Maître d'Armes

-= Chaos Servants =-
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Le Conseil des Dragons a été posté le : 15/10/03 14:48
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Sous ce titre provisoir assez stéréotypé "Héroïque Fantaisie" se cache un roman autobiographique d'Atlendor (Moi) où l'on trouve tout plein d'elfes, d'hommes stupides, de nains, de Dragons, d'êtres étonnants, et une magnifique légende de l'age d'or de la Terre, quand les Cinq créèrent le monde réel.
En tout premier lieu, je vais tenter d'expliquer dans ce premier message tout ce qu'il faut savoir avant de commencer l'histoire. C'est long, c'est compliqué, c'est chiant, mais c'est nécéssaire. Que ceux qui ne veulent pas lire cela cliquent vite sur la petite croix en haut à droite de leur écran, et qu'ils évitent de s'égarer à nouveau dans des sujets postés par des mecs égocentriques avec un sale caractère.
C'est important, parce que pour comprendre cette histoire comme je le souhaite (ce qui est bien le but, quoique vous puissiez la lire comme vous voulez, il ne faudra pas venir vous plaindre après), il faut mieux connaître les raisons qui m'ont poussés à l'écrire (j'écris rarement sans raison il me semble).
J'essaierais de ne pas en oublier. Au pire, j'éditerais le message.
Je me suis longtemps refusé à poster ici, car j'estimais que mon texte, étant alors (et étant toujours) très loin d'être terminé ne méritait pas encore d'être révélé à la lumière du Soleil. J'ai changé d'avis.
Parlons de l'oeuvre (désolé, il me faut bien un synonyme d'histoire, et ce n'est pas encore un livre. C'est donc une oeuvre). Tous veulent savoir la longueur que je compte faire. Ce n'est pas forcément très important, mais il est bon d'être tout de même au courant. Tous s'étonnent. Vous remarquerez que je n'ai pour l'instant que 15 ans (presque 16). Pourtant, quand on me pose cette question, je ne réponds pas "je compte écrire une nouvelle d'Héroïque Fantaisie". Non, je dis "j'écris un roman autobiographique". Cela signifie que c'est bien un roman. On me demande le nombre de chapitre : je réponds que je ne sais pas du tout. 20 ? 30 ? 50 ? 100 ? Pourquoi pas ? J'ai tant à dire, et mon histoire est longue. Vous connaissez mon age. A cet age, on évolue, on change, on bouge, on pense, on se personnalise. Aux autres aussi, mais il parait que moins. Or, ce livre (admettons) sera un exposé de ma pensée, de mon évolution, de ma vie (d'où le qualificatif un peu ronflant de roman autobiographique). Seulement, tout cela sera (habilement ?) camouflé dans une histoire (que j'estime bien ficelée, étant donné que je la mûrie depuis maintenant trois ans, et que ça continue). Cette histoire se classe bien sûr dans le genre dont je parle depuis le début, l'Héroïque Fantaisie (le genre que Tolkien a créé en écrivant le Seigneur des Anneaux, pour ceux qui ne savent pas, ce qui est excusable).
Je n'ai évidement pas un style personnel, j'en ai bien conscience, mais qui sait à quel âge je finirais ce livre ? Le finirai-je un jour ? Peut importe. Ce qui importe le plus, c'est que l'histoire soit là, que les idées soit là. On ne s'étonnera donc pas de trouver du Victor Hugo, du Tolkien, ou autre auteur qui par son oeuvre aura influencé mon style d'écriture. Comme il s'agit d'un roman particulièrement dans le registre épique, il n'est pas étonnant d'y trouver les deux auteurs cités. Cependant, c'est bien ma main qui a tapé ces mots.
L'orthographe est extrêmement médiocre, j'en ai pleine conscience. Soyez indulgents s'il vous plait, tout cela sera corrigé efficacement en temps utile.
Je vais préciser que je poste ici par simple égocentricité, parce que j'aime bien qu'on me regarde, parce que d'une certaine manière, je trouve ce que je fais bien, et je veux en faire profiter le monde. Je suis ainsi. Peut être changerais-je, peut être pas.
C'est aussi, en deuxième lieu (je dois bien l'avouer) pour recevoir un avis, ou plutôt des avis, qui m'enrichiront ou non de leur savoir, de leur connaissance, de leur critique, et qui me permettrons probablement d'évoluer, d'améliorer, et de voir comment serait reçut mon texte par un publique plus large que mes simples proches et amis. Je vous prierais donc de ne me point ménager, et de ne rien me cacher dans ce que vous penserez de mon texte, ou en bien, ou en mal. Tout avis est bon à prendre. Je les prendrais en compte ou je les rejeterais, mais cela j'en suis seul juge. Votre rôle ici est de me faire part de tout.
Je suis aussi conscient que mon style (bien que largement inferieur à ceux de grands auteurs) est tout à fait digne d'être lu. Vous pouvez ne pas avoir cet avis, mais je considère que s'il faut reconnaître ses défauts, il faut aussi connaître ses qualités. Je l'affirme donc ouvertement, au rique d'être pris pour un narcissique stupide égocentrique et imbu (?ortho?) de sa personne : J'écris bien, et j'en suis fier !
Ces simples lignes en disent déjà long sur mon caractère. Vous aimez, vous n'aimez pas, cela vous regarde. Mais ainsi, vous comprendrez mieux. Après tout, ça m'est égale, je considère ce texte comme bon, bien que loin d'être parfait.
Cela amène à une autre précision : je retouche ce texte continuellement, car si je parais très content de moi, je me considère aussi comme suffisament exigent avec mes écrits pour me le permettre. Je passe parfois trois mois volontairement sans lire un passage, pour mieux le retoucher après. Je lis des paragraphes entiers dix fois de suite à voix haute pour savoir si les phrases sonnent bien, si elles ont un bon rythme. J'actualiserais donc régulièrement. Ne vous étonnez pas (la fin du premier chapitre est à revoir notamment : vous verrez, elle est affreusement nulle !)
Une autre précision extrêmement importante : Ce texte, cette histoire, cette légende que j'invente est inspirée comme je le disais de ma vie, mais aussi de ma façon de voir le monde. C'est donc un double échange qui a lieu : ma vie influence (elle ne dicte pas : elle influence) l'histoire, mais l'histoire influence ma vie. Il est donc important de savoir que je rapporte un grand nombre de choses de ma vie à cette histoire. Par exemple, j'ai posté il y a peu de temps l'histoire de mon armée dans la section Warhammer (vous y trouverez d'ailleurs des éléments complémentaires au texte ci-présente). Or, l'histoire de mon armée de Warhammer s'ancre dans le monde de mon histoire. Nombre de choses dans ma vie sont dans ce cas. Je suis même en train de réaliser un RPG sur monde permanant avec un ami programateur, qui se déroulerait dans le monde de mon histoire. Vous comprenez donc l'importance de cette histoire pour moi, et son impacte.
Cela entraine encore un autre détail : Il y a bien sûr l'histoire que je vais commencer à poster après ce message. Mais il y a aussi le monde l'histoire. Je n'ai pas créé qu'une chose réduite. J'ai réellement refait l'histoire de la Terre dans le passé. Mon histoire se situerait environ 50 000 à 100 000 ans avant JC si l'on cherche un peu des rapports historiques. Il est de fait que le monde dans lequel elle se déroule n'est pas un monde fictif : c'est le nôtre, à une époque de la Terre dont il ne reste aucune trace désormais, pour des raisons contenues dans l'histoire. Pour ceux que cela intéresse en gros, je vous renvoie tout de go ici.
Bien évidement, ce monde est tellement gigantesque, tellement complexe que je n'en ais couché sur papier qu'une partie extrêmement réduite. On ne peut comprendre ce monde sans connaître l'histoire d'Atlendor, l'elfe solaire, mais on peut entrevoir l'histoire du monde à travers l'histoire d'Atlendor. C'est pourquoi je me permets de la poster ici. Je vous recommande cependant fortement de vous référer au lien donné plus haut, d'autres textes éclaireront votre lecture, et se complèteront les uns les autres (notement, le plus intéressant : la vie d'Atlendor résumée, quoique ça gâche le suspens, et que ça ne soit pas à jour, de nouvelles idées ayant germées)
Cette histoire me permet également (comme beaucoup d'auteurs, grands ou petits) d'exposer, d'expliquer des théories, des points de vu, des interpretations sur le monde qui m'entour, et sur lequel viennent juste de se lever mes jeunes yeux.
Je crois que c'est la première fois que je dis tant de choses aussi serieuses depuis un an que je suis inscrit sur ce forum, et ce sera peut être bien la dernière également. Considérez bien que tout cela a une importance énorme pour moi. Ce que vous allez lire, c'est ma vie. Il est donc clair que quiconque oserait en profiter pour me voler délibérément mes idées, mes théories, mes points de vu, mes pensées, mes histoires, mon imagination ou une quelconque autre chose qui m'est propre et personelle de la sorte, attirerait sur sa tête mon mépris, ma colère, et ma vengence. Et Atlen sait que la vengeance d'un elfe Solaire est tenace...
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Dernière mise à jour par : Atlendor le 15/10/03 15:05
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Réponse au Sujet 'Le Conseil des Dragons' a été posté le : 15/10/03 15:12
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Chapitre I
Attente. Attente lourde. L’attente nerveuse qui précède tout affrontement. Une tension palpable, omniprésente. Pas un bruit. Le futur champ de bataille avait vite été déserté de toute vie animale. Seul quelques corbeaux noirs cerclaient alentour, se réjouissant du festin qu’entraînerait pour eux le carnage à venir. Mais ils n’osaient qu’à peine pousser de temps à autre un croassement sinistre qui sonnait comme un glas dans l’étendue déserte. Une fois de plus, une guerre. Et une fois de plus, amenée par les hommes. Par l’homme. L’homme blanc.
Contre leur gré, les elfes s’étaient donc réunis pour défendre ce qui leur était propre, pour défendre la multitude de choses qui faisaient d’eux des elfes. Ils n’étaient désormais que trop souvent contraints à partir en guerre. Et chaque fois, leur haine allait grandissante envers cette race belliqueuse qui déteignait ainsi sur eux.
Ce jour, le hasard du mouvement de l’ennemi avait fait choisir aux elfes la lisière d’une imposante forêt de pin. Celle-ci se trouvait sur un tertre en forme de croissant qui surplombait et enserrait la plaine où devaient se dérouler les combats. Les rangs serrés d’elfes noirs se confondaient avec l’ombre protectrice et fraîche des sous-bois, et les habits verts foncés des archers longs sylvains s’associaient aux couleurs sombre des grands arbres. On n’apercevait que ces soldats pour l’instant, pâles fantômes disparaissants à la frontière du jour et de la nuit. La brume du petit matin ne faisait qu’ajouter au surnaturel de la scène, et participait à la dissimulation des troupes qui dominaient la plaine. Le bois lançait deux bras de chaque côte de l’étendue d’herbes hautes, l’encerclant à demi en formant un croissant, suivant la forme du tertre. On ne pouvait rien distinguer dans la pénombre des arbres. De l’autre côté de cette mer verte, en face de l’armée des elfes, se trouvait un champ de blocs de pierres de grandes tailles, qui enserrait également la deuxième moitié de la plaine, en faisant une cuvette peu profonde. L’ennemi devait surgir de ces rochers. L’humain porteur de querelles.
Les bannières noires et rouges des elfes noirs se déployèrent soudain, comme une légère brise se levait. L’une d’elles dominait toutes les autres, au sommet de la butte où se trouvaient disposés les bataillons de l’alliance elfique, au point le plus élevé. Un aigle d’argent couronné d’étoiles surgit brusquement sur un champ de sable, semblant prendre son essor. Le personnage de haute taille qui se tenait dessous, à pied, était le capitaine représentant les elfes noirs dans ce conflit. Il rassemblait sous ses conseils les phalanges nombreuses des hommes d’armes envoyées par le peuple de Feux. C’étaient les plus forts des elfes. Ils combattaient en général à pieds et maniaient de lourdes et grandes épées à deux mains. Ils étaient redoutables et terribles au combat.
Le grand personnage, tout de noir vêtu à l’instar de ses semblables, ne portait en apparence aucune cuirasse. Mais il tenait dans ses fortes mains un solide écu fait d’acier-flambant et de cuire de lion, tel que seul les forgerons des flammes savaient les réaliser. Sa main gantée de cuire noir clouté reposait sur la poignée rassurante sertie de jais d’une longue épée à double tranchant, dont la lame était du même métal que l’écu. Sur ce dernier, on pouvait distinguer les armes de la maison de ce chef de clan.
Ses cheveux, noirs également, faisaient ressortir son visage légèrement pâle. Cependant il affichait également une mine sévère, quoique pour l’heure soucieuse. Une solide détermination et une douce mélancolie se lisait dans ses yeux, d’un noir profond. Le personnage scrutait alors la plaine où devait se dérouler la bataille de son regard perçant, comme s’il cherchait à percer la brume qui recouvrait la plaine et son extrémité. En vain.
L’attente se prolongea. Les troupes étaient nerveuses. Elles commençaient à douter. L’attaque surgirait-elle de l’endroit prévu par les capitaines ? Mais ces derniers avaient la confiance total de leurs troupes, qui malgré leurs interrogations ne quitteraient pas leur poste. Même un Dragon aurait eu du mal à les faire fuir.
Tout le monde resta donc silencieux, aussi bien dans un souci de discrétion que parce que les paroles coûtent dans le silence pesant.
Les archers verts avaient encochés leurs flèches, mais ils ne tendirent pas leurs arcs, de peur que les traits partent accidentellement au moindre signale, et ne blessent des camarades.
L’inquiétude augmenta. La tension montait. Pourtant, les éclaireurs des archers solaires montés étaient formels : les troupes humaines qui s’étaient rassemblées pour mener la guerre progressaient droit vers les côtes, pour s’emparer de ports, et ils n’avaient pas conscience qu’une armée importante se dressait sur leur chemin. Les quelques éclaireurs humains que l’on avait aperçut avaient été abattus sur le champ et sans sommation. Il était hors de question de laisser en vie le moindre humain lors de ces guerres sans pitiés. On faisait rarement de prisonniers. De plus, c’était parfaitement inutile, car ni humain ni elfe ne disait mot sous la torture, si ce n’est parfois pour insulter un geôlier. Les uns à cause de leur fierté, et les autres grâce à leur entraînement moral.
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Voilà où en étaient les choses en ce matin brumeux de printemps. Et c’est à cet instant, où la tension devenait insupportable, que l’on vit le fier capitaine des elfes noirs ciller. Tout a coup plus attentif, il scrutait un point précis de la plaine, et tendait l’oreille. Qu’était-ce donc que cette rumeur là bas ? N’était-ce pas ce bruit caractéristique que produit un nombre important d’hommes en armes qui se déplacent en silence ? Cela venait de l’autre bout de la plaine. A la limite du champ de roches. Mais un peu sur la gauche. Notre elfe plissa les yeux et se tendit. Sa main glissa lentement vers le magnifique cor noir et argent qui pendait à sa ceinture. Il s’en saisit. S’apprêtant à le porter à ses lèvres, il suspendit son mouvement.
Mais bientôt, il n’y eu plus de doute : jaillissant de la brume telle une armée fantôme, une multitude d’hommes en arme s’avança avec circonspection dans la plaine. Formés plus ou moins en quinconce, ces hommes n’étaient que l’avant-garde d’une armée importante. L’elfe noir le savait. Il devait attendre qu’ils s’engagent plus dans le piège. Jusque dans la plaine. C’est pourquoi il se retint encore un peu. Juste un peu. Un tout petit peu.
Brusquement, avec la rapidité d’un serpent qui se détend comme un ressort, il emboucha le cor et fit retentir un puissant signal qui se répercuta sur tout le relief alentour. Une véritable explosion sonore, qui libéra d’un coup toute la tension accumulée jusqu’alors. Ce fut comme un arc que l’on aurait peu a peu tendu au maximum, puis que l’on aurait relâché d’un coup, libérant la flèche encochée.
Les hommes, surpris, relevèrent la tête et regardèrent autour d’eux, surpris et inquiets. Trop tard. Une pluie de flèches jaillit des arbres pour s’abattre sur eux dans un sifflement mortel. Des soldats s’effondrèrent sans bruits, la surprise dans les yeux. Une deuxième volée partit avant qu’ils n’aient compris ce qui se passait. D’autres hommes tombèrent encore. Mais les humains belliqueux sont de bons combattants et sont bien organisés. Un ordre bref, Un signe de l’épée, et toute l’avant-garde engagée sembla se réveiller. Les hommes reprirent leurs esprits et se regroupèrent rapidement. Saisissant leurs boucliers, ils adoptèrent une formation défensive et marchèrent en avant pour essayer de voir à quels ennemis ils avaient à faire.
Dans un tel cas, la retraite eu été préférable. Mais l’avant-garde croyait avoir à faire juste à une troupe d’archers embusqués. Mal leurs en pris de s’engager plus avant dans le piège qui se refermait sur eux. Mais c’était des humains. Une troisième, puis une quatrième volée de flèche s’acharnèrent sur la troupe qui avançait toujours sans faiblir ou renoncer. Cependant, d’autres soldats étaient encore morts pendant de l’avancée lorsque leurs boucliers avaient cédés. Et à la cinquième volée, la troupe qui arrivait à la limite du sous bois avait été diminuée de moitié.
C’est alors qu’un nouvel appel de cor retentissant éclata. A ce signal, ce ne fut plus des flèches qui jaillirent des arbres, mais de grands personnages vêtus de longues robes noires, recouverts de grandes capes noires, avec de longs cheveux noirs. Ils brandissaient de grandes épées nues et rougeoyantes. Leurs heaumes d’aciers avaient des reflets de feu. Leurs regards, perçant par les fentes de leurs casques, brillaient de haine et de mépris.
Se jetant sauvagement sur les hommes dés lors démontés, ils plongèrent leurs longues lames implacables dans les entrailles des imprudents. Une charge d’elfes noirs laisse rarement de blessés sur le champ de bataille…
Cette fois ci, aucun humain n’avait réagit. La surprise de voir surgir autant de sombres fantômes des arbres à la place des quelques archers peureux qu’ils imaginaient les avait cloués sur place.
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Cependant, le gros des troupes humaines avait entendu les rumeurs de bataille. Les ordres, les appels de cor, le sifflement des flèches, les cris, les grognements, le fracas des épées. Puis le silence. Le long silence. Et enfin, le croassement rauque des corbeaux affamés. Ne voyant personne revenir, les hommes comprirent vite ce qui venait de se passer. Leur avant-garde était tombée dans une embuscade, et avait été massacrée.
Réagissant face à cette situation imprévue – et cependant prévisible - le général humain pris aussitôt des dispositions. Toute l’armée stoppa et se prépara au combat. Les épées furent tirées, les boucliers saisis, les cotes de mailles enfilées, et les arcs bandés. Quelques cavaliers rapides furent envoyés en éclaireurs. Les rares qui revinrent annoncèrent qu’il y avait une plaine dégagée après la prochaine colline, et qu’une forêt la surplombait de l’autre côté. La brume les avait empêché d’en voir plus, et ceux qui c’étaient avancé dans la plaine pour savoir ce qu’il était advenu de l’avant garde n’étaient pas revenus.
L’armée s’avança donc, prête au combat et prudente. Tendre une embuscade à une avant-garde et tuer quelques éclaireurs ne nécessite pas un grand nombre de soldats. Une poignée de bons archers bien entraînés peut y parvenir. Mais un général est général parce qu’il a une grande expérience du combat, et parce qu’il est prudent.
L’armée avait été disposée ainsi : la piétaille ouvrait le chemin. Suivait de nombreux hommes d’armes à pied. Venait ensuite la cavalerie et l’état major, suivis par les archers et les autres soldats de combat à distance.
Ainsi surgit l’armée humaine à travers les immenses rochers. On voyait à peine les grands conifères de l’autre côté de l’étendue verte, car la brume ne s’était toujours pas levée. L’armée s’arrêta sur un ordre. Il était évident que l’ennemi les attendait de l’autre côté de la plaine, ou bien qu’il avait déjà déguerpit. Le défaut des humains, c’est qu’ils sont fiers. Fiers et orgueilleux. Ils n’imaginent pas une guerre de cache-cache. Ils répugnent aux embuscades. Ils méprisent les ennemis fantômes. Ils les traitent de lâches. Sûr que son ennemis n’était qu’une bande d’archers en vadrouille, et sûr de sa supériorité morale, stratégique et numérique, le général s’échauffa de ne trouver que du vide devant lui, et donna brusquement l’ordre de charger droit devant. Si les pleutres qu’il avait en face refusaient de se montrer, on allait bien aller les chercher !
Les archers, arbalétriers et javelines prirent donc position dans le champ de roches. Cependant, la piétaille et les hommes d’armes se préparèrent à avancer sur la grande forêt qui leurs faisaient face. La cavalerie et l’état major quand à eux restèrent sur place comme troupes de rechange au cas – fort improbable pensait-on – où le nettoyage tournerait mal.
Les hommes chargèrent. Sûrs de leur victoire. Lentement, sûrement, ils s’engageaient dans le piège. Chaque pas de plus en direction de la forêt était un pas de plus dans la nasse. Chaque pas de plus les rapprochait inéluctablement de leur mort. Ils avançaient ainsi vers la fin de leur vie, inconscients.
Leur enthousiasme se refroidit légèrement quand leur chemin commença à être parsemée de cadavres percés de flèches. Mais un homme est un homme. La troupe continua sa route vers la mort. Ils arrivèrent au pied de la colline. La forêt s’élevait au dessus d’eux, menaçante et noire. Impénétrable. Silencieuse.
Ils marquèrent une pause, hésitants. Le commandant, brusquement honteux de se laisser intimider, brandit son épée et cria : « En avant, et sus à l’ennemi ! »
Ce fut la dernière chose qu’il dit avant qu’une flèche empennée de vert lui transperce la gorge. Il s’effondra dans un râle.
C’est alors qu’avec la soudaineté d’une giboulée d’avril, une grêle de flèche tomba en sifflant et en crépitant sur les premiers rangs des humains décontenancés. Reprenant leurs esprits, certains levèrent leurs boucliers. Ceux qui ne furent pas assez rapides s’effondrèrent dans l’instant.
Mais les hommes furent dès lors échauffés par l’odeur du sang et de la mort. Voir leurs camarades tomber ainsi les remplis de haine. Les yeux brillants de rage de se voir harceler de la sorte par une troupe d’archers sans honneur, ils montèrent dans un élan commun à l’assaut de la forêt en hurlant, furieux.
A cela répondit une sonnerie retentissante de cor, vibrante de colère. Dans un cri terrifiant, les ombre noires jaillirent pour la seconde fois du sous bois. L’une d’elle, surmonté d’un étendard à l’aigle d’argent couronné d’étoiles, devança les autres telle une tornade sombre. Elle s’abattit dans un fracas de fer sur les premiers soldats humains, creusant de profonds sillons rouges dans leurs rangs. La vague noir suivit immédiatement, et déferla dans un bruit de tonnerre sur les humains déstabilisés.
Cependant, un homme est un être belliqueux et un guerrier. Ces deux attaques consécutives les avaient certes ébranlés, mais les elfes avaient désormais à faire à une armée. La milice de l’avant-garde avait fait place à des militaires rompus aux techniques de combats, nombreux et bien armés. Soldats bien entraînés, ils se regroupèrent rapidement, et se formèrent tant bien que mal de façon défensive à flanc de colline pour faire face à cette menace imprévue. Les elfes noirs, bien que terrifiants, étaient loin d’êtres aussi nombreux que l’armée d’épéistes et de piquiers qui leur faisaient face. Car c’était bien une armée entière maintenant.
L’attaque des elfes noirs faiblit donc rapidement, puis se rompit ; telle une vague qui se brise sur une digue, puis reflue. Néanmoins, bon nombre de cadavres jonchaient le sol après ce choc meurtrier.
Voyant leur force, et s’apercevant que leurs assaillants n’étaient en fait pas aussi nombreux qu’il leur avait d’abord parut, les humains se ressaisirent. Ils attaquèrent à leur tour. Reprenant l’ascension, ils gravirent la colline jusqu’au sous bois dans lequel s’étaient retirés les elfes noirs. Mais une nouvelle volée de flèche venue de l’ombre les accueillit, et plusieurs des assaillants tombèrent lourdement au sol avant même d’atteindre le sommet.
La situation était bloquée. L’issue de la bataille incertaine. L’affrontement s’éternisait. En bons militaires, les humains le comprirent rapidement. Ils voulaient en finir avec ces ennemis fantômes qui se montraient puis disparaissaient aussitôt. Maintenant qu’ils croyaient tout savoir de leurs adversaires, les hommes engagés jugèrent qu’il était temps d’appeler toute leur armée pour en finir rapidement. Ils sonnèrent du cor selon un signal convenu par avance avec le reste de leurs troupes.
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(à partir de là c’est relativement nul et à revoir)
Le général avait vu disparaître ses hommes dans la brume. Il avait écouté leurs pas dans l’herbe haute de la plaine. Il avait deviné le sifflement des flèches et le bruit acide du métal froid contre les cuirasses. Il avait perçut les ordres aboyés aux hommes désemparés. Il avait entendu les cris accompagnant la charge. Et alors il avait enfin compris.
Il avait compris que ce n’était pas quelques êtres embusqués à qui il avait à faire. Il avait comprit que ce n’était pas quelques archers anodins qui patrouillaient. Il avait comprit, à l’inverse des hommes naïfs qu’il commandait, que malgré l’apparente faiblesse numérique ce n’était pas juste quelques miliciens embusqués qui les attendaient. Il savait désormais que le bois entier était plein de guerriers, de soldats, de cavaliers, d’archers ; tous prêts au combat. Il savait qu’une terrible armée, bien équipée, solide, puissante et consciente des forces en jeu les attendait. Il savait que ses hommes étaient engagés dans un piège. Il savait que ses troupes et lui n’iraient jamais plus loin que cette forêt.
C’était bien un piège. Un piège simple, mais habile. Un piège simple, mais terrible. Un vaste piège qui se refermait sur son armée. Un piège longtemps étudié. Un piège inexorable. Un piège.
Dés lors pris dans la nasse, il compris qu’il était trop tard. Il était maintenant impossible de rebrousser chemin, aussi sûrement que s’il se trouvait lui-même au milieu des combats. Les elfes qui leurs avaient tendus ce piège – il se doutait bien désormais que c’était des elfes – le savaient également. Ils connaissaient bien les hommes, qu’ils combattaient depuis toujours. Un homme ne fuit pas honteusement un combat perdu d’avance. Un homme n’abandonne pas une partie même s’il est conscient qu’il ne peut la gagner. Un homme suit les règles de l’honneur. Un homme meurt plutôt que de fuir sagement lorsque la bataille tourne à son désavantage.
C’est pour cette raison que le général avait décidé de sacrifier son armée. C’est pour l’honneur que des centaines d’hommes encore allaient mourir.
L’appel de cor fut pour lui un soulagement. Il n’attendait que ce signal pour se précipiter vers la mort certaine qui remplacerait une disgrâce tout aussi certaine. Il ordonna aux archers de les suivrent aussi vite qu’ils le pourraient. Puis, pointant théâtralement son épée en direction des rumeurs de bataille, il hurla d’une voix puissante et confiante : « Sus à l’ennemi, que pas un seul de ces pleutres n’en réchappe ! Vengeons nos camarades tombés sous leurs coups ! » Et il lança son cheval au grand galop.
Mais il savait déjà que tout était perdu.
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