Je motorise, donc je suis

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Réponse au Sujet 'histoire' a été posté le : 30/01/03 11:59
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Le bouquin de De Gaulle ne les pas vraimane influencés: comme le disait le général Von Thoma, les Allemands se sont plus interessés aux théories de Fuller ou de Liddell Hart, et ils ne prêtèrent pas grande attention au livre de De Gaulle car ils le trouvaient "extravagant", "il ne donnait guère de conseils tactiques et planait dans les nuages- d'ailleurs il fut de beaucoup postérieur aux démonstrations britanniques".
Donc, c'est bien une forme de relant de fierté nationale, quoiqu'il reste difficille de prouver qui a influencé qui. D'autre part, si on l'avait effectivement écouté, ça n'aurait sans doute pas été si catastrophique...
Les Allemands ont en effet bien mieux utilisé les transmissions que les Français, ce qui leur était indispensable pour le bon déroulement du Blitzkrieg (réussir à bien coordonner aviations, blindés et infanterie). Il est vrai que la France était un poil en retard sur ce sujet (problème des transmissions entre blindés, entre différentes armes ou même entre différents échelons de commandement), mais cela ne constitue toutefois pas la raison principale de la défaite.
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Réponse au Sujet 'histoire' a été posté le : 30/01/03 20:49
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Eldave, ou comment relancer un sujet en beauté 
Merci pour toutes ce bel exposé l'ami.
Au passage, je signale qu'arte, dans ses sempiternels mercredis de l'histoire, passe en ce moment la série des "Guerriers de Hitler". Hier, c'était sur Paulus, commandant de la VIème armée, enlisé à Stalingrad : un vrai militaire, jusqu'au bout, ayant obéi à ses supérieurs en tenant ses troupes condamnées dans la poche mortelle de la ville. Il n'a pas voulu ou su dire non à Hitler, et j'ai trouvé le portrait de cet homme tragique : partagé entre sa volonté de bien faire, de suivre un code d'honneur jusqu'au bout, et la désobéissance qui aurait pu sauver ses hommes. Fait prisonnier par les Russes, il terminera sa vie en RDA, cajolé par la stasi, rongé par son obéissance aveugle à l'Etat-Major nazi...
-------------------- La révolution sera la floraison de l'humanité comme l'amour est la floraison du coeur.
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Réponse au Sujet 'histoire' a été posté le : 31/01/03 13:21
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Citation :Sans compter qu'il fut un des rares combattants Allemands à revenir de Stalingrad vivant, la plupart des soldats de la wermacht ayant péri au goulag. Tout ça pour rappeler que la WW2, c'était pas la guerre en dentelles.
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C'est plus flagrant quand on parle des quelques millions de soldats soviétiques qui sont mort en détention. Ou des Einsatzgrouppen, littéralement groupe spéciaux, qui était des groupe de génocide mobile dans les fait, composé de SS de membres de la gestapo, et parfois de simples soldats. Masacrant allegrement les partisants et les juifs. Barbarossa n'a jamais été une simple guerre, c'etait une guerre d'extermination.
Je suis étonné que l'on ait parler de Stalingrad sans parler de Joukov de sont plan (uranus, non? un truc du genre) qui donna la victoire au soviétique.
Idem pour l'Afrique du nord; l'africa korps n'avait ordre que de défendre une ville, pas de conquérire.
Et surtout de la raison des bon debuts de barbarossa: le boulet d'en face Josef Visarionovitch, Staline: le pire statège de la second guerre mondial. L'URSS n'aurait jamais dû subir une débacle comme celle là. Une fois que Staline a fini de faire joujou avec le militaire et qu'il passe la main a ses généraux; miracle Moscou est sauvé, Stalingrad est une victoire et les allemend prennent défaite sur défaite.
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Réponse au Sujet 'histoire' a été posté le : 31/01/03 13:57
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Il n'y a pas à proprement parler de débâcle russe au début du plan Barbarossa.
Juste une stratégie, assez épouvantable quand on sait ce qu'elle a coûté aux populations civiles de Russie et d'Ukraine...
Les Russes se replient sagement, il y a peu de combats : Staline abandonne cyniquement la population aux sévices inommables de l'armée (sommée par Hitler de ne pas faire de quartier), pour fabriquer ses derniers chars et laisser s'enliser la Wehrmacht dans de redoutables problèmes de ravitaillement. A grand espace, armée étirée, il ne peut y avoir de front masif : bon nombre de soldats sont mobilisés entre l'est du Reich et le "front" pour sustanter l'avant.
Hitler croit ainsi la partie gagnée, et n'envoie pas assez de troupes à Stalingrad...
Or le ravitaillement devient impossible avec l'hiver.
C'est alors que Staline attaque massivement : une vraie boucherie, car ses hommes n'ont pas tous de fusils. Les vagues se succèdent, innombrables, avec des pertes terribles, tentant de ramasser le fusil du camarade tombé sous la mitraille allemande. Rajoutez les T4, les Allemands du front de Stalingrad étaient cuits...
Staline, ou reculer pour mieux beuter.
Hitler a fait une grossière erreur : appliquer la blietzkrieg, ou "guerre-éclair", à un territoire de grande taille. Staline l'a laissé mariner dans son euphorie illusoire, avant de frapper.
Avec des si, on peut faire ce qu'on veut, mais imaginons qu'Hitler ait appliqué une guerre de front concentré, et non dispersé par la volonté d'aller vite et d'attaquer la ville de "Staline", le ravitaillement aurait pu être possible, et les Russes seraient peut-être tombés sous la puissance nazie. Difficile à dire...
Enfin, c'est mon interprétation, maintenant je suis loin d'être un spécialiste de contempo, comme le Dave dont nous attendons avec impatience les posts suivants 
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Dernière mise à jour par : CONAN le Cibéride le 31/01/03 14:17
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Réponse au Sujet 'histoire' a été posté le : 31/01/03 14:32
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Rhhhhhhaaaaa, mais n'anticipez pas nom d'un caribou en rut! C'est normal qu'on ait pas encore causé de Stalingrad ou de l'Afrique: on en est encore à la campagne de 40! Laissez moi le temps d'y arriver et vous l'aurez enfin cette fichue conférence sur Stalingrad arf...enfin, je vais pouvoir me défouler, et vous allez souffriiirrrrrrrrr!!!
Bon, alors pour faire avancer le chtomp (plus facile à écrire que le "schmilblik"), je vais faire court pour ce qui suit la défaite de 40:
Suivant ce qu'on a dit précédemment, le plan de Von Manstein marche à la perfection: coup de poker très risqué (imaginez qu'une escadrille de bombardiers alliés ait pu survoler la ruée des chars allemands dans les ardennes, et couiiiiiiic!) mais habile. Les meilleurs troupes alliées sont donc isolées dans le nord de la France et en Belgique. Les tentatives de dégagement par des contres attaques échouent par manque d'hommes, de matériel et surtout de coordination entre Britanniques et Français. Pour le reste de la France, le front est momentanément stabilisé sur la Somme, mais pour peu de temps: en peu de temps (mais avec tout de même nue certaine résistance désespérée), le front est complètement rompu, et c'est la débacle et l'exode. Je ne m'attarde pas sur ce point assez connu.
Rajoutons juste que Benito a la très mauvaise idée d'entrer dans la guerre à ce moment là en profitant de la débacle française: fatale erreur, d'autant plus que les troupes italiennes sont clouées sur place par les Français dans les Alpes (une des seules victoire française en 40). Mussolini n'a pas eu l'habileté de Franco qui a réussi à maintenir une neutralité bienveillante à l'égard de L'Axe, ce qui lui a permis de tenir un certain temps...
Dans la poche du nord, c'est le fameux épisode de Dunkerque, et le célêbre et incompréhensible "Haltbefehl" de Hitler, qui arrête ses troupes juste devant Dunkerque: pause pour réorganiser et ravitaliller ses divisions? Peur d'un terrain assez défavorable aux Blindés? Arrêt "diplomatique" pour laisser une porte de sortie honorable aux Britanniques? Arrêt pour permettre à Goering de s'occuper tout seul comme un grand de Dunkerque avec le Luftwaffe? On en a longuement discuté, et ça n'a toujours pas été tranché. Probablement un mélange de toutes ces raisons...
Quoi qu'il en soit, c'est un répit inespéré pour les troupes encerclées: l'opération Dynamo permet d'évacuer quasiment la totalité des troupes Britanniques, certes en abandonnant tout le matériel. Mais ces troupes représentaient toute l'armée organisée et expérimentée de l'Angleterre: sans elles, aucune chance de continuer la guerre. Coup de bol monumental qui nne va pas s'arrêter là pour les Rosbifs...
A noter aussi le fameux débat sur cette évacuation: et les Français alors? Abandonnés lâchement sur les plages? Repoussés par les Britanniques qui refusaient de les laiser monter dans les navires? La réalité est plus complexe. La tragédie viendrait avant tout du manque de coordination entre les Etats Majors: la décision d'évacuer Dunkerque n'a pas été transmise à temps à l'Etat major Français, et pas dans les meilleurs conditions. Celui ci n'a pas vraiment eu le temps ni les moyens d'organiser lui même une flotte de rembarquement. Il n'empêche que, si beaucoup de soldats Français ont été laissés en plan, un certain nombre a été évacué, nottamment grâce à l'insistance de Churchill ("égalité complète dans le rembarquement entre Français et Britanniques" etc...).
Reste que cet épisode est resté coincé en travers de la gorge de beaucoup de Français. Et ce n'est pas Mers El kébir qui devait les calmer...
Pouf pouf
Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai un partiel dans peu de temps, je suis pressé! Alors, promis juré craché, ce soir, je vous cause de l'Afrique et du Front Russe. Demain grand maximum, mais moi aussi j'ai hâte d'en arriver là, car il y a beaucouuuuuuuuuuppppppp à dire et à rectifier (comme la débacle russe dont cause Conan en 1941: y a bien eu une débacle, si si, je vais le prouver! A noter aussi Conan: ce sont les chars T34 et pas T4, qui constituaient la masse des blindés soviétiques. Pas extrêmement puissants comparés au Tigre Allemand ou au futur Joseph Staline Soviétique, mais robuste, efficace et produit en masse).
Hop, le temps de torcher l'Administration Contemporaine, et je suis à vous!
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Réponse au Sujet 'histoire' a été posté le : 31/01/03 17:59
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Bon alors je vais pas métendre vu que le sujet va etre traité plus a fond par sieur Eldave, mais je tiens quand même a donner une ou deux information.
Il faut savoir que Staline et ses "amis" qui dirigeaient l'armée rouge n'avait aucun experience militaire, par 3 fois ils ont refusé de donner l'ordre a leurs troupes de se replier. Staline voulait que les troupe soviétique harcelent les forces allemande, boucherie. Staline a voulu defendre les grande ville qui ont été contournée encerclée et dont les garnisons se sont au final rendus. L'URSS avait largement de quoi resister a l'attaque avec ses 24000 chars, dont les 2/3 seront perdu dans les premier mois de la guerre.
Bon je m'arret sinon je vais me faire baffer.
Alors on a parler du role de Romel lors de la campagne de france? Double reccord; celui des pertes et celui des prisonniers fait. Grand débat parmis les fritz, faut il etre efficasse ou préserver la vie des soldats.
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Dernière mise à jour par : Engels karl le 01/02/03 13:20
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Réponse au Sujet 'histoire' a été posté le : 01/02/03 00:39
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Allez hop, je brave la fatigue et l'heure tardive, et je me lance! Bon, ce ne sera qu'un début, qui méritera d'être étoffé (et je compte sur vous, niarf!). Parlons donc de l'opération Barbarossa (on causera de l'Afrique...bin, quand on aura le temps).
L'URSS symbole du Bolchevisme pour Hitler et les nationaux socialistes devait forcément y passer à un moment ou à un autre, ça c'était prévu. L'immense majorité des Allemands ne l'entendaient, bien sûr, pas de cette oreille, car conquérir la France, c'était déjà un exploit, mais s'attaquer au plus grand pays du monde, c'est une autre paire de manches! D'autant plus que le pacte germano-soviétique d'aout 1939, s'il a étonné le monde entier, a, d'une certaine façon, rassuré la population, et même l'Etat Major: pour ce dernier, il s'agit de toutes façons de terminer la guerre à l'ouest avant d'entreprendre quoi que ce soit d'autre. C'est la base de la stratégie: pas de guerre sur deux fronts! Napoléon s'était fait avoir, de même que l'Allemange de 1914, et Hitler lui même n'arrétais pas de répéter qu'il était inconcevable de mener une guerre victorieusement sur deux fronts. Seulement...
...Seulement, les Britanniques résistent: ils gagnent la bataille d'Angleterre, l'opération Otarie (invasion des iles Britanniques) est ajournée sine die, et Churchill n'a manifestement pas l'intention de capituler. Et hitler s'impatiente, d'autant plus qu'il est grisé par les récentes victoires à l'ouest et en Pologne, certes comme une partie de la population, qui n'aspire toutefois qu'au calme et à la paix (qu'ils ont tant attendus durant cet étrange été 1940...). Hitler se décide: que l'Angleterre s'obstine, la prochaine cible sera l'URSS!
L'Etat Major est, naturellement, un peu paniqué: envahir l'URSS? Mais avec quoi? Comment? C'est de la folie pure! Mais, bon gré mal gré, en bons militaires qu'ils sont ("Befehl ist Befehl!"), ils s'éxecutent, et, pendant que, le plus discrètement possible, d'immenses quantités de troupes, blindés, matériels etc...sont acheminés vers l'est, c'est le général Halder qui s'occupe de mettre au point un plan viable pour la campagne de Russie.
Il n'est que modérement enthousiaste à l'idée de s'attaquer à l'Urss, et, en réaliste, il met au point un plan reposant sur la surprise, la vitesse, l'encerclement, avec un seul but: annihiler les troupes russes le plus à l'ouest possible afin de ne pas avoir à les poursuivre trop loin, et surtout ne pas les laisser s'échapper. Ce plan repose donc, outre le binome blindé/avion, sur des manoeuvres d'encerclement géantes, plusieurs tenailles sur tout le front, qui doivent se refermer derrière l'ennemi et continuer les manoeuvres d'encerclement tandis que la masse de l'infanterie allemande se charge de réduire les zones encerclées. C'est un bon plan. Qui a failli marcher. Halder l'a bien vu: à partir du moment où les troupes russes ont réussi à se replier à l'est du Dniepr, c'était déjà très mal parti...
Pour cela, une immense armée est constitué discrètement aux frontières de l'Urss, et trois fronts sont définis (dans mon souvenir): pour simplifier, nous parlerons du nord, du centre et du sud. En fait, tout repose sur la surprise et la supériorité de l'armée allemande, car, par exemple, proportionnellement, il n'y a pas beaucoup plus de chars engagés au début que pour la campagne de France.
Pendant ce temps là, chez tonton Staline...
...Et bien ce n'est pas la joie: l'armée est dans un état déplorable. On ne va pas s'attarder là dessus, mais disons que, si les russes ont beaucoup de blindés, ceux ci sont pour beaucoup inférieurs aux tanks allemands. Il en est de même pour l'aviation, qui sera de toutes façons clouée au sol par la Luftwaffe dès le début de la bataille. L'URSS dispose par contre d'une très bonne artillerie, qui va vite devenir la meilleur du monde (les fameux "orgues de Staline": les fusées Katiouchka...). L'infanterie est certes très nombreuse, mais mal équipée, peu entrainée, et surtout très mal encadrée. Car ce qui a dramatiquement affaibli l'armée Soviétique, ce sont bien les grandes purges de 1938: un nombre effrayant d'officiers de tous grades (des sous officiers aux maréchaux...) ont été proprement liquidés. L'état major soviétique est dans un état catastrophique. Heureusement que de bons généraux ont réchappé à ces purges, car ils vont faire parler d'eux, les Vatoutine, les Ieremenko, les Tchouikov, les Rokossovski et bien sûr les inévitables Koniev et Joukov!
L'URSS, fin 1940, entreprend donc un effort pour se réarmer et réorganiser son armée: effort qu'il aurait fallu maintenir au moins jusqu'en 1942 pour être à peu près prêts à recevoir les Allemands, qui n'attendrons, hélas, pas jusque là: en juin 1941, les lignes fortifiées sont en pleines restructuration, leurs canons sont démontés, les troupes sont affreusement mal positionnées. Ca se présente mal...
Et pourtant, Staline feind l'optimisme: deuxième grand mystère de la guerre, comment a t-il pu être aussi aveugle et croire que Hitler respecterait le pacte Germano-soviétique? L'explication la plus souvent avancée, c'est qu'il cherchait par tous les moyens à gagner du temps. C'est en partie vrai, mais il n'y a pas que cela. Je ne détaillerai pas tout ça ici, reste que ledit Staline s'acharne à faire des révérences aux Allemands, à leur témoigner toute son amitié etc...alors que ceux ci s'apprêtent à attaquer.
Un contretemps facheux vient retarder l'attaque allemande: non seulement Mussolini a attaqué la Grèce sans avertir Hitler, mais en plus ses troupes se font repousser par les Grecs. Et pour couronner le tout, la Yougoslavie tente de s'opposer à l'axe! Retard donc, le temps de s'occuper (et d'occuper) comme il se doit de ses deux pays. La date est finallement fixée: ce sera le 22 juin 1941!
Un mot donc des débuts de cette opération: tout se passe conformément aux plans d'Halder. Les Russes
avaient bien repéré les mouvements de troupes des Allemands, mais, à cause de l'aveuglement de Staline, ils n'ont rien fait pour se préparer au choc. Et le choc est terrible: les avions soviétiques sont cloués au sol, les armées allemandes se ruent en URSS, toujours plus loin vers l'est, faisant toujours plus de prisonniers. C'est effectivement la débacle: la technique de l'encerclement permet de faire des centaines de milliers, voire des millions de prisonniers.
Mais le problème des objectifs ressurgit de manière toujours plus urgente: Leningrad? Moscou? Le blé d'Ukraine? Hitler va alors changer d'avis de nombreuses fois, et demander à ses hommes de prendre tous ces objectifs. Impossible. Et pourtant: Leningrad est assiegé, mais résiste. Le siège est abominable, et durera jusqu'en...1944! Mais les Russes tiennent bon. Au sud, il s'agit d'éviter absolument que les Russes ne puissent replier leurs troupes à l'est du Dniepr (fleuve): mais la ténacité des soiviétiques permet ce repli. Les Allemandes continueront alors vers l'est, franchiront le Dniepr, iront jusqu'au Don, s'attaqueront à la Crimée, prendront Rostov qu'ils devront cependant évacuer une première fois.
Au centre, le nouvel objectif, puique les armées Russes ne sont pas toutes détruites, c'est Moscou. Mais l'hiver arrive et, malgré une ultime offensive en décembre, même si les avants gardes allemandes parviendront à voir le Kremlin, ce sera un échec: les Russes résistent farouchement, et lanceront une première contre offensive pour dégager Moscou durant l'hiver.
Hitler prend alors une décision lourde de conséquences: on ne se replie pas sur des positions préparées à l'avance, on reste sur place! Humainement parlant, c'est un carnage: les troupes allemandes ont encore leur tenue d'été, et l'hiver russe ne pardonne pas. Stratégiquement parlant, ce n'est pas une mauvaise idée: cela évite une retraite qui se serait transformée en Bérézina. L'erreur d'Hitler sera de réiterer cette stratégie les hivers suivants...
Premier bilan: c'est bien une débacle pour les Russes, mais une débacle sans commune mesure avec celle qui a touché la France. Pourquoi? Parce que les Russes peuvent se permettre de perdre des centaines de milliers, des millions mêmes, d'hommes tués ou prisonniers. De plus, ils ont l'avantage du terrain: ils peuvent aussi se permettre de se replier sur 100 ou 200 kilomètres, ce qui était impossible en France. Enfin, le climat est leur meilleur allié: l'hiver russe tuera probablement plus d'Allemands que l'armée Soviétique.
Prochain épisode: 1942, l'année du tournant! Les Russes se forgent une nouvelle armée, mais Hitler veut contre attaquer. Et, encore une foit, il ne sera pas loin de réussir. Et ouaip, on va y arriver à Stalingrad!
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Réponse au Sujet 'histoire' a été posté le : 07/02/03 20:19
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Nous en arrivons donc à Stalingrad, la fameuse bataille qui a marqué le tournant de la guerre à l'est.
Cette bataille s'insère en fait dans une série d'opération de grande envergure: du côté allemand, il s'agit du "plan bleu" afin de s'emparer des puits de pétrole du caucase, et du côté russe, l'encerclement de Stalingrad n'est qu'une réduction de la tentative d'encerclement géante de toutes les troupes allemandes présentes dans le caucase.
Tout commence donc en 1942 lorsqu'Hitler et ses généraux se mettent d'accord sur une reprise de l'initiative à l'est, et donc sur une nouvelle offensive. Leur accord s'arrête là: les généraux prévoient qu'une offensive parte du sud, perce le front russe, puis oblique vers le nord afin de menacer Moscou par le sud. Hitler acquiesce lorsqu'il est question de lancer une offensive à partir du sud. Mais il veut la diriger vers l'extrême sud, le caucase, les puits de pétrole (Bakou etc...): Hitler réagit alors à des considérations d'ordre économique (déjà l'année précédente, il était question du blé des plaines ukrainiennes). Selon lui, le pétrole des puits du Caucase est vital pour l'armée et l'industrie allemandes (ce qui reste tout à fait discutable): les puits sont donc le premier objectif, et une ville comme Stalingrad n'apparait alors, et pour un certain temps, que comme un objectif totalement secondaire...
Les débuts de l'offensive, durant l'été 42, sont prometteurs: le front russe est enfoncé, les divisions allemandes traversent à toute vitesse la steppe sans rencontrer une grande résistance. Les troupes allemandes sont à deux doigts de prendre Stalingrad sans combats, mais il ne s'agit pas d'un objectif prioritaire: ils laissent donc passer leur chance.
Or, en peu de temps, les choses se gâtent: la résistance soviétique se renforce, les lignes allemandes sont étirées à l'extrême, la pénurie de carburant empêche la poursuite de la progression, etc... Certains puits de pétrole sont occupés, mais les russes ont eu le temps de détruire toutes les installations: l'offensive n'a plus lieu d'être, d'autant plus que l'armée russe est loin d'être brisée par ces attaques.
C'est alors qu'arrive l'odre de prendre Stalingrad: on a longtemps parlé de cette ville comme d'un "objectif symbolique", puisque son nom renvoie à Staline. Or, au début, cette ville a une réelle importance stratégique: il s'agit d'un grand centre industriel, tout en longueur, qui fournit une grande partie des tracteurs et des chars soviétiques (1/4 ou quelque chose comme ça...). En outre, sa position géographique en fait la clé de voute du contrôle de la vallée de la Volga: prendre Stalingrad, c'est contrôler cette zone et aussi tout le trafic du fleuve en lui même. Cependant, ces raisons vont vite passer au second plan: la ville sera rasée à 99%, et les soldats allemands verront bien l'inutilité de prendre un grand centre industriel complètement rasé. En outre, les usines de cette ville seront rapidement transférée ou remplacées par d'autres à l'est. Et quelques unes d'entre elles continueront à fonctionner au plus fort de la bataille, produisant et réparant des chars par exemple. Sa position stratégique passera elle aussi au second plan: ne restera plus alors que l'objectif idéologique.
C'est la VIème armée, fleuron de la Wehrmacht, qui à la charge de prendre Stalingrad, protégée sur ses flans par des armées italiennes et roumaines, peu sûres, mal équipées, mal entrainées et peu préparées à la guerre à l'est. Je passe sur les détails: s'ensuit une effroyable bataille de rue dans Stalingrad, et, peu à peu, les Allemands se rendent maitres des différents quartiers et édifices de la ville. Fin octobre, Paulus peut être satisfait: la quasi totalité de la ville est entre ses mains, et seuls quelques ilots de résistance subsitent sur la rive ouest (telle l'usine géante Krasny Oktiabr...), défendus avec acharnement par les hommes de Tchouïkov.
Ce dernier est de plus en plus mal en point: les allemands sont arrivés au bord de la Volga, le ravitaillement passe très mal (il faut traverser le fleuve, exposé aux tirs allemands), et surtout on ne lui envoie pas de renforts. Pourtant, il y a bel et bien des troupes soviétiques massées de par et d'autre de la ville, sous le commadement de Joukov et Rokossovski, mais leur objectif est bien différent: il s'agit tout bonnement d'encercler la VIème armée dans Stalingrad.
Du côté allemand, tout ne va pas si bien: les Russes résistent encore dans la ville, l'offensive du Caucase s'enlise, et surtout Paulus ne peut obtenir des renforts allemands pour ses ailes, dangereusement affaiblies selon lui. Hitler ne veut rien entendre, mais c'est finalement Paulus qui aura raison: l'offensive des Russes le 19 novembre fait littéralement voler en éclat les armées roumaines et italiennes. Le 22 novembre, Paulus et la VIème armée sont encerclés.
Commence alors une lente agonie: Hitler refuse d'ordonner une sortie de la VIème armée qui aurait pu briser l'encerclement gràce à une offensive conjointe des armées allemandes de l'autre côté. Non, Göring a assuré qu'il pouvait assurer le ravitaillement des troupes encerclées par la voie des airs: le délire continue, car le ravitaillement aérien de toute une armée dans de telles conditions est totalement impossible.
Les Allemands tentent bien de dégager la VIème armée par une offensive de la dernière chance (opération "Wintergewitter"), mais sans succès.
Les troupes encerclées sont alors soumises aux rigueurs de l'hiver russes: températures surréalistes, famine, pression des troupes soviétiques, etc... Paulus résume la situation lors d'un échange de messages avec le haut commandement: "en fait, vous vous addressez à des hommes déjà morts". Le cadavre de la VIème armée allait résister jusqu'au 2 février: en janvier, les Russes décident d'en finir et de liquider la VIème armée (opération "anneau"). Les Allemands sont submergés. Le 17, Hitler nomme Paulus Maréchal, croyant par là l'encourager à résister et éviter qu'il ne se rendre, aucun Maréchal ne s'étant rendu jusque là. Peine perdue: le 2 février, Paulus se rend enfin. Il a perdu 100000 hommes depuis le 10 janvier. Les 91000 survivants prennent le chemin des camps. A peine 6000 en reviendront...
Les armées du Caucase doivent quant à elles accomplir des prodiges pour échapper à leur tour à l'encerclement. Elles réussissent pourant cet exploit, qui ne changera pas grand chose à l'issue de la guerre...
La défaite de Stalingrad est significative pour plusieurs raisons: c'est d'abord la première grande défaite de la Wehrmacht du conflit. C'est ensuite la perte de la meilleure formation armée allemande, et de nombreuses troupes italiennes, roumaines et hongroises. C'est enfin une défaite symbolique dans la ville de Staline, qui marque le tournant de la guerre. Pourtant, Stalingrad ne signe pas l'arrêt de mort de l'armée allemande: elle est certes saignée à blanc, mais c'est surtout la gigantesque bataille de chars de Koursk en 1943 qui va signifier le renversement définitif des rapports de force à l'est.
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