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Gwalchafed

Turned into a Newt



-= Chaos Genitor =-
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Homme  Age : 115 ans
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Pourquoi vous regardez ca ?
   L'Héritage des Ombres a été posté le : 20/05/05 12:02
Voilà donc ce que j'avais écrit comme suite aux Princes d'Ambres...Il vaut mieux avoir lu la décalogie pour suivre, cependant j'ose éspérer que ça reste accessible sinon.

La lecture des nouvelles de Zelazny n'est pas obligatoire, il y a peu d'allusions aux premiers stades du récit...

J'ai repris le récit à la première personne, mais le narrateur est un nouveau personnage...je vous laisse deviner, ce n'est pas très compliqué...

Et il y a un "hommage" à une saga spatiale bien connue....

Si vous aimez, j'essaierai de continuer, j'ai bien déblayé la suite, mais ayant entendu dire que le "boss" n'en voulait pas...


1.
Je m'éveillai en sursaut. La clairière, si claire et si belle avant que je ne m'assou*******e, était maintenant assombrie. Le passage d'un nuage et la descente de la lumière avaient contribué à l'effet. Je me levai et observai un instant le ciel, mais il me sembla qu'il devait rester désespérément couvert. Tant pis. Il ne m’offrirait pas ce soir-là cette délicieuse couleur pourpre que j'affectionne tant. Ramassant mon épée, je me mis en route sur le petit chemin de terre qui serpentait entre les fourrés. Mon regard fut accroché par un renard qui traversait le chemin à une centaine de mètres, mais le canidé poursuivi sa route trop prestement pour que j'ai le temps de le rejoindre. Je poursuivis mon chemin, lançai un joyeux bonsoir à l'écureuil roux qui nichait près du village, et arrivai aux maisons de pierre et aux toits de chaume qui font le charme de cet endroit. Je traversai d'un pas allègre tout le village, notant que les villageois avaient déjà fermé leurs volets et leurs portes. Etait-il déjà si tard ? Je poursuivais ma route à travers le village, lorsque soudain une ombre sortit de derrière une maison.
- Maître ! Une pièce !
Je regardai le vieil homme courbé qui s’avançait vers moi. Son visage diabolique, avec un bouc et son regard brillant me rappelaient quelqu’un.
- Une pièce !
- Qui es-tu, vieil homme ?
- Je suis celui qui vient quand on ne l’attend pas…pour demander sa pièce. Ou, à défaut, le cheveu d’un seigneur tel que vous me suffirait, bien sûr.
- Pars, vieil homme, les gens d’ici n’aiment pas les mendiants. Tiens !
Je fis voleter jusqu’à lui un quart de gill, qu’il prit en ricanant.
- Merci, bon maître. Prenez garde ! Car vous êtes attendu. Cherchez l’homme roux, et les réponses à vos questions viendront en temps et en heure.
Je le regardai, mais ne vis qu’un regard de dément. Je ricanai.
- Va à la taverne, vieil homme, car le delirium est violent si on se sèvre trop vite.
Mais aussi assuré que je paraisse, j’ai parfois mes moments de doute. Aussi dégainai-je mon épée, et terminai-je mon chemin jusqu'à ma chaumière, dont la porte était restée grande ouverte. Une petite sonde mentale me permit de déterminer que le charme de protection était toujours bien présent. En rengainant mon épée, je rentrai en sifflotant et refermai la porte à clef derrière moi.
Lorsque j'entendis un feulement.
Dès la fin du bruit, je faisais déjà face à la bête. Comment était-elle arrivée là ? Le charme de protection était toujours intact, sans cette petite impression qu'on ressent lorsqu'un sort a été brisé ou modifié. J'esquivai sa première attaque sans peine, et remarquai pour la première fois sa troisième paire de pattes. Je l'observai pendant son attaque suivante, mais ne vis à priori aucun point faible évident. La tête léonine fit entendre un claquement à l'endroit où je m'étais tenu, immédiatement suivie par le thorax et l'abdomen chitineux. Soit il était vraiment mauvais, soit il me testait. Je pris donc mes précautions et, à son saut suivant, au lieu de faire un écart, je me laissai tomber à terre et, tout en écartant sa tête de mon poing, je frappai de la main gauche dans l'abdomen. Mon oncle m’avait toujours dit que c'était un bon début pour déstabiliser un adversaire, et c'était mon premier combat sérieux. La bête eut l'air effectivement assez choquée, et se mit à me regarder fixement en se relevant. Elle semblait réfléchir, et le temps qui m'était ainsi donné me permit de sortir mes deux dagues. Je n'eus pas le temps de choisir comment m'en servir, car le monstre m'attaqua, sans bondir cette fois. Je me jetai à terre, sans toutefois pouvoir riposter car sa troisième paire de patte m'atteignit au bras droit, les griffes me déchirant l'épaule et le bras.
L'attaque suivante fut tout aussi violente, mais j'esquivai cette fois avec plus de vitesse, et lançai mes deux dagues, une de chaque main. La première l'atteignit à l'oeil droit, la seconde à la gorge. Elle porta une patte à sa gorge, qui disparut sous le sang, mais cela me sembla être du sang veineux. Je ne poussai pas plus l'examen, car je prenais déjà mon épée et lui fendis la tête en deux. Elle me regarda, émit un gargouillis, et s'écroula.
Je mis ma main sur son thorax et étendis mon esprit, qui m'apprit que l'animal, quel qu'il fût, était mort. Je relâchai alors ma respiration. Regardant autour de moi, je vis Hector étendu, la tête détachée de son cou. Je prononçai donc le sort d'écriture qui conjura un papyrus et un stylet, lui notant de tout nettoyer, et je laissai le mot sur la table. Puis je montai l'escalier de bois pour arriver dans ma chambre. Je me jetai sur ma paillasse et m'endormis aussitôt tout habillé.

Lorsque je m'éveillai, je vis Hector debout près du lit avec ma robe de nuit.
- Maître, je me suis permis d'apporter de quoi vous vêtir décemment pour dormir.
- Merci, Hector.
La lumière blafarde qui passait par la fenêtre ouverte m'apprit que le soleil de nuit était à son zénith, et que j'avais donc encore huit bonnes heures de sommeil devant moi. Je regardai Hector descendre l'escalier, notant au passage que sa cicatrice au cou s'estompait peu à peu. Les autres villageois de Pembroke auraient été choqués d'apprendre que mon fidèle serviteur était un pokli, mais il y avait peu de chances qu’aucun ne l’apprenne un jour.
Je me tournai et me retournai dans mon lit ensuite, ne pouvant trouver le sommeil. En effet, la bête, qui n'avait aucune intelligence comme mon coup de sonde post-mortem me l'avait prouvé, ne pouvait avoir pénétré mon charme de protection sans l'avoir fortement perturbé, or je n'avais rien noté de tel. Elle n'était donc pas entrée dans ma chaumière, mais apparue à l'intérieur. C'était cela qui me perturbait. Cela impliquait des pouvoirs supérieurs à la sorcellerie. En effet, mon charme de protection excluait également les conjurations, téléportations et portes dimensionnelles classiques.
Dans les autres pouvoirs, on pouvait exclure la marche à travers Ombre, car il faut se déplacer pour la pratiquer, et s'il est possible de le faire dans un palais, par exemple, ma chaumière était trop petite pour que cela soit possible d'apparaître directement à l'intérieur. Cela laissait le Logrus, ou les Atouts. Mais pour ces deux choses, il aurait fallu que quelqu'un connût mon logis ou les objets qui étaient à l'intérieur. Or, la seule personne qui aurait pu en parler ou les utiliser était ma mère, et elle était trop futée pour avoir laissé échappé quelque chose.
Je me levai, et marchai la tête baissée vers la petite table qui me sert de table de travail. Je sortis mon jeu d'Atouts. Ces cartes, qui au premier abord semblent des cartes de tarot, paraissent à celui qui les utilise froides, glacées même au toucher. Ensuite on peut se rendre compte que les cartes comprennent une série d'Atouts qui représentent chacun un membre de ma famille. En se concentrant sur une carte, on peut ainsi contacter à travers les ombres n'importe quelle personne, pourvu qu'elle prenne l'appel. La deuxième utilisation est moins répandue, car moins utile : on peut avoir un aperçu de ce que l'avenir nous réserve. Je les battis, puis coupai et les étalai en éventail. Puis je tirai le jeu. Intriguant. Je recommençai, puis tombai sur le même résultat. La solution à mon problème ne m'apparaissait pas, mais tout semblait tourner autour de Dworkin. Dworkin Barimen, cadet de la famille Barimen du Chaos, qui avait volé l'Oeil du Serpent du Chaos sur les ordres de la Licorne, puis avait tracé grâce à cet Oeil la Marelle qui nous donnait nos pouvoirs si particuliers. Dworkin, mon arrière-grand-père, qui avait dessiné et utilisé les premiers Atouts. Que pouvait-il signifier ? Personne ne l'avait semble-t-il vu depuis des lustres. Pas depuis...la Guerre qui avait opposé mes familles paternelles et maternelles. Non! Mon cousin Merlin m'avait dit l'avoir vu dans des conditions étranges, il y avait quelques jours.
Je me concentrai ensuite sur l'image mentale résiduelle que m'avait laissée la bête. Je repérai alors un point faible...là, une grosse artère cérébrale ! Puis je tissai pendant l'heure suivante les fils du sortilège qui ferait exploser cette artère. Une fois le travail fini, je m'endormis.

Le réveil fut dur. Hector était à côté de moi, et une voix montait du rez-de-chaussée.
- Finn, tu es là ?
Je me levai de ma chaise, enfilai une robe et descendis l'escalier. Assis sur une de mes chaises de cuisine se trouvait mon vieil ami Rhys Bayle, sorcier comme moi, et également diplômé de l'Université de Magie de Valinë. Mais il n'était qu'assistant à la Faculté, tandis que j'étais déjà Chargé de cours. Il était grand, près de six pieds, mais je le dominai toujours d'une tête, étant donné que j'en faisais huit. Il me sourit, ce qui lui donnait toujours un air diabolique sous son bouc noir, et me dis :
- Ah, pas trop tôt ! J'aimerais que tu viennes voir chez moi, si tu es réveillé.
Je me frottais la tignasse et lui demandai :
- Que se passe-t-il ?
- Un animal est rentré chez moi la nuit dernière, et j'aimerais que tu l’expertises. J'étais très mauvais en démonologie. Il a une tête de lion, un corps chitineux...
-...et trois paires de pattes ?
Il me jeta un regard pénétrant.
- Tu le connais ?
- Non, mais j'ai été présenté à sa petite soeur la nuit dernière, rétorquai-je.
- Tiens, tiens. Une blague d'étudiant, alors ?
- Il est peu probable qu'une blague d'étudiant puisse pénétrer un sort de blocage total à dix clefs sans laisser de traces thaumiques, dis-je, cela me paraît un peu plus sérieux. As-tu offensé quelqu'un d'important récemment ?
- Pas depuis plusieurs années.
- Á moins que quelqu'un n'en veuille aux enseignants.
Mais j'avais des doutes. Je n'en parlai pas sur le moment à Rhys, car certains points de sa biographie étaient obscurs. D'abord, nul ne savait d'où il venait. Or, il me semblait vaguement familier. D'autre part, il m'égalait dans tout ce qui était activités physiques. Je connaissais évidemment l'histoire de mon cousin, qui avait vécu avec un autre cousin pendant des années, et ne s'en était jamais aperçu, et je me méfiais donc. Mais un sort de Lecture d'Emotions m'avait permis de déterminer que Rhys ne me voulait pas de mal, alors j'attendais de savoir s'il était lui aussi un cousin, ou même un frère qui sait - ma mère en avait déjà fait de plus bizarres -, avec sérénité.

Nous menâmes une rapide enquête à la Faculté, mais sans résultats. Aucun autre enseignant agressé. Nous rentrâmes chez Rhys, et j'examinai la bête, sans rien percevoir de nouveau, d'autant plus que mon ami, ou parent, quel qu'il fût, lui avait grillé le poil avec des éclairs. Rien de nouveau. Nous bûmes un verre d'hydromel en discutant du bon vieux temps où nous étions étudiants, quand un autre imprévu arriva.
- Maître Finn ! Je suis venu vous rappeler votre promesse.
- Et zut, grommelai-je
- Que se passe-t-il ? demanda Rhys
- Un crétin dis-je pour toute réponse, et je sortis de sa maison.
L'homme qui se tenait devant moi était blond, habillé de noir, avec un air vaguement supérieur. Il s'appelait Cort, Cort Karelion. Il prononça immédiatement le charme qui refermait le cercle du duel. Je vis les habitants du village qui se rassemblaient ; un duel de sorciers, ce n'était pas si courant. Il me lança un éclair dès la fermeture du cercle. Je l'écartai d'un geste de la main, et souris.
- Ne pouvons-nous remettre ceci à plus tard ?
- Assez d'échappatoires ! Rugit-il. Nous allons voir si vous avez le droit de me ridiculiser en public.
Je fis mine de bailler, tout en préparant mentalement ma défense. Il était redoutable. Doyen de la Faculté de Sciences Thaumiques Fondamentales, Professeur en Création et Limitation, il était aussi mon patron, et censément le meilleur sorcier de cette Ombre. Il avait passé plusieurs nuits à préparer un sort extrêmement compliqué la semaine précédente, pour démontrer à ses étudiant que les Cours des Enfers attendaient tout démonologue hasardeux, mais n'avait maintenu le sortilège longtemps.
Les étudiants m'ayant posé des questions en descendant de sa salle de cours, j'avais suscité la même vision, moins préparée, mais plus réaliste. Cort était arrivé à ce moment-là, et avait cru que comme lui j'avais préparé ce sortilège à l'avance dans le seul but de faire croire que je pouvais l'improviser. En fait, mon avantage résidait dans le fait que j'avais personnellement vu les Cours du Chaos, ce qui me permettait de susciter une illusion et non d'ouvrir une vraie image dimensionnelle. Mais cela, je ne pouvais lui expliquer. De toutes façons, il ne m'aurait pas cru.
Son attaque suivante fut une boule de feu qu'il guida jusqu'à ce que je la dissolve par un sort d'Eau Courante qui le trempa. Il sourit, je me retournai pour en voir la raison, et je me vis face à une espèce de golem de trois mètres de haut. J'esquivai son premier coup, me maudissant intérieurement de ne pas avoir pris mon épée. Un coup de genou vicieux m'atteint entre les jambes. Je m'écroulai en poussant un cri. Ce salaud de Cort m'avait frappé par derrière. Comment pouvait-il bouger en maintenant son golem sous sa coupe ? En me prenant un coup de pied dans le ventre, je récitai mentalement le charme de Désillusion le plus simple que je connaissais, et le golem disparut. Pendant ce temps, une dague était apparue dans la main de mon adversaire. Je souris, et prononçai à haute voix un sort que je tenais en réserve pour ce genre d'occasions. Cort sourit lui aussi en entendant le début - un charme d'illusion -, mais la fin le surprit. Surtout lorsqu'il se vit à terre par mes yeux, tandis que je tenais sa dague à la main. Vicieusement, je me poignardai le bras droit. Puis l'échange fut terminé, et je me retrouvai à nouveau dans mon corps, regardant Cort qui hurlait en se tenant le bras. Je me relevai, profitant de sa confusion. Il devait se remettre à la fois de sa nouvelle blessure, et de la surprise de l'Echange de corps. Je m'écartai, avec une vague sensation de fourmillement dans mon bras droit, que je savais psychologique, puis repris mon souffle. Il m'avait fallu un an pour mettre au point ce sortilège, en éliminant les défauts, puis j'avais dû le maintenir dans mon esprit en y passant une demi-heure tous les jours. Mais c'était payant. Cort était en pleine crise nerveuse, il criait de rage en sanglotant à la fois. Je me rappelais la première fois que j'avais essayé cet enchantement. C'était avec un lapin, il m'avait fallu six mois pour le mettre au point, l'échange avait duré une demi seconde, j'avais gardé le lit une semaine en cherchant des carottes - je passe sur les autres instincts des lapins -, puis j'avais eu mal à la tête pendant un mois. La pauvre bête, elle, était morte de peur. En y travaillant six autres mois, j'avais porté la durée de l'échange à quatre secondes - dont deux où l'esprit devait s'habituer -, et le mal de tête n'était plus là.
Cort vomit un bon coup et je me précipitai vers lui, un sort aux lèvres. Mais ma belle concentration fut brisée par une sensation de contact d'Atout. Je pris le contact et m'écriai : "Laissez un message, ou rappelez-moi ! Occupé !" Puis je refermai le contact. Karelion était de nouveau face à moi.
- Je sais qui tu es, Fils des Enfers !
Je reculai, cherchant à nouveau les mots du charme, sans toutefois les trouver.
- Fruit du Péché ! Bâtard !
- Excusez - moi ?
Il prononça alors un sort de bannissement du Chaos extraordinairement puissant. La réalité se tordit, le monde se refléta comme dans une glace déformée dans mon esprit, je vis des craquelures, et les Cours du Chaos qui m'attendaient, derrière. Je souris, puis invoquai dans mon esprit l'image de la Grande Marelle d'Ambre. Le signe de feu m'apparut sous les paupières fermées, et j'eus l'impression qu'on me brisait le crâne à coups de masse. Il y eut un tournoiement violent, puis je me retrouvai campé devant mon adversaire, agitant mes bras comme un forcené. Cort tomba à genoux en criant et en se tenant la tête. Je vis un instant un signe brillant ressemblant à celui de la Marelle, mais constellé de craquements ; ce signe vacilla un moment, puis disparut.



2.
Cort Karelion hurlait toujours de douleur, le signe de la Marelle Brisée s'estompant probablement dans son esprit. Je m'approchai doucement et lui touchai la tête. Je lui intimai alors mentalement de se taire, et le hurlement s'arrêta, faisant place à un gargouillis. Je vis dans son esprit un vide là où s'était inscrite la Marelle, puis un être humanoïde à deux paires de bras et une paire d'ailes membraneuses dans le dos. Son corps était glabre, ses yeux manquaient et on avait une impression de malignité extrême. Je vis que sa tête portait deux petites cornes recourbées vers le haut, et sa bouche s'ouvrit, montrant deux rangées de crocs aiguisés.
- Si tu es Finn, ce message est pour toi
C'était donc bien une implantation mentale.
La chose ricana.
- N'as tu pas honte, Fils d'Ambre, de t'introduire dans l'esprit d'un mortel ? Hahahahaha ! Saches que je te cherche et je t'attends tout à la fois, car la vengeance est le plus délicieux des remèdes à l'amertume.
Une vision m'assaillit alors : je me vis traîné à genoux devant cet être, et me faire décapité. Puis ma tête se remit en place, et je fus écartelé, puis électrocuté, livré aux Chiens d'Enfers, chassé par le Grand Veneur, tué de multiples façons, et je hurlai. Je mis toute la force de mon esprit pour me tirer de ce piège mental, mais une vision d'empalement me fit frissonner et perdre ma concentration. Au delà des limites de mon esprit, je ne sentais plus mon corps, mais je m'appliquai à y retourner.
La voix retentit à nouveau dans les méandres de mon cerveau.
- Inutile est ta résistance, Fils bâtard du Chaos, car tu es condamné.
Je criai encore plus fort, et bandai mon esprit, car si mon esprit mourrait dans ce piège, ma mort serait réelle à l'extérieur. Peut-être mon coeur continuerait-il à battre, mais mon corps ne serait plus qu'une coquille vide.
Ma tête me faisait mal, et j'avais envie de vomir en voyant les flots de sang qui s'écoulaient de mon corps torturé, quand j'entendis un appel : " Finn !
- Va-t-en criai-je
- Finn, c'est moi, Rhys, que se passe-t-il ? Tu saignes du nez et tu ne me réponds pas.
C'est alors que je le vis. Il se tenait à côté de moi, et regardai une carte.
- Laisse-moi puiser en toi, lui dis-je
- Je...
J'aspirai alors tout son esprit pour lutter contre la prison mentale qui m'entourait, et après une forte résistance, le piège vola en éclats.
Je me retrouvai dans mon corps. J'étais à genoux, avec un mal de crâne épouvantable. Je me relevai, m'appuyant sur l'épaule de Rhys.
- Merci, mon vieux.
- Pas de quoi, mon grand. Tiens, prends ça, dit-il en me tendant un mouchoir.
Je le pris, le portai à mon nez pour constater que celui-ci *******ait le sang.
- Merci, répétai-je, essoufflé.
Puis je regardai Cort, et vis son regard se ternir, le sang se mit à couler tout à la fois de sa bouche, de son nez, et de ses oreilles, et il s'écroula face contre terre.
- Drôle de manière de rechercher une promotion, dit Rhys en souriant.
- Oui, je suis chef de service, maintenant, rétorquai-je
Les gens commençaient à se disperser. En d'autres endroits, ils auraient peut-être été choqués par la rude loi de la Sorcellerie, mais ici, à Seconde, village de l'Université, la population avait l'habitude des duels, et de leurs issues souvent fatales.
- Viens, dis-je à Rhys, nous avons à parler.
Il me sourit à nouveau, conjura un griffon, que nous enfourchâmes, et, après un court vol, nous arrivâmes à Pembroke. L'animal se posa, nous descendîmes, et mon ami - et parent - le remercia. La bête prit son envol, et disparut rapidement dans le ciel. Nous entrâmes rapidement, posant nos manteaux, puis Hector nous servit un rapide Callsi.
Je sortis mon paquet d'Atouts, et me mis à lire les cartes. Rhys me regarda faire un moment puis, voyant que je ne dirais rien, prit la parole :
- Tu avais des choses à me dire ?
Je lus le résultat de mes cartes, puis les rebattis. Le résultat sur Rhys me sembla suffisamment clair.
- Finn, qu'y a-t-il ?
- Posons le problème. Je me suis fait agresser cette nuit, par une créature inconnue, apparue chez moi d'une manière que je ne comprends pas, puis au cours de la journée, un être démoniaque me tend un piège mortel via l'esprit d'un mage puissant, probablement monté contre moi - il me semblais aussi que son prétexte à duel était un peu poussé. Tu m'annonces que tu as été attaqué par la même créature, mais, comme par hasard, elle n'est pas étudiable. Je sais que tu as tes petits secrets, et cela ne m'a pas surpris quand je t'ai vu avec un Atout à la main, un Atout qui soit dit en passant doit me représenter, puisque tu as pu me contacter avec. Or, il n'existe à ma connaissance que deux Atouts me représentant, un qui se trouve dans le paquet de ma mère, et bien malin qui arrivera à lui dérober, et un autre qui se trouve dans les Passes les mieux gardées de tous les Enfers. J'en déduis donc que soit tu peux toi même en créer un, auquel cas tu dois avoir une lointaine parenté au minimum avec moi, soit tu connais une telle personne. Est-ce le cas ?
- Oui
- Bien, je continue. Donc, tu peux très bien être la personne qui m'a tendu ce piège, et, d'autre part, tu es la seule personne à part ma mère - que je mets hors de cause - à pouvoir t'introduire par Atout chez moi, je me trompe ? Bon, le point positif pour toi là-dedans, c'est que tu m'as sauvé de ce piège mental. Mais ça aurait été la meilleure stratégie pour te faire un ami, évidemment. Alors, maintenant que tout ceci est réglé, donnes-moi une seule bonne raison pour ne pas te tuer tout de suite.
Je vis qu'il en avait des sueurs froides.
- Tu ne veux pas savoir qui je suis ?
- Je sais qui tu es. Et je sais aussi que ton père n'avait aucune raison de ne pas détester mes parents. Alors ?
- Je ... Je pense que je peux t'aider.
- M'aider ?
Cet entretien avait de fortes chances de le rendre nerveux, car nous savions tous deux que j'étais meilleur que lui. La sorcellerie était, semble-t-il, question de gènes aussi. Il avait peu de chances de m'égaler car mon panel de sorts disponibles était plus complet que le sien, et il le savait.
- Oui, t'aider. De toutes façons, même si ces agressions sont indépendantes, elles sont visiblement le fait d’individus aux capacités très avancées. De plus, certains éléments récents en Ambre semblent indiquer que d’anciennes puissances se réveillent, et que la conj…
- Une minute ! Quels sont tes contacts en Ambre ? Que peux-tu savoir d’anciennes puissances alors que Caine est mort ?
- Permets moi de garder mes sources secrètes.
- Qu’est-ce qui te fait croire que je peux te faire confiance ?
- Rien. Sinon que je n’ai rien à me reprocher.
- Ce que je ne peux vérifier, bien sûr.
- Bien sûr.
- Alors ?
- Alors tu sais comme moi que je peux contrer tes lectures de vérité, et nous sommes dans une impasse.
Je réfléchis rapidement. Il était vrai que malgré mon ton assuré, j’étais novice en ces matières, et que mes contacts avec Ambre étaient plutôt flous. Il était donc normal qu’il puisse savoir des choses que j’ignore, et avoir des contacts de son côté dont l’existence même me serait inconnue. Je marmottai une formule, qu’il n’entendit pas.
- Bien, alors vas-y, tues-moi, dis-je, mettant ma dague sur ma gorge et tombant à genoux.
C’était puéril, mais qui sait ? Ça pouvait bien marcher. Il sourit d’un air diabolique, et, un instant, je crus qu’il allait donner dans le panneau. Mais il écarta doucement ma main de ma gorge.
- Je ne te veux aucun mal. On m’a réellement aussi agressé.
Je souris.
- Ou tu es trop intelligent, dis-je en me brisant la lame de la dague sur la gorge, juste pour la frime.
Hector reprit les bols, et ramassa les restes de la dague. Je me rassis.
- Alors, que veux-tu dire par « d’anciennes puissances ? » Que sais-tu d’autre ?
- Je sais que le Château d’Ambre s’est mis en branle. Et l’équivalent doit se passer dans les Cours. Je ne sais pas pourquoi, ni comment, mais cela semble être en rapport avec le retour de Corwin.
Je manquai en tomber de ma chaise. Ma mère ne s’était pas excessivement occupé de moi pendant ma jeunesse, mais j’en savais assez sur ce sombre individu. Corwin le Rusé, disaient les autres. Corwin le Sorcier. Corwin le Graveur de Marelles. L’homme qui en savait sans doute plus sur la structure du Grand Tout que Benedict lui-même. Ma mère m’avait raconté comment il avait échappé aux plus dangereux des pièges, et même si son comportement avait changé ces dernières années, il avait été un temps où tuer un homme lui était aussi facile qu’un hochement de sourcils. Et un grand, un immense bretteur. Intelligent. Il se racontait même dans les couloirs du Palais qu’il avait réussi à vaincre Benedict, l’immobilisant et l’assommant.
Et il y avait plus. C’était le seul être au monde que mon père affirmait ouvertement craindre. Je savais que mon père ne se sentait pas à l’aise avec certaines personnes, mais Corwin d’Ambre était le seul dont mon père osait dire qu’il le craignait.
Tout cela en disait long sur le personnage. Je me mis à craindre pour mon oncle Random. Longtemps avant ma naissance, Corwin avait développé une énergie formidable pour prendre le trône à son frère Eric. Qu’en était-il de ses aspirations, maintenant ? Il avait disparu il y avait bien longtemps, après la Guerre de la Marelle, et mon cousin Merlin, son fils, avec lequel j’avais eu une conversation quelques jours, ne m’en avait pas soufflé mot. Tout ça puait le complot à plein nez. Je regardai mon cousin dans les yeux.
- Que sais-tu d’autre ?
- Pas grand’chose, admit-il. Je sais que Rinaldo est à nouveau en odeur de sainteté au Palais, et qu’il pose des questions à propos « d’anciennes puissances ».
Et voilà. Les deux personnages les plus acharnés à faire du mal à Ambre étaient réunis dans la cité. Ça puait. Allez, je le dis encore une fois : ça puait et re-puait le complot. De Rinaldo, je ne savais pas grand’chose à part qu’il était apparu sur le devant de la scène très récemment. Avant ma naissance, toutefois. Une explication s’impose. Au centre de tout, près de la Marelle, se trouve Ambre, la cité dont toutes les autres ne sont que des ombres. À l’autre bout de milliers d’ombres, les Cours du Chaos trônent depuis la création de l’univers. Marrant, non ? « Au centre », « à l’autre bout » devraient s’exclure, mais pas dans ce cas. Mais je m’égare. Le temps s’écoule différemment selon les ombres. J’avais grandi en une ombre où le temps s’écoulait environ cent fois plus vite qu’en Ambre. Le temps de trois mois d’Ambre, j’avais grandi et atteint mes vingt-cinq ans. Et, le mois d’après, je l’ai passé dans l’Ombre Valinë, où le temps était cinquante fois plus rapide qu’en Ambre. Donc, pour moi, encore quatre ans. Pendant ce temps, les événements près du centre de l’univers passaient pour moi à une lenteur désespérante. Quand j’étais petit, ma mère était souvent avec moi, mais si elle partait cinq minutes en Ambre chercher un truc, elle revenait plus de huit heures après. Pigé ? Un dîner officiel, quatre heures d’Ambre – plus de deux semaines pour moi. Cela faisait aussi que peu de personnes étaient au courant de mon existence. Mon oncle Random, mon oncle Gérard, mon oncle Benedict, mon cousin Martin, mon cousin Merlin. Je n’étais même pas sûr que Vialle, la femme de Random et mère de Martin, fût au courant. Dans la famille de mon père, personne. Normal, vu la situation, disons…tendue.
Voilà pourquoi, bien que Rinaldo ne soit apparu sur le devant de la scène que quelques mois auparavant, j’avais entendu parler de lui depuis tout petit. Il avait commencé par tuer mon oncle Caine, puis, après avoir juré de détruire Ambre, il avait effectué un coup d’état dans un pays allié d’Ambre, Kashfa, ce qui fait qu’il aurait dû être persona non grata. D’où ma surprise, et mes doutes.
- Finn ?
- Bon, déguerpis, Rhys.
- Pardon ?
- Tu m’as bien entendu. Déguerpis. Barres-toi !
Il me regarda avec surprise, se leva, passa le pas de la porte et disparut.
Je me levai à mon tour, et ramassai mon jeu d’Atouts. Puis je choisis alors soigneusement l’un d’entre eux. Il représentait une chambre, avec un lit, un tableau d’un peintre d’outre-ombre nommé Van Gogh. La carte froide que j’examinai sembla soudain s’animer. Je sentais le vent, je le voyais faire bouger les rideaux…et fis un pas en avant. J’étais dans la chambre représentée par la carte. Comme toujours lors d’un voyage par Atout, je ressentis alors une exaltation étrange. Puis je rangeai mon Atout.
J’étais donc à présent dans la maison de mon oncle Gérard dans l’ombre Deiga. Cette ombre faisait partie du Cercle d’Or, c’est-à-dire l’ensemble des ombres adjacentes à Ambre dans lesquelles celle-ci prenait part à la politique locale, ou avec lesquelles elle faisait du commerce. Je sortis de la pièce, bénissant mon oncle et ma mère qui m’avaient fourni ce moyen de rentrer en Ambre rapidement. Descendant un escalier, je me retrouvai au rez-de-chaussée, puis sortit carrément de la maison. Refermant la porte derrière moi, je humai à pleins poumons l’odeur de la mer charriée par le vent, puis me dirigeai vers le port, tout en tâchant d’éviter les voitures fermées tractées par des chevaux qui encombraient l’essentiel de la rue en passant en grand nombre ; quelquefois l’attelage était lancé au galop, ce qui forçait à s’écarter brusquement.
J’atteignis rapidement le port, et me dirigeais vers la Capitainerie. C’était un grand bâtiment blanc, au bout d’une jetée sur laquelle étaient amarrés de nombreux lourds navires, dont les mâts grinçaient sous le vent. Je passai devant les deux gardes, puis allai directement m’adresser à un clerc qui tenait le registre des navires au port. Il me dit ce que je voulais savoir, et je ressortis du bâtiment pour me diriger vers un fier trois-mâts qui trônait au bout d’un quai adjacent à la jetée. Le Fleur de l’écume. De nombreux portefaix étaient en train d’y charger des sacs, sous l’œil attentif d’un jeune homme blond. M’approchant de l’individu, je lui demandai s’il comptait appareiller prochainement.
- Pourquoi ? me demanda-t-il.
Je devais me rendre rapidement en Ambre, lui expliquai-je, et son bateau était celui qu’on m’avait indiqué comme étant celui que je devais prendre.
- Impossible. Nous ne prenons pas de passagers.
Je lui répondis que, étant donné l’impossibilité de m’entendre avec lui, il allait bien falloir que je m’adresse au Capitaine Kric directement. Il sourit et me fit signe de monter à bord. Là, j’avisai un homme brun à la barbe fournie et à l’air coriace. Son visage taillé à coups de serpe n’exprimai qu’une seule chose : le dégoût de ceux qui vont à terre.
- Capitaine Kric ?
Il grommela.
- Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi. Je suis venu, il y a quelques mois, visiter Ambre avec mon Oncle Gérard.
Au nom de Gérard, avec qui il avait arpenté les Océans de plusieurs mondes pendant plus de vingt ans, Kric se dérida. Je dus cependant lui expliquer que, vu le décalage d’Ombre, ce qui n’était pour lui que quelques mois représentait plusieurs années pour moi.
- Le jeune Seigneur Finn ! s’exclama-t-il enfin. Oui, je m’souviens de vous. On appareille dans trois heures, et, sauf vot’respect, faudrait pas qu’vous soyez en retard, vu qu’dans c’monde pourri la marée reviendra qu’demain après-midi.
- Je vous le promets, Kric.
Redescendant à terre, je m’assis à une terrasse de café sur le port et commandai la boisson préférée de ma mère, une absinthe. C’était d’ailleurs grâce à elle si cette décoction était maintenant disponible dans tout le Cercle d’Or. C’est alors que j’entendis une voix qui venait approximativement de mon pied gauche.
- Cousin Finn ?
Je regardai mon pied, et lui vit une sorte de bracelet de lumière palôte.
- Oui, Spectre ?
- Est-ce bien toi ? La dernière fois que je t’ai rencontré, tu semblais plus…jeune ?
- Oui, jeune, c’est le mot. Mais j’ai passé mon temps dans une Ombre où le temps s’écoule vite, depuis ma rencontre avec Merlin. Pour toi, c’était il y a deux semaines, pour moi, deux ans.
- Et quels sont tes sentiments, maintenant, à propos de l’être que tu es devenu ?
Je soupirai. Mon « cousin » Spectre, la Roue Spectrale, était en réalité une machine construite par mon cousin Merlin, et qui combinait ses connaissances dans un domaine qu’il nommait la « micro-informatique », et son pouvoir sur les Ombres. Il s’était ensuite apparemment avéré que la machine avait acquis une intelligence propre, et se considérait véritablement comme son enfant. Mais aussi comme un penseur. Comme un philosophe. Comme un psychologue. Bref, comme tout ce qu’une intelligence perverse pouvait imaginer comme rôles sadiques pour son entourage. Merlin avait notamment eu droit à la phase « dieu ». Lorsque j’avais rencontré Merlin et Spectre, deux ans auparavant, Spectre s’était pris d’amitié pour moi, étant donné que j’étais la seule personne de sa connaissance dans la famille à être d’un âge comparable au sien. Mais j’étais également devenu une sorte de sujet d’études pour une nouvelle de ses thèses imaginaires : « Comment un habitant d’Ambre peut-il devenir, en quelques dizaines d’années, subtil, pervers, sournois, puissant et indigne de la moindre confiance ». Je répondis donc, histoire de le faire gamberger :
- Totalement inchangé, mon vieux. Je ne me sens même pas vieillir.
- Pas la moindre once de méchanceté en plus ?
Je me tus, car le serveur m’amenait la boisson commandée. Puis il repartit.
- Regarde, murmurai-je à Spectre.
Puis je prononçai à voix basse un sort très facile. Un deuxième verre empli d’absinthe apparut à côté du premier.
- Tu en veux un peu ?
- Je ne suis pas sûr que mon métabolisme puisse ingérer cette…chose. Je vais l’emporter pour l’étudier à tête reposée.
Le circuit de lumière s’écarta de mon pied, flotta jusqu’au verre, s’enroula autour, se mit à tourner de plus en plus vite, et disparut.
Observant la mer, je sirotai alors tranquillement mon verre.



3.
Nous voguions vers l’est. Je m’étais toujours demandé ce qui pouvait permettre le passage d’une Ombre à Ambre pour des navires marchands sur lesquels il n’y avait personne qui maîtrisât la Marelle ou le Logrus. D’autant plus que, si dans les Cours les ombres étaient fines, de ce côté-ci il était relativement difficile de les traverser, même lorsqu’on en avait les capacités. Le Capitaine Kric m’expliqua qu’il y avait deux manières de stabiliser une route marchande trans-ombre. La première était qu’un Ambrien ouvre le trajet de nombreuses fois, puis que la route reste suffisamment fréquentée pour que le passage ne se referme pas. La deuxième, concernant les routes moins fréquentées, consistait à installer sur deux îlots deux phares dont l’un était en Ombre, l’autre en Ambre, au cours d’un voyage à travers ombre, tout en les reliant, par exemple par un certain nombre de balises repérées par une chaîne. Souvent, le simple fait que les gardiens de phare se voient fréquemment, suffisait à maintenir la route ouverte, d’autre fois non, et il convenait alors de suivre la chaîne. Cela allait être le cas ici. Je me demandai si un sort pouvait arriver à un tel résultat, puis réalisai que maintenir ce genre de passage ouvert ici, où il était dur de marcher en Ombre, devait coûter un maximum d’énergie. Il était déjà important de s’éloigner de toute côte pour que ce système de route fonctionne, et il nous amènerait à une certaine distance de la cité d’Ambre elle-même.
J’étais en train de songer à tout cela quand j’entendis un chant derrière moi. Les matelots, sans s’arrêter de travailler, avaient entonné une chanson, tout en fixant quelque chose à l’avant du navire. Ils chantaient mal, mais la mélodie était magnifique et en tant que mélomane, je me sentis le cœur retourné par cette ballade douce, qui devait, à écouter le joyeux méli-mélo qui s’échappait de leurs gorges, comporter quatre voix. Elle contait le retour au pays des marins qui avaient découvert une nouvelle terre, et qui voyaient enfin les flèches et les tours de la plus belle cité du monde, Ambre, sachant que le port les y accueillerait en héros. Mes yeux s’embuèrent au son de cet air, mais je commençai à distinguer la chose que tous fixaient du regard. Un phare, isolé sur un petit îlot rocheux. Le premier montant de la porte. Sur le phare, une silhouette faisant des signes. En arrivant près de l’îlot, je distinguai un autre rocher, à quelques dizaines d’encablures, à travers une espèce de brouillard. Entre les deux amas rocheux, les vagues devenaient de plus en plus hautes, pour atteindre les cinq ou six mètres au milieu. Partout ailleurs, la mer était d’huile. Impressionnant. Le navire s’arrêta, et le Capitaine Kric immergea une sorte de crochet, et sortit de l’eau une épaisse chaîne. Puis nous repartîmes, le capitaine nous guidant, en faisant glisser la chaîne sur le bord. Aux cris de « à gauche ! Encore ! A droite ! A droite sang de Licorne ! », nous avançâmes, et nous nous heurtâmes aux premières vagues. Les matelots, tout en manoeuvrant, continuaient à chanter. C’était vraiment surréaliste. Le bateau se levait maintenant à chaque vague, pour redescendre brusquement.
Puis tout devint noir. Mon crâne brûlait, mes yeux étaient tachés de noir et de rouge. Puis la sensation s’envola comme le navire redescendait une vague. Devant nous, sur un îlot désert auparavant, un phare. Un homme qui saluait. Toujours le chant des marins, cette fois plusieurs pleuraient. Le bosco hurlait « Treizième passage ! Treizième passage ! ». Le Capitaine, quant à lui, ne disait rien, sauf pour guider…nous étions passés. J’avais l’impression de sortir d’un cauchemar, mais c’était à peu près conforme à ce que j’avais ressenti la dernière fois, sauf que c’était dans une cabine.
Le Fleur commença à tanguer beaucoup moins, et, au bout de quelques minutes, le Capitaine Kric lâcha la chaîne, fit un grand signe au gardien du phare, puis reprit la barre. Quelques encablures plus loin, nous virâmes de bord, face au vent pour calmer le jeu. Tout l’équipage semblait émerger du même rêve que moi.
Quelques heures plus tard, assis à la proue, je réfléchissais à la relation particulière que tout Ambrien entretient avec la mer. On m’avait dit qu’Oberon avait imposé, il y a des siècles, des années de Marine Marchande à tous ses fils. Je m’en demandai la raison. Peut-être pour vaincre cette réticence que je ressentais en ce moment précis à me trouver sur l’immensité de cet océan. Je m’explique ( vous aurez remarqué que j’adore m’expliquer ; sans doute une déformation professionnelle ; je suis enseignant, après tout ). Tomber d’une falaise peut nous faire mal, mais n’est pas menaçant d’un point de vue strictement vital. Tomber dans l’eau, et ne pas pouvoir y nager, parce que blessé ou pour une autre raison, était l’équivalent de la mort. Même pour moi, qui suis capable de me changer en poisson, cela reste une opération délicate ; une inspiration pile au mauvais moment et…rien que d’y penser, je m’éloignais du plat-bord. Vous voyez ? Pourtant, je sais nager, cela ne m’avait jamais fait peur, mais cela restait une faiblesse…Nous n’aimons jamais évoquer nos faiblesses.
Nous voguions toujours vers l’ouest, et je distinguai maintenant, dans le soleil couchant, une terre. Allongée du nord au sud. Un peu sur la droite, une montagne. Kolvir, qui portait Ambre ; et même s’il était impossible encore à cette distance de distinguer la cité ou le Palais, je sentis mon cœur battre plus vite dans ma poitrine. On pouvait maintenant voir, un peu avant la terre, une lumière s’allumer, puis passer, repasser. Le phare de Cabra. La Porte de l’Océan. On peut l’appeler comme on veut, mais quand on le voit, on se tait en général. L’équipage se mit à chanter la Ballade des Grands Navigateurs. Ma mère m’avait dit un jour que son frère Corwin l’avait composée en ouvrant la première grande route de commerce régulière de l’histoire d’Ambre. Elle ne l’avait, semble-t-il, jamais vraiment aimé, mais elle ne s’était jamais départie de l’admiration qu’elle éprouvait pour lui. Random, Gérard et Benedict, par contre, le voyaient autrement. Pour les deux derniers, s’ils se sentaient sûrs d’eux l’un par sa force, l’autre, ses capacités martiales, ils m’avaient toujours semblé craindre vaguement quelque chose quand on prononçait son nom. Random, lui, semblait éprouver un mélange de tout ça. Mais assez pensé à Corwin, me dis-je. Le fait qu’il soit là-bas, devant, ne devait pas signifier qu’il devait aussi accaparer mes pensées ! Tu as tes problèmes à résoudre, et le pouvoir de te défendre à acquérir. Si j’avais su ce qui allait suivre, je pense que j’aurais préféré rester à Pembroke, et me défendre contre tout ce que les Ombres auraient pu m’envoyer. Ironie de la Destinée.


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"Li tiers ot non Gaheriés. Ci fu li plus gracieus de tous les freres mon segnour Gauwain ; cil fu plains de chevalerie et hardis et legiers et fu biaus et gens et ot le brac diestre plus lonc ke l'autre ; cil fist assés de hautes proueces ne onk n'en dist nulle, se forche ne li fist dire."

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Membre Chaos Elite Troops   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 20/05/05 13:13
j'aime bien, ton style et l'histoire que tu as composée

j'ai juste une remarque :

Citation :
Je n’étais même pas sûr que Vialle, la femme de Random et mère de Martin


Viale n'est pas la mère de Martin. La mère de Martin était la fille de Moire, la reine de Rebma.
elle s'est suicidé quand Random l'a abandonnée pour re-courrir les ombres.

Viale a été donnée comme épouse à Random pour lui faire payer cette mort.

voila ;)


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pour suivre ma moitié, je me vois bien actionaire de la pétroléum bazooka, ou/et des pétroles yoblémites :D :D :D

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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 20/05/05 13:23
Merci pour ton post, je suis content que tu aies aimé.

Pour les détails sur Vialle, je suis évidemment au courant, mais j'avais pensé à une relation très maternelle avec Martin. Après s'être retrouvé avec son père, il pourrait avoir découvert que sa belle-mère est formidable (tiens, une autre pour le club:D).

Sinon, j'essaie d'avoir un style qui ne se détache pas trop du reste, alors je suis obligé de relire dix bouquins dès que je me remets à écrire....


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Gwalchafed

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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 21/05/05 20:32
C'est pas mal, je trouve.
Assez fidèle, un peu classique mais bon, les deux quintalogie mais aussi la "préquel" commence un peu pareil.
Je me demande assez comment tu vas t'en sortir, vu toutes les pistes laissés en cours dans les derniers tomes des princes d'ambre.


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Gerald

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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 22/05/05 20:09
Très bon pastiche des récits zelazniens, j'attends la suite avec impatience!

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Je n'irai, plus tard, ni au café perdre ma santé, ni aux courses perdre mon argent, ni au cinéma perdre mon temps à voir des films dont les héros sont des voleurs et des assassins dignes de mépris.
(Extrait d'un manuel de morale à l'usage des classes, première moitié du XXe siècle)

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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 23/05/05 00:12
MUHAHAHA !

J'ai un plan, qui se sert de beaucoup d'accroches des romans et des nouvelles ! ça va saigner :D

Et oui, j'ai repris le début "à la Merlin" (celle "à la Corwïn" est difficilement réutilisable sans tomber dans le navet), je me suis cassé la nénette pour comprendre comment on pouvait voyager dans le cercle d'Or sans utiliser la Marche en Ombre....

Je n'ai pas lu la préquel et je ne suis pas sûr d'avoir envie de la lire....il va tout me foutre par terre, j'en suis sûr, cet abruti.

Quant à la suite....bah, on verra bien....vos réponses me remotivent...

Au fait, combien d'entre vous ont noté que mon avatar c'était Merlin ?


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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 23/05/05 19:35
Bah pas moi, j'ai l'édition française de chez Denoël illustrée par Florence Magnin, où Merlin est beaucoup plus... euh... jeune et beau, et donc je ne l'avais pas reconnu:D

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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 23/05/05 20:02
Citation :
Message de Gerald


Bah pas moi, j'ai l'édition française de chez Denoël illustrée par Florence Magnin, où Merlin est beaucoup plus... euh... jeune et beau, et donc je ne l'avais pas reconnu:D


Bheu...
J'ai pas eu lu version illustré, ( moi j'ai les pocket et l'édition "omnibus" en VO ) mais heu... Non clairement je voyais pas Merlin ainsi...
Pourquoi il est tout vert ? Puis il a l'air un peu "méchant" voir sadique...

Septa, en pleine cure Zelzaniesque.


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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 23/05/05 22:24
C'est la couverture des Atouts de la Vengeance version Denoël qui sortait au moment où ils ont arrêté. Une couverture de Olivier Ledroit, Merlin avec le Logrus derrière. Je le trouvais mignon...

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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 24/05/05 00:31
Toutes ou presque toutes les couvertures ambriennes sur ce site-là, où l'on voit que Merlin peut avoir plein de têtes finalementB): http://zelazny.corrupt.net/book.php?book=prince Ça, c'est la page consacrée à "Prince du Chaos", avec la couverture de Florence Magnin à laquelle je pensais ( à une époque, Denoël a sorti toute la série illustrée par elle - enfin, il n'y a que les couvertures qui soient illustrées, faut pas rêver non plus:p mais en-dehors de ça elle a aussi fait l'album "L'Univers d'Ambre" ). On va dire que c'est mignon aussi, quoique dans un autre genre:D

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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 16/09/05 14:19
Je me permet de remonter ce sujet...

Aura-t-on la chance de pouvoir lire la suite un jour, ou bien est-ce que ce projet est tombé dans l'oubli ?


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Exponentielle, la signature qui ne s'intègre pas


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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 16/09/05 18:11
Merci de ton intérêt, Bib.
Effectivement, j'ai transféré mes anciens fichiers de mon vieil ordinateur grâce à ma NOUVELLE clef USB....le temps de me remettre dans l'ambiance, et je devrais pouvoir pondre une suite....d'ici quelque temps, en général quand je suis chaud, c'est un "chapitre" par mois...


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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 19/11/05 13:11
Yo ! Une cht'ite suite, le chapitre suivant est déjà écrit mais en cours de révision alors je vous livre ce qui devrait être plus ou moins définitif :

Nous arrivâmes à la tombée de la nuit. L’or du soleil avait disparu par-derrière la cité, et maintenant les ombres s’étendaient sur les rues qui s’allumaient peu à peu, comme en réponse, de la lumière des torches. Prenant congé de Kric, je décidai de ne pas me rendre directement au Palais, mais de passer d’abord à un petit pied-à-terre que mon oncle Random m’avait prévu en ville. Je le retrouvai assez facilement, dans une petite ruelle à sept pâtés de maison du Palais. Un appartement sobre, au-dessus d’une boulangerie. Je m’y choisis des vêtements à mes couleurs : chemise noire, pantalon vert, chapeau d’un orange éclatant. Je me regardai dans la glace. Grand, élancé, j’adorai l’effet que produisait sur les gens cette combinaison de couleurs avec mes cheveux blancs et mes yeux verts foncés. Puéril, sans doute. Mais agréable. Sifflotant, je mis mon ceinturon, mon épée pendant au baudrier, et sortis en donnant un tour de clef. Puis je me dirigeai vers le Palais, assez guilleret je dois dire. Il était temps d’aller se présenter à la famille. J’avais le vague sentiment que des choses assez importantes se préparaient, j’en étais même sûr, mais après avoir passé toute une vie – même courte - à affronter des ombres, la plupart du temps incapable de m’arriver à la cheville, je ne pouvais me départir d’un certain complexe de supériorité. J’arrivai à la Fontaine d’Oberon, ainsi nommée parce que c’était mon grand-père lui-même qui en avait ordonné, comme un caprice, la réalisation. Elle représentait une licorne argentée aux yeux de saphir, et la population la révérait comme si elle eût été le digne animal lui-même. Chaque année, une fête était consacrée à cette fontaine, les gens ripaillaient joyeusement sur la place en chantant des chansons paillardes, et en rendant grâce à la Déesse. Et c’est en m’en approchant que je vis tout d’un coup cinq gardes du Palais qui marchaient vers moi d’un pas décidé. Etrange. Je ne pensais pas être attendu. Spectre avait-il fait la commission ? Ce n’était pas son genre. Le plus grand leva une main.
- Seigneur Finn ?
- En effet, répondis-je. Que me vaut l’honneur ?
Pour toute réponse, et dans un ensemble parfait, ils tirèrent l’épée. Un peu surpris, je dégainai la mienne en parant le premier assaut, puis reculai vers le mur d’une maison, afin de limiter leurs options. Mais ils réussirent à m’attaquer en même temps. Sautant au plus haut que je pus, je réussis à m’accrocher à l’enseigne en forme de coq, et à me rétablir en équilibre sur le bord du toit.
- Je suis sûr qu’il s’agit d’une erreur, dis-je, je suis le fils de la Princesse Fiona.
Pour toute réponse, ils se mirent à escalader la façade. Tant pis. Ou plutôt tant mieux. Deux d’entre eux n’eurent pas le temps de prendre pied. Le premier eut la tête traversée par ma lame, le deuxième essaya d’agiter la sienne dans ma direction, mais mon fer rencontra son cœur un peu froidement. Les trois autres s’approchèrent sans trop se coordonner, mais suffisamment toutefois pour qu’au bout d’une minute, je me retrouve bêtement à parer en prime des attaques sans grand génie. Parade, parade, parade. De plus en plus malmené, je reculai peu à peu vers le faîte du toit. Il me fallut toute ma concentration pour voir l’ouverture. En détournement en sixte me permit de me glisser entre deux de mes adversaires en tournant sur moi-même, je ramassai au passage une blessure au flanc, mais ma manœuvre réussit au-delà de mes espérances : ils s’embrochèrent mutuellement, tandis que je parais une attaque désespérée du dernier larron, le faisant plonger vers moi. Je l’assommai alors du pommeau de mon épée, et m’arrêtai pour souffler.
La place de la Fontaine était vide, les badauds ayant dû aller chercher un peu de calme sous d’autres cieux (et ne voulant sans doute pas gêner l’arrestation d’un dangereux criminel), je redescendis donc tranquillement sur la place avec mon fardeau sur l’épaule, et allai le jeter dans la Fontaine. Entrant dans l’eau à mon tour, et voyant qu’il se réveiller, je lui donnai une bonne gifle pour achever de le réveiller – et, je l’avoue, pour donner le ton de notre entretien – quand tout à coup son regard se fit vitreux et distant. Il ne se débattait plus. L’examinant rapidement, je vis qu’il était mort. Etonné, je le sortis de l’eau, et, dégoulinant, je le retournai et l’examinai à nouveau sous toutes ses coutures. Pas de blessures. Etrange. Le chargeant sur mon épaule, je me mis à marcher en direction du Palais.
Je me présentai à la Grande Arche quand je vis sortir mon oncle Random, avec un homme que je n’avais vu jusqu’à présent que sur une carte. Assez grand, les cheveux noirs, le regard clair, le front haut, il portait une barbe courte, une chemise argentée et un pantalon noir. Je cherchai des yeux un fermoir en forme de rose, mais ne l’aperçus point. Je les hélai, et Random se dépêcha de s’approcher, et m’embrassa.
- Mon oncle, dis-je.
- Finn, je suis heureux de te voir.
Il désigna mon fardeau.
- Un problème ?
- Je me demande…
En quelques mots, je le mis au courant de mes diverses péripéties. Ce faisant, je regardai Corwin. Il avait l’air reposé, détendu même. J’observais ses réactions pendant mon récit, mais, quoique souriant, il ne cilla point. Rien n’indiquait qu’il fût à l’origine des événements en question. Je terminai donc mon récit, assez déconcerté.
- Etrange, dit Random.
- Oui, que se passe-t-il, mon oncle ?
- Il semble que beaucoup de choses se soient mises en branle récemment, mais ce qui est étrange, c’est que ce garde porte l’ancien uniforme du palais. Je l’ai fait changer il y a quelques années.
- Et ?
- Je ne sais pas, répondit-il. Corwin, connais-tu ce garde ?
- Je ne pense pas, dit Corwin. Attends ! Il me semble que…
- Oui, le pressai-je ?
- Non, rien, dit-il.
Mais je vis un soupçon de stupeur au fond de ses yeux.
- Corwin, dit alors Random, occupe-toi de trouver une chambre à ce jeune homme, je vais enquêter parmi mes gardes, afin de savoir s’ils savent quelque chose.
Je me retrouvai donc en train de suivre Corwin à travers le dédale de couloirs qui composaient l’aile est du palais. Silencieux au début, il finit par se tourner vers moi :
- Finalement, nous n’avons pas été présentés. Je suis Corwin.
Et il me raconta les diverses aventures qui l’avaient ramené en Ambre. Je fus surpris de constater qu’il me racontait apparemment tout en détail, et je le lui dis.
- En quoi cela te surprend-il ? rétorqua-t-il. Nous sommes visiblement face à un problème très complexe, et chacun des membres de la famille devrait être prévenu. D’ailleurs, à ce propos, si ce que Random m’a dit est exact, tu es le fruit des amours de ma sœur Fiona avec le dénommé Mandor ?
Lorsque j’acquiesçai, il reprit :
- En ce cas, as-tu la moindre idée de ce que ce duel ridicule que tes parents, ou du moins leurs images, m’ont fait subir dans la Galerie des Miroirs, représente ?
- Pas la moindre. Mais la Galerie a-t-elle fait, à votre connaissance, pareil tour à une autre personne ?
- Pas que je sache. Je voulais juste savoir si tu avais le moindre indice…
- Non. Et vous, que savez-vous que je ne sache pas ?
Il me jeta un regard de côté.
- Cette bestiole….tu ne nous as pas dit comment elle avait pu rentrer….
Je soupirai.
- Parce que je ne le sais pas. Pas par sorcellerie, ou alors je n’y connais plus rien. La Marelle, il me semble que la place n’est pas suffisante. Par les Atouts ou le Logrus, il aurait fallu connaître mon intérieur, et à part Rhys….
- Rhys Bayle, tu as dit, hein ? Caine a eu un fils avec Vinta ?
- Oui, à ce qu’il semble…il n’a jamais confirmé…ou infirmé. En tous cas pour cette bête je ne sais pas.
- Mm…le mieux à faire serait de contacter tes parents. Mais pas par les Atouts. Je pense qu’il faut que tu marches en Ombre.
Nous nous interrompîmes. Nous arrivions à un palier ; et il m’attribua une chambre vide. Nous entrâmes, et je lui répondis.
- J’y vois deux objections. D’abord, ma mère est partie étudier quelque part en Ombre. Et pas chez elle.
- Contacte donc ton géniteur.
- J’en arrive à la deuxième objection. Je n’ai jamais traversé la Marelle.
Il me regarda fixement.
- C’est vrai, dis-je, ma mère m’a appris à utiliser l’image de la Marelle, y compris pour dessiner des Atouts, et surtout pour soutenir mes sortilèges, mais je ne l’ai jamais traversée…
Il rouvrit la porte.
- Viens, dit-il.
- Que comptez-vous faire, dis-je ?
- Nous allons remédier à cette lamentable lacune dans ton éducation.




Voilà bonne lecture et à bientôt !


Dernière mise à jour par : Gwalchafed le 19/11/05 13:31

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Gwalchafed

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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 17/01/06 13:01
4.
Nous descendions dans les profondeurs du Kolvir, sous le Palais. L’escalier s’enfonçait dans l’ombre, à peine éclairé par la torche de mon oncle. Arrivé en bas, nous arrivâmes à une sorte d’immense salle de garde. Un garde lisait un livre, attablé.
- Bonjour, mon seigneur.
- Bonjour, Rick, dit mon oncle. Tout est-il calme ?
- Oui mon seigneur.
- Bien.
Corwin me guida jusqu’à une galerie qui en sortait. Je savais qu’il fallait compter sept passages sur la gauche, et effectivement au septième, il s’y engagea comme je m’y attendais. J’hésitai quelque peu.
- Tu viens ? me demanda-t-il.
Et il disparut. Je me résolus à le suivre. Nous arrivâmes à la Porte de la Salle de la Marelle. Corwin prit une clef qui pendait à côté de la porte, l’ouvrit, puis me laissa entrer en premier. Il n’y a pas de mot pour exprimer ce que je vis. Sur le sol, couvrant presque toute la salle, flamboyait la Grande Marelle d’Ambre. Elle éclairait la Salle d’une lueur bleutée.
- Bon. Je suppose que ta mère t’a déjà expliqué la procédure ? me demanda-t-il.
- Oui, répondis-je.
- Bien.
Et il ressortit. Je restai seul face à la Marelle. Me souvenant de ce que Merlin m’avait dit de ses capacités, je lui adressai la parole.
- Euh, bonjour.
Pas de réponse.
- Bon, eh bien, je vais vous traverser maintenant.
Toujours rien. Je me rendis au point de départ, et, après une brève inspiration, je posai mon pied sur la ligne. Immédiatement, je sentis comme une décharge électrique et mes cheveux se dressèrent sur la tête. Sans réfléchir, j’avançai le pied suivant, puis recommençai l’opération. La Marelle m’aurait tué si j’avais ne serait-ce qu’hésité un instant. La sensation de vertige qui accompagnait tout ça était franchement désagréable. Mais pas insurmontable, c’était heureux, car je savais ce qui m’attendait ; une bonne chose, car lorsque la sensation m’atteignit, je faillit m’arrêter….c’était le Premier Voile….l’impression de me débattre dans un mur de glue…avancer…avancer…..je brisai le placenta et ma mère m’ensorcelait….Quels gestes faisait-elle ? Je ne pouvais les discerner….étrange sensation…je me débattais toujours dans le Premier Voile, et ma naissance m’apparaissait clairement devant mes yeux….mon oncle Bleys me prenait dans ses bras en souriant diaboliquement. Une autre personne était là, que je ne distinguais pas. Ma mère parlait avec. Je me rendis soudain compte que mon pied allait s’arrêter. D’un effort de volonté, je le remis en mouvement, au ralenti, et le Premier Voile se déchira comme j’émergeai des brumes de ma naissance….J’avançai toujours, la sensation du début, un peu plus intense, n’était plus rien à côté de ce que je venait de traverser….Je revis la mer…le Monde d’Eau de ma mère, les fières coupoles de Burgund lancées vers le ciel à flanc de falaise….Puis de nouveau la sensation d’une immense résistance…c’était le deuxième Voile…déjà ?...Je nageais parmi les poissons étranges, et je remontais…. « Pas si profond, mon fils » me dit ma mère, « Le Léviathan rôde à cette heure-ci. »…Le sar joyeux me dit que non….Mon pied remontait lentement…ne pas s’arrêter….dans la grotte du Léviathan…il me dit les secrets du fond de l’Océan….L’attaque des requins-lézards….Mon bras arraché….Mon père sourit et me lance un sortilège de remplacement. Ma mère lui crie dessus, je ne comprends rien….Ce n’est pas grave, j’avance…..toujours au ralenti…..Esmeralda se penche vers moi et commence à m’embrasser tendrement…Levendor la prend par le bras…….Je souris à ma mère qui me dit de faire mes études en Valinë….Le Professeur Lial me lance un sortilège de Dissipation du Mal et je me dissipe en riant……J’émergeai du Second Voile l’esprit en loques mais heureux. J’étais à présent pris dans les petits virages qui suivent, à gauche, à droite, encore à droite…en cheminant je me demandais si la Marelle était effectivement en train d’enregistrer une copie de moi, ou non….Peut-être qu’elle ne le faisait pas à tous les coups, sait-on jamais….Je me rendis soudain compte que ce genre de pensées ne me ressemblait pas….Je jetai un regard surpris aux alentours, et eus la vague impression que les flammes bleutées se teintaient d’un léger pourpre…Je continuais d’avancer, stockant l’information dans un coin de ma mémoire. J’entamai tout de même la Grande Courbe avec le cœur léger, me demandant ce qui allait bien pouvoir surgir lors du Voile Final. Un pas, un autre pas….Toujours l’impression d’avancer dans une boue épaisse…Ayant soudain une lubie, j’appelai à moi le Signe de la Marelle. Il apparut devant moi, tremblotant comme sous l’effet d’une forte chaleur, et me permit tout à coup de voir exactement où commençait le Dernier Voile. Je souris, et pressai un peu le pas, au prix d’un effort énorme….un pas….un pas….encore un pas…J’entrai brutalement dans le Dernier Voile…..Mon père me fit avancer dans le grand Hall de Thelbane… « Bonjour, Votre Majesté », dit-il. Swayvill, sous sa forme démoniaque, me regarda d’un air déçu. « Bonjour, jeune homme, quel âge avez-vous ? » « Huit ans, Votre Majesté », dis-je, intimidé…Il me sourit…. « Mandor, tu as très bien fait…Montres-le à Suhuy »…. « Qui est Suhuy ? » demandai-je à mon père en sortant…. « Plus tard, mon fils », me dit mon père d’un air grave….Encore un pas….Mon père m’emmène sur la Lisière…Les Plongeurs de l’Abîme ont interrompu leur travail pour la première fois depuis des générations….Un jeune homme brun s’approche… « Merlin, voici mon fils Finn, » lui dit mon père. Je baisse les yeux….Merlin me prend à part… « Je vais t’apprendre à te méfier de tout le monde », me dit-il….Son histoire me fascine…. « Je m’attends à une confrontation avec ton père », me dit-il …Je repars avec mon géniteur… « Merlin doit accepter le Trône »… « Et s’il ne le veut pas ? »…Un sourire… « J’ai des amis très puissants »….Je m’inquiète pour mon cousin/oncle…….Encore un pas…Un homme aux cheveux pâles parle à mon père….un pas…un pas….Une licorne passe dans mon rêve, à Valinë….un pas ... je souris….
Je m’effondrai, en sueur, au centre de la Marelle. Il me fallut, je pense, dix bonnes minutes pour reprendre mon souffle. Un brin d’euphorie me parcourait. Je l’avais fait. Souriant, je pensais à mes ennemis. J’avais désormais une arme de plus, un élément de surprise. Fermant les Yeux, je demandai à la Marelle de me transporter chez mon père, aux Passes de Mandor.
Instantanément, je me retrouvai dans son bureau. Au milieu des étagères, sur un canapé, mon père me regardait attentivement.
- Comment as-tu fait ?
Je souris.
- La Marelle ?
Encore un sourire. Son visage se fit l’écho du mien.
- Je suis fier de toi, mon fils. Qu’en a dit ta mère ?
Je me renfrognai.
- Elle n’était pas là. C’était…disons une mesure d’urgence…
Il leva un sourcil.




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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 29/01/06 14:06
Il leva un sourcil. Je lui expliquai en quelques mots mes problèmes récents, sans toutefois lui raconter l’histoire de Corwin.
- Et tu penses qu’il s’agissait vraiment de Corwin ?
- Random avait l’air de le croire, en tout cas.
Son regard se fit distant.
- Alors il est revenu. Je me demande si…
Il s’interrompit.
- Père ?
- Rien, déclara – t –il. J’ai un certain nombre de choses à effectuer…disons qu’on se retrouve à Rougeciel ?
- Quels sont vos plans ?
- Tout d’abord, tu dois effectuer la Traversée du Logrus.
- Déjà ! m’exclamai-je.
- Oui, dit-il. Tu es à présent un pion de la Marelle uniquement. Elle a lu tes pensées, va influer sur tes actes, va chercher à t’attirer dans son camp.
- Et vous voudriez que je devienne aussi celui du Logrus ? Et d’abord, pourquoi la Marelle voudrait-elle se servir de moi en particulier ? Que savez-vous que j’ignore ?
- Tu es mon fils. Et celui de ta mère. Sans le Pouvoir des Signes, tu es déjà un grand sorcier. Mais avec celui-ci, tu seras un atout maître – sans mauvais jeu de mots.
Je scrutai son visage, attentif au moindre signe de mensonge. Mais, comme à son habitude, il m’offrait un visage ouvert. Je n’osai tenter sur lui une sonde de vérité. Je l’avais fait étant enfant, et le souvenir de sa colère me brûlait encore l’esprit.
- Je dois voir Suhuy, me dit-il, pour effectuer certains préparatifs.
- Bien, dis-je en me levant. A Rougeciel, alors. Mais je ne suis pas sûr que…
- Tu es en sécurité ici, me dit-il.
Je grommelai une vague réponse, et sortit dans le couloir, que je parcourus. Au bout de deux ou trois mètres, je me retrouvai face à un tableau de démon grimaçant. Un vieil ancêtre. Je me tournai, et traversai le mur de droite, pour me retrouver dans mes appartements. Ceux-ci se trouvaient à plusieurs milliers de kilomètres du bureau de mon père mais ici, aux Cours du Chaos, le tissu de la réalité était tellement fin qu’un tel déplacement était possible.
De ma chambre, je me déshabillai puis passai à la douche, allumant le flux de soufre avant de me rendre compte que j’avais oublié de prendre ma forme démoniaque. Le soufre brûlant m’arracha un cri, mais la transformation avait déjà commencé, et la douleur disparut rapidement.
Je m’interrogeais toujours sur ce paradoxe. Si je me lave sous forme démoniaque, puis me retransforme, je me retrouve propre sous forme humaine. Etait-il possible de se transformer directement d’une forme humaine sale à une forme humaine propre ? Le genre de pensées inintéressantes qui jaillit toujours sous la douche.
J’en étais là de mes réflexions quand un discret bruissement m’annonça qu’un visiteur se présentait à ma porte. Je sortis de ma douche, enfilai des couvre – écailles, et allai ouvrir.
- Bonjour, Maître, me dit la forme humanoïde bleutée qui se tenait devant le seuil.
- Bonjour Shmill, comment vas-tu ?
- Tristement, me dit-il. De sombres choses se préparent, et je vois planer au-dessus de votre tête de très mauvais présages.
J’eus un demi-sourire. Shmill était un Voyant, un démon des Cercles Inférieurs avec un faible don de vision d’avenir. Un jour, il m’avait prédit un accident et qu’un grand froid s’emparerait de moi, et je m’étais renversé une glace dessus. Toutes ses prévisions avaient toujours été du même acabit.
- Que veux-tu ?
- Une personne demande à vous voir.
Je levai un sourcil intrigué.
- Qui donc ?
- Une…personne. Je ne peux pas dire.
Je m’introduisis dans son esprit, triant les prédictions minables pour trouver l’information. Il pouvait être intéressant de ne pas être surpris par l’identité de cette personne. Cela pouvait même me permettre de me préparer à un quelconque piège.
Soudain, son esprit devint brûlant. Il hurlait. Je me retirai aussitôt.
- Maaaaaaaître ! Maaaaaaaître !
Je le calmai. Quiconque voulait me voir devait vraiment tenir à être une surprise. C’était un sort d’oubli à seize liens. Si je voulais fouiller vraiment l’esprit de Shmill, il me faudrait le lobotomiser, et risquer de l’être moi-même par la même occasion.
- Je suis désolé, Shmill. Je ne voulais pas te faire de mal.
Il me regarda avec un air triste. Je trouvais cruelle la manière terriblement rapide avec laquelle je redevenais un véritable habitant des Cours à chaque passage chez mon père. Je dissipai sa douleur d’un geste, lui faisant oublier mon acte. Encore une habitude très chaotique de traiter les employés de maison.
- Je te suis.
Chemin faisant, je décidai de préparer mon esprit à un éventuel duel, intégrant le Signe de la Marelle de manière plus violente dans mes sorts défensifs et offensifs. Nous prîmes un couloir, obliquant à travers des tentures. Puis Shmill évoqua une transparence, une sorte de pont de cristal, qui nous déposa, pour autant que mon Sens de l’Ombre put m’en aviser, dans une maison non loin de Thelbane, le Château des Rois du Chaos.
Cette maison ressemblait, de l’intérieur, à un vieux manoir gothique. Des gargouilles démoniaques déversaient du feu à l’intérieur de la maison, dans des espèces de vasques qui ne se remplissaient jamais. Des étagères pleines de poussières et de toiles d’araignées se dressaient à chaque recoin de couloir, et derrière l’une d’elles je cru voir une araignée grande comme mon poing. Puis nous entrâmes dans une pièce sombre et grande, vaguement éclairée par un chandelier. Au fond de cette pièce, une espèce de trône, sur lequel était assis une femme. A côté d’elle, un homme jouait négligemment avec un poignard. Instinctivement, je me retransformai en mon moi humain.
- Regardez, dit l’homme. Le jeune loup connaît la politesse…
Je continuai de m’approcher, ne disant mot. Je connaissais cet homme. Il avait les cheveux noirs, une petite barbe bien taillée, le teint basané, les yeux sombres. C’était un de mes oncles. Je ne connaissais pas la femme, malgré son évidente ressemblance avec lui. Grande, les cheveux noirs, elle avait elle aussi le teint basané, mais avec des reflets verdâtres par moments. Son visage était magnifique, sans âge particulier ; on aurait dit qu’elle avait entre trente et cinquante ans. Mais ce sont ses yeux qui attiraient le plus l’attention. Non seulement l’iris était bleu, mais la prunelle aussi, ce qui leur donnait un éclat étrange.
- Caine, dit-elle, veux-tu avoir l’obligeance de faire les présentations ?
Je regardai le père de Rhys.
- Voici Finn, Prince de Burgund, de la Maison de Sawall et de celle d’Ambre, fils de Mandor de Sawall et de Fiona, Princesse bâtarde d’Ambre, Sorcier émérite, et récemment, semble-t-il, Maître de la Marelle…Finn, voici ma mère Faiella, Reine d’Ambre et de Tir-fo Thuinn, de la Maison Barimen.


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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 31/01/06 20:14
Coucou la surprise:D (et encore un pinaillage généalogique: d'après mes sources ("L'Univers d'Ambre" chez Denoël), la mère de Caine n'est pas Faiella mais Rilga. Ou est-ce que tu nous prépare encore une surprise:? ?)
En tous cas, je suis avec attentionB)


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Je n'irai, plus tard, ni au café perdre ma santé, ni aux courses perdre mon argent, ni au cinéma perdre mon temps à voir des films dont les héros sont des voleurs et des assassins dignes de mépris.
(Extrait d'un manuel de morale à l'usage des classes, première moitié du XXe siècle)

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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 31/01/06 20:17
:D MUHAHA !

Tes sources se basent sur pentalogie de Merlin CAR.......si tu suis les explications de Corwin à Ganelon dans les Signe de la Licorne si je me souviens bien, Faiella est bien la mère de Caine, et elle est censée mourir en couches pour Deirdre, je crois bien....

Mais ce n'est pas fini...


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   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 31/01/06 22:52
5.
Décidément, j’allais de surprise en surprise. J’étais en face d’une ex-femme supposée décédée de mon grand-père….Vaguement sur mes gardes, je scrutais leurs visages, attendant la suite. Cela faisait deux résurrections en une minute, sans compter que trouver un Prince d’Ambre au milieu des Cours du Chaos était plus qu’incongru. Ne les voyant ni l’un ni l’autre décidés à entamer la conversation, je me lançai :
- Enchanté, lâchai-je d’un ton las, que me vaut l’honneur ?
Caine grogna mais Faiella sourit.
- Bien, dit-elle, je vois que tu es décidé à nous parler.
- Quitte à être là, disons que je ne vois aucune raison de ne pas laisser la curiosité me guider un peu. J’avoue bien volontiers ne pas être très à l’aise, mais je ne suis pas sûr que l’inimitié qui régnait entre vos deux personnes et ma parentèle proche puisse s’étendre sans raison à ma personne.
- Voilà qui est parlé. Mais ne reste pas debout, prends place, je t’en prie.
Une chaise était apparue derrière moi. Je m’assis donc, en prenant bien soin de tourner légèrement la chaise afin d’embrasser la plus grande partie de la pièce du regard.
- Comme tu t’en doutes, commença-t-elle, nous ne t’avons pas simplement fait venir pour parler de la pluie et du beau temps. De grandes choses sont à l’œuvre, et tu risques sous peu de devenir soit une aide soit un obstacle à nos projets.
- Continuez, lui dis-je.
J’étais bien décidé à savoir de quoi il retournait.
- Connaissant ton père de réputation, il est facile de deviner quel sera son prochain mouvement : faire traverser le Logrus à son rejeton. Non, ne dis rien, ajouta-t-elle avec un sourire, je n’ai besoin ni de ta confirmation ni de ta dénégation. Il importe juste que tu saches qu’une fois que tu auras traversé le Logrus, le choix est plus large que tu ne peux l’imaginer.
- Que voulez-vous dire ?
- Tu as parlé à Merlin récemment. Ses…mésaventures avec les Puissances ne te sont pas inconnues…
- Effectivement.
- Merlin a apparemment calqué sa conduite sur une ligne qui le conduit à louvoyer avec plus ou moins de grâce entre Marelle et Logrus. Mais il est en fait possible d’agir contre ces deux Puissances, au lieu d’agir malgré elles.
- Continuez.
- Cela remonte à l’époque de mon mariage avec Obéron. Nous avons vite remarqué, mon époux et moi, que les Signes jouaient joyeusement avec nos existences. Nous avons donc cherché à nous affranchir de leur influence…Cependant, il devint vite évident que cela nous était impossible. Elles agissaient alors à nos côtés, commandaient les faits et gestes de nombre de nos amis, jamais directement, mais toujours puissamment. Il nous apparut alors, peu avant la naissance de Corwin, qu’une seule solution s’imposait…les détruire…Mais cette solution était encore plus impossible…
Je réfléchis un instant.
- Si vous détruisiez l’un des Signes, le pouvoir de l’autre augmenterait aussitôt, sans doute assez pour le détruire.
Elle me regarda d’un air pénétrant.
- Effectivement. Cela mit fin à nos projets pendant quelques temps. Mais, lorsque Corwin eut à peu près cinq ans, au cours d’une de nos conversations sur la structure de l’Univers, Dworkin me mit sur la voie. Connais-tu une théorie qui oppose l’ombre et la lumière ?
- En effet, j’en ai entendu parler. Le paradoxe des extrêmes…Qu’est-ce que l’ombre si la lumière n’existe pas ? Et vice-versa….Il est impossible de définir l’un sans l’autre…
Elle me regarda en silence. Je lui rendis son regard. Et, tout d’un coup, je me rendis compte de ce que je venais de dire…Un rire me vint aux lèvres. C’était si simple…
- Ils ne peuvent survivre l’un sans l’autre, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que l’Ordre s’il n’existe pas de Chaos ? Comment décrire le Chaos sans l’opposer à l’Ordre ?
- Exactement. Dworkin – par négligence ou par calcul –, venait de me donner une information sans prix : le Logrus n’existait pas avant le tracé de la Marelle. Le Chaos Primordial n’a aucun lien avec le Chaos que nous connaissons, si ce n’est le nom…
Je restais sans voix.
- Il était donc à nouveau possible de détruire les Signes, tout simplement en effaçant l’un d’eux. Que le sang d’Ambre pût le faire ne faisait alors aucun doute à nos yeux. Mais Obéron, lié Ambre par un serment de roi, ne pouvait le faire. Nous nous rabattîmes sur nos enfants : Corwin et Eric.
Elle ménagea son effet en attirant à elle un verre d’eau subitement apparu sur un bras du Trône. Je suis certain qu’elle ne le but que pour me faire mariner. Peu m’importait. Je digérais lentement ce qu’elle venait de me dire.
- Tout les opposait, reprit-elle. Eric, fort, beau, flamboyant, le Bâtard, et Corwin, l’Héritier, le Rusé, le Subtil…Il est même des Ombres où son seul nom est synonyme d’intelligence. Je ne pense même pas qu’il le sache. Mais Eric était désespérément agréable avec son frère, gentil, attentionné. Petit à petit, par le biais de petits sortilèges, de brimades bien appliquées, nous pûmes les amener à s’opposer, puis se détester. Nous voulions que la haine de Corwin pour son frère se déplace petit à petit vers Ambre. Qu’il la déteste. Lorsque Corwin bâtit son Avalon, se prit à l’aimer, nous le laissâmes faire. Entre-temps – une ombre passa sur son visage – j’avais dû laisser ma place à cette…à Clarissa, se rattrapa-t-elle. Obéron avait en effet vu à Tir-na Nog’th qu’il fallait que d’autres enfants lui naissent de cette rouquine pour que notre plan aboutisse. Enfin, c’est ce qu’il a toujours prétendu. Puis vinrent les heures sombres des Guerres des Aiguilliers….lorsque nous fûmes attaqués, Obéron et ses généraux sacrifièrent volontairement Avalon, afin que Corwin puisse enfin commencer à haïr sa cité natale et sa raison d’état.
Son visage se rembrunit.
- Mais nous étions allés trop loin. La haine de Corwin pour son frère n’avait plus de limites. Il croyait qu’Eric avait délibérément poussé Obéron à ce sacrifice ; et, avant que nous n’ayons pu réagir, ils s’étaient affrontés. Laissant Corwin mourir sur une Ombre quelconque, Eric se retrouva seul en Ambre…vainqueur. Et c’était le mauvais fils.


Dernière mise à jour par : Gwalchafed le 30/06/06 22:30

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Pourquoi vous regardez ca ?
Membre Chaos Elite Troops   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 01/02/06 11:28
Citation :
Gwalchafed dans une contemplation à Dlul a dit:


:D MUHAHA !

Tes sources se basent sur pentalogie de Merlin CAR.......si tu suis les explications de Corwin à Ganelon dans les Signe de la Licorne si je me souviens bien, Faiella est bien la mère de Caine, et elle est censée mourir en couches pour Deirdre, je crois bien....

Mais ce n'est pas fini...


bonne reprise effectivement mais :
je suis d'accord avec Gérald
Faiella est la mère de : Corwin, Eric et Deirdre
la mère de Caine est bien Rilga ... :D


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pour suivre ma moitié, je me vois bien actionaire de la pétroléum bazooka, ou/et des pétroles yoblémites :D :D :D

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Gerald

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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'L'Héritage des Ombres' a été posté le : 01/02/06 21:33
Bah, je n'ai pas mes romans d'Ambre sous la main, mais maintenant que Gwalou le dit (et après avoir retrouvé l'arbre généalogique que j'avais commencé à griffonner en lisant le cycle), il me semble qu'en effet Zelazny a donné deux versions contradictoires: dans un premier roman Caine est le fils de Faiella, dans un second c'est le fils de Rilga. Et que tout simplement il ne s'est pas relu entre les deux:)

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Je n'irai, plus tard, ni au café perdre ma santé, ni aux courses perdre mon argent, ni au cinéma perdre mon temps à voir des films dont les héros sont des voleurs et des assassins dignes de mépris.
(Extrait d'un manuel de morale à l'usage des classes, première moitié du XXe siècle)

Karolinus sum.


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