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Morlock

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   Un titre .. pfiouuuu, pas d'idée a été posté le : 08/10/03 11:30
Le soleil couchant diffusait une douce lumiére qui se répendait dans la pièce.
Haroun avait trouvé refuge dans cette masure délabrée il y a de celà des heures, et il avait patiemment attendu que la nuit tombe et apporte sa fraicheur, après l'infernale chaleur de la journée.
Ses vétements collaient à sa peau et il se sentait fatigué, si fatigué, comme si soudainement le poids des années l'avait rattrapé.

La nuit s'annonçait magnifique, l'astre lunaire illuminait le ciel de sa lumière blanche, Râ était mort et parourait le fleuve Styx, et demain matin verrait sa résurrection, comme tous les jours.
Un pharaon était mort et un autre lui succéderait bientôt.
Comme Râ, Pharaon ne pouvait vraiment mourir, car il était sa voix sur les terres d'Egypte, et nous, peuple d'Egypte, étions là pour le servir et le protéger.

Haroun poussa un long soupir, puis le regard tourné vers les étoiles, il commença à se remémorrer des scénes surgies du passé.

Il avait treize ans et le moment était venu pour lui d'entrer à l'école de guerre.
Comme tous les premiers enfants des familles nobles, il était destiné à servir dans les armées de Pharaon, devenir son bras dans les contrées éloignées.
Cette dure école lui enseignat le respect, l'obéissance, et plus que tout .. l'humilité.
Il fallait certes apprendre à donner des coups, à éviter les autres, mais aussi, parfois, à les encaisser.
Haroun montra des prédispositions évidentes pour tout ce qui touchait à la tactique militaire, et c'est tout naturellement qu'il sortit de l'école de guerre après cinq années sous les félicitations de ses professeurs.

Il fût affecté aux armées qui paraient dans les provinces extérieures maintenir l'ordre, et y passa trois longues années avant de revenir enfin dans la capitale.
Là, quelle ne fût pas sa surprise d'apprendre que Pharaon était mort, et que son fils lui avait succedé sur le trône, ce fils avec qui il avait fraternisé lors de leur passage à l'école de guerre.
Il fut donc convoqué par Pharaon, qui lui accorda la distinction de général et lui donna comme mission de conquérir les terres barbares du Sud.

Haroun partit une semaine plus tard à la tête d'une armée innombrable en direction du Sud, de ces terres inconnues qui allaient bientôt être abreuvées de la lumiére de Râ.
La campagne fût un succés retentissant, et Haroun en reçut tous les lauriers.
Il était devenu un des plus grands généraux d'Egypte, et le confident de Pharaon.

Les années passérent, entre conquétes et maintien de la paix, Haroun se maria, et de ce mariage naquit une fille Yamilla, qui fût son plus grand bonheur, ainsi que sa plus grande détresse, car sa femme mourut en la mettant au monde.
Il prit grand soin de cette enfant, l'aimant et la choyant, revoyant à chaque fois sa femme dans les yeux de la fillette, cette femme si vite partie.

Mais autre chose l'inquiétait.
Dans les couloirs du palais, les ombres s'agitaient, derrière Pharaon, les conseillers en toges noires murmuraient à son oreille, les Dieux demandaient à être satisfaits, et Pharaon devenait de plus en plus attentif à ce qu'ils pouvaient lui dire.
Pharaon devenait plus distant, plus froid, et vint le moment où Haroun du reprendre les armes et partir en campagne, pour la gloire de l'Egypte.
L'objectif de sa troupe était un petit village frontalier, décrié comme maléfique par les prétres à Pharaon.
Lorsque Haroun arriva sur place, il n'y vit qu'un paisible village où lui fût offert l'hospitalité, et où après palabres, il apprit que ce village avait renvoyé un des prétres sombres à coups de cailloux il y a de celà de nombreuses lunes.
Haroun comprit alors les motivations de son envoi ici, et ordonna à sa troupe de lever le camp et de repartir, les ordres de Pharaon ne seraient pas executés, et il tuerait lui même le premier soldat qui désobéirait.
Tous acquiéscérent, et rentrérent en Egypte.

Haroun se présenta devant Pharaon et lui fit le récit de ce qu'il avait découvert.
Pharaon menaça de s'étrangler plusieurs fois durant le récit, et quand celui-ci fût terminé, il se leva de son trône et domina Haroun de toute sa hauteur.
- Moi Pharaon déclare Haroun Al'Vakel déchu de sa distinction de général, et le banni d'Egypte !
Tu fus mon ami, aussi ne te ferais-je pas executer, mais le nom de Hal'Vakel ne doit plus être prononcé en ma présence !
Quant à ta fille, elle restera ici, peut être survivra t'elle à la honte de son nom !

Haroun protesta avec véhémence, mais il faut assomé et jeté hors du palais par les gardes, menacé d'être empalé sur la place publique si il n'avait pas quitté la ville dès l'aube.

Il n'eut pas d'autre choix que de prendre rapidement quelques affaires, puis il se mit en route.
La place centrale était un spectacle innomable, tant de prisonniers empalés ici ..
L'influence des prêtres sur Pharaon était devenue trop grande, mais lui était contraint à l'exil, contraint à ne plus revoir sa fille .. Yamilla qu'allait-elle penser de lui, tout le monde ici disait de lui que c'était un traitre, à quoi l'avait-il condamnée ...




Le désert ..
La caresse brulante du soleil lui manquait.
Celà faisait maintenant plus de quinze ans qu'il avait quitté l'Egypte, poussé à l'exil par la folie des hommes.
Quinze ans à se demander ce qu'était devenue Yamilla ...
Il avait mis à profit ces années d'errance, abandonnant le métier des armes pour pratiquer la médecine.
Il avait suivi les enseignements de nombreux professeurs en Gréce, et il paraissait posséder des prédispositions évidentes dans cet art.

Si seulement il en avait su autant avant .. lors de l'accouchement de sa femme, mais il ne pouvait plus revenir sur le passé, il ne lui restaient que les remords et les regrets.
Il s'accouda au bastingage du navire, et regarda l'ai absent la houle se briser sur la coque.
Il serait en Egypte d'ici peu, enfin de retour ..

De nouveau, il ferma les yeux et se laissa emporter au fil de ses souvenirs.
Il se revoyait tout jeune promu de l'école de guerre, lorsqu'il partit défendre les frontiéres au sud de l’Empire.
Il se rappelait ce village indiqué sur aucune carte, ce village que tous les habitants alentours prenaient soin d'éviter, ce village frappé par un mal étrange.
Il se rappelait avoir interrogé un vieil homme, et les frissons qui avaient parcouru le corps du vieux lors de ses questions.
Le village était maudit disait-il. Un démon surveille du haut de ses nuages, et s'abat sur les hommes comme la maladie !
Haroun ne savait que penser, tout cela ressemblait trop aux divagations d'un vieillard fou.
Méfie toi du démon jeune soldat ! vociféra le vieux, car sous les traits de la beauté se cache le pire des fléaux, et même la mort ne pourra t'en délivrer !
Il fut impossible d'arracher quoi que ce soit d'autre au vieil homme.
Néanmoins, Haroun en fût tellement intrigué, qu'il ordonna qu'un détachement l'accompagne jusqu'à ce village.

Le village se trouvait sur les berges d’un fleuve poissonneux, à en juger par tous les filets de pêche séchant sur ses rives.
Il y avait également quelques champs, mais l’essentiel de l’activité du village prenait naissance avec le fleuve.
Haroun et sa troupe mirent pied à terre, et demandèrent à rencontrer les anciens, ceux qui dirigeaient le village.
Un homme les emmena jusqu’à un vieux bâtiment défraîchi en argile, et chemin faisant, Haroun fût surpris par la taille du cimetière du village, mais n’en dis mot.
La bâtisse abritait trois vieillards qui parurent presque soulagés en voyant des hommes d’armes.
A peine Haroun leur eut-il expliqué les raisons de sa présence ici, qu’ils se mirent à trembler comme des feuilles, et à baragouiner des paroles incompréhensibles.
Il fallut un long moment pour qu’ils se calment, et le récit qu’ils lui firent le fit tressaillir à plusieurs reprises.

- Il y a de cela quatre années, un des hommes du village traversa le fleuve et s’enfonça dans la vallée de l’autre coté, parti chasser qu’il disait, mais ce qu’il y trouva provoqua la chute de notre village !
Il n’a jamais voulu dire ce qu’il avait vu là bas, mais à son retour, il était blême, et peu de temps après, le malheur s’est abattu sur nos têtes.
C’est lorsque la nuit abat son voile sombre qu’ils sortent ..
On les entend gémir, gratter les murs, les portes, et le matin venu, une personne a disparu ..

- Mais vous n’avez pas essayé de les arrêter ? qui est-ce donc ?

- La mort qui marche jeune combattant, la mort qui marche ..

Haroun perçut le regard horrifié des vieux, et se demanda ce qui pouvait les plonger dans un tel état.
Il se leva et ordonna à ses hommes de traverser le fleuve, ils se rendraient de l’autre coté, et découvriraient quels mystères y étaient cachés.
Toutes les supplications et les mises en garde des habitants du village ne purent les détourner de leur tâche.
Il y avait là bas quelque chose qui effrayait ces gens, et par là même portait atteinte à la sécurité de l’Empire, et de Pharaon, il devait découvrir ce que c’était.

Une fois descendus de la jonque, la petite troupe se mit en marche vers cette vallée escarpée dont avait parlé les vieux.
La route était sinueuse et poussiéreuse, elle serpentait dans des crevasses où la lumière de Râ ne trouvait nul passage.
Après plusieurs heures de marche, le groupe arriva enfin en vue d’un étrange mausolée.
Celui-ci paraissait vieux, très vieux, et un sentiment diffus de peur semblait irradier de l’intérieur.
S’équipant de torches, les hommes entrèrent dans la bâtisse.
De ci de là, des restes de meubles en bois jonchaient le sol couvert de sable.
Un couloir semblait plonger dans les entrailles mêmes du bâtiment.
Laissant des hommes de garde devant le bâtiment, Haroun et la suite de son détachement s’engouffrèrent dans le tunnel.
Il sentait l’appréhension dans le regard de ses hommes.
Ces vétérans de nombreuses batailles étaient mal à l’aise, sans doute l’impression de profaner une tombe .. mais Haroun n’arrivait pas à se persuader que ce soit cela.

Puis vint enfin le bout du tunnel, et une salle, ronde, entourée de piliers, avec en son centre une statue.
Haroun s’approcha de la statue, elle était en pierre, il approcha lentement la main et caressa la pierre, celle-ci était lisse et glaciale.
Puis il leva sa torche afin de pouvoir contempler la statue, et lorsque l’image fut éclairée des reflets flamboyants, il retira vivement sa main.
La statue représentait une femme magnifique, magnifiée, sublime .. il dut faire un effort pour s’arracher à la contemplation de ce visage, de la coure de ses hanches.
Détournant le regard, il vit que ses hommes semblaient eux aussi comme hypnotisés.
Il contempla de nouveau la statue, osant une fois de plus poser la main dessus, mais toujours aussi hésitant.
Cette fois-ci, le contact fut beaucoup moins doux, il sentit comme un courant d’air glacial lui parcourir l’échine, tandis qu’une voix lui murmurait des mots d’encouragements à l’oreille.
Respirant à grande peine, Haroun parvint à maintenir sa main sur la statue, afin de ne pas perdre ce contact, et dans les paroles qu’il entendait revenait des mots tels que « plus au sud », et « la cité des plaisirs ».
Puis le froid glacial fit place à une chaleur étouffante, et il fut incapable de maintenir sa main plus longtemps sur la statue.
C’est alors qu’il entendit les cris des hommes qui étaient demeurés dehors, des cris étranglés, des cris de pure terreur ..
Reprenant ses esprits, il s’entendit hurler, crier à la sorcellerie, et vit ses mains se porter sur la statue et la faire vaciller puis tomber de son piédestal, se brisant en une multitude de morceaux.
Tout ce remue-ménage sembla tirer les autres soldats de leur torpeur, et entendant les cris de leurs camarades, ils se ruèrent dans le tunnel, vers la surface.

Haroun ne devait jamais oublier ce qu’il y vu.
Les gardes avaient été massacrés, démembrés, et à moitié dévorés par des créatures simiesques.
Ce qui l’effraya le plus fût de penser que ces créatures furent jadis humaines, mais qu’à présent, ce n’étaient plus que des atrocités .. des lambeaux de corps gémissant et tendant leurs moignons vers eux.
Il chargea avec les survivants de sa troupe, tailladant les corps décomposés et hideux qui se pressaient à leur rencontre.

Il ne devait commencer à retrouver ses esprits que quelques heures plus tard, au village.
Il avait été ramené par ses hommes, après qu’un violent coup l’ai assommé, et il n’avait plus aucun souvenir de l’issue du combat.
Il appris de la bouche d’un des gardes que ce fut un massacre, les créatures continuaient d’avancer, même amputées de parties importantes de leur corps .. parole de vétéran, il n’avait jamais vu pareille horreur, et était bien content d’y avoir survécu.

Haroun se leva et contempla le fleuve baigné des rayons de soleil du matin.
Plus au sud … la cité des plaisirs .. c’était l’origine de cette atrocité, et il devait l’éliminer …







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Si vous ne parvenez pas à faire une chose du premier coup, essayez encore. Puis laissez tomber. ça ne sert à rien de se pourrir la vie avec ça.


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   Réponse au Sujet 'Un titre .. pfiouuuu, pas d'idée' a été posté le : 08/10/03 11:32
La lueur du soleil couchant semblait transformer les eaux du fleuve en sang.
C'en était trop pour Haroun qui ne put rester ici un instant de plus et ordonna à ses hommes de se préparer à partir.
Ils chevaucheraient de nuit si il le fallait, mais il était hors de question qu'il demeurat plus longtemps dans ce lieu qui puait la mort.

Il s'expliqua de longues heures avec le chef du campement militaire, ressassant encore et encore la même histoire, semblant ne pas convaincre son auditoire des découvertes qu'ils avaient fait dans ce village.
Heureusement pour lui, ses hommes étaient des véterans de nombreux combats pour Pharaon, et leur parole finit par accréditer le récit d'Haroun.
Il fut alors décidé de lui confier une escouade de combattants afin de partir à la recherche de cette ville, et de découvrir les secrets qui s'y cachaient, qui menaçaient la securité de l'Egypte.

Le voyage dura de longues semaines, au sud, toujours plus au sud.
La chaleur était étouffante, l'eau, totalement absente. Tout autour d'eux le désert à perte de vue, perdus au milieu de cet immense espace.
Les hommes suffoquaient, l'air était brulant, poussiéreux, les organismes étaient fatigués, les visages cendreux, leregards perdus dans le vague.
Certains d'entre eux commençaient à délirer sous l'effet du soleil, et Haroun avait toutes les peines du monde à maintenir un semblant d'autorité et de cohésion au sein de leur groupe.
Plusieurs fois, lui aussi cru apercevoir une oasis alors qu'en fait, ce n'était que sable et poussiére.

Et c'est ainsi, à bout de forces, mûe par le desespoir, ivre de fatigue, que la petite troupe avança jour après jour, en quète d'une ville qui semblait n'avoir jamais existé.

Au sud, toujours plus au sud, s'enfoncer dans le desert aride et désolé, avec comme seul compagnon le vent chaud et tourbillonnant.
C'est en pointant le doigt vers le sud qu'un des hommes le premier cria.
Les têtes se tournérent, et au loin semblait apparaitre l'ombre d'une construction.
Tous se hatérent dans cette direction, avec peu d'espoir, croyant encore à un mirage, mais cette fois ci, la structure était bien réelle, bien tangible, beaucoup trop même ..
Il s'agissait d'un pan de mur à moitié éboulé, et contre celui-ci reposait un corps desseché, quasi momifié, attaché par des chaines dont l'usure attestait du poids des ans et des ravages de l'érosion.
Mais tout celà n'était rien en comparaison de ce qui les attendait, car le corps rabougri, ratatiné devant eux, releva lentement la tête, et sembla les observer de ses orbites vides.
Haroun hoqueta de terreur, et il sentit ses hommes se raidir autour de lui, en proie à une peur incontrolable.
Réprimant son envie de fuir à toutes jambes, il s'avança vers la créature enchainée et commença à lui poser des questions, l'estomac au bord des lévres tellement cette image le révulsait.
Au milieu de crachements, sifflements, et autres suintements, Haroun perçu quelques mots compréhensibles et finit par apprendre que cette créature était enchainée ici depuis plus de 135 ans, condamnée à montrer le chemin de la cité des plaisirs à ceux désirant la voir ..
135 ans, comment celà pouvait-il être possible ..
La cité se trouvait à trois jours de marche depuis ici, si près du but, et pourtant si loins ..
La créature qui fut jadis un homme sembla les implorer de le libérer de son fardeau, aggripant leurs armes et les pointant vers lui.
Finalement, un des soldats pointa sa lance vers son coeur, et le transperça.
Le corps parut un instant cloué au mur, puis, lentement, il se disloqua et tomba en poussiére.

Regonflés d'espoir sur l'existence de la cité, et en même temps étreints par le doute et la peur sur ce qui les y attendait, ils se mirent en route de nouveau, jetant un bref regard en arrière vers les chaines accrochées au mur, seule trace de la présence d'un prisonnier ici.

Finalement, les murs de la cité leur apparurent dans une blancheur éclatante.
La cité était de taille modeste, avec de hauts murs d'enceinte, les portes étaient grandes ouvertes, et l'intérieur semblait seulement habité par les vents du désert.
L'escouade se sépara en petits groupes pour explorer la cité, y découvrant à boire et à manger, mais pas âme qui vive, cette ville était totalement déserte.
Un des groupes revint vers Haroun, lui demandant de les suivre.
Ils le menérent à un caveau qui s'enfonçait sous un temple dont il était impossible de déchiffrer ce qui y était écrit, le sable ayant tout effacé.
Et là, dans ce caveau, Haroun sentit de nouveau la main glacée de la mort, et la terreur l'envahit de nouveau. Devant lui se dressait de nouveau une statue de cette femme magnifique, si envoutante.
Cette fois-ci, il ordonna immédiatement de jeter à bas cette statue, cherchant dans la piéce toute trace de texte lui permettant d'identifier de qui il pouvait s'agir.

C'est alors qu'un des hommes encore à l'extérieur revint en courant.
Le ciel s'était subitement obscurci, de lourds nuages noirs empéchaient Râ de veiller sur ses enfants.
Haroun sentit la panique saisir ses hommes, résistant pour ne pas lui céder.
Son monde semblait vaciller autour de lui, tout était brumeux, sombre, et il était là, au bord du gouffre, reardant au fond, comme captivé par ce qu'il y voyait.
Il aperçut du coin de l'oeil les formes maladroites sortir de terre, marcher d'un pas malhabile vers eux, et commencer à démembrer lentement et méthodiquement les soldats.
Ceux-ci se battérent furieusement, tentant de défendre leur vie, tandis que leur chef était debout au milieu du tumulte, l'air totalement hagard.
Les créatures semblaient sciemment l'éviter, mais il ne s'en rendait même pas compte, observant l'ombre blanche qui se rapprochait, les yeux ecarquillés.
Quand enfin l'ombre prit forme, c'était une de ces créatures repoussantes et hideuses, à moitié décomposée, mais il émanait d'elle une majesté et une puissance démesurées, ainsi qu'une aura de noirceur terrible.
Haroun voulait fuir, mais ses jambes refusaient, il voulait hurler, mais sa gorge refusait.
La sphére de noirceur l'entoura, et alors il entendit les cris des défunts, les hurlements des damnés, et il assista à la mise en piéces de ses soldats.
Malgrè la chaleur, l'air était glacial, et l'odeur du sang emplissait ses narines.
Il se vit basculer dans ce gouffre sans fonds, en finir avec ce cauchemar, et il tomba, tomba ....

Ce n'est que quelques jours plus tard qu'il s'éveilla.
Il avait été retrouvé par une caravane au pied d'un mur en ruines, et laissé dans cette oasis le temps qu'il reprenne quelques forces.
Si celà n'avait été le froid glacial qui l'étreignait de temps à autres et la disparition de toute son escouade, Haroun aurait certainement pensé qu'il avait fais un mauvais réve, influencé par un djinn, mais le sentiment de malaise perdurait.
Il était temps pour lui de rentrer dans des contrées plus civilisées d'Egypte et de laisser ce poste à la frontiére, le désert commençait à avoir raison de sa santé mentale...



Celà faisait maintenant deux ans qu'Haroun était revenu de son exil, et il continuait inlassablement journée après journée à soigner et guérir le peuple egyptien de ses plaies et maladies.
Si d'un coté il ne pouvait que craindre sa réputation grandissante de soigneur, de peur que celà parvienne aux oreilles de la garde de Pharaon, et que celle-ci ne se décide à rattraper le condamné afin de le punir plus durement, d'un autre coté, il ne pouvait laisser ces pauvres gens dans la détresse, et se devait de les aider si il le pouvait.

Chaque nuit, les tourments le reprenaient, Yamilla, qu'avait-elle bien pu devenir.
Seul Râ le savait, et il prenait certainement soin d'elle, c'est en tout cas ce dont il essayait de se persuader à chaque fois, et puis il avait disparu de sa vie depuis tant d'années qu'il était certainement au mieux, un étranger pour elle.

Des coups résonnérent à la porte.
Haroun, à moitié endormi se leva et ouvrit. Derrière la porte attendaient deux egyptiens, et un homme au visage lanc, livide, un romain. Celui-ci transpirait à grosses gouttes et ses mains tremblaient violemment, il ne tenait encore debout que grâce au soutien des deux hommes.
Haroun le fit s'allonger sur la couchette et entreprit de l'examiner.
L'homme poussa un gémissement tandis qu'il continuait à être pris de violents spasmes, son corps se raidissant brusquement.
Jamais Haroun n'avais encore vu pareille maladie.
Il eut beau faire appel à tout son savoir, utiliser tous les remédes de sa connaissance rien n'y fit, il ne savait pas de quoi souffrait cet homme.
Interrogeant les deux egyptiens l'ayant ramené, il appris qu'ils revenaient du désert, et que brusquement, au troisiéme jour de leur voyage, cet homme avait commencé à se sentir mal, et depuis, son état n'avait fait qu'empirer.
Haroun ne parvint pas à en apprendre plus sur leur trajet, les endroits visités, et finit par se rendre à l'évidence qu'il ne pouvait rien faire d'autre que réduire les souffrances de cet homme en attendant que la mort vienne le prendre.
C'est ce qu'elle fit dans la nuit.
Sentant le voile sombre se poser sur lui, le romain, dans un court instant de lucidité, arracha à Haroun la promesse de veiller sur la captive qu'il avait arraché au désert.

Lorsqu'il eu rendu son dernier soupir, Haroun, las, se retourna vers les hommes qui l'avaient ramené et les interrogea du regard .. captive ?
Un des hommes ouvrit la porte, cria de brefs ordres, et une silhouette se dessina à contrejour dans la lumiére des torches.
Haroun plissa doucement les yeux, et, s'accomodant à l'obscurité, il finit par rompre le voile de l'obscurité.
La femme devait avoir 17 ou 18 ans, de longs cheveux noirs et bouclée, et une peau fine et halée .. une nubienne.
Les hommes emmenérent le corps du romain, promettant de lui offrir une sépulture digne, ce dont Haroun doutait grandement, mais il se garda bien de leur dire quoi que ce soit, en effet, il ne savait plus que dire, ou que penser, il était subjugué par la femme qui se trouvait face à lui.
Il lui demanda son nom, sans réponse de sa part.
Il lui demanda si elle avait faim, sans plus de succés.
Elle le regardait, fixement, intensément, et ce regard semblait plonger au tréfonds de son âme.

Haroun lui apporta une chaise, lui faisant signe de s'assoir, ce qu'elle fit de bonne grâce.
Il demeura derrière elle, ne pouvant détacher son regard de ses longs cheveux noirs, du galbe de ses hanches.
Le fait qu'elle ne dise pas un mot le mettait terriblement mal à l'aise, mais il se dit que c'était probablement le choc, et que celà lui passerait avec un peu de temps.
Il lui offrit sa couche, qu'elle sembla accepter de bonne grâce, et il alla dormir sur une natte d'osier qu'il installa sur le sol, de l'autre coté de la pièce.

Les jours passérent, et leur relation devint des plus étranges.
Haroun avait parfois l'impression d'être à deux doigts de l'entendre parler, s'intéresser à ce qu'il disait, puis l'instant suivant, elle était comme ailleurs, réfugiée dans un monde dont elle lui fermait les portes.
Il lui semblait que le silence était moins pesant lorsque sa présence éclairait la pièce, et plus le temps passait, plus la beauté de la jeune femme sans nom le subjugait, jour après jour, mais il n'osait le lui dire, de peur de briser ce mince fil de confiance qu'il avait établi avec elle, de peur de la voir s'enfermer totalement dans son monde.

Un soir qu'il se trouvait sur le toit, à regarder les étoiles scintiller dans le ciel d'encre, il l'entendit s'approcher de lui, et lentement, s'assoir à ses cotés.
Son visage encadré par la lune était pour lui un spectacle magnifique, et il resta ainsi, à la contempler, tandis qu'elle regardait au loin.
Puis, elle se tourna vers lui et tout en lui adressant un sourire, émit enfin quelques paroles.
Haroun en fut d'abord grandement surpris, puis un large sourire illumina son visage lorsqu'enfin il se rendit compte qu'il ne révait pas.
Une voix douce et mélodieuse lui parvenait aux oreilles, la voix de Shala'Ban.
Il resta ainsi, à la contempler et l'écouter, incapable d'esquisser le moindre geste, de sortir de sa bouche le moindre mot.
Shala'Ban leva le bras vers Haroun et caressa doucement sa joue.

Jure moi de m'aimer plus que quiconque lui dit-elle, plongeant son regard noir et envoutant dans celui d'Haroun.
Si un jour tu dois aimer une autre personne plus que moi, je te quitterais pour toujours rajouta t'elle.
Haroun se saisit de sa main et la porta doucement à ses lévres.
Il lui jura de l'aimer, et dès lors, Shala'Ban changea totalement.
Elle était devenue souriante, volubile, heureuse, très loin de son état catatonique antérieur.
Haroun ne pouvait qu'être satisfait, et grâce à elle, il reprenait goût à la vie, il reprenait espoir.

Puis elle lui donna une fille qu'ils appelérent Amahasetra, et enfin, Haroun sembla expier son passé, la perte de sa femme, la disparition de sa fille.
Les dieux enfin, avaient daigné ôter certains des obstacles qu'ils avaient mis sur sa route.

Mais pendant ce temps, un mal étrange avait touché l'Egypte.
Un mal que d'aucuns mettaient sur le compte des djinns, un mal qui frappait la nuit venue, et qui tuait, un mal ancien, puissant, corrompu.
Haroun n'avait pu que constater les effets de ce mal, retrouvant les victimes au petit matin, exsangues.
Aucune maladie de sa connaissance ne pouvait provoquer ceci, et jour après jour, il rentrait chez lui où seuls les sourires de Shala'Ban et de Amahasetra parvenaient à le décrisper.

Un soir, il entendit du bruit dans la chambre de sa fille.
Il ouvrit lentement la porte, pesant dessus pour ne pas la faire grincer, et il aperçu une forme fugitive disparaitre précipitemment de la piéce.
Fou d'inquiétude, il se dirigea vers le lit de sa fille, pour la trouver profondément endormie, ne prétant aucune attention
au monde extérieur.
Il fût soulagé, quand soudain, il remarqua deux petites marques à son poignet.
Il se rappela les marques sur les corps des morts .. il souleva le petit poignet, s'assura que sa fille était toujours vivante, ce qui lui arracha un soupir de soulagement, puis il tomba à genoux au pied du lit.
Des larmes inondaient son visage, des larmes de rage, de frustration, de desespoir ..
Il savait, il l'avait surement toujours su, mais il refusait de se l'avouer.
Ce fût à cet instant que la porte s'ouvrit et qu'elle entra, silhouette fugitive et fluctuante, celle qui se trouvait dans la piéce lorsqu'il est entré ... Shala'Ban.

Elle tenta maladroitement de sourire, s'approchant de lui, le serrant dans ses bras, et essuyant ses larmes.
La statue du mausolée en ruines, la statue de la cité des plaisirs .. maintenant, il l'avait devant lui, dans ses bras, vivante, vibrante, aimante ..
Il l'avait su dès le premier regard pour celle qui était alors la captive du romain, il l'avait su, mais il ne pouvait s'empécher de l'aimer, de la chérir, de la protéger, elle qui lui paraissait si fragile.
C'était son appel qui l'avait attirée jusqu'à lui, dans ce mausolée où il l'avait réveillée.
Et à présent, il comprenait mieux le sens de sa phrase .. il aimait les hommes plus qu'elle, car il ne pouvait se résoudre à la laisser les tuer ainsi pour se nourrir.
Elle lui sourit une derniére fois, caressa son visage, et joignit ses lévres aux siennes.
Puis elle prit Amahasetra dans ses bras, et Haroun crut voir perler des larmes lorsqu'elle devint brume et disparut à son regard.
Haroun resta ainsi prostré au bord du lit durant de longues heures.
Il avait aimé un djinn, et ce djinn l'avait aussi aimé, mais il ne pouvait le rejoindre dans son monde et il ne pouvait le laisser demeurer dans son monde...


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Si vous ne parvenez pas à faire une chose du premier coup, essayez encore. Puis laissez tomber. ça ne sert à rien de se pourrir la vie avec ça.


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Lishtarone

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Lieu de résidence : une salle de torture

Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Un titre .. pfiouuuu, pas d'idée' a été posté le : 09/10/03 08:29
C'est magnifique

Voilà... je ne trouve rien d'autre à dire.

Bisous mon petit Morlock chéri


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Lishtarone A D'Ar Wilgaronmanish

Les Terres Blanches de Naramône (Fantaisie)

La pire des Choses (Mascarade)


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