les médiocres tribulations d'Hekares > Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.'
Sujet : Les médiocres tribulations d'Hekares

Dernier Message - Message le plus récent
Ajouter aux favoris - Envoyer ce Sujet par E-Mail - Imprimer ce Sujet
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 18/02/04 21:04
Le bâtiment se trouvait être un hangar plutôt large, mais pas très haut, dans lequel s'entassaient un nombre impressionnant de véhicules volants comme roulants, tous à l'état de prototype, et tous recouverts d'un large couche de poussière grisâtre sinistre, signifiant qu'ils n'avaient pas été jugés assez intéressants pour être usés au sein de l'armée du bon Baron. Ils étaient affublés de petits écriteaux en carton, sur lesquels étaient inscrits des noms d'un héroïque sinon grotesque, au moins douteux : " Projet Crache-le-Feu ", " Projet Espadon ", " Projet Destructeur de la Semaine ", " Projet Touche la Lune " (celui là était brisé de toutes parts...), et autres navrantes appellations dont les inventeurs sont si fiers. Le tout donnait un air de musée de l'aviation à ces lieux. Le groupe sortit par une petite porte rouillée, et se retrouva dans la gigantesque enceinte du domaine Franche Colombe Musquien ; là, les hommes du Baron se dispersèrent afin d'aller vaquer à leurs médiocres occupations, sauf deux, qui tenaient toujours fermement Katrin par les épaules.
C'était encore plus impressionnant en bas qu'en haut, aurait-on pu dire prosaïquement. Les multiples bâtiment qui constituaient le châteaux, et qui étaient reliés pour la plupart par un astucieux système de passerelles (et Dieu sait s'il existe des systèmes de passerelles pas finaud finaud), écrasaient tout être vivant de moins de cinquante mètres sous le poids de leur intolérable taille ; certains atteignaient parfois le double de la hauteur d'un immeuble Kapréen ! Entre ces bâtiments, une chaussée goudronnée avait été établie, et même si l'on ne pouvait pas véritablement parler de rues, on avait la réelle impression de se trouver dans une ville à l'échelle miniature. Dans ces allées circulaient, avec une certaine effervescence, que justifie le contexte particulièrement martial de cette fin de journée, aussi bien ces hommes vêtus de robes vertes qui semblaient être la base de l'armée du maître de ces lieux que de simples roturiers ; en effet, un tel microcosme nécessitait un entretient que ne pouvait fournir la seule force militaire, aussi faisait-on appel à la population de Sainte Eminence du Carré pour cuisiner, nettoyer, ranger, laver, mais aussi gérer, aussi bien les finances que les équipements.
Pour plus de détails, se référer à la description de n'importe quelle cité ou château, catégorie " merveilleux ", que vous trouverez par centaines dans ces nombreux ouvrages d'héroïc-fantasy à l'originalité débordante.
La sortie du hangar donnait droit sur la Grand Porte en Second, qui traversait le Grand Mur en Second, qui suivait le Grand Mur en Premier, qui était traversé par la Grand Porte en Premier, qui était le seul moyen d'accéder à la Grand Enceinte en Unique, qui était délimitée par le Grand Mur en Premier d'une part, le Grand Mur en Second d'autre part, et les Grands Murs en Est et en Ouest sur les côtés. En gros.

C'est affreux. Vraiment. J'en ai envie de vomir.


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Anonymus

Très Gros Bill



-= Chaos Servants =-
Inscription le 21-12-02
Messages : 692



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Combray

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 18/02/04 21:14
Citation :
Message de Kröy

A celui qui me lit, puisqu'apparemment il existe : dois-je discerner une quelconque note d'ironie mal dissimulée dans cette expression par trop flagornatrice : "blagouzes rato-dilatatoires patiemment approfondies et sans cesse renouvelées." ?




Un doute, tout à coup ?

Mais non... Qu'allez-vous imaginer là ?
J'aime beaucoup, et je ris souvent. Non pas à gorge déployée, certes, mais tout de même. Je souris. Et il arrive qu'un mince filet de son s'échappe d'entre mes lèvres étirées.
Mais il faut dire que je suis un peu cul-coincé, aussi, et que pour me faire me rouler par terre, il faut se lever tôt et s'y prendre à plusieurs.


Que va-t-il arriver à la charmante (et si spirituelle) Katrin ?
[Histoire de recentrer le sujet].


--------------------
.: Militant proustien :.
"Longtemps, j'ai fait chier tout le monde avec Proust."


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 19/02/04 21:27
Elle est pas charmante, Katrin. Après, elle va le devenir, mais là, je peux pas laisser dire ça... Elle est sur-maquillée, je rappelle, et c'est le trait principal de ce personnage, qui implique tout un état d'esprit, que j'appelle l'état d'esprit "truelle". Voila. La suite est couchée sur papier, ne manque plus qu'à la réveiller.

Kröy - Astygmate sensationnel. Ah si si, vraiment, sensationnel.

PS : Au fait, c'est pas à proprement parler une histoire drôle, donc c'est tout à fait normal de ne pas rire. Moi même, je pouffe à peine à la relecture des mes lignes. D'un autre côté, le contraire serait une navrante démonstration d'auto-satisfaction prononcée.


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 24/02/04 14:39
Les deux hommes avaient pour ordre de ramener directement Katrin au Baron en personne. Aussi n’allèrent-ils pas au bar local afin de s’y faire servir un quelconque jus d’orange, comme leur instinct de fier guerrier le leur commandait pourtant. Ils s’engagèrent dans l’allée du Jeune Colibri Prosaïque, qui menait droit au Sur-Palais Noblial, démonstration implacable du peu de fierté personnelle que le Baron plaçait dans son rôle. Notre adolescente, elle ne comprenait de tout façon absolument rien à ce qui lui arrivait, aussi n’eut elle même pas la présence d’esprit de se débattre, de pousser un cri, ou de quoi que ce soit d’autre. Et quand bien même l’aurait-elle fait, la composante essentiellement militaire de ces lieux ne lui aurait probablement pas permis de survivre plus de 30 centièmes de seconde.
Le Sur-Palais Noblial était bien entendu le plus haut bâtiments de tous, puisque c’est en celui-ci que résidait le Baron. Ce médiocre nobliau avait hérité ce castel ainsi que les terres qui l’entourent de son père, qui en son temps avait fait preuve de bien plus d’humilité et d’utilité, puisqu’il avait consacré l’ensemble de ses terres à la production et au traitement de la vigne et du vin ; il n’était pas un endroit en Occitant où l’on ne loua les qualités gustatives et olfactives de ce nectar fruité au goût chaud et apaisant, étiqueté sous le nom de « Vin Sobre », amusante oxymore rappelant les vertus non-ennivrantes de cette boisson encensée par toute une génération d’œnologues. A sa mort, l’actuel Baron en fit un tout autre usage.
Il avait passé sa jeunesse à lire de pitoyables récits de guerre et de magie contés de façon manichéenne au possible et rédigés dans un écrit plus que médiocre décrivant de plates situations sans plus d’intérêt qu’une compétition de bilboquet retransmise en croate un dimanche pluvieux en fin de soirée. Son esprit n’aspirait en conséquence que très moyennement à la poursuite de l’industrie bachique établie par son père 50 ans plus tôt. Il fit arracher tous les plans de vigne, les jugeants trop laids, et remplaça les pressoirs à raisin par des casernes d’entraînement militaire, les cuves à fermenter en aluminium par des lanceurs d’engins volants, les caves anciennes aux odeurs mêlant subtilement bois vermoulu et vinaigre sucré par des entrepôts à armes toujours plus puissantes, les œnologues, tonneliers, agriculteurs et techniciens par des tireurs d’élite, des fantassins, des Maîtres de l’Irrationnel, des assassins et des inventeurs, beaucoup d’inventeurs. L’esprit très jeune de notre sous-noble, associé à la possession de richesses conséquentes puisqu’elles formaient à elles seules environ 50% du PIB du continent Occitantais, le poussaient à toujours vouloir se placer à la pointe de l’avant-gardisme technologique ; il faisait importer du contient d’Eminence concepts et cerveaux pour travailler à sa noble cause, qui était ni plus ni moins, le ridicule ne tuant apparemment pas trop, la recherche de l’avance suprême. Et tout ça. Il était de plus extrêmement captivé par ce que les masses appelaient frileusement (elles n’avaient qu’à mettre un anorak, me direz vous ; c’est vrai.) « Magie », terme assimilant grossièrement une ignorance parfaite du sujet ainsi qu’une peur bornée de cette chose dont personne en Occitant n’avais jamais pu témoigner, et qui en fait s’appelait Irrationnel. Nous reviendrons plus tard sur cette notion, bien plus matérialiste que l’obscurantisme conservateur de mode dans des temps plus reculés ne voudrait nous le faire croire encore aujourd’hui.
Donc, et je revient ici à mon propos, honteusement abandonné quelques lignes plus tôt, je m’en excuse d’avance merci et tout ça, le Sur-Palais-Noblial était très haut, et très large aussi. Il était entièrement fabriqué de ces pierres rosâtres que l’on retrouvait sur l’ensemble des bâtiments du Castel, mais sur sa façade pullulaient, pareils à une acné dévorante, balcons en ivoire immaculé, fenêtres ceintes d’or, oriflammes portant blason, et baies vitrées légèrement teintes de bleu et chaotiquement réparties. Dire que l’ensemble était très laid eut été disproportionné : c’était juste parfaitement affreux, vomissible et grotesque, un affront figé au lois de l’esthétisme, en quelque sorte. Quiconque connaît les goûts de Katrin en ce domaine ne peut que juger sa réaction avec une aimable approbation, teintée d’hypocrite compassion.

- Oh, quel bel édifice voilà donc ! Que ces couleurs se marient bien l’une à l’autre ! Que ces textures sont chatoyantes ! Il me faut cet architecte, je suis prêt à lui confier les yeux fermés le sort de mon futur logis.
- Ouais, ben commence par la fermer, on verra ensuite…


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 24/02/04 14:42
Devant les deux battants de la porte principale donnant sur l’intérieur de l’hideux édifice se tenaient deux hommes, vêtus de la même robe verte que leurs compagnons, mais semblant autrement plus sérieux, et importants. Ils étaient pourvus de lorgnons étranges teints en noir, d’un rayon dépassant l’entendement, ce qui empêchait de lire la moindre expression en leurs yeux ainsi voilés. Quand à leurs armes, elles étaient terrifiantes, aux proportions dépassant de loin celles des simples fusils portés par la piétaille circulant par paquets de dix dans les allées de la ville miniature, si bien qu’on se demandait comment un humain pouvait en porter de telles. Lorsque Katrin et ses deux charmants accompagnateurs se présentèrent à leurs non-yeux, l’un de ces étranges individus les inspecta d’un verre inquisiteur, avant de décrocher un intriguant petit appareil de sa base fixée au mur, à laquelle il était relié par un câble torsadé. Il en plaça une des extrémités contre son oreille, l’autre devant sa bouche, et parla, ce qui ne fut pas sans intriguer notre jeune adolescente, qui était peu au fait de ce genre de choses.

- Monsieur le Baron, le retour de l’opération « Réincarnation à la Maison » est devant la porte…
- Faites-les entrer, Gédéon.

Enfin ça, personne ne l’entendit, puisque ces nobles paroles allèrent droit aux tympans du dénommé Gédéon, qui reposa le combiné contre son socle avant d’abaisser un levier à côté de la porte. Celle-ci s’ouvrit dans une formidable émanation de gaz qui s’échappa d’une grille d’aération située au dessus d’icelle, dont les deux battants s’écartèrent l’un de l’autre en rentrant dans le mur. Les trois invités s’engouffrèrent dans une antichambre cernée par le sas qu’ils venaient de franchir et qui se fermait justement derrière eux d’une part, et un autre qui restait pour sa part clos d’autre part. Une fois la pièce complètement isolée, plusieurs orifices percés à travers les murs latéraux suintèrent un gaz jaunâtre qui enveloppa le groupe, avant d’être réaspiré par les mêmes orifices. Une dizaine de secondes plus tard, le second sas s’ouvrait. Katrin ne savait à quoi s’en tenir. Aussi s’en tint-elle à la rambarde.

- Pourquoi toute cette mise en scène futuriste juste pour rentrer ?
- Oh, ça, c’est une des nombreuses idées de génie du patron : il utilise un gaz qui réagit à la sueur, car il suppose que tout personne qui a l’intention de le tuer ou de lui causer du tort est en sueur. Du coup, non seulement on perd un temps monstre à chaque fois qu’on doit rentrer, mais en plus, en été, avec nos robes ridicules perméables à tout sauf aux vagues d’air frais n’excédant pas l’intensité d’un cyclone, c’est l’alerte générale en permanence, alors du coup… Mais pourquoi je te racontes tout ça, moi ? Allez, avance…

Pendant qu’il parlait, ils avaient marché dans le dédale de ce gigantesque édifice, de sorte qu’ils se trouvaient désormais devant une porte d’acier, gravée de motifs pseudo-mystiques, au dessus de laquelle un large écriteau indiquait en lettres pourpres : « Adam de la Franche Colombe Musquée, Trente Sixième Baron de sa Lignée, Grand Maître des Lieux, des Affaires et des Gens ». Katrin pensa avec une certaine lucidité que la personne en question devait être bien imbue d’elle-même. Enfin, elle ne le pensa pas vraiment comme ça. Mais l’idée était là.
Il n’y avait pas de poignée à cette porte, et c’est machinalement qu’un des deux hommes alla frapper à celle-ci. Bien mal lui en prit, car une voix criarde et aigue lui parvint de l’intérieur de la salle, et ce qu’elle hurlait lui était destiné.

- Espèce d’imbéciles, combien de fois vais-je devoir vous dire qu’il faut utiliser l’Interphonographe ?! Bande de récalcitrants au progrès, vous n’êtes que d’obscures ignares coincés dans le gouffre impénétrable de la médiocrité qui enduit vos pitoyables esprits tout juste bons à mépriser ce qui touche de près ou de loin à l’innovation ! C’est à cause de gens comme vous que Saint D’Isquemane, la paix règne sur sa non-vie et sur sa famille et aussi sur ses amis, fut pendu en son temps ! Je vous conchie, masse grouillante de…

Laissant parler ce qui semblait bel et bien être son chef suprême, ou quelque chose du genre, celui qui avait bêtement toqué à la porte honora celle-ci d’un vigoureux bras d’honneur, avant de décrocher ce même petit objet que l’on trouvait au dehors du bâtiment.

- Monsieur le Baron, les membres de l’expédition « Réincarnation à la Maison » demandent un entretien.
- Oui, bien sûr, entrez !


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 24/02/04 14:46
La voix qui parvint à l’oreille mielleuse du soldat était autrement plus doucereuse que le braillement haïssable de tantôt. Selon le même principe que celle extérieure au bâtiment, la porte s’ouvrit avec force et fracas dans une grande émanation vaporeuse, mais cette fois-ci elle rentra dans le sol, ce qui était bien plus théâtral et à l’image de ce Baron friand d’autosatisfaction. Un peu comme tous les Barons, d’ailleurs, mais celui là particulièrement.
La salle était immense, et devait être le lieu de « travail » du noble, puisqu’on n’y trouvait ni lit, ni baignoire, ni gazinière. Elle consistait en un gigantesque bric-à-brac techno-mystique, où se mêlaient ateliers miniatures, autels divers variant selon la version de la Bible prise en compte, pentacles grotesques à la gloire de dieux qui n’existaient pas, symboles, plans, machines intrigantes, et tant d’autres, si bien qu’il aurait très bien pu s’agir d’un marché au puce miniature. Le Baron n’y était pas seul, et il virevoltait de son pas semi-grâcile de rituels en rituels, d’expériences en expériences, autour desquels s’affairaient les plus grands esprits de tout l’Argantrèss.
Décrivons un peu plus notre noble larron : il s’agissait d’un homme entre la vingtaine et la trentaine, au visage ni franchement laid, ni particulièrement beau, ni même véritablement moyen, d’une taille tout à fait raisonnable, et dont la carrure n’inspirait ni crainte ni moqueries. Il portait sur son crâne pas à proprement parler dégarni un large chapeau de feutre mauve auquel pendaient de part et d’autre deux billes d’assez grosse taille au moyen de fins câbles métalliques (dont l’intérêt ne sera à aucun moment démontré au cours de ce récit, d’ailleurs, mais c’est très joli, vraiment.), et en haut duquel était plantée une plume rouge, arrachée très sûrement à l’un de ces Colibris Bariolés, animaux extrêmement rares dont les plumes, mais aussi la chair, les pattes, le bec et les yeux se vendaient à des sommes inconcevables sur les marchés souterrains des contrées marchandes, pas en Occitant donc, en raison de soi-disant vertus purgatives. Devant son œil gauche pendait un de ces étranges lorgnons que les gardes de la porte extérieure portaient par paires ; mais le plus étonnant se trouvait peut-être sur la main droite du personnage : il s’agissait d’un gant de cuir des plus étranges.
Si il était à la base constitué d’un cuir parfaitement normal, dont le tanneur attitré n’avait aucune raison de se vanter ni de se plaindre, l’étrange attirail qui l’entourait était autrement plus intrigant. Il consistait en un ensemble de fins anneaux faits d’un alliage inconnu dont on se fout prodigieusement, cinq petits et un grand ; les cinq premiers gravitaient de la façon la plus étrange autour des doigts, qui, comme la nature est bien faite, étaient eux aussi au nombre de cinq. Ils auraient été six, cela aurait été très ennuyeux, et le récit y aurait probablement perdu une bonne partie du peu de crédibilité dont il a fait preuve jusque ici. Un peu comme si le narrateur faisait des commentaires toutes les deux lignes alors qu’il est censé se contenter d’énoncer les faits de la façon la plus neutre et la plus concise qu’il se puisse. On imagine avec peine et horreur un rédacteur s’adonnant avec excès aux divagations contemplatives ou politiques sans guère d’intérêt pour la trame du récit. D’ailleurs, on imagine avec encore plus d’effroi un récit ou la trame serait sans intérêt elle-même ! Mais allons, reprenons nous, ce genre de situations n’est que très rare, et est bien souvent le fait de débutants sans idéaux littéraires dignes de ce nom. Hein.
Ainsi donc, les cinq petits anneaux gravitaient chacun autour d’un doigt. Le gros anneau, pour sa part, flottait de la même façon que ses répliques miniatures au niveau du poignet. Les cinq anneaux des phalanges étaient chacun relié à celui du poignet, au moyen de fines tiges de fer flexibles, dont l’extrémité pouvait coulisser tout le long de la surface métallique du bracelet volant. Bref, la fonction première de l’objet ne sautait pas aux yeux de prime abord.
Le Baron, qui était alors en train d’observer les résultats de ce qui ressemblait beaucoup à un moteur à explosions mis au point par un scientifique d’un certain âge, tourna alors vers Katrin sa tête enchapeautée.

- Qui c’est, cette greluche peinturlurée ?
- Eh bien, c’est la réincarnation de… Non ?
- Non. A moins que cette fille ait l’air d’avoir six ans et qu’elle s’appelle Hamely Ping’Louh, je doute que ce soit elle.
- Euh, tu t’appelles comment, gamine ?
- Katrin Troivy’Eï.
- Et tu as quel âge ?
- 17 ans.
- …
- …
- Ah bah c’est pas elle.
- Bien. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.
- Et on en fait quoi, de celle là ?
- Amenez là se faire débarbouiller, tout d’abord, puis envoyez là moi ici. Je verrai ce que je peux en faire.


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 24/02/04 14:49
Que dire sinon qu’il en fut fait ainsi, les deux hommes accompagnèrent Katrin dans un endroit qui convenait parfaitement à sa situation avant de repartir pour Kaprï la Grande, Kaprï la Superbe, Kaprï la Capitale de l’Occitant (oui, même avec des majuscules, ça n’impressionne pas vraiment…). Pour la petite information, car je suis assez au courant, sachez qu’ils seront ceux-là même qui tueront Sarbacane et arracheront le bras d’Artanger de la façon la plus barbare, ce qui ne peut qu’étonner au vu de leur attitude courtoise en présence de l’adolescente. C’est incroyable comme le milieu urbain incite constamment à la haine de son prochain, que celui-ci soit un homme ou un poney (ou même une loutre, ou un raton laveur, voir même un pédopsychiatre). Mes amis, vivez à la campagne, le taux de mortalité y est amplement inférieur à ces zones civilisées où règne l’empressement, la convoitise et le mercantilisme le plus abject. Oui, vivez dans de jolies petites chaumières avec des toits paillus et des murs crépus, entourés de petits oiseaux enchanteurs et de poules taquines, cueillez (sans toutefois en abuser) les milles trésors dont Mère Nature est la génitrice et qui font le bonheur de l’homme vrai, courrez dans les chants en riant bêtement tout seul les bras écartés et les fesses à l’air, oui, soyez vrais ! Enfin, je dis ça, c’est vous qui voyez.
Katrin avait été laissée aux bons soins de celle que l’on appelait Madame Janine, et qui était la costumière-maquilleurse-visagiste-capillicultrice attitrée de tout le Castel, et dont on vantait les mérites dans bien des régions. Belle femme d’un âge que l’on pourrait situer autour de la quarantaine sans trop de risque de se tromper, elle était d’un naturel sympathique et souriant, et c’est avec une joie non cachée qu’elle accueillit la jeune fille, lassée qu’elle était de s’occuper du Baron, de ses courtisans et de ses courtisanes.

- Alors comme ça, ils t’ont confondu avec la petite ? Ca alors, ce qu’ils peuvent être cons, quand-même…
- Mais de quoi est-ce que vous parlez tous ? Je ne comprends rien à ce qui se passe, moi, je débarque ! J’étais tranquillement en train de chercher du bois, et voilà que je me retrouve chez un Baron dont je ne soupçonnais même pas l’existence !
- Comment, ils ne t’on pas expliqué ?
- Non. Ce sont de véritables ingrats.
- Ah, que te dire, c’est le grand projet de notre très cher Souverain : retrouver la réincarnation de Gueurrr’, la progéniture originelle engendrée par l’union entre Dieu lui-même et Poss-Ë-Idonh, Sous-Dieu de je sais plus trop quoi, il y en a tellement de toute façon… Il veut en faire sa plus puissante arme de guerre, et crois moi, l’Enfant d’un Dieu, c’est pas le genre de personne avec qui j’aimerais me fritter.
- Ah bah j’imagine. Mais est-ce que j’ai une tête de réincarnation, franchement ?
- Non, là tu as une tête de rien du tout, et c’est à moi de m’occuper de ça. Alors assieds-toi ici, veux-tu…
- Oui madame.

Katrin s’installa alors sur un fauteuil réglable assez confortable qui faisait face à un miroir largement éclairé par plusieurs bougies disposées tout le long de son cadre ; elle regarda, et se demanda ce qu’on pouvait bien reprocher à son maquillage, qui était comme toujours un modèle de légèreté et d’osmose avec le teint de pêche de caractérisant sa peau douce telle le pied d’un nourrisson. Madame Janine se plaça derrière, et commença son affaire ; dix minutes plus tard, Katrin était belle.
Plus une touche de maquillage (à part un petit peu au niveau des pommettes dans le but évident de souligner son sourire charmeur d’enfant émerveillé à la vue d’un cheval à bascule quelconque acheté à bas prix dans un magasin de déstockage) ne venait souiller ce visage frais qui méritait autre chose qu’un hideux amas de substances douteuses aux couleurs criardes étalées de façon affreusement aléatoire sur l’ensemble de sa surface. Idem pour ce qui était de sa chevelure : Janine avait délaissé cette coiffure brillante et impersonnelle, enduite d’un gel gluant qui collait au toucher, pour une coupe plus courte qui correspondait parfaitement aux formes rebondies de son visage angélique. La sage esthète avait fait retirer à Katrin ses vêtements flashy bien peu pratiques, pour les remplacer par d’autres autrement plus seyants et certainement plus propices à l’exercice. Oui, Katrin était bel et bien devenue une jolie fille. Ce qui risquait d’être un choc pour quiconque la connaissait.


Dernière mise à jour par : Kröy le 24/02/04 14:51

--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Hekares, la quête de quelqu'un qui cherchait quelque chose.' a été posté le : 24/02/04 14:54
- Vous trouvez pas que ça manque quand-même un peu de maquillage, votre truc ?
- Ah non non, je t’assure que tu es parfaite ainsi. Et maintenant, va voir notre Barounet, je suis sûre qu’il a très envie de discuter avec toi.
- Et pourquoi ça ? Je le connais pas, moi, ce type !
- Disons que ça va le changer des théosophes, des Maîtres Irrationnels et des génies prétentieux ; il a pas souvent l’occasion de parler avec des arrié… Avec des personnes moyennement sophistiquées dans ton genre, et à fortiori des adolescentes. Ca devrait apporter un peu de fraîcheur au champ de ses sujets de conversations.
- Ah bah alors, si c’est pour apporter un peu de fraîcheur au champ de ses sujets de conversations…
- Allez, zou !

Et Janine donna une petite claque purement radicale au fondement de notre désormais radieuse Katrin, qui aurait pu pousser un cri strident comme elle en avait l’habitude, mais qui avait décidé que non. A nouveau visage, nouvel état d’esprit, sûrement.
Lorsque l’adolescente pénétra de nouveau dans l’antre du Baron, non sans l’avoir longuement cherchée et être rentré dans plusieurs salles d’intérêt plutôt local, tels que le bureau d’adaptations aux fluctuations maritimes et intra-cavitaires en milieu semi-boisé, le guichet professionnel d’intersalarisation prolétaire pour populations sudo-nordistes, ou encore la chambre des Antithétiques Suprêmes ; lorsqu’elle entra, comme je le disais plus haut, dans le cœur de tout le castel, le Baron était sur le point de se servir de son étrange gant au cercles métalliques. En entendant la bruyante expulsion gazeuse caractéristique de l’ouverture de la porte, le Baron détourna son regard d’un étrange petit flacon contenant un liquide plus qu’étonnant.

- Eh bien, vous voila charmante, mademoiselle !
- Ah bon ?

Et Katrin rougit. Cela consistait un événement en soi, pour les bonnes et simples raisons que.
1) On ne lui avait jamais fait de compliment, que ce soit sur son aspect physique, sur son fin esprit ou encore sur quelque autre don dont (dondaine) elle serait hypothétiquement pourvue.
2) Quand bien même ses joues auraient-elles pris cette teinte pivoine qui font tout le charme des pucelles d’Orléans et d’ailleurs, personne ne l’aurait pu remarquer, tant la couche de maquillage excessive qui couvrait ses adorables pommettes était perméable à toute manifestation sanguine du système nerveux.
Katrin n’en restait pas moins intriguée par les objets que le Baron semblait sur le point d’utiliser.

- Monsieur le Baron.
- Oh, je vous en prie, appelez moi Adam.
- Ah ? Eh bien alors, Adam.
- Non, tout compte fait, c’est trop vulgaire. Appelez moi Monsieur le Baron.
- Ah. Bon, eh bien Monsieur le Baron, pourriez-vous m’informer, car je tombe des nues : quel est donc ce gant cerclé d’anneaux que porte votre main droite ?
- Ca ? Mais enfin, c’est mon Irrationnalisateur !
- Ah, bien sûr. Je me disais bien que j’avais déjà vu ça quelque part.
- Vous voyez !
- Non, en fait, pas du tout. A quoi ça sert ? A part à être moche, bien entendu.
- Mais comment, vous n’avez jamais entendu parler de l’Irrationnel ?
- Non, ou alors on ne m’a pas prévenue.
- Et de Magie, puisque c’est ainsi que vous autres culs-terreux la dénommez ?
- Ah, ça, oui, par contre, mais tout le monde le sait, ça n’existe pas, ça n’existe pas.
- Ah, quelle sotte vous faites… Laissez moi éclairer l’impénétrable obscurité de votre esprit matérialiste grâce à la lanterne puissante de la science, et de la mienne en particulier, tant qu’à faire.

C’est ici que commence le fabuleux…

Vous saurez quoi la prochaine fois. S'il y a une prochaine fois. Je pense en effet me supprimer dans les prochains jours, si j'ai le temps. Non, en fait, mon emploi du temps est blindé.


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 17/03/04 17:29
« Cours d’Irrationalisme Appliqué »

- Depuis la nuit des temps, peut-être même depuis le soir des temps, qui, si l’on s’en réfère aux seules lois de l’universalité, précède de façon tout à fait naturelle la nuit des temps, en tout cas depuis très longtemps notre bel Argantrèss cache un trésor plus précieux encore que tous les trésors matériels que l’homme a pu produire.
- Ca alors, vous m’intéressez… Vous voulez dire, plus précieux encore que ces magnifiques boucles d’oreilles qui ornent à merveille mes… Ah bah tiens, elles sont plus là.
- Oui. Mais une question : pensez vous que la ronde planète qui supporte nos petits pas tienne toute seule dans le vaste espace intersidéral, comme ça ?
- Oui, sûrement.
- Eh bien non.
- En fait, c’est ce que je voulais dire.
- Sachez une chose : notre planète est emplie d’un fluide aux propriétés extraordinaires.
- C’est pas vrai ? Et vous avez une preuve de ce que vous avancez ?
- Oui, et ici même, bel enfant.

Adam s’empara alors de la petite fiole qu’il avait posée sur son bureau, et la plaça sous le nez ébahi de Katrin, dont l’organe nasal était justement particulièrement émotif.

- Oui, et ?
- Voila ce fluide dont je te parlais tantôt !
- Ah. C’est joli, cette couleur turquoise qui pointe sur le bleu marine, cela me donne la nostalgie des temps passés et désormais révolus, et ce genre de trucs.
- C’est normal, ce fluide est l’essence même de notre existence !
- Ah ben effectivement, ça explique tout.
- Vois, jeune ignare aux charmes terribles, vois comme cette étrange substance semble flotter dans son flacon ! Constate avec un excusable étonnement qu’il prend des formes en constante modification !
- Oh, c’est amusant… J’aimerais bien en avoir à la maison.
- Eh bien, voila, voila ce que l’on nomme, entre gents d’esprit, l’Irrationnel !

Sa voix avait pris une consonance à la fois exaltée et « très mystérieuse », pour citer un célèbre ours en peluche. On sentait dans son attitude la jubilation qu’il avait à démontrer la supériorité de son érudition et de sa science sur l’âme certes démaquillée, mais tout de même assez disfonctionnelle lorsque l’on abordait des domaines plus techniques que la cueillette des olives ou la traite de vaches, sur l’âme de Katrin donc.

- Ah, c’est donc ça… Je vais de découvertes en découvertes, moi… Mais ça ne me dit toujours pas à quoi sert votre gant. Qui est très beau au passage.
- J’allais y venir, ne me pressez donc pas ainsi !
- Ben oui, mais c’est que j’ai pas que ça à foutre, moi…
- Si, j’en ai bien peur. Je vous rappelle à tout hasard que pour l’instant et ce jusqu’à ce que l’on ai réussi à établir que votre présence à Kaprï n’avait aucun rapport avec ma noble opération divine, vous êtes ma prisonnière.
- Ah ouais, c’est vrai.
- Je reprends donc. Jusqu’à il y a longtemps, personne n’a jamais cherché à savoir ce qui faisait que notre Argantrèss tenait toute droite dans l’univers ; les gens étaient bien trop occupés à mourir de faim ou à bâtir des civilisations sans intérêt. Mais il y a une dizaine d’années de cela, un éminent scientifique dont je ne tairait pas le nom puisqu’il s’agissait de Kah’Ioü Beharne Aise, qui avait consacré l’essentiel de ses travaux à l’analyse de notre sous-sol, fit la découverte la plus importante de toute notre existence, après celle du napalm, mais on en est pas encore là. Il avait usé d’une machine merveilleuse qui permettait de creuser dans le sol des galeries vers n’importe quelle direction. Après des mois passés à perforer en long et en travers la croûte terrestre, il tomba sur le noyau creux qui forme le cœur de notre planète, et qui contient des flots astronomiques de ce liquide volant et disparate qu’est l’Irrationnel. Il en préleva quelques échantillons avant de s’en retourner à la surface, non sans avoir au préalable rebouché sa galerie afin de prévenir tout incident. Une fois de retour, il passa quelques années à analyser cette substance si logiquement inconcevable qu’il décida de la nommer Irrationnelle, et il parvint à établir plusieurs lois sur la relation qui existait entre celle-ci et certains types d’ondes magnétiques de polarités fondamentalement opposées à celles dégagées en milieu périurbain, poil aux mains.
- Gné ?
- En fait, ce n’est pas vraiment important : rappelle toi juste que c’est lui qui a réussi à établir un premier prototype de ce gant, qui avait pour but de permettre la manipulation du fluide en principe incontrôlable
- Et pourquoi ? Ca sert à rien….
- Mais… Mais… Mais… Pour la science, enfin !
- N’empêche, ça sert à rien.
- Détrompe toi, petite impertinente ! Je vais te démontrer séant le mérite des travaux de ce saint homme, et l’attention qu’il convient d’y prêter. Car si ce gant qui te paraît si étrange…
- Et beau.
- Et beau, permet de manipuler l’Irrationnel, il permet aussi d’en modifier les propriétés de façon intrinsèque et fondamentale !
- Gni ?
- Bon, je te montre.


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 17/03/04 19:01
Il débouchonna alors la petite fiole, et plaça sa main gantée au dessus de son goulot. Là, il crispa ses doigts de sorte qu’ils semblaient tous crochus comme ceux d’un mort brûlé vif. C’était assez grotesque, d’autant plus que le Baron arborait un air niais de jeune gamin fier de montrer ses progrès à ses parents. Il avança alors le bas de sa paume, sur lequel était placé un petit morceau de fer rond, et Katrin poussa un cri d’admiration (que voulez vous, on ne se refait pas…) : l’ensemble du fluide avait sauté de l’intérieur du flacon jusque dans le creux de sa main !

- Ca alors, comme vous faîtes ça ? C’est de la magie ?
- Nan, c’est de l’Irrationnel, je vais pas te le répéter 30.000 fois !
- Pourquoi vous avez fait ça avec vos doigts ? Et pourquoi vous avez avancé votre paume comme ça ? Hein ? Expliquez moi…
- Ha ha, te voila tout d’un coup captivée par les mystères de la science, n’est-ce pas ?
- C’est, Monsieur le Baron, c’est, et même beaucoup !
- Eh bien vois tu, comme je te l’avais dit, l’Irrationnel réagit à certains types d’ondes magnétiques. Or, ce gant émet justement cette sorte d’onde.
- Ca alors, comme le hasard fait bien les choses…
- N’est-ce pas ? En fait, regarde bien : selon la façon dont je place mes doigts, les petits anneaux qui les entourent coulissent, et forment ainsi des figures à chaque fois différentes. C’est au moyen de ces manipulations chirurgicales que je peux modifier les propriétés de l’Irrationnel ; je forme la figure correspondant à la propriété voulue, et hop, j’avance ma paume pour valider l’effet. Plus tard, on appellera ça l’Informatique, tu verras.
- Incroyable ! Et, par exemple, vous pourriez lui faire chanter « Trublions et Galopins en la Lande s’Irradient d’Insipide Lueur et Demi », des Revendeurs en Entreprise ?
- Euh… Oui, sûrement, mais c’est un mouvement extrêmement complexe, que même un expert ne…

Un des hommes travaillant dans la salle vint alors à passer par là, et avait surpris la fin de cette conversation.

- Allons, allons, jeune Baron, se pourrait-il que vous n’ayez pas appris votre leçon ? Nous avons pourtant étudié la Sonorisation de l’Irrationnel en long et en large pendant tout hier après-midi.
- Euh… Oui, Maître Irrationnel Mouflehd’Alfe, mais je n’ai pas retrouvé la position dans mon Manuel d’Irrationalisme Appliqué…
- Il fallait chercher à Sensification de l’Irrationnel, voila tout… Bon, regardez.

Et, faisant ainsi perdre tout crédibilité à l’apprenti Irrationaliste aux yeux de notre héroîne, l’home crispa ses doigts et attira le fluide qui gravitait toujours au creux de la paume d’Adam.

Me croirez vous ? Je ne l’ai pas faite exprès.

Puis il positionna ses doigts de façon assez incommode.

- Quelle chanson désiriez vous faire chanter à cette masse d’Irrationnel, jeune fille ?
- Trublions et Galopins en la Lande s’Irradient d’Insipide Lueur et Demi . Des revendeurs en Entreprise.
- La version longue ou raccourcie ?
- Longue, avec le sixième refrain caché par le chanteur des Implacables Iconoclastes Mauves, celui de 46, pas de 47, j’aime pas trop les tambourins sur la troisième strophe, et le son est pourri.
- C’est aussi mon avis.


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 17/03/04 19:04
Et il entama de sa voix apaisante, dont seuls les vieillards de plus de 60 ans ayant subi toutes les épreuves de la vie et n’ayant plus de crainte pour leur avenir car ayant la conviction d’avoir fait ce qui leur paraissait juste sur cette Terre, et tout ça, peuvent être pourvu.

Plus d’un sanglier aura foulé de ses pattes velues
Mon beau tablier que partout l’on loue
Et dont parfois - je me vante.
Nul n’est besoin de se borner l’esprit :
Le plus beau, le plus fort, c’est ce tablier-ci.
Toutes vos convictions n’y pourront que faire
Sinon inutilement attiser la colère
Du cyprès – abrupt – qui parfois revenu
S’en prend aux malappris, et aux plus dépourvus.

Refrain.
Trublions, trublions.
Galopins, Galopins.
Lande, Lande.
Irradient, Irradient.
Insipide, Insipide.
Lueur, Lueur.
Et parfois du chocolat.

Sachez, sombre ignorant
Qu’un baudrier en vaux deux.
Et que partout où l’on pend,
Je déçois plus d’un vieux.
Tronçon.
De clés.

Refrain.

Divines paroles que celle du rideau
Plus d’un cloporte branlant s’y serra essuyé.
A tort.
Tant est vrai l’adage suivant :
Le tort tord, le tu tue,
Et la ballerine aux Serre-Os.
Sanglier velus, marcassins vindicatifs
La scène n’y prête à rire
Encore moins à danser.
En tout cas pas à pleurer.

Refrain.

- Oui, bon, on va peut-être s’en tenir là…
- Bien bien.

Ceci dit, le vieil homme avança sa paume, et l’Irrationnel repris avec cette même voix lente, calme et posée les paroles hautement spirituelles de ce morceau mythique aux yeux de tous les adeptes de rythm & blues, bien qu’ils ne s’agisse en rien de rythm & blues. Katrin applaudit des deux mains, et arbora pour la peine son sourire le plus adorable et le plus touchant, qui aurait incité plus d’un mâle sensé au suicide si elle n’avait pas subi une heure plus tôt une détruellisation totale de sa personne.


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 17/03/04 19:07
- Je peux essayer ?
- Euh… Oui, pourquoi pas, je vais vous expliquer plus en détails les rudiments qu’il convient de maîtriser. Maître, je crois que vous pouvez disposer.
- Oui, je crois que ça vaut mieux pour vous… Hu hu hu… Bonne chance !

Et il partit en tapotant l’épaule d’Adam, l’air de dire « avant d’essayer d’enseigner quelque chose, la logique voudrait que vous la maîtrisiez vous-même, ce qui est loin d’être votre cas, mon pauvre ami… ». C’est fou les messages que l’on peut faire passer à travers un simple tapotage d’épaule. Tenez, rien que l’autre jour, j’étais au resto, eh ben j’ai réussi à commander un steak-frite accompagné d’un Ricard rien qu’en tapotant l’épaule du serveur. Ce fut un grand moment d’osmose humano-culinaire.
Le Baron se défit alors de son gant, et le prêta à sa nouvelle élève à condition qu’elle n’oublie pas de le lui rendre par la suite ; celle-ci était ravie d’apprendre un nouveau tour dont elle pourrait se vanter auprès de ses amis, une fois qu’elle les aurait rejoint ; car en vérité, elle savait pertinemment qu’elle ne resterait pas bien longtemps auprès de ce passable semi-souverain sans charisme ni prétention. L’histoire y perdrait beaucoup de son intérêt.
Au point où elle en est…
Pardon ?
Rien, rien…
Bien.
Puis le Baron se plaça derrière elle pour lui expliquer comment bien placer sa main, et aussi pour jeter un œil faussement désintéressé à la croupe espiègle et protubérante de notre jeune ingénue. Car après tout, a-t-on besoin d’être derrière quelqu’un pour lui expliquer comment mettre un gant ? Non, assurément. Et pendant vingt minutes, il lui appris les rudiments de la maîtrise de l’Irrationnel, comment il fallait enfiler plusieurs bagues et un bracelet aimantés afin de bien permettre la gravitation des petits et moins petits anneaux, parce que sinon c’est pas beau à regarder et ça n’impressionne pas les populations, comment avancer le bas de sa paume sans faire bouger ses doigts, comment parvenir à mouvoir chaque doigt de façon parfaitement autonome, au moyen d’exercices physiques assez inconcevables, et tous les rudiments permettant de ne point avoir l’air trop ridicule avec tout cet attirail autour de la main. Il apparut alors à Katrin que cette chose si apparemment inabordable au commun des mortels qu’était la Magie, n’était au bout du compte pas plus inaccessible que qu’une formation de boucher-charcutier, et Dieu sait si les bouchers-charcutiers peuvent être nigaud. Elle ne put que se rire, en son for intérieur, bien entendu (rire en son for extérieur est une expérience que je ne conseille à personne. Si, j’ai essayé, c’est nul.), des veules croyances populaires qui ont toujours tendance à vouloir mystifier ce qui sort un tant soit peu de l’ordinaire.
Alors qu’Adam de la Franche Colombe Musquée expliquait à son élève les possibilités qui s’offrent à l’Irrationaliste lorsqu’il dispose de deux Irrationalisateurs, un son faible mais strident retentit, semblait provenir du bureau encombré situé tout au fond de la salle. Le Baron lâcha la main voluptueuse (et pourquoi donc une main ne pourrait pas réaliser ce qu’un bête yaourt bulgare fait sans problème à longueur de journées ?) de l’adolescente et se dirigea d’un pas mi-fébrile, mi-ennuyé vers un énorme appareil qui se trouvait effectivement sur son bureau, ou plutôt dans son bureau ; en fait, ce n’était pas un bureau, c’était un énorme appareil. Il appuya sur un bouton perdu parmi des centaines d’autres, et demanda, modérément amène.

- Oui ?

Une voix retentit alors, sortant de nulle part, comme si un poltergeist quelconque avait hurlé quelque insipide message caché dans les briques froides et rosâtres des murs environnant, sauf que ce n’était pas un poltergeist qui parlait. Katrin sursauta devant l’incongruité de la situation, mais comme elle commençait à comprendre qu’elle était bien loin de sa cambrousse natale, elle se ravisa et arbora un air des plus blasés, ce qui était assez peu crédible en définitive.

- Mr le Baron, un messager de la pré-base souterraine en Kaprï demande un entretien en rapport avec le plan secret visant à asservir…
- Mais enfin, chut, c’est secret !
- Ah oui. Pardon. Bon, je le fais entrer ?
- Oui, bien sûr.


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 17/03/04 19:10
Le Baron retourna auprès de son élève, qui était occupée à feuilleter le Manuel d’Irrationalisme Appliqué, qui consistait en fait en un gros dictionnaire contenant l’intégralité des mouvements référencés ayant un quelconque effet sur l’Irrationnel. L’ouvrage faisait plus de mille pages, écrit en très petit (Times New Roman taille six, disait-on entre initiés), et il y avait de quoi effrayer le béotien, ou la béotienne en l’occurrence.

- C’est quoi votre secret ?
- Ah, c’est secret.
- Alleeeeez…

Sourire enfantin et charmeur, papillonnement des paupières, tous deux mêlés sur le visage de l’adolescente, eurent un effet totalement contraire à ce que l’habitude avait eu tendance à démontrer : là où le Baron aurait en d’autres circonstances hurlé de peur et rendu à mère nature la composante de sa bouillie intestinale, celui-ci tomba totalement sous le charme.

- Bon, mais c’est bien parce que tu me le demande, et aussi un peu parce que je t’aime bien.
- Merciiiiii !
- Alors voilà…

A ce moment, un second bruit strident retentit.

- Ah, désolé.

Et il retourna à son énorme machine.

- Oui ?
- C’est moi le messager, là…
- Ah oui, c’est vrai.

Et il tira un levier, ce qui ouvrit avec disgrâce la porte métallisée dans l’encadrement de laquelle se présenta l’homme dont il était question.

- Si vous permettez, ma demoiselle, je dois m’entretenir avec l’un de mes hommes au sujet du secret dont vous vouliez que je vous parle tantôt ; vous savez ce que c’est, le pouvoir, les responsa…
- Je peux rester avec vous, s’il vous plaît ?

Un stratagème cosmético-facial similaire eut encore une fois le résultat escompté.

- Bon, si vous voulez…
- Merciiii… Mais faudrait vous décider entre le vouvoiement et le tutoiement, parce que là, ça devient ridicule…
- Tutoiement.
- D’acc’.

Le Baron s’approcha du visiteur. Nous n’en feront pas de description, de toute manière il est là pour cinq minutes grand max.

- Alors ?
- Euh… Je peux parler devant elle, là ?
- Mais oui, allez…
- Alors voilà : on a enfin réussi à calmer le monstre, on le tient dans un petit local de sécurité dans le secteur A-1 du RPS.
- Bien…
- On a fini de barricader l’ensemble des entrées du réseau, sauf un bien sûr.
- Laquelle ?
- Rotule Clinquante.
- Mais… C’est la plus proche du poste avancé des membres de la Milice, alors qu’on cherche avant tout à les éviter.
- Avant de les massacrer.
- Oui, mais bon…
- Boâ, vous savez, on a fait ça comme ça, on s’est pas posé la question de savoir laquelle serait la mieux…
- Bon, ce n’est pas grave. La vingt-cinquième division est bien arrivée ?
- Oui oui, nous sommes maintenant environs cinq mille hommes dans le RPS, prêts à aller nettoyer l’immeuble occupé par ces neuneux de la MPCPR.
- Bien bien bien… Je vais tout de même faire envoyer une centaine d’autres hommes ; j’ai peur que malgré notre nombre supérieur, le combat ne nous soit défavorable…
- Mais ? Ils sont à peine un millier, plus une petite centaine répartie dans tout la ville, mais ça c’est pas un problème, on les a tous localisés et on devrait s’en occuper assez rapidement.
- Oui, mais je les connais : ils sont vachement forts, quand même.
- Pardon ?
- Enfin, ils sont surentraînés, et bien qu’ils n’utilisent que d’archaïques arbalètes, ils manient si bien leurs armes que leurs tirs sont bien plus meurtriers qu’un dizaine des nôtres. Donc, j’envoie une centaine d’hommes, pour pouvoir stabiliser la situation une fois le nettoyage terminé. Voila.
- Ah, d’accord.
- Mais comme je les connais, ils vont eux aussi envoyer du renfort depuis leur Maison-Mère, à Panurge sur Plane.
- Ah bon ?
- Du coup, je vais être obligé de renvoyer du renfort à mon tour, sinon on ne pourra plus tenir la ville.
- Ca alors ?
- Alors comme les connais, si si, je peux t’assurer qu’ils vont eux aussi envoyer du…


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 17/03/04 19:12
Le bruit strident auquel Katrin commençait à s’habituer retentit une fois encore. Et une fois encore, le Baron s’empressa d’aller répondre à qui de droit.
A qui ?
De droit.

- Oui ?
- Un homme prétend être le seul survivant de l’expédition « Réincarnation à la Maison deux, le retour ». Je le laisse entrer ?
- Bien sûr que oui ? Allez allez allez !
- C’est que… Il ne m’inspire pas confiance
- Que voulez vous que j’en aie à faire, sombre crétin ? Allez !

Puis, revenant à son interlocuteur.

- Je pense que vous pouvez y retourner, maintenant.
- D’accord.

Et il y retourna.

- Bon, vous ne m’avez… Enfin TU ne m’as toujours pas dit c’est quoi ton secret.
- Ah oui, c’est vrai. Alors voilà : figure-toi, douce enfant au teint frais et aux formes appétissantes telles le jambon-beurre, figure-toi que j’ai dans l’idée de m’accaparer toute la ville de Kaprï.
- Toute ?
- Oui, toute.
- Et pourquoi ?
- Eh bien, si Kaprï est à moi, c’est comme si tout l’Occitant est à moi.
- C’est vrai. Mais j’ai du mal à cerner l’intérêt que l’on peut avoir à posséder la région peut-être la plus minables de tout l’Argantrèss.
- Ce n’est qu’une première étape dans ma conquête de la planète, voilà tout…
- Ah, d’accord. Tout de même.
- N’est-ce pas ?
- C’est pas très original, quand même…
- Oui, bah c’est toujours mieux que d’être viticulteur, hein.
- Je vois pas le rapport.
- Eh bien moi, si.
- Et comment tu vas faire pour relancer l’économie du continent, étant donné que la moitié de la population vient d’être massacrée…
- Bah, je me contenterais de l’autre moitié.
- Au fait, tu n’as pas un peu l’impression de profiter du chaos ambiant pour ta petite prise de pouvoir anti-démocratique au possible ?
- Si, complètement. En fait, si tu veux tout savoir, c’est un peu grâce à moi que l’Enfant-Dieu Floush’h s’est échappé et a mis à feu et à sang et à plein d’autres trucs la capitale et deux trois autres petits villages sans intérêt.
- Ah bon ? Tu vas me dire que tu travaillais à la mine, ce matin, et que c’est toi qui as creusé le petit trou qu’on a mis un heure à élargir juste pour une pauvre épée, et encore on dirait un couteau à pain ?
- Non, pas exactement… Mais disons que j’ai fait un marché assez intéressant avec quelqu’un de haut placé là haut… Hm hm (petit rire énigmatique, et non pas raclement de gorge, comme le pourraient laisser penser des années de joug d’onomatopées bédéïstiques.) …

Sur ce point, le Baron resta très mystérieux. De toute façon, il n’aurait guère eut le temps pour s’appesantir sur le sujet, car alors qu’il finissait sa phrase, le bruit strident de la machinerie complexe se fit entendre une dernière fois.

- Ah, je l’avais oublié, celui-là… C’est étonnant, il a été plutôt long… Depuis quand mes hommes se perdent ils dans les couloirs ?

Adam ouvrit derechef la porte mécanisée, l’air las. Katrin leva ses yeux du Manuel d’Irrationalisme Appliqué où elle s’était replongée, et s’exclama, bête.

- M… Monsieur Serge ?


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Anonymus

Très Gros Bill



-= Chaos Servants =-
Inscription le 21-12-02
Messages : 692



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Combray

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 22:52
Rôôôh ! Ca devient n'importe quoi ! Remarque, ça l'était déjà un peu avant...

Mais j'adore beaucoup. C'est drôle, fin, spirituel, intelligent, moraliste, théologique, radical, nouveau, guilleret, antiseptique, léger, joli, changeant comme la Lune et bien.
La-suite ! La-suite ! La-suite ! La-suite ! La-suite !


--------------------
.: Militant proustien :.
"Longtemps, j'ai fait chier tout le monde avec Proust."


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:08
Ah bah merci bien, l'homme, je dois avouer que j'ai rarement vu autant de compliments dans une même phrase, même séparés par des virgules, et l'adjectif nouveau m'a percuté droit au coeur... Au fait, j'attends toujours avec une impatience bornée la suite des piteuses pérégrinations intra-castelienne de Manon la noble par hasard. Alors moi aussi : LA SUITE, LA SUITE, LA SUITE !

Partie troisième : De Serge.

Comme le voulait la logique des choses, le planeur planait. Dans les airs. Serge avait déjà emprunté ce genre de véhicules, aussi n’exprima-t-il aucune surprise lorsqu’il avait décollé violemment comme à son habitude, manquant encore une fois de s’écraser contre la surface d’un immeuble. Il n’en était pas moins menotté et très fortement escorté par une dizaine d’hommes en robes vertes. Et il se demandait comment il allait bien pouvoir faire pour se sortir de cette situation quelque peu périlleuse, dans laquelle il s’était, quelque part, volontairement fourré. Pourquoi ? Sûrement pas pour la gamine. Enfin, peut-être un peu, car à cet âge là, une fois passé le stade vomitif de la relation, c’est toujours attachant, et malgré les plaques odieuses de maquillages qui balafraient le frêle visage de Katrin, il avait fini par la trouver amusante. Et puis, rien ne prouvait qu’elle ne changerait pas soudainement de vie, qu’elle ne deviendrait pas une femme naturelle et physiquement concevable… Mais cela n’était pas la raison prime de son lâche abandon. Serge haïssait le Baron de la Franche Colombe Musquée. Car il le connaissait, ça oui, et pas qu’un peu, ça non ; c’est bien simple, ils avaient été les meilleurs amis du monde lorsqu’ils n’étaient encore que des enfants…
Adam et Serge étaient tous deux issus de familles aisées, ceci était incontestable. La noble famille de la Franche Colombe Musquée fut en son temps synonyme de fierté, de sagesse et de noblesse d’esprit, et partout on faisait les louanges de cette lignée digne de respect. La famille des Aid’Ubonthabak (Aid’Ubonthabak-Denmah’Tâ-Bâ-Tyayrr’, pour ne pas oublier toutes les particules de ce nom prestigieux) ne l’était guère moins, noble, et ses exploits guerriers avaient fait le bonheur de bien des écrivains en mal d’inspiration, et de bien des compositeurs en mal de talent. Comme le voulait la tradition, Serge et Adam, nés la même année, furent envoyés dans la prestigieuse Ecole pour Enfants Financièrement Surdoués, dont le nom ne laissait planer qu’un mystère partiel, et qui se situait en Astrich alors que celle-ci était encore unifiée et libre. Là bas, ils se rencontrèrent (remarquez, avec une cinquantaine d’élèves pour tout l’établissement, il aurait été difficile de se rater…), et devinrent tout de suite amis, ce qui parût assez étonnant, car chacun représentait un penchant totalement opposé à celui de l’autre de la noblesse. Si Serge ne rêvait que d’une chose, à savoir laisser derrière lui les fastes et les paillettes qu’impliquait la noblesse Baronniale (de la région des Baronnies, donc), Adam n’était qu’un enfant prétentieux et imbu de sa personne qui n’avait à l’esprit que le futur contrôle du domaine de son père et les héroïques batailles opposant de fiers guerriers aux compétences indiscutables. Mais pourtant, ils devinrent amis ; en effet, tous deux partageaient une passion sans borne pour les cartes à collectionner Pokemon©, ce qui était assez rare à l’époque. Ah, combien de temps ne passèrent ils pas dans les salles d’étude à procéder à de fébriles échanges, sur lesquels semblait à leurs yeux compter l’avenir du monde entier, combien de combats enragés ne disputèrent-ils pas dans la petite cour surplombée par les imposants bâtiments du complexe scolaire, sous les yeux narquois de leurs camarades se croyant plus matures parce qu’il lisaient déjà des œuvres classiques d’écrivains comme Loub’ ou Téhin, qui leurs conférait l’universel sceau de la culture et de la connaissance, ce qui n’était que pure hypocrisie et convenance parfaite, mais je ne m’étalerais pas sur le sujet.
Ce n’est pas mon genre.


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:10
Certes non. Les années passèrent, et chacun commença à développer sa personnalité. Serge se fit bagarreur, et défiait tout ses petits camarades, parfois même à un contre plusieurs, et remportait toujours la victoire. Il s’était de plus fait offrir par ses parents gâteux un Pistolet à billes de bois, relativement inoffensif, mais qui lui permirent d’acquérir une dextérité prodigieuse ; il ne manquait en effet jamais d’utiliser son jouet contre ses ennemis en surnombre, l’attendant à la sortie de la cantine alors qu’il était passé par une fenêtre et qu’il avait monté sur le toit. A seize ans, il était l’élève le plus craint de tout l’établissement. Adam, lui, était veule, et préférait passer son temps dans la bibliothèque à lire de mauvais ouvrages de science fiction indignes d’être présent dans les sains rayonnages d’un CDI correct que de se battre ou travailler. Sa relation avec Serge s’était quelque peu étiolée avec le temps, ce dernier le traitant de plus en plus d’ « intello » et de « lopette ». Alors qu’Adam n’était en rien intelligent. Loin de là. Serge, lui, oui, mais il ne voulait pas le reconnaître, et faisait tout pour que cela ne se sache pas. Une fois leurs études terminées avec plus ou moins de succès, chacun suivit sa voie : Adam succéda à son père et fit de son domaine ce qu’il avait toujours rêvé d’en faire, le dernier vestige d’une noblesse chevaleresque, ambitieuse et belliqueuse, comme elle l’aurait toujours du être. Il forma son armée, s’inspirant du roman « Les cinq malédictions du chaos », sombre navet de la littérature fantastique, pour réaliser les costumes de ses hommes, et appliquant son goût prononcé pour les couleurs criardes à l’esthétique de son castel. Il était de plus entré dans une période mystique, et avait commencé à se renseigner le plus que possible sur la religion, du point de vue de toutes les bibles, qu’elles soient Néo-Libérale ou Pro-Matérialiste Lucide, de sorte qu’ils était au courant de tous les ragots Divins dont le grand publique n’avait que faire, mais qui lui permettaient d’être dans les petits papiers de biens des personnes « hautes placées là haut », comme il aimait à appeler les différents sous Dieux qui traînaient leur inutilité au Panthéon. Pour couronner le tout, les cours de technologies avaient été les seuls où il eut démontré quelque talent, aussi se mis-t-il en tête de devenir technologue, et mieux, d’être le plus grand technologue de la région dans un premier temps, puis de tout l’Argantrèss. Que tout ceci parût futile aux yeux éclairés du brave Serge, qui, comme il le prévoyait depuis le début, ne rentra chez lui que pour plier bagage et partir découvrir le vaste monde ; il eut très vite l’occasion de constater que celui-ci était d’un ennui mortel, aussi décida-t-il de s’engager dans une quelconque faction militaire afin de pouvoir exercer une activité pas trop ennuyeuse. Il trouva tout d’abord son bonheur au sein de la prestigieuse armée Nomipanquienne ; précisons qu’à cette époque, l’Astrich venait de déclarer la guerre au reste du continent d’Eminence, ce qui reste une entreprise assez risquée… Le reste du continent lui avait donc rendu la politesse, et avait copieusement piétiné son territoire avant de le segmenter en quatre partie d’Occupations ; mais là encore, nous ne nous étalerons pas trop sur le sujet, qui reste toutefois passionnant. Et donc, lors de la conquête de Binler, Serge s’était illustré par une maîtrise parfaite de l’arbalète de guerre, offrant à ses coéquipiers une couverture parfaite et appréciable lorsque l’ennemi était aussi fourbe que le soldat Binlerois. Puis il retomba dans une nouvelle période d’ennui, la guerre ayant fini par un traditionnel bain de sang en plein cœur de la capitale. Ce n’est qu’alors qu’il décida de s’engager dans la Milice Préposée aux Choses Peu Rationnelles, pour l’unique raison qu’aucune autre force militaire ne pratiquait le combat à cette époque. Serge s’y trouva, et il appris par ailleurs que les faits Irrationnels étaient bien plus fréquents qu’il n’y paraissait, aussi décida-t-il de rester. De toute façon, il n’avait rien d’autre à faire. Et au fil des années, les deux hommes se haïrent de plus en plus, chacun voulant démontrer à l’autre qu’il avait fait le bon choix, ce qui peut paraître assez puéril, mais cela constituait un aspect essentiel de leurs vies respectives. D’autant plus que le désormais Baron de la Franche Colombe Musquée fut à plusieurs reprises impliqué dans des affaires douteuses sur lesquelles Serge ne tarissait pas de s’investir à fond. Puis le Baron s’était fait plus discret, de sorte que Serge n’en avait plus entendu parler, mais son profond mépris ne s’était, lui, pas évaporé…


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:13
Bref, c’est avec une certaine jubilation qu’il imaginait ce qu’il allait faire subir à ce nobliau pétri d’immodestie, et il prévoyait déjà un duel, héroïque ou pas.
Mais pour l’heure, il était menotté, entouré d’une dizaine de soldats, et l’on est en droit de se demander avec fièvre comment va-t-il bien pouvoir se sortir de cette situation délicate.
Il s’en sortit de la façon la plus simple du monde : après avoir vaguement réfléchi aux conséquences hypothétiques de son acte, il balança ses poignets menottés devant le cou de l’homme assis devant lui, qui discutait politique avec son voisin, avant de resserrer violemment, dans le but évident de l’étouffer. Ceci faisant, il se leva, et sauta lourdement au sol depuis le banc sur lequel il était retenu, afin de faire tanguer le planeur, ce qui ne manqua pas ; et tout le monde ou presque tomba à la renverse, provoquant un chaos considérable. Trop pressé par la situation, Serge fit observer à ses poignets une rapide rotation, de sorte que son malheureux tortionné (car là où il y a un tortionnaire, il y a un tortionné) eut la tête placé sous un angle physiologiquement assez inconcevable, ce qu’il ne manqua pas de faire remarquer à qui de droit en crachant une appétissante gerbe de sang mêlé à une salive odorante. Il était plus ou moins mort.
Ceci fait, Serge se tourna vers un des hommes qui se relevait à sa droite, l’air convenablement belliqueux, et utilisa de nouveau ses liens pour lui porter un coup très théâtral : il enserra le haut du crâne de son adversaire qui en était encore à sortir un petit couteau de sa poche, et tira très fort. La calotte sauta, pareille à un bouchon de champagne lors d’une fête familiale, laissant paraître une cervelle palpitante et luisante. D’un coup de pied, Serge poussa le pauvre homme par-dessus bord. Puis, engaillardi et assez amusé par toutes les possibilités qu’offraient les chaînes de fer emprisonnant ses poignets, il fit volte face, un sourire que l’on eut pu percevoir, soit comme mélancolique, soit comme particulièrement sadique. La plupart des hommes en vert s’étaient relevé, et lui faisaient face, tenant qui son fusil, qui son couteau.

- Ecoute, mon gars, pourquoi tu fais ça ? Tu était juste considéré comme un otage, et on t’aurais de toute façon libéré une fois cette journée de ******** terminée… Enfin j’imagine… Mais là, on va être obligé de te buter, c’est con, vraiment…
- Oui oui, bon, on y va ?
- Tsss…


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:15
Six coups retentirent simultanément, alors que Serge se jetait à terre, de sorte que le bord droit du véhicule fut débité en lambeaux de bois virevoltants. Il en profita pour saisir le pied d’un des hommes en robes, et tira très fort afin de le faire choir, renversant par la même occasion celui qui se tenait derrière lui. Puis il se releva, esquiva quelques coups de couteaux peu véloces, avant de s’élancer vers un tireur qui était placé près du bord gauche, en profitant pour écraser le crâne des deux personnes qu’il avait mises à terre, et, les poings en avant, le fit basculer par-dessus bord à son tour, non sans avoir réussi à lui arracher in extremis le fusil des mains. Il s’en servit pour asséner un coup violent sur me crâne de son voisin, tout d’abord, puis en plaça le canon dans la bouche d’un des hommes qui se ruait vers lui pour lui planter une lame ridicule dans le ventre. Il n’eut même pas à tirer, car le pitoyable optimiste s’empala sur l’extrémité métallique, émettant un bruit de craquement assez dégoûtant.
Le combat semblait nettement moins équitable, et ils n’étaient plus que quatre à faire face au dangereux Lieutenant Attesté. Deux le pointaient de leurs fusils chargés à blocs, un autre s’était emparé d’une planche qu’il avait trouvée au sol, et le dernier avait récupéré un couteau sur le corps d’un de ses amis, ce qui faisait qu’il en tenait un dans chaque main. Si ce dernier en avait eu un troisième, il aurait très bien pu effectuer un numéro de jonglage hors du commun, car il avait fait partie d’une troupe de cirque en tant que jongleur alors qu’il n’avait que six ans. Remarquez, c’est un détail qui n’a pas une importance à proprement parler capitale dans le déroulement du récit. Quoi que.

- Bon, mec, tu crois pas que tu as assez fait le guignol, là ? Qu’est-ce que ça peut bien t’apporter de nous buter un à un ?
- Si je ne vous avais pas attaqué, vous m’auriez emmené auprès du Baron ?
- Ben oui, on est obligé.
- Ah. Eh bien j’aurais pu me passer de vous tuer, alors.
- Heureux de te l’entendre dire…

Serge balança un pied vigoureux dans la face de celui qui semblait être le chef, et qui pointait sur lui un canon par trop menaçant. Un coup partit, mais Serge ne fut pas touché.
Par contre, quelques mètres plus haut, une hirondelle, qui n’avait rien demandé au monde, mourut, le crâne pulvérisé par un plomb projeté à haute vitesse de la façon la plus chaotique qu’il soit. Elle tenait en sa bouche un ver qu’elle apportait derechef à ses enfants chéris, qui piaillaient d’impatience dans leur nid douillet installé sur un arbre situé pas très loin. Une famille venait d’être brisée. Les oisillons mourront plus tard dans d’atroces souffrances, la faim au ventre, ne gardant qu’une haine inaltérable pour leur mère qui jamais ne revint.
Le sang gicla de l’orifice nasal du supérieur, qui bascula en arrière et manqua chuter à son tour par-dessus bord. Un second tir fusa, qui venait de gauche, mais là encore Serge fit une démonstration de ses talents d’acrobates, en effectuant un bond gracieux, en profitant pour renverser l’homme qui portait la planche, et qui semblait sur le point de lui en asséner un coup assez rude. Il fit volte face de la façon la plus cinématographique possible, arracha juste à temps le fusil qui avait manqué l’abattre quelques secondes plus tôt d’un coup de chaîne particulièrement bien ajusté, et l’envoya valser au visage de du pauvre homme qui venait à peine de se remettre de la pulvérisation spontanée de son nez ; mais, pour autant malchanceux qu’il fût, il n’en était pas moins habile, et lui aussi réussi esquiver le coup en bougeant la tête juste à temps. Serge poussa un juron, mit fin à la stupeur du désarmé en lui brisant le crâne, et se rua vers l’increvable.
Ce qui suivit se déroula si vite que l’on ne pourrait véritablement dire ce qu’il se passa exactement sans embellir un peu le tout. Le fait est qu’une seconde plus tard, Serge était suspendu dans les airs, la chaîne de ses menottes maintenue avec difficulté par son adversaire.

- Tiens, te voila bien con, avec tes âneries !
- Ca va, la ferme…


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Kröy

Mercenaire du Chaos



-= Chaos Servants =-
Inscription le 31-12-03
Messages : 145



Homme  Age : 39 ans
Lieu de résidence : Moldavie Suppérieure.

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les médiocres tribulations d'Hekares' a été posté le : 18/03/04 23:18
Et notre héros, pas plus déstabilisé que ça, tira violemment sur ses liens, de sorte qu’il se projeta vers le haut tout en faisant basculer l’autre par-dessus le rebord du planeur, qui n’en pouvait plus d’être secoué. Du coup, c’était désormais Serge qui retenait l’autre, qui ne semblait guère plus effrayé que lui.

- Pourquoi est-ce que tu travailles pour ce Baron à la con ?
- Bah, il nous paye bien…
- Mais tu ne te rends pas compte que tu sers une cause minable ?
- C’est pas la mienne, de cause, donc je vois pas où est le problème…
- Eh bien c’est désolant.

Et Serge secoua violemment les poignets, de sorte que Ruï (c’est ainsi qu’il se nommait) ne put que lâcher et tomber, parcourir plusieurs mètres de chute libre, avant de s’empaler sur le toit pointu d’une maison paysanne en plein cœur de Sainte-Arthrose-sur-Motte-de-Fouin, coquet petit village qui s’était contenté jusque là d’être un village, et qui le continuera de toute façon comme ça pendant bien des années, à moins qu’un quelconque hurluberlu se mette en tête d’interpréter la chute de cet homme comme un signe surnaturel d’une Ancienne Divinité Maléfique ayant pour sombre dessein d’asservir le monde et la galaxie si elle en trouve le temps, auquel cas il se verrait obligé d’édifier un culte nouveau à la gloire de cet être intolérable de cruauté, basé sur des sacrifices impies et des rituels sataniques du plus mauvais goût, qui impliquerait la disparition mystérieuse de plusieurs villageois, et donc l’instauration d’un climat de terreur ne pouvant qu’éclater en un chaos meurtrier, d’où les dirigeants devraient de résoudre à faire appel à un enquêteur étranger qui se trouverait être plutôt beau gosse, et dont la fille du maire ne pourrait s’empêcher de tomber éperdument amoureuse, au grand dam du bellâtre sus-cité qui n’aurait guère d’autre choix que d’aller la sauver lorsqu’à son tour elle tomberait dans les mains du culte affreux, et…
En vérité, l’homme ne tomba pas sur un toit, mais en plein milieu d’un lac qui s’était créé pour l’occasion, et qui disparût trente secondes plus tard. Un enfant qui passait par là observa le phénomène, et courut au village pour en avertir ses parents, qui eux-mêmes allèrent en référer au maire, qui, intrigué et surtout soucieux de la sécurité de ses électeurs, fit appel à un expert en Irrationalisme. Dans le même temps, le ciel passa au gris, et un vent de panique commença à souffler sur les vies sans histoire des concitoyens qui, bientôt terrorisés, s’enfuirent en masse vers le hameau de Saint-Lambeau-le-Petit-Jambon, qui jalonnait la rivière du Gondolé en aval de plusieurs kilomètres, qui n’était pas en état de supporter un tel afflux démagogique, et qui subit une crise de l’économie comme on en avait jamais vu auparavant. Le Conseil des Vingt-Trois se résolut à lancer un grand programme d’éradication des Néo-Libéraux pour de futiles prétextes d’incompatibilité religieuse. Scandalisée, l’opinion publique fit pression sur la Police Intercontinentale de l’Ouest afin qu’elle intervienne en Occitant, et pour la première fois depuis l’avènement de Celui qui Mentait Souvent, l’attention des civilisés se porta sur le minable continent Occitantais, et les premières agences de tourisme apparurent, proposant à de moindres frais le transport vers cette terre aux paysages divins et aux mœurs si typiques. Hélas, un autre continent, celui de l’Atypie, situé bien plus à l’Est de l’Eminence, et qui était lui aussi une petite île, trouva honteux que l’on porte de l’intérêt à l’Occitant et pas sur lui, aussi un conflit mondial s’engagea-t-il, au cours duquel des milliers de personnes, civiles comme militaires, périrent soit par les armes, soit par les conditions sanitaires détériorées à l’extrême. Dieu et l’ensemble du Panthéon trouvèrent tout ceci très futile, et décidèrent que les humains n’étaient pas dignes de confiance, et qu’il fallait les éradiquer, de sorte que tous les belligérants furent obligés de s’allier contre les terribles pouvoirs surnaturels des Déïques, combinant ainsi leurs puissance de feu de sorte qu’ils constituaient la plus puissante armée humaine n’ayant jamais vu le jour. Après des siècles de combat intensifs, les Dieux furent finalement vaincus, mais les humains eux même avaient usé toutes les matières premières que pouvait contenir l’Argantrèss et qui leur permettaient de fabriquer leurs armes toujours plus puissante ; de plus, la totalité de l’Irrationnel qui flottait au cœur de la planète avait été usée par les Irrationalistes de Combat au cours des batailles meurtrières, et celle-ci devint bancale, avant de commencer à dériver dans l’espace. Les humains régressèrent et moururent tous les uns après les autres à cause de leur bêtise toujours plus flagrante et du grand gâchis qu’ils avaient causé sur leur terre. A la fin, il n’en resta que deux. L’un s’appelait Adam, l’autre se prénommait Eve.


--------------------
"Ah. Ouh. Papillon."
Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

"Oh. Je veux dire : Oh."
Un béotien.

"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
ChiAss-Co et Associés


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Ajouter aux favoris - Envoyer ce Sujet par E-Mail - Imprimer ce Sujet
Dernier Message - Message le plus récent
Pages: 2 3 [ 4 ] 5 6

Open Bulletin Board 1.X.X © 2002 Prolix Media Group. Tous droits réservés.
Version française, modules et design par Greggus - enhancement par Frater