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Ourgh

Nowhere Man



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Pourquoi vous regardez ca ?
   Le retour du dieu oublié a été posté le : 26/03/04 11:32
La glace est rompue, messieurs les jurés!

Ca faisait un bon bout de temps que l'idée me trottait dans la tête. Voici, amis des sports et des loisirs "le retour du dieu oublié", une fascinante (enfin, tout est relatif) saga.
Je l'ai montrée à quelques amis, qui ne m'ont pas (enfin, pas trop) lapidé, et j'ose espérer qu'elle recevra un bon acceuil ici. Bon, je vais commencer par le classique prologue.

Bonne lecture.


------------Prologue------------



L’île d’Orloz est cernée de récifs et de falaises abruptes. On ne peut débarquer que dans une seule baie, étroitement surveillée par un fort. Ses occupants sont également les seuls habitants de l’île depuis que la population l’a abandonnée pour fonder un royaume sur le continent, n’y revenant que pour enterrer ses morts ou leur rendre hommage.

Mais lorsque l’hiver étend son emprise de brume et de glace sur la mer septentrionale, nul n’est assez fou pour la traverser. Et ce fut donc pourquoi ce jour-là, les gardes se divertissaient et prenaient leur travail à la légère en attendant la relève qui viendrait à l’équinoxe de printemps. Leur surveillance se limitait à jeter de temps en temps un coup d’œil par la fenêtre. Ce fut donc pourquoi le navire leur sembla surgir du néant et que tous furent frappés de stupeur en voyant sa silhouette se profiler sur les eaux tumultueuses.
Le commandant se ressaisit cependant très vite, et lui et ses hommes s’armèrent en hâte. Ils dévalèrent l’escalier qui menait au port, mais ils ralentirent le pas en voyant le navire immobile sur la jetée.
« Bizarre, dit le commandant. Ce n’est pas un bateau de nordiques pilleurs de tombeaux.
- C’est… C’est peut-être le vaisseau des esprits…, bégaya un des gardes. »

A la seule évocation de ce nom, les soldats frissonnèrent et leurs doigts se crispèrent sur le manche de leurs lances. Ils s’avancèrent craintivement vers le navire qui ne donnait toujours aucun signe de vie et qui du fait du brouillard avait un aspect fantomatique. Arrivés à une dizaine de mètres de la proue, ils remarquèrent enfin les quelques marins qui s’affairaient sur la jetée. Ils semblaient épuisés et n’étaient pas armés.
Les gardes les regardèrent un moment sans dire mot, tandis que les marins continuaient leur travail sans leur prêter la moindre attention. Le commandant se décida enfin à élever la voix :
« Que signifie cette intrusion dans notre terre sacrée ? Qui a perdu la raison au point de… »

Pour toute réponse, l’un des marins se contenta de désigner de la tête le bastingage. Le commandant tourna à son tour la tête dans cette direction. Tout d’abord, il ne distingua guère qu’une vague silhouette sur le pont, mais en s’avançant, elle se révéla être un personnage de haute taille, revêtu d’une armure d’apparat, plongé dans ses pensées. Mais il en fut arraché par le cri d’un marin qui lui signalait que la passerelle de débarquement était prête.

L’homme s’avança alors jusqu’à celle-ci, et dévisagea le commandant. Celui-ci avait deviné qui se cachait derrière le heaume d’or et de bronze représentant un aigle aux ailes déployées. Rendu muet par la stupeur et la crainte, il s’agenouilla devant lui.
« Commandant, ton équipement me semble bien mal entretenu », dit le personnage d’une voix calme.
Le commandant bafouilla quelques excuses presque inintelligibles.
« De plus, je vois mal en quoi notre venue te cause tant de tracas. Un arkamite a le droit de visiter les tombeaux de ses ancêtres quand bon lui semble, et les risques à courir ne concernent que lui », poursuivit-il sans se départir de son flegme.
De plus en plus gêné, le commandant baissa la tête jusqu’à ce que son front touche le sol.
« Enfin, puisque tu es là, emploie-toi à donner l’hospitalité à mes marins comme il se doit. Il faudra également donner une sépulture décente à ceux qui n’ont pas survécu à la traversée. Mais avant toute chose, fais seller ton meilleur coursier, je dois passer la Porte »

Le commandant s’empressa d’obéir et partit donner les directives nécessaires. L’homme en armure descendit du navire et remonta la jetée sous les regards de la garnison. Puis il gravit les marches de l’Escalier jusqu’à la Porte. Là l’attendaient un palefrenier et un cheval sellé et harnaché. Le commandant avait fait vite.

La Porte était l’ouverture dans la muraille barrant le col donnant accès à l’intérieur des terres. Il n’y avait pas de ventaux, seulement une arche ornée des symboles sacrés. Son rôle n’était pas de barrer la route à l’ennemi, mais de tracer la limite entre le royaume des morts et celui des vivants.

Sans dire un mot, il enfourcha sa monture, puis retira son heaume. Il le tendit ensuite au serviteur. En le prenant, celui-ci se trouva face au visage d’un homme d’une quarantaine d’années, fatigué par le manque de sommeil et le voyage. Sa barbe était finement taillée, et ses cheveux longs étaient rassemblés en tresses qui descendaient dans son dos. De tout son être se dégageait une aura de majesté qui inspirait le respect à toute l’assistance. Celle-ci le reconnut finalement au serre-tête d’or et de nacre qui ornait son front. C’était le seigneur Nisher, qui tenait d’un poing de fer les rênes du royaume d’Arkam.

Mais à peine avait-t-on découvert son identité qu’il éperonnait son cheval, le poussant à travers la Porte. S’enfonçant dans le royaume des morts, on le vit disparaître dans la brume.
Il chevaucha tout le jour, ne s’arrêtant que pour éviter de crever sa monture. Au coucher du soleil, il distingua enfin la silhouette du tombeau familial, édifié au temps où ses ancêtres, armés de haches de silex, combattaient les clans rivaux sur des chars de guerre pour offrir des sacrifices humains à leurs divinités, ou bien aux choses plus terrifiantes qui infestaient ce monde avant que les hommes aient maîtrisé l’agriculture ou appris à travailler le bronze.

Quatre mégalithes, deux fois plus grands qu’un homme, incrustés de crânes humains blanchis, se dressaient autour de l’autel à l’entrée du caveau. Le seigneur Nisher descendit de son cheval et l’attacha solidement à un arbre mort. Puis il s’avança jusqu’à l’autel, et répéta les gestes transmis de génération en génération. Il se dépouilla de son armure, de ses vêtements, ne gardant que son serre-tête, symbole de son statut et de son appartenance au clan. Ainsi nu, il prit un poignard et s’entailla profondément la poitrine. Il n’éprouva aucune douleur. Puis, il ramassa le calice cérémoniel que l’on conservait sur l’autel, et y recueillit son sang. Quand il jugea qu’il en avait assez récolté, il appliqua sur la plaie un liquide visqueux tiré d’une gourde qu’il avait emportée avec lui. L’hémorragie fut instantanément stoppée.

Il faisait maintenant complètement nuit. Il aspergea chacun des mégalithes de son sang avant de revenir à l’autel. Il but alors ce qui restait dans le calice, réprimant ses haut-le-cœur, puis le reposa à sa place initiale. La bouche encore pleine du goût âcre du sang, il leva les bras au ciel et hurla d’une voix démente :
« Mânes de mes ancêtres ! Votre rejeton implore votre aide ! Revenez d’outre-tombe lui prodiguer vos conseils ! »

Il ne se passa rien. Il répéta l’invocation une fois, puis une autre. Il allait la répéter encore une fois quand il prit conscience que le monde autour de lui était différent. Il s’immobilisa tandis que tout ce qu’il percevait prenait une apparence de plus en plus irréelle. Les pierres, les arbres couverts de neige semblaient s’animer, et des vapeurs lumineuses s’exhalaient de l’entrée du tombeau.

Puis la voix, ou plutôt des voix qui s’exprimaient à l’unisson dans un parfait ensemble, s’adressa à lui.
« Parle, descendant de notre lignée. Qu’attends-tu de nous ?
- Vénérables ancêtres, leur ambassadeur est venu me trouver pour me demander de les aider dans leurs efforts. Nous leur avons certes juré jadis amitié indéfectible, mais ils ont déjà entraîné par le passé notre peuple au bord de l’anéantissement, et nous avons pris goût à la paix. Je viens vous demander assistance dans cette prise de décision.
- Cruel dilemme, en effet. L’honneur et l’aventure, ou bien la honte et la paix ? Bientôt une étincelle de guerre finira par embraser des royaumes entiers. On ne pourra empêcher la folie des hommes de transformer le mince ruisselet de sang en un fleuve de cadavres. Tu ne peux rester à l’écart des conflits. Tous ceux qui resteront isolés périront.
- Bien. Mais si je ne peux rester à l’écart des conflits, quel camp dois-je choisir ? Le leur, ou l’autre ?
- Il est encore trop tôt pour savoir qui triomphera. Le destin a décidé que la clé de la victoire ne sera pas le choc des armées, mais un duel depuis trop longtemps interrompu. Les probabilités de victoire sont aussi élevées dans les deux camps. Alors choisis celui qui t’offre le plus.»

Il sortit alors de sa transe. Il s’était mis à neiger, et transi de froid, il se réfugia sous le porche de l’entrée du tombeau pour s’y rhabiller. Il y passa le reste de la nuit sans dormir, à méditer sur ce qu’il avait vu et entendu. Chaque année, les hivers se faisaient plus rudes, et bientôt arriverait le temps où Arkam ne pourrait plus nourrir sa population. Il était impensable de s’éloigner davantage de l’île sacrée, aussi seule la subjugation des terres plus fertiles au sud pourrait assurer la survie à long terme de son pays tel qu’il le connaissait.

Ce fut une ruine humaine au bout de l’épuisement qui arriva le lendemain à la Porte. Du Nisher qui était parti, il n’avait gardé que le regard, déterminé et noble. Sans lui, il aurait ressemblé plus à un cadavre qu’à un homme. Il n’accorda aucune attention aux gardes qui se pressaient autour de lui et ordonna aussitôt à son équipage de lever l’ancre, en répondant à ses protestations par des menaces de supplices effroyables.

Le voyage de retour fut encore plus éprouvant que l’aller, et de nombreuses fois, le navire faillit être déchiré par les éléments. Malgré tout, les marins arrivèrent à le mener jusqu’au port de Batem. Le seigneur Nisher s’était reposé tant bien que mal durant la traversée, mais était malgré tout à l’extrême limite de ses forces.
« Faites quérir immédiatement l’ambassadeur Thoron. » lança-t-il aux soldats qui l’accueillirent sur le quai.
De retour au palais, il alla directement à la salle d’audience, et s’installa sur le sobre siège de bois noir qui faisait office de trône. L’ambassadeur, un homme trapu et petit en robe noire, fit son entrée peu après, et s’agenouilla devant le Seigneur. Celui-ci agita son bâton sigillaire en direction des gardes :
« Laissez-nous. Et fermez les portes derrière vous.
- Noble régent, dit respectueusement l’ambassadeur Thoron après leur départ, je vous avais dit que mon maître attendait votre réponse avec impatience, mais pas à ce point. Vous auriez pu éviter de me tirer de mon lit en pleine nuit, ou au moins vous reposer un peu de votre voyage éprouvant avant notre entrevue.
- Trêves de bavardages. Moi, une fois que j’ai décidé de ce qui doit être fait, j’agis en conséquence sans tergiverser, en broyant tout ce qui me barre la route.
- Après une longue méditation doit succéder une rapide action. C’est une bonne manière de voir les choses, mais comparé à nous, vous n’êtes qu’un fonceur irréfléchi. Si l’obstacle se révèle plus fort que vous, vous y laissez votre peau. La preuve en est ce voyage déraisonnable. Il s’en est fallu d’un cheveu que vous n’y passiez. Si cela avait été le cas, votre Maison se serait écroulée. Car vous n’avez toujours pas d’héritier, n’est-ce pas ?
- Envisager la défaite signifie l’attirer sur sa propre tête. Se comporter en vainqueur dès le départ, c’est déjà avoir acquis la moitié de la victoire.
- Notre force réside ailleurs. Nous nous employons avant le combat à trouver le moyen de profiter de la défaite aussi bien que de la victoire. Et c’est pourquoi nos ennemis d’antan, malgré leur puissance et leur victoire par les armes, sont aujourd’hui anéantis alors que nous avons survécu. On ne peut envisager de victoire contre nous. Mais puisque vous êtes si hâtif, venez-en au fait. Allez-vous oui ou non être des nôtres ? »

Pour toute réponse, le seigneur Nisher fit un signe de tête vers un coin de la salle. L’ambassadeur tourna la tête dans cette direction. Une armure avait été dressée sur un mannequin. Une armure de chef de clan, mais qui n’avait rien de commun avec celle que le seigneur Nisher portait en ce moment. L’ancienne était une œuvre d’art, un symbole de ralliement plus qu’autre chose, tandis que la nouvelle n’était étudiée que pour le combat. La création artistique, sans disparaître tout à fait, s’était effacée devant le besoin de protection et de mobilité. Des pointes aux endroits stratégiques en faisaient un engin meurtrier.

« Vous ne l’avez jamais encore portée, il me semble. Si vous en avez besoin aujourd’hui, c’est que vous avez décidé d’être des nôtres.
- Oui. Mais pas parce que vous vous prétendez invincible. Parce que vous allez m’aider à broyer ce qui me barre la route.
- Vous êtes incorrigible. Je vais transmettre votre réponse à notre Grand-Maître. Mais il est inutile de mobiliser vos troupes dès aujourd’hui. Nous allons d’abord mettre hors-jeu quelques pions gênants ici et là. Ça commencera bientôt… à Tahma»


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Merci d'avoir consacré un peu de votre temps à ce premier message. J'attends vos critiques avec impatience. Si tout se passe bien, je posterai la suite dans le courant de la semaine prochaine. L'épisode suivant réjouira les amateurs d'assassinats, de meurtres, de tueries, de carnages et d'hécatombes.

To be continued...



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WereWelf

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   Réponse au Sujet 'Le retour du dieu oublié' a été posté le : 26/03/04 15:23
J'aime bien. Les perspéctives ont l'air sombres, il n'y a pas e choix manichéen... Le style est assez éliptique et sec pour progresser rapidement sans se perdre dans de trop longues digréssions... La génération de l'ambiance est ok (on dirait les tombeaux pleins de morts-vivants d'Icewind Dale - Heart of Winter)...

La suite?

Juste deux petites remarques: sur certaines déscriptions, coupe les phrases, cela vaut mieux:

Tout d’abord, il ne distingua guère qu’une vague silhouette sur le pont, mais en s’avançant, elle se révéla être un personnage de haute taille, revêtu d’une armure d’apparat, plongé dans ses pensées.

Cette propositions me semble un peu incongrue ici.

Pour tes dialogues, tu devrais peut être châtier le style. Au moins celui de l'ambassadeur. Nisher a l'air assez direct, donc sa sortie:

Citation :

- Trêves de bavardages. Moi, une fois que j’ai décidé de ce qui doit être fait, j’agis en conséquence sans tergiverser, en broyant tout ce qui me barre la route.



Est un peu raide face à un futur allié (Capt'ain Conan fait briller tes galons) mais bon.
Par contre

Citation :

- vous n’êtes qu’un fonceur irréfléchi. Si l’obstacle se révèle plus fort que vous, vous y laissez votre peau. La preuve en est ce voyage déraisonnable. Il s’en est fallu d’un cheveu que vous n’y passiez. Si cela avait été le cas, votre Maison se serait écroulée. Car vous n’avez toujours pas d’héritier, n’est-ce pas ?


les termes "laisser sa peau" et "y passer" sont peut être un peu directs...

Voila voila

Welf, qui veut pas être nommé ambassadeur à Arkam sans une bonne armure!


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et puis lisez mon bd-blog débile!
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Anonymus

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   Réponse au Sujet 'Le retour du dieu oublié' a été posté le : 26/03/04 23:03
Moi aussi, j'aime bien.

Le style est très sobre et très net. Pas du genre à partir dans des paraboles lyriques bourrées de symboles et de métaphores, hein ?
Et puis le prétexte aussi, est bien. Un roi, enfin ! Quelqu'un avec du pouvoir, des responsabilités, quelqu'un à qui l'on dit "Monseigneur" en s'agenouillant et tout et tout...
Juste une petite remarque : assez cru, l'ambassadeur. Il a été choisi parce que c'est le frère du Grand-Maître, ou quelque chose comme ça ? Parce qu'il est pas très diplomate... Enfin, je dis rien.
Et puis ça va parler d'un Dieu, non ? J'aime bien les dieux.

Bref, je guette la suite.


Dernière mise à jour par : Anonymus le 27/03/04 02:56

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.: Militant proustien :.
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Ourgh

Nowhere Man



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   Réponse au Sujet 'Le retour du dieu oublié' a été posté le : 31/03/04 16:27
Chic! Des lecteurs!

Pour ce qui est des relations Nisher-ambassadeur, je dirais qu'elles sont ambigues. Ils sont liés par leurs intérêts, mais le premier se juge supérieur au second par son pouvoir, et le second se juge supérieur au premier par son savoir.

Anonymus, Nisher n'est pas le Roi d'Arkam, mais le Régent. Ceci dit, cela n'a aucune importance, vu que selon ce que j'ai imaginé, le Roi des Arkamites est un cadavre momifié (Aucun rapport avec l'intrigue. C'est juste un trait sur le folklore arkamite.), conservé pour des raisons qui se perdent dans la nuit des temps (Ou plus exactement, j'ai pas encore décidé pour quelles raisons, mais ça viendra). Charmant peuple, n'est-ce pas?

Voici le début du premier chapitre, qui, j'espère, vous donnera une aussi bonne impression. On change de décor. Welf, l'armure te sera beaucoup plus utile ici qu'en Arkam, où il faudrait plutôt un manteau de fourure.

---------Chapitre Premier---------
-----Les mystères de Tahma-----


Tahma… La capitale du Mazgelv… La plus gigantesque métropole d’Occident. Du haut de la colline où ils patrouillaient, Dost et son collègue regardaient les derniers rayons du soleil disparaître derrière l’Océan. La nuit envahit le ciel peu après, et pour chaque étoile qui s’allumait dans le ciel, une lumière apparaissait dans la ville. Un gigantesque amas de lueurs dessinait le port, le plus grand du monde connu, jamais inactif. Aux alentours, d’autres lueurs indiquaient l’emplacement des tavernes et des arènes où se concentrait la vie nocturne. Et les tripots de la ville basse… Où chaque nuit apportait son lot de frictions et de bagarres dangereuses, surtout lorsque les orcs se mettaient de la partie. Les destinant à exécuter les travaux pénibles, la population du Mazgelv avait accepté ces barbares. Mais même une société cosmopolite et tolérante à l’extrême comme elle ne leur faisait pas entièrement confiance : ils étaient parqués dans un ghetto et n’étaient autorisés à se rendre en ville que pendant la nuit ; et même dans ces conditions, les heurts entre orcs et humains étaient fréquents.

Pas plus tard que la nuit dernière, Dost en avait fait les frais, et la douleur encore cuisante de son nez cassé, sa figure tuméfiée, et ses nombreuses écorchures lui rappelaient combien la veille il avait souhaité ne plus jamais avoir à travailler dans des lieux pareils. Du coté intellect, pensait-il, la nature n’avait pas favorisé ces gaillards, mais pour ce qui était de la capacité d’encaisser les coups et de les rendre, c’était autre chose.

Mais cette nuit, on lui avait assigné un secteur bien différent. Celui-ci était calme et silencieux. Mais Dost lui préférait encore les bas-fonds de la ville, où l’on considérait pourtant que les seuls bons gardes municipaux étaient les cadavres en uniforme. Là-bas, on savait à quoi s’en tenir. Ici, non.

Dost tenta une nouvelle fois de se rassurer. Après tout, pensait-il, rien de grave ne s’était passé dans le coin depuis au moins cinquante ans, et le tour de garde s’achèverait dans quelques heures, après quoi ses chefs le renverraient dans d’autres quartiers pour de longs mois. Mais malgré tout, l’indicible peur qui imprégnait les lieux restait la plus forte, car une petite parcelle de son âme anéantissait tous les efforts qu’il faisait pour oublier que l’ancien château est le dernier Asylum encore en activité.

L’Asylum ! Ce nom seul suffisait à faire fuir toute la faune qui infeste d’ordinaire les rues des grandes métropoles, hormis les rats. Il faut dire que les pensionnaires qui y sont enfermés n’ont rien de commun avec les voleurs, escrocs, meurtriers ou violeurs ordinaires qui eux ont droit aux cachots humides de la citadelle du tyran. Ici, on rassemble les fous, les déments, capables de perpétrer les pires atrocités. Dans la rue, on murmurait même que certains prisonniers disposaient de pouvoirs phénoménaux.

Dost et son camarade, aussi nerveux l’un que l’autre, firent demi-tour pour remonter la ruelle. Au bout de quelques pas, Dost ressentit l’impression curieuse que quelqu’un de malveillant l’observait. Il imputa ce sentiment à son anxiété, et ne trouva là qu’une raison supplémentaire pour jeter un regard d’appréhension de plus au sombre donjon de l’Asylum.

Un bruit retentissant lui fit tourner la tête vers son collègue. Celui-ci gisait prostré sur le sol, se tenant la gorge à deux mains. Croyant à un accès de fièvre côtière, Dost accourut à son secours, mais il s’arrêtant en découvrant la vraie raison de son mal : une fléchette profondément fichée dans sa nuque. Dost dégaina alors son glaive sans perdre une seconde et prit son cor d’alarme à sa ceinture. Mais avant qu’il ait pu faire quoi que ce soit, un nouveau projectile se planta dans sa gorge.

Le poison était à effet rapide, et Dost s’écroula, vaincu par la torpeur qui l’envahissait. Dans un effort surhumain, il porta le cor à ses lèvres, mais aucun son n’en sortit : sa langue avait démesurément enflé au point de l’étouffer. Pendant un instant, il aperçut une silhouette noire qui se dirigeait vers lui avec un poignard dentelé, puis il sombra dans l’inconscience.

L’assassin lui trancha la gorge sans plaisir particulier, hormis celui du professionnel devant le travail bien fait. Il essuya ensuite sa lame à la tunique de sa victime et la remit dans son fourreau. Dissimulés au plus profond de sa cagoule, ses yeux se levèrent vers le mur d’enceinte de l’Asylum, puis il plongea sa main gantée dans son sac pour en retirer une corde et un grappin. Il abandonna les corps de ses deux dernières victimes, poursuivant la sinistre mission dont il était chargé. La nuit s’annonçait rude.

Nul ne vit le grappin se fixer sur les antiques créneaux. Après avoir assuré sa prise et jeté un rapide coup d’œil circulaire, l’assassin escalada le mur avec agilité. Arrivé au sommet, il s’arrêta pour observer les lieux. Personne en vue. Les gardiens se concentraient davantage à empêcher les détenus de sortir qu’à prévenir les intrusions, mais il fallait rester prudent. L’assassin connaissait son métier et il le faisait bien.

Il bondit sur le chemin de ronde et courut jusqu’à une tour en rasant les murs. Il n’y eut toujours pas de réaction. Il ouvrit la porte avec précaution et se glissa à l’intérieur du bâtiment, refermant soigneusement derrière lui. Il n’eut aucun problème à arriver à son objectif sans être détecté par des gardes trop confiants.

Il se trouvait maintenant devant une imposante porte. Il lut la pancarte, bien qu’il en sût déjà le contenu exact : « Archives ». Elle n’était pas fermée. De sa main gauche, il appuya doucement sur la poignée, tandis que sa main droite préparait déjà sa sarbacane. Puis, après une profonde inspiration, il se lança à l’assaut avec une brusquerie telle que l’archiviste en resta pétrifié de surprise jusqu’à ce que le poison fasse une fois de plus la preuve de sa nocivité.

L’assassin s’assura du pied que le corps ne contenait plus aucune vie, avant de se diriger vers une des étagères. Il parcourut le rayonnage des yeux, et ayant trouvé ce qu’il cherchait, en retira un lourd dossier. L’ayant considéré un instant, il le déposa sur le carrelage et avec la lampe de l’archiviste, y mit le feu. Il regarda les flammes danser jusqu’à la calcination complète des documents. Alors, il reprit sa route.

Il marcha à travers les couloirs, toujours indétecté, jusqu’à une haute porte de bois ouvragée, munie d’un judas. Il n’avait pas hésité une seule fois pour trouver son chemin. Se ressasser continuellement son itinéraire pendant la journée était une méthode très efficace.

Il fouilla à nouveau dans son arsenal, et son choix se porta sur une fine aiguille effilée de près de cinquante centimètres de long. Après quoi, il s’adossa contre la porte de façon à rester invisible du judas. Par trois fois, son poing ganté heurta le chambranle. Un bruit de pas traînants se fit entendre, puis une voix chevrotante aboya:
« Qui est là ? Qui ose me déranger à une heure aussi tardive ? »

D’un geste mortellement précis, l’assassin enfonça son arme à travers le grillage du judas, contre lequel sa victime s’était collée. La pointe transperça son œil droit, puis le cerveau. Le poison dont elle était enduite fut inutile. L’aiguille se brisa lors de la chute du cadavre, mais l’assassin n’en avait cure. Il avait des ustensiles plus meurtriers, et d’autres victimes à visiter.

La suivante dormait comme une souche dans sa chambre. Elle n’entendit ni le crochetage de la serrure, ni les pas de loups du tueur, et ne se réveilla même pas lorsque la lame dentelée lui trancha la gorge. Elle avait droit à une mort paisible. Quelle chance. Le travail était désormais à moitié accompli. Il lui restait le plus dur. Et il se dirigea sans attendre vers un tout autre endroit de la forteresse.

A nouveau, nul ne le vit, nul ne le sentit se glisser le longs des remparts et descendre le sombre escalier. La serrure de la grille qui lui barrait le passage était sophistiquée, mais elle finit elle aussi par capituler face à l’extraordinaire habileté de l’homme masqué. Il se glissa à l’intérieur et jeta un coup d’œil furtif dans la salle de garde. Ils étaient quatre. L’assassin se saisit alors de son arme la plus meurtrière qu’il avait conservée dans l’attente d’un pareil moment : une boule de verre contenant les spores de la Mort Pourpre.

Trois des gardes moururent en quelques secondes après qu’elle se fut brisée sur le sol. Il n’eut aucun mal à maîtriser le dernier lorsqu’il sortit en suffoquant. L’assassin attendit les quelques instants nécessaires pour que les spores deviennent inactives avant d’entrer, et dénicha assez facilement les clés des cellules.

Après quoi, il s’engouffra dans le couloir. De temps en temps, un détenu éveillé lui lançait des quolibets, mais l’assassin n’en avait cure. La seule chose importante était de trouver sa prochaine victime, et plus personne ne l’en séparait.

Il s’arrêta devant la cellule cinquante trois. Il jeta un coup d’œil par l’œilleton qui permettait aux gardiens de surveiller les détenus. Il ne vit le prisonnier nulle part, mais devinait une forme massive sous les draps du lit. Il continua de fouiller l’obscurité du regard. Il avait connu certains assassins plus emportés que lui qui étaient depuis longtemps morts au moment de toucher au but. Lui était un assassin de très haut niveau et ne commettait pas ce genre d’erreurs. Mais un mouvement des couvertures lui confirma que l’homme se trouvait bien en dessous.

L’homme masqué ouvrit la porte sans bruit, et se faufila jusqu’à la tête du lit. Le prisonnier dormait tranquillement, les mains croisées sur les couvertures. L’assassin examina le visage du dormeur et y reconnut les caractéristiques des Prétuzziens : la peau noire comme l’ébène et les cheveux blancs comme le lait. Il correspondait bien au signalement reçu. Pas d’erreur possible : les Prétuzziens n’étaient que quelques dizaines à Tahma. Satisfait d’arriver au bout de sa mission, l’assassin leva son poignard, et l’abattit sur le détenu.

Mais au lieu de sentir la lame s’enfoncer dans la gorge de sa victime, l’assassin se retrouva le bras pris dans un étau invincible. Il resta un instant frappé de stupeur, car il était certain que le prisonnier ne faisait pas semblant de dormir ; il avait appris à déceler une telle supercherie depuis de nombreuses années. Il s’était réveillé à l’instant où il lui portait le coup, et il n’avait même pas ouvert les yeux pour le bloquer.

L’assassin se ressaisit et fit passer rapidement le poignard dans son autre main, mais le prisonnier passa à l’assaut avec la fureur d’un tigre et le projeta contre le mur avec une violence inouïe. L’assassin réussit à se protéger la tête au moment du choc. Il ne fut donc pas sonné, et se releva pour faire face à son adversaire. Une grimace de douleur vint troubler l’impassibilité de son visage : il avait un bras et plusieurs côtes cassés ; l’homme avait vraiment une force hors du commun. Maintenant, ce colosse de près de deux mètres de haut était campé devant lui, en tenant fermement un tabouret. Au milieu de son visage brillaient deux yeux animés d’une lueur malveillante.

« Je savais que tu viendrais, émissaire de la mort, dit-il sans pourtant sembler s’adresser à lui. Les Voix me l’ont dit il y a longtemps. Depuis plus de trente ans, je t’attendais. Merci d’être venu.»

L’assassin saisit sa chance : un adversaire qui parle est un adversaire vulnérable. Il se fendit pour tenter d’éventrer son antagoniste, mais ses blessures le trahirent, et la lame ne rencontra que le vide. Le prisonnier avait fait un léger écart, et, d’un mouvement rapide et précis, asséna à l’assassin un coup de tabouret sur la tempe, toujours avec la même force. Un craquement sinistre retentit.

Il contempla un instant le pantin désarticulé qui gisait sur le sol de sa cellule, caressant négligemment la blessure du bout des doigts, puis courut ramasser le peu qu’il avait dans un baluchon de fortune. Le temps pressait. Les gardes n’allaient pas tarder à accourir. Il sortit d’un bond de sa cellule, referma délicatement la porte derrière lui.

Avant de partir, il se tourna vers la cellule d’en face. Son occupant était éveillé, et avait observé la scène en silence depuis l’œilleton de sa porte. Il s’approcha de lui et lui parla doucement à travers le judas.

«Adieu, vieux camarade. J’aurais bien aimé t’emmener avec moi, mais je dois affronter seul les périls de l’extérieur. Quel que soit le sort que le destin me réserve, je n’ai guère d’espoir de te revoir un jour. Porte-toi bien et n’oublie pas ce que je t’ai appris. »

Et, sous le regard de son ami, le colosse Prétuzzien bondit vers la sortie. Sur son chemin, il trouva bien entendu des gardes, qui venaient juste de découvrir le carnage. Mais tous reculèrent en voyant apparaître un tel démon ivre de fureur. Médusés, ils le virent traverser la cour, monter sur le chemin de ronde, sauter par-dessus les créneaux, et disparaître dans les ruelles sombres. Pour la première fois, on venait de s’évader de l’Asylum.

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Vous aurez la suite... je sais pas quand vous l'aurez, en fait. Cette année-ci? Ou la prochaine? En tout cas, je ne vais pas en rester là.



To be continued...


Dernière mise à jour par : Ourgh le 31/03/04 16:31

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Ourgh

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   Réponse au Sujet 'Le retour du dieu oublié' a été posté le : 03/06/04 07:41
* * * * * * *



Une nouvelle journée de travail commençait pour Saroj, pisteur de la Police Municipale de Tahma. Son travail consistait principalement à rechercher les malfaiteurs qui tiraient parti de l’immensité de la ville pour exercer leurs activités illicites. Il passait le plus clair de son temps à mener ses investigations dans les bas-fonds de la cité, mais le règlement l’obligeait à se présenter au moins une fois par jour au quartier général au cas où il devrait recevoir de nouvelles instructions. Comme chaque jour, il abattit avec bonne humeur son poing sur le bureau du factotum chargé de lui transmettre les informations le concernant.
« Bonjour, Ovide. Rien de neuf, aujourd’hui ?
- M’sieur Saroj, le commissaire a dit que vous deviez aller le voir sitôt arrivé.
- Pour quelles raisons ?
- Il me l’a pas dit. Mais il a l’air furieux. »
Saroj commença à s’inquiéter. Peut-être avait-on découvert qu’il entretenait aux frais de l’administration des indicateurs fantômes pour assurer ses vieux jours. Quoiqu’il en soit, il ne servait à rien de retarder l’inévitable. En se préparant au pire, Saroj traversa sans se hâter les couloirs de l’hôtel de Police. Enfin arrivé à destination, il retint sa respiration et frappa timidement à la porte du bureau du commissaire.
« Entrez ! aboya le commissaire avec sa délicatesse coutumière. Et fermez la porte derrière vous ! »
Saroj obtempéra docilement.
« Ah, Saroj ! Asseyez-vous. J’ai du travail pour vous. »
Saroj fut immédiatement rassuré. Ce n’était finalement qu’une nouvelle mission. Mais il était tout de même inhabituel d’être convoqué chez le commissaire pour cela.
« J’ai déjà assez de travail, monsieur le commissaire. Je m’occupe en ce moment de…
- Vous aviez du travail. Toutes les affaires que vous suiviez ont été confiées à d’autres. Nous avons besoin de vous pour une tâche plus importante.
- Si importante que cela ?
- Beaucoup plus que vous ne l’imaginez. Dix hommes y ont déjà laissé leur vie. Et quelque chose me dit que la série n’est pas terminée.
- Monsieur le commissaire, Tahma est une ville de près d’un demi million d’habitants, truffée de criminels. Il se passe rarement une nuit sans qu’il y ait au moins trente meurtres. En quoi vos cadavres ont-ils quelque chose de plus que les autres ?
- L’Asylum, vous connaissez ?
- Tout le monde à Tahma connaît cet endroit, ne serait-ce que par les histoires que les mères racontent à leurs enfants pour les faire tenir tranquille.
- Cette nuit, un assassin s’y est introduit pour supprimer un des pensionnaires…
- Quel altruiste ! dit Saroj en reniflant de cynisme. On aurait dû exécuter ces malades depuis bien longtemps.
- Ne m’interrompez pas. Il a commencé par brûler son dossier et tuer ceux qui s’occupaient de son cas. Ensuite, il a voulu le liquider. Mais il a raté son coup, et c’est lui qui s’est fait avoir. Et le prisonnier en a profité pour se faire la belle.
- Il doit être loin à l’heure qu’il est.
- Non. L’alarme a été donnée rapidement, et les portes de la ville ont été mises sous surveillance. Le détenu appartient au peuple des Prétuzziens. Un tel individu attire les regards. Il n’aurait pas pu sortir à notre insu. Il est terré quelque part dans la ville.
- Et mon boulot à moi, c’est de mettre ce cinglé hors d’état de nuire, ou de retrouver les commanditaires de l’assassin ?
- Pour ce qui est des commanditaires, les Redwulfs s’en chargent.
- Hm… La guerre entre les sociétés qui reprend?
- Probable. Mais ce n’est pas de notre ressort. »
Les sociétés… Officiellement, le tyran était élu par les notables du pays, mais en réalité, c’était le candidat soutenu par la société la plus forte qui accédait au pouvoir. Au nombre d’une douzaine, elles se livraient une guerre incessante, recourant au meurtre et à la corruption pour gagner les voix qui leur manquaient. Parfois même, elles allaient jusqu’à provoquer émeutes et combats de rue pour parvenir à leurs fins.
Saroj se demanda combien de temps encore les Redwulfs allaient pouvoir maintenir leur chef en place. De toute évidence, leurs concurrents ne leur laissaient aucun répit, et dès qu’ils seraient en position de force, la vie du tyran ne tiendrait qu’à un fil. Seule la mort mettait fin au mandat.
Heureusement, il faisait partie de la garde municipale, qui se bornait à obéir au pouvoir en place et était un peu en-dehors de ces manœuvres politiques. Au moins, aucune société ne le considérait comme une menace.
Le commissaire tendit une liasse de documents à Saroj, qui les prit avec curiosité.
« Voici tout ce que j’ai pu récupérer au sujet de l’individu dans les archives. Mais cela ne vous sera guère utile. Il y a juste son état-civil et le procès verbal de son arrestation. Tous les renseignements intéressants se trouvaient à l’Asylum »
Saroj prit les documents avec précaution et se mit à les survoler, allant à l’essentiel. Le détenu s’appelait Bal Droxos, citoyen d’origine Prétuzzienne, actuellement âgé de soixante-sept ans. Il avait été interné il y a plus de trente ans, à la suite d’un triple meurtre. Selon le dossier, il s’était disputé violemment avec un prêtre de la religion du Cercle après qu'il ait été pris de délires apocalyptiques (On ne précisait pas lesquels). Il l’avait séquestré chez lui et torturé, tué sa femme qui tentait de l’en empêcher, ainsi qu’un policier lors de son arrestation. Le prêtre était mort de ses blessures peu après l’intervention. Bal Droxos l’avait…
« Excusez-moi, commissaire. Qu’est-ce que veut dire au juste “écharner” ?
- Euh… Je ne suis pas sûr, mais il me semble que c’est l’arrachement des chairs du crâne.
- Bien… Vous êtes sûr que vous le voulez vivant, votre homme ?
- C’est impératif. Les Redwulfs ont été clair sur ce point. Ils tiennent à savoir pourquoi on s’intéresse à lui.
- Bon… Je vais essayer…
- Et vous vous y mettez tout de suite. Par où comptez-vous commencer ?
- Vu les circonstances, je pense qu’il est logique de commencer par faire un petit tour à l’Asylum lui-même»

* * * * * * *

Révéré Grand-maître,

J’ai le regret de vous informer que notre première tentative a échoué, et a de plus permis l’évasion de notre proie. Cependant, toutes les autres gênes ont été éliminées, et j’ai de plus la certitude que notre homme n’a pas quitté la ville.

J’ai lancé tous les hommes disponibles à ses trousses. Je fais par ailleurs surveiller le Guet, qui le traque également. Qu’importe qui le trouvera en premier; son élimination est inévitable

Votre dévoué frère de l’Ouest


Après avoir écrit ces lignes, l’homme au visage chevalin roula ensuite sa lettre, et fit couler de la cire sur le bord du vélin. Puis, il appliqua sa bague sur la matière visqueuse. Quand il la retira, le signe était profondément imprimé dans la cire. Une croix dont l’une des branches se prolongeait pour s’enrouler autour du symbole initial.


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To be continued...


Dernière mise à jour par : Ourgh le 04/06/04 08:20

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