Ajouter le Forum à vos Favoris
- - - -
Vous êtes ici : Forum Pen Of Chaos > Horreur sur le web > Littérature fantastique - BDs, Mangas, Comics ... > Nouvelles, essais, écrits divers d'entre nous > La Geste du Prince Coriolan > Réponse au Sujet 'La Geste du Prince Coriolan'
Sujet : La Geste du Prince Coriolan

Dernier Message - Message le plus récent
Ajouter aux favoris - Envoyer ce Sujet par E-Mail - Imprimer ce Sujet
Sam_Billerond

Tortionnaire



-= Chaos Servants =-
Inscription le 19-04-04
Messages : 83



Homme  Age : 55 ans
Lieu de résidence : ben... chez moi

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'La Geste du Prince Coriolan' a été posté le : 20/05/04 14:12
Salut,

je ne pense pas que cela fasse plus dongeon, simplement il y a plus d'action, on ne peut pas toujours tomber sur des gens sympas.
Bon effectivement l'intervention de mages surpuissants rend la magie moins subtile éthérée en un mot intégrée au monde, et la classe dans les phénomènes climatiques dignes des catastrophes naturelles... détails que tout cela !
personnellement j'aime bien le point de vue sur les esprits, la voie du sang ou de l'écriture pour la magie et c'est vrai que les personnages sont attachants.
J'ai hate de lire la suite

sam


--------------------
sam billerond....


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Oph qu ourse

Thorp bonheur



-= Dungeon Keeper =-
Inscription le 27-07-01
Messages : 7409



Femme  Age : 47 ans
Lieu de résidence : l'Antre des Ours

Pourquoi vous regardez ca ?
Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'La Geste du Prince Coriolan' a été posté le : 14/06/04 18:44
Sans le corbeau, ma vie finissait là, embroché sans même avoir eu l'occasion de me battre. Le noir volatile se jeta sur mon adversaire le plus menaçant et lui creva un oeil. Cela me donna le temps de me ressaisir.
"Allez, file avant de prendre un coup !" criai-je.
Le corbeau reprit de l'altitude. Fou de douleur, le garde était hors d'état de combattre pour l'instant, mais ses camarades ne me laissèrent pas rêvasser. D'un geste désespéré, je détournai deux coups puissants qui auraient pu suffire à me trancher un bras. Une lame m'effleura le torse, meurtrissant la chair à travers le cuir que je portais. J'allais tenter une riposte quand un éclair m'aveugla. Les deux gardes en face de moi tombèrent à genoux, foudroyés.

Myndra arrêta son cheval, son bras droit plus lumineux que jamais. De sa main tendue vers nous, elle envoya un autre éclair dans l'épée du dernier adversaire en vie de maître Toru, qui s'effondra.
"Pas de temps à perdre ! s'exclama-t-elle en mettant pied à terre. La princesse Verrine doit retourner au camp ! Prince, prenez-la avec vous, je vous la confie."
Je ne comprenais plus rien à la situation.
"Et vous, qu'allez-vous faire ?"
"Retenir la garde, bien entendu ! Allez, dépêchez-vous !"

Des hommes en armes commençaient à affluer vers nous. J'aidai Verrine à se redresser et à monter en selle pendant que l'elfe déployait ses couteaux de lancer. Avant de lancer le cheval au galop, j'eus le temps de la voir foudroyer d'un seul éclair plusieurs hommes qui se tenaient trop près les uns des autres. Puis je tournai bride. J'étais trop pressé de quitter les lieux pour m'interroger sur le curieux don de Myndra.

Je n'ai aucun souvenir de la chevauchée à travers la forêt. J'ignore même comment le cheval retrouva le chemin du camp. Tout ce que je sais, c'est que nous arrivâmes en même temps que Béryl, qui soutenait de son mieux un Isard au visage déformé par la douleur. L'officier avait cassé la flèche, mais il en restait une partie, toujours fichée dans le flanc de l'homme. Trybnar lui-même accourut pour les aider à mettre pied à terre, tandis qu'un de ses gardes venait à notre rencontre. Je lui confiai la princesse, qui ne se rendit compte de rien. Elle marchait tout juste, sans rien voir autour d'elle, comme un somnambule.

"Où en sont les bagages ?" demanda Béryl.
Trybnar passa un bras sous les épaules d'Isard.
"Ils seront bientôt prêts, mais cet homme ne peut pas voyager pour l'instant. Il faut lui retirer la flèche et lui faire un bandage solide."
"Myndra..." soupira Isard.
"Elle va nous rejoindre," répondis-je de ma voix la plus rassurante.
Le son de ma voix fit sursauter Béryl. La jeune femme ne m'avait pas vu arriver.
"La princesse peut-elle faire quelque chose pour maître Isard ?" demanda-t-elle, les yeux brillants.
En guise de réponse, je fis un geste vague en direction de Verrine, que le garde allongeait sur une couverture.
"Je vois. Nous allons devoir faire ça à l'ancienne."=


--------------------
"Cet homme poireau est derrière toute l'affaire! Il couvre les aubergines mutantes!"
Lisez Sentaï School !
--------------------
Histoires | Amicale informelle des Vieux Pervers Libidineux | Pan Fighters
--------------------
Ex-Caribbean : la signature pirate.


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Oph qu ourse

Thorp bonheur



-= Dungeon Keeper =-
Inscription le 27-07-01
Messages : 7409



Femme  Age : 47 ans
Lieu de résidence : l'Antre des Ours

Pourquoi vous regardez ca ?
Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'La Geste du Prince Coriolan' a été posté le : 26/07/04 19:47
Trybnar et Béryl emmenèrent Isard à l'intérieur. Ne voulant pas voir ce qu'ils faisaient, j'aidai les autres à charger notre matériel sur les chevaux. Compte tenu du nombre de personnes, à part les blessés et peut-être la princesse, il était évident que nous devrions tous marcher. Je m'occupai du chargement d'Horizon, saluant de la tête les hommes de Trybnar, au fur et à mesure que Liandar les amenait au camp. A ceux qui passaient près de moi, je demandai des nouvelles de Myndra et de maître Toru, mais personne ne les avait vus. Tous, lors de leur fuite, avaient évité la zone de combat.

Au bout d'un certain temps, ne voyant revenir ni Myndra ni Toru, nous décidâmes de lever le camp. Liandar voulait repartir se battre à leurs côtés, mais le prince Trybnar décida que nous n'avions que trop attendu. Nous quittâmes donc l'endroit au rythme du pas de nos chevaux, regardant par-dessus notre épaule dans l'espoir fou de voir revenir nos compagnons.
De lui-même, le prince remplaça Isard à la tête de la colonne de fugitifs. A mesure que l'horizon s'éclairait, il semblait redevenir le seigneur qu'il avait été. Plus d'une fois, il passa dans les rangs pour s'enquérir de la fatigue des uns et des autres, afin de savoir si nous pouvions forcer l'allure. Lui-même avait les yeux cernés, mais brillants. Le sourire me revint, à l'idée que ma soeur retrouverait bel et bien son époux, et non pas un fantôme triste brisé à jamais par la servitude.

Nous marchâmes une bonne partie de la journée. Trybnar proposa de faire une pause pour manger, mais Isard, depuis son cheval, répondit qu'il valait mieux aller le plus loin possible avant de s'arrêter. Nous étions donc épuisés quand nous fîmes halte près d'un ruisseau, les arbres nous cachant les feux déjà déclinants du soleil.
Je demeurai auprès de Verrine, qui avait repris ses esprits, mais restait affaiblie physiquement. Même mâcher sa nourriture semblait être une épreuve pour elle. Tout en lui ménageant un nid confortable dans nos bagages, je lui racontai ce qui s'était passé pendant son sommeil. Mais mon attention finit par être attirée par autre chose.
Isard guettait.

Malgré son évidente fatigue, il gardait les yeux fixés vers les arbres derrière nous. Il refusa de s'allonger quand un garde vint le lui proposer. Sa bien-aimée était restée en arrière. Même si nous tous avions d'autres préoccupations, lui ne pouvait se résoudre à cesser de l'attendre. Ce comportement, de la part d'un homme que je pensais trop âgé pour éprouver encore un amour fou pour sa compagne de toujours, me semblait presque incongru.
"Laissez-le tranquille, dit doucement Verrine. Il a assez de foi pour nous tous."
"De foi ?"
La princesse hocha la tête.
"Il croit en elle. Assez pour qu'elle revienne."


--------------------
"Cet homme poireau est derrière toute l'affaire! Il couvre les aubergines mutantes!"
Lisez Sentaï School !
--------------------
Histoires | Amicale informelle des Vieux Pervers Libidineux | Pan Fighters
--------------------
Ex-Caribbean : la signature pirate.


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Oph qu ourse

Thorp bonheur



-= Dungeon Keeper =-
Inscription le 27-07-01
Messages : 7409



Femme  Age : 47 ans
Lieu de résidence : l'Antre des Ours

Pourquoi vous regardez ca ?
Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'La Geste du Prince Coriolan' a été posté le : 27/07/04 17:31
Un peu plus tard dans la soirée, la jeune fille se mit à grelotter. En voulant lui remettre une couverture, je me rendis compte qu'elle était brûlante. Elle avait tant affaibli son corps lors de ces derniers jours qu'une maladie en avait sans doute pris possession.
"Vous avez de la fièvre, princesse. Avez-vous un remède contre cela ?"
Elle me regarda sévèrement.
"Si j'en avais un, je l'aurais déjà pris."
"Alors restez tranquille, je vais vous chercher de l'eau fraîche."
Je passai la moitié de la nuit à changer les linges humides sur son front. Elle dormit un peu, du sommeil agité des malades, pendant que je somnolais à ses côtés.

Soudain, un mouvement dans les arbres mit tout le camp en alerte. Nous avions déjà dégainé nos armes quand quelqu'un sauta au sol. Lorsqu'elle s'avança dans la lumière du feu, nous vîmes que c'était Myndra.
Isard resta assis, mais on devinait qu'il brûlait d'envie de courir vers elle pour la prendre dans ses bras.
"Ils n'ont pas pu me suivre, dit-elle d'une voix hachée par l'essoufflement. Ils ne savent pas où nous sommes."
Trybnar, debout près du feu, hocha la tête gravement.
"Et maître Toru ?" demandai-je, angoissé.
"Il s'est sacrifié pour me permettre de m'enfuir."

Je mis quelques secondes à réaliser la portée de cette phrase. Ce n'était pas possible, l'homme qui avait commencé à m'enseigner ses techniques ne pouvait pas partir si tôt, si vite ! Je fixai l'elfe du regard, incapable d'échapper à l'horreur qui m'envahissait.
Elle ouvrit alors la bourse accrochée à sa ceinture, et en sortit un objet.
"Venez par ici, Prince, c'est pour vous."
J'allai prendre l'objet dans sa main. C'était un minuscule couteau de lancer, à la lame très fine, d'un acier presque noir. Un bel objet, mortel sans doute, à condition de savoir le manier.
"C'est lui qui vous a demandé de me le donner ?"
Myndra répondit par un sourire triste et un mouvement des paupières. Je vis alors que son visage portait des traces de larmes et qu'une mèche de ses cheveux avait brûlé. Ses vêtements étaient déchirés, ses mains couvertes d'écorchures. Elle avait bien failli ne jamais revenir.
"Merci," dis-je en empochant le couteau.

La jeune femme m'adressa un dernier signe de tête avant d'aller se blottir dans les bras d'Isard. Ils restèrent longtemps immobiles, à se murmurer des choses à l'oreille, indifférents à ce qui se passait autour d'eux. Au fond de mon désespoir, quelque chose me réchauffa le coeur : ces hommes qui regardaient Myndra ne la fixaient pas avec horreur, mais avec autant d'admiration que de reconnaissance. Elle les avait tirés de leur servitude. Dans ces conditions, la couleur de sa peau n'avait plus aucune importance.


--------------------
"Cet homme poireau est derrière toute l'affaire! Il couvre les aubergines mutantes!"
Lisez Sentaï School !
--------------------
Histoires | Amicale informelle des Vieux Pervers Libidineux | Pan Fighters
--------------------
Ex-Caribbean : la signature pirate.


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Oph qu ourse

Thorp bonheur



-= Dungeon Keeper =-
Inscription le 27-07-01
Messages : 7409



Femme  Age : 47 ans
Lieu de résidence : l'Antre des Ours

Pourquoi vous regardez ca ?
Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'La Geste du Prince Coriolan' a été posté le : 28/07/04 19:24
Maître Toru était mort.
Alors que je me tournais dans tous les sens dans l'espoir vain de retrouver le sommeil, cette obsession ne me quittait pas. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser à tout ce qu'il n'avait pas eu le temps de faire, à tout ce que je n'avais pas eu le temps de lui dire, au vide qu'il laissait dans le groupe. Je n'avais plus personne sur qui calquer mes gestes. Privé de ce guide discret, je me sentais comme un enfant perdu.

Lorsque sonna l'heure du départ, je n'avais presque pas dormi. Un garde me relaya auprès de la princesse, ce qui me laissa tout le loisir de me morfondre. Je marchai dans un état second, perdu dans mes regrets, accordant juste assez d'attention à notre progression pour ne pas me prendre les pieds dans les herbes ou les racines.
La lumière décrut vite. Quand la pénombre s'étendit dans la vallée, je me souvins que c'était déjà l'hiver. La neige ne tarderait pas à entraver notre marche. Curieusement, alors que j'étais imperméable à tout le reste, ces considérations-là me touchaient encore.
L'espace d'un instant, j'imaginai le corps sans vie de maître Toru sous un linceul de neige. Cette vision acheva de me désespérer. Je ne parvins plus à retenir mes larmes.

"Prince, je vous en prie..." fit une voix douce.
Myndra prit ma main. Je ne m'étais même pas rendu compte qu'elle marchait à côté de moi.
"Si vous devez pleurer, laissez aller les larmes. C'est moins douloureux que de les retenir, croyez-moi."
"Merci," murmurai-je, sachant que toute tentative de parler normalement se terminerait en un sanglot.
"Je comprends ce que vous ressentez. J'ai déjà perdu plusieurs compagnons de route, mais on ne se fait jamais à ces choses-là. Ça n'a pas été facile, vous savez, de me résoudre à m'enfuir en sachant qu'il allait mourir pour moi."
Je serrai sa main brièvement. Je ne me sentais pas la force de parler, juste de l'écouter. Elle reprit.
"La différence entre Toru et moi, c'est qu'il acceptait l'idée de sa propre mort. Il était seul, banni de son royaume d'origine, il n'attendait plus rien de son avenir. Moi, je ne veux pas me résoudre au trépas, pas avec Isard qui m'attend. Je n'aurais pas pu faire pour votre maître ce qu'il a fait pour moi. Et je m'en veux, Prince, je m'en veux terriblement."
Les yeux de Myndra étincelaient. Je la serrai contre moi, le visage dans mon cou, et nos larmes se mêlèrent.

Avec les jours, les larmes se tarirent, mais la douleur resta. Je tentai de tromper mon chagrin en restant au chevet de la princesse Verrine, en vain. J'avais toujours la tête ailleurs. Malgré la piètre qualité de mes soins, la fièvre baissa un peu, mais Trybnar était toujours préoccupé par l'état de santé de sa cousine. Celle-ci restait trop souvent secouée de quintes de toux qui semblaient lui déchirer la poitrine.
Passer les montagnes au plus vite, revenir à la chaleur de la maison des Aigles avant qu'il ne fût trop tard, devint une préoccupation permanente. Nous oubliâmes presque de nous réjouir en constatant que les daïmons avaient bel et bien déserté le pays.

Ce voyage de retour fut une épreuve pour nous tous. Je savais bien que nous ne pressions pas l'allure que pour sauver la princesse. Nous avions tous envie de retrouver les nôtres, de laisser loin derrière nous cette terre, d'oublier les mauvais souvenirs que nous en avions. Fol espoir, vain aussi. Ma mémoire est restée claire. L'oubli n'a pas voulu de moi.


Fin de la troisième partie.


--------------------
"Cet homme poireau est derrière toute l'affaire! Il couvre les aubergines mutantes!"
Lisez Sentaï School !
--------------------
Histoires | Amicale informelle des Vieux Pervers Libidineux | Pan Fighters
--------------------
Ex-Caribbean : la signature pirate.


      Retour en haut de la page IP Cachée  
Ajouter aux favoris - Envoyer ce Sujet par E-Mail - Imprimer ce Sujet
Dernier Message - Message le plus récent
Pages: 1 2 3 [ 4 ]

Open Bulletin Board 1.X.X © 2002 Prolix Media Group. Tous droits réservés.
Version française, modules et design par Greggus - enhancement par Frater