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katans

Attention chérie, ca va trancher



-= Chaos Legions =-
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Pourquoi vous regardez ca ?
   Horrific! a été posté le : 09/09/03 12:34
Salut à tous,

Il m'a pris l'envie d'écrire une petite histoire courte de fantastique et d'horreur. Je pesne que j'en écrirai d'autres, mais en attendant voici celle qui m'a occupé quelque temps. Si vous souhaitez vous aussi poster des histoires courtes sur le thème de l'horreur, allez-y, y'a la place.


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katans

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   Réponse au Sujet 'Horrific!' a été posté le : 09/09/03 12:49
Eveil.
Mes yeux s’ouvrent sur la souffrance. Mon corps est paralysé par la douleur. Le feu brûle dans mes veines et des éclairs de rêve – seraient-ils réels ? – me renvoient les souvenirs troublés de la nuit passée. Douleur. Perversion. Plaisir. Désir. Ces sensations me parviennent à l’envers, comme un flash-back. Des lambeaux de vêtements que l’on arrache, révélant la chair tiède. La sienne était froide, mais la flamme dans son cœur brûlait plus fort que tout ce que j’ai pu ressentir à ce jour. Mais avait-elle seulement un cœur ? Contact, caresses, gémissements, fluides. Volupté intense. Et son regard noir comme la nuit, dans lequel se reflètent le désir et la haine. Ses mains s’agrippent à mon dos, ses ongles creusent des sillons rouges dans mon dos, et la douleur m’arrache un cri étranglé. Incompréhension. Peur. Ses lèvres s’ouvrent…

J’ai oublié. Je me rappelle seulement la morsure. Deux crocs acérés déchirent ma gorge. Tout est noir, tout n’est que douleur. Un liquide chaud et épais coule dans ma bouche, et je m’évanouis.

Nudité.
J’ignore où je suis. Entre les battements de sang dans mes tempes, la vision revient par intermittence. Une pièce nue, un lit sale, taché. Une unique ampoule défaillante dans un coin, près d’une fenêtre qui ne s’ouvre que sur l’absence d’êtres. Ma main se porte instinctivement à mon dos. Pas de traces, pas de douleur. Ma gorge est intacte. Comme un coup de marteau, la douleur revient, plus forte, bourdonnant derrière mes paupières. Je ne peux garder les yeux ouverts, mais les fermer est bien pire. Je vois cette forme noire et ricanante, j’entends un rire de dément, et deux mains gantées de noir viennent planter de longues aiguilles brûlantes dans ma chair. Je hurle. Suis-je encore dans cette chambre, ou bien suis-je attaché sur une table nue, dans un cachot humide, en compagnie d’un tortionnaire immonde ? Malgré mes efforts, je ne parviens pas à fixer ma vision sur une pièce ou l’autre. D’où me vient mon martyr ? Etais-je dans cette oubliette hier au soir ? Où étais-je avant ? Quel est mon nom ?

Au prix d’un effort de volonté immense, je réussis à maintenir les yeux ouverts. Je remarque alors la chaise près du lit. Elle y est assise, me couvant d’un regard de prédateur. Ses cheveux noirs comme le jais tombent sur ses épaules et se perdent dans la fourrure noire de son manteau. J’ouvre la bouche, et aucun son ne sort. Et sa voix retentit, chaude, grave, avec cette pointe de haine et de sadisme qui me donne des frissons.
- Tu es mon sang, et mon enfant, et mon esclave. Tu m’appartiens désormais. Et j’ai tant de choses à t’apprendre…
La migraine revient comme une bombe derrière mon front. Je ferme les yeux. Et la silhouette noire me parle, d’une voie de vieillard haut perchée, criaillante, où je reconnais une fois encore la haine et la perversion.
- Tu es ma chose, mon jouet, mon objet. Tu ignorais tout, tu ignores tout, mais ceci ne durera point. Ouvre les yeux et regarde la noire lumière.
Les deux voix se mêlent. J’ignore où je suis, d’où elles proviennent. Leur chant discordant plante des éclats de glace dans mon cœur et mon cerveau. La douleur monte, atteint son paroxysme.
- Regarde la noire lumière !
La douleur éclate. Je perds connaissance.


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   Réponse au Sujet 'Horrific!' a été posté le : 09/09/03 12:52
Désespoir.
J’ignore ce qui s’est passé, ou depuis combien de temps je suis ici. La petite pièce mesure environ quatre mètres sur quatre. La fenêtre est barrée, et ne s’ouvre que sur un abîme noir dont je ne peux voir le fond. Des volets roulants automatiques s’abaissent dès le lever du soleil et ne se relèvent qu’au crépuscule, et j’ignore depuis combien de temps je n’ai pas vu la lumière du jour. La porte est fermée à clef. Je ne puis la forcer. J’ai broyé la chaise d’aluminium entre mes mains, l’ai réduite à l’état d’allumettes en la déchirant de mes dents. D’où me vient cette force ? Que s’est-il passé ? Mais la porte résiste à mes assauts, alors même que ceux-ci font trembler les murs de pierre. J’ai frappé les cloisons du poing, en hurlant de toute ma gorge. Des impacts de la tailles d’une soucoupe décorent à présent les murs. Mes mains ne saignent pas. Je tambourine les parois de mes paumes, criant comme un damné. Par moments, je crois voir des griffes sortir de mes doigts. Comment serait-ce possible ? Mais les rayures inexplicables sur le granit m’amènent à douter.

Faim.
Mon ventre me lance. La faim obnubile mon esprit, bloque mon intellect et éveille des instincts affreux dans mon être torturé. Alors je bondis sur la femme lorsqu’elle ouvre la porte. Elle rit de me voir faire. Elle me repousse d’une simple claque. Elle ne s’arrête pas de rire. Je veux la broyer, la mordre, la dévorer ! Mais elle rit, esquive mes mains aux veines saillantes et aux ongles pointus, et d’une poussée négligente m’envoie rouler à l’autre bout de ma prison. Elle tient quelque chose de l’autre main. Quelque chose qui bouge et se débat. Je ressens sa peur. Elle le jette dans ma direction et claque la porte. L’animal – un chiot – se réfugie à l’autre bout de la cellule et jappe pitoyablement. Je le regarde dans les yeux un long moment. Puis me lève.

Pour la première fois depuis plusieurs jours, je suis éveillé quand le jour se lève. Les volets roulants s’abaissent, certes, mais ils sont troués par endroits et des rais de lumière pâle – un soleil d’hiver – font luire la poussière qui flotte dans l’air. Je m’approche, fasciné, de ces grains d’or volants. Tends la main vers eux. La lumière effleure mes doigts, et ma main s’embrase. Je hurle. La douleur est affreuse. Ma main est noircie, comme si je l’avais laissée au feu pendant plusieurs minutes. Mon Dieu, que s’est-il donc passé ? Je frissonne en songeant à ce que je pourrais endurer si les volets s’ouvraient. Je m’assieds sur le lit, les bras autour des genoux. Mon regard se pose sur le cadavre exsangue du chiot, et je le contemple avec un détachement surprenant. Et je réalise.

Naissance.
Elle m’a confirmé ce que j’avais deviné seul. Nous sommes sortis ensemble de ma prison. Celle-ci se situait dans une tour à l’abandon, au milieu des bois. Je m’interroge. Regrets ? Non. Pas de regrets. Amertume ? Je l’ignore. Le temps le dira. Haine ? Peut-être. Mais pas envers elle. Je l’aime de chaque parcelle de mon corps. Ce qui reste de mon cœur bat pour elle. Mais que dis-je. Je me tâte la poitrine chaque soir pour vérifier. Il ne bat plus. Il ne battra jamais plus.

Alors que nous marchons, elle me parle. Je ne comprends pas. Mon cerveau est encore absent. Je lève les yeux vers elle, ma beauté, mon amour, ma haine, ma malédiction et ma mort, ma vie et ma non-vie, mon présent et mon avenir. Je n’ai pas de passé. Juste une soif, terrible et inextinguible, qu’elle m’a dit être la marque de notre malédiction. Nous sommes arrivés à la ville. Les rues sont vides. Puis, nous croisons un individu. Un clochard. Assis sur un tas de cartons miteux, il dort à moitié. Son visage est tanné par le soleil, et sa barbe hirsute dissimule ses traits sans doute grossiers. Il tient dans une main aux doigts courts une canette écrasée. Puis il sent notre présence et s’éveille. Ses yeux s’écarquillent de terreur alors que nous avançons calmement sur lui. J’ignore ce qu’il voit en nous.

Je ne vois en lui qu’une proie.


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