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JWRK

Chaos Legions



-= Chaos Legions =-
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Inconnu  Age : ???
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Pourquoi vous regardez ca ?
   Poésies de morne renom a été posté le : 18/05/05 10:03
Ce sujet continue le précédent : Poésie réactionnaire.

AMOR A NOCTE

Le soir, quand je reviens de mon jour éternel,
Portant sur mes épaules le poids de ma peine,
Je gravis l'escalier d'un pas las, solennel.

Quand je pousse la porte de ma chambre nue
S'étrangle dans ma glotte le sursaut charnel
Des larmes que mon cœur a longtemps retenues.

C'est ce pesant fardeau, ce déchirant aspect,
Cette haire invisible, et atroce, et ténue,
Qu'a supporté tant d'heures mon courage épais.

Et il s'en faut de peu, quand le repos bien même
Se présente à mon sang que le malheur frappait,
Qu'il ne me jette à terre, à genoux, les joues blêmes.

Mais d'un dernier élan quand je franchis le seuil,
M'attends cette voix chère, cette ombre que j'aime,
Douce comme le sol, noire comme le deuil.

Et je pose mon front sur son giron de mère
Où peux-je enfin pleurer sans crainte et sans orgueil
Pour l'instant infini de la nuit éphémère.

Elle seule connaît, elle seule comprend
L'escadron dévasté de mes vieilles chimères
Et combien ma tristesse et mon amour sont grands.

Elle seule connaît chacun de mes naufrages,
Mes rêves chavirés et ce sanglant estran
Qu'un ressac quotidien au fond de moi ravage.

Elle seule aussi sait ce que chaque an passé
A marqué d'amertume au secret de mon âge
Et mes tâches que rien ne pourra effacer.

Elle se souvient seule de chaque blessure
Et quand nous nous tenons proches et embrassés
Ses doigts doux sur mon cœur parcourent ses fissures.

Lors elle est la fontaine et la source où je bois,
La bouche qui apaise et enfin me rassure,
Le havre retrouvé par mon âme aux abois ;

Lors elle est le calice où ma douleur s'étanche
Et l'abri isolé au cœur des sombres bois
Où brûle un feu joyeux de sa lumière blanche.

Je peux enfin puiser le repos, le sommeil,
Dans sa bouche de fièvre où ma lèvre se penche,
Comme breuvage pur, et tranquille, et vermeil.

Et quand, abandonnant chaque soir ses mystères
A mon corps traversé d'un assaut fort et vieil
Elle s'offre, mes bras éperdument l'enserrent !

Nous roulons notre amour dans l'univers géant,
Où nous nous étreignons comme flammes légères,
Abreuvés l'un de l'autre, assoiffés de néant.

Oui, j'oublie que ma vie est douloureuse et vaine,
En plongeant dans ton sein familier et béant,
O ma force, ô ma foi, ô ma fougue, ô ma Haine !


Dernière mise à jour par : JWRK le 18/05/05 10:09

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Nosferaton

Vlad Gratùl



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Androgyne  Age : ???
Lieu de résidence : Paris 5°

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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 18/05/05 10:51
Superbe, camarade Jean-Wilfried. Superbe. C'est noir, c'est puissant, pesant, les mots coulent et s'enchaînent à la fois. Puisses-tu nous offrir encore des pièces de cette envergure.

--------------------
Liquor ruins country, family and life.

Tamil Nadu state

----------------------------------

<Tabouretomane> t'as surtout pas envie qu'on t'emmerde
<Tabouretomane> comme tout le monde, certes
<Tabouretomane> mais un peu plus quoi


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JWRK

Chaos Legions



-= Chaos Legions =-
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Inconnu  Age : ???
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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 26/05/05 13:17
Cela tombe mal, vil matheux rongeur, la pièce suivante ne va pas te plaire. Je n'en suis pas tout à fait satisfait moi-même, mais j'ai envie de passer à autre chose.

ACROSTICHE A MA FACON


Hyperboréens fous, par monts, par vaux, par champs,
Heliotropiquement tournez-vous vers mes chants.

Lisez dans mon propos très encyclopédique
Bellement l'exposé du tableau périodique,
Bornant tout de mes vers à leur commencement,
Car chacun symbolise un nouvel élément
Noté par quelque lettre, assoté caractère,
Oxymorons rimés, ces célèbres mystères,
Flux de vers, je l'espère, aisé à retenir,
Ne peuvent que venir en aide aux souvenirs.

Naaguère un grand lettré, et non pas sot de même,
Magnifia le calcul dans un bien beau poème,
Allumant le flambeau de son style épuré,
Si lisse, pour decrire ce nombre adore,
Phonétiquement "Pi", rapport fameux du cercle.
Sous ce jeu sémillant, sous ce précieux couvercle,
Clos fort habilement, se sublimait l'esprit,
Arrt de dissimuler, qui demeure sans prix.

Kyrielle potaséee que la flame métrique
Cacalcina et durcit comme de lourdes briques,
Sccandé par l'écolier, ce célèbre quatrain
Titre son anonyme auteur le duc d'Entrain !
Va-nu-pied ou héraut, ce savant que j'encense
Croque aujourd'hui le fruit de nos reconaissances
Mangue, ananas ou bien coing douceâtre et somptueux.
Fervent admirateur du spectre majestueux,
Cobra cabré, sans dire de sa voix subtile
Ni qu'elle est dépassée, ni qu'elle est inutile,
Cuidant bien faire, j'ose brander l'étendard
Zinzolin, à mon tour, de la science faite art.
Gallament, mon projet, à ce céleste exemple,
Germa comme une acanthe aux colonnes d'un temple,
Arsenal atomique que j'avais souhaité,
Sel aussi de mes jours au devoir trop prêtés.
Brrodant sur ce dessein, je brandissai mon glaive,
Kriss sacré qu'en l'honneur d'un grand Russe j'élève.

Rubans de prosodie, j'attrapai mes buccins,
Strombes puissants, afin d'y faire un choix succinct,
Y triant les meilleurs, agrémentés de gemmes
Zircons et améthystes, instruments que j'aime
Ni obscurs ni voilés dans leurs timbres violents.
Mols souvent, mes poèmes doivent leur élan,
Technqiue bien connue, à de fameux modèles
Rutilant exemplaires sous mes yeux fidèles.
Rhodes n'en connut pas pour son fameux géant,
Paladin de granite, de moins mécréants.
Argile encore intacte, ma stance hésitante,
Cadeau de quelque muse à la voix chevrotante,
Indexa le cumul de ces inspirateurs,
Snob soutien qui est un des atouts de l'auteur :
Sbire vif, nanti moine, Ronsard le poète ;
Tel quel, Péguy, loyal et blessé à la tête;
Ibbsen, qui, haut d'un siècle, jour de l'esprit, point ;
Xeénophon enfin, homme revenu de loin ;

Ces images sacrées m'ont inspiré, mes frères,
Barissant dans mon âme, un message prospère.
Lanterne de l'esprit, joyeux colifichet,
Cerf-volant décoré, son aimable crochet,
Pratique, est à la fois hameçon et paterne.
Né ode, ce poème, issu d'une baderne
Promettait d'apporter conaissance et ennui.
Sa mauvaise écriture sacrifia mes nuits,
Eurythmique et pourtant bancale, fruit cynique ;
Gadès, soumise au joug des tyranneaux puniques
Terre bistre, n'eut pas de plus rude tourments.
Dystqiues fabuleux, des vers drus par moments,
Holocauste sans fin, transperçaient mes méninges.
Ere banale, atroce, où j'hurlai comme un singe !
Thulé m'eût apparu un havre moins amer.
Y terminai-je bien mon parcours sur les mers,
Luttant contre les vents d'absurdes initiales ?
Ha ! fouetté par leur houle aux affres si spéciales,
Tant à l'érudition j'aspire au plus haut point,
Wotan nouveau, mais hautain sténographe point,
Rheteur, je commandais aux éléments en maître,
Osant aux cieux fixer, comme Noé l'ancêtre,
Irisé de diamants, l'arc de mes illusions.
Plat ils m'apparaissaient jusqu'à la dérision,
Au retour du périple, les chemins et sentes !
Hagard, un mercredi, je dévalai la pente,
Thalweg long, qui menait à mon but apercu.
Plombure de mon rêve, l'esthète cossu
Bissa en moi l'écho de ma grande aventure.
Poltron mais cependant de vivace nature,
Asthénique et violent, mais plus sot que méchant,
Radrieux, non sans regrets, j'avais fini mon chant !


Dernière mise à jour par : JWRK le 01/08/05 09:55

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Myan

Mercenaire du Chaos



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Homme  Age : 38 ans
Lieu de résidence : Longjumeau

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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 27/05/05 15:17
je trouve ça atomiquement sympas. Non sans plaisanter je trouve que l'idée est très bonne.

Dernière mise à jour par : Myan le 27/05/05 15:48

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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 01/08/05 09:57
Sonnet de sonnets (1/4)

-I-

J'ai su enfin trouver la conclusion heureuse
Des combats où mon cœur s'était trouvé peiné.
Sur ses cendres calmées un grand silence est né,
Plein d'une solitude sereine et nombreuse.

Mon amour a rejoint la profondeur terreuse
Du sépulcre modeste et du tombeau fané,
Près des plus vieux tombeaux de mes chagrins aînés
Où reposent en moi mes fois malencontreuses.

Ce gouffre, le passé fidèle et inconnu
Où tout va et d'où rien jamais n'est revenu
A saisi pour toujours leurs larmes acérées ;

Pour couvrir à jamais de son manteau glacial,
Proches et loin de moi, dans leur repos nuptial
Ma douleur favorite et ma joie préférée.

-II-
Puisse-t-il bien dormir sous l'immense drap blanc
Que lui fait en tombant la neige solitaire,
Cet amour, et qu'enfin, sous ce dernier parterre,
Sa nuit soit moins fébrile et son jour moins tremblant.

Qu'il songe sous son marbre aux caprices sanglants
Qu'à ses pleurs a mêlé un immense cratère,
Ou aux serments maudits que ses frayeurs prêtèrent;
Et qu'il n'en souffre pas, tranquille et somnolent.

Telle au fond de l'abîme une sinistre épave
Songe couchée aux flots que brisait son étrave
Quand les grands vents du Nord caressaient ses gréments ;

Qu'il demeure allongé dans la profondeur noire
Apaisant sa douleur immense et dérisoire
Dans l'éternité sombre et l'infini clément.

-III-
Il rêvera peut-être aux aguets vigilants
Qui ne lui révélaient que de plus durs mystères
Ou des traits arrogants et du visage austère
Qu'il prenait pour masquer ses désespoirs violents.

Car les affreux éclats de leur feu, en hurlant,
Font trembler l'audacieux et l'orgueilleux se taire
En détournant les yeux des beautés de la terre
Par crainte d'y jeter des regards insolents.

Ma vie aura été de ces pavillons braves
Que le vent fait claquer tandis qu'il les délave
Et qui battus par lui s'étiolent doucement.

Comme eux, flamme mourante et lassée de la gloire
Sur le sol, déchirée, est tombée mon histoire
Trouvant enfin la paix dans ce déchirement.

-IV-
J'avais pourtant franchi des bourrasques affreuses
Au temps où dans la nuit mon visage cerné
Ne discernait au loin que des parcours bornés
Et près de lui le vol d'Erynies ténébreuses.

Ma dérision, alors, craignant d'être peureuse,
Sur mes tristes passés n'osait se retourner
Et, pleine d'un courage et d'un orgueil bernés
Crachait aux vents muets ses plaisanteries creuses.

Sifflant à l'alentour comme un rempart ténu
Mes brocards que l'angoisse faisait continus
Ne trompaient que moi-même et ma force altérée.

Car leurs traits empruntés, que j'égrenais cordial
A chaque mot lancé, rieur et déloyal,
Transperçaient ardemment ma flamme aux cieux jurée.



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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 01/08/05 09:58
Sonnet de sonnets (2/4)

-V-
Je laisse désormais à ces nuits dévoreuses
Où tant de fois mes rêves furent enfournés
L'héritage infécond de mon espoir mort-né,
Ses veilles déchirantes et ses faims cireuses.

Je rendrai cette clef de la chambre lépreuse
Où mon joli désir s'est souvent incarné
Reléguant simplement mes tourments raffinés
Aux souvenirs lointains d'une année amoureuse.

J'ai achevé enfin l'inventaire menu
Des jours gris que ces murs ont pour moi contenus
Et ma chute incessante, et toujours empirée.

Ridicule et payé, mon malheur provincial
Ne suivra ni mon nom dans son parcours crucial
Ni la marche guérie de ma vie délivrée.

-VI-
Il est d 'étroits meublés dans ce petit Milan
Aperçu au détour de songes volontaires,
Surplombant les couleurs des humbles éventaires
D'une rue sinueuse et vieille de mille ans.

Une incommode chaise, un grabat brimbalant
Y ont été laissés par le propriétaire
Et près de la fenêtre un petit secrétaire
D'où s'entend l'appel long des marchands ambulants.

Accablés de chaleurs, les monts lourds qui l'enclavent
Renvoient à la cité des silences plus graves ;
La rue est désertée, et le lointain charmant

C'est dans cette soupente nue et sans armoire
Que j'irai assoupir ma ruine et ma mémoire
Calmé par la nuit bleue et enfin m'endormant.

-VII-
Il est de longs périples de Chine à Ceylan
D'où de braves Anglais autrefois rapportèrent
Des récits de la jungle et de noires panthères
Dans les cacolets lourds de monstres nonchalants.

Les bosquets remplis d'yeux féroces et brûlants,
L'aventure, l'opium, le vol des serpentaires,
Encerclaient la poignée de jeunes militaires
Jetés aux marches d'or de l'Empire branlant.

Les temples effondrés et leurs dieux souriants savent
Encor la brève vie de ces officies hâves
Aux âmes délabrées, aux proprets vêtements.

Ce sont eux qui verront ma fuite et ma victoire
Sous l'arbre, au long du fleuve et sur le promontoire
Que les vignes fleuries recouvrent de sarments.

-VIII-
Il est au pays d'Auge des vallées ombreuses
Où jamais un touriste ne vient séjourner.
N'y passent que l'oiseau frileux pour hiverner
Et de douces rosées, vagabondes pleureuses.

La terre y est paisible, froide et généreuse,
Douce aux creux des labours par l'homme sillonnés,
Féconde dans le bois à l'ombre abandonné
Que traversent le lièvre et la sente pierreuse.

La ronce y fait pousser ses grands osiers cornus,
Et auprès des ruisseaux dresse ses troncs chenus
Entre la prairie douce et la berge arborée.

C'est ce parage ancien, champêtre et proverbial
Où ma débâcle, au long de son bois abbatial,
S'arrêtera enfin dans ses claires orées.



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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 01/08/05 09:58
Sonnet de sonnets (3/4)

-IX-
Mais enfin, dédaignant ces lieux inhabités
Où j'avais dans l'exil vaincu ma solitude,
Je reprendrai ma place dans la multitude
Immobile à grand bruit comme un lac agité.

Je reverrai les rues de mes chères cités
Pleines de mes conforts et de mes habitudes
Et leur peuple aux cent voix que dans ma lassitude
J'ai longtemps voulu fuir sans pouvoir l'éviter ;

Et leurs lilas flétris que le vent désagrège,
Leur nuit éblouissante et leur jour court et grège
Qui me ballotteront comme un humble fétu.

Là, le bonheur est las et la chanson qui pleure
Répétée à l'envi n'est que folklore et leurre.
L'amour d'un clame gai y sera revêtu.

-X-
Assis auprès de moi, silencieux invité,
Lors des longues soirées consacrées à l'étude,
Goguenard et charmant, sans aucune hébétude,
Il épiera ma vie dont le feu l'a quitté.

Dans le bruit de mon pouls toujours précipité
Ou le silence nu des sévères quiétudes
Il surgira, enfant cruel des désuétudes,
De l'ombre ou de la lettre qui l'ont abrité.

En vain, pas après pas, dans la nuit le fuirai-je,
En vain je prierai Dieu que ma peine s'abrège,
Il sera là toujours, cruel, souriant, têtu.

Et jusqu'à mon chevet, sans s'apaiser une heure,
Il restera, sans bruit, dans l'ombre qui m'apeure
En répétant les mots qu'à jamais j'aurais tus.

-XI-
Ni les amis bavards, ni la désinvolture
De l'ivresse et des jeux aux familiers décors
Ne sauront éloigner ce cupide recors
Qui viendra réclamer mes sanglots en pâture.

Comme un mort éveillé dedans sa sépulture,
Et qui appelle, et hait, et souffre et meurt encor,
Son nom ressurgira du profond de mon corps
Pour trahir de mon cœur la maussade imposture.

Son nom, né dans l'orient désertique et sacré
Tel une arche de feu où l'Horeb s'est ancré
Sera une âpre gloire, un long fardeau d'errance ;

Embrasant sans pitié à ses obscurs tisons
Mon âme dévorée qu'aucune guérison
N'a vraiment soulagée de sa pâle souffrance.



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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 01/08/05 09:59
Sonnet de sonnets (4/4)

-XII-
Je croirai devant moi vivant et matériel
Le reflet de sa chair que les rêves m'apportent
Et je croirai souffrir un rêve d'autre sorte
Envisageant ses yeux et sa peau blanc de ciel.

Ô ma place de grève, ô feu sacrificiel !
Les fureurs et les cris me serviront d'escorte
Et ton front couronné par une aurore morte
Abreuvera ma voix de murmure et de fiel.

Tes pas réveilleront, vifs et courts sur la dalle
Mon cœur tout résonnant de ta botte vandale.
Me vaincra de nouveau ton visage étranger.

Et reviendront les gestes familiers, pénibles,
De sa face penchée ou de ses doigts flexibles,
Toujours parcimonieux, silencieux, inchangés.

-XIII-
Mais enfin, naufragé par les flots torrentiels
Cent fois, cent fois jeté par la tempête accorte
Vers la perte pleurée de ma fiancée forte
Entre les comptoirs gris, ces ports providentiels ;

Aventurier blêmi des sud pestilentiels,
Vagabond ombrageux, conquistador d'eaux-fortes
Sur les fleuves carmin, crevés comme une aorte
Mêlant le sang à l'eau et le poison au miel ;

Egaré dans ma vie comme au long d'un dédale
Ou dans les souterrains d'une tours féodale,
Je m'enfuirai soudain vers de nouveaux dangers.

Et poussé par les vents aux râles inaudibles,
Tels un fauve sautant sous les traits qui le criblent,
Mon espoir cinglera les lointains orangés.

-XIV-
Chérie enfin en moi une autre créature
Parlera par cent voix teintées d'un unique or
Et dans mon cœur lassé fera trembler l'ichor
Estompant les malheurs de l'ancienne aventure.

Lors, gagnant, pour sortir de l'infinie torture
Le combat insondé tout festonné d'accords,
Lors, taisant dans ma foi l'écho grave des cors
Je me parjurerai pour une aimée future.

J'enchaînerai pleurant mes espoirs massacrés,
Pour des yeux de cristal, un visage nacré,
Sur le brasier nouveau d'une aiguë délivrance ;

Mariant la nuit au jour ainsi que nous lisons
Dans l'océan des nuits les feux de l'horizon
Sombrant ou éclairés par un élan garance.



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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 01/08/05 10:00
Sonnet de sonnets : un peu de technique

Le procédé du sonnet de sonnet a été suggéré par Jacques Roubaud dans Poésie : (récit) , je l'ai repris et un peu modifié.
Cet ensemble est constitué de 14 sonnets tous formés selon le même modèle classique ABBA ABBA CCD EED. Ces quatorze sonnets forment eux-mêmes un "sonnet de sonnets" de même structure, chaque sonnet étant assimilé à un vers, et deux sonnets "rimant" entre eux si tous leurs vers riment deux à deux.
L'alternance des rimes masculines et féminines est bien sûr respectée, aussi bien dans chaque sonnet qu'entre les sonnets. En clair, les sonnets de type A et D ont des rimes masculines en B, C et E, féminines en A et D ; pour les sonnets de types B, C et E, c'est l'inverse.
Yo.



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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 07/09/05 10:38
LA FERME

C'est un petit taudis posé sur le fumier
Qu'un coq aux grands ergots picore goulûment,
Séduisant et régnant avec pour arguments
La taille et la couleur de son fringant cimier.

C'est d'un oeil vétilleux qu'il toise le fermier
Menant au pré banal paturer la jument
Et, le soir, il accueille les boeufs écumants
D'un cri dont retentit la forêt de pommiers.

Ce despote replet, ce chamarré satrape,
Nargue le chat qui rôde et le roquet qui jape,
Plein de lard et d'audace, insolent et poussif

Comme à ses pieds dorés toute la cour répète,
Face au petit guerrier, en hommage massif,
Inépuisablement le caquet qu'il trompette.



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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 19/09/05 11:06
Le poison chaud, le poison froid,
Tapi cruel sous le vert verre,
Qu'il est doucereux et sévère,
Qu'il contient d'amour et d'effroi !

C'est ma folie tendre qui croit,
C'est le spleen amer des trouvères,
C'est mon foyer et mon calvaire,
C'est le feu vainqueur de ma foi.

Oh, oui, j'aime sa saveur dure,
Ses richesses et son ordure,
Son bonheur mou et excessif ;

Ma mort en lui et ma naissance,
Au gré dissolu d'une absence
Parmi l'offre des corps lascifs.



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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 05/10/05 09:16
My soul is sore and my heart bare
And I long for a new sorrow.
My pain weakens and my joys grow,
My reason dreams and my dreams dare.

Her smile is bold and short and rare,
And I die as she frowns her brow.
Her hair is the wing of a crow,
Her sudden gleams conquer and scare.

Sharp is our fate and dim our fight ;
A destiny has bound us tight,
So that we were helpless and lone.

Yet, she wants no trouble and fled.
O cry, my heart, your love is gone,
And your blood only will be shed !



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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 05/10/05 09:19
A GEORGE R.R. MARTIN

L'énorme sanglier dont il suivait la trace
A renversé Robert sur le sol forestier ;
Et son ventre replet, déchiré à moitié,
Verse un sang ivre encor des fureurs de la chasse.

Son vieux poignard, rougi par sa dernière audace,
Rappelle Jon Arryn et sa longue amitié ;
Et qu'il fit massacrer leurs enfants sans pitié
Quand des Targaryens fous il détrôna la race.

Son visage empourpré murmure un souffle court ;
Sa couronne a roulé dans les silènes lourds,
Et les fauves déjà convoitent sa charogne.

Ainsi meurt, démonté sous ses royaux habits,
Le paillard et vorace et flamboyant ivrogne,
Dont la masse en flots pourpres semait des rubis.


Dernière mise à jour par : JWRK le 11/04/06 14:01

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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 05/10/05 09:24
HIER SOIR

Sur ma tempe pelée, une traîtresse vouivre,
Tord ses anneaux visqueux et nus.
Il me revient des phrases,
Lambeaux d'esprit.

Pourquoi cette couronne, affreux Fafner chenu ?
C'est une chaîne qui m'écrase.
De ses maillons l'écrit
Parfois délivre.

Tes méandres sont froids, et mon esprit s'embrase
D'alliances et d'arts inconnus.
Et je rêve d'être ivre,
J'entends des cris.

Un python veut manger dans ma tête, à tout prix,
Vider la table ronde et rase.
Je vomis pour survivre,
A demi-nu.

Ton venin m'a purgé des flambeaux et des livres,
Et dans ton cercle je péris,
Car je t 'aime et je souffre,
D'un chant menu.

C'est un péril rampant, insidieux et ténu,
Que dans ses trous je peine à suivre,
Quand dans mes mots il rit
Et il s'engouffre.

O mon serpent cruel aux yeux brûlants de soufre,
L'ovale de tes crocs taris,
Dans la rumeur des cuivres,
Est revenu.

Aussi, profondément love-moi à l'abri
Des cycles du feu et du givre,
En ton gosier charnu
Peuplé de gouffres.


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RIMES SYNDIONORMANDES

J'ai deux pays normands, et chacun d'eux m'est cher :
Les côteaux bleus du Perche, et ceux gris de la Manche ;
La glèbe de Ceton, la grève d'Arromanches
Sont mes deux sols natals que gerce le rocher.

Même, mon souvenir semble les rapprocher
Quand un regret lointain tristement s'en épanche
Et montre dans l'abstrait de sa déraison blanche
Leurs contours chevauchés comme un tableau d'Escher.

Car s'accouplent en moi le pâle Calvados
Où mes aïeux sans nombre ont dû courber leur dos
Pour arracher leur pain aux guérets infertiles

Et les noirs champs gibeux du pays percheron,
Où le ruisseau déforme en lacets inutiles
Son méandre courbé comme un grand omicron.



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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 25/10/05 11:46
CONTRESONNET A RIMES SYNDIONORMANDES

Comme s'oublie l'endroit d'une tombe secrète,
Ma terre disparaît de ma mémoire hélas.
O mon foyer sacré, comme tu m'appelas
Rappelle-moi ton nombre ardente et guillerette.

Malheur ! O mon duché que j'appelle et regrette,
N'es-tu donc plus qu'un nom posé dans les atlas ?
Et pourquoi, du sommet des tes clocher, ton glas
Ne s'envole-t-il plus jusques à mes retraites ?

L'abominable exil m'a-t-il pris la patrie
Que vingt ans, sans la voir, j'ai pieusement chérie ?
Il m'en reste le rêve et m'en manque la clef ;

Oui ! No land's man maudit, j'ai perdu ton bocage
Pour toujours, et jaamis ne reverrai tes plages
Comme l'ancêtre roux à la proue de sa nef.


Dernière mise à jour par : JWRK le 03/11/05 13:37

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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 03/11/05 13:36
EN TRAIN

Le flot souple du ciel, opaque et lourd nectar,
S'écoule autour de nous langoureux et morose
Et bien réverbérée par le sol qu'elle arrose
La pléiade murmure un flamboiement bâtard.

Une femme, une fille, au visage de star,
L'oeil bleu, le cheveu noir, le sein blanc, la joue rose,
Me regarde à demi et m'arrache à la Prose
Comme un astre dont l'aube a mille ans de retard.

Et sa splendeur alors m'aveuglant solennelle,
Comme d'un soleil dur je tourne mes prunelles,
Vers la fenêtre sombre où l'aster gris blanchit.

Mais le reflet complice aussitôt me dévoile
Son sourire subtil, charmeur et réfléchi
Dans l'obscur infini tout embrasé d'étoiles.



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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 04/11/05 10:06
HESITATION DEVANT LES ALCOOLS

Comme un soldat, un bon Marine,
Je connais bien mon ennemi
Et si mon coeur m'était soumis
Il souffrirait pour la doctrine
Jusqu'à se brûler à demi.
Mais dans le creux de ma ma poitrine
L'organe mou rythme et serine
L'âpre faiblesse qu'il gémit.

Quoi donc, il n'est pas de parade
Où mes sangs fiévreux bouilliront ?
Et je dégarnirais le front ?
La honte et la peur me dégradent,
Je suis un répugnant poltron.
Quoi ce seraient mes camarades,
Ces gueux qui vautrent sur l'estrade
Leur membre mou, leur ventre rond ?

Ces sanglots où ma voix s'éraille
Ne semblent pas dignes, vraiment,
De ceux que les Commandements
Comblent de dignes funérailles
Car, livrant au feu leurs entrailles,
Tous ces héros insolemment
Hissent, fierté du régiment,
Leur drapeau troué de mitraille.

Et mon sang veule au calme plat,
Cet ichor de lâche et de traitre,
Dilué dans l'encre des lettres,
Le vin, l'eau bénite et le glas,
Ce sang piteux et sans éclats,
Infect de voluptés champêtres
N'est même pas digne peut-être
De tâcher cet étendard-là.



Dernière mise à jour par : JWRK le 21/11/05 11:25

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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 21/11/05 11:24
HOMMAGE EN BOUTS RIMES

Du Parnasse glorieux dévalant les hauteurs,
O source inaltérée, ta flamme coule en fleuve
Et sur sa berge rouge où seul l'aigle s'abreuve
Pleure le barrit noir de maints buccinateurs.

L'Océan, ton pareil aux horizons menteurs
Avait caché Cathay pour que la gloire pleuve
Sur les héros rablés foulant sa terre neuve
En brandissant la croix comme de saints licteurs !

Remous, Meschacébé aux méandres lugubres,
Que d'Osques cisalpins, de Samnites, d'Insubres,
Fis-tu trembler au pas de l'antique éléphant !

O fontaine cinabre, le marbre d'une arche
Erigée au consul mortel et triomphant
Répétera ton nom où s'arrêta ta marche.



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   Réponse au Sujet 'Poésies de morne renom' a été posté le : 02/01/06 14:25
ILLUSION CONJUGABLE D'UN ORDRE ALEATOIRE

2 0 2 0 7 0 7 0
0 3 0 4 0 4 1 3
6 8 0 6 0 8 0 6
0 0 1 5 8 5 9 6
0 0 1 2 4 4 2 1
5 5 0 0 0 9 9 2
3 5 7 3 8 0 2 0
3 6 7 2 8 0 1 2


Dernière mise à jour par : JWRK le 03/01/06 10:04

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