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Sujet : Sauvageons no manga
Sondage : Sauvageons no manga
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Grouïn des Tétynes

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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 13/09/04 21:50
C'est long hein ? Normalement, on est à la moitié...

23 ) Au fond du trou

DS 663.7

" Je suis devenu aveugle, ou il fait noir ? Demanda le capitaine Punch, sur un ton de léger ennui.
- Il fait noir, expliqua la voix mélodieuse, quoique empreinte d'une douleur certaine, de l'enseigne Lesfleurs.
- Tu vois ça comment ? Ah oui, les elfes voient dans le noir.
- Tout juste.
- Bon, on dirait que ce vieux Disko a encore tenu le coup. Vous ne vous sentez pas oppressé des poumons ? C'est quoi cette odeur ? On dirait que quelqu'un a mangé du cassoulet et...
- C'est l'air de la planète qui a cette odeur, dit Borgo, en rogne. Une vitre a lâché, on respire cette *********rie d'air d'Akhereb-le-Machin.
- Mais c'est une bonne nouvelle, dites donc ! Ça veut dire que l'atmosphère est respirable.
- Tu as d'assez larges critères de respirabilités, se plaignit Trouille. C'était une riche idée, ce détour pour chercher de la bibine, dis-moi.
- Euh... oui, certes. Bien, tâchons de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Allons faire le compte des pertes, mesurons l'étendue des dégâts et voyons dans quels délais nous pouvons réparer. "
Durant les heures qui suivirent, chacun s'ingénia à retrouver ses compagnons, puis on fit la liste des blessés et des morts, on les rassembla, on les compta, on les lista, puis on les enterra. Puis on déterra les blessés en raison des protestations du commandeur Trouille.
Le Disko avait atterri dans une caverne de dimensions prodigieuses, chichement éclairée par le trou qu'ils venaient de faire, une lieue au-dessus. Le jour déclinait, semblait-il, au dehors. La cavité était si vaste qu'il s'y formait des couches de nuées, des microclimats. Sous sa surface aride, Akhereb-les-Mines ne manquait pas de vie. Il n'y avait pas un pouce de caillou qui ne fut recouvert d'un champignon à la forme imaginative, d'un lichen bariolé aux ramifications fractales, ou de touffes d'une bizarre herbe souterraine composée de petits piquants noirs ayant l'amusante propriété de se tourner vers toute source de chaleur passant à portée. Ces bouquets étaient infestés de petites créatures articulées que nous qualifierons d'insectes, bien que ce genre d'affirmation puisse hérisser le poil d'entomologistes sourcilleux accordant quelque importance au nombre de pattes, d'ailes et de thorax qu'un insecte est légalement en droit de posséder. Il y avait aussi au moins trois variétés de bêtes broutant ladite végétation, à savoir une sorte de limace rouge et jaune à cuir épais long comme deux mains, une tique hexapode échassière et blafarde qui devait faire le même poids et se déplaçait avec une lenteur remarquable, et un surprenant animal ressemblant assez à une roue cerclée de fer d'un diamètre un peu supérieur à la longueur d'un avant-bras, se déplaçant rapidement en roulant sur lui-même, mais qui pouvait exceptionnellement déplier une partie de sa personne pour paître ou remonter une pente. Aucune de ces trois créatures n'avait d'yeux visibles, néanmoins, ils fuyaient à l'approche de l'homme, renseignés par quelque sens secret. Ce comportement timoré, ainsi que de petits cadavres et squelettes retrouvés de ci de là, attestaient qu'il devait y avoir des prédateurs, quelque part, dans cette immensité souterraine, prédateurs qui, jusqu'ici, restaient discrets. Quelque humidité suintait ici et là, mais pas en quantité suffisante pour sustenter longtemps un si grand nombre de naufragés. Pas très loin du massif cône de débris rocheux sur lequel trônait le Disko, il y avait une mare de bonne largeur et pas assez profonde pour qu'on s'y mouille les genoux, mais les lentilles d'eau qui grêlaient sa surface n'inspiraient guère confiance quant à la potabilité du liquide sous-jacent.
Le jour tombant, on finit par faire des feux tout autour de l'appareil, brûlant pour cela les grandes quantités de bois irrécupérable issues de sa charpente martyrisée, et les hommes se mirent à prier, à boire, à chanter des chansons et à s'accoupler dans les anfractuosités propices à ces activités, afin d'oublier l'espace de cinq minutes la triste situation dans laquelle ils se trouvaient et le gouffre infini qui les séparaient de leurs foyers. Faisant semblant de ne rien voir ni n'entendre de tout ceci, les officiers tenaient conseil tout en grillant des saucisses empalées sur de fines tiges de métal échappées du propulseur tribord, qui les surplombait.


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c|o c|o (°°) c|o c|o
Je tendrement dans le huître, avec deux en
plus, et dedans je le. Ordure et mou, l'chaussette
vermine jaune petit sachet de arbre.

(Excusez-moi, je suis dyssyntaxique)


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Grouïn des Tétynes

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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 13/09/04 21:52
" Alors, Trouille, on survivra ?
- Il semble que l'air soit respirable, vu que personne n'est mort ces dernières heures, à part ceux qui étaient très gravement blessés. Nos réserves d'eau nous permettront de tenir quelques jours, une semaine, quelque chose comme ça. En comptant les boissons alcoolisées, dont nous avons d'amples provisions je le crains, on arrive à deux semaines, après, il faudra se résoudre à utiliser les ressources locales, à moins qu'on arrive à remettre en était les systèmes de recyclage. Par contre, pour la nourriture, je dois te rapporter que les celliers ont été éventrés au cours de la bataille, et que pour tout dire, il ne reste pas grand chose de mangeable. Trois jours de consommation normale, je pense. C'est pour ça que j'ai instauré un rationnement.
- Sage décision, il faudra donc trouver vite de quoi manger. A vous MOA, ne cherchez pas à nous ménager, quel est l'état du vaisseau ? Quand pourrons-nous reprendre notre voyage ?
- Je n'avais pas l'intention de vous ménager, capitaine, signifia la méduse d'une voix étale. La situation est la suivante : le noyau réactif est intact et pleinement opérationnel. Le rotostéganokinéticoscope a subi des dommages périphériques, notamment trois bobines de répartition ont lâché, mais il devrait être possible de s'en passer si on évite les manœuvres brusques. En ce qui concerne les systèmes de soutien, environ dix pour cent des recycleurs d'air et d'eau sont en état de fonctionner, les deux-tiers sont irrécupérables, le reste pourrait éventuellement faire l'objet d'une maintenance en utilisant les pièces des appareils détruits. Ce devrait être suffisant car nos besoins en systèmes de soutien seront réduits, en effet, d'une part nous avons perdu un tiers de l'équipage, et d'autre part seuls les ponts six, sept, huit et certaines sections des ponts neuf et dix sont encore étanches.
- Ben c'est gai.
- J'ajoute que la salle de chargement est totalement détruite, ainsi que le réseau de détecteurs courte portée et l'Oculus Diabolus. Le principal problème vient de la propulsion. Les tubes d'injection thaumique sont gravement fissurés, toute remise en route du système causerait une réaction en chaîne explosive. Le choc a gauchi la structure de la nacelle bâbord, et les sphères chronitron sont désalignées, en outre, je ne peux pas garantir leur fiabilité. Les répulseurs antigrav sont bloqués, sans doute par un problème mécanique. Enfin, le convecteur central des extracteurs de phlogiston est totalement et définitivement hors service.
- Et ça peut se réparer ?
- Totalement et définitivement hors service.
- Mais on peut s'en passer ?
- Le convecteur central est la pièce maîtresse du système d'extracteurs, sans lui, rien ne fonctionne. Mais il est vrai que les extracteurs de phlogiston ne sont pas strictement nécessaires à la propulsion.
- Ah !
- Ils servent juste à empêcher la température interne du Disko de dépasser les deux-cent quarante degrés lorsque les moteurs fonctionnent.
- Ah.
- Notez que personnellement, je suis apte à survivre à de telles températures, bien qu'avec difficulté.
- Content pour vous. Bon, sérions les problèmes, voulez-vous ? Qu'est-ce qui réparable, et qu'est-ce qui ne l'est pas ?
- Réparable avec certitude : une partie des recycleurs, le rotostéganokinéticoscope. Possiblement réparable : je peux tenter de compenser l'alignement défectueux des sphères chronitron par un gauchissement contraire des circuits de commande, et les répulseurs antigrav ne sont sans doute que grippés. En outre, certains ponts peuvent faire l'objet d'une repressurisation. Irréparable : les tubes d'injection thaumiques du circuit principal et le convecteur central des extracteurs de phlogiston.
- Les tubes d'injection machin, on ne peut vraiment pas les réparer ? Si ce ne sont que des fissures, il y a sûrement moyen de les combler.
- L'intérieur des tubes d'injection thaumiques est doublé d'une fine couche protectrice d'iridium. Nous pourrions probablement usiner des plaques de rechange à l'atelier, à condition d'avoir à notre disposition plusieurs dizaines de livres d'iridium, ce qui n'est pas le cas.
- Et le convecteur ?
- Totalement et définitivement hors service.
- Oui, oui, il n'y a pas moyen de bricoler un truc qui fasse pareil ?
- Non, capitaine.
- On n'en a pas un de rechange ?
- Non capitaine.
- Quelle imprévoyance !
- J'avais fait une demande en ce sens auprès du bureau technique de l'Astrocorps. On m'avait répondu que la redondance des systèmes n'était pas une priorité budgétaire, depuis qu'un audit mené par la société Jameson Horowitz Malefoy McFinnis Jzdobrinjewszky Partners & De Portnawakz International Tradesman Globalco Consulting Associates Co. Ltd © avait mis en lumière un cas grave de gaspillage des deniers publics, à savoir que la majeure partie des pièces de rechange n'étaient jamais utilisés, ce qui rendait leur acquisition non-nécessaire.
- Muf. Bon, on se dé********ra. Demain, il faudra envoyer une expédition reconnaître les alentours...
- Capitaine, capitaine, venez, il y a une bagarre ! "
C'était l'enseigne Leshkü qui s'exprimait en ces termes, une jeune homme de bonne famille Malachienne, à l'embonpoint certain et à la voix ordinairement posée et réfléchie, récemment recruté dans l'équipe scientifique. Avec son front huileux et ses manières doucereuses, il s'était fait beaucoup d'amis parmi les officiers, et assez peu parmi les hommes.
" Allons bon, que se passe-t-il ?
- C'est le lieutenant Troisbras, capitaine, il se bat contre des hommes d'équipage à propos d'une histoire de nourriture, semble-t-il !
- Bah, on a eu assez de morts pour aujourd'hui, allons voir de quoi il retourne. "


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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 13/09/04 21:52
C'est ainsi qu'à la suite de l'enseigne, le capitaine et son officier en second grimpèrent le tas de cailloux jusqu'à l'écoutille de sécurité, progressèrent à la lueur des torches parmi les entrailles inclinées et martyrisées du Disko, grimpèrent le long d'échelles de fer, en descendirent d'autres, traversèrent des passerelles branlantes surplombant le précipice qu'offraient deux ponts effondrés, puis arrivèrent à la salle en question.
" Ah, ben vous tombez bien, 'pitaine ! Disez-lui, vous, que ça se fait pas de tout garder pour soi ! "
Ce jeune grammarien était un cosmatelot du nom de Ben Bodybag, un grand rouquin plein de dents jaunes et d'illusions encore, qui s'était attiré, à l'insu de toute hiérarchie officielle, une certain réputation de meneur parmi ses collègues. En l'occurrence, sa petite troupe de bons à rien, composée d'une douzaine de robustes gaillards et gaillardes, se répartissait également des dans le couloir obscur, des deux côtés de l'écoutille étroite dont jaillissait une lumière d'un pourpre profond. En vis-à-vis de l'ouverture, trois hachettes de jet ornaient le mur de fer, profondément plantées, ce qui expliquait la circonspection des sauvageons.
" Allez, venez, je vous attend, vermine ! "
C'était Pleinechope Troisbras qui s'exprimait en ces termes choisis (choisis par moi, croyez que je ne donne ici que la partie la plus racontable d'une diatribe qui tiendrait vingt lignes et arracherait des larmes d'indignation à un charretier de bagne). C'était pourtant un nain de bonne composition, comme je l'ai déjà signalé, et même, de nature particulièrement timorée pour sa race.
" Allons, mes bons amis, que se passe-t-il ? Vous l'avez sans doute gravement offensé pour le mettre dans cet état, ou bien vous l'avez fait boire plus que de raison ?
- Mais non capitaine, j'vous assure ! On venait juste de trouver à bouffer, et lui il veut tout garder pour lui !
- A bouffer ? Oh, Pleinechope, c'est moi, le capitaine Punch ! J'arrive, je suis sans armes, ne fais pas de connerie mon gars... Regarde, je lève les mains... Tu vois, c'est moi...
- Ben oui, je vois bien, capitaine. "
C'était une assez grande pièce trois fois plus longue que large, mais elle paraissait étriquée, en raison de l'énorme appareil oblong qui encombrait le centre. Deux échelles de bronze enjambaient l'objet, et c'est sur l'une d'elles que le vindicatif lilliputien se tenait, aux côtés d'une abondante provision de hachettes ayant l'aspect du neuf, ou au moins du bien entretenu. La partie centrale de l'appareil était un cylindre de verre d'un pas de diamètre, empli d'une eau sombre agitée de remous et de brefs éclairs. Aux deux extrémités du cylindre avaient été installées d'épais mécanismes de cuivre et d'acier, bardés de l'habituelle litanie des roues dentées et des leviers huileux, dont partaient des tuyaux métalliques dont la trajectoire coupait les parois à l'oblique.
" C'est quoi ici ? S'enquit Trouille, qui s'apercevait soudain que des sections entières du vaisseau lui avaient échappé.
- C'est une batterie de...
- Mais oui, une des douze batteries de turbots-lasers que compte le Disko ! Laissez-moi vous exposer le fonctionnement de ces armes fabuleuses, commandeur ! "
Voyant que le nain et sa supérieure étaient partis pour une longue explication, le capitaine retourna à ses sauvageons et leur expliqua qu'on ne faisait pas de friture avec les turbots-lasers.


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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 13/09/04 21:53
" Savez-vous ce que c'est qu'un laser ?
- Une sorte d'arme, je crois...
- C'est bien plus que ça, commandeur ! C'est un faisceau lumineux, mais pas un rayon quelconque issu d'un luminaire vulgaire, rien de tout cela ! Il s'agit d'un rayon d'une grande noblesse, dont chacun des grains constituant est subtilement accordé à tous les autres, tant en couleur qu'en intensité, de telle sorte que la puissance en est décuplée, et la portée centuplée, au moins ! Focalisé sur une cible par une lentille idoine, un tel rayon constitue en effet une arme puissante, apte à découper l'acier aussi facilement que les feux du soleil désagrègent une motte de beurre.
- Fascinant. Et cet appareil produit un tel rayon ?
- Plus ou moins. Observez ce cylindre, madame, et surtout son contenu.
- Parbleu, mais vous devriez vidanger ce conduit, on dirait que de gros poissons s'y ébatte !
- Précisément ! Mais ce ne sont pas n'importe quels poissons. Il s'agit de turbots des abîmes, une variété pélagique fort rare que l'on a grand peine à élever en captivité et que l'on ne pêche qu'exceptionnellement dans les fosses abyssales du sud de Khôrn.
- Dois-je comprendre qu'on les a placés là exprès ?
- En effet.
- Il y a sûrement une raison.
- Tout à fait. Sachez tout d'abord que ces créatures vivent à de telles profondeurs que jamais le moindre rayon de lumière ne leur parvient de la surface.
- Les pauvres.
- Toutefois, lorsque vient la saison des amours, il faut bien qu'ils se retrouvent pour s'accoupler, ce qui n'est pas facile dans le noir. Savez-vous comment ils procèdent ?
- Je l'ignore. Peut-être émettent-ils un cri particulier ?
- Non point. Sachez que lors du rut, ces singuliers poissons émettent une pulsation lumineuse qui attire irrésistiblement les partenaires sexuels à des brasses à la ronde. Et voici que les partenaires répondent à l'unisson, synchronisant leurs émissions sur celles de leur congénère.
- Ce doit être un ravissant spectacle.
- Tout à fait. Il se trouve que dans la nature, le turbot des abîmes est assez rare, il est donc rare que plus de trois ou quatre de ces créatures se retrouvent ensemble à scintiller comme je vous l'explique. Toutefois, lorsque les concentrations sont plus élevées, on observe un phénomène pour le moins déroutant : figurez-vous que lorsqu'ils se retrouvent en société, pour rivaliser avec leurs concurrents, les poissons se mettent à augmenter la puissance de leur clignotement.
- Je comprends tout à fait. Chaque individu tente de surpasser les autres pour ne pas se retrouver seul.
- Exactement. Et il se trouve que la puissance émise augmente exponentiellement avec le nombre de convives, si je puis dire.
- Il doit tout de même y avoir une limite à ces débauches de luminaires. Ne finissent-ils pas par mourir d'épuisement ?
- Il y a en effet une limite, mais ce n'est pas celle que vous croyez. Car ces bêtes jouissent d'une robuste constitution, et supportent sans broncher un environnement aussi lumineux. En revanche, l'eau de mer elle-même finit par céder, et explose. C'est à ces occasions que d'heureux pêcheurs parviennent à capturer quelques spécimens momentanément étourdis, et les cèdent à prix d'or à de riches nécromants. Les cuves du Disko recèlent, à elles seules, une importante fraction de tous les individus recensés.
- Remarquable. Et je suppose que vous exploitez dans ces cuves les propriétés singulières de ces poissons.
- Vous supposez correctement. Voyez l'éclairage de la salle, il est rouge car cette couleur ne stimule pas leur activité, en revanche, toute lumière blanche ou bleue est bannie de ces lieux, sans quoi on risquerait une déflagration intempestive. En effet, lorsqu'ils sont au contact d'une telle source de lumière, en particulier si elle est pulsée, ils pensent être en compagnie d'un congénère, et se mettent à pulser, par émission stimulée de radiation lumineuse. Comme ils sont ici fort concentrés, la puissance émise devient rapidement très importante. Le liquide dans lequel baignent nos petits amis n'est pas une eau de mer ordinaire, mais un liquide spécial, conçu pour les maintenir en vie dans d'agréables conditions tout en assurant la transmission d'une quantité de lumière très supérieure à ce que ferait l'eau de mer. Notez de part et d'autre du cylindre les deux miroirs qui le ferment, ils sont de l'argent le plus pur et réfléchissent la lumière émise, afin d'accélérer le processus. Au centre de chaque miroir se trouve une petite lentille de cristal taillé, par laquelle s'échappe alors toute la puissance de la radiation en une décharge fulgurante, qui est ensuite canalisée dans des conduits de verre liquide jusqu'aux huit batteries téléscopiques que l'on peut déployer en huit points diamétralement opposés du Disko, et qu'un artilleur peut alors orienter, par exemple, en direction d'un astronef ennemi.
- Tudieu, et ce serait suffisant pour l'abîmer ?
- Hélas, nous n'avons pas eu le loisir de l'essayer, mais en théorie, quelques tirs au but seraient capables de venir à bout d'un vaisseau tel que le Disko, par exemple. Vous comprenez maintenant pourquoi ce serait une mauvaise idée de donner les turbots à Clibanios afin qu'il en fasse des sushis.
- Oui, je comprends parfaitement votre point de vue. Tranquillisez-vous, je vais faire garder les batteries par des hommes de confiance. Qui n'aiment pas le poisson.
- Grand merci, commandeur. Et n'hésitez pas à revenir me voir si des détails vous ont échappés !
- Oui oui, bonne soirée. "
Mais elle n'en avait que très peu envie, vu que ses tempes la faisaient souffrir. Les nains, quelle barbe.


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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 14/09/04 21:24
Y'avait pas grand chose à la télé, alors résultat...

24 ) On cherche des volontaires

DS 664.1

" Bon, qui est volontaire ? "
Parmi les connaissances de base que toute jeune recrue, dans toutes les armées que tous les mondes aient connu, recevaient dès les premières heures de leur incorporation sous les drapeaux, on comptait invariablement :
- Reconnaître un gradé d'un troufion
- Surveiller son paquetage
- Jouer aux cartes
- Prendre l'air absent d'un sourd-muet autiste occupé ailleurs à quelque chose de très important lorsqu'un officier pose la question " qui est volontaire ? "
Certes, l'Astrocorps n'était pas réellement une armée. D'une part parce que comme l'expliquait souvent le capitaine, le but de l'Astrocorps n'était pas de faire la guerre, mais d'explorer de nouveaux mondes étranges, de découvrir de nouvelles formes de vie, de nouvelles civilisâtions, et toutes ces choses. Et d'autre part, l'espérance de vie d'un soldat, fut-il pris dans une guerre acharnée, était notablement supérieure à celle d'un cosmatelot du Disko.
" Allons, mes gaillards, mes braves grognards, il n'y en a donc pas un parmi vous qui a soif d'aventure, de danger et d'action ? Pas un qui ai l'âme hardie et le cœur léger du héros ? Je n'ose croire une telle chose de mon équipage.
- Dis donc 'pitaine, si t'es si hardi, pourquoi t'y vas pas toi-même dans l'expédition ? Demanda à fort juste titre un sauvageon qui profitait de sa petite taille pour se dissimuler derrière une rangée de plus grands.
- C'est vrai ça, approuva un autre courageux, après tout, c'est bien vot'faute si on est dans l'caca !
- Ouais, opina un troisième tandis que le brouhaha augmentait, y'en a marre à la fin, on veut rentrer chez nous et point s'faire bouffer par les bestioles à trois yeux ou trancher les parties au sabre-laser ! Fini les cabrioles, on répare et on rentre !
- Allons, allons, messieurs... (puis, se penchant vers Diana) Oulah, ça sent la mutinerie ça.
- Capitaine, demanda Ducond (à moins que ce ne fut Ducont), je ne comprends pas, ces gens semblent mettre en question votre autorité.
- Eh, interpella un des matelots, fini les consyllabus entre planqués d'officiers, on réclame la voix au chapiteau, comme tout le monde !
- Mais, ma parole, ces gens ne se rendent-ils pas compte qu'ils enfreignent plusieurs articles du règlement interne de...
- Mes amis, mes camarades, mes frères, mes collègues, mes bons féaux, écoutez moi un instant. Je tiens tout autant que vous à revoir mon foyer...
- Ah, enfin. La Terre ! On veut la bonne Terre sous nos pas !
- Ouais ! "


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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 14/09/04 21:25
Alors, dans la confusion la plus totale, les revendications se mirent à pleuvoir dru, allant de l'amélioration de l'ordinaire à l'instauration de cabines individuelles avec jacuzzi et mini-bar pour tout le monde, sans oublier les inévitables distributeurs de préservatifs, l'augmentation des soldes, l'élection de soviets, le changement de nom du Disko en " Eblys O'Shaugnessy ", et autres affabulations enfiévrées. Détail alarmant, quelques officiers subalternes opinaient maintenant à l'unisson de leurs hommes, et parmi les autres, l'énergie semblait manquer à défendre leur capitaine. En fait, la seule intervention véhémente fut celle du consultant Ducont (ou Ducond), qui rappela les hommes à leurs devoirs en ces termes :
" Messieurs, vous faites preuve d'une choquante insubordination, et je ne manquerai pas d'en faire la relation dans mon rapport de synthèse, assortie de recommandations qui...
- Mais tu vas fermer ta gueule ? Intima le capitaine à l'auditeur. Tu vois pas qu'ils sont à deux doigts de mettre nos têtes au bout d'une pique ?
- Buh ?
- Allons, mes braves à trois poils, tout ceci procède d'un malentendu. Il nous faut partir en exploration, non pas pour le plaisir de remplir des livres savants de vaine connaissance, mais dans le but de trouver à manger, ainsi que du matériel pour réparer notre vaillant astronef. "
Ce dernier argument semblait avoir attiré l'attention d'une partie des hommes, qui s'étaient tus.
" Je ne tiens pas plus que vous à moisir dans ce trou à rat, et dès que ce sera possible, nous quitterons cette planète puante et mettrons le cap sur notre bon soleil, notre douce Terre, et notre riant astroport.
- Ouais, encore heureux, capitaine ! Fit un de ceux qui, trente secondes plus tôt, était partisan de le lyncher.
- Et bien sûr, je commanderai moi-même l'expédition, pendant que le commandeur Trouille restera ici pour superviser les travaux. Plus vite nous partirons en expédition, plus vite nous reviendrons, et plus vite nous quitterons cet endroit maudit. Songez à ce qui nous attend chez nous, la chaude ambiance de la buvette, avec nos camarades, et puis le filles aussi !
- Bravo, ça c'est parlé, capitaine !
- Ah, j'imagine d'ici les feux pourpres d'un crépuscule d'été caressant les fières montagnes du Portolan, devant les flancs fatigués mais toujours robustes de notre vaisseau ! Et je vous vois, tous, en descendre, fourbus mais le menton haut, les yeux pleins d'étoiles, chantant à tue-tête votre fierté de faire partie de cet équipage unique. Vous êtes la gloire de la Terre, mes compagnons, hardi !
- Ouais ! Allez, du nerf les gars, aux armes, on va montrer à ces vermines à deux têtes de quel bois se chauffent les terriens !
- Holà, du calme, je n'ai besoin que de quatre volontaires. Tiens, je vois Tim Thelate ici, viens mon gars. Et ce brave Ben Bodybag, toujours dans les bonnes bagarres pas vrai ? Et Alyson Autopsy, c'est pas toi qu'on surnomme " la tigresse " ? Et toi bonhomme, c'est pas toi qui s'appelle Gus Gonaway ? Emballez c'est pesé, on en a quatre ! Allez rejoindre Lipstick, la MOA et Clibanios, on part dans une heure. Et vous autres, mes pendards, je vous laisse aux bons soins de la dame. Ne ménagez pas vos efforts, je veux que d'ici deux jours, ce vaisseau soit lavé-rasé-branlé et prêt à appareiller, direction la Planète Bleue !
- Ouais, vive le capitaine !
- Gloire au capitaine Punch ! "
Et tandis qu'il saluait son équipage de la main, un large sourire sur son visage, dans une posture rappelant assez un candidat en campagne, il se pencha derechef vers Trouille.
" Faudra que tu joues serré avec ces fils de putes, fais over-gaffe. "
Elle approuva d'un air décidé.


Je viens de sortir une version HTML de la première partie des sauvageons, jusqu'au chapitre 22.

Volume 1


Dernière mise à jour par : Grouïn des Tétynes le 16/09/04 22:05

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25 ) Going under

DS 664.1

L’expédition partit donc peu après. Elle se composait, pour ceux qui n’ont pas suivi, du capitaine Punch lui-même, secondé par la MOA qui était chargée repérer si d’aventure ils trouvaient quelque chose d’utile à la réparation, de Loretta « Lipstick » Lesfleurs, que le capitaine avait recruté pour des raisons qu’il n’avait pas explicité, Clibanios, dont on espérait qu’il serait à même de trouver de la nourriture, et des quatre redshirts sus-cités. S’y était ajouté un des Ducond-Ducont, qui avait émis un très vague intérêt, et que Punch avait entraîné dans l’aventure avec un enthousiasme qui aurait dû inquiéter notre auditeur.
Donc, ils étaient partis, éclairés par deux lanternes à huile crochetées au bout de gaffes de cinq pieds de long, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière du cortège. Il n’était pas exclus qu’ils fissent de mauvaises rencontres, aussi avaient-ils pris des armes en abondance, arcs, lances, épées et boucliers, ainsi que quelques potions magiques. La nature accidentée du terrain ne permettait pas que l’on s’y promène en scaphandre lourd, aussi avaient-ils tous opté, y compris la MOA, pour le port d’une veste de cuir noir doublée d’un feutre épais, de ce genre que les cosmatelots aimaient à porter dans les tavernes de Drakonie pour se rendre intéressants, ostensiblement ornés de grands badges brodés figurant leur vaisseau, leurs missions, leurs faits d’armes, et autres vanités propres à susciter l’intérêt du sexe opposé.
Nombre de boyaux permettaient de quitter la salle gigantesque où était échoué le Disko, et aucun ne faisait mine de remonter vers la surface, aussi en choisirent-ils un qui semblait assez large et pas trop escarpé. Au début, ils avancèrent avec une prudence extrême, sursautant au moindre frôlement de pourpoint contre la roche, pointant leurs armes de façon menaçante autant qu’inutile à chaque bestiole champignophage qui avait le malheur de se déplacer dans leur champ visuel. Après deux-cent pas de ce cirque, et quelques tours et détours qui eurent vite fait de leur faire perdre leur sens de l’orientation, ils parvinrent à une caverne de taille modeste et au sol très oblique, dont partaient trois couloirs, en plus du leur. Après avoir longuement observé les lieux, Punch prit un air assuré et désigna (parfaitement au hasard) l’un des boyaux.
Ce tunnel était fort haut de plafond, et fort étroit. Au moins, il était droit. Ils poursuivirent encore un bon moment, déjà un peu moins sur leurs gardes, avant de déboucher sur une faille du rocher, qui barrait la route à angle droit. Sans doute une rivière souterraine avait-elle coulé là, car en contrebas, à deux fois la taille d’un homme, on pouvait voir une gouttière de section vaguement circulaire, dans laquelle il devait être possible de progresser, en conservant une station accroupie. On pouvait aussi, d’un bond pas trop audacieux, franchir l’obstacle et poursuivre dans le haut couloir, qui continuait sa route au moins aussi loin que portait la lumière de la torche. C’est cette option que choisit le capitaine.


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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 23/09/04 21:34
« Nous sommes assurément dans quelque labyrinthe
Ne prend-on point céans les précautions d’usage ?
Marquer notre chemin, ma foi, me paraît sage
Si l’on veut retrouver notre vaisseau sans crainte.

- Clibanios a raison, capitaine, approuva Lesfleurs. On va se perdre à force.
- Peuh, foutaise. Nous ne craignons rien, nous avons la MOA avec nous.
- Et alors ?
- Eh bien, c’est connu voyons, les méduses peuvent retrouver leur chemin sans erreur dans tous les labyrinthes ! Tout le monde sait ça.
- Je crains que vous ne fassiez erreur, exposa l’intéressée.
- Ah bon ? Votre race ne vit pas dans les labyrinthes, gardant les trésors et les honteux secrets de rois déments ?
- Vous devez confondre avec les minotaures.
- Ah ouais... Euh... Bien sûr, c’était un piège. C’était pour voir si vous le saviez. Autopsy, laissez une marque discrète sur le mur, dans le couloir dont nous venons. Hurmf. Et poursuivons en silence, des fois qu’on nous écoute. »
Ils avancèrent donc, bêtes et disciplinés, suivant les directives de leur capitaine avec une confiance assez modérée. Le labyrinthe était de la plus belle eau, si bien qu’avant qu’une heure n’ai tourné à la montre (d’ailleurs d’un goût exquis) du capitaine, Alyson Autopsy avait déjà porté sa dixième encoche dans les pourpre viscères d’Akhereb-les-Mines. La nature humaine est ainsi faite que même dans les plus alarmantes circonstances, il est impossible de conserver sa vigilance plus de quelques dizaines de minutes, comptât-on parmi les guerriers de la meilleure espèce, ce qui n’était d’ailleurs le cas d’aucun des membres de l’expédition. Tout ça pour dire que c’est avec une certaine nonchalance qu’ils débouchèrent dans une salle assez grande, plus haute que large, aux murs ornés de peintures rupestres d’inspiration géométriques et d’inscriptions telle qu’aucun terrien n’en avait jamais écrite, fut-il médecin. Inscriptions qu’un singulier touriste était présentement en train d’admirer tout en mâchant distraitement quelque chose.
De loin et de profil, l’extraterrestre ressemblait fort à un centaure qu’un accident aurait tassé dans le sens de la longueur. Ses quatre membres locomoteurs, hauts et osseux, paraissaient tout à la fois robustes et agiles, comme ceux des girafes ou d’autres bêtes coureuses. Un torse articulé se dressait verticalement, et pouvait même se replier vers l’arrière selon un angle prononcé. En fait de torse, il s’agissait d’une poitrine fort étroite, garnie toutefois de deux bras assez semblables à ceux des humains, à telle enseigne qu’ils avaient même des mains. Le tout était surmonté d’une tête bistre aussi ronde que celle du bonhomme bic, avec une bouche large et mobile, deux trous de nez sans appendice aucun, et deux yeux parfaitement ronds que protégeaient, non pas des paupières, mais des sortes de sphincters, qui parfois se fermaient pour humidifier les globes, tout comme le font les honnêtes gens de notre planète. Mais, détail insignifiant mais que tout le monde nota, il clignait des yeux l’un après l’autre, sans que jamais les deux soient fermés en même temps.
Si l’appartenance de l’individu à une espèce consciente était incontestable, c’est parce qu’il était vêtu depuis les sabots jusqu’au crâne, d’une combinaison noire poussiéreuse, faite de quelque caoutchouc matelassé et molletonné selon un complexe réseau d’ornements.
« Salut à toi, ami des étoiles ! » Fit le capitaine Punch. La créature se retourna vivement, sans toutefois reculer le moins du monde, et considéra les intrus, interdite. Malgré la distance d’une vingtaine de pas qui les séparait, la voix du fier officier portait sans peine dans cette crypte confinée. Il poursuivit donc :


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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 23/09/04 21:35
« Je suis le capitaine James T. Punch, du vaisseau de l’Astrocorps USS Disko, et je viens vous porter les salutations fraternelle des peuples de la Terre ! Youpie ! »
L’individu se pencha légèrement sur le côté droit. Puis sur le côté gauche. Puis, il chercha, sans trop se presser, un instrument à sa ceinture. Il s’agissait d’un objet constitué d’une poignée sombre, et d’un croissant long comme une paume et assez fortement incurvé, effilé au bout, et d’un blanc éclatant. Il le souleva au-dessus de sa tête (ça ressemblait assez à une dague, se dit Punch), et s’écria, dans une langue parfaitement compréhensible :
« Longue vie aux combattants ! »
Puis, il se rua vers le petit groupe.
« Qu’est-ce qu’il fait ?
- Ben, il vient vers nous.
- Son truc, ça m’a l’air vachement pointu.
- A moins que je ne cauchemarde, ce citoyen-là nous poignarde.
- Oui, je dirais qu’il nous attaque.
- A cette distance ?
- On dirait.
- Lipstick ?
- Reçu. »
L’archère encocha une belle flèche de cèdre blanc dans son arc composite elfique, et n’eut aucun problème à atteindre la sphère capitale de l’extraterrestre quadrupède. Il s’effondra sans coup férir ni mot prononcer, raide mort, à cinq pas de nos héros.
« C’est sans doute le combat le plus stupide de l’histoire de l’Astrocorps.
- L’annale en sera assez brève, il crie, il court, et puis il crève.
- Fouillons le macchab’. Enfin, je veux dire, étudions cette race fascinante et son équipement du plus haut intérêt scientifique.


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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 24/09/04 21:26
Ainsi firent-ils avec l’aisance que donne l’habitude, dépouillant la créature de ses biens. Ils trouvèrent quelques rations de nourriture, dont l’odeur indiquait qu’elle était impropre à la consommation à moins d’en être réduit à la famine la plus extrême, un appareil rectangulaire en bakélite noire tenant dans la main et équipée d’une sorte d’antenne rotative reliée au boîtier par un câble souple, un autre objet composé de deux tores de cuivre soudés l’un dans l’autre et servant de monture à une boule articulée en argent (le tout dépourvu d’usage évident), et un truc coudé en métal, dont la partie la moins longue semblait être une poignée, et l’autre était percée dans sa longueur par un trou cylindrique. Il y avait, à la pliure des deux parties, une sorte de bouton rouge et un petit loquet pas bien loin.
« Tiens, vous avez vu ça ce machin, fit Tim Thelate qui manipulait le dernier appareil.
- Peut-être un casse-noix extraterrestre, hasarda Punch.
- Ou un boomerang à sens unique, fit observer Lipstick.
- Ou bien une sorte d’arme, spécula la MOA.
- Avec un peu de pot, ça fait de la lumière ! Exposa Ben Bodybag. Tiens, regarde le bouton.
- Attends, attends, je crois que j’ai compris, fit Tim, tout excité. Je crois que c’est une lanterne magique portative ! Il faut coller son œil devant le trou là, et appuyer sur le bouton, et alors, on voit toutes sortes de choses merveilleuses !
- Enfin, merveilleuses pour eux. Vous avez peut-être raison, je me demande quelle vision du paradis peut avoir ce peuple, rêva le capitaine.
- Si vous le permettez, j’essaie moi-même, et je vous raconte. Alors allons y... Ah, le bouton est coincé. Attendez, ça doit être le petit loquet ici... Voilà. Alors un, deux, tr...
- PSZHLOFTshhhhh... »
En une ridiculement brève fraction de seconde, la tête du redshirt explosa en une masse de chair calcinée, projetant des morceaux de crâne roussi sur le reste de la petite troupe. Un trait de lumière avait traversé de part en part la cervelle peu avisée de Tim Thelate, et fini dans le mur du fond, formant un trou large d’une paume et fort profond suintant de lave refroidissant rapidement. Le corps sans figure tomba en avant, aux pieds et anneaux de nos amis.
« Hum... Eh bien, effectivement... Maintenant, il a des visions du paradis. En tout cas, vous aviez raison, MOA, c’est bien une arme.
- Indubitablement, capitaine.
- Et quelle arme ! Par le Blanc-Tétin de Banakal, si j’avais pu me douter qu’un si petit appareil recelait tant de puissance... C’est incroyable.
- Et ce qui m’étonne encore plus, nota Ducond avec un certain sens des réalités, c’est que l’extraterrestre nous ai attaqué au couteau, alors qu’il avait une telle arme en sa possession.
- Mais c’est ma foi vrai ce que vous dites. Comme c’est mystérieux, il aurait pu sans peine nous faire subir le même sort qu’à Tim.
- Ah, ce pauvre Tim, quel cruel destin »
Et sur ces paroles, Lipstick entonna un chant elfique pour le repos des morts. Selon les critères de sa race, elle n’était guère douée pour le chant, mais c’était bien assez pour émouvoir un auditoire ne comportant aucun elfe. Chacun y alla ensuite d’un petit mot, d’un compliment, d’une anecdote illustrant les qualités du défunt, n’hésitant pas à en inventer pour l’occasion. Et lorsque ce fut fini, on procéda à l’ultime hommage rendu traditionnellement à un compagnon perdu : on le fouilla et se partagea ses biens.

J'en profite pour signaler que j'ai mis en ligne un plan du Disko sur mon site


Dernière mise à jour par : Grouïn des Tétynes le 25/09/04 22:44

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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 26/09/04 19:18
26 ) Size does matter

DS 665.3

C’est après une dure journée de travail, faisant suite à une autre longue journée de travail, que Diana Trouille alla se coucher. Elle avait pensé que son état d’épuisement lui ouvrirait rapidement les portes du domaine des songes, mais Morphée n’eut point cette obligeance. Elle avait fait tout son possible, durant la journée, pour remplir au mieux son sacerdoce, et c’était pour elle difficile. Une sacerdoce qui consistait principalement à prendre des décisions hasardeuses en ayant l’air de savoir parfaitement ce que l’on faisait. Elle avait pris la décision de retourner à sa cabine lorsqu’il lui était devenu impossible de cacher plus longtemps ses doutes à son équipage. Ses doutes, c’était un euphémisme : elle était certaine que ce n’était pas deux jours qu’il faudrait pour réparer le vaisseau, ni deux semaines, ni même deux ans. Elle pouvait imaginer, avec une macabre précision, l’état de cette grotte dans quelques temps, lorsque l’astronefs tomberait en morceaux parmi les squelettes blanchis de ses compagnons. Périraient-ils avec dignité ? Tenteraient-ils de manger les champignons et bêtes indigènes, et mourraient-ils de diarrhée en se tenant le ventre ? Ou bien finiraient-ils par se manger les uns les autres ? Le dernier irait-il jusqu’à s’amputer pour survivre quelques jours de plus en se nourrissant de sa propre chair ? Ou bien alors En tout cas, le Disko était foutu. L’équipage du Disko était foutu. Le capitaine Punch était allé trouver la mort dans son tunnel comme un chat cherche un terrier pour crever loin du regard de ses maîtres, et maintenant, tous ces gens se tournaient vers elle. Parce qu’elle avait l’Autorité. Le Savoir. La Sagesse. Les Saintes Barrettes Sur Les Epaules. Mais ce qui lui manquait le plus dans cette triste situation, c’était qu’elle n’avait personne au-dessus d’elle à blâmer. C’était injuste.
Mais quelle idée j’ai eue de m’engager ? Se demanda-t-elle en se retournant dans sa couchette. Une question qu’elle se posait du reste tous les soirs, tous les matins, et plusieurs fois par jour, chaque jour, depuis qu’elle avait endossé l’uniforme. Constatant qu’elle n’arriverait pas à trouver le sommeil, elle se leva et repartit dans les couloirs hostiles de son astronef agonisant, en quête d’une épaule compatissante sur laquelle pleurer. Sans avoir trop choisi l’itinéraire, ses pas la menèrent jusqu’à la cabine de Pleinechope Troisbras, qui faisait fonction d’ingénieur en chef.


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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 26/09/04 19:19
« Toc toc !
- Euh... ‘trez.
- C’est moi.
- Mes respects capitaine.
- Euh... repos. Mais vous savez, je ne suis pas capitaine. Je suis commandeur, trois boutons, là, c’est commandeur.
- Sauf votre respect il est clairement stipulé dans le règlement de l’Astrocorps que l’officier commandant un astronef doit être appelé capitaine, et ce quel que soit son grade.
- Ah bon ?
- Je suis formel. D’ailleurs, j’ai le manuel par là...
- Je vous crois, je vous crois.
- C’est capitaine-la fonction, et pas capitaine-le grade.
- Ah, d’accord.
- Sinon, c’était pourquoi ?
- Euh... Oui, je venais savoir ce que vous pensiez de l’avancement des travaux. On aura fini quand ?
- Eh bien, ça dépend de ce que vous appelez fini. Disons qu’on a réussi à repressuriser les sections les plus critiques, on a dégrippé les répulseurs gravistatiques, toutes les cellules ont l’air en état de marche. Et le bruit qu’on entend là, c’est l’équipe des propulseurs qui tente de faire rentrer une sphère chronitron dans son logement à coups de marteau pneumatique. Quand ce sera fait, nos propulseurs seront comme neufs.
- Ah bon ?
- Si l’on n’avait pas les problèmes bloquants cités à juste titre par la MOA, c’est à dire les tubes d’injection thaumiques du circuit principal et le convecteur central des extracteurs de phlogiston, on pourrait dire en étant généreux que le Disko est en état de fonctionner.
- Oh ? Mais vous avez vu le bordel que c’est dans les couloirs ? Vous avez vu les trous dans la coque ?
- C’est vrai que c’est impressionnant, mais c’est moins grave que ça en a l’air. Disons que le strictement indispensable fonctionne, ainsi qu’une grande part de ce qui est quasiment indispensable, et plusieurs éléments qui sont simplement très important.
- Et les toilettes ?
- Les toilettes fonctionnent, capitaine.
- Ah, bon, c’est l’essentiel. Mais dites-moi, elle est bien votre cabine.
- Euh... oui, n’est-ce pas.
- Elle est très bien même. Spacieuse, bien arrangée, et tout.
- Oui, j’ai fait venir quelques meubles de ma mine natale, qui est...
- Très spacieuse. Immense, même. Bien plus que la mienne. C’est amusant, j’étais venue il y a quelques mois, elle était bien plus petite.
- Vous croyez ? Je n’ose le croire, peut-être la votre est-elle plus encombrée, ou bien l’habitude...
- C’est ça, foutez-vous de ma gueule. Vous avez abattu une cloison, pas vrai ?
- Mais non capitaine !
- Ah non ?
- Pas le moins du monde je n’ai abattu la moindre cloison, capitaine, je vous en fais le serment, foi de nain, sur ma barbe et mon marteau.
- Barbe et marteau ? Bon, je suis bien forcée de vous croire. Sans doute la fatigue...
- Oui, c’est sans doute ça. Vous devriez rentrer vous cou...
- Eh mais... J’y songe, vous êtes enchanteur !
- Je préfère dire « spécialiste en...
- Dites-donc, vous n’auriez pas agrandi votre cabine par magie, vous ?
- ... ben...
- Si je me souviens de mes cours d’altération appliquée, il doit y avoir un inflateur quelque part. Ah mais ça y est, je vois où c’est... C’est ce dispositif que vous avez calé contre ce tuyau pour pas qu’on le voie. Et je parie que cette ligne de puissance va directement à la timonerie !
- Ben...
- Alors même vous, un nain, un officier, vous truandez ! Quelle honte.
- Hum. On aime tous avoir notre petit confort. Les vols sont si... longs...
- Oui, je vois. Eh bien mon gaillard, je vais me faire le plaisir de faire un rapport sur votre indigne comportement dès que nous serons rentrés. A moins qu’on arrive à un petit arrangement.
- Un petit arrangement ?
- Ça prend longtemps à installer, un inflateur comme ça ? »


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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 30/09/04 21:33
27 ) De la passion méconnue des méduses pour le golf

DS 665.1

Et pendant que Diana tirait le meilleur de son équipage, usant pour ce faire de méthodes que la morale réprouve mais que l’efficacité conseille, l’équipe d’exploration avançait toujours plus profond dans un réseau des ruisseaux souterrains et des puits de mine. Ils avaient un peu dormi, beaucoup marché, fait pas mal d’entailles sur les murs, et commençaient à craindre pour leurs provisions d’huile à lampe.
C’est au détour d’un tunnel rectiligne* qu’ils se trouvèrent nez à rien avec deux créatures parfaitement semblables au quadrupède qu’ils avaient croisé et occis quelques heures auparavant.
« Mes amis, je viens en paix ! », proclama Punch, peu rassuré.
« Longue vie aux combattants ! », firent de conserve les deux extraterrestres, avant de charger, la dague au poing.
Deux flèches partirent simultanément, atteignant chacun une des billes de bille au même endroit que la première fois, et avec le même résultat. La suite se déroula conformément à l’usage maintenant établi, consistant à récupérer le matériel, puis on se remit en chemin.
« Je n’y connais rien en mœurs extraterrestres, reconnut Ducond avec honnêteté, mais il ne me semble pas que ces gentlemen fassent preuve d’un penchant spontané pour la concorde universelle et l’entente entre les races.
- C’est peut-être que nous interprétons mal leurs actes, hasarda Lesfleurs tout en rangeant son arc.
- C’est à dire ?
- Eh bien, peut-être qu’ils lèvent leur poignard en guise de salutation, et qu’ils s ‘avancent vers nous afin de mieux nous connaître. Peut-être que « longue vie aux combattants » est une sorte de bénédiction qu’ils nous lancent.
- Cette hypothèse me semble douteuse, répliqua la MOA tout en rangeant son propre arc, qui était fait en os de démon Baatezbüb, en cornes ichoreuse de diable Gh’nryhx, et en boyau de Dragon Barbelé des Tréfonds.
- Oui, eh bien c’est une hypothèse. C’est histoire de parler. En tout cas, joli tir. Votre arc a l’air puissant.
- Par une nuit de Walpurjys, la nuit de l’effroi et des pactes immondes, tandis que les astres propices s’assemblaient dans les cieux, j’ai évoqué la protection des dieux du mal. Tandis qu’agonisaient autour de nous cent nourrissons bêlants de Nakodzor, épandant leur sang globuleux sur le Pentagramme de Cristal de la Grande Tour des Affres, je fis fabriquer cet arc par un des meilleurs armuriers de Nos-Kelabos, la Cité de l’Eternelle Ténèbre, à partir des restes de mes ennemis, que leurs âmes bouillonnent à jamais dans les chaudrons de Naong.
- Wao.
- Il a tendance à tirer un peu trop à gauche. Quand je relâche la flèche, vous voyez, elle se plie trop et part dans le mauvais sens. Il m’en faudrait des plus rigides, mais...
- Ah bon. Mais quel intérêt pour une... euh... méduse ? Le tir à l’arc ? Enfin, je veux dire, vous avez une arme autrement plus... Hein ?


* Oui, ben, ta gueule.


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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 30/09/04 21:34
- C’est un point important que vous soulevez, en effet, beaucoup de méduses pratiquent cet art. Selon la version la plus commune de l’histoire, cette coutume s’est répandue afin de disposer d’une arme contre les guerriers aveugles, ou bien ceux qui utilisent la vieille ruse du bouclier poli, ou bien encore contre les créatures qui sont immunisées contre notre regard paralysant.
- Ce qui me semble frappé au coin du bon sens.
- Toutefois, mon expérience personnelle m’a convaincue que lorsqu’on vit seule dans un temple en ruine au fin fond d’une région reculée, on a tout intérêt à se trouver une passion pour un sport individuel à l’apprentissage aussi long que possible. J’ai connu une consœur, par exemple, qui pratiquait le golf à un niveau international.
- Le golf ?
- Elle était redoutable sur les longs drives. Je l’ai vue descendre un paladin en armure à cent brasses.
- Sans blague ?
- En fait, nous sommes favorisées dans cette discipline, par le fait que nous disposons d’une assise plus large au sol que les bipèdes, ainsi que d’une colonne vertébrale plus souple. Cela favorise la stabilité ainsi que l’amplitude du swing.
- Evidemment.
- Dis-moi Lipstick, intervint soudain le capitaine, ta théorie sur les intentions mal comprises des indigènes, là, c’était du sérieux ?
- Oh moi, je disais ça, c’était pour parler. Pourquoi ?
- Eh bien, j’aperçois encore quatre de ces charmants personnages, là-bas, je pensais que tu voudrais peut-être en avoir le cœur net.
- Ah tiens, c’est vrai. »
Effectivement, ils venaient de pénétrer dans une salle biscornue, pleine de concrétions sculptées de motifs obscènes et blasphématoires figurant une légion d’abominables personnages figés dans des rictus morbides et emmêlés dans une sarabande démoniaque *. Comme l’avait signalé le capitaine, un quarteron de quadrupèdes y faisait du tourisme, admirant les restes de polychromie si typiques de l’art pariétal Akereb-les-Minéen du domérien postérieur. Ils n’avaient visiblement pas vu ni entendu approcher nos héros, malgré le raffut qu’ils faisaient en se déplaçant.
« Je ne suis pas sûr que ce soit très prudent de nous approcher, chuchota Lesfleurs.
- Je vais y aller, capitaine, se proposa le brave Gus Gonaway. Je voudrais contacter ces créatures, je pense que je peux les amadouer !
- Ah, jeunesse, comme je vous envie... Allez-y, mon ami, on vous observe. »
Avec une touchante gratitude, le gentil Gus quitta le groupe et s’avança, bien droit et sans peur visible, en direction du groupe d’extraterrestres. En guise de salut, il tira de sa ceinture la dague qu’il avait prise sur le corps d’un des autochtones morts, et la brandit bien haut en articulant soigneusement :
« Longue vie aux combattants ! »
Aussitôt, les quatre se figèrent, le dévisagèrent avec un dégoût visible, semblèrent hésiter, puis lui rendirent son salut sous la même forme, avant de courir vers lui.
« Ah ah, c’est là que tout se joue, s’enthousiasma le capitaine. Voyons comment ils l’accueillent.
- Je persiste à penser qu’ils sont hostiles, lâcha la MOA avec l’air de s’ennuyer profondément.
- Mais non, vous allez voir, prophétisa Lipstick, ils vont l’entourer et le... le... ouh... Oulà...
- Aïe aïe aïe. Pauvre Gus... Ouh, vous avez vu ce qu’ils... ohlàlà...
- Alors ça, ça doit faire vraiment mal.
- Mais brièvement.
- En tout cas, j’avais raison, dit la MOA.
- Au temps pour moi, admit Lipstick.
- Eh, ils viennent par ici. Le cabinet Mac Swinney et autres est d’avis qu’ils nous ont vus.
- Correct. C’est le moment de voir si on se débrouille avec leurs armes étranges. »
Il advint qu’ils se débrouillaient.

* L’œuvre s’intitulait « Finale du championnat planétaire de chélicère-ball 3704, les Antiprotons de Tibana triomphent du Red Star d’Übervilliers aux tirs au but ».


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Je tendrement dans le huître, avec deux en
plus, et dedans je le. Ordure et mou, l'chaussette
vermine jaune petit sachet de arbre.

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28 ) Contact

DS 665.9

« Ayé, c’est branché. Capitaine, capitaine !
- Je suis là, inutile de hurler.
- J’ai terminé les branchements, on va pouvoir enclencher le commutateur et alimenter les circuits.
- Je suis impatiente de voir ce que vous avez fait avec ce tas de rouille, Pleinechope. »
Avec une satisfaction non dissimulée, le nain couvert de vieille poussière et de cadavres d’insectes desséchés (car il avait rampé longuement dans des conduits insalubres qui n’avaient sans doute jamais reçu la visite d’une équipe d’entretien depuis la construction du Disko) émergea, cul en premier, de l’orifice minuscule dans lequel il s’était faufilé, un tournevis à la main. Il se dirigea ensuite vers une collection incroyable de boîtes de cuivre et de bakélite, couvertes de boutons, lampes, cadrans et rhéostats gradués avec imagination par des artisans gradueurs à l’esprit aussi tordu que leurs graduations. Très excité, le porte-barbe se dirigea vers la boîte du haut, et actionna une petite manivelle, ce qui eut pour effet de déplacer un curseur et de déclencher le souffle d’un petit ventilateur caché là, quelque part, dans le tas. Il appuya sur trois boutons, qui se relâchèrent tous seuls quelques secondes après qu’il les eut enfoncés, brancha deux fiches, souleva un petit clapet pour y glisser un cavalier d’étain, tourna une autre manivelle dans le sens antihoraire afin d’allumer quelques lampes, puis, tout fier, annonça :
« Ça marche !
- Vous êtes sûr ?
- Je vous garantis que la fiabilité du congrueur principal est égale à ce qu’elle était avant l’accident.
- Vous trouvez que c’est un critère ? Bon, ce n’est pas le moment de l’esprit, vous avez fort bien travaillé. Nous avons rétabli un point central d’où commander le navire, c’est un beau résultat. Si aucun imprévu ne vient nous distraire, nous aurons fait le plus gros dem...
- Capitaine, capitaine !
- Pfff... C’est lassant. »
Un cosmatelot, que Diana aurait pu plausiblement jurer n’avoir jamais vu de sa vie (mais elle ne connaissait pas tout le monde à bord du Disko), venait d’arriver en courant dans ce que les ingénieurs congruistes appelaient « salle de production », pour des raisons mystérieuses connues d’eux seuls, et qui abritait les activités mystérieuses du congrueur central. Le messager semblait pressé.
« Capitaine, une de nos patrouilles d’abords a rencontré un indigène.
- Ah bon ? Bien, continuez les tests, je descends voir de quoi il retourne. »
Elle laissa les congruistes à leurs palabres abstrus. Parmi le personnel du Disko, ces gens formaient une congrégation à part. Ils étaient une douzaine tout au plus, généralement jeunes, ayant en commun le teint gris, la barbe courte et la tendance à l’embonpoint. De l’extérieur, il semblait qu’ils ne dormaient pas, ne mangeaient pas, n’avaient qu’une considération polie pour la gent féminine, n’avaient pas la moindre notion de hiérarchie et engloutissaient à eux seuls la moitié de la production de café du bord. Ils avaient peu de rapport avec le reste de l’équipage, et leur conversation était de toute façon peu recherchée, tant ils semblaient incapables d’aborder d’autres sujets que la science des congrueurs et les blagues compréhensibles des seuls congruistes. Lorsqu’on leur posait une question en rapport avec leur art, et ils vous toisaient longuement, cherchant visiblement des mots simples pour vous expliquer que « cette machine fait des sortes de petits paquets, et les envoie dans ce gros fil, mais des fois les paquets s’emmêlent, et c’est ça une erreur 142 ». Aussi curieux que cela puisse paraître, la MOA elle-même craignait les mystérieux pouvoirs de cette secte, s’adressait à eux avec respect et estimait doctement que sans eux, le vaisseau serait incapable de voler, de renouveler l’air, ou tout simplement d’évacuer les déchets organiques. Sans qu’elle fut étayée par plus d’explication, cette opinion était devenue dominante parmi l’équipage, aussi évitait-on généralement de contrarier les congruistes lorsqu’on les croisait.


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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 01/10/04 21:26
Diana parvint au champ de débris vaguement conique sur lequel le Disko était juché, et dévala le chemin qu’on avait pris soin de rendre praticable. Tout en bas, une bonne partie de l’équipage s’était assemblé en cercle, qu’elle fendit en faisant péter ses galons, comme du reste c’était son droit le plus strict. Au milieu, il y avait un drôle de bonhomme à quatre pattes, que je m’abstiendrai de vous décrire. Sa combinaison caoutchouteuse était percée de six carreaux d’arbalète. Les arbalétriers avaient disparu, ou avaient soigneusement dissimulé leurs armes. Elle demanda des explications au brigadier commandant la patrouille, un redshirt expérimenté nommé Al Controldel.
« Qu’est-ce qui s’est passé ?
- C’est ce type, enfin, cette espèce de type. On l’a vu traîner aux alentours, alors on l’a appelé, pour voir ce qu’y voulait.
- Et ?
- Ben, il a levé son couteau. Et puis il a couru vers nous. Ah ouais, il beuglait je sais pas quoi...
- ...vivez long et prospérez, un truc du genre...
- ...oui, enfin bref, il nous a courus dessus. Alors on a paniqué, enfin je veux dire, il y a certaines personnes qui ont paniqué, et il est possible que dans la confusion, quelques projectiles soient partis.
- Vous étiez combien dans cette patrouille ?
- Six, capitaine. Pourquoi ?
- Bon, de toute évidence, il est trop tard pour s’excuser. Si ça se fait, il était hostile, et vous avez bien fait. Fouillez-le, qu’on sache s’il était armé. »
Quelques secondes plus tard, car nos sauvageons avaient sans doute quelque expérience à cet exercice, ils présentèrent au capitaine par intérim le résultat de leurs recherches.
« Quels articles bien étranges. Regardez ceci, je me demande à quoi ça peut servir.
- Et ça, capitaine, regardez...
- Oui Al ?
- Ma tête à couper que c’est une sorte de kaléidoscope extraterrestre ! Ma vieille mère en vendait à une époque, ah, magie de l’enfance...
- Comment ça marche ?
- Vous voyez, on regarde par le trou là, on appuie sur le...
- ZZZspROULISshhtt... »
Le corps mutilé d’Al Controldel tomba dans les graviers, les bras en croix, soulevant des cris d’horreur et de consternation.
« Uh... Je crois que je vais... beuah...
- Quelle horreur !
- Bralic, votre avis ?
- Ben, sans la tête, pour sûr, y va marcher beaucoup moins bien.
- Je voulais dire, sur notre situation.
- Ah ouais, une explosé tactique. Ben, si eul’zoziau à bille de clown était seul, c’est plus guère un problème. Mais si que y ramène son père, sa mère, ses frères z’et ses sœurs pour le venger, et si que y z’ont tous des explose-citron comme ça, ben, on est dans la ********.
- C’est aussi mon opinion.
- Jusqu’à la glotte.
- Exactement. Montez un périmètre de défense autour du vaisseau, établissez des tours de garde, distribuez les armes, les cottes de maille et les potions, cette affaire commence à sentir mauvais.
- Ouais. Comme eun’odeur eud’porcinet grillé. »


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29 ) Le peuple du fortin

DS 666.4

« Capitaine, je proteste ! Je suis titulaire d’un certificat établi par le médecin du travail de Jameson Horowitz Malefoy McFinnis Jzdobrinjewszky Partners & De Portnawakz International Tradesman Globalco Consulting Associates Co. Ltd © GMBH, qui stipule qu’en raison d’une arythmie cardiaque, je suis inapte au port de charges lourdes ainsi qu’à la marche-course !
- J’en prends bonne note, cependant je ne suis pas certain que votre certificat impressionnera beaucoup ces gentlemen qui nous poursuivent, je vous suggère donc de continuer à courir. »
Peu après les quatre indigènes trouvés dans la grotte, le capitaine et ses compagnons avaient découvert un groupe de huit, qu’ils avaient défaits après un combat furieux, puis une section de seize qu’ils avaient décimée du mieux qu’ils avaient pu, puis une troupe de trente-deux devant laquelle ils avaient fui, et qu’ils pensaient bien avoir éradiquée peu à peu, puis une nuée hurlante de soixante-quatre quadrupèdes persuadés contre toute logique que les combattants étaient promis à une longue vie, et qu’ils espéraient avoir semée après lui avoir infligé quelques pertes mineures*. C’est alors qu’ils étaient tombés sur une compagnie de cent vingt-huit de ces belliqueux personnages, campant dans un champ de lichens, et qui s’étaient comporté de la façon que vous imaginez. Ils s’étaient alors retrouvés à cours de munitions pour les armes à énergie, par bonheur, ils avaient pu prendre la tangente dans un étroit boyau, et la MOA avait pétrifié le groupe de tête, formant un bouchon rocheux qui avait empêché les autres de poursuivre plus avant. Après avoir soufflé un peu, ils avaient découvert sans surprise et avec résignation un village de deux-cent cinquante-six extraterrestres, qu’ils avaient tenu en respect à la rapière et au gourdin. Puis plus loin, une citadelle peuplée de cinq cent douze guerriers de la même eau, ceux-là même qui les poursuivaient maintenant.
Cela faisait un bon moment qu’ils progressaient à vive allure dans une série de grottes hautes de plafond soutenues par d’épais piliers de concrétions, étonnante formation géologique qui ne semblait pas avoir de fin. La flore luxuriante de cette forêt souterraine à la floribondité généreuse aurait occupé des générations de mycologues distingués, et la faune aurait sans doute passionné les chasseurs de tous poils, tant elle était variée, bariolée et dangereuse. Néanmoins, elle constituait bien le cadet des soucis de nos cosmatelots, traqués dans ces étranges salles puant la spore et la moisissure.


* A partir de ce point, et à moins qu’une mention inverse ne soit explicitement apportée, je vous prie de croire que chaque rencontre avec une ou plusieurs de ces créatures s’était soldée par un poignard brandi, la proclamation de « Longue vie aux combattants » et une charge stupide.


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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 03/10/04 21:19
« Longue vie aux combattants !
- Là, encore un ! »
Une énième flèche partit de l’arc de Lipstick, qui trouva la poitrine du bestiau.
« C’était la dernière.
- Tiens, là-bas, on dirait des constructions, dit la MOA (qui ne manifestait guère d’intérêt pour la situation).
- Allons-y, on tiendra plus facilement là-dedans qu’en terrain découvert.
- Ah, là, il y en a encore !
- Et là... Et là, une douzaine... Attention...
- Fuyez vite !
- Il en arrive de partout !
- Mais je suis épuisé !
- Courez en silence, ou mourez en silence, mais je vous en conjure, taisez-vous. Allez, encore un effort. »
Oubliant leur fatigue, ils se dirigèrent aussi vite qu’ils purent vers la construction en question. Il s’agissait d’une sorte de caravansérail circulaire de cent pas de diamètre environ, protégé par de lisses murailles légèrement inclinées, au-dessus desquelles on avait assemblé des sortes de merlons métalliques, provenant manifestement de matériel de récupération. Sept tours de guet ressemblant à autant de tuyaux de poêle surveillaient la plaine environnante. La muraille ne permettait pas de deviner le contenu de la forteresse, mais deux larges tubes accolés l’un à l’autre en partaient verticalement, pour se planter dans la voûte. C’est alors qu’ils s’approchaient qu’ils s’aperçurent de deux détails pouvant avoir leur importance. En premier lieu, le castel était peuplé. Ensuite, des tirs d’arme à énergie en provenaient, et passaient au-dessus de leurs têtes avec des « wiiiii » et des « piouuu » et des « pitchipitchipitchi », accompagnés d’un superbe spectacle pyrotechnique multicolore composé de rayons entrecroisés et d’étincelles intermittentes, qui illuminaient maintenant largement leur portion de grotte.
« Ils nous canardent, les salauds !
- Je trouve que pour un auditeur
Vous n’êtes guère observateur
Si vous étiez meilleur stratège
Vous verriez bien qu’ils nous protègent.

- C’est pourtant vrai, ils tirent sur nos poursuivants. Hardi, mettons-nous à l’abri de ce fortin providentiel ! La porte nous en est grande ouverte... »
Et mettant ses propres ordres en pratique, le capitaine fut le premier à prendre la fuite et à franchir l’étroite poterne de fer épais qui était la seule entrée visible. Ses compagnons, l’un après l’autre, pénétrèrent dans la cour, et on referma l’huis derrière eux.


Dernière mise à jour par : Grouïn des Tétynes le 04/10/04 18:17

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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 03/10/04 21:20
Ils étaient dans une cour composée de gradins peu élevés faits d’une pierre grise qui semblait avoir été coulée, ou bien taillée dans un bloc unique. Les défenseurs, dont beaucoup s’activaient aux remparts, se comptaient au nombre d’une cinquantaine, au moins. Le mur d’enceinte était bien plus épais qu’ils ne s’y étaient attendus, et dans cette épaisseur, on avait creusé de fortes casemates servant d’abri à ceux qui n’avaient pas l’envie, la compétence ou le matériel requis pour se battre, et qui étaient sans doute aussi nombreux. Par terre, on trouvait des caisses à la drôle de forme, des sacs en forme de sacs, et tout un bric-à-brac d’objets à divers degrés d’oxydation et d’usure, et dont aucun n’éveilla chez nos héros fourbus la moindre lueur de compréhension. De petits groupes s’étaient formés autour de feux, comme c’était manifestement de coutume dans toutes les armées. L’agitation sur le chemin de ronde ne semblait pas les concerner, pourtant, de temps en temps, un de ces gaillards, pour quelque raison qui ne regardait que lui, prenait son arme, montait au créneau avec lassitude, et prenait la place d’un autre qui descendait, tout aussi fatigué.
Quelle apparence avaient ils ? Ah, c’est compliqué. Vous connaissez sans doute ce jeu de mémoire que les rédacteurs en manque d’imagination glissent dans les pages de leurs magazines, et qui consiste, dans une collection hétéroclite d’objets dessinés par un artiste médiocre, à rassembler les paires similaires. Eh bien, à voir les individus bizarres qui peuplaient le fortin, on était irrésistiblement conduit à jouer à ce même jeu, tant il était difficile d’en trouver deux qui appartiennent, de près ou de loin, à la même espèce.
Celui qui avait actionné la porte était un truc conique de deux pas de haut, bleu clair, avec trois jambes, autant de bras télescopiques et une sorte de plante qui lui poussait sur le sommet, qui devait contenir ses organes sensoriels.
Il était copain avec un petit singe sautillant, au visage encadré de soies marrons, et équipé d’un bec puissant et multicolore.
Dans la cour, on remarquait un gentleman au corps lenticulaire, juché sur cinq pattes, et dont le thorax se dressait verticalement, supportant fièrement deux faisceaux de pattes préhensiles qui devaient être fort agiles, et une tête constellée d’une myriade d’yeux voyant dans toutes les gammes du spectre lumineux.
Sur le rempart, on trouvait notamment un colosse beige rappelant, par sa stature, un troll, mais qui n’aurait pas eu de tête. En fait, les apparences étaient trompeuses, ses quatre membres étaient semblables, servant indifféremment de bras ou de jambe, et portaient des capteurs ultrasoniques. Avec surprise, on s’apercevait que la bouche était une ouverture cruciforme située sur ce que l’on prenait, au premier abord, pour un ventre.
Une pitoyable créature se traînait, sur ses courtes pattes arrière et sur les phalanges de ses encombrantes ailes membraneuses, qui ne lui étaient d’aucune espèce d’utilité dans cet environnement à l’air raréfié. Sa tête allongée portait une grande protubérance aplatie, qui devait lui servir de dérive lorsqu’il volait.
Il y avait une limace de deux pas de long sur un pied de large, se déplaçant assez vite sur deux rangées de pattes minuscules.
La limace semblait se disputer avec l’occupant d’un aquarium fixé sur une machine roulante. En se rapprochant, on s’apercevait que l’occupant était une sorte de méduse* orange, large comme un avant-bras et garnie de longs filaments à petites sphérules urticantes.
Un des plus étonnants de ces protagonistes adoptait vaguement la forme d’un hamburger dont la surface évoquait la peau d’un cornichon un peu racorni, et dont tout le pourtour n’était qu’une bouche circulaire, piquée de fines protubérances chitineuses évoquant la dionée gobe-mouche, ou bien les pédoncules oculaires des coquilles Saint-Jacques.
Il y avait aussi une pulpeuse femelle à la peau bleue, dépourvue de toute pilosité (ce qui se pouvait aisément vérifier, sa culture ignorait visiblement la plus élémentaire notion de pudeur) que la nature avait nantie d’avantages bien appétissants, au nombre de trois. Elle canonnait avec rage contre les quadrupèdes de l’extérieur, armée d’un énorme tube noir qui avait l’air terrible, et faisait grand effet sur notre capitaine.
Un crocodilien, dressé sur ses pattes arrières, paraissait rugir des ordres en agitant ses membres libres, profitant de sa très haute stature pour dominer la situation. Il parut soudain s’apercevoir de la présence d’intrus, et s’approcha d’un pas puissant. Il se déplaçait comme si tout son être n’était fait que d’os, de muscles et de dents. Des dents, un océan de dents incroyablement blanches et pointues, voilà à quoi faisait penser la gueule immense du terrible saurien qui s’avançait maintenant, menaçant.
« Bonjour, bonjour, malheureux voyageurs. Excusez l’impolitesse de ma question, mais au fait, êtes-vous amis ou ennemis ?
- Euh... amis. Nous venons en paix...
- Alors, soyez les bienvenus, amis ! Profitez de notre pauvre hospitalité, je vous en priez, mettez-vous à l’aise. Je crains hélas que vous ne tombiez fort mal, car hélas, nous ne sommes pas moins menacés que vous, comme vous pouvez le constater.
- Ah, croyez que si nous vous mettons dans l’embarras avec ces peu civils indigènes qui nous poursuivent, j’en suis navré...
- Vous ne nous mettez pas plus dans l’embarras que nous n’y étions déjà, hélas, les Frémistes sont nos ennemis depuis longtemps, et cette escarmouche n’est ni la première, ni la dernière que nous aurons avec eux, je le crains. Ah, mais je manque à tous mes devoirs, je ne me suis pas présenté ! Je suis Zorkan Eautrouble, gentilhomme de fortune, déclamateur de vers kyôs par ma profession et guerrier par le fait des hasards de la vie.
- Je suis pour ma part le capitaine James T. Punch, commandant l’USS Disko, et nous vous apportons les salutations fraternelles des peuples de la Terre. Et j’ajoute que moi ainsi que mes compagnons sommes bien aise de trouver enfin un havre accueillant et un hôte civilisé sur cette planète hostile.
- Hélas, nous vivons une triste époque en un triste lieu. Ah, on dirait que ça se calme. Venez à l’intérieur, je vais vous introduire à l’honorable Brok le Barboozéen, notre chef. »

* L’animal marin, pas une congénère de la MOA.


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Sam_Billerond

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   Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 04/10/04 15:08
Bien !

Je n'écris jamais sur ce thread mais qu'est ce que je le lit.
Alors voilà, je répare aujourd'hui l'injustice que je commet régulièrement et j'avoue clame huat fort et revendique lire régulièrement pendant mes heures de boulot les textes éminement saugrenus de ce grand dérideur de zygomatiques.

gloire à lui et que la crampe de l'écrivain ne le frappe jamais.

sam

fan et fier de l'être.


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sam billerond....


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