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LHomme-Puma

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   Le Sbire de Manille a été posté le : 23/08/05 21:42
Parrains de la mafia, patrons de la pègre, chefs de clan ninja, dictateurs communistes… Plus jamais seuls, avec LE SBIRE.



-« Une… Deux… Une… Deux… Allez plus vite que ça bande de larves ! »

Le Sbire commençait sérieusement à en avoir ras la casquette. Cela faisait maintenant une semaine que son employeur actuel l’avait envoyé en compagnie d’autres hommes de main en stage d’entraînement ninja et jamais il n’avait eu le sentiment d’avoir autant perdu son temps. De même que les autres stagiaires, il savait maintenant exécuter à la perfection roulades, flips, sauts périlleux et autres acrobaties grotesques, il savait découper une pastèque dau sabre de 67 manières différentes, mais il attendait toujours d’apprendre quelque chose d’utile. C’est vrai, les trois autres étaient un peu enveloppés et avaient sérieusement besoin d’un peu d’exercice, mais il ne voyait vraiment pas ce qu’il fichait ici. Il avait toujours mis un point d’honneur à entretenir une forme physique impeccable, voyant là une forme de respect envers son corps et lui-même en plus d’un atout appréciable dans son travail. En plus il n’aimait pas la tenue ninja qu’on lui faisait porter. La cagoule ne laissait pas respirer sa mullet, celle-ci formant une bosse inesthétique comprimée à l’arrière de son crâne et le masque l’empêchait d’arborer sa moustache fournie et lissée qu’il entretenait avec amour depuis tant d’années.

« Bouge-toi feignasse ! Le dernier au camp récure les chiottes !» L’aboiement de l’instructeur tira brusquement Le Sbire de ses pensées. Il se secoua rapidement et s’élança vers le bâtiment principal, rattrapant puis distançant sans peine les trois gros lards qui décidément n’avaient guère profité du stage. Le type chargé de les entraîner, pardon, de les « guider sur la voie du ninja », dixit le Boss (enfin « le noble chef du clan du cobra »), lui avait été furieusement antipathique dès le début. Ce n’était pas à cause de sa façon de les traiter comme des sous-********s, ça, c’était le lot commun de tous les sergents instructeurs du monde, et Le Sbire savait pertinemment qu’un tel comportement n’avait rien de personnel. Non, ce qui ne lui revenait pas, c’était cette espèce de grimace de contorsionniste facial que l’autre arborait par tous les temps et en toutes circonstances, le faisant passer au choix pour un clown ou pour un constipé chronique. Ajoutez des goûts vestimentaires plus que discutables avec un treillis bleu ciel à paillettes agrémenté d’un bandeau blanc et vous aviez un portrait à peu près complet du personnage. En plus de ça, pour l’avoir bien observé à l’entraînement, Le Sbire était à peu près certain de pouvoir le battre à plates coutures au corps à corps mais l’instructeur, prudent, choisissait toujours l’un des trois autres pour faire ses démonstrations.

Tandis qu’il prenait une douche rapide et se préparait pour le dîner, Le Sbire se dit qu’il n’arriverait jamais à comprendre ce trip des arts martiaux à tout prix. On était dans les années 80 bordel ! Les flingues faisaient partie de la vie courante ! Certes, il ne niait pas que, dans bien des circonstances, une maîtrise honorable du combat à mains nues puisse faire la différence entre la vie et la mort. Ou du moins, entre la liberté et plusieurs années de prison. Mais il ne comprenait décidément pas ces mecs qui mettaient un point d’honneur à ne jamais utiliser d’armes à feu. « Point d’honneur », tu parles ! Comme si l’honneur était pour quelque chose dans ce métier ! T’es un truand, t’assumes et tant qu’à se salir les mains autant employer les méthodes les plus efficaces.

Le repas du soir fut frugal, comme d’habitude, ce qui convenait parfaitement au Sbire. Après avoir débarrassé, l’instructeur et les quatre élèves se mirent en place pour la cérémonie ninja du soir. Celle-ci consistait à s’agenouiller autour du téléphone et à attendre qu’il sonne. Le Boss actuel du Sbire avait en effet l’étrange manie de ne correspondre avec ses hommes que par téléphone, refusant obstinément de les rencontrer face à face. Si ç’avait été pour des raisons de sécurité, pour masquer son identité, à la rigueur Le Sbire aurait pu comprendre. Mais là tout le monde autour du combiné connaissait parfaitement le nom et l’adresse du Boss qu’il n’avait d’ailleurs jamais dissimulé à ses employés et tout ce manège ne rimait décidément à rien. Enfin après dix minutes mortellement ennuyeuses le téléphone se décida à sonner. D’un geste solennel, mais toujours avec l’air d’avoir mangé des huîtres pas fraîches, l’instructeur appuya sur le bouton du haut-parleur et tous purent entendre la voix du Boss.


Dernière mise à jour par : LHomme-Puma le 06/09/05 23:03

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"J'ai choisi de me présenter au concours parce que je pense qu'en ces temps où l'on parle beaucoup de parité, c'est bien que ce soit une femme qui représente Tahiti à l'élection de Miss France".
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   Réponse au Sujet 'Le Sbire de Hong-Kong' a été posté le : 23/08/05 21:44
« Ok les gars j’ai des nouvelles infos pour vous. On va enfin pouvoir lancer mon plan pour évincer Robert. Pour mes trois lieutenants, j’ai un job parfaitement dans vos cordes qui va en plus vous permettre de prendre du bon temps. J’ai besoin que vous retrouviez cette petite Rose dont je vous ai parlé et que vous vous amusiez avec elle avant de la liquider. Et pour le nouveau, j’ai aussi du boulot. Y a un agent d’Interpol qui est à mes basques. Il s’appelle Dan Cooper. Il est futé, il pourrait bien démolir mes plans. J’ai besoin que tu le retrouves et que tu l’élimines. Mon bras droit pourra te fournir sa photo et tous les renseignements dont tu auras besoin. »

« -Bien maître », répondit Le Sbire en s’inclinant tandis que l’instructeur coupait la communication. Leur mission définie, les trois autres quittèrent la pièce en ricanant grassement devant la perspective de se payer cette fameuse Rose. Le Sbire resta donc seul avec l’instructeur qui, comme promis, lui montra la photo d’un homme moustachu, à l’allure occidentale qu’il désigna comme étant le fameux Dan Cooper. Il lui fournit ensuite des précisions sur l’avion par lequel il devait arriver, l’hôtel où il était censé descendre et lui rappela l’importance cruciale que sa mission tenait dans le déroulement du plan du Boss. Le Sbire ne dit rien, acquiesça, prit la photo, et se dirigea vers sa chambre en repensant à ce fameux plan.

Lors de leur première conversation au téléphone, après avoir convenu de la paye, le Boss avait entrepris de lui expliquer en détail son plan. Le Sbire n’avait rien compris, même après qu’il l’ait répété trois fois. La seule chose qu’il avait à peu près saisi, c’était que le but était de recommencer autant de fois qu’on voulait. Le Boss lui avait alors proposé de lui envoyer par fax un schéma explicatif, mais Le Sbire avait décliné car il appelait d’une cabine publique où il n’avait bien sûr pas accès à un fax, et de toutes façons ça allait bientôt couper parce qu’il n’avait plus de pièces de monnaie. Et surtout, il s’en fichait pas mal. Le Sbire avait toujours soigneusement refusé de donner son avis sur les manœuvres, complots et autres intrigues tordues de ses employeurs, laissant les finasseries à d’autres et se contentant de faire son boulot méthodiquement, une tâche après l’autre. Lui, il avait signé pour un trafic de diams et il avait bien l’intention de s’en tenir à ça.

Deux semaines plus tard, Le Sbire était bien forcé de constater qu’il n’avait pas avancé d’un iota. Dan Cooper restait désespérément introuvable malgré tous ses efforts. A chaque fois qu’on l’appelait pour lui signaler que l’agent d’Interpol avait regagné sa chambre d’hôtel, il se précipitait sur place, mais quoi qu’il fasse il arrivait toujours trop tard et la chambre était déjà vide quand il faisait irruption à l’intérieur, l’arme au poing. Commençant à douter de la loyauté de ses contacts et pressé par le Boss, il avait fini par se mettre en planque lui-même devant l’hôtel.

Enfin Cooper était là. A travers ses jumelles, Le Sbire avait pu le voir distinctement entrer dans le bâtiment. Attendant quelques instant pour ne pas éveiller les soupçons, il s’était alors dirigé vers la réception d’un air dégagé, chose assez difficile avec le costume ninja ridicule que le Boss insistait pour qu’il porte en permanence. Avec un regard qui signifiait clairement que ce n’était pas le moment de poser des questions, Le Sbire demanda à l’employé d’accueil s’il pouvait utiliser le téléphone de la réception. Il composa alors le numéro de la chambre de Cooper pour s’assurer qu’il était bien là. Après la deuxième sonnerie, Le Sbire commença à se dire que cet hôtel n’était peut-être qu’une façade que l’agent d’Interpol utilisait pour semer les filatures, avant de gagner une autre cachette dans la ville. Il en était là de ses réflexions lorsqu’à l’autre bout de ligne on décrocha enfin le combiné. Dès qu’il entendit une voix avec un fort accent américain dire « Allo ?», Le Sbire s’excusa en prétextant une erreur et raccrocha. Cette fois, il en était sûr : Dan Cooper était bien chez lui, et il allait voir de quel bois se chauffait Le Sbire.

Il se dirigea alors vers l’ascenseur et le prit jusqu’au premier étage. Là, il bloqua la porte pour empêcher Dan Cooper de fuir par ce moyen le cas échéant, puis il monta par l’escalier les deux étages restant jusqu’à la chambre de l’agent d’Interpol. Ayant vérifié trois fois qu’il s’agissait bien de la bonne et vissé un silencieux sur son arme, il enfonça la porte d’un coup de pied et bondit à l’intérieur d’une roulade parfaitement exécutée, prêt à vider son chargeur sur n’importe quelle cible. La pièce était vide. Les nerfs tendus, tous les sens en éveil, Le Sbire balaya la chambre du regard à la recherche d’éventuelles cachettes. Il avait perdu l’avantage de la surprise, et si Cooper était bien là c’était lui maintenant qui était en position de lui tendre une embuscade. Le Sbire conclut qu’il n’y avait que deux endroits où l’agent pouvait se dissimuler : dans le placard ou sous le lit. Alors qu’il allait se baisser pour regarder, Le Sbire fut pris d’une intuition subite, réalisant brutalement qu’il avait négligé la cachette la plus évidente et la plus dangereuse. Se retournant brusquement il tira deux balles vers l’espace derrière la porte où, il en était certain maintenant, Cooper se dissimulait. Il laissa passer trois secondes, absolument stupéfait. Dan Cooper n’était pas là, le recoin entre la porte et le mur était vide. Par acquit de conscience, le Sbire regarda ensuite sous le lit et dans le placard, mais il était maintenant sûr que Cooper ne s’y trouvait pas. Il commençait à se demander si toutes ces histoires au sujet des ninjas capables de disparaître entièrement en une fraction de seconde n’étaient pas réelles finalement et passa en revue les différents cas de figure. Cooper n’avait pas pu se servir de l’ascenseur et Le Sbire était sûr qu’il n’était pas descendu par l’escalier. La seule explication dans ce cas, c’était que Cooper était allé… Mais oui ! Sur le toit !


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   Réponse au Sujet 'Le Sbire de Hong-Kong' a été posté le : 23/08/05 21:47
Montant les marches quatre à quatre, Le Sbire se précipita au dernier étage, vers la porte menant au toit de l’hôtel. Cette fois, il choisit d’opter pour la discrétion et l’ouvrit lentement par degré, prêt à la refermer immédiatement pour se couvrir si Cooper se tenait derrière prêt à faire feu. Aucun coup de feu ne retentit, aucune balle ne vient siffler à ses oreilles et aucun coup de poing ne vint le saisir à l’arrière du crâne (où sa mullet repliée formait de toutes façons une protection efficace). Le toit était plat, désert et il était évident qu’aucun agent spécial d’Interpol ne s’y cachait. Furieux que sa cible lui ait échappé une fois de plus, Le Sbire redescendit l’escalier en maugréant, ne prenant même pas la peine de s’arrêter au premier étage pour débloquer l’ascenseur. Z’ont qu’à prendre l’escalier cette bande de cons, ça leur fera pas de mal ! Revenu à l’entrée de l’hôtel, il jeta un regard mauvais au le réceptionniste. Pris d’une impulsion subite, il se dirigea pourtant vers lui.
« -Est-ce que M. Cooper vient de sortir ?
-Excusez-moi monsieur, qui cherchez-vous ?
-M. Cooper. Chambre 307.
-Je regrette monsieur mais la chambre 307 est inoccupée pour l’instant.
-Peut-être pas la chambre 307 alors », dit Le Sbire en reprenant espoir, s’imaginant contre toutes probabilités qu’il s’était peut-être trompé de chambre finalement.
« -Je suis désolé, mais il n’y a aucun monsieur Cooper parmi nos clients », répondit le réceptionniste, de plus en plus mal à l’aise devant cet homme bizarre aux habits bariolés et visiblement très excité.
« -Il a peut-être pris le chambre son un autre nom, l’ami que je cherche est un Blanc d’environ un mètre quatre-vingt avec une moustache. Attendez, j’ai sa photo ici. »
Le réceptionniste n’étudia la photo qu’un instant avant de répondre « Je suis désolé monsieur, mais je n’ai jamais vu cette personne. Je suis certain qu’il ne s’agit pas d’un de nos clients.
-Mais enfin c’est ridicule ! Je l’ai vu entrer ici il y a à peine cinq minutes ! Dis donc toi, tu serais pas en train de m’jouer du pipeau ? » Le Sbire empoigna violemment le col de la chemise du réceptionniste et le tira à lui. « Tu veux me faire croire que Cooper n’est pas ici ? Ca fait des semaines que je surveille ton hôtel minable et je sais que je l’ai vu rentrer ici.
-Mais non je vous assure monsieur, il n’y a que vous qui êtes rentré dans l’hôtel ces deux dernières heureurk ! »
Le réceptionniste avait de plus en plus de mal à respirer à mesure qu’il paniquait et que Le Sbire resserrait sa prise.
« Je supporte pas qu’on se foute de moi ! Prends-ça ça t’apprendra ! »
Le Sbire colla un grand coup de boule dans le nez de l’employé qui s’écroula sous le choc. « Raclure ! Tiens ! ». Il prit cinq minutes pour tabasser le réceptionniste avec application et lorsque celui-ci cessa de bouger et de gémir, Le Sbire sortit de l’hôtel, guère plus avancé mais nettement plus détendu et les idées plus claires. Enfin calmé, il se décida à appeler le Boss pour faire son rapport.

Le Sbire s’attendait à prendre un savon, mais le Boss fit preuve au téléphone d’un entrain inaccoutumé. Il lui annonça triomphalement que Rose avait déjoué tous ses plans, et ainsi les avait favorisé. Plus vraiment à ça près aujourd’hui et sentant qu’il avait déjà besoin d’une aspirine, Le Sbire déclina l’offre de lui réexpliquer en détail toute l’ingéniosité de ce plan et en vint au fait. Il exposa au Boss que, selon lui, l’hôtel était un tuyau percé et qu’il était évident que Cooper disposait là bas de solides complicités parmi le personnel, dont au moins un qu’il avait repéré et mis hors d’état de nuire. Il proposait dans ce cas qu’on tende un piège à l’agent, par exemple en laissant filtrer qu’il pourrait y avoir une livraison de diams prévue pour le lendemain. Lorsque Cooper arriverait sur les lieux de la prétendue livraison, il se retrouverait alors cerné par Le Sbire et d’autres hommes de main de l’organisation.
« -C’est pas un plan très élaboré, mais ça peut marcher. Je te donne le feu vert. Méfie-toi de Cooper, il est dangereux. Il faut l’éliminer au plus vite, le temps presse maintenant. Il est le seul qui puisse empêcher Rose de déjouer mes plans.
-Vous voulez qu’on le laisse tranquille alors ?
-Mais non espèce d’empaffé ! Si Rose ne parvient pas à favoriser mes plans en les démolissant, je ne pourrais pas recommencer autant de fois que je le veux ! Supprime-moi ce damné Cooper maintenant ! Et tu n’as pas intérêt à échouer cette fois ! »


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   Réponse au Sujet 'Le Sbire de Hong-Kong' a été posté le : 23/08/05 21:50
Nanti de ces ordres on ne peut plus clairs, Le Sbire rameuta ses contacts et fit rapidement courir le bruit dans les endroits habituellement fréquentés par les occidentaux que le clan du Cobra allait prochainement recevoir une nouvelle cargaison de diams dans un entrepôt un peu à l’écart de la ville. L’idée était que la rumeur soit assez crédible pour pousser Cooper à vérifier, mais suffisamment vague pour qu’il ne prenne pas la peine d’appeler des renforts. A la nuit tombée, le piège était prêt. De l’extérieur, l’entrepôt avait l’air calme et ordinaire. A l’intérieur, c’était une véritable souricière que Le Sbire avait mise en place. Un seul accès, qui constituerait le point focal des tirs. Les hommes avaient ordre de rester dissimulés et de n’ouvrir le feu qu’une fois que Cooper se serait avancé de quelques mètres, afin de l’empêcher de se mettre à couvert à l’extérieur du bâtiment. Gardant un contact permanent avec ses hommes par radio, Le Sbire s’était réservé une position qu’il affectionnait, sur le toit, muni de jumelles, de lunettes de vision nocturnes et d’un fusil de précision. Officiellement, c’était pour le cas où Cooper réussirait à s’enfuir mais Le Sbire ne désespérait pas de trouver une ouverture claire qui lui permettrait d’abattre Cooper lui-même avant qu’il ne pénètre dans l’entrepôt.

Sa patience fut récompensée au bout d’une heure et demie environ, lorsqu’il vit s’approcher une voiture. Dans ce coin quasiment désert le jour et où personne ne venait jamais la nuit, il était certain qu’il ne pouvait s’agir que de son gibier. Enfin, la voiture s’arrêta à quelque distance du hangar et Le Sbire étouffa un juron. Deux personnes en étaient descendues, et vu d’ici, aucune ne ressemblait à Cooper. Réglant la mise au point de ses jumelles, il reconnut Rose et un homme qu’il identifia comme Georges, un agent d’Interpol travaillant justement pour Cooper. Celui-ci pour quelque raison que ce soit avait décidé d’envoyer son adjoint vérifier la rumeur à sa place. A moins que… Rapidement, Le Sbire scruta l’horizon à l’aide de ses jumelles. L’arrivée de Georges et Rose aurait pu n’être qu’une diversion pour permettre à Cooper d’évaluer les risques avant de s’introduire dans le hangar. Tandis qu’il cherchait ainsi un indice de la présence de l’agent d’Interpol, Le Sbire prit son talkie et expliqua la situation à ses hommes, leur ordonnant de prendre vivant Georges et sa compagne. Ils n’avaient pas d’armes apparente, ce qui signifiait qu’ils portaient au mieux un pistolet chacun. Si nécessaire, eux devaient savoir où se cachait Cooper.

Après s’être assuré qu’ils se dirigeaient bien vers l’entrée principale, Cooper changea de position et alla se placer près des verrières du hangar qui lui offraient une vue plongeante sur l’intérieur. Il put ainsi voir Rose et Georges s’avancer prudemment dans l’entrepôt en apparence désert. Lorsqu’il fut clair qu’ils ne pourraient plus échapper au piège par un sprint désespéré vers la porte, les hommes du clan du Cobra se dévoilèrent, armes brandies, et leur ordonnèrent de se rendre sous peine d’être abattus. Le Sbire éprouva au coeur un pincement de fierté en voyant ses hommes exécuter ainsi si parfaitement la manœuvre prévue. Il ne tarda pas à déchanter. Plus tard, il voulut bien reconnaître avoir été lui aussi surpris en voyant Rose et Georges dégainer leurs armes pour toute réponse et se mettre à charger leurs opposants. Mais la réaction des hommes du Cobra ne fut vraiment pas à la hauteur de ses attentes. Au lieu d’utiliser les avantages de leurs armes automatiques et de leur position en surplomb, ils se portèrent en terrain découvert à la rencontre de Rose et Georges qui, abrités derrière une grosse conduite, répliquaient par un feu nourri sans trop se soucier de viser. Par un hasard extraordinaire, chacune de leurs balles semblait toucher sa cible. D’abord horrifié, puis très vite affligé, Le Sbire regarda ses hommes se faire hacher menu. Les deux ou trois qui tentèrent tout de même de répliquer lui offrirent une formidable démonstration d’incompétence, vidant leurs chargeurs en hurlant et en secouant leurs armes dans tous les sens. Vue d’en haut, la balle la mieux tirée était passée à vingt bons centimètre de Rose. Et Le Sbire était à peu près certain qu’elle visait Georges. Il songea un instant à briser la verrière pour tenter de venir en aide aux autre, mais il ne parvenait pas à trouver un angle correct. Rapidement gagné par le découragement, il reprit un instant espoir en voyant que Rose et Georges étaient tombés à court de munitions. Cela ne changea rien à la face du combat, les hommes du Cobra abandonnant aussitôt leurs armes pour venir se mesurer au corps à corps avec leurs ennemis. Moulinant furieusement des bras, enchaînant les galipettes sans aucun semblant d’efficacité ou de cohérence, les derniers ninjas furent balayés sans mal par Georges. Le dernier d’entre eux en particulier connut une fin atroce. Pris dans un moulinage de bras qui avait échappé à tout contrôle, il mourut entraîné par une turbine.

Les bras ballants, Le Sbire mit plusieurs secondes à se secouer et à détacher son regard du carnage. Rose et Georges étaient déjà sur le point de sortir, ne prenant même pas la peine de fouiller l’entrepôt. Réalisant qu’il ne restait plus qu’une chose à faire, Le Sbire courut vers l’échelle qui descendait du toit vers l’arrière du bâtiment où était garée sa voiture. Il espérait qu’en prenant Rose et Georges en filature, il pourrait remonter jusqu’à cet insaisissable Cooper. Conservant une large distance de sécurité, il suivait les deux tourtereaux en méditant sur la vacuité son existence et l’éventualité d’une vie après la mort où il n’aurait pas à subir l’incompétence de ses collègues et la stupidité de ses chefs. La sonnerie de son téléphone de voiture tira Le Sbire de sa rêverie. Revenant au présent, il décrocha et entendit la voix furibarde du Boss
« -Enfin tu décroches ! Il est presque là !
-Calmez-vous maître, qui est là ?
-Cooper évidemment ! Pendant que tu allais faire l’imbécile il est arrivé ici en profitant de ce que tu avais emmené tout le monde et a tué mes trois gros lards ! Je ne sais pas comment il a fait, je les avais pourtant entraîné moi-même. Maintenant il est après moi, j’ai besoin d’aide et vite !
-D’accord, maître, dites-moi où vous êtes.
-Je suis au parc, fais vite, je crois qu’il m’a repéré ! »
La communication s’interrompit sur ces mots. Abandonnant sa filature, Le Sbire écrasa le champignon et fonça vers le parc. Si le Boss mourait, c’était sa paye qui lui échappait.


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   Réponse au Sujet 'Le Sbire de Hong-Kong' a été posté le : 23/08/05 21:52
Le parc était relativement vaste et la nuit était maintenant complètement tombée. Le Sbire n’avait pas le temps de parcourir les allées une à une pour retrouver son patron, mais par chance il avait gardé ses lunettes de vision nocturne. Se garant sur une hauteur, il enfila ses lunettes et scruta le décor à la recherche du Boss ou de Cooper. Là bas ! Près du jardin d’enfant ! Dévalant la pente, il se précipita vers le lieu de la confrontation où, pour l’instant, les deux adversaires n’en étaient encore qu’aux présentations. Contournant le dernier bosquet, il arriva enfin sur les lieux mais les deux combattants n’étaient plus là. Montant au sommet de la cage à poules, il les repéra de nouveau : les tables de pique-nique ! Vite vite ! Ils avaient commencé les choses sérieuses et s’empoignaient déjà. Le Sbire se précipita mais trop tard ! Ils avaient de nouveau disparu lorsqu’il arriva sur place. Montant sur une table, il tourna son regard méthodiquement dans toutes les directions pour repérer le nouveau lieu de l’affrontement. Tendant l’oreille, Le Sbire espérait percevoir ainsi les bruits du combat mais rien à faire, les ninjas semblaient avoir disparu. En désespoir de cause, sûr à présent d’arriver trop tard, il parcourut les allées au hasard, regardant dans tous les sens à chaque croisement. Enfin il les vit. Là bas ! Près du manège ! Les deux adversaires étaient engagés dans un impitoyable duel au sabre !

Empoignant son fusil, il visa posément, s’assurant qu’il ne risquait pas de toucher la mauvaise cible par mégarde. Il avait repéré que Cooper portait des paillettes au dos, tandis que Le Boss en avait sur les jambes. Enfin, une ouverture s’offrit et Le Sbire tira. Raté ! Vite une autre balle… Peng ! Encore raté ! Un chargeur entier y passa mais les balles du Sbire semblaient passer à travers Cooper comme s’il n’existait pas et se perdre dans le néant. Prenant un nouveau magasin de munitions, Le Sbire se débarrassa de ces damnées lunettes qui l’empêchaient de viser correctement. Epaulant son arme, il s’apprêtait à retenter sa chance mais ne put alors plus distinguer nulle part les deux ninjas. La nuit était noire, certes, mais la Lune et quelques réverbères éparpillés dans le parc fournissaient tout de même un éclairage minimal qui, avec le reflet des paillettes de Cooper et du Boss, aurait dû tout de même suffire. Chose encore plus étrange il ne les entendait même plus. Il réalisa alors que depuis le début, le combat se déroulait dans un silence absolu et surnaturel. Sa propre respiration, ses pas sur le gravier et les détonations de ses tirs étaient les seuls sons que Le Sbire avait perçu depuis qu’il était entré dans le parc. Mal à l’aise mais voulant en avoir le cœur net, Le Sbire porta à ses yeux la lunette de son arme et reçut le choc de sa vie. Il pouvait de nouveau voir les deux combattants échanger de furieux moulinets de sabre et de bras. Plus grave, sans le filtre verdâtre des lunettes de vision nocturne, il perçut immédiatement que le duel dont il était témoin se déroulait en plein jour alors qu’autour de lui, la nuit était encore là pour plusieurs heures.

Le Sbire réalisa dans ses tripes que quelque chose de terriblement faux se déroulait devant lui, manipulé par une force obscure qui brouillait l’espace-temps et faisait s’entrechoquer des réalités différentes. Sentant monter en lui une terreur primale, il prit la fuite en roulant des yeux, abandonnant derrière lui fusil et lunettes. Courant comme un possédé la mullet au vent, Le Sbire regagna sa voiture et démarra en trombe, droit devant lui. Ce n’est qu’après avoir parcouru trois bons kilomètres et grillé cinq feux rouges qu’il recommença à réfléchir plus rationnellement. Une seule idée l’obsédait : fuir, quitter Hong-Kong et ne plus jamais y revenir. Il se passait dans cette ville des choses que l’humanité n’était pas prête à voir. Arrivé à l’aéroport, Le Sbire pila devant le terminal des départs et, se précipitant sur le premier guichet, il demanda à l’hôtesse un billet pour le premier avion en partance. Manille ? Va pour Manille ! l'hôtesse, bien qu’un peu effrayée par cet homme habillé d’une drôle de façon, aux cheveux hirsutes et aux yeux exorbités, lui imprima le billet qu’il paya cash. Ce n’est qu’une heure plus tard, tandis que l’avion filait vers les Philippines, que Le Sbire parvint à se détendre un peu. Il était quasiment sans le sou, son costume de ninja pour tout bagage mais quelle que soit la vie qui l’attendait aux Philippines, rien ne pouvait être pire que de bosser pour les parrains de Hong-Kong.


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Membre Chaos Elite Troops   Réponse au Sujet 'Le Sbire de Hong-Kong' a été posté le : 25/08/05 12:12
Alors la, bravo !
j'ai bien ri en lisant ta nouvelle
ou peut etre, ton scénario ?

Sympa la partie dans l'hotel, il y a de quoi peter un plomb


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Citation :
<Tabouretomane> yaka, ce que j'ai dit à ton sujet, je le pense vraiment
<Tabouretomane> c'est assez déprimant d'ailleurs
<Tabouretomane> à côté de toi, je me sens normal



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Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'Le Sbire de Hong-Kong' a été posté le : 25/08/05 19:31
C'est très drôle, et en plus, c'est fort vrai.
Tout le monde vous le dira, à commencer par Richard Harrison, rien n'est pire que de travailler pour Godfrey Ho! :D


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"Cet homme poireau est derrière toute l'affaire! Il couvre les aubergines mutantes!"
Lisez Sentaï School !
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LHomme-Puma

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   Réponse au Sujet 'Le Sbire de Hong-Kong' a été posté le : 06/09/05 22:52
Tireur d’élite, expert en explosifs, maître en arts martiaux, tueur sans égal, toujours sans pitié, temporairement sans emploi… C’est LE SBIRE.


Le Sbire commanda un whisky d’une voix râpeuse et fatiguée. Depuis deux heures qu’il traînait dans ce café, c’était bien le cinquième, et depuis deux semaines qu’il était à Manille, facilement le 150e. Qualifier de whisky le tord-boyaux servi ici était de toutes façons insultant et pour le whisky, et pour le consommateur. Ce bar semblait vouloir remporter la palme du rade le plus glauque des Philippines, et Le Sbire doutait qu’il ait aucun rival sérieux. De toutes façons, il s’en fichait. Ce cinquième verre sonnerait sans doute le glas de ses maigres économies, mais ça non plus il n’en avait cure. Après quinze jours, il n’avait plus les moyens d’entretenir sa mullet et déjà sa moustache dépérissait. Le Sbire était au bord de la déchéance. Tout ça à cause de cette maudite affaire de Hong-Kong qui le poursuivait toujours.

En temps normal, un sous-fifre n’était pas tenu pour responsable des ratages de son patron, mais dans ce cas la situation était extrêmement confuse. Personne n’avait bien compris si, au final, le plan du chef du Clan du Cobra avait été une réussite lamentable ou un échec triomphal. Dans le doute, les employeurs potentiels du cru avaient décidé de s’abstenir d’embaucher qui que ce soit mêlé à cette histoire. Le Sbire avait eu beau revoir toujours à la baisse ses standards de qualité, aucune des organisations mafieuses et/ou criminelles des Philippines, le mot avait déjà circulé et aucune n’avait daigné l’embaucher. Il paya son alcool et avala une gorgée. Il attendit que le feu ait passé sa gorge, puis releva le nez de son verre et contempla le décor pour la millième fois. Poivrots dans son genre accoudés au bar, individus louches réunis en conciliabules autour des tables et un début de bagarre entre trois types jouant aux cartes. Rien de neuf depuis la dernière fois. Ah si, là-bas dans le fond, un mec debout n’était pas là tout à l’heure. Pas net. Trop bien habillé. Et les lunettes noires. Le Sbire supportait pas ce genre de mec. Des frimeurs qui se prenaient pour des durs, traînaient dans les bars louches et planquaient leur regard faux derrière des verres fumés. Le Sbire était sûr qu’il le regardait. Ce salopard se foutait de lui. Il pouvait le sentir ricaner devant sa mullet défraîchie et sa moustache mal peignée. L’autre était venu là, ici, dans ce bar, exprès pour le narguer. Il allait voir ! Si jamais il osait s’approcher, Le Sbire lui ferait sa fête et lui montrerait de quoi est capable un véritable homme de main. Il en avait torturé pour moins que ça, des poseurs et des play-boys de Prisunic. Bon sang regardez-le avec ses mains manucurées et son petit sourire en coin. Faut pas faire chier un mec qui vient de s’enfiler cinq verres d’une boisson non identifiée mais fortement alcoolisée, surtout s’il a déjà un penchant naturel pour la violence. Avalant sa dernière gorgée, Le Sbire reposa bruyamment son verre sur la table en entreprit de se soulever de sa chaise.

Il retomba aussitôt lourdement, vaincu par le cinquième whisky. Il ne lui fut d’ailleurs pas utile de se lever en fin de compte, puisqu’au moment où il allait effectuer une deuxième tentative, le type se dirigea justement tout droit vers sa table et s’assit sans façon. Prenant une posture qui se voulait pleine d’allure, il interpella le serveur : « Eh bien ! Tu ne vois pas que le verre de mon ami est vide ? ». Le Sbire lui jeta un regard méchant. L’homme sourit d’un air sûr de lui, retira ses lunettes et les enfila dans la poche de son veston. Le Sbire ne s’était pas trompé, il avait bien des yeux de fouine. Face à cette agression visuelle, Le Sbire rendit coup pour coup, décochant à l’intrus son regard le plus torve. Cela ne parut guère gêner l’autre, qui se pencha en avant les bras croisés sur la table dans une attitude de fausse familiarité qui puait l’hypocrisie. L’inconnu entama la conversation.


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   Réponse au Sujet 'Le Sbire de Hong-Kong' a été posté le : 06/09/05 22:55
« Mon cher ami, je crois que nous sommes faits pour nous entendre. »

Le Sbire signifia son désaccord d’un regard lourd de signification et de menaces sous-entendues.

« Depuis que je suis entré ici, je vous observe et je crois bien que vous êtes exactement le type d’homme que je recherche. »

Le Sbire souleva un sourcil, et son regard était comme un point d’interrogation gravé au milieu de sa figure. Il n’eut pas le temps d’y adjoindre une note de méfiance car le serveur apportait enfin son verre.

« Mais au fait, je ne me suis pas présenté. Je m’appelle Steven », ajouta l’autre en lui tendant la main. Le Sbire décida de l’ignorer d’un regard méprisant et tendit le bras pour attraper son verre. Il le rata de deux bons centimètres et Steven en profita pour lui attraper la main au vol. « Je suis très heureux de faire votre connaissance. »

Le Sbire répondit d’un regard vexé et boudeur. L’autre prit ça pour une invitation et s’approcha encore, prenant un air de conspirateur à deux balles.

« Si je vous ai abordé voyez-vous, c’est que j’ai un travail à vous offrir. »

Cette fois le Sbire lui adressa un regard franchement hostile. Si cette espèce de blanc-bec se figurait qu’il accepterait de bosser pour lui, il pouvait toujours courir ! Le Sbire avait connu des hauts et des bas dans sa carrière, mais il n’avait jamais travaillé que pour des professionnels, des hommes chevronnés qui connaissaient un minimum les ficelles du métier. Ce n’était pas demain la veille qu’il allait se mettre à bosser pour un abruti pareil qui devait s’entourer d’hommes de main seulement pour se la jouer dur à cuir devant ses copains. Le Sbire était tombé bas, mais pas si bas que ça.

« Voyez-vous, je représente en fait M. Marlowe. M. Marlowe est, comment dire… un homme d’affaire, quelqu’un de très influent et de très respecté dans la région. » Steven ponctua son euphémisme d’un clin d’œil. Le Sbire ignora ce geste plein de classe et but une autre gorgée. Si déjà ce guignol n’était pas le patron, ça valait peut-être le coup de s’y intéresser quand même, ne serait-ce qu’en attendant une meilleure offre. Quand même se dit-il, un patron de la pègre capable d’employer un minable pareil devait manquer singulièrement de discernement. Le Sbire l’encouragea à continuer d’un regard.

« M. Marlowe est toujours à la recherche d’hommes compétents, qui n’ont pas froid aux yeux et… qui ne posent pas de question, vous voyez ce que je veux dire ? » Nouveau clin d’oeil. Le Sbire se retint de lui allonger une mandale. Dans son état il n’était pas certain de toucher la bonne personne de toutes façons. Avant qu’il ait pu essayer, Steven continua :

« M. Marlowe exige de la discipline et de la discrétion, mais il sait récompenser ceux qui lui sont fidèles. Je pense que vous ne serez pas déçu sur ce point. J’ai entendu parler de vous, vous savez ? On m’a dit le plus grand bien de vos services. Bien sûr il y a eu cette regrettable affaire de Hong-Kong, mais tout le monde peut faire des erreurs. »

Et voilà maintenant que l’autre l’insultait carrément. Le Sbire lui jeta un regard noir et termina son verre d’une traite. Sa tête se mit à tourner de plus en plus fort, mais il s’efforça de n’en rien laisser paraître. Steven poursuivit :

« Je vois que vous êtes un homme de peu de mots, très bien, je préfère ça. Ceux qui parlent trop agissent peu ». Le Sbire s’abstint de faire remarquer que Steven n’avait pas arrêté de parler depuis qu’il était arrivé. Il voulut lui adresser un regard assassin signifiant qu’il n’en pensait pas moins, mais à ce stade ses yeux étaient trop vitreux pour produire quoi que ce soit et il ne parvint qu’à loucher un peu plus.

« Je vous laisse réfléchir à mon offre, dit Steven, en se levant, voici ma carte, appelez-moi lorsque vous aurez pris une décision ». Et il se leva, renfila ses lunettes et sortit du bar. Le Sbire le suivit du regard, les sourcils froncés puis, quand il fut hors de vue, s’écroula sur la table dans un bienfaiteur sommeil d’ivrogne.


Dernière mise à jour par : LHomme-Puma le 06/09/05 23:00

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   Réponse au Sujet 'Le Sbire de Hong-Kong' a été posté le : 06/09/05 22:57
Le Sbire se réveilla le lendemain dans un caniveau avec la bouche pâteuse et mal aux cheveux. Il adorait ces matins-là. La gueule de bois le rendait hargneux, ce qui augmentait sa productivité. Après s’être péniblement assis sur le trottoir, il tenta de remettre ses pensées à plat. Ah oui ! Hier soir, les six whiskies, le guignol fripé comme l’as de pique, l’offre d’emploi. Il lui avait refilé sa carte, où est-ce qu’il l’avait mise ? Pas dans les poches de la veste, ni dans celles du pantalon… Ah ! Là-bas ! Sur le bord de la route. Le Sbire se leva avec difficulté et trottina vers le petit bout de carton, plié en deux comme si cela pouvait endiguer son mal de crâne. Il l’attrapa au deuxième essai, se rassit et le fixa intensément. Bon c’est vrai, le type d’hier était mal sapé, et après ? Peut-être que ses bonnes fringues étaient au sale, c’est possible. Et puis de toutes façons, ce ne serait pas lui le grand patron mais ce fameux M. Marlowe. Marlowe. Ca sonnait bien comme nom, ça faisait sérieux. Sûrement un ponte de la Mafia américaine envoyé au Philippines pour superviser les affaires sur place. Le Sbire était presque sûr d’avoir lu un article là-dessus. Il fallait aussi considérer l’aspect financier. Le Sbire avait besoin d’argent pour vivre et vu ses compétences, c’était ça ou la Légion. De toutes façons il ne sentait pas du tout de repasser entre les mains d’un sergent instructeur, ça, merci, il en avait soupé. Le type d’hier… comment c’était déjà ? Ah oui ! Steven ! Steven donc, avant peut-être un goût de chiottes mais clairement il sentait la thune. Et il n’était pas impossible qu’en bossant avec lui, Le Sbire trouve une bonne occasion de lui effacer enfin de la gueule ce petit sourire méprisant insupportable.

Et c’est ainsi que, de compromis en concessions, Le Sbire se décida finalement à ranger sa dignité au placard et à appeler le numéro marqué sur la carte.

Marlowe le reçut le jour même et, après un court entretien, décida de l’embaucher à un salaire honnête. Toutefois, Le Sbire sortit de cette première prise de contact avec un sentiment mitigé. A première vue, Marlowe lui avait pourtant fait plutôt bonne impression avec ses manières directes, son regard perçant et sa présence imposante d’homme qui a réussi dans sa vie. Les choses se sont gâtées au moment où il a ouvert la bouche. Marlowe s’exprimait dans un sabir qui était bien du français, mais teinté d’une prononciation ignoble, mélange d’accent espagnol, italien et américain. Ca sonnait épouvantablement faux. En fait avec le recul, même le fond du discours résonnait aux oreilles du Sbire comme une accumulation de clichés sur la Mafia tels qu’on les trouvait dans les mauvais films de gangsters, à base « d’offre que tu ne pourras pas refuser, mamma mia » et de « Caramba, tu va vite t’apercevoir qu’ici tu es comme dans une grande familia. D’ailleurs tous les soirs je mange les pastas avec tous mes hommes autour de la grande table. » Le seul point positif finalement, se dit Le Sbire, c’est que les pâtes devaient pas être trop dégueu.

La vraie mauvaise nouvelle en fait, c’est que Marlowe avait placé Le Sbire sous les ordres de « son filio le plus précieux et le plus cher », à savoir Steven. Le Sbire avait jamais gagné au tiercé. Steven l’accompagna après l’entretien vers ce qu’il appela « les chambres pour le petit personnel ». Il lui indiqua que son père tiendrait un briefing à une heure et demie et « qu’il n’aimait pas devoir attendre les retardataires ». Le Sbire garda son flegme en s’imaginant en train de lui défoncer les gencives à coups de pic à glace. Après le déjeuner, Le Sbire se retrouva (en temps et en heure, non mais !) en compagnie d’autres hommes de main dans le salon de Marlowe.

« Bongiorno amigos, certains d’entre vous le savent, j’ai une affaire qui me tient particulièrement à cœur, c’est de coincer ce salaud de Frank. Il y a deux ans cet enfoiré m’a tué mon fils préféré, la chair de ma chair, mon petit Pedro. Il l’a tué. Comme ça, sans raison, sans provocation, un petit qui voulait que s’amuser un peu. Ca se fait pas de tuer un gamin comme ça. Je veux que vous éliminiez le freluquet qui a fait ça vous m’entendez ? Je le veux mort ! Mort ! » Marlowe s'interrompit alors et tenta de reprendre son souffle tout en s'épongeant le front. Il soufflait comme un dromadaire fatigué. "Steven, mon petit, mon chéri, mon lapino en sucre, continue à ma place s'il te plait. Ton vieux père est fatigué de penser à tout ça. Vas-y toi, dis-leur où ils pourront trouver cet empaffé de Frank pour lui trouer la peau. »


Dernière mise à jour par : LHomme-Puma le 19/10/05 21:39

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