Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
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Réponse au Sujet 'Tranches de Vie.' a été posté le : 19/07/04 18:43
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Pyro tripotait son briquet, comme d'habitude. Le bruit de talons aiguilles le surprit un peu, dans le long corridor qui menait au bureau de Magnéto. Mystique était rentrée...
"Woaw, très sexy, la robe. Blanc sur bleu, ça en jette ! Et les chaussures assorties, en prime. T'as été voir ton boyfriend, Mys' ?"
La Mutante s'approcha de l'adolescent sans manifester d'émotion. Quand elle fut à sa hauteur, elle l'agrippa soudainement à l'entrejambe et serra. Dans un sifflement très calme, elle le mit en garde...
"Mêle-toi encore de ma vie privée, John, et je te coupe le gaz, morveux."
Le briquet heurta le sol de métal avec un bruit qui envahit tout le complexe secret. Mystique relâcha sa prise, au grand soulagement du Mutant pyrokinétique. Elle entra dans le bureau. Magnéto fit un geste et l'énorme porte en fer se referma sur elle.
"Alors ?"
"C'est fait, Eric. C'est terminé."
"Tu tiendras le coup ?"
"Je survivrai."
Elle fit le tour du bureau et s'agenouilla près de la chaise d'Eric Lencherr. Elle posa la tête sur ses genoux et l'enlaça. Le vieux Mutant sourit avec tendresse et lui caressa les cheveux.
"Cette robe te va à ravir, mon enfant..."
"Pourquoi faut-il que le seul Humain qui m'ait jamais touchée sans haine, sans dégoût, ait dû partir si vite ?"
"Je ne peux répondre à cette question, Mystique. Tout ce que je peux faire, c'est combattre pour qu'un jour tous puissent te voir comme aujourd'hui sans te fuir."
"Je sais. J'avais juste besoin de poser la question."
"Mon enfant... Après ce que tu viens de vivre, je comprendrais que tu ne veuilles plus m'aider dans ma cause."
"Et que pourrais-je faire ? Aller enseigner la danse dans l'institut du Professeur Xavier ?"
"Il défend les Mutants à sa manière, lui aussi. Même si je la trouve d'une lenteur insupportable."
"Je reste avec toi, Eric. Ca m'amuse de bizuter le petit John. Il est trop sûr de lui..."
Eric Lencherr émit un rire sardonique. Mystique se releva et s'appuya contre le bureau, face au vieux Mutant. Il lui prit les mains doucement.
"Tu n'as que cette robe en guise de souvenir ?"
"Non. J'ai des photos. Des centaines de photos... Et un livre dédicacé."
Dans la suite personnelle de Mystique, un livre de photoreportage trônait. Sur la couverture, la dédicace s'étalait, à l'encre bleue.
To my dear Mystic. With all my love. Your Dorian for ever.
* * * * *
* * The End * *
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Cachée
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Zombie

-= Chaos Legions =-
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Réponse au Sujet 'Tranches de Vie.' a été posté le : 13/11/04 23:10
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C'est la première fois que je lis un texte de toi, monsieur Nyxl et j'aime vraiment beaucoup -> "en attendant l'occasion" , n'ai pas encore lu les autres (les 2 autres pages quoi).
C'est très agréable à lire, bien écrit, et ça donne envie de connaitre la suite (le propre d'une histoire réussie, non ? ). Je concois tout à fait que cela puisse être vrai. quoi ? c'est pas vrai en fait ? :'( et puis, cela me touche d'autant plus que j'entretiens une relation dite ambigüe par certains avec un chéribibi à pénis... c'est pourtant clair entre nous...enfin...peut-être que non...
et puis, même si c'est beau (et triste et que j'aime) les histoires qui se finissent tragiquement, j'adore les happy end, ça donne envie de sortir dans la rue, de sourire niaisement aux gens et de les embrasser fougueusement. quoi ? vous faites pas ça vous ? bon, on va arreter de dire des bétises et lire le reste !
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Cachée
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Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
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Réponse au Sujet 'Tranches de Vie.' a été posté le : 13/03/07 13:34
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(Merci pour l'encouragement, Tiltizz...)
Improvisation, récit authentique.
Donnez-nous chaque jour notre train quotidien...
J'apprécie beaucoup les transports en commun, avec leurs petits tracas ponctuels. Ça me fait sourire, parfois, d'entendre les gens se plaindre des retards ou du manque d'information, alors qu'ils n'ont pas vraiment de raison d'être mécontents.
Après tout, dans le train, on est assis plus confortablement que dans une voiture. Et puis, en dehors des incidents marginaux, on ne connaît pas les embarras de circulation. Et on peut lire aussi, ou tricoter, ou finir un peu de boulot avant de rentrer à la maison. On peut dormir également, ce qui n'est pas négligeable. Non, franchement, la seule raison valable de se plaindre des retards, c'est quand on manque une correspondance pour un aéroport, pour un vol dont les billets ne sont pas remboursables. Dans tous les autres cas de figure, les moyens ne manquent pas pour récupérer une situation en apparence délicate : le téléphone portable en est un.
Et puis, dans le train, ou le métro, on peut faire d'intéressantes rencontres. J'aime beaucoup observer les gens, déjà en temps normal. Dans le train, je m'amuse également à visionner les passagers que je croise quotidiennement comme ces animaux des Fables de Lafontaine et d'Esope. Ou bien je repère les petits détails qui me permettent de déduire les personnalités, les métiers de ces passagers : un bijou, un tic, la manière de croiser les jambes ou d'éviter les regards, la manière de régler le son du lecteur mp3 ou de l'iPod...
Je suis un peu voyeur, certainement, mais je me défendrai griffes et crocs si on me taxe de curiosité malsaine. J'admire volontiers les femmes, bien entendu, mais je ne pense pas être concupiscent. Si une dame porte une minijupe, quelque part, c'est pour attirer l'attention sur ses jambes, non ? Mais je ne voudrais pas justifier les mauvais travers par une plaidoierie incomplète, je me contente ici de décrire mes propres expériences. Non mais.
Revenons au train(-train quotidien). Toujours solitaire par nature, j'ai tendance à m'asseoir à l'écart, de préférence sur un siège inoccupé. Quand ça n'est pas possible, je m'efforce de toujours choisir le même compagnon (ou mieux, la même compagne) de voyage, car cela crée imperceptiblement une bulle de confort assez similaire à celle qui se fait quand je suis tout seul : l'accoutumance engendre la confiance. Et c'est moins risqué, dans la mesure où l'on choisit celui ou celle en face de qui l'on s'asseoit. Si je m'assied, seul, à l'écart, je ne sais absolument pas qui je vais avoir à supporter avant la fin de mon trajet, de gare en gare. Sera-ce l'énergumène qui pose sa serviette sur la tablette, bousculant sans scrupule tous les autres objets - boissons chaudes y compris, comme si tout lui était dû ? Sera-ce le groupe de jeunes cadres à la conversation bruyante ? Sera-ce cette charmante vieille dame, discrète, qui me fait parfois les yeux doux ? Sera-ce cette aimable bimbo qui persiste à se crever les tympans en réglant le volume sonore de son iPod assez fort pour que tout le compartiment en bénéficie ?
Aujourd'hui, je me sentais grippeux, au matin. Malgré cela, j'ai pu me glisser dans mon train, à 6h20, pour une fois qu'il était à l'heure (ha, vous voyez, même moi je me plains des retards, mais je vais y revenir, car j'ai une raison, fort niaise). Un peu "croufieux", comme on dit en wallon, je me suis recroquevillé sur un siège, à l'écart, content d'avoir trouvé celui dont le vis-à-vis est partiellement éventré : ce genre de siège n'attire pas la foule, et je pensais faire au moins la moitié du trajet sans avoir à me serrer ou à endurer une présence pas trop agréable.
Perdu. Dès la première escale, à Charleroi, une personne vint s'installer en face de moi, posant son sac sur la partie abîmée du siège, pour mieux s'asseoir à côté. Une jeune femme à la frimousse éveillée (certainement plus que moi, en l'occurrence). Sans plus réagir qu'un léger haussement de sourcils, j'ajuste ma position pour lui permettre de caser ses jambes. J'ai beau être ours, je n'en ai pas moins un minimum de savoir-vivre...
Et de me remettre à somnoler, bercé par les vibrations du train et les mélodies d'Apocalyptica qui passent en boucle sur mon lecteur mp3. À la gare de Nivelle, à mi-parcours, l'arrêt du train me réveille, et je me redresse par réflexe, cherchant le panneau avec le nom de ladite gare pour m'assurer que je ne dois pas descendre. Mon regard croise celui de la jeune femme, qui réprime un gloussement.
Quel adorable sourire.
Machinalement, je porte la main à mon visage, et me rends compte que j'ai quelques stries, sur la joue gauche, à cause du col en velours cotelé de mon veston. À mon tour de sourire, un rien désabusé. Je me perds bien vite dans une rêverie assez anodine, papillonnant entre un livre, mon carnet de notes, le paysage qui défile à la fenêtre. La voilà qui baîlle, et qui sourit à nouveau en remarquant mon regard.
Elle a de grands yeux bleus, très clairs, avec de longs cils bien nets. Sur le restant du trajet, jusque Bruxelles-Midi, je collecte d'autres détails qui m'intéressent et que je ne dévoilerai pas (na !). L'important, c'est que nos regards se croiseront encore plusieurs fois, jusqu'à la gare. Là, quand elle se lève, elle me fait un "aurevoir" discret - c'est pourtant la première fois que je rencontre cette personne ! Et moi de répondre rêveusement "merci pour les sourires". Elle me fixe un instant, puis sourit une dernière fois, découvrant légèrement ses dents.
Fugace. Moi, je descends à la station suivante...
Revigoré par cette aventure ordinaire, je rejoins le métro, où je retrouve deux amies, K. et D. que je ne peux voir, le matin, que si mon train arrive à l'heure prévue à Bruxelles-Central (là, voyez, je vous avais prévenu, ma raison est fort niaise, mais elle me plaît). Ce doit être un jour faste, car alors que je descends de la rame, arrivé à ma destination, D. me gratifie d'un clin d'oeil, à la fois complice et très féminin. J'aime beaucoup, tiens.
Malgré ma fatigue persistante, je me sens de très bonne humeur. La preuve, j'ai assez d'énergie pour déballer tout ça, maintenant, ici...
Suis-je donc cabotin... 
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Cachée
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Dixit Eo

-= Chaos Doomed =-
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Réponse au Sujet 'Tranches de Vie.' a été posté le : 18/03/07 18:25
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J'aime beaucoup ces instants... Ca m'est arrivé de passer un nouvel an avec deux parfaites inconnues, grâce à ça. (j'en avais même discuté sur le forum... d'ailleurs, j'ai fais un thread "vos rencontres dans le train" ou un truc comme ça, mais toi, hein, original, tu fais bande à part Pourtant, la promiscuité sur ce forum n'est pas comparable à celle dans une voiture 
Plus sérieusement, un témoignage intéressant d'un instant charmant. Cela dit, si tu la revois, je crois qu'il serait intéressant d'envisager une discussion, parce que même si ces instants sont magiques, le côté périeux mais fructifiant d'un dialogue sur le pouce, je crois que c'est à ne pas rater.
Par contre, je pensais que ça t'arrivait plus souvent, pour être franc Au moins assez que pour ne pas trouver étonnant le discret "au revoir" survenant presqu'imanquablement lors d'une séparation forcée après des échanges de regards répétés et complices 
Bref, toujours un plaisir de te lire, et les moments de la vie de tous les jours sont toujours très intéressants.
Une sorte de voyeurisme, sans-doute.
-------------------- Paris a ça de commun avec les petits villages de la campagne profonde que ce sont les deux seuls endroits où on peut y trouver des individus foncièrement agressifs, stupides, associaux de nature, se croyants intelligents et n'étant pas conscient de la vie qui existe hors de leur commune. (Dixit Eo)
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Zien Nith, le plus grand des Hasards ! (Dixit Eo)
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Membre du Fan Club de Yavine03 (Dixit Eo)
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Serial paranoïaque team, atteint du syndrôme de Pafoitroi. (Dixit Eo)
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Vis fidei + In actis honor (et vive Gropaf ! (Dixit Eo))
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Dix-Itéo : La signature. (Dixit Eo)
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Cachée
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