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Oph qu ourse

Thorp bonheur



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Membre Dungeon Keeper   Pour une poignée de neurones a été posté le : 18/06/04 20:35
"Commandant ?"
Jean-Fred Bolino ouvrit un oeil. De toute évidence, il s'était encore assoupi.
"Lieutenant Artemisia au rapport, commandant !"

Artemisia. C'était bien son style, de faire ses rapports au moment le moins opportun. Bolino lui fit signe de continuer, en faisant un gros effort pour rester calme.

"Nous avons fini de scanner la planète, reprit la jeune femme. Atmosphère respirable avec 18% de dioxygène, formes de vie humanoïdes assez évoluées pour que nous ne prenions pas le risque de prélever un spécimen pour l'étudier, mais impossible de savoir d'où émanait l'appel de détresse."
"Prenez contact avec eux, demandez qui utilise couramment cette fréquence..."
"Impossible, commandant."
"Quoi, impossible ?"
"D'une part, nous n'avons pas fini d'étalonner les traducteurs, et d'autre part, le niveau technologique global a été évalué à 53."

Bolino se mit à tousser.
"Vous êtes malade, commandant ?"
"Non, c'est... Euh... Cinquante-trois ?"
"Je peux relancer le scan, si vous voulez."
"Oui, allez-y. Et si vous obtenez le même résultat, signalez le bug à TotalScan. C'est impensable, un truc pareil ! 53, ça correspond à un monde qui n'aurait même pas l'eau courante !"

Artemisia salua et sortit. Bolino étira le cou et ferma les yeux. Un raclement de gorge léger mais impérieux l'empêcha de se rendormir.
"Quoi encore ?"
Le major Tikosh se tenait à la place encore chaude du lieutenant, son éternel carnet numérique à la main.
"Cher commandant, l'état-major nous a transmis des données que vous devriez consulter. C'est presque aussi intéressant que mon..."
"Abrégez, Tikosh !" coupa Bolino en tendant la main pour prendre le carnet.
Le commandant fit défiler les données en silence. Des courbes, des extraits d'entretiens, et des photos en couleurs. Au fur et à mesure qu'il parcourait le tout, c'était son visage qui se décolorait.
"Et ********..."
"C'est une bonne synthèse, commandant."
"Vous ferez moins le malin quand vous serez sur place avec moi !"
"Sur place ? Mais je..."
"Pas de mais, major. Jusqu'à preuve du contraire, vous êtes sous mes ordres. Alors faites chauffer votre implant neural, fermez la porte en sortant, et assurez-vous que personne d'autre ne l'ouvre avant que j'aie fini de prendre mon bain !"
Tikosh quitta la pièce précipitamment, pas assez vite toutefois pour éviter un lancer de canard en plastique.


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Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'Pour une poignée de neurones' a été posté le : 18/06/04 20:38
But de la mission, rapport rédigé par le lieutenant S. Artemisia :

Le dix-huit avril deux mil quatre cent soixante-douze à onze heures vingt-deux, le général Oïnk a transmis à l'équipage du Viking l'ordre de venir en aide à l'émetteur du message de détresse intercepté six heures douze plus tôt, en provenance de la planète Novae 6. Nous ne disposons d'aucune information sur l'auteur du message, si ce n'est qu'il nous a signalé une grande menace pour son peuple. Novae 6 est un monde primitif, au niveau technologique plus ou moins équivalent à celui de la Terre du XIIIème siècle, et aux croyances apparemment puissantes et variées. Le commandant J-F. Bolino, le major R. Tikosh, le sergent Z. Fermi et le caporal B. Hook iront en reconnaissance dans la zone d'émission dès que les traducteurs seront étalonnés.

"Très bien écrit, lieutenant !" se réjouit Bolino. "Vous avez évité de mentionner les vaisseaux qui étaient dans les parages et que Oïnk a fait évacuer pour nous envoyer à la place. Avec une langue de bois pareille, vous irez loin."
Des soldats équipés de Sewfast(TM) et d'épingles étaient occupés à reconstituer sur les corps des quatre désignés volontaires des costumes comparables à ceux des autochtones. Du moins, la moitié d'entre eux s'affairait. L'autre moitié se roulait par terre, en proie à une irrépressible hilarité devant l'allure des malheureux.
"Tikosh, branchez-vous sur un traducteur," reprit Bolino.
"Je n'ai jamais eu besoin de mon implant pour assimiler les langues étrangères..."
"Nom d'un rayon gamma, Tikosh, encore une remarque comme celle-ci et vous pouvez dire adieu à tout espoir de descendance !"

La triangulation effectuée par les vaisseaux les plus proches de la planète au moment de la réception du message indiquait que celui-ci provenait d'une zone au climat tempéré, au relief escarpé, au sol riche couvert d'une belle végétation. D'un point de vue humain, on y trouvait un gros village et quelques habitations isolées. Selon toute probabilité, l'appel à l'aide avait été émis depuis le village.

Une fois que le major eut assimilé les données du traducteur, Bolino laissa la passerelle au capitaine Sauveur, sans même chercher à dissimuler son angoisse. Quand le succès d'une mission dépendait de sa discrétion, et qu'on savait que Hook avait réparé le système de camouflage de la navette Saint-Michel en prenant des pièces sur Lefèvre-Utile et Brossard, il y avait forcément de quoi s'inquiéter.

Contre toute attente, il n'y avait pas de comité de réception en colère à la sortie de la navette, comme cela avait été le cas sur Ladifa 4 trois semaines auparavant. Bolino sortit prudemment, un oeil sur la forêt environnante, l'autre sur les données des instruments de mesure qui s'affichaient sur son viseur. Rien. Personne. Tout au plus, une taupe et trois papillons. Bolino rangea le viseur et interrogea Fermi du regard. Rien non plus de son côté.
"Bon ! Allons jusqu'au village. Prudemment."

Les quatre hommes avancèrent dans la forêt en admirant le paysage. Soudain, le caporal Hook, qui marchait en tête, s'arrêta tout net.
"Commandant !" vociféra-t-il tout bas, ce qui requiert un entraînement militaire des plus rigoureux. "Reflet métallique à deux heures !"
"Il n'est pas encore deux heures, caporal," ricana Fermi.
"Vous ferez de l'esprit plus tard, sergent. Allons voir ça de plus près. Prudemment."


Dernière mise à jour par : Oph qu ourse le 18/06/04 20:40

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Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'Pour une poignée de neurones' a été posté le : 18/06/04 20:41
A une centaine de mètres sur la droite se trouvait la carcasse d'un engin métallique qui devait traîner là depuis un siècle ou deux, à en juger par les arbres de belle taille qui avaient poussé dedans. L'humus et la mousse avaient envahi le tout, mais l'aspect des quelques plaques de métal encore visibles témoignait d'un bon niveau technologique.
"Par moi-même..." balbutia Tikosh en connectant son carnet sur sa prise neurale.
"Vous savez ce que c'est, major ?"
"Non, commandant. Trop abîmé. Impossible à identifier. Sans doute même pas terrien."
Bolino haussa les épaules.
"Je sens venir le coup de la technologie perdue et de la radio qui émet le même appel de détresse en boucle depuis des siècles..."
"Je ne pense pas, commandant. Nos forces sont sur zone depuis des années, et c'est la première fois que nous recevons le message."
"Bon. On repart. Prudemment."

Le village repéré par les instruments était un bourg de taille déjà respectable. Les habitants vaquaient à leurs occupations dans des tenues amples et peu pratiques, dont les copies faisaient amèrement regretter leurs uniformes aux membres de l'équipe. Dès leurs premiers pas dans les rues grossièrement pavées, les étrangers sentirent sur eux un drôle de regard. Ils s'étaient attendus à une vague hostilité, peut-être un peu de crainte, mais pas à cette lourde résignation qui ne laissait aucune place à la surprise.
"Major, essayez d'engager la conversation. Pru..."
"Oui, je sais, prudemment !" coupa Tikosh.

Le major s'approcha d'une jeune femme et lui parla dans une langue qui lui était inconnue deux heures auparavant, avec une aisance qui valait toutes les publicités pour les implants neuraux. Les autres branchèrent discrètement leurs traducteurs pour suivre la conversation.
"... Rocco Tikosh, et je crains de m'être égaré..."
"Peu importe votre nom. Si vous êtes là, c'est que le dragon réclame un sacrifice."
"Quel dragon ? Et quel rapport avec moi ?"
"Tout le monde le sait. Un éclat de métal dans le ciel annonce la venue du dragon. Surtout s'il est suivi de la visite d'un groupe d'étrangers mal attifés."

"Hook, bougre d'imbécile, vous étiez censé réparer le camouflage !" pesta Bolino.
"J'aimerais bien vous y voir, avec le matériel dont je dispose..."
"Je savais bien que je n'aurais pas dû confier Saint-Michel à un ivrogne !"
"Sauf votre respect, commandant, Hook ne boit plus depuis déjà plusieurs mois."
"Je sais, Fermi. Mais je viens de comprendre que notre arrivée discrète était repérable à des dizaines de kilomètres à la ronde, alors il faut bien que je passe mes nerfs sur quelqu'un."

Le commandant fut interrompu par un raclement de gorge. Il releva la tête. La première chose qu'il remarqua fut que Tikosh avait une main rouge tatouée sur la joue. La seconde fut la vingtaine de gens en armes qui entourait les quatre hommes.
"Major, une explication ?"
"Si j'en crois la piquante pucelle avec laquelle j'ai conversé, puisque notre venue annonce celle du dragon et que le dragon est carnivore, nous allons être sacrifiés, dans l'espoir que cet en-cas le dissuade de boulotter tous les troupeaux."
"Ils sont optimistes, ces gens-là, dites-moi..."
"Ils n'ont surtout aucun sens des valeurs ! Comment peut-on donner moins d'importance à ma vie qu'à celle d'un mouton ?"
"Suivez-nous sans faire d'histoires !" coupa un grand moustachu armé d'une lance.
"Quels ordres, commandant ?" demanda Fermi.
"Obéissons. Ils sont nombreux, nous ne pouvons pas nous permettre de jouer les héros."


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Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'Pour une poignée de neurones' a été posté le : 18/06/04 20:43
Les quatre hommes se laissèrent mener à travers le village jusqu'à une maison de pierre à la façade ornée d'un cadran solaire, le tout surmonté d'un petit clocher. Un petit vieux essoufflé arriva à la porte en même temps qu'eux, en finissant d'enfiler à la va-vite une robe de velours élimée. Il leur fit signe d'entrer, les suivit, et ferma soigneusement la porte derrière lui. Les militaires le regardèrent s'asseoir à un bureau encombré de parchemins. Le silence dura quelques instants, le temps pour lui de reprendre son souffle.

"Etrangers, qui que vous soyez, sachez que votre venue sur nos terres coïncide toujours avec celle du dragon. A ce titre, vous n'êtes pas les bienvenus."
Le petit homme s'interrompit.
"Au fait, vous comprenez ce que je vous dis ?"
"Parfaitement," répondit le major Tikosh. "Nous sommes ici suite à un appel au secours lancé dans cette zone, savez-vous qui a pu l'émettre ?"
"Pas du tout. Il n'est pas dans nos habitudes d'appeler des étrangers, nous ne savons même pas comment faire. Quoi qu'il en soit, puisque vous êtes ici, profitez du temps qui vous reste à vivre, car dès que le dragon se manifestera, nous vous livrerons à lui pour l'apaiser."
"Et ça marche ? Je veux dire, quatre hommes, c'est un petit repas pour un dragon affamé, non ?"
"Il y a dix ans, cinq hommes lui avaient suffi. Il y a vingt-trois ans, nous n'avions personne à sacrifier, et il a dévoré toutes nos bêtes."
"Attendez ! Au lieu de nous sacrifier, pourquoi ne pas nous laisser tuer le dragon ? Tout le monde y gagnerait, non ?"
"C'est ce que nous avaient dit les étrangers d'il y a vingt-trois ans. A l'époque, nous leur avons fait confiance, et c'est bien pour cela qu'à la fin, nous n'avions personne à sacrifier. Ne discutez pas, vous allez mourir pour une bonne cause."

Le petit vieux apposa une signature alambiquée au bas d'un parchemin, fit un signe de tête au grand moustachu, et les militaires furent escortés vers une cellule au sous-sol du bâtiment. La surprise passée, ils constatèrent qu'un garde restait en poste dans l'escalier, mais que les autres semblaient avoir quitté les lieux.
"J'espère que la communication va passer avec toute cette épaisseur de pierre," soupira Bolino en activant son communicateur. "Commandant Bolino à lieutenant Artemisia, vous me recevez ?"

Il y eut un peu de friture, puis une réponse à l'accent chantant se fraya un chemin à travers les murs du bâtiment.
"De l'ordre de trois sur cinq, commandant. Où êtes-vous ?"
"Prisonniers dans un sous-sol, lieutenant. Les autochtones ont un sens de l'hospitalité assez particulier. Ils veulent nous livrer à un dragon."
"On dirait que toutes les rencontres avec des peuples primitifs se terminent comme ça..."
"Artemisia, pas de fatalisme ! Je veux que vous scanniez la zone en profondeur pour détecter et analyser ce dragon. Ensuite, montez une équipe et venez en renfort avec Lefèvre-Utile."
"Commandant..."
"Quoi, Hook ?"
"Lefèvre-Utile ne peut pas voler, il lui manque un réacteur."
"Et Brossard ? Il lui manque quelque chose, à Brossard ?"
"Le système de climatisation, et la carte auxiliaire de calcul de trajectoire."

Bolino se frotta les arcades sourcilières du bout des doigts, avec un soupir calibré pour abattre une montagne.
"Bon, Artemisia, utilisez des capsules de jelly, au moins, vous aurez une chance d'arriver vivants. Nous rentrerons tous au Viking avec Saint-Michel."
"Compris. Mais c'est une contrainte qui limite l'équipe à trois personnes..."
"Débrouillez-vous, lieutenant, je vous fais confiance ! Commandant Bolino, terminé."


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Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'Pour une poignée de neurones' a été posté le : 18/06/04 20:46
Shania Artemisia s'ébroua sous le soleil. Elle détestait utiliser les capsules. La jelly avait beau s'évaporer en quelques secondes après utilisation, on avait l'impression de rester légèrement collant. Peut-être n'était-ce pas qu'une impression, d'ailleurs. A les voir faire la grimace, le première classe Shakal et l'adjudant Cariant pensaient autant de mal qu'elle de la substance qui les avait protégés pendant qu'on les catapultait à la surface de la planète.

"Messieurs, nous devons faire vite !" rappela-t-elle en cherchant sur son ordinateur de poche les quatre points représentant les hommes à libérer.
Les otages repérés, elle s'élança, suivie de ses hommes.
"Dites-moi, lieutenant," hasarda Cariant, "votre bestiole, elle ne risque pas de se pointer pendant l'opération, au moins ?"
"Peut-être que si, adjudant. C'est bien pour ça que je ne veux pas faire de vieux os ici."

Arrivée en vue du village, le lieutenant se mit à couvert et contacta son remplaçant aux transmissions du Viking, prête à déclencher la diversion pyrotechnique qui lui permettrait de libérer les otages.
"Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, quelques explosions colorées devraient suffire."
"Les fusées de couleurs sont en place, lieutenant."
"Alors tenez-vous prêt, major. A mon signal..."
Il y eut un blanc, un léger cri de douleur.
"Lieutenant ? Allô ?"
"Euh, non, major, laissez tomber. Pas besoin de diversion. Lieutenant Artemisia, terminé."

L'ombre immense du dragon fit de nouveau place au soleil tandis que la bête, à mi-chemin entre le ptérosaure et la créature de conte médiéval, passait au-dessus du village dans un concert de cris de terreur. Artemisia foudroya du regard le soldat Shakal, qui semblait fasciné par l'animal.
"Vous avez l'intention de rester planté là, Shakal ?"
"Pardon, lieutenant... Je suis à vos ordres."
"Alors aidez-moi à tirer Cariant de ce tas de ********."

L'adjudant avait pris sur la tête un étron desséché, à peine amorti par quelques branches d'arbre. Seul son casque l'avait sauvé d'une mort atroce. Artemisia vérifia qu'il n'avait rien de grave, tandis que Shakal déplaçait avec dégoût une bonne dizaine de kilos de projectile.
"Cariant, vous allez bien ?"
"Mal à la tête..."
Le lieutenant prit le bras de l'adjudant et lui injecta au pistolet une bonne dose d'analgésique.
"Voilà, ça devrait aller mieux dans un instant. Mais vous avez intérêt à prendre une douche au plus vite."
"Et encore, heureusement que la bestiole était constipée, sans quoi nous serions tous les trois repeints des pieds à la tête !"
"Merci pour ce grand moment de finesse, Shakal. Je suis sûre que l'adjudant apprécie."


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Pendant ce temps, l'ambiance au village avait tourné à l'hystérie. On entendait des cris aussi stridents qu'incompréhensibles, même avec un traducteur, et on distinguait dans les rues comme un mouvement de foule en délire. Artemisia s'approcha autant qu'elle le put avec son équipe, mais tout baignait dans le flou, y compris pour les villageois, apparemment. On ne voyait plus le dragon.

"Bon sang..." pesta le lieutenant en configurant son ordinateur de poche pour analyser le mouvement de la foule.
"Lieutenant ?"
"Ce n'est pas le moment, Shakal. J'essaie de comprendre ce qui se passe dans le village."
"C'est important, lieutenant !"
"Shakal, la hiérarchie, ça vous dit quelque chose ?"
Artemisia leva un visage furibond vers le soldat, qui pointait du pouce la foule bruissante.
"C'était juste pour vous dire qu'ils viennent par ici..."
Un nuage de panique passa dans les yeux noirs du lieutenant.
"A terre, vite !"

L'équipe de renfort s'aplatit dans les fougères juste à temps pour ne pas être repérée par le bourgmestre et ses gardes, qui précédaient les otages et le reste du village. Bolino regardait autour de lui, comme s'il cherchait désespérément à entrevoir les renforts. Tikosh, livide, semblait avoir soudain pris conscience de sa propre mortalité. Fermi, résigné, regardait par terre et flanquait de grands coups de pied dans les cailloux. Hook, lui, marchait sereinement, apparemment indifférent au sort qui l'attendait. Derrière le groupe de militaires, les villageois avançaient en rangs serrés, le visage dur, certains armés d'outils de ferme brandis d'une main mal assurée.

"L'ambiance est très burn the witch, je trouve," murmura Cariant.
"Un peu de respect, la witch en question est tout de même votre commandant !"
D'arbre en buisson, Artemisia fit avancer ses hommes derrière la colonne de villageois. Ils avaient de jeunes enfants avec eux, on pouvait donc supposer qu'ils n'iraient pas bien loin. La seule chose à espérer était que les autochtones n'avaient pas un odorat trop développé, car dans le cas contraire, compte tenu du sens du vent, ils risquaient de repérer au moins Cariant.

Par chance, personne n'eut l'idée de se retourner. Seul un bambin perché sur les épaules de son père aperçut trois ahuris en uniforme qui tentaient de se cacher derrière un tout petit tronc d'arbre. La chose le fit rire un instant, mais il l'oublia aussitôt.
Au bout du chemin se trouvait un espace plat aux allures de lieu de culte, vaguement circulaire, pourvu d'une estrade de pierre en son centre, et au bout de cet espace se tenait le dragon, nonchalamment allongé, la tête posée entre les pattes avec une expression de gros chat gourmand.
"On dirait qu'il prend la pose," observa Shakal.

Artemisia et ses hommes mirent à profit la végétation pour s'approcher le plus possible du dragon. Une dizaine de mètres de long, pas de grandes écailles irisées, pas de souffle de feu, mais des ailes griffues de saurien volant, une longue queue, et...
"Lieutenant, vous ne trouvez pas qu'il a une grosse tête ?"
"Silence, Cariant. Je n'aimerais pas qu'il nous entende."
Le lieutenant avait sorti un stylet de l'étui incorporé dans son ordinateur de poche. Les autres la regardèrent rédiger un message sans oser lui demander ce qu'elle faisait dans un moment pareil. Un clic sur l'icône d'envoi, et le stylet retourna d'où il était venu.

"Tenez-vous prêts à bondir," chuchota-t-elle. "Sur notre gauche, la végétation est épaisse, nous devrions être hors de portée du dragon. Nous devons amener le commandant à couvert. L'effet de surprise devrait nous donner une petite longueur d'avance sur les autochtones."


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La fin semblait proche pour les otages. L'estrade devant eux rappelait trop un autel aztèque pour ne pas évoquer la mort, l'équipe du lieutenant Artemisia n'avait pas donné signe de vie, et la fuite semblait difficile dans ce lieu dont un côté était verrouillé par le dragon, et l'autre côté par la population de toute une bourgade.
C'est bien le moment d'avoir envie de *******er, songea le commandant Bolino.
Un coup de coude de Tikosh le tira de ses pensées. Le major montrait son carnet numérique, sur lequel s'affichait une copie du message envoyé par Artemisia au Viking. Le commandant réussit à sourire.

"Allez, avancez !" ordonna le garde moustachu en poussant Fermi dans le dos, ce qui le fit valdinguer de plusieurs mètres en avant.
Le petit vieux était déjà monté sur l'estrade, et attendait les militaires, l'oeil nerveux, le front emperlé de sueur.
Bolino monta les marches tout doucement, attendant le signal. Quand il fut arrivé en haut, Fermi le suivit en tremblant. Le sergent n'avait pas eu le temps de voir le carnet de Tikosh. Il était plus blanc qu'une souris de laboratoire.

Hook allait monter à son tour quand un bruit d'explosion attira tous les regards vers le ciel. Artemisia et ses hommes jaillirent des buissons sous un festival d'effets pyrotechniques, accompagné de fumées colorées dignes d'une démonstration de l'ancienne patrouille de France. Bolino mit le bourgmestre à terre d'un crochet du droit, tira Fermi de sa torpeur en lui hurlant dans les oreilles, et suivit son lieutenant vers l'abri tout relatif de la forêt. Quelques villageois tentèrent bien d'intercepter les otages, mais Shakal et Cariant, qui avaient réglé leurs armes sur "décharge anti-émeute", n'hésitèrent pas à les envoyer au tapis avant de disparaître eux aussi sous les arbres.

"Où allons-nous ?" demanda Bolino en courant derrière Artemisia.
"Loin !" répondit celle-ci sans se retourner.
Les cris de rage des villageois floués poursuivaient les militaires dans leur fuite. Le terrain était de plus en plus pentu, indiquant la proximité du relief très accidenté qu'ils avaient repéré quelques heures plus tôt sur le Viking.
"Vous croyez qu'ils nous suivent toujours ?" finit par haleter le caporal Hook.
"Si vous voulez rester pour vérifier, faites-le, mais seul... Aaah !"

Les autres pilèrent et s'approchèrent avec moult précautions de l'effondrement dans lequel Artemisia et Bolino venaient de chuter. Une trouée dans la végétation leur permit de constater qu'il ne s'agissait pas d'un bête trou, mais bien d'un décrochage d'une dizaine de mètres dans le relief.
"Shakal, allez voir s'ils vont bien," ordonna Tikosh.
"Mais c'est pratiquement à pic ! Pourquoi moi ?"
"Parce que vous êtes le moins gradé, première classe Shakal ! Dépêchez-vous avant que je ne vous balance là-dedans à grands coups de pied dans le fondement."

Le soldat descendit tout doucement, les pieds appuyés sur les irrégularités de la roche et les mains accrochées aux solides mousses qui comblaient chaque fissure. Arrivé en bas, il aperçut le commandant Bolino occupé à rabrouer à voix basse Artemisia qui l'examinait.
"Mais quelle conne ! Je vous faisais confiance, et voilà, j'ai la cheville cassée !"
"Ce n'est qu'une petite entorse, commandant. Un bandage, et ça ira."
"Major !" appela Shakal en souriant. "Vous pouvez descendre, ils sont en pleine forme !"


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L'équipe se reforma autour des deux officiers. Se relayant pour soutenir le commandant qui boitait, les militaires trouvèrent un renfoncement dans la roche qui les soustrayait assez bien aux regards. Artemisia en profita pour faire un solide bandage à Bolino, non sans avoir gavé au préalable le commandant et sa cheville de divers anti-inflammatoires.
"Qu'est-ce que vous faites aux transmissions, vous qui êtes si douée pour les premiers soins ?" demanda Cariant, songeur.
"Parce qu'aucun relais radio ne m'a jamais mis la main aux fesses, et qu'on ne peut pas en dire autant des soldats," soupira le lieutenant. "Faites-moi plaisir, adjudant, allez trouver un point d'eau. C'est une infection, votre truc."

A quelques mètres de la cachette, le major Tikosh s'était branché à son carnet, et échangeait des informations avec le serveur de données embarqué sur le Viking. Il ne vit pas passer l'adjudant Cariant, et mit du temps à réagir quand le sergent Fermi le héla.
"Dites-moi, major, qu'est-ce que vous faites ?"
"Mmmh ? Ah, c'est vous ! Je vérifiais si les précédents sacrifiés n'étaient pas des nôtres."
"Et alors ?"
"Probablement pas. L'ancêtre disait que la dernière visite d'étrangers remontait à dix ans. Les révolutions de cette planète durent un poil plus longtemps que nos années standard, ce qui nous amène à onze ou douze ans. Or, nous n'avons commencé à stationner sur la zone qu'il y a huit ans environ."
"Et si vous aviez appris que nous étions déjà sur zone à l'époque du dernier sacrifice ?"
"J'en aurais conclu que Oïnk savait qu'il nous envoyait à la mort, et ce cher général aurait senti passer le gourdin, foi de Rocco Tikosh !"

Il y eut un silence. Fermi regarda autour de lui. La forêt, les cris des animaux, Hook plongé dans une lecture quelconque, Shakal qui fumait tranquillement la pipe.
"Etonnant comme avec vous, on en revient toujours à ça..." reprit le sergent. "Vous avez un lien de parenté avec Sigmund Freud ?"
Tikosh éclata de rire.
"Non, mais je crois qu'il en aurait été flatté, le vieux Sigmund !"

Soudain, le major porta la main à sa prise neurale. D'un coup d'oeil vers le carnet numérique, Fermi constata qu'il recevait une grande quantité de données. Tikosh resta concentré un certain temps, un pli soucieux au milieu du front.
Un juron en cinghalais fit sursauter le sergent. Apparemment, Artemisia avait également reçu le message.

Quelques instants plus tard, le lieutenant émergea des buissons, des branchettes plein les cheveux.
"Tikosh, je suppose qu'on vous a prévenu..."
"Oui, lieutenant."
"Les autres, Fermi, Hook, Shakal, écoutez-moi. L'appel de détresse a été de nouveau émis. Cette fois, comme nous sommes juste à côté, nous avons pu faire une triangulation beaucoup plus précise. Le commandant discute en ce moment avec le capitaine Sauveur, mais je pense que nous allons nous diriger à pied vers le point d'émission."
Comme en écho, Bolino clopina hors de l'abri avec une expression de héros hollywoodien frappé par sa muse.
"Le message a été émis tout près d'ici. Nous allons enfin pouvoir prouver notre valeur, faire comprendre au général Oïnk que l'équipage du Viking est à la hauteur du nom que porte son vaisseau ! Nous partirons d'ici dès que Cariant aura fini de se décrasser, pauvre garçon, je me demande ce qui lui est arrivé..."

Shakal et Artemisia mirent à profit le temps qui leur restait pour raconter à leur commandant la mésaventure de Cariant lors de leur première rencontre avec le dragon. Le résultat concret fut que le retour de l'adjudant fut salué par un fou rire général. L'instant d'incompréhension passé, Cariant s'empourpra et lança un regard indigné vers le lieutenant.
"Préparez-vous !" parvint à articuler Bolino qui se tenait les côtes. "Nous repartons."


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L'équipe avança comme elle le pouvait le long de la paroi rocheuse. Les militaires étaient gênés dans leur progression, aussi bien par l'épaisseur de la couche de feuilles mortes que par l'entorse du commandant Bolino, qui claudiquait derrière ses hommes en pestant contre sa mauvaise fortune.
"Et si on le perdait ?" chuchota Tikosh en tête du groupe.
"Pas question," répondit Artemisia. "On voit bien que ce n'est pas vous qui devriez justifier la disparition du commandant devant le général Oïnk."
"A mon avis, lieutenant, ça fait des années que Oïnk essaie de se débarrasser de Bolino. Pourquoi croyez-vous que le Viking hérite toujours des missions les plus pourries ?"
A l'arrière, le commandant leva un sourcil.
"Qu'est-ce qui vous fait rire, lieutenant ?"
"Rien, commandant. Une blague stupide."
"Alors reprenez-vous, vous êtes un officier, nom d'un quark !"

Le groupe marchait depuis une petite heure quand le major Tikosh s'arrêta, visiblement contrarié. Il vérifia quelques données sur son carnet en mordillant son pouce, puis frappa rageusement la roche de sa paume ouverte.
"Que se passe-t-il, major ?" s'inquiéta Bolino.
"Quelque chose qui ne va pas vous faire plaisir. En projection horizontale, nous n'avons plus que quelques mètres à parcourir. Dans la réalité, soit c'est à notre hauteur et il faut creuser la roche, soit c'est à la surface et il faut grimper là-haut. Je suppose que vous êtes comme moi et que vous penchez pour la seconde hypothèse."

Le commandant leva les yeux le long de la paroi rocheuse. C'était haut. Très haut.
"Major, sans vouloir minimiser la qualité des soins du lieutenant Artemisia, je ne suis pas en état d'escalader trente mètres de falaise."
"De toute façon, nous n'avons pas le matériel approprié," ajouta le lieutenant.
"C'est vrai. Je vais devoir..."
Soudain, l'obscurité. Le silence.
Bolino resta bouche bée dans l'ombre du dragon qui planait au-dessus du groupe de militaires. L'espace d'un instant, son coeur se serra, mais la bête poursuivit son chemin. Elle ne les avait sans doute pas vus.

"Vu du dessous, il a vraiment l'air d'un ptérosaure," observa Hook quand le dragon se fut éloigné.
Cariant secoua la tête.
"Il a quand même une grosse tête, pour un ptérosaure. Et de grandes dents."
"Et s'il nous avait vus, nous aurions l'air de bouts de viande écrabouillés," renchérit Shakal.
"Taisez-vous pendant que je contacte le Viking !" ordonna Bolino.
Même les oiseaux semblèrent faire silence un court instant, pendant que le commandant activait son communicateur.

"Commandant Bolino à major Gaël."
"Oui, commandant ?"
"Nous avons quelques problèmes d'accès à notre destination. Une falaise, pour être précis. Alors récupérez-moi la topologie des lieux et calculez un itinéraire praticable à pied."
"Tout de suite, commandant."
Bolino tenta de faire la conversation pendant que le serveur principal calculait.
"Rien de spécial à bord du Viking ?"
"Non, tout va bien. Les toilettes du troisième niveau de la salle des machines sont bouchées, c'est tout. Une équipe est sur place."
"Bien, bien... Où en est le calcul d'itinéraire ?"
"Presque terminé, commandant. Ça y est, j'ai quelque chose."
"Transmettez au major Tikosh."


Dernière mise à jour par : Oph qu ourse le 18/06/04 20:59

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Le major ferma les yeux pour mieux se concentrer sur l'aperçu en trois dimensions de l'itinéraire conseillé par l'ordinateur. Avec la mise en fausses couleurs, on se croyait presque sur un sentier de randonnée. C'était le résumé chiffré qui posait problème.
"Commandant, il y a un contournement de six heures par rapport à l'itinéraire initial ! Et encore, l'estimation du temps ne tient pas compte de vos soucis de cheville."
"Il ne manquait plus que ça. Vous êtes toujours là, Gaël ?"
"Oui, commandant."
"Alors prévenez le capitaine Sauveur que nous allons devoir passer la nuit sur place. Pendant que j'y pense, utilisez la commande à distance et récupérez Saint-Michel, je n'aimerais pas constater demain en partant que des autochtones en colère ont bousillé notre seule navette encore en état de marche."
"Bien, commandant. Je m'en charge."
"Merci, major. Commandant Bolino, terminé."

Les militaires restèrent abattus une minute ou deux, sonnés par la nouvelle. Passer la nuit à la surface d'une planète hostile et primitive ne faisait plaisir à personne. Soudain, Bolino prit l'épaule de Hook.
"Caporal, rassurez-moi, je n'ai pas dit de bêtise ? Elle fonctionne encore, la commande à distance de Saint-Michel ?"
Hook hocha la tête gravement.
"Aux dernières nouvelles, oui."
Bolino souffla un grand coup.
"C'est la console depuis laquelle on prend la main qui a parfois un faux contact," reprit le caporal. "Il faut ouvrir le capot, et... Non, commandant, ne pleurez pas, ce n'est pas très grave ! Les ingénieurs à bord savent le faire, de toute façon."

"Repartons," fit Artemisia une fois que Bolino se fut bruyamment mouché. "Nous devons trouver un endroit convenable pour établir notre camp."
Tikosh consulta rapidement son carnet.
"J'en vois un. En comptant les problèmes du commandant, nous devrions y être dans deux heures environ."
Shakal jeta un coup d'oeil vers le ciel.
"Alors dépêchons-nous, parce que si les journées sont équivalentes à celles de la Terre, dans deux heures, il commencera à faire nuit."
"Commandant ?"
"Oui ?"
"C'est à vous de donner l'ordre."
"Vous avez raison, lieutenant. En route !"

Shakal avait eu raison. Il faisait déjà sombre lorsque le groupe atteignit la clairière indiquée par le major Tikosh. Bolino se réjouit de constater que l'endroit comprenait un abri sous roche d'où coulait un petit ruisseau qui coupait la clairière en deux. C'était spartiate, mais plus confortable que n'importe quel exercice de survie.
"Puisque nous sommes peut-être encore recherchés, je ne veux aucune lumière artificielle jusqu'à demain matin. Nous allons faire comme à l'exercice. En d'autres termes, on chauffe les rations au thermos chimique, et on prend son tour de garde au casque à amplificateur de lumière."
"Oui, commandant !"
"Je propose de prendre des gardes d'une heure, dans l'ordre alphabétique. A moins que ça ne vous pose un problème, lieutenant."
"Pas du tout, commandant."
"Très bien, alors je vous laisse un quart d'heure pour vous mettre à l'aise, après quoi nous nous occuperons du repas. Rompez !"


Dernière mise à jour par : Oph qu ourse le 18/06/04 21:00

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Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'Pour une poignée de neurones' a été posté le : 18/06/04 21:03
Après avoir avalé tant bien que mal des rations proches de la date de péremption, le groupe se prépara pour passer la nuit à la belle étoile.
Artemisia prit une première garde fort paisible. Au cours de la nuit, les militaires ne remarquèrent rien de particulier. Tikosh, dernier dans l'ordre alphabétique, eut même le plaisir de voir se lever une aube rosée dont le soleil semblait légèrement plus grand que celui de sa Terre natale. Chaque monde offrait un spectacle différent au lever du jour. C'était une des raisons, avec les rituels amoureux exotiques des planètes lointaines, qui donnaient envie de continuer à voyager.

Au terme de l'heure impartie, le major réveilla ses compagnons. Bolino était de fort méchante humeur : sa cheville avait enflé, et il ne pouvait pas s'appuyer dessus. Artemisia en fut quitte pour renouveler la dose d'anti-inflammatoires, tandis que les autres fabriquaient des béquilles de fortune pour leur commandant.
Et la troupe fut repartie, cahin-caha, sur les flancs verdoyants de la montagne du dragon.

"Tout de même," remarqua Fermi, "il y a plein de choses qui ne sont pas claires, dans cette histoire."
"Quoi, par exemple ?" s'enquit Cariant.
"Le dragon ne se manifeste que très rarement. Il demande un sacrifice tous les dix-douze ans, et les habitants ne le voient qu'à cette occasion. Le reste du temps, où est-il, et que fait-il ?"
"S'il est de la même trempe que les dragons de nos légendes, il pionce."
"Pendant dix ans ?"
"Quelques siècles, même, s'il le faut."

Fermi se gratta la tête.
"Non, ce n'est pas logique. Même un reptile doit être très affaibli quand il sort d'une longue hibernation. Celui-ci serait capable de voler dès son réveil, après avoir mangé tout au plus un ou deux amuse-gueule. Ça ne colle pas."
"Et s'il voyageait ?" hasarda Hook. "Il pourrait faire le tour des popotes, de façon à ne revenir au même endroit que très épisodiquement."
Cariant évita machinalement une racine d'arbre.
"Oui, ça lui permettrait de n'être qu'une menace lointaine pour chaque village. Quand on n'a que peu de sacrifices à faire, on ne ressent pas le besoin de se débarrasser de celui qui les exige."
"Et comment fait-il pour se déplacer d'une région à une autre ? Un animal de cette taille passe difficilement inaperçu, non ?"
"Justement, sergent, avec le relief et la végétation, il nous a surpris deux fois. Il sait se faire discret, d'autant qu'il est très silencieux."

"C'est vrai, ça," reprit Hook après un instant de réflexion, "maintenant que j'y pense, je crois qu'on ne l'a jamais entendu !"
"Vous croyez qu'il est sourd-muet ?"
"Shakal, vous êtes stupide."
"Merci, adjudant, venant de vous, je prends ça comme un compliment. Mais c'est drôle, non, d'imaginer un dragon obligé de s'exprimer en langage des signes..."
Cariant eut le réflexe de vouloir mettre une claque derrière la tête de Shakal, mais retint son geste à temps. Tout comme lui, le soldat portait un casque lourd, de quoi se faire très mal à la main si l'on n'y prenait pas garde.


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Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'Pour une poignée de neurones' a été posté le : 18/06/04 21:05
L'ascension sembla durer éternellement. La beauté des paysages devenait monotone, et la menace du dragon pesait trop sur les consciences pour permettre des conversations banales de promenade de santé. Le commandant Bolino avait toutes les peines du monde à suivre ses hommes, mais quand l'un d'eux lui demandait s'il voulait se reposer, il refusait toujours, avec l'énergie bornée d'un mulet qui sent l'écurie.

Vers le milieu de la journée, le groupe arriva en vue d'une grotte d'où s'échappait un filet de fumée.
"C'est moi qui ai des hallucinations, ou ça sent la cuisine ?" demanda Shakal.
"Taisez-vous et allez voir ça de plus près avec Hook et Fermi !"
Bolino s'assit sur une pierre avec un soulagement non dissimulé, regardant du coin de l'oeil ses hommes qui se dirigeaient vers l'entrée de la grotte en se collant à la falaise. Les trois soldats risquèrent un oeil à l'intérieur. Apparemment, ils n'avaient rien vu. Ils entrèrent à pas de loup, armes au poing, en se couvrant les uns les autres.

Artemisia sortit une barre chocolatée de sa poche. L'heure du déjeuner était largement passée, en ce qui la concernait. Elle s'assit à côté de son supérieur et étendit les jambes.
"Ça va aller, commandant ?"
"Il le faudra bien. Mais si j'avais le choix, je serais en train de me reposer à l'infirmerie."
"Vous auriez pu vous reposer en cours de route, vous savez."
"Artemisia, nous sommes à découvert depuis plusieurs heures ! Moins je resterai sur cette fichue planète, dans ce costume ridicule, à risquer à tout instant de me faire boulotter par un dragon, et mieux je me porterai !"
"Il est certain que ce costume tombe mieux sur moi que sur vous," dit négligemment Tikosh.
"Major, vous me.. Ah, les revoilà."

Lorsque Fermi, Hook et Shakal retrouvèrent les autres, ils avaient aux lèvres un sourire ravi assez improbable compte tenu de la situation. Le sergent fit un pas en avant pour faire son rapport au commandant Bolino.
"Nous avons trouvé un matériel radio assez ancien, mais en parfait état, commandant. Tout à fait le type d'appareil qui a pu émettre le signal que nous avons capté."
"Et c'est ça qui vous rend si joyeux ?"
"Non, commandant. Mais il se trouve qu'au fond de la cavité, il y a une fissure qui semble communiquer avec une autre grotte. C'est de là que vient la fumée. Et à travers cette fissure, nous avons entendu quelqu'un chanter."
"Mais encore ?"
"Une femme. Avec une très jolie voix. Nos traducteurs ne connaissent pas la langue, mais d'après les quelques mots que nous avons pu décrypter, il semblerait que ce soit une sorte de berceuse."

Dans le silence qui flotta un instant au-dessus du groupe, passa la vision éphémère d'une jeune femme blonde qui filait la laine auprès du feu tout en fredonnant un air doux pour un bambin couvert de dentelles qui dormait dans un berceau de bois sculpté. L'image vola en éclats lorsque les neurones eurent effectué la jonction avec le réel. L'atmosphère romantique estampillée bergère du dix-neuvième siècle était difficilement compatible avec la dure réalité d'un habitat troglodyte sur Novae 6.


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Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'Pour une poignée de neurones' a été posté le : 18/06/04 21:08
"Très bien. Nous allons trouver l'entrée de l'autre grotte et tenter d'en savoir plus. Mais je voudrais d'abord que le lieutenant Artemisia inspecte le relais radio. On ne sait jamais."
"A vos ordres, commandant."
L'ensemble du groupe se déplaça jusqu'à la grotte. On entendait effectivement une voix jeune et fraîche chanter une mélodie inconnue. Le lieutenant laissa ses compagnons fantasmer sur la chanteuse. Elle avait autre chose à faire.

Le matériel n'était pas terrien. Il semblait avoir été assemblé à partir de pièces de différentes origines, toutes de conception ancienne. Rien n'avait moins de vingt ans. Cependant, le tout avait été monté avec une extrême minutie, et Artemisia put constater que l'émetteur était en parfait état de marche.
"Rien à dire. C'est du beau travail. Et ça a été utilisé récemment, ou au moins nettoyé, il n'y a pas un grain de poussière."
"Rien de plus qui puisse nous aider ?"
"Non, commandant. Désolée."
"Tikosh, vous qui avez accès aux relevés topologiques, trouvez-nous l'entrée de l'autre grotte et présentez-nous à la chanteuse, vite !"

Le major ne se fit pas prier pour mener le groupe le long de sentiers de montagne qu'aucun homme n'avait sans doute emprunté depuis des décennies. A vrai dire, la largeur était parfois un peu juste pour un chamois. Bolino ne put que se féliciter de n'avoir sélectionné pour cette mission que des hommes qui ne souffraient pas du vertige. S'il en avait perdu un ou deux, il aurait eu des comptes à rendre au général Oïnk, idée qui ne l'enchantait guère. On ne pouvait pas dire que les deux hommes entretenaient d'excellentes relations.

Quelques grosses frayeurs et des dizaines de barres chocolatées plus loin, les militaires mirent le pied sur le seuil d'une large caverne, en partie dissimulée par une végétation courageuse dont les troncs poussaient presque à l'horizontale. A la lumière du soleil tamisée par les feuillages, on distinguait dans les parois ce qui ressemblait à de très anciennes gravures. Fermi se mit à siffloter le thème musical d'Indiana Jones. Comme il ne portait pas de casque lourd, il se prit une claque derrière la tête.
"Soyez discret, nom d'un chien !" fit Cariant, aussi bas que l'autorisait son énervement.

Le groupe n'eut pas l'occasion d'avancer bien loin avant de voir arriver en courant une jeune femme blonde, un sympathique fantasme d'explorateur, mais qui cadrait mal avec l'image de la bergère. Aussi grande que le major Tikosh, elle portait une robe à une seule bretelle, en cuir, avec la fourrure encore dessus. Les bottes avaient un peu plus vécu, mais ne déparaient pas dans le style "femme sauvage au corps de braise". Et elle n'avait pas l'air d'apprécier l'intrusion des militaires.


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Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'Pour une poignée de neurones' a été posté le : 18/06/04 21:11
"Qui êtes-vous, étrangers ? Que faites-vous ici ?" demanda-t-elle à voix basse, dans la même langue que les villageois.
Tikosh soupira. Artemisia se mit à manipuler nerveusement son ordinateur de poche. Bolino mit quelques secondes à trouver quoi dire.
"Mais... Ce n'est pas la voix qui chantait !"
"Je gère la situation, capitaine."
Le major reprit, en langue locale, cette fois :
"Charmante demoiselle, calmez-vous, nous n'avons rien contre vous. Mon nom est Rocco Tikosh, puis-je connaître le vôtre ?"
"Niana," répondit machinalement la jeune femme. "Parlez moins fort."
"Je comprends. Il y a des enfants qui dorment, n'est-ce pas ?"

Niana marqua un temps d'arrêt. Elle avait l'air de chercher une réponse.
"Intéressant !" remarqua le lieutenant Artemisia, les yeux toujours rivés sur l'écran de son ordinateur.
Bolino leva un sourcil et attendit la suite.
"Commandant, les calculs sont formels : cette personne n'est peut-être pas la chanteuse de tout à l'heure, mais c'est elle qui a lancé les deux appels de détresse. J'ai pris la liberté d'enregistrer sa voix, et ça concorde parfaitement."
"Bien joué, lieutenant ! Major, tirez-lui les vers du nez."

Tikosh acquiesça. Il ouvrit la bouche pour poser une question.
Un bruit sourd venu du fond de la grotte le coupa sans même le laisser parler. Cela ne ressemblait à rien de connu, ou peut-être à la bande-son d'un film de Godzilla, pour peu que l'on prenne soin de choisir une scène où la bestiole piétine un immeuble en carton.
Comme un seul homme, les militaires dégainèrent leurs armes. Pas un ne se rendit compte que Niana leur faisait signe de partir.

La bête surgit de la pénombre avec une vitesse surprenante pour sa taille, insensible aux tirs qui ne brûlaient que superficiellement un cuir épais sur lequel jouaient de minuscules écailles. Vu de près, le dragon avait l'air encore plus immense. Son regard mordoré cloua sur place les militaires, à l'exception du major Tikosh, balayé par une patte avant bien plus fine qu'une patte de dragon traditionnel, mais tout de même imposante, car proportionnée à l'animal. De longues griffes se plantèrent autour de sa tête avec une précision chirurgicale.

Le silence qui s'ensuivit sembla durer plusieurs heures. Le dragon regardait froidement ses proies, qui n'osaient faire un geste, sous les yeux de Niana qui se tordait les mains. Enfin, un balbutiement tremblant s'éleva de sous la griffe de la bête.
"Euh... On peut discuter ?"
Entre son teint et ses sueurs froides, Tikosh avait des allures de drap mouillé, mais quand il s'agissait de sauver sa peau, il ne manquait jamais de ressources.
Le dragon, surpris, se pencha pour mieux voir ce frêle humain qui lui parlait.
"On essaie de me supprimer, et après, on veut négocier ?" se moqua-t-il.


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Plusieurs militaires tombèrent à genoux. Les mots avaient été parfaitement articulés en langue locale, avec un fond d'accent inconnu, dans une voix très humaine et surtout très féminine. Les plus rationnels se demandèrent brièvement comment un appareil vocal aussi massif pouvait produire de tels sons, mais ils rangèrent bien vite la question, quitte à la ressortir plus tard. Il y avait plus urgent.
"Dites-moi que c'est un cauchemar !" pria Fermi.
"Désolé, sergent," fit Shakal en secouant la tête. "Nous avons bel et bien été attirés dans ce trou par la chanson d'un dragon."
Dans un sursaut d'héroïsme, Bolino activa discrètement son communicateur.
"Commandant Bolino à major Gaël. Enregistrez. Pour le général Oïnk et pour la postérité."

Le dragon retira légèrement sa patte, avec des allures de chat joueur. Même dans ses pires fantasmes, Tikosh ne s'était jamais vu en position de souris, mais il était le seul du groupe à pouvoir parler au dragon. Au nom des autres, il devait résister à cette furieuse envie de sombrer dans l'inconscience pour ne pas assister à sa propre mort.
"Avant de mourir, j'aimerais comprendre dans quel traquenard vous nous avez attirés..."
"Comprendre ? Comprendre quoi, misérable amuse-gueule ?"
La bête darda sur le groupe un regard méprisant. Seul un geste implorant de Niana sembla influencer quelque peu son comportement
"Prouvez-moi que vous êtes moins stupides que vous n'en avez l'air, et je verrai ce que vous pouvez comprendre."

Tikosh avala sa salive. La lueur d'espoir dans les yeux des autres lui mettait une pression à laquelle il n'était pas habitué.
"Tous les dix ou quinze ans, vous faites lancer un appel de détresse pour attirer des étrangers, qui vous sont rituellement offerts par la population locale. D'après les villageois, vous les dévorez, mais ce n'est sans doute pas la valeur nutritive qui entre en compte, car si vous n'avez pas ce sacrifice, il vous faut des dizaines de têtes de bétail. De plus, on peut penser que comme tout le monde, vous vous nourrissez assez régulièrement. Donc, ce processus complexe de sacrifice ne sert pas à vous nourrir, mais à autre chose. A quoi, je l'ignore, nous nous sommes posé la question sans trouver de réponse."
L'animal renifla, sembla hésiter un instant, puis retira totalement sa griffe et envoya valser le major du plat de la patte.
"Vous avez gagné. Suivez-moi," fit-il en se dirigeant vers le fond de la caverne.

Tikosh n'arrivait pas à tenir sur ses jambes tremblantes. Il commença à avancer à quatre pattes, jusqu'au moment où Niana lui prit le bras pour le redresser. Les autres, qui suivaient à quelques pas derrière, furent impressionnés par la force de la jeune femme, qui passa un bras sous les épaules du major et marcha tranquillement avec lui jusqu'au fond de la grotte.
"Et ********, la liaison ne passe plus !" pesta Bolino au bout d'une dizaine de mètres.
"J'enregistre la suite, commandant, rassurez-vous," articula Artemisia, la bouche pâteuse et le teint gris.


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La seule lumière qui éclairait la tanière de la bête filtrait d'une fissure que les militaires avaient déjà vue sous un autre angle. Dans cette clarté toute relative, il fallut quelques instants aux yeux humains pour distinguer les contours d'un nid, et trois gros lézards qui dormaient au milieu de débris de coquilles d'oeuf.
"Félicitations," murmura Tikosh. "Qui est l'heureux papa ?"
"Un dragon," répondit la mère. "C'est tout ce que vous avez besoin de savoir."
La créature passa un museau affectueux au-dessus des trois petits.
"Mes bébés. Eclos depuis hier, et morts demain, à moins que je ne leur fasse manger vos cerveaux."
"Quoi ?"
Les terriens se jetèrent des regards paniqués.
"Mais mon cerveau est bourré d'électronique !"
"Tikosh, plutôt que de dire des bêtises, essayez d'en savoir un peu plus !"
"Oui, commandant."

Le major s'avança vers le dragon, jusqu'à faire face à l'énorme tête, à quelques pas.
"Mon officier veut savoir pourquoi vous avez besoin de nos cerveaux en particulier."
La queue du dragon frappa le sol.
"C'est comme ça ! La chair et le cerveau des créatures de cette planète ne conviennent pas, croyez-vous que je n'ai jamais essayé ? Combien pensez-vous que j'ai perdu de portées, avant de comprendre que les Anciens avaient raison ? Seuls les cerveaux de certaines races étrangères peuvent sauver mes petits, et j'ai bien l'intention de leur donner les vôtres avant de les voir mourir !"
La bête tenta de mordre Tikosh, lequel ne dut son salut qu'au réflexe de Niana qui saisit sa cape et le fit tomber au sol. Les mâchoires se refermèrent un quart de seconde trop tard à l'endroit où s'était tenue sa tête.

"Les bébés dragons naissent sans doute avec une carence au niveau du système nerveux," commenta Cariant. "Lieutenant, vous pouvez peut-être analyser ces bestiaux pour savoir ce que c'est..."
Artemisia hocha la tête.
"Major, dites à la mère que je suis médecin et que je vais chercher un autre moyen de sauver ses petits. Sergent, vous avez des notions de premiers soins, aidez-moi."
Tikosh s'empressa de traduire le message, et vit le dragon retenir au dernier moment un coup de patte meurtrier. Toutefois, la patte resta levée, rejouant l'épée de Damoclès, au-dessus des deux militaires qui examinaient ses petits.

Fermi prit doucement un bébé dragon sur ses genoux, tandis qu'Artemisia prélevait un peu de sang au bout d'une patte. L'animal se débattit faiblement, mais le sergent lui maintenait bien les pattes et les mâchoires. Le lieutenant programma une analyse de sang, à comparer avec les données disponibles en base sur les plus grands sauriens connus du système. L'ordinateur renvoya une fin de non-recevoir. La composition de ce sang était trop différente de ce qu'il connaissait. Heureusement, le dragon ne connaissait pas les jurons qui fusèrent de la bouche de la jeune femme, sans quoi il aurait compris que les choses se présentaient mal.

"Commandant, il faudrait que quelqu'un se connecte au serveur de données du Viking, afin de chercher un élément important de notre système nerveux central qui serait absent, ou quasi-absent, de l'organisme des créatures autochtones... Puisque je ne peux pas faire de biopsie cérébrale à cette petite bête, c'est le dernier espoir qui nous reste."
"Je vois ce que vous voulez dire, lieutenant. Major, dites au dragon que le lieutenant a trouvé le problème, et que je vais demander à nos alliés de nous envoyer le remède. J'espère très fort que ce n'est pas loin de la vérité."
Quand Tikosh eut fait la traduction, le dragon ordonna sèchement à Niana de suivre le commandant et de ne pas le quitter d'une semelle. Avec son entorse, il ne risquait pas d'aller loin, de toute façon.


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Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'Pour une poignée de neurones' a été posté le : 18/06/04 21:19
Revoir la lumière du jour et retrouver la liaison avec le Viking rendit un peu de bravoure au commandant Bolino. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas ainsi joué sa vie sur un coup de poker, et quelque part au fond de lui, il trouvait cela grisant. C'était comme s'il retrouvait une partie de sa glorieuse jeunesse, du temps où tout était un défi, et où Oïnk n'était pas encore général.
Cependant, l'ordinateur ne semblait pas pressé de renvoyer une réponse à la question qu'on lui avait posée.
"Alors Gaël, cette recherche, ça avance ?"
"Pas très vite, commandant, désolé."
"Mais que fait ce bon sang de serveur ? Les vies de sept personnes sont en jeu, là !"
"J'ai bien compris, commandant, mais on a eu un crash de ventilo, et il a fallu underclocker plusieurs processeurs..."
Seul le regard insistant de Niana empêcha Bolino de balancer son communicateur en bas de la falaise.

Un interminable instant plus tard, la voix du major Gaël tira le commandant de sa torpeur.
"La recherche est terminée, commandant ! Il semblerait que les créatures du système Novae aient un taux d'acétylcholine singulièrement bas. C'est ce qu'il y a de plus notable par rapport à notre système nerveux."
"Et ça se synthétise, votre acétylmachin ?"
"Commandant, voyons, nous sommes au vingt-cinquième siècle, toutes les hormones peuvent se synthétiser !"
"Alors trouvez-m'en trois doses de cheval. Mettez l'infirmerie à feu et à sang s'il le faut. Au cas où, je veux aussi une douzaine de cervelles d'agneau, il doit y en avoir dans les chambres froides de la cuisine. Mettez le tout dans une capsule de jelly et envoyez-nous le paquet dans un délai de deux heures, avec un émetteur, pour qu'on puisse le retrouver."
"A vos ordres, commandant. Major Gaël, terminé."

De retour au fond de la grotte, Bolino résuma la situation à ses subordonnés. Malgré la pénombre, il vit distinctement leurs visages s'éclairer. Le dragon aussi sembla s'apaiser quand Tikosh lui eut affirmé que des substances pouvant soigner ses petits allaient être envoyées à la surface.
"C'est bien la première fois que des étrangers essaient de m'aider. Mais je ne vous laisserai pas partir tant que mes bébés n'iront pas mieux. Si vous essayez de m'entourlouper, ou si vos remèdes sont impuissants, je prendrai vos cerveaux."


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Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'Pour une poignée de neurones' a été posté le : 18/06/04 21:20
Au bout d'une heure, l'équipe fut informée que le paquet avait été expédié. Tikosh nota la signature de l'émetteur envoyé avec, et partit avec Niana à la recherche du colis perdu. Tous deux reparurent à la tombée du jour. Dans la foulée, Artemisia fit une injection à chacun des trois sauriens, qui eurent droit à de la cervelle d'agneau pour le dîner.
Il ne restait plus qu'à attendre l'évolution de leur état de santé, pour enfin savoir si le chat de Shrödinger était mort ou vivant.

Pour passer le temps, Hook et Cariant jouèrent avec les bébés dragons, sous l'oeil attentif de leur mère. Les autres échangèrent des informations avec Niana, par le truchement de Tikosh qui commençait à se lasser de son rôle d'interprète. Ils apprirent notamment ce qui s'était réellement passé vingt-trois ans plus tôt : les soldats étrangers avaient pris la fuite en constatant qu'ils n'arriveraient pas à tuer le dragon. Celui-ci avait ramené au nid des dizaines de cerveaux d'animaux, sans réussir à sauver ses petits.
Niana, elle, avait été offerte en sacrifice au dragon par un autre village, de l'autre côté de la montagne, qui fournissait sans le savoir plusieurs dragons en personnel de maison, et ce, depuis plusieurs siècles. Elle avait été formée à l'utilisation du matériel radio par son prédécesseur, qui se faisait âgé à l'époque et qui était mort depuis. Elle ignorait d'où venait le matériel et qui était à l'origine de cette connaissance, mais Artemisia constata qu'elle était très compétente en la matière.

Dormir quand on sait que le dragon qui ronfle à côté n'exclut pas de vous trépaner au petit matin semblait relever de la mission impossible, mais la fatigue finit par l'emporter. Même la qualité du couchage, feuilles mortes sur lit de terre battue, n'empêcha pas certains de faire une nuit complète.
L'adjudant Cariant eut droit à un réveil aussi rude que précoce. Les bébés, qui pesaient tout de même plus de dix kilos chacun, jouaient à se courir après, et l'un d'eux était venu le percuter. La seule consolation qu'il retira de cette expérience, et du bleu qui allait avec, fut de constater qu'ils semblaient en pleine forme. Il s'assit doucement.
"Qu'en pensez-vous, madame le dragon ?" demanda-t-il à la mère, qui l'observait, allongée un peu plus loin.
L'autre se contenta de cligner des yeux. Elle n'avait pas compris la question.


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Membre Dungeon Keeper   Réponse au Sujet 'Pour une poignée de neurones' a été posté le : 18/06/04 21:23
"Je suis heureux que ça se termine comme ça," fit le commandant Bolino.
La maman dragon avait attendu le milieu de la journée pour décider que ses petits étaient hors de danger. Pour les militaires, qui n'avaient plus de barres chocolatées depuis longtemps, il était plus que temps d'envisager un bon repas. Le commandant et ses hommes attendaient donc la navette Saint-Michel en compagnie du monstre, sur un plateau aux allures d'alpage. Tout le monde affichait une mine réjouie, sauf Hook, qui guettait sa navette avec beaucoup d'angoisse, et Tikosh, qui s'était éclipsé un instant plus tôt pour cause d'envie pressante.

Contre toute attente, les hommes restés à bord du Viking parvinrent à poser Saint-Michel sans trop de casse, ne causant de dommages irréversibles qu'à des mottes de terre et à des touffes de fleurs. Le caporal Hook se précipita à l'intérieur pour reprendre les commandes, non sans faire au passage un gros câlin à la carlingue.

"Tikosh ? Bon sang, il est long, l'imbécile !" pesta Bolino. "J'ai besoin de lui pour rappeler à cette bestiole de recontacter les forces terriennes en cas de besoin !"
"Je commence à avoir des doutes quant à la nature de son envie pressante," railla Artemisia.
Comme en réponse, un hurlement fusa des buissons au bout du plateau, et le major Tikosh ne tarda pas à revenir en courant, avec sur le visage l'expression de quelqu'un qui cherchait des champignons et qui s'est retrouvé nez à nez avec un ours.
"Eh bien, eh bien, major, vous avez *******é sur un serpent ?"
"Non, commandant, ce n'est rien ! En quoi puis-je vous être utile ?"
"Faites poliment nos adieux à maman dragon, en lui rappelant comment on fait pour nous contacter... Il ne reste plus qu'à espérer que les vaisseaux qui capteront son prochain message auront la gentillesse de lui fournir des doses d'acétylcholine au lieu d'envoyer des hommes au casse-pipe."
"A vos ordres, commandant."

Tikosh s'exécuta, encore un peu tremblant. Le dragon répondit par un hochement de tête. On la sentait prête à faire un petit somme.
"Niana n'est pas là ?" s'étonna Fermi. "Je pensais qu'elle viendrait nous dire au revoir..."
"Elle ne viendra pas," répondit Tikosh en grimpant à bord de la navette.
Ses compagnons haussèrent les épaules, et prirent chacun un des cinq sièges restants avec un soupir de soulagement.
"Rassurez-moi, Hook. Il marche encore, cet engin ?"
Le caporal tapa du poing au milieu d'un panneau de contrôle, l'air soucieux. Après quelques crachotements, les réacteurs se mirent en route.
"Oui, il marche, commandant !"
Si le général Oïnk cherchait réellement à se débarrasser du commandant Bolino, il avait de nouveau raté son coup.

Au fond de la navette, l'adjudant Cariant se pencha à l'oreille du major Tikosh.
"Allez, je vois bien que vous n'êtes pas dans votre assiette, dites-moi ce qui s'est passé dans les buissons !"
"C'est Niana..."
Le major bafouilla quelques explications à voix tellement basse que même Cariant, qui se tenait à quinze centimètres, dut tendre l'oreille pour comprendre.
Quand il eut reconstitué la phrase, il écarquilla les yeux un instant.
Puis il éclata de rire.

"Hein ? Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?"
Cariant répéta aux autres ce que lui avait dit Tikosh.
Les militaires riaient encore en arrivant sur le Viking, mais quand on leur demanda ce qui les faisait rire, ils eurent du mal à s'expliquer.
Le plus drôle était-il de savoir que la belle Niana, ce parfait fantasme d'explorateur de monde inconnu, était un homme ?
Ou que Rocco Tikosh, qui était xénophile au dernier degré, qui avait copulé avec des nouilles instantanées un soir de grande beuverie, avait paniqué devant une bête paire de boules ?

Si la mission avait été un succès, si le général Oïnk fut bien obligé de reconnaître la valeur des hommes du Viking et d'accorder des fonds pour la réparation des navettes, cette question-là devait rester à jamais en suspens...

FIN


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   Réponse au Sujet 'Pour une poignée de neurones' a été posté le : 18/06/04 21:35
C'est de bonne grâce que je m'incline devant la gagnante. Je suis soufflé. Je te savais un brin passionnée par Star Trek et ses avatars, mais de là à nous sortir ça...

Une seule remarque : l'acétylcholine est un neurotransmetteur vital pour tout ce qui est fonctionnement musculaire (et bien d'autres choses). Je parie que MGH pourra nous éclairer davantage là-dessus, mais ça me semblait un peu léger de voir qu'un apport unique et éphémère de cette hormone pouvait tirer les dragonneaux d'embarras. :p

Maaaaaaais... Star Trek est un univers truffé de telles incohérences. Ca n'est pas pour autant qu'on boudera notre plaisir.

J'ai adoré.

N.B.

Mon allusion à Star Trek n'engage que moi et ma perception. Perception faussée par le fait qu'il y a deux jours, je me suis regardé les 4 premiers films, jusqu'à "Retour sur Terre". Une affaire. 5 DVD pour 10 euros pièce. Enfin, passons.


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Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
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"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."

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