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Sujet : Borg, fléau des steppes

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Ethan

Tortionnaire



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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 27/12/02 13:56
Et voila, cet a mon tour d'être pris dans ton récit.

J'attend avec impatience de découvrir les péripéties de Borg ;)


PS : j'espère qu'il ne faudra pas attendre 2 mois avant de lire ton prochain post :D


Dernière mise à jour par : Ethan le 27/12/02 13:58

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Rédacteur de Xboxlive-France


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mad_penguin

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Membre Chaos Elite Troops   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 27/12/02 15:06
Ha que c'est bon !

Le retour du barbare apporte la plus grande joie dans mon coeur !

La suite, par pitié ! Et pas dans deux mois, sauf si tu veut ma mort !



Merci Conan !!!


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Attention, tête dans le cul powâ.

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"Si les pingouins sont mortels et que Socrate est mortel, alors Socrate était un pingouin." (Joystick)

Citation dont on devrait se souvenir un petit peu plus souvent :
"Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux." (Thomas Jefferson)


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CONANOUNET

Barbare anar



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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 29/12/02 10:04
Une colonne de trente cavaliers d'élite quitta Velenz le jour suivant, à l'aube.

Dans un ordre parfait, les chevaliers impériaux martelèrent en cadence le sol poussiéreux de la sierra, du trot puissant de leurs destriers de guerre. Leurs armures resplendissaient aux feux du levant, et un lourd étendard rouge sang aurait dissuadé cent bandits d'attaquer.
Seuls tranchaient, dans l'impressionnante cohésion de la cavalerie, trois personnages au trot.

Borg, Prince de Skonie, caracolait à cru, le torse nu, à peine couvert d'une fourrure légère, les cheveux flamboyants et le regard lourd de pensées.
Ajib, ancien chef de la rebellion des Némètes écrasée dans le sang trois ans plus tôt, longeait les ailes, scrutant les alentours d'un oeil perçant.
Dorius dit le Fourbe, ancien conspirateur à la cour du Kaizar, semblait emmuré dans une armure impériale trop grande pour lui et marmonnait, à la traîne...

Trois des ennemis déclarés de l'Empereur d'Occident chevauchaient ainsi vers le Nord, au beau milieu de vingt soldats d'élite aux heaumes fixés droit vers l'horizon.

Seule la silhouette massive de Cythus, commandant de la neuvième cavalerie impériale, balançait lourdement un casque cabossé en direction des chevaux de ses nouveaux compagnons. Son regard lourd en disait long sur l'opinion qu'il avait des trois anciens rebelles.
Cinq jours durant, la longue traversée des plaines arides de Philippie ne connut aucun mot. Les hommes n'échangèrent que des signes pour l'organisation du camp nocturne, pour la nourriture, les tours de garde.

C'est au crépuscule du sixième jour, aux contreforts de montagnes érasées, dont les cols inhospitaliers menaient parfois quelques marchands téméraires jusqu'en Sylvanie, qu'une bande de cinquante brigands attaquèrent.


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La révolution sera la floraison de l'humanité comme l'amour est la floraison du coeur.
Louise Michel (1830-1905)


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CONANOUNET

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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 30/12/02 22:52
Le lieu de l'attaque avait été bien choisi : le défilé rocheux n'offrait aux cavaliers aucune possibilité de fuir les ennemis qui les encerclaient : comme un seul homme, les cavaliers impériaux dégainèrent d'énormes lames d'acier recourbées à la mode némète.

Vomis de failles invisibles, les brigands firent pleuvoir des javelines avant de fondre sur la colonne, piques à la main. Trois cavaliers s'effondrèrent, transpercés et râlant.
Dorius le Vieillard se jeta sous sa monture, tremblant de peur dans une mêlée indescriptible.
Le cheval de Cythus écrasa sous ses fers le torse hurlant d'un téméraire assaillant, et le capitaine saisit à une main un lourd marteau forgé, chargeant sans un mot. L'instant d'après, deux crânes explosaient sous son impact répété.
Borg, encerclé, sauta de sa monture. Déviant en un éclair la pique fusant sur sa gorge, il tourna sur lui-même et fracassa le thorax d'un bandit, d'un ample mouvement de sa hache. Les brigands fondirent sur lui ; trois arcs de cercle mortels de l'arme vrombissante rejetèrent cinq d'entre eux en arrière, dans une gerbe de viscères.
Ajib fit jouer deux cimeterres, tranchant les têtes dans un ballet sanglant.

Deux minutes seulement avaient suffit : la moitié des brigands gisait au sol, l'autre fuyait en hurlant.
Les cavaliers ne purent les poursuivre sur le terrain accidenté, et un silence pesant tomba sur le lieu de l'embuscade, entrecoupé des gémissements des hommes que l'on achevait.

Les dépouilles des pauvres bougres étaient peu armées, les vêtements n'étaient que haillons, leur corpulence enfin témoignait d'une vie difficile.
-Ces hommes devaient être affamés pour attaquer un convoi impérial, murmura Ajib en essuyant ses lames sur une étoffe.
-Cette vermine n'a récolté que ce qu'elle méritait, la mort, dit Cythus d'un ton mauvais, attachant son marteau à la selle de son destrier. Ouvrez l'oeil, tonna-t-il à ses hommes, les montagnes pullulent de cette racaille.
-L'Empire leur a tout volé, les impôts sont trop lourds, gronda Borg. Aucun homme ne devient voleur par choix.
-La guerre au Nord coûte cher, barbare, grinça Cythus, empoignant le manche de son arme. Ravale tes paroles, ou tout prince que tu sois, je te ferai payer tes crimes contre l'Empire !

Borg fit tournoyer sa hache, mais une rangée de cavaliers s'interposa entre les deux hommes, dont Ajib le Némète.

-Voyons, messires; ne nous dispersons pas, lança-t-il le visage crispé. Ces querelles sont inutiles ! Poursuivons au nord, puisque c'est notre but !

Sans se quitter des yeux, Borg et Cythus caracolèrent sur leurs montures qui piétinaient le sol, encore effrayées par le combat.

L'incident était clos. Quatre cavaliers furent enterrés sans cérémonie, et le convoi reprit la lente route des montagnes...

Dorius approcha son cheval du Skonien.

-Toi et moi souhaitons nous venger, mais nous devons attendre le bon moment, mon ami.
-Je sais, mais chaque minute en présence de ce monstre me donne des envies de meurtre, siffla le Skonien. Encore un mot de trop et je cesse cette comédie ridicule.


Dernière mise à jour par : CONAN le Cibéride le 30/12/02 22:56

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BN

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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 04/01/03 13:08
mais c'est de la bonne ca conan!
continue, j'en veux encore!!!!!!:D


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Claire Delune

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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 04/01/03 17:35
Vi, moi aussi!

Ca ne devrait pas être légal ce truc, ça provoque un phénomène de dépendance...


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CONANOUNET

Barbare anar



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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 06/01/03 01:45
Merci, bande de Cromiques, ça me fait chaud au coeur. ;) Allez, une petite pause bien méritée pour nos sympathiques aventuriers.

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La nuit était déjà tombée depuis deux bonnes heures. Un cavalier revint au trot, en avant de la colonne, la mine réjouie :

-Mon Capitaine, le village de Pujo, et l'enseigne des Quatre vents.
-Bien sergent, fit Cythus, poussant sa monture. Ce soir soldats, nous aurons tous une auberge, une paillasse et un cruchon.

La nouvelle fut accueillie avec bonne humeur.
L'établissement devait être un relais assez fréquenté, sur la route des cols de Sylvanie. La taverne était enceinte de grands murs de pierre, elle éclairait la place modeste du hameau de lueurs rassurantes.
Borg observa avec malice les gamins curieux et dépenaillés qui investirent la colonne, leurs yeux avides rivés sur les bourses des ceintures militaires, leurs mains tendues vers les sacoches.

-Mon estomac crie famine, s'esclama le Némète en vidant les étriers. Rien de tel qu'un bon repas après la bataille !
-Je n'ai pas faim, gémit Dorius d'une voix nasillarde. Mon estomac n'est plus habitué aux orgies de la cour...

La troupe en armes investit la salle commune, qui plongea dans le silence.
Cythus retira son lourd heaume et chercha du regard le maître des lieux.

La pièce était déjà comble, et peuplée de voyageurs plus ou moins recommandables ; de marchands soupçonneux se réfugiant derrière les chaises de leurs mercenaires, et de quelques villageois soupant à une longue tablée, l'oeil inquiet...

L'aubergiste s'avança au trot, un sourire simiesque aux lèvres, et fit une révérence grotesque. C'était un homme petit et replet, au tablier maculé de sang et de vin. Il s'adressa au détachement d'un ton aussi pompeux que ridicule :

-Je vous souhaiiite la bienvenue, mon bon lieutenant, à vouuus et à vos soldats. Les paraaages sont peu sûrs ces derniers temps, et les gueux me demandent l'hospitalité dans mon humble refuuuge... maiiis si vous payez assez, je devrais pouvoir les chasser aiiisément, et vous donner leur table et leur dortoiiir...
-Nous réquisitionnons l'auberge, vieux singe, tonna Cythus. L'Empire t'honore de sa présence ! File aux cuisines et apporte à boire et à manger pour vingt. Tu seras dédommagé selon ton talent, ou ta tête ornera ton enseigne rouillée.

Le visage de l'homme se décomposa sous la peur.

-Ouiii, oui, bien, bien, mon capitaine, évidemment, oui... Vous avez entendu ? De notre meilleur vin pour ces soldats, et vingt gigots bien luisants mes enfants...

A ces paroles, les trois garçons qui s'activaient dans la salle, le torse en sueur, s'en retournèrent aux fourneaux, délaissant les autres clients. Borg, prenant un tabouret, grimaça en remarquant le sourire vicieux de Dorius, qui regarda disparaître aux cuisines leurs corps musclés.

-Alors, Vieillard, il semble que tu aies retrouvé l'appétit, en plus d'un nom.
-Ehehe... euh ? Ah ! Ah, oui. Oui, je l'avais oublié depuis tout ce temps... Par tous les dieux, il fait faim !

De plantureuses serveuses, à la longue chevelure de jais, déposèrent cérémonieusement les plats autour de la tablée, accompagnés de fromages, de pain noir et de lourds pichets de terre. La terreur se lisait dans leurs yeux, qu'elles baissaient près des soldats.
Les paysans, obligés de quitter la table quelques instants plus tôt, observaient la scène en silence.

-Fais déguerpir ces bouseux, mes hommes ont besoin de repos, gronda Cythus, frappant du poing sur la table. Et amène par là tes donzelles ! Par l'Empereur, barbares pouilleux, vous êtes mauvais hôtes, mais vos femmes sont belles...

Nul ne poussa la moindre plainte lorsque l'aubergiste et ses fils invitèrent les malheureux à terminer leur brouet à l'écurie. Les soldats éclatèrent de rire, aux cris des serveuses qui s'enfuyaient à l'étage.

-Ce capitaine ne mérite pas son rang, siffla Borg à Ajib, qui buvait une chope au coin de la table. Aucun soldat ne traite son peuple ainsi.
-Calme-toi, mon ami, chuchota le Némète. A ce qu'on dit, les cols de Sylvanie sont rudes, même en cette saison. Ce Cythus veut simplement ménager ses hommes. Mange et repose-toi, la route est encore longue...
-La peste soit de l'Empire.

Ajib connaissait trop bien le Skonien pour savoir que ses paroles ne le détourneraient pas de son opinion. Le Barbare, tremblant de colère, vida sa chope d'un trait et claqua la porte du dortoir, au milieu des rires indifférents des soldats.

Un autre que le Némète l'avait suivi du regard : Cythus, et les flammes de l'âtre se reflétaient dans ses yeux cruels.
Ajib sut que le Capitaine de la cavalerie s'amusait à pousser le Nordique aux limites d'un pacte qu'il savait absurde.
Et lorsque ces deux-là règleraient leurs comptes, qu'il ne ferait pas bon être aux premières loges.


Dernière mise à jour par : CONAN le Cibéride le 07/01/03 23:20

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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 08/01/03 00:22
Révélation, chers lecteurs, pour ce vingt-septième volet de Borg... où l'on en apprend plus sur le passé de certains vieux compagnons de route de notre Skonien ;)

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Des bourrasques s'engouffraient par le défilé encaissé.
Le col était un sentier rocailleux, périlleux et étroit.

Il serpentait au-dessus d'un précipice, dans lequel grondaient les torrents qui alimenteraient les riches rivières de Sylvanie. Les forêts d'épineux, qui rampaient jusqu'aux bords des gouffres, ondulaient sous la tempête et la pluie.

Les hommes tenaient leurs montures par la bride, courbés et grimaçants. Leur progression était lente, le col des quatre vents méritait bien son nom.
Ils croisèrent plusieurs fois des chariots, autour desquels des mercenaires s'activaient en ahannant pour ne pas laisser basculer les marchandises détrempées dans le vide.

Au soir du troisième jour d'ascension, la troupe fit halte à l'ombre d'une grotte. Du bois fut rassemblé, mais le refuge était peu profond, et des tourbillons de vent cinglaient les capes, éparpillaient les brindilles. Même au fond de la caverne, le feu ne prit pas.
Le Vieillard, qui avait troqué l'armure contre une lourde et chaude peau, s'approcha des cavaliers dépités en grelottant.

-Laissez-moi donc faire, bleusaille.

Les soldats se redressèrent, incrédules, et l'un d'entre eux lança un rire dépité et moqueur. Ils s'écartèrent, bras croisés.
Borg leva un sourcil.

Dorius fit jouer ses mains décharnées au-dessus des maigres branches de pin, et des lueurs rougeâtres naquirent dans l'ombre. Peut-être était-ce le vent... mais il semblait que des chuchotements furtifs glissaient dans l'air, devenu électrique et pesant.
Une flamme jaillit, timide d'abord, puis droite. Des murmures s'élevèrent.

Le Vieillard quitta l'âtre naissant, que quelques soldats s'empressèrent d'attiser. rejetant sa capuche sur un regard fatigué, il gagna un coin de la grotte.
Ajib s'approcha du Skonien, les yeux amusés :

-Ce satané filou nous cachait bien des talents. Même moi, enfant du désert, je suis incapable de telles prouesses lorsque souffle le sirocco.
-Ni moi, quand souffle Borée sur les steppes de mon pays.
Borg sourit :
Il est temps de te le dire, le Vieillard a quelques secrets mystiques, auxquels je ne comprends rien pour l'instant, et me répugnent parfois. Mais je sais une chose : le Vieux n'est pas si faible qu'il n'y paraît.

La nuit souffla, glacée, sur les monts sylvaniens. Dans la chaleur nouvelle d'une grotte, les soldats s'endormirent un à un. Seul Cythus, montant la garde en compagnie de son bras droit, semblait inquiet.

-Qu'y a-t-il, Mon Capitaine ? Le col n'a pas posé tant de difficultés, au fond.

Cythus se retourna.
-Pouvez-vous tenir un secret, Sergent.
-Oui Mon Capitaine.

Cythus soupira, un rictus déplaisant sur les lèvres.

-Cette escapade diplomatique n'est pas ce qui me tracasse, mon ami. J'ai peur... j'ai peur de voir que les soupçons qui pesèrent sur cet homme, après que l'Empereur eut manqué de mourir empoisonné il y a de cela trois années...
ces soupçons de sorcellerie soient fondés.

Le sergent sursauta.

-Mais c'est impossible Mon Capitaine ! Sauf votre respect... Les derniers mages ont disparu avec l'édit de l'Auguste Eguémon, il y a des décennies de cela.
-Et les grimoires ont tous été brûlés. C'est ce qu'on raconte. C'est ce que les conseillers de l'Empereur racontent encore, oui, à l'Assemblée des Sages.
Mais le Kaizar est-au-dessus des lois qu'il édicte, quelques rares mages survivants de l'édit ont pu être épargnés... pour le conseil exclusif du divin Empereur, Gloire immortelle à son nom.
-Mon Capitaine, vous savez que je vous suivrais jusqu'en enfer s'il le fallait, et que je vous dois ma vie et mes armes. Mais ce que vous dîtes contre le Kaizar est très grave...

Cythus demeura immobile, son visage émacié balayé par la pluie.

-Sergent Onathius, ajouta-t-il d'une voix rauque, j'étais à l'époque l'un des soldats d'élite chargé d'éxécuter les mages. Sachez qu'on m'a empêché d'achever mon enquête...


Dernière mise à jour par : CONAN le Cibéride le 08/01/03 00:25

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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 10/01/03 21:36
Dès l'aube, la troupe descendit à pas mesurés le sentier escarpé, qui s'écarta vers midi du traître précipice.
La colonne pénétra peu à peu dans une sombre pinède. Un à un, les soldats à pied, bride à la main, lurent les inscriptions imposantes d'une vieille borne de pierre, rongée par la mousse et le temps...
"Voie du Dragon, Sylvanie, province impériale"

Les arbres, âgés et ployés par le vent, dessinaient une voûte obscure, gigantesque et mugissante.

Cythus, en tête de marche, fit stopper le convoi et se retourna pesamment :

-Messieurs, nous entrons dans la partie la plus paisible des cols, la forêt de Xinh, dite forêt des Fées par les gueux des montagnes, qui l'évitent comme la peste ainsi que les brigands.
Le vent a tordu ses arbres, et les imbéciles prétendent que les lieux sont hantés. Pas question de prendre une autre route. Vous n'avez rien à craindre de ces balivernes de paysans. Demain, nous devrions atteindre le poste frontalier de Fay-la colline.
Le plus difficile est derrière nous, soldats ! Pas de camp pour ce soir, nous chevaucherons toute la nuit. A l'aube, nous serons bien accueillis par nos frères de l'Empire !

Les cavaliers saluèrent leur Capitaine, sourire au visage, et reprirent la route.

-Au moins sommes-nous protégés du vent et du ravin, soupira Ajib, non loin de ses deux compagnons.
-Ces forêts me rappellent mon pays, murmura Borg, songeur.

Les soldats enfourchèrent leurs montures quand Cythus en donna l'ordre, rassurés par les ombres denses.

Seul Dorius semblait soucieux.

-Qu'y a-t-il, le Vieux, s'enquit Borg. J'ai appris à me fier à tes prémonitions...

Dorius toussota.

-Peut-être est-ce un coup de froid, il me semble faire un peu de fièvre. Mon pauvre corps chétif n'est plus habitué aux grands espaces...
-Mais ? Parle.
-Mais ces lieux me perturbent. Je sens quelque chose à l'oeuvre. Comme si quelque chose nous observait.
-Homme ou bête, si nous étions épiés je le sentirais, Vieillard. Tu dois avoir la fièvre.
-Homme ou bête, tu le sentirais, certainement. Mais je ne parle pas d'homme ou de bête, mon ami.

Le barbare hocha la tête et acquiesca en grognant, inquiet. L'intuition de Dorius l'avait déjà sorti de mauvais pas, et ces propos drapaient son âme de superstitions ataviques. S'arrêtant, il scruta les ombres sylvestres, tentant de voir au-delà d'elles. Dorius poursuivit la route, bercé par sa monture, les yeux clos et les sourcils froncés.

A l'avant, Cythus semblait paisible, ainsi que ses soldats.
Peut-être Dorius n'avait-il que la fièvre, après tout.

oxx(]:::::::::::::::>

Comment ça j'ai pompé sur Lucain ? Mais non, Cythus n'est pas César, et la forêt de Xinh n'est pas celle de Marseille... quoique... :D
Prochain épisode dès que j'aurais bouclé tout le taf qui m'attend ce week-end. Merci à tous mes lecteurs, qui m'ont gratifié de 666 visites au dernier décompte ;)
Oho, ça sent le soufre....


Dernière mise à jour par : CONAN le Cibéride le 10/01/03 21:40

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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 12/01/03 14:56
-Soldats, ouvrez l'oeil et le bon. Ce qui a causé ce carnage rôde peut-être encore dans les parages, tonna Cythus en saisissant son lourd marteau.

Les cavaliers hébétés contemplaient la clairière jonchée de dépouilles humaines. Nulle flèche, nulle javeline ne hérissait les cadavres pourrissants : le massacre ne pouvait être le fait de brigands.

Dorius marmonnait d'étranges mots, tremblant de peur.
Ajib encocha une flèche. Son oeil semblait transpercer le brouillard fantômatique des lieux, dont les lambeaux épars serpentaient entre les grands pins avoisinants.
Borg, ayant brandi sa lourde hache à deux tranchants, circulait autour de la troupe rassemblée en cercle.
Toute la troupe avait dégainé le sabre, prête à en découdre avec la chose qui avait pu terrasser quinze patrouilleurs impériaux. Les armures cabossées et les insignes piétinées ne laissaient aucun doute sur la puissance de l'agresseur.

Un silence surnaturel étouffait jusqu'aux pas des chevaux, qui piaffaient d'une nervosité inexplicable.

Cythus hurla ses ordres :

-Ne prenons pas le risque d'enterrer ces braves. Le sergent Onathius me rapporte que le sentier se poursuit, en contrebas dans la forêt. Cette nuit, nous ferons halte et instaurerons un tour de garde renforcé. En avant, une colonne, la sente est étroite. Le prince Borg avec moi.

Borg acquiesca sans un mot, et les cavaliers mirent en branle leurs montures, quittant les lieux au plus vite.
La forêt était plus dense, plus touffue et la lueur pâle du crépuscule proche amenait à son comble la tension des soldats. Le brouillard persistant leur dissimulait les jambes des chevaux, toujours aussi nerveux.

Un cri monstrueux retentit soudain, se répercutant dans les frondaisons épaisses et menaçantes: les montures se cabrèrent violemment, renversant même un cavalier.
La panique s'empara des guerriers d'élite.
Cythus aboya ses ordres, et la colonne se reforma :

-Deux archers aguerris pied à terre ! En direction de la bête, contentez-vous de me faire un rapport visuel !

Aussitôt deux volontaires, le visage sombre, se désignèrent et descendirent de leurs montures.
Cythus remarqua alors avec effarement que la selle du cheval du prince était vide. Les fourrés s'agitèrent en direction du cri.

-Soldats, il semble que le prince nous donne une leçon de courage, suivez-le ! Les autres, restez avec moi.
-Capitaine Cythus, dit alors le Vieillard parvenu à la hauteur du vétéran en compagnie du Némète, nous n'avons pas affaire à une bête, je le crains ! Sans notre aide, le prince n'a aucune chance. Donnez-nous la permission d'y aller.
-Pas question, nous avons déjà perdu trop d'hommes au cours du voyage.

Le Skonien, rejoint par les deux archers, progressait prudemment, tous les sens aux aguets. cette fois, il en était certain, quelque chose de chair et d'os les menaçait.

-Prince Borg, chuchota un caporal, à quoi avons-nous affaire ?
-A quelque chose de vivant, et donc capable de mourir.

Les soldats hochèrent gravement la tête, et les trois hommes poursuivirent leur ascension d'une colline jonchée d'ossements.
Cinq longues minutes passèrent.

-Une colline, murmura Borg. L'antre de la bête est proche, je sens dans l'air une puanteur inconnue.
-Je ne sens rien, mais allons-y, dit l'autre soldat, qui banda son arc composite.
-Trop tard, rugit le Skonien.

Un monstre tout droit sorti de l'enfer avait surgi, silencieusement. De sa gueule sanglante, perchée à quinze pieds de hauteur, dépassait le tronc sectionné du caporal, dont les yeux muets reflétaient une terreur sans nom.

-Par tous les dieux, un Troll des montagnes, souffla Borg. Torr, donne-moi ta force !!!

A une seconde d'intervalle, deux flèches fusèrent de l'arme du soldat, qui roula sur lui-même lorsque la massue de la créature titanesque, un tronc d'arbre fourchu, s'écrasa au sol. Les projectiles s'étaient à peine fichées dans le poitrail de cuir.

-A l'assaut , tonna Borg dont la voix emplit le cavalier impérial d'une fureur désespérée : sabre au clair, il chargea la bête de concert...
Et termina sa course empalé sur la branche morte d'un pin, râlant et vomissant son sang, qui éclaboussa l'humus six mètres en contrebas.

Le Troll se retourna dans toutes les directions, ses petits yeux rouges et cruels scrutant les ténèbres, les narines palpitantes. Le troisième des humains, celui aux cheveux jaunes, avait disparu. Il pencha un visage énorme et grotesque jusqu'au sol, son arme immense à bout de bras, fauchant les airs dans un vrombissement terrible. Où avait-il pu passer ?

Borg, dissimulé entre les jambes torses du monstre puis parvenu derrière la bête sans un souffle, empoigna alors la longue chevelure hirsute du Troll, de sa main restée libre. L'autre agrippait son arme avec une telle force que ses jointures étaient prêtes à se rompre.

Le Troll huma l'air, et fit volte-face en un éclair : le Skonien fut projeté dans les airs, bandant tous ses muscles pour ne pas lâcher la lourde mèche brune. La bête sentit son crâne agrippé par les cheveux, et faucha presque instantanément les cieux d'un coup monstrueux de sa masse.

Mais il était déjà trop tard : Borg était parvenu par miracle à atterrir sur le crâne dodelinant de la créature géante. Au risque de chuter, il lâcha la mèche et empoigna son arme, qu'un rayon du couchant fit étinceler au coeur des brumes. Et l'abattit de toute la force de son corps.

Le dernier hurlement du Troll fut à la mesure de sa puissance, et il fit trembler les cavaliers postés à quelques portées de flèche des lieux du combat.

Le visage atrocement mutilé du monstre vomit un magma de cervelle brune, sa langue démesurée faucha les airs. Il fit un dernier pas, puis s'abattit à terre dans un fracas de branches brisées. Borg roula dans les fourrés, qui stoppèrent sa chute quelques pas après.

Le Skonien se redressa, et alla chercher sa hache.

L'oeil mort du Troll scrutait le néant. Fichée dans une arcade sourcilière, l'arme du barbare ruisselait de sang. La saisissant d'un seul geste, le prince retint un grognement de douleur : son épaule était blessée.

Son cri sauvage de victoire retentit dans toute la forêt.

-Il a vaincu, il a vaincu, répéta Dorius avec frénésie, en claquant dans ses mains.
-En doutais-tu, rétorqua Ajib avec le sourire.

Cythus grogna, et son sergent remarqua pour la première fois de l'admiration dans le regard de son chef, même si, il le savait, ces yeux étaient aussi empreints de dépit.


Dernière mise à jour par : CONAN le Cibéride le 12/01/03 15:03

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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 12/01/03 15:03
Merci, ô Conan, pour cette scène magistrale de charclage, parfaitement maîtrisée, même si j'eus aimé plus de descriptions du Troll... J'aime toujours autant cette aventure, et on sent un souffle l'animer, une véritable respiration, l'enthousiasme de Borg à l'idée de s'approcher de ses terres natales transparaît dans ton écriture.

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Nyxl

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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 12/01/03 15:08
Toujours la bonne vieille méthode : viser la tête :D...

C'est toujours aussi haletant, Camarade, continue. Toi qui déplorait la lourdeur de ton style lors de tes premiers posts, sois rassuré, tu t'affines, et tu t'affirmes...


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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 13/01/03 19:20
wala, j'suis accro, j'me sens bien petit face à Borg, avec mes mages séniles.
Continu, car c'est du bon, je le lit aussi vite que du pratchett, c'est toujours bon signe.

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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 13/01/03 23:59
Dorius n'est pas mal non plus, en mage pervers et geignard ;)
Merci mes chers lecteurs, je vous aime ! Pour ce trentième épisode, ode à l'amour et à la haine :7

oxx(]:::::::::::::::::>

La nuit tombait sur les soldats, encore sous le choc. Un brasier consumait les dépouilles de leurs deux camarades morts noblement.
Cythus contemplait la scène distraitement, un oeil sur les fourrés avoisinants, les mains posées sur la manche de son lourd marteau, posé au sol.

Non loin de là, Borg, pensif, s'était assis sur un vieux roc moussu. Ajib pansait son épaule douloureuse.

-Pas de blessure apparente, c'est sans doute un déchirement musculaire. Il va falloir arrêter les armes quelque temps. Je ne connais pas les herbes de ces contrées, mais peut-être que le Vieillard pourra t'aider.
-En effet, je peux le faire, dit Dorius, surgi de l'ombre silencieuse. A l'ombre de la futaie, il semblait dégager une aura inquiétante, qu'Ajib ne lui avait jamais vue.
Laissez-moi faire, bleusaille !

Le Némète sourit du coin des lèvres et s'écarta avec respect, ayant déjà entendu cette phrase de bon augure dans la bouche de l'étrange bonhomme. Dorius cracha dans ses mains et les frotta vigoureusement l'une contre l'autre, paupières fermées. Sa silhouette squelettique, revêtue d'une fourrure trop épaisse, aurait pu évoquer un insecte se nettoyant les pattes.

-Que fais-tu, le Vieux ?
-Ce que je fis déjà pour toi noble ami, dans une fosse putride, durant ton sommeil.

Il tendit ses mains vers le Skonien, et l'air ambiant devint lourd et électrique. Entre le corps du Vieillard et celui du barbare, les images s'estompèrent, déformées par des incantations d'un autre âge.

Dorius parut soudain épuisé, et ressembla à nouveau au vieillard sénile qu'il était. Voûté et tremblant de froid, il tourna les talons en grommelant.
Borg fit jouer son épaule. La douleur avait totalement disparu. Surpris, il contempla Dorius, qui se réchauffait auprès du brasier funèbre.
Et le remercia en pensées.

Cythus rassembla les hommes, et décida de camper pour la nuit sur une colline proche. Les soldats épuisés par le voyage et les émotions de la journée obtempérèrent de bonne grâce. De temps à autre, ils jetaient un regard révérant au Skonien, mais nul n'avait vraiment à coeur de fêter son exploit.

Un tour de garde fut établi, et Borg prit la première veille, en compagnie du Vieillard, ainsi qu'une autre équipe de deux soldats. Personne ne lui contesta cette décision ; le reste de la troupe s'endormit, bercée par le souffle du vent dans les cimes paisibles.

Rêveur, Borg scrutait la seule étoile qui perçait dans le feuillage dense...
Dorius sourit.

-Elle est belle, n'est-ce-pas ?

-Oui. Dans mon pays, on ne l'aperçoit qu'en été, au crépuscule, lorsque le soleil regagne sa tanière. Sa lueur est aimée des femmes, car Ecceeli est l'étoile des amants... de grands mariages sont célébrés ! ... Ici, elle brille presque au zénith...

-Plus l'on s'éloigne de ceux qu'on aime, plus ils hantent nos pensées, souffla le Vieillard avec malice. Il est bon de s'éloigner quelque temps, les choses deviennent aussi claires que cette étoile.

-Cette attente m'est douce, car je sais qu'elle touche à son terme.

Le Vieillard hocha la tête tristement ; Borg se tourna vers son compagnon :

-Vieillard, vieux magicien... as-tu déjà aimé ?

Dorius demeura longtemps silencieux, les yeux rivés sur l'astre blafard.

-C'était mon ami le plus proche, nous étudions ensemble à la Cité Blanche. Nous suivîmes longtemps le même chemin. Comme nous étions inséparables, nous nous fîmes passer pour des frères, car nous nous ressemblions jusqu'aux traits du corps. L'Empereur nous appela à ses côtés pour le conseiller. Mêmes rivaux, même après avoir versé dans la politique, nous n'avons jamais cessé de nous aimer, à la folie. Ce fut le seul amour de ma vie. Mon frère, mon rival, et.. mon amant.

Borg hocha la tête.

-Je comprends mieux tes... préférences. Ainsi Vieillard, moi qui te croyais sans coeur, je découvre que la nostalgie t'habite. Qu'est-il devenu ?

Dorius, les yeux étincelants de larmes, pencha son visage, et ses traits se crispèrent, dans un rictus de haine que Borg ne lui connaissait pas.

-Il est mort, assassiné...
L'avenir est devant toi, tu es Prince, tu as un royaume à conquérir, le coeur d'une femme à reprendre, et ta soif de vengeance te rend fort.
Il ne me reste que le tourment et la vengeance...
Le souvenir de mon ami me hante encore davantage, depuis que je poursuis ma route avec toi, en compagnie de son assassin. Tu sais de qui je veux parler.

Borg avait bondi, empoignant sa hache :

-Cythus ? Parle, c'est lui n'est-ce pas ?

-Patience mon ami, patience. Notre moment viendra de lui faire payer ses crimes... Nous avons besoin d'Onathius pour aller au Nord, et j'ai besoin de toi vivant.


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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 15/01/03 01:51
Borg et Dorius rejoignirent le campement en même temps que les deux autres, qui baillaient, les paupières lourdes. Ils réveillèrent les autres soldats, qui se levèrent sans maugréer, malgré le début d'un tour en milieu de nuit.
La température s'était singulièrement rafraîchie, et Borg défit les liens des lourdes fourrures accrochées à la selle de sa monture, dont il flatta les naseaux fumants.
Voyant Dorius transi de froid, il fit de même pour son cheval, et lui jeta les chaudes couvertures.
Ils se frayèrent une place près de l'âtre, qui avait été entretenu par l'autre équipe, et s'allongèrent enfin, tombant de sommeil.

Le voile noir du silence nocturne s'estompa, dévoré par de douces flammes rougeâtres. Des flammes voluptueuses... et apparut l'intrépide, la douce et brune Janna, qui lui souriait tendrement sur une couche soyeuse.

La nuit de tous les délices, celle où tout fut perdu...

Des flammes terribles survinrent, les feux de l'enfer déchirèrent sa vie.

Borg, encore nu, courait dans l'ombre à perdre haleine avec elle. Les fourreaux de leurs épées à la main, ils contournaient le campement, parcouru de féroces cavaliers. Les yourtes s'étaient embrasées ; des femmes aux chevelures ardentes, folles de terreur, fuyaient leurs abris mortels, leurs enfants à bout de bras...

L'attaque avait été rapide, impitoyable. A la manière des siens, des nomades de Skonie. Les hommes de Sjen...

Le Prince, fou de douleur et de rage, voyait un à un les siens périr, brûlés ou tombant sous les lames de cavaliers qu'il croyait ses frères.

Il se cacha, à genoux, derrière une hutte encore intacte, dans laquelle femmes et enfants attendaient la mort en gémissant. Il se retourna, et embrassa sa compagne, qui tremblait de froid, la poitrine à peine couverte d'une mince peau de loup. Il lui fit comprendre de rester là, d'attendre avec les autres femmes.

Janna, muette, secoua la tête en signe de refus, et ses larmes inondaient son visage fin.

Alors Borg se releva, et lentement dégaina. Trois cavaliers ennemis, tous compagnons de son enfance, l'aperçurent. Ils se regardèrent un instant, puis hurlèrent leur cri de guerre. Les cavaliers skoniens lancèrent leurs montures trappues mais puissantes.

Dans une gerbe de sang, l'un d'entre eux vida les étriers tué par le prince, qui roula sous les sabots d'un autre. Les deux cavaliers restants firent volte-face, et Borg se releva à genoux, tous ses os endoloris. Face à lui, ils avaient déployé un large filet.
Quand les rets cruels s'abattirent sur lui, il vit son amante tenir en respect de son arme un agresseur, qui s'approchait de la tente. Puis il roula à terre, prisonnier.

Encerclé, ses yeux perdirent Janna, à tout jamais.

Un homme apparut. Son oncle.

-Pourquoi, Sjen, pourquoi... Nos clans sont alliés depuis toujours !
-Parce que tu refuses l'alliance de l'Empire. Parce que tout t'a été donné à toi. La gloire, l'amour de notre père, l'amour de Janna.
-Vous êtes mon ami, Sjen, pourquoi m'avez-vous trahi, frère de mon père ? Pourquoi massacrer les vôtres, murmura Borg en larmes...

Les jambes empêtrées, allongé au sol, il sentit soudain le pommeau de son épée sous sa main ensanglantée.

-Tu as de la chance, ton statut de Prince ne me permet pas de te tuer. Désormais, tu n'es plus le Prince. Mon fils sera roi. Toi, je t'exile, avec le reste de tes hommes, aux frontières. Tu repousseras la menace cibérienne.

En un éclair, Borg saisit son arme et la projeta. Son vieil ami, hoquetant de douleur, les yeux révulsés, referma à jamais ses mains sur la lame chaude et bouillonnante.

-Soyez maudit, l'Empire et son or ont perdu votre âme mon Oncle ! Ils vous auront aussi coûté la vie !

Les images se succédèrent, à vitesse vertigineuse.

Il revit les montagnes de l'exil, la neige ensanglantée, il se souvint de ce messager, venu lui annoncer le mariage de son cousin à Janna, princesse de Skonie, aux lueurs de l'aube.

Et Borg se réveilla en sursaut. Un rayon de soleil frappait ses yeux.

Jamais Borg n'avait revécu ce cauchemar avec tant de vérité. Il jeta ses couvertures sur l'herbe humide, le souffle saccadé, et se leva en titubant.
Les autres soldats quittaient le royaume des rêves au même instant, eux aussi hébétés.

Le Capitaine avait été le plus éprouvé par la nuit passée en forêt des fées. Ses traits semblaient défigurés par la peur et la souffrance, mais ce faciès devenu humain disparut vite, et il hurla ses ordres pour lever le campement.

Perturbés, les guerriers reprirent la route.
Dorius rejoint ses compagnons :

-Les Fées nous ont fait payer le passage de leur royaume interdit.
-C'était donc elles, cette présence que tu sentais hier, répondit Borg.

Ajib restait silencieux, le regard perdu dans ses pensées. Le Skonien s'approcha avec le sourire :

-Allons mon ami, le passé est mort, ses fantômes se sont évanouis avec le jour. De grandes choses nous attendent encore...

Comme pour saluer ses paroles d'espoir, au détour d'un bosquet, le poste frontalier apparut.


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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 17/01/03 01:13
La route de la forêt de Xinh menait à un carrefour, où la rejoignait la route des cols, creusée de larges ornières. Les cavaliers aperçurent des marchands, qui prirent la route des cols sans même se concerter. L'un d'entre eux aperçut les soldats, et fit une mine ahurie.

Non loin du poste de garde proche, une borne annonçait la Province Impériale de Sylvanie.

Des champs fertiles semaient la vallée en contrebas, qui serpentait entre de vastes collines rondes. Des fermes opulentes s'élevaient sous un soleil paisible.

Dorius fit trotter son cheval pour rattrapper le Skonien :

-Vois mon Prince ! La Sylvanie ! Autrefois ces contrées n'étaient que bois sombres et hantés, peuplés de rudes guerriers qu'on disait cannibales, qui portaient braies et nattes... Aujourd'hui, l'Empire a fait défricher de nombreuses terres, et nombreux sont les colons qui s'y installent, venus de tout l'Empire. Vois, Prince, ces collines... les vignes de Sylvanie du sud produisent un vin réputé, bu jusqu'à la Cité Blanche.

-Oui, je vois : des moutons asservis, tondus par l'Empereur et abrutis par le profit, grogna Borg, apparemment déçu.

-Qu'importe, ils ont la paix désormais... les souvenirs de la guerre sont oubliés.

-Et avec eux leur fierté, rétorqua Borg.

Deux jeunes soldats stationnaient au garde-à-vous, à l'entrée de l'imposant bâtiment de pierre. Ils encadraient un très jeune homme, maigre et altier, qui s'avança en levant la main. Son allure aristocratique laissait deviner un fils de noble famille d'Empire.

-Gloire à l'Empereur !
-Gloire à l'Empereur, chuchota Cythus, qui fixa son interlocuteur d'un oeil mauvais.
-Mes respects Capitaine, nous sommes honorés par votre présence !
-Entrons.
-Tout de suite, Mon Capitaine.

Le poste frontalier était un vaste fortin, qui devait bien dater d'un siècle au moins. Sans doute avait-il été édifié lors de la conquête de la région.
Mais le fier bâtiment de pierre semblait à l'abandon : la Sylvanie était devenue une province paisible et fidèle de l'Empire, qui avait depuis longtemps transporté ses troupes jusqu'aux lointaines frontières barbares du nord.

Le jeune officier entra en hurlant des ordres à des soldats dépenaillés, qui s'agitaient en tout sens, stupéfaits par le ton de leur supérieur. Ces hommes avaient visiblement perdu tout souvenir de la discipline militaire : des tonneaux vides jonchaient le sol, des hamacs avaient été tirés entre les arbres des bosquets voisins, la salle commune de la tour de garde était un véritable capharnaüm.
Cythus bouillonnait de rage.

-Est-ce à ce genre de travail que vous occupez vos hommes et gagnez votre solde, Lieutenant ?

-Lieutenant Septimus, Mon Capitaine, laissa tomber le jeune officier avec indignation.

-Lieutenant Septimus, vous êtes indigne de vos insignes et de votre lignée. Vous ne méritez même pas de compter parmi mes soldats. Alors rangez votre orgueil ridicule de jeune promu.

-Mon Capitaine, je proteste. La région est pacifiée, nous n'avons rien à faire ici d'autre que contrôler les marchandises, accueillir les troupes de passage comme nous le fîmes encore il y a trois jours. Et j'ai beau vous devoir le respect, c'est moi qui commande tout le secteur, et tous ceux qui viennent à y passer, fit le lieutenant sur un ton menaçant.

-Il s'agissait d'éclaireurs, que vous n'avez pas daigné accompagner à travers la forêt, et n'en sont jamais sortis. Je vais vous dire ce que vous faites très bien, lieutenant, siffla le Capitaine : taxer les voyageurs plus que de raison, cuver du vin à la santé de l'Empereur, et laisser les Trolls infester la Forêt proche. J'ai une autre mission pour vous : je réquisitionne cinq de vos hommes.

-Mais... Mon Capitaine, avez-vous un ordre écrit du gouverneur de Sylvanie, fit l'officier, narquois. A moins... que vous n'ayez un ordre de l'Empereur lui-même ?

Les cavaliers ricanèrent, et Cythus retira son heaume, dévoilant son visage carré et émacié, couturé d'une longue cicatrice. Sa longue chevelure brune et nattée tomba sur ses puissantes épaules. Son regard, noir comme l'enfer des batailles, semblait aussi âgé que la guerre. L'officier étouffa un cri d'épouvante.

-Oubliez ces formalités, jeune arriviste. Je suis le Capitaine Cythus, cavalier prétorien, commandant de la cavalerie d'élite de l'Empereur, compagnon de l'Empereur et voici le sergent Onathius, fils du sénateur Onathius, conseiller de l'Empereur. Nous sommes en mission diplomatique, et conduisons le Prince Borg de Skonie à son royaume. Continuez à me parler sur ce ton et j'écrase votre petite tête insolente sur ce marteau.

L'officier trembla de tous ses membres, et devint si pâle que Borg crut à un malaise. Les mots avaient fait leur petit effet, et tous les gardes-frontière se mirent au garde-à-vous. Jusqu'en ces lieux, le nom de Cythus était légendaire.

-Mon... Mon Capitaine, quel honneur de vous recevoir ! Je vous confie immédiatement mes meilleurs éléments !

L'officier désigna cinq soldats de forte corpulence, qui s'avancèrent inquiets. Des autochtones, selon toute vraisemblance.

-Des lavettes, des gras du ventre et des paysans. Regardez-moi cette brave armée... Ils ne tiendraient pas deux passes contre le moindre brigand ! Gardez ceux-là pour vos activités, jeune imbécile. Je vais moi-même désigner vos soldats.

Tendant son marteau, Cythus désigna cinq soldats plus chétifs, mais Borg sut lire dans leurs regards le souvenir de plus d'une bataille, et la fierté de rejoindre les cavaliers d'élite impériaux.

-A présent, faites-moi nettoyer cette salle, Lieutenant Septimus. Nous resterons la journée et la nuit. Mes soldats ont besoin de repos, de viande et de bon vin, notre route est encore longue.


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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 17/01/03 17:43
Pour un peu, Cythus m'apparaîtrait sympathique, sur ce coup :D !

Je suppose, Conan, que tu as vu le "Maître de Guerre", avec Clint Eastwood ? ;)


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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 17/01/03 20:18
Hum. J'adore cet acteur... :D
Oui, Cythus est un personnage assez complexe, impitoyable et parfois cruel, mais droit comme un i. Bref un vrai bidasse !
J'aime bien nuancer mes personnages avec le temps, pour compliquer la sauce. En fait, Cythus et Borg ne sont pas si éloignés, ils ne croient qu'en l'honneur, et Cythus ne s'est jamais remis de son questionnement sur le bien-fondé des purges politiques qu'il a perpetrées au nom de l'Empereur passé. La seule différence entre ces deux hommes est leur idéal : l'un rêve d'une société militarisée et ordonnée, l'autre ne croit qu'en la liberté.
Dorius lui, ne croit plus en rien, même plus en son honneur. Seule la vengeance l'anime, et Borg est pour lui l'occasion providentielle, bien qu'avec le temps il s'attache à lui.
Finalement, le seul personnage d'honneur qui refuse le fanatisme est Ajib, mais je réserve l'aprofondissement de ce personnage pour la suite ;)


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   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 20/01/03 01:52
-Lieutenant, vous rencontrez tous les jours de nombreux marchands, donnez-nous donc des nouvelles du nord, demanda Cythus après avoir vidé d'un trait son verre.

Borg, toujours silencieux, se tourna vers le lieutenant, qui affectait un air grave et important.

-Oui Mon Capitaine, la situation semble avoir évolué. Nous avons justement contrôlé les marchandises de trois marchands skoniens, il y a deux jours. Nous en croisons souvent, même en ces contrées, car les populations fuient le conflit.

Le coeur de Borg bondit dans sa poitrine, et ses sourcils se froncèrent.

-Aux dernières nouvelles, il y a près de deux mois environ si l'on tient compte du temps à parcourir de là-bas à ici, de grands mouvements ont été observés, surtout du côté de la frontière élamite. L'anarchie s'est emparée des royaumes nordiques : l'Elam ne contrôle pas encore toute la Skonie, principalement l'est et une partie du sud. La Cibérie semble tailler sa part du gâteau, puisqu'elle s'est retournée contre Arslav et maîtrise les monts blancs au sud... quand à nos troupes, elles stationnent toujours à l'ouest, en attente des ordres. Je me demande quand l'Empereur donnera enfin l'ordre...

-Qui règne actuellement sur la Skonie ? interrompit Cythus.

-Suite à la mort du roi, les clans semblent très divisés. Ils ne sont plus de taille à repousser Arslav d'Elam et les Cibérides, et se querellent entre eux. Sans roi, ces barbares qu'on disait invincibles sont comme des loups faméliques sans chef.

Le lieutenant acheva ces mots en ricanant, et allait porter sa chope aux lèvres. L'instant d'après, elle se fracassait contre le mur.

Borg, bondissant d'un banc, avait saisi le lieutenant à la gorge, qui se débattit vainement. Ajib tenta immédiatement de convaincre son ami de relâcher sa prise, d'autant que la gorge de l'officier, dont les pieds battaient l'air, commençaient à produire des gargouillis inquiétants. Cythus n'avait pas bougé, mais il paraissait amusé :

-Lieutenant, dois-je vous rappeler que nous voyageons en compagnie du prétendant au trône ? Allons Prince, relâchez cet homme, je m'excuse en son nom.

Sans un mot, le jeune Skonien relâcha l'officier, qui rampa au sol dans une flaque de vin, en gémissant pitoyablement. Deux soldats vinrent l'aider à se relever, et il s'écarta en titubant, terrifié : Borg le foudroyait toujours de ses yeux dilatés par la colère.

-Cythus, grogna Borg, ce chien a évoqué la présence de troupes impériales ? De combien de légions dispose donc le Kaizar aux frontières de mon pays ?

Le Capitaine esquissa un sourire, et tint le regard du prince sans ciller.

-A la base, de deux légions permanentes, ce qui est considérable mais ne permettait pas de remporter une victoire certaine contre votre peuple. Mais les objectifs de l'Empereur ont changé, gloire à son nom. Avec l'aide de votre peuple unifié sous votre prestige, nous écraserons l'Elam et la Cibérie, et ferons défiler Arslav en chaînes dans les rues de la Cité Blanche.

-Tout cela pour avoir la paix et libérer les routes commerciales, fit Dorius d'un ton narquois...

-Tout à fait, répliqua le sergent Onathius, ce sont les termes de notre alliance avec le Prince Borg, dont l'Empereur respectera le titre et le pouvoir.

-Mon sergent dit vrai, reprit Cythus d'un ton peu convaincant.

Borg fulminait. Sa main caressait le manche de sa hache. Et ce qu'Ajib redoutait se produisit : Borg parla.

-Onathius, Cythus, vous autres, cavaliers de l'Empire, pénétrés d'idéaux, n'êtes que des esclaves trompés par votre maître: si ces guerres ont commencé, si ces fanfarons d'Elam et ces racailles de Cibérides ont osé s'attaquer à la Skonie, c'est parce qu'ils ont profité de la division de mon peuple... et ce mal avait une cause et une seule : votre Kaizar !

Onathius saisit son épée et se leva vers le Skonien, mais Cythus l'arrêta de son bras.

-Poursuivez, Prince, poursuivez donc.

-Rien ne m'empêchera de vous dire ma vérité, puisqu'il faut que nous chevauchions quelque temps ensemble.

Onathius se rassit, et Borg fixa un à un les soldats. La tension était à son comble.

-Depuis plus de trois ans maintenant, mon oncle et son fils ont été achetés par votre Empereur en échange de notre pays, pour lui livrer en guise de province. Ainsi votre Kaizar, Empereur des lâches, s'épargnait une guerre perdue d'avance contre le front de tous les pays nordiques. Il prenait le nord région par région, par la corruption et le mensonge.

Mais mon glaive a envoyé mon oncle aux enfers, après qu'il m'a fait prisonnier lors de la nuit où il attaqua mon camp. Son fils a eu la sagesse de ne pas tuer l'héritier de la Fureur de Torr, et m'a exilé au front du sud, menaçant d'éxécuter ma compagne si je ne coopérais pas.

Prétextant que le Prince de Skonie avait décidé d'affronter la Cibérie seul et lui avait confié le pouvoir, mon cousin a en effet pu rallier une partie des miens.
Son stratagème n'a pas longtemps dupé mon peuple, mon cousin s'est condamné tout seul. Arslav l'a vaincu et tué au champ de bataille, pour la seule raison que les trois quarts de nos guerriers l'avaient délaissé.

Car votre Empereur, qu'on prétend omniscient, n'avait pas compris que les Skoniens sont fidèles à la Fureur et son héritier. Au moment où ses légions s'amassaient aux frontières, dans le but de conquérir sans bataille une nouvelle province de Skonie, son fantoche, mon cousin, est mort parce que les miens l'ont abandonné.

A présent que les routes commerciales sont bloquées, que ce mégalomane d'Arslav menace tout le nord, votre Kaizar cède à la panique : il voudrait que l'héritier réunisse son peuple. Votre Empereur souhaite désormais me garder en vie, lui qui me voulait mort. Quelle ironie du sort, railla Borg, comme un défi.

-Mensonge, hurla Onathius. Nos légions auraient pu vous écraser, barbare !

-Non Sergent, ajouta Cythus. L'analyse du Prince est très juste. Je suis heureux que cette discussion ait enfin lieu. Le Prince comme l'Empereur se savent indispensables l'un à l'autre. La vie de Borg nous est précieuse... dans les circonstances actuelles, ajouta le Capitaine dans un souffle.

Cythus et Borg cessèrent de se défier du regard, et les soldats rengainèrent un à un leurs sabres lorsque le barbare quitta la pièce, satisfait.
Ajib rengaina aussi son arme et suivit le Prince, talonné par Dorius.

Le festin se poursuivit, sans trop de conversation. Le lieutenant du poste de garde massait son cou encore douloureux.

Le sergent Onathius se tourna vers son Capitaine.

-Mon Capitaine, comment pouvez-vous laisser ce barbare insulter l'Empereur ? Tout Prince qu'il est, il mérite la mort !

-Je suis de votre avis, mais j'ai la tête plus froide que vous, Sergent. Sachons attendre. Sitôt la région pacifiée, je me chargerai personnellement de tuer cet homme.


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Teocalin

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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Borg, fléau des steppes' a été posté le : 21/01/03 16:50
Que du tout bon. Et une fois de plus, Borg prouve qu'il n'est pas qu'un abruti avec une hache. J'aime.

Teocali


Dernière mise à jour par : Teocali le 21/01/03 16:52

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Marx disait "la religion est l'opium du peuple".
Bin, j'ai rien contre les drogués mais je peux pas blairer les dealers.
Dieu

Teocali c'est un genre de Docteur Queen. Mais en plus gros.
Thorgrim

Je connais le secret honteux de Daïna !


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