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Fragments d'Iliade. a été posté le : 15/05/04 23:49
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Discorde.
Trois femmes penchées au-dessus d'un large bassin. Flottant dans les airs, à quelques pieds de l'eau, un fruit d'or. On dirait une pomme, mais ses reflets cuivrés en disent assez la nature sacrée.
"Discorde se joue de nous, mes aînées."
"Sophia, ma fille, je le crois volontiers, mais maintenant que le pari est lancé, il faut suivre l'affaire jusqu'au bout."
"Mère..."
La jeune Guerrière appelait toujours la Matrone "mère", bien que les traditions ne les lient pas par le sang. Le respect se passe de ce genre de liens. La troisième femme, aussi voluptueuse que peu vêtue, eut un sourire désabusé.
"Sans vouloir vous offenser, ça me semble joué d'avance, mesdames. Le Champion que Discorde a choisi est du genre chaud lapin..."
"Tu te vois déjà victorieuse, Fille de l'Ecume ?"
"Ô Mère des Dieux, tu ne t'es jamais intéressée à ce garçon. Depuis qu'il a l'âge de bander, il ne pense qu'à baiser. Et il fait ça très bien."
"Tu veux dire que..."
"Sophia, toujours aussi prude. Bien sûr que j'ai essayé. Tu penses bien, un fidèle de cet acabit vaut bien qu'on s'y intéresse de près..."
"Regardez !"
La Matrone désignait le bassin où deux corps se mélangeaient, unis dans la passion, le plaisir. L'Hétaïre ricana.
"Et voilà, il vient de l'emballer, sa Reine. Ce n'est pas le premier mari qu'il fait cocu, ceci dit."
"Un instant, ça n'est pas terminé."
Sophia la Guerrière eut un soupir.
"La Sagesse voudrait qu'il coupe la pomme en trois, un tiers pour chacune d'entre nous. Qu'il prenne son plaisir avec cette femme, qu'il lui en donne, mais qu'il reparte sans faire de vague. Ainsi, il t'aura honorée, Vénus. En évitant de briser un ménage en provoquant un scandale, il te respecte, ô Mère. Et en ne compromettant pas cette paix fragile que Priam a obtenue, c'est à moi qu'il rend hommage."
"Athéna, tu es toujours trop sophistiquée. Crois-moi, les hommes n'ont pas assez de sang pour irriguer à la fois leur verge et leur cerveau."
Une voix caquetante emplit l'atmosphère du saint des saints, sur le Mont Olympe. Discorde apparut à leur côté, flamboyante dans sa tenue écarlate, arborant les stigmates de la folie furieuse comme d'autres femmes exhibent leurs bijoux...
"C'est exact, Aphrodite. Les hommes n'ont pas assez de sang, et pourtant ils le répandront encore et encore. Voyez ! Votre beau Pâris vient d'enlever Hélène à son époux..."
Athéna, Aprhodite et Héra soupirèrent en choeur. Si la Déesse de l'Amour venait d'emporter la Pomme d'Or, en théorie, elle n'avait rien obtenu qu'elle ne possédait déjà. Seul Discorde, initiatrice et "juge" de ce pari stupide, avait gagné.
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Dernière mise à jour par : nyxl le 19/05/04 19:45
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Réponse au Sujet 'Fragments d'Iliade.' a été posté le : 16/05/04 17:03
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Etat second.
"Prend garde, mon fils, car si tu poses le pied sur la plage d'Ilion, tu n'en repartiras plus..."
Les paroles de sa mère Thétis étaient un lointain écho, à présent, aux oreilles du véloce Achille. Voilà une éternité qu'il bataillait avec ses Myrmydons, et jusqu'alors, cette funeste prophétie l'avait maintenu dans une sourde terreur qui avait décuplé ses forces et ses talents de guerrier. Il ne comptait plus le nombre de Troyens qu'il avait estropiés, mutilés, étripés, massacrés. Nombreux étaient ceux qui fuyaient devant ce que tous prenait pour de la fureur, mais qui n'était guère qu'un prodigieux instinct de survie, survolté encore par une immense peur.
Mais les choses avaient changé, ces derniers jours. Agammemnon, ce scélérat, avait cherché à l'humilier par bien des manières. L'Atréide ne supportait pas qu'un guerrier de la trempe d'Achille lui vole la vedette. Le Péléide n'en avait eu cure, jusqu'à ce jour où le Roi des Rois avait exigé qu'il lui remette Briséis. Une sourde colère avait commencé à supplanter la peur dans le coeur du héros grec. Il s'était retiré avec ses hommes, laissant les Atréides poursuivre leur guerre mesquine et endurer des pertes graves.
Son amant Patrocle n'avait guère pu l'apaiser, ni par les mots, ni par les caresses. Même quand Odysseus était venu, avec Nestor, pour lui remettre Briséis avec la garantie qu'elle n'avait pas été souillée, sa colère n'était pas retombée. Achille était prêt à plier bagage et se lavait les mains de ce qu'il adviendrait de l'honneur de Menelas. S'il avait eu le bon goût d'honorer Hélène comme tout mari doit honorer son épouse, celle-ci n'aurait pas pris la poudre d'escampette.
Mais c'était il y a deux jours...
Quand les Myrmydons lui avaient rapporté le corps de Patrocle, qui avait combattu à sa place, avec ses armes et armure, la colère sourde était devenue rage. Son cher Patrocle, occis par Hector, le champion des Troyens...
Achille aux pieds ailés poursuivait Hector, frappant à gauche et à droite. Trois fois ils avaient fait le tour des murailles d'Ilion. Le fils de Pélée disposait d'une prodigieuse endurance, mais cette course sur un terrain qu'il ne connaissait pas bien avait raccourci son souffle. Dans son esprit naquit l'idée qu'Hector le faisait courir à dessein, lui qui connaissait ce pays comme personne - à part peut-être le Roi Priam son père...
Il s'était arrêté pour lui faire face, le Prince de Troies. Non loin de la Porte Scée. Autour d'eux, les combattants s'écartent, sentant venir quelque formidable duel.
La peur revint, foudroyante. Achille se remémora en un instant ce qu'on disait d'Hector. Combattant hors pair, général avisé et grand tacticien, favori d'Apollon. Les rumeurs étaient nombreuses à son sujet. S'il était un homme capable de le vaincre en combat singulier, c'était celui-là. Il jeta son casque pour essuyer la sueur qui lui piquait les yeux. Hector ne bougeait pas. Les tripes nouées, le Péléide s'approcha, à petites foulées. Une grande sérénité l'envahit, comme si, sûr qu'il allait à la rencontre de son destin, Achille sentait que plus rien n'avait d'importance. La guerre, les insultes d'Agammemnon, les cornes de Menelas, la mort de Patrocle.
"Mon ami, mon frère, attends-moi, j'arrive." murmura-t-il pour lui-même...
Deux heures plus tard, les Troyens refluaient, complètement paniqués, après la chute de leur Héros. Achille était comme abruti par la fin brutale du violent combat. Hector était couché, mort, le glaive d'Achille saillant de sa poitrine de façon obscène. Quelque chose se brisa, mais c'était dans l'âme du vainqueur que cela se produisit. Il écarta les bras, poings fermés, et se mit à rire comme un dément.
Il ne mourrait pas, puisqu'il venait de terrasser celui-là seul qui pouvait le vaincre. Ivre de soulagement, Achille manifesta sa joie d'odieuse manière, en traînant le corps de son ennemi derrière son char, achevant de démoraliser les Troyens en leur montrant la dépouille du Prince. Le fils de Thétis avait complètement oublié l'avertissement de sa mère. Désormais, il était invulnérable, invincible, indestructible...
Ses actes de bravoures ne connurent plus de limite. Il s'exposa de plus en plus lors des batailles, bénéficiant de l'aura de terreur que sa victoire sur Hector lui avait donnée. Jusqu'au jour où cette flèche inopportune le cloua au sol, lui tranchant le tendon à l'arrière du pied, au-dessus du talon. Incapable de bouger, Achille ne comprit guère ce qui lui arrivait, alors que les archers troyens le criblaient de traits, profitant de l'aubaine inespérée...
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Dernière mise à jour par : Nyxl le 28/01/07 14:27
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Réponse au Sujet 'Fragments d'Iliade.' a été posté le : 17/05/04 21:53
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Désir enfoui.
"Pénélope, mon aimée, mon épouse... Tu m'as tellement manqué..."
"Han ! Je le sens... Han ! Oui !"
Odysseus exultait. Il faisait l'amour à sa femme, enfin, après tant d'années passées au loin. Il allait et venait entre ses reins avec la fougue que lui conférait une longue abstinence et une intense frustration contenue. Et Pénélope vibrait à l'unisson, haletant à chaque coup de rostre, son souffle la fuyant trop vite pour qu'elle puisse emplir ses poumons en entier...
Il y a quelque chose qui cloche.
Le Roi d'Ithaque était fou de désir. Son épouse n'aurait pu dire qu'il était plus vieux de quelque douze années, aurait-elle jugé par sa vigueur. Pourtant, le Siège d'Ilion avait strié de gris sa tignasse sombre. Et il savait très bien que ses membres ne réagissaient plus aussi vite que lorsqu'il avait débarqué avec ses hommes sur la plage de Troade.
Il y a quelque chose qui cloche.
Pénélope, sa chère Pénélope, qui gémissait sourdement dans ses bras. Sa longue chevelure d'un noir de jais ondulait selon les mouvements de leurs corps enlacés. Elle n'avait pas la beauté d'une Hélène ou d'une Chryseis, mais elle avait l'esprit alerte, le regard vif, un sourire qu'elle ne rendait enjoleur que pour lui seul et un corps merveilleux, propice à la volupté comme aux promenades impromptues loin des cités, dans une nature sauvage et sensuelle...
Il y a quelque chose qui cloche.
Odysseus fronça les sourcils. Il ne parvenait pas à se souvenir de ce qui s'était passé pendant son voyage de retour. Il espérait que ses hommes avaient retrouvé leurs foyers. Et Télémaque ? Comme il devait avoir grandi !
"Ne ralentis pas... Han... Pas maintenant..."
"Télémaque, j'irai le voir après..."
"Il est chez ses nourrices..."
"A son âge ???"
"Aprèèèèèès, après..."
Elle le serra plus fort, plus près, plus profond...
Il y a quelque chose qui cloche.
Quel était ce parfum entêtant ? Odysseus laissa son esprit flotter un instant, laissant son corps prendre le relais dans l'acte d'amour. Quel était son dernier souvenir ? Un effort, Odysseus, un effort. Ton esprit est ton arme la plus affûtée. Ta mémoire ton meilleur soutien. Une villa étrange, toute blanche. Dans le péristyle, une femme à la peau pâle l'accueille et le mène dans une grande salle et lui sert à manger et à boire. Pourquoi est-il là ? Il cherche ses hommes. La boisson, terriblement épicée. Pas alcoolisée, il l'aurait senti. Pourtant, il sentait une douce euphorie couler dans ses veines. Euphorie qui n'avait rien à voir avec le plaisir qu'il partageait avec Pénélope. Cette femme, elle avait brûlé un encens à l'odeur inconnue. Il avait dû s'assoupir...
Et il n'y avait pas eu de transition entre l'instant où il s'était endormi et celui où il s'était retrouvé besognant son épouse en mari amoureux...
Odysseus poussa un grand cri alors qu'il jouissait. Et la femme cria aussi. Les brumes qui obscurcissaient les sens du Roi s'évaporèrent alors qu'il réalisait. Avec la rapidité d'un combattant expérimenté, il roula en bas de la couche et saisit son fourreau, qui reposait dans ses vêtements entassés là. Il bondit sur la femme en dégainant, l'immobilisant sous son poids et posant la lame en travers de sa gorge.
"Qui es-tu, femme ? Et que m'as-tu donné comme drogue ? Parle avant que je ne perde l'envie d'obtenir des réponses !"
La femme écarquilla les yeux d'épouvante.
"Calme-toi, Odysseus, de grâce... Je suis Circé, la maîtresse de cette île..."
"L'île, je me rappelle. Euryloque m'a raconté comment une femme avait ensorcelé la moitié de mes hommes... Qu'as-tu fait de mes marins ?"
"Aaaah, doucement avec ton glaive, si tu veux m'embrocher une deuxième fois, fais-le avec la même lame que tantôt !"
"Où sont mes hommes !?!"
"Ils sont dans l'auge, avec les cochons..."
"Quoi ?"
"Drogués, comme toi, mais eux n'ont pas eu ta chance..."
"Tu vas les laisser partir, et moi avec..."
"Dans quelques heures, si je ne renouvelle pas la drogue, ils reviendront à eux... Avec une solide gueule de bois. Comment peux-tu avoir résisté à ma potion ??? J'ai pourtant mis les mêmes doses d'opiacées et de zingibéracées !"
"Je connais mon esprit et je sais quand il lui manque des pièces."
"Tu portes la marque d'Hermès Trois Fois Grand. Le Dieu veille sur toi..."
"Sans doute."
Odysseus obtint de Circé la promesse solennelle qu'elle ne chercherait plus à nuire à ses gens et à lui. Pendant la journée que dura la convalescence des rescapés, il demeura sur le qui-vive. Il ne décolèrait pas : cette femme avait usurpé l'apparence de son épouse pour l'attirer dans son lit...
"Tu te trompes sur ce point, Odysseus."
"Vraiment ?"
"La drogue contenue dans l'encens réveille les désirs enfouis dans l'âme des hommes. Chez la plupart, c'est sensualité grossière, et c'est pourquoi la plupart finissent dans l'auge de mes cochons, quand ils viennent sur mon île..."
Le Roi d'Ithaque se sentit profondément malheureux, comprenant où la druidesse voulait en venir.
"Quand la drogue a commencé à agir sur toi... Ton regard à changé. Jamais un homme n'avait posé les yeux sur moi comme ça. Et quand tu m'as appelée Pénélope, eh bien... J'ai été jalouse de cette femme. Odysseus, pardonne-moi, j'ai voulu savoir à quoi ressemblait l'étreinte d'un homme... d'un époux... qui aime..."
Circé, la belle magicienne, détourna les yeux.
"Odysseus, l'esprit des hommes est comme une mare de boue, mais le tien est un lac d'eau claire..."
"Ne te méprends pas, enchanteresse. Il fait sombre au fond du lac d'eau claire..."
Circé les regarda partir sans un mot. Odysseus ne la salua même pas. Pieds nus sur la plage, elle regardait encore l'horizon alors que les voiles du navire avaient disparu. Elle caressa son ventre, se remémorant l'odeur et le contact du roué voyageur.
"Télémaque, c'est un beau nom pour un fils... Télégone, c'est aussi beau..."
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Dernière mise à jour par : Nyxl le 28/01/07 14:29
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Réponse au Sujet 'Fragments d'Iliade.' a été posté le : 19/05/04 19:47
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Laissé pour compte.
Philoctète avait l'odorat engourdi. Sa plaie à la cheville s'était vilainement infectée, dès le premier jour où ils s'étaient arrêtés sur l'île de Lemnos, sur le trajet qui devait mener les Achéens en Troade. Un serpent, un simple serpent, juste au moment où ils rendaient hommage à Apollon en son temple. L'ophidien l'avait payé, bien sûr, de sa vie. Mais la morsure avait mal tourné, et dégageait une odeur si infecte que ses compagnons de galère l'avaient abandonné là. Même les habitants d'Hephaestia l'avaient chassé, et il n'y avait guère que cette vieille folle de Megaera, dont l'odorat était aussi atrophié que sa sociabilité, qui le tolérait dans sa grotte.
"Alors, vieil entêté, as-tu pris ta décision ?"
"Megaera, pourquoi crois-tu que j'ai passé ces trois derniers jours à affûter mon glaive ?"
"Si ce n'est pour me trancher la tête à cause de mes paroles, je n'en ai pas la moindre idée."
Le vieil archer, ancien compagnon d'Herakles le terrible, accusait son âge, ce jour-là. Son corps étaient encore vigoureux, et son poil grisonnait à peine, vaillant guerrier né à une époque où les héros avaient pour noms Thésée, Jason, Iolaos. Mais la souffrance continue et l'angoisse d'être oublié avaient valonné son visage plus sûrement que les embruns du temps. Assis sur son rocher, il regarda Megaera de façon curieuse. C'était de ces ermites à l'aura mystérieuse, que l'on respecte et craint en même temps à cause de leur savoir. Contrairement à bien des vieilles femmes, elle se tenait droite et avait grand soin de sa personne. Elle avait un souci maniaque de la propreté, et Philoctète se rendait bien compte que c'était ça, plus que toutes les prières à Apollon Guérisseur, qui avait empêché sa blessure de virer à gangrène.
Il posa sa pierre à aiguiser et pointa son arme vers le soleil. Pivotant la lame, il parvint à aiguillonner le visage de son étrange hôtesse d'un reflet frémissant. Elle ne broncha pas un instant, le fixant de son regard impérieux. Elle l'avait bien tourmenté, ces trois jours où il avait demeuré dans son antre. Mais maintenant, c'était au tour de Philoctète de lui rendre la politesse.
"Le feu est-il prêt ?"
"Oui. Et le couteau chauffé au rouge."
"Parfait."
Il tendit la poignée de son glaive à Megaera.
"Vas-y. Le tranchant est suffisamment effilé pour que même une main peu experte puisse le faire."
"Tu railles, vieux fou !"
"Je ne peux pas le faire moi-même. D'abord, dans ma position, je risquerais de me rater. Ensuite... Le courage me manquerait."
Elle acquiesça en silence. L'ermite l'aida à s'étendre dans la grotte, près du foyer qui crépitait. Elle cala une pierre plate sous la cheville malade, puis s'agenouilla, glaive en main.
"Fais-le, Megaera. Montre que tu as autant de force dans le bras que dans la langue."
La femme serra les dents, leva l'arme et l'abattit d'un coup sec. Philoctète pâlit très fort, mais ne broncha pas, quand le sang se mit à couler de sa jambe sectionnée, quelques pouces en-dessous du genou. Sans traîner, Megaera lui donna un morceau de bois à mordre et enveloppa ses mains dans un chiffon avant de prendre la dague dans le feu. Grésillement, odeur infâme de chair brûlée, grognement sourd...
* * * * *
Philoctète se réveilla soudainement. Une démangeaison au pied gauche lui fit tendre la main pour se gratter. Vide.
"Tu risques de sentir ton pied pendant quelques semaines, quelques mois ou quelques années. Ca dépendra de toi..."
"Megaera ? Combien de temps ?"
"Une bonne semaine..."
"J'ai rêvé d'Hephaestos..."
"Une belle ironie. Tu es dans son île et, comme lui, tu auras des difficultés à marcher. Tiens, je t'ai fabriqué une bequille. Lève-toi et va te baigner à la rivière, si tu en as la force."
L'archer estropié se redressa péniblement. Il plia sa jambe diminuée plusieurs fois, grimaçant quand les élancements fusèrent. Il était faible, amoindri, mais le regard moqueur de Megaera fut suffisant pour le doper. Quelques minutes plus tard, il barbotait dans l'eau de la rivière...
* * * * *
Un an passa. Il s'était bien remis, s'était taillé un pied artificiel dans du bois, et avait repris l'Arc d'Herakles pour chasser dans les bois et les collines. Cet arc miraculeux, il en avait hérité car, de tous les compagnons du fils de Zeus, lui seul avait eu le courage d'allumer son bûcher funéraire, alors que le demi-dieu agonisait. Le sang de Nessos avait pris feu comme cette huile nauséabonde qu'on trouvait dans les déserts de Perse...
"Alors, vieux fou, tu nous ramène encore de la viande à plume ?"
"Eh oui, vieille folle, ça nous donne de la chair fraîche et tu y gagnes une raison supplémentaire de vaticiner."
"Ha !"
Tous les jours, Megaera l'asticotait, le traitant de tous les noms, comme s'il n'était qu'un fardeau. Et pourtant, Philoctète avait appris à l'apprécier. C'était une femme sage, et ses insultes n'avaient d'autre objet que de le maintenir dans une colère vivifiante. Il avait appris l'humour, le vieil archer. Alors qu'elle venait de lui tourner le dos pour le précéder dans la grotte, il lui entoura les épaules de ses bras puissants et la serra contre lui.
"Merci pour tout, femme."
"Mais que t'arrive-t-il ?"
"Je ne t'ai pas remercié de m'avoir accueilli chez toi, de m'avoir soigné, de m'avoir rendu le goût de vivre. Tu as montré plus d'amitié en un an que mes compagnons d'armes en toute une vie."
"Je... Espèce d'idiot..."
"Non, Megaera. Je ne suis plus dupe de tes railleries. Merci, merci encore."
Megaera se mit à trembler comme une feuille, au grand désarroi de l'archer, qui deserra son étreinte. La femme se retourna et lui martela le torse, des larmes dans les yeux.
"Salaud ! Il fallait bien que tu me paies de retour pour mes insultes, mais je n'aurais jamais cru que tu exercerais si douce vengeance sur moi !"
Il éclata de rire et la serra à nouveau dans ses bras, prenant soin de garantir son équilibre sur sa jambe de bois.
"Mon amie, je ne te connaissais pas cette faiblesse. Si tu tolères encore ma présence maintenant que je suis guéri, j'espère bien te rendre la vie agréable."
Elle rit à son tour. Philoctète s'émerveilla, car c'était la première fois qu'elle lui faisait cette grâce.
"Megaera... Tu devrais rire plus souvent, l'on verrait à quel point tu es belle."
L'ermite le considéra longtemps de ses grands yeux bleus...
"Vieux fou... Allez, viens, nous avons un oiseau à plumer et à cuire."
* * * * *
Huit ans plus tard, Odysseus débarquait à Lemnos. Avec lui venaient Neoptolème, un autre roi Achéen, Calchas son devin préféré, et Podalirius le guérisseur, fils d'Asklepios. Calchas avait eu la vision que l'Arc d'Heraklès était requis en Troade si les Achéens voulaient emporter Troie. Philoctète refusa qu'on lui prenne le cadeau de son défunt ami, et fut invité à les raccompagner sur le siège d'Ilion...
"Megaera..."
"Vas-y, vieux fou, je ne te retiendrai pas. C'est l'occasion de te rendre utile dans cette guerre."
"Si je survis, je reviendrai ici. Voudras-tu m'accompagner en mon pays ?"
"Je serai probablement retournée dans le mien, de pays."
"Ah, tu n'es donc pas native d'ici ?"
"Non. Dépèche-toi de filer, ils vont s'impatienter."
Philoctete s'en alla donc à Troie, pendant la dernière année du siège. L'Arc d'Herakles fit des ravages chez les descendants de Dardanos. Son plus grand exploit fut d'abattre Pâris, d'un trait empoisonné, qui valut au fils de Priam une mort douloureuse. L'archer ne participa guère au sac de la ville fortifiée et s'en retourna parmi les premiers. Quand il fit escale à Lemnos, il gravit les collines et retrouva la grotte de Megaera. L'ermite n'était plus là et, chose étrange, il n'y avait aucun signe que les lieux aient jamais été habités. Philoctète, pragmatique, ne s'attarda guère, se disant qu'il s'était trompé d'endroit. Les habitants de l'île ne purent pas le renseigner. Ce qui lui advint par la suite n'est que de peu d'intérêt, ou n'est conté nulle-part...
* * * * *
Sur la plus haute cime de Lemnos, une femme contemplait la galère grecque s'éloigner dans les eaux de la mer Egée. Dans ses grands yeux bleus, une expression à la fois douce et triste.
"Megaera, te voilà donc..."
Un homme trapu et velu, vêtu des oripeaux des artisans orfèvres, gravissait un escalier naturel qui le rapprochait du sommet. Il boîtait de façon prononcée.
"Tiens, le Boîteux en personne vient me chercher !"
"Voyons, ma chère, ceci est quand même MON île..."
Malgré son épaisse barbe, le sourire d'Hephaestos était bien apparent. S'il y avait quelque chose qui compensait son physique ingrat, c'est la qualité de son sourire. Il était dit que c'étaient ses dents blanches qui avaient capté l'intérêt d'Aphrodite, en des temps très lointains.
"Un personnage intéressant, ce Philoctète."
"Oui. Pendant ces neuf années, il a montré plus de courage que sur n'importe quel champ de bataille."
"Eh oui, le courage, c'est parfois continuer à vivre malgré tout."
"Fils d'Hera, tu n'es pas venu ici pour me raconter tes malheurs ?"
"Non. Tes soeurs Alecto et Tisiphone se languissent de toi, ô Tourmenteuse. Vous ne serez pas trop de trois pour le travail qui vous attend à Argos dans les années qui viennent."
"Ah ! Et que nous a réservé cette chère Moïra ?"
"Oreste, fils d'Agammemnon. Mais vous pourrez préparer le terrain, l'Atréide est encore bien vivant. Enfin, plus pour longtemps..."
"Bien, allons-y. Tu m'emmènes, beau brun ?"
"Bien sûr. Mon oncle nous a ouvert une voie sous-marine, nous irons plus vite par là..."
"Parfait !"
"Megaera, l'as-tu aimé ?"
"Hephaestos... Nous autres Euménides ne savons que tourmenter."
"Pourtant, tes cris et tes rires n'avaient pas le même écho, ces dernières années."
"Vilain, aussi indiscret que ton père ! Sache que même moi je peux avoir envie de vacances..."
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Réponse au Sujet 'Fragments d'Iliade.' a été posté le : 21/05/04 10:28
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Notes et réflexions.
Avant de poursuivre plus avant dans mes divagations de pseudo-helléniste, j'aimerais apporter quelques précisions sur certaines de mes motivations, ainsi qu'une série de clarifications pafois cocasses...
D'aucuns doivent se dire que je me suis lancé dans ces petits textes parce que le film "Troie" déchire encore de nombreuses toiles dans nos salles de cinéma préférées. D'autres moins cinéphiles mais amateurs de science-fiction rapprocheront cet élan de ma récente lecture d'Ilium de Dan Simmons. Eh bien, c'est tout ça à la fois, plus un vieux délire personnel qui remonte à ma toute première lecture d'une version "complété" de l'Iliade et de l'Odyssée. Je devais avoir huit ans.
Ce délire partait d'une question un peu bateau : "Qu'aurais-je fait à la place de Pâris ? A qui aurais-je donné la Pomme d'Or ?"
J'ai longtemps été persuadé que j'aurais choisi Athéna parmi les trois déesses en compétition. Ce n'est qu'assez récemment (deux-trois ans) que j'ai un peu évolué. Le premier texte, Discorde, énonce le fruit de cette réflexion par la voix d'Athéna elle-même. Je n'irai pas prétendre que c'est la meilleure des solutions, mais c'est sans doute celle qui satisfait le plus de monde, à défaut de satisfaire pleinement.
Discorde.
Rappelons ici que l'Iliade est un poème épique qui ne narre pas l'intégralité du siège de Troie. Le Chant I commence par "l'affaire Chryséis", ce fameux contentieux entre Achille et Agammemnon, et le Chant XXIV finit sur les funérailles d'Hector. Aucune mention du Cheval de Troie, du sac de la ville, du destin des différents protagonistes encore debout à ce moment. Les événements qui ont précédé/entrainé le siège d'Ilion ne sont évoqués que par allusions floues par l'auteur.
J'ai pris deux libertés par rapport à la tradition homérique. D'abord, le "pari", le concours de "beauté", j'ai préféré en faire un concours "social" : dans la vie d'un homme, qu'est-ce qui est le plus important, l'amour, la famille ou la politique ? Ensuite, je qualifie Aphrodite de "Fille de l'Ecume", respectant ainsi la tradition ouranienne de la genèse de cette déesse (ainsi que l'étymologie : Aphros signifiant "mousse", "écume" ). Homère semble avoir ignoré cette tradition, et fait d'Aphrodite la fille de Zeus et de Dioné...
Etat second.
Là, c'est clairement un pied-de-nez au film qui risque d'obscurcir un peu plus la culture des djeunz outre-Atlantique. Achille est un guerrier, un boucher à qui on a prédit la mort sur les plages de Troade. Il est mort de trouille, mais l'appât du gain et de la gloire l'emportent sur tout le reste. Et un combattant de sa trempe, s'il est sous adrénaline permanente, eh bien, ça doit faire mal au Troyens.
J'ai voulu montrer que, tant qu'il avait cette peur dans le ventre, il gardait un certain contrôle et faisait attention à lui. Dès lors qu'il a vaincu sa Némésis, il perd toute mesure et se croit invulnérable. Au point de s'exposer inutilement jusqu'à se faire transformer en pelote d'épingles.
Désir enfoui.
Odysseus. J'utilise le nom grec d'Ulysse par caprice. Je trouve qu'il "sonne mieux", plus authentique. C'est probablement, de tous les "Héros" de l'Iliade, celui qui me plaît le mieux. Un vrai chef, responsable de ses troupes, préférant user de la ruse (Crôm !) plutôt que des armes, mais capable de découper un adversaire en rondelles quand ça s'avère nécessaire. Ce que j'aime le plus chez lui, c'est sa dualité "bon père de famille" / "chef de guerre crapuleux". Il faut garder à l'esprit que ce gars-là ne voulait pas participer à la baston, et qu'une fois enrôlé malgré lui, il ne pensait qu'à une chose : rentrer chez lui faire des choses à sa femme. C'est ce que j'ai voulu souligner avec ce texte, quand il se retrouve dans les rêts de Circé, sur l'île d'Aeaea (mais quel nom, bon sang, quel nom).
Circé apparaît déjà dans le mythe des Argonautes. Quand Jason revient de Colchide, il effectue un fameux périple aussi tarabiscoté que l'Odyssée (quoique moins médiatisé). Il s'arrête sur cette île, et "Circé purifia Médée, mais refusa de recevoir Jason". C'est que Circé n'aime pas les hommes infidèles et, en tant que Déesse, voit un peu l'avenir ! Jason répudiera Médée pour lui préférer une jeunesse. Médée tuera les deux enfants qu'elle a eu de Jason, boutera le feu au palais de sa "rivale", tuant celle-ci et ses parents (magicienne bien bourrine, Médée, elle savait s'amuser), puis s'enfuira pendant de longues années. Elle passera un moment en compagnie du Roi Egée, à Athènes, avant que Thésée le fils dudit Egée ne fasse son apparition. Blabla, blabla, référez-vous au mythe de Thésée pour d'autres détails.
Circé n'aime pas les hommes infidèles, ai-je écrit. Et pourtant, Zeus sait si Odysseus, au cours de son périple, aura fait porter les cornes à Pénélope ! Déjà avec Circé elle-même, puis avec Calypso, et enfin chez les Phéaciens avec Arété (la mère de Nausicaa - eh oui, beaucoup croient qu'il s'est tapé la pucelle, mais non). L'Odyssée est relativement explicite à ce sujet : c'est Circé qui l'attire au lit "pour tenter d'affaiblir son bras", mais il est protégé par l'herbe que lui a renseignée Hermès aux pieds ailés et il obtient d'elle un serment pour lui et ses hommes.
Calypso est une nymphe, fille du titanide Atlas. Une sacrée cochonne qui soumet Odysseus à son bon plaisir pendant sept années - l'Odyssée décrit le voyageur comme "se lamentant tous les jours de ne pouvoir quitter l'île".
Arété est l'épouse d'Alkinoos, Roi de Phéacie et père de Nausicaa. Si c'est Nausicaa qui déniche Odysseus, elle se contente vaguement de l'accueillir poliment, et passe la nuit en fille sage dans sa propre chambre (texto dans l'Odyssée) ! Par contre, Athéna fait comprendre à Odysseus que c'est à la maîtresse de maison qu'il doit plaire s'il veut garantir un retour dans de bonnes conditions. On dit assez clairement qu'Arété insistera pour qu'il prolonge son séjour en Phéacie...
Je ne cherche pas à justifier les multiples infidélités d'Odysseus, je les énonce et les explique. Je ne cherche pas à incriminer les trois femmes sus-citées non plus. Ce sont juste des êtres humains, à une époque où l'on ne contient que peu ou pas du tout ses passions, et ou meurtres, coucheries, complots, incestes, etc. ont cours et où les tabous ne concernent guère que la religion (et pas les rapports humains).
J'ai altéré le récit pour éliminer le côté "Ce sont les Dieux qui nous font faire les cons" et l'aspect un peu trop fantastique. Un helléniste fameux (dont le nom m'échappe, je m'efforcerai de le retrouver) avait déjà mis en évidence le fait qu'on peut gommer toute intervention magique ou divine de l'Iliade et de l'Odyssée sans que ça perde sa cohérence ! Je reviendrai sur la "cohérence" un peu plus loin.
Laissé pour compte.
Philoctète, celui qu'on laisse en arrière. J'ai toujours été fasciné par ces personnages obscurs auxquels on n'accorde que peu d'importance. Philoctète en est un bon exemple. On en parle peu, voire pas du tout. Pourtant, c'est le seul véritable ami qu'Herakles ait jamais eu, celui-là qui aura le courage d'allumer le bûcher funéraire sur lequel le fils de Zeus agonise. Pourtant c'est l'archer le plus formidable de tout l'host Danaen, qui surpasse Odysseus, Pâris et Pandare réunis - et pour cause, cet archer émérite est dépositaire de l'arc d'Herakles...
L'implication d'Hephaestos est assez logique : Lemnos est l'île sur laquelle il atterrit brutalement, quand Zeus le balance du haut du mont Olympe (il devait être un peu bourré à l'époque). Ce sont les femmes de Lemnos qui recueilleront l'enfant, qui demeurera boîteux à cause de cette chute (près de 250 kilomètres du mont Olympe jusqu'à Hephaesta). Ces mêmes femmes, qui ne rendent pas hommage à Aphrodite, seront punies par celle-ci se voyant affligées d'une odeur affreuse. Tout est lié, et c'est ça qui rend la mythologie grecque si passionnante, c'est l'existence de tous ces petits raccords entre les récits.
L'implication de Mégère, ma foi, est toute gratuite de ma part. Licence de l'écrivain, pas vrai ?
MàJ :
Honte à moi, je n'ai pas parlé du passage de Jason à Lemnos, après que les femmes de l'île aient massacré leurs hommes. Mais après tout, au moment de l'Iliade, ce sont déjà faits de légende...
Hélène, vieillarde nymphomane ?
Je suis en train de relire ces deux textes, Iliade et Odyssée, accompagné de nombreux ouvrages traitant de mythologie grecque. Il m'est venu, au gré de ces recherches parallèles, une réflexion qui m'arrache un sourire goguenard.
Helène, la belle Hélène, est fille de Tyndare et Léda, soeur de Clytemnestre (l'épouse régicide d'Agammemnon) et des jumeaux Castor et Pollux. Si l'on en croit les divers mythes, elle est de la génération de Jason, étant donné que Castor, Pollux (et Herakles) font partie de l'expédition en Colchide.
Nestor, fils de Nélée, connaît bien Herakles. Et pour cause : le fils de Zeus a buté son père et l'a mis sur le trône à sa place, "en attendant que ses descendants reviennent pour le lui réclamer". Il est tout jeune, le Nestor, quand ça arrive (APRES l'épisode des Argonautes). Il a le temps de connaître Thésée, roi d'Athènes, et les troubles qui suivent son règne en Attique. Il a le temps de connaître Pélée, père d'Achille et Atrée, père de Menelas et Agammemnon. Il a le temps de devenir le vénérable vieillard à la voix mielleuse que l'on sait, dans l'alliance des Achéens, face aux murailles de Troie...
Vous me suivez ? Si Hélène est encore fraîche à l'époque des Argonautes (soeur de Castor & Pollux), il s'est écoulé deux générations d'hommes avant qu'elle ne se fasse enlever par Pâris !!! C'est qu'elle a la santé, hein ? Pas pour rien que la tradition en fasse la fille illégitime de Zeus, histoire de justifier sa beauté, même à son âge ! 
D'ailleurs, c'est plein de fils de Dieux et Déesses, dans cette guerre. A croire qu'il était temps de débroussailler le patrimoine génétique des habitants de Grèce et d'Asie Mineure...
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Dernière mise à jour par : Nyxl le 28/01/07 14:43
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Réponse au Sujet 'Fragments d'Iliade.' a été posté le : 23/05/04 13:11
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Je veux bien admettre que mon interprétation est assez libre sur ce point (licence d'écrivain, vous dis-je), mais elle est basée sur la teneur des quelques passages où Arété intervient : soit pour être aux petits oignons pour cet inconnu racé, soit pour le couvrir de cadeaux et d'attentions, soit pour lui dire "reste, on t'aime" (Chants VIII et XI). Et je suis catégorique, Athéna dit bien à ce sacripan de gagner le coeur de la maîtresse de maison pour garantir son retour.
"Heureux qui, comme Ulysse, rentre chez lui après un long voyage..."
Note bibliographique :
Je m'inspire essentiellement de la traduction française de l'Iliade et l'Odyssée parue aux éditions Gallimard, dans la Bibliothèque de la Pléiade. L'Iliade étant traduite et annotée par Robert Flacelière, l'Odyssée par Victor et Jean Bérard.
Citons également une vieille encyclopédie des mythologies de la Méditerranée au Gange, parue chez Larousse au début des années 1960. Très complète, du moins en termes de textes et de photos, les cartes étant malheureusement très pauvres.
Quant aux "trous", heh, en grattant bien, on s'aperçoit qu'ils ne contiennent pas que du vide. J'ai bien envie de développer l'épisode Philoctète...
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Dernière mise à jour par : nyxl le 23/05/04 13:14
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Réponse au Sujet 'Fragments d'Iliade.' a été posté le : 25/05/04 03:15
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Citation :Nyxl titre une de ses sous-parties
Hélène, vieillarde nymphomane?
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C'est vrai que moi aussi, je m'étais posé la question... Et ce même sans connaitre toute l'histoire d'Hélène (je suis beaucoup moins renseigné en mythologie...). Mais rien que les dix ans passés entre son enlèvement et le moment où elle accueille les vainqueurs dans une tenue tout à fait légère et affriolante (dans mes souvenirs) auraient dû laisser quelques traces...
Ceci dit, sur les âges et la jeunesse très longue de ces héros grecs (Nestor, dont tu parles devait être fort décrépit, comme Philoctète), je ne peux jamais de m'empêcher de penser à la Genèse, et à la première généalogie de la Bible, à partir d'Adam...
Ces vénérables patriarches (dont Mathusalem est le plus connu) ne connaissent visiblement pas l'andropause, puisqu'ils commencet à avoir des enfants à l'âge vénérable (selon les standards actuels) du siècle, pour vivre environ un millénaire (plus ou moins quelques décennies)...
Etranges similitudes entre les légendes...
Maintenant, sur la qualité de tes textes, je joins tous mes compliments à ceux du Raton et de Gerald...
et tous mes voeux de te voir continuer à écrire d'aussi beaux textes
Regards,
Skro
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