Mercenaire du Chaos

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Paris. a été posté le : 18/04/04 19:56
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Bon, ça fait un certain temps que j'ai commencé ce machin, là je commence à avoir quelques idées de suite, donc je balance, en espérant que quelque âme charitable trouvera assez de courage pour 1) Lire, 2) Commenter. Voila.
*** Rien ***
I) Le Jazz.
Le jazz peut être un véritable calvaire pour quiconque n'aime pas les mélodies lentes, mélancoliques et soporifiques ; de même que le rock peut être un véritable calvaire pour quiconque n'aime pas l'absence de mélodie, la vitesse et la brutalité. Seulement, ce n'était pas du rock qui se jouait au Quinquagénaire Affable, ce soir. C'était du Jazz. Non pas que le patron de ce bar assez minable n'aimât point la binarité féroce de ce genre nouveau, mais son établissement n'était pas à ce point réputé pour que des centaines de groupes s'y présentassent. Et ce soir, ce n'était pas un groupe de Rock qui lui avait loué l'espace exigu de sa scène vermoulue ; c'était un groupe de Jazz.
Certaines personnes n'aiment pas le Jazz. C'est leur droit. Jean était de ceux là. Il haïssait dans d'assez prodigieuses proportions cette musique ouatée et aussi dynamique qu'une machine à laver en panne ; de fait, l'on est en droit de se demander ce qu'il faisait ici. Après tout, le Quinquagénaire Affable n'était qu'un bar parmi les centaines qui pullulaient dans Paris, et ne constituait en rien le plus luxueux, le plus propre, et encore moins le moins cher. A vrai dire, ce bar ne présentait pas plus d'intérêt que Jean lui-même ; et le moins qu'on puisse dire était qu'il était totalement dénué d'intérêt. Qui donc peut bien s'intéresser à un homme de taille moyenne, de corpulence moyenne, d'âge moyen, de charisme moyen, d'éloquence moyenne, comme en était pourvu cet être d'une consternante banalité ? Eh bien, le Quinquagénaire attirait dans des proportions aussi minimes l'œil désabusé du chaland trop pressé qui parcourait de son pas rapide la rue mal lavée que bordait l'édifice. De toute façon, quand bien même celui-ci aurait-il été bardé de guirlandes roses fluorescentes et de pin-ups déguisées en lapin grotesque comme on en trouvait près de ces bars à putes du quartier de Pigalle, il était trop petit pour accueillir plus d'un dizaine de personne, et la bière qu'on y servait n'était pas bonne. D'ailleurs, ce n'était pas de la bière, c'était du jus d'orange. Et la serveuse n'était même pas assez sexy pour attiser les fantasmes du plus masturbatoire des préadolescents. Et l'odeur qui y régnait, mélange de cigarette bon marché et de jus d'orange, donc, était particulièrement désagréable. Et il n'y avait même pas de toilettes. Et aucune télé ne crachait aux yeux de consommateurs désabusés les derniers exploits sportifs d'une quelconque équipe de football mystifiée par l'alcool et l'ennui, et aussi le manque d'idées. Mais il y avait un groupe de Jazz. Et quelqu'un qui le regardait. Et qui n'aimait pas. Et qui s'appelait Jean. Et qui n'avait rien à faire ici.
La chanteuse était assez jolie. Pas spécialement jeune, encore moins vieille, elle revêtait une robe rouge vaguement décolletée, qui laissait entrevoir ses seins ni véritablement rebondis, ni à proprement parler plats. Son visage apaisant de douce tranquillité était assez long, sans pour autant sombrer dans l'excès, ses yeux était presque bleus, ses lèvres presque rouges, et son nez presque pointu. Mais elle était jolie. Et elle chantait bien. Mais c'était du Jazz. Or, Jean n'aimait pas le Jazz.
Derrière elle, des musiciens léthargiques faisaient tout pour ne pas déborder d'originalité, et jouaient une musique que n'importe quel mélomane passable aurait pu composer. Le contrebassiste réalisait de ses doigts boudinés des walkings peu recherchés, le claviste touchait du bout des doigts son instrument en arborant un air particulièrement ennuyé, le batteur tapotait le bord des ses cymbales sans conviction aucune, et le guitariste plaquait des accords sans intérêt. Le tableau était bien triste à voir. Et à entendre. Pour qui n'aimait pas le Jazz. Ce qui était le cas de Jean. Qui attendait. Mais qui trouvait que la chanteuse chantait bien.
Il se tourna vers le patron du piteux établissement, qui aurait très bien pu être en train de nettoyer un verre, mais qui préférait terminer une grille de mots croisés trouvés dans une revue culturelle intellectuelle et gauchiste, " Télé-Bonheur ".
- Elle s'appelle comment, la nana qui chante ?
- Chais pas.
- Ah.
Jean replaça sa tête de sorte qu'il pouvait à nouveau admirer la qualité des nouveaux lacets dont il avait fait l'acquisition il y avait peu. Trois minutes passèrent, puis il tourna la tête encore une fois.
- Vous êtes sûr ?
- Attendez...
- Merci.
- Agnès Fleurmauve.
- Ah. Bah alors c'est elle.
- Sûrement, si vous le dites.
- ...
- ...
- ...
- Un nom de cucurbitacée en trois lettres ?
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Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.
"Oh. Je veux dire : Oh."
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Réponse au Sujet 'Paris.' a été posté le : 18/04/04 20:04
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2) Une arrestation musclée.
- Bonjour madame.
- Bonjour monsieur.
Agnès Fleurmauve rangeait sa robe rouge dans la malle prévue à cet effet.
- Vous désirez ?
- Mh ? Oh, pas grand-chose. Juste vous arrêter. Pour grand banditisme, meurtre, et tout ce genre de choses.
- Ah, oui.
L'arme que Jean sortit de l'intérieur de sa veste grise était grosse et longue. C'était un revolver.
- D'un autre côté...
- Oui ?
Agnès avait elle aussi sortit un revolver de sa botte, mais ne le pointait pas en direction de son interlocuteur ; pourquoi l'aurait-elle fait ?
- Je vous trouve assez belle quand même.
- Merci.
- Oh, ne dites pas merci, je le pense, sincèrement.
- Mais je ne vois pas en quoi cela intervient dans notre affaire.
- Oui, c'est vrai.
Jean sortit une paire de menottes de sa poche et les appliqua aux poignets de la belle femme dont il ne pouvait toujours pas déterminer l'âge. Puis il lui pris son arme et la posa par terre, avant de la ramasser et de la poser sur une petite table dans un coin de la minuscule loge installée ici par le tenancier du Quinquagénaire Affable. Il hésita encore, et repris l'arme afin de la reposer par terre.
- Que faites vous ?
- Rien. Allons-y.
- Bien bien.
Jean reposa l'arme sur une armoire et poussa la porte du pied. Rien ne se passa, car celle-ci ne s'ouvrait pas dans ce sens. Il tourna la poignée et fit avancer Agnès de sa main quelconque. De retour dans la salle principale du bar, le patron les regarda d'un œil bovin, partiellement intrigué, avant de leur demander.
- Anémie partielle du saucisson en vingt lettres ?
- Sanglier.
- Ah oui, merci.
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Réponse au Sujet 'Paris.' a été posté le : 18/04/04 20:10
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3) Paris.
Une fois dans la rue, Jean s'approcha de Rü. Rü était un jeune chien géant, au poil brun, à l'œil humide et au geste vif, dont la race restait inconnue, et dont tout le monde se fichait royalement pour la bonne et simple raison que si l'on devait se soucier de la provenance de tous les bâtards qui pullulaient dans les rues crasseuses de Paris, on en serait encore là dans trois ans. Jean aida Agnès à s'asseoir sur la selle de Rü le plus confortablement possible, avant de se positionner devant elle et de se saisir des rennes.
- Hue, Rû !
Et Rü s'élança de son pas quadruple le long du trottoir, attendant qu'il n'y ait plus d'automobiles sur la chaussée pour pouvoir s'engager ; les conducteurs de ce genre de véhicules n'étaient que très peu coopératif avec les montures domestiques qui se faisaient du coup de plus en plus rares au sein de la circulation.
- Vous avez grand-bandité quoi, exactement ?
- Une banque, je crois...
- Ah bon. Et vous avez tué qui ?
- Le banquier, sûrement.
- Ah ben oui, suis-je bête...
Rü doubla plusieurs autos, s'exposant ainsi à plusieurs contraventions pour excès de vitesse, car rouler en ville était extrêmement réglementé ; ainsi, stationner en plein milieu de la chaussée n'était pas autorisé. Peu de gens ont idée de la vitesse que peut atteindre un jeune chien géant qui galope de ses quatre pattes puissantes et véloces. Le fait est que cinq minutes plus tard, il s'arrêtait devant un grand bâtiment, tout en verre, celui du Lieu de Rétention Privé de Criminels Jugés Insalubres ou Dangereux. De dehors, on pouvait voir des centaines, peut-être des milliers de fonctionnaires et d'hommes en arme s'affairer dans les multiples bureaux qui composaient cet édifice cristallin. C'était très intéressant.
Jean apporta un sceau de pommes de terre à Rü, qui en fit une très bonne purée, car si Rû était un chien, il n'en restait pas moins un excellent cuisinier. Jean et Agnès, eux, rentrèrent dans le bâtiment après avoir traversé le jardin désuet qui en constituait le hall d'entrée. Jean était un habitué de la place, aussi ne se perdit il pas bêtement dans le dédale tout administratif de ces couloirs alambiqués ; il trouva tout de suite le bureau de Monsieur Oie, qui était le commanditaire de cette arrestation musclée.
- Agnès Fleurmauve, monsieur.
- Ah, oui, merci. Tenez, le bon pour votre paye.
- Merci bien. Mademoiselle...
- Au plaisir, monsieur.
- De même.
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Réponse au Sujet 'Paris.' a été posté le : 18/04/04 20:12
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4) Don tue.
Don marchait d'un pas las le long de la rue du Canari Emboîté, posant son regard hagard sur le sol poisseux qui défilait devant lui. Il se posait un nombre assez impressionnant de questions sur un nombre assez impressionnants de sujets, mais ne cherchait pas spécialement à y répondre. Il avait une forte envie de tuer. Ce qui tombait bien, puisqu'il avait un revolver à la main. D'ailleurs, le canon en fumait déjà. Peut-être avait-ce un rapport quelconque avec le cadavre étendu dans le caniveau quelques mètres derrière lui, celui d'un enfant au crâne complètement explosé. Peut-être. Peut-être pas. Après tout, il pouvait très bien avoir chu sur quelque objet contondant. Bon, le hasard voulait qu'une douille traîne à ses côtés, mais cela n'expliquait pas tout !
Don avait cru en dieu. A vrai dire, deux heures avant encore, il était prêtre de l'église réformée, et officiait dans une paroisse souterraine, underground comme les jeunes gens aimaient à dénommer tout ce qui se voulait un tant soit peu marginal, où il comptait nombre d'adeptes, et prêchait chaque jour la très sainte parole de cet être au dessus de tout.
Mais il n'y croyait plus, là. Vraiment plus. Pourquoi, personne ne saurait dire, ni lui, ni vous, ni moi, et nous ne le saurons probablement jamais. Le fait est qu'il ne croit plus du tout en dieu. Et il en veut un peu à l'humanité toute entière. Ca non plus, on ne sait pas trop pourquoi. Mais il le lui fait savoir, à l'humanité, qu'il ne l'aime plus trop.
Une jeune femme sortit d'un immeuble plutôt sale bordant la rue où Don marchait. Juste devant lui. Alors qu'elle se retournait pour fermer la porte à clef, et se rappeler que ce n'était pas nécessaire, puisque l'on ne ferme pas la porte d'un immeuble à clé, sauf la nuit à la rigueur, ce qui n'était pas le cas, Don s'arrêta, toujours aussi maussade, jeta un regard dépourvu de tout lubricité sur le corps parfait de cette femme qui pouvait avoir vingt ans, avant de pointer son arme et de tirer dans le dos. Elle s'effondra sans hurler, le souffle coupé par la douleur. Don en fut particulièrement désappointé, et ne manqua pas de le faire savoir à cette autre jeune femme, cette fois-ci une adolescente, qui promenait son chien assez laid, et qui reçu un projectile au mollet. Elle n'eut pas la chance de mourir, et poussa un cri de douleur si intense que tout le quartier en fut témoin ; mais personne ne chercha à savoir ce qu'il se passait ; on ne se mêlait pas de ce genre d'histoire, hélas trop fréquentes, à Paris. Le chien, en plus d'être laid, était stupide et hargneux. Le cri de sa maîtresse l'effraya, aussi exposa-t-il à celle-ci son profond mécontentement, en lui arrachant la carotide d'un violent coup de mâchoire, avant de mourir à son tour dans une marre de sang poisseux.
Une voiture dérapa tout près, puis Don fut arrêté.
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Réponse au Sujet 'Paris.' a été posté le : 19/04/04 18:25
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Oh, c'est si mauvais que ça ?
*** Rien ***
5) Piteux bouleversement.
Jean déambulait. Il y avait des milliers de lieux où déambuler, surtout dans Paris. Le Lieu de Rétention Privé de Criminels Jugés Insalubres ou Dangereux en était un.
- Salut, Jean.
- Salut. Paul. T'avais un voix bizarre, au téléphone.
- Au téléphone ?
- Oui, au téléphone. Pour le bar.
- Pour le bar ?
- Et la nana. La chanteuse. La criminelle. L'adresse. Et tout ça.
- Et tout ça ?
- ...
- Et tout ça ?
- C'est pas toi qui m'a appelé tout à l'heure ?
- Non.
- Pour me donner l'adresse où je pouvais...
- Non.
- ...
- Oh ********.
Jean se rua (par le balancement puissant de ses jambes de l'avant vers... Enfin, du milieu vers l'avant... Mhhh... En courant, donc.) jusqu'au Bureau du Commissaire Oie.
Il était pour le moins mort.
Pour le plus, il avait la gorge ouverte ; elle déversait encore un flot assez considérable d'hémoglobine sirupeuse qui se proposait de constituer une véritable œuvre d'art lorsque celle-ci rejoignait une veste jaune qu'à peu près n'importe qui d'à peu près au courant des règles primaires de l'esthétisme aurait qualifié de franchement moche.
- Je crois bien qu'il est mort.
Jean se saisit d'un objet luisant et rougeoyant posé sur le bureau ; c'était du fil de Nylon. Tout portait à croire que c'était l'arme du crime.
Paul le rejoint en haletant ; il était gros et à l'aube d'un cancer nouveau, et l'effort ne faisait pas partie des valeurs dont il était le fervent défenseur ; la bière, à la limite.
- Oh ********.
- Penses-tu...
- Qui ?
- Elle... C'est bien dommage, elle m'était sympathique.
- Elle ?
- Agnès... Agnès Fleurmauve.
- Agnès Fleurmauve...
Les deux hommes restèrent coi quelques minutes, sujets à un étrange autant que soudain afflux de mélancolie injustifiée. Puis Paul repris la parole.
- Fleumauve, ça sonne Nordique, non ?
- Peut-être... Je crois que j'ai très envie de la revoir.
- Je lance un avis de recherche ?
- Lance.
Paul lança un avis de recherche.
Puis ils redescendirent au rez-de-chaussée, où il se passait quelque chose.
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Réponse au Sujet 'Paris.' a été posté le : 19/04/04 18:28
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6) Une rencontre. La rencontre.
La prison. Il en avait beaucoup entendu parler, surtout parce qu'il avait confessé la quasi-totalité des taulards et ex-taulards de Paris dans sa paroisse underground. C'était sûrement très bien. Avec un peu de chance, un détenu haineux lui fracasserait le crâne assez cite pour qu'il commence à regretter de s'être embourbé dans cette situation pour le moins délicate.
Il s'arrêta net, surprenant ainsi ses deux accompagnateurs, qui le tirèrent brusquement par le bras. Il avait entendu un nom, un nom qu'il connaissait ; et quand on ne croit plus en rien, et que l'on croît ne plus rien connaître, rien n'est plus doux à l'oreille qu'un nom que l'on ignore pas. Que l'on connaît, même.
- Agnès Fleurmauve... Je connais une Mauvejoncquille à Montélimar, mais je suis pas sûr que ça ait un grand rapport...
- Ouais. Nan. Je sais pas. Il faut que je la retrouve.
- T'inquiètes Jean, on va la retrouver... T'es amoureux, ou quoi ? Ce serait bien la première fois...
- Ouais. Ouais. Ouais...
- Hein ?
- Excusez moi... Je... Je connais Agnès.
- Allez, avance, toi... Laissez, m'sieur Jean, ce type est complètement taré...
- Vous connaissez Agnès ? Agnès Fleurmauve ?
- Je la connais.
- Bien. Bien bien. Messieurs, laissez le moi, je me charge de son incarcération.
- Eh, mais c'est notre paye ! Ca fait des mois qu'on...
- Je vous la ferais parvenir, ne vous inquiétez pas.
- Oh. Si vous le dîtes.
- Paul, suis moi.
- Jean... Dans quelle ********...
- Viens.
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Réponse au Sujet 'Paris.' a été posté le : 19/04/04 22:09
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Au moins c'est original, un rien décalé... Et cela se lit d'une traite, avec un style assez lâche mais avec tout de même un rien de rigidité, qui invite à se laisser porter par les événements, d'autant qu'ils sont présentés de façon tout à fait naturelle, comme un réalisme de l'absurde.
J'aime assez.
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