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vinc

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   Récit d'un homme déjà mort a été posté le : 27/08/03 11:38
Non, ce n'est pas le récit fantastique d'un zombie, juste une sorte d'autojournal policier assez noir
C'est arrivé ! Elle est partie... et je suis resté tétanisé assis devant la porte de l'appartement, attendant son retour. Elle n'est pas revenue...
Cela c'est passé il y a maintenant quarante jours exactement. Je n'ai rien fait depuis. Je ne suis plus allé travailler, n'ai pas organisé de sortie, n'ai eu aucun contact. Le téléphone est débranché et la boîte à lettre est restée fermée à clé. Je ne me réveille qu'aujourd'hui, comme après un long sommeil. Durant cette sombre nuit de ma vie, je n'ai pas vécu : j'ai survécu. Mes journées se sont résumées à d'interminables séances devant la télévision et à quelques sorties rapides au supermarché du coin. Mes dépenses ont uniquement concerné la nourriture dont j'avais besoin pour subsister et l'alcool évidemment. Aucun plat cuisiné, rien de chaud, uniquement des provisions à consommer sur place, chips, biscuits... Mon taux d'alcoolémie ne s'est pas arrangé. Je crois d'ailleurs que c'était pour cela qu'elle était partie ; elle disait ne plus supporter mes ivresses... Je buvais souvent, mais à côté de ces quarante jours, ce n'était rien. Je m'étonne même qu'un coma éthylique n'ai pas eu raison de moi.
C'est en sortant de cet état de débauche que je me réveille à présent, la bouche encore pâteuse, avec une migraine d'enfer. Je décide enfin de me reprendre en main, après ce laps immense de temps. Je commence par aller voir le courrier. Je vais péniblement à l'ascenseur, je me paye la porte, je l'ouvre, j'entre. Après quelques essais infructueux, j'appuie enfin sur le bouton du rez-de-chaussée. Je vais dans le hall, je sors ma clé, j'ouvre ma boîte. L'instant d'après, un immense tas de courrier gît sur le sol. Je ramasse et ouvre la première lettre du paquet ; un message de mon employeur, ou plutôt de mon ex-employeur : " ... absences répétées... pas de nouvelle... vous êtes virés ". Je ne sais si c'est une bonne chose ou non... Certes, mon métier me plaisait, mais plus que tout, je suis heureux d'éviter, ce que je ne savais comment faire, les incessantes questions de mes collègues qui auraient fusé dès mon retour au bureau : ce qui m'était arrivé, pourquoi je n'avais pas donné de nouvelle, comment je prenais la chose à présent, ce que j'allais faire après cela... L'idée seule d'une telle confrontation me donnerait la nausée en temps normal ; mais dans l'état où je me trouve, la faculté même d'avoir une idée ne m'est pas donnée.
Je jette ensuite un rapide coup d'oeil aux autres enveloppes : proprio, taxes, pubs... Je remonte à mon appartement laissant là le tas de paperasse. Ma tête... Cette horrible sensation qu'une grue est en train de vous passer sur le crâne dès que vous bouger un peu trop ou réfléchissez trop fort... Je vais à la salle de bain, je mets le robinet en route et je m'allonge dans la baignoire sans attendre qu'elle se remplisse. L'eau atteint enfin le niveau de mes oreilles... Je coupe l'eau et m'isole du monde extérieur par cette onde apaisante. Je ne bouge plus, je ne pense plus. Je sombre dans un profond sommeil réparateur.
Je me réveille enfin. Tout m'apparaît clair à présent. J'ai du dormir quelques heures, mais suffisamment pour que ma vie prenne une autre direction... Je n'ai plus de famille, plus de profession. Une nouvelle vie s'offre à moi, un nouveau départ. Un nouvel homme se lève, se sèche, s'habille ; je commence ce journal qui me suivra dorénavant partout...




Dernière mise à jour par : vinc le 27/08/03 11:40

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   Réponse au Sujet 'Récit d'un homme déjà mort' a été posté le : 27/08/03 11:41
Jeudi 30 octobre 2003.
Premier client

Il me faut trouver un moyen de gagner de l'argent ; rapidement. Les recherches d'annonces, les entretiens d'embauche, les contrats... tous cela, je l'ai déjà vécu auparavant. Cela m'ennuie et m'exaspère. Vous avez en face de vous des hommes qui ne valent pas la moitié de ce dont vous êtes capables et qui croient pouvoir vous juger sur ce que vous êtes, ce que vous pourrez faire d'utile. Je ne veux plus être confronté à eux de cette manière. Dorénavant, je serait mon propre patron, mon propre recruteur... Mais avant cela, il faut faire disparaître cet homme que son passé va vite poursuivre. Il ne doit rien rester de lui ; ni identité, ni trace.
Je suis allé au premier distributeur de monnaie et ai vidé mon compte en liquide... Cela me permettra de subvenir à mes besoin pour quelques temps, histoire que je me fasse au métier. Mon premier client s'appelle Maurice Gratieu... pas de logement... pas d'enfant... pas d'emploi... pas de parent. Pas d'argent non plus, mais ce n'est pas dans cet optique là que je l'ai choisi. Je l'ai rencontré dans un bar d'une ville voisine. Il mesure un mètre soixante-quinze, pèse dans la soixantaine, est brun, pilosité importante. Juste comme moi... La forme de son crâne ne correspond pas mais ce n'est pas un problème. S'il venait à disparaître, personne ne le chercherait. J'ai discuté avec lui au bistrot puis lui ai proposé de le ramener chez moi pour la nuit. Le bon bougre croyait s'être fait un ami et a tout de suite accepté. Je discute encore avec lui. Son groupe sanguin est A+. C'est mon homme ! Il ne me reste plus qu'a fournir assez de preuves que cet homme est moi pour que les enquêteurs ne juge pas utile de recourir à la coûteuse analyse d'ADN.
Je vais à l'hôtel, lui demande de m'attendre dehors, paye la chambre cash pour une nuit, le fait entrer par derrière. Je lui justifie la manoeuvre par le fait que le gérant de l'hôtel ne le laisserait pas entrer en une telle tenue dans son " respectable établissement ". Il jauge ses guenilles, juge la remarque pertinente et se laisse manipuler. Je le laisse patienter dans la chambre le temps " d'aller faire quelques courses urgentes ". Je me rends à mon appartement où je récupère le fusil de chasse accroché au salon. Son tir est large et puissant. Assez pour pulvériser un crâne à bout portant. Une affaire de réglée. Je rédige et signe de ma main une lettre d'adieu : à ceux qui m'estiment, à ceux que je devrais aimer, à ceux à qui il conviendrait que je dise au revoir, rendez-vous en enfer. Je passe acheter quelques bouteilles d'alcool fort, suffisamment pour assommer un homme. Je rentre à l'hôtel par la porte de derrière, laisse le fusil et la lettre dans l'entrée, vais m'occuper de mon hôte.
J'invite Maurice à boire " à notre amitié naissante ". Il a la descente facile, le pauvre ; il ne lui en faut pas plus pour qu'il vide le liquide qui lui apportera la chaleur et le réconfort de la mort. Mon plan s'exécute à merveille, presque trop facilement.



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   Réponse au Sujet 'Récit d'un homme déjà mort' a été posté le : 27/08/03 11:43
Vendredi 31 octobre 2003.
Un homme est mort, un autre renaît

Milieu de la nuit, une heure ou deux du matin. L'homme est fini. Ivre mort, il s'agite sur le plancher et balbutie des mots incompréhensibles. Je prends mon homme, mon fusil et ma lettre et le traîne par les petites rues jusqu'à un petit pont désaffecté utilisé par les promeneurs uniquement pour franchir la rivière. Pas de témoin sur le chemin, juste quelques trafiquants de drogues qui n'en sont plus à un mort près et n'admettront jamais avoir été dehors cette nuit là. Je lui fait enfiler mes vêtements et prends les siens... Quelle puanteur! Il faut vraiment que je sois résigner à me faire disparaître pour subir tel supplice! Je dépose ma lettre sur le pont, je lui fait tenir le fusil de la main gauche. Quelle importance que je sois droitier, de toute manière, un tir à bout portant n'est pas compliqué à réaliser et dans un tel état d'ébriété, un homme ne reconnaît plus sa droite de sa gauche. La main droite est placée sur la tête. Le pouce droit sera pulvérisé dans l'impact. C'est utile de ne pas avoir de casier judiciaire ; il me suffit de lui supprimer le pouce droit pour qu'aucune des empreintes que possède l'état civil de moi ne soit utilisable pour identifier le cadavre comme différent du mien...
Un tir, plus de crâne... plus de pouce... un corps de mon gabarit... mes vêtements... mes papiers... mon groupe sanguin... une lettre d'adieu avec ma signature... taux d'alcoolémie élevé... mon arme avec le corps dans la rivière. Conclusion garantie, suicide dans la nuit du trente au trente et un, après une séparation et quarante jours de dépression solitaire.
Je ne rentre pas à l'hôtel. J'erre à travers la ville endormie. Je prends un taxi pour aller loin de cet endroit, loin de ceux qui me reconnaîtront, loin du passé de cet homme qui est mort cette nuit.
Le jour se lève. Je refais ma garde robe. Costumes noirs, vêtements souples permettant des mouvements amples et rapides... Je repère un immeuble désaffecté où je m'installe le confort nécessaire. Télévision, lit, ordinateur, frigidaire... On ne pose pas de question : je paye cash et en liquide...


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   Réponse au Sujet 'Récit d'un homme déjà mort' a été posté le : 27/08/03 19:48
Samedi 1er novembre 2003.
Heureuse nouvelle pour un drame

Les cloches sonnent... Je me réveille. Contrairement à ce que ma pensée m'amène en premier lieu, ce ne sont pas là les cloches d'un enterrement. D'ailleurs, Je suis trop loin du lieu du drame et il est encore trop tôt pour que mon enterrement ai déjà lieu. Dans ma précipitation de ces derniers jours, j'en avais oublié qu'aujourd'hui, jour de la Toussaint, est férié. Peu m'importe en réalité ; je décide moi-même des jours où je travaille ou non. Mais aujourd'hui, je préfère constater les fruits de mon labeur plutôt que de me remettre à l'ouvrage, bien que mes économies commencent à diminuer cruellement.
Je sors donc et vais acheter le journal régional. Première page, des nouvelles des tempêtes qui sévissent encore... Tiens donc, quelques pilonnes électriques arrachés auront semblé aux journalistes plus intéressants que mon suicide... Peu importe. Il est vrai que j'étais un Monsieur Tout-le-monde ordinaire, mais cela ne va pas durer. Mon travail sera bientôt reconnu par tous et tous me craindront sans me connaître à l'idée même de pouvoir me croiser dans la rue. Seconde page : " un jeune cadre se suicide "... Hum ! Pas de trace de la perte d'emploi, ni de la rupture. Ben tiens ! Comme par hasard, on met tout cela sur le compte de l'alcool uniquement sans se soucier des circonstances qui m'ont poussé à boire. Comme quoi, je ne suis pas le dernier des salauds ! Ma femme et mon patron étaient pires que moi ! " On a pu identifier le corps grâce aux vêtements qu'il portait et à sa lettre d'adieu. L'analyse sanguine a révélé qu'il s'agissait bien de Monsieur... " Ils ont foncé droit dans le panneau les cons... J'irai bien à l'enterrement histoire de voir qui on y retrouvera ; mais il me faudra être discret. "Obsèques célébrées le vendredi 14 novembre à la chapelle Sainte Thérèse où... " Je note la date et le lieu. Je garde la page du journal en souvenir et je jette le reste dans le caniveau.
Mon nouveau petit chez-moi commence à avoir meilleur mine observé à la lumière du jour. Je pirate la ligne téléphonique de l'immeuble voisin afin d'avoir un accès à internet. Je pense être suffisamment bien installé. Il ne me manquerait que le téléphone, mais je préfère ne pas l'installer pour conserver l'anonymat. J'affiche au mur le journal avec l'annonce de mon premier client ; bien d'autres suivront, plus riches et plus importants. Je décide d'aller me promener au bois pour le reste de la journée, afin de me détendre l'esprit. Je ne commencerai le repérage de mon second homme que demain.


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   Réponse au Sujet 'Récit d'un homme déjà mort' a été posté le : 02/09/03 16:43
Dimanche 2 novembre 2003.
Mon Père...

Ce matin, je vais à l'église. Cela ne m'était pas arrivé depuis ma rupture ; pas même pour hier. Dimanche des trépassés... Inutile de dire que l'homélie du prêtre était en lien avec la fête de la veille. Le salut pour les morts, la rédemption, le pardon des péchés pour la vie éternelle et le repos de l'âme... C'est à ce moment que je réalise l'absurdité de ma présence ici, aujourd'hui. Mon salut ne m'importe plus ; d'ailleurs, l'homme que j'était est déjà mort, et mon âme avec lui repose à présent à la morgue en attendant le vendredi quatorze.
C'est alors que j'entrevois une autre utilité à cette célébration. L'église est richement ornée... l'encensoir, les calices, les croix décorées... Tout ceci pourrait se revendre une bonne petite fortune au coin des ruelles mal famées. Les fidèles de l'Eglise, eux, ne sont pas mal non plus... les petites vieilles fortunées, les riches bourgeois, le maire... Tout ce petit monde semblait bien pourvu et prêt à donner généreusement, surtout pour une telle occasion. Le curé de la paroisse, Père André Billot, célèbre la messe avec un autre prêtre et un diacre. A la fin de la messe, les offrandes sont ramenées à la sacristie. Viennent les annonces. Le lendemain sera célébrée une messe pour les obsèques de Madame Bertrand... La conclusion est immédiate dans mon esprit, le fruit de la quête restera à la sacristie cette nuit. Cet après midi, Père Billot restera seul à la disposition de ses fidèles jusqu'à dix-huit heures pour ceux qui souhaitent recevoir le sacrement de réconciliation.
Mon prochain client est tout désigné. Je profite de la sortie de la messe pour en apprendre d'avantage sur Père Billot. Père André Billot est prêtre depuis maintenant sept années. Il entame sa troisième année consécutive en tant que curée de cette paroisse. Agé de trente et un ans seulement, il conserve une robustesse et une force de vie qui sont les principaux traits marquants de sa personnalité. Très souriant et doux de nature, il reste tout de même impressionnant pour ceux ne le connaissant pas du haut de se un mètre quatre-vingt-dix. Apprécié de ses paroissiens pour son charisme et sa force de persuasion, il semble avoir toujours été destiné à répandre autour de lui son message d'amour et de foi. Hélas pour lui, il ne le répandra plus pour très longtemps puisqu'il vit en ce moment sa dernière journée. Je devrai opérer rapidement et par surprise pour ne pas laisser le colosse prendre le dessus. La fermeture des portes de l'église après les confessions me semble être le moment tactique. Il devra d'abord fermer le portail principal pour ensuite rejoindre le presbytère en refermant derrière lui la petite porte reliant celui-ci à la nef. Je la refermerai à sa place ; le pauvre ne l'atteindra pas vivant. Mon entrée en scène ne se fera pas avant dix-sept heures, ce qui me laisse une marge de quatre heures trente pour vaquer à mes occupations.
Afin de me détendre, je vais donc faire un tour en ville. Je passe à un petit restaurant pour me rassasier d'un steak-frite. Viande saignante, à peine saisie, encore presque crue à l'intérieur... C'est à ce moment qu'elle est la meilleure : lorsque la chair se déchire aisément sous les canines et que l'on pourrait sentir le sang couler dans le morceau de muscle.
Ballade digestive dans les vieux quartiers. Seize heures quarante-six ! Je reviens vers l'église. Il n'y a personne au confessionnal. Je n'ai pas le choix, je ne dois pas encore me faire remarquer, je prends place. " Mon Père, pardonnez-moi car j'ai pêché..." C'est incroyable le nombre de fautes religieuses que l'on peut commettre en l'espace de moins de deux mois... Paresse, qui m'a fait moisir quarante jours durant ; avarice, qui m'a poussé à partir avec toutes mes économies sans rien laisser derrière moi ; colère, qui me ronge intérieurement depuis tout ce temps ; orgueil, qui me pousse à de plus hauts méfaits pour être reconnu ; gourmandise, qui ce midi encore a fait son oeuvre ; envie, qui m'anime dans ma tâche à rechercher les riches clients ; luxure... nous verrons à la prochaine victime... " Tu ne tuera point... " " Tu ne convoitera point le bien d'autrui ..." Et j'en passe des meilleures et des pires ! Pour ménager le pauvre homme d'Eglise, je me suis contenté en face de lui des faits déjà accomplis. Je pense que cela lui a suffi pour paniquer un peu. Mais il ne téléphonera pas à la police avant ce soir. Il hésitera et réfléchira longtemps avant de trahir le secret de la confession... Et ce soir, il sera trop tard pour lui !
Je laisse la place au pêcheur suivant et profite de ce que le prêtre soit occupé pour me glisser discrètement au balcon derrière l'orgue. Quelques autres instruments servant à accompagner les chants se trouvent là. Parmi eux, une harpe. Je mets mes gants de cuir noir et me saisis d'une corde que j'enroule autour de mes poings, de sorte que j'aie une prise suffisamment solide et ferme. J'attends patiemment.
Les cloches sonnent : dix-huit heures ; les confessions sont finies. Père Billot reste malgré tout, troublé, dans l'église pour prier. Il est très exactement dix-huit heures cinquante-sept lorsque celui-ci achève son recueillement. Il se dirige vers le portail, pousse la lourde porte, la referme, donne un tour de clé. Il s'avance dans l'allée centrale. Le balcon n'est qu'à deux mètres cinquante environ de hauteur. D'ici à la hauteur de sa tête, il y a moins d'un mètre. J'enroule fermement mes jambes autour de la balustrade et me prépare à basculer en avant. Les pas résonnent plus forts que jamais dans la nef. Je vois l'ombre s'approcher lentement, puis sa tête apparaît. La suite se déroule en l'espace de moins d'une seconde. Je me jette en avant, tends mes bras croisés et la corde tendue qui vient frapper sa jugulaire. Mes bras passent rapidement au-dessus de sa tête et se décroisent. Il est pris au piège... La corde est suffisamment serrée pour qu'il ne puisse crier. Toujours accroché la tête en bas, je sens le sang monter et des frissons me parcourir le visage tandis que ce regard pétrifié me scrute et m'implore. Il n'y avait pas de colère dans cette expression, mais plutôt une sorte de terreur mélangée à de la pitié et à de la compassion ; comme si il avait pu lire dans mes yeux le malaise intérieur qui me rongeait... Le corps s'affaisse mais je le retient et le tire vers moi afin d'être sûr d'avoir bien achevé mon travail : il serait fâcheux que le bonhomme se relève ensuite et s'attaque à moi. Son poids commence à se faire sentir. Dans un dernier effort, je le soulève une dernière fois, puis le laisse tomber à terre. Je lâche ensuite la rambarde de mes jambes et laisse le cadavre amortir ma chute.
J'arrache le trousseau de clé de sa main droite qui le serre encore et pénètre dans la sacristie. Dans le placard, je trouve sans grande peine le sac de la quête que j'accroche à ma ceinture, après y avoir rajouté les deux calices et quelques coupes que j'ai pu trouvé. Je retourne dans l'église et jette un coup d'oeil au mort. Je ne sais pourquoi, je ne peux m'empêcher de fixer son pouce droit. N'ayant pas de temps pour réfléchir sur ce point et dans je ne sais quel mouvement de folie, je vais chercher à la sacristie le couteau pour régulariser les cierges et quelques linges, mutile le pauvre curé, et repars avec l'objet.
Ma sortie devant être discrète, je choisis de passer par le presbytère pour enjamber le mur séparant le jardin d'une ruelle alors déserte. Je rentre chez moi ; j'aurai davantage de temps demain pour faire mes comptes de la journée.


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   Réponse au Sujet 'Récit d'un homme déjà mort' a été posté le : 02/09/03 16:52
Petit interlude (Ceci ne fait pas partie du récit):
Je ne sais pas s'il y en a beaucoup qui suivent ce récit, mais pour ceux qui le suivent, ça m'arrangerai si vous pouviez donner votre avis; sinon, pour l'interlude proprement dit, je vous propose de deviner pourquoi le personnage a gardé cette relique du curé...
Le gagnant ne gagnera rien du tout, mais c'est juste pour voir si certains arrivent à lire dans l'esprit tordu de mon personnage, esprit encore plus tordu que le mien puisque celui-ci est inspiré de moi en accentuant les petites déviances (je vous rassure, je ne suis pas encore devenu un tueur en série...)
Voila, c'est à peu près tout ce que j'ai à dire, n'hésitez pas à réagir au cours du récit.
La diffusion risque d'être un peu moins dense avec la rentrée, puisque je ne garde aucun chapitre en réserve et les livre au fur et à mesure de l'écriture...

La réponse est dans le paragraphe suivant...


Dernière mise à jour par : vinc le 06/09/03 15:17

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   Réponse au Sujet 'Récit d'un homme déjà mort' a été posté le : 06/09/03 15:19
Lundi 3 novembre 2003.
Petit bilan

La soirée d'hier a été fructueuse. Je vide le sac en entier sur la table pour faire les comptes et mettre de côté les objets à refourguer. C'est alors que je le revoie devant moi ! Mais pourquoi diable l'avais-je emporté ? Que pouvait m'apporter ce doigt ? Je le regarde en essayant de comprendre mon acte. Je n'ai aucune envie de le garder, cela fait un peu tâche à côté du reste du mobilier et bien qu'ayant des goûts un peu morbides de temps en temps, je ne lui trouve rien de franchement décoratif. Mais alors pourquoi ? J'ai bien dû y réfléchir des heures avant de trouver enfin une explication rationnelle. Comme j'en avais déjà conscience, ce n'est que parce que je suis déjà mort en quelque sorte que je me permets d'agir ainsi sans la moindre pitié ou compassion. Mais plus encore, c'est pour bien m'en assurer que j'ai éprouvé le besoin de, par ce geste symbolique, me tuer encore une fois à travers lui en effaçant la seule preuve encore une fois qui permettait de me désidentifier... Je n'ai pas pu me contenter du premier homme pour être sûr de bien être mort, il a fallu également que je me tue une seconde fois, projetant sur ce cadavre au doigt coupé mon propre être, ma propre identité, ma propre âme. Une seconde fois... Mais cela suffira-t-il ? J'en doute fort ! Deux fois, trois fois, quatre fois, ... il en faudra bien d'autre encore pour me persuader d'avoir tuer tout mon être ; peut-être cela ne s'arrêtera-t-il jamais. De toute manière, cela n'est pas plus mal... Comme cela, au moins, je laisse sur mon client la trace de mon passage. Je signe mon oeuvre en quelque sorte. C'est le seul moyen d'accéder à la reconnaissance ; laisser une trace pour pouvoir revendiquer son acte. Dorénavant, tous porteront ma marque ; tous seront semblable à mon cadavre, avec le pouce droit qui manque, afin que chacun sache que c'est bien moi qui me trouve là dans la tombe, moi que mon empreinte digitale ne peut trahir, moi qui suis déjà mort cette nuit-là, moi qui meurs encore un peu plus chaque jour et qui les entraîne tous dans ma lente agonie.
Mais que dois-je faire de ce morceau de viande ? Le faire disparaître, ne pas le conserver... Comment ? Le feu n'agira pas assez puissamment. Je ne peux l'abandonner tel quel. Je n'ai nulle part où le cacher ou détruire. Je décide donc de prendre le couteau de cuisine. Délicatement, après l'avoir lavé, je gratte la peau recouvrant l'ongle, jusqu'à ce que ce dernier soit parfaitement découvert. Je le rince alors à l'eau et le découpe en petit morceaux à l'aide d'un coupe ongle. Personne ne fera attention à ces rognures d'ongles au milieu de d'autres ordures. Je désosse ensuite le morceau et mets de côté les os... Dans la poubelle du boucher, cela ne fera aucune différence au milieu du reste. Je vais ensuite chercher des couverts et fait rapidement disparaître le petit morceau de viande. Cela n'est pas mauvais ; ça me rappelle un peu le goût du steak presque cru mais avec une saveur supplémentaire que je ne saurait décrire... J'utilise les linges d'église pour nettoyer la table et les jette au feu. Il n'y a à présent plus la moindre trace du morceau de viande chez moi.
Je compte ensuite les sous récoltés. J'ai à ma disposition mille cinq cent trente-sept euros vingt-deux centimes supplémentaires. Je mets l'argent de côté et sort pour mon déjeuné. L'après-midi, je parcourt les bas quartiers pour me renseigner sur où je pourrai revendre les coupes et calices... Finalement, j'obtient l'adresse d'un bijoutier à Paris qui ne regarde pas trop sur la provenance de la marchandise. Je pourrait me rendre chez lui dès demain, à son domicile plutôt qu'à sa boutique, afin d'éviter les mauvais yeux qui rôdent.


Dernière mise à jour par : vinc le 06/09/03 15:21

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