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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 19/02/11 11:32
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Et pour ce qui est de ces salopards d'artistes qui osent vouloir être payés alors que tout devrait être gratuit (et que le kikoo de base puisse se défouler, style g pa vu ta muzic ke ta mi gratuit mé té kun gro kon lol mdr), un article intéressant dont j'ai perdu le lien expliquait que Shakespeare et toute la créativité du théâtre de l'époque était né lorsqu'on leur avait donné un théâtre et les moyens de présenter directement les pièces à tout le monde contre une rémunération minimaie. Bref, de vivre de leur trav… Pardon, de leur art (ces gens-là ne travaillent pas, c'est bien connu)Le théâtre a brûlé, on ne l'a pas remplacé, le théâtre Londonien est mort. Mais Shakespeare, c'était certainement un de ces nullards d'artissssses tous fainéants que ma brave dame, y sont pas comme nous et faudrait envoyer tout ça en usine.
Haine typiquement petit-bourgeoise du beau, de ce qui pourrait faire grandir et embellir l'esprit, de ce qui ne peut se diviser sur une règle à calcul et se quantifier, puisque lorsque tout est disponible à l'œil, tout perd de sa valeur. On obtient des consommateurs gavés, repus, obèses, qui pour qui rien n'a de véritable valeur, qui sont comme des gamins gâtés qui prennent un jouet et le repoussent, dégoûtés, et exigent de pouvoir se goinfrer encore, là, tout de suite, qu'on me serve MAINTENANT ou je tape des pieds… Et bien sûr en chouinant un peu partout que rien n'est assez bien pour eux.
Mais c'est vrai que pour tapoter matin et soir sur un portable top-giga-cool assemblé par un gamin de dix ans bossant quinze heures par jour et amasser des applications inutiles pour lesquelles le budget est forcément illimité, pas besoin d'un cerveau, une moelle épinière suffit, et ensuite, on peut se concentrer sur ce qui compte : le FRIC, le FRIC, le FRIC. Comme disait Brel, chez ces gens-là, on ne parle pas, on compte.
La preuve : on a désormais moyen d'investir dans un tableau, acheté par plusieurs investisseurs. Auquel cas on se fout de ce qu'il représente, de ce qu'il y a derrière, ça peut être un Van Gogh ou une croûte immonde, seul compte le fait que l'équivalent d'une agence de notation (devenues les maîtres du monde en devenir, puisqu'elles dictent la politique des états) décrète sa valeur ex nihilo et que ça permette de se faire du FRIC, du FRIC, du FRIC. Ite missa est.
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 19/02/11 20:50
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Juger un artiste sur des critères politiques, c'est con. En l'occurrence, après être tombé sur ce thread, j'ai écouté deux chansons de cet individu, et en ai conclu que c'était du sous-Noir Désir, mais que c'était déjà moins casse-couille que Renaud.
Dr Bis, c'est bien joli tes histoires, mais les petits-bourgeois, ce sont aussi les principaux responsables de l'avènement de l'Artiste, dans toute la pompe prétentieuse dont ce mot a été paré. Avant le XIXème siècle, l'artiste, c'était un pas-grand-chose qui dépendait d'un mécène, voire un rien du tout.
(Les sculpteurs de gargouilles, et les fabricants de vitraux qui font la splendeur des cathédrales, se rappelle-t-on de leur nom ?)
Grâce à l'émergence d'une classe moyenne qui n'était pas moins cynique à l'époque que maintenant, les artistes ont pu s'affranchir de la tutelle des mécènes et vivre grâce aux foules. Sans les petits bourgeois, comment Zola, Maupassant, ou Baudelaire auraient-ils vécus ?
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 20/02/11 00:18
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Citation :typhon dans une contemplation à Dlul a dit:
Juger un artiste sur des critères politiques, c'est con.
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Sauf quand l'artiste se targue d'être engagé. Dans ce cas (de mon point de vue), la vie doit être à la hauteur de l'engagement qu'il prône.
Sinon, c'est quoi la différence avec un Pagny qui chante "ma liberté de penser"?
Adequatio rei et intellectu disait saint Thomas (celui d'Aquin, pas celui qui n'y croyait pas).
Après, c'est clairement un jugement sur l'homme et pas sur la musique (qui est pour moi du sous-Noir Des', comme on le lit partout)... Mais c'est aussi important pour moi.
Regards,
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 20/02/11 09:55
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Citation :typhon dans une contemplation à Dlul a dit:
Dr Bis, c'est bien joli tes histoires, mais les petits-bourgeois, ce sont aussi les principaux responsables de l'avènement de l'Artiste, dans toute la pompe prétentieuse dont ce mot a été paré. Avant le XIXème siècle, l'artiste, c'était un pas-grand-chose qui dépendait d'un mécène, voire un rien du tout.
(Les sculpteurs de gargouilles, et les fabricants de vitraux qui font la splendeur des cathédrales, se rappelle-t-on de leur nom ?)
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Simple : à l'époque, ils n'avaient pas de quoi pirater les œuvres en question et il n'y avait pas de moyens pour que le kikoo de base aille se défouler sur à peu près tout. Celui qui jetait une tomate sur un acteur, au moins, le faisait à visage découvert. Maintenant, la lâcheté a gagné.
Il y avait la bataille d'Hernani, maintenant, ce qui compte, c'est la marque de ton Smartphonbe entièrement équipé pour penser à ta place. Sic Transit Gloria Mundi.
Et si c'est le cas, au passage, on peut déterrer l'époque où on excommuniait les acteurs de théâtre et ou le roman était considéré comme un art inférieur qui opervertissait l'esprit forcément faible des femmes. (Ceci pour les parangons du "c'était mieux avant"). La prédominance de l'art, en tant que moyen de s'élever l'esprit, fut un simple hoquet dans l'histoire, notammnt grâce aux moyens de culture de masse (livre de poche, cinéma, musique enregistrée — qui a moins d'un siècle, rappelons-le). Tout ce qu'il est question d'éradiquer pour transformer les masses en moutons bêlants passant du boulot (pour ceux qui en ont) au supermarché avant de rentrer regarder TV Bouygues comme de bons petits, crispés à leur portable qui leur dit que penser. Une société de fourmis, quoi… Le rêve humide des Minc et Dassaut de ce monde. HG Welles avait imaginé Big Brother imposé par une société totalitaire, il n'aurait jamais imaginé que le bétail tende gentiment les mains pour qu'on lui mette des chaînes et en redemande lorsqu'elles ne sont pas assez lourdes.
Et oui, assez d'accord pour le "faites comme je dis, pas comme je fais"… Dire que les Négresses vertes s'étaient faits conspuer parce qu'ils disaient clairement espérer avoir du succès en faisant de la musique de qualité et comptaient bien passer à Drucker & co…
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 20/02/11 10:15
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Citation :Dr Bis dans une contemplation à Dlul a dit:
le roman était considéré comme un art inférieur qui opervertissait l'esprit forcément faible des femmes
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D'un autre côté, quand on lit le Journal de Bridget Jones ou la collection Harlaequin, on se dit qu'ils n'avaient pas forcément tort 
Blague à part, en occident, l'art a très très vite été un moyen "d'éducation" des masses (que ce soit de l'instruction religieuse - de la statuaire grecque aux 'Bibles de pierre' que sont les églises - morale - les pièces grecques ou les mystères joués sur les parvis - ou de propagande politique - merci les romains ), et était donc à 'libre' disposition de tous.
Et encore une fois, c'est la Renaissance qui a commencé à confisquer l'art au profit d'une minorité pseudo-éclairée, en kidnappant les artistes (en jouant sur les egos: les premiers noms d'artistes modernes datent de la renaissance), et en réquisitionnant les oeuvres pour leur profit personnel.
Regards,
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Dernière mise à jour par : Skro le 20/02/11 10:24
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 20/02/11 12:20
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Citation :Dr Bis dans une contemplation à Dlul a dit:
Simple : à l'époque, ils n'avaient pas de quoi pirater les œuvres en question
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Oui, mais la notion de droit d'auteur n'était pas non plus très au point. Nombre d'auteurs européens n'ont jamais vu la couleur de l'argent que leurs livres faisaient en Amérique.
Citation : et il n'y avait pas de moyens pour que le kikoo de base aille se défouler sur à peu près tout.
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Je pense surtout qu'une bonne partie de la population qui forme aujourd'hui les kikoos, à l'époque, avait peu de temps pour se distraire, et ne savait généralement pas trop bien lire. Lorsque l'instruction est devenu obligatoire, les choses ont changées.
Citation :La prédominance de l'art, en tant que moyen de s'élever l'esprit,
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En même temps, faut aussi remettre en question cette conception des choses. Je récuse l'idée que l'art soit avant tout un moyen de "s'élever l'esprit". Même Shakespeare, qui était loin d'être un imbécile, avait avant tout pour but de plaire à son public et de le distraire, et je doute qu'on puisse trouver une bonne oeuvre d'art dont le but premier ait vraiment été, dans l'esprit de son auteur, "d'élever l'esprit" de ses contemporains. Et puis, ça veut dire quoi, "s'élever l'esprit" ?
Citation : fut un simple hoquet dans l'histoire, notammnt grâce aux moyens de culture de masse (livre de poche, cinéma, musique enregistrée — qui a moins d'un siècle, rappelons-le). Tout ce qu'il est question d'éradiquer pour transformer les masses en moutons bêlants
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Je dois dire que le projet de loi contre les livres, le cinéma, et la musique enregistrée m'avait échappé.
Les masses sont des moutons bêlants, de base, et on ne peut pas espérer les tirer haut collectivement. On peut espérer tirer des individus au dessus de la médiocrité intellectuelle généralisée, mais on ne peut pas tirer toute la société au dessus de la moyenne (ne serait-ce que parce que la moitié de la société est par définition toujours en dessous).
Je ne crois pas qu'il y ait un complot des vilains capitalistes pour abrutir le peuple. Je crois que l'objectif principal d'un capitaliste, c'est l'argent, et que si les capitalistes aux commandes du cinéma ou de la musique font la promotion de la ********, c'est parce que la ******** se vend bien.
Citation : passant du boulot (pour ceux qui en ont) au supermarché avant de rentrer regarder TV Bouygues comme de bons petits, crispés à leur portable qui leur dit que penser.
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Pour continuer ce que j'étais en train de dire, je dirais que ce n'est pas la télévision qui rend les gens idiots, ce sont les gens qui rendent la télévision idiote.
Il existe en France et en Allemagne, depuis près de 20 ans, une chaîne de télévision qui s'appelle arte. Elle est loin d'être parfaite, mais permet néanmoins à tout individu curieux du monde et de ses merveilles d'acquérir quelques connaissances intéressantes sur tout un tas de sujet, et rediffuse également plein de vieux films. Le fait est que l'audience d'arte est minuscule.
À partir du moment où on est dans une logique capitaliste où il faut à tout prix faire de l'audience, il est évident qu'on ne va pas suivre la programmation d'arte.
Citation :HG Welles avait imaginé Big Brother imposé par une société totalitaire, il n'aurait jamais imaginé que le bétail tende gentiment les mains pour qu'on lui mette des chaînes et en redemande lorsqu'elles ne sont pas assez lourdes.
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Alors déjà, il ne faut pas confondre Eric Arthur "George Orwell" Blair, avec Herbert George Wells. Ensuite, je pense qu'il imaginait parfaitement que le peuple se laisse opprimer sans résister.
Dans 1984, il est clairement dit que les prolétaires sont incapables de se révolter, au point que le Parti n'a même pas besoin de les surveiller en permanence.
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 20/02/11 12:46
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Citation :Dr Bis dans une contemplation à Dlul a dit:
un article intéressant dont j'ai perdu le lien expliquait que Shakespeare et toute la créativité du théâtre de l'époque était né lorsqu'on leur avait donné un théâtre et les moyens de présenter directement les pièces à tout le monde contre une rémunération minimaie. Bref, de vivre de leur trav… Pardon, de leur art (ces gens-là ne travaillent pas, c'est bien connu)Le théâtre a brûlé, on ne l'a pas remplacé, le théâtre Londonien est mort. Mais Shakespeare, c'était certainement un de ces nullards d'artissssses tous fainéants que ma brave dame, y sont pas comme nous et faudrait envoyer tout ça en usine.
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Le Shakespeare's Globe Theatre a été reconstruit il y a plus de 10 ans, j'y suis allé pas plus tard que vendredi...et le théâtre londonien est LOIN d'être mort, bien au contraire.
L'espoir, à ce niveau là, il est bien plus outre-manche que chez nous.
Ceci-dit, ça n'a rien à voir avec le sujet.
La rémunération de l'art c'est un sujet qui revient régulièrement, avec les mêmes gars cités comme Bach ou Lully dont la majorité des œuvres étaient des commandes, ce que ne leur empêchent pas d'être des chef-d'œuvres (même si on peut dire "heuu, j'aime pas Bach et Lully").
Ce qui me choque dans le texte de Theodoric, ce n'est pas la conclusion, mais le fait qu'on ait comparé certains textes de Vian et de Ferré à des chansons de Saez.
D'accord les deux loustics n'ont pas écrits que des chefs-d'oeuvre, mais c'est tout de même le symbole d'une époque où la censure existait (Le Déserteur a été interdit d'antenne, comme Hexagone de Renaud plus tard), même si elle revient nous dire bonjour de temps à autre, où les gens réagissaient aux changements politiques, autrement qu'aujourd'hui...
Je dirais même qu'une chose me désespère c'est que c'est emblématique de notre mal-être actuel : on est en manque de textes frappants, d'icônes ou de modèle un peu border line parce que tout est contrôlé, tamisé, géré...Saez, c'est un sous-produit de garage auquel beaucoup se raccrochent parce qu'il n'y...que ça sur la grande scène.
On a les héros qui sont au niveau que l'on mérite : ils sont médiocres parce que nous le sommes et que c'est nous qui les avons choisis, finalement, pas trop criards, révolutionnairement correct, pour faire français qui se laisse pas faire...Mais au fond, ils sont vides, ces gens.
Les plus underground, on se les garde autistiquement, parce que les communications s'affadissent et que les liens se relâchent entre les gens. Les goûts et les envies se diluent dans cette soupe de communication dans laquelle nous baignons tous...
Il est peut-être temps de se ressaisir un peu.
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Dernière mise à jour par : thorgrim le 20/02/11 12:56
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 20/02/11 15:08
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Cross poste avec Thorgrim, mais c'est logique, je m'y suis repris à trois fois à deux heures d'intervalles pour répondre à... Pfiouuuuuu ! Ca remonte à loin... Skro et Thomas, au moins.
Donc, je répondais :
Ça, il y a un débat permanent sur la "définition" de l'art et son rôle social, et tout...
Je suis d'accord avec toi, Dr Bis, quand tu constates la marchandisation de "l'art" de masse, et la confusion croissante entre art et divertissement.
Maintenant, effectivement, il a pu y avoir une période où l'Art "éduquait". Mais est-ce que l'éducation correspondait à une véritable émancipation, une prise de connaissance pour mieux aborder le monde ? Ou est-ce que ce n'était qu'un marqueur social, permettant de hiérarchiser les classes, de leur fournir des critères de reconnaissance et de cooptation ?
Qu'est-ce qui est encore valable, maintenant, de ces vieilles distinctions... Même les classes hautes bourgeoises ont été bouleversées par des arrivistes et des parvenus, peu soucieux de style, de qualité, et qui ont remplacé le "goût" bourgeois par le "bling-bling" justifié seulement par le côté ouvertement dispendieux. Les classes "moyennes" sont un peu à la traine, partagés entre une recherche d'épanouissement et une conscience que l'art en tant que marqueur social leur échappe complètement... et les classes ouvrières qui n'ont pas été délocalisées cherchent à se "localiser" au pire en termes d'appartenance ethnico-culturelles, mais la plupart du temps en termes de divertissement de masse... Comme le sport, le divertissement de masse peut apparaître plein de frustrations, parce qu'on y pressent une entreprise de normalisation, de contrôle social, d'orientation politique, de programmation (neurolinguistique ?)
Où est le développement de sa propre sensibilité et de sa compréhension du Monde, là-dedans ?
Réciproquement, pour ne parler que des arts narratifs comme le cinéma, la télé, la chanson, le roman, la BD, j'ai une curieuse impression. Je vois beaucoup de gens accros aux séries. Pourquoi ? Pourquoi trouve-t-on les histoires racontées mieux que les histoires qu'on vit ? Je suis de plus en plus persuadé que le cerveau humain est structurellement conçu pour chercher du sens, y compris là où il n'y en a pas. Le quotidien est frustrant parce que le sens n'y est jamais évident. Le récit, lui, imaginé, conduit, construit, a toujours un sens, même caché, voire plusieurs. L'Art ne serait-il que ça, finalement ? Une façon de guérir ses frustrations devant un monde dépourvu de sens ? Il aurait alors vocation à remplacer les religions, les croyances, les "signes" que nous envoie le "Destin" ?
C'est une piste. Parmi d'autres. Ça explique une partie de l'Art.
Mais pas tout.
En tout cas, ça explique son succès comme divertissement de masse, à côté des retransmissions sportives, des concerts, des Meûporgues, etc. Ou des messes, ou des congrès politiques... Ça rassure par le sens que ça donne, que ça comporte, que ça emmène avec soi.
Je ne dis pas que rien n'a de sens et que tout ce qui essaye d'en produire est forcément suspect... Il y a des domaines où il semble plus sérieux de chercher du sens qu'ailleurs : les sciences humaines ou physiques, par exemple... la philosophie aussi, qui a l'avantage de se remettre en question au fur et à mesure des réponses qu'elle propose...
Mais la place de l'Art, là-dedans... ben... à situer quelque part entre l'astronomie et l'astrologie... Ca laisse de la marge... C'est ostensiblement un art du mensonge, mais un mensonge qui donne du sens, et un sens dont il semble de la nature humaine a besoin. Un mensonge utile, et plus inoffensif que les dogmes, en ce qu'il se revendique fiction.
De toutes les façons, l'art est un objet complexe qui combine probablement plusieurs natures, plusieurs, rôles, plusieurs fonctions, et qui prend un sens différent à chaque fois qu'on varie l'angle d'approche à son sujet. De là à savoir s'il a une valeur, s'il représente un marché, s'il est légitime...
[màJ du 21 février pour ne pas alourdir les développements ultérieurs :]D'un autre côté, définir l'art et en fixer les critères, c'est aussi sommer les artistes de se conformer à des canons précis... ce qui est en principe anti-artistique. J'en parlais ci-après.
Mais c'est aussi se fournir des critères collectifs pour évincer le copain d'untel filleul du patron de chaîne, amant de dir-com du producteur, frangin de l'agent de la grande vedette du moment, au vu que ce qu'il produit n'est objectivement pas de l'art. Il y a des couilles en or qui se feraient énucléer un peu trop facilement aux yeux de ce pettit monde si l'on définissait l'art.
Il est donc impératif pour la préservation des intérêts des "Glauques-busters" qu'une telle définition n'émerge jamais.
Preuve que l'artiste est aussi un statut social, au moins autant qu'une disposition intrinsèque à la créativité et aux talents.[/MàJ]
On peut s'accorder à trouver normal que des artistes vivent de leur art. Ne me remercie pas, Thomas...
Maintenant, soit on laisse le marché déterminer la valeur de l'art, et donc le rendement de la création, mais alors on n'a pas le droit de s'offusquer que ce marché soit orienté, parasité, noyauté, instrumentalisé, phagocyté par des castes héréditaires qui se cooptent et manipulent les choix au nom de la rentabilité la plus efficace, quitte à flagorner avec les cochons de payants les plus décérébrés. Soit on dit que ce n'est pas normal, que le poids des règles et des codes stylistiques qui visent à simplifier le langage, à linéariser les récits, à alléger le style, à supprimer les adjectifs et les adverbes sont autant de poids qui appauvrissent le contenu de l'Art, et il faut alors renoncer au marché. Ca veut dire reconstruire des circuits économiques autres, qui assurent à l'artiste un niveau de vie décent, sans passer par les "droits" tels que nous les connaissons, non plus que par la fonctionnarisation du créateur, qui conduit difficilement au génie... Le mécénat est une piste. Les licences de type shareware en seraient une autre... Le commerce des produits dérivés en sont une troisième. Les pistes à réfléchir sont notamment la répartition du produit de la publicité ou des "licences globales"... Mais je tiens pour illusoires les tentatives de restaurer un modèle d'œuvres dématérialisées et payantes, dans un monde où, de la radio et de la télévision aux réseaux numériques et téléphoniques, le partage gratuit des oeuvres paraît à chacun aussi peu répréhensible que de prêter un bouquin à un pote...
Je n'ai pas de solution, mais je sais reconnaître une proposition passéiste et rétrograde qu'en j'en vois, et Hadopi en fait partie, dans la catégorie usine à gaz dispendieuse et inefficace.
Et je rappelle que mon athéisme militant ne m'empêche toujours pas d'apprécier beaucoup l'art religieux, et les messes de Bach, Beethoven ou Messiaen, hein !
Donc, bon...
**
*
Fin de l'incise... Et donc, pour en revenir à ce qui te choque, Thorgrim, oui, moi aussi, ça m'intrique... A l'époque de Brassens et de Ferré, rares étaient les personnes qui pouvaient affronter en conscience l'indignité majeure d'acheter un mensuel érotique au marchand de journaux du coin. Même marié, il était improbable d'avoir pu contempler des nudités ailleurs que dans la statuaire antique et quelques monuments marquants... La diffusion des premiers films érotiques "en clair" à la télévision datent de 1978 (contes immoraux).
Ecouter du Brassens en 2011 n'a probablement pas beaucoup de sens, alors que le moindre préado peut, malgré le contrôle parental, avoir vu plus de femmes nues qu'il en aura croisé d'habillées...
Ca fait partie des changements culturels majeurs que je n'ai pas cités en page précédente, mais qui rendent effectivement obsolètes certaines grilles d'analyse du 20e siècle.
Le pire c'est qu'on reste assez coincés du cul, mais je ne suis pas certain qu'un "pornographe du phonographe" puisse introduire une libération sexuelle, alors qu'à l'époque, il a eu cette utilité, c'est sûr.
Ceci dit, mon grand-père ne l'aimait pas, le considérant seulement comme un type vulgaire "qui n'est content que quand il a dit trois fois « ******** » dans sa chanson."
Cordialement,
théodoric
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Dernière mise à jour par : Théodoric le 21/02/11 11:54
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-------------------- Jeune depuis plus longtemps que vous !

L'abus de modération est dangereux pour la santé.
Merci de jeter votre dévolu dans les réceptacles prévus à cet effet.
Restons fer-plaie !
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 20/02/11 18:17
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Je trouve Brassens redoutablement actuel, justement. Ne considérer que la thématique sexuelle de son oeuvre est très restrictif. La forme ne choque plus, les chansons paillardes non plus, mais la critique sociale reste efficace et pertinente. C'est d'ailleurs une critique qui s'articule moins autour des convictions politiques que de la petitesse des gens, de leur hypocrisie et leurs fiertés déplacées. Elle est donc, à mon avis, beaucoup moins sujette à oubli que des oeuvres plus ancrées dans l'actualité et par conséquent plus puissante.
L'autre différence majeure que je vois entre Brassens et un certain nombre d'artistes engagés aujourd'hui, c'est la prise de risque. Quand Brassens écrit les deux oncles, il est clair qu'une bonne partie de son public ne va pas le suivre.
Quand Saez dénonce la société marchande et l'impérialisme occidental, il ne prend aucun risque vis-à-vis de son public.
Et Brassens c'est bien écrit, en plus.
(Fin de la propagande)
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 20/02/11 22:06
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Citation :Jormugaund dans une contemplation à Dlul a dit:
Je trouve Brassens redoutablement actuel,
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En parlant de vieux dramatiquement actuels, je suis retombé sur ceci aujourd'hui...
Regards,
Skro, Jean Yanne est génial
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 21/02/11 11:04
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Citation :
Il existe en France et en Allemagne, depuis près de 20 ans, une chaîne de télévision qui s'appelle arte. Elle est loin d'être parfaite, mais permet néanmoins à tout individu curieux du monde et de ses merveilles d'acquérir quelques connaissances intéressantes sur tout un tas de sujet, et rediffuse également plein de vieux films. Le fait est que l'audience d'arte est minuscule.
À partir du moment où on est dans une logique capitaliste où il faut à tout prix faire de l'audience, il est évident qu'on ne va pas suivre la programmation d'arte.
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C'est bien ça. Donc, dans la logique du FRIC, du FRIC, du FRIC (ce que Théodoric appelle bling-bling, et qui n'a rien à voir avec l'argent per se), on supprime Arte. Et sait-on jamais, la possibilité que quelqu'un du peuple, même minoritaire, tombe dessus et s'instruise effectivement. Y'a Pernaud pour ça. Cela dit, j'ai connu des milieux de téléastes volontairement décérébrés de peur d'être taxés de "prise de tête" disient et répétaient "Woliot, là, tu t'crois sur Arte ?" (Et pas chez des prolos) Il y a eu tout une agit-prop pour faire d'Arte le stigmate même de tout ce qui n'est pas top-giga-cool-méga-éclate, martelant avant sa création que "personne ne la regarde" (rajouter un "tout le monde sait") la réservant justement à ceux, comme moi, qui se battent les sboubs de l'avis de téléastes qui ne voient pas plus loin que le gadget à la mode acheté une fortune chez Album. C'est-à-dire ceux qui auraient trouvé le moyen de s'éduquer autrement, même sans Arte. Bel exercice de disqualification.
D'ailleurs, qui dit que personne ne regarde Arte ? Les mêmes qui martèlent que "attends,n coco, plus personne y lit aujourd'hui" (à l'encontre de tous les chiffres) ? La téloche. Média moribond, discrédité, en perte de vitesse, qui pour se convaincre qu'il existe encore, en est réduit à reproduire la fameuse expérience de "I comme Icare", pourtant célèbre (on imagine les critères de sélection, dignes d'un sketch des Inconnus), pour dire "Mon Dieu, c'est triste, mais quand même, regardez, suffit qu'on claque des doigts, nous maître du monde, pour qu'un pékin soit prêt à tuer, qu'est-ce qu'on est fort, tout de même !". Pathétique…
Et mea totalement culpa pour Orwell, d'autant que j'adore les deux. Faut que je relise "1984", tiens, merci de m'en donner l'occasion !
Sinon, je sais que l'église a façonné le monde occidental et qu'il n'y a pas de saut hors de sa sainte et bienveillante ombrelle (Faudrait que je retrouve l'article avec des références exactes sur le fait que jusqu'en 1910, la Papauté était farouchement opposé au progrès et à la démocratie considérées comme incompatibles avec la Chrétienté), mais ces mystères & co n'étaient jamais que réclame pour la marque "Eglise". Tu noteras que je dis "Eglise" en tant qu'institution séculaire, pas "foi", "religion" ou "chrétienté", donc inutile de passer en mode "tout le monde y nous en veut parce qu'on est les meilleurs, on est une majorité opporimée, bouaaaaaah !"
Brassens… En le sacralisant, tout comme Brel, n'est-ce pas une manière d'enterrer tout ce qu'il peut avoir de subversif ? (en gros, pluzun avec Jorg, ça synthétise) Pour en revenir plus ou moins au sujet, j'estime que l'idéal "rock", qui a sommes toutes duré l'espace d'un clin d'œil, en tant que canalisation d'une révolte plus ou moins adolescente, est mort. C'est devenu une marque comme une autre le jour où on a vu des bagnoles série limitée "Pink Floyd" ou "Rolling stone" comme il y avait des "Adidas", pui lorsqu'on a trouvé dans les poufferies des fringues qu'on aurait vendu dans les boutiques punk en 80. D'où la notion de "classic rock" et le fait que Big Business adore refourguer des vieilles barbes, mais serait bien incapable d'accompagner un mouvement complet généralement nés plus ou moins spontanément, si toutefois quelqu'un voulait en fonder un. Et qu'on arrête avec "ah, oui, coco, mais maintenant, y'a Internet, les groupes s'y font connaître", parce qu'on a beau agiter de temps en temps une réussite comme il y en a toujours eu dans l'art, par hasard, pour justifier le système. Qui a envie de s'enfiler mille kikoos qui grattent trois accords, puis postent leur chtite vidéo en pensant qu'ils sont des méga-stars et vont se faire un max de meufs pour trouver LA perle rare ?
Sinon, il y a eu et aura toujours des œuvres de "divertissement" et de "l'art", avec des passerelles, des œuvres de divertissement touchant à l'art et inversement (Fantômas, œuvre populaire, louée par les surréalistes). L'un comme l'autre doivent exister côte à côte, contrairement à la dioxa qui veut qu'on ne peut se créer qu'en tuant ce qui s'est fait avant (la vidéo va tuer le cinéma et autres fadaises) Faire des hiérarchies
Pour conclure ce pavé, je me suis peut-être mal fait comprendre sur l'esprit "petit bourgeois", qui n'est PAS la classe moyenne et n'a rien à voir avec l'argent. Au contraire, je dirais que l'avenir de l'art et sa diffusion est liée à l'émergence de la classe moyenne, qui a fait qu'il n'était plus limité à quelques cercles éclairés (déjà, le simple fait de savoir lire…) C'est la classe moyenne qui achète ce qu'on appelle sous ce vocable haïssable de "produits culturels". Les pauvres qui veulent lire vont en bibliothèque ou, comme je l'ai fait longtemps, achètent d'occase. L'os, c'est que comme le dit Théo, ce qui émarge, c'est la variante bobeauf, faite de petits caïds (au sens de ces "caïds des banlieues" qu'ils haïssent tant parce qu'ils leurs ressemblent trop) ignorant et fiers de l'être et considèrent que tout ça n'est jugeable qu'à l'aune du FRIC, du FRIC, du FRIC. Pour eux, que Saez fasse du pognon avec sa contestation tiédasse, c'est logique. C'est un peu pour ça, d'après un article récent du Monde, que Berlusconi est encore là : c'est le symbole de la réussite à tout prix, par tous les moyens, qu'importe la morale et autres valeurs réac, seul compte le FRIC, le FRIC, le FRIC, et les gamines transformées en objets de consommation par la gloire de leurs parents maquereaux espérant récolter quelques miettes. D'où, répétai-je parce que c'est une des rares certitudes, la dictature de la vulgarité qu'on nous imposent. Il y aura une réaction, forcément, par exemple, j'ai discuté avec une calligraphe qui disait qu'il y a trois ans, ça n'intéressait personne, maintenant, les ateliers pour quelque chose d'aussi peu top-cool-lol que la calligraphie refusaient du monde à nombre égal. Mais la solution sera que les bobeaufs triomphant trouvent moyen de faire fermer les ateliers de calligraphie, avec tout ce qui empêche de penser au FRIC, au FRIC, au FRIC. Restera à détruire l'éducation, avec un bon taux de complicité du bétail. Et qu'on ne me parle pas de notion d'ascenseur social, puisqu'on nous martèlent qu'il est en panne, que les pauvres restent pauvres et que c'est comme ça, les vaches seront bien gardées. Et, histoire de revenir à la base de cette pensée fulgurante ou la pertinence glaciale du constat n'a d'égal que la finesse nacrée du style, dieu me tripote (merci mon dieu) et youp'la boum, je dirai ma conclusion, certes pas définitve, mais bon : l'art (générique, admettons que le divertissement en fasse partie, peu importe, on va pas ergoter) est intimement liée à la culture, laquelle est liée à ce qu'on appelait la "bourgeoisie" et qui, en tirant tout le monde vers le haut, a amené la classe moyenne. Le système détruisant la classe moyenne détruira en même temps l'art.
Sinon, m'est d'avis qu'on tient le beau temps aujourd'hui, mais ça n'a rien à voir avec ce qui nous préoccupe ci-devant.
Si.
Hop !
Edit parce que je n'avais pas tout lu : la ******** vend bien, donc ne donnons aux gens que de la ********. C'est plutôt parce que les plésiosaures du business sont habitués à vendre de la ********, ne sait faire que ça, est incapable de sortir de ses grilles de lecture. C'est un peu le cas de Hollywood qui veut faire des franchises sans risques, et si l'un se plante (comme le nanaresque "Ghost rider"), ça n'empêchera pas de continuer, parce que c'est notre grille de lecture, que c'est comme ça et qu'on ne va pas en changer. Et de temps en temps, un succès permet de dire "Vous voyez que j'ai raison ?" Selon le même principe que le carton d'un "Tigre et dragon" en Occident n'empêchera jamais les crânes d'œuf de dire "Attends, coco, les gens, y ziront jamais voir un film sous-titré, tu délires !" Ne jamais laisser un brin de réalité gâcher un bon business-plan…
Quant à définir ce qui sépare la ******** de la non-********, alors là, on y sera encore dans des millénaires…
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Dernière mise à jour par : Dr Bis le 21/02/11 11:19
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Diplômé de nanarologie à l'université de Remontay-les-Bobines
Notre maison d'éditions : http://www.ed-malpertuis.com
Lisez Mythologica : http://revue.mythologica.net/
Vendu 7000 PO à Teocali, qui en a aussitôt fait cadeau à Miss Oph !
"Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver !" — Baldur Von Schirach (qui la piqua à Hans Jonnst), colonel SA, chef des Jeunesse hitlériennes, responsable de 185 000 déportations.
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 21/02/11 23:53
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Tigre et Dragon, je crois bien qu'un ami de Shanghai, étudiant en France l'avait vu ici à sa sortie... Il était tellement en colère contre les stéréotypes anti-chinois primaires qui émaillent ce film raciste et con, selon lui, que ça m'a dégouté d'essayer. Je confirme donc (mais sans l'avoir vu, du coup) : calibré pour un public occidental.
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Sur le capitalisme de créneaux, ben, ça existe... Arte et France Musique ont leurs fidèles, que, probablement peu d'autres médias permettent de cibler, et qui préfèreraient aucune alternative qu'une alternative pervertie. Ca vaut ce que ça vaut : les meilleurs films que j'ai vus en salle, même Arte n'oserait pas les diffuser. Mais ça représente une "niche", un "segment"...
On dit "le fric, le fric, le fric"... il se trouve que le divertissement de masse capable d'amortir (ne serait-ce que ça) sa production sans subventions n'est pas légion. Et une partie des bénéfices dégagés par les filmes rentables permet de financer quand même une production marginale, de qualité, dont on sait que sauf miracle, elle ne sera jamais rentable. Pourtant, c'est un segment qiu trouve sa place dans la production.
C'est comme dans la presse écrite : le même colosse financier peut accueillir dans le giron de sa holding, des titres nationalistes, conservateurs, libéraux, modérés, socialistes, communistes et autres... Autant de segments, tous rentables à leur niveau propres, et dont les lectorats se chevauchent assez peu. Donc, il n'y a pas de contradiction majeure à ce que ces titres aient le même patron. Du moins dans la logique d'un capitalisme de segments.
Bon, évidemment, on ne peut s'empêcher de craindre que cette propriété permette de filtrer certaines infos, d'orienter certaines critiques, de confiner, de contrôler, de manipuler. Certes, c'est un risque et il n'est pas que fantasmé par de nouveaux Orwell. Mais ce n'est qu'un avantage collatéral : l'important, c'est avant tout que chaque segment puisse rapporter le maximum, et que les titres n'entrent pas en concurrence les uns contre les autres. La segmentation politique des lectorats est un moyen d'y parvenir. Un jour, les clivages politiques ne seront plus que cela : une façon de segmenter le marché des idéaux politiques pour en optimiser le rendement. (Le rendement des ventes, hein ? pas l'efficacité des politiques elles-mêmes, hein ? qu'on se comprenne bien !)
Du coup, le positionnement individuel dans tel ou tel segment minoritaire n'est une prise de parti "anti-système" qu'en apparence : en fait, le système s'en tape. Il ferait même du Arte au centuple de qualité, si des gens, même un groupuscule mais en nombre assez significatif, le réclamaient. Mais ils ne le font pas ou ils n'ont pas atteint la masse critique.
Cordialement,
Théodoric
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Dernière mise à jour par : Théodoric le 21/02/11 23:59
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 22/02/11 09:52
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"Tigre et Dragon", je ne jugeais pas la qualité. Mais c'est là qu'il y a eu un basculement et que, subitement, ces "films de jaunes" n'étaient pas réservés à une poignée de débiles mentaux, secte se regroupant autour de la Cinémathèque. (Insérer tous les clichés de Chinois — ou Japonais, ou Coréens, tout ça c'est pareil — sautant et gla*******ant qui vous viennent en tête). Plus tard, les Chang Cheh passaient sur une chaîne "auteur". Sic Transit Gloria Mundi. Ça aura au moins permis à Hollywood (surtout) de pomper à mort les fils Asiatiques, et pas qu'eux, puisque Leone a repompé Kurosawa. Mais je m'égare, au gorille.
Ou en étais-je ?
Ah, oui.
Théo, ça me rappelle l'adage de kje ne sais plus qui "Comment se fait-il que les gros machins Hollywoodiens ayant pour méchants des vilains capitalistes sont financés par des vilains capitalistes ?"
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Réponse au Sujet 'Damien Saez' a été posté le : 23/02/11 16:51
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Appliqué à Damine Saez, c'est difficile à dire...
Gwalchafed dit le connaître, et mentionne son goût pour l'apparence et la marque... C'est assez significatif d'un "esprit" petit bourgeois, consistant, en singeant les manières de la haute bourgeoisie, à s'en faire complice et à relayer l'idéal inégalitaire et autoritaire...
Pas besoin d'être de profession libérale, haut fonctionnaire, petit patron, chef d'atelier ou bon commerçant : le laquais qui est fier, au nom de son maître, de donner la bastonnade à l'importun qui vient mendier à la porte du domaine est un traître à sa classe tout aussi également animé de cet "esprit" petit-bourgeois.
Maintenant, je ne sais pas exactement si sa s'applique à Damien Saez, ni en quoi son milieu familial l'y prédispose ou l'en distancie...
Cordialement,
Théodoric
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