Dixit Eo

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La fin d'un temps. a été posté le : 10/09/04 15:06
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La fin d'un temps.
Réveil.
« Qui suis-je ? »
« Tu es Célitrée De Corbeaubleu, fille du Duc de Corbeaubleu, devenue Duchesse de Corbeaubleu. Tu t’es renommée Célitrée Triclarus afin de taire ton statut aux oreilles de tes nouvelles fréquentations.
« Où suis-je ? »
« Regarde autour de toi, on dirait une grange, la paille au sol est là pour le confirmer. »
« Je n’arrive pas à me situer dans le temps. »
« Des rais de lumière traversent les planches par leurs défauts. A en juger par leur inclinaison, nous devons-être à là mi-journée. »
« Qu’est ce que je fais là ? »
« Tu te réveilles. Tu es nue, et quelques haillons semblent avoir été posés là, sur la gauche, spécialement à ton attention. »
« Pourquoi je ne me souviens de rien ? J’ai cette sensation d’avoir parcouru un long chemin. »
« Je ne sais pas. Maintenant, cesse cette discussion interne, habille toi et sort d’ici, Célitrée Triclarus, garde d’Yseldar. Tu vas bientôt devoir assumer la relève. »
Célitrée se leva. Elle enfila les vêtements vétustes posés sur le côté, qui étaient piles à sa taille. Elle se dirigea vers la porte de la grange, une vieille porte en bois, constituée en deux parties, et l’ouvra, par le milieu et vers l’extérieur. Elle grimaça lorsque la lumière lourde vint lui fracasser le crâne. Son regard se posa autour d’elle avec peine. Célitrée connaissait cet endroit. C’était la ferme du vieux Gildas, en tout point identique à celle de ses souvenirs. La grange, d’où elle sortait, était entourée d’un pré où, d’accoutumée, broutaient quelques bovins, pour l’heure absents. En face d’elle, le bâtiment principal de la ferme faisait la vigie, et sur la droite, des terres à récoltes. Sur la gauche, enfin, un chemin menant à Yseldar, un chemin qu’elle avait déjà emprunté des dizaines de fois. Elle foula donc cette petite route de terre, la tête pleine de questions en quête de réponses.
Après un quart d’heure de route, Les remparts d’Yseldar saluèrent Célitrée par leur immobilité. Les deux gardes postés à la porte ouest firent de même. Célitrée pressa le pas. S’il y avait bien une chose qu’il fallait éviter, c’était d’être en retard pour le recensement. Le sergent de la garde Ducale d’Ombreclaire avait accepté une femme dans ses rangs, après une suite de passes martiales des plus acharnés, on ne peut plus représentative du talent de la duchesse exilée, mais la faveur s’arrêtait là. Désobéir aux ordres signifiait, en règle générale, une corvée longue et pénible, que la jeune femme ne voulait pas avoir à assumer. Ses songes oublièrent donc bientôt ses tracas, et toutes ses pensées se focalisèrent sur ses pas. Elle traversa la moitié de la petite cité d’Yseldar, en empruntant le chemin du marché, menant sur la place principale, puis, en bifurquant à gauche vers le palais ducal, en annexe duquel avait été construite la caserne. A la vue de son objectif, elle se mit à courir, avalant la cinquantaine de toise qui la séparait de celui ci en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, et s’engouffra dans le bâtiment par la porte principale, donnant sur le couloir de la caserne. Elle prit la cinquième porte à gauche, et se pressa d’entrer dans son petit résidu lui servant de pièce de logement. Exceptionnellement, de par sa féminité, Célitré eut le droit de faire chambre à part. Elle profita de cet instant d’intimité pour se changer rapidement et pour mettre les pièces d’armure qui constituaient la tenue protocolaire de la fonction de garde du palais, et, après avoir remis en ordre ses cheveux roux, mi-longs, elle se précipita vers la salle commune, où elle fit une entrée remarquée. Le sergent lui adressa un regard furtif avant de continuer son discourt à l’attention des six gardes qui se trouvaient dans le rang, qu’elle rejoignit avec promptitude.
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Dernière mise à jour par : Bique_Ant le 10/09/04 15:18
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Dixit Eo

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Réponse au Sujet 'La fin d'un temps.' a été posté le : 10/09/04 15:09
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Le sergent, d'une voix autoritaire et sans appel, dit:
« Jean-Sébastien, la porte nord est votre nouvelle affectation. Des questions ? »
« Oui, Sergent. Si vous me le permettez, j’aimerais une autre affectation. La porte nord donne sur le cimetière, et si j’aime bien les vivants, je n’aime pas les morts, même lorsqu’ils sont vivants et…. Euh… »
Soupirant, le sergent regarda autour de lui, et dit : « Bien, quelqu’un d’autre pour le cimetière ? » Des mines pâles et à peine visible sous les casques Ducaux furent les uniques témoins du silence qui suivit. Le sergent le rompit. « Bien. Jean-Sébastien, vous êtes affecté au cimetière, avec Célitrée. »
Célitrée sursauta. Elle s’était préparée à prendre place devant les grandes portes du palais, et la chose la déstabilisait terriblement. Elle ouvrit la bouche pour protester, mais aucun son ne sortit.
Le sergent reprit : « Bien, je vois que vous n’avez rien à redire, je continue. » Il se tourna vers un petit homme, chauve, à la peau mate et aux yeux bridés, qui n’avait cessé d’ajuster son armure depuis l’arrivée de Célitrée.
« Dalhétayin, vous serez affecté à la porte ouest. Et par pitié, restez tranquille au moins deux minutes, j’en ai mare de vous voir vous déshabiller constamment. Je sais que ce genre de matériel ne vous est pas familier, mais faites un effort. Vous ne deviendrez pas sergent en restant nu comme un verre. » Un rictus traversa le visage du petit homme, et l’atmosphère se détendit un peu.
Le sergent, de son regard brun et de ses sourcils prononcés, mit un terme à la relâche, et continua : « Soyez vigilant. Le vieux Gildas nous a rapporté qu’un chien errant avait mordu son bétail. Il a rapporté également la disparition d’une bête. Je suis persuadé qu’il y a du gobelin là dessous. Ouvrez l’œil. »
La mine de bonne humeur qui faisait briller Célitrée s’effaça brutalement. « Vous serez accompagné par Stépeunvaulf. »
L’intéressé, un homme grand, blond et musclé, rappelant les barbares des contrées nordiques, se contenta, en guise de réponse, d’adresser un léger grognement à son compagnon d’un jour. Le sergent n’insista pas, et posa son regard sur un individu de taille moyenne, aux longs cheveux châtains clairs attachés en queue de cheval par un ruban, avec, visiblement, presque autant de fourrure sur le torse qu’un ours polaire, puis, il dit : « Bien. Rowdrak, votre place est à la porte est. Rien à signaler. »
« Ca tombe bien, j’ai toujours aimé la forêt », répondit le garde avec un air amusé.
« Je ne veux pas le savoir. Ne vous laissez pas aller comme la dernière fois. Votre erreur a coûté à Dorian trois choux, quatre salades, et dix carottes. »
« Voyons, sergent ! Je ne pouvais tout de même pas laisser cette biquette aux portes de la ville ! Elle était du côté forêt ! Elle devait s’être perdue et… » Le sergent fit mine de perdre patience, et Rowdrak se tut. Lorsque le sergent semblait poser son regard ailleurs afin de donner la dernière affectation, Rowdrak reprit, tout bas, de sorte que les subordonnés uniquement puissent l’entendre : « De toute manière, Dorian est le plus radin des vendeurs, sur ce marché.. »
Un sourire se dessina sur tous les visages des gardes, ce qui déstabilisa un moment le sergent, qui, par sa voix forte et son ton sérieux, remis de l’ordre dans les rangs. « Bien ! Rowdrak, tu seras accompagné par Nathanaël, qui… » L'officier fut coupé par un gigantesque cris de gloire et de bonheur, qui émanait d’un hobbit, aux longs cheveux châtains également, visiblement euphorique. Le regard noir du sergent mit tout le monde mal à l’aise, sauf l’intéressé, qui semblait ignorer l’ambiance martiale autour de lui et était sur le point de bondir sur place. Le sergent prit une inspiration profonde, et cria violemment « Nathanaël ! Soit, vous vous calmez, soit, je vous calme tout de suite et pendant plusieurs semaines en vous envoyant aux cuisi… garder les geôles du palais de l’intérieur ! »
Il faut croire que la perspective de récurer les cellules du palais ne plaisait pas à l’individu, car il se tut et se mit prestement au garde-à-vous. « J’aime mieux ça », dit l'officier d’un ton plus calme, conservant néanmoins la voix autoritaire. « Bien. Vous pouvez disposer. »
« Et moi ? » Fit une petite voix au fond, dont le propriétaire semblait avoir échappé à la vigilance de tous. « Est-ce que je suis là pour faire joli ? A moins que vous ne veuillez que je vous fasse une petite danse ! » Le petit blondinet remua quelque peu, sous le regard dépité du sergent, qui s’était passé une main lasse sur le visage. « Je peux faire le ménage, si vous voulez, ou raconter des histoires drôles ! »
Le sergent, tentant de cacher sous sa main un sourire malvenu en de telles circonstances, dit : « Euh, oui, vous. Je.. croyais vous avoir affecté quelque part.. mmh.. Voyons.. »
Le sergent réfléchit pendant quelques secondes, puis, dit, avec le regard emplis du soulagement que ressent celui qui a trouvé une solution à la pire des énigmes : « ah, oui ! Il reste une place au palais ! Joysiksiks, vous accompagnerez donc.. Mais.. Où est Charlie ? »
Les gardes se regardèrent d’un œil inquiet, puis, voyant que le sergent cherchait une réponse, Joysiksiks prit la parole « Euh, je crois qu’il est encore au milieux de la foule, la dernière fois que je l’ai vu, il m’a dit vouloir acheter un maillot de corps de marin, rouge et blanc, et… » Il fut coupé par le sergent. « Bien… Je ne suis pas prêt de tourner la page, si je le retrouve ! En attendant, je crois qu’il va falloir solliciter un réserviste. » Dit-il, comme pour lui-même. Puis, il reprit, avec un ton puissant « Bien ! Rompez, et à vos postes ! » Sur ces mots, Célitrée quitta la salle commune, et se dirigea avec Jean-Sébastien vers la porte nord, non sans une pointe d’appréhension.
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Comme d'hab', si vous avez une critique ou un commentaire à formuler... n'hésitez-pas !
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Dernière mise à jour par : Zien Nith le 22/02/05 14:29
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Troll du Chaos

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Réponse au Sujet 'La fin d'un temps.' a été posté le : 11/09/04 09:44
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bon, je vais faire ce que je sais faire de mieux, c'est à dire pas vraiment une critique, pas vraiment un commentaire, plutot des encouragements :
j'aime bien, je sais aps ce que ça va donner plus tard, mais j'adore ce début.
Et puis, j'adore comment tu as intégré la présentation de l'héroine, franchement !
Donc, pour l'instant, pas d'épine, juste du positif, en attendant la suite (ça commence à faire beaucoup de récits, pour lesquels j'attends la suite...)
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Cachée
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Mercenaire du Chaos

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Réponse au Sujet 'La fin d'un temps.' a été posté le : 11/09/04 14:37
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Je trouve ça tres bien pour l'instant reste à voire ce que àa va donner en tout l'introduction était génial
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Cachée
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Dixit Eo

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Réponse au Sujet 'La fin d'un temps.' a été posté le : 14/09/04 09:02
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Merci pour vos commentaires !
Concernant les références:
Les noms sont à moitié trouvés en m'inspirant des forumeux (à vous de voir, tout de même !) et l'autre moitié vient du monde qui m'a inspiré cette histoire. Le serveur Neverwinternigths de Siloë, une personne avec une imagination débordante et intarissable, qui m'a gentillement permi d'exploiter son monde afin de mettre de la cohérence dans mon récit.
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Une légère brume se faufilait entre les pierres tombales, entrant parfois en collision avec un feu follet, et nos deux courageux gardes se postèrent au côté nord de la porte nord, ayant une magnifique vue sur la crypte qui s’érigeait, telle la face visible de l’iceberg, à dix toises devant eux.
« Tu vois ? Moi, je n’aime pas cet endroit. C’est le genre de lieux à glacer le sang…Note que ça fera déjà ça de moins pour les vampires ! » Jean-Sébastien commença la conversation avec ce trait d’esprit, ce qui ne fit pas rire Célitrée. Il convient de noter que si un saltimbanque s’était présenté devant elle en faisant toutes les acrobaties et grimaces de son répertoire, elle n’aurait pas rit non plus. Elle était dans son monde, dans ses songes, et rien ne l’en sortirait tant qu’elle n’aurait pas fini sa cogitation. Pourquoi au cimetière ? Pourquoi cette grange ? Pourquoi pas au palais ? Pourquoi la mer ? Pourquoi l’univers ? Pourquoi pas quelques légumes pour accompagner la viande de bœuf ? Est-ce que le chambellan avait toujours eu ce bouton sur le nez ? La magie pouvait-elle l’aider à estomper ce trait disgracieux ? Les zombies sont-ils toujours aussi laids que celui qui vient de sortir de la crypte en poussant bruyamment la lourde porte en pierre ? « Euh… Jean-Sébastien ? »
« Oui… je sais, je vais chercher des renforts, et sonner le tocsin… »
« Bonne initiative, Jean-Sébastien.. Je le contiens. » L’unique œil encore valide du zombie, bien que ce soit un point discutable, regarda comme il put le garde courir vers l’intérieur. Son propriétaire poussa un cri à la hauteur d’un murmure, et il avança doucement vers Célitrée. Si celle-ci ne bougeait pas, peut être serait-il sur elle avant la pause du soir !
Les portes se fermèrent. Un lourd bruit semblable à une lourde poutre mise en travers des portes de la cité offrit à Célitrée le plaisir de se sentir seule. Ce plaisir fut de courte durée, puis ce qu’une autre tête sortit de la Crypte. Puis une autre. Puis encore une autre.
« Là, je ne les contiens plus. » Se dit la garde avec une pointe de réalisme.
Le son d’une cloche parvint à Célitrée comme l’or parvient au Nain. Les créatures, plutôt mortes en apparences, plutôt vivantes en actes, avançaient toujours vers Célitrée à l’allure de l’escargot, escargots qui, à n’en pas douter, n’accepteraient pas si facilement d’être bourrés d’ail. La garde Ducale se rappela son rôle, qui était de tenir la porte jusqu’à ce que les renforts arrivent. Elle mit le bras gauche en avant, détacha une hache de sa hanche, et d’une impulsion, lui fit adopter une trajectoire en cloche dirigée vers la première créature. Celle ci accueillit chaleureusement la tranche de la hache sur sa poitrine putréfiée, ne manifestant aucune gratitude envers ce don si généreux. La main sur la garde de son cimeterre, Célitrée toisa des blasons du Duc, brodés sur son tabard vert pâle, les assaillants qui avançaient.
Avançaient-ils, finalement ? Leurs mouvements le laissaient penser, mais Célitrée aimait à penser que ce n’était qu’une illusion, tout comme ce squelette qui venait de se déterrer par ses propres moyens. Il s’avéra que non, puis ce que celui ci fut bientôt au contact, alors que ses compagnons plus en chairs ne cessaient de progresser lentement dans la pleine dentée de stèles.
Célitrée sortit sa lame. Elle esquiva sans trop de mal le coup de dent du squelette, qui devait être celui d’un ancien combattant à en juger par sa taille et par sa carrure. Peut-être même était-il demi-orque. Si elle s’écoutait, elle l’aurait qualifié d’ogre, mais elle avait autre-choses à faire que s’écouter pour le moment. Comme, par exemple, placer un coup de lame courbée sur le dos exposé de la créature, et ce, par l’avant, en passant entre ses côtes. L’idée traversa l’esprit de Célitrée, et sa lame traversa la colonne vertébrale du squelette, qui s’effondra sur-le-champ. Le crâne se mit à rouler jusqu’aux pieds du premier zombie, qui, ayant une avance sur les trois autres, semblait tout de suite moins loin. Elle se mit en garde, attendant qu’un bout de chaire soit à sa portée. Pendant ce temps, elle songea à la grange, aux habits qu’elle avait perdus, à la fraîcheur de la brise d’hiver, aux tintements de cette cloche, qui n’en finissait pas de diminuer d’ardeur.. Lorsque enfin, la créature présenta son bras à portée, Célitrée Trancha. Puis, la chose présenta son corps manchot. Elle trancha encore une fois. Celui ci se sépara en deux, avant de s’écrouler. Plus que trois. Un sourd bruit se fit entendre derrière elle. On déplaçait du bois, on se précipitait, on ouvrait les portes.
Jean-Sébastien en sortit. « Ils arrivent, mais c’est compliqué pour tout le monde. Joysiksiks est seul pour assumer la garde du palais, Rowdrak tente de maîtriser Nathanaël, qui n’est plus contrôlable depuis qu’il est passé devant ce marchand itinérant offrant victuailles à profusions, tendis que Dalhétayin est occupé à jouer aux cartes avec Stépeunvaulf, qui a adopté un sourire rêveur depuis qu’il a croisé une femme aux origines inconnues. Et pour couronner le tout, on ne retrouve toujours pas Charlie. Ca, va, tu contiens ? » Dit-il en contemplant les morts-vivants s’approchant inexorablement vers eux. Il baissa les yeux, vit les deux créatures au sol, et dit : « Ah ! Chérie, ça a tranché ? »
« Ne m’appelle pas comme ça, tu sais bien que je ne supporte pas. Oui, j’ai du couper court à leurs avances. »
« Ma foi, c’est bien comme ça. Ils se montrent parfois trop avenants. »
« En effet. » Termina Célitrée en décrochant sa hache du thorax divisé de la créature.
« Tu comptes faire quoi, avec ça ? »
« J’hésitais entre en faire une pelle à tartes pour ce soir ou la lancer sur cette chose moyennement agressive, qui se trouve à cinq toises… »
« Euh… je crois que ce serait tout de même plus utile de s’en servir en la gardant en main ! »
« Oui, mais c’est fragile, ces choses là, et ils sont trois. »
« Oui, mais je n’ai pas d’arme. »
Célitrée ingurgita l’information comme on ingurgite un œuf cru. Elle tenta d’abord de ne pas l’avaler, puis se força à constater le goût écoeurant qui survint lorsqu’elle posa le regard sur le fourreau vide de Jean-Sébastien. Elle bégaya quelques mots inaudibles, puis, résignée, tendit la hache à son compagnon d’armes.
« Ils n’avaient pas de corde pour sonner l’alarme, j’ai du offrir mon épée au veilleur pour qu’il frappe sur la cloche avec quelque chose de… »
« Je ne veux même pas le savoir…mon cœur saigne en entendant cela… »
« Mais non, c’est juste une égratignure, et c’est au bras…. Euh, c’est un carreau d’arbalète qui t’a fait ça ! »
« Oui, celui qui vient de se planter à quelques pieds devant moi. »
L’incompréhension se lit sur les deux visages vivants, et inopinément, se fit entendre derrière eux un « Désolé, le coup est partit tout seul… » venant du haut de la muraille de la cité. A côté de l’auteur de ce discourt si éloquent vinrent se placer plusieurs de ses semblables. Et après quelques instants, les non-morts ressemblèrent à des hérissons putréfiés et s’écroulèrent avec de grands spasmes qui mirent trois heures avant de cesser.
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Dernière mise à jour par : Bique_Ant le 15/09/04 09:25
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Réponse au Sujet 'La fin d'un temps.' a été posté le : 14/09/04 21:05
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Wah.
Je suis restée bouche mi-ouverte et yeux écarquillés jusqu'au bout, tellement c'était bien (oui, aussi, j'ai le nez bouché et un début de conjonctivite, mais ça serait de la triche).
J'ai beaucoup aimé. Et retrouvé des réfèrences 
Par contre, j'ai un soupçon d'incertitude sur la dernière phrase.
"les non-morts" désignent-ils les vivants (à savoir l'héroïne et son copain le garde), ou les morts-vivants zombis?
D'un coté, faire mourir l'héroine signifierait probablement la fin du récit, et instaurerait ainsi un point final brut assez dérangeant, voire frustrant. Ca le terminerait alors qu'il n'a pas encore pris vraiment son envol, d'après moi. Bref ça serait étrange.
De l'autre, faire "mourir" les zombis appelle la suite d'un récit prometteur, la découverte de que du bon, tout ça.
C'est pour ça que, raisonablement (et en espérant, aussi), je me range plutôt derrière le deuxième cas.
Mais subsiste un doute.
En tout cas, j'espère avoir raison et donc j'espère pouvoir espèrer une suite =)
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Dixit Eo

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Réponse au Sujet 'La fin d'un temps.' a été posté le : 15/09/04 09:27
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En effet, "non-mort" désigne, en règle générale, les morts vivants. C'est un terme qui peut laisser des doutes, j'ai donc changé un peu la phrase de sorte que ce soit moins équivoque...
J'ai également changer deux ou trois incohérences de style, notement "la face cachée de l'Iceberg", devenue "la face visible de l'iceberg", parce que, l'air de rien, c'est ça que je voulais écrire 
Nyxl : "La partie émergée de l'iceberg" est l'expression consacrée. Ceci dit, j'ai trouvé un passage qui me semble être une allusion assez nette à l'un de mes tics face à la "diversité" inhérente à l'espèce Homo Sapiens Sapiens... Hasard ou nécessité ?
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Dernière mise à jour par : Zien Nith le 22/02/05 15:32
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Réponse au Sujet 'La fin d'un temps.' a été posté le : 22/02/05 14:19
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(Dal, le personnage que tu incarnes est moine, et, comme tout bon joueur de D&D se doit de le savoir, un moine, ça ne porte pas d'armure, ou alors, ça n'aime pas ça )
Amis lecteurs, je pourrais vous tenir en halène pendant des heures en évoquant cette journée de garde mémorable, une journée où Jean-Sébastien s’illustra tant bien que mal dans les calembours funéraires, une journée où Célitrée, de dépit, dû faire un effort de volonté terrible pour ne pas aller se réfugier seule dans la crypte afin de fuir les traits d’esprits ; c’est d’ailleurs la logique qui l’en dissuada réellement, parce que fuir les traits d’esprits de Jean-Sébastien était peut-être quelque chose d’aisé, mais fuir les traits des arbalètes de certains esprits tourmentés réveillés par les bruits de pas d’une garde téméraire devenait tout de suite moins évident… J’aurais pu vous illustrer en quelques mots la manière avec laquelle Célitrée fut choquée de voir un homme en pleine forme et tout en arme, sortir du Mausolée principal comme si de rien n’était, arguant qu’il était à la recherche « d’Orédixpé », un mot aussi étrange qu’inquiétant, mais qui n’évoquait rien à Célitrée, mais comprenez, amis lecteurs, que si je pars dans ce genre de récit, vous risquez fort de vous ennuyer du début à la fin. Aussi, grâce à la magie des écrits, je me permets d’avancer un peu, parce que, hein, tout de même, voilà, quoi. Ce n’est pas très constructif comme argumentation, mais il faudra bien faire avec. Après tout, c’est moi l’auteur, et je n’ai de compte à rendre à personne, si ce n’est à moi-même, ainsi qu’à moi-même.
Ainsi donc, le temps passa, se servit un café, puis continua son chemin, et le soir arriva, mais préféra le thé. Toute l’équipe se retrouva à la salle commune du bâtiment de garde ducal, pour le débriefing.
Le sergent, visiblement aussi fatigué que ses hommes… Hein ? Comment ? Oups, pardon, Célitrée. Le sergent, donc, visiblement aussi fatigué que les membres féminins et masculins de sa troupe, prit la parole en ces mots :
« Célitrée, Jean-Sébastien (honneur aux dames), je vous félicite. J’ai eu le loisir d’entendre que votre garde s’est bien déroulée. Célitrée, au rapport ! »
« Oui, Sergent ! Des morts-vivants sont sortis de la crypte, Jean-Sébastien est allé sonner l’alerte, Sergent ! J’ai fais des premiers morts-vivants des morts-morts et Jean-Sébastien est revenu avec des renforts, qui ont eu la grâcieuse idée de me tatouer un « i » sur le bras à l’aide d’un carreau d’arbalète avant de s’occuper des éléments perturbateurs, Sergent ! »
« Jean-Sébastien, quelque chose à rajouter ? »
« Oui, Sergent, avec votre permission, j’aimerai récupérer mon arme que le guêteur doit toujours avoir en sa possession… Il n’a pas voulu me la rendre, et ma menace l’a rendu plus hilare qu’autre chose. » Le sergent se pris la tête entre les mains, et dit, dans un soupir sanglotant : « Vos menaces ? »
« Oui, je lui ai dit que j’allais lui sonner les cloches… »
Le silence coupa la parole du garde. Un long silence. Très long. Les épaules du sergent se soulevèrent, sa poitrine en fit de même, et ses bras allaient presque ballant. Ce fut à son tour de couper la parole au Silence :
« Jean-Sébastien… Vous n’êtes pas clair. »
« Non, en effet, je suis guerrier de formation. »
« Jean-Sébastien, vous êtes guignol de formation. Je ne sais pas ce qui me retiens de vous envoyer au Duc afin de divertir ses longues soirées d’hiver. »
Joysiksiks pris la parole :
« Je crois qu’il ne sait pas assez bien chanter ! » Le sergent devint pourpre, et le silence revint vriller dans les tympans des gardes. Le visage du Sergent passa par à peu près toutes les couleurs du spectre de la lumière blanche, puis, d’une voix calme et détendue, le sergent repris à nouveau la parole :
« Joysiksiks… Au rapport.»
« Oui, sergent. Rien à signaler, j’ai gardé le palais, et il n’a pas bougé d’un pouce. »
« … »
« J’ai eu l’occasion de parler avec Charlie, il déclare que tant qu’il ne trouve pas son maillot de corps, il est indisponible. »
« … »
« Un marchand itinérant propose dorénavant ses services sur la place d’Yseldar, je ne sais pas si il a les autorisations nécessaires. Son nom est Téyokalhi, il semble venir des contrées désertiques. »
« Ah, enfin une information intéressante ! »
« Ce n’est pas tout. Il semblerait que le compte de Hessencéhef ait envoyé un de ses représentants, Yanagorne, afin de conclure certaines affaires avec notre bien-aimé Duc. Malheureusement, il est resté face à la porte du palais et a déclaré, je site : « Je n’exercerai pas dans mes fonctions tant que le compte de Hessencéhef ne me rémunèrera pas correctement. »
« Mais bon sang ? Que fait-il devant notre palais, alors ? »
« Euh… Je ne sais pas, il a parlé en termes étranges… Il disait des choses du genre « Sensibilisation du Pas Trônat », « Ensembles lutons contre la domination des nobles » et autres paroles inintelligibles… Il a même évoqué une porte… non. Une barrière, celle de Corail, je crois, mais je ne sais pas où c’est. »
« Je ne vois pas le rapport. »
« Pourtant, je viens de vous le faire. »
« Joysiksiks… Rompez les rangs. »
« Oui, sergent ! »
« Dalhétayin, au rapport ! »
« Rien à signaler, sergent. »
« Comment ça « rien à signaler, sergent » ? Qu’avez-vous fait de votre journée ?
« Rien qui ne soit digne de vous être rapporté, sergent »
« Je veux TOUT savoir. »
« Bien. Lorsque nous avons quitté cet endroit, nous avons tous les deux entrepris de marcher jusqu’à la porte ouest. Nous décidâmes donc de mettre un pied devant l’autre pour.. »
« Epargnez-moi les détails »
« Et donc, le soir venu … »
« Bon, ne m’épargnez pas les détails. »
« Nous arrivâmes à la porte ouest, et Stépeunvaulf me demanda quelles étaient mes origines. Je lui dit donc que je venais de l’Extrême-Orient. Il écarquilla les yeux, et me demanda si j’étais au courant des histoires de « Ki ». Je lui répondit de qui ? Il me rétorqua de ki. Après une demi-heure d’incompréhension mutuelle, nous finîmes par nous comprendre. Je mis en exerce ma grande sagesse afin de tirer les traits de son avenir à l’aide de quelques cartes remplies en énergies, ce qui, par ailleurs, lui plu énormément, quand une demoiselle courtement vêtue, et partageant mes origines, fit irruption dans son champs de vision. Je l’aperçu tout de suite au regard de Stepeunvaulf. Je me mis d’ailleurs en garde, croyant qu’il fixait ainsi du regard un ennemi potentiel. Mais j’ai vite compris. Je venais de lui prédire une famille et pleins d’enfants, et je crois que ça lui est monté à la tête, parce qu’il m’a dit : « Elle a une mine extra… ». Depuis ce moment, il fut absent.. Il était là, mais… absent. »
« Rien d’autre ? »
« Si, je suis allé uriner près de la ferme du vieux… »
« C’est bon. Stepeunvaulf, quelque chose à rajouter ? »
« Grumph. »
« D’accord. Stepeunvaulf, Dalhétayin, rompez les rangs. »
« Bien, sergent ! »
« Nathana… Jean-Sébastien ? Que faites-vous encore là ? »
« Vous ne m’avez pas autorisé à rompre les rangs, sergent. »
« Mmgngl. C’est bon, vous pouvez disposer… »
« Bien, sergent ! »
« Nathanaël, donc…Non, non. Rowdrak, plutôt. »
« Rowdrak tout court, Sergent. »
« cessez donc cette impertinence ! »
« Bien, sergent. »
« Au rapport. »
« Rien à rajouter qui n’ait été dit. Le marchand itinérant a beaucoup fait parler de lui, il a collé trois baffes à Nathanael, qui, selon moi, les méritait, car celui-ci passait son temps à chaparder ce qui se mangeait. Rien de nouveau du côté de la forêt, on parle parfois de certains hommes des bois disparaissants dans des circonstances étranges. »
« Comment ça ? »
« Bah ils sont là, puis après, ils sont plus là. »
« Merci pour cette analyse minutieuse. »
« A votre service, sergent. »
« Nathanael, on m’a fait rapport de vos écarts de conduite. »
« Je viens de l’entendre ! »
« C’est intolérable ! »
« Méééeuuh ! J’y peux rien, moi ! Y’a a bouffer, je mange ! »
« Nathanael ! »
« Oui, sergent. »
« Que ça ne se reproduise plus. »
« Bien, sergent. »
« Et effacez moi ce sourire de menteur. »
« Oui, sergent. »
« Bien. Nathanael, Rowdrak, rompez les rangs. »
« Oui, sergent ! »
« Bien, sergent ! »
« Célitrée ? »
« Oui, sergent ? »
« On m’a rapporté également que votre manière de combattre était exemplaire… »
« Sergent, vous me comblez d’honneurs. »
« Peut-être même un peu trop… »
« Que… Que voulez-vous dire, sergent ? »
« J’ai eu l’occasion d’échanger quelques passes avec vous et votre satané sabre. Cela fait plus de ving ans que j’exerce le métier des armes. Vous avez de la poigne, vous avez de l’endurance, vous avez du talent, mais, plus que ça, vous avez de l’entraînement. »
« Oui, je me suis beaucoup entraînée pour en arriver où j’en suis… »
« Certainement, Célitrée. Certainement. »
« Ce sera tout ? »
« Oui. Vous pouvez disposer. »
« Bien, sergent. »
« Célitrée ? »
« Oui, sergent ? »
« C’est du bon travail. »
« Merci, sergent. »
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Dernière mise à jour par : Zien Nith le 22/02/05 17:07
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