Zombie

-= Chaos Legions =-
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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 22/02/08 05:08
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Je sais moi des sorciers qui invoquent les jets
Dans la jungle de Nouvelle-Guinée
Ils scrutent le zénith convoitant les guinées
Que leur rapporterait le pillage du fret
Sur la mer de corail au passage de cet
Appareil ces créatures non dénuées
De raison ces papous attendent des nuées
L'avarie du Viscount et celle du Comet
Et comme leur totem n'a jamais pu abattre
A leurs pieds ni Bœing ni même D.C. quatre
Ils rêvent de hijacks et d'accidents d'oiseaux
Ces naufrageurs naïfs armés de sarbacanes
Qui sacrifient ainsi au culte du cargo
En soufflant vers l'azur et les aéroplanes.
Où es-tu Melody et ton corps disloqué
Hante-t-il l'archipel que peuplent les sirènes
Ou bien accrochés au cargo dont la sirène
D'alarme s'est tue, es-tu restée
Au hasard des courants as-tu déjà touché
Ces lumineux coraux des côtes guinéennes
Où s'agitent en vain ces sorciers indigènes
Qui espèrent encore des avions brisés
N'ayant plus rien à perdre ni Dieu en qui croire
Afin qu'ils me rendent mes amours dérisoires
Moi, comme eux, j'ai prié les cargos de la nuit
Et je garde cette espérance d'un désastre
Aérien qui me ramènerait Melody
Mineure détournée de l'attraction des astres.
- Tu t'appelles comment ?
- Melody
- Melody comment ?
- Melody Nelson.
Serge Gainsbourg, "Cargo culte" 
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Cachée
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Chaos Genitor

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 22/02/08 14:49
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Trente-cinq jours sans voir la terre
Pull rayé, mal rasé
On vient de débarquer (cargo de suie)
Trente-cinq jours de galère
Et deux nuits pour se vider
(la nuit, te suis, change de port, cargo de nuit)
J'avance sur ce quai humide
La sueur brûle comme l'acide
L'enfer va commencer (cargo de nuit)
Bière chaude et narguilé
Chez Mario, tout oublier (la nuit te nuit, change de port)
Mais cette machine dans ma tête
Machine sourde et tempête
Mais cette machine dans ma tête
Leitmotiv, nuit secrète
Tatoue mon âme à mon dégoût
(cargo de nuit)
Lanterne rouge : je guette l'entrée
L'alcool est mon allié
L'amour, il faut payer (cargo d'ennui)
Virée grasse, elle m'entraîne
Vers l'angoisse et la rengaine
(la nuit, d'ennui, change de port)
Da da da daya da da da daya...
{instrumental}
Mais cette machine dans ma tête
Machine sourde et tempête
Mais cette machine dans ma tête
Leitmotiv, nuit secrète
Tatoue mon âme à mon dégoût
J'ai voulu tout chaviré
Mon espoir s'est échoué
J'en ai marre de ramer
La détresse polluée
L'océan de mes pensées
Et cette machine dans ma tête
Machine sourde et tempête
Et cette machine dans ma tête
Leitmotiv, nuit secrète
Tatoue mon âme à mon dégoût
Da da da daya da da da daya...
(cargo de nuit, la nuit, cargo de nuit...)
Cargo - Axel Bauer
Coyotte, zou - obligé
-------------------- It's never lupus.
Et maintenant sur mon profil, l'ABC du Docteur Gregory House
Une petite fable pour la route ?
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Zombie

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 25/02/08 02:17
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L'ombre et l'image
Si j'ai ri ce n'est pas du monde éclatant et joyeux qui passait devant moi. Les têtes penchées ou droites me font peur et mon rire aurait changé de forme en une grimace. Les jambes qui courent tremblent et les pieds plus lourds manquent le pas. Je n'ai pas ri du monde qui passait devant moi - mais parce que j'étais seul, plus tard, dans les champs, devant la forêt énorme et calme et sous les voix qui, dans l'air endormi, se répondaient.
Pierre Reverdy, "Etoiles Peintes" (1921), in Plupart du temps.
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Fourbus Addict

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 28/02/08 08:52
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Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :
Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.
Joachim Du Bellay (Recueil : Les Regrets)
--------------------
Ni Dieu ni maître (même nageur)
My God is Gorn Nova, my Devil is Elric
Succub est mon N'Amie !
Tout est dérisoire ! Même les merguez ! (Daniel Prévost)
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Pal pas triste

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 29/02/08 11:25
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Je l'avais déjà linkée dans le sujet sur "la mort" dans 'horreur' 'histoires...'
Une Charogne
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux:
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Le ventre en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s'élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!
Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés!
Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire
Ca se finit un peu sur l'idée de Shakespeare dans Hamlet (eh oui, encore lui) lorsqu'il parle au crâne de Yorik, le défunt bouffon du roi son père:
"Now get yet to my lady's chamber, and tell her, let her paint an inch thick, to this favour she must come; make her laugh at that." Hamlet, Acte V, scène 1
Maitenant, va-t-en à la chambre de ma dame, et dis lui, qu'elle pourra se mettre une pouce de fard, c'est à cette image qu'elle devra venir; fais la rire de ça.
Il a moins ri en découvrant qu'elle y venait prématurément.
-------------------- CREO ERGO SUM
"Commencez vous à voir quelle sorte de monde nous créons? [...] Un monde d'écraseurs et d'écrasés, un monde qui, au fur et à mesure qu'il s'affinera, deviendra plus impitoyable."
1984, Georges Orwell
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Bourreau une taille au-dessus

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 29/02/08 22:52
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Et la lune, il y en a surement deux. Une lune pour les nations, aimable et douce, qui sourit au monde et écoute tendrement son chant de bonheur et de félicité. Et une lune pur notre peuple. Une lune cruelle, brutale, qui assiste à tout, indifférente et glacée, et entend les lamentations et les cris des cœurs, des millions, qui se débattent avec elle, et la mort qui vient sur eux.
Zalmen Gradowski - Au Cœur de l'Enfer, 1944 (Sonderkommando d'Auschwitz et un des chefs de la révolte, mort lors du soulèvement du camp)
-------------------- Son visage devint livide, ses yeux bleu sombre et profonds, et entre ses lèvres
entrouvertes brillaient deux rangées de dents fines, blanches et serrées. Et bientôt, les dents
mordirent profondément la main de Yashka.
Lamed Shapiro Dans la ville morte
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Chaos Genitor

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 04/03/08 09:06
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AUTOMNE : LE VENT TOURBILLONNANT
Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.
L'Automne qui descend les collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre coeur;
Et voici que s'afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées.
Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos
S'est tu; le pêne grince à la grille rouillée;
La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
Et le linge blanc claque, éperdu, dans l'enclos.
Le jardin nu sourit comme une face aimée
Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient;
Seul, le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien
Monte, mélancolique, à la vitre fermée.
Suscitant des pensers d'immortelle et de buis,
La cloche sonne, grave, au coeur de la paroisse;
Et la lumière, avec un long frisson d'angoisse,
Ecoute au fond du ciel venir des longues nuits...
Les longues nuits demain remplaceront, lugubres,
Les limpides matins, les matins frais et fous,
Pleins de papillons blancs chavirant dans les choux
Et de voix sonnant clair dans les brises salubres.
Qu'importe, la maison, sans se plaindre de toi,
T'accueille avec son lierre et ses nids d'hirondelle,
Et, fêtant le retour du prodigue près d'elle,
Fait sortir la fumée à longs flots bleus du toit.
Lorsque la vie éclate et ruisselle et flamboie,
Ivre du vin trop fort de la terre, et laissant
Pendre ses cheveux lourds sur la coupe du sang,
L'âme impure est pareille à la fille de joie.
Mais les corbeaux au ciel s'assemblent par milliers,
Et déjà, reniant sa folie orageuse,
L'âme pousse un soupir joyeux de voyageuse
Qui retrouve, en rentrant, ses meubles familiers.
L'étendard de l'été pend noirci sur sa hampe.
Remonte dans ta chambre, accroche ton manteau;
Et que ton rêve, ainsi qu'une rose dans l'eau,
S'entr'ouvre au doux soleil intime de la lampe.
Dans l'horloge pensive, au timbre avertisseur,
Mystérieusement bat le coeur du Silence.
La Solitude au seuil étend sa vigilance,
Et baise, en se penchant, ton front comme une soeur.
C'est le refuge élu, c'est la bonne demeure,
La cellule aux murs chauds, l'âtre au subtil loisir,
Où s'élabore, ainsi qu'un très rare élixir,
L'essence fine de la vie intérieure.
Là, tu peux déposer le masque et les fardeaux,
Loin de la foule et libre, enfin, des simagrées,
Afin que le parfum des choses préférées
Flotte, seul, pour ton coeur dans les plis des rideaux.
C'est la bonne saison, entre toutes féconde,
D'adorer tes vrais dieux, sans honte, à ta façon,
Et de descendre en toi jusqu'au divin frisson
De te découvrir jeune et vierge comme un monde!
Tout est calme; le vent pleure au fond du couloir;
Ton esprit a rompu ses chaînes imbéciles,
Et, nu, penché sur l'eau des heures immobiles,
Se mire au pur cristal de son propre miroir:
Et, près du feu qui meurt, ce sont des Grâces nues,
Des départs de vaisseaux haut voilés dans l'air vif,
L'âpre suc d'un baiser sensuel et pensif,
Et des soleils couchants sur des eaux inconnues...
de Albert Victor SAMAIN 1858-1900 -Magny-les-Hameaux, octobre 1894.
Coyotte, hommage à cette cuvée
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