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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 04/08/04 21:30
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La fin du chapitre
Intrigué, un des deux indistincts s'approcha de l'un des panneaux de commandes orné de maint bulbes clignotants aux pédoncules ombellifères, tout ça. L'engin bloblotait gentiment selon un rythme syncopé.
" Ne touchez à rien. ", fit une voix monocorde et glaciale derrière les deux consultants. Ils se retournèrent, et se figèrent sur place. C'était d'ailleurs une réaction assez commune pour qui croisait le regard d'une méduse. Il leur fallut un moment pour se rendre compte avec soulagement que s'ils étaient pétrifiés, ce n'était qu'au figuré. Il n'y avait pas la moindre émotion sur son visage gris et sec, pas plus que dans ses yeux d'argent terni. L'agitation des minuscules têtes lancéolées qui se lovaient dans sa chevelure noire était trahissait-elle une irritation, ou bien ces ophidiens avaient-ils leurs propres états d'âmes ? Parfois, l'une d'elle ouvrait tout grand sa gueule, découvrant un losange d'un blanc éclatant, une denture faite d'une multitude de crocs pas plus épais que des cils d'enfant.
" Pourquoi êtes-vous ici ?
- On cherche... l'ingénieur en chef.
- C'est moi. Que voulez-vous ?
- Vous êtes le lieutenant-commandeur dit " MOA " ?
- C'est correct. Que voulez-vous ?
- ...ah. Eh bien pour tout dire, nous venons pour l'audit. Le capitaine vous a-t-il mise au courant ?
- Le capitaine m'a mise au courant. Vous allez me poser des questions sans intérêt, et vous attendez que je vous réponde des mensonges.
- Euh... des mensonges...
- C'est ainsi que le capitaine m'a présenté votre mission. Ses propos exacts ont été : " répondez-leur, mais personne n'attend que vous leur disiez la vérité, hein, on s'comprend ? ". Ayant compris le capitaine, j'ai acquiescé. Ai-je mal compris ?
- Euh... fit Ducond, se demandant quelle était la tolérance des méduses aux réponses déplaisantes. Il lui revint en mémoire quelques contes et légendes qui apportaient des éclaircissements sur ce point, sans avoir toutefois la vertu de le rassurer.
- Eh bien, intervint l'autre, je pense que vous avez parfaitement saisi le propos du capitaine Punch, en revanche, peut-être lui-même n'a-t-il pas réellement saisi l'esprit de notre travail.
- Exactement !
- En fait, en accord avec le client, le cabinet Jameson Horowitz Malefoy McFinnis Partners & De Portnawakz International Tradesman Globalco Consulting Co. Ltd © mène un audit général sur les buts et les méthodes de commandement appliqués dans l'Astrocorps, avec pour objectif l'optimisation des ressources par mise en œuvre d'un downsizing en synergie avec une externalisation des ressources...
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Je tendrement dans le huître, avec deux en
plus, et dedans je le. Ordure et mou, l'chaussette
vermine jaune petit sachet de arbre.
(Excusez-moi, je suis dyssyntaxique)
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 04/08/04 21:31
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- Vos propos constituent-ils une énigme ?
- Euh... non.
- Bien. Que voulez-vous ?
- Euh... quelques réponses franches à des questions simples sur la manière dont vous travaillez.
- Mais ce n'est pas du tout pour vous piéger ! Précisa l'autre.
- Oui, c'est vrai, vous n'avez pas à avoir peur de... euh...
- Pour quelles raisons devrais-je vous craindre ?
- Aucune. Aucune. Bien, donc, votre nom exact est...
- Je n'ai pas de nom.
- Ah. Et MOA c'est le diminutif de quoi ?
- Méduse Originaire de l'Averne. Dans le but de faciliter les relations de travail au sein de nos équipes, le capitaine a jugé utile de me trouver une dénomination. Cependant, elle n'a aucune valeur légale ou religieuse.
- Vous n'avez pas de nom ? Comment faites-vous pour vous distinguer des autres ?
- On me nomme généralement "la méduse".
- Mais avec vos... congénères, comment faites-vous pour vous reconnaître entre vous ?
- Les méduses sont solitaires, nous ne nous fréquentons pas. Il n'y a aucune raison de nous distinguer.
- Tout s'explique. Et donc, vous êtes ingénieur en chef. Selon vous, qu'est-ce qui a incité la Direction des Ressources Humaines de l'Astrocorps à vous confier ces responsabilités ?
- Je suis la meilleure de l'Astrocorps.
- Je vois, vous avez une bonne opinion de vous-même, c'est un atout. De nos jours, on voit tant de cadres défaitistes et démoralisés...
- Ce n'est pas une opinion que j'ai de moi-même, c'est une constatation. Je suis le meilleur ingénieur de l'Astrocorps.
- Bon. Je suppose que vous ne tenez aucun régistre de votre personnel.
- Je tiens mes dossiers du personnel à jour, conformément à la directive C3-ID-DTO/USV49-K8. Ils sont sous clé dans l'annexe administrative du service technique du Disko. Sans doute voulez-vous les consulter ?
- Avec une joie immense ! Mais j'y songe, n'est-ce pas plutôt la directive C3-ID-DTO/TRT87-33354 ?
- Non, il s'agit de la directive C3-ID-DTO/USV49-K8. La directive C3-ID-DTO/TRT87-33354 est caduque. Je vous suggère de tenir votre manuel à jour.
- Ah, mais que ça fait du bien de rencontrer enfin un être normalement constitué dans ce vaisseau. Enfin quelqu'un qui a une idée de ce que les bienfaits de l'organisation et de la standardisation du travail peuvent apporter en terme de productivité. Franchement, après les derniers entretiens, je croyais que je ne trouverais plus à bord que des fous !
- Il est vrai que de nombreux malades mentaux travaillent dans l'équipage. Est-ce tout ?
- Non, pas tout à fait, nous aimerions aussi connaître, à titre plus personnel, les motivations qui vous ont conduite à entrer dans l'Astrocorps.
- Je suis spécialiste dans la théurgie des hautes énergies. L'Astrocorps est à la pointe de la recherche et met en œuvre la majeure partie des dispositifs de haute énergie. En outre, il y a peu d'emplois dans ce secteur. Mon choix était donc logique. Est-ce tout ?
- Pour l'instant, oui, effectivement. Êh, dites-moi, que je ne meure pas idiot, ça m'intrigue cet objet, là...
- Il s'agit du rotostéganokiniéticoscope.
- Le roto... Ah oui, j'ai lu quelque chose comme ça sur la notice technique. C'est l'appareil qui nous maintient les pieds au sol, c'est bien cela ? Est-il vrai que sans lui, nous flotterions mollement dans la pièce ?
- C'est exact, le rotostéganokiniéticoscope génère le champ de gravité artificielle. Mais sa fonction principale est de compenser les accélérations subies par le vaisseau.
- C'est sans doute très utile. Et vous n'avez jamais songé à lui trouver un diminutif, à cet engin au nom improbable ?
- Il a déjà un diminutif, on l'appelle le rotostéganokiniéticoscope. Le nom complet de cet appareil est " rotostéganokinétikoscope rhombique étoilé différentiel du deuxième ordre sans second membre ".
- Ah. Pas facile à retenir.
- Si. Il suffit de faire quelques efforts. Ce à quoi votre race est peu encline.
- Et il n'y a pas un diminutif plus... diminué ?
- Je sais que certains de mes ingénieurs l'appellent " le rototo "...
- Le rototo, c'est mignon !
- ...mais uniquement quand je ne suis pas présente. En effet, ils savent que cela m'agace. "
Les petits serpents sur la tête de la méduse commençaient à se mordre les uns les autres à grands renforts de poison vert et huileux, et la queue de la MOA s'agitait de façon sonore et menaçante.
" Bon, ben on va prendre congé, je crois.
- C'est une bonne idée.
- Salut, à la prochaine. Allez, on se tire. "
La MOA les fixa tandis qu'ils quittaient la pièce, en se retenant très fort de courir, puis lorsqu'ils eurent tourné au coin du couloir, elle retourna s'absorber dans ses mystérieux réglages.
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Dernière mise à jour par : Grouïn des Tétynes le 04/08/04 21:35
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 07/08/04 16:27
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18 ) L'envol du Disko
DS 663.4
Les Vegons n'étaient pas très nombreux sur la base - un millier tout au plus, selon l'estimation de Diana - mais ils ne semblaient jamais prendre de repos. Après seulement six jours stellaires, sous la direction de la MOA qui elle non plus ne dormait guère, ils avaient rebranché les conduits phlogistiques, remplacé les poutres de chêne brisées par des équivalents et plastacier, fabriqué d'immenses plaques de Rédibulon 27 qu'ils avaient boulonnées à la place du revêtement d'électrargyre là où c'était nécessaire (ils avaient d'ailleurs bien rigolé en voyant que les Terriens utilisaient encore des boulons), remis la pressurisation sur les ponts où elle était déficiente, et installé des systèmes de recyclage (car ceux d'origine auraient désespéré un ferrailleur au chômage). Il avait maintenant un aspect de bric et de broc, comme ces couvertures épaisses que les montagnardes du Portolan confectionnent à longueur d'année avec toutes les chutes de tissus qu'elles peuvent trouver et dont la fabrication demandait des années et des kilomètres de papotage entre commères, mais dans l'ensemble, le Disko était en meilleur état qu'il ne l'avait jamais été.
Ce qui n'était pas un critère bien sélectif.
Les Vegons avaient fait cadeau à James et Diana de combinaisons spatiales de haute technologies adaptées à leurs morphologies et à leurs besoins spécifiques, bien différentes des lourdes carapaces de bronze et de cuivre que fournissait l'Astrocorps. Celle du capitaine était un justaucorps moulant jaune et noir, équipé de bottes rouges à hauts talons montant jusqu'à mi-cuisse et d'une cape bleue qui avait la curieuse manie de flotter fièrement, même dans le vide le plus total. Un invisible champ de force maintenait autour de lui une couche de gaz respirable, purifiée en permanence par un dispositif à sa ceinture. Par quelque artifice esthétique, la tenue conférait à notre brave Punch une physionomie svelte et musculeuse, contenant son bedon bien mieux que ses abdominaux ne le faisaient au naturel. Sans doute, les Vegons considéraient-ils que les femmes avaient des besoins physiologiques fort différents de ceux des hommes, car son uniforme était bien différent, entièrement noir. Sauf bien sûr les portions qui laissaient à nu son épiderme pâle. Et qui étaient nettement majoritaires. Disons pour simplifier que sa combinaison paraissait a priori plus adaptée à couvrir une James Bond girl sortant de la mer Caraïbe ou une héroïne de Denis Sire qu'à explorer les étoiles, et que dans nombre de pays musulmans raisonnablement tolérants, on l'aurait interdite de plage. Des bottes et gants noirs, aux bords triangulaires, ainsi qu'une cape de même couleur et aux mêmes singulières propriétés vacuodynamiques que celle du capitaine complétaient l'ensemble. Être si peu vêtue n'était pas dans ses habitudes et choquait ses mœurs, car dans les austères contrées Bardites dont Diana était originaire, les femmes n'avaient guère coutume de déambuler en string dans les rues (même si dans les austères contrées Bardites, un tel spectacle n'aurait guère suscité l'intérêt lubrique des hommes, tant il est connu que les hommes Bardites ne s'intéressaient aux femmes que pour leur singulière faculté à enfanter de jeunes et beaux garçonnets à la cuisse ferme et à la fesse dodue). Néanmoins, elle supportait cette disgrâce, par respect pour ses hôtes. Et puis, elle commençait à s'apercevoir que pour quelque raison inconnue, cet accoutrement lui attirait la considération de l'équipage. Aux côtés du général Girardos, au bord du cratère occupé par le Disko, ils observaient les derniers préparatifs.
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 07/08/04 16:28
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" Je doute qu'ils osent vous attaquer, dit le Vegon, mais prenez garde néanmoins. S'ils approchent, affrontez-les de préférence à distance, car c'est au contact que Gonzo est le plus redoutable. Les autres vaisseaux du professeur Troufion sont, eux aussi, dangereux, mais c'est de Gonzo que vous devrez vous débarrasser en priorité si d'aventure vous les affrontez.
- Ah, c'est vrai, répondit le capitaine, les autres vaisseaux. Vous nous avez beaucoup parlé de Gonzo, mais les autres ?
- Ce sont des vaisseaux de même taille que Gonzo environ, mais moins maniables, et équipés d'une moindre variété d'armes.
- Combien sont-ils, au total ?
- Nous en avons compté cinq modèles différents, mais peut-être en ont-ils d'autres. Par bonheur, ils n'ont que trois pilotes en dehors de Beteljus lui-même.
- Qui sont-ils ?
- Les mignons du prince Beteljus, des scélérats à sa solde et entièrement dévoués, hélas. Il y a Mergez, le " meilleur ami " de Beteljus, si vous voyez ce que je veux dire, sa concubine officielle Kinia, qui est native d'Akhereb-la-mort-lente et sur laquelle on sait peu de choses, et enfin la sœur de Beteljus, la princesse Tyreia, avec laquelle du reste il ne se gêne pas pour forniquer sans vergogne au vu et au su de tous.
- Il a donc tous les vices ?
- C'est un trait culturel des Zoorfs, semble-t-il. Mais on raconte que lors des heures de gloire de cette dynastie décadente, sur Zoorfos, les Zoorfs eux-mêmes étaient choqués par les pratiques abominables de l'héritier de la couronne. Que le dixième de ce qu'on en dise est vrai, et il méritait déjà cent fois d'être pendu à un croc de boucher et éventré. Comme il est de coutume chez les Zoorfs. Ah, quel peuple méprisable ! Et fourbe en plus.
- Nous nous méfierons, donc. Encore merci pour vos bienfaits, général Girardos, sans votre aide, nous serions tous morts de male mort dans les abysse glacés de cieux étrangers. Croyez que l'hospitalité des Vegons sera chantée à tue-tête jusqu'à en devenir proverbiale dans les provinces les plus reculées de notre province natale.
- Oh, mais nous sommes un petit peuple modeste et peu enclin aux honneurs. Puissiez-vous triompher dans la mission qui est aujourd'hui la votre, et qui constitue notre seul espoir face à l'abominable Beteljus.
- Ce scélérat aura le sort qu'il mérite, soyez sans crainte. Qu'il vienne seulement se frotter à nous, et nous lui expédierons quelques bordées bien senties. Hardi ! A la bataille, l'espace nous appartient !
- Que le Grand Stratépouète vous garde, mes amis. "
Ils se quittèrent en se serrant chaleureusement la main, sincèrement émus, puis le capitaine et le commandeur disparurent dans le sas principal du Disko. Quelques minutes plus tard, l'astronef s'élevait, soulevant force régolite alentour.
Lorsqu'il fut hors de portée, Girardos, solitaire au bord du précipice, les yeux toujours levés vers les étoiles muettes, fut comme secoué de spasmes, puis un grand rire éclata, un rire maléfique et tonitruant.
Car il avait attrapé le rhume des scaphandres, et que chez les Morbooléens comme lui, l'éternuement se traduisait par un rire maléfique et tonitruant.
Il rentra prendre un fervex.
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 07/08/04 16:28
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Avec la prudence qui sied à ces circonstances, le capitaine Punch avait remis en marche la propulsion principale de son vaisseau, en prenant bien garde à rester dans l'alignement de la Lune Noire et de sa planète mère, afin d'être dissimulé à la vue de poursuivants éventuels. Puis, lorsqu'ils se furent éloignés d'une bonne gigabrasse, il ordonna de façon incompréhensible de mettre le cap sur Akhereb-les-Mines en facteur -0,5, ce qui constituait un voyage d'une vingtaine de minutes.
" Ben oui, expliqua-t-il à Diana, j'ai un peu discuté avec un Vegon avant de partir, et il paraît que depuis l'insurrection et le blocus mené par Beteljus, ce pauvre Girardos est privé de son vice, le whisky Balbuzien " Earl Fawkes " 12 ans d'âge. Or, toujours d'après mon informateur, il y avait un certain débit de boisson sur Akhereb-les-Mines qui en avait la licence d'importation pour tout le système, et qui doit encore avoir pas mal de caisses dans ses entrepôts. Alors, puisqu'on doit revenir sur la Lune Noire, autant faire lui faire une bonne surprise !
- Vous êtes sûr que c'est bien prudent ?
- Et puis, tant qu'à faire, on en ramènera quelques bouteilles à l'Echevin. Au titre de la recherche scientifique.
- Ben voyons.
- Quelque chose vous chagrine ?
- Non, c'est juste ce truc qui me rentre dans la raie des...
- Capitaine, couina Goodnews en désignant le préempteur de Benogui, on a un écho en approche rapide sur une trajectoire d'interception, en provenance d'Akhereb-la-mort-lente. Contact dans trente-six secondes.
- OUAIS ! Enfin, je veux dire... C'est l'heure d'un bon potage-tomate ! "
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 09/08/04 22:55
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19 ) Récit de la bataille des prés de Cannosud
DS 631.9
C'est les chevilles un peu tremblantes que nos deux consultants parvinrent jusqu'au réfectoire. Il existait, en marge des cités à demi civilisées du lointain Septentrion, des yourtes puant la graisse de phoque et le crottin de yacht qui se faisaient intituler " auberges ", et qui étaient mieux tenues que l'établissement en question, cependant, ils n'étaient pas en état de s'en formaliser ni de dénombrer les infractions aux règlements sanitaires qui interdisaient, par exemple, d'orner les murs des vaisseaux de l'Astrocorps de têtes de bovins empaillées. Ils prirent chacun une grande chope d'hydromel tiède auprès d'un tenancier dont ils remarquèrent à peine qu'il s'agissait d'un squelette, s'écroulèrent de conserve autour d'une table constellée de mille miettes à divers degrés de décomposition, accrochèrent leurs vestes au majeur tendu d'une statue de pierre intitulée " Dave Disappeared manquant de respect à la MOA ", puis en silence, entamèrent la consommation de leur breuvage. Jamais, depuis qu'ils étaient entrés chez Jameson Horowitz Malefoy McFinnis Partners & De Portnawakz International Tradesman Globalco Consulting Associates Co. Ltd ©, ils n'avaient eu à faire un audit dans des conditions aussi difficiles. En tout cas, jamais depuis la pénible affaire chez Assurnain Intermines.
Ils en étaient là lorsque le capitaine, dont le quart se terminait, entra à son tour. Il était accompagnée de l'elfe Lesfleurs, que tout le monde appelait Goodnews depuis l'époque du premier vol du Disko, car elle était officier de transmission. Ce qui constituait la planque à bord d'un vaisseau spatial qui, par définition, était hors de portée de toute transmission pendant des semaines. C'est pourquoi Lesfleurs passait le plus clair de son temps à baguenauder et discutailler avec tout le monde, à transmettre les nouvelles et à répandre ragots et histoires salaces à un rythme soutenu. Pour tout dire, elle était assez agaçante, mais quand elle commençait à parler, on ne pouvait s'empêcher de l'écouter avec un plaisir malsain.
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 09/08/04 22:55
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" Oh là là, comme ils ont l'air bien déconfits ces deux là !
- Alors messieurs, s'enquit Punch, votre audit se passe bien ?
- On a vu mieux, répondit l'un des deux.
- Je pense qu'ils sont sujets à la nostalgie cosmique, suggéra l'elfe. J'ai noté que souvent, les humains ont ce penchant, dès qu'ils quittent leur foyer pour un long voyage. C'est une sorte d'abattement...
- Je crois plutôt que c'est leur travail qui les chiffonne, n'est-ce pas messieurs ?
- On va dire ça. Mais capitaine... enfin je veux dire, comment faites-vous... pour travailler dans ces conditions... enfin, avec ces gens...
- Oui ?
- Eh bien, prenez la - il baissa d'un ton, afin qu'on ne l'entende pas - prenez la MOA. Franchement...
- C'est un excellent ingénieur en chef.
- Avez-vous noté que c'était une méduse ?
- Ses compétences techniques sont remarquables ! Je suis sûr qu'elle serait capable de bricoler un astronef tout à fait fonctionnel avec trois planches, deux tonneaux et un sac de patates.
- Je n'en doute pas, mais il n'en reste pas moins que c'est une méduse.
- Et elle sait se faire respecter de la canail... de l'équipage. C'est très utile.
- Vu sous cet angle. Et l'autre, là... lightningstorm...
- Ecoutez, nous sommes entre professionnels, vous connaissez sans doute les contraintes politiques de l'Astrocorps. Alors même si c'est officieux, vous savez comme moi que nous avons des quotas raciaux à respecter.
- Ah, oui, bien sûr...
- Et puis, on part à l'aventure vers des mondes inconnus, peuplés de créatures mystérieuses aux motivations imprévisibles, alors je me dis, c'est plus une sécurité qu'un risque d'avoir un bon gros drags à bord.
- Je comprends mieux votre point de vue. Et le docteur Khunduz, là ?
- Un remarquable praticien. Enfin, un praticien. Le seul qui ai bien voulu monter à bord. Bref...
- J'ai noté qu'il était incapable de se concentrer plus de dix secondes sur un sujet donné !
- Je n'ai rien remarqué de tel.
- Son cabinet est désordonné et dans un état de saleté repoussant. Pour les autres passe encore, mais le médecin du bord, tout de même !
- Le pauvre, compatit Goodnews, c'est pas sa faute, ce sont ses origines qui remontent.
- Origines ?
- Eh bien, c'est un elfe groin. Vous ne le saviez pas ?
- C'est quoi, un elfe groin ?
- Vous ignorez ce qu'est un elfe groin ? "
La nouvelle sidéra manifestement Punch et Goodnews, qui se regardèrent avec un petit sourire mi-amusé mi-consterné. Le capitaine s'installa, comme pour ouïr une très longue histoire, tandis que l'autre s'éclaircissait sa voix d'or et de miel faite pour chanter les étoiles sous la lune, et tous ces trucs.
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 09/08/04 22:56
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" Bon, je vais vous expliquer tout ceci pour vous éviter de commettre des bévues. Vous savez sans doute que les elfes sont une race plus ancienne que les hommes ou les nains, et qu'ils furent même les témoins, à ce que disent leurs légendes, de l'arrivée des premiers dragons sur la Terre.
- Euh... Oui, sans doute.
- Bien. Donc, les elfes vécurent leur petite vie pendant des millénaires, et des millénaires, et encore des tas de millénaires, et après des péripéties à tire-larigot dont je vous épargne le détail, car le récit remplirait des bibliothèques entières, voici qu'arrive l'abominable Skelos.
- Aïe.
- Or, Skelos n'était pas spécialement un grand ami des elfes. Pour des raisons qu'on a préféré oublier, peut-être bien par simple amusement, il captura un grand nombre de nobles représentants du Beau Peuple, les mena dans les tréfonds de son antre, et là, se livra sur eux à des expériences révoltantes et contre-nature, mêlant la nécromancie démoniaque à une parodie grotesque de chirurgie. Les plus chanceux de ces elfes périrent dans d'atroces tourments sur les tables de dissection de Skelos et de ses bourreaux, mais certains survécurent, si on peut appeler ça survivre. Mutilés dans leur chair et dans leur esprit, ceux qui avaient jadis chanté la splendeur du monde et dansé à la Lune jolie n'étaient plus que de pitoyables masses de chair, des créatures à jamais détruites, brisées par la douleur, bavantes et bredouillantes d'idiotie. Ainsi furent créés les premiers orcs, qui bientôt se reproduisirent, mais toujours dans leur sang coulait la malédiction de Skelos.
- Ainsi, les orcs ne seraient que des reflets horriblement déformés des elfes ? J'avais déjà entendu parler de cette légende...
- Ce n'est pas une légende, c'est l'histoire. Or donc, sorti de l'Antre de Skelos, l'engeance des orcs se répandit bientôt sur le monde, aidée en cela par une natalité remarquable et d'excellentes disposition pour le combat. Ils furent toujours une plaie, un danger pour les races civilisées, un fléau incontrôlable. Cent fois on les crut au bord de l'extinction, cent fois ils sont revenus, avec leurs étendards crasseux, leurs armes souillées d'excréments, leurs trognes de brutes cabossées de mille coups. Pillage, destruction et barbarie, voici leur religion, et la seule loi qu'ils connaissent, c'est la crainte du faible devant le fort. Si la civilisation a une antithèse, c'est cette race, assurément.
- Oui, ce sont orcs, quoi. Jusque là, rien de bien extraordinaire.
- Et puis, il y a eu la guerre de Strapongie.
- J'en ai un peu entendu parler, je crois...
- Et moi, je l'ai beaucoup faite. Oui, je sais que je n'en ai pas l'air, mais je suis un véritable soldat. J'ai été caporal-chef au sixième Régiment d'Archerie Elfique de Mandala, si si. Donc, en fait de guerre, nous avons passé un temps infini à nous ennuyer dans des campements, puis un temps encore plus infini à marcher sur de mauvaises routes en regrettant l'heureuse époque où on s'ennuyait dans nos campements, puis un temps plus bref mais qui nous a semblé bien long à ramper dans la campagne aride pour éviter les flèches de ces maudits Pthaths tout en évoquant avec émotion l'ère bénie où nous avions un bon chemin bien sûr sous les sandales. Et puis, il y a eu la bataille des prés de Cannosud. Ah là là, rien que d'évoquer cette journée devant toi, j'en ai encore les genoux qui tremblent...
- Excuse-moi de vous demander ça, mais je ne me souviens plus de la question qui nous a menés en ces contrées lointaines ?
- C'était à propos de Khunduz, mais ne vous inquiétez pas, je ne suis pas perdue dans une sotte digression, je pose juste le décor. Donc, la bataille. Imagine un demi-millions de soldats de Pthath et leurs alliés méridionaux en rangs serrés devant nous, avec leurs bêtes, leurs machines et leurs sortilèges. Imagine maintenant cinq-cent mille Drakoniens et leurs alliés nordiques, tout aussi alignés, leurs bêtes, leurs machines et leurs sortilèges. Des dragons de chaque côté, des créatures étranges vomies de plans invraisemblables, des titans, des anges et des démons, tout ce que l'Occident comptait alors d'aventuriers et de mercenaires... Morgoth, notre roi, avait convoqué une légion de morts-vivants, car il est nécromancien. Sook, qui règne sur Pthath, avait pour sa part rameuté dans sa horde toutes les tribus orques qu'elle avait pu contacter, semant pour ce faire les pièces d'or comme si c'était des poignées de grain. Entre les deux armées, deux lieues de rocaille, de ravins et de colonnes de pierres érigées par les vents.
- C'était sans doute très impressionnant.
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 09/08/04 22:57
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- Certes. Et donc, ça commence comme d'habitude, on manœuvre dans les règles de l'art, les généraux des deux camps font semblant de comprendre ce qui se passe et d'avoir tout prévu, comme pour toutes les batailles. On arrive à la mêlée, où selon la coutume, on s'étripe entre parfaits inconnus en hurlant des sottises, et pas mal de gens meurent. Pendant ce temps, les sorciers des deux camps s'expédient les gracieusetés habituelles, éclairs, boules de feu, pluie de glace, projections de grenouilles... Mais hormis l'amplitude inhabituelle des hostilités, jusque là, c'était une bataille parfaitement normale, et ce durant toute une épuisante journée. Quand soudain, voici que l'abominable Sook emploie une ruse et, transperçant les boucliers mystiques dressés par les Jurateurs de Zod, transporte par sortilège tous ses orcs, qu'elle avait gardés en réserve, au beau milieu du carré des magiciens de Morgoth, loin derrière les lignes d'assaut. Et bien sûr ces humanoïdes n'aimant guère la magie, les voilà qui se mette à massacrer furieusement tout ce qui porte une robe à coups de gourdins cloutés et de marteaux de guerre. Certes, les mages se défendirent avec honneur et astuce, mais malgré leur discipline et leur bravoure, ils ne pouvaient pas grand chose contre les armes grossières de brutes enragées supérieures en nombre.
- Horreur ! Et notre infanterie ne fit rien ?
- C'est qu'en cet endroit du front, la piétaille s'était avancée au contact des troupes ennemies. Si vous voyez jamais une bataille de près, expérience que du reste je vous déconseille, vous constaterez aisément qu'on n'a qu'une vision bien fragmentaire du déroulement des événements, c'est une confusion indescriptible, tant sur le terrain que dans les esprits. Bien souvent, vous n'êtes au courant du résultat des hostilités que lorsqu'on vous verse votre part du butin ou qu'on vous invite à venir vous faire couper les mains. Ce jour là, donc, le soleil commençait déjà à décliner, nous étions tous fourbus, et il y avait longtemps que les capitaines étaient trop occupés à sabrer de droite et de gauche pour donner des ordres ou en prendre auprès des généraux. Seul, notre roi avait encore une vision lucide des événements. Il comprit bien ce qui se passait, mais il constata aussi que les orcs ennemis et ses propres mages étaient si intimement mêlés qu'il ne pourrait foudroyer les uns sans occire les autres du même coup. Alors il eut l'idée qui sauva la bataille. Puisant dans sa sagesse et dans les réserves mystiques de ses anneaux, il parvint, écoutez-bien, à renverser les sortilèges et antiques malédictions de Skelos. Une onde de puissance balaya le champ de bataille, j'en frémis encore, et lorsqu'elle se dispersa, parmi les mages pourpres, tous les orcs, jusqu'au dernier, avaient disparu ! Et à sa place, il n'y avait plus qu'un elfe, tel que moi-même, c'est à dire frêle de constitution, bien gêné de se retrouver nu au milieu des énormes pièces d'armure puantes de la brute qu'il était cinq minutes plus tôt.
- Parbleu ! Mais c'est un prodige...
- De tous ceux qui assistèrent à la bataille et vécurent les événements que je vous narre, il n'en est pas un qui doute que Morgoth soit réellement un dieu. C'est de ce jour que cette croyance s'est répandue, et elle s'appuie sur des faits, et non sur de vagues légendes. Le capitaine pourra en témoigner, il y était aussi. "
L'intéressé opina, en silence et la mine grave, chose qui lui était peu habituelle.
" J'ignorais que telle était sa puissance. Ah, béni soit le destin qui fit de moi un Drakonien, et non un ennemi de la Drakonie. Sait-on combien d'orcs il a ainsi transformés ce jour ? Des milliers ?
- Vous m'avez mal comprise, messieurs. Le roi-dieu n'a pas transformé quelques orcs, ni quelques centaines, ni quelques milliers. Il n'a pas frappé les quelques malheureux humanoïdes qui avaient eu la folie de s'enrôler chez les légions de la Catin. Rien de tout ceci n'est vrai, messieurs, et la vérité est bien plus difficile à croire, mais pourtant elle est la vérité. Entendez-moi bien, ce jour funeste, simultanément, TOUS les orcs de la terre furent libérés de l'antique servitude et redevinrent des elfes. Tous, autant qu'ils étaient, du plus jeune au plus âgé, du serf au grand chef de horde, pas un n'en a réchappé. "
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 09/08/04 22:58
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Elle laissa planer un silence, pour que les deux consultants, ainsi que ceux des sauvageons qui s'étaient attroupés pour écouter le récit, puissent mesurer l'étendue du miracle. Puis, elle reprit.
" C'est un prodige légendaire auquel nous avons assisté, ce jour-là. Pourtant, ce n'était rien par rapport à ce qui a suivi. Sur le moment, on aurait juré que la terre s'ouvrait, que les cieux se brisaient en morceaux, que l'air devenait eau et que l'eau devenait feu, et il n'est pas exclu que la chose ait été vraie. Sook, voyant s'évanouir les espoirs placés dans son plan fourbe, entra dans une rage démoniaque, et quitta le promontoire qu'elle occupait depuis le début de la bataille, enveloppée dans un manteau de ténèbre que nul soldat d'aucun camp n'osait contempler trop longtemps. Elle se rua droit sur Sa Majesté en un assaut brutal. Ce fut si soudain que, je pense, Morgoth fut blessé, mais il parvint à riposter avec une force égale. Il s'agissait de coups de titans, une lutte de dieux. Enfin, c'est ce que nous avons compris bien plus tard, sur la route de la retraite, en discutant avec nos compagnons.
- Retraite ? Il me semblait que nous avions gagné ?
- Voyant un tel déchaînement de violence mystique, même les plus enragés des combattants comprirent que cette guerre ne se déroulait plus à leur niveau. C'est une façon polie de dire que nous tous à cet instant, humains, elfes, nains, dragons ou autres races, mercenaires ou réguliers, du nord ou du sud, nous avons détalé comme des lapins en laissant derrière nous nos armes, nos boucliers, nos gourdes et nos camarades blessés. Poursuivre cette bataille absurde n'aurait pas été plus avisé, je vous l'assure, que de continuer à se battre sur les flancs du volcan en éruption ou sur la plage que menace le raz-de-marée. Ainsi, les survivants évacuèrent-ils les prés de Cannosud, fuyant avec une belle application leurs propres souverains. Et pour en revenir au résultat, puisque vous semblez y attacher de l'importance, sachez qu'il n'y eut ce soir là, ni butin, ni main coupée, et que la guerre prit fin, tout simplement. Il est vrai que les livres d'histoire Drakoniens parlent aux écoliers d'une épique victoire, et je ne doute pas que les chroniqueurs de Pthath en disent autant, en attribuant toutefois le mérite à leur camp, mais nul n'a beaucoup plastronné sur l'issue de cette affaire, sans doute parce qu'elle n'était pas bien glorieuse. Au bout de quelques heures, nous vîmes que derrière nous, par-dessus les montagnes, les lueurs s'éteignaient, et que le fracas diminuait. On suppose qu'ils se sont lassés. Jamais plus, depuis, les armées du Septentrion ne sont descendues dans le sud, et jamais leurs hordes n'ont approché nos frontières.
- Eh bien...
- On est rentrés chacun dans son pays, dans sa caserne, et la petite vie militaire a repris. Je vous assure qu'à celui qui a vécu de telles expériences, la corvée des pluches et le recloutage des sandales présentent des attraits inattendus. Un jour, j'ai appris qu'on recrutait pour l'Astrocorps, j'ai contacté la DRH, et me voici à bord du Disko.
- Intéressante histoire, en vérité, même si la morale m'en échappe. Mais quel rapport avec Khunduz ?
- Eh bien, disons qu'avant cette bataille, il était connu dans les steppes de Barkhorie Oriental sous le nom de " Khunduz-le-blanc ", ou " le-shaman-aux-dix-doigts ", et que c'était un important personnage dans sa tribu.
- Ah oui, au fait, que sont-ils devenus, ces anciens orcs ?
- Oh, la plupart sont traînent en marge des cités elfiques, sans trop de ressources. Je doute qu'ils s'intègrent un jour à notre civilisation - pour votre information, je suis pour ma part une elfe véritable, ancienne et je puis citer tous mes ancêtres sur soixante générations, aucun n'était autre chose qu'un elfe. Bon, on a un demi-elfe du côté de ma grand-mère paternelle... Et un beholder du côté de mon quadrisaïeul...
- Pourquoi ne pourraient-ils pas s'intégrer ? Puisque ce sont des elfes maintenant...
- Des elfes, des elfes, c'est vite dit. Par le sang, ils sont elfes, c'est un fait, et ce fameux jour que je viens de vous conter, ils ont acquis l'intelligence qui fait tant défaut aux orcs. Mais culturellement... il y a comme une sorte de petit fossé, vous voyez, entre des gens qui se réunissent au solstice d'été pour honorer les dieux créateurs sous les étoiles au son des fifres et des gens qui mangent leurs nourrissons quand ils les jugent trop chétifs pour survivre. Vous voyez le problème ?
- Ah oui.
- Bon, je parle, je parle, mais ça donne soif tout ça, non ? Monsieur Clibanios, peut-on espérer que vous remettiez une petite chope à des anciens combattants fourbus ? "
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 18/08/04 19:11
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Dernier chapitre avant mon départ en congés...
20 ) L'ultime bataille décisive de la guerre de la mort finale
DS 663.6
Ah, capricieux destin, fatum de Ciceron, nerf des tragédies, ombre de la mort planant sur chacun des hommes depuis le berceau jusqu'à l'inévitable issue, que n'as-tu épargné de ta main grêle le fragile esquif de nos héros ? Parques maudites, quel cruel jeu de pile ou face vous plait-il donc de jouer avec l'existence d'un peuple pathétique de singes nus ? Las, c'est sur face que tomba la pièce en ce jour funeste, sur la face de l'ancien archimage de Gunt frappée sur une vieille pièce de cinq bu, dont le cuivre douteux tinta comme le glas au fond du déversoir à monnaie, après avoir traversé sans s'arrêter les entrailles mystérieuses de la console de tir.
" Chef, la pièce, elle est pas bonne ! S'alarma Borgo.
- Remets-la.
- Elle marche pas.
- Contact dans trente secondes, annonça six-cinquante.
- Essayez avec une autre, poursuivit le capitaine, soudain anxieux.
- J'essaye, j'essaye... Mais ça marche toujours pas !
- C'est pas vrai, c'est encore en panne !
- Contact dans dix secondes, deux missiles ennemis en approche.
- Manœuvre d'évasion ! Bon dieu, je vais tuer ce foutu nain !"
La planète bascula vivement dans le champ d'observation de la passerelle mais pas assez vite pour éviter l'un des missiles qui explosa contre le bouclier kinestésique, à quelques mètres seulement du fuselage. Le choc fit s'éteindre un instant les luminaires du pont, décrocha quelques panneaux de plafond et renversa plusieurs membres d'équipage de leurs sièges. Une sirène d'alerte gémit comme un marcassin trisomique tandis que la voix impavide du congrueur égrenait :
" Rupture d'alimentation du contrôle d'attitude, bouclier kinestésique avant à 18% de sa puissance nominale, dépressurisation du pont 3 secteur B.
- Plongez dans l'atmosphère, le sillage thermique devrait affoler ses missiles.
- Eh, c'est ma manœuvre ! Se plaignit Diana qui sortit de sa paralysie phobique pour l'occasion.
- Ce que tu es susceptible. Pilote, manœuvre de Trouille."
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 18/08/04 19:12
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Avec l'aisance que donne l'habitude de se faire tirer dessus, le pilote fit plonger le Disko vers Akereb-les-Mines, dont l'atmosphère purpurine et poussiéreuse sembla se déliter à mesure que l'on s'en rapprochait. La maniabilité à pleine vitesse n'était manifestement pas la qualité première du Gonzo, qui dépassa largement la trajectoire du Disko et dut virer serré pour éviter de perdre son adversaire, ce qui donna quelques précieuses secondes aux sauvageons pour exécuter la périlleuse approche de la haute atmosphère. Bientôt, des éclairs flous zébrèrent l'avant du vaisseau, là où le bouclier kinestésique séparait la fragile coque d'électrargyre du plasma surchauffé, et un bombardement continu de boules de feu jaillit vers l'arrière, formant comme la longue queue d'une comète. Sans doute la manœuvre s'avéra-t-elle efficace car, plutôt que de lancer ses traits mortels sur une cible à l'acquisition douteuse, le fatal astronef se lança dans le sillage du Disko. Depuis le sol tourmenté de la planète, un observateur aurait pu voir deux traits de flamme consécutifs fendre les cieux, tout d'abord rougeoyants, puis tendant vers le jaune, et enfin vers un blanc étrange et éclatant à mesure que proie et chasseur descendaient dans les basses couches de l'atmosphère.
Pendant ce temps, le capitaine, fidèle à sa parole, s'attelait à la tâche la plus pressante du bord : retrouver Pleinechope Troisbras et lui faire sauter les dents à coups d'extincteur dans la gueule. Il n'eut pas à le chercher longtemps, car celui-ci remontait précisément vers la passerelle. Voyant les intentions homicides de son supérieur, il se figea, et dans un accès de virile assurance qui fit honneur à ses ancêtres briseurs de cailloux, défia la furie du capitaine en ces termes puissants :
" Euh... On peut sûrement discuter ?
- Ah ! Je vais te tuer !
- Vous vous égarez, capitaine... Quels que soient vos griefs, il y a sûrement un terrain d'entente...
- Tiens, nabot, prends ça, et ça... Eh, reste là quand je te tape dessus !
- Je ne pense pas que ce serait très prudent capitaine... Mais quelle est la raison de votre...
- Mais tu vas cesser de gigoter, que je te cogne ! Tiens, prends ça dans ta WOUAHYAHA... ouuuuuh... "
Le capitaine, malgré sa stature fort moyenne, venait d'expérimenter l'inconvénient qu'il y a à combattre un nain quand on est plus grand que lui et que l'on évolue dans un espace restreint, à savoir que l'on en vient assez souvent à se faire mal avec sa propre arme. Par bonheur, l'arme dont il était question n'était pas un Extincteur +4 de Force, ni un Extincteur-Démon Voleur de Neuf Vies, ni un Extincteur des Berserkers Ogres du Chaos, ni une Orbe Titanique Ecarlate de Sicli, c'était juste un extincteur. Au pire pouvait-on dire un Extincteur d'Extinction des Feux Normaux Pas Trop Etendus.
Bref, il s'écrasa le pied droit, ce qui était fort douloureux, et tomba à terre.
" Je suis navré de ce qui vous arrive, capitaine. Mais pourquoi me poursuivez-vous avec cet extincteur ?
- Approche-toi, que je te l'explique à l'oreille.
- Euh... je préfère pas.
- Ton foutu distributeur, là...
- La console de tir ?
- Elle ne marche toujours pas.
- Mais si.
- Mais non.
- Mais si.
- Je sais ce que je dis, elle ne prend pas les pièces.
- Il se passe quoi, exactement ?
- On met une pièce de monnaie dans la fente, et elle fait cling clong, et elle retombe en bas, et la console ne s'active pas.
- Une pièce de combien ?
- De cinq bu. Une honnête et brave pièce de cinq bu, comme il en existe des millions, en bon cuivre de nos montagnes.
- Ah oui, je vois. Et vous n'avez pas vu la petite note que j'ai punaisée sous le bouton de la monnaie ?
- Euh... Quelle note ?
- Celle où il y avait marquée " faites l'appoint ".
- ...
- Parce que c'est trois bu, un potage-tomate. Je voulais remplir le monnayeur avec de la petite monnaie, mais vous savez ce que c'est, on n'en trouve jamais quand on en a besoin... "
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 18/08/04 19:12
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Appuyé sur le nain, le capitaine revint à la passerelle, boitillant de toutes ses forces, et se dirigea vers la machine à café. Trouille, qui avait pris la place d'honneur, se leva quand elle le vit et s'exclama, comme le voulait le règlement :
" Capitaine sur la passerelle.
- Cafteuse. Continuez, je m'occupe de la console. "
Alors, Diana se rassit, comme elle avait coutume de le faire lorsqu'elle était de quart, c'est à dire dressée vers l'avant comme un crotale prêt à mordre, une demi-fesse sur le siège, les chevilles croisées, les bras tendus en travers de chaque accoudoir comme si on lui faisait deux prises de sang à la fois, dans une attitude qui, du reste, ne manquait pas d'allure. Parfaitement concentrée sur la marche du vaisseau, elle avait découvert au cours de ses voyages stellaires qu'arrivée à une certaine intensité, la peur, loin de la paralyser, accélérait singulièrement le cours de ses pensées et aiguisait des instincts de guerrier dont elle aurait juré n'avoir pas une once dans le sang quelques mois auparavant. Elle donnait ses ordres d'une voix assurée et aussi calme qu'il était possible en de telles circonstances. Toute à son affaire, qui consistait à esquiver les coups de l'ennemi sans perdre le contrôle du vaisseau (qui se déplaçait quand même à plus de mille brasses par seconde), elle ne prêta que peu d'attention aux jurons de son supérieur, au cliquètement des pièces, ni à son hurlement de joie. En revanche, l'ordinateur l'intéressa au plus haut point lorsqu'il décréta :
" Console de tir activé.
- Super, comment fait-on pour charger les lance-torpilles arrière ?
- Court non-sucré, capitaine, expliqua le nain.
- Xshhh... Rétroplanicogyre... " crachotta la console de communication.
Touché à l'arrière par le rayon du Gonzo, le Disko fut pris d'un violent lacet consécutif au déséquilibre d'un de ses propulseurs, que le pilote corrigea en braquant instinctivement les commandes dans l'autre sens. Hélas, son mouvement fut si violent que l'astronef repartit en lacet dans l'autre sens, effectuant un tour complet à une allure bien trop rapide. Sous l'effet des gigantesques contraintes aérodynamiques que subissait le bouclier à ces vitesses, le Disko fut soudain projeté alternativement vers le haut et vers le bas, ce qui eut pour effet bénéfique de lui faire éviter un tir de son ennemi, et pour effet néfaste d'incurver sa course en direction du sol semé d'une belle quantité d'anciens cratères volcaniques ocres et bruns, auxquels ils menaçaient donc d'en ajouter un tout frais dans d'assez brefs délais.
" Répulseurs à pleine puissance, vecteurs de torsion à 60° "
Jeckle exécuta l'ordre du commandeur Trouille, qui s'avéra judicieux, car il permit au Disko d'éviter le sol plat et semé de petits cailloux aigus de plusieurs centaines de brasses. Ils pouvaient maintenant redresser et reprendre de la vitesse. Sur l'écran du détecteur à courte portée, le Gonzo s'affichait maintenant à cinq kilobrasses d'altitude environ, vers l'avant et à vingt degrés tribord. Il avait rompu la poursuite en escomptant un crash de son ennemi, ce qui lui valait maintenant de se retrouver en vilaine posture, et opérait une large boucle en altitude pour refaire un passage.
" Capitaine, ennemi en ligne de mire.
- Parfait, yek yek yek. Chargez des torpilles cantiques dans les tubes 1 et 3, et sortez les turbots-lasers. Ce fumier va regretter d'avoir eu affaire au capitaine James T. Punch ! Six-Cinquante, je veux une solution de tir.
- Tip tip tiroulip... Vous l'avez, camarade capitaine. Il revient pour nous intercepter sur un cap oblique.
- Il va avoir une surprise. Où en est-on, ami nain ?
- Tubes chargé, cuve turbot-laser principale à 36% de frétillement, batteries supérieures avant sorties et en cours d'acquisition.
- OK, c'est le moment de régler son compte à ce pirate de l'espace. Ah on attaque les honnêtes gens, hein ? Au nom de l'Astrocorps, monsieur Troisbras, faites feu des tubes un et trois.
Avec une légère hésitation, Pleinechope Troisbras commanda un cappuccino et un déca. Et dans un frôlement sinistre, deux crocs d'argent jaillirent à toute vitesse de l'avant du Disko avant d'infléchir leur course mortelle vers le Gonzo.
Et une touillette tomba de la console de tir.
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 05/09/04 17:35
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Coucou, me revoiçou, après une longue absence dûte à mes (in)activités à San Francisco. donc, revenons à nos sauvageons, où qu'ils en étaient déjà ? Ah oui, ils avaient découvert comment utiliser leurs armes.
Le visage monumental et impassible à l’avant du Gonzo n’était pas conçu pour produire une expression quelconque, Punch savourait néanmoins la surprise qu’il imaginait sur la face du prince Beteljus, qu’il s’imaginait (sans trop savoir pourquoi) en gnome blafard aux membres arqués, à la dentition jaunâtre, au crâne semé de touffes maladives de poils drus et rouges, et dont les aisselles sécrétaient une humeur âcre suintant jusqu’entre les replis flasques de son abdomen adipeux.
Le vaisseau ennemi vira sèchement sur tribord, entraînant les deux missiles dans sa course, dans le but de les ramener vers le Disko, mais Trouille avait anticipé la feinte et donné un vigoureux coup de répulseurs gratitationnels pour prendre quelques centaines de pas d’altitude et se dégager . Le Gonzo plongea alors sur bâbord dans l’espoir de semer les systèmes de guidage des bolides à ses trousses, sans succès aucun. Finalement, il se mit en vol en palier à bonne vitesse, comme s’il souhaitait que les torpilles eussent un travail plus facile, mais à la dernière demi-seconde, le prince des Zoorfs démontra son habileté manœuvrière ainsi que sa témérité en roulant sur bâbord de quatre-vingt dix degrés, laissant passer le premier des missiles sous sa carlingue. Avant que les dispositifs de contrôle du projectile n’analysent la situation, ce dernier se retrouvait maintenant largement devant le Gonzo, lui offrant une cible immanquable. Les bras d’acier s’étendirent alors, et au cri de « Gigavolt », il pulvérisa le premier des lévriers lancés à ses trousses. Puis, les bras s’abaissèrent, pour viser le second.
Ah, eut-il disposé d’une seconde de plus pour accomplir son action que la suite des événements aurait été bien différente, mais hélas pour lui, et au grand plaisir de nos vaillants cosmatelots, la torpille survivante s’était tant rapprochée que la détonation ébranla rudement la soucoupe bariolée, qui partit alors en vrille à grands renforts de fumée grise, d’étincelles et de tonneaux barriqués. Las, au grand dépit de nos héros, il sembla bien que le pilote n’était pas à bout de ressources, et au lieu d’exploser de façon réjouissante dans l’ocre poussière d’Akhereb-les-Mines, sa trajectoire s’incurva pour remonter en une chandelle verticale, qui l’amena rapidement au-dessus du Disko, dont on rechargeait encore les tubes lance-torpilles. Diana prit le parti de mettre en avant toute, pour couper la trajectoire ennemie, le forcer à ralentir pour faire un virage serré et surtout pour le mettre dans la ligne de mire des tubes arrières. C’est alors que, contre toute attente, le Gonzo parut se briser en deux morceaux.
Mais, parbleu, qu’était-ce donc ? Elle ne rêvait pas !
Tandis que le gros de l’astronef ennemi, en forme de soucoupe, poursuivait sa course erratique, la figure de proue s’était extraite toute entière, tirant derrière elle un tronc et des jambes de métal aux couleurs vives, formant une mécanique ayant tout d’un guerrier en armure, mais d’un gabarit tout à fait exceptionnel, puisqu’il mesurait une quinzaine de brasses de stature ! Et sans doute avait-il quelque moyen de propulsion, car il approchait du Disko avec des intentions sans doute mortifères.
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 05/09/04 17:37
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21 ) Table ronde dans le carré
DS 637.0
Les membres éminents du Disko s’étaient réunis ce soir là dans le carré des officiers, en présence du capitaine, qui avait laissé la passerelle à son second.
« Point du tout ! Moi, j’pense qu’on ferait bien d’les balancer dans eul’vide. Pasque ces mecs, y sont pas clairs, ça m’étonnerait pas qu’y soinet possédés par choubenigourate et par cluthlu. Y’a des forces chtoniennes dans l’Univers, que faut point jouer avec, elle disait Mémé. Par exemple, les champignons violets qui poussent sur les arbres. Si on joue avec, on s’brûle et on s’cloque les doigts. Je sais pasque j’ai essayé, et j’me suis cloqué les doigts, comme elle disait, Mémé.
- Voilà une riche idée, approuva Lizzie. Tiens, par exemple, on leur dit qu’on leur a installé un spacieux bureau pour qu’ils puissent faire leur rapport, on y transvase les deux guignols et leurs paperasses, on ferme derrière eux, et puis manque de pot, comme fait exprès, le nouveau bureau, c’était la salle de chargement ! On ouvre le sas, et zou... Bien organisé, ça passerait pour un accident.
- Quel projet barbare et scandaleux, exposa le docteur Khunduz. Je suis pour ma part partisan d’une céphalotomie préventive des deux sujets. Je suis sûr que la Faculté serait ravie de savoir de quelle étrange substance le crâne de ces hurluberlus peut bien être rempli.
- Vous ne préférez pas que je les pétrifie ? C’est rapide et immanquable...
- Allons, allons, du calme, temporisa le capitaine. Que vous ont-ils fait, ces deux auditeurs ?
- Ils préconisent une remise en conformité immédiate du système de propulsion avec les standards ISO-9004, s’insurgea (son insurrection étant mesurable à l’agitation de sa serpentine chevelure) la MOA. Ils considèrent que tous les travaux de réglage effectués par moi et mes équipes depuis quinze mois sont non-conformes, donc nuls et non avenus. NULS, vous voyez, c’est écrit noir sur blanc, et NON AVENUS.
- Estime-toi heureuse, ils veulent que promouvoir, attends, je cherche comment ils ont tourné ça... Ah oui, me promouvoir à un poste plus adapté à mes compétences, au Comité Stratégique de Direction Générale de Retro-Benchmarking. C’est super hein ? C’est sûr qu’on a toujours besoin d’un dragon pour faire du rétro-stratégique en comité.
- De quel genre de travail s’agit-il ?
- Va savoir. Sûrement glander dans un bureau, recevoir des documents sans intérêt provenant de services inutiles, les lire, les tourner autrement et écrire un joli document qu’on envoie en trois exemplaires à autant de services tout aussi inutiles que les précédents. Et toi Bralic, que t’ont-ils fait ?
- Y disent que j’savions point lire. Les saligauds ! Moi, Bralic Eul’Destructeur !
- Tu sais lire ?
- Oui-da, ben sûr. Et pis écrire aussi.
- Qui l’eut cru.
- Mais j’savions lire que ç’que j’écrivions moi-même. Des fois. J’ai une langue à moi perso. J’soyons autoréférent, en quêqu’sorte. Et y veulent que j’apprend la langue des aut’kêkes là... sous peine de sanctification. Moi j’vous l’dis, çuilà qui sectionnera Bralic, il est point né !
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 05/09/04 17:38
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- Bien parlé. Et toi doc, en quoi te brime-t-on ?
- Imaginez-vous, mes amis, qu’ils envisagent, c’est risible, de tenir une comptabilité des soins et prescriptions. Non mais vous imaginez la scène ? Une saignée, remplissez la fiche de demande en trois exemplaires et appuyez bien pour faire un joli carbone. Une amputation, il faut chronométrer le temps passé à découper et à suturer, sachant qu’on est autorisé à amputer tant d’heures par annuité glissante. Une scarification rituelle selon la cérémonie Brth-l’zoril ? Signez-moi la décharge pour l’hépatite et consultez la liste des motifs shamaniques licites. Une euthanasie ? Adressez une demande formelle au bureau sanitaire de l’Astrocorps, qui vous répondra par pli notarié sous 90 jours fin de mois. Et après ils voudront quoi ? Que je leur envoie des feuilles de remboursement ? Que je me lave les mains avant les opérations ? Que j’ai un diplôme ? Mais où va-t-on ? »
Un brouhaha approbateur accueillit les propos de l’albinos, qui en rajoutait complaisamment dans l’emphase déclamative et menaçait d’en appeler au syndicat. Le capitaine laissa faire un moment, puis calma l’émeute de ses officiers, qui menaçait de tourner à la mutinerie.
« Ecoutez les enfants, je comprends tout à fait vos griefs, et je les approuve. Et vous pouvez m’en croire, je ne laisserai pas ces gaillards quitter mon bord tant qu’ils auront en tête ces sornettes ridicules. En attendant, notre voyage ne fait que commencer, et bien des choses peuvent se produire d’ici qu’il se termine. Après tout, trois mois, c’est long, peut-être finiront-ils par se faire à nos méthodes de travail, ou bien découvrirons-nous un moyen de faire pression sur eux. Et si d’aventure le problème était encore prégnant lorsque nous approcherons de la Terre, alors, nous prendrons les mesures qui s’imposent. »
Tout le monde approuva les sages paroles du capitaine Punch, et l’esprit apaisé, les officiers retournèrent à leur office.
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 05/09/04 22:36
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22 ) Le combat des titans
DS 663.6
« Cométo-pertuisane », s’exclama l’adversaire tandis que, dans les mains de son automate de combat, apparaissait une longue lance à large fer. Les sabots du géant passèrent au-dessus de la passerelle. Un choc sec, il s’était posé quelque part sur la face supérieure du Disko. Sans en recevoir l’ordre, Jeckle braqua instinctivement les commandes en roulis, de façon à basculer l’ennemi par dessus-bord. Peine perdue, celui-ci, ayant anticipé le danger, venait de planter son arme monumentale dans la coque, non loin de la coupole d’observation, et s’y cramponnait. Le grincement du métal déchiré par le métal était insupportable, s’ajoutant au vrombissement des systèmes de stabilisation hors-limite et au reflux chaotique du phlogiston dans les circuits d’exhausteurs. Le pilote avait maintenant du mal à reprendre le contrôle du vaisseau déséquilibré, qui se mettait à perdre de l’altitude.
« Fulgurex », annonça l’abominable prince Beteljus, avant que des cornes de son terrible automate ne jaillisse un éclair puissant qui, traversant le métal conducteur, frappa durement la partie tribord avant du Disko. L’énergie prodigieuse se libéra dans la structure de bois, qui explosa en maint endroits, prit feu en d’autres, projeta alentours des échardes brûlantes qui blessèrent cruellement les infortunés membres d’équipage occupés dans cette partie du vaisseau. La fumée envahit rapidement les couloirs, se propageant par les systèmes d’aération, et la confusion gagna bientôt les cosmatelots qui se mirent à courir, hurler, prier leurs dieux, implorer les démons, vomir, cracher, se marcher dessus et se cogner à coups de poings pour avoir le privilège de grimper en premier une échelle de service. Ah, certes, ce ne fut pas l’heure la plus glorieuse du Disko. Et tandis que les officiers de passerelle luttaient pour remettre leur appareil d’aplomb avant qu’il ne se transforme en curiosité géologique, le titan trônait sur la coque, ravageant celle-ci en la martelant de ses poings puissants, arrachant sans peine les plaques de blindage.
Dans ce fracas guerrier, tandis que la dévastation s’étendait sur les ponts supérieurs du Disko, la confusion se propageait tel une furieuse inondation parmi les hommes de la meilleure étoffe, certains hurlant, d’autres pleurant, d’autres s’attelant à des tâches désespérées pour oublier l’espace de quelques secondes l’issue funeste qui les attendait, pour tromper la mort encore un instant en ayant l’air occupé. Il y en eut quelques uns pour sauter au travers des trous de la coque, malgré les centaines de brasses de chute libre qui les attendaient, d’autres pour se frapper la poitrine et s’arracher les cheveux à pleines touffes, d’autres enfin qui en profitèrent pour faire les poches de ceux qui étaient morts ou trop blessés pour protester. Mais il était clair pour tout le monde que l’odyssée de l’USS Disko s’achèverait bientôt de spectaculaire façon, sur la face vérolée d’un astre bien lointain, où nul en s’occuperait de leur donner sépulture, et qu’aucun n’avait le moindre moyen de s’en tirer.
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 05/09/04 22:37
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Aucun, sauf Lizzie Lightningstorm, qui avait sa petite idée sur la question. Grièvement brûlée lors de son intervention pour sauver le convecteur de la fusion qui le menaçait, quelques jours plus tôt, elle avait passé les derniers jours à se reposer à l’infirmerie, et sa constitution robuste lui avait permis de se remettre de blessures qui auraient tué tout autre qu’elle. Néanmoins, c’est toujours boitillante et couverte de pansements qu’elle progressait dans les couloirs enfumés de l’astronef, sans rien voir du désespoirs de ses compagnons ni rien entendre de leurs lamentations. Deux niveaux plus bas se trouvait la salle de chargement, c’est à dire le sas principal, dont elle parvint à ouvrir la porte intérieure (qui était légèrement voilée, mais elle avait du muscle), entra dans le grand capharnaüm et referma derrière elle, goûtant à la relative tranquillité du lieu. Elle en avait un peu assez des tactiques martiales moyennement rigoureuse du capitaine Punch, ce que l’on comprendra aisément, et avait décidé que le temps était venu de faire acte de désertion. D’un poing résolu, elle défonça le panneau de verre qui protégeait les commandes d’urgence, activa le panneau et poussa un gros bouton rouge sur fond rayé noir et jaune, à côté duquel trônait un petit panneau métallique gravé d’une tête de mort et d’instructions commençant par « Ne surtout pas... ».
La porte du sas principal s’ouvrit d’un coup, poussée par la pression - car l’atmosphère d’Akhereb-les-Mines était plus ténue que celle du vaisseau – et Lizzie, accompagnée de toutes sortes de débris non-accrochés, fut expulsée à bonne vitesse dans l’air glacial de la planète. Un peu assommée par le choc et la décompression, il lui fallut une seconde pour reprendre ses esprits, et ce n’est qu’alors qu’elle put revêtir sa forme naturelle.
Ah, soulagement...
Cela faisait si longtemps qu’elle se complaisait dans ce corps avorton, elle avait presque oublié ce que ça faisait d’évoluer dans les cieux, libre et puissante, magnifique flèche d’azur dans un ciel rose bonbon. Sa queue fouetta l’air, ses ailes se déployèrent et se gonflèrent d’une ample provision de vent, comme pour s’en gaver après une trop longue diète. Malgré la faiblesse du gaz qui en portait le son, le cri du dragon s’étendit amplement, proclamant sa force et sa fierté à la face des dieux de cette planète.
Mais l’ivresse du vol fut de courte durée, la rêverie fut brisé par le sifflement strident de rayons mortels filant autour d’elle, les rayons digitaux du Gonzo lancés contre elle. Mais quel était ce géant incongru perché sur son astronef ? Elle comprenait maintenant quel péril mettait en danger le Disko, et elle sentait monter en elle un flux incandescent, semblable au bouillonnement de la lave remontant le long d’une cheminée volcanique, de plus en plus vite. Telle était l’ancestrale fureur des dragons, telle était sa nature profonde. Cet automate l’avait vue, il ne voulait pas la laisser s’enfuir. Il aurait dû, pourtant, maintenant, c’était trop tard. Elle n’avait plus envie de fuir.
Quelle est la différence fondamentale entre l’homme et le dragon ? Bien que les deux créatures partagent le don de l’intelligence, c’est une divergence profonde, car elle procède du plus intime de chacune des races, de son origine. L’un est un petit singe mangeur de fruits, de racines et d’insectes, et parfois, lorsqu’il se sent assez fort et nombreux, il dispute aux vautours une charogne fraîche. Ce mode de vie est une école de tempérance, de patience et de circonspection. L’autre est un carnassier, un traqueur, un fauve généreusement doté par les dieux de toutes sortes d’armes, auquel rien, dans la nature, n’est sensé résister. C’est là un tout autre enseignement, et une manière bien différente de voir le monde et la place que l’on y occupe. Qui ignore cela ne peut comprendre la volte-face de Lizzie Lightningstorm, ce jour là, dans le ciel d’Akhereb-les-Mines.
Elle ploya donc son corps serpentin, le vrilla à l’extrême pour plonger presque à la verticale, puis redressa sa course à grands coups d’ailes pour rattraper l’astronef en perdition, prenant soin de ne jamais offrir de cible fixe à son adversaire. Elle comprit vite qu’elle disposait de l’avantage, et commença à jouer avec lui, disparaissant sous la carlingue pour reparaître de l’autre côté, se mettant à couvert derrière un relief de la coque à chaque fois qu’il tentait d’ajuster son tir. Ayant jaugé son adversaire, elle décida alors de porter une attaque.
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 05/09/04 22:37
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Elle disparut donc derrière le rebord de la soucoupe, elle reprit de la vitesse, incurva sa course sur le côté, reparut presque devant la passerelle et revint vers le Gonzo, ajoutant à sa vélocité celle du vent relatif. Elle fit un passage presque au ras de la coque, le bout de ses longues ailes à un tiers de brasse des plaques descellées. Le lourd géant eut à peine le temps de se retourner pour voir le dragon filer droit vers lui, puis redresser et se dégager juste avant la collision. L’espace d’un instant, les écailles pectorales d’un bleu tendre emplirent toute la verrière du prince Beteljus, qui eut un mouvement de recul. Puis le guerrier de fer tomba à la renverse sur le blindage métallique de sa proie, la queue du grand ver azuré s’était enroulée en un éclair autour de sa jambe et l’avait tirée avec une terrible force. Sans lâcher prise, Lizzie se retourna et s’apprêta à sauter à la gorge de son adversaire.
« Rétro-planicogyre ! », entendit-on alors par le communicateur de la passerelle du Disko, tandis que, de la large poitrine d’acier du Gonzo, jaillissait un rayon arc-en-ciel qui surprit le reptile et le repoussa au loin, à son grand désarroi. Soudain placée dans une position peu conforme aux lois de l’aérodynamique, Lizzie avait besoin de quelques temps pour sortir de sa vrille et reprendre le sens du vent. Des secondes que dans ce combat furieux, Beteljus n’était pas disposer à lui laisser. Ah, quel rude combattant c’était, ce Beteljus. Hardi, inventif, rusé et doté d’un remarquable sens du timing, on comprend aisément qu’il ai donné tant de fil à retordre aux Vegons.
Et nul doute que s’il avait connu les particularités biologiques des dragons-tonnerre, il n’aurait jamais commis l’erreur d’essayer d’en foudroyer un.
Le Fulgurex du titan coloré n’eut pour effet que de décupler les forces du grand ver, qui revint dans le combat par une attaque brutale et répondit à l’éclair selon la coutume de son peuple. Le Gonzo était, jusqu’à un certain point, blindé contre les attaques foudroyantes, mais un souffle de dragon à bout portant dans les circuits de contrôle dépassaient quelque peu ses capacités d’absorption. Le choc du grand corps serpentin acheva de le déséquilibrer, puis Lizzie, ivre de rage, emmêla volontairement son corps contre celui de l’automate cornu, tentant de le démantibuler par des contractions violentes, tout en enfonçant ses crocs acérés dans sa gorge et en lacérant de ses griffes avides les plaques protégeant l’abdomen.
C’est à ce moment que le Disko toucha terre pour la première fois, presque selon la tangente mais à environ cent brasses par seconde, de telle sorte que le choc fut terrible et, sans la protection des systèmes de compensation, Lizzie et Gonzo furent éjectés au loin, laissant l’astronef poursuivre son jeu de ricochets. Lizzie se sentit projetée, dépliée, repliée, expulsée, tourneboulée, concassée, son champ de vision s’emplit d’une multitude de tourbillons et de flash lumineux, et puis, avec un certain soulagement, elle sombra dans l’inconscience, affalée au pied d’une immense colonne de pierre couleur de sang caillé, parmi les restes de son ennemi démantibulé.
Trente secondes plus tard, un fauteuil accroché à un grand parachute descendit gracieusement et se posa à quelques mètres seulement du dragon, sans que son occupant ne s’alarme de la proximité. Le prince Beteljus n’avait eu que le temps d’actionner la commande d’éjection avant de rejoindre, lui aussi, le pays des songes.
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Réponse au Sujet 'Sauvageons no manga' a été posté le : 05/09/04 22:38
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Ce n’étaient ni la gravité ni la densité atmosphérique qui caractérisaient Akhereb-les-Mines, aussi fallut-il pas mal de rebonds pour que la grande carcasse du Disko veuille bien s’immobiliser, contre le flanc d’une colline douce. A bord, un certain calme revint. La plupart des systèmes de soutien étaient à l’arrêt, en particulier celui qui faisait de la lumière dans les couloirs, alors, les bricoleurs se débrouillèrent pour allumer des torches, ceux qui connaissaient un peu de magie en firent, ceux qui avaient une arme magique la dégainèrent, et les autres tâchèrent de trouver un hublot.
Sur la passerelle, c’était bien simple, toutes les consoles du plafond pendaient lamentablement au bout de câbles grésillants, qui de temps en temps crachouillaient distraitement de petites gerbes d’étincelles.
« Ouf, dit le capitaine Punch, j’ai bien cru que cette fois, on allait y passer ! »
A peine eut-il fini de prononcer ces paroles que sous le poids du vaisseau, le sol d’Akhereb-les-Mines, troué comme harmonica et fragilisé par les chocs, s’effondra, et le Disko dégringola de guingois dans les ténèbres, à grands renforts de « AAAAHHHH » et de « OOOOHHHH ».
Quand on a la lose...
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