Vieux Con

-= Chaos Legions =-
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 24/11/02 19:03
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Citation :commentaires d'un quatrieme lecteur: c'est tres bon, ca se lit 'achement bien et plus j'en lis plus j'ai envie d'en lire.
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Merci requyem ! Tes histoires sont pa smal non plus...
Citation :a propos des sorts je trouve que a part pour quelques sorts qui sont importants par eux meme (comme celui de la fille dans le chapitre 6) c'est mieux de ne pas mettre le texte de l'incantation ni de trop detailler la gestuelle, pour ne pas casser le rythme.
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C'est plus ou moins ce que j'ai décidais de faire...En plus comme ça j'aurais pas à inventer des incatations chaque jour !
Citation :pour ce qui est des entractes ou les persos racontent leur vie je pense qu'il serait sympa de voir d'ou lelfe sort toutes ses carrieres (mais je suis pas sur que ca tienne en une entracte) mais je suis plus curieux de l'histoire de groumpf et de son peuple (ils sont otus comme lui?).
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L'histoire de Lelfe est en effet assez compliqué...Et comme c'est pas vraiment lui le héros de ce récit,va falloir que je trouve un moyen de faire ça de maniére raisonnablement longue...Et non y'aurait pas dedans pourquoi il est Barde/Paladin/Druide/Rodeur/...A vrai dire il ne le sait pas lui même (il ne s'est jamais poser la question...)
Pour l'histoire de Groumpf : soit heureux elle arrive ! Et certain passage devrait te plaire,je gage (si j'en crois mes instrument de clairevision espion trainant un peu partout dans le multivers...)
Allez on y va :
Chapitre 7 : Le récit de Groumpf : Pour donner la mort.
Le groupe d'aventuriers de Derym finissait la nuit dans un bosquet dissimulé non loin de leur précédent campement.
Groumpf montait la garde, nul ne voulant d'autres mauvaises surprises, et les magiciens du groupe avaient besoin de repos.
Les héros se réveillèrent quand même aux aurores, pressés de quitter ces lieux maudits.
Silencieusement ils replièrent leurs affaires dans le chariot et se mirent en route au plus vite, sous un ciel couvert illuminé par le soleil levant.
Lelfe avait l'air soucieux...
"A quoi tu pense ?" demanda Ysandre en s'asseyant à coté de lui.
"A cette étrange embuscade... Et au fait que rien ne nous ai été volé : ni notre équipement, ni notre argent, même pas nos chevaux enchantés !"
"C'est vrai que c'est suspect... Le but de nos mystérieux agresseurs en semblait même pas le meurtre... Les Arams n'ont attaqué que dans leur repaire..."
"J'ai la désagréable impression de me faire manipuler... J'ai pourtant l'habitude : j'ai travaillé au service de mages puissants et tordus ! Mais je n'arrive pas à trouver une logique à tout ça. A moins que..."
"Oui ?"
"...Leur but était peut être de semer le doute et la jalousie dans notre groupe ! Regarde ces tentatives de séduction... Par contre je ne comprends pas le reste : ces attaques ont plutôt soudé notre groupe, non?" dit Lelfe en levant les yeux vers le ciel.
Ysandre rougit en se remémorant les évènements de cette nuit, et son comportement indigne d'une Paladine de Tür. L'ennemi avait visé un point faible honteux. Jamais elle ne lui pardonnerait de jouer avec les sentiments des gens.
Détaillent Lelfe et Derym à la dérobée, elle se demanda ce qu'il avait pensé de cette étrange nuit. Lelfe ne paraissait se soucier de rien et la jeune Paladine trouver exaspérant ce trait de personnalité.
Derym avait l'air plus touché : son regard fuyait celui de la jeune fille quand elle le fixait trop longuement...
Soudain elle eut une idée !
"Je viens de penser à quelque chose... Nous nous connaissons à peine en fait, c'est pourquoi nous ne nous faisons pas encore totalement confiance..."
"Ah bon ?" dit Lelfe surpris "Moi je te fais entièrement confiance" rajouta t'il dans un grand sourire charmeur.
"Mais nous ne savons rien les uns des autres, c'est vrai." renchérit Derym qui conduisait l'attelage.
"Et c'est pourquoi notre groupe risque de tomber dans d'autres pièges vicieux comme celui de la nuit dernière !"
"Et tu proposes quoi" demanda Lelfe, soudain plus intéressé par la conversation.
"Voilà : chacun de nous devrait raconter un pan de son passé aux autres, pour que chacun se connaisse mieux ! Et pour comprendre les buts et les motivations de chacun !"
"Chic! Des histoires !" s'écria Lelfe tout joyeux "Vous remplissez mon coeur de ménestrel de joie, gente dame Paladine ! Proposition adoptée !"
"C'est une idée intéressante." dit Derym "Je suis d'accord aussi : voyons ce qui va en sortir !"
"Et ça nous distraira pendant le voyage !" rajouta Lelfe, visiblement aux anges.
Ysandre sourit : sa proposition semblait déjà souder le groupe.
"Et qui veut commencer ?" demanda innocemment la Paladine.
Silence...
"Pas moi !" dit Derym "Et d'ailleurs ce serait bien ennuyeux... Et je conduis !"
"C'est ton idée Ysandre ! Ouvre donc le bal..." déclara Lelfe, un sourire aux lèvres.
"Euh... Comme ça, maintenant ? Mais je suis pas prête ! Pourquoi pas vous d'ailleurs ? messire le Barde ferait t'il une crise de timidité ?" répondit la Paladine.
"Humm... ma vie est assez compliquée... Moi aussi il me faudrait un temps, pour tout remettre en ordre..."
Un grognement venant de l'arrière du chariot interrompit les réflexions du Barde.
"Groumpf... Journal ! Raconte ça !"
Le guerrier géant épuisé de par ses combats et sa veille, tendit un sac vers Lelfe.
"Ah... Et pourquoi pas ! Souhaiterez-vous que je vous narre l’histoire de Groumpf ? Je l'ai déjà consignée dans un de mes carnets... Et vous savez que Groumpf et assez peu loquace lui-même..."
"Pourquoi pas ! " répondit gaiement Derym "Je suis assez curieux du passé de notre titan !"
"Alors vas-y..." finit Ysandre.
"Bien sur j'ai du un peu broder et affiner tout ça pour le rendre compréhensible... Vous savez, Groumpf n'est pas un grand narrateur ! Et sa mémoire n'est pas vraiment très fidèle..."
Sur ce, il commença le récit pendant que leur attelage magique fonçait à travers la plaine.
Groumpf était né quelque part dans le grand Nord.
Ses maigres souvenirs rendaient la région même inidentifiable.
Il se rappelait seulement de montagnes grandioses et sauvages, couronnées de blancheur immaculée. Des sommets inviolés, loin de toute civilisation humaine.
Il se rappelait aussi de profondes forêts de conifères, pleines de gibier sauvage et de dangers. Il se souvenait aussi de rivières tumultueuses dévalant les pics acérés, issus de glaciers millénaires.
Le père de Groumpf était pécheur, ceci expliquant pourquoi le colosse se souvenait si bien des flots indomptables proches de son village natal. Il n'avait pas la moindre idée de la profession de sa mère...
Le village était en fait un campement de semi-nomade, qui passaient la mauvaise saison plus au sud de leurs territoires habituels.
Le concept de race étant totalement étranger à Groumpf, il était incapable de se souvenir de l'ethnie ou même de l'apparence de ses compagnons. Ogre ? Orcs ? Barbares humains ? Géants ? Les régions nordiques ne manquaient pas de telles peuplades, isolées de tout.
Grands et forts. Bons chasseurs. C'est tout ce qui restait dans la mémoire défaillante du colosse.
Lui-même se rappelait qu'il était, dès son plus jeune age, plus costaud, plus endurant que ses congénères. Et plus idiot...
Fils unique, il était la honte de ses parents : même dans une culture vénérant la force physique, un attardé n'avait pas bonne réputation.
Groumpf était sans cesse en bute aux quolibets des garçons de son âge, une véritable meute qui tourmentait le jeune géant.
Ils avaient probablement peur de lui, de sa "différence" et s'acharnaient sur lui.
Revenant souvent en pleurs, à l'issus de "jeux" mesquins, il s'était forgé une réputation de lâcheté...
Seul le shaman du village lui montrait un peu de respect : malgré son irrespect des traditions (car Groumpf était bien incapable de retenir ne serait-ce que le chant cérémoniel le plus simple), le sage homme le considérait comme "touché par les dieux".
Et il était le seul à connaître l'étendue prodigieuse de la force du colosse : en le chargeant de corvées de plus en plus difficiles il vit le jeune géant déployer une puissance et une endurance qui ferait pâlir bien des guerriers.
Il peut sembler étonnant que nanti de cette force prodigieuse, Groumpf se laissait maltraiter par quelques enfants barbares... Mais le géant avait en fait un coeur d'or : au plus profond de lui-même il savait qu'employer ses muscles contre plus faible que lui dans un but de vengeance était mal !
(à suivre...)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 27/12/02 17:44
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...Prenez la taille de mon ego et ça vous paraîtra petit..."
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 25/11/02 21:54
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(suite chapitre 7)
Groumpf continua a grandir parmi la tribu sauvage, chargé d'office des pires corvées.
Mais sa force immense n'en devint que plus visible, forçant les chasseurs et les guerriers de la tribu à prendre conscience de son incroyable potentiel.
Ils finirent par l'initier à l'usage des armes, à un âge si jeune qui suscita la jalousie chez tous les autres enfants ! son style était loin d'être parfait mais la puissance de ses coups impressionna même les braves les plus endurcis.
Les parents de Groumpf passèrent alors de la pitié pour leur fils si différent à une grande fierté ! Ils avaient probablement donné naissance à un grand combattant !
Malheureusement, la jalousie rongeait certains... Dont le fils du chef de la tribu, du même âge que Groumpf.
Bien que fort et déjà aguerri par son père au maniement des armes, les récents succès de Groumpf lui déplaisaient : le géant s'attirait un peu trop la faveur des combattants adultes à son goût...
Avec quelques amis il persuada le colosse de les suivre dans une expédition de chasse dangereuse en forêt.
Bien que récemment entraîné, Groumpf n'avait jamais encore participé à une vrai chasse dans la nature sauvage... Les autres adolescents non plus : c'était réservé aux vrais hommes !
Le fils du chef emmena sa troupe bien loin des territoires de chasse habituels, vers le nord glacial et dangereux. Son père l'avait secrètement instruit de "coins" fabuleusement giboyeux, assurant ainsi sa notoriété future auprès des autres et préparant par la même occasion sa succession.
Faisant fi de toute prudence, il les guida vers des zones où même un pisteur expérimenté ne se serait risqué volontiers, obnubilé par la jalousie.
Il se servait des connaissances de son père non pour la chasse, non dans le but de prouver qu'il était lui aussi un homme, mais dans l'unique but de perdre Groumpf au milieu de l'inconnu.
Il y avait vraiment un Dieu pour les adolescents imbéciles, et la chance fut avec eux : les jeunes chasseurs ne croisèrent aucun des monstres qui peuplaient l'endroit.
Profitant d'une brève tempête de neige, le fils du chef envoya l'innocent Groumpf en éclaireur vers un vrai labyrinthe de végétaux et de glace.
Ricanant, il s'enfuit ensuite avec sa bande de fidèles, abandonnant le géant dans la nature hostile, certain de sa mort prochaine...
Ils revinrent au village, victorieux, car ayant fait un détour par un territoire de chasse moins dangereux. Leurs prises étaient bien maigres, mais ils s'attirent le respect des chasseurs (et aussi quelques réprimandes).
La disparition de Groumpf fut aisément expliquée : le géant n'avait pas obéi aux ordres (et d'ailleurs les avait suivi sans demander leur avis) et était parti seul vers l'inconnu, jaloux de leurs prises. Il n'allait sans doute pas tarder à rentrer, probablement bredouille ! Après tout ce n'était q'un idiot inconscient...
Mais Groumpf ne rentra pas le lendemain, ni le surlendemain.
Les guerriers expérimentés du village organisèrent une battue "pour la forme" face aux suppliques de la mère de Groumpf... Les jeunes idiots furent grondés bien plus vertement, mais c'était un maigre prix à payer pour se débarrasser du colosse...
Une autre journée passa et le shaman avait déjà commencé à préparer les rituels funéraires. Le fils du chef et sa bande clamait un peu partout que de toute façon se n'était pas une grande perte, et qu'un fils de pécheur (profession bien peu glorieuse) ne pouvait vraiment pas faire un grand chasseur ou un grand guerrier...
Une tempête de neige s'était abattus sur l'ensemble de tente en peau qui tenait lieu de village dans ces froides contrées, rendant l'atmosphère sombre et froide, en somme propice à une veillée mortuaire.
Un guetteur esseulé, grelottant de froid se tenait à l'orée des bois quand un bruit inquiétant retentit : un arbre venait de se briser !
Le vent n'était pas assez fort pour l'expliquer et d'ailleurs il perçut le mouvement d'un énorme animal dans les bois.
Dégainant instantanément sa hache, il siffla le signal d'alerte, pour avertir les guerriers de l'arrivée d'une bête énorme qui broyait la forêt dans son avancée.
Devant l'assemblé des guerriers médusés, une forme noire et velue sortie de la forêt : un ours gigantesque ! Non ! Groumpf ! Et vêtu d'une énorme peau d'ours encore ensanglantée !
Le géant s'écroula au milieu de ses congénères, qui le portèrent au plus vite à l'abri dans la tente du shaman.
Groumpf portait les traces de terribles combats, la plus marquante était les horribles sillons sanglants entrecroisés de coups de griffes d'un grizzly géant. Dont le guerrier portait la peau pourrissante sur lui...Arrachée à mains nues !
Quand il revint à lui (alors que bien des chasseurs pensaient qu'il ne passerait pas la nuit) il raconta maladroitement son histoire.
Oui, il était bien parti chasser. Avec les autres. Oui, ils lui avaient demandé de venir. Oui, il s'était perdu alors qu'il ouvrait le chemin aux autres...
Et il avait erré jusqu'à la nuit. Le froid l'avait forcé à s'abriter dans une sombre caverne. Malheureusement occupée par un féroce grizzly ! Il avait combattu avec l'énergie du désespoir et sans armes (il avait laissé sa lance au groupe suite à un "conseil" malintentionné...
Et il l'avait vaincu, lui brisant la colonne vertébrale de ses muscles puissants pendant que la bête lui ravageait le dos.
Groumpf avait ensuite dévoré la bête, avant de s'emmitoufler dans la peau de l'animal pour passer la nuit dans le froid glacial de la caverne. Il s'évanouit plutôt qu'il s'endormit...
Ses nombreuses blessures le réveillèrent dés l'aube. Il se mit en route, à l'instinct, pour retrouver soit le village, soit ses compagnons.
Mais il erra encore une journée avant de retrouver une piste lui rappelant vaguement quelque chose.
Désespéré, il courut tout droit à travers la forêt sous la glace, brisant tout sous sa charge colossale.
Malheureusement ceci ne le ramena pas encore au village, avertissant plutôt les bêtes sauvages et les monstres de son passage !
Groumpf avait ensuite était confronté à une meute de loups, attiré par sa charge de bête blessée et par l'odeur de sang... Il les combattit de toute sa hargne, se défoulant sur les fauves. Malgré ses blessures, il en sortit victorieux, avec de nombreuses morsures.
Il ne prit même pas la peine de dépecer les loups, en gardant seulement un seul pour le dévorer séance tenante !
Ensuite, on ne peut qu'invoquer à nouveau le Dieu protégeant les adolescents imbéciles pour expliquer le retour du jeune colosse : il n'avait fait que marcher tout droit, se frayant un chemin à la force de ses muscles au travers des bois glacés...
Ce récit impressionna grandement les chasseurs du clan.
Dés qu'il fut remis de ses sauvages blessures, il fut dignement intronisé dans le cercle des guerriers les plus prestigieux du village ! On le fêta et remercia les Dieux et Groumpf fut désormais considéré comme un homme et un chasseur, devenant la fierté du village et surtout de ses parents.
Les plus braves combattants s'entretenaient avec lui, expliquant laborieusement leurs techniques de combat, instruisant le géant comme leur égal.
Les cicatrices de Groumpf et son titre de Tueur d'Ours Sauvages impressionnait même les jeunes femmes du village qui cessèrent de regarder le colosse comme un monstre, voire l'envisageant comme mari potentiel...
Groumpf était béat dans sa nouvelle vie, découvrant l'alcool des fêtes barbares, les femmes affriolantes, le maniement brutal des armes et surtout le respect.
Il comprit ainsi que l'habilité au combat pouvait lui ouvrir une existence agréable : il concentra toutes ses maigres capacités mentales à apprendre l'art du combat auprès des anciens.
La jalousie des autres adolescents ne s'éteignit pas, loin de là... Mais ils ne pouvaient s'en prendre au géant maintenant : le guerrier jouissait des avantages de l'âge adulte et du respect des chasseurs. Il était intouchable ! L'attardé issu de parents modestes leur en avait remontré et festoyait maintenant à la table des maîtres du clan.
Peu à peu, à mesure que le temps passait et que les exploits de chasse et les faits de guerres (la tribu de Groumpf ne négligeant pas le pillage des villages humains, curieusement de plus en plus nombreux) de Groumpf se faisaient légende, seul le fils du chef haïssait encore le colosse.
Tout le monde avait l'impression d'avoir avec eux une légende, un héros, voire un Avatar divin. La silhouette de Groumpf inspirait la terreur aux monstres et aux tribus de gobelinoïdes. Il était craint par les autres tribus et par les villageois humains.
Mais le destin s'avançait à la rencontre du jeune colosse sous la forme de trois silhouettes encapuchonnées de noir qui bravaient la neige vers le village.
"Ce doit être ici. Ce village miteux..." fit la silhouette la plus musculeuse.
"Bien frère... Dépêchons nous de trouver ce guerrier, on gèle dans ce pays de dingue" fit une autre replier dans sa cape noirâtre.
"Ce climat rude est propice au développement d'une résistance hors du commun. La faune et la flore est elle-même dangereuse. La nourriture est rare et disputée. La guerre et le pillage sont une tradition ici. Nous trouverons notre guerrier" fit la dernière silhouette d'une voix aussi froide que la neige environnante.
Les trois compères avançaient péniblement dans la neige, directement et bien en vue du village.
Ils ne furent donc pas surpris de trouver une escouade de puissants guerriers venus leurs souhaiter la "bienvenue".
Il s'arrêtèrent à quelque distance des colosses lourdement armés.
A l'arrière des guerriers de la tribu, le shaman, plus sage, n'avait pas conseillé d'attaquer : trois étrangers, humains, à l'aspect bizarre et apparemment sans armes, c'était vraiment étrange.
"Que voulez-vous, étrangers ? " hurla-t-il aux étranges apparitions dans un langage approximatif.
Pas de réponse. Pas de mouvement.
Les trois silhouettes dévisagèrent longuement les féroces guerriers, puis se concertèrent, ignorant complètement les menaces hystériques du shaman.
"Lequel est-ce ?" demanda le plus petit, grelottant de froid malgré sa bure épaisse.
"Je ne sais. Tous semblent forts et compétents. Leur carrure est approximativement semblable. On nous a décrit un géant. Est-ce vraiment là les meilleurs guerriers de cette tribu ?" fit la silhouette la plus grande de sa voix monocorde.
"Bon, je vais les tester alors !" fit le plus musclé du trio en faisant tomber son vêtement au sol.
Il avança torse nu vers les guerriers surpris. Son corps n'était que muscles noueux et puissants. Un dragon noir tatoué couvrait son poitrail de lutteur. Et il avançait avec la souplesse d'un félin. Il portait comme seules armes deux gantelets de métal d'étrange apparence.
Voyant arriver ce combattant visiblement expérimenté, le chef du clan ordonna l'attaque malgré les gla*******ements du shaman.
Dix puissants guerriers barbares s'élancèrent sur l'étrange humain.
Epées et haches ne fauchèrent que le vide, l'apparition semblait danser autour des coups, esquivant avec agilité les assauts des combattants pourtant aguerris.
Il tua net deux imprudents, d'un coup colossalement puissant et rapide sur la nuque. Sautant, il évita une lourde hache de guerre, envoyant au passage un vicieux coup de pied dans la tête du guerrier qui s'étala pour le compte.
Il bloqua à mains nues la lame d'un féroce chasseur et le désarma malgré sa force herculéenne. Un autre vif coup de pied sonna le guerrier.
Tournant autour des assaillants restants il brisa un genou trop exposé tout en continuant d'esquiver les charges pesantes des barbares.
Le chef du village entra alors en action et le combat pris une autre tournure : il fit pleuvoir des coups vifs et vicieux sur l'étranger, l'obligeant à reculer sans cesse. Le chef esquiva quelques coups de poing rapides et en encaissa volontairement quelques autres. Cet étrange humain avait une force incroyable !
L'apparition ne tomba pas dans la feinte visible du colosse et esquiva vivement l'épée. Malgré cela il ne parvint pas à prendre l'avantage, les guerriers restants protégeant bien leur chef. Et il était décidé à venger les morts et les blessés !
"Pas mal, surtout le grand au centre..." commenta la petite silhouette encapuchonnée.
"Ils sont forts. Je l'avais prévenu. Il va être obligé de dégainer et d'utiliser sa magie." analysa froidement l'autre.
"On l'aide ?"
"Non. C'est juste un test. Pour eux comme pour lui."
Conformément aux prévisions de son acolyte, l'étrange combattant était maintenant en mauvaise posture : les guerriers sauvages étaient revenus de leur surprise et guidés par leur chef ils se battaient en harmonie. Et des renforts ne cessaient d'arriver du village.
Résigné, il actionna le mécanisme de ses bracelets. De longues griffes noires en jaillirent et fauchèrent vivement les combattants les plus proches.
Seul le chef eut le temps de parer l'assaut surprise.
Profitant du flottement de stupeur, le Moine de l'Ordre du Dragon Noir se concentra sur son Ki, laissant la puissance acquise par des années d'effort et de concentration se répandre dans son corps.
Une douce chaleur envahit son corps, qui fuma alors dans l'atmosphère gelée, terrorisant quelques guerriers superstitieux.
"Plus rapide que le vent, plus puissant que la tempête, je suis l'aile du Dragon Noir" murmura le moine déchaîné.
D'un souffle il passa dans le dos d'un guerrier et lui brisa la nuque d'un coup de coude. Il réitéra la manoeuvre et un autre combattant mordit la poussière sans qu'il puisse réagir.
"Plus souple que le serpent, plus puissant que le tonnerre, je suis la Queue du Dragon Noir." continua le moine.
Il plongea entre les jambes d'un colosse, esquivant sa lame, puis monta d'un bond sur son dos avant de sauté avec une force prodigieuse sur un autre combattant, égorgeant au passage son malheureux "tremplin". Il abattit ses deux pieds dans la tête de sa cible avec une force colossale, lui enfonçant le nez jusqu'au cerveau.
"Plus tranchant que les lames, plus dur que la Terre, je suis les Griffes du Dragon Noir !" poursuivit le puissant guerrier.
Entrant dans une transe de mort, il porta des attaques sauvages, plongeant ses griffes d'acier avides de sang dans le poitrail des barbares. Pour ceux qui n'étaient pas à portée, il se contenta de leur trancher quelques membres.
"Porteur de l'éternelle Mort, Force sanglante dominant le monde, brisant les rêves et les espoirs, je suis les Crocs du Dragon Noir !" explosa finalement le moine ivre de sang.
D'un mouvement d'une rapidité et d'une violence inouïe, il balaya l'épée géante du chef du village de Groumpf, avant de plonger ses griffes dans son coeur.
Il arracha l'organe déchiqueté du poitrail de l'immense chef, qui le regarda un instant, le maudissant avant de s'écrouler, vaincu.
Les rares survivants du carnage reculèrent terrifiés par la perte de leur chef.
"Idiot ! Et si c'était lui ?" cria la petite silhouette en désignant le corps du chef.
"Mmfff !! On n'est pas venus ici pour s'embarrasser de quelqu'un qui ne serait même pas capable d'arrêter mon coup !" répondit le moine fou.
"Raisonnement correct. Mais personne ici ne semble capable de vous contenir. Nos informations étaient fausses ou exagérées. Partons." dit le dernier.
"Pas de suite mon ami ! Inutile de laisser une trace de nos... Activités... Et un bon feu de joie me réchaufferait ! " déclara la petite silhouette d'un ton cruel.
"Logique. Incinérez donc ce village. Vous semblez en mourir d'envie."
Un beuglement furieux les fit se retourner au moment où le sombre petit magicien terminait son incantation sous les regards horrifiés des barbares.
Leur champion venait de rentrer de la chasse.
(à suivre...)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 27/12/02 17:46
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 27/11/02 22:23
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(suite chapitre 7)
Beuglant de rage à la vue de ses compagnons massacrés, Groumpf chargea le groupe d'inconnus. Il était armé d'une longue lance ayant une pointe en os, don de son père.
Le moine noir se rue vers lui pour l'intercepter, un sourire diabolique aux lèvres.
Le choc entre les deux combattants fut brutal et impitoyable : comme s'y attendait le moine, Groumpf tenta de l'empaler, son élan s'ajoutant à sa force colossale.
Le plan était donc prévisible et il n'eut aucun mal à esquiver la lance, un peu déçu. Il balança un terrible coup de coude dans l'estomac de Groumpf.
Ce fut à son tour d'être surpris. Le colosse ne sembla pas affecté par ce coup qui aurait plié ne deux n'importe qui d'autre. Il ramena la hampe de la lance d'un mouvement réflexe et balaya le moine.
Celui-ci fit habilement une roulade pour se mettre hors de portée, puis inversa soudain le mouvement pour se catapulter entre les jambes du guerrier géant. Ses lames de poignet visèrent les mollets.
Groumpf, par pur réflexe, sauta au-dessus du coup, retombant lance pointée vers le crâne de son agresseur.
Faisant appel à toute sa maîtrise du Ki, le moine de L'Ordre Dragon Noir saisi la lance entre ses mains jointes, bloquant le terrible coup. Groumpf poussa.
Sous l'impact la lance se brisa, désarmant le féroce guerrier mais envoyant son adversaire au tapis.
Aussitôt le moine se redressa, un sourire de plaisir sadique aux lèvres : quel adversaire ! sans les protections de poignet et sa maîtrise de l'Art du combat, il aurait eu les bras brisés !
Maintenant il avait l'avantage devant le guerrier barbare écumant de rage et désarmé...
"Suffit !" hurla le grand inconnu "N'abîme pas le sujet !"
Le moine, interrompu par son allié, ne dut la vie qu'à ses réflexes incroyables : Groumpf avait jailli, un bras puissant en avant. Feinte, le titan frappa en fait avec la hampe brisée de la lance, de son autre main ! Le moine noir évita miraculeusement le coup, au prix d'une légère coupure au front.
Cela faisait des années que son sang n'avait pas coulé ! Aucun doute : il avait leur sujet !
Il fit un signe à ses alliés vêtus de ténèbres et un champ magique s'abattit sur Groumpf, le paralysant complètement.
Les deux magiciens noirs fixèrent alors le géant, ahuri : écumant de rage, Groumpf tentait de se libérer, de vaincre le sort par sa seule volonté !
Ils sourirent : leur quête arrivait à sa fin...
Soudain Groumpf s'affala brutalement. Un nouveau guerrier sauvage se tenait derrière lui et venait de l'assommer proprement !
Le fils du chef du village fixa un instant le corps de son père et ceux des autres guerriers tombés pour la tribu. Puis il se tourna pesamment vers le trio mystérieux.
"Vous le voulez ? Prenez-le ! Nous vous le laissons si vous épargnez le village !" cracha le jeune guerrier.
Le moine noir et le plus petit mage se regardèrent, prêts à écraser l'impudent. Leur compagnon fit un geste conciliant.
"C’est d'accord. Inutile d'attirer plus l'attention. La disparition d'une tribu se repérerait trop vite." dit-il froidement.
Il incanta longuement en un ovale bleuâtre apparu prés d'eux. Son collègue lança un sort de Télékinésie Majeure pour soulever le corps de Groumpf, l'entraînant dans le cercle magique pulsatile pendant que le moine fou tenait les guerriers restants en respect.
Le nouveau chef de la tribu regarda les inquiétantes silhouettes disparaître dans le portail magique, se maudissant de son impuissance tout en se félicitant de s'être débarrassé de son rival. A quel coût !
Groumpf n'a pas non plus beaucoup de souvenir du temps passé au "service" de l'étrange trio. Juste de la rage, de la haine et de la honte...
Il se réveilla dans une salle blanche, froide et illuminée de façon dérangeante. Attaché par magie.
Le plus grand du trio, qu'il nomma bien plus tard le "Docteur" l'observait. Il faisait courir de longues mains glaciales sur le cours de Groumpf, dictant d'une voix monocorde ses instructions à son acolyte (que Groumpf nomma le "nécromant").
"Splendide, splendide ! Quelle force ! Quelle matière première divine !" disait-il, laissant pour une fois transparaître une émotion : une joie malsaine...
"Par quoi commençons-nous ?" demanda le nécromant.
"Les os. Il faut restructurer et renforcer sa structure osseuse avant l'ajout de capacités supplémentaires."
Les deux magiciens commencèrent à s'afférer autour de Groumpf, qui hurlait de rage.
Une lame aiguisée et froide lui déchira le bras. Il cria de douleur, voyant le sang s'écouler, les muscles et les tendons s'écarter sans rien pouvoir faire.
Impuissant le géant subit la torture, hurlant comme un damné, tentant de s'agiter sans succès pour finir par s'évanouir de douleur.
"Enfin il se tait... Ne pouvait-on pas l'anesthésier ? Si on fait ça chaque jour, il va me briser les tympans !"
"Non. Pour que nos sorts soient les plus efficaces possible, il doit être vivant et éveillé. Son corps doit être pur. Appliquez un choc électrique pour le ramener à la conscience, puis commencez à sculpter les Glyphes de Puissances dans ses os."
Groumpf endura ainsi une éternité de tortures et d'opérations perverses.
Les magiciens impurs modifièrent son corps, transformant le guerrier en hideux titan.
Renforçant sa carrure, démultipliant ses muscles massifs, améliorant la résistance de ses os, de son corps et de sa peau.
Il dut ingurgiter un nombre incroyable de substances étranges et nauséabondes, de drogues perverses qui brisèrent son esprit et développèrent son corps au-delà de toute limite.
Le géant torturé, brisé, ne garda de cette période qu'une énorme sensation de souffrance, de rage et d'humiliation.
Il se souvient avoir crié sa rage, hurlé de douleur et même supplié pour avoir certaines drogues.
Complètement dépendant et considéré comme "achevé" par le Docteur, il fut mis à l'entraînement, sous les ordres du Moine de l'Ordre du Dragon.
Contrairement au plan initial, ils ne purent lui enseigner les techniques mystiques secrètes de l'Ordre. L'esprit brisé et le corps difforme de Groumpf n'était plus adapté à la pureté de la Voie du Moine.
Alors, ils l'instruisirent pour le combat armé.
De force, ils placèrent dans son esprit la connaissance de toutes sortes d'armes.
Ensuite le moine l'affronta, faisant naître des réflexes de combat fulgurants chez Groumpf.
Périodiquement, le géant mutilé devait affronter d'autres "expériences" du sombre trio... Expériences d'où ne sortirait qu'un vainqueur : le modèle définitif de guerrier parfait.
Après des années de préparations et d'expérimentations sadiques, le trio se déclara "satisfait" : ils avaient leur meurtrier suprême, le guerrier parfait, obéissant et complètement shooté aux drogues de combat.
ILs voulaient un champion pour prendre la tête d'une armée de gobelinoïdes et de mercenaires. Ils voulaient un monstre, imbattable au combat. Et Groumpf devint un monstre.
Les régions Nordiques tremblèrent sous son joug. Son immense silhouette terrorisait des villes entières, encore plus que son armée. Il se livra aux pillages, aux meurtres et aux pires extrémités, aux ordres de ses maîtres qui restaient bien à l'abri.
Un voile noir de terreur commençait à se répandre sur les régions glaciales, descendant peu à peu vers le Sud.
L'armée et son chef brutal semblaient inarrêtables : même les monstres et les barbares fuyaient devant Groumpf.
Les inconscients qui lui résistaient étaient impitoyablement brisés et déchiquetés par la machine de combat parfaite qu'il était devenu.
Ironiquement, une des premières victimes de la folle conquête menée par Groumpf fut la petite tribu d'origine du guerrier...
Il les massacra, ivre de sang et de drogue et de manipulation mentale, à la joie de ses sombres maîtres.
Le monstre repris ses esprits un bref instant, reconnaissant sous ses coups titanesques ses parents... Trop tard...
Beuglant de rage berserk entrecoupé de sanglots, le géant se retourna contre son armée et massacra les monstres alliés.
Ses chefs reprirent vite le dessus et contrôlèrent la bête fauve.
Comme quasiment à chaque fois que le Mal se dresse pour frapper les hommes, des héros surgirent.
Lors d'un assaut difficile sur une cité fortifiée, un groupe d'aventuriers anonymes, comme il en existe tant, réussi à s'introduire dans les rangs ennemis et à détruire la salle de Clairevision du trio maléfique.
Le contact avec l'armée fut perdu, semant l'anarchie et la peur dans l'armée.
De plus, Groumpf le titan était peut-être un combattant excellent, mais il n'avait rien d'un véritable général, régnant par la peur et la puissance, plutôt que par le charisme et la stratégie...
Le temps de reprendre les commandes, l'armée maudite fut anéantie ou en fuite.
Seul Groumpf résista, mais finit par succomber sous le nombre...
Les malfaisants, lâchement, fuirent chacun de leur coté, abandonnant leurs conquêtes et leur création.
Groumpf fut capturé et jugé. Il ne fut pas exécuté, solution trop facile pour ce criminel de guerre.
Le géant, qui avaient vaguement retrouvé ses esprits, sevré des drogues maudites durant son incarcération. Il restait prostré dans sa cellule, abruti par ses souvenirs de ses actes de pure folie meurtrière.
Il fut considéré comme un esclave, un monstre, une attraction pour le public haineux, qui avait souffert sous l'oppression sanglante de ses maîtres.
Il fut finalement conduit dans une arène privée.
Là, il devait combattre sans relâche pour rester en vie, dans des combats inéquitables, organisés dans le seul but de distraire quelques riches et pervers personnages.
Il resta en vie étonnamment longtemps, ses réflexes de guerres lui sauvant la mise, même si le plus souvent il désirait la mort.
Les nouveaux maîtres du colosse finirent par se lasser : ils devaient en finir.
Un grand combat fut organisé. A un contre vingt, avec que des combattants expérimentés et agressifs. Et Groumpf, seul.
(à suivre...et oui encore ! C'est plus long que prévu...)
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 28/11/02 19:42
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(suite chapitre 7...)
Groumpf gisait attaché au centre de l'aréne depuis deux jours, sans avoir mangé ni bu.
Un ingénieux mécanisme pouvait le libérer des lourdes chaînes qui l'entravait avant chaque combat. Par contre ce soir, la chaîne reliant son coup de taureau au monolithe noir trônant dans l'arène ne s'ouvrirait pas... Ses mouvements en seraient encore plus limités.
Groumpf ne le savait pas mais le pilier noirâtre au centre était un bloc massif de Morteroche, une substance qui annulait toute magie dans une certaine zone. Elle était utilisée ici pour rendre les combats plus "équitables". Ou plus inéquitables...
Ce soir, quand le puissant guerrier vit s'ouvrir simultanément toutes les portes de l'arène, il compris que la fin était arrivée. Il l'accepta avec résigne ment, voire avec gratitude. Après tout il était coupable.
Pourtant il savait qu'il se battrait jusqu'au bout, son instinct primal le poussant à résister, même en vain... De nombreux combattants trouveraient encore la mort sous ses coups.
Un soupir las monta du géant pendant qu'une vingtaine de combattants se pavanait sous les vivats de la foule.
On était venu nombreux ce soir pour voir la "finale".
Le public de riches marchands et de nobles était séparé de la zone de combat par une haute muraille de pierres lisses, enduite de graisse et recouverte de pieux acérés et de barbillons empoisonnés. L'escalades ou la descente était impossible, la magie étant en plus encore neutralisée dans la zone.
Groumpf entendit le cliquetis annonçant le retrait de ses chaînes : ça allait commencer. Et il était déjà encerclé.
Un présentateur chauffait le public et clamait le nom des combattants. Une récompense était promise pour celui qui donnerait le coup de grâce au "monstre".
Un gong retentit. Groumpf se jeta en avant vers un type en armure. Soudain il fut étranglé par sa chaîne autour du coup : trop loin ! Les petites pointes de son collier d'esclave lui rentrèrent dans la gorge.
Les guerriers autour de Groumpf éclatèrent de rire. Quelques-uns crièrent des insultes et firent des gestes obscènes, à la grande joie du public.
Les plus hardis (et surtout ceux dans le dos de Groumpf) s'amusèrent à le piquer du bout de leurs armes, couvrant le colosse de multiples petites plaies. L'agonie promettait d'être longue...
Soudain un long grondement retentit : la porte principale des gladiateurs venait de ce re-ouvrir !
"Arrêtez immédiatement !! " cria une voix flûtée venant de la porte.
Sous le regard médusé du public et des combattants, un petit bout d'elfe entra dans l'aréne.
"Votre comportement est odieux ! c'est un être vivant comme vous que vous torturez ainsi !" continua l'enfant elfe pointant un doigt accusateur vers un solide mercenaire en armure.
"Que t'veux, nabot ? T'es 'vec lui ? T'en veux aussi ?"
"De plus il faut punir ce mécréant !" renchérit un autre guerrier "Il est responsable de la guerre et de nos morts !"
"Ce n'est pas une raison ! Vous êtes des êtres civilisés, non ? Pourtant vous vous comportez comme des bêtes et jouissez de malmener cet homme !" riposta l'elfe.
"Homme ! Pouaaa ! C'te monstruosité ! T'es bigleux p'tit ? "
"Je ne sais pas de quelle race ou ethnie est ce prisonnier...Et ça n'a pas d'importance ! Libérez-le sur-le-champ !"
"Et en quel honneur ? Pour tes beaux yeux ? Tu comptes nous y forcer peut-être ? "
"S'il le faut !"
"Ahaha !! Mais selon les règles, il faudrait que tu nous battes tous !"
Le jeune elfe se tourna vers une loge somptueuse où le propriétaire noble de l'aréne assisté à la scène médusé.
"Cela vous convient t'il ? Si moi ou ce prisonnier arrivons à terrasser tous vos guerriers, promettez-vous de le libérer ?"
Le noble réfléchit à la tournure imprévue. Ce gosse n'avait aucune chance. Et puisque tel était son désir...
"Soit ! Le pari est tenu ! Maintenant commencez !" cria-t-il en réponse sans réfléchir plus avant.
Le jeune elfe dégaina une courte dague, à l'allure plus ornementale que guerrière. Il attaque le mercenaire en armure en face de lui.
Celui-ci para aisément l'assaut. Aucun des autres gladiateurs n'intervint, préférant se méfier de Groumpf qui tirait comme un damné sur sa chaîne, espérant la briser ou au moins atteindre un des combattants.
Le mercenaire devait reconnaître que le petit elfe se battait bien, avec entrain et rapidité. Mais son style était classique, du tout théorique, bref très inexpérimenté.
D'un mouvement souple il plongea sa lame entre les côtes du gamin, un rien chagriné.
Celui-ci s'effondra en sang sous les clameurs de déception du public. Tout était allé bien trop vite.
Le mercenaire se tourna vers Groumpf : passons aux choses sérieuses ! Une froideur acide envie ses omoplates quand la dague du petit elfe pénétra dans son cou. Il mourut noyé dans son sang, ne parvenant toujours pas à réaliser : l’elfe s'était redressé !
Chancelant et blessé, couvert de sang mais victorieux, le jeune elfe venait d'occire le premier combattant. Il tourna son regard bleu décidé vers le suivant...
"Voilà ou était donc passé le petit agité..." murmura un elfe en armure posté dans le public.
"Dans quoi il s'est fourré cette fois ?" demanda un autre elfe, très grand, qui venait de sortir d'un Portail magique.
"Il semble décidé à sauver ce monstre, quitte à se combattre tous les gladiateurs de cette arène..."
"QUOI !! Mais il est malade ! Lelfe est à cent lieues d'avoir le niveau !"
"Et oui... Mère va m'incendier... Pour l'avoir amener là, d'abord, ensuite pour l'avoir fait tuer... On intervient. A nous deux y'en a pour cinq minutes pour massacrer ces types et le sortir de là..."
"Impossible : pense à la situation ! On est ici en mission diplomatique, et quasiment toute l'aristocratie du coin est là. On ne doit pas nous associer à l'incident !"
"Alors on le laisse se faire buter ? Bah, Mère pourra toujours le ressusciter, non ?"
"Seulement s'il reste intact..."
"Bon... Je m'en vais les prévenir..." conclu Lelfe en armure en ouvrant lui aussi un Portail Magique. "Autant faire un mea culpa tout de suite..."
Lelfe plongea vers Groumpf, attirant un combattant à porté des mains meurtrières du géant. Il paya son erreur de sa vie.
Changeant de cible, le jeune combattant se rua vers un type armé d'une massue.
Sa charge héroïque s'acheva lamentablement au sol, la main tenant sa dague brisée par le guerrier roué.
Ignorant la douleur, il se redressa et enserra le guerrier de ses bras, insensible aux coups de masses qui résonnaient sur son crane à présent ensanglanté. Il réussit dans un suprême effort à pousser le combattant et à l'empaler sur les pieux entourant l'arène.
Il partit ensuite en courant pour intercepter deux lanciers.
Mais se fut lui qui fut empaler par les lances. Hurlant de douleur, il empoigna les deux hampes, emprisonnant dans sa chair les armes des deux gladiateurs. Reculant ensuite malgré la souffrance, il les entraîna à portée de Groumpf.
Une fois les guerriers occis par le géant, il arracha les lances de son corps et les tendit au colosse. Ainsi armé, il pouvait maintenant faire face aux ennemis.
Sur ces actes incroyables, le jeune elfe s'écroula dans son sang. Il avait subit de terribles et irrémédiables blessures.
Groumpf entra dans une rage frénétique, semant la destruction autour de lui, se libérant de ses chaînes.
On l'avait maltraité. Plus important : on avait tué le seul être qui l'avait considéré comme un humain et qui l'avait regardé avec amitié ! Ils allaient payer...
Mais même avec l'aide de sa puissance de berserker, il savait qu'il allait perdre contre un si grand nombre... L'elfe avait par chance réduit les rangs ennemis et semé le doute.
C'était son dernier combat. Il allait tout donner.
Ses cris de fauves blessés, réveillèrent l'elfe gisant, juste à temps pour voir le titan s'effondrer au milieu de corps broyés...
Une rage sans pareille envahit alors le gamin blessé. Il s'évanouit.
"Et voilà..." conclu subitement Lelfe.
"Quoi !!" hurlèrent en coeur Derym et Ysandre.
"Je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite... Désolé."
"Mais comment vous en êtes vous sortis, alors ?" demanda Ysandre.
"Je ne sais pas. Mon frère qui était dans l'assistance m'a dit que je m'étais relevé et que j'avais vaincu tous les guerriers. Il n'a pas vu la scène, il courrait déjà dans les corridors menant à l'aréne pour me sauver." répondit Lelfe.
"Et Groumpf ?" questionna Derym.
"Il allait bien malgré de sales blessures... C'est lui et mon frère qui m'ont sortis de là. Il m'a porté dans ses bras jusqu'à ma mère. Qui nous a soignés. Plus tard, mon grand frère réussi à convaincre les autorités de nous laisser Groumpf. Il est venu avec nous dans mon pays et y a trouvé la paix. On ne s'est plus quittés..."
"Hummm... Et que sont devenus ceux qui ont déclenché la guerre et utilisé Groumpf ?" demanda Ysandre d'un air pensif.
"Un jour, sans me prévenir, Groumpf et l'un de mes frères sont partis... ILs ont traqué ces gens. Je sais que Groumpf en a abattu deux, seul le Docteur échappant à sa vengeance. Je ne sais comment ils les ont retrouvés, mais Groumpf est revenu sombre et changé. Il a fallu des mois pour lui redonner le goût de vivre. La vengeance est parfois amère..."
Pendant qu'ils méditaient sur ses dernières paroles une cité gigantesque se détacha de la plaine : leur destination.
"Wouaa !" s'émerveilla Derym "C'est gigantesque ! Plus grand que Hillend !"
"Oui." répondit Lelfe "Voici la capitale du royaume : Kross ! On en va faire qu'un bref passage, mais tu verras Derym : tu vas être ébloui ! Fais-moi confiance."
--Fin Chapitre 7--
Ouf ! Voilà l'histoire de Groumpf terminée...
Alors qu'en avait vous pensez ? Commentaires bienvenus, comme d'hab !
Sinon, je pense "espacer" les histoires des personnages principaux : je ne m'attendais pas à ce que ça prenne autant de place et de temps... Et faut bien continuer l'histoire principale...
Alors patience pour les histoires de Lelfe, d'Ysandre, de Thiki et d'Halonn...
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 01/12/02 16:09
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Et nous voilà de retour sur l'histoire principale...
--Chapitre 8 : Que des hommes...
"Et après on se retrouve à cette auberge..." finit Lelfe.
"Comment ça !?! Je trouve cette idée complètement stupide ! Se séparer est sûrement la pire des choses !" contra Ysandre.
"Ah... Chère Paladine, réfléchissez un peu : nos ennemis inconnus cherchent sans aucun doute un groupe de quatre personnes ! Moi et Groumpf sommes assez... inoubliables, ensemble..."
"Hpff... N'empêche, je ne pense pas que ce soit une bonne idée... Et j'aime pas l'idée de te laisser seul avec Derym."
"Quelle confiance ! N'oublie pas que c'est lui le chef ! Et il m'a demandé si je pouvais lui en apprendre plus sur la cité ! Je me charge de lui faire visiter la cité... Toi et Groumpf vous vous chargez des courses !"
"Et pourquoi moi ? Et pourquoi les deux meilleurs guerriers ensembles ? Et si vous vous faîtes agresser ?"
"Humm... Parce que tu es la seule fille du groupe, les tâches ménagères te reviennent ! " s'écria Lelfe avec un sourire malicieux, en empoignant la main de Derym avant de se mettre à courir hors de portée des vociférations d'Ysandre.
La jeune femme enragée fit mine de les poursuivre à travers la foule, mais une main puissante l'arrêta.
"Plaisante. Le pense pas vraiment...Te fait confiance, plutôt..." grommela Groumpf.
"Argg...Je sais... Il est si, si...AGACANT !!" ronchonna la guerrière.
"Regarde long papier : plein de choses. Lourd. Nous plus forts et... Toi meilleure pour marchander !" conclut laborieusement le géant.
"Je sais... J'avais compris où il voulait en venir. Mais je déteste cette façon de nous manipuler ! Et Tür sait quelles bêtises ils vont encore provoquer..."
Lelfe et Derym déambulaient à présent dans la grande citée de Kross, le Barde jouant le rôle de guide touristique pour le jeune homme.
Derym se sentait un peu coupable de s'amuser ainsi et de découvrir cette belle ville sans Ysandre et Groumpf. Il s'en ouvrit à son ami qui le rassura en riant.
"Inutile de t'en faire ! Ysandre est probablement déjà venue à la capitale ! d'ailleurs à ta gauche, sur la colline, tu peux voir le sanctuaire principal de son ordre. Là ! Le gros truc moche et cubique en pierre massive et impressionnant... Quant à Groumpf, il n'a que peux d'intérêt pour l'Histoire et l'architecture..."
"Tout de même, les laisser en plan ainsi et les charger de corvées..."
"Cela va les occuper ! Et nous aussi on a des choses à faire... La nuit approche, ne tardons pas !"
"Ah ? Je croyais qu'on visitait simplement !" s'étonna Derym.
Après un petit sourire énigmatique Lelfe entraîna Derym vers un quartier cossu et enmuraillé. Il graissa même la patte à un garde de la ville en uniforme d'apparat pour rentrer.
"Quartier riche." murmura-t-il en réponse au regard interrogateur de Derym "Faut payer pour rentrer si t'es étranger..."
"Voilà une coutume étonnante..."
"Pas une coutume, un délire sécuritaire. Les gens riches aiment rester entre-eux... Tout en accueillant d'autres riches marchands ou nobles en visite, bien sur !"
Derym se perdit dans ses pensées, tentant de comprendre cette société dépeinte par le Barde.
A présent, les deux compagnons traversaient un long pont à destination d'une petite île au centre du fleuve courant au travers de la ville.
L'île elle-même était fortifiée de pierre noire, couverte de glyphes pulsants de magie. Un seul édifice grandiose de marbre blanc et de hautes colonnades s'y étalait. De larges oriflammes chatoyantes claquaient au vent au-dessus des tours de guet.
Ici les gardes étaient en armure d'argent rutilante, toujours accompagnés par une ou deux personnes en toge resplendissante de sorcier.
Visiblement c'était un endroit important.
Ignorant la porte centrale (pont-levis et grille de fer forgé, gardes en tenue d'apparat, magnifique !), Lelfe gagna une petite porte sur le coté, elle-même richement décorée.
"On va où ? " souffla Derym, impressionné par le luxe de l'intérieur.
"Au guichet du RATP."
"Quoi ?"
"On va prendre des billets pour un passage au travers du Réseau Autonome de Téléportation Payant. C'est cher mais c'est rapide ! J'espère seulement qu'il y aura pas trop de délai..."
Un peu confus après les explications de Lelfe, Derym le suivit en détaillant le moindre détail autour de lui.
Le Barde, lui très à l'aise, s'approcha d'une belle magicienne derrière un comptoir.
"C'est pour quoi ? " demanda l'employé d'un ton monocorde.
"Des passages pour Everwhite. Quatre personnes plus un chariot de bagage, standard, pas de matériel spécial ou magique..." répondit Lelfe, faisant une légère entorse à la vérité.
La magicienne lui annonça un prix. Derym fut un moment paralysé par le chiffre.
Le temps de questionner Lelfe, celui-ci avait déjà sorti sa bourse et signé quelques papiers. En échange l'employée lui tendit quatre cristaux bleu pâle, luisant étrangement.
"Quand est le prochain Vortex pour Everwhite ? " demanda Lelfe après avoir longuement déversé des pièces sous les yeux d'un Derym ahuri.
"Demain matin à 10h15. Enregistrement et vérification 45 minutes avant l'ouverture. Z'avez de là chance, y'a peu de monde pour cette destination..."
Lelfe remercia poliment la vendeuse et entraîna Derym vers la sortie.
"Le prix qu'elle a annoncé... Euh... Y'avait vraiment autant de zéros ?" demanda Derym se reprenant finalement.
"Oui, je t'avais dit que ce serait cher ! Mais on sera dans le Grand Nord demain ! Pratique non ? T'ai-je raconté la légende sur les trois archimages amoureux d'une même princesse, qui seraient à l'origine de ce système ?"
L'apprenti-Druide se laissa bercer par le babil constant de son ami, se demandant simplement si son vieux maître approuverait qu'il dépense ainsi l'argent qu'il lui avait confié...
Lelfe lui fit continuer la visite de la citée.
Derym finit par regretter qu'il parte demain, tant la ville regorgeait de merveilles inconnues. Par exemple les parcs privés.
Malgré son insistance il ne parvint pas à décider Lelfe à en visiter un. C'était pas une chose courante apparemment...
La nuit finit par tomber doucement. Faisant ressortir l'éclairage magique des oeuvres d'art des quartiers les plus opulents. Et la noirceur des quartiers défavorisés. Un pincement de coeur envahit Derym : dommage que tout le monde ne profite pas de la lumière et des fêtes somptueuses des riches.
"Bah, les pauvres peuvent librement contempler les étoiles au moins..." murmura le jeune Druide.
A cette occasion il remarqua que Lelfe l'entraînait vers les docks, c'est à dire bien loin de l'auberge où il était censé retrouver Ysandre.
"Euh, on ne rentre pas ?"
"Déjà lassé ? J'ai encore des trucs à te montrer ! Tu vas apprécier ! Et j'ai deux trois choses à faire..." déclara Lelfe en lui faisant un clin d'oeil joyeux.
"On pourrait allait chercher Ysandre et Groumpf, non ?"
"Humm... Je pense pas ! C'est pas trop le genre d'endroit où traîner une Paladine, si tu vois ce que je veux dire..." répondit Lelfe en souriant "Et je préfère la savoir en sécurité avec Groumpf !"
Derym ne voyait pas trop, mais apparemment l'endroit où se dirigeait Lelfe recelait quelques dangers...
Il se prépara à un éventuel combat, se mettant en harmonie avec lui-même et la Nature, faible mais encore présente même dans cette cité colossale.
Lelfe s'engagea dans une ruelle sordide et poussa tranquillement une porte discrète.
Derym se tint prêt à tout.
(à suivre...)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 30/12/02 11:40
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 01/12/02 20:23
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Greu...
Chaque épisode, chaque post est un peu long. Enfin, ce que j'en dis.
Sinon, le style est de plus en plus affirmé, cohérent. Les personnages prennent de la consistance au fur et à mesure, de la "densité psychologique", comme certaines pompeuses personnes de mon entourage estudiantin diraient...
Alors concernant le récit en lui-même, je maintiens mon épithète "rocambolesque". Il s'en passe des trucs, dites-moi ! J'ai dans l'idée qu'on va bientôt s'apercevoir que le seul personnage qui n'a pas de "background" intéressant, c'est ce pauvre Derym, le perso principal !!!
En tout cas, on sent nettement une inspiration dans les "Chroniques de la Lune Noire". Grompf, ne serait-ce pas un lointain cousin de Ghorghor Bey ? Lelfe ressemble beaucoup à Wismerhill, par son côté multi/multi/multi/multiclassé. Enfin, c'est mon impression. Sinon, on retrouve beaucoup d'éléments piochés à gauche et à droite. Notamment, le panthéon semble littéralement calqué sur celui de FaëRune. Et certains monstres, je pense aux "Aram", se retrouvent aussi dans les Royaumes Oubliés, en OmbreTerre, sous le nom de "dridder"...
Attention, il ne s'agit pas d'un reproche, juste une analyse pour retrouver un peu tous les trucs qui ont été utilisés...
Concernant l'orthographe (puisque l'auteur lui-même semble faire son auto-critique ) : peut mieux faire !!! Mais s'en rendre compte et le reconnaître, c'est déjà bien. Il y en a qui refuseront à tout prix d'admettre qu'en faisant attention, et... p... z... qu... t... *monologue indistinct, ressemblant plus à une litanie qu'à une explication*
Et ne comptez pas trop sur moi pour le moment, la longueur de vos posts me rebute un peu ... Pour le moment... On en reparlera dans quelques temps...
Bien à vous !
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
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"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 02/12/02 13:41
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Nyxl a trés justement fait remarquer :
Citation :Chaque épisode, chaque post est un peu long. Enfin, ce que j'en dis.
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C'est entiérement vrai et totalement involontaire...
Par exemple quand j'ai écris l'histoire de Groumpf,je ne pensé pas qu'elle prendrait une telle proportion ! Puis il y a une différence entre le trucs ecrit dans le bloc-note windows et l'histoire affiché au format "forum".
De plus en découpant les chapitres,j'ai plus m'étalé plus en fait dans les sous-sections...
Enfin,je suis un lecteur rapide et avide.Cela deteint forcement sur mon style d'écriture...
Citation :J'ai dans l'idée qu'on va bientôt s'apercevoir que le seul personnage qui n'a pas de "background" intéressant, c'est ce pauvre Derym, le perso principal !!!
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C'est un peu vrai...Pauvre Derym !
Mais il faut se rappeler qu'aprés tout c'est ici son histoire,celle qui marquera sa vie.
Les autres personnages ont déjà vécut pas mal.
Un des trucs agaçant avec Lelfe,c'est qu'il est charismatique,même pour moi et qu'il a tendance à accaparer le récit...Anectode : il est issus d'un PNJ d'une d emes campagne de JdR.Il est tellement attachant que les PJs sont allez d'eux même risquer leurs vie pour le sauver !
Citation :on sent nettement une inspiration dans les "Chroniques de la Lune Noire"
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Curieusement je ne suis pas un lecteur trés assidus de cette BD (ça fait même des années que j'ai arrété de suivre,lasser par le rythme lent de publication...Et puis c'est devenus bien trop cher les BD).
Mais c'est vrai que Groumpf à un coté Gorgor...
La vrai inspiration est un dessin de Brom.
Pour Lelfe,j'ai pas vraiment de source d'inspiration particuliére (ah bon Wismerhill ets surmulticlassé maintenant?)
Petit jeux amusant : combien de "classes" à t'il vraiment ? Et quelle seras la prochaine que je vais revelé ?
Citation :le panthéon semble littéralement calqué sur celui de FaëRune
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Exact.La campagne de JdR d'où sont issus les persos à commencé sur Féérunne (un endroit sympa avec un bon background).Mais j'en avais marre des régles ADD et des supplément "indispensable" à acheter sans cesse...J'ai donc conservé quelques (beaucoup) Dieux sympa,parfois en changenat juste un peu le nom.
Attendez-vous donc à retrouver Lathandre,Loth et Miellikki (humm,j'ai un doute sur l'orthographe de ce dernier) dans ce récit.
Citation :Et certains monstres, je pense aux "Aram", se retrouvent aussi dans les Royaumes Oubliés, en OmbreTerre, sous le nom de "dridder"...
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Encore exact.L'Ombre Terre existe dans mon monde (j'y ai fait allusion).
J'ai changer le nom des Dridder par pur soucis de non-infraction de copyright (humm).
La société des driders et drows à elle aussi un peu était changé,même s'il reste craint en surface.
J'ai aussi était influencé par le webmanga Drowtales.
Citation :Mais s'en rendre compte et le reconnaître, c'est déjà bien. Il y en a qui refuseront à tout prix d'admettre qu'en faisant attention
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Oui,mea culpa,pourtant j'essaye.
Mais faut avouer que ça fait longtemps que les régles de français sont sortie de mon esprit de scientifiques (on est pas assez strict peu être...).
Je fait pas mal de fautes d'innattention aussi,car j'écrit vite et en général à des heures indues...Mes yeux et mon cerveau fatigués aprés une journées de travail ne sont plus aussi éfficaces.Et une petite voix railleuse dans mon esprit dit "Bah,tant que ça reste compréhensible et intéressant à lire..."
La flemmardise y est aussi pour beaucoup (comme tu le dit si bien mes longs post sont effrayant...)
Arrgg !! Même mes réponses sont longues !!
-------------------- "L'Infini ?
...Prenez la taille de mon ego et ça vous paraîtra petit..."
Aerth, récits fantastiques
...Et en plus il écrit et il blog...
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 02/12/02 22:55
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(suite chapitre 8...)
Une bouffée de chaleur, de musique et d'odeurs étranges frappa le jeune Druide quand Lelfe ouvrit la porte en grand.
Derym se détendit : c'était apparemment un simple bar à aventurier comme tant d'autre... Il entra à la suite de son guide.
Ce qui surpris immédiatement le jeune homme fut le luxe de l'établissement, qui contrastait avec l'extérieur peu reluisant.
La salle principale était bondée, décorée par de lourdes tentures rouges et des colonnes de marbre noir et des plantes vertes suspendues.
D'un côté de la pièce s'étalait un bar somptueux de bois laqué, surplombé par une lourde glace. De l'autre trônait une scène où de très jolies et fort peu vêtues jeunes filles se livraient à d'étranges chorégraphies.
Juste après l'entrée deux très belles et jumelles demi-elfes se portèrent à la rencontre des deux arrivants.
"Bienvenue messieurs ! L'équipe de la Féline Noire est heureuse de vous acc... Lelfe !! C'est Lelfe !" cria la première jeune femme.
"Ouuua !! Génial !! On va bien s'amuser ce soir ! Va prévenir le patron, je m'occupe d'eux !" poursuivit la seconde.
Lelfe salua les deux jeunes filles par une profonde révérence qui fit glousser de plaisir les demoiselles.
Entraînant ensuite Derym au travers de la foule dense, il se dirigea vers une table à l'écart.
Le jeune Druide notait les différences entre cet établissement et le dernier qu'il avait visité.
Tout d'abord, ce qui lui sauta aux yeux fut l'extrême légèreté des tenues des nombreuses (très nombreuses d'ailleurs, parfois plusieurs par clients) jeunes femmes employées ici.
Elles étaient toutes fort belles et avenantes, servant les clients en riant, s'asseyant avec eux, même.
Lui et Lelfe s'installèrent à une table et aussitôt deux aguichantes serveuses vinrent leur tenir compagnie, leur conseillant des consommations.
Derym était complètement chamboulé par l'étalage de chair féminine qui tournoyait autour de lui. Son regard se détourna vers la scène.
Là d'autres jeunes demoiselles prenaient des poses sensuelles et semblaient tout faire pour exposer leurs charmes.
Derym, complètement rouge, détourna promptement le regard, peu habitué à ce genre de spectacle.
Lelfe avaient déjà commandé une boisson pétillante au goût trop subtil pour le jeune homme. Il semblait guetter quelqu'un.
Pour se changer les idées et oublier l'étalage de débauche ambiant, Derym fit courir son regard sur l'assemblée de clients.
Encore plus qu'à Hillend, la multiplicité de races et des ethnies surprit le jeune homme. Des Nains, des elfes, des demi-orques, des demi-elfes, des gnomes et des humains, riaient, chantaient et festoyaient ensemble.
Ils fumaient de l'herbe-à-pipe et d'autres substances végétales vendues avec sollicitude par d'agréables demoiselles, ils jouaient bruyamment aux dés ou aux cartes, tout en pariant, souvent suivant les conseils des délicieuses serveuses.
Quasiment chaque tablée accueillait une ou plusieurs jeunes filles portant le très léger "uniforme" moulant et décolleté de l'établissement.
Avec surprise, Derym remarqua finalement que les serveuses avaient des équivalents masculins qui se prélassaient avec certaines clientes, voire même avec des clients !
Mais où était-il encore tombé...
"LELFE !! " cria quelqu'un d'une voix visiblement ravie.
Un vieux Hobbit tout de gris vêtu s'approcha de la table des deux aventuriers. Il était silencieusement suivi par un humain immense, sec et fin, drapé dans des habits très serrés et noirs. Il était également borgne et inquiétant.
Le Hobbit s'attabla avec eux, claquant les fesses de Lelfe au passage avec un large sourire.
"Alors, vieux coquin, t'es enfin revenu nous rendre visite ? Pas pressé ces elfes ! ça fait bien 8 ans, maintenant, non?" s'exclama le petit être.
"Arff ! Désolé, j'ai était un peu pris..." dit le Barde.
"Et que me vaut le plaisir, alors ? Tu viens simplement te détendre en galante compagnie ? T'es de passage ? Ou t'es venus rejoindre... L'Association ?" demanda le vieux hobbit en jetant un oeil suspicieux à Derym.
"Ahaha ! Pas pour l'instant, Maître ! Au fait, tu connais mon ami ?" répondit Lelfe en désignant Derym.
Le vieillard alluma doucement une pipe et dévisagea longuement Derym.
Lelfe l'avait appelé Maître devant ce jeune homme... Donc il lui faisait confiance... Et pourquoi devait-il le connaître ?
"Non, je devrais ?" finit par dire le Hobbit.
Lelfe porta son regard vers l'humain borgne, qui secoua la tête lentement.
"Pas forcement... On a juste eut quelques ennuis avec des collègues à Hillend... Ils semblaient lui en vouloir tout particulièrement..." répondit Lelfe.
"Humm, j'ai pas encore entendu parler de ça... Tu voyages toujours plus vite que les nouvelles ! Et tu t'attires toujours autant des ennuis !" ricana son interlocuteur "Soi sans crainte, on t'avertira si quelqu'un cherche des noises à ton protégé ! Sauf s'il y met vraiment le prix !"
Derym finit par comprendre ces échanges : Lelfe parlait à un Maître Voleur !
Son ami avait décidément de drôles fréquentations...
"Euh, je m'appelle Derym... Enchanté..." finit par dire le jeune Druide en tendant la main au Hobbit.
Celui-ci regarda un instant la main tendue, puis la serra avec vigueur.
"Ah ! Enchanté, gamin, et bienvenue chez moi ! Ici tu risques rien... Pour l'instant ! Mais méfie-toi quand même et surveille ta bourse : les filles ont souvent les mains baladeuses, ahaha !!" s'exclama le maître des lieux.
Pendant que Derym digérait la remarque du Maître voleur, Lelfe sortis une bonne poignée de pièces d'or de sa bourse et les donna au Hobbit.
"En tout cas, puisqu'on est là, on va en profiter pour s'amuser ! Envoie-moi quelques-unes de ces belles dames ! Et d'autres pour mon ami : c'est moi qui régale cette nuit !"
Le vieux roublard ramassa les pièces d'un air rusé, puis déposa une seule pièce octogonale sur la table. Derym manqua de s'étouffer en reconnaissant une de ses rarissimes pièces données par son Maître.
"Bien essayé ! Mais tu manques de pratique, p'tit jeune ! je reprends ce qui est à moi, reprends donc la tienne ! Paye donc avec ton propre argent..."
"Ah... Je manque un peu de pratique..."
"De rigueur et d'intellect surtout !"
"Si vous voulez, Maître..."
Le hobbit et son muet compagnon s'en aillèrent, promptement remplacés par de délicieuses et attachantes jeunes femmes.
Derym se sentait mal à l'aise entouré de tant d'attention féminine. Rougissant sous les propos explicites, il venait enfin de comprendre le genre d'établissement ou l'avait entraîné Lelfe.
Ce dernier riait, entouré de son nuage de belles jeunes femmes. Il avait l'air fort populaire et plaisantait gentiment avec les filles.
Très vite, la table se retrouva en majorité féminine, certaines déjà sur les genoux du Barde. Pour faire plaisir à ses admiratrices, Lelfe chantonna une ballade de sa voix mielleuse, avant d'entraîner certaines serveuses dans une danse effrénée sous les applaudissements du public.
Quand il se rassit, Derym en profita pour lui parler à voix basse.
"T'es vraiment sur qu'il faut qu'on reste ici ?" Je m'inquiète pour Ysandre et Groumpf..."
"Eh ! Dit plutôt que tu t'inquiètes de ce qu’elle pourrait penser !"
"Euh, humm...Oui, aussi...Tu sais, je suis pas très à l'aise dans ce genre de...situation..."
"Bah ! Laisse toi conduire, tu vas t'amuser ! Laisse moi me charger de tout ! Et arrête de penser aux conséquences... Profite du moment présent, comme on dit !"
Sur ces conseils Derym tenta d'apprécier la soirée et finalement fini même par s'amuser.
Un jeune homme tel que lui ne pouvait rester longtemps insensible aux charmes féminins et la boisson et les étranges vapeurs qui montaient des groupes de fumeurs finirent par lui tourner la tête et il se joignit à Lelfe dans ses libations.
Plus tard, Lelfe titubant au bras de deux très charmantes demoiselles, s'approcha du Hobbit gérant l'établissement.
"Dis-moi, mon ami, pourrais-tu envoyer quelques jeunes dames peu farouches vers mon ami. Des gentilles... Je ne suis pas sûr qu'il déjà... Qu'il ait fait... Enfin, tu vois ? Je veux qu'il profite de la soirée au mieux sans l'effaroucher !"
"Compris ! Je me charge de tout ! Qui sait... J'en ferais peut-être un client fidèle !" répondit le Hobbit dans un clin d'oeil complice.
Lelfe rejoignit Derym, et lui dit qu'il allait se retirer un moment, pour "méditer" en charmante compagnie. Il lui fit comprendre que ce serait assez long et que lui aussi pouvait "s'amuser à sa guise"...
Virant instantanément au pivoine, Derym ne put que regarder Lelfe monter à l'étage avec deux magnifiques hôtesses.
Peu après une délicate jeune fille vint discuter avec lui, chassant les serveuses pour s'isoler avec lui.
La conversation était agréable et galante, la jeune dame et l'alcool aidant séduisirent peu à peu le jeune Druide peu expérimenté.
Il finit par se laisser convaincre, ses hormones de bouillant jeune homme chassant sa culpabilité et sa timidité naturelle.
La demoiselle le conduisit doucement par la main vers une chambre luxueuse à l'étage.
Experte, elle choisit une chambre douillette et tranquille pour mettre en confiance le jeune Druide.
Lelfe, habitué, avait devancé ses pensées et avait fait livrer un vin blanc délicat et fruité et avait fait décorer la chambre de nombreuses plantes vertes elfiques.
Cet environnement mit rapidement en confiance le jeune Druide, le vin lui autant rapidement sa timidité sans trop engourdir son esprit.
Il céda facilement aux caresses douces et insistantes de la jeune fille. Elle lui déclamait des poèmes coquins qui enflammaient l'imagination du jeune homme.
Il se laissa conduire vers la couche, fasciné par les tendres baisers de l'adorable hôtesse. Bien vite, il put contempler la délicieuse nudité de la jeune femme.
La nature humaine chassa la raison et le jeune homme s'abandonna avec délices aux plaisirs de la chair.
Toutes les questions sur la féminité trouvèrent rapidement une réponse, mais le brûlant jeune homme ne se s'en soucia pas vraiment, obnubilé par ce plaisir qu'il découvrait dans les bras de son amante de passage.
Il lui fit l'amour passionnément, au grand plaisir sa compagne de la nuit. Les amis de Lelfe étaient vraiment intéressants et pleins de vie et de fougue !
L'apprenti-Druide termina donc la soirée en s'endormant tendrement dans les bras de son amante d'un soir, ce quelle trouva fort mignon ! En quittant doucement la pièce elle espérait que ce beau jeune homme reviendrait...
Au coeur de la nuit, Derym se réveilla à la suite d'un bruit. Il s'étonna un instant de l'endroit où il se trouvait, avant de se souvenir en rougissant. Son amante avait déjà disparue... Occupé ailleurs probablement...
Le jeune homme soupira, puis s'étrangla de surprise quand la porte de la chambre s'ouvrit.
La lumière venant du couloir lui permit de deviner une petite forme "vêtue" de nombreux voiles.
Avant qu'il ait pu dire le moindre mot, la silhouette se mit à danser sensuellement et jouant une musique exotique sur une flûte de pan.
La danseuse ferma la porte dans un mouvement, enchaînant des déhanchements sur une musique étrange.
Derym était statufié et un peu honteux : cette soirée déjà débauchée semblait vouloir ne plus finir. Il protesta faiblement, mais la silhouette lui fit signe de se taire avant d'escalader le lit tout en ondulant.
La pénombre ne lui permit pas de bien voir sa nouvelle visiteuse, mais ce n'était apparemment pas sa précédente amante. Elle était plus petite, plus fine et moins... en chair...
Mais ses caresses et ses danses suggestives émoustillaient quand même le jeune homme.
Pourtant, son esprit encore embrumé par l'alcool et le désir tentait de lui dire quelque chose.
Il réalisa que les caresses étaient maladroites, voire gênées. Que les danses n'avaient pas la grâce experte de son amante. Et la musique semblait improvisée et pas très bien jouée...
Et elle semblait repousser gentiment ses caresses. Curieux.
La curiosité vainquit finalement l'attrait charnel et Derym chassa les mains maladroites de la demoiselle pour l'empoigner à bras le corps.
Surprise ! Ses doigts rencontrèrent une fine armure de cuir. Le jeune Druide laissa échapper une exclamation de surprise.
Brutalement la jeune femme se dégagea et sortit de ses voiles une minuscule fiole.
Promptement elle en déversa le contenu poudreux au visage de Derym au comble de la surprise.
Malgré sa méfiance, il inhala un peu de la substance qui l'envoya illico à terre, paralysé.
"Trop facile !" s'écria la jeune femme, en se penchant sur Derym afin de vérifier son engourdissement.
A moitié immobilisé, toussant pour chasser l'irritante substance, Derym détailla son assaillante qui venait d'allumer une bougie pour fouiller la pièce.
Une gamine !
La jeune fille était en fait vêtue d'une discrète armure de cuir assombrie à la cendre. Des voiles colorés avaient masqué son équipement et sa silhouette d'adolescente.
Elle fouillait désormais dans les affaires de Derym. Une voleuse !
"Pas de chance, pas de chance..." murmurait-elle en jetant les maigres possessions de Derym au sol.
Soudain elle découvrit les cylindres-messagers sacrés du jeune Druide.
"Ah Ah ! Jackpot ! Des artefacts...T'es pas si inintéressant, le naïf !" s'exclama t'elle en empochant les cylindres.
Elle retourna alors prés du corps dénudé du Druide.
"Humm...Que faire maintenant ? L'assassinat de sang froid n'a jamais était mon truc...Faisons donc un pacte ! T'as l'air sympa bien qu'un peu bête, alors écoute : tu m'as jamais vu, t'as rien perdu ici et j'te laisse en vie ! Ok ?"
Derym grogna, incapable ne serait-ce que de bouger la tête. Il gravait dans son esprit l'aspect de la jeune adolescente : cheveux roux flamboyants, plus que les siens, yeux vert brillants, air mutin et abondantes tâches de rousseur. Petite et menue.
"Pas de protestations ? Donc t'es d'accord ! Rappelle-toi que tu dois la vie à ma grande clémence !" ricana t'elle.
Elle voulut déposer un baiser ironique sur les joues de Derym mais elle fut cueillit au menton par le poing de celui-ci.
Elle s'étala, plus à cause de la surprise qu'à cause du coup.
Derym avait utilisé sa magie pour purger son corps des toxines paralysantes. Mais il était encore faible et vacillant et son coup n'avait pas était assez appuyé !
"Bon, ciao courageux aventurier !" lança la jeune femme en se propulsant au travers d'une fenêtre ouverte d'un coup de pied.
"S..op !" cria (ou du mois tenta de crier) Derym chancelant.
La jeune demoiselle en équilibre sur la fenêtre, lui fit un sourire effronté et lança une curieuse sphère de verre dans la pièce.
Un lumière éblouissante envahit aussitôt la chambre, aveuglant Derym qui se ruait vers la gamine.
"LELFE !!! VIENS VITE !!" hurla le Druide paniqué.
Répondant quasi-instantanément à son appel, le Barde entra brusquement dans la pièce, dagues aux poings.
"Par la fenêtre !!" cria le jeune homme. "Elle a prit les Cylindres !"
Aussitôt Lelfe bondit et repéra la mince silhouette qui fuyait à travers les toits. Il s'élança immédiatement, hurlant à Derym de le suivre dés qu'il serait habillé.
(à suivre...et oui, c'est toujours aussi long ! )
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 30/12/02 11:41
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 05/12/02 16:18
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(suite chapitre 8)
Bien qu'encore abruti par l'alcool et les autres excès de la soirée, l'aventurier elfique se lança à la poursuite de la jeune voleuse à travers les toits des établissements voisins.
La poursuite allait être serrée, il le savait.
Lui n'était pas vraiment "en forme" pour cet exercice, de plus sa connaissance des ruelles, toits, cachettes et passages préférés des brigands de la ville était obsolète... Mais il conservait deux avantages sur la jeune humaine : son agilité elfique qui lui faisait négliger les tuiles et les pavés humides et/ou couverts de mousse.
De plus le ciel était couvert, rendant la nuit fort sombre, ce qui allait gêner la voleuse bien plus que lui et son infravision.
La petite silhouette lui menait un train d'enfer, faisant regretter à Lelfe ses libations trop abondantes : physiquement il ne tiendrait pas si la course se poursuivait trop longtemps...
"******** ! C'qu'il est collant c'lui là !" siffla la jeune adolescente entre ses dents.
La poitrine en feu, elle admirait haineusement les bonds fluides et gracieux de son poursuivant. Elle ne le sèmerait pas facilement...
"Bon... Ok, tu veux la guerre !" murmura-t-elle avant d'escalader promptement une maisonnée. Elle se dirigeait vers sa cachette favorite, là où elle entreposait une surprise pour d'éventuels cas comme celui-ci.
Lelfe la suivit aisément et la pourchassa sur le toit de l'immeuble.
La jeune voleuse plongea soudain à l'arrière d'une cheminée, se redressant ensuite dans une roulade, une monstrueuse arbalète au creux des reins, pointée sur Lelfe !
Les réflexes encore engourdis par sa soirée de débauche, Lelfe ne put tenter qu'un plongeon maladroit pour se mettre à couvert.
Elle tira. Quatre traits (?) partirent vers Lelfe. Elle n'avait pas vraiment visé, et son adversaire compris pourquoi quand les projectiles explosèrent en nuages gris asphyxiants.
Toussant, la gorge en feu et les yeux brouillés de larmes, Lelfe sortit à tâtons du nuage irritant. Elle l'avait bien eut !
Au moment où Lelfe pensait devoir abandonner la poursuite, une ombre creva le nuage.
Chargeant comme une bête furieuse, Derym l'avait rejoint !
La rage et l'humiliation l'obnubilaient et il s'était lancé torse nu à la poursuite de la traîtresse ! Négligeant complètement sa sécurité il avait suivit les deux monte-en-l'air !
Cette arrivée impromptue redonna à Lelfe du courage et lui permit en outre de localiser la jeune demoiselle, quant elle laissa tomber un "******** !" retentissant en voyant charger Derym comme un taureau furieux.
La poursuite repris de plus belle.
Derym était plus endurant, et guidé par Lelfe, malgré sa vision qui le faisait souffrir, il ne faisait apparemment nul doute qu'il allait réussir à rattraper la voleuse.
Cette dernière donnait tout ce qu'elle avait pour garder une distance suffisante entre elle et ses poursuivants.
Son arme l'encombrait plus qu'autre chose, trop lourde et massive. Difficile aussi de recharger en pleine course sur des rebords glissants. Mais elle n'avait pas dit son dernier mot...
Puisant dans ses dernières forces elle s'élança vers deux grandes maisons aux toits plats, reliées par une échelle déposée auparavant.
Lelfe compris son plan et accéléra, hurlant à Derym de la rattraper au plus vite. Trop tard.
La petite peste franchit agilement l'échelle de bois, et la projeta dans le vide dès le gouffre dépassé.
Ses deux poursuivants n'eurent que le temps de piler, la laissant provisoirement à l'abri.
La séparation entre les deux toits était bien trop large pour être franchie en sautant, même avec élan.
Lelfe ne s'attarda pas à essayer, préférant chercher de ses yeux perçants une autre voie d'accès.
Pendant ce temps Derym fulminait ou sombrait dans la dépression, en alternance, pendant que la rusée gamine reprenait son souffle en les raillant.
Ayant finalement récupéré, elle rechargea son arme et fit feu sur les aventuriers.
Cette fois Lelfe s'y attendait et lui et Derym ne furent pas atteint par les projectiles maladroits, ni entraînés dans le nuage suffoquant qu'ils libérèrent une fois brisés.
"Bon... Ciao la compagnie ! " fit la jeune fille en abandonnant, son arme étant vraiment trop imprécise.
Toujours rigolant et adressant des gestes moqueurs, elle se rendit à l'extrémité opposée du toit, cherchant visiblement à bondir vers une tourelle d'un manoir voisin. Et hors de portée des aventuriers.
"Comme prévu..." siffla Lelfe entre ses dents en faisant signe à Derym de se calmer "Désolé, jeune demoiselle, mais tu t'arrêtes ici..."
Malgré sa vision encore brouillée par le gaz irritant et malgré son esprit défaillant après une fête arrosée et un réveil impromptu, Lelfe commença à incanter.
Derym fini par reconnaître le sort : c'était celui que Lelfe avait employé pour répandre de l'huile sous les pieds d'arbalétriers assassins.
Le Barde finit le sortilège au moment où la voleuse prenait son élan. Il visa donc son point de chute sur la tourelle, en priant pour qu'elle ne se tue pas en glissant et en tombant dans la rue.
L'agile adolescente vit brutalement le toit qu'elle visait se recouvrir d'une étrange substance jaune-verdâtre pendant qu'elle était en l'air.
Elle s'écrasa au milieu, très inélégamment, s'embourbant dans la substance magique collante qui luisait faiblement.
"Mince ! C'est quoi ce truc ?! " s'exclama t'elle en se redressant.
Derym se le demandait aussi, mais ces interrogations cessèrent quand Lelfe manqua se tomber dans les pommes à coté de lui. Il vomit brièvement, en râlant.
"...J'ai... J'ai... Planté le sort..." murmura t'il à Derym qui s'était précité "Ouf... ça va... pas trop mal... Vite, dans ma poche droite !"
Obéissant à son ami encore paralysé par le contre-coup magique, il plongea sa main dans la poche de Lelfe, en ressortant un artefact métallique et dépliable.
Le donnant à son ami, qui saignait maintenant du nez, il parcourut les toits du regard à la recherche de la voleuse. Peine perdue, l'adolescente rouée avait déjà disparue...
Il s'effondra, miné par l'échec cuisant de sa mission à peine commencée.
Il sentait les larmes lui monter aux yeux, en proie à la honte et au désespoir. Une main chaleureuse lui pris l'épaule : Lelfe avait récupéré.
"Pas de panique ! Rien n'est encore perdu ! Regarde ce haut bâtiment sombre au loin..." lui dit Lelfe en lui tendant son artefact.
Derym pris le tube métallique que le Barde avait déplié on ne sait comment.
Suivant les instructions de Lelfe il regarda par un coté du tube en visant de l'autre la haute tour noire désignée.
Malgré la nuit sombre, le bâtiment lui apparut nettement et grossi !
" Ouuaa !! Un instrument de Clairevision ! " s'émerveilla le jeune Druide.
"Pas tout à fait ! C'est juste une longue-vue gnome... Pratique en mer et même en ville ! Regarde plutôt la fenêtre en haut à gauche..."
Derym fouilla du regard la zone indiquée par Lelfe.
Avec cette vision grossie il n'eut aucun mal à repérer une fine trace de botte d'un jaune-vert légèrement lumineux après être passé dans l'étrange substance magique invoquée par Lelfe...
"Elle est rentré là... Et regarde les glyphes entourant les fenêtres et la base de cette tour : c'est chez un mage et c'est protégé ! Et elle y est avec son accord..."
"Allons-y ! Il faut absolument récupérer les cylindres !"
"Du calme, on va pas se jeter comme ça à l'assaut d'un laboratoire de Mage !" répondit Lelfe. On va avoir besoin de Groumpf et d'Ysandre... Pff... Allons les chercher à l'hôtel..." conclut-il visiblement ennuyé.
"Qu'est-ce qu'il y a ?"
"Elle va me buter c'est sûr..." conclut Lelfe en imaginant la réaction d'Ysandre à leurs frasques de cette nuit.
Comme prévu par le Barde, la jeune Paladine ne fut pas spécialement ravie de se faire réveiller par ses compagnons, sentant l'alcool, le vomi et le parfum féminin.
"Par Tür ! Où étiez-vous donc passé ! On s'inquiétait, nous !! Z'êtes complètement inconscients ou quoi !!!"
"Euh... c'est à dire..." commença laborieusement Lelfe sous le regard furibond de la Paladine.
"Eh ! Mais vous empestez l'alcool en plus ! Lelfe qu'as-tu encore fait ?! Et pourquoi Derym à l'air aussi anéanti ?"
"Ben... On a un peu fait la fête..." poursuivit Lelfe.
"Oui, ça se voit ! On dirait deux loques !"
"Et... On s'est fait piquer les cylindres de Derym..." acheva-t-il, piteux.
"...QUOI !! Et comment ? C'était LE truc à surveiller !"
"Ah... Humm... En fait, on s'est fait avoir en beauté. La voleuse a profité de l'innocence de Derym et du fait que j'étais occupé ailleurs avec quelques demoiselles... Oupss !"
"QUOI !! Mais... Non, me dit pas que t'as amené Derym dans un lieu de perdition !?"
"Ben, en fait si..." intervint l'apprenti-Druide, pendant que Groumpf se marrait doucement derrière Ysandre.
"Comment as-tu pu !?!" accusa la guerrière en empoignant Lelfe (le soulevant d'une main et le collant sur le mur au passage...).
"Euh...A la base on y est allé pour prendre quelques renseignements...Mais y'avait plein d'anciens amis, je me suis laisser entraîner...Désolé...En plus j'ai entraîné Derym là dedans."
La jeune femme poussa un soupir las : c'était bien l'attitude irresponsable de Lelfe.
"Et toi, tu t'es laissé entraîner dans cet antre de perdition sans rien dire ?" demanda la jeune fille en colère.
"Ben... C'était pas aussi terrible que tu le penses... Et les jeunes filles étaient très gentilles et..." dit le jeune homme en rougissant.
"QUOI !! Tu lui as aussi payé des filles !?!" rugit la Paladine outrée.
"Hum... Oui. Tu sais, on n'est que des hommes... Et on a parfois certains besoins. Dans des conditions, euh, propices, on se laisse facilement entraîner..."
Le Barde et l'apprenti-Druide poursuivirent leurs malheureuses histoires sous les regards outrés de la jeune femme, qui ne se gênait pas pour faire des commentaires sarcastiques.
"Les hommes... Tous vraiment les mêmes !" conclut la demoiselle à la fin de cette rocambolesque aventure.
"Parce que les femmes n'ont pas le même genre de faiblesse ?" insinua Lelfe.
"...Absolument pas ! La volonté doit être plus forte que la chair !" répondit violemment la jeune Paladine, même si Derym pouvait jurer de l'avoir vu rougir.
"En tout cas inutile de s'attarder sur cette malheureuse histoire ! Aux armes, compagnons ! On a une tour de mage à prendre d'assaut ! Ou du moins à infiltrer..." déclara Lelfe qui avait visiblement récupéré des évènements de la nuit.
"Humm...C'est pas un peu...Brutal, ta méthode ?" demandèrent en coeur la Paladine et le Druide, ce qui les fit rire aux éclats.
"Pas le temps d'épiloguer ! Frappons vite, frappons fort ! Il faut impérativement récupérer les cylindres sacrés !"
"Je le sens mal partis..." murmura Ysandre, prenant quand même son équipement de combat. "On pourrait pas discuter avec le propriétaire de la tour d'abord."
"Oh ! Si tu veux...Je suis sûr qu'un type qui habite dans une tour noire, bardée de glyphes de protection et qui emploie une voleuse adolescente qui séduit les innocents pour mieux les tromper sera ravi de discuter avec nous..." répondit ironiquement le Barde.
(fin du chapitre 8)
Et en voilà un de plus ! N'oubliez pas de le commenter, sinon comment savoir ce qui va et ce qui va pas ? Avez vous noté les tentatives de mon humour pitoyable de ce chapitre ? Non, tant mieux...
La suite bientôt... Enfin quand je l'aurais imaginée(85%), puis écrite, puis postée...
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 30/12/02 11:44
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 06/12/02 14:36
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Et oui, déjà !
Faut dire que je m'ennuie à entrer des masses de données dans excel,sur des sujet aussi passionnant que la consommation d'oxygène de mitochondries isolées de foie de rats entraînés en nourrit à l'huile de poisson en présence d'oligomycine...
Les tâches répétitives permettent vraiment au cerveau de s'évader...
Bon cessons de nous plaindre et en avant pour la suite !
-Chapitre 9 : Echanges.
La jeune voleuse actionna le panneau secret qui lui permettait de regagner la tour de son Maître.
Promptement et en silence, elle fila dans sa chambre sous le toit.
Etalant son butin de la soirée sur la planche de bois à moitié pourrie qui lui servait de couche, elle examina les cylindres pris à Derym.
Elle sourit. Ces trucs paraissaient anciens et probablement magiques. Ils valaient sûrement chacun un bon paquet !
En y regardant de plus prés elle découvrit que chaque cylindre portait un symbole elfique, apparemment élémentaire pour quatre d'entre eux...
Descellant délicatement une pierre sous son lit, elle ouvrit sa cachette secrète et y plaça les deux cylindres aux symboles les plus mystérieux.
"Thiiikiii !!! Tu es finalement rentré, mon enfant ?" fit une voix éraillée venant des étages inférieurs.
"Oui ! J'arrive immédiatement, Maître !" cria la jeune fille, la peur, le dégoût et la colère se disputant son âme.
Elle referma au plus vite sa cachette et empoigna les cylindres restants pour se précipiter vers l'antre de son Maître.
Elle pénétra visiblement à contre coeur dans le bureau du magicien.
Une vague d'odeur de décrépitude, de souffre, d'encens étrangers et de putréfaction l'assaillit, comme à chaque fois.
Prostré dans un fauteuil confortable, un très vieux magicien rachitique aux longs (mais rares) cheveux filasses était penché sur la dissection d'une petite créature inidentifiable pour l'adolescente.
"Approche, approche ma douce..." fit le vieux de sa voix cassée.
"Bien maître." répondit automatiquement Thiki, essayant de ne pas paraître trop dégoûtée.
Comme toujours elle hésita à essayer de briser la nuque fragile du vieillard...
Elle n'en fit rien et s'approcha d'un air soumis. De toute façon elle savait qu'elle n'y a arriverait pas...
"Fructueuse sortie ?" demanda le magicien en la détaillant avec ses yeux chassieux injectés de sang.
"Oui, Maître ! Voici...Des étranges artefacts. Elfiques probablement, avec des symboles élémentaires...Enfin, je crois..." répondit la jeune fille en lui tendant les cylindres.
"Grandiose, grandiose mon amour ! Bonne fille ! "
Le vieillard fit courir ses mains d'étrangleur à la peau parcheminée sur les objets, en murmurant d'étranges paroles dans une langue inconnue de la voleuse.
"Oui, c'est visiblement élémentaire...Je t'ai si bien formé ! Et très bien scellé..." marmonna t'il.
Trop heureuse d'avoir retenu ainsi l'attention de son Maître, la jeune demoiselle fit une révérence avant de vouloir se retirer.
"Un instant." fit le magicien d'une voix glacée. "Mentir n'est pas bien, petite fille...Me cacher quoique ce soit est MAL !! JE DOIS TE PUNIR !!"
Avant que Thiki, folle de terreur n'arrive à quitter la pièce, le mage tendit la main et cracha un sortilège.
L'adolescente fut brutalement catapultée, s'écrasant sur un établi d'alchimie, explosant au passage la verrerie dont les éclats lui transpercèrent la chair. Ses blessures furent encore avivées par les produits toxiques et irritants contenus dans les flacons brisés.
Elle hurla de douleur.
Le magicien s'approcha d'elle quand elle tenta de se relever.
Un autre sortilège maléfique transforma ses ongles de la main en longues lanières noires barbillonnées.
Il en fouetta violemment l'adolescente, s'acharnant en hurlant alors qu'elle gisait à terre dans son sang.
Quand la jeune voleuse arrêta de crier et même de gémir, le sorcier ricanant stoppa son supplice. Il la saisit à la gorge et la releva sans ménagement.
Ecartant les cheveux roux de la jeune fille qui lui masquaient le front, il posa un long ongle sale sur un rubis enchâssé dans le crâne de la demoiselle.
Aussitôt une douleur cuisante dévora chaque nerf de l'adolescente. La douleur était telle qu'elle ne pouvait même pas hurler.
Elle hoquetait et se convulsait dans les bras décharnés du vieillard sadique. Il colla son visage ravagé contre celui de Thiki. Son haleine fétide vint renforcer les sombres menace qu'il lui murmura au creux de l'oreille...
"Apporte-moi les deux cylindres manquants, jeune inculte ! Je t'avais avertie de ne pas me mentir...Et soigne toi aussi. Et habille-toi un peu mieux que ces loques de brigand. Je t'attendrai dans la chambre...Il va falloir que tu sois bien gentille pour que je te pardonne..."
Thiki retourna péniblement vers sa chambre en maudissant intérieurement son patron cruel. Elle n'aurait pas dû essayer de le tromper.
Pourtant ces deux artefacts lui auraient peut-être permis d'engager un prêtre ou un mage assez puissant pour lever le sort qui la tenait en esclavage...
Résignée, comme d'habitude, elle passa prendre un onguent, le moins efficace (le Maître est vraiment radin), avant d'aller chercher les cylindres dans sa cachette.
Une fois ceci fait, elle se reposa un instant, attendant la convocation.
Ce ne serait pas long, il était toujours très excité par la vue du sang.
Comme prévu la voix éraillée du sorcier se fit vite entendre.
Un frisson de dégoût et de douleur parcourut l'adolescente qui revêtait une affriolante chemise de nuit.
Elle se dirigea vers la chambre somptueuse du ténébreux magicien, à pas lents de condamnée, comme à chaque fois.
Il était déjà alité. Elle se laissa attirer par ses mains rêches, se laissa caresser et dévêtir, fermant les yeux pour ne pas voir le corps hideux de son Maître.
Elle gémit, simulant le plaisir comme des les années d'immonde servitude lui avait appris à le faire.
A travers ses yeux pleins de larmes discrètes, elle voyait le soleil levant filtrer à travers une fenêtre, signe d'espoir ou de joie pour un nombre incalculable de races et de personnes. Pas pour elle.
Même en plein jour elle restait dans les ténèbres...
(à suivre...)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 31/12/02 11:18
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 06/12/02 15:25
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Ethan,flatteur, a dit :
Citation :Le seul commentaire que je peux te faire, c'est que je viens de lire ce post depuis le début. J'ai été tellement absorbé par ton histoire que mtn j'ai du boulot en retard, et étant vendredi, je n'ai pas envi de finir trops tard hehe.
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Ô joie ! Ô félicité ! Le meilleur des compliments qui existe !
Sans rire celà fait bien plaisir ! Cela veut dire que j'ai atteins mon but : arriver à produire une histoire assez intéressante pour qu'on s'affranchisse des mes post interminables,de mon orthographes hésitantes et de mes autres fautes techniques (ou autres...) et qu'on trouve du plaisir dans ce récit...
Tiens,j'ai donc plus rien à faire,plus rien à prouver...Mieux vaut disparaître que de risquer d'abimer l'Oeuvre précédante...Vite une corde que je me pende !
Euh...Humf...Bon,bref merci pour les fleurs !
Je vais en fait continuer comme ça (n'hésitez pas à faire des remarques,même négatives aussi !) et espérait continuer à être interressant...
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 08/12/02 20:11
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(suite chapitre 9)
"Et maintenant, on frappe à la porte pour qu'on vienne nous ouvrir ?" lança sarcastiquement Ysandre à Lelfe en désignant la lourde porte gravée de glyphes scintillants.
Le barde ne répondit pas, poursuivant l'inspection de la base de la tour. Vieilles pierres noires, érodées. Solides et escaladables... Du moins pour un elfe assez agile. Pas une partie de plaisir quand même.
Il repéra la voie empruntée par la jeune voleuse, menant à une alcôve près du sommet de la tour. Il y avait probablement un passage par-là, mais Groumpf ou Ysandre (en armure) ne parviendrait sans doute pas à l'atteindre.
Il doutait même que Derym le puisse...
"On va se séparer. Je passerai par le haut de la tour, vous par le bas."
"C'est ça, séparons nous ! On a bien vu là où ça nous a menés !" ricana la Paladine
"Faisons confiance à Lelfe." dit Derym. "Il a l'air d'être un spécialiste pour s'introduire là où on ne veut pas de lui..."
"Pfff...d'abord ça ne résout pas notre problème : comment va-t-on entrer ?"
"Les magiciens sont assez paranoïaques, mais économes : regarde, seule la porte et les fenêtres sont couvertes de glyphes de protections et de pièges...Il en va de même sûrement pour l'entrée par les égouts..."
"Ah ! y'a une entrée par les égouts ?" demanda Derym.
"Y'en a toujours une ! Pour les fuites précipitées et les sorties discrètes...Mais revenons au problème ! Je suis incapable de désamorcer ces piéges..."
"Donc on est bloqué !"
"Non. Il suffit d'emprunter une voie qui défie la logique du sorcier !" sourit Lelfe en faisant un clin d'oeil à Groumpf.
"Quoi !?!" s'exclamèrent ensemble Ysandre et Derym en voyant Groumpf sortir son énorme marteau de guerre à deux mains.
"Si y'a pas de porte, on va en faire une !" s'esclaffa joyeusement le Barde. "Bon, ça va faire plein de boucan et attirer le sorcier...Vous l'occuperez pendant que je reviendrai des étages supérieurs, avec les cylindres si j'ai de la chance !"
"Tu es vraiment sûr ? Déjà que j'aime pas m'introduire chez les gens comme ça..." demanda la Paladine gênée par ce plan.
"Oui. Récupérer les cylindres est la priorité. Si ça se trouve on aura même pas à se battre...Enfin, pas trop."
"Alors allons-y..." conclu Derym, lui aussi doutant un peu du plan simpliste.
<BBOOOOMM>
"Qu'est-ce que ?"
<BOOOMMM>
Le son s'accompagna cette fois de vibrations qui firent trembler les petits objets dans la chambre à coucher du magicien.
Le vieillard se leva d"un bond, malgré son âge et sa faiblesse apparent.
Il murmura quelques sombre parole en saisissant une coupe qui traînait. Une image ondoyante se forma, montrant Groumpf qui attaquait le mur de la tour avec l'ardeur frénétique d'un bûcheron barbare.
"Des intrus !?! Et qui passent par le mur !! On me l'avait jamais faite celle-là !" ricana méchamment le mage, persuadé de l'inutilité de cette approche ridicule.
<BOOOMMM><CRRRAAACCKKK>
Groumpf venait de la contredire en pulvérisant une bonne partie du mur du rez-de-chaussée. La mine du sorcier s'assombrit. Il fallait mieux prendre au sérieux ces mécréants.
Il s'habilla en vitesse, prit son lourd bâton de magicien orné d'un saphir et s'apprêta à sortir punir ses invités. Une idée lui vint soudainement.
"Thiki ?" fit t'il d'une voix glaciale.
"Oui, mon maître ?" répondit l'adolescente frissonnante qui se rhabillait au plus vite.
"Regarde un peu..." murmura le vieillard, menaçant, en lui plongeant à moitié la tête dans la coupe de Clairevision?
Dans l'eau troublée de magie, elle reconnut Derym, près d'un colosse et d'une belle femme en armure. Qui défonçait le mur.
Son regard la trahit, comme prévu par le magicien.
Il l'envoya bouler à l'autre bout de la chambre, crachant sur elle des imprécations maudites.
"Incapable ! Stupide gamine ! Tu t'es fait suivre ! Je le savais !" cria le sorcier dément en abattant son bâton sur la jeune fille. "Va chercher tes armes ! t'a intérêt à être utile ou la punition sera plus terrible encore !"
Le magicien partit en trombe vers le rez-de-chaussée.
Pendant que Groumpf se frayait un passage à travers la pierre, Lelfe avait escaladé avec difficulté la tour jusqu'à l'entrée dissimulée réservée à la jeune voleuse.
Il tenta d'utiliser ses talents de monte-en-l'air pour crocheter la trappe secrète qu'il avait découverte, sans autre succès que de presque se faire trancher les doigts par un piège habilement dissimulé.
Vu le boucan créé par Groumpf, il décida de ne plus s'embarrasser de discrétion : il défonça la trappe à coup de pieds.
Après une roulade fort peu artistique (surtout pour éviter les éventuels piéges...), Lelfe pénétra dans le bâtiment.
Au son, il se rendit compte que Groumpf et les autres n'avaient pas encore pénétré dans la tour.
Il se mit vite en mouvement pour explorer la bâtisse, espérant le maître des lieux trop occupé et surpris par les travaux de "terrassement".
Il arriva à un escalier central. Monter ? Descendre retrouver les autres ?
Autant monter : il était prés du sommet et pourrait toujours se précipiter pour aider ses amis au besoin.
Evitant les portes trop bien fermées et protégées, il se déplaçait silencieusement avec la grâce d'un cambrioleur professionnel (à ceci prés que ses vêtements chatoyants de Barde et le cliquettement de ses nombreux bijoux rendait tout effort de discrétion inutile...).
Il avisa soudain une chambre miteuse et ouverte. Une misérable planche vermoulue était l'unique mobilier. à ses pieds un tas de vêtements en lambeaux et une armure de cuir déchiquetée. Le tout plein de sang.
Farfouillant dans les hardes couvertes de sang ("Tiens des éclats de verre ?") , Lelfe sentit monter en lui une sourde colère en reconnaissant les vêtements de sa jeune voleuse. On l'avait sauvagement battue.
Il se passait visiblement des choses étranges ici...Mais nulle trace des cylindres. Il sortit précipitamment : cette pièce le mettait mal à l'aise.
Il descendit les étages à pas de loup, surprenant des éclats de voix et des sanglots venant d'une chambre. Il se dissimula attentivement derrière une colonnade.
Le magicien coléreux sortit en trombe et se mit à descendre d'une démarche furieuse contrastant avec son apparence frêle de vieillard. Heureusement il n'avait pas vu Lelfe, obnubilé par sa rage.
Un long craquement se fit alors entendre, suivit par un éboulement de pierraille. Groumpf et ses amis venaient d'entrer !
Le colosse jaillit aussitôt par l'ouverture, arme au poing. Derym et Ysandre le suivirent avec un peu d'hésitation.
Ils pénétrèrent dans un hall luxueux, décoré de larges colonnes gravées de symboles probablement magiques.
En formation de combat (c'est à dire Groumpf devant, suivi de prêt par Ysandre et avec Derym à l'arrière), il finirent par déboucher sur un large escalier montant en spirale vers les étages.
Et au milieu de celui-ci se tenait un vieillard furibond tenant un grand bâton à l'extrémité bleutée pulsante de magie.
Ils s'arrêtèrent. Le magicien les dévisagea longuement. Ysandre s'avança alors.
"Veuillez nous excuser pour cette intrusion musclée. Vous détenez apparemment des artefacts nous appartenant, ou vous hébergez une jeune voleuse. Au nom de Tür, je vous somme de nous les remettre !"
Le mage sembla un instant complètement pris au dépourvu par cette requête inattendue. Puis un sourire mauvais lui mangea le visage.
"Comment osez-vous ! Nul ne me donne d'ordre ! Encore moins sous mon toit ! Préparez-vous à périr pour votre impudence !" cracha-t-il en levant son bâton.
"Mais..."
Avant qu'Ysandre n'aie pu poursuivre, le bâton orné cracha un éclair bleuté. Derym faucha la Paladine aux jambes, qui s'effondra, évitant ainsi l’électrocution. L'éclair alla exploser une oeuvre d'art.
Le sorcier ne plaisantait pas !
Groumpf passa aussitôt à l'action, se ruant sur le vieillard à une vitesse prodigieuse. Il dominait le frêle magicien de toute sa taille de titan. Celui ci sourit quand le marteau de guerre colossal s'abattit sur lui.
Des étincelles magiques jaillirent. Absorbant le choc. Le sorcier était indemne et n'avait même pas bougé. Il ricana devant l'air ahuri de Groumpf et leva à nouveau son bâton.
La Chaîne d'Eclairs frappa Groumpf de plein fouet, l'expédiant au bas des escaliers au milieu d'éclairs bleutés. Une odeur de chair calcinée envahit la pièce en même temps que les hurlements du monstrueux guerrier.
Ysandre se jeta à son tour dans le combat.
Elle n'atteignit même pas le sorcier : d’une rapide incantation et d'un geste impérieux de la main, une sphère dorée jaillit et catapulta la jeune femme au loin, brisant son armure.
Derym accouru immédiatement pour lui dispenser les premiers soins. Elle n'était que légèrement blessée.
Visiblement le magicien s'amusait avec eux. Pendant que le druide soignait son amie, il lui décrivait par le menu les tortures qu'il leur ferait subir prochainement. Surtout à Ysandre.
Dans un hurlement de rage berserk, Groumpf se releva, à la grande surprise du magicien.
Sans même réfléchir, il s'interposa entre lui et ses amis, faisant pleuvoir une volée de coups titanesque sur le vieillard. Qui n'en parut pas le moins du monde affecté. Les étincelles magiques, témoins de sa protection, absorbaient les coups du guerrier.
Profitant d'un relâchement, il renvoya un autre arc électrique en plein dans la poitrine de Groumpf.
Cette fois, le géant ne mit qu'un genou à terre. Il se redressa aussitôt pour poursuivre son attaque frénétique.
Pour la première fois, le sorcier dément connut la peur et l'hésitation : sa protection n'était pas infinie et ce monstre l'amenuisait bien trop vite à son goût ! Et il avait résisté à deux coups d'éclair directs ! Etait-il immortel ?
Les charges magiques du bâton n'étaient pas elles non plus inépuisables. Il fallait en finir.
En se concentrant, le magicien renforça la puissance libérée par le bâton de pouvoir et lança une autre vague électrique.
Cette fois Groumpf vola littéralement. Il s'écrase dans des gerbes de flammes et de magie, le corps parcouru par des convulsions et des arcs électriques. Il fumait.
Derym se précipita, mais le géant était déjà inconscient. Ses blessures pouvaient être mortelles, même pour une force de la nature tel que lui.
Ysandre à peine guérie rejoignit l'apprenti druide pour l'aider de son mieux à soulager
le colosse.
Du coin de l'oeil elle vit le sorcier incanter.
Elle interposa son bouclier entre le jet de flamme jaillissant de la main du sorcier et Derym. Elle recula sous le choc, brûlée même à travers son bouclier et son armure.
Quand la débauche de flammes s'arrêta, la jeune femme vit que son bouclier n'était plus qu'une ruine fumante. Elle défit promptement la portion d'armure rougie qui lui brûlait le bras.
En dessous ses vêtements étaient noircis. Elle n'osa pas les retirer pour voir l'état de son bras.
Le magicien poussa un soupir, il avait raté son coup. Il leva son bâton, certain d'en finir cette fois.
Au même moment, Ysandre, qui voyait la mort s'approcher à grand pas, vit un éclair métallique tomber.
L'épée magique de Lelfe se ficha dans le sol à quelques pas de la jeune Paladine. Le Barde ne les avait pas abandonnés !
Du haut des étages il lui avait lancé son arme.
La guerrière s'empara prestement de la lame.
"Ravi de vous servir à nouveau mademoiselle !" fit l'arme enchantée "Vite ! Pointez-moi vers se sombre nécromant !"
Obéissant à l'épée, la Paladine pointa la lame vers le sorcier à moment ou celui-ci libérait une fois encore ses Eclairs magiques.
Toute la vague bleuté sembla converger vers l'épée. Des arcs électriques grésillants parcoururent la jeune fille qui hurla de douleur.
Mais curieusement c'était supportable !
"On ne m'appelle pas L'Eclair du Châtiment Divin pour rien. Hélas mon maître maladroit n'a pas pris avec lui mon joyau de Lunepierre...Je ne puis vous protéger totalement de ce genre d'attaque...Seulement en atténuer les effets !"
La Paladine reprit courage : tout n'était pas perdu.
Mais le magicien roué avait bien vu que son attaque n'avait pas eut l'effet escompté...Il incanta un nouveau jet de flammes.
Et rien ne protégerait plus Ysandre de celui-là !
Les flammes explosèrent devant elle ! Elle y discerna une silhouette amie qui priait doucement.
"La Nature est mon alliée, source de vie et de protection pour ses Fils. Nul Feu brûlant ou Bise glaciale ne saurait apporter le tourment."
Derym l'avait protégée du brasier ! Au péril de sa vie, il s'était interposé entre la jeune femme et les flammes.
Et il en paya le coup : malgré son incantation, le feu avait quasiment détruit ses vêtements et avait touché sa chair.
Il n'était pas vraiment de taille contre un sorcier aussi puissant.
Mais les deux jeunes gens échangèrent un sourire de connivence : tout n'était pas encore perdu !
Comme ressuscité par leur courage, le puissant Groumpf se redressa.
Un bruit de cavalcade dans l'escalier leur apprit que Lelfe se ruait à leur secours.
Le sorcier maléfique fit la grimace : ces envahisseurs étaient vraiment tenaces !
(à suivre...)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 31/12/02 11:19
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 09/12/02 22:34
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(suite chapitre 9)
Quelques instants auparavant...
Lelfe venait de voir sortir précipitamment le magicien de sa chambre.
Peut-être les cylindres s'y trouvaient-ils ? Il se glissa vers la
porte à pas prudents tandis ce que le sorcier dévalait les escaliers.
Le barde misa sur ses amis pour retenir longuement le lanceur de sort.
Après un regard en arrière il rentra dans la chambre...Et se heurta à
Thiki, nue, qui en sortait précipitamment !
L'adolescente s'empara prestement d'une des dagues de Lelfe, la
retournant contre lui pendant qu'il était au comble de la surprise.
Mais après les cruels traitements infligés par son sinistre
Maître, l'adolescente ne faisait pas le poids. Par pur réflexe, le Barde l'envoya
s'écraser au sol.
Il avisa finalement le triste état de la jeune fille et stoppa son
attaque. Elle avait été battue comme plâtre...Et pas que ça apparemment vu sa
tenue...
La rage monta chez l'aventurier en voyant les yeux remplis de larmes de
la voleuse et les traces immondes de coups sur son corps d'enfant.
Pour surmonter l'horreur qu'il sentait monter en lui, il détourna le
regard de la jeune fille prostrée et examina la pièce.
Soudain, en contemplant la chambre à coucher, un sombre sentiment
l'envahit. Il tremblait.
Cette pièce puait littéralement le désespoir, la folie et la tristesse.
Lelfe avait l'impression d'étouffer dans un océan d'immondices. Il avait
des hallucinations de cauchemars...Et son esprit lui soufflait qu'il
s'agissait de visions bien réelles.
Il tituba, cherchant à sortir sous le regard surpris et noyé de larmes de
Thiki. Il s'effondra à genoux et vomit une bile âcre.
Dans son esprit dansaient des horreurs sans fin. Il se raccrocha aux
paroles de toutes les chansons vantant la joie de vivre, le courage et
l'espoir qu'il connaissait pour ne pas sombrer dans la folie.
Lentement, il se releva et se tourna vers Thiki.
Celle ci ne bougeait plus, terrorisée par la punition future qu'allait
lui infliger son Maître.
Pourtant quand elle croisa le regard enflammé par la détermination de
Lelfe, elle fut saisie par une peur plus grande encore : la peur de
mourir. Etait-ce vraiment le seul moyen de quitter cette vie d'esclave ?
"Pitié..." se lamenta t'elle "Je ne veux pas mourir...Les cylindres
sont dans le laboratoire à coté...Je ne voulais pas..."
Elle éclata en sanglots.
"J'ai autre chose à faire avant." dit Lelfe d'un ton implacable.
Lelfe s'avança lentement vers elle. Elle ferma les yeux.
Soudain une chaleur l'envahit : l'aventurier venait de la recouvrir de
sa veste.
Ensuite il s'agenouilla prés de l'adolescente et posa ses mains douces
sur ses plus graves blessures. Une lueur magique s'en échappa et
cicatrisa quelques-unes unes des plaies les plus sales.
"Pourquoi..." parvint à demander la jeune fille au comble de
l'étonnement.
Lelfe eut un sourire mélancolique et se releva.
"Pardon de n'être pas venu plus tôt..."
Sur ces paroles qui firent exploser la jeune voleuse en sanglots, il
quitta la pièce d'un air décidé. Des cris et des explosions montaient du
rez-de-chaussée : ses amis avaient besoin de lui.
Ailleurs...Dans une sombre forteresse au sommet d'une montagne
vertigineuse...
Dans un lit somptueux, garni de satin et de soie fine, couvert de
coussins richement brodés et de fanfreluches, deux silhouettes
dormaient, enlacées.
L'une d'elles se redressa soudain. Elle n'était vêtue que de bandages
étrangement entrecroisés, couverts de talismans et de glyphes aux contours
étranges.
Quelque-chose se passait ! Il avait était réveillé par une étrange
sensation dans le Flux de Mana.
Grommelant, le mystérieux magicien activa ses sorts de détections. Aucun
danger à proximité pourtant...Il s'abandonna en esprit dans la Mer
de Mana, vibrante, vivante et mystérieuse.
Toujours rien.
A coté de lui, une sensuelle elfe noire se réveilla.
"Que se passe t'il, mon chéri ?"
"Rien...C'est juste...J'ai eut une étrange impression...Peut être un
cauchemar..."
"Toi !?! Ahahaha ! Même le plus puissant des nécromants, l'archimage Elu
de Loth la Sombre, peut avoir des cauchemars !?!" explosa de rire la
drow.
Se joignant à son rire maléfique, la silhouette couverte de bandages
l'attira à lui. C'est vrai, quasiment rien ne pouvait le menacer...
Ailleurs. Dans une tour d'argent cachée dans un endroit
improbable...
Brusquement, un archimage demi-elfe jaillit de son lit, prêt à lancer des
foudres destructrices sur ce qui le menaçait. Rien. La pièce était vide.
Il s'immergea dans la Mer de Mana, déployant sa volonté, se
fondant dans l'étoffe même de la Magie. Ses yeux devinrent d'un vert
phosphorescent tandis qu'il bandait sa volonté à la recherche d'une indicible
menace.
Rien. Pourtant la sensation était réelle... Au risque de perdre son
esprit il se dilua encore dans la Mer de Mana. Là. Une sensation de
désespoir et de tristesse si intense qu'elle avait fait "résonner" la
trame magique. Qui ou Quoi avait provoqué cela ?
Il se calma, son corps épuisé par l'effort. En tout cas ça avait disparu
maintenant...
Ailleurs...Dans une chapelle à demi détruite prés d'une sombre
forteresse au sommet d'une montagne vertigineuse.
Au centre d'un pentagramme, au milieu de corps ruisselants de sang
encore frais, une petite fille à l'apparence d'une elfe à la peau grise
tenait une coupe de Clairevision.
"Qui a bien pu faire ça ?" se demandait-elle, envoyant tous ses
pouvoirs dans la coupe, cherchant l'origine de la perturbation.
"Je ne sais pas, Maîtresse..." répondit son esclave Aram, croyant
qu'elle lui parlait.
"Silence je me concentre...J'ai déjà ma petite idée...Va me chercher
d'autres gardes à sacrifier au lieu de rêvasser !!"
Retour à la tour du mage où Derym, Ysandre et Groumpf sont en
mauvaise posture...
Groumpf bien que blessé se jeta à l'assaut du magicien qui ricana. Aucun effet à part de grandes gerbes d'étincelle.
Ysandre attaqua avec lui, sans plus de succès, malgré l'arme magique de Lelfe.
Derym s'apprêta à s'élancer aussi, à poings nus.
Le sorcier se débarrassa de ses assaillants d'un sort qui les propulsa violemment au quatre coins de la pièce.
Le sorcier prit cette fois le temps d'incanter un sortilège assez puissant et que ne pourraient parer ni l'épée de la Paladine, ni la magie druidique de Derym.
Tout semblait perdu quand un long cri retentit.
Lelfe, suspendu à une corde s'était jeté dans l'escalier, et dans un mouvement pendulaire s'écrasa sur le mage noir ne pleine incantation.
Bien que le choc fut violent, la majeure partie fut absorbée par la protection du sorcier. Celui ci, surpris, tomba à la renverse et dévala l'escalier. Son incantation mortelle était gaspillée !
De rage, il lança un sort de Poigne télékinétique et envoya Lelfe s'écraser brutalement au sol. Il ne lui restait plus qu'à recommencer !
Lelfe avait, presque comme prévu, atterri entre Ysandre et Groumpf. La douleur l'empêchait de se relever pour le moment.
Faisant un clin d'oeil insistant, il capta l'attention de la Paladine et pointa son doigt vers le sorcier...Pas sur le sorcier...
Après un ou deux instants d'hésitation la jeune femme activa le sortilège de Hâte de l'épée elfique, se ruant vers la cible désignée.
Le sorcier hoqueta de surprise en voyant l'accélération de la belle. Il accéléra son incantation funèbre au mépris des risques.
Ysandre arriva à portée et leva l'arme enchantée. Le sorcier fini et cria la dernière syllabe du sort. La jeune femme allait échouer.
Groumpf jaillit à cet instant. Abattant de toutes ses forces son marteau de guerre sur le crâne du sorcier, sans dommages, il lui fit cependant à nouveau échouer son sort. Ce géant était vraiment increvable !
"Groumpf !! Le saphir !!" hurla Lelfe.
Le colosse leva son marteau vers le bâton du mage, qui ne comprit que trop tard le plan des héros. Ysandre frappa elle aussi vers la pierre pulsante de magie.
Pris entre l'enclume formée par le marteau de Groumpf et la lame magique de la Paladine, le cristal d'une solidité incroyable se fendit dans un craquement sourd.
Immédiatement une petite explosion d'éclairs et de lumières propulsa Ysandre et le guerrier géant à terre. Le magicien hurla lui aussi de douleur, sa protection inutile contre de telles vagues d'énergie crépitante.
Il lança le bâton et s'enfuit vers les étages, le bras largement brûlé.
L'artefact magique s'écrasa au milieu de la pièce, lançant de puissant rayons électrocutant partout. L'explosion semblait imminente.
Derym se jeta sur l'artefact et le saisit, se faisant sévèrement brûler une fois de plus. Grimaçant sous les arcs électriques qui lui cuisaient les membres il banda ses forces et lança le bâton crépitant...vers le vieillard qui gravissait les escaliers.
Le magicien n'eut le temps que de pousser un cri d'horreur et de lever son bras valide dans un geste dérisoire de protection. Juste quand le bâton le toucha une vague d'énergie jaillit de l'artefact.
Dans un éclair blanc, une explosion souffla l'escalier et une partie du mur de la tour s'effondra sur le sorcier. Il fut ensevelit sous une avalanche de rocs de flammes et de bois brûlé dans un fracas étourdissant.
Le groupe d'aventuriers blessés resta un moment sans voix avant d'éclater de joie devant leur victoire inespérée !
Il se relevèrent et se congratulèrent mutuellement, ignorant leurs terribles blessures et leur fatigue.
Soudain, un cri retentit : du haut des débris de l'escalier Thiki avait assisté à la fin de son cruel Maître. Curieusement elle s'effondra à genoux, en larmes de désespoir...
Et derrière elle apparut une sombre et mince silhouette.
(à suivre...)
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 31/12/02 11:20
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 10/12/02 19:35
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(suite chapitre 9)
Thiki leva ses yeux pleins de larmes vers l'apparition. Un grand homme, borgne et à l'allure inquiétante la dominait.
Il était armé d'une longue épée serpentine et d'une dague. Et sa cible ne faisait aucun doute. La jeune fille se résigna à mourir. C'était prévisible de toute façon...
"Zaralas ! NON !" cria Lelfe quand l'homme leva son épée.
Il s'interrompt et prit un air maussade.
"Désolé, mais les ordres sont les ordres. Ce qu'elle a fait mérite punition...Ne t'en mêle pas s'il te plait..." grommela le borgne.
Il claqua des doigts pour appuyer son propos. Aussitôt une demi-douzaine de silhouettes toutes de noir vêtues envahirent le rez-de-chaussée dévasté, arbalètes aux poings.
Ysandre, Derym et Groumpf, épuisés et blessés tentèrent péniblement de se mettre en garde pour faire face à cette nouvelle menace. Cela semblait bien inutile, mais ils avaient déjà accomplit des miracles ensemble.
Lelfe enrageait : il voyait la victoire lui échapper...
Le sinistre Zaralas leva à nouveau son épée pour décapiter la jeune voleuse.
"STOP !!" hurla à nouveau Lelfe.
Une fois de plus l'homme s'arrêta, irrité.
"Quoi encore !?!"
Le barde savait que supplier ne servirais à rien. Restait...Le bluff !
Il plongea une main dans une de ses poches et en sortit un étrange joyau noirâtre de la taille d'un oeuf de poule. Un pentagramme doré pulsait de magie en son centre.
Recourant à la langue des Voleurs il le menaça :
"Enav' poow'aly ! Ar o kal Damon Hayss !! Ikan dess'all !"
Le borgne se figea et sembla se vider de son sang. Hésitant, il parcourut du regard la salle d'en bas, puis revint vers la pierre magique brandie comme un talisman par Lelfe.
Tous les autres brigands avaient reculé sous la menace (?) étrange de l'aventurier...
Ses amis n'avaient pas compris un traître mots de ce qu'il venait de dire, mais ça avait visiblement mis les nouveaux venus dans un état de choc !
Lelfe sourit. La victoire lui revenait !
Il perdit son beau sourire quand une dague glaciale se posa sur son dos.
L'invisibilité du Maître-Voleur Hobbit s'annula au moment ou il prenait Lelfe en otage.
"Tu as de surprenants et puissants alliés...Malheureusement pour toi, je crois que tu bluffes...Sinon tu ne seras pas en si piteux état !" ricana le vieux roublard.
"Tu veux prendre le risque ? Laisse donc partir cette gamine : elle ne t'est d'aucun intérêt..."
"Tu oublis ma réputation, mon ami...Comment pourrais-je épargner celle qui bafoue nos règles, s'introduit dans le QG de MA Guilde, dont elle ne fait pas partie d'ailleurs, et vole et agresse mes hôtes ? Je me dois de maintenir l'ordre et le respect de la hiérarchie..."
"Humm...Et à part nous ici présents, qui d'autre est au courant ? Personne ! Fait preuve de sagesse mon ami et laisse la vivre...J'en prends la responsabilité ! Et au fait, je suis vraiment ami avec Demon's Eye...Cette Pierrecom est authentique, tu le sais !"
Le petit voleur hésita...Il restait toujours la possibilité qu'il dise vrai...Connaissant Lelfe, rien n'était impossible !
"Je ne pense pas...Je ne trouve aucune...compensation...à cette situation..."
Reconnaissant un appel au marchandage, Lelfe se détendit un peu.
Prudemment, il fouilla dans ses poches et en sortit un petit étui à parchemins, scellé par des gravures d'argent. Il le remit au Hobbit.
"Vraiment !? Tu dois beaucoup tenir à cette gamine ! " s'esclaffa le Maître-Voleur en empochant l'étui.
Il siffla et toutes les sombres silhouettes semblèrent se dissoudre dans les ombres.
"Par contre, je ne t'aiderai pas pour la suite !" lui cria le roué vieillard en s'en allant.
"La suite ?"
Lelfe se retourna alors violemment et hurla à plein poumon : "A TERRE !!"
La pile de décombres explosa alors !
Auréolé de flammes magiques, le sorcier dément se redressa, vivant !
"Vouuusss alllezz payyeerr !" hurla-t-il.
Sa robe de mage n'était plus que lambeaux. Il avait un bras monstrueusement brûlé et saignait par de multiples plaies et fractures. Mais sa magie restait menaçante.
"Pourquoi faut il qu'ils reviennent TOUJOURS !" se lamenta Lelfe.
Groumpf s'élança. Le sorcier fit un geste et le géant s'abattit les jambes brisées.
Ysandre passa à l'action aidée de Derym. Une explosion sonique les balaya comme des poupées.
Restait Lelfe, déjà blessé. Il était en meilleur état que ses amis, pourtant ni ses maigres connaissances martiales, ni aucune de ses compétences magiques ne lui étaient utiles contre pareil adversaire.
Et il ne semblait pas vouloir discuter...
"Vouss aaallez SOUFFRIR !!" hurla le dément écumant de salive et de sang.
Priant, il tenta une dernière chose : il s'en remit à la chance !
Il sortit de derrière son dos une baguette d'ébène pris hâtivement dans la chambre du mage.
"Non, c'est toi qui va souffrir !" ricana Lelfe, espérant paraître assez convaincant en pointant la baguette.
"Hein ! Non ! Ma baguette de Désinté...Oups !"
"Merci ! Desintégrate !! "
Un rayon verdâtre jaillit de la mince baguette et frappa le sorcier terrorisé. Il se retrouva englouti dans un inquiétant brasier de flammes vertes.
Rassemblant ses forces magiques, il activa toutes ses barrières et contre-sorts. Il tenait bon contre le flux mortel.
Lelfe relança un autre éclair verdâtre avec la formule si gentiment donné par le mage malchanceux.
Les protections cédèrent. Le sorcier sentit son corps partir en poussière. NON ! Il refusait d'être vaincu par sa propre magie ! Il opposa son esprit aux flammes dévorantes.
Il tenait encore.
Lelfe tenta de relancer encore le sortilège, mais la baguette s'émietta en volutes de fumée noirâtre, sa magie épuisée.
Le sorcier allait donc s'en sortir, annulant peu à peu les effets du terrible sortilège...Cette fois ils avaient perdu !
Une pierre luminescente vola soudain droit vers la tête du sorcier fou de douleur.
Derym venait de concentrer tout le peu de pouvoir qui lui restait dans un Caillou Magique qu'il propulsa à la fronde !
Le projectile était suffisamment enchanté pour traverser la barrière hurlante formée par les flammes vertes désintégrantes et frapper le sorcier au milieu du front.
Cela suffit à briser la concentration du nécromant.
Perdant le contrôle de ses contre-sorts et de ses barrières psychiques, il fut englouti par le sortilège verdâtre.
Les héros virent sa peau s'émietter et ses os disparaître en fumée poussiéreuse.
Cette fois il ne reviendrait pas !
Les aventuriers se redressèrent et congratulèrent Lelfe et Derym pour leur coup de maître.
Soudain, un hurlement déchira la paix enfin revenue.
Thiki bascula de l'étage en ruine et manqua de s'écraser. Derym réussit à l'intercepter et elle s'affala dans ses bras.
La jeune voleuse en pleurs hoquetait et tressaillait, en proie à une terrible douleur.
De l'écume sanglante couvrait désormais sa bouche, ses pupilles étaient dilatées et sa respiration sifflante n'augurait rien de bon...
"Bon sang qu'est-ce qu'elle a ?" s'écria Ysandre en arrivant au chevet de la jeune fille tremblante.
Lelfe s'agenouilla et lui souleva les cheveux.
Une gemme luisait de façon inquiétante, insérée dans le front brûlant de la voleuse.
Derym cru y discerner l'ombre d'une sinistre araignée...
(à suivre...c'est moi ou c'est de plus en plus long ? )
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Dernière mise à jour par : MageGaHell le 01/02/03 21:29
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 11/12/02 18:45
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(suite chapitre 9 : )
"On dirait les symptômes d'un empoisonnement...Et rapide !" fit l'apprenti druide en auscultant la jeune fille.
"Derym, fait quelque chose !" supplia Lelfe.
Curieusement il refusait de laisser mourir la gamine, malgré tous les ennuis qu'elle leur avait causé.
Un coup d'oeil vers Derym lui appris qu'il partageait ce sentiment. Malgré son affaiblissement et ses multiples blessures le jeune homme se concentra et invoqua la puissance de la Nature pour chasser le poison du corps de l'adolescente.
Lelfe se releva et se précipita en courant vers la sortie de la tour. Là, il pris un sac caché au préalable derrière un tas de débris : Quelques-unes unes de ses affaires...Dont les baumes et élixirs magiques revitalisant !
Il revint au plus vite.
Derym avait l'air navré : ses pouvoirs restaient sans effet et il était de plus en plus épuisé.
Lelfe lança rapidement deux potions de soin à Ysandre et à Groumpf pour leur rendre un peu de vitalité. Il en passa une aussi à Derym.
Il préféra donner sa part à la jeune fille qui agonisait.
Malgré le soin magique elle continuait de s'affaiblir en gémissant.
"Mais qu'est-ce qu'elle a !?" s'écria Ysandre, elle aussi émue par les souffrances de la voleuse.
"Aucune idée, mais ma magie ne sert à rien...Et j'ai bientôt épuisé toutes mes ressources !" murmura Derym luttant contre la douleur et le désespoir.
"La gemme sur son front est un artefact magique de contrôle semi-vivant. Si son porteur s'éloigne de son Maître ou si celui-ci meurt, il se charge automatiquement de tuer l'organisme hôte. La magie de guérison simple ne peut rien contre lui, pas plus que la chirurgie : la gemme a projeté des extensions dans tout le corps, ce qui explique l'affaiblissement généralisé..." dit Lelfe d'un ton monocorde.
Les autres le regardèrent un instant ahuri. Il eut l'air aussi surpris qu'eux.
"...Bon. Et comment ça se soigne ?" demanda Derym.
"...Aucune idée !" répondit Lelfe, troublé. "Mais comment je sais tout ça, moi ??" se demandait-il intérieurement.
"Je peux t'aider..." fit une petite voix féminine dans son crâne. "En échange, vénère-moi !"
Lelfe fini par reconnaître la jeune voix mentale.
Il ne l'avait croisée que deux fois mais s'en souviendrait toujours : une fois lui et ses amis aventuriers faillirent se faire anéantir d'un geste et l'autre fois, l'un du groupe avait perdu son âme dans l'histoire !
"Ly-Hel...Dégage de ma tête ! je ne veux rien avoir affaire avec toi !"
"Dommage...Il me serait facile de la sauver...Et suivre un dieu de plus ou de moins ne devrait pas trop te déranger..."
"Pas question,ça fâcherait pas mal de gens de ma famille si je suivais une DEMI-déesse maléfique !!"
"Pfff...Alors débrouille-toi !"
Le dialogue silencieux avait complètement échappé aux autres héros qui s'inquiétaient de plus en plus pour la jeune fille...
"Je refuse de l'abandonner !" fit Derym. "Et j'ai une solution...Risquée."
Avant que quiconque n'ait fait la moindre remarque, Derym posa sa main sur la pierre luisante au milieu du front de Thiki. Il se mit à chantonner doucement une prière druidique complexe.
Lelfe, distrait par son échange mental, ne comprit que trop tard la nature du sortilège : un Transfert de Blessures !
"NON ! Derym ! T'as aucune chance ! Tu ne maîtrises pas ce sort et t'es trop faible !"
Le jeune humain sourit et fut entouré d'une lumière aveuglante.
Un instant plus tard, il s'écroulait, une gemme sanguinolente fichée dans le front...
"Bon sang ! Ysandre vite : soigne-le ! Groumpf ! Prend la voleuse et donne lui une potion ! "
"ça sert à rien !" dit la Paladine. "Je n'ai plus de pouvoir."
"Et bien fait un miracle. Les dieux, ça sert à ça, non ?" grogna Lelfe en appliquant ses mains sur la poitrine de Derym.
Le coeur ne battait plus que très faiblement. C'était déjà bien après la débauche de magie dont s'était servi le Druide...
"A moins qu'on l'ait aidé... Oui, ça doit être ça ! Jamais il n'aurait pu utiliser ce sortilège autrement ! Ly-Hel ! A quoi jouais cette gamine ? Pourvu que Derym ne lui ait pas offert son âme et échange de l'adolescente..." pensait Lelfe.
En appelant à ses pouvoirs de Paladin, il joignit ses efforts à ceux d'Ysandre. Leur magie guérisseuse s'amplifia, en harmonie.
Ysandre s'écroula son l'effort, vaincu par le flux de Mana qu'elle dirigeait.
Malgré leur tentative, Derym s'enfonçait...Lelfe fit alors appel à Dame Nature.
Cette fois, quelque chose se produisit : en voulant chasser le poison, il s'était mis cette fois en harmonie avec l'esprit de Derym, qui tentait de faire de même malgré son état !
La gemme noircit et se détacha en fumant du corps du Druide. Il hoqueta.
Sans avoir la force d'ouvrir les yeux, il fit timidement le V de la victoire avant de s'évanouir pour de bon.
Lelfe souris doucement en le contemplant. Sa joie augmenta encore quand Groumpf lui montra Thiki qui respirait faiblement et qui semblait reprendre des couleurs.
Ysandre était elle aussi dans les vapes, mais ne semblait pas trop trop amochée...
"Sortons d'ici...Au temple de Tür...Groumpf ! J'crois ..j'crois qui va falloir...Que tu nous y por..." déclara Lelfe avant de sombrer lui aussi.
Le prêtre de la justice se souviendrait longtemps de ce début de matinée !
Ils virent arriver un monstrueux géant ensanglanté, trimbalant péniblement une troupe encore plus en piteux état !
Quand ils s'interposèrent courageusement entre le colosse et leur sainte chapelle, il reconnurent les emblèmes de Paladin d'Ysandre.
Groumpf marmonna juste un "Faut soigner...Peut payer !" avant de s'écrouler à son tour, miné par l'effort et ses blessures.
Quelques temps plus tard (et beaucoup d'or en moins) les héros étaient presque tous en état.
De plus les prêtres leurs apprirent qu'à part Groumpf ils étaient tous en état de Négate : ils n'avaient plus accès à leurs pouvoirs magiques ! L'overdose de sorts avait saturé leurs corps meurtris pour quelque temps...
Lelfe soupira : cette petite escapade leurs avait coûté bien cher ! Mais il sourit en voyant Thiki se réveiller.
Le groupe d'aventurier entoura la jeune fille.
Elle prit peur : voulaient-ils se venger ? Puis elle réalisa qu'elle était vivante malgré la mort de son Maître.
"Vous...Vous m'avez.. sauvée !" s'écria l'adolescente au comble de la surprise.
"On ne pouvait pas laisser une jeune fille en détresse !" s'écria Lelfe, riant.
"Ce n'est pas dans mes habitudes de sauver les voleurs..." grogna Ysandre d'un air faussement courroucée. "Mais ils ont insisté pour te laisser ta chance..."
"Pas faire mal aux enfants." affirma Groumpf d'un air mortellement sérieux. "Sinon..." continua-t-il en caressant sa hache.
"C'était naturel...Lelfe nous a raconté ce que te faisais subir le sorcier...On devait t'aider de toute façon !"
"Remercie surtout Derym..." dit Lelfe "Il a failli y rester pour te débarrasser de la gemme maudite..."
Thiki regarda les aventuriers d'un air ébahi : il existait donc vraiment ces héros que décrivait les légendes et les romans !
Sans voix, elle les laissa se présenter avant de finir par les remercier chaleureusement.
"Rassure toi, j'ai pas tout dit..." lui glissa Lelfe au creux de l'oreille pendant qu'elle lui serrait la main. "Et prend ça, c'est à toi."
Lelfe lui remis un sac d'affaire qu'il venait d'aller récupérer dans la tour, en même temps que les cylindres.
Quel être extraordinaire ! Il pensait même à préserver l'honneur d'une petite voleuse comme elle ! Et il lui rendait ses maigres affaires alors qu'elle l'avait dépouillé...
La jeune fille éclata en sanglots de gratitude.
"Bon, il est temps d'y aller." fit Ysandre. "Ou on va rater notre Portail."
"Tu t'en sortiras ?" demanda Derym à la jeune fille.
"Oui...mais..."
"Je te conseille de quitter la ville...Tes exploits de la nuit ont malheureusement attiré l'attention de la Guilde..." ajouta Lelfe.
La jeune demoiselle déglutit. Ainsi tout n'était pas si merveilleux. Mais déjà une pensée avait envahi son esprit.
Elle rattrapa le groupe d'aventurier qui s'en allait déjà.
"EH ! Attendez-moi ! Vous pensez pas que vous allez vous débarrasser de moi comme ça !"
"Quoi ?!?" firent en coeur les héros.
"Ben oui, j'viens avec vous ! Y'a plus rien pour moi ici ! je veux voir un peu le monde..."
"Mais, je ne sais pas si..." commença Lelfe.
"Tatata...Vous m'avez sauvé, vous êtes responsable...Donc j'vous suis ! Et on va où ?"
"A Everwhite par le RATP..." répondit machinalement Ysandre. "ET TU NE VIENS PAS ! Gamine, c'est trop dangereux..."
"Pfff, moi l'danger m'fait pas peur...j'ai vécu pire !" conclut tristement la jeune fille. "Et vous ne pourriez pas partir sans ça !"
La jeune voleuse montra fièrement leurs laissez-passer pour le Vortex de Transport
"Rends ça !" cria Ysandre en poursuivant sans succès la gamine hilare.
"Tu vois qu'j'ai des talents utiles ! Allez..." supplia Thiki.
Lelfe regarda Derym, qui hocha la tête. Groumpf haussa les épaules.
"Ok, tu peux venir...Mais tu obéis et tu te tiens tranquille..." finit par décider le jeune Druide.
"QUOI !" hurla Ysandre.
Lelfe et Derym l'écoutèrent déblatérer sur le danger, la responsabilité, les risques et tutti-quanti tout le long du trajet. La Paladine finit par se taire, lasse.
"Oh non !" s'écria Lelfe.
"Quoi, enfin raisonnable ? On ne peut vraiment pas l'amener ! On pourrait la confier à un temple de Tür..." renchérit la Paladine.
"Plutôt crever..." siffla l'adolescente entre ses dents.
"Non, c'est pas ça..." dit Lelfe. "Je pensais juste au prix qu'aller nous coûter un billet supplémentaire, sans réservation en plus..."
(fin du chapitre 9)
Alors vous en pensez quoi ?
Le chapitre devait être encore plus long, mais j'ai décidé qu'il fallait bien s'arrêter quelque-part...
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Dernière mise à jour par : MageGaHell le 01/02/03 21:27
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 12/12/02 02:27
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j'en pense que j'aime de plus en plus (et j'aime bien la derniere reponse de Lelfe, meme si elle etait un peu evidente) et que la longueur n'est pas genante, au contraire.
juste quelques petits trucs, quelques fotes d'ortaugraphe parfois un peu genantes (ait a la place de er par exemple) mais comme c'est tres prenant ca ne gene pas longtemps, et une petite incoherence (il me semble): tu dis a un moment que Groumpf a eu les deux jambes brisees par le sorcier et apres c'est lui qui transporte les autres, malgre sa force ca me parait bizarre (ou alors c'est l'adamentium qui soutenait encore ses os )
-------------------- penser a ne pas oublier
"Ce n’est pas l’homme qui arrête le temps, c’est le temps qui arrête l’homme." Chateaubriand
"on ne va tout de même pas s'empêcher d'être heureux sous prétexte qu'une relation finit toujours mal (et au mieux, par la mort de l'un des protagonistes)." conanounet
"If common sense were a reliable guide, we wouldn't need science in the first place." A.Gefter, New Scientist
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Réponse au Sujet 'Errare Humanum Est...?' a été posté le : 13/12/02 15:07
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Interlude : Apparemment inoffensif...
Quelques temps après que Derym et son groupe venaient d'abattre le mage noir...
Un tourbillon de poussière pénétra dans la tour désormais déserte du sorcier.
Là, il prit un comportement fort anormal pour un banal tourbillon de poussière : il se mit à gravir les escaliers !
La petite tornade s'achemina ainsi jusqu'à la chambre de sorcier défunt.
Là elle se déploya en une fine colonne de vent chatoyant de magie. Dans un souffle un Portail semi-translucide apparut au coeur de la mini-tempête.
Un être encagoulé de noir en sortie nonchalamment. D'un claquement de doigts il fit disparaître le portail et cesser le vent.
Il commença à examiner la pièce avec ses yeux verts perçants.
Soudain, il s'arrêta. Il plissa les yeux en direction de la couche du sorcier. Il sourit méchamment.
D'un geste brusque, il tendit la main, paume ouverte, en direction de la literie.
Une vague sonique étincelante fit voler la literie en éclats. Une petite silhouette se jeta à terre pour éviter les éclats. Le magicien se prépara à enchaîner sur un autre sortilège dévastateur.
"Ly-Hel !" s'écria le sorcier en arrêtant son geste. "En voilà une bonne surprise..."
Il souriait étrangement en disant ça.
"Si j'étais un banal mortel, je m'enfuirais en hurlant devant un tel sourire..." pensa la jeune elfe grise.
Elle se releva doucement, sans geste brusque. Ils se toisèrent un instant, aucun ne voulant entamer le combat le premier.
La capuche du sorcier glissa, révélant son beau visage de demi-elfe. Ses traits ressemblaient étrangement à ceux de la petite elfe.
"Alors quelqu'un d'autre a pu remonter la perturbation jusqu'ici..." dit finalement la demi-déesse.
"Arf. Tu en doutais ?"
"Je suis seulement étonné...Il n'y est pas arrivé."
"J'ai toujours été le meilleur ! Et que fais tu ici, ô mon cauchemar ?"
"Comme toi. Ce truc m'a intrigué. Beaucoup l'ont ressenti. C'est Lelfe, non ?"
"Je ne pense pas...Il n'a pas autant de pouvoirs à ma connaissance...Et pourquoi j'te réponds d'abord !"
"Parce que je suis mignonne, Père !" sourit innocemment la jeune elfe.
"NE M'APPELLE PAS COMME CA !!"
La petite fille souris un instant, puis sa vision divine lui montra de puissants courants d'énergie magique qui convergeaient vers l'archimage.
Elle resta un instant fascinée par le déferlement de puissance brute et par l'habilité du magicien.
Sa vision lui permettait de voir qu'ils disposaient de sorts puissants en réserve, en Contingence. Elle détecta aussi une puissante Chaîne de Contingence qui activerait une cascade de sorts extrêmement puissants.
Plus fascinant encore, elle n'arrivait pas à identifier certains sortilèges et son intuition lui soufflait qu'il avait d'autres surprises absolument indétectables. Bref, il valait mieux calmer le jeu...
"Toutes mes excuses, archimage !" ricana Ly-Hel "Aurais-je touché un point sensible ?"
"Grrr...Tu prends des risques, gamine ! Tu es bien placée pour savoir ce dont je suis capable."
"Oui. Et je me doute aussi de tes...limites. Politiquement c'est pas la joie en ce moment, hein ? Un autre cratère pourrait te valoir encore plus d'ennuis..."
"A qui la faute !" se récria le sorcier en se calmant un peu.
"Oooh ! On est mécontent quand ton propre plan se retourne contre toi ? Et puis je te vois mal prendre des risques dans ton état. T'es un peu diminué..."
Ly-Hel compris alors qu'elle venait de faire une belle erreur. Nul n'était censé savoir qu'il lui manquait 1/9éme de ses pouvoirs ! Les yeux de l'archimage virèrent au vert luminescent sous sa rage subite.
La demi-déesse sentit la magie se concentrait. Elle connut la peur.
"Non, arrête !"
"Au diable Kross et les Dieux. Tu vas périr !"
"STOP ! Nul autre n'est au courant ! Je le jure...Et nul ne le sera jamais."
Le magicien suspendit ses gestes menaçants. Ly-Hel lui promit de ne pas interférer avec ses plans. Elle livra même deux-trois informations pour prouver sa bonne volonté.
Il finit par se calmer. Pas la peine de se mettre à nouveau le Panthéon à dos...Et puis il avait enfin un pied dans le camp ennemi !
"Soit. Mais dis moi...Tu t'intéresses de prés à ce Derym, toi aussi ? pourquoi : il n'a rien d'exceptionnel."
"Je sais...Mais il y a quelque chose...Je n'arrive pas à mettre le doigt dessus...Tu veux l'intégrer dans ton programme de Chaos'Seeds ?"
"Tu es même au courant de ça...Non, il ne présente aucun talent particulier : je m'intéresse à lui qu'à cause de Lelfe et de Groumpf. J'aime savoir ce que font mes amis."
Il ment certainement se disait la fillette. Le magicien commença alors à invoquer un Portail dimensionnel. Il avait fini ses investigations.
Curieusement elle se sentait soulagé.
"Au fait, tu collabores encore avec lui ?" demanda-t-il en se retournant.
"Oui, à ma manière..."
"Et selon le plan ? C'est bien naïf..."
"Pourquoi ?"
"Ma foi...Il s'agit à la base d'une théorie que j'ai bâtie...Engendrer un demi-dieu de mon sang. Implanter des religions pour accroître sa puissance...c'est bien ce que vous faites ?"
"Oui, et alors ?"
"Et la fin ?"
"La fin ?"
"Et bien, à la fin, le plan était que je devais sacrifier le demi-dieu pour que ses pouvoirs fusionnent aux miens. Avec l'aide de ma magie et de dieux ralliés à ma cause, je devais gagner le Panthéon et y prendre place. Probablement en tuant et absorbant les pouvoirs de la déesse utilisée pour engendrer l'enfant..."
Les yeux de Ly-Hel s'agrandirent de terreur et de surprise : on ne lui avait absolument pas parlé de cette étape cruciale !
La colère la gagna et elle siffla un sortilège. Un vortex crépitant apparus alors.
"Gare à toi si tu m'as menti !" cria-t-elle en s'engouffrant d'un pas rageur dans le passage.
"La vérité est une arme qui fait bien plus mal..." murmura l'archimage en pénétrant dans son propre portail dimensionnel.
Ly-Hel défonça presque la porte de ses appartements où elle venait de se rematérialiser. Sa servante Aram se pelotonna dans un coin devant la fureur de sa maîtresse.
La petite fille remonta un long couloir d'un pas décidé et colérique.
Tous les gardes drows qui ne fuirent pas assez vite devant sa fureur furent impitoyablement massacrés à grand renfort d'énergie magique et de cris de rage.
Arrivé devant les portes massives (et ayant réduit les deux mages-guerriers Elfes Noirs qui les gardaient à l'état de pulpe sanglante) du laboratoire du Maître des lieux, Ly-Hel pris une profonde inspiration et fit exploser les portes magiquement protégées.
Elle pénétra en trombe dans la pièce.
Assis autour d'une table de marbre noir, le Triumvirat la regarda débouler comme une furie.
Elle pointa son doigt vers le sorcier emmitouflé de bandages étranges assis à coté d'une Haute-Prêtresse Drow.
"PERE ! TU COMPTAIS ME SACRIFIER SANS RIEN DIRE !!"
"Calme-toi...Ce plan n'est plus d'actualité..." répondit le mage.
"DONC C'ETAIT VRAI !!"
"Oui, oui...On n'est pas des enfants de choeur, non ? Mais je ne suivrai jamais totalement les plans de mon... progéniteur..."
"Donc, vous allez pas me tuer ?" demanda la fillette en larme.
"Non, non ! Tu es notre associée, non ? Et tu nous es bien plus utile vivante ! N'est-ce pas Ezechiel ?"
L'Ange aux ailes noires hocha la tête d'un air encourageant.
"Regarde comment nous l'avons accusé de t'avoir créée...Rien que ça te rend plus indispensable." affirma l'ange d'une voix glaciale monocorde.
"Pas de caprice, enfant! Sinon ton élimination viendra vraiment à l'ordre du jour." renchérit l'elfe noire d'un air méprisant.
Elle la regardait comme une chose dégoûtante et blasphématoire. Ly-Hel avait d'ailleurs choisit d'avoir la peau grise rien que pour l'embêter, elle et ses préjugés Drows.
"En tout cas, je veux désormais être informée de tout ! Je veux faire parti de plein droit du Triumvirat ! Sinon, adieu mes pouvoirs !" déclara la fillette décidée.
Les trois chefs se regardèrent. Le mage haussa les épaules. La prêtresse de Loth secoua négativement la tête. Restait Sir Ezéchiel...
L'ange aux plumes noires réfléchit un instant.
"Pourquoi, pas finit-il par conclure. Du moins à l'essai. Et pas de caprice, ma belle...Et arrête de tuer les gardes drows comme ça !"
"Pff ! ça vous va bien de dire ça ! Vous en mangez un ou deux par jour !" se récria la jeune fille. "c'est vous qui m'avez tout appris sur la torture en plus..."
"Bon écoute. Restreint toi à la piétaille au moins. Les autres sont utiles..."
"Ok, ok !"
"Quel est l'ordre du jour ?" demanda alors l'ange noir.
"Le groupe de Derym. La Main m'a promis une évaluation complète..." répondit le sorcier.
"Pfff...Un gamin sans intérêt !" déclara l'elfe noire, l'air mortellement ennuyée.
Sur ce, un grand elfe en armure noire enjamba les débris de l'entrée.
Après une profonde révérence, il salua Ly-Hel, surpris, mais ne dit mot.
"Voici, comme demandé, l'évaluation de Derym par nos services" déclara l'elfe d'une voix mielleuse.
"Bien, vas-y."
"Et bien...Ne vous en déplaise, seigneurs, mais je n'ai quasiment rien trouvé d'important...Ce Derym n'est qu'un humain banal. Orphelin. Recueilli et un peu instruit par un Haut-Druide assez vieux, mais d'influence assez faible. Pas d'ennemis ou d'amis connus ou intéressants pour nos projets."
"C'est tout ?Pas de pouvoirs spéciaux ? Et les autres ?"
"Rien d'extraordinaire. La Paladine errante Ysandre n'a rien d'exceptionnelle. Fille de marchands. Les comptes rendus sont là. Pas de pouvoirs spéciaux non plus...Pour Groumpf et Lelfe, vous avez déjà les évaluations."
"Humm...Pourquoi mon...homologue... s'y intéresserait, alors ?" demanda le sorcier.
"Aucune idée. Probablement pour son programme génétique ou pour le projet Chaos' Seeds. Et encore...En bref Derym et son groupe sont apparemment inoffensifs !"
"Bien, je te fais confiance..."
"Certainement, Maître ! Je garderai un oeil ouvert au cas où...Mais je pense que c'est une perte de temps et du gaspillage d'agent."
"Fait comme bon te semble, alors ! Tu es mon chef de la sécurité après tout..." conclu le magicien. "La séance est levée ! Mes blessures me font souffrir...ET qu'on répare cette porte !"
Le Triumvirat et Ly-Hel quittèrent la salle.
Le général elfe qu'on surnommait La Main de Dieu, encore à genoux, eut un petit sourire narquois.
(fin de l'interlude)
Ce devait être la fin du chapitre 9,mais j'ai jugé qu'il était déjà assez long comme ça...Et c'était pas assez long pour en faire un chapitre à part.
Comme d'habitude dites ce que vous en penser...
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Dernière mise à jour par : Le bibliothecaire le 31/12/02 11:53
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-------------------- "L'Infini ?
...Prenez la taille de mon ego et ça vous paraîtra petit..."
Aerth, récits fantastiques
...Et en plus il écrit et il blog...
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Cachée
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