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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 12/08/04 15:20
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Quelques-uns sont brillants. Mais l'original les enterre tous.
Allez, pour vous punir, je vous laisse deviner qui ceci parodie-t-il :
Ténébreux, ils refusent d'être consolés.
Veufs, ils ne pleurent pas sur leurs tours abolies.
Mais s'ils perdent l'Etoile qui les constellait,
Ils chassent de leurs luths toute mélancholie.
Ils creusent leurs tombeaux, à jamais isolés,
En ayant tout perdu, loins des mers d'Italie.
Leur labeur est ingrat sur le sol désolé
Où nulle fleur jamais à eux ne se rallie.
Ils ne se savent pas fils de Marthe ou Platon,
Leur sang est rouge encor des douleurs de l'arène
Et leurs rêves, la fièvre et le travail les prennent...
Sur les torrents glacés ils constuisent des ponts,
En portant tout ensemble sur leur dos la somme
Des souffrances de Dieu et du malheur de l'homme
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 22/11/04 17:50
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Bon, allez, on remonte. Version acrostiche.
Grande nuit de veuvage et d'inconsolation,
Effigie couronnée, j'ai des châteaux en ruines,
Repose, mon étoile ; mes cordes divines,
Atrabile solaire, chantent mes passions.
Repoussoir des chagrins pendant l'inhumation,
Donne-moi de nouveau mont et mer cisalpine,
Donne-moi de nouveau la rose sans épine,
Et le lieu où les fleurs unissent leurs passions.
Ne suis-je pas Soleil, amour, ou bien poète ?
Embrassé par la reine au-dessus de mes yeux,
Rêvant, je vis la grotte et l'ondine en ce lieu.
Victorieux sur les eaux des Enfers, d'une traite,
A deux reprises, j'ai, sur la lyre magique,
Lié les mots sacrées et les voix féériques.
Ouais. Bairsérque. Je suis de mauvaise humeur ce soir.
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 25/11/04 16:36
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Quoi, je parle tout seul ? Et ta soeur ?
VICTOR HUGO
Hannibal fut l'épée ; Athéna fut la toge.
Plaute fut la satire, Augustin fut l'éloge,
Pan fut tout, Dieu fut Dieu, et son fils fut célèbre ;
Rouseau fut la raison ; et je suis la ténèbre.
Ma femme, elle, est est perdue - je n'ai pas su comment,
Comment l'ange du ciel, l'objet doux et charmant,
Comment ce petit bout de l'infini sur Terre
Fut ravi tout à coup à Babel et Cythère,
Comment ce qui fut beau, comment ce qui cher,
A rejoint Dieu sans moi dans le tragique éther.
La voix disait "nous" s'est tue, horrible cri,
De la dette existence le funèbre prix.
Aussi je garderai ma douleur fidèle,
Comme un ruban d'azur qui me parlera d'elle ;
Ixion, roué, brisé, n'oubliera pas Junon;
A qui dira "Oublie", je rétorquerai "Non".
Pour moi, qui lui survit, pas de consolation,
Quand une étoile manque à ma constellation.
De mon ancienne tour qui a reçu Bayard,
Louis Neuf, Roland, Agnès Sorel, Jules César,
Ma couronne occitane imite les créneaux,
Où picorent joyeux désormais les moineaux.
Mon luth, cet instrument des roturiers chanteurs,
En vain j'y ai porté les astres en hauteur ;
Car le Soleil, ainsi qu'un oiseaux mis en cage,
S'assombrit et noircit comme un sombre présage,
Comme l'espoir se tait en hurlant sous le joug,
Ou l'arbre en fleurs que la hache fait acajou.
Tombeau de Charlemagne ou tombe d'Abélard,
Qui renferma le Christ ou qui porte sa croix,
Tombeau, répéte moi, dans ton sépulcre noir,
Le chant consolateur de son immuable voix !
Puisse-t-elle au mourant restituer, par l'éclair,
Par l'orage divin dont Zeus secoue les airs,
Le calice mythiques des monts Appenins,
Et de l'Adriatique couleur de venin,
Ce Graal antique et saint, ce marais du Latran,
D'un côté la montagne, et de l'autre l'estran,
D'un côté l'aigle, et face à lui l'hippopotame,
D'un côté le tragique, et de l'autre le drame.
Puissé-je aussi, au son de sa voix, retrouver
La fleur, perçant le sol, au pétale entravé,
Par l'écrasement sourd de ma passion - ô Dieu,
O puissances du ciel, ô forces du cosmos,
O Dieu de l'Atlantide, ô vieux roi de Cnossos,
O Génies, ô esprits, ô Djinns, ô Osiris,
O dieux Malais mutiques et porteurs du kriss,
O êtres de l'azur, aux êtres de la terres
Offrez le doux tourment d'un aérien parterre:
Unissez aux roses le pampre sur mes treilles,
Et à la fleur debout la fleur qui sommeille,
J'ai vu, ainsi, dormant, et ne sachant plus guère,
Si j'apaisais les coeurs ou nourrissait les guerres,
Si j'étais le poète ou si j'étais l'épée,
Si au sol ou aux cieux mon âme était happée,
Sous mon front, qu'embrassa Mary Stuart de ses lèvres,
La vision fabuleuse - on eût dit une fièvre,
De la Sirène, aux yeux insondables et vides,
Dans des souterrains creux baigner son corps livide.
Enfers, feu retiré, ton onde limitrophe,
Ne put me retenir quand je scandai les strophes,
A leur berges, antiques, en mêlant, triomphant,
Aux hagiographies que je lisais enfant,
Un strident cri sylvestre où les psaumes s’agacent
En vain.
C’était des fées le hurlement fugace.
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Dernière mise à jour par : JWRK le 29/11/04 14:04
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 29/11/04 14:15
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Vous le dîtes, hein, si je vous ennuie.
HOUELLEBECQ
L'Aquitaine est une région du Sud de la France, assez chiante.
Thalassa y passe souvent, on voit des tours en ruine.
Puis l'univers tombe en panne, je dévale une pente,
Ma femme est morte, elle avait des jambes fines.
J'avais acheté une guitare du temps où le rock marchait.
Comme je lisait Maupassant j'y avait mis un soleil noir
Mais je n'ai jamais su en jouer, et au fond les filles disaient
Qu'elles préféraient surtout coucher avec des Noirs.
En Italie, en me promenant dans un cimetière,
Où des touristes néerlandais s'égayaient entre les tombes
J'ai eu comme un malaise et je suis tombé par terre.
Des forains vendaient des fleurs. Ca dura vingt secondes.
Il faudrait que j'aille au bord de la mer,
Comme dans des grottes souterraines de sais plus trop où
Où j'avais baisé une baigneuse fiévreux et amer.
Mon sexe est mou.
On peut mourir deux fois, dans certaines circonstances,
La musique m'ennuie, je vais éteindre mon poste.
Il y a dans mon appartement comme un air d'"en partance".
A Carrefour, sous vide, j'ai acheté du jambon d'Aoste.
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 30/11/04 08:33
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KIKOO
Je sui le Tnébreu, le veufe, l1kon solé,
le prinsse d'akitain a la toor aboli
ma seul étwal et morte é mon lut konstelé
porte le solaï nwar 2 la mélankoli
Dan la nui du tonbo, twa ki ma konsolé
ran mwa le pozilipe et la mair d'itali
la fleur ki plézé tan a mon keur dézolé
et la traï ou le panpre a la roze sali
Suij amoor ou fébusse ? lusinian ou Birond ?
Mon fron é rouj enkor du bizoo 2 la réne.
G réV dan la grote ou naje la siréne
E G 2 fwa 20keur traverC la kéron
Modulan toor a toor sur la lire d'orfé
les sous pir de la cinte é les kris de la fé !!!!
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La Chevauchée Fente/Astik

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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 30/11/04 11:28
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MAJ EN FORME D'INTRODUCTION :
Le texte ci dessous est déconseillé aux mineurs et aux personnes sensibles.
..Et il est en prose.
Bon, j'ai voulu m'essayer à l'exercice et j'ai pondu cette imbécilité dont je ne suis pas particulièrement fier, mais dont la réadaction m'a en tout cas bien fait marrer !
Voiçi donc :
El Dechirado 23
Je suis le Noir Etalon – le célibataire - l’insatiable
Le prince des coquines au gourdin de chair :
Mon envie de femme à poil est morte - Et mon sexe ensanglanté
Porte le soleil jaune de la Blennorragie.
Dans la nuit du salaud, toi qui m’as repu,
Rends-moi mon slip et la ******** qui y est étalé, (ND TS : Désolé, c’est très vulgaire mais ça collait trop bien)
C’est l’heure pour moi de retrouver ma tranquillité,
Et ma trique où nos sèves s’allient.
Suis-je Amour ou Outil ? … Amant triomphant ou étalon ?
Mon sexe est rouge encore des lèvres de la reine
Je l’ai baigné dans la grotte que cache entre ses jambes la sirène…
Et j’ai tant de fois triomphé de vos prudes réticences
Modulant tour à tour sur mon sexe doré
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.
Encore désolé...
Je nie toute responsabilité dans ce texte d'ailleurs.
C'est pas moi, c'est mon imbécile et puéril petit frêre qui s'est connecté sous mon pseudo.
AAaaaah il va m'entendre celui là !!! !!!
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Dernière mise à jour par : Toki Shiro 23 le 30/11/04 11:34
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 30/11/04 15:05
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MALDORORERIE
Le ténébreux ; le veuf ; l'inconsolé; je suis tout cela, de par la mystérieuse abolition des tours noir de l'Aquitiane, où une couronne princière et néanmoins, comme le sourire d'un batracien, usurpatrice, m'avait rendu sous le soleil obscur d'une seul étoile mélancolique, car je disais à Dieu, cet créature homosexuelle et exotique, combien mon luth (il est constellé) se prête fort au jeu du billard, s'il se pratique entre ces pampres cholériques qu'on nomme humains, alliés aux roses jaunes de leur propre anus, dans l'obscurité d'un caveau, peuplé de chauves-souris et de mers dont le vacillement noir, où dansent des requins, console assez la misère des prostituées, et que cet exercice en cela me restitue assez, pour peu que dans les fleuves de l'enfer on mélât, car lecteur, c'est une chose victorieuse, si tant est bien sûr que la victoire puisse se chanter avec des ciseaux, ce que je ne saurais m'autoriser à dire sans contrarier le crotale qui me tiens lieu de compagnon admissible, les soupirs d'une sainte, ô combien admirable et géométriques par la sublimation complexe de leurs fondamentales dans un bruit affreux avec le coassement des dryades païennes, la fleur dont mon coeur est infecté ; car, il n'est pas rare que je demande, tant à la vérité il est difficile de revendiquer pour soi-même l'usage d'un nom dont mon père n'a, en somme, que rassemblé les bribes dans un parapluie sanglante, si je m'appelle Phoebus ou Biron, car d'amour, il ne saurait en être question sinon dans la tenacité facondière d'un enfant qui a perdu ses doigts dans la gueule d'une hyène, pareille par son remugle, que le poète pourtant ne juge que par ouï-dire, tant il est vrai qu'il n'a jamais connu l'Afrique, ce dont il se refuse pourtant à tirer des regrets smaragdins et hypocrites, semblables à la scolopendre, évoque une grotte où je rêverai, immortel, que les poissons blancs et aveugles qui y nagent sont des sirènes à la barbe sale, ou si je doit à quelque reine scaphandrière et cruelle le nom de Lusignan. Jugez comme c'est agaçant.
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 01/12/04 17:57
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C'est reparti !
IAMBES
Je suis le Noir, le Veuf, l'Inconsolé, le Prince,
Aux tours déchues en Aquitaine,
Sirius mort, le luth dont les cordes je pince,
Ombre une étoile moins lointaine.
Sous notre marbre obscur, toi qui fut mon espoir,
Rend-moi mont et mer italiens,
L'aconie si chérie dont je languis le soir,
Et les fleurs unies par des liens.
Suis-je Amour ou Phoebus ? Lusignan ou Biron ?
Mon front baisé des souveraines
A porté les lauriers d'un vainqueur d'un Achéron,
En ayant songé de sirènes,
Et ce à deux reprises, la harpe mythique,
Unissant sous mes doigts habiles,
Des fées le cri sauvage, fou et fantastique
Et des saintes les cantabiles.
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 01/12/04 18:43
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Impressionnant, tout ce qu'on peut faire avec un seul poème!
J'ai beaucoup aimé la version Victor Hugo (et les autres aussi d'ailleurs).
Mais je m'étonne que notre cher Jean Wilfried ne nous en ait pas encore écrit un à la manière d'Ibsen...
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 02/12/04 11:34
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C'est que est avant tout un dramaturge, et de surcroît la plupart du temps un dramaturge en prose, ou parfois en vers norvégiens, ce qui, après (médiocre, jusqu'à présent) traduction, donne de la prose française. Ce qui rend fort compliqué l'adpatation du poème.
J'avais bien essayé un truc, mais ce n'était vraiment pas terrible...
Bon. Nous disions donc :
BOUTS RIMES
Ibsen eût pu se faire moins inconsolé,
Et sa noiceur d'esprit s'en aller abolie
S'il avait vu le Bronx de lampes constellé
Honorer Edison avec mélancolie
Car l'ampoule sous vide, en l'ayant consolé
D'Allemagne au Pérou et même en Italie
Est, messieurs les râleurs, j'en suis fort désolé,
Un miracle où la science à la beauté s'allie
Elle photcopie les oeuvres de Biron,
Et de la société s'affirme comme reine,
Et joint aux gyrophares une hurlante sirène.
En faisant sur sa chaise passer l'Achéron,
Où planer sur les ondes la voix d'or d'Orphée,
O électricité, que tu es grande, ô fée !
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 03/12/04 17:17
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RIMBAUD
Sans femme, dans le trou d'une nuit adhésive,
Je berce ma couronne fauchée de lauriers,
Dans la tour où le vent a percé des terriers,
Dessinant le ciel sur ma cithare lascive.
La monnaie qu'on déterre hors des tombes pensives,
Ne rend pas l'Italie des voyages fériés
Que je fis fesse au vent, pampre aux roses marrié,
Pour fuir des vieilles femme la grotte abusive.
Ayant brûlé mon nom pour l'ôter au gendarmes,
J'ai reçu quelque lèvre baignée de mes larmes,
Et vu sous terre la Naïade du Ponant,
Pour aller, libre enfin, rouler sous le qui-vive
De l'Enfer, où les eaux vomissent sur leurs rives
Des chants grossiers de messe et verts me talonnant.
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Dernière mise à jour par : JWRK le 03/12/04 17:19
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 06/12/04 16:38
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BAUDELAIRE
Dans les fumées des femmes absentes, en pleurant,
J'ai vécu dans des tours à jamais révolues;
L'étoile, embrasement d'un amadou mourant,
Montrait sur ma cithare un spleen que tout pollue.
Ô ta tombe, charogne jolie, soyons franc,
Est déjà-là. Vois-tu, ses soupirs me saluent.
Et mon coeur s'en réjouie, exotisme effarant,
Comme la fleur d'ailleurs, qui donne la berlue.
J'ai porté mille nom sans en garder aucun,
Trempé mon front à milles bouches parfumées
Lascives ou cruelles, que j'ai mal aimées,
Quand ma tête roulait sous le noir palanquin,
Où de vieux alambics répandaient délétères
Un parfum de santal, de musique et de sphères.
Mouuuuuuuais. Je crois ke je devrais m'abstenir de ceux qu'on déjà parodie les ignobles et géniaux Reboux&Müller. Mes propres productions souffrent de cette komparaison.
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 07/12/04 18:41
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COURTELINE
UN DESDICHADO
pièce de théâtre en un acte et en prose
Les personnages :
ANAXAGORE LAFEE, juge
IBSEN IBSEN-IBSENFILSDIBSEN, avocat
PAMPHYLE-HERMIONE DE NERVAL, vagabond
JEAN-GILBERT LECREVISSE VILPOUACRE LEBRETON, procureur de la République
ANAXAGORE
Accusé, levez-vous, et dîtes-nous vos noms.
PAMPHYLE
Je suis le ténébreux, le veuf...
JEAN-GILBERT, l'interrompant
Le veuf ! Demandez-lui un peu un ce qu'il a fait de sa femme !
IBSEN
Je vous en prie, laissez-moi répondre, et narrer par le menu l'amère et digne soufrance de celui que cette perte laissa pour toujours inconsolé. Elizabeth de Nerval, de toutes les créatures terrestres, étaient ensemble la plus douce et la meilleure, et dès le matin, séchant des larmes...
ANAXAGORE
Messieurs, je vous rappelle à la plus élémentaire réserve. Dans ce simple procès pour vagabondage, il ne saurait être question... Mais que l'accusé termine plutôt de nous donner ses qualités, et ne tire pas prétexte du déroulement du procès pour ne pas répondre aux questions qui lui sont posées. Vos qualités, accusé.
PAMPHYLE
Je suis lampiste, et, comme on dit, prince d'Aquitaine !
JEAN-GILBERT
Ah, le voilà, l'ennemi, l'homme des ligues, le prince ! Ce noble, ce cou à trancher, cette tête couronné qui naguère complotait contre l'Europe, et aujourd'hui, par une déchéance de race qu'esplique seule la trop longue décadence des tempéraments, ne s'avise plus que de troubler l'ordre publis ! Le voilà, ce réactionnaire, que l'intérêt suprême commande...
IBSEN
Laissez-moi plutôt vous narrer le tragique destin d'un clan, la tour abolie d'une famille que ses mérites avaient élevée aux plus ahutes sphères, et dont le dernier descendant, victime infortuné et maudite de l'acharnement d'une fatalité implacable, dans le dénuement d'une bohème à laquelle l'ont réduit les revers du sort, ne porte plus sur son luth constellé, par les crin-crins duquel il tente d'attirer sur lui l'aumône du passant, hélas, trop incharitables et négligeant de leurs devoirs humains, ne porte plus que le soleil noir de la mélancolie.
ANAXOGORE
Assez ! Qu’on nous dise plutôt ce que, en l’enceinte du Père-Lachaise, conformément au procès-verbal de police…
PAMPHYLE, bas
Sagouins de pandores !
ANAXAGORE, lisant
« L’individu nonobstant, ci-considéré que sa prévarication tombait sous le coup de poursuites inéluctables, tentait de passer la nuit, comme celle-ci était tombée subséquemment, dans la partie submersible d’un tombeau. »
PAMPHYLE
Toit qui m’a consolé ! C’est que c’est guère drôle de passer le temps dehors, avec c’te froidure. Encore, je serais en Italie…
IBSEN
Concevez le désarroi d’un homme qui rêvait du Pausilipe et des mers Adriatiques, de cette esprit nourri à la mamelle antique des Caton, contraint d’exiler sa fascination pour les nobles préceptes latin sous des cieux où, tout bien-être lui étant refusé0.
JEAN-GILBERT
Il a bon dos, votre Scipion ! Parlez plutôt d’un nouveau Catilina, d’un Vitellius dictatorial…
IBSEN
Maître, la question n’est pas de savoir si mon client est amour ou Phoebus, Lusignan ou Biron…
JEAN-GILBERT, sans l’écouter
… dont les reines les plus dépravées mêlèrent à leurs embrassades contre nature son front coupable !
PAMPHYLE :
Hé quoi ? Ce s’rait-il c’te fièvre de sirène que je rêvais dans cette espèce de grotte en-dessous du marbre, dont il cause ?
IBSEN
Enfin, qu’il me soit permis de recommander à l’indulgence de la justice, tel un nouvel Orphée traversant l’impétueux Pyriphlégéton, dans la certitude du bon droit et la juste résonance, sur ses cordes de cristal, des soupirs de la Sainte mêlés au ris de la fée.
ANAXOGORE
Vous vous f…ez de mon nom ? Hé vlan, je balance votre accusé aux galères, petit avocaillon, çà vous fera les pieds !
PAMPHYLE
Pour sûr que ce coup-ci, c’est fini, en mai, de vendre les fleurs chipées sous les treilles. On peut dire que le tribunal ne m’en a pas fait une.
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 08/12/04 18:26
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Merci, cela fait plaisir (et sachez que je ne trouve pas tout tout déplacé ni hors-sujet des louanges à mon égard, et défendrait publiquement quiconque en répandrait dans quelque sujet que ce soit contre toute basse accusation selon alquelle il flooderait comme un vieux tapir eczémateux).
Bon, n's'agit pas de perdre la main, mais là j'ai trop faim. J'ai jeté quelques vers dans un premier temps, mais vraiment cela devient insoutenable. Et comme je ne pourrais pas me connecter après dîner pour des raisons tout à fait pragmatiques, je vous dis bonne nuit à tous.
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 09/12/04 10:11
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Et voilà, histoire que je ne sois pas payé pour rien, une version balade :
D'un sort de céleste nature,
Je suis le sombre et noir vassal,
Car dans ma tour faite roture
Mon luth naguère féodal
Sur les cieux dont il est épure
Ombre le sinistre cadeau
D'un soleil de lugubre allure
Qui me nomme el Desdichado.
Toi dont me charma la voix pure
Au coeur d'un rêve sépulcral,
Guide-moi, pour que je perdure,
Au pays de Dante et Martial.
Rends à mon émotion future
D'ombre et de senteur ce radeau,
La treille à la double bouture
Qui me nomme el Desdichado.
Mon nom est une énigme dure
Que scella le baiser royal
Dans mon esprit où tout murmure,
Dans un souterrain pariétal,
Une sirène, albe pâture,
A mon doute d'albe badaud :
Dans l'ambigu de mes césures
Qui me nomme el Desdichado ?
Et mes âmes, aux Enfers, furent
Ce chant, rassemblant, dos à dos,
Les prêtresses et les lémures,
Qui me nomme el Desdichado !
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 17/12/04 13:21
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NABOKOV
Un veuvage chagrin de noirceur
A renversé mon sang dans mes Schlösser.
Langoureux, cancer-eux ménestrel
Dîtes pratchov à l'astre réel.
Mon coeur-mort, tu l'as tordu, pasteur,
L'as dompté comme un broncobuster,
Promettant l'aconie pour me vivre
Et l'Italie-noche noble et ivre.
Je me soupire desdichado,
Princières étreintes en des châteaux !
Fuyez ! Je saurais, un jour, sous l'onde
And et camard, ne rêver le monde
Que dans ces deux langues tordues,
Déjà emmêlées mais non perdues,
Où mon coeur-vif à nouveau manquant...
Oh ! Monsieur "Contraste" des Balkans.
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 25/02/05 09:47
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façon Renaud Séchan
P'TIT DESDICHADO
Y a du noir dans ton Harlem,
Pas d'étoil' sur le sol,
Pas d'gonzess qui t'dit qu'tu l'aimes
D'copains qui t'consolent.
Tu crèch' dans des tours en loques :
Bordeaux -cités cradingues,
Ciel couvert, ouvre ton pébroque,
Au soleil trist' d'un zinc.
P'tit Desdichado,
Vas, t'en fais pas,
On t'a jamais fait d'cadeau
Ben, c'est comm'çà.
Y'a du macchab dans ton bar,
Des fleurs sur deux-trois tombes,
Elle est où ta p'tit barbare
Qui t'onsole quand tu tombes ?
P'têtre bien qu'elle créche à Venise
Au palac' s'il te plaît
Avec des fleurs plein la ch'mise
Genre comme à la télé.
P'tit Desdichado,
Vas, t'en fais pas,
On t'a jamais fait d'cadeau
Ben, c'est comm'çà.
Y'a du flou sous ta casquette,
Tu sais plus qui t'es,
C'est pourtant pas la grande fête,
Et hier, où t'étais ?
Retourne dans ta banlieue rouge,
Y Rêver d' ta princesse.
Pauv'couillon, chaqu'fois que tu bouges,
T'es dans l'viseur des S.S.
P'tit Desdichado,
Vas, t'en fais pas,
On t'a jamais fait d'cadeau
Ben, c'est comm'çà.
Y'a des sirèn's près de ton trou,
Dommag', t'as pas d'arme,
T'as volé trop d'fois, voyou,
Au d'ssus du fleuv' de larmes.
Derrière des barreaux du cries
Ta putain d'innocence,
Ou face à leurs *********ries,
Tu pleur' en silence.
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Cachée
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Zombie

-= Chaos Legions =-
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Réponse au Sujet 'El desecativo' a été posté le : 25/02/05 11:19
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Je me range du côté de G@rf 76 avec un "bravo" convaincu, franc et souriant. Et je rajouterai même que je suis d'accord avec Isben et je lui emprunte son mot de la bannière qui m'amuse beaucoup : "merveilleux !".
Façon kikoo : Waw, c t tro bien té truk put1 t'a tro du talen moi je soré jamé fèr D truk com ça !
Bon, récapitulons...
Bravo !
Merveilleux !
(bref, concis, merveilleux ça aussi)
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Cachée
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