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Sujet : Kershaw 2.0

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Ourgh

Nowhere Man



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   Réponse au Sujet 'Kershaw 2.0' a été posté le : 16/12/10 17:52
Le cri de guerre était de trop. Le Britannique, toujours à genoux, se retourna en une fraction de seconde et, instinctivement, brandit son fusil pour se protéger. Le geste était mal ajusté, mais il suffit quand même à dévier ce premier assaut. Sans laisser à son adversaire le temps de souffler, l’Allemand enchaîna immédiatement par une autre attaque, tentant de lui trancher la gorge d’un mouvement circulaire. Mais Lord Kershaw se leva et se pencha en arrière, et la lame ne fit que lacérer son imperméable. Cette fois, ce fut au chasseur de primes de contre-attaquer. Avant que le hors-la-loi n’ait pu repasser à l’assaut, il lui asséna un coup d’épaule dans lequel il mit ce qui lui restait de force. Hans le reçut dans le thorax et le choc le fit trébucher en arrière. Mais il parvint à conserver son équilibre.

Un coup de feu claqua, et une balle vint s’écraser sur le rocher rouge. Logan, voyant dépasser la partie supérieure de son ennemi juré, avait essayé de précipiter le dénouement du combat. Mais il était un piètre tireur à grande distance… Lord Kershaw se baissa pour se prémunir contre cet autre danger. Il permit ainsi à l’Allemand de reprendre l’initiative.

« Schweinhund ! siffla-t-il rageusement tandis qu’il revenait à la charge. »

Lord Kershaw lâcha son fusil et porta la main à son six-coups. Mais son adversaire fut plus rapide. A peine avait-il saisi la crosse de son arme qu’il bondit sur le chasseur de primes, se jetant sur lui de tout son poids. Celui-ci le reçut de plein fouet, et les deux combattants roulèrent dans la poussière.

Une lutte féroce s’engagea. De sa main droite, Hans essayait de poignarder l’aristocrate dans le flanc, tandis que sa main gauche s’efforçait de détourner le revolver que Lord Kershaw essayait de pointer vers son estomac. Ils se tortillèrent un certain temps sur le sol, sans que l’un ou l’autre parvienne à prendre l’avantage. En temps normal, le chasseur britannique, plus grand et plus musclé, se serait débarrassé de son adversaire sans la moindre difficulté. Mais, éreinté par sa longue marche dans le désert, il lui restait à peine la force de résister.

Les deux combattants avaient roulé à coté du rocher rouge. Le chasseur de primes put ainsi, au hasard de la bagarre, apercevoir du coin de l’œil une forme noire qui s’agitait parmi les rochers. Le sorcier, se sachant inutile depuis le promontoire, descendait le massif par le plus court chemin. Il progressait pour l’instant avec lenteur, mais une fois arrivé en bas, le terrain serait plat. Il devenait urgent de se débarrasser de Hans.

C’est alors que Lord Kershaw se souvint de ses deux Derringer. Il était tellement peu habitué à ce genre d’engins qu’il n’avait même pas songé à les utiliser. Brusquement, il laissa tomber son six-coups. Pensant qu’il avait réussi à lui faire lâcher prise, l’Allemand éloigna l’arme d’un revers de la main gauche, puis envoya celle-ci prêter main-forte à la droite. La lame du couteau de chasse se rapprocha dangereusement de la carotide de l’aristocrate. Mais sa main droite était désormais libre, et c’était l’essentiel. A la vitesse de l’éclair, il s’empara d’un des Derringer qu’il avait glissés dans sa ceinture et tira dans le ventre de son adversaire. Hans écarquilla les yeux et sa prise se relâcha. Lord Kershaw profita de sa faiblesse pour le repousser vers l’arrière. L’Allemand tituba et tomba à genoux, mais il y avait en lui encore assez de vie pour repartir à l’assaut. Cependant, l’aristocrate avait déjà lâché son Derringer pour ramasser son revolver, arme en laquelle il avait plus confiance que dans le petit calibre qui pourtant venait de lui sauver la mise.

Hans bondit, le couteau de chasse en avant. Mais avant qu’il eût atteint son but, Lord Kershaw pressait la détente. Tirée à bout portant, la balle fit littéralement exploser la boîte crânienne du bandit, projetant sang et cervelle à la ronde. Ce fut un cadavre tout flasque qui s’écroula sur le chasseur de primes. En fin de compte, la firme Remington soutenait la comparaison avec Smith & Wesson.

Mais il n’avait pas de temps à perdre à faire des comparatifs. Il lui fallait encore triompher du dernier de ces gredins. Il repoussa le corps de l’Allemand de coté, et se redressa. Ce faisant, il ressentit une douleur aigue dans sa jambe. Il baissa les yeux pour découvrir que, dans ses derniers instants, son adversaire avait réussi à lui planter son couteau dans la cuisse. Et dans le feu de l’action, il ne s’en était pas rendu compte sur le moment…

Serrant les dents, il trouva quand même la force de se lever complètement. Jimmy Logan était maintenant tout proche. Le sorcier braqua son arme vers son ennemi juré, et tira le premier. Mais comme il continuait à courir, son tir fut déréglé et manqua sa cible. Lord Kershaw pressa à son tour la détente. La balle frappa le sorcier en pleine poitrine. Celui-ci s’immobilisa, l’air hébété, mais réussit à rester debout et, d’un geste mal assuré, arma à nouveau son revolver. Mais le chasseur de primes n’entendait pas le laisser tirer encore une fois. L’aristocrate tira les quatre balles qui lui restaient les unes à la suite des autres. Toutes atteignirent leur but. Cette fois, le hors-la-loi tituba, lâcha son revolver et finalement tomba à genoux. Il dut même prendre appui sur un bras pour ne pas s’effondrer totalement.

Il releva quand même la tête et posa sur son adversaire un regard haineux. Un rictus de douleur tordait son visage, et un filet de sang coulait de sa bouche. Ce spectacle amusa beaucoup l’aristocrate, dont la figure s’illumina d’un large sourire.

« Prends ton temps pour crever, lui dit-il en riant. Je ne suis pas pressé. »

Mais il avait parlé trop vite. Jimmy Logan cracha le sang qu’il avait en bouche, prit une profonde inspiration et se mit à crier. C’était un hurlement rauque, qui ne ressemblait à rien de connu. A coté de ça, même les cris d’un goret qu’on égorge ressemblaient à de la musique de chambre. Lord Kershaw se sentit aussitôt défaillir. Ce cri lui vrillait l’âme, et le faisait souffrir au plus profond de son être, comme si elle ravivait la blessure que lui avait faite jadis le démon de fumée, en la multipliant par trois. Le sorcier jetait ses dernières forces dans un ultime coup de magie.

Son revolver et son fusil étaient tous les deux déchargés. Le Sifflet du Dragon se trouvait toujours dans sa poche, mais l’aristocrate se sentait trop faible pour l’utiliser. Il se rabattit donc sur la seule autre arme qu’il avait à sa disposition : le couteau de chasse de l’Allemand. Il était toujours profondément enfoncé dans sa cuisse. Lord Kershaw l’en retira et, indifférent au sang qui s’écoulait à flots de la blessure et à la douleur qui lui engourdissait la jambe (et qui n’était que peu de choses en regard de la souffrance que le hurlement lui causait), se précipita sur son ennemi juré. Celui-ci n’était pas en état d’esquisser le moindre geste de défense, aussi le chasseur de primes put-il le saisir par les cheveux et trancher sa gorge offerte d’un seul coup. Le hurlement s’acheva dans un gargouillement écœurant. La température de l’air ambiant, qui avait chuté brutalement quand le sorcier avait commencé à crier, revint aussitôt à la normale. Et enfin, la douleur que ressentait l’aristocrate s’évanouit. Juste à temps. Lord Kershaw était à deux doigts de tomber dans les pommes.

Soudainement revitalisé, l’aristocrate poussa un grognement animal, et se mit à poignarder le hors-la-loi encore et encore, jusqu’à ce qu’il ne fût plus qu’un cadavre pantelant. Ce n’est qu’à ce moment qu’il consentit à le lâcher, le laissant tomber sur le sable, face contre terre. Enfin, le sorcier était mort. Du moins pour le moment. Et il ne tenait qu’à Lord Kershaw de rendre cet état permanent.

Avant de passer à la suite du programme, le chasseur de primes examina la blessure qu’il avait à la jambe. Elle était profonde et saignait abondamment. Il déchira un pan de la chemise de Logan pour se confectionner un pansement, mais, en voyant l’état dans lequel elle était, changea d’avis et préféra finalement sacrifier la sienne. Il appliqua ce bandage en regrettant de ne pas pouvoir faire plus. Il jugea cependant que si la gangrène le laissait tranquille, il devrait s’en tirer.

Maintenant qu’il avait paré au plus urgent, il devait s’atteler à la crémation du corps. Tout en surveillant le cadavre du coin de l’œil, au cas où celui-ci donnerait des signes de vie, il alla derrière le rocher rouge chercher le baril de pétrole. Il le souleva, mais le reposa presque aussitôt ; il était tellement exténué qu’il ne pouvait même plus le porter. Il le fit donc rouler jusqu’à la dépouille mortelle de Jimmy Logan.

Là, il fit sauter le bouchon du baril et déversa une bonne dose de liquide noir sur le corps du bandit. Il reposa ensuite le tonnelet, en le calant avec des rochers pour qu’il ne se vide pas sur le sol. Il n’était pas sûr de réussir à détruire le cadavre du premier coup. Mais il recommencerait l’opération jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que des cendres, qu’il disperserait ensuite aux quatre vents. Il fouilla ensuite ses poches à la recherche d’allumettes et se souvint brusquement les avoir laissées au campement. Pendant quelques secondes, il maudit sa négligence, croyant n’avoir aucun moyen de mettre le feu à la dépouille. Puis, il lui vint à l’esprit que Logan possédait certainement de quoi allumer ses cigarettes. Il fouilla frénétiquement les poches de son ennemi et mit rapidement la main sur un briquet. Il ressentit une joie presque orgasmique quand il en fit jaillir la flamme qui scellerait le destin du sorcier.

Quelques secondes plus tard, le corps flambait joyeusement. Lord Kershaw recula de quelques pas et s’assit à même le sol pour contempler le brasier, tout en vidant une de ses dernières gourdes pour se récompenser. Il avait bien gagné le droit de savourer sa victoire.

« Je bois à ton souvenir ! déclara-t-il pompeusement en élevant sa gourde. Ca c’était une chasse comme je les aime ! »

Ah pour ça, oui ! La poursuite avait été palpitante, et le gibier s’était bien défendu. Un peu trop bien même. Il y avait bien des épisodes qu’il n’avait pas aimés sur le moment, mais maintenant que tout s’était bien terminé, ce n’étaient plus que des souvenirs pittoresques à raconter en buvant un verre de sherry.

L’euphorie de la victoire se dissipait peu à peu, et le chasseur se sentit gagné par une profonde lassitude. Bien sûr, il subissait maintenant le contrecoup des efforts qu’il avait déployés. Mais cette fatigue n’était pas seulement physique : maintenant que Jimmy Logan, la proie la plus excitante qu’il ait jamais chassé, avait été anéanti, il se sentait quelque peu déboussolé. Il avait consacré l’essentiel de ces trois dernières années à trouver un moyen de l’abattre. Au prix de terribles épreuves, l’objectif avait été atteint, et l’aristocrate se retrouvait maintenant désœuvré.

Il réfléchit à ce qu’il allait faire ensuite. Une fois que le cadavre aurait été complètement consumé, il irait chercher la monture des hors-la-loi et rejoindrait la ville la plus proche. Là, il se referait une santé et se mettrait à la retraite de Jeffrey et de McByrne. Ces paltoquets apprendraient ce qu’il en coutait de jouer un tour de cochon à un homme de sa condition ! Mais cela ne l’occuperait que quelques jours… Il lui faudrait trouver un défi plus exaltant…

Pendant qu’il se laissait aller à ces réflexions, il ne surveillait pas le brasier aussi bien qu’il se l’était promis. Il ne vit donc pas que les flammes avaient pris une curieuse teinte à l’endroit où le sorcier avait rangé ses cigarettes. Ni que la fumée épaisse et noire qui était rejetée par les flammes ne se déplaçait pas dans le sens du vent. Il ne la remarqua que lorsqu’elle fut sur lui…


CHAPITRE DERNIER
Dans lequel on épilogue.



Au siège central de la Wells Fargo, Sullivan écoutait religieusement Lord Kershaw qui lui narrait ses exploits. Normalement, c’est le directeur Lloyd Tevis qui aurait dû recevoir le chasseur de primes. Mais celui-ci avait prétexté un rendez-vous important à l’autre bout de la ville pour laisser à son homme de confiance le soin de régler les derniers détails avec l’encombrant visiteur.

« Donc, déclara-t-il une fois que l’aristocrate eût terminé son récit, les prétendus pouvoirs magiques de Jimmy Logan n’étaient en définitive que de la superstition ? »
« Tout à fait, répondit le chasseur de primes en se reversant une généreuse rasade de bourbon. C’était un astucieux coquin qui a su tirer parti de la crédulité des gens du cru. Les habitants de ces régions peu civilisées sont facilement impressionnables et se sont chargés eux-mêmes d’enjoliver ses exploits. »
« Mais alors, puis-je demander à votre seigneurie pourquoi elle a brûlé le corps du hors-la-loi ? C’est une chose que les chasseurs de primes ne font pas fréquemment. »
« Je vous en prie, appelez-moi Reginald. Et bien, j’ai pensé que détruire son cadavre par le feu permettrait d’apaiser la population une bonne fois pour toutes. Vous connaissez la superstition qui règne dans ces contrées. Plus d’un aurait dit qu’il sortirait de sa tombe pour se venger. Peut-être est-ce idiot, mais l’idée m’a paru bonne sur l’instant. »

Sullivan ne parut guère convaincu.

« Admettons. Mais ce que vous avez fait est assez gênant… On pourrait croire que vous avez brûlé un corps quelconque pour prétendre qu’il s’agit de Logan et toucher la prime… »
« Allons, vous oseriez douter de la parole d’un gentleman ? Et puis, le marshal à qui j’ai présenté le cadavre à demi carbonisé n’a-t-il pas formellement identifié les restes du grand Jimmy Logan ? Et est-ce que quelqu’un l’a aperçu ces derniers temps ? »
« Il est vrai que tout semble confirmer vos dires… Je pense que monsieur Tevis fera traîner les choses encore un petit moment, mais finira par vous verser la prime. La parole d’un marshal fédéral est une chose que nous devons respecter. »
« A la bonne heure ! A votre santé et à celle de la Wells Fargo ! »

L’aristocrate leva son verre et le vida d’un trait. Sullivan le regarda avec curiosité.

« Je dois vous avouer, votre seign… Euh, Reginald, que vous êtes très surprenant. J’ai conservé de très nets souvenirs de votre première visite, et je n’étais pas très à l’aise à l’idée de vous rencontrer seul à seul. Mais ces trois années ont l’air d’avoir amélioré votre caractère… Je ne sais pas quelles épreuves vous avez traversées, mais elles ont fait de vous un autre homme ! »

Lord Kershaw éclata de rire.

« Un autre homme, dites-vous ? répondit-il après s’être un peu calmé. Et bien, vous n’imaginez pas à quel point vous avez raison ! »


Et c'est enfin fini !



En attendant une suite, si j'ai le temps...



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Ourgh

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   Réponse au Sujet 'Kershaw 2.0' a été posté le : 16/12/10 18:02
Bon, après le mode de calcul qui change le dernier jour du NaNoWriMo, voici le forum qui fait des siennes pour le dernier message. La poisse m'aura accompagné jusqu'au bout...

Enfin, on est passé sur une deuxième page... C'est tant mieux, car le temps de chargement de la première est très long, chez moi...



Bon, vous pouvez lâcher vos coms.



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   Réponse au Sujet 'Kershaw 2.0' a été posté le : 14/02/11 21:42
Bon, j'ai enfin lu ce truc (en fait je l'ai lu il y a longtemps mais j'avais la flemme de commenter) sur mon e-reader et c'est plutôt sympathique même si le ton est nettement plus léger que dans la nouvelle originale ou du moins le souvenir que j'en ai.

Je trouve tout de même qu'il manque une conclusion à l'histoire des chinois... même en une seule phrase pour dire qu'après avoir tué le sorcier Kershaw les a massacrés pour venger Pearl Harbour. Mais c'est un simple point du vue !

Pour le reste l'histoire se tient et les personnages se reconnaissent ce qui est toujours ça de pris !



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