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Sujet : Les Grosbills historiques

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Eldave2001

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 27/11/02 22:45
Mais arrétez donc de taper sur ce pauvre Louis Napoléon! D'accord, il a abattu la IIème république (dans le dos...)! D'accord, son coup d'état a fait quelques morts (pit être un peu plus que "quelques"), d'accord il a fait preuve de césarismé! D'accord...
Mais je reste sur mes positions: l'oeuvre de Napoléon III est quand même un poil plus intéressante que celle de son illustre aïeul. Je ne suis pas bonapartiste, certes, mais glorifier Napoléon Ier comme on le fait en ce moment (et on oublie gentiment qu'il a fait massacrer dans la joie et la bonne humeur une grande partie de la jeunesse d'Europe sur les champs de bataille), et laisser Napoléon III aux oubliettes, alors ça, ça me débecte!!!
Et Totor (oui, par chez nous c'est comme ça qu'on l'appelle Victor Hugo), y est pour quelque chose là dedans: les Chatiment ont parfaitement relégué Napoléon III (pas tous seuls, hein!) dans "les oubliettes de l'histoire".
Au passage, je rappelle la savoureuse réaction dudit Napoléon quand il a pris connaissance du reccueil en question: "voyez, Napoléon le Petit présenté par Victor Hugo le Grand" (à quelque chose près).

Quant à Clémenceau, il était non seulement maire du 18ème pendant la Commune, mais il a en plus fait partie des rares qui ont inlassablement essayé d'éviter l'épreuve de force, puis les effusions de sang, entre Communards et Versaillais.

Tiens, un bon sujet ça, Napoléon III, vous en pensez quoi vous autres?



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CONANOUNET

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 04/04/03 12:09
Je déterre ce thread pour vous faire bénéficier de mon petit cours aux sixièmes sur Alexandre le Grand, l'un des plus grands conquérants de l'histoire -après Gengis-Khan néanmoins :D - et somme toute un fascinant personnage.

Philippe II de Macédoine s'est emparé du pouvoir à Pella, capitale de la Macédoine, en 359 av. J-C. Rude soldat, il éduque son petit Alexandre, né en 356 de son union avec la reine Olympias, avec rigueur. Père distant et dur, il est sans doute à l'origine de la volonté d'Alexandre d'épater son monde.

Alexandre grandit sous la férule de précepteurs illustres, dont Aristote, qui lui donne la passion de la médecine, et de l'Iliade d'Homère. Il lui confiera d'ailleurs sa traduction personnelle, dont Alexandre ne se séparera jamais. On dit même que le conquérant dormait avec son épée au côté, et son Iliade sous l'oreiller. Alexandre enfant est donc bagarreur et caractériel, mais aussi séduisant, et très cultivé. L'histoire grecque le passionne, et Athènes reste pour lui un modèle de civilisation inégalé.

A quatorze ans, Alexandre parie avec son père qu'il sera capable de dompter le cheval Bucéphale, offert par un roi de Thessalie. La bête doit son nom à la tâche en forme de tête de boeuf, blanche, qui orne son front. Ce cheval puissant et fougueux s'agite, et les cavaliers de Philippe s'impatientent. Alexandre détourne le cheval de son ombre qui le terrorise, flatte l'animal et le monte enfin, pour revenir à son père interloqué, caracolant avec fierté. Philippe se serait alors exclamé que le royaume de Macédoine serait trop petit pour son fils. Alexandre chevauchera Bucéphale jusqu'en 321, date à laquelle sa monture périra lors de la bataille contre Poros, en Inde !

Philippe, en parallèle de la vie de palais dans cette petite contrée de Macédoine, moitié grecque-moitié barbare, projette d'unir la Grèce sous son hégémonie. Profitant de l'affaiblissement des cités grecques, il défait l'union d'Athènes et de Thèbes à Chéronée en 338. Il laisse la démocratie à Athènes, et Démosthène qui haranguait les Athéniens contre la menace macédonienne est discrédité. Philippe, grisé par son succès, envisage de passer en Asie et de libérer les cités grecques de la côte de Ionie du joug perse. En effet, le roi Darius III, à la tête de nombreuses satrapies organisées selon une hiérarchie fidèle, représente à nouveau une menace pour le monde grec.

Philippe innove alors en matière militaire : il organise son armée en phalanges (en unités de lignes et colonnes, dont s'inspireront fortement les Romains et les armées du monde entier), organisées et entraînées pour donner une efficacité maximale de mouvement lors des batailles. Les fantassins reçoivent chacun la sarisse, longue lance de sept mètres : ainsi, toute charge de cavalerie était vouée à s'empaler sur cing rangées de lances acérées dépassant du seul premier rang. Les cavaliers achèvent de désorganiser l'ennemi, puis les fantassins avancent.

Philippe est brusquement assassiné par un complot, fomenté semble-t-il par Olympias, qui n'a pas supporté d'être évincé des décisions politiques par son époux. S'ensuit une période de troubles : le jeune Alexandre conquiert difficilement le pouvoir, car les partisans de la dynastie de l'ancien roi de Macédoine font pression. Mais les militaires sont pour Alexandre, dont le fameux Antipater, qui sera l'un des plus fidèles généraux du jeune conquérant. Finalement, en 336, Alexandre accède au trône à l'âge de 20 ans seulement, mais prend immédiatement le contrôle absolu du pouvoir.

Alexandre projette sans tarder d'accomplir l'oeuvre de son père, mais aussi de la dépasser... Pour assurer ses arrières avant de débarquer en Asie, il réprime les agitations qui secouent Thèbes et réduit en esclavage toute la population de la ville rebelle. Il mène la guerre jusqu'en Thrace, où il réquisitionne des cavaliers qui lui seront dès lors toujours fidèles. Lors de son passage dans la ville de Corinthe, Alexandre rencontre le philosophe sceptique et cynique Diogène. On dit qu'Alexandre, fasciné par ce personnage sale et hirsute, proclamant que l'homme peut atteindre la félicité sans satisfaction matérielle, lui aurait dit qu'il aimerait être à sa place, s'il n'était pas roi. Il demande alors quel est le voeu de Diogène qu'il pourrait accomplir. Diogène lui répond : "Pousse-toi de mon tonneau et dégage la vue, je ne vois plus le soleil". Alexandre aurait ri de bon coeur au mot du philosophe taquin.

A la tête de 32.000 hommes, d'une armée assez réduite pour l'époque, Alexandre franchit le détroit de la mer noire en 334, et fiche son javelot sur le rivage de Ionie : "De la pointe de cette lance, je conquiérerai l'Asie mineure", s'exclame-t-il. Ses soldats, des vétérans de Philippe et nombre de Barbares entraînés à la guerre en phalanges, croient partir en expédition pour un an tout au plus, et dans le seul but, déjà téméraire, de libérer les cités grecques de l'influence de Darius, l'un des plus puissants souverains au monde de l'époque.

Darius est à la tête d'un gigantesque Empire. Caracolant sur son char de combat, il attend Alexandre, à la tête de 140.000 hommes. Les 32.000 soldats d'Alexandre sont saisis de peur, à la vision de cette armée gigantesque. Mais imperturbable, Alexandre lance l'attaque. Et Alexandre vainct, lors de la fameuse bataille du Granique. Cet exploit incroyable galvanise ses troupes. L'aventure ne fait que commencer !

...et la suite pour bientôt ;)


Dernière mise à jour par : CONAN le Cibéride le 04/04/03 12:24

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ElricWarrior

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 05/04/03 08:01
Ahhhh j'adore ! Vivement la suite !!! Merci Conan.

PS : Chanceux tes sixièmes, moi je me tapais vraiment du caca en histoire. Comme : "Aujourd'hui : Comment l'homme de cro magnon chassait-il ?"
tssss...


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CONANOUNET

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 05/04/03 09:42
Merci Elric ;)

Alexandre ne tarde pas à réaliser le rêve de son défunt père : après avoir rendu hommage aux tombeaux des héros de la guerre de Troie, il libère les cités grecques de Ionie, et rétablit la démocratie en leur sein. La chose n'est pas aisée, car Darius a confié à un général grec la défense de ces cités. Alexandre s'empare de Sardes, ville royale. Les richesses sur lesquelles il met la main ne sont encore rien face au trésor des Perses, mais permettent à Alexandre de poursuivre son épopée, et satisfont ses soldats désormais dévoués au jeune roi. Alexandre a 23 ans.

De passage à Gordion, cité ancienne confiée par Darius III aux Mages perses (les Mages vénèrent le feu, Ahura Mazda, et pratiquent la magie et l'astrologie, héritage de la civilisation chaldéenne), Alexandre s'enquiert auprès de l'un d'entre eux de la légende locale : le noeud gordien. Il s'agit d'un noeud inextricable, liant un char à un joug, et présent dans la ville depuis des temps immémoriaux (on dit même depuis la guerre de Troie). La prophétie dit que celui qui le dénouera sera maître de l'Asie.
Alexandre, très instruit en sciences diverses, tente de réfléchir au meilleur moyen de défaire le noeud, mais comprend très vite qu'il n'a ni début ni fin. Se rappelant les préceptes de son maître Aristote, qui disait que lorsque la réflexion devient infructueuse et stérile, il faut passer à l'action, le jeune roi dégaine son épée et tranche brutalement le noeud. En la repassant au fourreau, il se serait exclamé : "Voilà, il est dénoué".

Darius attend Alexandre au nord de la Syrie, mais cette fois-ci le Grand Roi a sous ses ordres 300.000 soldats. Alexandre a perdu des hommes, mais a aussi pu recruter des soldats locaux, immédiatement entraînés aux manoeuvres en phalanges. Alexandre a 40.000 hommes tout au plus, mais il écrase une nouvelle fois Darius, lors de la terrible bataille d'Issos.
Dès lors le verrou du sud est débloqué, et Alexandre fond sur la côte syrienne : il prend tour à tour les riches Sidon et Tyr, en 332, après de longs mois de siège. Ces riches cités commerciales phéniciennes avaient vu la naissance de l'alphabet.
Alexandre ne s'arrête pas là. Il décide en effet de passer en Egypte, sans doute pour deux raisons. D'une part, comme d'habitude, son besoin quasi-enfantin de découvrir ce pays mystérieux et ses richesses, d'autre part de faire un contrepoids commercial à Sparte, dans le Péloponnèse, pour le contrôle de la Méditerranée orientale.

Alexandre s'attaque à Gaza, le verrou vital au milieu du désert, entre la Syrie et l'Egypte.
Il défait les Egyptiens, et pénètre en Egypte. Là, il va fonder sa première ville, qui va comme toutes les autres porter son nom, Alexandrie, à l'embouchure du bras le plus occidental du delta du Nil. Le site est intéressant pour créer un port : Alexandre demande la construction sur l'île de Pharos, au large, d'une tour immense où l'on fera brûler un grand feu. Des miroirs reflèteront la lumière dégagée et l'on pourra voir la ville d'Alexandre de loin. Alexandre vient d'inventer le "Phare".
De même, ce passionné d'histoire grecque décide de réunir là tous les objets les plus anciens et les plus précieux de la culture hellénique. Dédiant ce bâtiment au Muses, il le nomme "Museion". Il vient d'inventer le Musée. Plus tard, son successeur en Egypte créera la fameuse bibliothèque... Alexandrie deviendra l'une des plus grandes et des plus cosmopolites villes du monde.

Alexandre, personnage superstitieux, ne résiste pas à sa fascination pour l'occulte, et s'enfonce rapidement dans le désert égyptien vers une oasis sacrée, où siège l'oracle d'Ammon. Alexandre, très ouvert, se dit qu'Ammon a son équivalent dans la culture grecque avec Zeus, le dieu suprême. C'est le début d'une longue tradition, dans les royaumes hellenistiques à venir, de syncrétisme religieux. Là, le prêtre "d'Ammon-Zeus" lui déclare qu'il est fils du Dieu. Alexandre, enthousiaste, pense que plus rien à présent ne saurait lui résister. Dès lors, il remonte avec son armée vers le nord-est, vers la région des Deux-Fleuves, berceau des civilisations (en Irak actuel). Il sait que Darius l'attend là-bas, pour une bataille bien plus périlleuse encore que les précédentes. Là se jouera le sort de l'Empire Perse, car si Darius est vaincu, les cités orientales de Babylone, Suse, Ecbatane, et surtout Persépolis, la grande capitale de Darius, seront à Alexandre....
Mais Alexandre a pris sa décision : il sera le successeur du Grand Roi des Perses.

Son ami, le général Parménion, prend peur et pense qu'Alexandre a perdu l'esprit. Il déclare : "Si j'étais Alexandre, je rentrerais". Alexandre lui répond, cinglant : "Si j'étais lâche comme Parménion, je rentrerais".

L'armée macédonienne, maintenant mâtinée d'éléments barbares (syriens, égyptiens, perses...), se monte à 60.000 hommes environ. Elle franchit l'Euphrate, puis le Tigre. Là l'attend le Grand Roi, qui a rassemblé toute son armée.
Près d'un million d'hommes, venus de toutes les satrapies de l'Empire.
Darius III a même amené sa famille, et lui promet une victoire éclatante.

C'est l'assaut, d'une violence inouïe, immortalisé sur une célèbre mosaïque...
... Et Alexandre met en déroute l'armée de Darius. A presque un contre quinze !

C'est la célèbre victoire d'Arbèles, près de Gaugamèles. La famille de Darius est prise en otage par Alexandre, son camp dévasté, et le Grand Roi fuit sur son char avec une poignée d'hommes, vers l'Est, terrorisé. En une journée, son Empire s'est effondré. Le Grand Roi, qui menaçait les Grecs, a perdu contre un petit roi de Macédoine !

Plus rien ne va arrêter Alexandre...

*Et la suite pour bientôt ;)*


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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 05/04/03 11:45
Pfiou, pas mal du tout gamin! Mais dis donc, c'est pas un peu compliqué pour des 6èmes? Non je dis ça parce que même nous en deuxième année de deug d'histoire, on simplifie l'évènementiel beaucoup plus que dans ton texte. Hum, ça veut dire que tes 6èmes sont des génies ça. Ou alors qu'on est des crétins finis. Euh....deuxième solution?;)

Plus sérieusement, c'est très complet et précis, même si je t'attend au tournant pour des choses du genre "incendie de Persépolis" :D
Le seul truc (mais ça c'est mon côté historien critique tatillon qui ressort), c'est qu'il ne faut pas non se représenter Alexandre comme ZE héros sans défauts, sans peur et sans reproches: c'est assurément un personnage aux facettes multiples (des conquêtes oui, mais aussi des massacres; des constructions mais aussi beaucoup de destructions etc...).
C'était peut être un super-conquérant (wahou le jeu de mot foireux...), mais aussi un homme totalement dépourvu de scrupules, sans remords. A ce titre, on ne sait toujours pas avec précision si il a joué un rôle dans la mort de son cher papa...

Désolé mon Conanounet, mais j'ai toujours eu un faible pour Démosthène, et même pour Philippe de Macédoine, qu'on oublie toujours au profit de son fiston!:D

Bon, j'arrête avec mes remarques à la con: c'est en fait un excellent exposé que tu nous fais là, si si...allez, 18/20! Hum? Comment ça c'est toi le prof et c'est toi qui mets les notes?;)



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CONANOUNET

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 05/04/03 13:15
Tout à fait mon bon Dave, mais j'arrive justement à cette partie de "l'épopée" d'Alexandre où ses travers éclatent au grand jour... ;)
Et je te rassure, je n'emploie pas le même discours avec mes sixièmes, même si j'ai en gros donné les mêmes informations.

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Les plus grandes villes royales (Babylone, Suse, Parsa) sont prises tour à tour, et Alexandre s'empare de leurs richesses, en particulier à Suse (140.000 talents d'or et d'argent) et à Persépolis (Parsa), où 20.000 talents d'or et d'argent sont entreposés dans le majestueux palais royal de la capitale. En tout, plus de 8000 tonnes ! Jamais autant de richesses au cours de toute l'histoire n'auront été conquises par un seul homme...

Comme ailleurs, Alexandre en fin diplomate, respectueux par ailleurs du faste et de l'histoire de ces sites, ne détruit pas Persépolis (détruite au septième siècle ap. J-C., contrairement à une tradition tenace). Il la livre certes au pillage, mais laisse les bâtiments intacts, et installe une garnison. La légende veut qu'Alexandre ait incendié le palais royal, en représailles symboliques à l'incendie de l'Acropole d'Athènes au siècle dernier par le Perse Xerxès. Cette hypothèse est douteuse : l'incendie pourrait bien n'être qu'accidentel, et peut-être le fruit d'une orgie de plus du jeune conquérant, dont le penchant au vin devenait de plus en plus flagrant.

Grâce à cet or, Alexandre fortifie ses positions, verse des soldes confortables à des soldats déjà dévoués et admiratifs, engage des troupes locales comme mercenaires bien traités : l'armée du jeune macédonien est désormais principalement constituée de Perses, car Alexandre a dû laisser nombre de garnisons sur la route... Trait caractéristique des conquêtes d'Alexandre, on l'a dit : l'intégration des moeurs, des systèmes politiques et de la culture locale.

En revanche, Alexandre ne se départira jamais de ses fidèles vétérans, sauf lorsqu'il les élimine lui-même, comme dans l'affaire de la "proskynèse" : Alexandre, désormais Grand Roi, exige de ses troupes de s'agenouiller devant lui. L'un de ses meilleurs amis d'enfance, Kleitos, lui fait la critique polie lors d'un banquet orgiaque en l'honneur de Dionysos. Alexandre saute sur la table et tue Kleitos sans autre forme de procès. Désembrumé des vapeurs éthyliques, Alexandre restera prostré quelques jours sans vouloir recevoir personne, pleurant sans cesse sur son coup de folie meurtrière. Officiellement, il attribuera sa folie passagère au mécontentement de dieux courroucés par un soi-disant non-respect du calendrier divin des fêtes.

Un satrape perse, Bessos, capture Darius en fuite, plus au nord-est, et le tue. Il se prétend désormais Grand Roi, face à Alexandre. Mais le pouvoir réel et la titulature de fait appartiennent désormais bel et bien à Alexandre, qui se lance dans la conquête des satrapies du nord-est, jusqu'aux portes de la Chine et de l'Inde !!! Cette phase de la conquête est une autre paire de manches : le pays est montagneux, les phalanges manoeuvrent difficilement par rapport aux batailles en plaine : c'est le début de plus de deux années de guerres d'escarmouche (329-327), contre les peuples scythes, et contre les potentats locaux. De plus, les guerriers affrontés sont culturellement bien plus belliqueux : l'ennemi compte notamment les fameux Parthes, qui donneront à l'avenir tant de fil à retordre aux Romains.

Les difficultés ne s'arrêtent pas là : des satrapes rebelles à l'ouest font courir la rumeur de la mort du Roi. Le trésorier d'Alexandre s'enfuit avec une partie du butin vers la Grèce, où il sera par la suite confondu et éxécuté. Alexandre, outré par la trahison de ceux qu'il avait accepté de laisser au pouvoir, les fait éxécuter et remplacer par des Macédoniens, sans pour autant modifier les structures politiques. Il laisse d'ailleurs dans l'administration des cités perses bon nombre de personnel local.

Malgré tout, Alexandre avance, et fonde plusieurs Alexandries, ainsi qu'Alexandropolis. Autant de villes devenues célèbres sur la route de la soie : Herat, puis Kandahar, Samarcande... il fait au passage éxécuter le satrape félon, Bessos, et devient le seul Roi de Perse. Plus étonnant, il rend hommage à son éternel adversaire, Darius III, en couvrant la tombe modeste de son manteau de pourpre, et se recueille sur le lieu.

C'est pendant la même période qu'Alexandre dépasse son amour des jeunes hommes pour la belle Rhoxane, une jeune aristocrate Perse qui le passionne, et dont les amours seront déclinées par de nombreux artistes.

Parvenu sur les bords de l'Indus, Alexandre est contacté par le petit roi de Taxila, qui compte sur le jeune roi (qui va seulement sur ses trente ans) pour affronter le roi Poros, monarque de l'une des plus riches régions de l'Inde. Alexandre accepte, contre l'avis de soldats exténués, et éxécute quelques généraux réticents fomentant un complot...

L'armée d'Alexandre, qui a dépassé l'Indus, rencontre une armée de près de 200.000 hommes. Ce n'est pas ce qui effraie le plus Alexandre... car 120 éléphants accompagnent les fantassins ennemis. Leurs cornacs, sur des tourelles, mitraillent les Macédoniens de flèches, rapidement écrasés par les Pachydermes dressés. Alexandre réfléchit, et ordonne à ses lanciers de passer entre les éléphants en colonnes étroites. La stratégie est efficace mais ne suffit pas, car les lanciers sont vite repoussés par les fantassins indiens, serviles et dévoués à leur roi.
Alexandre a alors l'idée de reculer tout en assaillant les éléphants de flèches. Les pachydermes, excités, deviennent incontrôlables et fuient évidemment les archers... écrasant ainsi les propres troupes de Poros. La bataille fait encore rage jusqu'au crépuscule, et demeure l'une des plus sanglantes victoires d'Alexandre. La dernière en fait, celle d'Aornos, où son cheval Bucéphale meurt, signe du destin ?

Poros lui-même, ébahi par l'opiniâtreté de son incroyable vainqueur, s'agenouille devant lui et l'encourage à poursuivre vers l'Est. Alexandre, toujours insatiable de victoires et de richesses, aurait répondu que son Empire aurait les frontières que les dieux ont fixé aux terres qu'ils ont créées !

Mais l'armée ne suit plus son roi. Ereintées, épuisées par tant de batailles et de gloire, ses troupes ont le mal du pays : "Ce seront d'autres Macédoniens et d'autres Grecs qui te suivront". Dépité, Alexandre doit bien accepter un retour -selon lui, provisoire- vers l'Ouest. Mais il fait édifier en Inde un ensemble de douze autels dédiés aux dieux olympiens, entourant une colonne où est gravée "Ici s'est arrêté Alexandre".

Alors commence un retour difficile, l'armée d'Alexandre se scindant en deux : l'une avec Cléanthe, amiral de l'armée, l'autre par le désert brûlant. Alexandre découvre l'Océan Indien et le phénomène des marées : sa curiosité est encore davantage enflammée, et il se promet de revenir pour découvrir les autres mystères de l'orient.

La faim, le soleil et les tempêtes décimeront une bonne partie des troupes sur le trajet du retour...

Alexandre, de passage à Suse, en signe de conciliation et d'unité des cultures, organise de somptueuses noces. Il prend alors pour seconde épouse la fille même de Darius III, jusqu'alors prisonnière, et plusieurs centaines de ses vétérans gréco-macédoniens épousent des filles d'aristocrates perses. Assuré de son pouvoir, il renvoie en Macédoine ses vétérans, et coule quelques jours heureux en compagnie de jeunes éphèbes et de ses épouses... Il confie au père de Rhoxane le gouvernement du Ghandara, province occidentale d'Inde, où la culture hellénistique sera promise à un bel avenir (pour preuve, les représentations de Bouddha, dans le visage ou le drapé, évoquent invariablement Alexandre et se répandront jusqu'en Chine et au Japon).

Mais Alexandre est insatiable. Il projette désormais, en secret, de conquérir l'Arabie et l'Afrique actuelle, et de s'enfoncer dans les contrées les plus inexplorées du sud.
Il part donc pour l'ouest.

Mais alors qu'il atteint Babylone, Alexandre est soudain victime d'une forte fièvre, qui l'emporte en quelques jours... le conquérant s'éteint en 323, au zénith de sa gloire, à l'âge de 33 ans. Sa mort survient aussi brutalement qu'il avait conquis le pouvoir... et qu'il avait fait rayonner la culture grecque jusqu'aux portes de la Chine et de l'Inde !

Ses dernières paroles, lorsque ses proches lui demandèrent qui méritait de prendre sa succession à la tête d'un tel Empire, auraient été :
"Le meilleur ! "
Sa dépouille fut emmenée à Alexandrie par Ptolémée, l'un de ses généraux, qui y fonda la dynastie lagide.

Son Empire fut alors la proie de guerres qui durèrent 40 années, et ses successeurs réduirent le vaste territoire en peau de chagrin, morcelée par l'avidité et l'affairisme de dynasties monarchiques excessives et dépravées. Le dernier souverain hellénistique fut défait par Auguste. C'était la belle Cléopâtre, issue d'une longue dynastie d'union culturelle entre Grecs et Egyptiens.

Alexandre, ce conquérant avide de gloire, idéaliste et fascinant peut tour à tour être vu comme un homme cruel et brutal, ou séduisant, conciliant et fin diplomate... Un homme superstitieux, aux moeurs dissolues, ou un homme de parole, cultivé et passionné par les sciences. Comme tous les grands hommes, il s'agit là d'une personnalité complexe, mais volontaire et forte.

Reste que contrairement aux hommes qu'il inspira par la suite pour son sens génial de la stratégie militaire, et sa foi mystique de la conquête (Jules César, Napoléon, Hitler entre autres), Alexandre a toujours voulu dépasser le vieil antagonisme teinté de mépris "Grecs-Barbares", de par sa tolérance et sa curiosité intellectuelle. Il respecta les cultures, qu'il voulut toujours concilier, voire syncrétiser.

Il fit donc rayonner la culture grecque, et permit de créer un pont, un dialogue intellectuel, philosophique, religieux mais aussi commercial,
entre l'Orient et l'Occident.

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Voila-voila, j'ai fini ! ;)


Dernière mise à jour par : CONAN le Cibéride le 05/04/03 13:22

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 05/04/03 14:20
Je n'ai pas non plus eu le droit à un cours d'un tel brio en sixième. Et je n'ai revu la biographie d'Alexandre que beaucoup plus tard. Et elle m’a particulièrement fascinée, en grande partie par les multiples facettes de la personnalité d’Alexandre qu’à si bien décris Conan.
Nous avions d'ailleurs eu une discussion sur une question qui me tient particulièrement à coeur, permettez que je partage mon idée avec vous : je reste persuadée qu'Alexandre et le "culte" voué à son génie est un facteurs prédominant dans la perduration de l'esprit et de la culture grecque lorsque l'empire romain arriva à son apogée. C'est tout de même le seul personnage qui ai institué une idée de "nation unie" dans le monde grec.

Mais mon héros antique préferé reste Artaxerxes deuxième du nom. Juste avant Hannibal et ses éléphants. :D



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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 07/04/03 07:08
Des cours d'histoire online chez POC ?

EN tout cas, un gros bill est passé hier sur Arte, Tarass Boulba, le cosaque des steppes d'Ukraine ! J'espère que tu étais devant un écran, Barbare !


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Comment avoir confiance en un truc qui saigne pendant 8 jours, et ne meurt pas ?
Mon fils Zakk est 50 % elfe, 50 % nain, mais 100 % bourrin !!

*La réponse est fausse ou ailleurs


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Lili

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 07/04/03 09:37
Tiens puisqu'on en est à parler de cours d'histoire 8)7

Cher Barbare, pourrais-tu me renseigner sur un bon bouquin d'histoire ...

J'adore l'histoire mais j'ai besoin de revoir les bases (... grandes périodes, les grandes dates, les rois de France etc etc ) avant de me pencher sur une periode en particulier.

Si je n'envoie pas cette demande en PM c'est que la réponse peut interesser d'autres personnes.

Merci merci :7


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CONANOUNET

Barbare anar



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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 07/04/03 11:44
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Message de keridwen


Des cours d'histoire online chez POC ?

EN tout cas, un gros bill est passé hier sur Arte, Tarass Boulba, le cosaque des steppes d'Ukraine ! J'espère que tu étais devant un écran, Barbare !


ARGH !
Ehhh non... je n'avais pas le programme télé, et comme j'avais besoin de me vider la tête, je me suis abruti devant un film d'action sur la deuxième chaîne...
Je ne connais pas grand chose de ce Tarass Boulba, pourrais-tu nous faire un petit résumé sur le personnage chère Déesse ???

Pour Lili : il m'est malheureusement impossible de te donner le titre d'un bouquin d'histoire sans savoir dans quelle thème tu souhaites combler tes lacunes.
De façon générale, je me suis presque toujours contenté des points Seuil ou des manuels à destination des étudiants en histoire, gros flemmard que je suis.
En plus, je me suis surtout spécialisé en histoire romaine.
Si tu souhaites combler rapidement tes lacunes en histoire de la France, je peux néanmoins te conseiller le classique et efficace "Histoire de France" de Carpentier et de Lebrun, qui va du Néolithique à Tonton.

Grumph, il est vrai que l'histoire d'Artaxerxès "Mnémon" II, grand-papa du Darius III sus-cité, ne manque pas de sel ! ;)


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Eldave2001

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 07/04/03 12:09
Yop yop, pour ce qui est des titres de bouquins, je crois pouvoir aussi apporter ma modeste contribution (hum, vu ma bibliothèque...ouais, je crois que dans ce domaine, je peux aider!). Mais comme le dit Conan, il est beaucoup plus facile de donner des conseils concernant une période ou un thème précis!

Pour ce qui est de moi, je pense pouvoir aider un peu en histoire ancienne (moins que Conan), en histoire médievale (c'est mon programme de l'année), plus en histoire moderne et surtout en histoire contemporaine (précisémment concernant les deux guerres mondiales).

Reste que, question manuels généraux, bin, comme le dit Conan, l'histoire de France de Carpentier et Lebrun, et l'histoire de l'Europe des mêmes auteurs, c'est la base. Y a aussi le Townbee (l'histoire de l'humanité, je crois), mais c'est tout de même plus hard, brillant mais plus touffu...

PS: quant à Persépolis Conan, je ne suis pas tout à fait d'accord, mais là je n'ai guère le temps de relancer le débat!



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Le Truffandec

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 07/04/03 16:27
Citation :
Y a aussi le Townbee (l'histoire de l'humanité, je crois)


je suppose que tu évoques les bouquins A study of history (désolé je connais pas en français) d' Arnold Toynbee. J'espère que ta bibliothèque est en bon hêtre, parce qu'une série comme ça ça vaut les Chomsky, tu arrives à briser une étagère :D .


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keridwen

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 08/04/03 06:54
Ben, je sais peu de chose.Si j'en crois le film, Tarass Boulba était un kosaque Saporohv des steppes ukrainiennes au XVIe siècle, un peuple libre, terribles guerriers, voisins des tatars à qui ils semblent avoir beaucoup empruntés, mais de foi orthodoxe. C'est pourquoi ils s'étaient alliés aux polonais pour vaincre les turcs. Pour les remerciers, les polonais ont voulu leur offrir des grades honorifiques dans l'armée polonaise. Devant leur refus, ils ont tenté de les massacrer et leur ont volé l'ukraine. Le temps d'ourdir une sombre vengeance et rassembler des hommes. Les cosaques, sous les ordres de tarass, ont profité d'uen nouvelle guerre contre les pays baltes pour se soulever contre les polonais et gagner l'ukraine.

Maintenant, faudrait vérifier, parce que dans le documentaire sur l'histoire des cosaques, il n'en a même pas été fait mention. mais au passage, j'ai appris que les russes appelaient la seconde guerre mondiale "grande guerre patriotique". Toujours ce sens de l'emphase chez les slaves !


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Schmorgluck

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Membre Chaos Elite Troops   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 08/04/03 08:37
Dans les Grosbills, il ne faut pas oublier l'Ordre du Temple de Salomon, autrement dit les Templiers. Un ordre fondé en 1119 par neuf chevaliers partis à Jerusalem pour protéger les routes de pélerinage (ils furent logés dans une aile du Temple de Salomon, d'où leur surnom de "chevaliers du Temple"), et qui acquit petit à petit, au fil des donations, une puissance politique et économique inédite. Un ordre qui créa en Europe un vaste réseau de routes sécurisées à une époque où le brigandage était une calamité. Un ordre qui s'entoura, comme frères lais, d'artisans en tous genres qui devinrent très réputés, parmis lesquels des maçons (certains Francs-Maçons prétendent d'ailleurs que la Franc-Maçonnerie vient de là). Un ordre que certains historiens soupçonnent d'être à l'origine de l'architecture gothique, grâce à des documents géométriques récupérés à Jérusalem, et d'avoir atteint l'Amérique avant Colomb. Etc.
Bref, une des grandes énigmes de l'Histoire.

En ce qui concerne le pirate qui arraisonnait des navires par paquets de douze, il s'agissait d'Henry Morgan, connu pour avoir fréquemment mené des flottes entières de pirates.

Enfin, pour revenir sur les Assassins (Hashishim), il faut préciser deux choses :
1) Si l'existance de la secte est attestée, la véracité historique de Hassan ibn Al Sabbah comme son fondateur est sujette à caution.
2) Il est douteux qu'on ait réellement envoyé des gens en mission sous l'emprise d'un mélange de cannabis et d'opium, cela ne semble guère compatible avec une bonne efficacité opérationnelle, le hashich devait plutôt être utilisé dans des rites internes (peut-être pour un conditionnement mental à long terme).


Dernière mise à jour par : Schmorgluck le 08/04/03 08:41

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Citation :
<Smurk> Tu es trop sérieux, Schmo.

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 08/04/03 09:01
Citation :
Message de Schmorgluck

Enfin, pour revenir sur les Assassins (Hashishim), il faut préciser deux choses :

2) Il est douteux qu'on ait réellement envoyé des gens en mission sous l'emprise d'un mélange de cannabis et d'opium, cela ne semble guère compatible avec une bonne efficacité opérationnelle, le hashich devait plutôt être utilisé dans des rites internes (peut-être pour un conditionnement mental à long terme).


Il faut remettre le cas dans son contexte si tu veux parler de l'efficacité opérationnelle. A cette époque et dans ce petit coin du Monde, les gens fumaient ou marchaient beaucoup de drogue douce. Il y avait donc une nette accoutumance. Ce qui permet à certains historiens de supputer qu'ils utilisaient deux drogues à la fois. Et si je me remémore bien mes cours de biologie (loin, très loin), le mélange de ces deux drogues : Cannabis et Opium, permettrais d'obtenir un état d'endormissement puis d'abrutissement profond. Et c'est juste l'état recherché ^pour une mise en scène plausible.

Par contre je quotte et je cosigne le conditionnement mental, qui peut-être fait à court terme également. Surtout si l'on étudie les méthodes d'endoctrinement des sectes actuelles.

Après, il se peut bien que nous nous éloignions du sujet. Après tout, la véracité historique est elle aussi importante que la beauté d'une légende qui porte les fondements de plusieurs civilisations postérieures ?



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CONANOUNET

Barbare anar



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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 08/04/03 10:47
Merci Keridwen pour ce petit résumé ! Il est vrai que les Cosaques demeurent dans l'imagerie d'Epinal traditionnelle des cavaliers extraordinaires, au même titre que les archers montés mongols, ou les Ghulams (cavaliers d'élite turcs).

A propos des templiers j'ai, comme vous avez pu le remarquer dans mon exposé sur le conquérant Alexandre, une certaine fascination pour les batailles où une armée plus motivée parvient à vaincre un ennemi en nette supériorité numérique.

Les templiers, spécialistes de la charge de cavalerie lourde "on fonce dans le tas", ont ainsi remporté quelques batailles incroyables.

Dont celle de Montgisard/Tall Djazar en 1177 : en pleine contre-croisade, Saladin à la tête de 26000 cavaliers (dont 8000 d'élite) balaye tout sur son passage. 500 templiers venus de Gaza s'enferment dans la forteresse d'Ascalon, cité-verrou entre l'Egypte et la Syrie. Saladin ignore cette poignée de guerriers francs, pour se ruer vers le nord.
L'évêque de Bethléem est enfermé avec les templiers, dit-on avec un morceau de la vraie croix. Il galvanise ses troupes et Saint-Georges serait apparu aux chevaliers, comme aux Normands conquérant la Sicile quelque cent ans auparavant.

Ces espèces de tarés sortent alors, 375 cavaliers tout au plus, en véritable fureur religieuse : à 25 km au nord d'Ascalon, Saladin a son armée désorganisée par le passage d'une rivière. Il n'aura pas le temps de remettre en formation ses 30.000 hommes : les 375 templiers disloquent son armée, contrainte à une retraite catastrophique éparpillée dans le désert, Saladin lui-même ne se sauvant que de justesse !

Trop peu nombreux cependant, les templiers n'ont pu détruire totalement l'armée musulmane, qui parvient à se replier en Egypte.
Mais cette bataille demeure à mon sens l'une des plus "épiques" des croisades, et reflète bien la mentalité des chevaliers chrétiens d'alors : un courage et une foi incroyables, mêlés à la force redoutable de la cavalerie lourde. Bref, des vrais Pals de jeu de rôle !

Les Arabes retiendront ces défaites, et adopteront de plus en plus le cheval et la lance, abandonnant peu à peu la cavalerie sur chameau. En revanche, les Occidentaux auront appris une technique toute arabe : le harcèlement par vagues successives en avance-repli des archers montés.


Dernière mise à jour par : CONAN le Cibéride le 08/04/03 10:50

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 22/02/07 18:16
Je déterre le sujet pour vous présenter un individu dont l'existence n'est pas certaine à cent pour cent, mais qui est fichtrement impressionnant : le berzerker de Stamford Bridge.


Nous sommes en l'an de grâce 1066, en Angleterre. Le nouveau roi, Harold Godwinson, a du souci à se faire : sa couronne est convoitée par le terrible Guillaume de Normandie et par le non moins redoutable roi de Norvège Harald Hardrada. C'est le Norvégien qui est prêt le premier. A la tête d'une flotte de 300 drakkars, il débarque au nord de l'Angleterre, écrase les armées des comtes de Mercie et de Northumbrie et prend York avec une facilité déconcertante. Convaincu qu'Harold est à deux doigts de capituler, il ne se méfie pas et divise ses troupes. L'armée anglaise, qui a traversé le pays à marche forcée, prend les Norvégiens par surprise.

Et c'est là que notre grosbill entre en scène : si l'on en croit les Chroniques Anglo-Saxonnes, les troupes d'Harold massacrent facilement les Vikings qui campaient sur la rive ouest du Derwent. Mais quand il s'agit de traverser la rivière pour en faire autant aux vikings du camp principal, les Anglo-Saxons se heurtent à une résistance inattendue : le pont de Stamford Bridge est gardé par un seul guerrier sans armure, armé d'une grosse hache. Mais quel guerrier : toujours selon les Chroniques Anglo-Saxonnes, il surpassait en taille le roi Harald Hardrada lui-même, qui avait pourtant une stature exceptionnelle.

Les Anglo-Saxons, fort de leur supériorité numérique de huit mille contre un, le chargent. Mais le berzerker, fort de sa position défensive et de sa grosse hache, massacre tous ceux qui viennent à sa portée et contraint les assaillants à se replier. Les Anglais repartirent à l'assaut à plusieurs reprises, mais le Viking les arrêta à chaque fois. Finalement, les Anglo-Saxons renoncèrent à l'attaque frontale et envoyèrent un homme dans un bateau, qui se plaça sous le pont. En envoyant sa lance à travers les intervalles entre les planches, il réussit à porter un coup mortel au berzerker. Le guerrier d'exception avait cependant réussi à tenir le pont pendant une bonne heure, donnant ainsi le temps au roi de Norvège d'organiser ses troupes (ce qui n'empêcha pourtant pas les Anglo-Saxons d'écraser l'armée norvégienne).

Bon... D'accord, il se peut que ce ne soit qu'une légende, mais franchement, un guerrier qui arrive à tenir pendant une heure contre une armée de huit mille hommes, avouez que ça fait rêver.



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Gwendal

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 25/02/07 00:31
bwarf, un barbare lvl 15 contre 8 000 gobbos je suis sur que ca peut marcher pareil.


hein, quoi, on est pas à D&D ?

moi ce qui me tue dans cette histoire, c'est qu'ils ont pas pensé tout bêtement à le transformer en hérisson avec des flèches...

partant de là, si le pont ne permettait pas d'être à plus de 2 de front, c'est crédible, un mec aussi grand et avec uen grosse hache avait plus d'allonge que les types en face, Et quand on se bat à la hache, avoir plus d'allonge, c'est gagner.



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Citation :
y vaut mieux ça que le contraire, hein !


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ecope

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 25/02/07 10:21
Un pont de cette importance devait être fortifié (au moins un toit) pour empecher les defenseurs de subir ce sort (j'y ai pensé aussi)

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Troglodyte

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   Réponse au Sujet 'Les Grosbills historiques' a été posté le : 25/02/07 15:05
D'autre part, se cet homme était réellement un berserk, je pense que c'est tout à fait possible. Mais j'avoue aussi douter qu'ils n'aient pas pensé à le cribler de flèches. Ca me paraît fort étrange. C'est le seul hic de cette histoire. Sinon, il est vrais que ça fait vraiment rêver.:?

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