Chaos Legions

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Les Invasions barbares a été posté le : 12/10/03 10:30
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Bonsoir les petits et les grands, hier avant de me coucher j'y suis été voir cette histoire d'un cancéreux qui vit ses dernières semaines entourés par ses vieux amis et sa famille.
Je m'attendais au pire film de la décennie ; soyons franc : ce n'est pas le cas, même si l'ensemble est un peu inégal.
On assiste malgré tout, surtout dans la première partie, à un festival du grand n'importe quoi : gags salaces à tous les étages, sentimentalisme pompier, charges pataudes et dans l'air du temps pour l'euthanasie et contre Pie XI (au détour d'une phrase qui n'a absolument aucun rapport avec le reste du film ; imaginez Richard Burton se lever au milieu d'Ivanohé pour évoquer la conditions de travail des serveurs dans les établissements de restauration rapide, c'est à peu près l'impression que dégage cette scène), et satire bancale des syndicats, que j'ai trouvé moi-même particulièrement inepte (et vous avez pourtant peut-être déjà remarqué que je ne porte pas l'activité syndicale dans mon coeur). De même, les deux fois où le vieillard voit sa fille Lara Croft sur un bateau, sont du dernier superflu.
Néanmoins, la parti pris résolument gai de cette chronique évite le pathos lacrymal qu'on nous assène généralement dans ce genre de productions. Et finalement les meilleurs éléments comiques sont ceux auquel on s'attendait le moins, comme l'aplomb à la fois cynique et affectueux ce fils qui croit pouvoir tout acheter avec ses millions de dollars - et n'a pas tort, l'épisode de la chinoise -inénarrable- ou encore l'emphase délibéré des propos de cette bande de copains.
Car ici, lorsqu'on parle d'amis, point d'adolescents fainéants qui restent oisifs en buvant l'argent de Maman. Il s'agit de diplômés, d'esthètes, qui l'air de rien et sans la moindre cuistrerie font défiler tout un panomara de culture personnelle, historique et nostalgique, allant de Machiavel à Françoise Hardy, une vraie culture en somme, c'est-à-dire un patchwork souvent disparate et non une lubie monomaniaque. Et puis, on y trouve de la belle zicmu, aux antipodes des ritournelles vulgaires de Carmen, qui ont récemment fait stade comble, retrouvant ainsi leur vocation première.
On aurait tort d'y voir le film du siècle prophétisé par certains journaux, mais si comme moi vous pouvez vous faire offrir la place, allez-y, c'est plus agréable que de se morfondre devant une page blanche.
Et, ce qui ne gâte rien, j'en ai profité pour apprendre que Jean Reno avait terminé de tourner ce chef d'oeuvre que s'annonce d'emblée Les Rivières pourpres II, ce qui tombe bien, puisque je me suis récemment acheté deux pleins barils de vitriol pour ma plume.
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Dernière mise à jour par : JWRK le 21/10/03 16:08
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Réponse au Sujet 'Les Invasions barbares' a été posté le : 01/01/06 11:49
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J'ai vu "le déclin de l'empire américain" et "les invasions barabres" (le second étant la suite du premier) dans la continuité il y a un an quasi toupile, vu que je partais au Québec, film québécois machin, c'était un cadeau de Nowel.
Le ton de ces flms est TRES particulier, mais on comprend mieux le 2è quand on a vu le premier. Le déclin, quand on s'y attend pas, peut se révéler choquant, puisque oui ça parle de fesses du début à la fin. Mais en même temps, c'est très drôle de voir ces 4 femmes, puis ces 4 hommes, chacun de leur côté parler de tout ça, avant de se retrouver autour d'une table et de parler de choses qui n'ont rien à voir. Oui, ce sont des intellectuels. Ben ouais, les québécois c'pas que des bouseux. Ce film parle de sexe mais aussi d'amour, et je l'ai revu il y a peu, et je l'ai encore plus aimé que la première fois.
"Les invasions barbares", Denys Arcand a pris les mêmes acteurs 20 ans plus tard. Donc oui, on rerouve plein de clin d'oeil au "déclin", notamment les blagues salaces. Mais c'est aussi le plus beau film des 2, ce fim sur la mort, sur l'amitié aussi, parce qu'il a fallu les faire revenir, les amis, 20 ans après. Et la femme, qu'on avait laissé à moitié dépressive à la fin du déclin, et le fils qui ne veut rien avoir à faire avec son père. Nan, ce film est réellement beau. Mais il est très particulier.
-------------------- Les livres et les hommes, c'est comme des boîtes de chocolat : on ne sait jamais sur quoi on va tomber.
"Give people a second chance, not a third."
"You gave your heart to this boy ? He's gonna waste it, break it, lose it. They all do." (Neil Gaiman, Stardust)
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