Sans Maîtresse Fixe

-= Dungeon Keeper =-
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Kreator a été posté le : 14/02/05 19:35
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Une petite recherche sur ce forum nous donne quatre pages de liens vers des posts où ce groupe est référencé, mais aucun thread n'a encore été consacré aux vénérés thrashers de Kreator... voilà qui est fait.
Groupe de thrash allemand dont le premier album remonte à 1985, il fait partie selon moi de ces formations intègres, fidèles à leur public, ayant su bonnifier avec l'âge au long des dix albums que reprend leur carrière.
J'avais découvert ce groupe en 1995 avec l'album Cause For Conflicts, album engagé s'il en est, anticlérical à souhait.
Ils viennent de récidiver avec Enemy of God, pure tuerie sur laquelle je reviendrai.
Leur histoire démarre vers 1983 où trois allumés décident de se mettre au thrash, consentant leurs faibles capacités techniques... Ils compensèrent immédiatement par une extraordinaire énergie ce qu'ils ne pouvaient prendre du côté de la maîtrise des instruments. Ils s'appelaient Mille Petroza, Jurgen Reil et Rob Fioretti. Les deux premiers sont d'ailleurs encore piliers du groupe, le deuxième ne s'étant absenté que lors de l'enregistrement de Cause for Conflict.
Pourtant, dès le premier album, on trouve des titres qui vingt ans après font encore mouche, tels que Flag of Hate ou Tormentor.
L'année suivante, le même line up sévit avec Pleasure to Kill, ils sortent un clip vidéo kitschissime (Riot of Violence si je me souviens bien) et pondent encore des titres forts comme Under the Guillotine ou le titre éponyme.
Le groupe s'affirme, le style est brut et les textes sont sans ambigüité. Concentré de violence canalisée, les textes font la guerre au racisme, à l'hypocrisie et au fascisme.
Le groupe sortira l'année suivante Toxic Trace en acceuillant Jörg Trzebiatowski, puis Extreme Aggression dont le titre éponyme restent un hymne.
Depuis leurs débuts, le groupe a appris à jouer mais n'a rien perdu de sa rage, les morceaux se font plus complexes, plus travaillés.
Frank Gosdzik remplace son prédécesseur à la guitare (celui dont le nom est imprononçable), celui-ci s'accordant une pause pour sa petite famille, fatigué du rythme effreiné des tournées. En 1990 sort Coma of Souls, assorti d'un clip vidéo qui fait mentir le thread sur les clips de Metal pourris.
C'est aussi le premier album qui suit la chute du mur de Berlin, le groupe fera une tournée grandiose marquée du titre People of the Lie, condamnant l'holocauste et les atrocités passées.
Vient ensuite Renewal en 1992 et Cause for Conflict en 1995.
Pamphlet ouvert contre les Guerres de Religion et les autorités ecclésiastiques, ce dernier album succombe aussi au "titre caché" à l'image du Nevermind de Nirvana, désopilant enregistrement de cochons et autres animaux de basse cour depuis l'abattoir.
On en tire les excellents Lost, Catholic Despot et Men Without God où Joe Cangelosi, batteur intervenu à titre exceptionnel en remplacement de Jürgen, mitraille l'auditeur à coup de fûts.
C'est aussi la première fois que la production est aussi léchée, on sent qu'on est en 1995.
Deux ans après sort Outcast en 1992, accueillant Thomas Vetterli à la guitare. Je trouve cet album moins soutenu que les précédents, d'aucuns voient d'ailleurs le groupe en train de mollir, notamment avec un Black Sunrise non dépourvu d'ambiances mais dispensatoire. Les fans sont durs avec leurs idoles... A mon avis un des albums les plus sombres.
Endorama n'arrangera rien, je n'ai jamais entendu cet album mais il est considéré comme le moins bon du groupe, et le public doute de l'avenir de Kreator pour la première fois...
... lorsqu'arrive Violent Revolution !
Sami Yli-Sirniö vient remplacer Vetterli et l'album, puis la tournée, vient rassurer définitivement les fans: le thrash old school a encore des représentants et ils ont envie de vous exploser les tympans !
Le must, une intro qui tient de l'hymne, enchaînant aussitôt sur une débauche de bourrinisme. Tout l'album est fait de variations de rythme, l'auditeur croit pouvoir souffler un peu avant de se faire gnapper par le riff d'après.
J'avoue avoir écouté cet album chez Ally, il tournait en toile de fond et il a su m'intéresser l'oreille, preuve s'il en est de l'efficacité de cet album qui n'a absolument rien de la musique d'ascenseur. J'avoue même ne pas avoir reconnu spontanément le groupe ! La maîtrise est venue au fil du temps, c'est construit, cohérent, toujours bourrin et les mauvaises langues n'ont plus le moindre prétexte pour encore déblatérer leur sempiternel amalgame "thrash=bruit".
Sortira ensuite le Live Kreation, double CD et DVD de leur tournée de 1992.
J'ai déjà fait la critique de cette double galette, pure boucherie jouissive, mais c'est sur la durée que je puis maintenant le dire: il dépasse pour moi le Decade of Aggression de Slayer !
Les puristes vont me traiter de fou, on dira que je suis un infidèle, je m'en cogne; pour la première fois en douze ans depuis que j'ai écouté DoA, depuis autant d'années que je voue un culte à Dave Lombardo et aux premiers albums du groupe ayant donné ses lettres de noblesses au thrash début '80, j'ai trouvé un Live qui lui tient tête et, peut-être, le surpasse.
C'est vous dire si j'attendais le dernier album avec impatience...
Et Enemy of God tient ses promesses.
C'est pas un album, c'est un Warthog. Ces gros bombardiers increvables équipés d'une sulfateuse de 30 mm et blindés comme c'est pas permis.
La particularité de cet avion est de voir sa vitesse passer constamment de 850 km/h à 320 km/h à cause du recul provoqué par le plus gros fusil mitrailleur jamais embarqué.
Et des tonnes d'explosifs, des bastos et des accélérations, on en prend plein la gueule, avec une efficacité sans faille. Les riffs moulinent et changent d'altitude sans arrêt, les solos crament la gueule au napalm, la basse nourrit en continu, la batterie mouline, c'est orchestré au millipoil comme les Allemands savent le faire et on en redemande !
Non, vraiment, les thrashers sont gâtés, à vous de nourrir le thread.
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Un misogyne est un homme qui adore les femmes, mais se force à les détester de peur de les aimer.
Etre prêt à mourir par amour est sûrement chose courante. Etre prêt à vivre pour l'amour d'une femme l'est beaucoup moins.
Au diable les idées préonçues. Il faut bien qu'il se nourrisse de quelque chose.
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Réponse au Sujet 'Kreator' a été posté le : 15/02/05 00:51
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J'ai découvert Kreator en même temps que Metallica, Slayer, Dark Angel, Death Angel, Destruction... En bref tout ces groupes qui m'ont fait aimer le métal dés 1987 (et oui je n'écoute pas du métal depuis longtemps comparé à mon âge et à ceux et celles qui démarrent dans le métal à 12 ans).
C'est avec "Extreme Aggression" (dont la pochette a été sacrée pochette la plus pourrie de l'année 1989), qui m'a foutu une grosse claque, que j'ai découvert ce groupe. Un condensé de rage et d'énergie assez impressionnant.
Ensuite je me suis procuré les albums précédents.
Pas de quoi être ébaubi par "Terrible Certainty", "Endless Pain" ou "Pleasure to kill". Le groupe joue mal, le batteur est incapable de suivre un rythme rapide, les compos sont aléatoires, mais comme le dit Indy, ils ont une putain d'énergie, des choses à dire et ils en veulent.
De ces trois albums, malgré la maigreur des compos, il y a quand même de putain de titres qui, 20 après, sont devenus des classiques du thrash : "Pleasure to kill", "Riot of Violence", "Under the Guillotine", "Tormentor", "Flag of Hate", "Toxic Trace", "Behind the mirror", "Awakening of the god"...
"Extreme Aggression" est quasiment l'album parfait du groupe comme a put l'être "Beneath the Remain" pour Sepultura, "Reign in blood" pour Slayer, "Master of Puppets" pour Metallica... Des compos monstrueuses, une puissance qui ravage tout et même si les compos sont simples, elles ne sont pas simplistes mais tout bonnement efficaces.
"Coma of Souls" est leur point d'orgue de la première époque Kréator : puissant, technique et efficace. Moins brut cependant que "Extreme Aggression".
J'ai décroché à "Renewal" qui, pour moi, est une sombre bouse.
Mile chante comme une ********, l'album penche vers l'indus simpliste (comme le troisième album de "Morgoth") et les compos sont plates. Tout comme la voix de Mile qui est monocorde d'un bout à l'autre de l'album. Très décevant.
Je me suis donc procuré "Cause for Conflict" avec méfiance.
Bon c'était toujours pas ça, mais moins désagréable que "Renewal".
Quand on m'a dit qu'Outcast était un digne successeur des deux albums précédents, je n'ai pas acheté et j'ai laissé tomber le groupe.
C'est Nath qui m'a fait redécouvrir le groupe avec "Violent Revolution".
Une pure bombe thrash sans concession et d'une puissance phénoménale.
C'est là que je me suis dit qu'ils avaient rattrapé et dépassé leurs "maitres" Slayer dont les derniers albums étaient plus que quelconque.
"Enemy of God" m'a définitivement rabiboché avec ce groupe et c'est pour ça qu'on va les voir demain :-)
J'ai vu plusieurs fois Kréator en concert et je n'ai été déçu, comme John, qu'à celui de la tournée "Renawal". Les anciens morceaux chantés comme sur "Renawal" c'était vraiment de la ********. Ce jour là il y avait "Death" et eux, par contre, ils ont tout pété...
Alors voila, Kréator est un groupe phare de la scène thrash Européenne tout comme Sodom ou Destruction.
-------------------- On boit du sang, on dévore de la chair
On ne craint plus la foi, on en connait trop le calvaire
On ne croit plus en l'infini, seulement en l'éphémère
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Cachée
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