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Labombancetourix

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   Derniers jours de l\'Allemagne Druchiie a été posté le : 08/05/04 22:54
Port de Plimouth, Royaume Uni, 6 juin 1944



Chère Saerince

Ca me fait drôle, ce matin, alors que je me brossais les dents, on se battait sur les côtés de Normandie. Je n’ai encore que les échos confus de ce qui s’est passé ce matin mais je prie de tout mon cœur pour que ceux qui se sont lancé à l’assaut dans la nuit soient parvenus à établir une tête de pont solide. Car s’ils ne sont parvenus à abattre le mur de l’Atlantique, c’est moi qui y passe. Les nuits claires, de Douvres, il m’arrivait de voir les terribles éclairs projetés par les batteries de balistes lourdes à répétition de la côte zébrer le ciel alors que les appareils alliés les survolaient… Les fameux Blitzschleuderner

Seigneur, j’espère que tu vas bien. Je pense à mes fesses alors que tu t’enlises sur les plages de Normandie. J’ose espérer que tout ira pour le mieux. Tant de chose se précipitent dans ma tête. J’en oublierai presque qui je suis…

Si... Nathanaël Labombance, cinquième division des sapeurs hobbits Français, vais retourner fouler le sol de France. Je retourne ces mots dans ma tête à mesure que le jour tombe, signe pour moi de devoir partir, vers ce qui fut autrefois mon pays. Les dragons ont été sellés et nourris, ils escorteront les Léviathans forteresses, sur l’un desquels j’embarquerai.

Tout cela me semble si étrange. Cela fait maintenant près de six ans que j’ai dû quitter mon pays, quand ma compagnie a choisi de prendre le large plutôt que de se rendre. J’effectuais alors mon service militaire depuis quelques mois quand la bataille a éclaté. Dire que j’étais promis à la culture des pommes de terres et qu’aujourd’hui je fais partie de la force de frappe destinée à recouvrer le territoire Français. Est-ce vraiment la fin ? De cette vaine attente, de ces jours passés à espérer, espérer retrouver un jour sa terre, ses amis, ses parents…

Que n’ai-je pensé tout ces jours et toutes ces nuits à ce que tous étaient devenus, ne pouvant me retenir de me lancer dans les pires spéculations sur leur sort respectif… Il me tarde de revoir les collines des Vosges où j’avais tout laissé.

Je te prie d’excuser cette nostalgie soudaine mais je ne puis que ressasser ces choses dont je t’ai déjà maintes fois parlées. Et toi, penses tu un jour que nous en finirons ? Que nous resterons jusqu’au bout ? Penses tu revoir l’Autriche que tu quittas naguère alors que les troupes druchiies y prenaient position ? Redis moi encore ce dont nous parlions tant bien que mal sur la rade de Douvres alors que je tentais vainement d’occuper mes journées de permission…

Raconte moi encore ta vie à Vienne, reparlons ensemble de ce qui était avant que le monde s’embrase, ce qu’étaient nos vies avant que nous ne les laissions, loin, si loin derrière.

Je ne sais trop si quelques mots sur le parchemin parviendront à t’extraire ne serait ce qu’un instant du champs de bataille. Cela a-t-il de l’importance, puisque je te rejoindrai demain.

Ah, je t’en prie, ramène moi loin, loin, avant que les elfes noirs ne volent les espoirs d’Europe…

S’il te plaît, Saerince…


Signé : Nathanaël Labombance, cinquième division des sapeurs hobbits Français.

PS : nous ne savions comment appeler le dragon nain que nous avions trouvé au lendemain d’un bombardement… Grâce à lui nous avons déjà échangé une certaine somme de lettres (comme quoi la sagacité de ces animaux m’étonnera toujours) en contournant la censure militaire. Quand je le regarde il me fait toujours l’effet d’un morceau fracassé… et si nous l’appelions ‘Shrapnel’ ?



Dernière mise à jour par : Labombancetourix le 10/05/04 01:07

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Saerince

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   Réponse au Sujet 'Derniers jours de l\'Allemagne Druchiie' a été posté le : 08/05/04 23:24
Une clairière du côté de Sainte-Mère l’Eglise, dans la nuit du 7 au 8 juin 1944

Mon cher Nathanaël,


Je suis arrivée hier à l’aube, avec les troupes du débarquement. La brume était pour nous, fort heureusement, parce qu’avec elle, nous avons déjà eu le droit d’assister à un beau carnage, alors sans elle… Imagine-toi… L’aube fantomatique, le silence total… Les côtes qui apparaissent, et devant nous, des centaines de navires durchiis… Remplis de durchiis.

La bataille faisait rage que nous n’avions pas encore débarqué. Je ne sais comment je m’en tirai. Combien de fois ai-je vu le soldat à côté de moi tomber, frappé d’une flèche empennée de noir ? C’est morte de peur que je me mettais à couvert sous les taillis, pour reprendre ce que je pouvais d’esprits, tandis qu’autour de moi, les flèches volaient, les Blitzschleudernder tiraient leur traits de mort, les soldats tombaient. Au milieu de toute cette comédie, nos forces aériennes débarquaient nos soldats ; dans les cieux, les combats draconiques faisaient rage.

Je remarquai alors du coin de l’œil des membres de ma compagnie. Contrôlant ma panique du mieux que je le pouvais, je courus les rejoindre, et nous gagnâmes sans trop d’encombre le point de ralliement. Las ! Je n’y arrivais que pour m’entendre dire qu’il me fallait retourner au cœur de la bataille.
« Soldat Amandil, votre rôle est de guider les unités vers leur point de ralliement, on ne vous a pas fait apprendre les cartes du secteur pour le plaisir »
J’avais comme il se doit le cœur au bord des lèvres (et hop, un alexandrin !). Retourner dans ce chaos… Il me fallait pourtant bien m’y faire, et durant tout le jour, je guidai vers leur base les débarqués par nef ou dragon.

Le jour mourut, mais pas les cris de combats, ou la lumière des éclairs, ou les hurlement des dragons combattant en plein ciel. Le vacarme était assourdissant. Je vis arriver au camp un nombre incroyable de blessés, qui avec une flèche fichée dans les flancs, qui avec le visage carbonisé. Les morts, me dirent les soldats, il fallait se résoudre à les laisser sur place. L’horreur de la chose, c’est que chaque camp faisait autant de morts dans son propre camp que dans celui de l’adversaire. J’en suis malade. Ces vies gâchées, en vain…

Nathanaël, tu me demandes de raconter ma vie à Vienne, mais je ne le puis. Me souvenir de mes moments de bonheur au milieu de tout ce carnage s’apparente à un blasphème. Non pas que je me sois trouvé une religion soudaine, mais… C’est irrespectueux.

Ma vie, je l’ai laissée à Douvres, dans cette chambre de bonne où nous avons passé tant de moments à discuter, à refaire ce monde qui était le nôtre, ce monde en guerre… J’espère l’y retrouver encore intacte à mon retour.

Lorsque tu seras là, Nathanaël, je t’en conjure, soit prudent autant que faire ce peut. Pour survivre ici, il faudrait avoir des yeux derrière et au-dessus de la tête. Ne m’enlève pas la seule chose qui me laisse de l’espoir… A peine une journée ici, et je suis déjà écœurée. Tout ce qu’on a pu entendre… Rien ne laissait présager… Ca…

Mais voilà que le jour se lève. Il va me falloir retourner à mes fonctions. Shrapnel – j’aime bien – a mangé ce que je lui ai donné. Ce n’était pas grand chose, comme tu peux l’imaginer. Mais il s’est reposé. Je te le renvoie dans l’instant, porteur de cette missive.

Saerince.




Dernière mise à jour par : Saerince le 09/05/04 17:13

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   Réponse au Sujet 'Derniers jours de l\'Allemagne Druchiie' a été posté le : 09/05/04 11:06
Continuez autant que vous le pouvez les amis, c'est bien écrit, on se croirait dasn l'ambiance au moment ou vos personnages écrivent les lettres.

Je ne gache pas plus longtemps la page.


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Labombancetourix

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   Réponse au Sujet 'Derniers jours de l\'Allemagne Druchiie' a été posté le : 09/05/04 15:53
alentours de Vire, 9 juin 1945

Chère Saerince,

Je te prie d’abord d’excuser ce certain égoïsme qui s’empara de moi au soir quand je fis mon paquetage… Que n’eus je donné en somme pour être à mille lieues d’ici, en un autre temps… Après que j’eus envoyé Shrapnel te rejoindre j’ai embarqué dans la nacelle d’un léviathan.

Je ne pense pas que tu en aies jamais vu de près mais ce sont de véritables monstres de quelques trente mètres de long pour cinquante d’envergure qui comparés aux dragons chasseurs de cinq mètres font figures de montagnes volantes. Leurs habitacles sont pourvus de quelques balistes à répétition qui sont de bien piètres recours contre les chasseurs ennemis, j’eus l’occasion de m’en rendre compte quand lors de la nuit nous fumes interceptés par un de leurs escadrons. Les nôtres tentant, parfois en vain, de les écarter du convoi, laissant d’autres forteresses volantes en proies aux flammes. Par bonheur les pilotes purent en venir à bout avant que nous nous parachutions sur l’objectif, l’idée de finir en rôti ne me tentai guère…

On est tombé en rase campagne sur un élevage porcin… le boucan qu’ils nous on fait ces cons-là… On a fait la preuve par l’exemple que le cochon n’est pas de bon poil au réveil. Yen a même un qu’a essayé de bouffer Richard, tu sais, le gros…

On a chahuté une demi heure avec les gorets le temps de sortir du merdier. Celui qui a eu moins de chance que les autres, c’était Albert, celui qui a des lunettes et une mine de déterré… Son parachute s’est vrillé et il est tombé à pleine vitesse dans un tas de purin. Comme il avait plu la veille la merdaille était quasiment liquide et se refermait sur lui. On a lutté comme des beaux diables pour l'en sortir. On s’est aperçu au final qu’il s’était pété la jambe. C’était assez malheureux, déjà qu’il ne marchait pas vite, l’animal.

Gretha lui a signifié qu’avant de leur remettre il faudrait qu’il se lave, alors on l’a balancé dans une auge d’eau à peu près potable. Pour ça l’infirmière elle ne badine pas sur l’hygiène. Je ne me suis aperçut qu’après coup qu’on ne lui avait pas repris ses charges de démolition. Il faudra les faire sécher. Toujours est il que c’est après qu’on lui ai remis sa jambe droite qu’on a remarqué que le lieutenant Fichard était manquant.

Quand on l’a eu retrouvé il était en train de fouiller les taillis pour trouver sa bague de fiançailles… je sais pas si tu te souviens mais il y tenait le vieux à sa babiole. Elle ne devait rien valoir au clou mais c’était sans doute son unique trésor. Entre nous on l’avait même surnommé Smeagol à cause de ça.

C’est Lionel qui lui a dit que ça servait à rien de la chercher de nuit mais il avait rien voulu savoir. Quand je lui ai dit tout le bordel qu’on avait fait dans la porcherie et qu’on risquait de voir les druchiis nous tomber dessus, il a consenti à lasser tomber ses recherches.

On s’est planqués, coincés chacun entre deux cochons. Les sales bêtes se sont décidées à se rendormir et une patrouille allemande est passée à côté de nous sans nous piquer. Je pense que cela tenait moins à leur perception dans le noir (qu dur reste serait paraît il excellente) qu’à leur haute estime d’eux même et leur odorat à la finesse allant au-delà du raisonnable. J’ai vu glisser dans la nuit une arbalète à répétition qui me fit penser que je n’avais pas l’air très fin avec mon fusil.

A l’aube on a trucidé un des cochons pour donner de l’épaisseur à nos rations. On n’a pas eu le temps de se préparer un boudin mais on s’est fait une gentille grillade. Le lieutenant faisait toujours la tronche pour sa bague.

Ce matin nous partons vers la région Nantaise. On doit être quelque part dans le coin de Vire… Soit à quelque quatre vingt kilomètres de ta position actuelle. Enfin, si Albert s’est pas gourré dans la carte. Notre premier objectif est une série de ponts sur la route entre Renne et Caen. Si on parvient à se les faire ça obligera les troupes druchiies à faire des détours qui ne maqueront pas de leur faire voir du pays. Ce coup ci, c’est à moi de vous sauver la peau mes canards…

Je te souhaite bonne chance pour la suite, Sae, puisse tu en revenir d’un seul tenant.


Nathanaël Labombance, cinquième division des sapeurs hobbits Français.


PS : visiblement Shrapnel m’a fait al tronche pour lui avoir fait traverser la manche à tire d’aile. Toujours fut il que je lui laissai une part de mes provisions nouvellement acquises




Dernière mise à jour par : Labombancetourix le 10/05/04 01:16

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Saerince

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   Réponse au Sujet 'Derniers jours de l\'Allemagne Druchiie' a été posté le : 09/05/04 15:59
Balleroy, Normandie, dans la nuit du 11 au 12 juin 1944

Nathanaël,


Nous avons continué notre avancée parmi les troupes ennemies. Ce soir nous sommes à Balleroy, et nous nous dirigerons demain vers Caumont. Les troupes druchies nous cèdent le terrain peu à peu. Aujourd’hui nos soldats ont mis à mal un Blitzschleudernden-Jugend, un de ces lance-éclairs pilotés par de jeunes crétins dont la moyenne d’âge est inférieur au mien. J’ai assisté à cette mise à mal et je dois admettre que, tout horrible qu’il fût, ce combat m’a redonné du baume au cœur.

J’ai du faire plusieurs allers-retours aujourd’hui, fort heureusement assez loin des mitrailles pour ne pas avoir à les craindre. La grosse crainte de la journée fut quand même lorsqu’un dragon druchi laissa tomber ses troupes à une cinquantaine de mètres de l’endroit où je me trouvais. Nombreux furent ceux qui restèrent coincés dans les arbres un bon moment, mais quelques uns atterrirent sans encombre. Je me faisais toute petite sous mon buisson, n’osant bouger, ou même respirer. Fort heureusement aucun ne m’avait spotté du haut du dragon, et ils partirent bien vite rejoindre leur régiment. Je notai mentalement le lieu d’arrivée et la direction dans la quelle ils partirent et me promis de transmettre au commandant local que je trouverai à l’arrivée.

Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi ai-je eu l’idée de m’engager, moi, l’Autrichienne ? Je ne suis pas d’un courage sans faille, loin de là… Fuir son pays alors que la guerre ne faisait que menacer, et aller se réfugier en Angleterre… Ce n’est pas l’acte le plus brave qui soit… Et pourtant me voilà, en plein cœur du front, devant trouver en moi un héroïsme que je ne possède pas et ne veut pas posséder.



Moi, Saerince, ex-future-chimiste – car je ne vois pas comment je pourrais revenir vivante de l’Enfer – et lâche à ses heures, je me retrouve à faire de la communication inter-régiment, à transmettre ordres et nouvelles, à risquer une vie à laquelle je tiens et pour quoi ? Pour qui ? Certainement pas pour moi ; je ne sais pas ce qui m’a poussé à venir au recrutement. Peut-être était-ce toi, Nath, toi et ton courage qui me donnait l’impression d’être médiocre lorsque j’étais avec toi. J’espère vivre assez longtemps pour pouvoir te le reprocher de vive voix une fois dans ma vie.

Je me suis éloignée de la ville pour t’écrire, quitte à me retrouver au milieu des bruits des combats. Mais Balleroy résonne des hurlements des mourants, c’en est insupportable.

Je prie Sigmar pour qu’il t’épargne. Comme quoi, on peut bien arriver athée quelque part et repartir en croyant à quelque chose. C’est ce qu’une religion peut avoir de fourbe, remarque. On ne l’utilise que lorsqu’on en a besoin, dans des cas comme ici. Remarque, ça m’aide à penser à autre chose.

La Lune est couchée mais l’aube n’a pas encore point. Il est temps pour moi de regagner la ville, et de me mettre en marche avec mes frères et sœurs vers Caumont.

Je t’en conjure Nathanaël, fait attention à toi.

Saerince.

Note pour les gens : les dessins sont de Nath


Dernière mise à jour par : Saerince le 09/05/04 17:15

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   Réponse au Sujet 'Derniers jours de l\'Allemagne Druchiie' a été posté le : 11/05/04 21:20
Ernée, 13 juin 1945

Ayant entendu au loin, dans l’air du soir, couiner Shrapnel, je le vis arriver avec quelque soulagement… Espoir vite effacé puisqu’à peine arrivé à la moitié de ta lettre voici que tu me grondes… Avais je bien l’air d’un héros, moi, le pauvre hobbit qui traînait sa vieille mélancolie à travers des rues par trop anglophones ? Pour quelle raison inique veux tu me faire ainsi porter le chapeau de ton engagement, couvre chef qui ne me va par ailleurs guère ?

C’est sans doute un peu tard pour te le dire mais comme beaucoup ici, je suis un ‘malgré moi’. Et oui. On ne compte plus les héros sans le vouloir. Comme au lendemain on ne saura que faire des bouchers qui n’ont pas fait exprès. Depuis ta dernière lettre j’ai déjà brisé deux ponts. Je ne serai sans doute pas là pour les remettre sur leurs piles. Est-ce très juste en fin de compte ? Ceux qui les ont bâti m’en voudront sûrement mais ceux du front m’en remercieront sans doute.

Fallait il être brave pour fuir la France en déroute ? Je me rappellerai sans doute longtemps ce jour où le capitaine nous a signifié la reddition de la France face à l’envahisseur. Et ce alors que nous n’avions même pas pris part au combat. Il a signifié qu’il ne baissait pas pour autant les armes et qu’il partait en exil, enjoignant chacun à faire de même. Les uns après les autres les bras se sont levés en signe d’approbation. Des francs tireurs aux grenadiers en passant par les artilleurs tous ont choisi de le suivre. Mes camarades et moi nous sommes regardés et je pense que cette pensée fugace nous traversa tous alors : ferme ta gueule et suis le mouvement.

Des moutons. Nous les hobbits sommes visiblement voués à paître sous l’égide de ceux qui pensent et à suivre les autres sottement. Notre vie paraissait bien simple jusqu’alors, lorsque les seules contradictions qui nous frappaient étaient ‘faut il mettre du vin plutôt que de la bière dans la choucroute’ ? La seule chose que je me souvienne avoir jamais combattu c’est la faim. Alors que la disette atteint les campagnes lors de la fameuse crise de 1929 nous avons tout fait pour qu chacun ait à manger autour de nous. Nous étions heureux alors, car nous avions de quoi nous nourrir. Et un peuple qui a de quoi se nourrir est un peuple qui ne se bat pas.

Fabuleuse maxime, s’il en est, car si chacun avait pu manger durant ces années terribles jamais le peuple Allemand se serait tournée vers les elfes noirs.

Voilà. C’est tout ce que je suis. Le chevalier Marmite… Dont le seul courage fut de suivre ses semblables. Peut être qu’enfin ceci ne sera pas vain et que nos deux vies comptent dans la balance, tout autant que celles des autres. Nous avons notre nécessité dans l’engrenage de la guerre et nous avons pris des engagements envers nos camarades. A priori ce que nous ferons maintenant ne tient plus du courage, mais du devoir.



Nathanaël relut sa lettre et en parut assez mécontent.

-« je ne peux pas lui dire ça… »

Il réfléchit quelques secondes et déchira sa lettre.


Chère Saerince.

Sache que je suis honoré autant qu’ému par la confiance que tu me portes. Je ferai de mon mieux pour m’en montrer digne. Avec un peu de chance, il n’y a pas de raison que nous n’en revenions pas, qu’en penses tu ? N’importe comment, je t’interdis de mourir la première. Ce ne serait pas du jeu sinon…

Il leva à nouveau la tête de son courrier.

-« Dites les gens, yen a qui voudraient bien continuer à écrire à Saerince si heu… Enfin si… Je me casse le poignet, voyez ? »
-« Bah… Moi je veux bien… » Fit Lionel après un silence gêné.
-« Elle risque d’avoir du mal avec tes pattes de mouche… »
-« À prendre ou à laisser, vieux ! »
-« Bon, ça marche… »


Enfin, les produits explosifs commencent à avoir un effet assez néfaste sur mes nerfs ( ou serait-ce la bête inquiétude ?). Je commence à avoir un peu de mal à bien écrire.

Quand nous sommes partis l’autre matin, on a retrouvé la bague du lieutenant en lévitation à dix centimètres au dessus du sol en travers du chemin… On a arrêté Fichard avant qu’il aille lé récupérer. On est allé se chercher un bon galet et on l’a balancé sur la bague. L’air s’assombrit soudain puis les herbes et buissons alentours se fanèrent et flétrirent. Ces cochons de boches nous avaient laissé une mine de drain vital en travers du chemin. L’anneau quant à lui n’était plus qu’une ferraille cramoisie. Le vieux pleurait presque mais n’avait visiblement pas envie de perdre la face plus qu’il n’en avait déjà perdue. On a dégainé les magimètres et on a continué notre chemin en serrant les fesses.

Dans la journée on a fait sauter un pont, et encore un hier. Cela devrai ralentir d’autant l’avancée de leurs troupes et vous laisser un peu de repos. Pour plus de sûreté on a miné quelques chemins détournés dont je t’envoie les coordonnées que tu sauras sans doute transmettre à ceux qui viendront fureter dans la région.

Enfin, la bonne mine de base, parce que poser de la mine sorcière, ça ne rime à rien avec des types qui peuvent te piffer la sorcellerie à cinq cent mètres à la ronde. Bref je leur souhaite bien du plaisir.

Il est de nombreux jours où mon insignifiance m’a profondément peiné, mais aujourd’hui je remercie la nature de m’avoir fait naître petit et discret. À mesure que nous nous faufilons à travers la campagne je ne peux que m’en féliciter. La seule chose qu’il me soit donnée de regretter c’est une literie digne de ce nom. Que ne donnerais je aujourd’hui pour retrouver les paillasses militaires, leur faune y compris.

En somme, malgré le risque croissant de nous voir confrontés aux troupes ennemies, tout va pour le mieux. J’ose espérer que tu te portes bien. Fais honneurs aux tiens, et nous rentrerons, sinon en héros, au moins en braves…

Nathanaël Labombance, cinquième division des sapeurs hobbits Français


PS : Shrapnel semble de plus en plus éreinté par ses allers retours incessants. Je redoute que si nous multiplions ainsi les échanges il ne se fasse prendre ou abattre. Aussi serait il peut être plus sage d’espacer nos missives.




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   Réponse au Sujet 'Derniers jours de l\'Allemagne Druchiie' a été posté le : 11/05/04 22:44
Arromanches, Calvados, nuit du 16 au 17 juin 1944

Mon cher Nathanaël,


Nous sommes arrivés à Arromanches le 13 dans l’après-midi, après une escale aussi brève que peu reposante à Caumont. Et n’en pouvons plus repartir, d’Arromanches. Cette petite bourgade, en bord de mer, fort sympathique au demeurant, est un peu encerclée par les troupes ennemies, ce qui gêne un peu notre avancée. Nos sapeurs tentent de trouver une brèche, tandis que nos soldats sont au front, mais nous n’avançons pas. Ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre ; au moins, je suis à peu près à l’abri, et ne crains pas les feux des dragons. Eh oui, nous, réservistes et non-combattants, sommes terrés dans les caves.

Les habitants ont déserté la ville depuis ce qui semble déjà un bon bout de temps, bien antérieur au débarquement. Ce en quoi je ne les blâme pas d’ailleurs, parce que c’est quand même un sacré merdier, pour parler poli. Bref, nous avons pris possession des demeures – enfin, de leurs caves – et nous attendons.

De Balleroy à Arromanches, il y a environ trente kilomètres à vol d’oiseau ; par la forêt, pas mal de plus. Bref, il nous fallait bien ce jour et demi pour faire le parcours le plus discrètement possible. Je te prie de croire que se déplacer en train rapide et en mode ‘camouflage’, ce n’est pas vraiment aisé. Nous nous déplaçons par groupe de six ou sept, rapidement et discrètement – enfin, aussi discrètement que faire se peut.

Etant donné la distance, nous avons dû bivouaquer. La panacée. Cris, lumières de feu grégeois, pas de tente, pas de feu, planqués dans un taillis où la promiscuité était forcément de mise, avec même une troupe ennemie qui nous a fichu les jetons en faisant halte à dix mètres de l’endroit où nous étions… Une nuit des plus reposantes, comme il est facilement concevable. Je ne sais même pas où je trouve la force de me tenir éveillée. L’instinct de survie sans doute.

Je pense quand même que ce qui m’a le plus stressée fut la traversée d’un champ. Chose banal dans le cas général, elle s’avère, en temps de guerre, un peu plus compliquée. D’abord, le champ lui-même. Long d’une centaine de mètres, nous perdions près de trois heures si nous ne coupions pas à travers lui. Dans ce champ, des hautes herbes. Idéales pour ne pas être vus ; idéales pour ne pas voir d’éventuels archers embusqués. Donc nous voilà devant notre champ, le barda sur le dos, à scruter le ciel à la recherche d’un éventuel dragon, ou les yeux fouillant les hautes herbes, à la recherche d’un quelconque éclat de pointe de flèche. Et oui, il faisait un soleil magnifique ce jour-là. Bref, après un moment, nous décidons de concert que non, il n’y a rien de potentiellement dangereux dans ce champ, et nous y engageons. Avec circonspection toutefois. Nous avancions aussi vite que la sécurité nous le permettait. Tout-à-coup, quelque chose bouge droit devant nous ; un courant d’air passe au-dessus de nos têtes. Nous nous jetons à terre… pour voir un épervier repartir, un rongeur entre les serres. Les jambes flageolantes en ce qui me concernait, je me relevai de concert avec mes compagnons, quand nous vîmes l’épervier retomber. Un peu carbonisé. Un claironnement se fit entendre juste au-dessus de nous. Pas facile de deviner à quel genre de créature il appartenait.
- Courez, bordel ! cria un de mes compagnons.
Nous n’avons pas eu besoin de nous le faire répéter deux fois et courûmes comme jamais en direction de la forêt. Des archers auraient pu être embusqués à l’orée, et paf ! une escouade de morte. La chance des débutants nous a servi, sur ce coup-là. Le dragon n’a même touché personne ; Le but devait effectivement être de nous rabattre vers la forêt pour mieux nous faire tuer, mais soit les soldats étaient partis fumer leur clope, soit les drag durchiis sont vraiment nuls.

Toujours est-il que nous arrivâmes, un peu estomaqués, à Arromanches. Laisse-moi te ire que mon barda a illico fini à terre.
- Soldat ! ramassez-moi ça et ne balancez jamais votre sac comme ça, vous pourriez endommager votre matériel de survie ou autre ! me lança un gradé.
J’ai eu une envie monstre de lui dire d’aller se faire f*****, enfin tu vois quoi. Je n’en fis heureusement rien, ramassai mon barda et m’en fus avec mes soldats me reposer dans une demeure. Quelques heures plus tard, nous étions encerclés. La défense anglaise a vraiment été mauvaise, sur ce coup.

Ainsi, je suis à présent terrée tel un rat dans son trou. Mais un rat vivant. Dehors, les « whizzzzzz » des flèches se font entendre, de même que les cris des mêlées. Et nous attendons.

Je te souhaite de mon côté toute la chance possible ; puisse l’entité qui veille sur toi t’en accorder autant qu’elle l’a fait pour moi jusqu’ici. Mais j’ai peur qu’en ce qui me concerne, mon capital chance ne soit bientôt épuisé.

Bien à toi,

Saerince.




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Labombancetourix

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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Derniers jours de l\'Allemagne Druchiie' a été posté le : 01/07/04 22:36
quelque part dans le bocage normand, 25 juin 1944

Chère Saerince

Nous avons investi depuis une mince pair de jours jours une ferme où nous nous reposons. Nous commencions à fatiguer... Nous attendons les ordres. La radio crépite de temps à autres mais apparemment nous avons été oubliés du commandement. C'est assez triste. Mais au moins ici on ne risque pas grand chose. Quand nous sommes arrivés, un peloton ennemi quittait les lieux. Il devait chercher des paras ou que sais-je... Ils ont filé précipitament. Ils doivent nettoyer le pays à notre recherche... Nous ou quiconque d'ailleurs qui leur pourrisse l'arrière garde. On les a regardé passé cachés dans les taillis. Se disant qu'on ne serait pas ennuyés puisqu'il l'avaient déjà fouillé nous y avons donc pris position à l'intérieur. Ca ne nous empêche ps de guetter la venue d'éventuels visiteurs.

Tout cela m'a laissé le temps de repenser à chez moi. La mince bibliothèque (oserais je avouer que c'était à peine un rayonnage meublé de quelques livres ?) qui était là me refaisait penser à mes lectures de jadis. Je crois que j'ai enfin compris pourquoi tu me faisait cet étrange reproche d'avoir le langage le cul entre deux chaises... Je me souviens avoir dévoré les romans traduis de l'elfique qui traînaient dans un coin de grenier, chez moi, découverts par hasard. Ces livres m'exilèrent de mon monde campagnard où je parlais trop bien, et me gagna une réputation de rêveur alors que cette érudition ne me faisait pas pour autant pénétrer dans le monde des lettrés. Bref j'étais triquard dans les deux camps.

Un autre qui ait le mal du pays c'est le lieutenant. J'avais cru qu'il grognait encore pour sa bague, ce qui ne me surpris qu'à moitié. En ait je le surpris à l'écart en train de pleurer. Et c'était plus inquiétant. Je le poussais un peu et il me parla de sa bague, et de sa femme, Josépha. Feu Josépha, d'ailleurs, et de leur mariage, ainsi que de notre coutume d'écrire un veu à l'intérieur des anneaux. Ainsi lui avait bêtement marqué dans celui de sa promise "que je puisse te nourrir chaque jour". Son voeu à elle j'ai mis un peu de temps avant de savoir quel il était tant le lieutenant hoquetait... En définitive la brave femme avait inscrit "que tu ne puisse mourrir loin de chez toi".

Ce soir là i ly avait comme une atmosphère de cafard. Chacun boudait un peu sa ration. Visiblement ils avaient la tête ailleurs. Mais la radio parvint à nous crachotter notre affectation. Elle nous donnait rendez vous à quelques lieues de là, où des éclaireurs de l'armée américaine devaient prendre contct avec nous. Visiblement cela marche assez bien pour les armées de débarquement, j'ose espérer qu'il en est de même pour toi.

Nathanaël Labombance, cinquième division des sapeurs hobbits Français


PS : Shrapnel a tendance à essayer de manger certaines choses. J'ignore quels effets peuvent avoir l'ingestion d'une charge de démolition sur lui et très franchement, je préfère l'ignorer...


il n'aura sans doute pas échapé à nos lecteurs que la date de la correspondance oscille entre 1944 et 1945, suite à une monumentale erreur dont je prends l'entière responsabilité, vous êtes tous enjoints à considérer que la date est bel et bien 1944. Je vous prie d'accepter mes plus lattes excuses et de bien vouloir considérer mes plus profonds regret, d'autant plus que j'ai d'ores et déjà pris rendez vous avec Sae pour un fouettage en règles. Je vous remercie tous de la bienveillance et de l'infinie bonté qui vous a poussé à lire ces lignes et encore plus à en faire l'éloge ou la critique à Sae et à moi, respectivement, à la hauteur de ce chacun mérite.

Blitzschleuderner - shéma explcatif


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Saerince

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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Derniers jours de l\'Allemagne Druchiie' a été posté le : 05/07/04 17:58
Caen, dans la nuit du 26 au 27 juin 1944

Nathanaël,


“Nous avons enfin pu quitter Arromanches après une douzaine de jours d’encerclement. Fini les dragons au-dessus de nos têtes, fini l’enterrement dans une cave ; je peux à nouveau respirer l’air empuanti par les odeurs de poudre, d’ozone et autres chairs en décomposition. Le spectacle de notre sortie de la ville valait le détour. On avait appris qu’une attaque devait avoir lieu, et on était dehors pour voir.”

Bruit d’explosion. Saerince relève la tête et se rue hors de sa tente pour voir si ce sont les siens qui ont été touchés ou non. Elle entend des cris d’exultation, et comprend que les sapeurs ont encore fait exploser un endroit un peu trop gardé, avec les gens inhérents. Elle retourne donc à sa couche et à son crayon. Sur la couche, Shrapnel dort. Ces allers-retours l’exténuent. Tant pis pour Nath, il aura sa lettre plus tard. De toute façon, ils allaient bientôt devoir faire à nouveau une bonne petite marche forcée, donc hors de question le soir d’écrire ; de toute façon elle n’en a physiquement pas la force, après quelques dizaines de kilomètres à bon train.

“Les druchiis viennent de se prendre encore une claque. Un truc a explosé pas loin, mais je ne sais pas quoi.

A Arromanches, nos sapeurs ont donc mené leur attaque. Un beau feu d’artifice, tu peux me croire ! Et aux premières loges, encore ! Jean, un copain hobbit sapeur, qui en était, nous a raconté. Ils sont partis à trois, en fait. Vers le camp druchii, poser ce que l’état-major appelle des bombes, bref, du trinitrotoluène en mieux, et en vachement plus meurtrier. Le but était de faire sauter le régiment qui bloquait notre sortie de la ville. Parce qu’Arromanches, c’est joli, mais c’est dos à la mer, et on n’avait pas vraiment de bateaux disponibles. Tant qu’à faire, aussi, éliminer tous les gradés druchiis que nous pouvions. Une armée sans ses chefs, ce n’est plus une armée. D’ailleurs, on aurait tué le dictateur druchii tout de suite, je ne serais certainement pas là à t’écrire, et je pense que ce serait mieux. Je reviens à mon histoire. Tout se passe bien pour nos sapeurs, jusqu’au moment où ils se font remarquer, comme il se doit. Les druchiis ont des chiens, les chiens ont l’ouïe fine et l’odorat développé. Et ils gueulent beaucoup aussi. Voilà nos sapeurs coursés par les chiens, et bientôt canardés par les arbalétriers. L’un des nôtres tombe. Mais on n’a pas le temps de s’occuper de lui. Sauver sa propre peau, il n’y a que ça qui compte maintenant.”

Elle s’arrête d’écrire, choquée par ses derniers mots. Elle se relit plusieurs fois, envisage de recommencer sa lettre, se dégoûte d’avoir de telles pensées… A peine trois semaines, et la vie des autres ne compte plus. Save our own skin. Humph, autant que Nath, et les autres, qui peut-être un jour trouveront ces lettres et, pourquoi pas, les liront, sachent ce qu’il en est.

Elle retourne à l’entrée de sa tente, et scrute le ciel. Ce soir, les dragons ne volent pas ; tout le monde doit se reposer. Le ciel est piqueté d’étoile, en cette nuit de juin. La lune brille tout ce qu’elle peut. Mauvais pour les attaques nocturnes, donc bon pour le sommeil des soldats. Ce qui n’empêche pas chacune des deux armées de garder des militaires éveillés, en faction. Le débit de parachutage, quant à lui, s’est bien calmé, même s’il est toujours existant. Ces batailles qui n’en finissent pas, ces morts, ces morts pour rien, ces morts causés par la mégalomanie démesurée d’un dément… Ces morts qu’elle rejoindra peut-être bientôt…
Le camp est calme. On n’entend même plus les cris habituels montant de l’infirmerie. C’est la nuit, et les esprits du jour n’ont plus prise. Ceux de la nuit prennent leur tribut quotidien, en ce moment, ce qui explique le silence.

Elle sent une boule se former dans son estomac, dans sa gorge. Elle pleure.

“Toutefois, l’opération de sabotage s’est révélée un succès. Nous avons assisté à de magnifiques explosions, et à la destruction du camp druchii. S’ensuivit un chaos indescriptible, dont profita notre armée. Quelques gros chars explosèrent, pour couronner le tout. Résultat des courses : la voie libre pour nous, et moi qui recommence à porter mes messages. Le champ de bataille est relativement calme en ce moment, mais j’aimerais assez que l’on trouve un moyen moins risqué pour transmettre des messages. Un code, ou quelque chose…

Je ne sais pas comment est la situation de ton côté. Vous n’êtes pas si loin, et pourtant vous l’êtes trop. Ne fais pas comme mon sapeur : ne tombe pas bêtement frappé dans le dos d’une flèche druchiie. Ca me contrarierait beaucoup.

A bientôt Nath.

Saerince”


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   Réponse au Sujet 'Derniers jours de l\'Allemagne Druchiie' a été posté le : 03/10/04 10:54
Hé? Qu'est-ce qui se passe après? Hé??

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