Bleusaille

-= Chaos Servants =-
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Noir a été posté le : 11/09/05 17:56
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Par une morne après-midi d’automne, j’émerge lentement de mon sommeil de plomb. Un sommeil vaseux et pénible. Mes paupières sont lourdes, ma bouche pâteuse et une douleur au crâne à tomber par terre. Les épaules lasses, les bras ballants et les jambes gauches, je me traîne vers le frigo sombre. J’en sors la sévère bouteille de coca à un quart vide. Quelle tristesse. Je tends mon bras avec une lenteur à endormir un hyperactif pour me munir finalement d’un verre du fond de l’armoire si haute. Tout endormi que je suis, le liquide parvient tout de même à remplir le verre froid. Je me désaltère avec parcimonie, le fait d’irriguer ma bouche sèche demande toute mon attention semi-éveillée. La cocaïne ne fit que m’engourdir encore plus. J’avance tel un éléphant vers le vaste salon. Je traîne les pieds, je trébuche et m’affale enfin dans le fauteuil en cuir. Je baille comme un morse avant de hisser l’épais volume qui ombrait la table sur mes frêles genoux. Et j’entame ma lecture progressive. Le regard vague, la bouche entrouverte, les cernes profonds, je referme le livre. Je n’en ai pas lu un mot. Tout est si obscur, si triste. Oh, mélancolie.
Marre de la mélancolie, marre de l’ennui, marre de l’envie, marre de la vie. Marre de l’horloge, marre de la date, marre du temps. Et puis marre de tout…marre d’en avoir marre… La monotonie m’abrutit, et c’est pataud que je progresse, pas à pas, dans l’engrenage sempiternel du temps. C’est le corps lourdaud, l’esprit morose que j’avance dans le néant. Plus rien ne compte. Ni cette voiture de luxe qui ne pense qu’à la vitesse, ni ces éternels passants au visage joyeux, au sourire simple, ni ces affiches exubérantes de tel magasin ou de tel autre, ni ces feux dont la couleur n’évoque plus rien, ni ces fleurs aux innombrables pétales, aux cent couleurs, au seul pistil. Ni ce cimetière dont chaque tombe ne diffère d’une autre qu’au nom inscrit en lettres macabres, ces ruines d’anciennes âmes si vivantes alors. C’est tout ce qu’il reste d’une génération jadis si jeune. Oh, nostalgie.
L’enterrement n’est pas encore fini, quelle chance… Pleurs, reniflements, chagrins, mouchoirs. D’un pas pesant, je rejoins les quelques pelés autour du curé. Toujours le même charabia. Que ton âme trouve le repos dans la gloire de Dieu, nous nous souviendrons de tes rires… Elle était là, étendue sur son lit telle une vulgaire poupée, le visage néanmoins serein. Ses yeux de jais autrefois si éclatants sont ternes. Sa bouche autrefois si pleine n’est plus que morgue et secret. Ses rires autrefois si cristallins ne sont plus que silence et vide. Ses cheveux d’ébène qui flottaient dans son sillage tels la robe de son mariage, qui ondulaient au vent comme les chauves-souris au firmament semblent n’avoir jamais connu cette énergie qui la caractérisait. Ses mains si habiles ne lui serviront plus à rien. On n’est plus ce que l’on était.
Moi-même, je ne suis plus que l’ombre de moi-même.
Et le prêtre de continuer ses litanies, de persévérer dans sa mélopée. Mélopée qui ne semble intéresser que son orateur. A quoi bon ? Personne ne l’écoute, les quelques personnes présentes n’attendent qu’à décorer la tombe taciturne de fleurs aux couleurs éclatantes, dont les pots encombrants commencent à devenir trop lourds pour leurs bras fragiles, pour redonner cette gaieté à jamais disparue. A quoi bon ? Elles vont tout de même se faner après deux jours de promesse. Silence. Certains toussent pour se donner une contenance, mais les autres, plus nombreux, heureusement, se recueillent ou prient la défunte.
Puis d’un geste uni, tous se dirigent vers la sortie, l’enterrement est fini. Plus de larmes, plus de pleurs ; ils n’attendent plus que le verre de l’amitié. Hypocrites assoiffés d’alcool, non pas pour noyer leur chagrin, mais bel et bien pour fêter les retrouvailles… Triste monde.
Maussade, lambin, apathique… les mots, et les maux d’ailleurs, ne manquent pas pour crier mon désespoir, mon chagrin, ma souffrance, mon état d’âme. C’est la fin.
Et la détente fut lâchée.
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Et le forum qui va avec...
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Il suffira d'un Cygne...

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Réponse au Sujet 'Noir' a été posté le : 11/09/05 18:14
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Très joli texte, le style m'a beaucoup plu. Malgré tout, jaurais quelques petits trucs à dire :
- Aérer le texte, et c'est au moins lu deux fois plus facilement, et le lecteur est tout content.
- Quelques clichés parmi ce style pas mal du tout, c'est dommage... Tout le passage de "marre de" m'a fait penser (honteusement) à Alizée. Désolée.
-------------------- Les racistes, c'est comme les arabes : ça ne devrait pas exister. (Coluche)
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(Tout Pour Ma Gueule, Ca N'Arrive Qu'aux Autres, Jusqu'Ici Tout Va Bien)
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Bleu

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Réponse au Sujet 'Noir' a été posté le : 12/09/05 19:27
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ce texte me plais énormément
j'adore le thème , le style, l'histoire..
bref
je ne trouve rien à redire
le côté "cliché" qui a été souligné ne m'apparaît pas du tout de la même façon, ça dépend des personnes
je crois que c'est une réelle façon de penser, moi je m'y retrouve parfaitement
ton texte me touche parce que je m'y reconnais
le côté non espacé je pense que ça vient du fait que c'est posté sur un forum ça a fait pareil pour le mien
coninues, n'hésites pas à laisser d'autres trucs j'en serai ravie
bisous
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Vlad Gratùl

-= Chaos Demons =-
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Réponse au Sujet 'Noir' a été posté le : 21/09/05 09:57
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Je trouve le texte beaucoup trop rapide. Tu ne respires jamais, et les phrases s'enchaînent les unes les autres au point de se heurter, et ça me laisse une impression d'inachevé. Je pense qu'il te faudrait diluer un peu le texte, allonger, calmer certaines phrases. Parce que ce rythme effréné, s'il conviendrait bien à un paragraphe tout au plus, nuit, je pense, à la lecture de cette nouvelle. Et je pense également que la présentation du texte devrait être plus aérée (sur le forum, essaie de sauter des lignes entre paragraphes !).
Mais ne crois pas que je veuille te démolir, ces défauts ne m'ont pas empêché d'apprécier le texte, je te dis juste ce qui me paraîtrait pertinent pour l'améliorer.
-------------------- Liquor ruins country, family and life.
Tamil Nadu state
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<Tabouretomane> t'as surtout pas envie qu'on t'emmerde
<Tabouretomane> comme tout le monde, certes
<Tabouretomane> mais un peu plus quoi
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