Vieux Con

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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 17/12/02 19:26
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Et voilà la suite ! Et un grand merci au Bibliothécaire qui se charge de la correction des chapitre (à ce stade c'est de la traduction...).
Avec un peu de patience vous découvrirez mon récit en vrai français !
-Chapitre 10 : Le sombre chevalier blanc...
"La p-p-prochaine f-fois, v-vous me préviendr-rez !" grogna Thiki "C'c'est p-pas possible de choisir d-des endroits pareils !"
La jeune fille grelottait à la sortie du téléporteur, attendant que Derym ou Lelfe lui trouve une fourrure adaptée à sa taille.
Il n'y en avait malheureusement pas : Ysandre ne connaissait pas la voleuse quand elle avait fait les courses du groupe.
Généreusement, Derym fini par céder sa pelisse à l'adolescente et par incanter un sortilège druidique lui permettant de supporter le froid de la ville nordique.
Everwhite était beaucoup moins grande que Kross. Le climat rude du grand Nord n’incitait pas en effet à un séjour prolongé...
Il s'agissait essentiellement d'une cité marchande portuaire, porte entre les royaumes gelés du Grand Nord, aux grandioses et dangereuses montagnes recelant des richesses minérales qui faisaient l'envie de tous et aux riches eaux marines extrêmement poissonneuses. Seule l'avidité et l'obstination humaine avaient permis le développement de cette ville.
Le groupe se dirigea promptement vers une auberge connue de Lelfe, à demi-enterrée dans le sol boueux de la cité. Les murs de tous les bâtiments étaient en assemblage épais de pierre de taille et/ou de bois. Tous étaient de basse taille et recouverts d'une bonne épaisseur de neige.
Seules les principales artères de la cité étaient pavées : le reste n'était que de vulgaires chemins, plus ou moins boueux ou gelés, selon l'heure de la journée.
Même si elle n'arrêtait pas de se plaindre, Thiki admirait le paysage somptueux. La cité portuaire était nichée dans un fjord débouchant sur une mer d'un vert profond.
C'était la première fois qu'elle voyait la mer.
Derym partageait sa joie enfantine devant la splendide et glaciale étendue d'eau. L'odeur de sel était profondément vivifiante dans l'air froid.
Groumpf quant à lui, vêtu d'un assemblage hétéroclite de fourrures qui le faisait ressembler à un yeti, contemplait dans le lointain les hautes montagnes aux sommets enneigés qui se découpaient dans le ciel gris plomb du matin.
Il tourna un regard interrogateur vers Lelfe, qui secoua la tête. Il rabattit la capuche de son manteau en grognant. Des gens pouvaient encore se souvenir de l'ancien général barbare qui avait massacré cette ville...
Le groupe pénétra dans l'auberge et les filles se précipitèrent vers le foyer ronflant dans la salle commune, laissant Lelfe et Derym discuter les prix avec le propriétaire. Groumpf se coula dans un coin sombre près de ses amies.
"Enfin un peu de chaleur !" clama Thiki collée au feu. "Pourquoi on est dans ce bled pourri, déjà ?"
"On se rend vers le Temple de L'Eau." déclara Lelfe en arrivant avec un plateau de chocolats chauds (avec une pointe de rhum pour les membres adultes de la compagnie, Ysandre fit la grimace.)
"Et on va y faire quoi ? Et où il est exactement ce temple ?"
Derym commença à expliquer sa quête à la jeune fille. Une fois leur but expliqué, Thiki ne put s'empêcher de laisser tomber quelques remarques en rigolant.
"Ahahha ! T'es POSTIER !! Ahaha ! Ces Druides ne font rien comme tout le monde !"
"Humm... C'est une mission importante et confidentielle, demandant sérieux et confiance." répondit Derym un rien vexé.
"Mouaff... Pas très excitant tout ça. Ni très glorieux. Pas de princesse à sauver, ni de dragon à combattre !"
"La princesse à sauver c'est déjà fait." déclara alors Lelfe en posant sa main sur la tête de la jeune fille, au moment où elle buvait son chocolat.
Couverte de boisson et rougissant sans savoir pourquoi, la jeune fille se tut un moment...Avant de revenir à la charge et de questionner Derym encore plus sur sa mission, ses buts et autres choses que l'apprenti ne connaissait absolument pas.
"Tiens, regarde." finit par dire Lelfe, en réponse à un regard implorant de Derym.
Il déplia la carte du Druide sur la table.
"Là, c'est Everwhite. Là ce doit être le Temple de l'Eau."
"...Mais...C'est en pleine mer ! Chic, chic on va faire du bateau !" s'écria la jeune fille ravie.
"Précisément. D'ailleurs je vais aller m'enquérir d'une embarcation et d'un capitaine prêt à nous y conduire...Ysandre ! Je te les confie ! Faites pas de bêtises..."
"QUOI ! Je refuse de te laisser y aller seul : je viens ! T'es plus dangereux tout seul que Derym, Groumpf et la p'tite !" s'écria la Paladine en se levant pour rattraper le Barde.
Pendant ce temps, dans une sombre chapelle gelée...
"Ô puissante lame sombre dévoué à Notre Seigneur, lèves-toi !" psalmodia un grand prêtre mince comme une lame de couteau dans sa robe sanglante.
"Viens à nous, Elu du Meurtre. Toi qui est mille fois béni et mille fois maudit !" crièrent les assesseurs, tout de noir vêtus.
"ça va, ça va j'arrive..." fit une voix blasée venant d'une crypte ténébreuse.
Emergeant de l'ombre, une pâle silhouette s'avança vers les suppliants.
Le grand guerrier albinos s'arrêta devant le grand Prêtre du Seigneur du Meurtre qui brandissait bien haut le symbole sacré de Bhaal.
La blancheur de l'apparition et de son armure d'os blanchâtre tranchait avec les tenues sombres des fidèles.
L'assassin posa son regard rosé sur le prêtre tremblant de peur et de froid.
"Combien de temps ?"
"Presque vingt ans, Votre Excellence..."
"Bon...Pourquoi troubler mon repos ?"
"Un rêve, messire. Envoyé par le Seigneur lui-même...Vous ne l'avez pas perçu ?"
"Non." répondit l'apparition d'une voix aussi froide que l'air ambiant. "Douteriez-vous de ma Foi ?"
"Bien sûr que non ! Je ne mets pas en doutes votre sainteté, ni vos glorieux états de services pour notre Eglise...C'est juste.. Surprenant."
"Mmmm. C'est juste que mon état en me permet pas de pratiquer aussi assidûment les préceptes de notre religion. Je sers plus par le poing et la lame que par les paroles...Bon trêve de bavardages : que me veux Bhaal ?"
"Voici ce qui a était prophétisé." dit le prêtre en faisant avancer un acolyte portant un lourd rouleau.
Le guerrier dû se faire ensuite expliquer les paroles sacrées, qui, comme dans toute prophétie, étaient assez obscures.
Cependant le but de la mission était presque clair.
Il se la fit quand même expliquer. Non, il ne s'était pas trompé.
"Une mission d'ESCORTE !?! Moi, l'Assassin du Culte !?!"
"...Euh...C'est ce qu'il semblerait, mon seigneur. Même si le texte prémonitoire est un peu flou... Et Bhaal insiste pour que ce soit vous. Et ce serait votre dernière mission avant d'être enfin envoyé vers Notre Seigneur..."
"...Bon, comme Il veut...Mais avant vous avez amené de quoi me restaurer ? Je meurs littéralement de faim..." conclu le guerrier dans un inquiétant sourire.
"Bien entendu, messire !" dit le chef suprême. "On vient de la lâcher il y a cinq minute dans les cryptes...Ce sera plus sportif comme ça !"
L'inquiétant albinos sourit et dégaina deux cimeterres noirs avant de partir en chasse.
Lelfe et Ysandre revinrent bredouille à l'auberge.
"Comment ça pas de bateau disponible ?" demanda Derym en désignant à travers la fenêtre toute une flottille d'embarcation de pèche.
"Justement...La saison de pêche bât son plein. Il n'y a pas d'embarcation disponible qui soit dans nos moyens...On a beaucoup dépensé, tu sais...Je m'attendais pas à la Taxe de traversé pour personne en Négate." répondit Lelfe.
"Et ici mon Ordre est quasiment inconnu : impossible de réquisitionner un navire..." soupira Ysandre.
"Sans compter qu'il y eut pas mal de raids de pirates et de tempêtes dangereuses dans la zone où l'on se rend...Aucun capitaine ne veut risquer son embarcation pour nos beaux yeux." poursuivit Lelfe.
"On a qu'à en voler une, alors..." grommela Thiki.
"THIKI !! Voler c'est MAL !" lui hurla la Paladine. "L'éducation de cette jeune fille doit être sérieusement reprise en mains !"
"Hum. Bon. C'est peut être vrai...Pas de vol, donc" répondit Lelfe, conciliant. "Et il faut éviter de se faire remarquer..."
Derym haussa les épaules. Il savait que le Barde n'aurait aucun scrupule (enfin, si mais pas longtemps...) à voler un navire. Lui-même pourrait approuver, si la situation devenait vraiment désespérée. Groumpf s'en ficherait, Thiki aussi.
Et il mettrait Ysandre devant le fait accompli, quitte à subir ses foudres et à lui accorder toutes sortes de compensations.
"Alors on fait quoi ?" demanda Thiki exaspérée par les scrupules et l'indécision.
"Je sais pas..." conclu piteusement la Paladine.
Il y eut un moment de silence, pendant que tous réfléchissaient. La solution de Thiki semblait malheureusement s'imposer.
"Ben. J'ai une idée !" s'écria alors Lelfe. "Si on veut pas de nous à bord d'un bateau, on n'a qu'à construire le nôtre !"
"QUOI !!" s'écrièrent ses compagnons dans un bel ensemble.
"Tu...sais faire ça ?" demanda Derym un rien surpris.
"Je ne sais pas, j'ai jamais essayé. Mais ça doit pas être bien sorcier ! Ysandre ! Va nous louer un dock et un entrepôt pas cher ! Derym, va avec Groumpf chercher du bois de construction. Moi et Thiki on s'occupe des voiles et des autres accessoires !"
(à suivre...)
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...Prenez la taille de mon ego et ça vous paraîtra petit..."
Aerth, récits fantastiques
...Et en plus il écrit et il blog...
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 19/12/02 11:59
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(suite chapitre 10)
La nuit venait juste de tomber et les gardes de la porte Est de la ville se préparaient à une longue et sombre veille glaciale.
Emmitouflés dans leurs fourrures, ils levèrent soudain la tête en entendant des pas : qui pouvait donc arriver à cette heure, bravant le vent glacial qui charriait une neige mordante ?
Deux d'entre eux prirent leurs hallebardes, méfiants. Un autre aviva le feu qui leur fournissait chaleur et lumière tremblotante.
La silhouette qu'ils distinguaient à peine au travers des bourrasques neigeuses s'arrêta un instant.
L'assassin contemplait les gardes qui ne pouvaient le voir et réfléchit. Autant rester discret.
Il se mit alors à prier son sombre Maître : le sortilège divin transforma l'armure d'os du guerrier albinos en une banale armure de plaque noirâtre et usée. Il s'avança.
"Halte ! Qui va là ?"
Toujours la même histoire. Rien ne changeait vraiment...
"Un simple voyageur, mercenaire esseulé et transi de froid. De grâce messires, ouvrez les portes que je puisse me réfugier céans."
L'albinos au service de Bhaal avança, se dévoilant aux gardes suspicieux.
Ceux-ci furent vite charmés par le regard étincelant de l'assassin et par ses manières de noble. Ils le laissèrent entrer.
Curieusement, ils l'oublièrent quasi-immédiatement et reprirent leurs postes sans plus se poser de questions.
"Et maintenant, où aller ?" se disait l'albinos. "La prophétie était quand même vague...Vraiment le Dieu aurait pu nommer ou décrire la cibl...Non : la personne à protéger !"
Il fit le tour des auberges où traînaient habituellement les aventuriers, les marchands et les mercenaires de passage. Rien de ce qu'il y vit ne lui rappela les paroles sibyllines du parchemin sacré...
Soupirant, il se hissa sans mal sur le toit enneigé d'une maisonnette de la Grand'Rue. Il ne restait plus qu'à attendre que la cibl...NON ! La personne à protéger se manifeste. Ou alors un signe divin.
Il doutait de ce dernier cas : il n'avait jamais montré une ferveur incroyable, malgré son titre et sa position dans le culte...
"Bah, la nuit est encore jeune !" murmura l'albinos en contemplant les lunes qui se levaient dans le ciel, trouant les nuages porteurs de neige.
Pendant ce temps, fort loin de là...
Les rues de Kross était désertes quand la nuit tomba sur la citée. Une pluie diluvienne avait chassé jusqu'aux mendiants et aux voleurs.
Une seule silhouette se dressait sur le pont noyé par la pluie qui menait au RATP.
Elle avançait inlassablement, infatigable et insensible aux éléments déchaînés.
Un bref éclair illumina la forme qui avançait : petite, légèrement rondouillarde, mais se déplaçant avec souplesse. Et un regard absolument vide.
Il pénétra dans la forteresse abritant la zone de téléportation en crochetant habilement une serrure portant magiquement protégée.
Il poursuivit obstinément son chemin, évitant sans peine les pièges et alarmes du bâtiment.
"Admirable." laissa tomber une voix sourde.
Un homme mince et borgne sorti de l'ombre et s'interposa entre le mort-vivant et son but : la salle de téléportation.
"Arrière, servant de Bhaal ! Abandonne ou soit détruit !"
"Tuu me trahiis ausssi ? Tu étaiss portant ssi fidèle Zaralasss et sssi doué !" siffla le mort-vivant.
L'homme dégaina son épée serpentine finement ouvragée.
"Désolé, mais on m'offre plus ailleurs. Tu devrais comprendre ça..."
Le mort-vivant siffla et se jeta à une vitesse ahurissante sur l'assassin.
Il plongea pour éviter de justesse le coup rapide. Zaralas donna un coup d'épée au jugé, qui rata sa cible.
Il devait oublier ses habitudes : ce zombie était aussi souple et agile que de son vivant. Et c'était un Maître-Voleur...
Souriant il lança quelques fioles de verres sur l'être animé par Bhaal. Sans résultats. Le mort-vivant avait déjà deviné le coup et les fioles d'Eau Bénite s'écrasèrent au sol.
La créature lança une dague vers Zaralas, qui l'évita difficilement. Le monstre en profita pour s'approcher à une vitesse incroyable.
C'était une feinte : Zaralas avait tout prévu et il bascula juste avant que le monstre porte son coup. L'épée de l'assassin pénétra le corps mou du cadavre.
Aucun sang n'en jaillit. Et le poison mortel qui enduisait la lame ne ferait rien à la créature non-morte. Zaralas s'apprêta à prononcer le mot de pouvoir qui enflammerait son épée et immolerait le mort-vivant empalé.
Mais la créature, trop rapide, ne le laissa pas faire : elle empoigna la lame et l'arracha de son corps sans se soucier des dégâts provoqués. Elle envoya Zaralas tenant encore l'épée contre un pilier, avec une force titanesque.
D'une roulade, le voleur réussit à éviter de se fendre de crâne. C'était mal parti.
D'un mouvement souple du poignet il lança quatre dagues d'argent en direction du crâne écumant du zombie. Celui-ci lança sa propre dague pour intercepter les projectiles qui explosèrent dans un éclat aveuglant.
Zaralas se maudit : il aurait dû mieux répartir son attaque !
Il se cacha rapidement derrière une colonnade et arma une petite arbalète d'un carreau béni, attendant que la fumée de l'explosion se dissipe.
Il braqua son arme. Rien. La créature maléfique avait disparu.
Se maudissant une fois de plus, Zaralas fouilla le corridor du regard. Bien sur le mort-vivant était en plus invisible à l'infravision et indétectable par la magie de son anneau...
Les sens aux aguets, il s'avança vers le couloir menant à la zone de téléportation. Il guettait chaque recoin, examinait chaque zone d'ombre et chaque cachette avec l'habitude issue d'une longue expérience.
Pourtant il ne vit pas la créature. Celle-ci s'était hissée au plafond d'un bond prodigieux et silencieux. Elle s'y tenait, pendue par des griffes jaillies de ses mains mortes.
Quand Zaralas passa au-dessous d'elle, elle se laissa tomber sur lui, griffes en avant.
L'entraînement de l'assassin d'élite de la Guilde de Kross faillit lui sauver la vie : il décocha à l'instinct son carreau...Qui ricocha malencontreusement sur les griffes d'os noircies de la créature.
Elle plongea à travers ses défenses et sa maigre armure, déchirant le torse du voleur qui hurla. Sans résultat d'ailleurs : une Zone de Silence entourait le mort-vivant et sa proie...
Il traîna le corps tressautant du pauvre Zaralas vers le centre de la salle de téléportation.
Là, il grava d'étranges glyphes dans le torse du supplicié.
"Désolé, ancien serviteur...J'avais besoin du sacrifice d'un traître pour activer ma magie..." fit une voix sombre qui sortait du mort-vivant et simultanément résonnait à l'intérieur du crâne de Zaralas.
Dans un dernier râle d'agonie, le voleur compris qu'il avait était piégé par sa sombre divinité.
Sa dernière vision fut celle de l'ouverture d'un Portail sanglant vers Everwhite.
"A la croisée des chemins, suis une cascade d'or et la puissante montagne..." murmura l'albinos, toujours sur son toit enneigé. "Quelle plaie, ces prophéties divines !"
Il avait d'abord cru que la Croisée des chemins désignait les auberges où se rencontraient marchands et aventuriers venus de divers horizons...
Pour une fois il avait était trop imaginatif ! Pestant contre lui-même, il bondit agilement de toit en toit en direction du RATP.Une heure à cogiter dans le froid nocturne lui avait éclairci les idées.
Il se posta en hauteur, dominant la sortie du bâtiment.
La cachette était idéale. Dans le Nord, peu de gens levaient la tête : ils préféraient rester encapuchonnés bien au chaud !
Il attendit encore. Son impatience grandissait : même si la nuit était longue sous ces latitudes, il devait avoir fini cette mission avant le lever du soleil.
Pourvu que le Dieu tienne sa promesse...Une dernière mission et il serait libre. Enfin. L'assassin était devenu au fil du temps de plus en plus las de tuer...Même s'il y prenait un plaisir coupable.
C'était d'ailleurs une des raisons de son exil volontaire dans ces contrées désertes et glacées : échapper aux demandes incessantes des "Parrains", "Pacha" et autres Maîtres de Guilde qui refusaient de se salir eux-même les mains.
Mais il était aussi un prêtre du Dieu du Meurtre. Il ferait son devoir, comme toujours...On ne l'appelait pas le Chevalier de la Mort pour rien.
Soudain, il perçut un éclat doré alors qu'il était perdu dans ses pensées. Il leva la tête pour l'examiner.
Un elfe insouciant, à la chevelure d'or liquide guidait un monstrueux colosse qui portait tout un attirail de construction.
"Une cascade d'or...Une puissante montagne...Serait-ce possible ?" murmura le guerrier.
Il se laissa tomber dans, la neige absorbant le choc et les sons.
L'albinos les suivit discrètement, sans mal vu le boucan fait par l'elfe rigolard. Ils entrèrent dans un entrepôt miteux, non loin des docks.
L'assassin se coula silencieusement vers une petite fenêtre pour épier ces cibles potentielles.
Il repéra outre le colosse et l'elfe peu discret, deux humaines : une petite rousse qui travaillait à une table encombrée de fioles et une grande en armure. Visiblement une Paladine. Aïe.
Il vit enfin le dernier occupant : un jeune homme roux qui portait de longues planches.
"Garde des lames et du sang le jeune feu ardent issu de la forêt du changement..." murmura doucement l'albinos.
Il sourit : ça se confirmait !
"Attendons...Voyons qui bouge le premier !"
(à suivre...)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 01/01/03 15:59
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 21/12/02 20:46
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(suite chapitre 10)
"Voilà ! Je viens de terminer le plan ! On commencera demain..." s'écria Lelfe, plein d'enthousiasme.
Derym, Groumpf et Ysandre qui entassaient le bois de construction dans un coin du hangar s'approchèrent du plan de travail.
"...Euh, je n'y connais pas grand chose...Mais..." commença Derym en jetant un coup d'oeil ahuri sur les dessins.
"Non ! Sérieux ? Ce truc flotte ?" s'exclama Ysandre médusée.
"Beau bateau !" déclara Groumpf.
"Allons, allons ! Pas d'inquiétude : j'ai fait la synthèse de mes connaissances nautiques dans cet ouvrage."
"...C'est pour ça que j'ai un doute..." murmura Ysandre. "J'y connais rien, mais la forme est...Inhabituelle."
Thiki quitta momentanément son établi, et le poêle chaud qui était à coté.
"Faites voir un peu ça..."
Elle se pencha sur les croquis de Lelfe. Ses yeux s'écarquillèrent un instant, puis elle éclata de rire !
"Wahahha ! C'est quoi ce truc !?!"
"Hff. Un peu de respect. J'ai passé des heures sur le design de ce navire. Il sera à la pointe de la technologie maritime !" répondit Lelfe un rien vexé.
Thiki eut un sourire narquois et se pencha un peu plus sur le plan.
"D'abord, c'est quoi ces trois trucs qui partent en triangle de la structure principale ?"
"Des flotteurs. Certaines petites embarcations elfiques s'en servent...Normalement ça réduit la pénétration dans l'eau et équilibre le bateau. J'en ai donc mis trois : deux sur les cotés et un devant !"
"Réduire la pénétration dans l'eau. L'idée est bonne, mais...T'as vu la forme de la coque principale ? Tes flotteurs seront hors de l'eau ! Il faut arquer plus tes structures qui les soutiennent et modifier la forme de la coque principale !"
"Ah ? Pourtant..."
"Et c'est quoi cette figure de proue ?! Ton bateau va pencher vers l'avant avec un tel machin !"
"...Humm. C'était pour faire joli ! Et je tenais à ce que toute l'équipe soit représentée !" répondit Lelfe.
"Stupide et inutile. Wahaha ! Un Groumpf grandeur nature...Et ces voiles !"
"Qu'est-ce qu'elles ont les voiles ? Les navires marchands ont les mêmes...En moins beau et moins élégamment disposé !"
"Justement, c'est le problème : tes voiles, implantées comme ça, ne serviront que si y'a du vent arrière ! Et uniquement dans ce cas !"
"Ah...Oups...J'ai pas pensé à ça."
"Et ton gouvernail en forme de dauphin est très joli, mais totalement inutile là où tu l'as mis : il touchera à peine l'eau ! Et ta quille n'est pas assez longue, ni même bien placée : elle va déséquilibrer le bateau !"
"...Oh." murmura Lelfe complètement dépité.
"Sans oublier tes schémas : ils sont très beaux et en couleurs, mais pas un n'est à l'échelle ! Aucun n'est numéroté ! et y'a aucune instruction de montage : comment veux-tu qu'on construise ce truc !!"
"Arrête...j'ai l'impression de me faire gronder par la maîtresse quand je rendais mes devoirs en retard..." dit le Barde, penaud.
Tous les autres riaient de bon coeur de voir l'insouciant aventurier se faire enguirlander par l'adolescente.
"Bon. Apparemment Thiki à l'air plus compétente que toi. Laissons là donc faire les plans." décida Derym.
"Hein ! Quoi ? Mais j'ai jamais fait ça !" se récria la jeune fille confuse "Je critiquais juste pour le faire marronner !"
"Alors faites ça ensemble." déclara Derym.
"Courage, tu vas certainement t'en sortir mieux que lui..." murmura Ysandre à la voleuse, juste assez fort pour que Lelfe pique un fard, vexé.
Ils se mirent aussitôt au travail, sous les instructions éclairées de la jeune fille. Visiblement elle semblait connaître son affaire.
Derym l'interrogea pendant qu'elle corrigeait les plans de Lelfe : d'après elle, elle adorait le bricolage.
Sa coopération avec Lelfe fut efficace : le sens pratique de la mécanique de Thiki, allié aux vastes (mais vagues et indisciplinés) connaissances de Lelfe, leur permirent d'obtenir rapidement des plans d'un navire valable.
On n’aurait jamais rien vu de tel avant : Thiki avait conservé la structure en triangle de trois flotteurs soutenant une nef principale légère.
La nuit était déjà fort avancée quand elle termina les schémas de montage : ils pourraient bientôt commençait l'assemblage.
Un bâillement échappa à Ysandre. Lelfe semblait lui aussi épuisé.
Derym décréta donc que ça suffisait pour aujourd'hui : ils avaient bien besoin de repos.
Lelfe et Ysandre s'enroulèrent instantanément dans des couvertures, près de l'unique poêle de la pièce et sombrèrent rapidement dans le sommeil.
Groumpf emmitouflé dans une couverture se cala contre la porte de l'entrepôt. Infatigable, il monterait la garde jusqu'au petit matin.
Derym allait lui aussi se coucher quand il vit que Thiki s'était remis à travailler sur son établi. Elle avait posait son arbalète et semblait jouer avec d'étranges fioles remplies de substances inconnues.
"Tu fais quoi ? Tu devrais te reposer..." dit le druide en s'approchant.
"Pas sommeil. Et faut que je fasse des recharges..."
"Des recharges ?"
"Regarde, tu vois cette arbalète ? C'est moi qui l'ai faite ! Et comme tu dois te le rappeler elle ne tire pas des carreaux ordinaires !"
"...Ah oui ! Le gaz !" s'écria Derym en se rappelant enfin leur poursuite sur les toits de Kross.
"Précisément. Regarde ce mécanisme : ça me permet de tirer simultanément quatre projectiles, très loin. Malheureusement au mépris de la précision, mais j'espère bien régler un jour le problème !"
"Tu en sais des choses..." dit le Druide contemplatif "Et comment tu fais rentrer le gaz dans les carreaux ?"
"IDIOT ! Pardon...Bah...J'oubliais que t'es presque qu'un sauvage, après tout...
"Merci..." ricana Derym, un rien vexé, mais passionné par les explications de la demoiselle.
"Bon, je distille ces produits...Pardon, je les chauffe puis les recondense, là. En mélangeant avec cette poudre, j'obtiens ce liquide blanc-vert. Tu vois, il fume déjà : il réagit avec l'air..."
"Ah. Continue..." dit Derym, un peu perdu.
"Je le mélange avec ça, une solution très volatile et alcoolisée et je le place avec cette seringue dans ces carreaux. Tu vois la pointe en verre très fine au bout ? Bien, y'a aussi un petit explosif dans le verre. Je scelle ensuite à la cire..."
"Et ça fait des projectiles qui libèrent le gaz quand le verre est brisé !"
"Eh ! T'es pas si bête, le primitif ! T'as tout juste : je tire les carreaux, l'impact brise le verre et déclenche une petite explosion...Qui diffuse le gaz et vaporise l'alcool : la solution réagit alors avec l'air !"
"Génial ! Et ça crée ce nuage asphyxiant !"
"Oui, la solution irrite les yeux et la gorge. Tu peux même t'évanouir si t'en respire trop !"
"Tu es vraiment très intelligente ! J'aurais jamais cru rencontrer une si jeune alchimiste..."
"NE M'APPELLE PAS COMME CA !" hurla la jeune fille, les traits déformés par la colère "Je ne fais RIEN de magique ! Je HAIS la magie ! C'est de la Science !"
"Ah...Euh...Pardon..." s'excusa Derym, confus.
"Pfff...Désolé, je me suis aussi emportée. Tu sais...Mon...Maître...Me traitait assez mal. Je déteste ces magiciens imbus d’eux-mêmes qui se servent de leur pouvoir pour dominer les autres. J'ai vite vu que la connaissance était une arme. Alors j'ai volé plein de livres.. Mais je refusais de toucher à la magie. Et quand j'ai voulu utiliser l'arbalète et mes carreaux contre lui, il a dissipé le nuage d'un geste ! Et, et...il m'a..."
La jeune fille éclata en sanglots et se réfugia dans les bras de Derym.
"Chut, c'est fini maintenant...T'es entourée d'amis maintenant. On ne laissera plus de sorcier te faire du mal..." déclara tendrement le jeune homme. "Sèche tes larmes et va te coucher : toi aussi tu es épuisée. Je monte la garde avec Groumpf."
Il conduisit la jeune fille vers un amas de fourrures où elle se pelotonna pour la nuit.
Derym surpris un regard rougeoyant dans les ténèbres. Lelfe avait suivit silencieusement la conversation dans les ténèbres.
Le jeune homme s'approcha. Il vit que l'aventurier pleurait.
"Tu as bien fait d'accepter de la prendre avec nous..." murmura le Barde, gêné.
"Oui...Elle a déjà tant souffert...J'espère quand même que ce voyage ne sera pas une épreuve supplémentaire pour elle."
"On est là pour la protéger, non ? Tu as compris par où elle était passé ?" demanda doucement Lelfe.
"Oui, malheureusement je m'en doute...Les humains peuvent être si cruels..."
"Certes. Ils peuvent même être bien pires que ce que tu imagines, Ô mon jeune ami...Et c'est commun à bien des races qui se prétendent civilisées..."
"Voilà, qui est bien triste...Mais je garde espoir : on peut toujours faire mieux !"
"C'est pour ça qu'on est là..." murmura Lelfe dans un grand sourire "Maintenant dormons : l'aube n'est plus très loin et je sens qu'une rude journée nous attend sous les ordres de notre petite cheftaine de chantier !"
Caché sur le toit de l'édifice, le guerrier albinos ne pouvait plus cacher son impatience.
Rien ne s'était produit ! Pourtant la mission devait impérativement se finir avant l'aube. Qui aurait lieu dans quelques heures !
Il refit un tour en surplombant l'entrepôt : personne dans les rues glaciales. Nul voleur ou assassin ne bravait la bise glaciale !
Il se rassit dans la neige en soupirant. Avait il bien interprété le texte divin ? Le dieu savait pourtant mieux que quiconque qu'il était inutile en plein jour ! Et qu'il n'était pas le plus subtil de ses prêtres...
Et en plus il commençait à avoir faim. Et l'inaction et l'attente dans le froid lui pesaient.
L'albinos jeta à nouveau un regard à travers une fenêtre, ses yeux rosés enchantés par un sortilège lui permettant de percer l'obscurité.
Pas de mouvements. Le géant était en sentinelle. Amateurs. Ils avaient négligé la fenêtre, même si elle était petite et située en hauteur, il n'aurait eu aucun mal à s'y glisser et à les abattre tous dans leur sommeil...
Mais il n'était pas là pour ça ("Dommage..." lui souffla son esprit sanguinaire d'assassin).
Il hésita un instant à en tuer un ou deux. D'après le parchemin sacré, seul le jeune homme druide était à préserver...
Il combattit ses instincts de tueur. Non ! Il ne sombrerait pas dans le meurtre gratuit !
Soudain son instinct lui adressa justement un message d'alerte. Il bondit rapidement pour se dissimuler.
Quelqu'un approcher vers la fenêtre...Non. Quelque-chose ! Sa vision amplifiée par la magie lui révélait que l'intrus n'avait plus un souffle de vie, ni de chaleur corporelle !
Un mort-vivant...Agile et rapide en plus. Surprenant. Excitant !
Le guerrier caressa sensuellement ses cimeterres : finalement on ne l'avait pas dérangé de sa retraite pour rien.
La créature escalada le mur aisément et pénétra sans bruit dans l'entrepôt par la fenêtre.
L'albinos dû recourir à nouveau à ses pouvoirs cléricaux pour invoquer une Zone de Silence afin de suivre discrètement l'intrus.
Plus de doute maintenant : la créature non-morte se dirigeait droit vers le jeune homme aux cheveux roux...Il se prépara à intervenir.
Mais il y eut un mouvement.
"Que..." balbutia Ysandre, se réveillant en sursaut.
Son médaillon sacré était chaud.
Elle faillit ne voir la créature que trop tard, mais un mouvement attira son attention vers la couche de Derym. Une forme sombre se tenait, menaçante, au-dessus du Druide ! Une forme avec des griffes !
Sans réfléchir elle jaillit, plaquant le zombie à la taille et le reversant sous le coup de la surprise.
Elle compris instantanément à quel genre d'ennemis elle avait affaire : l'intrus était aussi froid qu'un serpent ! Elle cria.
"UN MORT-VIVANT !!"
La créature siffla et balança un coup de griffe pour se débarrasser de la Paladine. Il l'envoya voler à l'autre bout du hangar, une longue plaie au travers du dos.
Le zombie se tourna alors vers Derym.
Celui-ci était déjà debout et colla un bon uppercut dans la tête de l'horreur. Le coup aurait brisé la mâchoire de n'importe quel humain. Le mort-vivant n'en eut cure.
Le zombie arma son bras, visant le cou du druide qui le lardait de coup de poings plus ou moins inefficaces.
"WAARRGGG !!!!"
Un marteau de guerre géant faucha le mort-vivant : Groumpf venait d'entrer en scène avec fracas.
L'attaque envoya le non-mort s'écraser contre un tas de planches.
Ceci permit aux aventuriers de se regrouper. Tous étaient désormais bien réveillés, prêts à affronter la menace.
Thiki agit la première : empoignant son arbalète désormais rechargée, elle fit feu vers la forme inquiétante. Les projectiles volèrent et firent mouche (ou presque).
Un lourd nuage de vapeurs toxiques et aveuglantes enveloppa la créature.
"Thiki ! Imbécile !" grogna la Paladine qui se faisait soigner par Derym. "C'est un mort-vivant ! ça lui fera rien et ça le cache de notre vue !"
"Oh ça va ! J'pouvais pas savoir..." répondit l'adolescente en frissonnant. Elle détestait aussi les mort-vivants.
"Ok !" dit Lelfe en distribuant l'armement de tous. "Ysandre, tu l'immobilise avec tes pouvoirs divins : faut gaffe, t'as pas ton armure. Thiki, allume un maximum de bougies, il nous faut de la lumière. Groumpf va nous broyer ça et je l'incinérerais ! Derym, tu soignes les blessés éventuels."
Tous approuvèrent le plan.
Thiki s'empressa d'allumer tout ce qui pouvait fournir de la lumière. La créature resta tapie dans les ténèbres de l'entrepôt.
Soudain trois dagues volèrent. Groumpf encaissa les attaques, et à la surprise de tous s'effondra ! Derym et Ysandre se précipitèrent.
"Bon sang ! Il est paralysé !" analysa le druide. "Faîtes gaffe, ça a des armes empoisonnées et magiques !"
La créature jaillit alors d'un bond prodigieux vers la tête de Derym.
Dans un réflexe fulgurant, Ysandre interposa son bouclier entre le druide et le zombie. Un craquement sinistre se fit entendre quand la créature le heurta : la Paladine venait de se faire briser le bras !
Pourtant la courageuse jeune femme ne se laissa pas décourager : elle plongea sa lame dans le torse du non-mort, avant de reculer précipitamment. L'épée longue resta fichée dans la chaire ne décomposition, sans vraiment gêner la créature.
Elle fit alors exactement ce qu'on lui avait appris dans ces cas là : elle sortit son médaillon sacré et le brandit vers l'abomination.
"Par la Justice et le Courage ! Au nom de Tür je te chasse !"
La créature sembla un instant pétrifiée. Le médaillon s'était illuminé en réponse à la foi et à la pureté de la Paladine.
Lelfe se prépara à lancer son sortilège.
Le zombie cligna des yeux vers le médaillon. Celui-ci devint brûlant et commença à vibrer dans la main de la jeune femme. Le mort-vivant l'emportait !
La créature bondit en avant et saisit le poignet tendu de la jeune Paladine. Il lui broya la main qui tenait son médaillon divin.
Ysandre hurla de pure douleur. De vagues fumerolles montaient de ses doigts brisés par la poigne du non-mort, serrant encore le médaillon rougissant.
De surprise Lelfe, lança mal son sort : le Trait de Feu alla s'écraser contre un mur.
Derym sauta au cou de la créature, dans un geste désespéré en irréfléchi. Le mort-vivant l'écarta d'un revers de la main, l'envoyant au loin et arrachant au passage des lambeaux de peau de sa jambe.
L'hémorragie était très forte et le Druide contempla son amie impuissante qui se débattait dans les bras du zombie. Il ne pouvait se soigner et l'aider en même temps. Il ne pouvait même pas se relever...
"Recule abomination ! Par la Lumière de l'Aube et L'Espoir Renaissant, je te chasse !".
Lelfe, tenant lui aussi un médaillon auréolé de lumière dorée, s'approcha d'un pas décidé du mort-vivant. Il lâcha Ysandre, un instant tétanisé.
A travers la brume de souffrance, la Paladine regardait son ami ahuri : Lelfe brandissait le symbole sacré de Lathandre, Dieu de L'Aube et du Renouveau !
"Encore un de tes talents cachés..." murmura la jeune femme en reprenant courage.
Le médaillon de Lelfe commençait lui aussi à rougeoyer. Sa lumière se faisait de moins en moins intense...Le mort-vivant avançait à nouveau vers sa nouvelle cible !
Ysandre se concentra, puisant dans ses dernières forces et dans sa volonté de Paladine.
Elle prit de concert avec Lelfe son médaillon sacré, malgré ses doigts brisés.
Les deux lumières divines semblèrent se réconforter l'une l'autre. Un éclat aveuglant stoppa net le mort-vivant qui couina de douleur.
D'une main, Lelfe dégaina son épée magique, qui pour une fois se laissa faire sans trop rechigner. Il fallait en finir vite. Espérons que l'arme enchantée suffirait à détruire le monstre...
La créature sembla rapetisser devant la lumière sacrée des deux médailles. Pourtant un curieux pressentiment envahi Lelfe au moment où il levait son arme.
Le zombie cracha une incantation maléfique. Malgré les réflexes rendus fulgurants par sa lame, Lelfe anticipa le coup trop tard...
Dans un sursaut, il dévia la lame de sa course, visant désormais le médaillon d'Ysandre. Il lui fit sauter des mains un instant avant que la magie maléfique entre en action.
Les médaillons explosèrent sous l'assaut de Mal condensé à l'état brut par la créature du Dieu du Meurtre.
Lelfe s'effondra. Il avait sauvé Ysandre, mais l'explosion de son propre médaillon lui avait à moitié arrachée le bras. Et il était horriblement brûlé.
Derym était encore blessé, Lelfe s'était évanoui et Groumpf était hors jeu, encore paralysé. Ysandre sentait la peur l'envahir. Elle avait un bras cassé et une main en compote : pas de quoi se battre sérieusement.
Restait un espoir : la Paladine se tourna vers Thiki.
Mais la jeune voleuse était déjà partie en courant...Vers la sortie ! Elle s'enfuyait ! Quelle lâcheté !
Ysandre eut un sourire désabusé et se mit en position de combat : elle devait tenir le temps que Derym soit en état de fuir. Elle fit la paix avec elle-même et se prépara à mourir bravement.
Maladroitement elle transféra son bouclier sur son bras presque valide. Elle ne pourrait pas infliger grand dommage avec, mais c'était mieux que rien...
(encore et toujours à suivre...)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 01/01/03 16:00
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...Et en plus il écrit et il blog...
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 23/12/02 18:05
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(suite et fin du chapitre 10)
Une grande silhouette se découpa soudain derrière le mort-vivant. Deux éclairs métalliques s'abattirent sur la créature.
Le mort-vivant fit un bond prodigieux pour se mettre hors de portée des cimeterres, gagnant un empilement de planches.
Ysandre contempla, surprise, le nouvel arrivant. C'était un homme grand et mince, dans la force de l'âge. Il portait une armure de plaques sombre, qui ne semblait gêner en rien sa vitesse, et deux cimeterres acérés.
L'un était d'une froide couleur argentée, l'autre était aussi sombre que la nuit et semblait luire d'étranges reflets huileux.
Mais le plus étonnant était que ce personnage était un albinos : peau d'une pâleur cadavérique, yeux rosés et long cheveux blancs fileux.
Il sourit étrangement, maladroitement à la Paladine. Il émanait de lui une étrange noblesse mêlée à une étrange tristesse. Plus quelque chose d'autre d'indéfinissable...
"Soignez-vous. Je m'en occupe." déclara-t-il d'une voix froide et monocorde.
Sans plus de manière, il se tourna vers le mort-vivant et se mit en garde, un cimeterre dans chaque main. Il était visiblement ambidextre et fort doué au combat. Il se jeta à l'assaut.
Le non-mort se catapulta vers le chevalier albinos. Ils se heurtèrent et échangèrent instantanément des passes d'armes complexes. Le mort-vivant utilisait ses mains griffues et une dague prise à sa ceinture. Il utilisait au mieux sa force et sa rapidité surhumaine.
Mais le guerrier ripostait coup pour coup, traçant d'étranges et mortelles arabesques de ses lames.
Même si techniquement il semblait supérieur, il voyait bien que ses attaques ne portaient quasiment pas. Et il devait au contraire utiliser toute sa science du combat pour esquiver les coups habiles de la créature.
L'albinos n'était pas étonné que son cimeterre noir, Griffe de Wyverne, n'aie aucun effet : le poison de la lame ne pouvait affecter que les cibles vivantes...
Par contre l'inefficacité du cimeterre d'argent, Fléau de Lune le surpris. La magie qui animait le non-mort était donc très puissante, expliquant la vitesse et les talents de la créature. En plus la chair morte absorbait les coups sans grand dommage...
La mission ne serait donc pas facile...Tant mieux, il aimait les défis !
Soudain la créature se désengagea d'un bond souple et lança aussitôt une pluie de dagues de lancer sur le chevalier.
Il fit tourbillonner ses lames, créant une barrière de métal protectrice. Quatre dagues ricochèrent contre le rideau formé par la danse des cimeterres. Un autre le traversa, pénétrant dans la chair de l'albinos au niveau de l'épaule.
La dague avait tranché l'armure sans effort ! Et un poison paralysant s'écoulait dans la blessure.
L'albinos eut un reniflement de mépris. La créature n'avait pas encore compris à qui elle avait affaire ! Il arracha la dague d'un geste négligeant et passa à l'attaque.
Il feinta brillamment, déborda la défense du mort-vivant et ouvrit une plaie en forme d'étoile sur le torse de la créature. Des liquides infâmes de putréfaction s'écoulèrent lentement de la blessure. La créature pouvait donc être blessée...
Le guerrier se remis en position, prêt à un nouvel assaut. Du coin de l'oeil il vit Ysandre et Derym se soigner mutuellement par magie. Bien, ils allaient pouvoir reprendre le combat ! La victoire ne ferait aucun doute ! Il fallait simplement qu'il veille à ce que le Druide ne soit pas blessé.
La créature profita du bref coup d'oeil du chevalier pour attaquer. Il dévia à grand peine l'assaut. Mais ce n'était qu'une feinte ! La créature profita de son élan pour se réfugier derrière un amas de poutres de construction.
L'albinos se précipita...Et se maudit de se faire avoir aussi facilement ! La créature l'attendait : elle avait saisi une poutre de bois et avec sa force surhumaine s'en servit comme bélier contre le guerrier !
Le chevalier s'écrasa contre un mur. Son armure était défoncée, ses côtes brisées et il venait de perdre son cimeterre d'argent sous le choc ! En plus la masse de bois allait le coincer suffisamment longtemps pour que la créature achève Derym !
Finalement sa dernière mission s'annonçait plutôt mal...
Ysandre et Derym avaient profité de l'arrivée fort opportune du mystérieux guerrier pour se soigner. Mais leurs blessures était trop graves pour récupérer aussi vite.
Le monstre se tourna vers eux. Ils se mirent en position de combat.
Derym attira l'attention du non-mort en chargeant. Il ne put donner qu'un seul coup à la créature. Trois larges traits sanglants de griffes s'ouvrirent sur le torse du jeune homme. Il réussit cependant à se dégager avant le coup fatal. Sa mission était accomplie ! Il recula.
Ysandre avait profité de la diversion pour ramasser l'épée magique de Lelfe.
Utilisant la magie de l'arme, elle accéléra malgré ses blessures. Sa vitesse dépassait même les capacités du mort-vivant. La lame enchantée ouvrit de larges plaies d'où suinta un ichor noirâtre et nauséabond.
La victoire enfin ? Malheureusement non : la créature ne se souciait pas des blessures et emprisonna la lame dans ses chairs. La vitesse d'Ysandre ne lui servait plus à rien !
Le non-mort plongea ses griffes vers la gorge de la jeune fille. Trop tard : Ysandre avait bondit, laissant l'épée longue dans le torse du mort-vivant.
Cependant ce n'était qu'un sursis : elle chancela et s'effondra dans les bras de Derym. Le sort de Hâte avait trop épuisé son corps meurtri...
Derym eut un regard implorant vers le chevalier qui se débattait sous la poutrelle projetée par le mort-vivant : se libérerait il à temps ? Apparemment non...
Dans un effort surhumain, l'albinos réussit à se dégager et s'élança vers le mort-vivant qui surplombait déjà Derym, menaçant. Il allait arriver trop tard !
"AArrêttee !! Profanatrice !!"
Thiki jaillit alors dans l'entrepôt, en courant, son arbalète dans les mains. Derrière elle un petit prêtre gras la poursuivait d'imprécation.
Toujours en courant vers le mort-vivant, la jeune voleuse arma son arbalète et tira, priant que pour une fois tous les traits fassent mouche au bon endroit.
Les quatre carreaux partirent. Trois d'entre eux touchèrent le non-mort. Le dernier inonda Ysandre et Derym.
Celui-ci cligna des yeux surpris : il n'y avait pas eut d'explosion de fumée toxique !
Ysandre à moitié KO, trempa un doigt dans le liquide qui inondait les joues de Derym.
"...B-bien joué gamine.. De l'eau bénite..."
Comme pour confirmer son analyse, le mort-vivant, qui s'était arrêté avec l'entrée fracassante de la voleuse, se mit à hurler.
C'était un son abominable. La créature fumait et gesticulait, comme dévorée par de l'acide. Des flammes bleutées sortaient en crépitant des plaies ouvertes par les carreaux de Thiki.
Mais la créature était obstinée : malgré la douleur et malgré le feu divin qui la dévorait, elle se tourna pour achever Derym. Elle leva son bras griffu fumant et crevassé. Un coup suffirait.
Et son bras s'envola, tranché par le cimeterre du guerrier albinos. D'un coup d'épaule, il renversa également la créature, s'effondrant entremêlé avec le monstre hurlant.
La créature larda de coup de griffe le chevalier, qui souffrait malgré son armure. Il hurlait de douleur et de rage.
Levant son cimeterre il se prépara à achever l'horreur fumante et gémissante. Le regard enflammé de haine de la créature le surprit : c'était un regard qu'il connaissait trop bien !
"Aaallorrrs...T-Tu me traahiss ausssii..." gargouilla la créature.
L'albinos ne put arrêter à temps son geste : le cimeterre décapita le non-mort.
Frissonnant, il s'écarta en rampant du cadavre. Sa raison basculait : il venait de détruire un envoyé de son Seigneur !
"Eh, le prêtre !" cria Thiki à l'homme qui l'avait poursuivit depuis le temple où elle avait de voler l'eau bénite. "T'as du boulot là, non ?"
Le prêtre du Dieu du Commerce resta encore un instant paralysé. Il n'avait jamais rien vu de pareil !
"T'inquiète, on t'paiera ! Là bas, y'a une Paladine blessée. Soigne là et elle veillera à c'que t'aies du pognon !"
Le prêtre réagit enfin (l'appel de sa vocation?) et alla s'occuper des blessés.
Il soigna assez efficacement le groupe. Seul l'albinos déclina son aide et alla se placer dans un coin, le regard perdu sur un médaillon qu'il venait de sortir de son armure en lambeau.
Une fois en état, Ysandre se rapprocha de lui pour le remercier. Il sursauta et rangea précipitamment son médaillon.
"Grand merci, noble seigneur. Votre aide fut précieuse...Et pour vos blessures ?" demanda-t-elle en l'observant.
Il avait des multiples plaies causées par les griffures sauvages du monstre, ses côtes devaient être en aussi mauvais état que son armure. Son bras gauche semblait avoir été brûlé et il avait une sale plaie causée par la dague du mort-vivant à l'épaule.
Pourtant il sourit et se dressa comme si aucune de ses blessures ne le faisait souffrir.
Peut-être ne voulait il pas paraître ainsi devant une femme ?
"Ce n'est pas nécessaire. Je peux m'en occuper...Plus tard. J'ai moi-même quelques pouvoirs cléricaux. Inutile de vous en faire..." répondit-il d'une voix triste. Ses yeux fuyaient ceux de la Paladine qui l'admirait visiblement.
"En tout cas, vous êtes un combattant prodigieux ! Pourriez-vous au moins nous donner votre nom ? Peut-on vous récompenser pour votre acte de pur héroïsme ?"
"Je me nomme Halonn. Je ne faisais que mon devoir. Je vous ai vu menacés et j'ai agis. Inutile de m'en remercier. Mais excusez-moi, je dois partir. J'ai à...faire." conclut l'albinos.
Sur ce, il s'en alla doucement, se faisant au passage remercier par tous. Il se fraya un chemin au milieu des congratulations du groupe de Derym. Lelfe le regardait intensément. Il sortis dans la nuit noire et s'empressa de disparaître.
"Quel courage, quelle noblesse d'âme ! Un véritable chevalier !" s'écria Ysandre.
Derym hocha la tête, lui aussi admiratif devant les exploits et l'attitude de l'homme.
Il firent aussi la fête à Thiki et à son initiative qui les avait tous sauvés ! Ysandre pardonna la fuite impromptu de la voleuse...Mais ne pu s'empêcher de lui faire un sermon qu'en elle raconta qu'elle avait pillé une église à la recherche d'eau bénite !
Lelfe donna de bon coeur une petite fortune au prêtre qui les avait soignés et qui venait de réveiller Groumpf.
"A titre de dédommagement, de récompense et...pour votre future discrétion sur cette affaire..."
Le prêtre accepta de bon coeur et s'en alla, laissant les héros bien las.
"Qui nous a attaqués ?" demanda Derym à Lelfe.
"Je ne sais pas...Regarde, le corps s'est entièrement consumé...Un mort-vivant très puissant en tout cas, et doué pour l'assassinat. Probablement un envoyé d'un culte quelconque. Ou des nécromants. Les hypothèses sont nombreuses...En tout cas ça confirme une chose : on t'en veut Derym."
"Mais pourquoi ? Je crois pas avoir fait de mal..."
"Ta mission doit mécontenter certaines personnes...Des gens puissants. J'aime pas ça. Tu es sûr de nous avoir tout dit ?"
"Oui...Même si ma mission est importante, je ne pense pas qu'elle soit dangereuse ou qu'elle menace qui que ce soit ! C'est juste un truc de postier comme dit Thiki..."
"Hummm...Bah, qui vivra verra ! En tout cas compte sur nous ! Je savais bien que l'aventure avec toi serait intéressante !"
"Tout le monde est reposé ?" demanda Ysandre "Avec tout ça, j'ai plus trop sommeil...Si on commençait à monter le bateau ?"
"Bonne idée, si vous êtes en forme...Moi ça va." répondit Lelfe "Plus vite on partira mieux ça vaudra !"
Tous étaient d'accord et se mirent aussitôt au travail avec enthousiasme. L'adrénaline du combat et les sorts de soins (chers, mais efficaces selon Lelfe) avaient redonné sa fraîcheur à l'équipe.
Halonn marchait en titubant dans la neige, indifférent au froid et au vent. Le poing serré sur son amulette divine, il réfléchissait, n'osant utiliser ses prières pour se soigner.
Des envoyés de Bhaal, son maître l'avait réveillé dans sa retraite, lui confiant une étrange mission de protection, chose plutôt inhabituelle pour un assassin de sa trempe.
Et voilà qu'il avait du affronter et vaincre une créature morte-vivante, visiblement animée par Bhaal...Il fut pris un instant de nausée.
Avait-il été trompé ? Pourtant ces envoyés connaissaient tout des rituels consacrés au Seigneur du Meurtre...L'avait-on testé ? C'est vrai que sa foi se faisait vacillante au cours des décennies...
Soudain, une vive chaleur traversa le médaillon. Bhaal allait-il se venger ?
Sous les yeux médusés de l'albinos, le pendentif se transforma. Du petit kriss noir, symbole divin de son Ordre, il devint un crâne nacré et froid. Le symbole du Dieu des Morts.
Une voix retentit alors dans sa tête.
"Milles excuses de t'avoir tromper ainsi, noble assassin...Mais j'avais besoin de toi pour régler un... différent.. avec ton Maître." expliqua une voix froide d'outre-tombe.
"Qui êtes-vous ? Que m'avez vous fait faire ?!"
"Je t'ai manipulé. Je t'ai fait trahir ton Seigneur à mon profit. Tu vois je suis honnête avec toi."
Halonn tomba à genoux dans la neige. Il avait trahit Bhaal. Sa vengeance ne ferait aucun doute. Et bien sur sa récompense...
"La récompense tient toujours. Contrairement à ton ancien Maître, je tiens mes promesses...Ta foi vacillante sait très bien que Bhaal n'aurait pas libéré un assassin aussi doué que toi...Par contre, il ne fait aucun doute que je peux t'accorder ce que tu cherches..."
Cela se tenait. Le voilà désormais impliqué dans une affaire de rivalité entre Dieux !
"Alors libère-moi ! Et pourquoi ne m'as tu pas proposé ce marché de vive voix avant ?"
"Tu n'étais pas encore prêt à trahir...Je t'ai donc forcé la main ! Et Bhaal ne devait rien savoir...Tant que tu restais un de ses prêtres, je ne pouvais rien faire..."
Halonn eut soudain peur : et si le Seigneur du Meurtre lisait lui aussi dans ses pensées à cet instant ? Le châtiment serait terrible ! Il n'avait plus aucune excuse !
"Rassures-toi...Un ami se charge de ce problème. Tu vois je suis encore une fois honnête : tu pourrais repartir en implorant ton Dieu...Peut-être te pardonnerait il de t'être laisser duper. Mais j'ai encore besoin de toi. Réfléchis !"
"Que veux tu encore ? N'en ai-je pas assez fait ? Et tu as promis de me récompenser..."
"La récompense viendra, soit en sûr ! Et pour cela tu n'as qu'une chose à faire : continuer à protéger Derym jusqu'à la fin de sa quête. Je te fais déjà deux cadeaux : d'abord je répondrais à tes prières comme Bhaal l'aurait fait, voire mieux ! Quant au second..."
A cet instant une haute silhouette se matérialisa à coté de l'albinos. Un ange ailé de noir, les yeux plus froid que la glace de ces contrées lui tendit un pendentif représentant un oeil sombre, fermé et enveloppé par des ailes ténébreuses.
"Prend-le si tu accepte le marché. Cet artefact protégera tes pensées. Nul ne verra au-delà des apparences, nul ne pourra fouiller dans ton crâne...Pas même moi, sauf si tu m'appelle. Tous tes secrets seront préservés..."
Prenant sa décision d'un air farouche et résolu, le guerrier pâle s'empara du merveilleux pendentif. Il jeta son ancien insigne divin.
"J'accepte !"
Aucune voix ne lui répondit. L'Ange noir sourit et disparut.
(fin chapitre 10)
Cette fois le groupe est quasiment au complet ! L'aventure va pouvoir commencer !
Derym va finalement peut être arriver jusqu'au temple de l'eau (à cette vitesse il a pas fini).
J'attends avec impatience vos commentaires (même sur les autres chapitres).
D'ailleurs en relisant les diverses remarques de mes lecteurs, je constate rien de négatif (à part l'orthographe, mais un C.A quadrumane s'en occupe !).
Suis-je donc si génial ? Suis-je le nouveau Tolkien ? Lâchez-vous un peu que diable ! Sinon mon ego va devenir encore pire (mes chevilles me font horriblement souffrir).
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 01/01/03 16:01
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Errare Humanum Est de noël a été posté le : 25/12/02 16:22
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Allez, pour ne pas déroger à la tradition...
Interlude : Un conte de No'Hell...
Derym, Ysandre, Groumpf et Thiki avait repris la construction de la nef qui les amèneraient, si les plans de Lelfe et de Thiki s'avéraient juste, jusqu'au Temple de l'Eau.
"Qu'est-ce qui fout ?! J'ai faim ! ça fait des heures qu'il est parti !" grommela Thiki.
Ils avaient en effet chargé Lelfe d'aller chercher quelque ravitaillement. Or, voilà plusieurs heures que le Barde était parti...
"J'espère qu'il ne lui est rien arrivé..." s'inquiéta Ysandre "Il est fort capable de s'être encore mis dans le pétrin !"
"Non." répondit Groumpf, laconique.
"Et comment t'en es sûr ? Il t'a dit où il allait ?" demanda la Paladine, un rien excédée.
Sur ce, la porte de l'entrepôt s'ouvris en grand : Lelfe était de retour, portant un gros sac de victuailles.
"Mais qu'est-ce qu.." commencèrent en coeur Ysandre et Derym.
"Wahaha !! Ridicule !" s'esclaffa Thiki.
Lelfe avait réussi à complètement transformer les épaisses fourrures qu'il portait habituellement. Sa nouvelle tenue était fort cocasse et peu discrète.
Il portait une toque de fourrure teint en rouge vif, bordé de coton blanc et pelucheux.
Tout ses vêtements étaient déclinés sur ce modèle rouge et blanc : sa veste de fourrure teinte en rouge, s'ornait de gros pompons blancs duveteux, son pantalon était fait d'épais tissus eux aussi teints en rouge, les coutures liserées de blanc.
Il avait également une longue cape rouge sang aux bords rehaussés d'hermine blanche. Et des gants blancs.
La seule touche différente à ce costume était ses hautes bottes de cuir noir, impeccablement cirées, voire brillantes.
"Voilà qui est...étrange..." commenta Derym.
"Haha ! Terrible ! Hahahaha ! " ajouta Thiki, prise de fou rire.
"Tu nous avais habitués à des tenues extravagantes, mais là..." dit Ysandre en secouant la tête, tentant vainement de garder son sérieux.
"Ah. No'Hell." déclara Groumpf qui se désintéressa de la scène.
"Et oui, bande d'incultes rigolards ! Nous sommes la veille de la fête de No'Hell, l'une des plus belles coutumes de ma terre natale." s'exclama Lelfe un rien vexé.
Les trois humains se regardèrent, soudain sérieux : avaient-ils trop rigolé ? Avaient-ils blessé leur ami en se moquant d'une coutume ancestrale ?
Vu leurs visages, Lelfe comprit qu'aucun d'entre eux ne connaissait cette fête.
Il s'assit et déballa son énorme sac de provisions sur la planche qui leur servait de table commune.
C'était un véritable festin de Roi. Lelfe leur expliqua qu'il était coutume de faire bombance la veille de cette fête. Il avait donc acheté de quoi festoyer sur ses propres deniers (à ses dires...).
Un peu mal à l'aise de s'être moqués de lui, ils passèrent à table. Bien évidement ils demandèrent aussitôt plus d'informations sur la fête de No'Hell.
"Eh, bien, pour commencer, je crois qu'il faut que je vous en compte la légende..." commença le Barde.
Il était une fois, dans des temps reculés, trois Roi-Sorciers. Chacun vivait avec quelques fidèles dans chacune des Lunes..."
"Mais y'a que deux Lunes !" s'écria Thiki."
"Y'en avais trois avant...L'une à disparu y'a au moins cinq cent ans. Maintenant chut, laisse le raconter !" trancha Ysandre.
Donc, ils vivaient sur leurs Lunes, mais se languissaient : ils s'y sentaient bien seuls au milieu de leurs serviteurs...Alors ils regardaient la surface d'Aërth, s'émerveillant de la vie d'en bas.
Ils virent alors une somptueuse Princesse elfique, vivant dans un palais d'Or et de Nacre. Ils tombèrent bien évidement amoureux de la belle, charmés par sa voix d'or, sa silhouette de reine et sa peau laiteuse...
Les Rois-Sorciers se firent alors concurrence, chacun voulant éblouir la belle par ses talents et son art. Pourtant ils étaient égaux et de même pouvoir, donc le match n'avait pas de vainqueur.
Comme ils étaient d'immense puissance, ils ne pouvaient, comme des Dieux, ne descendre à la surface qu'une fois l'an afin de courtiser la belle. Pour célébrer ce jour, ils utilisaient la magie afin de parer leurs Lunes natales de milles feux somptueux et de lumières chatoyantes. Ils voulaient conquérir le coeur de la belle et l'inciter à venir s'installer avec eux.
Mais à chaque fois et pour chaque prétendant, la froide beauté elfique répondait : "Ce n'est pas assez pur, ce n'est pas assez beau."
Et chaque année ils recommençaient, rivalisant de sortilèges et d'art pour chacun parer sa Lune de milles couleurs. Et chaque fois elle les repoussait...
Jusqu'au jour où le magicien de Nosa eut une idée à la fois terrible et belle...
"C'est celui de la Lune manquante." commenta Derym pour Thiki.
"Mais vous aller vous taire et le laisser raconter !" gronda Ysandre.
A la grande surprise de ses deux concurrents, il ne vint pas une année pour courtiser la Princesse. Sa lune resta vide et froide, pathétique face aux couleurs chamoirées de ses consoeurs.
Après que la Princesse elfe eut éconduit ses deux prétendants par l'habituel "Ce n'est pas assez pur, ce n'est pas assez beau.", les deux Roi-Magiciens se concertèrent.
Leur rival aurait-il voulu s'attirer la pitié de la belle ? Avait-il abandonné la lutte ?
Ils retournèrent sur leurs Lunes, inquiets. Ils contactèrent leur collègue par magie, un rien anxieux.
Ses serviteurs leur dirent que le Maître allait bien et qu'il était bien descendu sur Aërth, comme chaque année. Et qu'il était rentré fort tard, mais seul.
Un peu rassurés et sachant que le Roi-sorcier de Nosa devait mijoter quelque chose, ils se mirent aussitôt au travail avec acharnement pour les préparatifs de l'an prochain.
Durant son escapade, le Roi-Sorcier de Nosa avait mis en oeuvre un plan machiavélique pour s'assurer la victoire l'an prochain.
Comment gagner le coeur de la froide princesse ? Par quelque-chose de pur et quelque-chose de beau ! Et qui avait t'il de plus beau que l'Amour, de plus pur que la Gentillesse ?
Constatant cela, le Magicien avait passé un an à forger un Diamant magique d'un blanc étincelant et un Rubis de feu aux couleurs chaudes.
Et il était descendu sur Aërth pour emprisonner l'Amour dans le Rubis et la Gentillesse dans le Diamant. Il avait parcouru toute la surface, volant leurs sentiments aux gens et augmentant l'éclat des deux pierres.
Puis il était rentré, sûr de sa prochaine victoire. Et il se mit au travail comme ses confrères...
Les deux autres Rois-Sorciers furent fort distraits dans leurs travaux cette année là : de la surface montait les cris des mourants, des abandonnées et des guerres qui éclataient plus nombreuses que jamais...Ils étaient inquiets et impuissants et leur travail s'en ressentit.
Vint le jour de présenter leurs efforts pour séduire la beauté elfique. Le Roi-Sorcier de Nosa arriva le premier, suivi du Roi-Magiciens d'Ysal et du Roi-Sage de Mëlun.
Ces deux derniers étaient maigres et abattus : les plaintes et les souffrances des mortels n'avaient cessé de les hanter durant l'année écoulée.
Aussi, ils laissèrent leur fringant collègue, nullement abattu débuter le spectacle.
"Ô ma reine de Lumière et de Beauté. Contemplez mon présent le plus Beau et le plus Pur : je vous offre l'Amour et la Gentillesse comme bijoux pour parer votre splendeur !"
Il sortit alors le Rubis et le Diamant, enchâssés dans un collier d'or fin. Simultanément il lança son sortilège : alimenté par l'Amour et la Gentillesse qu'il avait dérobés, sa Lune se para d'un festival de lumière et de couleurs.
Le spectacle était magnifique et sans précédant, bien au-delà des capacités des autres Rois-Sorciers.
Ceux-ci étaient horrifiés ! Ils venaient de comprendre ce que leur sinistre confrère avait fait ! Et ils venaient de comprendre l'origine des maux qui frappaient les mortels privés d'amour et de gentillesse !
"Ceci est une impardonnable trahison, frère ! Je ne pardonnerais pas à semblable forfait, même pour l'amour d'une dame !" s'écria le Roi-Magicien d'Ysal.
"Frère, nulle victoire, nul désir ne peut avoir un coût si grand. Arrête, je t'en conjure..." ajouta le Roi-Sage de Mëlun.
Il ne les écouta pas : la Princesse elfique s'était jetée dans ses bras et lui murmurait : "Ceci est assez Pur, ceci est fort Beau. Mon coeur vous appartient, mon chevalier-magicien..."
"Alors mon présent durera toujours pour célébrer notre union !" déclara le Roi-Sorcier sans se soucier des conseils de ses frères.
Vexés, ceux-ci s'en allèrent. Au lieu des festivités habituelles, ils recouvrirent leurs Lunes d'un voile noir, en signe de deuil pour l'humanité trompée et de mépris pour leur ex-collègue.
"Ce ne sont que de vils jaloux ! Allons vivre dans ta splendide demeure." murmura égoïstement la belle Princesse.
Et le magicien l'écouta. Mais il était amer de perdre ainsi ses amis...
Pendant une année deux lunes restèrent noires de tristesse alors qu'une étincelait en narguant l'humanité qui se déchirait.
Mais le Roi-Sorcier de Nosa n'avait pas trouvé le bonheur. Sa nouvelle femme se révéla être acariâtre et toujours aussi froide, exigeant sans cesse cadeaux et preuves d'amour.
Il passait de plus en plus de temps à contempler la surface en dessous de lui,se demandant s'il avait eut raison de faire tout cela. Mais sa femme était une redoutable intrigante et ne voulait point perdre toutes les merveilles du Grand Magicien.
A chaque fois qu'il s'inquiétait, à chaque fois qu'un de ses ex-amis tentait de renouer le dialogue et le convaincre, elle l'en détournait par de fielleuses paroles...
Pourtant, un soir il n'y tint plus : il devait voir lui-même les conséquences de son sort.
Il descendit donc sur Aërth. Il vit moultes batailles sans raison, moultes injustices criantes. Pourtant il entendait sa femme lui murmurer : "C'est ainsi que les mortels se sont toujours comportés et se comporteront toujours."
Puis il croisa une petite fille, à demi-nue, qui peinait dans la neige, portant un lourd fardeau de bois.
"Quel courage, jeune fille, sortir dans ce froid et traîner si lourde charge ! C'est sans doute pour aider vos parents ?"
"Hélas, noble seigneur, si je ne fais pas cela, ma mère m'a promis de me vendre comme esclave de plaisir..."
"Comment !! Elle ne peut pas faire ça à la chair de sa chair ! Et votre père ne le permettrait pas !"
"Mon père est mort à la guerre, avec mes frères, mon seigneur. Deux de mes soeurs furent déjà vendues car pas assez travailleuses...Je ne peux espérer mieux dans ce monde froid, pourtant je lutte encore. Mais j'abandonnerais volontiers. Êtes-vous là pour m'occire ? Si vous êtes un brigand, je vous offre volontiers ma vie...Puissiez vous simplement emporter aussi ma mère !"
Le Roi-Sorcier chancela devant une telle misère, une telle haine. Qu'avait-il fait en volant gentillesse et amour aux hommes ! Tout ça pour satisfaire un vil caprice !
Il retourna aussitôt sur Nosa, brûlant de colère mêlée au dégoût de sa culpabilité. Il entra tel une tornade dans les appartements luxueux de sa femme. D'un geste ferme il lui arracha le collier orné du Diamant et du Rubis.
Malgré les hurlements de son épouse, il fracassa les pierres avec son bâton de Magicien.
La Magie fut libérée de ses chaînes et se déversa tel un torrent, engloutissant le Palais du Roi-Sorcier et sa femme si froide et si hautaine.
La Lune trembla sous la Magie déchaînée, se fissura et finit par exploser dans des gerbes blanches et rouges.
Les débris s'abattirent en pluie sur Aërth, offrant à tous un spectacle féerique. Pendant un instant tout le monde regarda la chute des débris de Lune, oubliant querelle et mauvais sentiments.
Le Roi-Sorcier survécut au désastre, s'abattant à terre dépouillé de son immortalité, de ses pouvoirs et de sa belle apparence. On aurait dit un vieillard.
Il pleurait dans la neige : ses pouvoirs n'avaient pas suffit ! La gentillesse et l'amour s'étaient dispersés, s'étaient cachés sur tout Aërth au lieu de retourner dans le coeur de leurs propriétaires.
Deux silhouettes brillantes apparurent à coté de lui : les Rois-Sorciers d'Ysal et de Mëlun.
"Frère, tu as fini par comprendre."
"Tout n'est pas perdu : si on leur montre le chemin, les mortels peuvent retrouver eux-même leurs sentiments..."
"Nous d'aiderons : nous sommes aussi coupables ! Notre bête concours pour cette femme et notre arrogance sont aussi responsables."
Par magie il habillèrent le vieil homme reconnaissant de pourpre et de blanc, en souvenir de ce jour.
Pour lui, il suspendirent le temps et créèrent de nombreux présents que le vieil homme, que l'on nomma désormais No'Hell, distribuait chaque année à tous, leur montrant le chemin de la gentillesse et de l'amour retrouvé.
On dit qu'il continue encore et encore, même aujourd’hui, jamais certain d'avoir réussi à expier son péché...
Fin.
"Cool, chouette histoire, le barde !" s'exclama Thiki.
"Un peu mièvre, mais c'est la tradition de s'offrir des présents ce jour là désormais...Et le costume vient de là aussi." sourit Lelfe.
"Charmante coutume en tout cas..." déclara Derym. "Encore désolé d'avoir ri : puisses-tu pardonner notre ignorance."
"Bah, c'est pas une coutume très répandue cette fête ! Vous êtes tout pardonnés !" répondit joyeusement Lelfe.
"Il faudrait la répandre, alors...J'ai beaucoup aimé l'apprendre. Merci Lelfe." dit Ysandre, rêveuse.
"Oui. Bon, on mange ? "
Le lendemain matin...
"Eh, c'est quoi ces trucs ?" s'écria Ysandre en désignant une pile de boites enrubannées.
"Des cadeaux !!!" hurla Thiki, ravie.
"Ce n'était pas nécessaire, Lelfe..." murmura Derym.
"Mais-mais...C'est même pas moi !" répondit le Barde au comble de la surprise.
Nul ne savait d'où venaient les présents. Tous nièrent.
Ils ouvrirent les paquets, remerciant intérieurement leur mystérieux donateur. Les hypothèses allaient bon train. Lelfe déclara en pas s'en soucier : No'Hell existait vraiment, point final !
"Woouuua ! Un livre de chimie ! " s'écria Thiki. Elle passa sous silence la présence de délicats outils de crochetage glissés à l'intérieur...
"Une cire, pour armes et armures ?" dit Ysandre en ouvrant son paquet "Un présent étrange...Ah ! Une broche dorée de mon Ordre !"
"Une plume d'oie ! Et un nouveau journal !" s'écria Lelfe ravis.
"Moi j'ai une nouvelle veste en cuir...Humm ! Bien chaude ! Et pleine de poches pratiques !" s'exclama Derym.
"Groumpf avoir pierre à aiguiser. Armes couper mieux maintenant !" sourit le colosse.
Ailleurs, dans une forteresse sombre...
"Maîtresse Ly-Hel..." demanda l'Aram qui partageait la chambre de la demi-déesse.
"Quoi ? Pourquoi tu me réveilles à l'aube ? Gare à toi si c'est pas important !"
"Il y a une...boite étrange au pied de votre lit."
La petite fille se pencha et ouvrit l'emballage. Un miroir et un mot.
Elle lut le mot : "Les apparences sont souvent trompeuses..."
"Comme si je le savais pas déjà !" grimaça-t-elle en se contemplant dans le miroir.
Elle eut un hoquet de surprise : le miroir inversait les couleurs ! Elle contempla longuement son reflet en négatif...
Un hurlement de rage et une explosion déchira l'atmosphère. Ly-Hel se précipita dehors.
"Comment a-t-il pu entrer !Le château est protégé contre la Téléportation ! Trouvez-le ! Vérifiez partout : il a pu piéger quelque-chose !"
"Qui a t'il, Père ?" demanda innocemment Ly-Hel à la silhouette écumante couverte de bandage.
"ça ! Un message d'un vieil ami !" dit-il en lui lança un petit globe terrestre finement ouvragé.
Sur le petit globe doré, représentant à la perfection Aërth, on pouvait lire en lettres de feu magiques : "Propriété privée".
Ailleurs, dans une tour d'argent...
Un portail magique s'ouvrit. Puis un autre. Puis un autre.
Chacun livra passage à une jeune femme humaine, drow, elfe et d'autres encore. Toutes étaient habillées de rouge et blanc. Comme le sorcier aux yeux vert qui émergea en dernier d'un vortex magique.
"Pfff...Terminé pour cette année. N'oubliez pas de rendre les sceptres magiques d'Arrêt du Temps. Merci pour tout les filles !"
Sa première apprentie se glissa prés de lui pour lui murmurait à l'oreille :
"Pourquoi fait-tu ça ? C'est vraiment cocasse et inutile pour un type qu'on surnomme Demon's Eye..."
"Humm...Arrête de me charrier. Je le fais par plaisir. Pour montrer à tous qu'un peu de générosité fait pas de mal...Et pour expier d'anciens péchés, bien sûr !"
"Je n'arriverais jamais à vous comprendre...Mais ça fait partie de votre charme..."
(fin de l'interlude)
Joyeux No'Hell...euh...Joyeux Noël à tous !
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 01/01/03 16:42
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...Prenez la taille de mon ego et ça vous paraîtra petit..."
Aerth, récits fantastiques
...Et en plus il écrit et il blog...
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 25/12/02 21:57
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Citation :Message de MageGaHell
(...)
Cette fois le groupe est quasiment au complet ! L'aventure va pouvoir commencer !
Derym va finalement peut être arriver juqu'au temple de l'eau (à cette vitesse il a pas fini).
J'attends avec impatience vos commentaires (même sur les autres chapîtres).
D'ailleurs en relisant les diverses remarques de mes lecteurs,je contaste rien de négatifs (à part l'orthographe,mais un C.A quadrumane s'en occupe !).
Suis-je donc si génial ? Suis-je le nouveau Tolkien ? Lachez-vous un peu que diable ! Sinon mon ego va devenir encore pire (mes chevilles me font horriblement souffrir).
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Bon alors...
1) Concernant l'action du Bib'... J'espère que vous tenez compte de son travail. Je constate toujours les mêmes fautes récurrentes qu'un rien d'attention à l'écriture éviterait...
2) Le nouveau Tolkien... Grrrrrrr... Ca, je le prends comme de la provocation, grumpf. Non, plus sérieusement, il y a une grosse, grosse différence. Tolkien a mis dix-sept ans pour écrire le Seigneur des Anneaux... Depuis combien de temps êtes-vous sur ce récit ?
3) C'est toujours aussi agréable à lire, et on attend la suite avec le même entrain.
4) Si vos chevilles enflent, ma foi, on est là pour vous refroidir les oreilles. Et du moment que vos mains sont intactes pour écrire, bah, le reste importe peu...
5) Le conte de No'Hel m'a beaucoup fait rire...
Walà... 
Bien à vous !
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
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"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 26/12/02 15:27
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Nyxl a écris :
Citation :1) Concernant l'action du Bib'... J'espère que vous tenez compte de son travail. Je constate toujours les mêmes fautes récurrentes qu'un rien d'attention à l'écriture éviterait...
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Et pourtant...Oui,je tiens compte des remarques ! Seul ma vue déficiente et mon esprit volage m'empéche de voir les nombreuses fautes restantes.ça doit être dû au fait que je connais le récit "par coeur" (vu que je viens de le taper) et que je le relis trop vite,trop "en diagonale" (même si je me force).J'espère que le Bibliothécaire ne prendra pas mon incompétence pour du mépris ou du désintéret pour son travail...
Je vais de ce pas me flageller avec du houx pour me punir de tant d'inattention !
Citation :2) Le nouveau Tolkien... Grrrrrrr... Ca, je le prends comme de la provocation, grumpf
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Bien vu ! Cela en est ! Regarde,ça marche...
Citation :Non, plus sérieusement, il y a une grosse, grosse différence. Tolkien a mis dix-sept ans pour écrire le Seigneur des Anneaux... Depuis combien de temps êtes-vous sur ce récit ?
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Dommage,je pourrais pas vendre ce récit, ni en tirer des films magnifiques ou des JdR...
Bah,ça fait que deux mois que j'ai commencé (24-10-02 apparement) mais qui sait,ça va peut être durer 17 ans ! Ceci ferait approximativement 2040 chapitres (regarde Le Bib' j'ai pas mis î !), j'espère que les lecteurs vont s'accrocher...
Détail : certains personnages (Lelfe, Groumpf, GaHell, Ly-Hel, ....) existent depuis quelques années (2-3 je crois) en tant que PNJ dans mes parties de JdR.
Citation :3) C'est toujours aussi agréable à lire, et on attend la suite avec le même entrain.
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Tant mieux ! Mais on en reparleras dans 2000 chapitres...
Citation :4) Si vos chevilles enflent, ma foi, on est là pour vous refroidir les oreilles. Et du moment que vos mains sont intactes pour écrire, bah, le reste importe peu...
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Sinon,au pire je pourrais frapper les touches du claviers avec mon nez ou ma langue...
*Le MageGaHell prend un air vicieux et sussurre doucement :* Je peux faire des tas de chose fascinante avec ma langue...
Sérieusement,vivement le processeur de pensées.Je suis d'une extrèeme maladresse avec un clavier !
Citation :5) Le conte de No'Hel m'a beaucoup fait rire...
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encore une fois tant mieux !
Mais j'aurais aimer plus de détails,d'avis et de remarques sur ce conte : c'est la première fois que je me livre à ce genre d'exercice.Ai-je réussis à rendre le "style conte" ? Ou est-ce que c'est juste mon style habituel appliqué à une histoire marrante (et improvisé) ?
Vivement d'autre remarques ! Je vais laisser reposer un peu mes mains avant d'attaquer le chapitre 11 (Vont t'il arriver enfin au Temple de L'eau ? Qui est vraiment le mystérieux Halonn ? Lelfe va t'il se noyer ? Vous le saurez au prochain épisode !
--MAJ--
Tiens ça fait longtemps qu'il y pas un de récit sur le vie d'un des personnages...
Alors que diriez-vous de voter pour choisir le prochain chapitre ? (à même le sujet ou par PM).
Je vous laisse le choix entre l'histoire d'Halonn, d'Ysandre, de Thiki ou de Derym (choix de base).
Si vous insitez vraiment ou si vous êtes convaincant vous pouvez avoir l'histoire de quelqu'un d'autre à la demande (même l'un des gens qui "gravite" autour du groupe de Derym).
Je vous laisse jusqu'à la fin de l'année pour vous décidez...
Alors VOTEZ !
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 01/01/03 16:46
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 04/01/03 18:16
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Bon, le choix a été dur...Et y'a pas eu beaucoup de votes...
Mais honneur aux dames : c'est le récit d'Ysandre qui remporte la faveur des lecteurs ! Désolé pour Septa et les autres "supporters" d'Halonn ce sera pour la prochaine fois (une révélation les attends quand même en fin de chapitre...)
En tout cas merci d'avoir voter ! J'ai d'ailleurs quoté l'un d'entre vous...
Chapitre 11 : Le récit d'Ysandre : Une princesse dans une armure.
Quasiment toute la populace d'Everwhite s'était rassemblée sur les quais afin de voir partir l'étrange embarcation de Derym et ses amis.
Déjà le transport du navire jusqu'au port avait été l'objet de moultes quolibets et remarques amusées...Lelfe surtout avait été copieusement vilipendé par son groupe : il avait en effet loué l'entrepôt le moins cher de la ville, donc le plus loin du port.
Mais à la surprise de tous (et au mécontentement de certain parieur), l'embarcation ne coula pas à pic dés sa mise à l'eau. Le bâtiment flottait belle et bien et Lelfe pavanait sur le pont et adressant des larges gestes rieurs à la foule rassemblée lors du départ.
"Je vous l'avais bien dit ! Mon sens inné du goût et de l'esthétique ne m'a jamais trahi : si c'est bien conçu, ça marche !"
"Remercions plutôt Thiki..." grommela Ysandre "Et pour la discrétion, on repassera !"
Thiki et Derym avaient déployé les voiles et le navire fendait les flots à belle allure, sur une mer glaciale mais fort calme.
Lelfe était à la barre, dans un uniforme blanc et bleu décoré d'une multitude de médailles et coiffé d'un tricorne avec une débauche de rubans et de cocardes. Groumpf s'occupait de ranger les dernières affaires et de tirer les voiles et de tendre les cordages de temps en temps.
Lelfe bloqua la barre grâce à un mécanisme inventé par Thiki après avoir vérifié le cap et alla rejoindre les autres sur le pont avant du bateau.
Thiki et Derym poussaient des cris de joie et humaient avec ravissement les embruns qui leurs fouettaient le visage. Ysandre les contemplait d'un air amusé.
"Alors ? Il est bien ce bateau, non ? Personne n'a le mal de mer ? " fit Lelfe dans un clin d'oeil.
"Non...J'adore cette sensation : on a l'impression de voler au raz de l'eau !" s'exclama Derym, ravi.
Thiki acquiesça : c'était aussi son premier voyage en mer. Elle en était si ravie qu'elle ne se plaignait même plus du froid.
"Pour le moment, tout est calme...On va continuer comme ça toute la journée. Sauf brutal changement de temps, bien sur...La mer reste imprévisible."
"Humm...Il n'y aurait pas de changement avant demain soir." affirma Derym, nez en l'air.
"Ah ? J'te fais confiance alors...Tiens ! J'ai une idée ! Si on poursuivait nos récits d'aventures passées ? " demanda le Barde. "Rien de tel pour se détendre !"
"Quels récits ? " demanda Thiki.
Lelfe et Derym lui expliquèrent qu'ils avaient décidé de raconter chacun leur tour une part de leur vie, afin de resserrer les liens entre eux et de mieux se connaître.
L'adolescente fut ravie : voilà une façon amusante de passer le temps ! Elle fut peinée d'avoir raté le récit de Groumpf, mais Lelfe lui tendit bien vite sa transcription dans son journal. La jeune fille poussa des cris de joie : elle adorait lire !
Ils s'attablèrent tous dans la cabine principale donnant sur le pont, car Lelfe avait jugé qu'une bonne histoire devait absolument être accompagnée d'un bon repas.
"Et à qui le tour, cette fois ? " demanda Derym.
Silence.
"Bon, décidez-vous ! Moi j'vote pour Ysandre ! " s'écria finalement Thiki (rien que pour embêter la Paladine, trop renfermée à son goût).
"Ouais ! Ysandre ! Ysandre ! Ys... Ahum, broum, désolé..." fit Lelfe en subissant le regard courroucé de la jeune femme.
"Et qui à décider que les récits se ferait suite à un vote démocratique ? Et pourquoi pas toi, Thiki ? " demanda froidement la Paladine.
"Personne, mais c'est vrai que j'aurais moi aussi voulu savoir ce qui avait pousser une belle jeune femme comme toi sur la rude voie des armes et du service en tant que Paladin...Mais si tu es gênée..." renchérit Derym.
Ysandre poussa un profond soupir.
"Et après tout, pourquoi pas..."
Tout d'abord...Mon vrai nom n'est pas Ysandre Sombreterre. C'est mon nom d'adoption, celui dont je suis fière ! Mon vrai nom est Ysandre De Lyriétiss...
Je vois que Lelfe a déjà tiqué : je suis en effet issue de la noblesse de Hillend. De la Haute Noblesse.
Je suis donc née et j'ai passé mon enfance dans les meilleures conditions possibles : ma famille était d'une richesse écoeurante et tenait à ce que le moindre de mes caprices soit satisfait.
J'étais une petite princesse pourrie et gâtée, arrogante et quasi sans coeur. J'en ai si honte a présent, mais à l'époque tout me paraissait si normal...
J'avais même mes propres domestiques. Je me souviens avoir ris en les humiliant, en les forçant à exécuter mes souhaits les plus délirant...
Cette enfance dorée m'aurait sans doute conduite à devenir une véritable mégère s'il n'y avait pas eut la bibliothèque de feu mon arrière-grand-oncle.
Il avait été l'un des plus excentrique et des plus riches membres de la famille : un aventurier.
Il avait ramené de ses expéditions une collection hétéroclite de babioles, d'artefacts anciens et/ou magiques, des tonnes de livres venus d'horizons lointains, des tableaux, des sculptures...Et surtout beaucoup beaucoup d'or !
Vu l'agrandissement conséquent du trésor familial, on avait consacré à sa mémoire une petite pièce, dans l'une des ailes du château, consacrée à ses collections, oubliant voire pardonnant ses frasques anciennes qui avaient alors tant déplues à la famille.
Je ne découvrit cette pièce isolée et ses trésors qu'à l'age de neuf ans. Une banale partie de cache-cache avec quelques enfants de nobliaux.
En furetant dans le château je vis donc une porte fermée dans un recoin sombre que je n'avais jamais franchie, malgré ma grande curiosité enfantine.
Je fus encore plus surprise quand la porte me résista : je portais en permanence une amulette/blason qui aurait dû m'ouvrir toutes les portes dans MA demeure !
De rage, je décochais un puissant coup de pied directement dans la serrure. J'étais déjà grande et forte pour mon âge (voire un peu grassouillette...Je vivais dans l'excès).
La serrure céda et un nuage lumineux m'enveloppa avant de se concentrer sur mon amulette en grésillant. Même si je n'en étais pas consciente à l'époque j'avais eu de la chance : le sortilège qui protégeait la porte avait ricoché sur l'amulette parentale.
J'ai quand même été épouvantée : en plus de l'éclair magique, d'étranges formes monstrueuses se découpaient dans la pièce plongée dans l'ombre.
Je claquais alors violemment la porte et m'enfuis à la recherche d'une cachette plus accueillante.
J'aurais dû soit oublier cette pièce, soit m'en enquérir auprès de mes serviteurs. Pourtant je ne le fit pas et je gardais le secret. Peut être avais-je peur d'être grondée ? Je ne saurais le dire.
Cette porte mystérieuse finit par m'obséder de plus en plus, ruinant mes jeux enfantins et mes nuits. J'ai toujours été trop curieuse !
Une nuit, je quittais donc ma chambre en faisant attention de ne pas attirer ni les gardes ni mes servants.
La chance fut avec moi et je parvins sans problème jusqu'à la porte de la chambre mystérieuse. Après une courte hésitation je la poussais.
Personne n'avait réparé la serrure, personne n'avait réarmé le piège.
Je m'introduisit dans la place, frissonnante de terreur. Courageusement j'allumais un chandelier que j'avais pris avec moi.
Les silhouettes monstrueuses dansèrent un moment devant mes yeux et je faillis crier. Mais ce n'était que des statues exotiques ou des trophées empaillés.
Les murs étaient couverts de livres ou de tableaux impressionnants. Et il y avait également des coffres regorgeant de parchemins et d'objets bizarres, des vitrines exposants des objets d'arts inconnus et des armes.
Mon coeur se gonfla de joie : j'avais découvert une antre fabuleuse ! Vu la poussière ambiante personne ne venait ici...Cet endroit avait tout du repaire secret idéal pour une gamine de mon âge !
Je chassais la poussière des vitrines, examinais les objets et déchiffrais les inscriptions pendant un long moment. Un sceptre magique m'attira bien vite : par d'hasardeuses manipulations j'en fit jaillir une sphère de lumière magique.
Le globe incandescent éclairait mieux qu'une bougie et flottait en l'air en suivant mes mouvements. Je battis des mains et ce petit globe lumineux devint par la suite mon complice, mon compagnon et même mon confident.
Toujours curieuse, j'attrapais un livre et je m'installais confortablement dans un large fauteuil.
Je le déchiffrais péniblement, souvent à voix haute : même si j'étais issue d'une famille noble, les lettres n'avaient pas été le principal soucis de mon éducation. Mon but avoué était de faire un bon mariage et l'on m'avait instruite de l'art culinaire, de la couture, la danse et du chant mais peu de littérature, de science ou de culture...La poésie et la religion allait suivre sous peu, mais je n'y avais pas vu d'intérêt.
Je savais à peine lire, juste suffisamment pour décrypter l'ouvrage. Il était à la fois passionnant et effrayant : ça parlait de magie noire, de sombres nécromanciens et de leurs expériences perverses, et surtout de héros du Bien triomphant de ces sycophantes du Mal. L'aventure venait d'enflammer mon coeur d'enfant.
Il est d'ailleurs heureux que j'ai commencé par hasard (ou intervention divine ?) par cet ouvrage : il me dégoûta de la magie ce qui me sauva sans doute la vie en m'empêchant d'expérimenter d'autres artefacts magiques traînant dans la pièce.
Je finis par m'endormir sur l'ouvrage. Je fus heureusement réveillée par un grésillement : la sphère magique venait de s'éteindre après huit heures passées à veiller sur mon sommeil.
Je regagnais en toute hâte ma chambre, ne croisant par chance aucun serviteur. A peine glissée entre mes draps que ma servante de jour entrait dans ma chambre pour m'habiller.
Mon escapade passa donc inaperçue.
La première chose que je fis (après le petit déjeuner, la toilette et les activités du matin) fut de déplacer une lourde plante en pot décorative au feuillage abondant, afin de masquer la porte de mon repaire.
Personne n'y prêta attention, à ma grande satisfaction. L'aile où était située la chambre était ancienne, froide et peu fréquentée, m'assurant une certaine discrétion. Les domestiques y faisant le ménage ne semblèrent rien remarquer (ou plus vraisemblablement ne s'en soucièrent).
Je pus donc me rendre dans ma cachette secrète assez souvent, dès que mes serviteurs ou mes parents n'étaient pas à porté de vue. J'y passais aussi le plus clair de mes nuits.
Je lus longuement divers traités héroïques, je me gorgeais de légendes, admirais de hauts faits glorieux et revivais le combat palpitant du Bien contre le Mal. Je m'instruisis aussi rapidement, posant des questions inattendues à mes précepteurs, afin de compléter mes lectures. L'histoire et la géographie n'eurent bientôt plus beaucoup de secret pour moi (enfin...au niveau compréhensible par une enfant).
J'acquis en moins d'un an la réputation d'une demoiselle précoce, intellectuelle et secrète. Mes parents réagirent en m'obligeant à assister à encore plus de cours de cuisine, de chant et de couture...
"Une épouse doit savoir mener un foyer, pas disserter sur la Philosophie ou l'Histoire !" me tançait ma mère.
Mon père était plus tolérant dans mes lubies disant "Elle a encore tout le temps...Et ceci lui donnera des avantages sur ses concurrentes..."
Mais ils me voyaient tous les deux comme fille à marier, afin d'obtenir toujours plus d'avantages sociaux pour la famille. Aucun d'eux ne se souciait vraiment de ce que je pensais et ressentais.
Secrètement, je caressais le doux rêve de partir au loin, vivre d'incroyable et glorieuse aventure et revenir riche et célèbre.
Même moi et malgré les livres héroïques, je savais que ce serait impossible : mon destin était tracé et je n'étais pas encore assez rebelle pour y échapper vraiment...D'ailleurs, il ne me déplaisait pas tant que ça !
Mes parents me firent quand même punir en une occasion : quand pour mes douze ans je m'habillais en vêtements de cuir de garçon et que je me rendis innocemment au cours de combat que venait de débuter mon unique frère aîné.
Je fus abondement tancer et gronder. Ma mère pleurait : j'étais "la honte de la famille, une sauvageonne, un garçon manqué ! Nul homme ne me désirerait jamais !"
Mon père fut lui aussi furieux et m'interdit "d'embêter ton frère et le Maître d'armes par tes caprices !"
Quant à mon frère il me ridiculisa devant ses amis nobles, m'appelant "mon petit page" ou "petite barbare".
Lui détestait ces cours de combats, mais devait y assister. Moi, j'en étais privée malgré tout mon désir.
Le résultat fut que je devins encore plus décidée à apprendre le métier des armes.
Une fois la punition levée, je fis semblant d'être calmée et attentive aux pénibles et inintéressantes leçons de savoir-vivre.
Mais en secret j'allais chaque nuit m'entraîner dans ma pièce secrète.
J'avais découvert une vieille et lourde demi-armure, une épée longue rouillée et un bouclier de bois. Mon entraînement débuta par la difficile tâche de porter cet équipement justement. Et de me bouger avec. Et de me relever après être tombée avec.
Par chance, cette pièce merveilleuse était aussi bien insonorisée. Le fracas que je faisais en m'écroulant avec l'armure m'aurait vite fait repérer ! Sans compter la pléthore de jurons très imaginatifs que j'avais trouvé dans ces livres !
Quand j'eus treize ans, je semblais être une fille modèle, bien que grande et musclée pour son âge. Nul ne se doutait que je n'avais qu'une envie : quitter ces encombrantes robes pour me vêtir d'atours guerriers et m'entraîner.
Je venais de découvrir un autre secret de cette pièce étrange : l'une des statues pouvait être animée à volonté !
Représentant un banal (et très laid) gobelin, l'oeuvre m'avait toujours intriguée : elle n'avait pas sa place au milieu des autres somptueuses sculptures.
En l'examinant, je découvris un minuscule joyau sur un collier que portait le gobelin. Stupidement je le pressais.
Dans un nuage de fumée, la statue prit vie : un véritable gobelin affamé et au regard vengeur assoiffé de sang jaillit sur moi.
Mes réflexes étaient bons : je plongeais sur le côté, ne récoltant qu'une sale griffure pour mon imprudence. J'empoignais ma vieille épée et me mis en garde. Je n'osais pas crier de peur d'attirer quelqu'un.
Il faut dire aussi que j'étais fascinée et presque enthousiaste ! Un vrai combat, un vrai défi !
La rixe dura longtemps, le gobelin défendant sa vie avec acharnement. Moi aussi d'ailleurs. Il était nu et sans arme, mais j'appris alors la différence entre s'entraîner seule et affronter un véritable adversaire prêt à tout pour gagner.
Je faillis mourir mais je l'emportais : aussitôt que ma lame traversa les chairs du monstre, un nuage de fumée le remplaça et la statue réapparut à son emplacement habituel.
Blessée, je restais allongée dans le sang et les larmes. Je n'avais jamais connu pareille souffrance dans ma vie protégée. L'aventure n'était visiblement pas faite pour moi !
Mais chassant ces idées défaitistes, je rassemblais mon courage et je me glissais jusqu'à ma chambre...
Là, je fit semblant d'être malade et je rédigeais une note scellée, accompagnée d'or que je donnais à une fidèle servante. Elle se rendit au temple le plus proche pour moi et m'apporta discrètement le remède que j'avais commandé.
Heureusement elle ne me trahit pas et la magie m'avait suffisamment restaurée pour que je fasse bonne figure devant mes parents. L'incident resta donc ignoré de tous.
Plus tard je fis provisions de potions de soins achetées à prix d'or au temple et je les cachais, dans mon antre et dans les recoins de mes placards.
Je combattis ainsi de nombreuses fois la statue-gobelin enchantée, risquant ma vie avec plaisir.
Pour mes quatorze ans, j'étais devenue imbattable : le gobelin était désormais incapable de me blesser sérieusement et je gagnais à tous les coups !
(à suivre...)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 05/01/03 10:34
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 05/01/03 15:56
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Eh ! Le Bib' à fait super vite ! Chapeau !
MAJ du correcteur : Et oui et de plus en plus vite:D(j'en profite je reprends le travail lundi)
Bon la suite...
(suite chapitre 11)
On aurait pu dire que je coulais des jours heureux : même si je vivais dans une cage dorée d'obligations sociales, je pouvais tranquillement assouvir ma passion pour l'aventure et l'action.
Bien sur, ça n'a pas durée...
J'avais certes grandi et gagné en puissance musculaire, en agilité et en maîtrise des armes mais au yeux de mes parents je m'étais surtout...féminisée.
Ils décidèrent donc de passer à la vitesse supérieure et de me faire rencontrer des prétendants. Je fus donc exhibée comme un animal à une foire au cours de somptueuses et ennuyeuses réceptions, au cours de bals fastueux où la jeunesse noble du pays faisait sa chasse.
J'étais déjà plus grande que les filles de mon âge, et ma fois assez jolie (je ne puis juger vraiment, mais on me le répétait assez souvent). J'étais parée de riches robes et de toilettes coûteuses qui attirèrent vers moi pléthore de jeunes mâles en rut à la conversation à la fois ennuyeuse et déplaisante.
Mes parents fondaient quasiment en larmes à chaque fois que j'envoyais promener ces galants sans cervelle.
Je fus vertement tancée et punie et l'on me pria fermement d'abandonner mes manières rudes de garçon manqué. Sans succès : ces hommes étaient tellement...fades ! Et j'étais encore trop jeune (ou alors trop raisonnable ?) pour tomber bêtement en pâmoison devant quelques butors musculeux.
Alors arriva ce qui devait arriver : las d'attendre un coup de foudre naturel, mes parents choisirent d'arranger eux même un mariage.
Il y eut forces cris, larmes, caprices et même des menaces lorsque j'appris la chose. Je faillis même me battre avec mon père.
J'appris d'ailleurs à cette occasion une injustice criante de ce monde : un homme adulte et quelques serviteurs n'ont aucunes peine à maîtriser une adolescente impétueuse armée d'une fourchette...
Je dus bientôt me résigner devant le fait accomplit et j'acceptais finalement de rencontrer mon promis.
Après tout j'étais vraiment une jeune fille et je rêvais moi aussi (quoiqu'en secret) au Prince Charmant...
Apparemment ma chance m'avait quittée : mon fiancé se révéla être un blondinet mince, presque maladif, arrogant et fat. Bien loin du Prince à la brillante armure qui m'emporterait loin de cette vie étriquée et m'offrirait de partager ses aventures...
D'un autre côté, ce frêle (et inintéressant...une conversation à faire mourir d'ennui le plus endurci des sages) jeune homme allait se retrouver facilement à ma merci : peut-être pourrais-je l'obliger à satisfaire mes caprices ?
Là, j'appris d'autres des leçons fondamentales de la vie : d'abord ne pas se fier aux apparences, ensuite se méfier des types pâles et efféminés...
Mon tendre futur se révéla être un apprenti-Mage. Sa riche et puissante famille servait le Roi lui-même. Bref le gendre parfait aux yeux de mes parents (même si, j'en suis sûre, mon père aurait préféré qu'il ait plus d'allure virile).
Je masquais à peine mon dégoût quand on nous présenta. Après moultes banalités à n'en plus finir, on nous laissa seuls pour fricoter...
J'avais pas alors réalisé (j'écoutais pas vraiment) ce que Mage voulait dire. Au moment où je m'apprêtais à lui lancé une féroce diatribe qui le renverrait penaud chez ses parents la queue entre les jambes, il fit un geste et prononça d'étranges paroles.
Mon esprit devint immédiatement embrumé et à mon corps défendant (hurlait la petite par encore consciente de ma volonté) je fondis littéralement dans ses bras de traître visqueux.
Le sortilège dura assez longtemps pour qu'il se permette quelques attouchements forts déplacés et pour que j'acquiesce d'un air niais à tous ce que lui et mes parents dirent. Le mariage fut programmé pour mes quinze ans.
Mes parents n'émirent aucune protestation, ne firent aucune remarque, même après avoir raccompagné l'espèce de chiffe-molle malléable que j'étais devenue. Mon frère me murmura même un sadique "Bien fait !".
Une fois le sort dissipé, je fondis en larmes, hurlais de désespoir, criais qu'il fallait tout annuler. Rien n'y fit : mes parents éloignèrent juste les serviteurs et me prièrent d'arrêter mes caprices. J'avais dit oui, point final !
D'après mes lectures il me restait que trois solutions pour sortir de cette impasse : soit un preux chevalier arrivait pour me délivrer du sort pire que la mort en terrassant le méchant sorcier, soit je devais me suicider dignement pour échapper à mon destin tragique...Soit je m'enfuyais.
Je choisis bien évidement cette solution. C'était lâche mais je n'avais pas trop le choix (où sont les héros qu'en on a besoin d'eux ?).
Néanmoins je temporisais : je n'avais nul part où aller et ma connaissance du monde était essentiellement livresque. Je décidais donc de planifier soigneusement ma fuite.
Je rassemblais chaque jour des informations et divers objets, équipements ou matériels que je jugeais utiles dans ma base secrète.
Pour tromper mes parents (quelle honte) je feignais d'avoir accepter mon sort et me préparais au mariage avec joie (feinte) et à l'inévitable enfant qui allait en résulter (ça semblait désormais être la principale préoccupation de ma mère).
La date fatidique se rapprochant, je décidais que j'étais prête et hasardais par la même occasion la plupart de ce que j'avais empilé : il me fallait plutôt de l'argent à la place de toutes ces breloques fort lourdes et encombrantes !
Je n'avais jamais manqué de rien, mes caprices étant rapidement exaucés par des serviteurs diligents, mais je n'avais pas d'argent à moi.
Aussi, je surmontais ma répugnance et me livrais à une expédition nocturne délictueuse. Objectif : le bureau de mon père, où étaient gérées les finances de la maison.
J'ai toujours condamné le vol, mais je n'avais pas le choix, j'étais jeune et naïve et j'inventais des excuses pour me justifier : cet argent me revenait par héritage, je rembourserais un jour, ça économiserais ma dot...
Nuitamment, je m'introduisis donc dans l'office de mon père. Ce fut difficile mais j'étais agile et je connaissais les rondes des gardes. Mon amulette m'ouvris sans peine la porte magiquement scellée.
Je fis alors appel à tous mes souvenirs des bribes de conversations commerciales, des fanfaronnades sur les duperies et les transactions de mon père.
J'avais emporté avec moi un sceptre Anti-Alarme qui crachota des étincelles et neutralisa les protections du bureau et du coffre-fort (enfin, en théorie...).
J'avais également avec moi mon épée et mon bouclier. Une chance car un dard empoisonné s'y ficha quand je tentais de forcer la serrure du coffre. Mes réflexes affûtés par l'entraînement me sauvèrent la vie.
J'ouvris la serrure à coups d'épée. Et là déception : le coffre était apparemment rempli de papiers et de parchemins sans importances !
De rage, j'envoyais ces écrits valser dans la pièce, cherchant vainement des espèces sonnantes et trébuchantes.
Par hasard, je lus un parchemin commençant par "confidentiel".
Je fus atterrée et je tombais à genoux. Avec des gestes frénétiques je rassemblais les papiers éparpillés pour les parcourir en vitesse.
Non, ce n'était pas un sinistre cauchemar : j'avais devant moi les sordides comptes-rendus des vraies affaires de la famille !
Esclavage. Trafic de substances illégales. Vente et recel d'objets magiques dangereux et/ou volés. Proxénétisme. Tout était là, révélant l'origine affreuse de la fortune familiale.
Apparemment de telles atrocités duraient depuis quelques générations, suite au déclin de notre puissance.
Plutôt que de déchoir du prestige social ou d'économiser sur le faste, mes ancêtres avaient choisi la malhonnêteté, la corruption et les trafics.
L'empire commercial n'était désormais plus qu'une façade pour des transactions bien plus lucratives et bien plus maléfiques.
La rage, la peur, le dégoût s'emparèrent de mon être : j'étais issue de ces mécréants ! J'avais été élevée par cet argent sale et maudit gagné par la tromperie ! De plus je m'étais déjà engagée sur le même chemin qu'eux : j'étais déjà une menteuse, une dissimulatrice et bientôt une voleuse !
J'étais en larmes, prête à vomir et secouée de spasmes de dégoût et de désespoir quand une lumière se fit dans mon âme : je devais réparer le mal qu'avait fait ma famille !
Je me redressais et mécaniquement je remis tout à sa place. Nul devait soupçonner ma visite.
Séchant mes larmes, je sortis d'un pas décidé. Je traversais lentement la propriété, songeant au sang des exploités qui avaient fourni l'argent pour bâtir ce paradis.
Au portail central, deux gardes me barrèrent la route, près à engager le combat. Ils n'en firent rien, stupéfait de voir leur jeune maîtresse harnachée pour la guerre, les yeux décidés rougis par les larmes.
L'un allait m'ordonner de rentrer quand son camarade lui barra le passage. Il me fit un sourire charmant, comme pour s'excuser et m'ouvrit les grilles du domaine. Je les franchis d'un peu déterminé mais le coeur lourd.
Je fuis dans les rues, remerciant silencieusement le garde clément.
J'avais mémorisé une adresse : je devais vérifier par moi-même les informations sordides que la nuit m'avait apporté. Ensuite je passerais à l'action.
On peut encore dire que la chance fut avec moi : nul n'agressa la jeune noble qui traversa les quartiers les plus sombres d'Hillend cette nuit.
Je gagnais un entrepôt de mon père."Viandes, fruits secs" indiquait le panneau. J'avais lu tout autre chose dans les documents. Et qui aurait besoin d'une demi-douzaine de gardes en armes à la mine patibulaire pour garder un entrepôt de victuailles ?
Courageusement, je me présentais sous mon vrai nom.
Les gardes en factions furent fort surpris mais obtempérèrent à la vue de mon insigne familial. Inspection surprise.
A l'intérieur de l'entrepôt je découvris un spectacle immonde auquel même mes pires cauchemars n'avaient su me préparer.
Des hommes et des femmes (surtout des femmes) de toutes races, miséreux, ensanglantés, affaiblis et enchaînés dans des conditions barbares.
Je me retint de vomir tandis que les gardes serviables, racistes et mesquins me faisaient faire le tour du propriétaire.
Finalement je craquais lorsqu'il me proposèrent en riant de m'amuser avec un jeune elfe captif.
La rage m'envahit, brûlante et froide à la fois. Sans même en être vraiment consciente, je dégainais et décapitais le premier soudard.
L'autre fut surpris par cette soudaine agression. Il n'eut pas le temps de se mettre en garde ou de crier : mon épée déchaînée lui ouvrit le torse.
En beuglant j'abattis ma lame sur les chaînes des prisonniers, gonflant soudain leur coeur d'espoir.
Beaucoup n'étaient pas en état de se battre, ni même simplement de marcher. Ils se levèrent pourtant à mon cri de ralliement et nous écrasâmes ensembles leurs tortionnaires.
Ce fut une vraie boucherie, esclaves défendant leurs vies et leur nouvelle liberté aux poings et aux pieds contre de cruels mercenaires en armes et en armures.
Je combattis férocement, grisée par la haine et l'espoir. Nous vainquîmes les bourreaux, au prix de nombreuses vies et de nombreuses souffrances.
J'enflammais l'entrepôt maudit tandis que les fugitifs s'égaillaient dans les ruelles sombres, fuyant vers une vie nouvelle.
Lentement, je les quittais : il y avait bien d'autres endroits qui devaient être purifier par le feu. Quelques-uns uns des esclaves me suivirent dans ma quête de vengeance.
J'allais punir le Mal par mon épée vengeresse avec ces fidèles.
(à suivre...commentaires toujours bienvenus !)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 05/01/03 16:17
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 06/01/03 16:07
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(suite chapitre 11)
La rage m'avait complètement emportée et je n'étais plus vraiment consciente de ce que je faisais...Mais ce n'est pas une excuse.
Je devins rapidement une meurtrière sans coeur, brûlant et détruisant toutes traces d'activités illicites de ma famille.
Hillend vivait dans la terreur de mes folles représailles. Faut dire que j'avais une allure terrifiante, couverte de suie et de sang séché, armes à la main et regard rempli de haine.
Je ne me souciais même plus des quelques fanatiques qui me suivaient dans ma purification par les flammes. Ils tombaient comme des mouches, aussitôt remplacés par d'autres à chaque nouvelle libération d'esclaves.
Finalement arriva ce qui devait arriver : je molestais quelques sombres trafiquants de drogues exotiques (brûlant là encore un entrepôt au passage) quand soudain s'interposa une large silhouette en armure.
Devant moi se dressait fièrement un grand et vieux guerrier à l'armure et aux cheveux argent. Il maniait une large épée à deux mains, elle aussi argentée, qui semblait bien trop lourde pour un vieillard comme lui.
"Halte ! Lâchez vos armes et rendez-vous sans résistance !"
"Hors de mon chemin, vieillard ! Je suis là pour bouter le train de ces mécréants ! Je suis là pour la JUSTICE !"
"Et qui êtes vous pour juger ? Ne pensez-vous donc point que tout homme mérite un procès équitable ? La Justice est la Loi ne dépende pas uniquement de votre bon vouloir !"
Là, il marquait un point mais j'étais alors encore trop jeune et enragée pour reconnaître le bon sens de ses arguments.
"Poussez-vous et laissez moi administrer le châtiment à ces gredins visqueux !"
"Non. Ils ont aussi droit à quelqu'un pour les défendre ! Ce que vous faites n'est pas la Justice mais une banale agression, du terrorisme sans foi ni loi ! s'ils sont coupables de quelque crime, apportez vos preuves et laissez un tribunal légitime se charger de les juger ou d'appliquer une sentence..."
Sans plus l'écouter, persuadée de mon bon droit et aveuglée par mes sentiments, je chargeais. Il ne voulait pas s'écarter ? Alors c'était un vil complice qui subirait lui aussi mon courroux !
"Puisque vous le prenez ainsi..." soupira le vieux chevalier.
Je ne vis qu'un vague flou argenté avant de me retrouver les quatre fers en l'air.
Le vieux combattant avait aisément évité ma folle cavalcade et avait proprement tranché en deux mon épée, mon bouclier et ma maigre armure dans un mouvement fluide d'une grâce et d'une précision infinie. Je n'étais qu'à peine blessée par ce coup de maître qui m'envoya tout de même m'écraser au sol sans peine.
Un instant plus tard j'avais l'épée sous la gorge.
"Mais ! Vous êtes une demoiselle !" s'écria le guerrier stupéfait en découvrant mon corsage ouvert par son coup d'épée. "Milles excuses gente Dame, mais je devais vous arrêter..."
Sur ce, il abattit le plat de sa lame sur mon crâne. Noir.
Je repris conscience dans une sombre cellule de prison. Aussitôt je clamais mon innocence, haranguais les gardes et déclarais que je servais moi aussi la justice !
Nul ne prêta attention à moi pendant un bon moment.
Finalement le vieil homme qui m'avait arrêtée fini par me faire conduire dans son bureau.
J'appris alors qu'il était Alan Dyr "Silverstorm" Sombreterre, émérite Paladin de Tür, légende vivante de la ville, protecteur de la veuve de l'orphelin et des petite gens. Bref un vrai héros, comme dans les livres qui m'avaient tant fait rêver.
Et j'avais été arrêtée par lui ! La honte s'abattit sur moi et je me calmais instantanément sous son regard à la fois dur, juste et compatissant.
Je tentais alors de justifier timidement mes actes (on m'accusait de meurtres, pillages, incitation à l'émeute, incendie volontaire et dégradation de biens publics et privés ! L'entendre énoncé m'a vite refroidie !
"Si je comprends bien, vous avez découvert des documents attestant de sombres et illégaux trafics impliquant votre noble famille...Et vous avez décidé de les punir vous-même ? Pour laver l'honneur familial de ses souillures ?" demanda le Paladin à la fin de mon histoire.
"Pas vraiment...J'étais si...dégoûtée...D'avoir vécu grâce aux souffrances d'autrui. Je voulais que tout ça disparaisse ! Je me fiche de l'honneur de ma famille ou de sa réputation : ils l'ont abandonné depuis longtemps !"
"Humm...Et pour cela vous avez eut recours au meurtre et à la destruction. Je crois comprendre vos motivations, mais vos actes violents et irréfléchis vous rapprochent de ceux là même que vous condamnez...La rage et la vengeance sont mauvaises conseillères quand on veut servir le Bien."
"Et que vouliez-vous que je fasse ! Rester les bras croisés ? Dénoncer ma famille ? Allons donc ! Ou étiez-vous et vos gardes quand mes parents exploitaient les plus démunis ?"
"Ah...Touché, jeune fille. Nous ne pouvons malheureusement être partout. Nous ne sommes que de pauvres serviteurs humains et même avec l'aide de notre Dieu et de notre Foi, nous ne pouvons châtier tous les crimes...Mais il reste l'Espoir et la confiance en un avenir meilleur ou la Loi et le Bien seront respectés par tous. Nous oeuvrons dans ce but, imparfaitement certes, mais on avance pas à pas..."
Touchée par ce discours vibrant de Foi et de compassion j'éclatais en sanglots.
Le vieux Paladin me caressa doucement la tête.
"Ne t'inquiète pas. Je vais faire vérifier tes dires. Si on trouve la moindre chose suspecte, on se chargera de punir ta vile famille. Et de diminuer ta condamnation !"
Je fus alors reconduite en cellule avant que j'ai eu le temps de remercier le héros.
Je fus réveillée le lendemain par une dispute non loin de ma cellule.
Un gros magistrat en toge se querellait avec Alan Dyr.
"Vous savez bien que les sorts de vérité et de détection du mal ne sont pas autorisés dans les tribunaux : les magiciens sont corruptibles et l'affaire du Paladin fou Aryndom a fait jurisprudence..."
"Pourtant, je pense vraiment qu'ils nous cachent quelque chose ! Mes contacts dans la soldatesque m’ont fait savoir que PAS UN des prétendus prisonniers libérés par leur fille n'avait été aperçu en ville. Disparus. Comme le contenu de tous les entrepôts que nous avons fouillés ! Ils devaient pourtant bien contenir quelque chose !" s'enflamma le vieux Paladin.
"Nous n'avons aucune preuve à part le témoignage d'une gamine meurtrière, traumatisée à l'annonce de son mariage arrangé par ses parents. On a déjà vu ça maintes fois : de jeunes donzelles écervelées qui font tout pour échapper à leur devoir quand elles se rendent compte que le Prince Charmant n'est plus si charmant..."
"Mais ce cas dépasse toutes ces histoires ! Et j'ai confiance en cette gamine : elle a du courage et de la détermination. De plus je l'ai sondé : elle croyait réellement à ce qu'elle nous a dit !"
"Je sais, je sais...Cela suffit pour moi...Mais pas pour un tribunal ! Surtout que sa famille est vraiment respectée. Je déteste ces histoires entre nobles !"
Ils s'arrêtèrent de parler devant ma cellule.
Alan Dyr avait l'air fort triste. Il m'annonça qu'ils n'avaient rien trouvé pour soutenir ma version des faits. La parole et les juristes de ma famille mettraient aisément en pièce le moindre dossier d'accusation.
Selon l'avocat familial (qui n'avait même pas daigné me rencontrer) il fallait que je plaide la folie pour éviter l'emprisonnement à vie.
Je refusais et je suppliais Alan Dyr.
"Messire ! Vous me faîtes réellement confiance, non ? Libérez-moi donc et j'apporterais toutes les preuves nécessaires."
"Désolé ma petite, mais je ne peux rien contre les règles. Si Tür est avec toi, la justice sera clémente. De toute façon tu dois payer pour ce que tu as fait...Même si tu croyais bien agir."
"Bon, d'accord...Mais faites-moi plutôt devenir utile au lieu de m'encager ! S'il vous plaît, nommez-moi Paladine ! Je servirais sans faille l'Ordre et le Bien !"
Il resta un instant stupéfait : fort peu de prisonniers faisaient de telles propositions.
"Sachez jeune fille que je ne puis nommer quelqu'un Paladin. C'est une longue et rigoureuse formation que peu d'élus achèvent avec succès. La volonté et les efforts ne suffisent pas : il faut avoir une Foi inébranlable en l'Ordre et en le Bien !"
"Et bien, mettez-moi donc à l'épreuve ! Je n'y connais pas grand chose et religion, à part ce que m'ont enseigné mes précepteurs, mais je suis sûre que la vraie justice m'aidera à triompher !"
Je hurlais ça de toutes mes forces, en larmes. Je voulais de tout mon coeur me mettre au service de la communauté, rejoindre le rang de ces héros qui sauvaient les opprimés et défendaient le Bien. Et je voulais cette fois le faire dans les règles, guidé par l'exemple de mes aînés.
"Je ne pense pas que cela soit possible..."
Le Paladin s'interrompit soudain. Médusé il contempla son médaillon, sacrée de Tür qui luisait doucement d'une chaude lueur dorée. Je ne quittais pas des yeux cette magnifique lumière. On aurait dit qu'elle me parlait, qu'elle me consolait et me pardonnait.
"Un signe !" s'écria le vieux héros. "Cette jeune fille à vraiment une Foi vibrante d 'ardeur pour la Justice ! Libérez là immédiatement !"
Le magistrat bouche bée ne put que s'exécuter devant cette preuve divine. Il adressa tout de même un regard implorant au Paladin.
"Voilà...Mais vous en prenez la responsabilité ! Et nous avertirons ses parents !"
"Alors qu'il en soit ainsi ! Notre Ordre veillera à dédommager pleinement les familles des victimes et à reconstruire ce qui fut détruit. Je la prends avec moi et j'en assurerais l'éducation dans la Foi de Tür."
Je balbutiais des remerciements au magistrat, au noble Paladin et au Dieu bienveillant qui avait lu dans mon coeur et m'avait sorti de là.
C'est ainsi que je commençais ma formation de guerrière sacrée de Tür. et cela m'éloigna pour un temps de ma famille.
Ce ne fut pas sans mal : je ne fus pas facilement acceptée par mes condisciples. J'étais la seule fille et malgré ma taille et mes muscles durcis par l'entraînement, on me fit vite sentir que j'étais inférieure...Machisme typique d'adolescent. Cela ne me touchait point : j'avais un but désormais.
La formation était rude, tant physiquement que mentalement. L'entraînement au combat était rude et impitoyable mais je m'en tirais brillamment : mon entraînement secret et mes combats en ville durant ma folle équipée m'avaient aguerri.
Bien entendus cela suscita la jalousie chez mes camarades masculins. Beaucoup prétendaient me laisser gagner exprès les joutes ("noblesse oblige", "honneur à la Dame" et autres pseudo-justifications) et les concours.
Je me fis un devoir de les écraser. Je devais ensuite méditer longuement et me confesser pour le plaisir que j'y avais pris...
Par contre j'étais nettement moins brillante au niveau des études religieuses. Tür n'était alors pour moi qu'une divinité parmi d'autres, négligeable aux dires de mes anciens précepteurs. Là encore je dus essuyer moultes quolibets ("Alors Ysandre, tout dans les muscles, rien dans la tête ?" "ça me rapproche des hommes alors ?". J'étais un peu revêche à l'époque...)
Je m'en sortais mieux dans les analyses juridiques (j'avais reçu à la maison une formation assez poussée) et j'appris à régler calmement les litiges sans avoir forcément recours à la violence.
A dix-sept ans j'étais pleinement capable d'assurer les charges d'une digne Paladine de Tür, un an avant mes camarades.
Les accusations de favoritisme ou les remarques mesquines avaient cessé. J'avais montré ma compétence.
Pourtant je n'étais pas encore Paladine en titre et Tür ne m'accordais pas encore de pouvoirs divins en dépit de mes prières et de mes méditations. D'autres, moins avancés que moi dans la formation maniaient déjà la magie cléricale des guerriers saints. Elle se refusait à moi sans que je sache pourquoi...
Bien entendu, je ne me laissais pas abattre et Alan Dyr, devenu mon mentor (je l'appelais tendrement "Grand Père" quand nous étions en privé), me consolais à chaque fois que le découragement se faisait sentir. Il me rappelait sans cesse le miracle qui m'avait révélé à lui. Un jour viendrait où je serais moi aussi une guerrière divine.
Un jour, mon ex-futur époux eut le culot de venir tambouriner à la porte du monastère où je m'entraînais.
Je lui fis face dignement, escorté pour l'occasion de quelques amis. Nous le reçûmes tous en armure brillante, armes lustrées bien en évidence et prête à servir.
Le petit magicien perdit beaucoup de sa superbe en me voyant ainsi entourée de puissants guerriers divins.
Son discours fus maladroit et hésitant : il voulait me reconquérir, et il était magnanimement prêt à "Oublier mes erreurs de jeunesses".
Mes amis se retinrent de rire devant son spectacle pitoyable. Après mon refus catégorique ils le reconduisirent à la porte, lui chuchotant de me remercier de l'avoir "magnanimement épargné" et de ne plus chercher à embêter la "furie Paladine".
Il ne revint plus jamais et je n'entendis plus jamais parler de lui. Quant à nous, notre fou rire devant sa mine déconfite et sa fuite honteuse (que l'on regarda avec délice du haut des remparts) nous coûta quelques pénitences. Elles furent très difficiles car l'on entendait souvent monter un rire joyeux des cellules monastiques, rire qui invariablement se répandait dans l'étage des Paladins en formation.
Ma vie était donc à nouveau tranquille. Du moins en apparence.
En secret je savais que Tür ne me parlerait pas avant que ma famille dépravée soit arrêtée pour ses crimes. Et il fallait que ce soit moi qui fasse éclater la vérité.
(à suivre...et oui j'ai du temps : comment répartir en une semaine un travail qui me prendrait au maximum un ou deux jour ? En faisant des pauses écritures !)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 06/01/03 16:36
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...Prenez la taille de mon ego et ça vous paraîtra petit..."
Aerth, récits fantastiques
...Et en plus il écrit et il blog...
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 07/01/03 16:56
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(suite et fin chapitre 11)
Volontairement, je commençais à patrouiller en ville en habit d'apprenti-Paladin. Mes rondes étaient bien ciblées : j'avais encore en mémoire les adresses et les lieux de rendez-vous secrets des affaires de ma famille corrompue.
Je dus quelquefois faire usage de ma lame pour calmer les ardeurs de la pègre environnante. Curieusement la présence permanente de Paladins en armures brillantes semblait nuire au commerce local de certains quartiers sordides.
J'appris à maîtriser mes pulsions et à ne pas occire mes adversaires. Preuves à l'appui, je les livrais à la justice (au pire sous l'inculpation d'agression contre agent de l'Ordre).
La criminalité décrus dans ces zones sensibles, à la grande joie du petit peuple.
Rien ne fait plus plaisir que les félicitations de gens honnêtes du quartier quand je les débarrassais des voleurs et de vendeurs de drogue.
J'appris également à laisser une chance. Je montrais de la compassion pour ceux pris presque malgré eux dans la spirale de la délinquance et je tentais de les ramener vers la Lumière. Parfois je réussis...
Mais le plus souvent c'était sans grands résultats et je croisais bien vite à nouveau les mêmes gredins. J'étais alors impitoyable.
Ma réputation dans l'Ordre grandit : on disait que je ferais une Paladine exceptionnelle, succédant sans doute à Alan Dyr. J'étais flattée et il m'était difficile de resté humble.
D'un autre coté, je froissais pas mal la susceptibilité des puissants et de la pègre. On me prévint que je risquais gros. La Guilde des Voleurs locale pouvait aussi verser dans l'assassinat.
Même les dirigeants respectables de l'Ordre me conseillaient de modérer mon ardeur et ma témérité.
Bien sûr je n'écoutais pas.
Heureusement pour moi, mes camarades avaient eu vent de tout cela. J'étais en permanence (et parfois à mon insu) escortée par au moins deux guerriers.
J'échappais ainsi à quelques attentats et à quelques agressions.
La dernière fut particulièrement impressionnante et dangereuse. Je ne dus mon salut qu'à l'intervention d'Alan Dyr lui-même, promptement avertit par mes camarades.
Au cours de cette agression, je crus reconnaître une silhouette qui était prudemment restée en dehors du combat : on aurait dit mon propre frère !
Visiblement mes patrouilles, fouilles et interpellations nuisaient à la bonne marche des affaires familiales...
Je finis par rassembler toutes les preuves que j'obtenais et traînais ainsi ma famille en procès public. Symboliquement j'avais choisit le jour de mes dix-huit ans pour l'audience.
J'étalais aux yeux de tous témoignages et preuves des activités sordides de mes parents.
Malheureusement leurs richesses et leurs Maîtres-Avocats semblaient démonter systématiquement chaque pièce que je présentais. Ils finirent même par presque me faire passer pour une folle paranoïaque.
J'entendis de plus des rumeurs de corruptions des jurés...Bref cela s'annonçait mal.
L'avant-dernier jour du jugement, je m'étais attablée dans une taverne où mes confrères Paladins avaient leurs habitudes (ça surprend toujours, mais ce sont des être humains comme les autres, et eux au moins ne provoquent pas de rixes ou d'orgies malséantes).
Je déprimais, maintenant quasi-certaine de l'inutilité de mon action. Tür m'avait donc abandonnée ? N'avait-il d'ailleurs jamais été avec moi ?
Mes camarades tentaient de me réconforter, sans beaucoup de succès.
Soudain, un demi-elfe nonchalamment attablé dans le fond de la salle traversa la pièce et s'assis en face de moi. Il chassa d'un air négligent mes amis Paladins, requérant avec sans-gêne un "entretien privé avec la Dame."
Je foudroyais aussitôt des yeux ce vil séducteur (mignon, d'ailleurs) qui profitait de ma faiblesse apparente. Il ne sourcilla même pas et me fit un large sourire.
"Déterminée, hein ? Rassurez-vous noble demoiselle, je ne suis point ici pour trousser de la pucelle ou déranger vos songes perplexes..." fit-il d'un ton singeant la noblesse "Non...J'ai entendu vos lamentations et j'ai suivi ce procès fort divertissant...Et je veux vous aider !"
"Que.. quoi ?" répondis-je surprise.
"Racontez-moi tout depuis le début et je vous donnerai un coup de main. Je suis mage et sage, assez doué, ma foi. Je n'ai rien à faire et donner un coup de main à la vraie Justice redorera mon blason d'aventurier..."
Je ne sais pas pourquoi je lui ai fait confiance. Son sourire charmeur, ses manières étranges, son esprit vif et impétueux...Le fait est que je lui déballais toute l'histoire de ma vie.
Il écouta calmement, sans m'interrompre, si ce n'est pour m'encourager ou poser des questions pertinentes et précises. Ses yeux verts semblaient plonger au coeur de mon âme même. Il semblait tout comprendre et tout accepter de ma vie et de mes choix.
A la fin de mon récit, il pencha la tête un instant puis s'inclina vers mon oreille pour chuchoter un plan.
"Quoi !! Pas questions de m'introduire nuitamment chez mes parents ! Nous devons faire ça dans les formes ! Nous ne sommes ni des espions, ni des criminels : demandons un mandat pour la fouille..." m'écriais-je.
"Et ils auront tout le temps de maquiller les preuves...Rassurez-vous, je n'ai rien prévu d'illégal ! Voyez-vous, vos parents ne vous ont pas renié, non ? Vous êtes donc chez vous là-bas, nul ne peut le contester...Que diriez-vous d'aller faire une visite amicale chez vos parents ?" dit-il en souriant malicieusement.
"Vous êtes un rusé renard ! Je n'y avais même pas pensé ! J'étais tellement dégoûtée par eux...Je ne voulais pas les revoir..."
"Eh bien, forcez-vous pour la Justice ! Je me présenterais comme votre nouvel amant et Maître-Avocat !"
"Faut pas rêver !"
"Je plaisantais...Du moins pour la première partie !"
Il me sourit amicalement et me serra la main en signe d'entente. Visiblement, il s'amusait comme un fou. Je me retrouvais donc embarquer dans une expédition d'enquête camouflée en visite de courtoisie.
Je n'ai jamais aimé le mensonge et la dissimulation mais le demi-elfe arriva à me convaincre de la nécessité du moment.
Je me présentais donc pour le dîner avec mon nouvel équipier dont je ne savais même pas le nom (il m'avait dit "Appelez-moi Maître, tout simplement..." et je ne savais pas s'il s'agissait ou non d'une boutade...Il voulait rester "incognito" en tout cas).
L'accueil fut bien entendu glacial (le retour de la fille prodigue qui poursuit ses propres parents en justice pour les ruiner, voire pire...)
Nous nous attablâmes et ma nouvelle connaissance mena les discours avec brio. Il fut d'une politesse exquise, professoral et docte, calmant tout début de débat venimeux entre nous.
Il laissa tout de même entendre qu'il était sûr que nous gagnerons dès demain. Il présentait ma visite comme "Votre dernière chance de voir librement votre fille et de vous excusez. La justice peut être clémente si vous vous repentez..."
Après un repas dans une atmosphère glaciale, de longues et sournoises tractations de mon Maître-Avocat me permirent de rester dormir cette nuit dans mon ancienne chambre. Je n'aurais pas droit cependant au même service que durant mon enfance. Mon nouvel ami obtint une chambre de domestique.
Quelques heures après, il se glissa silencieusement dans ma chambre (sans intention perverse, arrêtez de me regardez comme ça!).
Pour un magicien, il était d'une incroyable discrétion : je sursautais quand il s'approcha de moi.
Nous parcourûmes le manoir silencieusement toute la nuit. Il m'avait convaincu que c'était nécessaire et légal (j'étais chez moi après tout !).
Malgré nos fouilles respectives (nous nous étions séparés pour plus d'efficacité) nous n'avions rien trouvé.
Pourtant le demi-elfe souriait de toutes ses dents. Il me réconforta en rigolant et me dit de ne pas m'inquiéter. Apparemment lui était satisfait.
Le lendemain, il me fit convoquer quelques servants qui m'avaient élevée pour se livrer à quelques interrogatoires. Je n'appris rien mais il semblait encore plus réjoui...Après tout c'était lui le juriste : il avait du trouver quelque chose d'utile qui m'avait échappé.
Je lui fis donc confiance et nous prîmes congé.
Il me laissa aller seule au tribunal pour la matinée : je devais y exposer mes dernières pièces à conviction. Je lui fis encore confiance, même si j'eus un petit pincement de coeur : avait-il menti ? Allait-il m'abandonner, jugeant mon cas désespéré ?
Ce sentiment s'amplifia au cours de la journée, en voyant mes arguments se faire démonter l'un après l'autre par l'équipe de juristes de mes parents. Ceux-ci souriaient, visiblement ravis de me donner cette cuisante leçon.
L'après-midi commença aussi mal qu'avant : je n'avais plus d'arguments et je m'enferrais dans mes discours, me ridiculisant à moitié.
Soudain la porte du tribunal s'ouvrit en grand. Une escouade de Paladins menée par Alan Dyr en personne entra dans la pièce, escortant le seigneur Usanar Ferdyl III, émissaire royal et chef tutélaire des maisons nobles d'Hillend.
A coté d'eux se tenait intimidée, deux servantes de mon ancien domaine et un vieux jardinier de la propriété. Il portait un lourd coffre que je reconnut aussitôt : le coffre aux documents volés.
En fin de cet étrange arrivage, le demi-elfe souriant me fit un signe joyeux.
Il s'avança au milieu de la cour de justice et se présenta comme Maître-avocat et Enquêteur à mon service. Il produit force documents attestant son état (d'où les sortait-il donc ?) et signala qu'il avait était nommé Inquisiteur Provisoire par Alan Dyr et le seigneur Usanar.
Comme pour appuyer ses dires, les deux nobles hommes l'encadrèrent dignement. Il commença sa plaidoirie par une interrogation de mon père.
"Comme déjà cité précédemment, votre fille vous accuse de nombreux maux et affaires illégales...Sur la base de documents secrets qu'elle aurait découverts dans votre bureau même...Est-ce exact ?"
"Bien sûr que non ! Il n'existe nuls documents secrets ou illégaux ! Pas plus que d'affaires illégales : notre noble famille à toujours su rester digne de son rang. Nombreux sont ceux qui peuvent le dire. Où sont donc ces preuves nous accablant ? Il n'y a rien !"
"Mais cela ne veux pas dire qu'il n'y ait jamais rien eu. Où sont conservés vos rapports commerciaux ? Et les valeurs familiales ?"
"Mais dans notre chambre forte, bien sûr ! Elle a déjà été inspectée par les autorités et nos comptes ont été scrupuleusement examinés : tout est légal et normal !"
"Vous n'avez donc jamais rien caché d'illégal ou de compromettant dans un coffre...Comme celui-là même que j'ai fait amener de votre domicile ?"
"NON ! Et de quel droit avez-vous emmené des possessions de notre famille sans notre accord ?"
"De mon droit d'Inquisiteur. Et que contenait ce coffre, alors ? Trouvé, soit dit en passant au fond d'une vieille grange réservée au jardinage...Mes témoins et les Paladins pourront confirmer."
"Mais...Probablement des outils de jardinage ! Qu'est-ce que j'en sais, moi : mes domestiques rangent les affaire là où ils veulent, non ? Ceci n'a rien à voir avec cette affaire !"
"Des outils de jardinages...PALADINS ! Ouvrez ce coffre !"
S'exécutant devant la cours un Paladin s'approcha calmement, suivant apparemment un cérémonial précis et tenta d'ouvrit le coffre. Il s'ouvrit facilement, sans forcer : la serrure céda sans effort.
Le demi-elfe s'en approcha calmement et la contempla un instant, mains dans les poches.
"Seigneur Usanar...Pourriez-vous, s'il vous plait faire passer cette serrure abîmée au jury ? Je ne peux y toucher : je suis mage et je ne souhaite pas me faire accuser de falsification de preuves..."
Il plongea des yeux verts terrifiants dans le regard troublé de mon père.
"Des outils de jardinages...Vraiment...ce coffre, luxueux, du bon bois de luxe cerclé d'un fer résistant. Pourquoi pas...Mais là il est vide."
"Certes et alors ? Sans doute un vieux don aux domestiques : on le leur aura donné car il jurait avec l'intérieur de la maison..."
"Donc il a bien été dans la maison ? des outils de jardinages...sans valeur aucune, donc : on peut facilement en trouver partout. donc nul n'irait en voler n'est-ce pas ? surtout dans un domaine si protégé que le vôtre, non ?"
"...Euh...Oui, mais..."
"ALORS POURQUOI LA SERRURE A ETE FORCÉE !!" hurla le demi-elfe en brandissant l'objet qui avait circulé dans le jury. "Ce coffre, ces détériorations sont en tout point conformes au récit d'Ysandre, votre fille ! J'affirme que le coffre ici présent contenait les documents sus-cités par Ysandre ! Le jardinier Nokor peut jurer avoir transporter ce coffre sous VOS ordres. Les deux demoiselles ici présentes peuvent témoigner de votre demande URGENTE et EXPLICITE de faire un ménage COMPLET de votre bureau le jour après le départ d'Ysandre !"
Mon père resta tétanisé devant la fureur de l'assaut verbal.
Le demi-elfe était impressionnant, dégageant une force et une assurance irrésistible. entouré par les Paladins, dont le héros de la ville et soutenu par le Seigneur lui-même, sa parole ne semblait pas pouvoir être mise en doute. La figure de mon père se décomposa.
Ils auraient peut-être pu encore s'en sortir. En inventant une histoire ou en utilisant leurs juristes aguerris pour déclarer les preuves inacceptables. Mon frère les perdit tous.
Rouge de colère, il dégaina une dague dissimulée et la lança sur moi en hurlant, bave aux lèvres "A MORT TRAITRESSE !!"
La dague vola vers moi, sans que j'aie le temps de réagir. Un éclair argent s'interposa entre la mort et moi.
Le Haut-Paladin Alan Dyr "Silverstorm" Sombreterre, héros d'Hillend, défenseur du Bien et de la Loi, s'abattit le coeur transpercé par une dague empoisonnée.
Je hurlais et j'implorais Tür dans la panique générale.
Le Dieu me répondit enfin et ma magie divine tenta d'endiguer l'hémorragie. Rien à faire, le poison était déjà à l'oeuvre et le Paladin mourrant.
"Ma fille...Je te l'avais bien d..." eut le temps de murmurer le vieux guerrier.
J'éclatais en sanglot devant mon impuissance et l'injustice de la situation : j'aurais préféré mourir à sa place !
Le demi-elfe, un prêtre et le seigneur Usanar s'approchèrent dû héros mort dans mes bras.
"Vous pouvez le ressusciter, non ?" demanda le seigneur.
"Certainement répondit le prête : j'ai envoyé quérir le grand prêtre..."
"Inutile." dit le demi-elfe d'un air sombre, tout en souriant légèrement "Son âme n'est déjà plus là. Tür l'a emportée et bénie. Il a passé le flambeau et mérite le repos. C'est ce qu'il aurait voulu..."
Ils m'emmenèrent doucement, toujours en pleurs.
Le procès fut aisément gagné et mes parents condamnés à l'échafaud...Leurs réseaux maléfiques fut démantelé pour le bien de tous...
Les funérailles furent grandioses. Je n'y assistais pas, pleurant seule la perte de mon mentor, de mon véritable père. Versant aussi quelques larmes sur ma famille qui s'était enfermée dans de mauvais choix.
Je ne voulais pas rendre hommage à Alan Dyr tant que mon coeur était plein de haine et de douleur. Cela aurait était une insulte envers son oeuvre.
Quand je fus calmée, je me rendis seule sur la tombe grandiose du plus fameux des Paladins d'Hillend. Je fis à nouveau serment de suivre la Loi et la Justice, de propager de toutes mes forces le Bien autour de moi.
Je réclamais une faveur au seigneur Usanar : celle de prendre le nom du héros, pour poursuivre son chemin et honorer sa mémoire. Il accepta.
Je passais ensuite avec brio les épreuves et devint une véritable Paladine, bénie par Tür et au service de tous.
J'honorais au mieux ma promesse et mon père de coeur. J'étais encore jeune et impulsive, mais j'apprenais avec mes aînés.
Je devint même une "formatrice" qui guidait les novices sur les pas de la Sainte Voie de Tür.
La suite vous la connaissez : je vous ai aidé, entraînant involontairement la mort de deux apprentis dont j'avais la charge.
L'Ordre décida que je devais davantage m'aguerrir en parcourant le monde. Je partis donc en quête avec vous...Et je n'en ai nul regret : c'est par l'aventure que j'honorerais ma promesse !
Ysandre se tut finalement.
Ils restèrent silencieux un moment, digérant le récit de la jeune femme.
Elle les contempla dans le silence : nul rejet, nul jugement, seulement de l'affection brillait dans leurs yeux. Et même un respect nouveau illuminait le regard de Thiki.
Lelfe sembla un instant troublé en écrivant dans son journal l'histoire de la Paladine. Avant de sourire : "Voilà un récit digne des grands héros et des quêtes aventureuses les plus passionnantes ! Mes respects Dame Paladine !"
Les conversations reprirent, ponctuées de rires et d'anecdotes, de chants et de commentaires. A la fin de la soirée ils décidèrent d'aller se coucher.
"J'ai prévu des hamacs afin d'économiser la place !" s'écria Lelfe en descendant dans la cale. "Voyons, où les avons nous rangés ?"
Ysandre et Derym descendirent l'aider joyeusement. Groumpf gardait Thiki qui s'était déjà endormie à même la table.
"Dans cette caisse, non ?" demanda Ysandre.
"Il me semble..." répondit le Barde.
"Eh ! C'est à qui cette grosse caisse noire ?" demanda soudain Derym en désignant un coin. "Lelfe ! T'es vraiment surchargé de bagage !"
"Mais c'est pas à moi..."
"Ni à moi...Et Thiki n'a quasiment rien. Et Groumpf n'a que des armes..." s'interrogea la Paladine.
Les trois aventuriers s'approchèrent de la longue et épaisse caisse noire. Elle dégageait une mystérieuse aura, presque inquiétante.
Ysandre s'avança.
"Le plus simple c'est d'ouvr...WAAAA !!!"
Elle fit un bon en arrière juste après avoir ouvert la caisse oblongue.
A l'intérieur, bras en croix, était allongé, pâle comme un mort, sans vie, le guerrier albinos qui les avait aidés précédemment : Halonn !
Et à l'intérieur du haut fermant le quasi-cercueil était attaché une longue série de fioles couleur sang.
Devant les aventuriers stupéfaits, le cadavre d'Halonn se dressa silencieusement.
"Humm...Je pense que je vous dois une petite explication..." commença l'albinos devant l'air ébahis des aventuriers
"Vampire..." murmura Ysandre stupéfaite.
(fin du chapitre 11)
Alors qu'en pensez-vous ? Personnellement j'aime assez ce chapitre où l'on voit qu'une Paladine n'est pas un bloc mythique inébranlable, mais une humaine qui fait de son mieux, se trompant parfois...bah, j'espère avoir réussi à transcrire ça de manière correcte.
Quant à la suite : bientôt (et un jour Derym finira par arriver à au moins l'un des Temples !)
J'attends vos commentaires !
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 08/01/03 10:14
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 08/01/03 16:34
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Waaa ! La correction du Bib' est quasiment instantanée maintenant...Un grand merci : MERCI ! (oui, je peux être très lourd...).
Je me dois donc de lui livrer son pain quotidien...Voici donc un chapitre de saison (Breuu..)
-Chapitre 12 : "Au coeur des glaces, le Temple de L'Eau."
"Arrière créature satanique !!" hurla Ysandre en brandissant son médaillon sacré.
"Evidement, commençant comme ça, ça va pas être facile..." soupira Halonn en se cachant les yeux.
"Attends, Ysandre ! Il nous a déjà aidés, non ? On pourrait au moins écouter ce qu'il a à dire..." déclara Derym.
"Ouais ! Je suis assez curieux d'entendre l'histoire de notre mystérieux et non-mort passager clandestin." renchérit Lelfe, gardant quand même une main sur son pendentif sacré de Lathandre.
Une cavalcade se fit alors entendre derrière eux : Groumpf arrivait en réponse au cri de la Paladine, une gigantesque hache à deux mains prête à occire tout indésirable.
Il grogna en voyant Halonn mais n'attaqua pas : on ne le lui avait pas demandé et le chevalier albinos les avait aidés récemment.
"C'est un Vampire ! Un suceur de sang ! Un maudit ! La seule chose à faire est de lui apporter la miséricorde de la vraie mort et de prier pour le salut de son âme corrompue !" continua la Paladine.
"Je ne te savais pas si intolérante...Pas très esprit du Paladin, Ysandre !" déclara Thiki qui suivait Groumpf, encore à moitié endormie. "Z'aviez pas remarqué la dernière fois qu'c'était un mort-vivant ?"
"Tu le savais ! " crièrent en coeur les autres héros.
"Bah, ouais...J'ai des yeux moi ! Je l'ai un peu blessé quand j'ai balancé l'eau bénite dans l'entrepôt..."
"Et tu ne nous as rien dit ?" remarqua Derym.
"C'était important ? Il nous a aidés, non ?"
Devant tant de gens curieux et tolérants, Ysandre se sentit un peu honteuse. Quoique toujours méfiante elle abaissa son insigne divin. Halonn pu se détendre un peu.
Ils conduisirent le vampire dans la salle à manger, plus propice aux discussions que la cale. Là Lelfe disparut un instant derrière la cambuse pour préparer un peu de café.
Sous le regard inquisiteur de la troupe, l'albinos commença ses explications.
"J'ai eu une vision. C'est elle qui m'a conduit à me porter à votre secours dans Everwhite. Mon Dieu m'a confié une quête : vous protégez."
"Comme c'est pratique !" ricana Ysandre. "Et quelle Divinité servez-vous, puissant guerrier ? Qui se soucie de nous à ce point au panthéon ?"
"Je sers Zielchès, L'Oeil du Ciel ! Il est le gardien de ceux qui cherchent dans les ténèbres. Vous connaissez ? Ce n'est pas vraiment un culte très rependu..."
"Jamais entendu parler..." grommela Ysandre. Elle jeta un coup d'oeil vers Lelfe qui haussa les épaules. Derym ne semblait pas plus informé.
"Il existe tellement de Dieux et de Cultes divers...." commença Lelfe, intéressé par étendre sa culture.
"Oui, oui." coupa Ysandre "Mais ceci n'explique pas pourquoi il est un vampire !"
"C'est malheureusement assez simple...Mon culte encourage l'aventure et l'action, afin de porter secours aux explorateurs qui s'enfoncent dans les ténèbres à la recherche de la gloire et de la connaissance...Je fus ainsi capturé et contaminé en aidant un groupe d'aventuriers dans une nécropole sordide..." continua Halonn.
"Tiens, je croyais qu'il fallait accepter volontairement le sang d'un vampire pour devenir un vrai suceur de sang indépendant." fit remarquer Lelfe.
Halonn se retint de le foudroyer du regard. Cet Elfe était vraiment trop malin ! Juste au moment où sa pathétique histoire (il avait fallut une nuit entière au guerrier pour l'inventer et la crédibiliser).
"...Euh.. Pas toujours apparemment ! Cela doit venir de ma nature d'albinos...Je dois dire que je n'aime pas trop me souvenir de ces moments déplaisants...J'étais faible et blessé, à demi fou et inconscient après le massacre de mes compagnons : j'ai pu accepter le sang sans m'en rendre compte..." répondit Halonn.
"Triste histoire..." marmonna Thiki "Maintenant on dort ?"
Avant que quelqu'un interroge plus avant le vampire albinos, Derym bondit comme piqué par une aiguille.
"On a un problème plus urgent !" cria le jeune homme en courant vers le pont.
Après un instant de flottement, le groupe s'élança à la suite du Druide.
La nuit glaciale était tombée depuis longtemps et seul un mince croissant de lune perçait les nuages. La mer était noire et froide. Un vent assez puissant faisait fendre les flots au bateau des héros, accentuant encore le froid arctique.
"Qu’y a-t-il ?" demanda Lelfe.
"Un obstacle...Devant nous..."
Lelfe plissa ces yeux d'aigle et utilisa son infravision pour percer les ténèbres.
"Je vois rien..."
"Laissez faire ! " cria Thiki à ce moment là.
Elle portait sa lourde arbalète et y enclencha un nouveau type de carreau. Sous le regard interrogateur de ses amis.
Sans même viser, elle décocha le carreau vers l'avant du bateau, le plus loin possible. Dès qu'il heurta les flots, une flammèche crépitante jaillit et resta à la surface de l'eau, éclairant vaguement les environs.
"Sodium, Phosphore et deux trois autres trucs..." expliqua Thiki "Je me demande si ça marchera aussi bien sur des gens..."
"Eh ! Y'a bien un gros truc devant ! Une sorte de gros mur..." s'exclama Ysandre.
"J'ai vu...Je crois qu'on appelle ça un iceberg. C'est de la glace : C'est pour ça que je l'ai pas vu en infravision. Félicitations Derym !" dit Lelfe.
"Si je puis me permettre...On ne devrait pas faire quelque-chose là, non ? C'est qu'on fonce dessus à pleine vitesse..." fit remarquer Halonn.
Aux ordres de Lelfe (à la barre) et de Thiki (grande coordinatrice), le groupe d'aventuriers frigorifiés s'empressa de tenter de détourner le navire de sa folle course.
Halonn se rendit merveilleusement utile : étant déjà mort il ne sentait pas le froid et n'était pas engourdi en manipulant cordages et voiles quasi-gelées. Soucieux de se faire bien voir, le passager clandestin exécuta les ordres avec diligence.
De plus, il semblait avoir quelques connaissances en navigation et il fit des suggestions éclairées afin d'aider Lelfe et Thiki.
Finalement il réussirent à dévier suffisamment le cap pour ne pas s'écraser contre la montagne de glace flottante, malgré le vent et les courants.
A quelques encablures de l'iceberg, le groupe contemplait la muraille de glace.
"Impressionnant !" souffla Thiki.
"On approche du cercle polaire." fit remarquer Lelfe. "Va falloir être prudent : les icebergs vont devenir très fréquents...Thiki ! T'as d'autres carreaux lumineux ? On devra faire des tours de garde..."
"Ce serait du gaspillage ! Je te rappelle que les vrais marins sont capables de naviguer normalement la nuit, même dans ces eaux glaciales. Si tu avais fait attention, tu saurais que nous avons embarqué une collection de lampes-tempête. Avec ça on verra mieux et on risquera pas de cramer le bateau."
Ainsi, ils disposèrent l'éclairage suivant les directives de l'adolescente. Halonn se proposa pour monter la garde et surveiller le bateau la nuit.
Il y voyait assez bien de nuit, ne se soucier pas du froid et serait inutile en pleine journée. Le choix semblait logique, mais encore un peu inquiétant.
Ysandre, méfiante ("Prudence élémentaire !" dit elle à Derym), se proposa de lui tenir compagnie, à la fois pour le surveiller et pour apprendre à mieux le connaître.
La proposition fut acceptée à l'unanimité.
"Et pas de visites nocturnes : je te surveille !" menaça la Paladine.
"Ne crois pas toutes les légendes : je peux me contrôler sans boire le sang d'une vierge chaque nuit..." répondit Halonn, venimeux.
"Ouais. En tout cas, t'approche pas trop de moi quand même, le blanchâtre ! J'ai encore un peu d'eau bénite..." cria Thiki en allant se coucher. "Et n'embête pas trop Ysandre ! C'est mon job !" finit la gamine en rigolant.
"De toute façon j'ai des réserves..." répondit le vampire.
"Quoi ! Et prises sur qui ? " demanda la Paladine, inquisitrice.
"...Et bien...Quelques fidèles du culte m’ont offert généreusement de leur sang pour soutenir ma quête, ainsi que des fioles magiques pour le conserver..." improvisa Halonn en toute hâte.
Ce n'était pas d'ailleurs entièrement faux. Sauf que le don de fluide vital n'avait pas été volontaire et s'était avéré fatal pour les faux fidèles de Bhaal...Son nouvel employeur ne voulait laisser aucune trace.
En tout cas, il avait réussi à se faire plus ou moins accepter par l'équipe de Derym...
Mais il sentait que la jeune Paladine mettrait du temps avant de lui faire confiance. Il soupira : la nuit promettait d'être longue...
La nuit s'écoula presque paisiblement et Halonn se plia en quatre pour satisfaire la Paladine. De temps en temps, Derym venait les avertir de la présence d'un nouvel iceberg, avant même que les deux veilleurs ne les aperçoivent.
Nul ne savait comment l'apprenti Druide détectait les masses de glace, mais c'était efficace.
Dès qu'il fut réveillé, Lelfe tenta d'en faire de même en se plongeant dans ses pouvoirs druidiques. Sans succès.
Thiki dormit jusqu'à point d'heure, épuisée par sa première et longue journée en mer. Par contre, une fois réveillée elle devint intenable et parcourut le bateau sans relâche pour vérifier l'état du navire tout en s'émerveillant sur le paysage.
Ils voguaient en effet maintenant sur une mer bleu-gris sombre, entourés de plus en plus par les masses blanches prodigieuses des icebergs.
La traversée se poursuivit sans incident notoire sur la mer grandiose du nord. Le froid et les icebergs devenaient de plus en plus présents mais les talents de navigateur des héros s'amélioraient et avec la prescience de Derym ils ne craignaient pas grand chose.
Ils apprirent même à apprécier Halonn : fier guerrier et homme de foi, il savait se montrer charmant et cultivé. C'était aussi un redoutable bretteur : il fit une nuit de veille un match amical contre Groumpf et tint tête pas mal de temps au géant. Il perdit tout de même, dépassé par la force brutale de son adversaire.
Un respect mutuel se noua entre les deux combattants.
Puis un jour Lelfe annonça au groupe qu'ils étaient arrivés.
"Mais on est au milieu de nulle part !" s'écria Thiki.
"Je ne vois pas le Temple...Tu es sûr, Lelfe ?" poursuivit Derym.
"Ecoutez : tu m'as donné une carte du monde, je te le rappelle ! Même une petite croix représente une énorme superficie à cette échelle ! Et on est dans la zone..."
"Va falloir chercher, alors : ouvrez tous l'oeil !" conclut Derym, absolument pas découragé pour un sous.
Et ainsi chacun se mis à scruter les flots et les icebergs à la recherche du mystérieux Temple de l'Eau.
"Et ça ressemble à quoi exactement ?" demanda Ysandre, toujours pratique.
"Aucune idée !" répondit innocemment Derym. "Je le saurais probablement en le voyant !"
"J'espère juste que c'est pas un truc sous la flotte..." murmura Lelfe "Je vois pas d'îles sur la carte. Quoiqu'à cette échelle..."
Les jours passèrent tandis qu'ils sillonnaient vainement la zone.
Soudain, Derym se redressa, comme lorsqu'il sentait la présence d'un iceberg.
"Par là !" dit-il d'un ton impératif.
Curieux Lelfe mit le cap sur la direction indiquée par le Druide.
Le jeune homme s'installa en proue du navire et les guida d'une voix ferme. Il semblait comme en transe.
Lelfe et les autres n'en menaient pas large : toute la journée, le jeune homme les conduisit au travers des icebergs des plus en plus nombreux et rapprochés. Ils circulèrent parfois entre d'immenses falaises glacées, prêtes à s'effondrer et à les broyer en un instant.
Finalement, il pointa son doigt vers une colossale montagne de glace, mur gelé absolument infranchissable.
"Euh...T'es sûr là ?" questionna Lelfe, pas rassuré.
"Oui. Certain !"
Soupirant et malgré les regards inquiets des autres, Lelfe mis le cap droit vers la barrière de glace.
Derym descendit chercher ses affaires comme un automate.
Quand il remonta, le bateau fonçait droit sur une paroi glacée.
"Là, on devrait vraiment s'arrêter !" cria Lelfe. "On va droit au crash !"
Derym se précipita à l'avant de l'esquif et brandit devant lui le cylindre-messager portant la rune de l'Eau. Une note aiguë se fit aussitôt entendre.
Devant eux, la paroi s'effondra sur elle-même en une pluie de glace et de fine poussière neigeuse. Une ouverture béante fut ouverte dans le coeur de l'iceberg.
Le bateau s'y engouffra alors, plongeant dans un énorme tunnel de glace blanc-bleu polie.
"Alors ça, ça en jette !" déclara Thiki, estomaqué.
"Je crois qu'il a trouvé..." murmura Lelfe stupéfait.
(à suivre...Oui ! Ils y arrivent enfin ! Comme d'hab, commentez si vous voulez.)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 08/01/03 17:58
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...Prenez la taille de mon ego et ça vous paraîtra petit..."
Aerth, récits fantastiques
...Et en plus il écrit et il blog...
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 09/01/03 18:12
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(suite chapitre 12)
Le navire traversait maintenant un long et sinueux tunnel au travers de la glace. Le groupe d'aventuriers gelés ne se sentait pas vraiment rassuré ainsi cerné par les dures et inquiétantes parois.
Il fallait toutes les compétences nautiques de l'équipe pour éviter une rencontre malheureuse avec la glace bleu-blanche qui les entourait.
"Ce truc est naturel ?" demanda Lelfe intrigué à Derym. "ça n'a pas l'air taillé ou construit..."
"Probablement pas. Regarde : y'a des lampes !" coupa Thiki.
En effet des lumières magiques aux flammes douces et bleutées, éclairaient l'étrange tunnel.
"Cela a dû être creusé par magie...C'est magnifique en tout cas !" répondit Derym qui semblait avoir émergé de sa transe.
"En effet." déclara Halonn en sortant de la cabine principale du bateau.
Le bruit d'effondrement et son intuition avait réveillé le vampire. Sous la couche épaisse de glace, il ne craignait pas le soleil. Prudent, il restait quand même dans l'ombre.
En tout cas il ne regrettait pas d'avoir accompagné les aventuriers, ni de s'être réveillé : le spectacle valait vraiment le détour !
Leur embarcation finit par déboucher dans une caverne, véritable bulle sous la glace. De véritables quais taillés dans la glace luisaient doucement en attendant leur bateau.
Un gigantesque escalier en partait jusqu'à atteindre une titanesque porte ornementée, elle aussi de glace et de givre.
Ils s'amarrèrent donc et descendirent. Chacun avait hâte d'explorer l'endroit malgré le froid mordant.
A leur grande surprise, ils étaient attendus : une jeune adolescente elfe, à la peau très pâle et aux cheveux court (à part une longue tresse du coté gauche) d'un blond presque blanc les attendait au pied de l'escalier.
Derym reconnut les vêtements simples et la coupe de cheveux des apprenties-Druides. Il salua poliment la demoiselle qui ne quittait pas le groupe des yeux.
"Bonjour. Je suis Derym Oanëdatol, envoyé en mission par le Haut-Druide Neshironn Kel'Dias. J'ai un message à remettre en mains propres et sans délais au Haut-Druide Gardien du temple de l'Eau." en brandissant le cylindre-messager.
La jeune fille resta silencieuse un moment.
"...Je crois que je peux vous faire confiance. Vous avez franchi la Porte sans mal. Votre mission semble authentique. Je vais vous conduire à la Maîtresse Sal'Eston. Mais...Qui sont ces gens ?"
"Oh ! Ce sont des amis ! Ils ne dérangent pas au moins ? je ne suis pas très au fait des traditions...Je suis moi-même encore un novice. Mais, j'aimerais assez qu'ils soient autorisés à m'accompagner : ils m'ont aidé à arriver jusqu'ici et je ne souhaiterais pas les laisser se geler ici..."
"Bon, très bien...On n'a que très peu de visiteurs. Ils peuvent venir, mais c'est la Maîtresse qui décidera en fin de compte..."
Emboîtant le pas à l'apprentie druidesse, ils gravirent doucement l'escalier de glaces jusqu'à la porte monumentale. L'ascension était difficile sur ces marches gelées et abruptes et elle dura longtemps.
Seule la jeune fille et Lelfe ne semblaient pas épuisés en arrivant au sommet. Derym faisait des efforts visibles pour ne pas souffler bruyamment ou trébucher devant sa jeune consoeur.
Leur guide prononça une parole mystique et la porte s'ouvrit dans un courant d'air givré. un long corridor aux murs carrés se découpait dans les ténèbres.
Toute fière de ses pouvoirs, la petite elfe créa magiquement une sphère saphir lumineuse.
"Le Chemin des Anciens." commenta-t-elle.
Ils s'avancèrent aux creux des glaces sinuant dans les ténèbres.
Soudain Ysandre et Thiki firent un bond de coté : elle venait de voir ce qui justifiait le nom du couloir.
Enchâssés dans la paroi aux murs transparents et lisses, il y avait des corps d'elfes en tenue d'apparat. Des cadavres d'anciens Druides...
"C'est joyeux comme endroit..." murmura Lelfe.
"Nous honorons ainsi nos plus grands dirigeants, nos Saints et les héros au service du Temple...Ils sont là, intacts tant dans leurs corps que dans notre mémoire, véritables exemples pour les novices. Certains sont là depuis plus de 20 000 ans..."
"Waoua !" s'exclama Derym, fasciné : il ne connaissait pas cette coutume. Il se redressa pour se présenter dignement devant les regards des anciens Maîtres.
"Un rien morbide quand même..." grommela Thiki.
Après une longue marche, ils arrivèrent devant la sortie apparente du tunnel. Une lumière crue en filtrait. Problème : un torrent d'eau s'abattait au travers de l'ouverture.
"Il faut maintenant traverser le Flot de Purification. Veillez laisser ici vos vêtements et vos armes...Il y a une alcôve dissimulée pour les accueillir, ainsi que des couvertures et des vivres si certains d'entre-vous désirent ne pas nous suivre..."
Elle déverrouilla la cache et commença à se dévêtir sans gêne.
"Eh ! Pas devant tout le monde" s'écria Ysandre en faisant pivoter d'un regard les hommes du groupe.
"Passez donc devant : ils nous fourniront des vêtements sacrés dehors." dit Derym de dos.
"Moi, je reste ici. C'est trop...lumineux, dehors." déclara Halonn. "Je garderais les affaires. Tant pis si on croit que j'ai peur du froid...Et faîte gaffe sans moi."
"Ici, on risque rien !" répondit Derym, la voix vibrante de Foi. "C'est un endroit sacré !"
"L'utilité d'un protecteur vampire est...étonnante." dit gaiement Lelfe, taquin. "Ton Dieu à sacrement le sens de l'humour..."
L'albinos lui lança un regard noir.
Pendant ce temps Ysandre et Thiki s'étaient dévêtues pour suivre l'elfe, la Paladine lançant des regards furtifs pour surveiller les mâles.
"M-m-mau-maudite s-soit m-m-ma curio-si-sité !" jura Thiki en plongeant nue au travers de la cascades glaciale.
"C-c'est un-un p-p-péché !" grommela Ysandre en là suivant en grelottant. "V-vous a-a-attendez notre signal !" cria-t-elle aux hommes avant de disparaître dans les flots limpides.
Lelfe souriait benoîtement devant ses camarades qui faisaient semblant d'être absorbé par autre chose.
Une fois les filles disparues, ils se dévêtirent promptement, transis de froid.
"V-vous sa-savez, la gla-glace d-des murs à des propriétés intéressantes : elle renvoie très b-bien la lumière" déclara Lelfe dans un clin d'oeil en se jetant sur le mur d'onde.
"T'as regardé !!" s'écria Derym en se jetant à la poursuite de son ami qui rigolait.
Le contact avec l'eau déferlante fut terriblement glacial. Le poids colossal de la chute d'eau les flagellait de milles aiguillons de givres, paralysant leurs muscles et ployant leurs échines.
La traversée ne dura qu'un bref instant, mais il émergèrent comme après un long périple. Ils pouvaient à peine respirer.
Pourtant, une fois à l'extérieur, une douce chaleur les envahit.
La jeune druidesse les accueillit, proposant serviettes épaisses et chaudes ainsi que des vêtements à leur taille (enfin, plutôt un ensemble de vêtements noués entre-eux pour Groumpf).
Groumpf et Derym cachèrent aussitôt leurs parties intimes, légèrement honteux de s'exhiber ainsi devant la jeune elfe. Ysandre et Thiki s'étaient pudiquement retournées. Lelfe lui ne semblait nullement se soucier de sa nudité, perdu dans la contemplation du paysage.
Comme Halonn l'avait remarqué, le soleil était visible : il était manifestement dans une caldéra volcanique à ciel ouvert. Devant eux, la cascade masquant l'entrée du tunnel formait un torrent qui traversait rapidement une étendue de galets avant de rejoindre un lac impressionnant. Des la fumée blanche émergeait du lac et quelques geysers s'élançaient périodiquement dans le ciel
Visiblement le lac d'eau chaude fumante était responsable de la température douce qui régnait ici.
Entre les brumes, le groupe de héros, maintenant habillés de blanc, devina un splendide édifice de cristal et de saphir finement taillé.
La jeune apprentie les guida vers une embarcation à fond plat et ils purent, sans voix, admirer l'architecture élancée et élégante du Temple de l'Eau. Des geysers de vapeur et des fontaines splendides rendaient le bâtiment évanescent et encore plus impressionnant.
Ils accostèrent tranquillement sous le regard imperturbable de gigantesques élémentaux aqueux. Des golems de glace tout aussi impressionnants étaient chargés d'ouvrir chaque porte colossale et finement décorée du Temple.
Devant la beauté resplendissante de l'édifice, le groupe se laissa conduire dans un silence de pénitent.
Dans un bureau somptueux nanti d'une baie vitrée ouverte sur le lac, ils furent mis en présence d'une vieille femme elfique. Leur guide se retira humblement.
Derym resta un moment sans voix, contemplant la Haute-Druidesse au regard bleu glacier empreint d'une sagesse millénaire.
L'elfe, très grande et âgée restait pourtant somptueusement belle : sa peau avait la pâleur et semblait douce comme la neige fraîchement tombée. Son visage délicat respirait la noblesse et la détermination. Et elle avait de très longs cheveux blanc-bleu pâles qui cascadaient librement jusqu'à ses pieds.
Elle avait tout d'une reine, vêtue d'atours qu'auraient enviés bien des riches courtisanes.
Elle semblait considérer le groupe froidement, avec un certain dédain, comme s'il n'était pas digne d'être mis en présence de pareille beauté alliée à une sagesse incommensurable.
"Je suis la Haute-Druidesse Gardienne du Temple de l'Eau, Elue de Gaïa et Maîtresse Elémentaliste. Je me nomme Sal'Eston Kaldorynn El Fodyas. Et vous êtes ?" déclara finalement la reine de glace d'une voix calme.
"Excusez-moi ! Je suis Derym Oanëdatol, au service du Haut-Druide Neshironn Kel'Dias..." balbutia Derym en tentant de se reprendre.
"Certes. J'ignorais qu'il avait un apprenti. Humain de surcroît. Et que me voulez-vous, vous et votre clique ?" répondit froidement la Haute-Druidesse.
"Veuillez m'excuser, Votre Grâce." fit Derym en exécutant maladroitement une révérence, aussitôt imité par les autres. "J'ai un message pour vous."
Il lui tendit le cylindre-messager.
"Voilà qui est fort étrange et inattendu." déclara-t-elle en prenant l'objet. "Peu d'entre nous respectent encore cette vieille tradition. Ce message doit être important et je vous remercie. Mes méditations n'ont pas été troublées pour rien."
Derym recula cérémonieusement tendit que la Haute-Druidesse s'attablait devant un bureau de cristal pour déchiffrer le message. Elle ouvrit sans mal le cylindre d'une incantation secrète. Il contenait visiblement un long parchemin luisant ainsi qu'un saphir poli d'un bleu profond.
Visiblement ce contenu la surprit et elle dévora littéralement la lettre. Diverses émotions contradictoires éclairèrent brièvement son visage.
"Enfin..." murmura t'elle en terminant.
Dès qu'elle reposa le parchemin celui-ci s'embrasa et tomba en poussière. Visiblement le message était confidentiel, ce qui attisa la curiosité des héros.
La Haut-Druidesse plongea ses yeux perçant dans ceux de Derym, qui n'osa pas bouger. Il soutint longuement son regard.
"Je vous remercie, apprenti, vous avez magistralement accomplit votre mission...Il y a pourtant un corollaire. Votre Maître voudrait que je vous fasse subir une certaine épreuve. Serez-vous assez courageux et volontaire pour l'accepter ?"
"Je le suis !" déclara Derym en se redressant fièrement. "Et que dois-je faire exactement ?"
"Vous devez apporter cette gemme de liaison au plus profond du Temple, en surmontant les épreuves et les énigmes. Ce n'est pas facile. Êtes-vous toujours décidé à suivre le commandement de votre Maître ?"
"Je suis prêt à tout ! Je n'ai pas peur...Mais j'ai une question : cette épreuve est-elle individuelle ou est-ce que mes amis peuvent venir et m'aider ?"
La Haute-Druidesse dévisagea lentement le groupe d'aventuriers. Chacun s'inclina devant l'imposante présence.
"Je n'y vois pas d'inconvénient, s'ils sont volontaires, bien sûr..."
Elle sonna une clochette d'argent et sa jeune apprentie apparut aussitôt.
"Fais les se restaurer et se reposer, avant de les conduire à la Porte du Mystère. Ferme d'ailleurs après eux: ils devront trouver eux même une autre sortie..."
Sur ces paroles un rien inquiétantes, elle fit un signe leur indiquant de se retirer.
Excités par le défi et la curiosité, les aventuriers insistèrent pour partir immédiatement : ils étaient déjà suffisamment prêts et reposés.
Heureusement, leur guide leur annonça qu'ils auraient sûrement besoins d'armes et d'équipement (voilà qui troubla et excita le groupe). Ils furent autorisés à reprendre leurs possessions afin d'affronter correctement l'épreuve.
Halonn préféra les attendre, ne sachant pas si l'épreuve aller les faire passer au soleil. Il les encouragea à la plus grande prudence.
Le groupe fut conduit devant une porte monumentale gardée par deux Seigneurs Elementaux. L'apprentie leur ouvris et ils furent bientôt seuls, devant un escalier de lapis-lazuli descendant au coeur du Temple.
"Que se passe-t-il Maîtresse ?" demanda l'apprentie une fois de retour. "Pourquoi un étranger, un humain inconnu est-il autorisé à passer l'épreuve du Lien ?"
"Pas de jalousie mal placée ! L'épreuve est difficile et ceux nommés par les Hauts-Druides sont choisis secrètement !"
"Mais...Je croyais aussi que c'était une épreuve individuelle et personnelle ! Comment juger de la Foi et de la compétence d'un groupe aussi disparate ?"
"Certaines circonstances nous obligent parfois à bouleverser les règles, apprentie ! Nous seuls sommes juges de ce qui est juste ! Retire-toi et va méditer sur ton manque de respect envers les décisions des sages !"
Une fois l'adolescente partie, la Haut-Druidesse sourit doucement : pourvu que Derym et son groupe réussissent ! Tant de choses allaient changer maintenant !
Elle prit un miroir de glace et murmura une incantation de Clairevision : cela s'annonçait passionnant !
(à suivre : un bon vieux donj'...)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 09/01/03 21:05
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 10/01/03 16:57
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Ethan déclare,flatteur :
Citation :Tu me tiens en haleine, leus aventures sont toujours aussi intéréssantes !
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On va essayer ! N'hésitez pas à me flageller un peu si vous voyez que je "mollis" un peu ! Je me demande pendant combien de temps je vais arriver à écrire tout en restant intéressant...
Citation :Continu, c'est du tous bon
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Bon,alors on y retourne !
(suite chapitre 12)
"Alors, qu'est-ce que ça dit ?" demanda Ysandre.
"Que nous avons seulement six heures pour sortir de là. Sinon, ce labyrinthe sera inondé..." répondit Derym en déchiffrant la plaque dorée au-dessus d'une porte.
"Même traduction." dit Lelfe en réponse au regard inquiet de la Paladine.
"Sympa de prévenir maintenant ! ça doit faire deux heures au moins qu'on tourne dans ce souterrain humide et glacé !" grommela Thiki.
"On continue le plus vite possible, alors !" déclara Derym "Malheureusement faut une clé pour cette porte..."
"Désolé" répondit Ysandre, penaude "J'étais pourtant sûre d'avoir répondu correctement à l'énigme..."
"Pas grave ! On va pas se laisser em********r par une porte !" déclara Lelfe.
Il sortit tout un ensemble d'objets métalliques et de passe-partout avant de s'attaquer à la serrure.
"Eh ! Tu ferais mieux de vérifier si..." commença Thiki, paniquée.
<CLIC>
"Aaaaïiiee !!" hurla Lelfe : un épieu de glace lui transperçait à présent l'épaule. Son agilité et la remarque de Thiki lui avaient sauvé la vie : le piège visait son coeur...
"Non, mais quel imbécile..." murmura Ysandre en soignant magiquement le Barde avec l'aide de Derym.
Après moultes soins magiques et potions revitalisantes, Lelfe était de nouveau prêt.
"Pas la peine : la serrure s'est bloquée quand le piège s'est déclenché..." lui apprit Thiki.
"Humm. Pas grave..." répondit-il l'air déterminé. "Groumpf ? Porte, s'il te plait !"
Sous le regard médusé des autres compagnons, le géant brandit son énorme marteau de guerre à deux mains et l'abattit dans un fracas titanesque sur la porte.
Elle céda en quelques coups, malgré sa robustesse.
"...Primitif, mais efficace..." murmura Thiki, qui elle n'avait pas vu le colosse défoncer le mur de la tour de son Maître maudit.
Derym semblait un peu plus chagriné.
"J'espère que la Haute-Druidesse ne nous en voudra pas trop...J'espère qu'on ne profane pas le Temple en agissant ainsi..."
"C'était la seule solution !" répondit Lelfe. "Du moment qu'on ne nous fait pas payer les dégâts..."
Devant son miroir de clairevision, la Haute-Druidesse soupira.
Le groupe de Derym était loin d'être performant !
Elle aurait dû s'en douter : l'apprenti druide était bien trop jeune pour les challenges de cette épreuve. Et en plus le groupe qui l'accompagnait le distrayait plus qu'autre chose !
Cette quête nécessitait patience, courage, détermination et Foi. Et ils y allaient comme pour s'amuser...
Elle hésita un instant à leur venir en aide, malgré ses principes et sa répulsion devant ce genre de procédés.
Finalement, elle ne fit rien : s'il ne sortait pas vivant de ça, inutile de le laisser continuer plus avant et déranger ses collègues.
Il fallait garder espoir : après tout Kel'Dias l'avait choisit...
Le temps passait trop vite au goût des aventuriers qui se démenaient dans le donjon situé sous le Temple. Malgré le sens de l'orientation quasi-magique de Derym, la traversée de ce labyrinthe était fastidieuse.
De nombreuses énigmes tordues et des pièges sournois leur barraient le passage. Le plus souvent tout était écrit en Ancien Elfique, langue fort peu pratiquée...Les traductions prenaient un temps fou et tous sentaient qu'ils étaient en retard...
"Désolée...C'est moi cette fois..." s'excusa Thiki, trempée après un plongeon dans une fosse dissimulée pleine d'eau glaciale.
"Pas grave, je l'avais pas vu non plus !" répondit Lelfe en la hissant avec Groumpf.
"Inutile de t'en vanter." souffla Ysandre.
Ils erraient depuis de nombreuses heures dans ce Temple sournois et la fatigue et le stress leur faisaient de plus en plus souvent commettre des erreurs.
Ils se reposèrent donc un moment, pour se réchauffer (le temps était glacial) et se restaurer un peu.
Ils se remirent trop vite en marche à leur goût, mais le temps pressait.
Le groupe arriva devant un long escalier de glace, descendant pendant une éternité dans un gouffre obscur.
"Y'en a pour des heures !" gémit Thiki "J'ai mal aux pieds !"
"En plus, c'est de la glace : on risque de tomber et d'entraîner quelqu'un avec nous..." renchérit Ysandre.
"De toute façon on n'a pas le choix..." déclara Derym, décidé.
"Humm...On a toujours le choix." répondit Lelfe pensif. "Thiki ! Aide moi ! On doit pour descendre autrement...c'est de la glace...Humm...Pourquoi pas en utilisant le bouclier d'Ysandre comme une luge ?"
"Une quoi ?" s'écrièrent Thiki et Derym
"Une luge. C'est un jouet de bois qui servent aux enfants pour dévaler les pentes couvertes de neige. J'en ai fait quand j'étais gosse..."
"Je n'en doute pas. Tu adores les trucs bizarres !" s'exclama Ysandre "Mais c'est irréaliste : on tiendra jamais tous là dessus."
"Ah oui..."
Thiki s'était relevée. Et marchait de long en large, pensive. Lelfe avait enflammé son imagination.
"Pourquoi pas...Le principe est bon après tout. Montrez-moi vos affaires !" s'écria la jeune fille.
Ils étalèrent sur le sol tout ce que l'adolescente jugea potentiellement utile. En cinq minutes elle bricola une étrange embarcation à l'aide de cordages, de fourrures et du bouclier de la Paladine.
"Voilà : le bouclier sert de base stable et d'interface. Pour la place supplémentaire, j'ai assemblé ces fourrures. Le cuir glissera sur la glace et le coté fourrure nous protégera un peu des chocs...C'est précaire mais ça devrait marcher !"
"Super !" s'enthousiasma Lelfe (visiblement le seul) "J'ai même une idée : je vais utiliser mon sort de Glisse sur le cuir afin qu'il n'adhère pas sur la glace ! En voiture."
Bien que pas très rassurés par ce plan, les autres membres du groupe prirent place sur la "luge" et prièrent leurs Dieux...
Thiki et Lelfe étaient ravis et s'installèrent les premiers. Groumpf se mis en dernière position et poussa l'embarcation en avant d'un geste vif. Ils s'élancèrent dans l'escalier glacé.
"Attention, ça va secouer fort !" hurla Thiki.
L'embarcation fonctionna bel et bien, dérapant sur les marches et les précipitant à vive allure vers les ténèbres. Des vibrations sinistres et douloureuses secouaient l'équipage suicidaire à chaque marche franchie.
"C-c-c'était p-pas un-une b-b-bonne i-idée !" s'écria Ysandre terrorisé.
Ils dévalaient l'escalier à une vitesse incroyable, arc-boutés pour ne pas faire chavirer l'étrange embarcation. les vibration s'intensifier et Lelfe espéra vivement qu'ils seraient arrivés en bas avant que son sortilège ne s'arrête : le voyage pourrait alors devenir fort inconfortable...
Brutalement il s'abattirent sur une surface gelée et lisse, le bas de l'escalier. Ils franchirent à pleine vitesse une grotte taillée dans la glace, fonçant toujours tout droit vers une immense porte de fer forgé qui se découpait non loin devant.
"Et comment on arrête ce machin !" cria Derym à Lelfe.
La figure de celui-ci se décomposa. Il tourna un regard désespéré vers Thiki qui prit une mine coupable.
"VOUS NE SAVEZ PAS !!" s'écrièrent en coeur les autres passagers.
"Trouvez un moyen et vite !" hurla Ysandre.
"On pourrait sauter en marche..." commença Lelfe. "Non, pas à cette vitesse..."
"Freiner avec nos mains, peut être...Mais ça va faire mal !" essaya Thiki.
"Eh ! Voilà une idée !" s'écria Ysandre "Aux armes ! Chacun de son coté !"
Sous l'inspiration de la Paladine, ils dégainèrent (enfin ceux qui avaient des lames), et plantèrent simultanément leurs épées dans la glace. Choc.
L'embarcation ralentit brutalement, mais ne s'arrêta pas. La secousse avait envoyé Lelfe et Ysandre s'écraser lamentablement contre les autres et il s'empêtrèrent lamentablement au milieu des corps hurlant de leurs amis. Heureusement ils n'étaient pas tombés par-dessus bord, mais leur freinage était désormais inopérant.
Groumpf restait leur seul espoir : le titan était assez fort et assez gros pour être stable dans ces secousses et dans la folle glissade. Il replanta son épée à deux mains dans la glace qui défilait sous eux.
Il y eut un nouveau choc terrible, mais le géant tint bon, gardant sa lame plonge au coeur de la glace. La vitesse décrut mais la luge partit dans d'incontrôlables ruades. La porte métallique se rapprochait dangereusement...
Groumpf s'arc-bouta sur sa lame, faisant jaillir des copeaux de glace et inscrivant une large traînée dans le sol derrière eux.
La folle embarcation ne s'écrasa ainsi qu'à une faible vitesse contre la porte. Celle-ci s'ouvrit en grinçant, répandant du givre sur les héros groggy affalés par terre...
"On..ne...recommenceras jamais...ça !" balbutia Derym.
"Ok pour moi..." répondit Lelfe en se relevant péniblement. "Rien de cassé ?"
"Groumpf va bien ! Marrant ce truc ! Mais fait un peu mal..."
"J'ai mal au cul..." déclara Thiki, courbaturée.
"THIKI ! Surveille ton langage, jeune demoiselle !" s'écria Ysandre.
"ça va, ça va...Bon, Ysandre râle, donc elle à rien...Tout le monde s'en est sorti alors ?"
"QUOI !" hurla la Paladine "Je râle pas ! Je me dois simplement de corriger tes manières et..."
"Allons-y alors !" déclara Derym "Inutile de gaspiller le temps qu'on a gagné par cette folle chevauchée. De plus on est attendu..."
Suivant le doigt pointé de l'apprenti-Druide, ils découvrirent sur un pont de pierres verglacées, un immense élémental de glace gardant une autre porte de fer.
Le groupe rassembla leurs affaires au plus vite et se dirigea prudemment vers la masse de glace vaguement humanoïde, apparemment immobile.
Derym s'avança le premier. L'être de cristal s'anima alors et dévisagea (?) l'apprenti-Druide.
"Je suis le Gardien du Lien. Le Gardien de la Salle de L'Eau, l'endroit Saint entre tous dans ce Temple ! Qui s'avance ?"
"Je ne nomme Derym, Gardien. Mon Maître Kel'Dias et le Haute-Druidesse de l'Eau Sal'Eston m'ont envoyé passer cette épreuve..." commença le jeune homme.
"Alors vous devez me terrasser pour continuer. Préparez-vous, mortel !"
"Y'a pas d'autre moyen ?" essaya Derym.
"Non !" cria l'être de glace en levant un poing colossal.
Ysandre s'interposa entre lui et Derym, son bouclier sauvant le jeune Druide d'un pilon de glace. Le choc envoya les deux humains bouler à l'autre bout du pont. Cet Elémental était aussi fort que Groumpf !
Celui-ci réagit immédiatement. Pour chaque combat il était prêt ! Il attaqua vivement et balança un coup d'épée imparable sur le géant de cristal. La lame se contenta de se ficher dans le bras du colosse gelé.
Pendant que Groumpf essayait de dégager son arme il reçut un coup de poing terrible de son adversaire. Il ploya et mit genoux à terre, abandonnant la lame dans le bras de l'élémental.
Thiki et Lelfe restèrent en retrait pendant qu'Ysandre se ruait à l'assaut avec Derym pour secourir Groumpf. Ils avaient tous deux déjà pensé à un plan. Thiki modifiait son arbalète et Lelfe préparait un sort.
La jeune voleuse tira simultanément quatre carreaux en s'avançant. Ils explosèrent tous contre la cible gigantesque, l'aspergeant d'un liquide jaunâtre et visqueux : de l'huile de lampe !
Aussitôt, Lelfe lança son sortilège de Trait de Feu, embrasant l'élémental couvert d'huile.
"Vous aussi!" cria Thiki aux combattants médusés "Rajoutez de l'huile pour faire fondre ce gros machin !"
Les autres aventuriers firent de même, vidant leurs réserves d'huile à lanterne et balançant quelques vêtements et chiffons pour entretenir le brasier.
L'élémental émit un son curieux de douleur et fini par se liquéfier à demi. Il fit un geste et cracha un Souffle Glacial qui éteignit aussitôt les flammes.
Bien que blessé, il restait superbement dangereux. Il le prouva en congelant à demi Ysandre d'un Cône de Froid. La Paladine sombra en hypothermie et s'effondra. Derym se précipita et utilisa sa magie druidique pour lui épargner de mourir congelée.
Il se tourna vers Groumpf.
"Prends ton marteau et fais le exploser : vise les jambes !"
Le colosse guerrier obéit et asséna un coup terrible à l'être de cristal. Des fissures se répandirent dans les jambes de l'ennemi et il vacilla. Groumpf en profita pour porter un deuxième coup, ébranlant encore l'élémental.
Mais l'être du froid se défendit en soufflant son haleine givrante sur le titanesque guerrier.
Cela aveugla Groumpf mais ne le paralysa pas : son sang bouillonnant d'énergie berserk l'avait sauvé.
Cependant l'élémental en profita pour lancer un épieu de glace qui traversa douloureusement la cuisse de Groumpf. Le guerrier était désormais en position de faiblesse.
Quatre carreaux se plantèrent à ce moment là dans la tête du monstre des glaces : Thiki avait pour une fois réussit à ajuster le tir de sa curieuse arbalète. Et la maligne gamine avait chargé celle-ci de ses nouveaux carreaux Phospore/Sodium...
L'être de cristal n'y voyait plus rien, de larges flammèches crépitantes s'échappant de ses blessures.
Derym attaqua se servant de son corps comme d'un bélier, se concentrant mentalement pour devenir plus dur que la glace. Il s'écrasa sciemment contre la jambe déjà fracturée de l'élémental. Elle céda dans un craquement sourd.
L'apprenti druide fit une roulade périlleuse pour éviter la chute du colosse de givre. Il souriait, triomphant.
Mais leur formidable adversaire n'était pas mort ! Il se redressa, en équilibre sur une jambe et s'apprêta à écraser le Druide de sa poigne de glace.
"GROUMPF ! Plante lui ton marteau !" hurla Lelfe en lançant lui son épée magique dans le corps gelée du Gardien.
Le berserker blessé obéit tant bien que mal, portant une attaque terrible et fichant son arme de métal dans une jambe de l'élémental.
Mais celui-ci ne bascula pas et continua de menacer Derym, qui esquivait difficilement les coups de son adversaire. Le druide avait lui aussi souffert de son attaque téméraire...
"Tout est perdu !" grogna Thiki en tentant de recharger au plus vite son arme.
Lelfe s'avança alors, sans armes. Il sortit sa harpe qu'il portait toujours en bandoulière et prit une profonde respiration.
Il pinça violemment une corde : un son suraigu déchira l'atmosphère glaciale. Il y ajouta alors une note vibrante, poussant sa voix dans les plus aigus des harmoniques.
Tous ses compagnons grimacèrent et portèrent aussitôt leurs mains à leurs oreilles pour se protéger de la cacophonie.
L'élémental s'arrêta, surpris mais nullement gêné par le son. Puis une sombre panique s'afficha sur son pseudo-visage.
De ses blessures et des armes de métal fichées en lui se rependaient dans son corps de douloureuses fissures.
La voix de Lelfe brisait la glace ! Les armes de métal enfoncées dans son corps vibraient comme des diapasons, en résonance avec la harpe du Barde.
Groumpf et Derym, toujours oreilles bouchées, foncèrent sur le colosse de cristal qui se fracturait. Ils s'écrasèrent contre lui violemment. L'élémental vola en éclats dans un cri de rage, ensevelissant les assaillants sous un nuage de givre et de morceaux de glace coupants.
Thiki et Lelfe se précipitèrent pour les dégager et les soigner.
"Géant ! Je savais pas que tu pouvais faire ça !" s'écria Thiki.
"J'ai été aidé : si l'élémental n'avais pas été aussi blessé, je n'aurais rien pu faire."
"Dommage que j'ai raté ça." commenta Ysandre à présent sortis de son coma glacial. "Quoique j'ai l'impression de l'avoir entendu même en étant évanouie !"
"Possible." ricana Lelfe. "Mon instructrice était elle une vraie soprano. Elle pulvérisait le verre par sa voix ! Elle n'aurait fait qu'une bouchée de cet élémental."
"En tout cas on a triomphé." déclara Derym. "Non, sans mal...Allons donc voir ce qui ce cache derrière cette porte si bien gardée. Je vous rappelle que le temps court toujours..."
"Et en plus le récital de Lelfe nous a coupé toute retraite..." fit remarquer Thiki.
En effet, la caverne de glace qu'ils avaient franchie en arrivant s'était à moitié effondrée... Cela devenait risqué de passer par là au retour !
"Alors, en avant vers la Salle de l'Eau." déclara Derym, le regard déterminé.
(à suivre...)
Vous remarquerez que nos chers aventuriers ont une façon assez Nalheubeukienne d'explorer les donjons...J'ai pas pu résister....Dîtes moi ce que vous en pensez !
Note du correcteur : Mettre une phrase du nain de Naheulbeuk dans la bouche de Lelfe, tu n'as pas l'impression d'abuser? ;)
Note de l'auteur : Rooo !!! Si on peut plus déconner...Tu crois qu'il faut que je paye des drois d'auteur ? Ou ça passe dans parodie de parodie ?
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Dernière mise à jour par : MageGaHell le 25/01/03 23:20
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...Et en plus il écrit et il blog...
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 13/01/03 19:02
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(suite et fin chapitre 12)
Ils pénétrèrent religieusement dans une salle immense.
Les parois étaient de pierre bleutée couleur de mer. Un pinceau de lumière solaire issus d'une cheminée verticale creusé à travers la glace éclairait la salle.
Le sol était de métal argent et parcouru par des veines d'or et illuminé par des glyphes pulsant de magie bleuâtre. Trois autels disposés en un triangle parfait encadraient un cercle magique formé de glace la plus pure avec au centre un autel de glace finement sculpté et curieusement luminescent.
Mais le plus curieux était qu'au-dessus de ce dernier autel flottait une sphère parfaite d'eau liquide. Elle brillait doucement, ses flots éclairés de l'intérieur par une étrange lumière faisant alterner du vert, du blanc et du bleu.
Le groupe resta silencieux un moment devant le spectacle et l'impression de pureté sacrée de l'endroit.
Derym s'avança lentement, un rien effrayé par la majesté du lieu : il était dans l'un des saints des saints de son culte !
Conformément aux instructions de la Haute Druidesse, il sortit de sa poche le saphir sacré qu'il avait lui-même apporté au Temple dans le cylindre-messager de son Maître.
D'après les instructions il devait le placer sur l'autel central. Il s'avança donc, fier de sa mission. Et s'écrasa contre un champ de force !
Jaillissant dans un éclat magique aveuglant, trois élémentaux surgirent des autels périphériques pour barrer le passage à Derym.
"Salutation, courageux disciple. Nous sommes les derniers Gardiens..." commença l'élémental de Terre d'une voix grondante.
"Pour poursuivre ta quête plus avant, à nos énigmes tu dois répondre..." poursuivit l'élémental en sifflant.
"Ou par la force en nous affrontant tu poursuivras ton chemin ?" gronda l'élémental de Feu dans un flamboiement menaçant.
"Choisis ta voie mais fais vite car le temps imparti est presque écoulé." termina l'élémental de Terre.
Derym, toujours estomaqué se tourna vers ses amis éclopés par le dernier combat.
"Comme tu veux, mais..." dit Lelfe d'un air las.
"SANS MOI !" cria Thiki "On n'a pas été brillant en énigme mais on va sûrement se rattraper."
"Groumpf taper ?" demanda le géant insouciant du danger.
"Je ne suis pas au mieux de ma forme et je trouve plus juste d'éviter le combat, mais je ne reculerai pas devant la difficulté..." déclara Ysandre en se redressant vaillamment.
La décision semblait évidente pour l'apprenti-Druide mais ça lui réchauffa le coeur de savoir ses amis derrière lui.
"Va pour les énigmes, Nobles Seigneurs Elémentaux. Mais puis-je consulter mes amis ?"
Le trio d'êtres magiques se consulta en silence un instant.
"C'est acceptable ! Voici maintenant nos énigmes ! Choisissez par qui vous voulez commencer!" s'écrièrent les élémentaux.
Chacun des êtres se plaça derrière un des autels disposés en triangle.
Derym s'avança d'instinct vers l'évanescent élémental d'Air.
"Tu m'as choisi, maintenant écoute mon défi : Fille des larmes des Dieux du Grand Nord et du Souffle de Notre Mère, Je relie l'Air et l'Eau. On admire ma délicatesse et ma symétrique beauté. Pourtant tant de merveilles cachent une froide mort et d'un linceul ouaté je peux couvrir toute vie. Qui suis-je ?"
Les héros se consultèrent un instant. Lelfe et Thiki semblaient avoir la réponse. Leurs explications convainquirent Derym.
"Je pense que c'est la neige, puissant Seigneur. Elle est faîte d'Eau et d'Air, ses flocons sont délicats et d'une belle symétrie, pourtant la chute de ce blanc manteau en hiver peut entraîner la mort de maintes créatures ou de la végétation..."
"Bien raisonné, jeune homme...A présent je me retire et lève le premier sceau." dit l'élémental en devenant de plus en plus transparent jusqu'à disparaître.
Derym se tourna alors vers l'élémental de Terre qui l'attendait patiemment, impressionnant de grandeur et de puissance brute.
"Tu viens vers moi à présent. Voici donc mon énigme : Je peux couler autant qu'être modeler, à la limite du solide, à la limite du liquide, je relie L'Eau et la Terre. Déchaîné part les éléments, je peux ralentir, engloutir, détruire voire tuer. Mais maîtrisé par les Hommes je peux les préserver. Qui suis-je ?"
Cette fois Derym trouva tout seul : il avait compris la logique des questions. Prudent il demanda leurs avis à ses compagnons et tous (à part Groumpf qui n'avait même pas compris la question) se rangèrent derrière le Druide.
"Je suppose qu'il s'agit de la boue, noble Seigneur de la Terre. C'est une substance composée d'eau et de terre qui coule ou colle. Elle peut former des torrents impétueux dévastant tout sur son passage. Mais les Hommes peuvent la modeler pour s'en servir pour construire..."
"Bien répondu, mon ami. Je me retire donc et brise le second sceau."
Sur ces paroles, l'élémental se fracassa et disparut dans un tourbillon de poussières.
A présent, Derym se tourna vers le flamboyant et dernier Gardien : l'élémental de Feu.
"Tu arrive enfin à moi, je suis le dernier ! Pourras-tu répondre à ma question ? Là voici donc : Je suis le sang de la terre et ruisselle des plaies à vif de notre Mère. Je relie le Feu et L'Eau. Nul ne peut s'abreuver à mes rivières, mais dans l'eau la plus froide je suis créatrice avec panache ! Qui suis-je ?"
Là Derym séchait, il se tourna donc vers ses amis aventuriers. Thiki haussa les épaules : elle était à court d'inspiration.
Ysandre réfléchit un moment, mais comme le Druide, elle avait l'impression d'avoir la réponse sur le bout de la langue sans pouvoir la donner. Lelfe réfléchissait, yeux mi-clos sans prêtait attention à l'élémental qui commençait à s'impatienter. Quant à Groumpf, il caressait déjà sa hache à deux mains montrant une autre manière d'en finir.
Derym se creusa un peu plus les méninges, sans résultat. Soudain, Lelfe sortis de ses rêveries.
"Je l'ai !" s'écria t'il avant de chuchoter une réponse à Derym.
"Alors ça vient ? votre temps précieux est bientôt écoulé et cette pièce va disparaître sous les flots !" menaça l'élémental.
Derym consulta les autres et tous approuvèrent la réponse de Lelfe.
"Pardon, puissant Seigneur des Flammes. Il s'agit de la lave n'est-ce pas ? Elle s'échappe de la terre et de ses volcans et crevasses, formant des ruisseaux embrasés. Et en plongeant dans l'océan elle forme de nouvelle terre dans de grand souffle de vapeur..."
"Tu t'es montré malin et courageux, jeune Druide ! Je pars donc en brisant le dernier sceau. Hâte-toi à présent !" cria l'élémental avant s'évanouir dans une explosion de cendres rougeoyantes et de fumée.
Après la disparition du dernier Gardien, saluée par moultes cris de joie et par des gestes victorieux de l'équipe, Derym s'avança à nouveau vers l'autel central. Cette fois, nul champ de force ne l'arrêta.
Déchiffrant avec peine (et avec l'aide de Lelfe) les inscriptions sur l'autel, il obéit aux instructions et plongea son saphir sacré au coeur de la sphère d'eau en lévitation. Le contact était chaud et rassurant. Une puissante lumière bleue envahit la pièce, masquant même le rai solaire qui filtrait par le toit du Temple.
Puis, sans avertissement, la sphère se dilata, s'étira en une colonne rugissante de flots déchaînés ! Le jeune apprenti Druide se fit emporter au coeur du maelström tournoyant.
Lelfe plongea, cherchant à saisir Derym. Trop tard : il se fit repousser et éjecter par la trombe d'eau emplissant le centre de la pièce.
Groumpf, malgré sa masse musculaire impressionnante, ne put franchir le rideau liquide.
A travers l'eau déchaînée par la magie, Lelfe pouvait apercevoir la chaleur lointaine du corps de Derym par son Infravision. Curieusement, alors que l'eau tumultueuse était glacée, elle ne diminuait pas. Pas plus que le Druide semblait se débattre...
Il paraissait lointain, à la limite des perceptions pourtant aiguës du Barde. Il en fit la remarque à voix haute et quand il vit les autres acquiescer en silence, il se rendit compte qu'il voyait eux aussi Derym !
Repassant en vision normale, il contempla un étrange spectacle : perdu au loin dans la tornade liquide, la silhouette floue de Derym brillait d'une étrange pâleur verdâtre.
"Et ça empire !" s'écria Thiki d'un ton consterné.
Détachant leurs regards ahuris de leur ami prisonnier des flots, ils se tournèrent vers la direction indiquée par la jeune fille.
Un lourd grondement montait des cavernes qu'ils avaient précédemment franchies...En tendant l'oreille ils entendirent des milliards de tonnes d'eau glaciale se ruant vers eux...
"On fait quoi ! Par où on sort !?!" s'affola Thiki.
"Aucune idée ! Fait comme moi : cherche des couloirs secrets !"
"Trop tard. Confions notre âme à Dieu et prions pour le salut..." murmura Ysandre.
"Trop défaitiste pour moi !" répondit Lelfe en sondant frénétiquement les murs.
Ils ne trouvèrent rien. Et l'inondation se rapprochait dans une vague immense noyant les souterrains.
"Venez." dit une voix étrangement déformée mais familière.
A cet instant le rideau d'eau les séparant de Derym s'abattit, laissant le jeune Druide indemne et souriant.
Il leurs fit signe de le rejoindre au plus vite prés de l'autel. Ils coururent vers lui, obéissant avec joie et sautant au coup de leur ami. Avant qu'il ne pose des questions, Derym donna ses ordres.
"Accrochez-vous à moi et tenez-vous bien ! ça va secouer très fort durant la remontée !"
"La remontée ? Mais par où ? Comment ?" s'exclama Ysandre alors que tous obéissaient.
"Par là." dit Derym en lavant les yeux vers le conduit illuminé de lumière solaire. "Ô Seigneur de l'Onde, entendaient ma requête. Je me suis lié à vous par l'âme, le corps et la Foi. Dressez-vous au son de ma voix et fulgurez dans les cieux par une tempête déchaînée. Protégez votre serviteur et conduisez le vers la gloire en haut des cieux."
L'autel s'illumina brièvement en réponse à la prière de Derym. L'eau répandue par la libération de Derym se recondensa autour d'eux, les isolant dans une coquille de glace transparente à l'aspect fragile.
A cet instant les flots déchaînés de l'inondation annoncée du Temple envahirent avec fracas la pièce, la remplissant à un instant. Les aventuriers crièrent mais la bulle de givre magique ne céda pas.
Mieux encore elle flottait ! La pièce fut remplie quasi-instantanément et l'eau commença à envahir la longue cheminée traversant le plafond. Sous la pression des flots hurlant, la fragile coquille protégeant les héros s'y engouffra à une allure vertigineuse. Ils furent catapultés dans ce long tunnel où se déversait la lumière dorée du soleil.
L'accélération les écrasa contre les parois minces mais solides de la bulle. Heureusement, personne ne se lâcha, conformément aux instructions du Druide.
Lui et Lelfe étaient souriant, ravis de l'aventure. Le reste du groupe semblait plutôt malade et hurlait de terreur.
Brutalement, la cheminée s'acheva. Ils furent catapultés en l'air par la force des flots, jaillissant dans un immense geyser au pied du Temple de l'eau.
L'ascension fut longue et permit aux courageux qui n'avait pas fermé les yeux de jouir du spectacle du Temple de l'Eau et de son lac embrumé vu du haut des cieux.
Après la monté vint la chute, encore plus terrifiante. Ils s'abattirent en hurlant dans le lac sacré du Temple. Quelques secondes avant l'impact, la bulle protectrice éclata, absorbant magiquement la vitesse de chute des aventuriers qui s'écrasèrent presque en douceur dans les flots.
Une main translucide gigantesque remonta les héros durement secoués et quasi en état de choc. Répondant à l'appel, un titanesque Elémental d'Eau déposa le groupe trempé devant la Haute-Druidesse qui souriait doucement.
"Alors vous avez réussi...Mes félicitations disciple de Kel'Dias. Tu es maintenant lié à l'essence même de l'Eau. Puisses tu apprendre à la servir avec sagesse et à utiliser ses services avec discernement..."
"M-merci, noble Gardienne..." répondit Derym avec une révérence maladroite.
"Euh...Excusez-moi, mais qu'entendez-vous par lié à l'essence même de l'Eau ? Moi-même disciple druidique, je n'ai jamais entendu rien de tel..." demanda Lelfe.
Souriante, la Haute Druidesse fit un geste et une lame de glace jaillit de son poignet, déchirant la tunique humide de Derym. Le groupe poussa un cri de surprise devant l'attaque soudaine. Puis un deuxième.
Derym contempla ébahis comme les autres son poitrail : le saphir qu'il avait apporté dans le cylindre-messager était à présent fiché dans sa chair prêt de son épaule droite !
"Cette pierre magique et sanctifiée par ta quête est désormais un lien entre toi et le Plan Elémentaire de l'Eau. Avec du temps, de la Foi, de la sagesse et des efforts tu pourras accomplir des miracles en contrôlant directement l'élément liquide. Eau, Glace, Vapeur seront à tes ordres. Pas pour l'instant car tu es jeune et faible. Mais si tu survis et acquiers rigueur et sagesse, tu deviendras un des Saints de notre Ordre Elémentaliste !"
"C'est...C'est trop d'honneur ! Je ne suis pas prêt !"
"En effet ! Tu dois longuement méditer et prier notre Mère pour bénéficier de ces pouvoirs. Mais même si le chemin de la connaissance est rude, rappelle-toi qui tu es et sache que ton Maître avait grande confiance en toi pour t'autoriser à relever ce défi !" ajouta l'elfe d'un ton un rien méprisant.
"Je vous remercie, votre Grâce..."
"A présent, restaurez-vous si vous le souhaitez. Mon apprentie se chargera de vous. Reprenez vite la route et quittez ce Temple au plus tôt : votre route est encore longue...Je me retire à présent et nul ne doit me déranger dans mes méditations..."
La Haute-Druidesse se retira, digne et impériale mais froide comme les glaces entourant le Temple.
"Brreuu...Pas sympa la vieille !" déclara Thiki "Mais c'est cool, Derym ! T'as des nouveaux pouvoirs ?"
"Je ne sais pas...En tout cas je ne sens rien de changé..." murmura le Druide en caressant le pierre incrusté dans sa chair et curieusement chaude.
"Bah, on verra bien !" dit Lelfe, apparemment ravi "Je me demande ce que nous réserve la suite..."
"Bon, ne traînons pas, alors ! Rassemblons des vivres et partons ! Halonn doit nous attendre...Et...Derym, tu peux te rhabiller, s'il te plait ?" déclara Ysandre en rougissant.
"T'aime pas son torse viril, la Paladine ? Et puis les joyaux c'est à la mode ! Parait que ça augmente le plaisir sexu..." commença Thiki, hilare.
"THIKI ! Surveille tes paroles, jeune fille ! Ce n'est point digne d'une Dame !" s'écria la Paladine, encore plus rouge.
Le groupe se remit alors en route en riant.
"J'ai un peu honte..." commença le puissant élémental de Terre.
"Pff ! C'est bien vrai ! J'ai presque honte d'avoir été invoqué pour pareil simulacre !" renchérit l'élémental de Feu; bouillonnant de colère.
"Il est vrai que l'Épreuve était bien facile et les énigmes enfantines...Mais je suppose que la Maîtresse sait ce qu'elle fait..." ajouta l'élémental d'Air.
"Moi au moins, ils ont battu mon sbire à la loyale ! Ils ne sont pas si incompétents ! Même s'ils s'y sont mis à plusieurs..." déclara l'élémental d'Eau.
"En effet ! Et ceci ne vous regarde point !" s'écria la Haute-Prêtresse en rentrant dans la Chambre d'Invocation. "Maintenant allez monter la garde dans la Salle de l'Eau et ne soufflez mot de ceci à personne !"
Trois d'entre eux disparurent sur le champ. L'élémental d'Eau resta seul, vaguement gêné.
"Oui...Que veux-tu, serviteur ?" questionna froidement la Haute Druidesse.
"Ma Dame... Je crains d'avoir trop parlé...J'ai rapporté mes impressions à votre apprentie...Elle est curieuse et je ne pensais pas qu..."
"SILENCE ! Tu as désobéis ! " fulmina l'elfe. "Bah, ce n'est pas si grave...Mais tu resteras à garder la Salle en silence pendant quelques années en punition !"
"Bien, Maîtresse..."
L'élémental disparut enfin. La Haute Druidesse était pensive. Il fallait maintenant qu'elle tue sa propre apprentie. Et les jeunes désireux de se consacrer au Druidisme étaient de plus en plus rare de nos jours...
Tant pis. La mission de Derym était plus importante que tout le reste...
(fin du chapitre 12...)
Ouf, fini pour le premier Temple ! Plus que cinq !
Malheureusement, la suite n'arrivera pas aussi rapidement que les chapitres précédents pour cause de boulot et de la préparation du Dernier Exam Ecrit De Ma Vie (Prions Mes Frères !)...J'espère que le Bib' ne va pas s'ennuyer !
Sinon, je pense avoir le temps de caser quelques petite chose, genre background, fiches de personnages ou autres détails à votre demande...
Donc laisser des commentaires pour me demander ce que vous voulez !
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 11/02/03 12:00
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 15/01/03 12:06
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Eh oui ! Contrairement à ce que j'ai dit, j'ai eu un peu de temps...Donc :
-Chapitre 13 : L'Espadon, au-delà des limites...
C'est dans une ambiance joyeuse que le bateau de Derym franchit à nouveau le tunnel traversant l'iceberg qui abritait le Temple de l'Eau.
La réussite de la première partie de la mission du Druide réjouissait tout le groupe (même si Halonn semblait déçu de ne pas avoir participé, il avait aussi engueulé les aventuriers pour avoir pris tant de risques).
Lelfe tentait de mettre leur aventure en chanson sous les rires amusés de Thiki. Ysandre préparait calmement le dîner en contemplant le soleil couchant sur la mer de glace.
Tout le groupe se rassembla alors pour manger et discourir, échangeant forces anecdotes pour Halonn (qui faisait le service, toujours soucieux de se faire bien voir du groupe).
"Bon. J'crois qu'il est temps de décider de là où l'on va maintenant !" déclara Lelfe en fin de repas.
Le Barde sortit la carte de Derym de ses affaires, sous le regard un rien furibond d'Ysandre.
Derym examina longuement la carte, puis ferma les yeux un instant et désigna un symbole elfique.
"Celui-ci. Le Temple du Vent."
"Pourquoi pas ? Y'a une raison particulière ?" demanda la Paladine.
"Non, juste l'instinct..." répondit le jeune homme en souriant.
"Et jusqu'à maintenant, l'postier s'est jamais planté, non ?" ajouta Thiki d'un air taquin.
"Alors, va pour le Temple du Vent..." déclara Ysandre. "Et c'est où exactement ?"
Lelfe se pencha pour examiner la carte. Il soupira.
"Quelque part dans une chaîne de montagne de l'Empire du Hira Ku..."
"Hira Ku ? C'est quoi ? demandèrent simultanément Thiki et Derym.
"Un empire gigantesque, loin à l'Ouest. Très structuré, avec des Lois et des règles strictes. Isolationniste. Fier de sa culture. Indépendant. Voire même assez hostile envers les étrangers...C'est un endroit peu connu où seuls quelques marchands et diplomates sont déjà allés..."
"Oh que ça à l'air chouette..." grommela Thiki.
"C'est pas le pire endroit d'Aërth, mais c'est un endroit très à cheval sur les coutumes et les rituels. Personnellement j'aime pas trop ça..." continua Lelfe. "Ah oui ! C'est essentiellement de là que proviennent les katanas, de merveilleuses lames. C'est un peuple à la fois sage et guerrier..."
"J'ai hâte d'y être !" s'écria Ysandre.
"Tu en sais des choses..." s'étonna Halonn.
"Pas tant que ça : vous avez épuisez mes connaissances sur cette terre et ce peuple ! En tout cas le voyage promet d'être très long..."
Le soleil s'abîma enfin dans les flots glacés et Halonn pu enfin sortir au grand air.
"Je prends la garde de nuit. Je maintiendrais le cap et si Derym n'est pas trop fatigué, il pourra m'aider à détecter les icebergs...Ainsi on pourra naviguer à pleine vitesse de jour et de nuit."
"Pas de problèmes pour moi, j'aurais juste besoin d'un somme rapide après qu'on soit sortit de la zone la plus dangereuse....Et j'aurais besoin de toi pour un service : tu es un grand guerrier et j'aimerais apprendre à mieux me battre..." répondit le Druide.
"Voilà de quoi m'occuper dans cette froide nuit ! J'accepte avec plaisir !"
Thiki les interrompit soudain.
"C'est quoi, ça là bas ? On dirait du feu !" s'écria-t-elle en pointant un doigt vers une lueur dans la nuit.
Tout le groupe scruta la direction indiquée : en effet on voyait des flammes et de la fumée dans le lointain. En tentant l'oreille, les héros entendirent des cris et des chocs issus probablement d'une bataille.
"Deux navires pirates. Des barbares sans doute vu les bateaux...Ils attaquent un grand navire...Enfin, je crois." déclara Lelfe après un passage en infravision.
"Qu'est-ce qu'on fait ?" demanda Derym "On y va ?"
"Ceci ne nous regarde point." répondit Halonn. "Inutile de courir des risques : notre bateau n'est pas taillé pour la guerre."
"Mais on ne peut pas laisser ces gens à la merci de pirates sanguinaires ! Allons-y ! " s'exclama Ysandre en prenant Derym à témoin.
"Je suis assez d'accord...Bon, on y va au plus vite !"
Excités (à part Halonn), ils se mirent au plus vite en action en lancèrent le navire à pleine vitesse vers les lieux de l'affrontement.
Sur les suggestions d'Halonn, ils avançaient sans lumière, guidé par la vision de Lelfe et l'instinct de Derym.
Ces précautions devinrent vite superflues : un bâtiment barbare s'abîmait déjà, en proie aux flammes qui illuminaient la nuit noire.
A la lueur de l'incendie, ils purent contempler le bâtiment qui était la cible de l'attaque des pirates nordiques. Ils restèrent un instant bouche bée.
"On dirait un...Poisson..." murmura Ysandre.
"Enorme et à moitié en métal..." poursuivit Derym ébahit.
"Wahaha ! Trop ridicule comme cargo !" s'esclaffa Thiki.
"Eh ! Moi j'aime ce design ! C'est...intéressant..." coupa Lelfe.
Après s'être arracha à la contemplation fascinée de l'étrange embarcation, ils posèrent leurs regards sur le combat lui-même.
De puissants barbares humains, avides de sang et ivres de rage, assaillaient un équipage de robustes Nains qui défendaient vaillamment l'étrange navire.
Les Nains étaient de farouches combattants et ils étaient mieux armés et mieux placés que les barbares hurlants. Pourtant les humains chargeaient haineusement, malgré les corps jonchant le pont du navire.
L'équipage du "poisson" était de plus en plus en difficulté. Leur résistance héroïque était déjà dépassée par le nombre des assaillants. Sans un puissant coup de main, ils étaient perdus.
Lelfe fit se placer leur embarcation au plus prés du gigantesque navire des Nains et lança une corde pour rejoindre le pont principal, siège de la bataille.
Instinctivement, le groupe d'aventurier avait choisit de prendre la défense des moins nombreux.
Derym escalada sans mal les flancs du navire, suivi par Ysandre, déjà harnachée pour la guerre.
Thiki choisit de rester un moment sur leur bateau, arbalète prête et attentive à la moindre occasion.
Groumpf monta sans mal à la corde, à la force des bras, suivit par Halonn, tout en souplesse.
Les aventuriers furent immédiatement accueillis par une barrière de haches et de boucliers, dressées par des Nains en armures complètes à l'air peu commode.
"On vient vous aider !" cria Lelfe en lançant une dague vers un barbare trop aventureux.
"Merci étranger ! J'sais pas d'où vous sortez, mais un coup de main est le bienvenue !" hurla un Nain à la barde poivre et sel, visiblement le capitaine.
Le groupe attaqua, sous les vivats des Nains qui reprenaient espoir.
Les assaillants ralentirent soudain en voyant Groumpf charger, une hache à deux mains tournoyant d'une façon fort menaçante. Halonn tira parti de cet instant de flottement et jaillit des ombres, tranchant la gorge de deux combattants. Il sentait l'odeur du sang qui l'excitait. Il espéra qu'au plus fort de la bataille il pourrait se désaltérer à la source...
Lelfe lança un sortilège qui fit s'affaler les premiers barbares qui chargeaient. Les Nains, bien plus stables, les achevèrent immédiatement.
Du bas du bateau, Thiki tirait ses carreaux asphyxiants, freinant l'arrivée des renforts pirates.
Derym enchevêtra par une prière, un groupe de combattant qui contournait Groumpf. Halonn lança immédiatement quelques dagues empoisonnées sur les combattants qui bataillaient des les lianes magiques. Trois morts supplémentaires.
Ysandre et Groumpf, dos à dos, étaient à l'avant garde et luttaient contre une demi-douzaine de pirates. De son bouclier, la Paladine protégeait Groumpf des attaques les plus meurtrières, lui laissant l'attaque, domaine où le géant excellait.
La bataille semblait avoir basculé avec l'arrivée impromptue des aventuriers, redonnant du coeur à l'ouvrage aux Nains.
Soudain, un gigantesque chef barbare se laissa tomber sur le pont, un large harpon à la main.
D'un geste fluide et d'une force colossale, il empala un Nain et le lança à la mer avant d'embrocher un autre membre d'équipage.
Lelfe dégaina sa lame enchantée et franchit en un instant la distance le séparant du géant ennemi. Il espérait porter un coup rapide et définitif.
Malheureusement, le chef barbare était un habile combattant. D'instinct, il plongea, évitant la lame rendue floue par la vitesse du Barde.
Avec la hampe du harpon, il fit un mouvement tournant qui faucha Lelfe et l'envoya s'écraser contre un mât.
A moitié assommé, le Barde n'eut pas le temps de se remettre en garde. Le chef barbare lui plongea son harpon en os dans le torse. Il y eut un craquement hideux quand la pointe traversa les os et les entrailles de Lelfe, le clouant proprement au mât.
"Merd..." gémit le Barde en vomissant du sang. Déjà le noir et le froid l'envahissaient.
Ysandre et Derym hurlèrent en voyant leur ami ainsi empalé. Ils se précipitèrent en commençant à incanter leurs sorts de Soins.
Du coin de l'oeil le barbare les vit se précipiter. Il sourit : deux proies faciles qui venaient secourir leur ami déjà mort ! Les faibles...
D'un geste puissant il arracha Lelfe au mât et pointa en l'air son harpon avec son sinistre trophée. Il le fit tournoyer un instant avant de lancer le corps de Lelfe à la mer sous le regard horrifié de ses amis.
Derym esquiva avec brio l'attaque quasi-immédiate du pirate et plongea sans réfléchir dans les flots.
Ysandre, ivre de colère, attaqua après avoir ramassé la lame magique du Barde. Elle devait le tuer avec pour son ami !
"******** ! Derym ! L'imbécile !" s'écria Halonn et plongeant lui aussi à la suite du Druide dans les flots noirs et glacés.
(à suivre...)
-Note : L'Empire du Hira Ku est mon quasi-équivalent du Kara Tur dans les Royaumes Oublié...Un gigantesque empire japonais. Plus de détails bientôt, si y'a des survivants qui y arrivent...
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 11/02/03 12:34
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 21/01/03 18:24
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(suite chapitre 13)
Ysandre parait au mieux les coups du gigantesque chef barbare, qui la dépassait malheureusement dans les arts de la guerre. Seule la vitesse offerte par l'épée ensorcelée et la rage lui permettait de contenir les assauts furieux du guerrier sauvage.
Elle n'allait pas tenir longtemps à ce rythme, sans compter que son sort de Hâte arriver à expiration, et hésitait à se jeter elle aussi à la mer à la suite de Derym et d'Halonn. Mais la raison l'emporta : elle ne survivrait pas à un plongeon dans cette mer glaciale et surtout pas en armure !
Soudain, une vague de chaleur frappa la Paladine et un puissant cri déchirant paralysa tous les combattants. Groumpf venait de se rendre compte de la disparition sanglante de Lelfe. Le géant parut grandir encore, les muscle brûlants, tendus comme des câbles d'acier.
D'un souffle négligeant, il balaya ses adversaires, les transformant en une immonde pluie de sang et d'os broyé.
Toujours hurlant, l'écume aux lèvres, le titan furieux se précipita vers le chef barbare abasourdi.
Courageusement (témérairement, même), certains pirates s'interposèrent entre leur chef et le fou furieux. Dans un mouvement fluide et d'une rapidité surprenante pour un être de cette taille, Groumpf les transforma illico en lambeaux, décapitant, lacérant et broyant les corps avec une force inouïe. Il ne dévia même pas de son cap, massacrant les opposant et les obstacles d'une façon horrible mais indifférente : il n'avait qu'un but, le chef pirate.
Il se produisit un flottement devant cette charge de puissance et de férocité brute. Quelques pirates barbares murmurèrent avec crainte le nom de Tempus, le Dieu de la Guerre. On aurait dit qu'un de ses plus terrifiants Avatars fonçait sur eux.
Le chef barbare eut un frisson de crainte et d'excitation mêlée. Enfin venait un adversaire à sa taille ! Mais c'était peut être aussi la punition divine pour lui, qui avait abandonné l'honneur de son clan si fier au profit de la basse piraterie. Il lança son harpon en plein sur le géant. Groumpf n'évita même pas cette arme de lâche qui se ficha à peine dans l'une de ses épaules aux muscles tendus. Cela ne le ralentit même pas.
Le puissant pirate sourit : ce serait un corps à corps viril, le plus honorable des combats. Il dégaina promptement une lourde épée large qu'il portait sur son dos.
Ysandre n'eut que le temps de se mettre maladroitement à l'abri avant que Groumpf ne balance sa lourde hache sur le chef barbare. Tous désormais regardaient le duel. Il n'eut pas lieu.
Le chef pirate para le premier coup de son épée, mais recula sous la violence terrible du choc. Il se remit en garde quasi-instantanément. Quasi. La hache monumentale de Groumpf vola durant ce minuscule intervalle. Le guerrier barbare contempla un instant ses bras, désormais réduit à deux moignons sanglants. Son épée et ses mains s'écrasèrent au sol dans un bruit écoeurant. Il plongea un regard terrorisé dans les yeux fou de Groumpf. Le titan berserk eut un sourire mauvais.
Groumpf posa sa hache dans un sourire terrifiant de cannibale. Il attrapa et souleva au-dessus le chef barbare, pourtant lourdement musclé. Le chef hurlait de peur, exhortait en pleurant ses fidèles tétanisés à l'aider, sans résultat. Tout le monde contemplait Groumpf qui le levait en l'air dans ses bras puissants.
Un craquement sinistre se fit entendre en écho aux hurlements du pirate : Groumpf le tordait littéralement dans les airs. On entendait les os se briser, se tordre et les organes se plier et se rompre sous la puissance du colosse.
Dans un ultime effort Groumpf broya sans complexe le pirate, répandant sur lui et sur le pont une avalanche de sang et de tripes immondes dans un cri de rage libératrice.
Toujours brûlant de colère, le colosse se tourna vers les pirates restants qui s'agenouillèrent en murmurant des prières à Tempus. Quelques courageux inconscients se mirent timidement en garde, le regard exorbité par l'approche du géant sanglant.
Ce fut un massacre sans nom. Sans se soucier des blessures ou des supplications désespérées des assaillants, Groumpf fondit sur eux comme un fléau divin, dépeçant, décapitant, tranchant les corps comme des fétus de pailles.
En quelques instants les assaillants furent balayés sous le regard médusé d'Ysandre et des Nains. Ils tentèrent de se replier vers leur bateau, coupant les grappins et renversant les passerelles d'abordage pour ralentir le géant berserker. Cela ne suffit pas à les sauver.
D'un bond prodigieux, Groumpf s'abattit dans l'embarcation en fauchant les corps des fuyards au passage. Il massacra sans complexe les pirates barbares qui tentèrent une inutile et désespérée résistance. Ysandre se retourna et vomi devant le spectacle de ce répugnant charnier. Les Nains étaient moins tendres que la jeune fille : ils applaudissaient à tout rompre l'exploit du guerrier géant. Seul leur chef paraissait vaguement inquiet devant l'étalage de brutalité du colosse.
D'un autre saut d'une souplesse surprenante, le surpuissant berserker regagna le pont de l'étrange navire Nain. Dans son regard rouge on lisait encore l'envie de sang et de meurtre...Et l'équipage inconscient s'avançait pour féliciter le titan enragé !
"Vite ! Lâchez tous vos armes !" hurla Ysandre en comprenant le danger.
"Faites c'que dit le gamine ! C'est un berserker fou furieux !" renchérit immédiatement le capitaine.
Affolé, les Nains jetèrent au plus vite leurs armes devant le géant au sourire mauvais qui s'avançait. Cela allait-il suffire à calmer Groumpf ? Ysandre en doutait, vu comment il avait massacré des pirates qui s'étaient déjà rendus...
La Paladine s'avança, puisant du courage dans sa Foi et dans l'amitié qu'elle avait développée avec le combattant. Elle s'interposa entre Groumpf et l'équipage terrifié. Par des paroles apaisantes et des ordres insistants.
Le géant fini par lâcher son arme sanglante et s'abattre en larmes à genoux devant la Paladine. Frappant du poing le pont, un seul son échappait à ses sanglots désespérés : le nom de Lelfe.
"EH ! Quand vous aurez fini, vous pourriez venir nous aider !" hurla soudain une voix.
Tous se précipitèrent à l'appel d'Halonn. Le vampire avait fiché un cimeterre dans la coque du navire et tentait maladroitement (et sans grand succès) de maintenir les corps de Lelfe et de Derym hors de l'eau glaciale. Il était visiblement à bout de force.
Tout l'équipage s'y mis et remonta les corps transis de froid des héros.
"Par Tür ! Ils sont vivants !" s'écria Ysandre en voyant se soulever doucement la poitrine du Druide et du Barde.
Immédiatement, elle alla dispenser les premiers soins à Lelfe, sûrement le plus blessé.
A sa grande surprise, celui-ci ouvrit péniblement les yeux et désigna Derym en marmonnant de s'occuper du jeune homme au plus vite.
"Que s'est-il passé ?" demanda la Paladine à Halonn qu'on venait de hisser péniblement à bord.
"Je...Sais pas trop..." commença le vampire. "Je le pensais bien plus blessé que ça...Voire mort...A moins que Derym..."
"Raconte en détail !" somma la Paladine.
"J'ai vu Derym plonger. Ma mission divine impliquait qu'il ne devait rien lui arriver de mal et cet idiot inconscient s'est jeté dans une mer glacée ! Je sais que c'est un Druide mais je craignais que ses talents ne suffisent pas ! J'ai donc plongé moi aussi par réflexe...
C'est en heurtant l'eau que j'ai réalisé mon erreur : j'étais encore en armes et en armure. J'ai aussitôt planté mes cimeterres dans la coque, espérant m'en servir comme point d'appui pour remonter. Je coulais comme une pierre avec le poids de mon armure, à la poursuite de Derym et de Lelfe. Je m'en débarrassais au plus vite en coupant les sangles avec une dague et je pus enfin contrôler ma nage.
Je ne les voyais pas : l'eau était noire et glacée. Je priais donc mon Dieu et lançais un sort de Détection de la vie. Une lueur faiblissante m'indiqua plus bas la position de Derym. Je n'eus alors plus d'espoir pour Lelfe et je nageais comme un fou vers le Druide. Une lueur magique m'apprit qu'il prodiguait quand même des soins druidiques à son ami défunt...Sans se soucier de sa propre sécurité : le froid allait passer outre ses protections et il n'allait pas tarder à se noyer.
Je nageais plus vite. Je tendis la main vers Derym, déjà au bord de l'évanouissement. Je voyais sa flamme de vie s'éteindre peu à peu.
Soudain, il y eut une explosion de lumière incompréhensible ! Elle me brûla les yeux et me fit lâcher Derym. Puis elle reflua, me laissant aveugle pour quelques instants. Et la main de Lelfe s'agrippa à moi, quasi sans force.
Je les ai remontés en puisant dans mes dernières ressources, au plus vite car c'était maintenant Derym qui était en danger mortel d'hypothermie. Lelfe ne valait guère mieux. Une chance que moi que je ne sois pas sensible au froid...Une chance aussi que ma nature m'ait permis de retrouver les vaisseaux en suivant le goût du sang qui s'écoulait dans la mer..."
Ysandre resta un moment silencieuse devant cette incroyable histoire. Le vampire fit appel à ses sortilèges divins pour remettre en état Derym qui hoqueta et cracha un peu d'eau avant de se redresser. Lelfe se releva aussi, contemplant d'un air effaré la terrible blessure sur sa poitrine.
Terrible. Pas tant que ça en fait. C'était certes une sale plaie, mais rien de comparable à l'empalement dont avait été témoin Ysandre.
"J'aurais dû mourir..." murmura Lelfe stupéfait.
"Je pensais que tu l'étais...J'ai utilisé tous mes sorts de guérison, peut-être ça à suffit ?" déclara le jeune Druide.
Ysandre en doutait, mais en tout cas c'était un bien beau miracle !
"Comment va Lelfe ?!" hurla alors Thiki qui venait d'escalader le bateau des Nains.
"Bien, apparemment. Encore un peu dans les vapes, mais sa chance légendaire ne l'a pas lâché !" répondit la Paladine en désignant le Barde à demi-broyé sous les étreintes de joie de Groumpf.
"Eh ! Mais t'es blessée !" s'écria alors Derym qui reprenait peu à peu des couleurs sous les soins attentifs de la Paladine et de l'albinos mort-vivant.
"C'est rien, juste une coupure et une bosse..." répondit la jeune fille en essuyant le sang coulant de son crâne. "J'suis tombé quand y'a eut une grosse lumière sous la flotte...J'ai pas pu aider à cause de ça, mais apparemment vous vous en êtes tirés sans moi !"
"Eh ! Vous là !" cria alors le capitaine des Nains. "Venez dans ma cabine, on a à parler...Je tiens à remercier nos sauveurs comme il se doit et en savoir plus sur votre étrange équipage..."
Souriant, les héros hochèrent la tête et bras dessus, bras dessous, se dirigèrent vers la cabine du chef de cet étrange navire...
Seul Halonn traîna un peu : il contemplait en silence sa main, complètement noircie et brûlée. Cette blessure était apparue quand il tenait Derym au coeur de cet étrange lumière. Elle était douloureuse et ne réagissait pas aux soins magiques...Etrange...
Et comment Lelfe avait-il pu revenir ainsi à la vie ? Le vampire en était sûr : son corps n'avait plus une once de vitalité, sinon son sort l'aurait localisé sans peine...Et ni Derym ni lui n'avait le pouvoir de faire se relever les morts...Ce Barde avait apparemment d'étranges talents cachés !
L'albinos rattrapa ses nouveaux compagnons et rangea ses pensées dans un coin. Un autre défi l'attendait maintenant : encore une fois il allait devoir expliquer sa nature de Vampire devant un équipage de Nains en armes...
( à suivre...)
Alors qu'en pensez vous cette fois ? De nouvelles interrogations en perspective, non ?
Au fait : j'ai eut peu de remarque sur l'histoire elle même...Intéressante, Rocambolesque, Grosbillesque au dire de certain, mais c'est un peu vague tout ça !
Est-elle assez claire ? Les complots sont-ils trop ou pas assez fumeux ? Avec assez de suspens et de rebondissements ? Manque t'il quelque chose de vital que je n'ai pas vu ? Suggestion et commentaires bienvenus !
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 11/02/03 13:54
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