Tonnelier

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Les déchus a été posté le : 13/11/02 16:37
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Voilà un récit que j'ai commencé aujourd'hui. J'ignore combien de place il prendra, je connais, à peu près, l'intrigue. Bref, je me lance en partie à l'aveuglette, mais c'est ma méthode.
C'est un récit fantastique, à l'ambiance plutôt sombre, en tout cas c'est comme ça que je le ressens pour le moment...
Voilà, bonne lecture, et n'hésitez pas à laisser vos impressions/critiques/commentaires (rayer la mention inutile )
Les déchus
Ils étaient quinze. Quinze hommes, réunis autours d’une table bien garnie. Le vin était bon et la nourriture, commandée à un traiteur renommé, de qualité. Pourtant l’ambiance n’était pas à la gaîté.
Maurice Maurel, sénateur, était l’instigateur de cette réunion. Ses amis étaient tous, comme lui, des hommes politiques du même bord. Mais pour une fois, les affaires publiques n’étaient pas à l’ordre du jour. Maurice Maurel était également connu pour avoir un don de voyance. Et ce qu’il voyait, en ce moment, était très sombre.
- J’ai l’impression que ce repas est le dernier que nous ferons ensemble, dit-il. Depuis des jours, je le sens, un événement grave va arriver. Nous serons tous touchés…
- Mais… De quelle nature, cette événement ? demanda un de ses amis, visiblement mal à l’aise. Ce don de voyance était pris très au sérieux par ses connaissances, qui avaient pu se rendre compte de sa justesse.
- Cet événement sera d’importance… Je crois… Je crois que nous assisterons à la fin du monde de notre vivant…
Le silence s’installa, jusqu’à ce qu’ Etienne Bois déclare :
- Tu as dû « voir » plus… Donne-nous des précisions…
- Je n’ai rien « vu »… Mais, depuis quelques jours, j’ai une impression, tenace… un malaise permanent. C’est venu un matin, à la suite d’un rêve particulièrement éprouvant. Or je « vois » beaucoup de choses en rêve. Il y avait dans celui-ci, c’est certain, un message divin.
Il se tut un instant, puis reprit :
- Je ne sais pas si le monde entier sera touché… Mais ce qui est sûr, c’est que nous allons vers des bouleversements très importants. Et je pense que la période de transition sera très dure, voire fatale…
On ne parla plus beaucoup pendant ce repas. Chacun imaginait les horreurs, les bouleversements à venir. Pour beaucoup, ce serait une guerre mondiale, voire des attentats terroristes d’ampleur inégalée. Etienne Bois, qui avait par moments de courtes velléités écologiques, imaginait également d’autres catastrophes, plus ou moins plausibles.
On passa au salon. Chacun tenta d’égayer l’atmosphère, sans trop de résultat. Peu à peu, les invités prirent congé de leur hôte. Seul Etienne Bois, député, resta en compagnie de celui qui était son ami d’enfance. A eux-deux, ils se sentirent mieux. Ils avaient déjà traversé nombre d’épreuves, se soutenant mutuellement. Ils purent parler plus librement :
- En fait, déclara Maurice Maurel, je n’ai pas voulu en parler aux autres, mais ces bouleversements seront vraiment inattendus. Je pense que quelque chose qu’on ne connaît pas, que l’on n’imagine pas, va arriver, nous plongeant dans un chaos incompréhensible. La peur sera là… Nous serons face à des événements qui nous dépassent totalement.
- Penses-tu qu’il puisse exister une manière de savoir, de pouvoir faire front à cela ?
- Je l’ignore… Comme j’ignore tout de ce qui va arriver. Je te l’ai dit, tout cela ne repose que sur des impressions, des sensations… Je sens le temps, je l’éprouve comme je ne l’ai jamais éprouvé, comme si chaque seconde devait être la dernière. Cette expérience me permet au moins de me rendre mieux compte du monde qui m’entoure. Sais-tu, il m’arrive de caresser l’espoir que tout ceci n’est qu’une alarme que Dieu m’envoie. Après tout, je ne suis plus tout jeune, et même si je suis encore en bonne santé et en forme, nul ne peut savoir si je serai encore vivant demain.
- Pour toi, ces… ces « impressions » sont une sorte d’ « annonciateur de mort » ?
- J’avoue, il m’arrive de l’espérer.
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 13/11/02 16:40
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Etienne Bois rentra chez lui dans la soirée. Il avait demandé à sa femme de ménage de ne rien lui préparer pour le dîner. Il ne se sentait d’ailleurs d’aucun appétit, plus par le malaise qui l’envahissait depuis les déclarations de son ami que par le copieux déjeuner qu’il avait fait. Désœuvré, il erra un moment dans l’appartement vide, alluma la télévision, feuilletant un magazine, jetant un œil à son courrier, écoutant les messages laissés sur son répondeur. L’habitation était bien chauffée, mais il frissonna néanmoins.
Il entra dans sa chambre. Sur son lit, le fantôme de sa femme, resplendissant de jeunesse, semblait le fixer attentivement.
- Ah, tu es là… Tu sais, ce soir, j’ai l’impression que nous nous retrouverons prochainement.
La forme blanche sembla s’évaporer. Etienne Bois resta seul. Il passa dans son bureau. Bien en vue, sur le plan de travail, son manuscrit l’attendait. En partant ce matin, il pensait écrire une ou deux pages en rentrant le soir, mais à présent toute inspiration l’avait quitté. L’idée même de penser à son roman historique, qu’il écrivait sous un pseudonyme, le mettait mal à l’aise, d’autant plus que son héroïne traversait un moment particulièrement heureux de son existence. Il ne se sentait pas capable de penser à quelque chose d’heureux.
Au contraire, chacun de ses souvenirs prenait ce soir un goût amer. Les bons souvenirs étaient à présent des regrets d’un autre âge. Les mauvais souvenirs revenaient le hanter.
- Il faut que je me secoue… Que je trouve ce qui est positif dans ce qui se passe… Maurice a raison. Ca nous fait comprendre des choses… La vie est comme tout le reste… Des changements. Un éternel changement…
Il sortit sur le balcon, malgré le froid de la nuit, et alluma une cigarette. Son attention fut soudain attirée par une lueur étrange dans le ciel. Dans la lumière parisienne, les étoiles étaient invisibles, pourtant l’une d’elle semblait percer le voile. Le député mit ses lunettes, mais la lumière restait toujours floue. Pourtant, il lui semblait qu’elle se déplaçait. S’agissait-il d’un avion ? Ou un de ces objets volants non identifiés ? Mais, s’il croyait en la voyance, la sorcellerie et d’autres phénomènes paranormaux, Etienne se refusait à croire aux Ovnis. Tous étaient explicables par quelque raison naturelle. Ici, d’ailleurs, il devait s’agir d’un satellite, ou pourquoi pas tout simplement d’une étoile filante ?
La lueur descendait, c’était indéniable. Mais elle était loin. Elle disparut à l’horizon. Le vieil homme resta encore sur son balcon, dans le vent nocturne, puis le froid le fit battre en retraite. Il se sentait encore plus mal à l’aise qu’avant. Il essaya de regarder la télévision, mais ne parvint pas à se concentrer. La futilité de ce qu’il voyait ne suffit pas à le distraire. Il se remit à rôder comme une âme en peine. Il aperçut sa femme attablée dans la cuisine, mais la vision se dissipa instantanément.
Il fallait dormir. La nuit serait longue et pénible, c’était sûr. Mais elle était nécessaire. Le lendemain matin, il verrait les choses autrement.
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 13/11/02 16:48
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Rôdeur finit de lire, puis scrolle vers le bas. Et encore, et encore. Mais rien ne vient. Il fait face à la signature de Trome : Le post en bas de celui-ci est super!
Puis il lève des yeux déjà, injectés de sang par l'angoisse, vers le pauvre avatar de Trome qui n'a pourtant rien demandé, et lui hurle au visage des imprécations que nul ne voudrait jamais entendre.
LA SUITEUUUUUUUUUUUUUUU VITEUUUUUUU !!!!! ME LAISSE PAS SUR MA FAIM, BOURSEDIEU DE SANS-COEUR !!!!
A propos de ta méthode d'écriture, je n'ai rien à redire. C'est comme ça que j'ai écrit mes meilleures nouvelles, et c'est ainsi que j'écris encore Zadeulfleud.
C'est fou. En quelques lignes tu as déjà instillé une angoisse phénoménale.
Bon j'attends, hein. Moi je bouge pas. Je reste là. Juste là.
Puis, au cas où, il scrolle en bas à nouveau. Et encore. Et encore. Et encore...
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Dernière mise à jour par : Rôdeur le 13/11/02 16:49
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 13/11/02 17:36
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Merci beaucoup, Rôdeur. Pour ta récompense, voici donc la suite... Je suis en veine, pour l'instant, mais ne vous faites pas d'illusions, ce ne sera pas tous les jours comme ça... quoique, espérons toujours.
Devant son café, Etienne Bois achevait de se réveiller. La nuit, comme il l’avait prévu, avait été difficile. Mais ses nuits étaient régulièrement désagréables. Le fantôme de son épouse se montrait alors menaçant. Il l’entraînait dans des rêves où la lascivité partageait sa place avec l’angoisse. Il se réveillait alors, et ne pouvait plus se rendormir. Un jour, c’était certain, il finirait par vaincre ses résistances et prendrait des somnifères.
Il pensait à tout cela à présent, attablé, sorti d’un bon bain, un copieux petit déjeuner devant lui. Anne, sa femme de ménage, chantonnait en faisant son lit. La normalité était revenue dans son existence. Mais il ne se sentait pas en pleine forme, loin de là. Il songea à aller voir son guérisseur. Lui-seul parviendrait à le calmer pour un temps, à lui rendre sommeil et appétit. Car il n’avait pas faim. Les croissants sortis du four lui donnaient la nausée.
Il écoutait d’une oreille distraite France-Info. Alors qu’il allait se lever de table, le speaker retint son attention :
« … Enfin, signalons qu’une lumière aurait été aperçu hier soir tombant en mer au large des côtes vendéennes… Il semblerait qu’il s’agisse d’une météorite de petite taille. »
Ainsi, il avait bel et bien vu quelque chose la veille. Bon. C’était toujours un mystère de résolu, une interrogation en moins. Oui, le monde était finalement normal, banal. Les choses se remettaient en place. Les prédictions de son ami… Et bien, comme il le disait lui-même, il s’agissait de sensations. Elles étaient peut-être dû, comme il pensait, à son âge. A ce moment de la vie, peut-être était-ce un signe normal ?
Le député se secoua. Il allait prendre rendez-vous avec son guérisseur, qui était d’ailleurs un ami. Rien que de passer un après-midi à parler avec lui le remettait de bonne humeur. Il composa son numéro de téléphone.
-Allo ?
- Edmond ? C’est Etienne. Comment vas-tu ?
- Ah ? Etienne. Quoi de neuf ?
- Oh… Rien de bien particulier… Je voulais savoir si on pourrait se voir, un de ces jours…
- Heu…
- En fait, j’ai quelques problèmes de sommeil en ce moment…
- Ah… Oui, quelques problèmes…
- Voilà… Mais si tu es occupé, ça peut attendre. Tu es occupé, là ? Tu veux que je te rappelle ?
- Heu… Non, je suis seul, là… Ecoute, je suis désolé, mais je crois que je ne pourrais rien faire pour toi…
- Que veux-tu dire ? Tu ne veux pas t’occuper de moi ?
- Non, ce n’est absolument pas ça. Je… Je ne peux pas… Je peux te donner l’adresse d’un médecin que je connais, dans la région parisienne…
- Mais qu’est ce qui t’arrive ? Tu sais bien que tu es le seul qui me soigne ! Jusqu’à présent, ça s’est toujours bien passé… Tu n’as pas eu des problèmes de justice ?
- Non, Etienne… Pas de problème de ce genre… Ecoute, en fait… Je n’ai plus de don, c’est ça…
- Mais… Comment ça ?
- Comme je te dis. J’avais des mains guérisseuses. Elles ne le sont plus. Comme ça, pfuit ! Un matin, il y a environ deux semaines, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus soigner.
- Mais… C’est impossible !
- Tout à fait possible ! Dieu m’avait donné ce don. Il me l’a ôté. C’est tout, ça s’arrête là. Si tu veux, on peut se voir et parler, je peux essayer de te soigner quand même, mais ce sera inutile…
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 13/11/02 21:16
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Merci beaucoup!
La suite... la voilà!
Perchés sur un gratte-ciel parisien de plus de 100 mètres de hauteur, Laura et Daniel n’en menaient pas large. L’homme en face d’eux, assis sur un rebord, n’était pas pour les rassurer. Même s’ils le connaissaient… Surtout qu’ils le connaissaient, plutôt…
On aurait dit un véritable méchant de cinéma. Physiquement, il en avait les caractéristiques, jusqu’à accumuler les stéréotypes. Il était grand, chauve. En pleine nuit, il portait de petites lunettes noires rondes, formant deux trous sombres sur un visage maquillé en blanc. Un large manteau noir le protégeait du froid. Il ne s’était pas maquillé un sourire de clown, mais il aurait pu.
Il ne paraissait sentir ni le froid, ni le vent glacé. Ce n’était pas le cas de Laura et Daniel. Ils les avait fait venir ici. Un simple rendez-vous, glissé dans leur boîte aux lettres. Le lieu et l’heure les avait légèrement surpris, mais pas outre mesure. Ils étaient habituer à rencontrer des gens étranges et inquiétants en des lieux tout aussi inhabituels. Mais là, la peur était là. La présence d’un revolver sous le manteau ne parvenait pas à atténuer leur angoisse.
- Je vais avoir besoin de vous, fit l’homme. Il m’est arrivé une *********rie…
Il les regarda le visage fermé, ne semblant pas quêter une quelconque approbation. De toute façon, son ton était plus un ordre qu’une demande.
- Vous allez m’héberger pendant un temps… Je ne sais pas jusqu’à quand, d’ailleurs… Ca dépendra de ce qui va se passer… Si je me souviens bien, vous avez une planque en banlieue… Ca m’ira.
Daniel laissa passer un temps d’attente puis se lança :
- Il… Il y a quelqu’un, déjà. Mais on peut vous trouver quelque chose d’autre ! se hâta-t-il d’ajouter.
- Ecoutez… Il faut que demain matin, je sois installé dans un endroit décent…
Il leur jeta un regard menaçant et ajouta :
- Il va sans dire que personne ne devra être au courant… Il va sans dire que si on me retrouve là-bas, je considérerai que vous êtes les responsables…
- Oui… Oui, je comprends…
- Alors, venez me retrouver ici dans deux heures… Et avec un endroit où me loger.
- Deux heures ? Bon, on va voir ce qu’on peut faire…
La pièce était petite, sombre, et suintait l’humidité.
- Je suis désolé, murmura Daniel, mais avec le délai que vous nous avez accordé…
- On fera avec… L’important, c’est que personne ne soit au courant… Toi ! s’écria-t-il en désignant Laura du doigt, vas m’acheter à manger, une réserve pour quelques jours…
- Oui… oui, j’y vais… Je prends quoi ?
- Des conserves… Prends des conserves, des trucs nourrissants… J’ai aucune envie de sortir faire les courses.
- Les magasins sont fermés à cette heure-ci… D’ici une petite heure… fit Daniel.
- Bon… Mais sors quand même, j’ai besoin de parler à ton mec.
Laura sortit donc, soulagée de ne plus se trouver dans la même pièce. Comme elle n’avait rien à faire, elle attendit, dans l’escalier, la minuterie à portée de la main. Le fait de se trouver dans le noir lui paraissait particulièrement insupportable. Seule avec son angoisse, elle se remémora ses souvenirs. Elle regrettait le jour de leur rencontre avec ce type. Il leur avait rendu un fameux service, à vrai dire. Mais ils étaient ses obligés à présent. Or, il semblait particulièrement imprévisible et dangereux. S’il leurs avait sauvé la vie, était-ce pour en disposer à sa guise ? On pouvait s’attendre à tout de sa part.
Seul en face de l’homme, Daniel le regarda faire le tour de sa pièce, tâter son matelat et ôter ses chaussures.
- Je t’ai dit qu’il m’était arrivé une couille… J’ai perdu certains de mes pouvoirs… Pas tous, s’empressa-t-il d’ajouter en toisant Daniel d’un regard mauvais, et amuse toi seulement à me tester…
- Je n’essayerai pas, soyez tranquille…
- Ne t’en fais pas pour ma tranquillité. Mais n’essaye pas non plus de prévenir quiconque… Et surveille ta copine, qu’elle tienne sa langue.
- Oui, oui, je n’y manquerai pas…
- Ne lui répète pas ce que je t’ai dit !
- Oui, oui, compris !
- Bon… Si on te demande des choses sur moi, tu dis que tu ne m’as pas vu.
- Oui, bien sûr !
- Bien. Maintenant, tu peux y aller… Revenez avec mes provisions dans deux heures ! Et prenez des bouteilles d’eau aussi.
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 13/11/02 21:33
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C'est très bon, tout ça !
(Et en plus, l'auteur n'aura même pas besoin de mes services, c'est un bon point pour lui, ça !!! Mais je m'y attendais un peu, depuis le PLC, nyerk...)
Allez, zou ! Direction le sommaire...
*Tiquetiquetiqueclic !*
Ca y est, en bonne et due place...
Je suivrai tout ça avec beaucoup d'intérêt...
Bien à vous !
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 13/11/02 21:51
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C'est assez intriguant, Trome.
Ton écriture mélange allègrement une description très proche de notre monde moderne, sans plus ni sans moins (c'est pas de l'anticipation en tout cas) avec un style légèrement dark-fantasy qui s'instale vite, propre, et bien. C'en est même effrayant.
Ca me fait un peu penser à une nouvelle de SF que j'ai lu, je crois que c'était Roland C. Wagner, sur un futur chaotique qui finissait en fantastique... et aussi à Orson Scott Card.
Ta réalité, ça pourrait être la notre si la magie y jouait un vrai rôle. Quoique jusqu'à présent, la place de la magie dans ton histoire est encore inconnue.
C'est pour ça qu'on sent l'angoisse. C'est un monde trop proche de nous malgré ses différences...
C'est vraiment très intriguant. Très intriguant, oui, ça l'est...
Tandis qu'il parle, Rôdeur clique frénétiquement sur la flèche "bas" de l'ascenseur...
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Dernière mise à jour par : Rôdeur le 13/11/02 21:56
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 13/11/02 21:51
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ça fait du bien les récits noirs et glacés.
j'attends avec impatiente la suite sur cette fin de tous les pouvoirs...
je m'en vais avant qu'on me retire les miens...
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 14/11/02 23:06
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Merci à tous de vos encouragements, ça fait vraiment plaisir!
Allons, pour le plaisir des yeux, ou alors leur grand effroi, voici la suite...
La maison était surchauffée. Etienne Bois transpirait sous son veston. Il n’avait pas osé l’enlever. Sur son lit de mort, Raymond Seron respirait lentement. Sa femme était assise très droite à ses côtés et lui tenait la main. Sur une chaise, Etienne considérait la scène avec tristesse. Son mentor ne passerait sans doute pas la nuit. Dehors, la tempête faisait rage. Le téléphone était coupé. Il pleuvait à verse. On était comme des décennies en arrière. Cette nuit, il ne faudrait compter sur aucune ambulance, aucun hôpital. Raymond mourrait dans son lit.
Le députer se leva une nouvelle fois, alla à la fenêtre et tenta à nouveau de percer la nuit en furie. Mais il n’y aurait aucune accalmie. Ils ne seraient que deux pour veiller. Mais ce n’était pas plus mal. Tout le monde ne décédait pas en compagnie de ses deux êtres les plus chers.
Tout jeune, Etienne avait fait connaissance avec Raymond Seron. Il avait été son professeur le plus estimé, celui dont il avait retenu tous les enseignements. Raymond l’avait ensuite intronisé en politique. Toute sa vie, il avait été là pour l’aider et le conseiller. Aussi, quand il l’avait appelé deux jours plus tôt, du fond de sa propriété bretonne, Etienne s’était précipité. Raymond était au plus mal. Depuis quelques jours, une maladie l’avait atteint. En l’espace d’une semaine, il avait été couvert de rougeurs, avec de la fièvre. On n’avait rien trouvé à l’hôpital. Il s’était alors remis. Il était guéri. Etienne était venu. Et là, ce soir, alors que les éléments se déchaînaient, la rechute était arrivée. Plus q’une rechute, c’était une aggravation.
Décidément, pensa Etienne Bois, la mort était dans ses parages depuis quelques temps. D’abord les déclarations de Maurice Maurel, deux semaines auparavant, jusqu’à une sorte d’apogée ce soir-là. Entre-temps, Etienne avait passé des moments très durs. Ses nuits avaient été particulièrement éprouvantes, peuplées de cauchemars plus ou moins récurrents.
Il était un peu plus de deux heures du matin quand Raymond Seron mourut. Un dernier tic sembla l’agiter, il ouvrit les yeux, son corps se raidit et sa main se crispa dans celle de son épouse. C’était fini. Sa femme, Bernadette, le contempla un moment et se leva avec dignité. Etienne avait fait de même. Ils se tenaient debout, tournés vers le corps du vieil homme quand on tambourina à la porte. Ils sursautèrent, restèrent un moment figés puis Bernadette se ressaisit et alla ouvrir.
C’était un homme assez jeune, recouvert d’une épaisse cape foncée. Il salua poliment la vieille femme, même si son ton avait quelque chose de glacé.
- Veuillez m’excuser de cette intrusion… Ma voiture est tombée en panne à une centaine de mètres de là… Mon portable est déchargé… Si vous avez le téléphone…
- C’est… C’est qu’avec la… la tempête, le téléphone est coupé…
- Aïe…
Personne ne savait que dire. En d’autres circonstances, c’était sûr, On l’aurait convié à rester le temps que la tempête se calme.
- Vous croyez que ça va durer longtemps, cette tornade ? demanda-t-il.
- Je l’ignore…
Etienne décida alors de prendre les choses en main. Il fit signe à Bernadette qu’il allait s’occuper de cet étrange visiteur. Elle pourrait retourner auprès du corps de son mari.
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Dernière mise à jour par : trome le 07/12/02 22:24
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 15/11/02 00:38
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rahhhh !!
Cette histoire m'intrigue de plus en plus à moi !!
la suite ! la suite !
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 15/11/02 00:46
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La curiosité étant une excellente qualité, te voilà récompensée...
Attablés dans la cuisine, Etienne et l’inconnu prenaient un petit verre.
- Vous nous excuserez pour cet accueil un peu… froid… Mais il est arrivé un événement particulièrement… difficile…
- Ecoutez, dans ce cas, je vous remercie, je vais retourner à ma voiture… Je ne veux absolument pas gêner…
- Non, vous n’allez pas sortir par ce temps… Il y a des rafales de vent impressionnantes… Il peut vous arriver un accident… Prendre votre voiture était inconscient.
- Je sais. Mais j’avais un rendez-vous… Putain, je viens de Paris rien que pour rencontrer un mec, et il faut que je tombe en panne… dans une tempête de fin du monde… Et ce rendez-vous est hyper-important !
- Calmez-vous… Il ne sert à rien de s’énerver… Vous n’y pouvez rien… Si votre voiture ne marche pas, elle ne va pas redémarrer toute seule… Et, au risque de me répéter, je dirais que ce serait de l’inconscience…
- Oui… Cette panne est un signe… On voulait que notre rencontre n’ait pas lieu… Il jeta un regard de défi sur Etienne Bois. Je devais rencontrer un sorcier.
Cette dernière phrase fit frissonner le député. D’un coup, il n’avait plus chaud, au contraire. Cet homme avait quelque chose d’effrayant.
A présent, il se tenait la tête entre les mains, semblant en grande méditation. Puis il se redressa, une ébauche de sourire aux lèvres.
- Je crois que tout n’est pas perdu en fait, murmura-t-il.
Il se leva et reprit son manteau.
- Merci beaucoup pour l’accueil et le verre… Mais là, je vais y aller… Vous remercierez la dame pour moi…
- Mais vous ne pensez pas…
- Non, ne vous en faites pas pour moi… Je sais ce que je fais… Au revoir.
Il était sorti. Il avait soigneusement refermé derrière lui. Etienne Bois le vit par la fenêtre qui s’éloignait vers la route. Mais si la tempête s’était un peu calmée, la nuit était devenue très noire, et il disparut vite. Pourtant le député resta encore un moment. La silhouette de l’homme était comme restée imprimée dans sa rétine. Il lui semblait le voir encore, et rencontrer une autre personne.
Les heures passèrent, douloureuses, longues. La tempête qui s’était calmée reprit de plus belle. Puis, dans la matinée, le vent se leva. Une camionnette de la gendarmerie passa. Ils constatèrent le décès. Etienne sortit rapidement voir l’étendue des dégâts que le vent avait provoqué. La maison n’avait rien. Quelques grosses branches étaient tombées dans les champs alentours. A côté de la chaussée trempée, une carcasse de voiture était broyée sous un arbre.
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 15/11/02 00:54
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Hum, je me demande si tu récompense la curiosité à chaque coup...
Bon je réessaye pour voir..
Cette histoire m'intrigue de plus en plus...
La suite ! La suite !!
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Cachée
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Grand Bourreau

-= Chaos Servants =-
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 15/11/02 01:04
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Bon tanpis..
*s'en va, la goutte au nez*

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moustache

-= Chaos Elite Troops =-
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 15/11/02 07:18
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euh...
moi aussi j'ai droit a un voeux?
ca se lit tres bien et l'ambiance, deja sombre au depart, le devient plus a chaque post, voire a chaque ligne, et le fait que ce monde soit si proche du notre mais avec la magie dont on ne connait pas la place reelle...
ca fait du bien de lire du fantastique bien sombre, ca ressource (d'aucuns ont dit dans un autre thread que les livres c'etait un besoin vital ,moi je rajouterai en particulier le fantastique bien sombre), j'adore!!!!
(ca n'a rien a voir, mais je preferait ton ancien avatar, celui la il est trop flashy je trouve.
comment ca tout le monde s'en f***, Trome en particulier?
oui je sais et alors?)
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Dernière mise à jour par : requyem le 15/11/02 07:40
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-------------------- penser a ne pas oublier
"Ce n’est pas l’homme qui arrête le temps, c’est le temps qui arrête l’homme." Chateaubriand
"on ne va tout de même pas s'empêcher d'être heureux sous prétexte qu'une relation finit toujours mal (et au mieux, par la mort de l'un des protagonistes)." conanounet
"If common sense were a reliable guide, we wouldn't need science in the first place." A.Gefter, New Scientist
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Mercenaire du Chaos

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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 16/11/02 01:38
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Pour l'avatar c'est vrai l'autre coller mieux au récit....SBAFFF
d'accord moi aussi j'aimerai voir la suite.....SBAFFF
ok,ok, puis-je utiliser un voeux pour faire arriver la suite....oufff
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Tonnelier

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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 18/11/02 01:10
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Enfin de retour!
Pendant deux jours, j'avais perdu le forum, mais je l'ai retrouvé! De toute façon, j'ai été très occupé, et n'ai pas pu avancer énormément.
Merci en tout cas de vos encouragements, ça fait vraiment plaisir! Voilà maintenant la suite...
P.S. Pour mon avatar, heureusement que vous préfériez l'ancien, sinon j'aurais des doutes sur votre bon goût!
Pas le temps pour les problèmes personnels. Etienne Bois avait été convoqué d’urgence au ministère de la défense. L’affolement était général. Un cargo avait disparu, littéralement. Sans que rien n’ait prévenu, il s’était volatilisé. Les écrans radar l’avaient perdu. Et cela à 40 kilomètres des côtes, au sud de la Bretagne. Pire, deux hélicoptères envoyés à sa recherchent s’étaient évanouis à leur tour dans le néant. Aucune trace du bateau, aucun débris des hélicoptères n’avaient été retrouvé.
Cette affaire était bien entendue classée secrète. Une cellule de crise s’était réunie au ministère de la défense. Etienne, qui avait été chargé d’une commission d’enquête, il y avait quelques temps de cela, sur la sécurité du transport maritime, en était.
Toutes les causes avaient été étudiées. Cette nuit là, la mer n’avait pas été particulièrement agitée. Il pleuvait un peu, certes, mais rien d’exceptionnel. Le cargo aurait-il coulé ? Cette zone n’offrait aucun danger potentiel, les routes maritimes établies depuis un long moment déjà. De plus, l’absence de tout débris laissait songeur. Et si le bateau avait été coulé, par qui, pour quoi, comment ? Sans compter la disparition tout aussi mystérieuse des deux hélicoptères.
-------------------- Et toujours, des bandes dessinées...
Nicole et les tueurs à gages, ça, c'est la nouveauté... qui avance, qui avance...
Le post en dessous de celui-ci est super!
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Tonnelier

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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 18/11/02 01:13
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Après une bonne minute d’hésitation, Daniel se décida à sonner à la porte. Laura et lui entendirent un raclement sur le plancher puis la porte s’entrebâilla.
- Qu’est ce qui se passe ? demanda l’homme.
Même chez lui, il portait ce maquillage blafard. Il avait le même air grand-guignolesque mais inquiétant que lors de ses rendez-vous nocturnes. Ce n’était donc pas uniquement pour faire peur, il vivait comme ça.
- Je vous avais dit de ne venir que quand je vous aurais prévenu…
- Je… Je sais bien, mais là, il se passe quelque chose de grave… De préoccupant, tout au moins.
- Bon… Entrez, il ne manquerait plus que tous les voisins nous remarquent…
La pièce n’avait pas changé. Ca allait bientôt faire un mois qu’il l’occupait, il n’avait opéré aucune transformation, ni ajouté quoi que ce soit pour son agrément personnel.
- Bon ! Qu’est ce qui se passe ?
- Depuis quelques jours, un type rôde dans le coin… C’est vous qu’il cherche…
- Qui est ce type ? Comment le savez-vous ?
- Un grand type, les cheveux blonds… Il doit avoir dans les trente ans… C’est Laura qui l’a vu…
- Oui, fit cette dernière, mardi, en rentrant le soir, il m’attendait à la porte. Il m’a dit qu’il savait que je connaissais un sorcier au visage blanc… Il m’a dit qu’il devait absolument le rencontrer…
- Et ensuite ? demanda, d’un ton glacial, son sinistre interlocuteur.
- Je lui ai dit que nous ne vous avions pas vu depuis un an… Mais il semblait se douter…
- Et ?
- Et bien, il a fini par partir… en me donnant un numéro de téléphone pour le rappeler si « je changeais d’avis », a-t-il dit…
- Bon… Et évidemment, il a dû vous suivre…
- Non… Nous avons pris toutes nos précautions.
- Donnez moi son numéro.
Laura lui tendit un petit papier qu’il examina un instant puis leva la tête.
- Vous avez un portable ?
Il emprunta celui de Laura puis leur ordonna de sortir. Quand il ouvrit la porte, après une bonne demi-heure, il semblait assez satisfait.
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Le post en dessous de celui-ci est super!
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Réponse au Sujet 'Les déchus' a été posté le : 19/11/02 01:34
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Maurice Maurel était parti se reposer quelques jours dans sa propriété de Bretagne. En général, l’hiver, il préférait ne pas quitter la région parisienne mais il s’était senti extrêmement las. Il l’avait dit au téléphone à Etienne Bois, un jour avant que celui-ci ne soit appelé d’urgence au ministère de la défense. Ses sombres pressentiments ne l’avaient pas quitté.
Ce soir, en rentrant d’une nouvelle journée harassante et stressée – ces disparitions maritimes n’étaient toujours pas résolues, les services spéciaux étaient en continuel état d’alerte – Etienne Bois découvrit sur son répondeur un message du fils aîné de Maurice Maurel. Le sénateur était mort. Une maladie, aussi mystérieuse qu’immédiate, l’avait emportée.
Le député, à cette nouvelle, se sentit plus déprimé que jamais. En deux semaines, il avait perdu ses deux meilleurs amis. Morts tous les deux d’une maladie inconnue. La prophétie, c’était certain, se vérifiait. Etienne eut une envie de se jeter par la fenêtre, pensée qu’il n’avait plus eu depuis des décennies, lors du décès de son épouse.
A présent, il était assis dans un confortable fauteuil en cuir, en compagnie des trois fils et de la fille de Maurice Maurel. En face, derrière son imposant bureau, le notaire faisait la lecture des dispositions testamentaires du défunt.
Le soir, rentré chez lui, installé dans son salon, un verre de bon vin à la main, il prit connaissance d’une lettre que lui avait laissée son vieil ami. Elle avait été écrite après la réception, juste avant qu’il ne parte se reposer. De toute évidence, il semblait s’attendre à son sort.
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