Vieux Con

-= Chaos Legions =-
Inscription le 13-05-02
Messages : 1318
Age : 46 ans
Lieu de résidence : Symbole de Paix
|
|
|
|
|
Réponse au Sujet 'Délinquescence' a été posté le : 05/02/05 21:32
|
Il partirait explorer le monde avec Ten, répondrait à ces attentes, quelles qu'elles soient. Il vivrait le moment présent, encore. Souffrirait peut être, se déchirerait peut être. Encore. Aimerait peut être. Encore.
C'était ce qu'il avait toujours défendu : la vie, qui continu, encore, toujours, ne s'avouant jamais vaincu.
"Alors pourquoi ai-je fuis ? Pourquoi ai-je renoncer, ai-je abandonné ma terre, mon monde, ma réalité ?"
Il songea à la guerre. Les livres de Ten chuchotaient, laissaient sous-entendre, tournant autour du nom honnis. Guerre et destruction. Apocalypse auto-infligé, syndrome d'autodestruction. Si humain... Il devrait percer le mystère de l'agonie de ce monde.
Comme cela, il comprendrait peut être ce qui arrivait au sien.
Sa mémoire parfait se mit à rejouer d'antiques batailles, des duels de sorcellerie impis, des massacres commis en son nom, au nom de la liberté, de la vie, de Dieux, du Bien et d'autres causes si chère aux humains, si prompt à enflammer pays et population.
Et pour finir, toujours ce même combat qui revenait le hanter. La Guerre du Miroir, le combat fatal de deux Archimages. Deux visions du monde s'affrontant, deux avenirs possibles.
Pendant un instant, il ne su dans quel camp il avait été. Les Bons ? Les Méchants ? A la fin, chacun luttait pour soi même, pour sa vision personnelle de l'univers. A la fin, ils ne furent plus que deux. Deux antithèses si semblables qui ravagèrent des contrées sans même y prendre garde. Et à la fin...
La Mort, comme toujours. Et le fléau qu'il avait lâché en détruisant son être-miroir...
"Aurais-je du me laisser mourir ? Ma survie fit de moi le plus grand criminel du Multivers..."
Il sourit, amèrement. Egotisme, auto-idolâtrie. Jamais il ne pourrait connaître avec exactitude l'effet et les conséquences de son choix. Le peu qu'il en savait suffisait à le plonger dans un abîme d'horreur.
"Pourrais-je jamais me racheter ? Pourrais le bannir un jour ?"
Las de ces sinistres pensées, il revint vers le doux visage de Ten, y trouvant une inattendue consolation. Rien que pour ça, il bénit la gent féminine du Multivers, quelles que soient ses formes, biologiques ou non.
Ten ouvrit les yeux.
"Tu frissonnes..."
"Je chasse des cauchemars."
"C’est comment ? Je ne rêve pas..."
"Si. Les rêves ne se produisent pas qu'en dormant."
"Je ne comprend pas."
"Pourquoi tiens-tu tant à devenir humaine ?"
"Je ne sais pas...pas exactement. J'en ai envie, c'est tout. Les êtres vivants semble si...vivant !"
"C'est une sorte de rêve. Ton rêve. Et ton cauchemar…"
"Pourquoi cauchemar ? C'est sensé être une chose mauvaise..."
"N'as-tu aucune appréhension ? Aucune peur ? La peur d'échouer dans ton but, de sombrer dans la solitude ou la folie ? Ou de découvrir que ce but tant rechercher t'es inaccessibles ?"
"...Si...ça m'arrive, mais...Je continue de penser que j'y arriverais. Est-ce donc impossible ?"
"Non. Tu es déjà presque plus humaine que moi."
"Mon corps est artificiel, et mes réactions dérivent d'un programme..." soupira-t-elle.
"Mon corps n'est pas d'origine non plus. Mes yeux sont une erreur, un vol, un échange démoniaque. Je vis grâce à la magie, tirant ma substance vitale d'effroyables criminels et d'un sortilège impie. Mon corps a été modifié tant et tant de fois, sur tant et tant de monde. Il est perclus de systèmes de survie égoïstes. Magie, science, art, technologie, religions...Tout ce mélange en moi, dans ce corps recrée. Je ne suis qu'une création de mon esprit."
"Mais tu as une âme. Je peux le sentir... Pourquoi essais-tu de m'horrifier ? Je ne te plais pas ? Tu veux me chasser ?"
"Non. Je te montre juste l'autre face. Je te préviens. Un être vivant n'est pas d'un bloc. Il n'est pas parfait."
"C'est cette imperfection qui vous rend si attachant !"
Elle embrassa l'errant comme celui-ci lui avait appris, chassant ses pensées dépréciatrices. Comment voulez-vous vous concentrer sur le négatif avec une jeune femme dans vos bras ?
"Ferais-je un bon être humain."
"Un merveilleux."
"Tu me montreras ?"
"Je peux essayer. N'oublie pas que nous ne sommes pas infaillible..."
Pour sceller ce pacte, il se mit en devoir de lui enseigner d’autres manières de l'intimité humaine. L'amour et le désir chassant les cauchemars et les doutes naissant au creux de la nuit.
Ils partirent le lendemain. Droit vers le nord.
Le temps était maussade, les nuages formant un bas bouclier gris par dessus leur tête. La mer dévorait lentement la grève de sable terne qui semblait s'étendre à l'infini.
"Même pour parcourir l'infini, il faut commencer par un premier pas." déclara le voyageur. Il tendit une main à sa compagne robotique. Ten hésita et lui bris le bras, faisant un pas en avant.
Elle ne se retourna qu'une fois, pour dire adieu à son foyer.
Il cheminèrent une éternité sur la plage. Impossible de compter les heures. Les nuages immobiles ne laisser passer qu'une lumière uniformément grise. Le jour et la nuit semblaient s'être confondus en un tout grisâtre. Même le sable se ternissait, s'affadissait, tirant vers le gris.
Une fois de plus, l'errant ressentis le poids de cette monotonie, aspirant de tout son être à un changement qui ne venait point. L'être vivant à soif de nouveauté...Et Ten aussi.
Heureusement, il se soutenait mutuellement, discutant de tout et de rien en cheminant au coeur de ce morne paysage désertique.
"Tu as donc une mémoire parfaite ? Comme un ordinateur ?" demanda Ten.
"Un ordinateur est limité par sa capacité de stockage et par le type d'information à archiver. Je ne jamais vu les limites de ma mémoire et je peux tout y enregistrer, chaque pensée, chaque sensation."
"Fascinant. Ce doit être pratique..."
"Plus ou moins. Imagines des décennies, des siècles de souvenirs inaltérables...Et pas toujours de bons souvenirs. Chaque erreur de jugement, chaque faux-pas, chaque conséquence dramatique est là, intacte, toujours aussi vive qu'au premier jour, menaçant de resurgir à la moindre association d'idée..."
"Humm...Je n'avais pas pensé à ça. Qu'elle ironie : mes mémoires informatiques sont endommagés, mes souvenirs flous ou inexistant. Les tiens sont omniprésents."
"Oui. Cela te rend aussi humaine que moi."
"J'ai donc une faiblesse humaine...Non. Tu viens de le dire, l'oublis ou l'atténuation ne sont pas toujours des faiblesses. J'ai donc un trait typiquement humain."
"Une imperfection... Les diamants sont de belles pierres en raison de leurs imperfections."
"Alors tu es un très beau diamant !"
"Tu me taquine ?"
"Les ordinateurs ne savent pas taquiner !" plaisanta Ten.
Ensemble, ils poursuivirent leur route en riant.
Enfin, le paysage changea, preuve qu'il ne faut jamais désespérer ou renoncer.
Des collines et une falaise annonciatrice d'un haut plateau se détachaient dans le lointain.
"Ça fait du bien d'avoir des repaire dans cette immensité."
"Les vieilles cartes ne montraient pas de plateau..."
"Si j'en juge par les fractures dans la falaise, c'est un soulèvement récent...Enfin, récent, au point de vue géologique. Et ici, le temps est...bizarre."
"En tout cas, d'après ton appareil, c'est par là que nous allons."
"A dieu vat."
Et comme pour approuver, le grondement du tonnerre déchira l'atmosphère. Pour la première fois depuis une éternité, le ciel se déchira et une pluie glaciale se mit à tomber avec insistance, les frappant sans ménagement.
Anticipant l'escalade de la falaise, le voyageur défia le ciel d'un rire moqueur.
"C'est toujours plus marrant avec un handicap !"
(à suivre, comme d'habitude....)
Concernant les visions ayant inspiré ce récits, il y a les yeux du MageGaHell luisant dans les ténébres, tenant Ten dans les bras.
Et eux deux marchant sous un ciel gris acier, en direction de...Ben, je sais pas ! On verra bien !
Et comme toujours, vous pouvez (devez?) commenter.
|
|
Dernière mise à jour par : MageGaHell le 05/02/05 21:59
|
-------------------- "L'Infini ?
...Prenez la taille de mon ego et ça vous paraîtra petit..."
Aerth, récits fantastiques
...Et en plus il écrit et il blog...
|
|
|
|
Cachée
|
|
Vieux Con

-= Chaos Legions =-
Inscription le 13-05-02
Messages : 1318
Age : 46 ans
Lieu de résidence : Symbole de Paix
|
|
|
|
|
Réponse au Sujet 'Délinquescence' a été posté le : 26/06/05 21:26
|
Et ça reprend...Par contre, c'est la version "raw", ma correction orthographique a été des plus sommaires, sans la machine... En plus, ça vibrait sévre dans le train et mon clavier de portable est...Capricieux. Et j'tire une grosse flemme (la chaleur : 34°C dans l'apart', sans le soleil...). Désolé.
Le voyageur sautillait de blocs rocheux en bloc rocheux avec une aisance déconcertante au vue de ses habits encombrants, peu adaptés à l'escalade.
Son héritage elfique lui donnait le pied léger et un remarquable sens de l'équilibre et son sang humain lui conférait une ardiesse qui l'aidait à franchir les obstacles.
Hélas, il était de frêle consitution. Il s'arrêta donc une fois de plus pour souffler, se retournant pour contempler le vide béant derrière lui.
Voilà prés d'une journée qu'ils escaladaient cet éboulis pour atteindre le sommet de la falaise qui leur barrai le chemin.
La matinité avait été une horreur en raison de la pluie traitresse qui rendait les rochers glissant. Cela s'était calmé aprés leur pause déjeuner. A la fin, évidemment...
Le ciel restait pourtant d'un gris acier agité de lente convulsion, promesse d'une reprise prochain et surement encore plus dérangeante. Un long moment, l'errant resta à contempler le ciel pluvieux. Puis il baissa les yeux sr la chaos rocheux qu'il venait de franchir.
Un sourire sarcastique lui vint au lèvres alors qu'il suivait la progression d'une silhouette féminine en contrebas.
"Ten, n'est tu pas sensée être une machine inépuisable, capable de déployer une force surhumaine ? Avec des senseurs d'une précision millimétrique et une prise de décision sur-rapide fondée sur une logique et l'analyse ?" lança-il- d'un ton taquin quand l'androïde arriva enfin près de lui.
"Mes...programmes...sont calqués...sur la condition...physique...des humains..." anona-t-elle en soufflant lourdement.
L'errant tiqua, s'émerveillant de cette érange simulation des faiblesses humaines. Dans son infaillible mémoire, il notait chacune de ses petites caractéristiques qui rendait la jeune(?) femme(?) plus proche d'un être vivant... Et toutes les erreurs commises.
Simuler la faigue et l'essouflement...Mais pas la température corporelle, pourtant aisement vérifiable... Imitation, mais non copie. Qu'est-ce qui relever de la programmation, de la technique e qu'est-ce qui relevait de la psychée du robot ? Ten copiait consciemment et inconsciemment les humains...
Etait-ce un programme ou était-ce sa volonté propre ?
"Aprés pareille escalade, je vais devoir prendre un bain..." souffla l'androïde.
"Tu ne transpires pas."
"Et alors ? Je me salie tout de même... Et j'aime la sensation de l'eau sur mon corps. Les êtres vivants trouve cela plutôt agréable, non ? Moi aussi..."
Il soupira, notant mentalement une nouvelle incohérence du robot.
"Je ne cracherais pas contre un bon bain chaud, il est vrai..." répondit-il, toujours sur un ton amusé. "Mais pas ici. Il y a bien quelques peits torrent, mais je ne sais pas si tu as remarqué l'altitude où nous sommes... L'eau doit être gelée et l'air est glacial."
"Oh..."
"Note aussi que l'oxygène disponible c'est réduit : nous devons être vraiment haut... J'ai de plus en plus de mal, et pourtant malgré les apparences, j'ai l'habitude des expéditions sauvages."
Ten ne dit mot. Mais le visiteur observa avec plaisir la variation dans son rythme de souffle. Même s'il est n'en avait nul besoin, elle s'adaptait, calquant son débit respiratoire sur le sien.
Ils profitèrent de la pause pour se restaurer, blottis l'un contre l'autre. Ten adorait les contacts physiques. Hors ceux-ci étaient loin de déranger l'errant, même s'il lui remémorait de douloureux souvenirs.
"Je crois que nous devrions nous remettre en route..." souffla-t-il, les yeux perdu dans les nuages.
"Déjà ? On est si bien ici..."
"J'aimerais arriver au sommet avant la nuit. Et avant le retour de l'orage."
Le ciel gronda en réponse, déapprobateur. Il était uniformement gris métallique. Des spasmes l'agitait en silence, lentement, signe de puissant courant. Il s'en dégageait une aura de menace et de malveillance...
UN autre grondemen de tonerre lointain renforça la sensation.
Sans mots dire, ils se relevèrent et reprirent au plus vite l'ascension du chaos rocheux.
Peine perdue, évidemment.
Quand les rochers et les blocs de l'éboulis formèrent la passe la plus difficile, le ciel s'ouvrit dans un fracas de fin du monde, déversant des trombes d'eau glacées sur les deux malheureux.
Malgré sa tunique et sa cape qui avait traversé moult univers et moult Plans inhospitaliers, le voyageur était transit de froid, la pluie glacée semblant s'infiltrer jusqu'au fin fond de ses os.
Ten n'était, en théorie, nullement sensible au déluge et au froid. En pratique, elle imitait si bien la faible condition humaine que l'errant dut plusieurs fois lui porter assistance pour l'aider à franchir des passes difficiles.
Chaque fois, elle l'accueillait avec un sourire maladroit et des tremblements de froid simulés qui le faisait fondre, lui.
La tentation de recourir à la magie était grande, encore plus que lors de l'eterminable errance sous le soleil de plomb de ce monde étranger.
L'errant résista.
Aprés des heures pénibles, ils aboutirent finalement au sommet.
La pluie faiblit et se changea alors en faible neige. Non, pas vraiment de la neige... Un stade à mi chemin entre le liquide et le solide, encore plus pernicieux, congelant encore plus les chairs transis de froid.
Devant eux s'étendait apparement à l'infini une plaine de boue plus ou moins gelée, avec parfois quelques blocs rocheux solitaire, abandonné, tel de géant cadavre fossilisant se noyant lentement.
Le ciel gris-blanc était flou, morne et indifférent. Aucun abris visible, aucun endroit où se reposer. Pas de végétation à bruler pour glaner un peu de chaleur et de lumière. De la boue putride, de le steppe gelé, des cailloux à l'abandons.
Le voyageur regarda longuement ce paysage hostile. Puis il contempla sa botte couverte de boue marronâtre, qui avait franchit de distance que l'on ne pouvait chiffrer qu'en année-lumière. On aurait dit que la morne plaine enlisée tentait de la dévorer.
"Je sens que ça va être une vrai partie de plaisir..." railla le voyageur.
Par pure obstination, ils continuèrent, se frayant lentement un chemin. En un sens, leur progression était moins pénible, moins physique que l'escalade précédente.
Par contre, le froid et l'humidité rendait la traversée détestable au possible. Les vétéments du voyageurs n'étaient plus qu'éponge humide, malgré leurs formidables immunités et leur imperméabilité théorique.
Moralement aussi, c'était épuisant. L'horrible bruit de succion de la boue à chaque pas portait sur les nerfs du voyageur. La neige fondante et diffuse qui tombait du ciel masquait la vue, accentuant l'impression de vanité de leur quête et de leur avancée. Impossible de distinguer quoi que ce soit dans ce flou glacial.
Vaincus par la fatigue, ils s'arrêterent enfin pour bivouaquer.
L'errant possédait un matériel compact mais efficace pour les abriter un tant soit peu. Ils choisirent un rocher-os pour vaguement les abriter et y adossèrent leur tente. Pas de bois, évidemment. Pas de feu, donc et pas de repas chaud.
Comme tout les soirs, Ten brancha religieusement sa radio, l'abritant soigneusement sous la tente. Le voyageur la regarda faire, fasciné par le cérémonial rituel.
Toujours fidèle au poste, la radio cracha sa musique à l'heure dîtes (seul repère temporel sûr de ce monde, apparement). Ten l'accompagna un instant en fredonnant, oublieuse de l'observateur silencieux qui la couvait de ses yeux verts emeraudes. Le magicien d'outre-monde trouvait l'androïde fascinante et envoutante, quand elle avait ses si humaines réaction imprévues. Le désir monta en lui, rythmé par l'accélération de la musique.
L'émission se termina et Ten releva soigneusement la vague direction révélait par le bricolage de l'étranger.
"Voilà, j'ai terminé de noté. C'est approximativement vers..."
Elle fut coupé par les bras du magicien qui l'entourèrent. Cela la réduisit au silence un moment. Elle adorait le contact de sa peau chaude, humaine contre la sienne, si froide, traduisant sa fausseté.
Mais cette fois si, l'étranger était aussi froid qu'elle ou presque, d'aprés ses capteurs. Le climat rude semblait voler la chaleur et la vitalité de l'errant.
"Désolé..." murmura-t-elle. "Nous ne pouvons pas partager notre chaleur corporelle. Je ne peux pas te réchauffer..."
La robot en avait des sanglots dans la voix.
"Il existe d'autre moyen de se réchauffer..." souffla le magicien étranger d'un ton à la fois doux et avide. "Le désir en est un..."
Il l'embrassa soudain, passionnement.
"Profitons de cette froide nuit...Il est temps de passer à une autre phase de ton apprentissage..."
(à suivre, comme toujours...)
N'hésiter pas à commenter. S'il manque des "t", c'est la fautes à mon clavier.
-------------------- "L'Infini ?
...Prenez la taille de mon ego et ça vous paraîtra petit..."
Aerth, récits fantastiques
...Et en plus il écrit et il blog...
|
|
|
|
Cachée
|
|
|
|