Rayon de soleil

-= Chaos Legions =-
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L'histoire sans titre a été posté le : 04/04/05 03:20
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**DISCLAIMER**
Je tiens à avertir les personnes suscpetibles de lire ce thread que cette introduction a été écrite "comme ça", à savoir que rien n'avait été planifié ou préparé et que certains éléments sont venus se greffer comme ça. Il est donc fort possible que les temps entre 2 bouts soient longs, que le ton change, qu'un jour j'en aurai marre parce qu décidément c'est trop con et bateau comme histoire et que voilà.
Et puis euh, c'est aussi la première fois que je fais lire ce que j'écris, le truc est encore tout chaud sorti de ma tête donc je conços qu'il y aura des critiques mais pataper trop fort s'il vous plait...
Voilà !!
**FIN DU DISCLAIMER**
« Je pars demain ».
Le ton d’Aluna était sans appel. Son père manqua de s’étouffer avec une baie de canneberge et sa mère lui lança le pire regard qu’elle ait jamais vu.
- Pardon ?
- Je pars. Vous savez, je vous en avais déjà parlé, c’est concernant notre formation, on a ce fameux parcours initiatique d’un an et…
- Et on peut savoir pourquoi tu nous annonces ce soir que tu pars demain ?
Sa mère avait pris une grande inspiration avant de poser cette question.
- Parce que je pense que la suite ne va pas vous plaire.
Le regard de son père s’illumina soudain.
- Ne me dis pas que tu pars avec eux !
- Ben si, justement.
Notre histoire commence dans une contrée reculée des terres nordiques. Oui, car toute bonne histoire commence forcément dans un endroit reculé. Si on attaque directement avec des héros niveau 28 issus d’endroits connus et côtés comme Minas Tirith c’est beaucoup moins drôle.
Donc, nous sommes dans la ville de Maglor, énorme bourgade nichée au pied d’une immense chaîne montagneuse. Enorme bourgade est encore un euphémisme. Car sans être une métropole, Maglor a tout d’une grande : la criminalité, les mendiants, les maisons closes et parfois même au printemps quelques spécimens bizarres issus des montagnes proches, cornus et agressifs et qui vont fouiller dans les poubelles en quête de nourriture.
Maglor a bien entendu ses guildes, guilde des voleurs, guilde des mages, Ordre Sacré de la Lumière des Paladins du Grand Œil Qui Voit Tout (vous noterez au passage que le fondateur de l’ordre devait avoir quelques complexes d’infériorité pour mettre un nom aussi grand avec des majuscules partout, mais après tout je ne suis pas psychologue et a priori vous non plus), guilde des mercenaires… Un homme aux idées révolutionnaires à même un jour voulu créer une guilde des mendiants mais ses idées sont tombées à l’eau alors il a décidé d’aller voir ailleurs, là où les gens sont moins psychorigides et aptes à accueillir une guilde des mendiants.
Et ce qui fait en ces lieux la renommée de Maglor, ce sont toutes ses Académies. Les terres du nord sont vastes et les gens peu nombreux. Afin d’éviter trop grande dispersion, les Anciens d’Il y a Longtemps ont décidé que c’était vachement mieux de centraliser les connaissances, et par la même occasion, c’était tout aussi bien de centraliser les gens qui voulaient devenir érudit en quelque art que ce soit. On trouvait donc à Maglor une Académie de magie, une Académie de combat, une Académie de combat de rue, une Académie d’archerie, une Académie de prêtres, une Académie de druides et même une Académie des ménestrels renommée récemment Star Academy.
Toutes les Académies étaient regroupées sur un même campus, ce qui simplifiait les tracasseries administratives, notamment quand un étudiant réalisait que décidément, la guerrierologie c’était pas son truc.
Maglor drainait ainsi des gens de toutes races et de tous horizons, humains, elfes, nains, gnomes et l’on comptait même un illithid dans les rangs de l’Académie de magie, ce qui n’avait pas manqué de susciter moultes interrogations, les illithids étant naturellement dotés de dons sinon magiques, du moins psychiques, ce qui leur suffisait généralement. Or il s’avérait que la créature était née avec l’incapacité d’utiliser ces dons-là, c’est pourquoi ses semblables l’avaient à son adolescence chassé avec force coups de tentacules dans le derrière et la créature était venue à Maglor, car après tout Maglor représentait dans l’inconscient collectif l’idéal de l’humanité et de la tolérance, et il étudiait depuis longtemps à l’école de magie.
Aluna était elle-même une elfe, elle-même étudiante en magie, spécialisée dans l’étude des Dragons et Autres Créatures Reptiliennes Massives (DACReMa). Elle était finissante de cinquième année, et à ce niveau on demandait aux étudiants de partir un an sur les routes afin de parfaire leurs connaissances. Il était vivement recommandé aux étudiants de partir en groupe, car il est bien connu qu’un mago tout seul, surtout à leur niveau, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour arpenter les routes. Toutefois Aluna faisait partie de ces étudiants qui ont à un moment donné réalisé que la guerrierologie s’était pas leur truc, et elle avait donc quelque connaissance du maniement des armes. Une rumeur veut que les elfes soient très forts au maniement de l’arc, mais pour la jeune demoiselle il n’en était rien, elle était une vraie catastrophe. Mais elle maniait l’épée courte avec brio et panache. Quand elle était inspirée elle pouvait aussi faire mouche avec des dagues lancées, mais ça ne marchait qu’une fois sur 3,4 aux dernières estimations.
Il s’avérait qu’elle suivait les cours de tronc commun avec notre illithid de tout à l’heure. Vous me ferez remarquer que j’ai spécifié plus haut qu’il suivait les cours à l’Académie depuis un moment déjà. Non il n’y a pas d’incohérence. Car non seulement notre illithid était dépourvu de tout pouvoir, mais en plus il n’avait que très peu de talent en tant que mage. Mais il essayait fort et c’était malgré tout noté ; il arrivait à deux-trois choses. Aluna aimait bien l’étrange créature et faisait tout son possible pour l’aider. Et évidemment, ses parents ne voyaient pas d’un très bon œil qu’elle ait de telles fréquentations. D’autant que l’illithid s’exprimait un peu bizarrement, le langage parlé n’étant pas l’apanage des flagelleurs mentaux ; ceci dit il avait fait beaucoup de progrès depuis son arrivée en ville et depuis qu’une âme compatissante passait un peu de temps avec lui à lui expliquer des trucs de mages auxquels son esprit était plus ou moins fermé.
Comme vous vous en doutez, l’illithid allait faire le voyage avec Aluna. Il serait donc temps que je vous le présente, il s’appelle Yokhôlle (oui il y a toute une subtilité à prononcer ce nom, dites le premier ‘o’ ouvert et le second ‘o’ fermé avec un accent tonique sur la première syllabe). Mais la compagnie n’est pas bien glorieuse, car Yokhôlle est quand même un mago pourri, disons-le, et de toute façon il n’a jamais appris l’emploi des armes, et Aluna ne peut utiliser en même temps ses compétences de guerrière et de mage. Le groupe serait complété par une troisième personne. Mohoé, Mo pour les intimes. Un humain et meilleur ami d’Aluna depuis qu’ils se connaissaient.
Gigantesque, il était issu du pur cru de la haute montagne, élevé au lait de chèvre et à la viande d’ours. Chaque matin avant de suivre ses cours il partait jogger sur le campus pendant une heure environ, et il recommençait le soir. C’était une montagne de muscle, aussi dur que le roc de la montagne dont il venait. Il était accessoirement major de l’actuelle promotion de cinquième année à l’Académie de magie et possédait un petit chat, qui portait le doux nom de Brutépèce. Lui était venu à Maglor car ses valeurs étaient loin d’être en accord avec celles de la tribu de barbares dont il était issu. Il aurait pu tout à fait plaire aux parents d’Aluna, si ce n’est que ces derniers sont un peu traditionalistes et conservateurs et voient mal comment une jeune personne peut choisir de tourner le dos aux siens. Lui aussi aimait bien la compagnie de Yokhôlle, qu'il trouvait reposante. Et puis au moins l'illithid ne le jugeait pas et ne le traitait pas toujours en premier de la classe.
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Dernière mise à jour par : Saerince le 02/11/05 22:12
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Réponse au Sujet 'J'ai pas encore d'idée de titre' a été posté le : 08/04/05 02:03
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Le père d’Aluna mit quelques secondes à digérer l’information. La mère d’Aluna était furieuse. Après tout ce qu’ils avaient fait, que leur petite fille, leur dernière enfant, parte comme une voleuse, ça la mettait en rage, et encore, c’est peu dire.
- Et je suppose, commença sa mère, que vous êtes fins prêts tous les trois à vous lancer dans la grande aventure. Un fugueur et une pieuvre aussi géante qu’incompétente, voilà qui fait une fière compagnie, prête à affronter tous les périls !
- Ben franchement, rétorqua Aluna, on peut pas dire que la compagnie d’Idhrun et Soumek ait été particulièrement glorieuse… Nous au moins on a pensé à se procurer une tente et des couvertures. Et de l’argent pour le début.
- Ne parle pas de tes frères jumeaux en ces termes, gronda son père. Je te rappelle qu’ils ont réussi leur vie, et brillamment.
- Ah oui, c’est vrai, merci de me rappeler que je suis une incapable, c’est touchant.
- Ah parce que mademoiselle croit que nous ne sommes pas touchés ! s’insurgea sa mère. Non mais regarde-toi, tu te vois avec ces deux individus en train d’arpenter les routes ?
Aluna réfléchit quelques secondes, que sa mère mit à profit pour pousser un soupir d’exaspération, avant de répondre :
- Là tout de suite non, mais honnêtement nous n’avions pas envie de nous prendre la température 107 ans. Tout d’abord parce que Mo serait déjà décrépi et mort depuis longtemps, et ensuite parce que euh… Enfin voilà quoi, de toute façon on est obligé de le faire ce voyage, alors…
- Hé ma fille, relança son père, tu n’es quand même pas obligée de partir avec n’importe qui ! Et puis vous comptez aller où comme ça ?
- Là où le vent nous mènera…
Elle sourit intérieurement devant la mine déconfite de ses parents.
- Non j’déconne, nous pensons nous diriger vers le sud en descendant le fleuve Bajarse (NdlA : les hispanophones distingués auront remarqué comme je manie bien la langue, pour les autres, bajarse veut dire « descendre » ; hein qu’il est original mon nom ?) et entrer dans la forêt de Blûn (NdlA : non là y a aucun jeu de mot linguistique, cherchez pas). Mo dit qu’il y a un cercle de druides là-bas, et il pense trouver des informations sur les créatures des plans extérieurs.
- De la part de druides ?
- C’est ce qu’on lui a dit, mais bon ça peut s’avérer instructif de toute façon.
- Et après ?
- Ben on a trois semaines pour se décider.
- Je vois. Vous avez vraiment bien planifié votre voyage en fait. Je croyais que vous descendiez le fleuve.
- Ouais sauf qu’on n’a pas de bateau, alors on va marcher.
- Jolie équipe.
- Equipe sans trop de moyens.
- Je vous rappelle que le coin est assez sauvage, vous comptez vous sustenter comment ?
- Ben dans un fleuve y a des poissons…
- Et dans une forêt de druides ?
- Je sais pas, on se fera greffer six autres estomacs et on pourra brouter et ruminer… Bon, d’accord, y a bien quelques baies…
- L’hiver se finit Aluna, c’est trop tôt pour les baies.
- Eh ben on emmènera des denrées lyophilisées qu’on gardera pour la forêt, et on pêchera en route.
- Des quoi ?
- Des trucs déshydratés, Mo maîtrise assez bien ce tour, il a toute une réserve de dattes séchées, de patates séchées, d’abricots séchés, de viande séchée…
- Bref, mademoiselle, conclut sa mère, sachez que vous ne partez pas avec ma bénédiction. Et puisque vous n’avez pas encore le grade d’aventurière, je vous prierai de bien vouloir ne pas jouer votre grande dame et débarrasser la table avec nous.
Aluna retrouva Mo à l’une des portes de la ville le lendemain matin à l’aube. Yokhôlle n’était pas encore arrivé. Comme de juste, une pluie fine tombait, car systématiquement lorsqu’un membre d’une compagnie ne part pas avec la bénédiction de ses parents, il faut faire partir la compagnie sous la pluie, un beau soleil levant semblerait déplacé. Oui, cliché powa, et alors ?
- Ca s’est passé comment ? demanda Mo en guise de salut.
- Comme tu t’en doutes, ils ont énormément apprécié la nouvelle. D’autant que comme tout le monde est sensé partir d’ici à cinq jours, en grande pompe et sous les honneurs…
- Ils savent que notre départ est anticipé ?
- Je ne crois pas. Enfin j’ose même pas imaginer mon retour du coup. Le voyage étant supposé durer un an ils m’ont bien spécifié que j’avais intérêt à être revenue dans un an et pas un jour de plus.
Aluna vit soudainement Mo ouvrir de grands yeux ronds en regardant derrière elle. Elle se retourna et vit Yokhôlle arriver, chargé de plusieurs sacs qui tous semblaient bien pleins ; l’illithid ahanait en avançant.
- C’est une blague Yokhôlle, c’est ça ? fit Mo avec le sourire aux lèvres.
Yokhôlle le dévisagea, mi-figue mi-raisin.
- C’est que, bloblota-t-il, pour ce genre de voyage il y a quand même un certain nombre de choses à emmener et…
Il se tut en voyant le regard que se jetaient Mo et Aluna.
- Est-ce que tu penses à ce que je pense ? demanda l’humain.
- Je pense que oui, répondit l’elfe.
Cinq minutes plus tard, Yokhôlle n’avait gardé que le plus grand de ses sacs, le reste – casseroles, livres, timbale et couverts de rechange… – ayant été abandonné à la porte de la ville pour qui voudrait bien le prendre.
Ils prirent la direction du fleuve Bajarse.
Ils marchèrent sous la pluie une bonne partie de la journée, et leurs vêtements s’imprégnèrent de la douce humidité du ciel.
- J’aime pas la pluie, maugréa Aluna
- Personne n’aime la pluie, répondit Mo sur le même ton.
- Vous plaignez pas, rétorqua l’illithid, vous au moins vous n’êtes pas obligé de porter ces fichues robes de mage. La mienne elle traîne et y a plein d’eau qui est montée par capillarité en plus.
Il est vrai que la morphologie particulière de l’illithid l’empêchait de porter des vêtements lambda. Il lui fallait en ville se faire tailler des robes particulière, et vous comprendrez qu’un illithid ne se trouve pas des jobs à tous les coins de rue donc l’argent était rare. Le seul travail pour lequel on ait bien voulu l’employer était un job à la bibliothèque de l’Académie de magie, seulement les week-ends parce qu’il y a rarement autre chose que les chats qui traînent les week-ends à l’Académie de l’école de magie. Tout ça pour vous dire qu’en fait sa garde-robe se montait à quelques robes de mages, type ce qu’on leur demandait de porter à l’académie, et voilà. Et il possédait une unique paire de bottes.
La nuit tomba assez tôt et la pluie tombait toujours. Il n’y avait pas l’ombre d’un abri (les gens qui ont suivi me feront remarquer que la nuit commençait bien à tomber et qu’il pleuvait et que pour l’ombre je peux repasser), ils entreprirent donc de monter la tente en terrain humide et argileux.
Aluna sortit la tente de son sac. Une tente pour trois, ils seraient serrés mais il faut ce qu’il faut hein…
- Quelqu’un a un truc qui s’assimilerait à un marteau ? demanda Aluna.
Silence.
- Tu as oublié ? demanda Mo d’une voix tendue.
- Non j’en avais pas.
- Et tu n’aurais pas pu le dire ? J’en avais un moi !
- J’ai eu comme qui dirait d’autres choses qui ont occupé ma tête.
- Comme ?
- Comme la réaction de mes parents par exemple ?
- Hopopopop du calme, intervint Yokhôlle. On est au bord du fleuve, y a bien de gros cailloux au fond du fleuve non ?
L’humain et l’elfe se toisèrent et détournèrent le regard en même temps. Aluna posa la tente à terre et s’approcha de la rive, ses bottes flotch-flotchant dans la terre humide.
L’eau du fleuve était trouble. Super, pensa-t-elle. Elle tenta de s’aventurer dans le fleuve mais ne pouvait juger de la profondeur.
- Fait attention, recommanda l’illithid.
Sa botte toucha rapidement le fond, et elle assura son équilibre du mieux qu’elle put. Par chance elle sentit quelques cailloux rouler sous ses bottes et fut bientôt munie d’une pierre d’une taille conséquente, assez en tout cas pour faire office de marteau.
Mo s’était approché d’un groupement d’arbustes près de la rive et entreprenait de les démunir de quelques branches. Je rappelle à l’auditoire que notre mage avait néanmoins un physique de guerrier barbare des terres du nord, et il put s’attaquer au démantèlement sans trop de problème.
Tant bien que mal, Yokhôlle et Aluna dressèrent la tente ; l’elfe se dit qu’elle avait décidément bien fait de s’entraîner dans son jardin ; Yokhôlle fut une aide précieuse mais le sol et le temps étaient vraiment pourris…
Ils eurent bientôt un campement presque décent, manquait juste le feu. Le bois n’était pas qu’un peu mouillé…
- Je sais pas, suggéra Aluna à Mo, tu déshydrates la nourriture tu dois pouvoir faire pareil avec le bois non ?
- Pas bête.
Mohoé psalmodia une courte incantation, une étincelle s’agita au bout de chacun de ses index. Effectivement, la tentative fut couronnée de succès. Le bois fut rassemblé en un petit tas ; Mo n’en avait pas récupéré beaucoup, aucun feu ne pouvait tenir bien longtemps par cette pluie. Il sortit ensuite de son sac un briquet.
C’était un briquet spécial. Grand, pour commencer. Il avait la forme d’un dragonnet affalé sur son ventre de tout son long.
- C’est original ton truc, sourit Aluna.
- Et attends, c’est pas le mieux !
Mo dirigea la tête du dragon vers le bois et tira sur la queue d’un coup sec.
Rien ne se produisit.
Il recommença.
Rien.
- Il a pris l’eau ? demanda Yokhôlle ?
Mo secoua la tête, l’air dégoûté.
- Je savais que j’aurais pas du l’acheter en soldes…
A ce moment les habitués me feront remarquer « ouais mais c’est n’importe quoi, ils peuvent lancer une boule de feu (mineure ? ) ». Le fait est que leurs cinq années à l’Académie avaient avant tout été théoriques. Cela prend beaucoup de temps avant de devenir un mage diplômé. Moralité, ils ne maîtrisaient que quelques sorts. Celui de déshydratation avait été jugé comme non dangereux par l’Académie et était donc enseigné. En revanche les sorts faisant appel au feu avaient déjà causés pas mal de dégâts, et l’Académie préférait éviter. Un an sur les routes, ça avait tendance à former pas mal les jeunes, et ils étaient bien calmés à leur retour. Certains l’étaient même de manière définitive et tout de suite c’était moins drôle. Mais à leur retour, les choses sérieuses commençaient.
Bref, c’est le ventre peu rempli de viande séchée qu’ils se couchèrent cette nuit-là.
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Dernière mise à jour par : Saerince le 02/11/05 22:13
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Réponse au Sujet 'J'ai pas encore d'idée de titre' a été posté le : 10/04/05 01:52
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Terrible les enfants, je suis inspirée, voilà que je poste encore !! J'en profite pour remercier Alexandra, qui n'est pas inscrite au forum et n'en a nullement l'intention, pour ces brainstormages à l'arrache dans le bus ; les trucs rigolo (ou pas) viennent autant d'elle que de moi, même si l'histoire ne vient que de moi pour le coup 
Bref voilà la suite
Un bruit et un mouvement réveillèrent Aluna peu avant l’aube (ce qui ne fait pas si tôt que ça, elle ne jugeait de l’heure que par la lumière et les nuages ne s’étaient pas dissipés). Elle avait mal dormi et ce froufroutement l’avait réveillé. Elle se redressa sur son séant et se frotta les yeux. Son mouvement réveilla Yokhôlle qui n’avait pas beaucoup mieux dormi.
- Qu’est-ce qu’il y a ? chuchota-t-il ?
- J’en sais rien, j’ai eu l’impression qu’un truc bougeait et…
Elle se tut. Le froufrou avait recommencé et elle avait spotté sa provenance : un truc avait remué dans le sac de Mohoé. Elle saisit délicatement son épée courte (ben oui elle avait quand même pensé à l’emmener, et non ça ne fait pas un marteau terrible) et chuchota très bas à l’Illithid :
- Tu vas prendre le sac de Mo et le retourner brusquement pour faire tomber le truc ; si c’est un nuisible je cogne.
- Et si ça s’avère être une araignée géante ? demanda Yokhôlle en frissonnant.
- Je cogne. Et puis arrête de te poser des questions et arrête aussi de parler de trucs dégueu. Retourne ce sac.
Yokhôlle s’approcha sans bruit du sac qui avait recommencé à bouger. A l’instant où il s’en saisit en sortit un cri.
- Miaou ?
Aluna baissa son épée.
- C’est pas vrai. Mo ! fit-elle en lui fichant un coup dans les côtes.
- Mmmmmmmmmh, fit l’intéressé en lui tournant le dos.
- Mo j’te parle, c’est normal que ton sac il fasse miaou ?
- Mmmoimmmmir, maugréa Mo
Aluna supposa que ça voulait dire « Laisse-moi dormir ».
- Mo si t’es pas debout dans cinq secondes je fais cuire ton chat pour le p’tit dej.
Mo se redressa si violemment qu’il heurta le haut de la tente qui vacilla dangereusement.
- Non mais t’es malade ?? Brutépèce, viens voir papa, elle est méchante la dame.
Une boule de fourrure tigrée longue comme deux mains et aux yeux dorés et intelligents sortit du sac de Mo et alla lui faire un câlin en ronronnant. L’immense humain releva les yeux et son regard croisa celui de la petite elfe qui le regardait avec une mine désapprobatrice mais où toutefois perçait l’amusement.
- Quoi, fit Mo.
Il regarda l’illithid qui avait eu une bonne poussée d’adrénaline et qui pour le coup n’était pas amusé du tout.
- Quoi ! Il a déjà été abandonné tout petit, je l’ai trouvé dans une poubelle, tout seul pov’tiot. J’allais pas le laisser à nouveau, l’abandonner une seconde fois et…
- T’es pathétique Mo, le coupa Aluna.
- Je tiens quand même à rappeler qu’on ma violemment délesté d’une partie de mes bagages et…
- Nan nan nan Yokhôlle, répliqua Aluna, il y a une différence entre un petit chat et vingt-trois kilos de bagages. Ceci dit, Mo, tu aurais peut-être pu éviter l’omission volontaire, tu crois pas ?
Mo ne répondit pas, occupé qu’il était à caresser Brutépèce. La jeune fille soupira et sortit de la tente. Yokhôlle et Mo entendirent un tonitruant : « Et m**** il pleut encore ! » puis se décidèrent à aller la rejoindre.
Quarante-cinq minutes et quelques abricots séchés et un peu d’eau plus tard, ils étaient prêts à continuer la route. Ils avaient d’un commun accord décidé que dès que le temps serait plus clément, ils passeraient une journée ou deux à pêcher, histoire de se faire quelques provisions. Ils se promirent aussi, s’ils passaient par un petit bois, de vérifier s’il ne restait pas sur quelques buissons des baies de l’été précédent. Certaines tenaient jusqu’à l’hiver, où elles gelaient sur les buissons, et c’était loin d’être mauvais.
La pluie s’arrêta en fin de matinée, à la joie de tous.
Au bout d’une semaine on aurait vraiment cru le printemps arrivé. Le soleil tapait fort même si un petit vent du nord rafraîchissait l’atmosphère. Brutépèce trottinait devant le groupe, la queue redressée et humant l’air, et il se chassait sa nourriture tout seul. Et la nuit il faisait bouillotte.
- Il est bien ce chat, avait fait remarquer Yokhôlle, au grand plaisir de Mo.
L’inconvénient, comme toujours, c’est quand une boule de poil vous patoune à 3 heure du matin en ronronnant parce que juste là elle a envie d’un câlin.
La nature avait bien séchée, c’est pourquoi lorsqu’ils aperçurent un bosquet, ils décidèrent d’aller faire un tour voir s’il n’y avait pas des branches récupérables pour faire des cannes à pêche.
Ne vous méprenez pas, c’était un bois tout à fait ordinaire et ils ressortirent bientôt avec trois jolies longues branches effeuillées. Ils se rapprochèrent du bord de l’eau ; le jour tirait presque à sa fin. Le problème venait maintenant du manque de fil et d’un quelconque truc pour faire un hameçon.
- On a l’air malins avec nos trois bâtons de marche, on fait quoi ? demanda Aluna ?
Les deux autres ne voyaient pas non plus.
Ce fut Brutépèce qui résolut le problème. Assis sur un rocher, il guettait la surface de l’eau depuis quelques minutes. Puis il plongea la patte et un poisson d’une taille raisonnable fut éjecté de l’eau ; Brutépèce s’en saisit et mordit un grand coup dedans pour faire cesser les frétillements du poisson. Il revint ensuite sur la berge, sa proie dans la gueule, sans se soucier des regards scrutateurs d’une elfe, d’un humain et d’un illithid.
- Dis le chat, lança Yokhôlle, tu veux pas aller en chercher pour nous ?
Le chat en question releva la tête et toisa la créature pieuvresque un moment. Puis avec ce qui pouvait passer pour un soupir il délaissa son écaillage et retourna se percher sur son rocher.
- Il est vraiment fort ton chat, fit remarquer Yokhôlle.
- Ouais, pour le coup je suis bluffé.
Ils eurent six beaux poissons ce soir-là. Ceci dit, comme quand on n’a pas de tête, on a des jambes, Mo et Yokhôlle repartirent chercher une quantité de bois conséquente pour fumer le poisson pendant qu’Aluna s’amusait à écailler le poisson.(NdlA : moi j’ai déjà écaillé du poisson, c’est vachement plus facile quand on le fait bouillir préalablement mais ça sent mauvais et ça gâche la viande ; moi je m’en fiche je les analyse les poissons ; mais là ils les mangent)
Et puis l’écaillage c’est une chose, mais il faut vider la bête après. Elle voulut regarder comment s’y prenait Brutépèce mais l’animal n’avait pas ce problème, il mangeait la chair et puis le reste aussi, tant qu’à faire, on va pas perdre de la viande hein. Elle inspira donc un grand coup… et réalisa que leur seule et unique dague était avec les coupeurs de bois, c’était malin. Il était hors de question qu’elle trempe son épée là-dedans, elle attendrait donc leur retour. Qui ne tarda pas.
- Dis Aluna je pensais, annonça Mo, va peut-être falloir qu’on apprenne à lancer correctement une dague pour tuer un lapin parce que…
Aluna partir à rire.
- Même si je devenais potable au lancer de dague, ce ne serait jamais assez pour arrêter un lapin en pleine course ! Et puis le lapin, faut s’en occuper après, déjà qu’avec le poisson j’ai du mal, alors…
- Et on va manger quoi alors ? Ni la viande, ni l’argent ne sont inépuisables.
Aluna le regarda sérieusement.
- Ecoute, honnêtement je pense qu’on aura moins de mal à gagner de l’argent pour acheter des denrées en masse que tu déshydrateras que de chasser nous-mêmes. Il y a des villes, on avisera à ce moment-là. Pour le moment on a six poissons à vider et il faut les fumer après. Alors occupons-nous de ça avant de tirer des plans sur la comète.
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Dernière mise à jour par : Saerince le 02/11/05 22:13
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Réponse au Sujet 'J'ai pas encore d'idée de titre' a été posté le : 12/04/05 02:49
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Ils restèrent quelques jours à cet endroit, car le poisson y était abondant, ils en fumèrent donc une quantité notable. Ils reprirent par la suite leur route le long du Bajarse, et bifurquèrent à l’est au bout de sept jours sur les indications de Mo. Ils prirent soin d’emporter le plus d’eau possible et commencèrent à se rationner parce qu’on sait jamais. Quelques jours plus tard, ils aperçurent l’orée d’une forêt qui était toutefois encore à un où deux jours de marche. Les plaines c’est bien, la vision porte loin…
L’évènement le plus notable qui leur arriva pendant leur périple fut la malheureuse histoire d’une écharde qui décida de se planter dans l’un des doigts d’Aluna.
- Aïe ! Mais il était même pas lissé correctement ce bâton !
- Je te rappelle que chacun à lissé son bâton, rétorque Mo.
- Ch*é !
Mais l’elfette étant pourvue de longs ongles et l’écharde n’étant pas si profondément enfoncée, elle fut retirée sans trop de problèmes.
Trois semaines et demie après leur départ, ils étaient arrivés à ce qu’ils pensaient être la forêt de Blûn.
- Tu sais dans quelle direction est ton bosquet ? demanda Yokhôlle à Mo.
- Pas la moindre idée, sûrement au cœur de la forêt.
- Ca ça veut rien dire, réplique Aluna. Imagine que la forêt soit le repère d’un démon et…
- Aluna, est-ce que cette forêt à l’air d’être le repaire d’un démon ?
- Nan. En même temps le ciel est tout gris et…
- C’est le mois des giboulées, répondit Yokhôlle.
- Bon. Ceci dit, poursuivit l’humain, je m’accorde avec vous pour dire qu’on va galérer pour les trouver, les druides.
- Faudrait commencer par trouver un sentier avant de trouver des druides.
Un sentier fut trouvé moins d’une heure plus tard, et les trois jeunes gens – précédés d’un petit chat gris – entrèrent dans la forêt de Blûn.
Immédiatement Aluna ressentit une sorte de malaise.
- J’aime pas cet endroit.
- Pourquoi ? demanda Yokhôlle. Les arbres ne sont pas si denses, il n’y a rien de menaçant…
- J’ai l’impression d’être observée. Ca doit être...
- Le stress des exams ?
- Crétin ; mon côté elfique. Et regarde Brutépèce, il n’a pas l’air tranquille non plus.
Effectivement, le petit chat trottinait mais avec circonspection, humant l’air autour de lui, faisant bouger ses oreilles dans tous les sens, à l’affût de sons que lui seul entendait.
- Bien joué Aluna, ironisa Mo, pendant trois secondes j’ai cru que tu sentais vraiment quelque chose. Mais bon, si nous avions tous pensé à regarder le chat…
- Ferme-là Mo, je sais ce que je dis.
Brutépèce pila d’un coup, regarda les fourrés à sa droite en couchant les oreilles et feula. Sans y penser, Aluna lâcha son bâton et sortit son épée du fourreau. Yokhôlle empoigna son bâton. Mo incanta un sort de décharge électrique (les trucs qui font que quand on vous touche ça fait bzzzt avec un mini éclair bleu). Sortit alors des fourrés un des monstres les plus abominables pouvant exister. Un petit écureuil, qui se dépêcha de gagner les fourrés d’en face. Yokhôlle reprit son bâton de manière plus normale et Mo pesta contre son sort perdu et le fait que pendant un petit moment il allait faire bzzzt en touchant n’importe quoi. Seule Aluna remarqua que Brutépèce avait gardé ses oreilles couchées même après la sortie de l’écureuil, et qu’il fixait intensément tous les arbres devant lui.
- J’aime vraiment pas cet endroit, répéta Aluna. J’aimerais assez qu’on trouve tes druides au plus vite Mo.
- Allons mamzelle, tu vas pas avoir peur d’un petipetit écureuil quand même !
Elle lui jeta un de ses rares regards noirs. Mo jugea plus prudent de se taire. Aluna rangea son épée et récupéra son bâton, puis ils reprirent la route en silence.
Ils marchèrent plus ou moins au jugé, sans trop savoir où ils allaient mais suivant le sentier, jusqu’au coucher du soleil. N’ayant rencontré aucune clairière et aucun autre être vivant à part cet écureuil – et quelques oiseaux qui gazouillaient tout là haut dans les ramées – ils choisirent d’établir leur campement en plein milieu de la route. Sans planter de tente parce que le chemin n’était pas assez large ni assez long, selon la configuration choisie.
Alors qu’ils se préparaient à aller dormir, Aluna déclara :
- Je sais que je vais encore passer pour une idiote, mais j’aimerais bien qu’on établisse des tours de garde. J’aime vraiment pas cette forêt.
- Tu radotes ma grande… Bon d’accord, continua Mo très vite, si y a que ça pour te contenter, t’en penses quoi Yok ?
- J’en pense que j’ai observé ton chat qui jusqu’ici ne s’est pas montré plus bête qu’un autre, et j’en pense que lui non plus n’était pas tranquille. Même si je ne suis pas sûr de partager toutes les craintes d’Aluna, je pense que ce serait plus sage. Je veux bien prendre le premier tour.
- Je me charge du deuxième, répondit l’elfe.
- Comme par hasard, répondit Mo, et pourquoi toi ?
- Tu trouves ça super bien de dormir trois heures, d’être réveillée trois heures et de redormir trois heures ?
- Euh…
- Bon, donc tu prends le dernier tiers. Par tranche de trois heures.
Aux alentours de quatre heure du matin Aluna alla réveiller Mo.
- Il y a eu quelque chose ? demanda le jeune homme d’une vois endormie.
Aluna secoua la tête.
- Rien n’a bougé. Mais je ne me sens pas plus tranquille. Brutépèce est revenu de sa chasse, il pourra te tenir compagnie.
Mo se leva à contrecoeur et alla s’asseoir un peu en avant de ses amis, la couverture toujours enveloppée autour de ses épaules. Ils n’étaient pas encore très au sud, c’était à peine le début du printemps et les nuits étaient toujours fraîches. Brutépèce alla rejoindre son maître et se lova sur ses genoux.
- Ca va toi ? chuchota-t-il.
Au son de la voix de son maître, le petit chat releva la tête et le regarda avec des yeux où perçaient la satisfaction d’avoir bien mangé, et l’envie de dormir.
- Oui ben dors pendant que tu peux, continua l’humain sur le même ton. Aluna pense qu’il y a des trucs bizarres, et tu lui donnes raison en plus.
- Miaou.
- Ouais c’est ça.
Mo étouffa un bâillement et scruta les alentours. Au bout d’un moment, réchauffé par son chat et sa couverture, il se rendormit.
La créature qui les guettait depuis leur entrée dans la forêt n’attendait que ce moment. Elle descendit de ses branches sans faire aucun bruit et se rapprocha des voyageurs. Ils formaient une belle paire – ou plutôt un beau triplet – ces trois-là. Enfin, c’était toujours rigolo de jouer des tours à trois pauvres pèlerins inexpérimentés. Il fit un arc de cercle pour contourner le garde consciencieux du campement et se dirigea vers les dormeurs. L’elfe avait senti sa présence tout de suite, elle était plus maligne que les deux autres. En l’occurrence, elle dormait du sommeil du juste. Il déposa à ses côtés une grosse grappe de baies rouge vif.
Il répéta son manège pour l’illithid. Un illithid avec un humain et une elfe. Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? En tout cas cela ne présageait rien de bon quant aux crédos des humanoïdes, pour qu’ils choisissent de s’associer avec une créature aussi malfaisante. Il faudrait les surveiller de près. Il se rapprocha ensuite de Mo pour déposer sa troisième brassée de baies mais c’était sans compter sur le seul être éveillé du camp. Une petite boule de poil grise qui le fixait de ses yeux jaunes qui brillaient dans la nuit. Et qui cracha, feula et sauta sur la créature. Cette dernière lâcha ses baies et retint un cri. Elle se débarrassa du chat sans ménagement et lui lança une fléchette dans l’une des pattes arrière, pour l’empêcher de le suivre. Le chat poussa un cri. L’être se volatilisa en un rien de temps dans les arbres.
Le campement fut réveillé en sursaut, et découvrit les offrandes qu’on lui avait faites.
- Bien joué Mo, bien joué, le salua Aluna. Je retiendrai un « j’te l’avais bien dit ». Non en fait, ça me démange. J’te l’avais bien dit !
- C’est pas la peine d’envenimer la situation Aluna, dit Yokhôlle. L’important je pense c’est de se focaliser sur la chose qui nous a donné – il saisit sa grappe de baies – ceci. Trop rouges pour être honnêtes, à mon avis. C’est quoi selon vous ? Un avertissement ?
- Une blague pourrie ? ironisa Aluna. J’en sais rien, ce que c’est, mais j’aimerais bien que le pignouf qui a fait ça se montre, qu’on puisse discuter.
- J’aime pas quand tu causes en italique Aluna (1), répliqua Yokhôlle.
- Moi j’aime pas les mauvaises surprises au réveil.
- Miaou ? fit plaintivement Brutépèce.
- Oh non c’est pas vrai.
Mo venait de remarquer son chat à terre, et la fléchette qui dépassait de sa cuisse. Il la retira le plus délicatement qu’il pût ; Brutépèce le mordit quand même, se releva d’un bond et entreprit de se lécher.
- J’espère que notre ami nocturne n’utilise pas de poisons, fit remarquer sombrement l’illithid.
- OUAIS BEN NOTRE AMI NOCTURNE IL TOUCHE PAS A MON CHAT IMPUNEMENT !!! hurla Mo. QU’IL SE MONTRE ET IL TATERA DE MON EPEE !!
- Mo, t’as pas d’épée t’as jamais su t’en servir, répondit l’elfe. T’as juste trois pauvres sorts pourris qui ne te seront même pas utiles face à un scarabée géant. Alors tu vas te calmer et…
- C’EST TOI QUI ME PARLES D’ETRE CALME ?
- Je suis pas un exemple à suivre Mo.
- IL A BLESSE MON CHAT !
- Eh ben on va voir comment ça évolue. Personne n’a fait l’option herboristerie ?
Silence.
- Je comprends. Tout le monde dit que c’est vraiment pourri comme option. Bref, on va voir comment ça évolue, si ça se trouve il guérira tout seul.
- Ouais ben y a intérêt.
Mo scruta les feuillages d’un regard meurtrier.
Ils plièrent rapidement bagage et repartirent, Le chat calé dans le sac à dos de Mohoé.
(1) Oui ceci est directement inspirée de Pratchett. J’aime bien Pratchett. Et j’aime bien le jeu des références aussi.
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Dernière mise à jour par : Saerince le 02/11/05 22:15
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Réponse au Sujet 'J'ai pas encore d'idée de titre' a été posté le : 16/04/05 04:54
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Pour le plus grand plaisir (ou pas) de tous (ou presque), la suite !
LLa deuxième journée fut considérablement plus morose que la première, si tant est que cela ait été possible. Toutefois en milieu de journée, un évènement inattendu arriva soudain.
- Le sentier bifurque, déclara Aluna.
- Sans blague, rétorqua Mo.
- Eh oh, dis, si t’es pas content parce que je t’ai engueulé parce que tu t’étais endormi je m’excuse mais…
- Tatata les enfants ça suffit !
- Yok c’est pas le moment, gronda Aluna.
- Ranafout’, ça suffit.
Aluna et Mohoé poussèrent de concert un soupir exaspéré.
- Bon on va par où alors ? reprit l’elfe. A droite ou tout droit ?
- J’en sais rien, demande à l’illithid, il veut jouer au chefaillon.
- Quoi ??? fit l’intéressé. Non mais c’est n’importe quoi ! Vous allez arrêter de vous comporter comme des gamins ?
- Eh oh, répondit Aluna, je te rappelle que j’ai trois fois ton âge, alors tu moules. Euh…
Un silence gêné s’installa.
L’elfe soupira.
- Bon pardon, j’aurais pas du Yok, chuis désolée.
- Laisse. Bon on va par où alors ? Mo, jusqu’ici c’est toi qui avait le plan et la boussole dans la tête. Une idée ?
Mo réfléchit un instant.
- La logique et aussi les bouquins de la bibliothèque de l’Académie voudraient que le bosquet soit au cœur de la forêt, ce qui implique de partir vers la droite si je ne m’abuse.
Ils regardèrent le sentier de droite. Il était uni, égal, dégagé.
Ils regardèrent le sentier de tout droit. Il était plein de broussailles, creusés d’ornières, rempli de ronces.
- Bon alors normalement, il faut toujours prendre le chemin difficile, remarqua Yokhôlle.
- Oui mais regarde, imagine que ce soit un piège pour détourner le voyageur, qui irait alors se perdre dans les ronces pour atterrir dans je ne sais quel repaire de quelle bestiole, répondit Mo, on est mal, quand même.
- Peut-être, renchérit Aluna, qu’ils veulent justement que l’on croie à ton hypothèse Mo, ce qui au final implique qu’il faudrait quand même prendre le chemin plein de ronces !
- Euh, on tourne en rond là, répliqua l’illithid.
- Ouais. C’est même une permutation circulaire d’ordre 3, fit Mo.
- µ (2) ?
- Euh, rien, c’est venu comme ça.
- Bon, on se décide ? demanda l’elfe.
- Moi j’opte pour le chemin de droite, répondit l’illithid. Si on réfléchit deux secondes on se dit que celui-là sera préférentiellement emprunté car plus commode.
- Ouais mais si ils arrivaient à faire disparaître puis repousser les ronces ?
- Ou si les ronces étaient des illusions ? suggéra Mo.
- Tu peux aller toucher, répondit Aluna.
Vingt secondes et un doigt douloureux de Mo plus tard, ils prirent le chemin de droite. Plus commode.
Comme la veille, un campement sans tente fut établi. Comme la veille, des tours de garde furent établis. Brutépèce fut soigné avec les moyens du bord, à savoir de l’eau fraîche (d’ailleurs il n’aimait vraiment pas DU TOUT le contact de l’eau), mais la blessure semblait vouloir guérir tranquillement. Il entreprenait de se sécher à grands coups de langue lorsque le problème qui avait taraudé nos aventuriers toute la journée fut soulevé.
- Tu as repéré d’autres signes de notre visiteur d’hier ? demanda Mo à Aluna.
- J’ai fait beaucoup plus attention, et je pense qu’il a été moins discret. Il nous a suivi dans les arbres et je parierai ma paire de bottes qu’il est quelque part dans un arbre au-dessus de nous.
- Tu crois que c’est prudent de lui faire savoir qu’on sait qu’il est là ? demanda Yokhôlle.
- Ca le dissuadera peut-être de retenter une percée nocturne. Il faudrait ramasser assez de bois pour pouvoir alimenter le feu et surtout les flammes toute la nuit.
- C’est un lanceur de fléchettes plutôt doué, rappela l’illithid.
- Ouais. En même temps c’est pas la peine d’être pessimiste hein ! Il va ptet pas nous tirer dessus comme ça…
- SWOOOOOF ! fit la fléchette en rasant la tête de l’elfette et en venant se planter à ses pieds.
Elle se releva immédiatement, épée au clair.
- Il est près le bougre, murmurra-t-elle. Quel genre de lâche es-tu, cria-t-elle, les yeux vers la ramée, pour nous envoyer de ton perchoir tes projectiles !
- SWOOOOOF ! fit une deuxième fléchette.
- ‘foiré. Vous avez vu d’où elle venait ?
- Nan, firent l’humain et l’illithid à l’unisson. Trop rapide.
Aluna scruta le feuillage un moment, le visage tendu et le souffle court, dans l’espoir de déceler un mouvement qui trahirait la présence de leur compagnon indésirable. Mais rien ne bougeait.
- On a à faire à une espèce de druide ou de ranger, conclut-elle, je ne vois rien d’autre. Il faut rester sur nos gardes. Mais peut-être que si on ne le provoque pas, il ne fera rien.
- On peut toujours bouger, suggéra Mo.
- Tu parles, il va nous suivre pareil. Ni vous ni moi n’avons des compétences de camouflage en forêt. Enfin, moi plus que vous, mais pas suffisamment de toute façon, et il est hors de question qu’on se sépare.
Ils partirent ramasser une bonne quantité de combustible, sans s’éloigner du camp. Aluna avait incanté un sort de bouclier protecteur, faible mais néanmoins assez présent pour dévier la course d’une fléchette. Mohoé se chargea du premier tour, Yokhôlle du deuxième et Aluna de celui qui restait.
La nuit se passa sans incident mais pour des raisons évidentes, nos trois voyageurs dormirent mal. Brutépèce quant à lui dormit comme un sonneur. Au matin, chacun aurait aimé pouvoir se laver mais ils avaient laissé le ruisseau plus ou moins derrière eux. Ils mangèrent quelques fruits puis repartirent.
Ils avaient beau chercher, il n’y avait pas de baie du tout sur les buissons ; à un moment donné il leur faudrait trouver un moyen pour se réapprovisionner en fruit, parce que pas de fruits c’est mauvais pour la santé, cinq fruits et légumes par jour on ne le dira jamais assez. En milieu d’après-midi, Aluna s’arrêta soudain.
- Il y a des voix.
Ses compagnons s’arrêtèrent aussi sec. Tendirent l’oreille.
- Tu es sûre ? demanda Mo au bout d’un moment.
- Certaine. Mais je dois avoir l’ouïe plus développée que toi, avorton d’humain, le taquina-t-elle.
- Loin à ton avis ? demanda Mo.
- Aucune idée. Continuons d’avancer.
Une demi-heure plus tard, force était de constater que la jeune elfe avait eu raison. Des voix venaient bien d’un endroit proche. Quelques instants plus tard, ils débouchaient dans une clairière pleine de monde. Enfin huit personnes. Tous habillés de robes aux couleurs de la forêt, assis au tour d’un feu de camp, en train de discuter nonchalamment. Trois femmes, quatre hommes, un elfe. A l’arrivée du groupe de voyageur, les voix s’éteignirent.
Un silence s’établit.
Un long silence.
Aluna se décida à prendre la parole.
- Hum, bonjour, nous…
Elle s’interrompit devant les seize prunelles inquisitrices. Déglutit péniblement.
- C’est ici le bosquet ? demanda-t-elle.
- Qui le recherche ? demanda l’elfe.
- Euh, moi c’est Aluna, lui c’est Mo et lui c’est Yokhôlle. Nous sommes des finissants de cinquième année de l’Académie de magie de Maglor et…
- Ah, le fameux voyage initiatique ! l’interrompit une des femmes en souriant.
- Euh, je sais pas si initiatique c’est le mot, mais en gros c’est ça, on est plus ou moins fichu hors de la ville.
- Veuillez nous expliquer jeune fille, fit celui qui semblait être le doyen du groupe, ce que fait cette créature avec vous.
Il désignait l’illithid.
Aluna regarda Yokhôlle et poussa un soupir. L’illithid expliqua brièvement sa situation.
- Tu as porté un jugement trop hâtif, Joklar, déclara la femme qui avait parlé à Aluna. Encore une fois.
- Eh, elle m’a menacée avec son épée ! répondit l’elfe en désignant l’elfette.
Laquelle manqua de s’étrangler.
- C’était toi le planqué des arbres ?
- Tout juste.
- ET TU M’EXPLIQUES POURQUOI TU M’AS LANCE CA ??? cria-t-elle en sortant de sa poche les deux fléchettes, qu’elle avait gardé.
- Ben t’a voulu faire ta maligne…
- C’est une raison ? crièrent en même temps le doyen suspecté et Aluna.
- Euh… fit le prénommé Joklar, moins sûr de lui tout à coup.
- Mon ami, il va falloir qu’on parle, avertit le doyen suspecté. Je suis tout à fait d’accord pour te prendre comme apprenti druide mais certaines conditions s’appliquent (3). Quant à vous, mes trois jeunes futurs mages, qu’est-ce qui vous amène dans notre bosquet ?
Pas de réponse.
- Mo la question est pour toi je pense, chuchota fort Aluna.
- Hum euh, oui pardon. En fait j’aimerais me spécialiser en magie élémentaliste, mais si j’ai bien saisi ce que racontaient les livres, il y a une certaine maîtrise de son environnement à acquérir avant et… enfin est-ce qu’il y a des choses que vous pourriez m’apprendre là-dessus ?
Les sept humains se regardèrent en souriant.
- Vous avez de la chance, fit l’un des hommes, nous avons justement en visite l’un des plus grands mages, élémentaliste de surcroît, de cette région. Vulinkasur.
- Euh, vous plaisantez, fit Mo. Le Vulinkasur ? Celui qui a débarrassée la côte sur de la malepeste des dragons rouges ? Celui à lui seul a libéré le royaume de Reghmab de la tyrannie d’Adrohand ? Celui qui a écrit tous ces traités concernant la magie élémentaliste ? Celui qui…
- Oui, lui-même, l’interrompit le doyen suspecté en souriant. Mais je vous en prie, approchez, venez nous rejoindre autour du feu. Vous êtes partis pour rester un petit moment avec nous alors autant vous mettre à l’aise tout de suite. Je suis Maenyc, doyen du bosquet de Blûn. Je vous présente…
Je vous épargne ici la liste des noms, non parce que je manque d’inspiration – je viens de trouver un générateur de noms bien sympa, merci Google – mais parce que cela n’a que peu d’importance pour notre histoire. Notez toutefois que parmi les druidesses, Mereallyrs étudiait beaucoup les créatures reptiliennes, ce qui ne manqua pas d’intéresser Aluna, et que le druide Glaedd était multiclassé ranger, ce qui ne manqua pas d’intéresser Yokhôlle, qui préférait le généraliste au spécialisé.
Ils devisèrent tous ensemble un moment, nos voyageurs montèrent leur tente, puis ils redevisèrent. Au coucher du soleil, Joklar releva soudain la tête.
- Vulinkasur n’est plus très loin, sourit-il.
Mo, Aluna et Yokhôlle se relevèrent et guettèrent le sentier. Peu après, ils virent se profiler une ombre. Immense. Ils plissèrent les yeux pour apercevoir le géant qui pouvait en être le propriétaire.
- Bonsoir, mon ami ! s’écria soudain Maenyc.
- Hein ? L’est là ? bégaya Mo. L’a un sort s’invisibilité ? Je le vois pas.
- Je suis ici.
- Où ?
- Ben là.
Mo plissa les yeux jusqu’à en avoir mal en regardant bien en face de lui. Nous rappelons au lecteur que Mo avait la stature de Conan environ.
- Plus bas.
Il baissa les yeux.
- Mais non, je ne vois rien.
- Encore plus bas.
Les yeux de Mo tombèrent alors sur un nain qui le regardait, furibond. Aluna était déjà écroulée de rire par terre après avoir vu la tête de Mo, et Yokhôlle tremblait pour ne pas exploser non plus.
- Je n’apprécie guère vos manières, jeune homme, tonna le nain de sa voix profonde en fusillant Mo du regard.
- Je, euh… pardon, grand Vulinkasur je…
- Et en plus il continue !
Le cercle de druides éclata de rire.
- Approchez, tout le monde, demanda Maenyc après s’être essuyé une larme qu coin de l’œil. Nous allons tout t’expliquer Vulinkasur. Jeunes gens, vous êtes les invités du bosquet ce soir !
(2) quoi ? comment ça vous n’avez pas compris ? qu’avez-vous fait de vos lettres grecques ? ceci est un mu !
l’auteur, déjà loin…
(3) voir chez les concessionnaires participant
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Dernière mise à jour par : Saerince le 02/11/05 22:17
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Réponse au Sujet 'L'histoire sans titre' a été posté le : 17/04/05 23:21
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Où l'on découvre un personnage nouveau et rigolo. Je pense toutefois qu'il y aura quelques modifications dans les jours prochains. Pourquoi je poste ? Parce que des fois les gens lisent (si, si) et commentent, donc ça fait double brainstorm ! Et sur le forum ça me parait plus court à lire que mon document Word. Voilà !
La soirée passant, l’ambiance se détendait de plus en plus. Mis à part les deux elfes qui de temps en temps se lançaient des regards noirs, mais sinon rien de très notable. Le mage avait jeté un regard terrible à l’illithid (ne sous-estimez pas la puissance du regard d’un mage nain en colère) puis s’était radouci en entendant son histoire. Joklar s’était de lui-même proposé pour soigner Brutépèce, et après quelques réticences Mo lui avait confié son chat. Lequel chat, après avoir reconnu la créature, avait fait la mauvaise tête, mais il s’avérait que Joklar n’était pas plus brutal qu’un autre et bientôt le chat se laissa totalement faire.
Puis, juste avant que chacun ne parte se coucher, quelque chose bougea dans les fourrés. Brutépèce descendit d’un coup des genoux de Mohoé et feula. Les fourrés continuèrent de bouger et un genre de petit varan en sortit. Il ignora le chat superbement. En revanche, Aluna ne l’ignora pas.
- Boutouboutouboutou !!! Il est mignon tout plein !!!!!!!
Elle se précipita vers le lézard et ne vit pas le regard angoissé que lui jeta Vulinkasur au moment où elle approcha sa main pour flatter la tête de l’animal. Lequel se laissa faire de très bonne grâce, avec de petits grondements gutturaux (4). Il se laissa même au bout de quelques secondes tomber sur le flanc. Aluna lui flatta le ventre, et le petit varan remua la patte, comme le ferait n’importe quel chien normalement constitué. Les druides et le mage en avaient la mâchoire qui traînait à terre. L’elfette se retourna.
- Il est génial ! Il est à qui ? Il s’appelle comment ?
Le mage se reprit.
- Il est à moi, c’est mon familier. Il dit s’appeler Crocoïte.
Aluna prit la tête du varan entre ses main et la rapprocha de son visage.
- Bonnnnnjour Crocoïte ! Bonnnnnjour ! Tu es tout joli dis-moi !
- Euh… Je dois t’avouer quelque chose jeune elfe, hasarda le mage, généralement il a tendance à hacher menu le visage des gens qui s’amusent à faire ça et…
- Quoi ?! C’t’une joke, il est super gentil votre lézard ! fit l’elfette en se relevant d’un coup.
Le lézard se remit quant à lui sur ses quatre pattes et sauta sur ses quatre pattes en même temps (5). Et là il fit un truc terrible.
- Me likes you !! Me likes you little elf (6) !!
- Il paaaaaaaarle !! Il est génial !!! Il a dit quoi j’ai pas compris ? Enfin j’ai compris elfe, quoi.
- Pas d’accord Aluna, dit Yokhôlle, c’était plus comme sans le « e » final, tu vois genre elf.
- Ah ouais je vois très bien ouais.
- Euh, hum, fit le mage, il a dit qu’il t’aimait bien.
- Gouzi !! Moi aussi Crocoïte je t’aime bien !!
Lequel Crocoïte poussa son espèce de grondement content.
- Dites m’sieur Vulinkasur, demanda l’elfette, y aurait pas moyen que vous m’appreniez vous aussi des trucs sur les reptiles ? Comme c’est votre familier…
- Ma foi, je t’apprendrai tout ce que je pourrai t’apprendre.
- Ouais !!
Après ces évènements, chacun partit se coucher. Aluna revenait de faire quelque chose que personne d’autre n’aurait pu faire à sa place, et se préparait à rejoindre ses camarades dans la tente quand Joklar se mit sur son chemin.
- Boutouboutouboutou, se moqua-t-il.
- Peuh, tu n’es qu’un pâle imitateur. Et tu crois que personne ne t’a vu avec le chat ?
- Personne ne m’a entendu en tout cas.
- Et alors ? C’est mon problème non ? Sur ce bonne nuit.
Et elle entra dans la tente.
- C’est ça ouais, fit Joklar, avant d’aller lui aussi se coucher.
- Tu ne l’aimes pas beaucoup hein, souffla Mo.
La personne dont il parlait semblait évidente.
- Il est c*n, répondit-elle sur le même ton.
- Ouais. En même temps je sais pas pour combien de temps on est ici alors…
- Alors tu vas me dire qu’il faudrait qu’on fasse copain-copain ? Il est c*n pareil.
- Ca va, ne t’énerve pas.
- Je suis super calme, dit-elle à vois haute. Aïeuh !
L’illithid venait de lui donner un coup dans les côtes. Furieuse, elle se retourna… et se calma tout de suite en voyant qu’il était fendu jusqu’aux tentacules.
- C’est manifeste, chuchota-t-il. Sur ce bonne nuit !
Lorsque Aluna sortit de la tente le lendemain matin, Crocoïte était là.
- Good morning !! Good morning little elf !!
- Euh, ouais, bonjour aussi. Mais fais pas trop de bruit y a des gens qui dorment.
Elle le flatta un instant puis alla au point d’eau situé non loin du camp. Un bain, ce serait pas du luxe.
Lorsqu’elle revint de sa baignade, tout le monde était levé et s’affairait. Elle alla parler à Maenyc.
- Bonjour, fit-il avec un grand sourire en la voyant approcher.
- Bonjour ! Dites je me demandais, c’était très gentil de nous avoir invité hier soir mais nous allons devoir nous-même trouver notre croûte et personnellement je n’ai pas envie de manger de la viande séchée pendant tout notre séjour, alors y a-t-il des endroits où nous pourrions… chasser, ou cueillir, ou autre ?
- Ne t’en fais pas pour ça, Glaedd, notre ranger, nous ramène ce qu’il faut, et en accord avec nos préceptes religieux qui plus est. Je pense qu’il va apprendre à votre ami illithid quelques techniques de chasse. Quant à toi et à l’humain, rendez vous utiles au sein du camp, c’est tout ce que nous vous demandons.
- Utiles ? Mais comment, qu’est-ce qu’il y a à…
- Eh bien, pour le moment, Valinkasur déchiffre des inscriptions sur des ruines, à environ une heure d’ici. Il me semble qu’il a proposé à ton ami de l’aider. Quant à toi, nous avons cru noter que tu avais eu une affinité particulière avec le lézard de Vulinkasur, et Mereallyrs pense que tu pourrais l’aider ; elle s’occupe des créatures blessées. Elle présente une préférence pour les basiliques notamment, mais ce ne sont pas nos seuls blessés alors…
- Les basiliques, euh… Les mêmes que ceux qui pétrifient, là ?
- Oui, il y a un problème ?
- Euh, non aucun, enfin… Orf, pas plus gros qu’un caillou hein, mais…
Le druide éclata de rire.
- Ne crains rien, elle les endort bien correctement avant. Elle a un cocktail de plantes assez radical. Mais elle n’est pas très douée aux fléchettes ou à la sarbacane, alors c’est Joklar qui lance ses fléchettes enduites de la substance pour… Ca ne va pas ?
- L’elfe est de la partie ?
- J’ai bien peur que oui, et j’ai bien peur que tu n’aies pas le choix.
- Chouette. Rien que pour ça je devrais apprendre à lancer des fléchettes correctement.
Et sans plus de ménagement, elle s’éloigna du vieux druide.
Yokhôlle et son nouveau mentor, Glaedd, furent les premiers revenus au camp ce jour-là, chargé de plusieurs quartiers d’un cerf de bonne taille. Pendant que l’illithid s’occupait à fumer une partie de la viande, Glaedd alla voir Maenyc.
- Alors ? demanda le doyen.
- Pfff, même pas les bases, cette créature à tout à apprendre. Discrétion, camouflage, tir à l’arc, dépeçage… Ce n’est pas qu’il ne fait pas preuve de bonne volonté mais…
- Glaedd, je pense que c’est la première fois qu’il va à la chasse ; tu ne comptais pas sur des miracles quand même ?
- Non mais…
- Rappelle-toi comment tu étais à tes débuts.
Glaedd sourit à cette évocation.
- C’est vrai. Mais je savais tirer à l’arc !
- Eh bien tu lui apprendras les jours où la chasse ne sera pas nécessaire. S’il y met de la bonne volonté tu devrais en tirer quelque chose. Personne ne te demande d’en faire un chasseur hors-pair, juste un chasseur potable.
En fin d’après-midi, Mereallyrs, Joklar et Aluna revinrent au camp. Les elfes étaient moroses, et Mereallyrs avait l’air fatigué et excédé. Elle leur fit signe de rester près d’elle et tous trois approchèrent de Maenyc.
- Je suggère que tu parles à ces deux jeunes gens, déclara-t-elle sans préambule. Il va être impossible de travailler correctement s’ils passent leur vie à se chercher des poux.
- Hé, on n’a pas passé notre vie à se chercher des poux, commença Joklar.
- C’est vrai, la matinée a été calme, renchérit Aluna.
- C’est juste qu’elle a commencé à critiquer ma technique de lancer alors qu’elle n’y connaît strictement rien et…
- Nan mais t’as vu d’où tu tirais aussi ? Même toi tu as fini par admettre que je n’avais pas tort.
- Bref, conclut la druidesse, ça a été comme ça tout l’après-midi. Ca va une fois, pas deux.
- Huuuuum… Bien, fit le doyen, Joklar, nous avons déjà eu l’occasion de discuter de ton caractère un peu vif et je n’y reviendrai pas. Quant à toi Aluna, il me semble que tu ne laisse pas ta part aux chiens non plus, donc à l’avenir je te saurai gré de t’abstenir. Toi et tes amis êtes à la fois sympathiques et inexpérimentés, ça me ferait doublement mal au cœur de devoir vous chasser d’ici parce que tu n’aurais pas réussi à retenir tes griefs.
- Mais, commença l’elfette.
- La discussion est close.
Aluna ravala ses paroles et chacun partir vaquer à ses occupations.
Vulinkasur et Mohoé – et Crocoïte – rentrèrent alors que la soirée était déjà bien avancée. Crocoïte alla tout de suite demander un câlin à Aluna qui le lui offrit de bonne grâce. Ce fut le rapport positif de la soirée, puisque le mage pensait que lui et Mo avaient peut-être un début de piste pour déchiffrer les inscriptions. Mais il y en avait beaucoup et cela risquait de prendre du temps.
- En tout cas je ne regrette pas tous mes cours de langues anciennes, déclara Mo alors que sa tentée s’apprêtait à se coucher.
- T’as surtout eu du bol de tomber sur une étude comme ça, sourit Aluna, parce que c’est pas tous les jours ! Et puis te fais pas d’illusions, ton nom sombrera dans l’histoire, car même si c’est une grande découverte tu n’es personne, et Vulinkasur est une célébrité.
- Ce que tu es pessimiste…
- Nan, cynique. Oh tiens, le linguiste distingué, ironisa Aluna, le lézard m’a posé une question tout à l’heure, ça ressemblait à « you nèïme, elf ? » T’as pas une idée de ce qu’il voulait ?
- Euh… non.
Le lendemain matin, Crocoïte accueillit Aluna par un « Good morning !! Good morning little Aluna !! » Mais l’elfette ne fit pas la relation avec la question qu’il lui avait posé la veille.
(4) si vous voulez en avoir une idée, prenez un certain lézard d’une certaine piste 21
(5) oui ça donne un mouvement ridicule, je suis d’accord
(6) non, ceci n’est pas un plagiat d’un certain scroll of stupidity ; toutefois j’avais pas envie de faire parler le lézard dans la langue des personnages, et non je ne maîtrise pas l’espagnol, j’en ai fait 3.5 mois.
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Dernière mise à jour par : Saerince le 02/11/05 22:19
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Réponse au Sujet 'L'histoire sans titre' a été posté le : 19/04/05 03:21
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Vous me direz "tu écris bien beaucoup". C'est vrai. J'ai pas mal d'idées qui viennent toutes seules, bonnes ou mauvaises elles sont là de toute façon alors... Et puis si c'est trop pourri je peux toujours supprimer et reposter. Bref, c'est peut-être un peu moins long que la moyenne, mais c'est pour vous éviter 7 pages de Word d'un coup parce que le paragraphe qui vient juste après ce bloc de texte peut être prometteur ; je ne l'ai pas encore développé - la nuit porte conseil, et le jour, et tout - mais je vais le faire prochainement et soit ça dure rien, soit ça dure beaucoup. Bref.
Dans ce morceau de ce qui commence à se qualifier d'histoire, vous en apprendrez plus sur la capillarité, le curare et le monstre de Gila. C'était le bout d'histoire culturel. Merci, à vous les studios !
Deux semaines avaient passé depuis leur arrivée au camp-bosquet. L’illithid commençait à acquérir quelques compétences au tir à l’arc (oui, quatre heures par jour environ cinq jours par semaine, ça finit par porter ses fruits), en camouflage et discrétion (trois heures par jour, cinq jours par semaine, etc…) et même en dépeçage (là c’est seulement quand il y a des bestioles mortes). Glaedd avait aussi réalisé l’étonnante capacité de l’illithid pour repérer les proies, et en général les présences animales en tout genre (ici sont exclues les insectes et les nuisibles, sauf les araignées dont notre illithid a horreur). Capacité qui leur avait permis d’échapper une fois à un ours furieux.
- Je pense qu’il venait de sortir de son hibernation, avait raconté Glaedd. Yokhôlle sentait depuis un moment que quelque chose n’allait pas, sans arriver à mettre le doigt dessus. Et honte sur moi, je n’avais rien vu venir. L’ours était allongé tranquillement devant sa tanière et… Raconte la suite, ami illithid, tu sais mieux que moi se qui s’est passé.
Yokhôlle n’aimait pas être mis en avant mais il était plutôt au pied du mur.
- Eh bien en fait, nous tombons sur l’ours. Ou plutôt l’ourse, puisque j’ai réussi à repérer une boule de poil dans la pénombre. J’ai assumé que c’était un petit. Bref, voilà la mère prête à défendre crocs et griffes sa progéniture, qui se dresse sur ses pattes arrières. Et là… Je ne sais pas, j’ai eu comme un genre de… flash, c’est difficile à expliquer… Un peu comme un contact télépathique mais ça m’étonnerait parce que je n’ai jamais été capable d’accomplir un contact télépathique, bref, d’une manière ou d’une autre j’arrive à lui faire réaliser que nous ne sommes pas hostiles et elle nous a laissé tranquilles.
Tout le monde était resté songeur face à cette histoire.
- Et en fait si tu étais un vil traître, commenta une Aluna songeuse, tu pourrais leur faire croire que tu viens en paix alors que pas du tout…
- N’y pense même pas jeune elfe, gronda Maenyc, ce n’est pas dans nos préceptes.
- C’est bien pour ça que j’ai employé le conditionnel, druide Maenyc.
- Bad !! Bad elf !! Bad Aluna !!
- En gros il n’est pas content, traduisit le mage.
- Beuh, allons Crocoïte, tu sais bien que je ne pourrais jamais faire un truc pareil !
Personne ne la contredit, mais personne n’abonda en son sens non plus. Et elle-même se demanda si ce qu’elle venait d’affirmer était totalement vrai. Et cela lui fit peur.
Concernant ses rapports avec Joklar, ils ne s’étaient pas améliorés, mais au moins les antagonistes retenaient leur venin. Lorsqu’ils étaient sur le terrain ils arrivaient même à collaborer. Toutefois la jeune elfe ne se démarquait pas tant que ça dans cette discipline de vétérinaire. Elle faisait les choses correctement, sans plus, et sans vraiment de passion. Sauf quand il s’agissait de traiter un quelconque reptile.
Là, elle devenait grandiose, pouvait tout de suite déterminer la cause du mal et le soin à faire. Elle mettait ça sur sa passion pour les reptiles et toute la littérature qu’elle avait pu absorber, mais Mereallyrs n’en était pas si sûre. Jamais Crocoïte ne s’était comporté comme il le faisait avec elle, et elle pensait qu’Aluna possédait un genre d’empathie avec ces créatures. En conséquence elle lui apprenait tout ce qu’elle pouvait sur les créatures reptiliennes, entrant ou non dans le cadre de la DACReMa. Aluna écoutait avidement et gardait tout en mémoire.
Environ une semaine après l’histoire de l’ourse et de l’illithid, Mereallyrs et les deux elfes arpentaient les sentiers de la forêt à la recherche d’un gila blessé (7). Vous me demanderez, comment la druidesse pouvait-elle toujours savoir quel animal était blessé et où ? Elle avait deux oiseaux, un diurne – un faucon – et un nocturne – une chouette – qui arpentaient le bois et lui donnaient les nouvelles.
Je parle, je parle, mais les voilà maintenant non loin du gila. L’animal, allongé dans une petite clairière, avait une vilaine blessure au flanc. Il était allongé sur son autre flanc, montrait son dos aux humanoïdes et paraissait endormi. En sentant l’odeur de créatures de créatures étrangères, il se redressa si vivement que la druidesse, qui était déjà près, du reculer. Le reptile fit claquer ses mâchoires et souffla. Les deux elfes et la druidesse s’arrêtèrent et reculèrent de plusieurs mètres. Au bout d’un moment l’animal se calma, et sembla se recoucher. Sans faire aucun bruit, Joklar prépara l’une de ses fléchettes.
C’était une fléchettes spéciale. Elle était percée d’un tube très fin, et son bout était terminé par une fine tige de métal creuse taillée en biseau. La tige permettait d’infliger le moins de dégâts possible à l’animal. Le mélange anesthésiant, cocktail de curare et de plein d’autres choses, était au préalable amené à décoction et le liquide obtenu montait ensuite dans la tige par capillarité, puis dans la fléchette. Au contact de la chair, le liquide redescendait et commençait à se répandre par voie sanguine. Le lancer de la fléchette requérait toutefois du doigté, car si l’angle de plantée n’était pas le bon, le liquide ne s’écoulait pas suffisamment. Il fallait en outre agir vite pour que le bois de la fléchette n’absorbe pas trop l’anesthésiant.
Aluna regardait Joklar avec révérence : économie de gestes, silence absolu, et neuf fois sur dix l’angle de plantée était le bon.
SWOOOOOF !
Le gila se redressa à une vitesse étonnante et se rua en direction des humanoïdes. Au bout de quelques pas il ralentit… considérablement… s’arrêta… tomba comme une masse.
Ils attendirent quelques secondes afin d’être sûrs que l’injection avait bien fait effet, puis se rapprochèrent du reptile. Aluna chercha immédiatement le pouls de l’animal afin de voir si la dose n’avait pas été trop forte – car malheureusement ils n’avaient pas 15000 cocktails à disposition et une dose trop faible pour untel peut être fatale à un autre tel. Le curare agit comme un myorelaxant (8) et si au hasard le cœur se relâche de trop, ce n’est pas très bon. Mais le pouls était là, aucun problème.
- Wouh, elle est vraiment vilaine cette blessure, commenta Aluna.
Effectivement, ladite blessure suppurait tout ce qu’elle pouvait, et les bords avaient une mauvaise couleur blanche et une texture gluante.
- Morsure, annonça Joklar.
- Je pense même pouvoir rajouter un « venimeuse » derrière, continua l’elfette. Les chairs sont toutes molles, comme si elles étaient en train d’être digérées. Ca pourrait faire penser à une morsure d’araignée géante…
Elle arrêta son raisonnement.
- Y a pas d’araignées géantes ici hein Mereallyrs ?
La druidesse haussa les épaules.
- Tu es dans une forêt jeune fille, il peut y avoir n’importe quoi.
- Génial, marmonna Aluna avant de se mettre au travail.
Cela n’avait été ni très propre, ni de tout repos mais au bout de quelques heures, le gila était soigné.
- On ferait quand même mieux de l’embarquer, il est vraiment amoché, nota Aluna.
- C’est contre nos préceptes, objecta Mereallyrs.
- Vos préceptes vous disent aussi qu’il faut les laisser crever ?
- Ils nous disent qu’ils doivent se débrouiller.
- Et vous voulez me dire comment ? Vous avez vu l’état de cet animal ?
Lequel animal justement commença à se réveiller.
- Il va falloir vous décider, annonça Joklar, d’ici une ou deux minutes le gila sera revenu parmi nous.
L’elfe et l’humaine se toisèrent.
- Je n’aime pas beaucoup tes manières, Aluna.
Laquelle retint un « c’est bien dommage » en rapport avec sa discussion avec Maenyc trois semaines auparavant. Il n’y aurait eu qu’elle en jeu… Mais ils étaient trois.
Le gila essaya de se redresser et poussa ce qui pouvait s’assimiler à un cri de douleur. Aluna ne réfléchit même pas et se baissa pour prendre l’animal dans ses bras. Le reptile se laissa faire, probablement encore trop mal en point pour opposer de la résistance.
- What this is ? What this is ? clama Crocoïte en voyant Aluna revenir au camp avec le gila dans les bras.
La nuit était tombée depuis un moment et le mage et son apprenti était déjà de retour.
- Il te demande ce que tu tiens, traduisit Vulinkasur, et je me pose la même question.
- Mademoiselle a décidé de ramener un gila blessé.
Joklar intervint dans le débat pour la première fois.
- Elle n’a pas eu totalement tort Mereallyrs, admets-le.
La druidesse s’était déjà assise autour du feu et commençait à se servir à manger. Aluna jeta un regard à la dérobée à l’elfe en se demandant ce qu’il tramait. Visiblement rien et c’était étonnant. L’elfette se laissa tomber – mais pas trop brutalement – sur le tronc qui faisait office de banc et demanda à la cantonade :
- Quelqu’un connaît les mœurs et les habitudes alimentaires d’un gila ?
Crocoïte se rapprocha pour renifler le nouveau venu. Le gila n’apprécia que moyennement et voulut le mordre, mais il était encore trop afaibli.
- Bad !! cria Crocoïte. Bad thinng !! Nasty thing !! Aluna, why you keeping this ? poursuivit-il avec de grands yeux interrogateurs.
- Parce qu’il est blessé, petit lézard, répondit-elle. Elle avait deviné le sens de la question. Mais ne t’en fait pas, bientôt il sera beaucoup plus amical.
Crocoïte repartit tristement rejoindre Brutépèce, avec lequel il avait fait copain depuis leur arrivée au camp.
- Ca mange de la viande, si je me rappelle bien, glissa l’un des druides.
- OK merci.
- Et méfie-toi, c’est un reptile venimeux. Et il craint le soleil à ce qu’on m’a dit.
Aluna poussa un soupir.
- Bon, j’assumerai de toute façon. Vous allez bien pouvoir vous passer de moi pendant quelque jour non ? demanda-t-elle avec un pauvre sourire à Joklar et Mereallyrs.
La druidesse se concentra sur son assiette et Joklar détourna les yeux.
Aluna soupira à nouveau, alla piocher quelques morceaux de viande et entreprit de nourrir le reptile. La convalescence allait être longue…
Au bout de trois jours, le gila avait reprit du poil de la bête (et même des écailles). Il se montrait en outre moins agressif et n’essaya jamais de mordre quiconque. Il guérissait doucement et Aluna s’en occupait du mieux possible. Au grand dam de Crocoïte qui faisait une crise de jalousie.
- Ca lui passera, avait assuré Vulinkasur avec un clin d’œil.
Au bout de dix jours, le gila était guéri.
Au bout de quinze jours, il quitta le camp et personne ne le revit jamais.
(7) j’ai lutté pour trouver une race de reptile ni trop petite, ni trop grosse, ni trop maléfique ; le monstre de Gila existe vraiment !!
(8) les gens en médecine s’ils me lisent ont le droit de me contredire et de proposer autre chose, apparemment des sites Web vont en mon sens mais je ne me rappelle plus trop
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Dernière mise à jour par : Saerince le 02/11/05 22:21
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Réponse au Sujet 'L'histoire sans titre' a été posté le : 22/04/05 04:02
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Et voici... l'épisode où il se passe encore plus rien que dans les autres ! Enfin bon, y a quand même une énigme. Faut bien que vous réfléchissiez un peu quand même... Vous en faites pas, ça ira mieux au texte suivant. Et à celui d'après parce que j'ai des idées et ça va être rigolo. Et et celui encore après pareil, et comme je poste 3-4 pages par 3-4 pages ça peut faire beaucoup d'après parce qu'en fait j'ai beaucoup d'idées. Bref, enjoy !
Ah et puis si vous avez des commentaires (si, des gens lisent, je vois le nombre de visites, ne mentez pas) ben... Ne vous abstenez pas ^_^
Si toutefois vous trouvez que c'est un crime d'interrompre un tel chef-d'oeuvre (ahem), je suis PM-open
Pour Mohoé, les jours avaient passé tranquillement en compagnie de Vulinkasur, à déchiffrer des runes et à apprendre ou enseigner, selon le personnage, plusieurs points pratiques de magie élémentaliste. Le mage lui avait entre autre enseigné quelques sorts, comme la fameuse boule de feu, un petit sort de silence ou de détection de pièges, ce qui peut toujours s’avérer utile. Depuis trois semaines qu’ils étaient arrivés au camp, le déchiffrage avait continué et avancé très rapidement, et les runes devenaient même plus qu’intéressantes. Tellement que quelques jours après le départ du gila…
- Vous savez, ces ruines, commença le mage nain un soir lors d’un repas, c’est très très intéressant ce qu’on a pu trouver. Apparemment il s’agirait d’une civilisation éteinte (9) qui aurait fait diverses études sur les insectes de la région. Ils possédaient une magie très puissante et si nous avons bien compris, leur magie serait à l’origine des araignées géantes qu’on peut trouver dans les environs…
- Alors y a vraiment des araignées, l’interrompit Aluna.
Si pour un illithid cela avait été possible (10), celui de cette histoire serait devenu blanc comme un linge.
- Oui il y a vraiment des araignées, poursuivit le mage. Seulement elles demeurent sous terre. J’en ai vu une en surface une fois… Ce n’est pas très joli. Elles sont très blanches, presque translucide, et suintent le venin…
- On… peut arrêter là ? demanda Yokhôlle.
- Et elles sont excessivement difficile à tuer, conclut le mage.
- Mais le plus fort dans l’histoire, poursuivit Mohoé avec emphase, c’est qu’apparemment on peut entrer dans un souterrain et rejoindre le complexe de travail et de vie de ladite civilisation !
- Euh, c’est pas plutôt un boulot d’archéologue ça ? demanda Joklar.
- Ils risquent simplement d’endommager les divers grimoires que nous pourrions trouver, répondit le mage.
- C’est quand même leur travail, objecta Maenyc.
- J’aimerais beaucoup descendre dans ces souterrains pour voir quels secrets ils pourraient nous révéler, répliqua sèchement Vulinkasur.
- Moi aussi, annonça Mo.
Silence.
- Je ne trouve pas que ce soit une bonne idée, déclara Maenyc au bout d’un moment. Je sais que je n’ai aucun pouvoir sur tes allées et venues, Vulinkasur, toutefois j’aimerais que tu te rappelles qu’ici tu es dans mon même si je n’aime guère devoir me l’approprier ainsi. Je te remercie donc de ne rien tenter. D’autant que Mohoé m’a l’air assez enthousiaste…
- Justement ! coupa le mage.
- … et que ça pourrait se révéler dangereux, termina Maenyc avec un soupçon d’avertissement dans la voix. Nous ne sommes pas plus responsables des dommages qui pourraient arriver à ces jeunes gens que de ceux qui pourraient t’arriver, mais toutefois ça ferait mal à ma conscience de les voir blessés parce que tu refuses de laisser des experts s’occuper de la chose.
Le lendemain matin, avant l’aube, Aluna fut réveillée par un mouvement. Mo s’apprêtait à partir.
- Tu vas où ? chuchota-t-elle.
- A ton avis ? répondit-il sur le même ton.
- Mo c’est dangereux, vous ne pouvez pas y aller sans savoir ce qui vous attend, il y a peut-être des coins très instable et je vois pas comment on pourrait refaire Mo à partir de bouillie de Mo.
- Je te remercie de t’inquiéter mais nous avons décidé d’y aller.
- Alors dis-moi au moins où est l’entrée, si jamais il y a un problème… Vous comptez partir combien de temps ?
Il lui fit un bref descriptif du chemin pour aller à l’entrée des ruines.
- Commencez à vous inquiéter d’ici quatre ou cinq jours.
- Mais c’est beaucoup trop long ! Mo tu peux pas faire ça !
- Eh bien pourtant je vais le faire. A dans quelques jours miss.
Et il sortit de la tente. Aluna se recoucha mais ne put retrouver le sommeil.
Elle attendit le soir pour annoncer que Mo et Vulinkasur était partis dans les ruines. Ils avaient laissé Crocoïte derrière eux. Il était ravi de n’avoir Aluna rien que pour lui, mais ne comprenait pas pourquoi son maître avait disparu sans l’emmener.
- Et tu n’aurais pas pu le dire avant ? tonna Maenyc.
- Qu’est-ce que ça aurait changé, ils y auraient été pareil de toute façon.
- Nous les aurions arrêté.
- Et ils auraient recommencé demain ; au moins Mo m’a dit où était l’entrée.
- Ah et ça aussi tu ne l’annonces que maintenant.
- Quoi, vous voulez lancer une expédition pour les rejoindre ? Il m’a dit que nous n’aurions besoin de nous inquiéter que dans quatre ou cinq jours.
- Ca m’est égal, ce que le jeune écervelé a pu te dire ; où est cette entrée ?
- Vous le saurez dans quelques jours.
Ce soir-là, après une longue baignade, Aluna était assise sur la rive de l’étang non loin de la clairière des druides et réfléchissait à sa discussion avec Maenyc. Elle n’entendit pas Joklar approcher derrière elle et sursauta quand il se laissa tomber à ses côtés.
- Recommence pas ça tu m’as fait peur ! Tu es silencieux à un point… Ca devrait pas être permis.
- Ca a ses avantages, répliqua l’elfe, comme faire peur aux jeunes damoiselles esseulées dans la forêt.
- Ah oui c’est vrai que c’est le fun, j’admets, sourit ladite jeune damoiselle.
- Tu es en train de te mettre dans les bonnes grâces de Maenyc, enchaîna Joklar sans transition.
Aluna soupira.
- Je sais, mais Mo avait l’air tellement enthousiaste…
Elle se tut devant le regard qu l’elfe lui lançait.
- Hum… Bon, ceci dit, quatre jours c’est trop long ; je pense que je leur dirai où est l’entrée demain. Je n’aime pas savoir Mo là-bas. Il est meilleur que Yokhôlle et moi mais fondamentalement il n’y connaît rien non plus, alors…
- Sage décision.
Aluna jeta un regard perçant à Joklar.
- C’est Maenyc qui t’a dit de venir me parler.
Ce n’était pas une question.
- Béh oui, répondit Joklar en souriant. Bon mais admets, ça n’aurait pas changé grand’ chose quant à ta décision.
- J’admets.
Le lendemain soir, Aluna dévoila la position de l’entrée des ruines. Qui s’avéra être à environ trois heures du camp-bosquet.
- Bien, maintenant que vous savez, vous faites quoi ?
- On prend Crocoïte et on part à leur recherche, répondit Maenyc.
- Me goes ? Where me goes ?
Mais personne ne lui répondit, personne ne le comprenant.
- Et « on » c’est qui ? demanda Yokhôlle.
- Les volontaires, répondit simplement Maenyc.
- Je vais y aller je pense, annonça Aluna.
- Aluna tu vas pas me faire ça ? demanda l’illithid. Il avait dit quatre jours !
- Ben oui mais…
- Je hais les araignées et les trucs avec plus de quatre pattes !
- Mais je te force pas à venir Yok.
- Ben si un peu quand même, fit remarquer Joklar.
- Mais j’ai pas envie de rester les bras croisés ! Et si ça se trouve ils iront très bien et seront en train de faire une razzia dans la bibliothèque remplie de parchos anciens qu’ils auront trouvé, alors…
- Y a des fois où je te déteste, grommela l’illithid.
- Meuh, je serai là pour te protéger, déclara Joklar. Je vais y aller aussi.
- Alors vous me laissez tomber, lâcha Mereallyrs. D’abord vous passez votre vie à vous disputer puis vous devenez copains comme cochon.
- Il y a des choses qui ne s’expliquent pas, répondit Aluna. Pour tout le reste, il y a Eurocard-Mastercard (11).
- Hein ?
- Euh non, je sais pas, c’est venu comme ça, désolée…
- Et puis, copains c’est un bien grand mot.
- Bien trop grand, approuva Aluna.
C’est donc à trois qu’ils prirent la route des ruines le lendemain à l’aube. Maenyc avait pensé que Crocoïte serait un poids plus qu’autre chose ; le lézard resta donc au camp. En outre, toujours selon le doyen, l’expérience de Joklar allait pouvoir leur suffire. Je ne vous dirai pas tout de suite ce qu’il en est, je vais pas vous gâcher la suite , quand même !! Notez qu’en fait j’en sais rien non plus, alors… Bref, ils arrivèrent en milieu de matinée devant l’entrée, qui consistait en une porte non pas verticale, mais horizontale, à même le sol. Genre bouche d’égout. Il y avait un anneau, visiblement fait pour être tiré. Joklar s’avança et tira. Rien.
Et puis…
Le couvercle de bouche d’égout sembla modifier sa structure, prenant la forme fugace d’un serpent, d’un scarabée, puis finalement d’une araignée.
- Niem ûla chorósa Ashakar ? suinta une voix venue de nulle part.
- Gné ? firent les voyageurs.
- Ah c’est pas vrai, encore des touristes, c’est une malédiction, répondit le couvercle. On n’a pas eu assez de ceux d’il y a trois jours. Bon, je recommence. Qui veut pénétrer dans l’antre des Ashakar ?
Les touristes se regardèrent.
- On est obligé de répondre ? demanda Yokhôlle.
- Ca dépend, répondit Joklar, des fois faut pas, des fois faut.
- Je vous conseille de répondre, chuinta le couvercle.
- Ben moi c’est Aluna, et eux c’est Joklar et Yokhôlle. Enchantée.
- Bienvenue à vous trois. Vous comprendrez qu’avant d’entrer vous devrez passer par une petite formalité. Une énigme.
- Ben tiens, fit Joklar.
- Oh elle n’est pas très difficile, fit la porte. Notez simplement que si vous êtes trop prompts à répondre, divers projectiles dissimulés dans les arbres au-dessus de vous seront prompts à vous ôter la vie.
- Ah ouais quand même…
- Voici l’énigme : dans les 4 coins d'une pièce il y a 1 chat. Devant chaque chat il y a 3 chats. Sur la queue de chaque chat , 1 chat. Combien y a-t-il de chats ?
- Ben c’est facile, fit Aluna. Tren…
- Nanananananan elle a rien dit !! Rien dit du tout ! s’écria Joklar. (puis, plus bas) Maintenant tu arrêtes tes bêtises et on réfléchit OK ?
Ils réfléchirent. Un bon moment. Après avoir palabré sur l’utilité d’employer des chats plutôt que des canaris dans cette énigme, après des dessins au bâton sur la terre humide, après bien des palabres, des disputes et un prémisse de bataille stoppé in extremis par l’illithid, ils arrivèrent à cette conclusion.
- Quatre, annonça Aluna à la porte.
- Humm ? fit la porte.
- Quatre, répéta l’elfe. Il y a un chat dans chaque coin de la pièce. Chaque chat voit trois chats devant lui, et chaque chat est assis sur sa queue. Il y a donc quatre chats.
- C’est votre dernier mot ?
- Oui Porte-en-Pierre, c’est mon dernier mot.
- J’en ai marre des gens qui trouvent mes énigmes, va falloir que je me construise un répertoire plus compliqué c’est injuste. Bon, entrez. Maintenant l’épreuve, c’est de ressortir. A tantôt jeunes touristes ! fit la porte en s’ouvrant.
Un escalier descendait, loin loin loin. Il y avait plus de six mètres, et ça ne se finissait pas en cul-de-sac.
(9) oui je continue avec mes clichés, et si vous aimez pas ben c’est le même prix 
(10) remarquez, personne n’est allé vérifier
(11) je t'ai vu, vil adepte de la télévision, tu as failli me faire une remarque ! Jette-moi cet appareil du diable par la fenêtre !!!
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Dernière mise à jour par : Saerince le 02/11/05 22:23
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Réponse au Sujet 'L'histoire sans titre' a été posté le : 24/04/05 03:14
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Le bout d'histoire numéro 9, où l'on rencontre la narratrice, et où l'on combat des araignées et des rats.
Ils descendirent pendant cinq bonnes minutes. Deux elfes, un illithid, c’est top ça a l’infravision ces choses-là. Un soucis de moins pour la narratrice.
- Méfiez-vous le sol est super glissant, prévient Joklar lorsque les escaliers finirent.
- CHBAMTOUMGOULOUM, aïeuh, répliqua Aluna.
- Ca va aller ? demanda l’illithid en approchant prudemment.
- Je vais avoir un gros bleu sur la fesse gauche mais je devrais m’en tirer.
Elle accepta la main que l’illithid lui tendait et se releva.
- Hum, remarqua-t-elle, c’est quand même vachement étroit et… Bon sang regardez-moi ces toiles d’araignées !!!
Quelques toiles déchiquetées pendaient effectivement du plafond. Elles étaient de taille honorable.
- Ah ouais ça fait du bon bestiau, nota Joklar.
- Ca va aller Yokhôlle ?
- N…non, mais va bien falloir de toute façon alors…
Le tunnel était vraiment étroit et ils ne pouvaient avancer qu’en file indienne. Aluna ouvrait la marche, épée au clair.
- Ca fait un moment que j’ai pas pratiqué remarquez.
Suivait Joklar, fléchettes parées.
Et Yokhôlle en dernier.
- Mais pourquoi je suis venu moi, de quelle utilité je peux être hein ?
- Je sais pas, rétorqua Aluna, t’as qu’à nous chanter des chansons.
- Très drôle.
- Pfff, pas un seul embranchement soupira Joklar au bout d’une demi-heure. C’est monotone comme endroit quand même, et y a rien à lire sur les murs.
- Ca devient surtout de plus en plus sombre, déclara Aluna. Infravision ou pas, on va bientôt se retrouver aveugle. Quelqu’un a des torches ?
- …
- Bon, note mentale pour la prochaine fois, prendre des torches.
Dix minutes plus tard, premier embranchement. Après un colloque de dix minutes, ils prirent à droite. Puis deuxième embranchement. Troisième. Quatrième…
- C’est pas genre un labyrinthe là ? demanda Yokhôlle.
- J’ai bien peur que si, soupira Joklar.
- On a tourné dans quelles directions ? demanda l’illithid. Si on veut faire un simulacre de plan…
- On a de quoi écrire ? demanda sèchement Aluna.
- Non…
- Bon, note mentale pour la prochaine fois, prendre de quoi écrire. Les enfants on est mal. Quelqu’un a une idée d’où on est ?
- …
- On est vraiment mal alors.
Ils continuèrent à tourner un peu au hasard, espérant retrouver un mur familier.
- Ptin mais elle est nase la narratrice, souffla Aluna. Ils se ressemblent tous les murs.
- Mais non, rétorqua la narratrice. Tu aurais ouvert tes mirettes tu aurais vu qu’au niveau de votre premier embranchement, il y avait sur le mur une petite araignée gravée.
- Elle me gonfle avec ses araignées, là, fit Yokhôlle.
- Et puis en plus, poursuivit Joklar, c’est n’importe quoi, elle spécifie un truc paf là comme ça parce que ça l’arrange.
- Héhé, toi aussi un jour tu comprendras ce que cela fait d’être une divinité toute-puissante. En attendant, vous marchez toujours. Et comme je suis gentille, je vous infomre qu’au prochain embranchement dans 50 mètres, deux araignées géantes vous attendent.
- Quoi ? s’étrangla l’illithid.
- Pas le choix on avance, décida Joklar.
La narratrice ne les avait pas leurré. Une cinquantaine de mètres plus loin, il y avait un embranchement et des choses faisaient clik clik clik en entrant en contact avec le sol.
- Prêts ? chuchota Joklar.
- On n’a plus vraiment le choix à vrai dire.
Ils firnt un choix tactique discutable ; les deux elfes se mirent dos à dos, l’un face à gauche, l’autre face à droite, et l’illithid resta en retrait.
- M***e elles sont vraiment énormes !! s’exclama Aluna alors qu’un araignée fondait sur elle.
Elle para l’attaque comme elle put avec son épée. Joklar réalisa très vite que ses fléchettes contre une araignée… L’araignée avait gagné.
- Yoooooook ! cria-t-il. T’es sensé être un mage, fait un truc !!
L’illithid était paralysé de terreur. Et l’araignée de Jokalr choisit ce moment-là pour darder sur lui tous ses yeux malveillants. L’illithid eut même l’impression de voir un rictus se dessiner sur la partie face à lui de l’animal. Et là… il arriva exactement ce qui était arrivé avec l’ours. Yokhôlle sentit comme un flash mental et tout à coup, il était dans la tête de l’araignée. Chaos, noir, confusion… inquiétude aussi devant cette intrusion ressentie mais que l’animal ne pouvait contrer. L’illithid poussa un grand cri, tant physique que mental.
- Pars ! Hors de nos vues ! Hors de ma vue, toi et tes semblables je ne vous aime pas ! Pars !!
L’araignée ne se le fit pas dire deux fois et prit ses huit pattes à son cou.
Aluna, quant à elle, finissait de régler son compte à sa propre araignée, qui tomba mollement à terre quelques secondes après, répandant de son ventre déchiqueté un fluide blanchâtre.
- Personne ne marche là-dedans, recommanda la jeune elfe. Par où maintenant ?
Joklar questionna longuement Yokhôlle sur ce qu’il avait fait à l’araignée mais l’illithid ne fut pas plus capable de lui répondre que lorsqu’il avait raconté son histoire avec l’ourse. En tout cas, ils ne recroisèrent pas d’araignées. Ils crurent apercevoir dans des couloirs transversaux des formes insectoïdes massives, mais aucune ne fit mine de les approcher.
Ils furent forcés de passer une nuit dans les tunnels. Ils étaient complètement perdus.
Ils reprirent leur marche le lendemain matin, devisant beaucoup pour se donner du courage dans les ténèbres qui s’épaississaient mais aussi pour éventuellement avertir Mo et le mage nain de leur présence. La seule créature qui tenta de les attaquer fut un rat blanc, aveugle, immense et répugnant, esseulé par rapport au reste de son clan. Il fut occis sans autre forme de procès.
- Vont arrêter de nous emm…quiquiner quand même, grogna Aluna en essuyant sur sa tunique son épée du sang qui la teintait.
Le petit groupe s’apprêtait à passer une seconde nuit sous terre. Le moral n’était pas vraiment au plus haut. Ils savaient encore moins que la veille où ils étaient. Le complexe souterrain était vraiment immense.
Ils dormirent environ deux heures, après quoi Yokhôlle fut réveillé par des bruits de pattes et de griffes sur le sol. Se redressant à demi, il réalisa avec horreur qu’ils étaient encerclés par une centaine de ces rats blancs, aveugles, immenses et répugnants. Il réveilla ses amis en quatrième vitesse, lesquels bondirent de leur couche. Les rats ne semblaient rien faire de menaçants, c’était comme s’ils les surveillaient. Et puis ils le virent. Enorme, immonde, gros comme un saint-bernard (12), un rat aussi blanc que les autres s’approchait d’eaux. Les rats plus petits s’écartaient pour le laisser passer. Il s’arrêta à bonne distance du groupe de voyageur et huma l’air. Puis il darda son regard dans celui de Yokhôlle et poussa une série de cris.
- Oui c’était nous, répondit celui-ci avec circonspection, sous les yeux médusés des elfes.
Autre série de couinements.
- Ah non mais attendez, pour votre semblable, c’était en état de légitime défense c’est lui qui nous a cherché des noises le premier.
Autre série de couinements.
- Euh… je ne sais pas… Il demande ce qui se passera si lui et ses sujets nous attaquaient en premier.
- T’as pris rat d’égout deuxième langue toi ? demanda Aluna. Tu m’en diras tant…
- Je pense, l’interrompit Joklar en regardant dans les yeux le rat immense, que ce serait faire un gaspillage de vies, tant celles des rats que les nôtres.
Le chef des rats poussa une série de cris qui pouvaient sous terre passer pour un rire… et la centaine de rats leur fondit dessus.
L’illithid parvint à en effrayer une bonne partie en s’insinuant dans leur esprit, mais c’est comme s’ils revenaient, toujours plus nombreux. Quand un tombait, trois venaient le remplacer. Aluna était persuadée qu’ils ne s’en sortiraient jamais quand…
- Nasty !! Nasty rats !!
Et une petite chose verte et très rapide égorgea d’un seul saut cinq de ces animaux.
- Crocoïte !!
Le petit lézard se révéla être un allié de taille. Vif, capable de se faufiler partout rapidement, il élimina à lui seul une bonne partie des animaux. Puis le rat géant poussa quelques couinements, et les rats se retirèrent d’un coup.
Les trois voyageurs gardèrent un œil circonspect sur les rats encore vivants – une petite moitié avait été éliminé – puis le grand rat prit la parole.
- Bon en gros hein, traduisit Yokhôlle, il respecte notre force et va nous laisser tranquille.
- Ouais c’est ça, fit Aluna. Du vent les bestioles.
Le grand rat jeta à l’elfe un regard brillant de haine mais tous les rats se retirèrent.
- Aluna !!!
- Crocoïte !!!
Le lézard lui sauta dans les bras.
- Tu nous a retrouvé comment hein ? demanda l’elfe en le regardant dans les yeux.
- Smelt !! Crocoïte smelt !! Crocoïte wants to be with Aluna !!
- Et tu crois que tu pourrais retrouver Vulinkasur et Mo ?
- Yeeeeees, assura le reptile en hochant la tête.
- Et tu crois que tu pourrais monter la garde ? Tu n’es pas trop fatigué ?
- Me will guard you !! Me not tired !!
Et il s’assit devant les voyageurs, scrutant l’obscurité.
- Increvable, sourit Aluna. Bonne nuit !
L’ambiance du jour suivant fut considérablement allégée par la présence du mini varan, qui marchait en tête de l’équipe et les menait d’un pas assuré à destination en fredonnant, si tant est qu’un reptile puisse fredonner, quelques airs.
Quatre jours après leur entrée dans les souterrains, Crocoïte les amena à une salle, immense. Remplie de livres, de parchemins… Et dans tout ça, Mo et Vulinkasur, en pleine forme, en train de déchiffrer divers parchemins et livres.
- Oh ben vous êtes venus ? s’exclama Mo. C’était pas la peine, on n’a pas rencontré âme qui vive. Super sécuritaire comme endroit.
- Mouais, firent les voyageurs, dubitatifs.
Ils ressortirent du complexe 36 heures après les retrouvailles. Le mage et Mo étaient chargés de livres et de rouleaux.
- Ce n’est pas très légal, avait fait remarquer Joklar.
- Au diable la légalité, nous allons faire avancer la magie ! avait rétorqué le nain.
L’elfe avait fait une moue mais n’avait rien rajouté.
(12) ça c’est juste pour vous donner l’idée, parce que nos voyageurs ne connaissent pas le saint-bernard
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Dernière mise à jour par : Saerince le 02/11/05 22:25
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Réponse au Sujet 'L'histoire sans titre' a été posté le : 26/04/05 05:01
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Il fallait s'y attendre... les adieux déchirants, et un point de ce qu'on appris nos super-héros intergalactiques.
Ah, on m'annonce en régie que je me suis trompée d'histoire. Donc, de nos anti-héros pas si magiques.
A leur retour au camp, Brutépèce sauta dans les bras de Mo en quête d’un câlin mais celui-ci ne daigna pas lui accorder un regard. Pendant la semaine suivante, Mohoé et Vulinkasur travaillèrent jour et nuit sur les parchemins. Mo devenait de plus en plus distant et avait une lueur bizarre dans le regard, et le mage ne valait pas mieux. Cela ne plaisait guère à Aluna et Yokhôlle, qui annoncèrent leur départ pour le lendemain à Maenyc. Après quoi ils allèrent trouver Mo. Il se tenait à l’écart du camp, planchant sur quelques parchemins. Il était hâve et avait les yeux injectés de sang.
- Quoi ? s’exclama-t-il quand le départ lui fut annoncé.
- Regarde-toi Mo, tu n’es plus le même ! s’insurgea Aluna. Où il est le type qui me faisait bisquer exprès, qui m’énervait et tout ? Là depuis qu’on est revenu tu es sur ces foutus parchos avec ce foutu mage…
- Ne parle pas de lui en ces termes, gronda Mo.
- Elle a pas tort, tempéra Yokhôlle. Il m’inspire de moins en moins confiance.
Mohoé parcourut les trois pas qui le séparaient de l’illithid et lui mit un superbe crochet du gauche.
- Pour quoi tu te prends, illithid décérébré ! Je serai un grand mage, un grand…
Une claque magistrale donnée par Aluna l’empêcha de finir sa phrase. Elle alla aider l’illithid à se relever – il saignait au coin de la bouche.
- Non mais tu t’entends ? demanda-t-elle doucement. Mo, reviens quoi, qu’est-ce qui t’arrive ?
- J’ai de l’ambition.
- Et pour l’ambition tu envoies Yokhôlle au tapis ? Et puis « décérébré » ? tu te prends pour quoi là ?? Mais va voir Joklar, il te racontera comment Yok a envoyé paître les rats et les araignées !!
- Humph, foutaises.
L’elfe le regarda avec un regard où se mêlaient tristesse et mépris.
- Pauvre crétin. Nous on part demain matin en tout cas. Et on embarque la tente ne t’en déplaise. D’ailleurs on va dégager tes affaires ce soir ça nous fera plus de place. Une semaine que tu nous dédaigne… Et on emmène ton chat, après tout c’est Yokhôlle qui s’en occupe depuis que nous sommes rentrés.
- Faites ce que vous voulez ça m’est égal.
- Soit.
Une vingtaine de minutes plus tard, la mort dans l’âme, l’elfe et l’illithid avait sorti de la tente les effet de Mo et les avaient laissé en vrac à côté. Puis ils s’occupèrent de tout rempaqueter et de trouver quelques provisions. Il ne restait plus grand-chose des poissons séchés, en revanche Yokhôlle avait tué sa part de viande, ils purent donc en prendre une bonne quantité. Dans la foulée, ils prirent aussi une bonne provision de baies diverses. Mais ils ne dînèrent pas ce soir-là. Aucun d’eux n’en avait le goût.
Le matin se leva, et avec lui un soleil radieux. Aluna et Yokhôlle firent leurs au revoirs au bosquet, mais ni le mage nain ni Mohoé ne se montrèrent.
- Me not wants you to leave Aluna !! fit Crocoïte avec de grands yeux tristes.
Le sens de la remarque était équivoque.
- Moi non plus Crocoïte, mais on n’a pas le choix. (elle lui dit tout bas : ) Ton maître devient un peu mégalomane. On voulait partir avec Mo mais il n’a pas voulu. Mais nous devons partir quand même.
Elle caressa la tête du petit reptiloïde.
- Aluna comes back after ?
- Je ne comprends pas, Crocoïte.
Le reptile poussa ce qu’on pourrait apparenter à un sanglot. Puis il darda son regard dans les yeux de l’illithid… qui se révulsèrent. Et Yokhôlle parla avec la voix de Crocoïte, mais en langage commun.
- Si toi devoir partir, moi te dire ça. Crocoïte a compris que toi vouloir étudier grands lézards, peut-être dragons. Moi avoir plein de famille, plein de cousins lézard. Cousin Ylménite, lui garder l’antre d’un dragon, loin loin au sud, après ville de Kowal, dans le désert de Kowal. Toi dire à Ylménite que venir de ma part. Lui parlera au dragon. Kowal, le dragon se nomme (13).
Puis l’illithid redevint normal. Aluna avait bien noté mentalement tout le message – qui devait au passage être le plus long jamais transmis par Crocoïte – mais ne s’était pas encore remise du phénomène, comme tout un chacun dans le camp d’ailleurs.
- Euh… il a fait quoi exactement là ? demanda Maenyc à Yokhôlle.
- Ben… il a parlé par moi, c’était très étrange, j’étais là, mais sa pensée prenait ma place…
- Ca a des dons télépathes les reptiles ? demanda Aluna.
- Les reptiles évolués comme lui oui, répondit Mereallyrs.
- Ah ok…
- Jolie performance, fit remarquer Mo. Si au moins tu ne contrôles pas tes dons psychiques, les lézards peuvent te contrôler.
Crocoïte lui jeta un regard mauvais et claqua des mâchoires.
- D’où tu sors ? demanda sèchement Aluna.
- De derrière cet arbre. J’ai tout vu.
- Si c’est pour être mesquin tu peux autant partir.
- Peuh, de toute façon tu m’expliques comment vous allez trouver la route jusqu’à Kowal ? Avec votre sens de l’orientation à peu près nul… Je n’en ai pas très envie, mais je vais être tenu de vous accompagner.
- T’es pas obligé.
- Je sais. Je me sens obligé. Je viens.
Il rassembla ses affaires en presque moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire – sachant que je fais deux-trois fautes – et se joignit au groupe.
- Passe-moi Brutépèce, il sera mieux dans mon sac que dans le tien, dit-il à Aluna.
Elle lui passa le chat.
- S’il te plait, ça t’écorche la g***l* ? fit-elle.
- Oui bon…
Ils étaient prêts à partir.
- Bon, c’est le moment où tout le monde est censé faire un grand discours, commença Maenyc, mais je n’ai jamais été très fort pour les discours, alors… Jeunes gens, vous commencez à devenir potable, et j’espère que le peu que vous aurez appris ici vous servira.
Ils hochèrent la tête de concert.
- Si d’aventure vous repassez par ces bois, n’hésitez pas à venir nous saluer, vous serez les bienvenus. Oh si, j’aimerais vous demander un service. Apparemment vous allez vous dirigez sur Kowal…
- C’est probable, fit Aluna avec un sourire.
- Alors vous allez passer par la ville de Meshig. Un ami à moi habite là-bas, un druide qui s’est retiré, et qui se consacre à présent à l’herboristerie. Il soigne... les gens, les animaux… J’aimerais que vous lui portiez cette lettre, fit-il en leur tendant une missive.
Aluna la prit et la glissa dans une poche externe de son sac à dos.
- Il s’appelle Jirak, poursuivit Maenyc. Aux dernières nouvelles, il habite un peu en retrait de la ville, mais si vous demandez, tout le monde doit le connaître.
- Bien, on va tacher de lui amener cette lettre, fit Aluna avec un clin d’œil.
C’est ce moment que choisit Vulinkasur pour sortir de sa tente.
- Alors tu me quittes.
- Ben pas le choix, sinon ils risqueraient de partir au nord au lieu d’aller au sud.
- C’est vrai, renchérit Aluna en passant un bras autour de celui de l’humain. Mo est notre carte à puce… euh, à pattes pardon.
- Bien, bien… répondit le mage faiblement.
- Vulinkasur, je crois qu’il serait temps que tu reviennes à la raison, fit remarquer Maenyc. Tu es devenu vraiment étrange, jusqu’à délaisser ton familier… Ce n’est pas très bon.
- Vulinkasur be megalomaniac ! annonça fièrement Crocoïte… qui pour toute réponse reçut un regard incendiaire du mage. Qui soupira.
- Oui, il… faudrait…
Puis sans autre forme de procès il retourna dans sa tente.
Le regard de Mo s’alluma soudain.
- Je sais ! On devrait se trouver un nom ! Un nom de compagnie quoi !
- Oh ouais, trop bonne idée ! s’exclama Aluna. Euh… la compagnie…
- Maglorienne ? suggéra Yokhôlle.
- Nan, va y avoir 200 compagnies magloriennes. Euh… on a quoi dans la compagnie…
- Cat !! Cat !! Brutépèce !!
Lequel cracha en entendant parler Crocoïte.
- La compagnie du chat qui crache c’est pas une bonne idée ? suggéra Mo.
- Original en tout cas, convint Joklar.
- Vendu ! fit Aluna avec un grand sourire.
- Super génial ! s’extasia Mo. Après on va pouvoir se faire faire plein de T-Shirts et de casquettes et de goodies et…
Il s’arrêta sous les regard abasourdis des gens présents.
- Euh… non rien finalement.
A son tour Glaedd s’avança. Il avait à la main un arc magnifique, apparemment fait de divers bois au vu des diverses couleurs ; il avait aussi un carquois avec une vingtaine de flèches dedans. Il tendit le tout à l’illithid.
- Tu te débrouillais pas trop mal avec, dit-il pour toute explication.
Yokhôlle prit l’arc et le carquois sans un mot. Enfin à part merci quoi.
Puis les druides leur donnèrent quelques recommandations pour sortir de la forêt par le sud, que Mo garda soigneusement en mémoire.
Et, sur ces bonnes paroles et après un dernier au revoir à tout le monde, ils partirent.
Ils suivaient Mo depuis environ une heure. En silence. Mais pas un silence pesant ; un silence où l’on est avec des gens qu’on aime bien et où chacun se contente de la compagnie de l’autre, avec par-ci par-là un regard, un sourire échangé.
- Contente de te voir de nouveau parmi nous, déclara finalement Aluna.
- Ouais, moi aussi finalement, répondit Mo. En fait vous aviez raison, Vulinkasur devenait de plus en plus bizarre au fil des jours. Je… C’est comme si j’étais libéré.
- Pareil, répondit Aluna. Vous vous rappelez de la foi où j’ai mentionné que le don de Yok pouvait être mal… utilisé, ben ça m’a fait très bizarre.
- Mais, au fait, demanda l’illithid, qu’est-ce qu’il y avait de beau sur tous ces parchemins ?
Mohoé réfléchit un moment avant de répondre.
- Toutes sortes de choses, relatives à la magie. Là c’était une forme qui m’était inconnue. Il s’agissait de modifier des espèces vivantes, comme les araignées et les rats que vous dîtes avoir vu. Un truc très puissant. Je ne sais pas si c’est applicable à tout et n’importe quoi mais il ne faudrait pas que ça tombe en de mauvaises mains.
Survint un silence qui là, était pesant.
- Et sinon tu as appris quoi ? demanda Yolhôlle pour détendre l’atmosphère.
- Ohff, des choses et d’autres, allumer un feu sans allumettes et faire taire les gens. Mais faire taire les gens je sais pas encore trop faire va falloir que je m’entraîne.
- Et tu nous expliques sur qui ? demanda Aluna.
- Ben…
- Ben je pense que Yokhôlle et moi on aimerait autant pas en fait, fit-elle avec un grand sourire qui ne remontait pas dans ses yeux.
- Bon bon d’accord…
- Mais dans cette histoire il y a quelque chose qui m’embête, déclara Aluna après un moment. Vous deux vous avez appris un truc, moi j’ai l’impression de partir aussi vide que je suis arrivée.
- Eh, quand on aura des chevaux tu pourras les soigner, répondit Mo.
- Et tu as aussi appris à travailler de concert avec quelqu’un qui avait failli te tuer, moi je trouve ça pas mal. Vous ne vous êtes même pas battus.
L’elfe sourit.
- Ouais c’est vrai.
Grâce aux indications des druides, ils trouvèrent la route du sud en moins de deux jours. Elle passait à travers une plaine immense, avec à l’est une chaîne montagneuse qui se dessinait dans la lumière du jour, et à l’ouest, de l’herbe, des collines, et ce qui semblait être une immense forêt. Et selon les cartes, par-delà la forêt, il y avait un océan.
- Waoh, elle est carrément rectiligne la route, nota Aluna.
- Tes yeux d’elfes sont décidément affûtés, sourit Yokhôlle.
- Oui bon hein les sarcasmes… rétorqua l’elfe avec un grand sourire.
- Bon quand vous aurez fini de vous dire des mots doux on va pouvoir y aller, railla Mo.
- Oui bon toi aussi les sarcasmes ça va hein, rétorqua Aluna en avançant sur la route. Bon vous venez ?
(13) eh ben ? je trouve tout ça très logique moi ! en plus ça fait moins de noms à trouver, alors…
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Dernière mise à jour par : Saerince le 02/11/05 22:26
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Réponse au Sujet 'L'histoire sans titre' a été posté le : 21/05/05 03:22
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Vous avez cru que j'avais arrêté hein ? Manque de bol j'ai fini d'être overbookée et je me suis rappelé il y a 3 jours que j'avais commencé ça et qu'en fait j'aimais bien, donc il va falloir refaire avec !
Ils sont là, avec des blagues toujours plus mauvaises, des références toujours plus indicibles, et avec une narratrice du feu de dieu, et des notes de bas de page... Je vous dit même pas...
Il est toutefois une chose que moi, narratrice, sait, que les personnages de cette histoire ne savent pas. Cette route si rectiligne qui coupait à travers la prairie pour arriver dans divers villages, puis à Meshig et son grand lac, puis, beaucoup plus loin au sud, dans la région de Kowal (14), passe en plein sur des territoires orcs.
- Quoi ?! s’exclama Mo.
- Oui, répondit la narratrice. Chaque pas que vous faites vous rapproche de l’endroit.
- Mais… y a pas moyen de contourner ? hasarda Aluna.
- A part en coupant par la prairie… Et encore vous ne seriez même pas sûrs d’éviter le territoire. Il est méchamment vaste, et comme l’endroit n’est pas super peuplé…
- Enfin y a bien des villages quand même, répliqua Yokhôlle.
- Ouais enfin c’est pas les pauvres milices des bourgades qui vont faire le poids, répondit Mo.
- Je n’aurais pas dit mieux, conclut la narratrice.
- Mo, tu veux pas envoyer ton chat en éclaireur de temps à autres ? demanda Aluna. Il se débrouillait pas mal en forêt…
- Pourquoi pas… Eh, la voix off, tu veux pas nous dire si on est encore loin ?
Silence.
- Pas vrai, jamais là quand on a besoin d’eux. Tous des incapables, grommela le jeune homme.
Il sortit Brutépèce de son sac à dos et le regarda dans les yeux.
- Brutépèce, nous allons te confier une mission de la plus haute importance. Il va falloir que tu cherches à voir s’il n’y a pas des créatures hostiles sur notre chemin. Sitôt que tu en vois, tu reviens. Compris ?
- Mrrrraou ? fit le chat avec un regard perplexe.
- Bah, enfin pupuce, c’est pas compliqué, répéta Aluna, on te demande de chercher les trucs moches et méchants…
- Pas la peine de chercher loin y en a une qui est en train de causer, la coupa Mo avec un regard appuyé et pétillant de malice.
- Hahaha très drôle. Bref, tu cherches les trucs méchants et tu reviens nous avertir.
- Mrrrraou ?
- Il le fait exprès ? demanda Mo.
- Le chat, t’as été plus malin quand même, fit Yokhôlle. C’est pas dur de voir si y a des méchants sur le chemin et de revenir nous avertir !
- Maaaaaaaou !
Et le chat partit en trombe à travers la route.
- Je vais être super jaloux, déclara Mo.
- Faudra penser à te multiclasser ranger Yok, fit Aluna.
Le chat parti, la compagnie du chat qui crache (mais sans les majuscules) continua son cheminement sur la route.
- C’est un peu morne, déclara l’illithid au bout d’un moment.
- Oui j’avoue que cette histoire manque d’orcs c’est pas terrible, convint Aluna.
- D’ailleurs, répliqua Mo en ignorant le sarcasme, je ne trouve pas normal que les territoires de telle ou telle race ne soient pas mentionnés sur cette carte. Nulle part il n’est marqué que cet endroit est un territoire orc.
- Peut-être que personne n’est jamais revenu pour raconter, répondit Yokhôlle.
- Ben ils auraient quand même pas tracé la route au jugé entre a sortie de la forêt et le premier village à trois jours de marche d’ici.
Silence.
- Eh les copains ?
Silence.
- Bon OK j’ai compris. En tout cas moi j’annote.
Il sortir un fin morceau de graphite d’une de ses poches et s’exécuta.
Au bout de vingt minutes (15) Aluna vit au loin le chat revenir, affolé.
- OK les enfants, sur vos gardes, prévint l’elfe. Mo tu incantes moins un mot, et toi Yok tu préparera une flèche dans un futur très proche. Ils ne sont pas loin.
- Attends ça se calcule, le chat est parti il y a vingt minutes avec une certaine vitesse a. Sachant que nous-mêmes avançons à la vitesse b, nous avons donc couvert telle longueur…
- Oui ben le matheux distingué, ça suffit, coupa Aluna, je pense que c’est plus simple de se préparer.
Ils se préparèrent donc et reprirent la route. Au bout de dix minutes…
- Aluna, ma fidèle Aluna, ne vois-tu rien venir ? déclama Yokhôlle.
- Je ne vois que la route qui poudroie et l’herbe qui… mais pourquoi je dis des trucs comme ça moi ?? Non je ne vois rien. Mais pensez vous aussi à scruter les herbes hautes, ils sont bêtes mais pas au point de nous attendre sur la route.
- « Sur la mappemonde à vol d’oiseau / On se dit qu’on peut gagner gros », chantonna Mo.
- Quoi ? firent l’elfe et l’illithid en cœur.
- Euh, je sais pas, c’est venu comme ça…
Quelques instants plus tard…
- Je vois un truc, annonça Aluna.
- Moi aussi, déclara Mo.
- Le machin qui ressemble à un raton-laveur ? demanda Yokhôlle.
- Cela même, acquiesça Aluna.
- Attention, avertit Mo, c’est peut-être une créature sanguinaire et sordide déguisée…
- Euh ouais, répliqua Aluna, en même temps on m’a raconté l’histoire d’un groupe d’aventuriers qui parcouraient un donjon, qui tombaient sur un poulet et qui ont commencé à se monter des films… Eh ben, c’était vraiment un poulet en fait.
- Ils étaient pas malins quand même.
- Oui ben t’arrête hein, la tata de mon papa c’était l’elfe du groupe.
Pendant que nous apprenons ces graves révélations sur certaines personnes, nos personnages font quand même du chemin. Le truc sur la route s’avéra être un raton-laveur. Une bataille sanglante faillit découler de la rencontre entre l’animal sauvage et le chat, mais Mo parvint à éviter l’incident diplomatique en attrapant son chat par la peau du cou, de justesse. Le raton-laveur, quant à lui, s’éloigna dans les herbes en décidant que les orcs et les chats, c’était de trop, et qu’il allait déménager bien vite. Le chat fut renvoyé en éclaireur.
- En espérant qu’il ne nous fasse pas dix fois le coup, conclut Mo. Vous connaissez l’histoire du garçon qui criait « au loup ! » ?
- Nan.
- Moi non plus, mais il parait que ça s’applique à ce genre de cas.
Aluna aperçut les orcs avant le retour du chat.
- A un bon 500 mètres, dans les herbes. Ils marchent en colonne pour masquer leur nombre mais sont inconscients de notre présence. J’espère qu’ils ne verront pas ton chat Mo…
- On se prépare en vrai alors ? demanda le propriétaire du chat. Je ne vais pas perdre mon sort cette fois ?
- Pas cette fois.
- OK ben ne me parlez plus alors.
Le groupe se fit silencieux et sortit de la route. Brutépèce les rejoignit quelques secondes plus tard.
- On n’attaque pas s’ils ne sont pas hostiles, souffla Aluna. Pas la peine de chercher des noises pour rien.
Ses compagnons hochèrent la tête en silence.
Tout se passait à merveille. La compagnie hétéroclite allait passer derrière la compagnie orque, à une distance raisonnable, ce qui permettait d’éviter tout contact direct. Comme vous vous en doutez, c’est à ce moment que Brutépèce choisit d’éternuer. Pas fort hein, comme un chat. Mais juste assez pour que le dernier de la compagnie se retourne et déblatère un ignoble borborygme à ses semblables. Les orques revinrent sur leurs pas. L’herbe, même haute, n’est pas un très bon moyen de camouflage face à des créatures méfiantes, même en se couchant à terre et la confrontation allait avoir lieu.
- Par les dieux qu’est-ce que c’est moche, lâcha l’illithid par inadvertance.
- Moi j’aurais plus dit « par les dieux on est à un ratio de trois contre un » mais c’est une suggestion, railla Aluna.
- Moi Grand Soldat Twix, annonça celui qui semblait être le chef de la compagnie. Quoi vous faire ici ?
- On passe, répondit Aluna. Par la route.
- Quoi vous faire dans herbes alors ?
- C’est pas vrai, y en avait un pas trop crétin et il a fallu qu’on tombe dessus, souffla Yokhôlle.
Neuf paires d’yeux et autant de groins convergèrent sur l’illithid.
- Chose pieuvre avec vous, chose pieuvre mauvaise, gronda le chef des orques avant de pousser un cri de guerre et de charger, suivi es huit autres, sur nos héros-mais-pas-encore.
Une boule de feu lâchée par Mo cueillit cinq d’entres eux. La chaleur dégagée par la combustion fut telle que certains noyaux d’hydrogène fusionnèrent et formèrent un mini soleil pendant un pouillème de secondes. Les quatre restants stoppèrent brutalement, complètement pris par surprise, et sans réfléchir Aluna chargea.
Elle n’avait pas pris de cours d’escrime depuis des années et maniait l’épée d’une manière assez étrange qui déconcerta pas mal ses adversaires. Elle parvint à en blesser légèrement deux pendant qu’un troisième se prenant quelques décharges électriques dûment lancées par Mohoé et les griffes du chat dans le bras. Puis le chef orc la blessa par-derrière juste au-dessus du genou droit. L’elfe laisse échapper un cri de douleur et tomba à genoux. Goguenard, l’orc allait bien l’amcher, mais notre elfe fut plus rapide et, pivotant à demi, toucha le chef de la compagnie à la main qui tenait l’épée. L’épée tomba, suivie de près par deux doigts de l’orc.
Les yeux agrandis de peur – mais pas encore de douleur – l’orc regarda sa main et poussa un cri, avant de prendre la fuite, suivi immédiatement par les autres orcs blessés.
Mohoé vint immédiatement aux côtés d’Aluna.
- Ca va ? demanda-t-il en lui prenant la main
- Aïe ! Me touche pas t’es électrique ! Ca va comme quand on a failli te sectionner le tendon. J’ai mal et ça saigne.
Yokhôlle s’approcha à son tour et déchira un grand pan de sa robe pour en faire un bandage sommaire.
- C’est là qu’on trouve que les guérisseurs c’est bien, fit Aluna avec une petite voix pendant que l’illithid nettoyait et pansait la plaie du mieux qu’il pouvait, soit avec de l’eau et un morceau de robe. T’as pas été super actif Yok, poursuivit-elle faiblement.
- Pas pu, répondit l’illithid, les yeux rivés au sol.
- Tu vas pouvoir marcher ? s’inquiéta Mo.
- Dans les 10 prochaines secondes non. Je veux bien qu’on attende un peu ici. Ou sur le bord de la route, des fois que des gens normaux passent.
- Normaux ? En territoire orc ?
- Sur le bord de la route, répéta Aluna.
- Bien.
Yokhôlle avait fini avec son pansement. Aluna promena son regard sur le petit champ de bataille… et tomba sur les deux doigts coupés du chef.
- Je me sens vraiment pas bien, fit-elle en pâlissant.
- Twix et ses deux doigts coupe-faim, lâcha Mo.
- T’es as drôle, je suis vraiment pas bien.
La crise passa au bout de quelques minutes, et ils regagnèrent tant bien que mal le bord de la route.
(14) ouais ben même que la route la plus longue du monde elle fait plus de 1800 km alors arrêtez de dire que je raconte n’importe quoi avec ma route ; et c’est pas des blagues en plus !!
(15) toi, je t’ai entendu penser « mots fléchés ». Sache que c’est mal. Il faut lire mon histoire, pas faire les mots fléchés
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Dernière mise à jour par : Saerince le 02/11/05 22:28
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"Give people a second chance, not a third."
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Réponse au Sujet 'L'histoire sans titre' a été posté le : 02/11/05 22:30
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Après de longs mois d'absence, une relecture et quelques corrections quant aux incohérences antérieures, ils sont de retour, pour vous jouer de mauvais tours. Avec encore plus de blagues pourries, mesdames, messieurs, veuillez faire un triomphe à la compagnie du chat qui crache ! (mais sans les majuscules)
Moi ? En faire trop ? Peuh.
- Ca fait trois heures qu’on attend. En plus on est en plein cagnard. Vous ne voulez vraiment pas avancer ? demanda Mo. Au moins jusqu’à ce qu’on trouve des arbres.
Force fut aux deux autres de reconnaître que les paroles du mage étaient pleines de bon sens. Ils n’avaient même pas aperçu l’ombre d’un voyageur, dans une direction ou dans l’autre.
- Bon OK, déclara faiblement l’elfe, on y va.
- Ca va aller ? s’enquit l’illithid. Tu veux que je t’aide à marcher ?
- Nan, nan, c’est bon, tout va bien, l’assura Aluna en se levant. Oulà, je me suis levée un peu vite moi… Ouh… Ca va pas du tout…
Yokhôlle la rattrapa juste avant qu’elle ne s’écroule et se rassit à terre avec elle.
- Mo, un peu d’eau s’il te plait, demanda l’illithid.
Ils humectèrent les lèvre de l’elfe avant de lui mouiller les cheveux et le visage.
- Merci, dit-elle faiblement en souriant.
- Bois un peu, lui suggéra Mohoé.
Elle s’exécuta pendant que l’humain consultait la carte.
- Mouais, y a pas des masses de rivières dans le coin, va falloir se rationner.
- En même temps l’herbe est très verte, remarqua Yokhôlle. Il doit bien y avoir de l’eau quelque part. Peut-être sous terre. Ca devient plus compliqué de suite. On est à combien de la prochaine ville ?
- La prochaine ville est à trois jours, fit Aluna d’une voix où perçait l’énervement.
- Oui enfin… Ce n’est pas une ville très grosse, répondit Mohoé. Enfin d’après la carte. La prochaine grosse ville que nous somme supposés rencontrer c’est Godan. C’est une ville portuaire. Il y a une mer, ou un très grand fleuve, la carte n’est pas claire, à traverser et… oh !! devinez quoi ?
- Quoi ? firent les deux autres.
- Meshig est sur l’autre rive ! A mon avis on n’accoste pas très loin.
- Voilà une bonne nouvelle. Sinon à part euh… Godan, et le village, on rencontre quoi comme autre bled ? demanda l’elfe.
- Ben… ils sont comme… pas marqués sur la carte…
- Quoi ? on va être dans les hautes herbes pendant une semaine ??
- J’ai pas dit ça ! La carte n’est pas très précise, on devrait trouver d’autres bourgades, ou au moins des fermes, je ne sais pas…
- Ah oui, remarque j’aurais du y penser, des fermes en territoire orc c’est logique.
- Bon vous allez arrêter deux secondes ? s’énerva Yokhôlle. Aluna, y a deux minutes tu étais à deux doigts de tomber dans les pommes…
- Ne me parle pas de doigts s’il te plait…
- Oui bon… enfin, tu n’en étais pas loin, alors ça suffit. Maintenant on y va et vous arrêtez de vous chamailler pour rien.
- Guh, et sinon quoi ? railla Mo. Tu prends possession de notre esprit ?
Avant même qu’il ait pu reprendre sa respiration, les tenatcules de l’illithid avaient encerclé sa tête, Yokhôlle s’était soudainement rapproché de lui et lui décrocha un coup de poing dans la mâchoire. Il s’écarta aussi très vite.
- Elle joue avec sa vie la pieuvre ? menaça Mohoé. Mais aïeuh !
Mohoé se retourna brusquement pour faire face à une Aluna tenant son épée par la lame.
- Non mais ça va pas de mettre des coups dans le dos des gens ? demanda Mo.
- Oh la ferme. Vous m’énervez tous les deux. En plus je suis même pas censée être en état alors vous arrêtez tout de suite vos conneries. On y va et en silence. J’en veux un devant moi et un derrière.
- C’est l’hôpital qui se fout de la… commença Yokhôlle ; un regard meurtrier lancé par Aluna le fit terre, et ils repartirent sans plus d’incident.
Au bout d’une heure de marche ils finirent par trouver un groupe d’arbustes le long du chemin.
- Un peu d’ombre, merci ! s’exclama Aluna en se laissant choir à terre.
- Qu’est-ce qu’on fait alors ? demanda Yokhôlle. On guette le passant un moment et on repart si personne ne passe ?
- On pourrait attendre jusqu’au coucher du soleil, suggéra Mohoé, et repartir la nuit tombée. Dans tous les cas on aurait moins chaud.
Ils attendirent. Longtemps.
- Aluna, tu vois quelque chose ? demanda Mohoé au bout de longtemps.
- Je ne vois que la route qui poudroie et l’herbe qui verdoie.
- Heing ?
- Je vois que dalle.
- Ah bon.
- Remarque à part des druides je vois pas qui ont pourrait croiser par ici. Il y a des routes adjacentes à celle-ci ?
- Pas vraiment, mais…
- Ben qu’est-ce qu’on fabrique ici alors ? Allez, on bouge ! fit l’elfe en se levant.
- Il fait chaud…
- Tu rigoles, se moqua Aluna, on est au printemps. Bon, avec le facteur Humidex, d’accord. Mais ça va pas vraiment tomber cette nuit de toute façon. Autant repartir et… tenter de trouver un abri pour la nuit.
- Eh, eh regardez là bas !! s’exclame l’elfe au bout de deux heures.
- Quoi ?? firent ses compagnons pleins d’espoir.
- Non rien en fait c’était une blague.
Elle préféra ne pas affronter le regard des deux autres.
- Oui c’était pas très drôle je sais.
- Aluna, le soleil est en train de se coucher, répliqua Mohoé. On a beau être au printemps on se gèle encore la nuit. En outre nous sommes en territoire hostile et allons être possiblement forcés de passer la nuit dehors, et toi tout ce que tu trouves c’est faire des blagues Halakon™ ??
- Oui bon ça va hein.
- Non ! Ca ne va pas du tout justement et…
- Ooooooh mais n’est-ce pas le doux clapotis d’un lac que j’entends ? fit soudainement Yokhôlle tant pour arrêter la discussion que parc qu’il avait vraiment entendu un clapotis.
- Hein ? Quoi, où ? fit Mo.
Brutépèce sortit du sac de Mo et fila comme une flèche dans les hautes herbes.
- Il a raison il devrait aller encore plus vite, fit Mohoé d’un air dégouté.
- Mrouaouh ?
- Je déteste passer pour un abruti. On le suit ?
Quelques instant plus tard ils arrivèrent devant une étendue d’eau.
- Oh, un marais, génial, railla Aluna. On va pouvoir faire copain avec tous les moustiques de la région.
- Oh t’es vachement défaitiste quand même, répondit Yokhôlle.
- Et on va peut-être même pouvoir manger du Kraken, continua l’elfe sur le même ton.
Un gros bouillonement sortit de l’eau à ce moment là, bien trop près d’eux.
- Bon je crois qu’on va y aller, suggéra Mohoé. Vous venez ? Brutépèce vient voir papa.
- Mrouaouh.
- J’en peux plus. On peut s’arrêter et bivouaquer ? demanda Aluna deux heures après le coucher du soleil ?
- On va avancer jusqu’à ce qu’on trouve un ferme, ou un abri ou autre, intima Mohoé.
- Mo, je veux pas te contredire, commença Yokhôlle mais comme suggéré auparavant nos chances de trouver une ferme par ici sont proches de zéro. Autour de toi, à part de l’herbe qu’est-ce que tu vois ? Rien. Donc pour l’abri on repassera. Le mieux qu’on puisse avoir c’est encore ces buissons à 20 mètres d’ici. Donc si tu veux continuer encore toute la nuit et toute la journée de demain, libre à toi, mais moi je reste avec Aluna et je me repose. Et je te pique les gourdes et les victuailles que tu as en plus. Parce qu’il faut pas pousser.
Le mage soupira.
- Bon, on va s’éloigner un peu de la route, rester silencieux et ne pas faire de feu.
- Ouah, tu es perspicace !! Et depuis quand tu décides ?
- Mais… enfin Aluna c’est n’importe quoi !! Je ne décide rien du tout !!
- Ah oui ? Et tu viens de décider qu’on allait s’arrêter et se mettre hors de la route !
- Rassure-moi, tu le fais exprès ?
- Euh…
- Il est vraiment temps de s’arrêter, conclut Yokhôlle. Donc tout le monde se tait. De toute façon on a déjà été repérés à 10 kilomètres avec vos hurlements. Mo, t’as l’air en forme, tu prends le premier tiers, je prends le deuxième et Aluna prend le dernier. Et maintenant on va chercher un endroit pas trop accidenté.
L’illithid partit en avant d’un pas décidé. Aluna et Mohoé se regardèrent.
- Et à lui tu lui dis rien ? s’offusqua l’humain à voix basse.
Aluna leva les yeux au ciel, soupira et suivit l’illithid, bientôt talonné de Mo.
La nuit se déroula sans incident aucun et ils reprirent la route au lever du soleil. Au bout de trois quart d’heure de marche la hauteur de l’herbe chuta drastiquement sur leur droite. Et il y avait une clôture. Et des vaches.
- Vous voyez, fit Mo, narquois, on aurait pu continuer un peu hier au soir.
- Mo si tu l’ouvres encore à ce sujet, je prends une vache par la queue et je te cogne avec, rétorqua Aluna.
- Oui mais même.
- S’il commence à y avoir des fermes là ça veut dire qu’il va y en avoir de plus en plus, remarqua Yokhôlle. Donc ce soir on devrait pouvoir dormir à l’abri, et on devrait arriver au village avant Godan dans la journée de demain.
- Eh ben voilà une bonne nouvelle, on va pouvoir se réapprovisionner en eau et en vivres, répondit Mohoé.
- Mo, on a des vivres pour au moins 3 semaines, répondit Aluna. Par contre on pourra s’arrêter dans une auberge et… ouais, prendre un bain chaud !! Et dormir dans un vrai lit !!
- Dépenses superflues, renifla l’humain.
- Ben t’iras dormir dans la rue, péquenaud.
Yokhôlle allongea soudainement la foulé et ne ralentit qu’une fois à un bon trente mètres en avant.
- Ben qu’est-ce qu’il a ? demanda Mo. Je le trouve vachement susceptible en ce moment.
- Je comprends pas non plus…
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Réponse au Sujet 'L'histoire sans titre' a été posté le : 02/11/05 22:33
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« Village » était un terme bien prétentieux pour désigner l’endroit où ils arrivèrent dans l’après-midi. A peine plus d’une dizaine de maisons, avec un moulin à vent et quelques champs pour dire que, mais c’était tout. L’un des habitants accepta de les héberger dans son étable pour un prix ridiculement élevé (« Je t’avais dit qu’on n’aurait pas du essayer de trouver un truc assimilé à une auberge »), avec un ptit dej’ qui ne cassait pas trois pattes à un canard, mais ils profitèrent d’une chaleur relative durant la nuit.
Sur les quatre jours suivants ils passèrent dans trois bourgades, remplirent leurs outres, mais ne s’arrêtèrent jamais plus longtemps que nécessaire. Puis ils arrivèrent à Godan.
Depuis plusieurs heures, un flot continu de charrettes, carrioles et autres dépassaient nos voyageurs, chargées de denrées diverses (céréales, fruits, légumes, animaux…). Un vieil homme, dont le chariot était rempli de volailles en cage, proposa au groupe de les emmener jusqu’à la ville.
- Tous ces gens-là vont vendre leurs produit au marché, expliqua-t-il.
- Il se tient souvent, ce marché ? demanda Aluna.
- Oh, une fois par semaine, ça pourrait être mieux.
Mohoé laissa échapper un sifflement admiratif. Le vieux le regarda bizarrement.
- De là où nous venons, expliqua-t-il, c’est bien beau si le marché se tient une fois par mois. Les routes de montagnes ne sont pas très praticables…
- Dites les jeunes, c’est la première fois que vous sortez de votre trou ? demanda le vieillard, l’air amusé.
- Oui, répondirent-ils en chœur.
- Enfin pas moi, ajouta l’illithid, mais bon, je ne suis pas précisément originaire d’une mégalopole.
- Ben la ville risque de vous surprendre un peu alors. Elle est… grande.
- Vous connaissez Meshig ? demanda subitement Aluna. C’est facile de s’y rendre d’ici ?
Le vieillard laissa échapper un gloussement rauque.
- C’est sur l’autre rive, il y a un traversier à toutes les quatre heures qui traverse le fleuve. Comptez bien deux heures de bateau quoi.
- Ca fait du bon fleuve quand même, remarqua Yokhôlle.
- Vous avez une idée de l’ordre des prix ?
- Non ma p’tite mad’moiselle, pas la moindre. Mais pour aller à la marina ce n’est pas compliqué, je vais vous laisser à l’entrée de la ville. Suivez la route sur laquelle nous sommes, tout droit, en traversant le marché, le port est au bout. Et là y aura des gens pour vous renseigner.
Ils arrivèrent au sommet d’une côte quelques instants plus tard. La vue devant eux était saisissante. Un tapis vert émeraude se déroulait jusqu’à un cours d’eau, si large qu’on n’en voyait même pas l’autre rive. Le soleil se reflétait à la surface de l’eau de manière aveuglante. Et, découpée devant le fleuve, bâtie sur tout l’espace d’une colline, Godan.
- Ah ouais quand même, fit Mohoé.
- La muraille qu’on voit qui part de là-bas et qui va jusqu’à là-bas, c’est la fortification ?
- Tout juste ma p’tite mad’moiselle.
- C’est joli ce bâtiment au sommet de la ville, au toit doré en coupole, c’est quoi ? demanda l’illithid.
- Le temple de Plöuf, dieu des marins et des marchands.
Le vieillard les laissa aux portes de la ville, et ils admirèrent la rue principale à loisir… pendant au moins dix bonnes secondes, le temps que les flux de marchands entrants et sortants leur demande plus ou moins poliment de fiche le camp. Ils se rangèrent donc sur le côté et commencèrent à marcher. Partout, tout n’était que cris, cris des marchands, cris des animaux, volailles, bœufs, chevaux, chèvres, moutons, et d’autres plus exotiques, avec des genres de bosse sur le dos (« Ils viennent sûrement de l’autre côté du fleuve. » avait avancé Mo). Une puanteur intense se dégageait, provenant des gens, des animaux, vivants ou morts. Partout il y avait du bruit du monde, de l’agitation… Et des mendiants… Jamais nos protagonistes n’en avaient vu autant. Aluna pensa bien à leur donner à tous une obole, mais force fut de réaliser que s’ils mettaient cela à exécution, ils n’auraient plus la possibilité de traverser le fleuve ou de loger en ville.
- Parce qu’on va rester plusieurs jours ?
Yokhôlle s’étouffa à moitié quand Mohoé suggéra cela.
- Rien n’est encore décidé tu sais, répondit l’humain avec un regard amusé. Mais ça serait pas mal non ? Se poser, faire affûter l’épée d’Aluna, acheter deux-trois bricoles…
- Y a pas une bibliothèque de magie ici ? demanda Aluna. C’est immense…
- Si, et il y en a une aussi à Meshig, répondit Mo. J’adorerais pouvoir compulser des ouvrages de ces deux endroits.
- Ben voilà, on a un prétexte pour rester ! s’exclama Aluna. En plus avec nos cartes d’étudiants en magie ça ne devrait pas être trop difficile d’y accéder.
- Attendez attendez, les interrompit l’illithid. Et mon avis dans tout ça ?
- Boh allez Yok, fait pas ta bête, répliqua Aluna.
- Je n’aime pas les villes. En plus les gens me jettent des regards bizarres.
- Meuh non tu te fais des idées.
Puis l’elfette regarda autour d’elle.
- Bon, en fait peut-être pas tant que ça, mais on s’en moque des gens, on va pouvoir apprendre plein de choses nouvelles !
- Parlez pour vous…
- Oh, qu’est-ce que t’es défaitiste. Bon, on cherche une auberge ?
- La vache qu’est-ce que c’est cher !! pesta Aluna quatre auberges plus tard. Y a pas un quartier pauvre ici ?
Ils s’étaient déjà considérablement éloigné de la rue principale, tournant et retournant dans les ruelles, descendant de plus en plus vers le port.
- Soit pas extrême comme ça non plus Aluna, répondit Mohoé. Bon, j’admets, on va avoir du mal à tenir un certain temps mais…
- Regardez là, dans cette petite rue, interrompit Yokhôlle.
Une enseigne de bois moisi et crasseux indiquant le nom de l’auberge : A la Vache qui Rit. En dessous du nom, on voyait une tête de vache, dont le temps avait effacé le rouge, en train de sourire de toutes ses dents d’herbivore. Elle portait des boucles d’oreilles plates, sur lesquelles étaient dessinées une vache à la couleur rouge effacée, souriant de toutes ses dents d’herbivore, elle-même portant des boucles d’oreilles…
- Ouais bon la narratrice c’est bon on a compris, coupa Mohoé.
- Ohlala, c’que vous êtes désagréables comme personnages.
- On entre ? demanda Aluna.
La porte grinça sur ses gonds.
Autant l’établissement paraissait minable vu de dehors, autant l’intérieur était joli et plutôt propre. A droite de la pièce principale il y avait une cheminée qui crépitait d’un feu joyeux. Devant la cheminée, plusieurs fauteuils, ainsi que des tables et des chaises. En face, un escalier en colimaçon, montant vers les chambres. Et, à leur gauche, la réception, tenue par une vieille femme aussi haute que large, à l’air bonhomme.
- Vous désirez ? demanda-t-elle d’un air affable.
- Nous aurions aimé connaître les prix de vos chambres, répondit Aluna.
- Ah ça ma p’tite demoiselle, selon les chambres, vous allez de 5 à 15 pièces d’or.
- 5 étant je suppose les chambres miteuses, répondit Mohoé.
- Vous êtes très perspicaces jeune homme, répondit la vieille, narquoise.
- Une chambre pour trois à 9 pièces la nuit vous avez ? demanda Aluna.
- Sûr que oui jeune fille ! Et notre position excentrée fait que nous ne sommes pas particulièrement prisés des marchands et des visiteurs, tout est libre !
- Vous acceptez les chats aussi ? s’enquit Mohoé.
- Du moment qu’il est propre…
La chambre que la vieille proposait dépassait toutes leurs espérances compte tenu du prix. Trois petits lits propres, un lavabo en faïence au-dessus duquel trônait un petit miroir, une armoire en bois, une fenêtre donnant sur l’immeuble en face. Mais bon, tout ne peut être parfait.
- On la prend, annonça Mohoé. Une semaine pour commencer, cela vous va ?
- Parfaitement bien, répondit la vieille. Je vous demanderai juste un acompte pour deux nuits. Le petit déjeuner est servi jusqu’en milieu de matinée. Vous pouvez aussi manger le soir, notre table est bon marché. Rien de sophistiqué, mais bon marché.
- Ca me semble parfait, répondit Aluna. Yokhôlle, ne fait pas cette tête.
- Je ne fais pas de tête.
La vieille jeta un regard à l’illithid, mais ne dit rien. Elle avait vu bien pire que ça défiler dans cette auberge. Un flagelleur mental… c’était peu de chose. Par contre, elle se doutait fort que les auberges du centre-ville avaient du proposer des prix exorbitants simplement pour ne pas avoir cette créature sous leur toit. Mais quand les clients se font rares…
Tout en réglant deux jours d’avance, Mohoé se fit indiquer le chemin pour aller jusqu’à la bibliothèque de magie. Aluna demanda où l’on pouvait trouver une armurerie, et Yokhôlle souhaitait se faire confectionner une autre robe, la sienne commençait à être en piteux état. Puis ils sortirent afin de faire un petit tour dans la ville, si possible retrouver le chemin jusqu’à cette rue principale, si grande, si vivante… et peut-être moins odorante maintenant que le marché devait être fini.
Ils arpentèrent les grandes artères de la ville jusqu’à la tombée de la nuit. La rue principale était toujours pleine de ses effluves, tellement qu’elle en devenait rapidement écoeurante. De nombreux restes du marché jonchaient le sol, et les sans-abri en train de les ramasser étaient tout aussi nombreux. Nos trois compagnons leurs jetaient de tristes regards en coin.
- Ca fait bizarre de voir… ça, déclara Aluna, la gorge serrée.
Brutépèce quant à lui ne se traumatisait pas outre mesure : il rapinait ici un bout de viande, là un bout de poisson, le nez au vent, la queue en panache, heureux de toutes ces odeurs qui saturaient ses narines.
Durant leur promenade ils repérèrent une armurerie, une friperie, plusieurs tavernes – plus ou moins bien famées d’ailleurs – et la bibliothèque de magie qui en fait était dans le centre intellectuel et religieux de la ville, soit au sommet de la colline.
- Oui mais non, on attendra demain là c’est trop haut, avait dit Yokhôlle.
- Chochotte, avait rétorqué Aluna. Moi par contre je descendrais bien jusqu’aux docks, ça vous dit ?
- Nan, va falloir remonter.
- J’ai pas super envie non plus, avait ajouté Mo.
- Génial, merci les copains. Ben rentrez, je vais y aller toute seule. Brutépèce tu viens ?
Le chat semblait partagé entre l’idée de rester dehors et celle de rester avec son maître chéri et adoré, et la grande créature pieuvresque qu’il comprenait, ô joie, du coup il se sentait moins seul. Finalement il se rallia aux côtés de Mohoé et Yokhôlle.
- Bon ben la prochaine fois avant de lancer un « qui m’aime me suive » je m’y reprendrai à deux fois, fit Aluna. Vous me fendez le cœur là. Bon, à toute !
Et elle partit d’un pas décidé vers le port.
Mohoé regarda Yokhôlle.
- Demain ?
- Demain, acquiesca l’illithid. Et on en profitera pour se renseigner sur les prix pour la traversée.
Le fleuve s’étendait aux pieds de l’elfette, majestueux. Il brillait tant de l’orange du soleil couchant qu’il en devenait aveuglant. De temps en temps, des vols de mouettes passaient, criant. Aluna était debout au bord d’une jetée de bois. La mer venait se briser sur le port, sur la rive, sur les quelques rochers, dans un doux clapotis d’écume blanche. Elle s’assit, ferma à moitié les yeux, et essaya d’imaginer ce que pouvait être l’océan. Ce fleuve… il était si large ! L’autre rive était invisible. La vue sur l’horizon n’était cachée que par quelques barques et bateaux de pêcheurs qui dérivaient langoureusement sur l’eau, voiles sorties ou ramenées.
Aluna se mit à plat ventre sur la jetée et essaya de toucher l’eau, mais la jetée était trop haute ; il faudrait absolument qu’elle aille hors de la ville, tout au bord de la rive, marcher les pieds dans l’eau et le visage tourné vers le soleil…
- Bonsoir mademoiselle, cela vous dérange si je m’assois ?
La voix masculine qui venait de derrière elle était si inattendue qu’elle sursauta.
Vingt minutes plus tard, c’est une elfette en furie qui passa la porte de la chambre.
- C’est pas vrai ! Même pas moyen de regarder le fleuve tranquille sans être embêtée par un gros lourd. « Bonsoir mademoiselle, vous êtes nouvelle en ville mademoiselle, je peux m’asseoir mademoiselle, qu’est-ce qui vous amène mademoiselle » mais casse-toi !! J’ai rien demandé moi !
Mohoé et Yokhôlle échangèrent un regard amusé.
- Quoi ? fit Aluna. C’est même pas drôle en plus. Mais arrêtez de rire !!
- Ca doit être tes oreilles pointues ma grande, dit Mohoé, fendu jusqu’aux oreilles . Il parait que ça fait un effet fou aux hommes du sud.
- Ha ha ha je suis morte de rire, répondit Aluna en se laissant tomber sur le dernier lit. Pourquoi vous m’avez collée sur le lit à côté de la fenêtre en plus ? Je vais avoir tous le jour, le matin.
- Ah ben fallait pas vouloir te faire embêter par les gros lourds, répondit Mo, goguenard, juste avant de se prendre un oreiller en pleine tête. Oh, fais pas ta susceptible, poursuivit-il en lui ramenant l’oreiller. Bon, à table ? Il fait faim.
-------------------- Les livres et les hommes, c'est comme des boîtes de chocolat : on ne sait jamais sur quoi on va tomber.
"Give people a second chance, not a third."
"You gave your heart to this boy ? He's gonna waste it, break it, lose it. They all do." (Neil Gaiman, Stardust)
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Cachée
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