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Guy Gavriel Kay a été posté le : 03/09/04 12:53
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C'est après avoir relu "La Ta*******erie de Fionavar" que m'est venue l'idée d'ouvrir ce thread. Et c'est après que Hyar ait sorti, dans le quizz SF&HF, un questionnaire dont 2 questions portent sur des ouvrage de cet auteur, que je me décide enfin à vous parler de Guy Gavriel Kay.
J'ai découvert Guy Gavriel Kay il y a quelques années, au détour d'un rayon de bibliothèque, avec la trilogie "La Ta*******erie de Fionavar" (The Fionavar Tapestry), une formidable épopée, d'inspiration fortement tolkienienne (pas étonnant de la part d'un type qui a aidé Christopher Tolkien à mettre en ordre le Silmarillion) mais avec vraiment une patte, une construction, une ambiance et un style à part. L'histoire se passe dans le monde de Fionavar, l'univers fondamental, un lieu de magie et de périls où parfois, les dieux marchent parmi les hommes, et où cinq jeunes gens de notre monde ont été emmenés par le magicien Loren Mantel d'Argent pour assister au jubilé du Roi du Brennin. Mais des évenements terribles vont gâcher la fête, et plus encore.
Déjà, dans cet ouvrages, apparaissent certains des traits les plus caractéristiques du style de Kay : des personnages complexes, fouillés, que l'on découvre petit à petit ; des sociétés élaborées et crédibles ; des aspects mythologiques très recherchés.
Par la suite, G G Kay a écrit "Tigane" (Tigana), où il commence à exploiter une méthode caractéristique, cette fois-ci, de son oeuvre : la reconstitution en fantasy, distante mais bien documentée, d'un contexte historique, ici l'Italie du début de la Renaissance.
La péninsule de la Palme a été conquise par deux rois sorciers qui se sont emparés, chacun de leur côté, des neuf provinces, désunies, les unes après les autres. Une de ses provinces a reçu un traîtement particulier de l'un des deux rois, Brandin d'Ygarth, à cause de la mort de son fils : un puissant sortilège destiné à la faire disparaître de la mémoire des Hommes, à l'exception de ses anciens habitants.
Une des principales différences avec "La Ta*******erie de Fionavar" est l'absence de figure du mal absolu : les ennemis des protagonistes ne sont pas des enfants de choeur, mais leurs motivations sont complexes, ainsi que leur personnalité. Et ce, quand bien même un peuple a subi un tort extrêmement grave : la destruction de sa culture. On peut noter aussi que les divinités sont plus distantes (ne serait-ce que parce qu'elles ne s'incarnent pas et n'interviennent que sporadiquement), et que la magie est plus rare qu'en Fionavar.
Je n'entre pas plus dans le détail car je ne l'ai pas relu depuis longtemps.
Et puis vint "La Chanson d'Arbonne" (A song for Arbonne), roman cette fois-ci inspiré de la Provence médiévale, et où l'auteur va encore plus loin dans son originalité car, notez bien, il n'y a pas de magie. Du tout. Même les dieux sont presque absents, il n'y a que des religions. A la différence de "Tigane", où l'histoire repose sur une quête, il s'agit ici d'intrigues, de conflits de pouvoir, de trahisons, et de guerre. Le pays d'Arbonne, où l'on révère l'Amour, les chants et les poèmes, est menacé par un puissant voisin, le Gorhaut, à la culture très différente. Quel rôle Blaise du Gorhaut, qui a fui son pays, jouera-t-il dans ce conflit ? Il faudra lire le livre pour le savoir (et de toute façon je ne m'en souviens plus, encore un qu'il faut que je relise).
Un autre que j'ai lu plus récemment, "Les Lions d'Al-Rassan" (The Lions of Al-Rassan), s'inspire de la péninsule ibérique à l'époque du déclin du Califat de Cordoue et de la Reconquista.
L'Espéragne est divisée en deux : le tiers nord constitue l'Ancienne Espéragne, de confession jaddite (en référence à Jad, le Dieu-Soleil), le sud est l'Al-Rassan, pays sous domination des Asharites (adorant les étoiles d'Ashar), où vivent également des Jaddites, ainsi qu'un troisième peuple, déraciné : le peuple Kindath, qui adore les deux lunes, et qui est persécuté depuis des siècles. Je ne vous ferai pas l'injure d'expliciter l'allégorie, mais je me dois de préciser que, de tout ce que j'ai pu apprendre par la suite sur cette période, l'ambiance et les fonctionnements aussi bien politiques que socio-culturels me semblent très bien correspondre avec les inspirations historiques affichées : en bref c'est très bien foutu.
Là encore, pas de quête, juste des ambitions, des aspirations, des rêves qui entrent en conflit, parfois au sein d'un même personnage, car cette fois-ci on assiste à la torture que peut constituer le choix entre son devoir et ses amitiés.
Et tout cela à travers trois personnages, principalement : la Kindath Jehane bet Ishak, fille d'un médecin de renom et elle même remarquable praticienne ; l'Asharite Ammar ibn Khairan, conseiller du roi Almalik, poète, soldat, diplomate et assassin ; le Jaddite Rodrigo Belmonte, dit le Capitaine, célèbre guerrier, officier remarquable et gentilhomme érudit. Tous trois, si différents, vont se rencontrer, et apprendre à s'apprécier, se reconnaître des aspirations communes, mais le spectre de la guerre s'avance en grondant.
Là, je me souviens de tas de trucs, mais je n'ose en dire plus, pour ne pas trop en dévoiler.
Guy Gavriel Kay a également écrit une histoire en deux tomes, "La mosaïque de Sarance" (The Sarantine Mosaic), mais je ne l'ai pas encore lue. C'est inspiré de Byzance, apparemment.
Vous l'avez compris, Kay est un auteur profondément original, qui a su sortir des canons du genre pour créer une Fantasy vraiment à part, quelque chose de véritablement personnel dans lequel on est invité à entrer pour en goûter les merveilles, mais aussi réfléchir. Vraiment à découvrir.
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Dernière mise à jour par : Schmorgluck le 03/09/04 13:41
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-------------------- Citation :<Smurk> Tu es trop sérieux, Schmo.
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Réponse au Sujet 'Guy Gavriel Kay' a été posté le : 08/09/04 07:58
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Citation :Message de hyaragorne
Bien ben vu le précédent post il ne me reste plus qu'à présenter: Les chemins de Sarance. Ce livre ce présente en deux tomes en français.
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Je me suis renseigné avant de poster, et la version originale esr bel et bien en deux tomes aussi.
Citation :L'histoire est celle d'un artisant céramiste...
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Un artisan mosaïste, en fait.
J'en suis à la moitié du premier volume, et j'ai noté entre autres deux aspects remarquables dans cette histoire : la magie et les dieux y sont de retour (par rapport aux oeuvres précédentes de Kay), et le monde où elle se déroule est le même que dans "Les lions d'Al-Rassan", à une époque antérieure.
La réapparition (discrète) de la magie est remarquable car elle marque un revirement dans l'oeuvre de l'auteur. Comme si, après avoir prouvé - avec quelle originalité - qu'il était capable d'écrire de la fantasy sans magie ou presque, il avait décidé de la réintroduire, mais à sa façon, réinventant une fois encore une approche du genre très loin des clichés.
Par ailleurs, dans la façon dont les divinités se manifestent, on retrouve un peu la manière de "La Ta*******erie de Fionavar".
J'attends d'en avoir lu d'avantage avant d'en dire plus sur "La Mosaïque".
Une chose cependant m'est confirmée, que j'ai en tête depuis un bon moment : il y a quelque chose de Marion Zimmer Bradley dans ses meilleurs ouvrages qui transparait dans l'oeuvre de Guy Gavriel Kay, cette facilité à donner vie à des points de vue divers en gardant une grande cohérence.
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Réponse au Sujet 'Guy Gavriel Kay' a été posté le : 24/07/06 22:35
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Je remonte une fois de plus ce thread parce que j'ai enfin le temps de poster et que j'ai fini il y a quelques jours la lecture du dernier roman traduit de Kay : "Le Dernier Rayon du Soleil".
Toujours dans le même univers (on y croise des marchands d'Al-Rassan et des prêtres venu de Rhodias, et Sarance, ainsi que d'autres contrées, y sont évoquées). Cette fois-ci, le contexte reconstitué est celui des invasions des Vikings en Grande-Bretagne, avec trois peuples aux prises : les Erlings, marins pillards, les Anglcyns, peuple rural et industrieux, et les Cyngaëls, peuple poête et chamailleur. Bien sûr, je schématise, Guy Gavriel Kay s'en est encore donné à coeur joie pour bien se documenter et sortir un truc cohérent et complexe, et un quatrième peuple est en jeu dont je ne vous dirai rien pour ne pas vous gacher la surprise. Les enjeux sont, comme souvent chez Kay, à la fois individuels et politiques, et mettent les personnages devant des choix qu'ils ne s'attendaient pas à devoir faire. Un très grand Kay, une variation de plus de sa manière désormais bien rodée, on ne s'ennuie pas une seule seconde.
En fait, j'en viens à me demander pourquoi Guy Gavriel Kay n'est pas davantage connu et célébré : c'est à mon avis un des plus grands auteurs vivants de fantasy, à la fois d'une grande originalité et d'une splendide maîtrise narrative, un maître.
Qui a d'ailleurs désormais un site internet non-officiel autorisé à lui consacré, Bright Weavings ("brillant tissages"), où on peut trouver des trucs très intéressants.
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Réponse au Sujet 'Guy Gavriel Kay' a été posté le : 08/08/06 13:18
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J'ai une chatoyante question pour les distingués amateurs de Kay.
J'ai lu il y a trois ou quatre ans la Ta*******erie de Fionavar qui je dois l'avouer ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Toutefois, quelque chose me turlupine depuis. La suite mini-spoil.
L'héroïne qui trimbale l'anneau ressuscite Arthur. Il me semble qu'il n'y a pas d'ambiguités quant à l'identité de ce dernier. Cependant, on apprend qu'il a commis un crime abominable, un crime qui fait que son vrai nom signifie "le tueur d'enfants" ou quelque chose du genre.
Or je ne vois absolument pas à quel épisode de la légende arthuréenne cela renvoie.
Ca dit quelque chose à quelqu'un ?
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