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Sujet : Le Tombeau des Souvenirs

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Tidus

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   Réponse au Sujet 'Ames Perdues : le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 02/10/03 19:16
La suite, la suite, on veut la suite ;)

Chapeau pour les description, les images viennent d'elle-mêmes, c'est à peine si l'odeur des chaires putréfiées se fait sentir de l'autre côté de l'écran (le premier médisant qui parle de mes pieds...:) )

Je suis pas une référence de la critique mais je trouve la nouvelle pour le moins prenante. Alors y sort quand le prochain épisode :D ?

Tidus, à ton service.


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l ortograf c nul


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Swan

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   Réponse au Sujet 'Ames Perdues : le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 05/10/03 16:51
Merci beaucoup Tidus !
Bah là on est toujours à l'épisode 3... Voici la suite.

**************************************

Elle soupira de soulagement, rassurée de voir que dans cette ville restait encore quelque chose dont elle avait le souvenir. Elle avait enfin trouvé un point de repère. L’endroit où James lui avait demandé sa main… Elle eut un pincement au cœur à l’évocation de son défunt fiancé.

Mais c’est pour lui que tu es là… Pour le retrouver. Et quel autre endroit que celui-là pour le revoir enfin ?

Elle courut à nouveau, pour se rapprocher de l’instant où elle allait franchir la porte du café, et avoir des réponses à ses questions. Elle laissa le parc et ses herbes désséchées derrière elle. Le Lounge Café, bien qu’assez vieillot la dernière fois qu’elle s’y était rendue, semblait avoir vieilli d’autant plus, si l’on en croit les couches de poussière recouvrant la vitrine et la petite porte de bois, ainsi que les nombreuses toiles d’araignées.

Elle sentait comme une tension au niveau de son ventre. Elle essaya d’imaginer quelles seraient les circonstances d’une hypothétique retrouvaille avec son bien-aimé. Lui en voudrait-il de ne pas l’avoir retrouvé ? La paume de sa main droite effleura la poignée, et se retrouva couverte de suie. D’un geste décidé, elle appuya puis poussa légèrement, faisant grincer la porte dont les gonds étaient rouillés.

Personne. L’intérieur du café était silencieux et calme, deserté mais dénué d’impression malsaine. Des rais de lumière diffuse traversaient les vitres sales du café, donnant à cet endroit une atmosphère des plus confinée. Les banquettes de tissu étaient crevées par endroits, laissant parfois sortir de la mousse jaunâtre qui s’effritait pour devenir poussière. Les tables de restauration étaient séparées du bar par une rampe de bois. Le Lounge Café faisait l’effet d’un sanctuaire, à côté des rues chuchotantes de la ville. Un sanctuaire endormi, mais vide. Elaine essuya négligemment sa main souillée sur son jean.

Délicatement, elle fit glisser le bois poli de la vieille rampe sous le bout des doigts. Machinalement, et d’un mouvement peut-être un peu las, elle s’assit à l’une des tables, pensive. Lentement, elle sortit de sa veste le portrait de James ainsi que la lettre, qu’elle posa sur la table sans nappe pour les contempler, la déception se lisant sur son visage.

Voilà tout ce qui reste de toi, mon amour. Ce portrait étrange qui semble me fixer, et ta lettre d’adieu. Je suis venue ici afin de te retrouver, dans l’espoir de te savoir en vie. Alors où es-tu ? Comment quelques mots griffonnés ont-ils pu semer le doute…


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   Réponse au Sujet 'Ames Perdues : le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 07/10/03 18:41
Accoudée à la table, Elaine posa la tête entre ses mains, le regard dans le vide. D’une main fébrile, elle ouvrit l’enveloppe un peu jaunie par les ans, pour en sortir un fin feuillet parcouru de lettres d’encre bleue sombre. James lui avait demandé de détruire cette lettre, mais sa fiancée n’en avait jamais eu le courage. Elle avait juste été capable de la conserver au fond de son secrétaire, pour ne plus jamais y poser le regard.
Son esprit s’égara sur ces mots faits de pleins et de déliés, qui l’avaient tant bouleversée cinq ans plus tôt, lorsqu’elle les avait lus pour la première et la dernière fois.

« Mon amour, mon orpheline,

Je sais, au plus profond de moi-même, que je serai toujours lié à toi d’une quelconque façon. Je sais que tu ne me pardonneras peut-être pas. Je me sens terriblement las, et mes idées sont embrouillées.

Je repense encore à ce jour si particulier, lorsque je t’avais demandé ta main, dans cette petite ville que me semble si familière. Je repense à ces instants où, pleine de vie, tu t’adonnais à notre passion commune à mes côtés. Je repense à cette petite lueur vivace que j’aimais tant dans tes yeux.

Tu/ »


Elle ne put en lire plus. Cela faisait remonter en elle trop de souvenirs douloureux. Réprimant quelques larmes, elle fit glisser le fin papier dans la vieille enveloppe.
Que faire maintenant ?

**********************************

Désolée pour la petitesse de l'extrait mais je n'ai pu découper ça autrement. Mais bon, il y a tout de même l'apparition de cette lettre, qui sera tout de même d'une certaine importance... Normalement l'écriture est du lucinda handwriting en bleu sombre.


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   Réponse au Sujet 'Ames Perdues : le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 11/10/03 22:16
D’un geste rapide, elle rangea la lettre et le portrait mystérieux auquel elle avait à peine prêté attention. Elle se leva, contemplant les charpentes du café, puis elle se dirigea vers le bar, à la recherche de quelques friandises. Elle n’avait pas prévu de quoi se nourrir dans cette ville vide et insensée… Elle trouva dans des étagères quelques biscuits, qu’elle mit dans sa poche. Elle s’apprêta à s’en aller, mais elle s’arrêta brusquement. Derrière elle, à la table où elle s’était assise aux côtés de James il y a si longtemps, une feuille de papier pliée était posée là, sous un petit objet métallique. Elaine fit demi-tour, prit le papier et le déplia lentement, pour y lire un court message tapé à la machine.

« Parviendras-tu à me sauver de moi-même ?
L’écrin du feu libérateur est à prendre
Où les feuillets de glace que l’hiver sème
Consolent les incapables qui n’osent comprendre. »


La jeune femme fronça légèrement les sourcils, puis sa main s’arrêta sur l’objet de métal sur la table lisse. Il s’agissait d’une petite clef dont les crans assez basiques laissaient penser qu’elle n’était sûrement pas destinée à une habitation. Accrochée à la clef, une fine étiquette imprimée indiquait le chiffre 316.

Les feuillets de glace que l’hiver sème… Que l’hiver sème…

Sous le coup d’une certaine excitation, Elaine sortit sa carte de sa veste, la déplia et la posa sur la table. Elle parcourut le plan avec le bout de l’index, qui s’arrêta sur un carré violacé de la carte.
Le lycée Edelweiss. C’est le lieu indiqué par la poème. La clef doit venir de cet endroit.
Elle soupira devant cette situation plus qu’improbable.
Je sais que je vais devoir y aller, d’une manière ou d’une autre…

Elle ramassa la petite clé qui tinta légèrement contre la table et l’étrange poème, qu’elle glissa dans sa poche. Après avoir consulté la carte, elle la replia et la rangea à nouveau. Elaine posa une dernière fois son regard de glace sur le Lounge Café, avant de s’en détourner pour marcher dans la Vasquez Boulevard.

******************************************

Petite précision : le chiffre indiqué sur la clef n'est pas définitivement déterminé. La suite risque de prendre un peu de temps vu que je dois faire le plan détaillé du lycée...


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   Réponse au Sujet 'Ames Perdues : le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 15/10/03 15:08

Elle frissonna légèrement, s’apercevant du froid naissant entre les murs de la ville. Tout était si glacial, inerte, mais pourtant si familier… Elle s’avança dans cette rue altérée dont les façades effritées semblaient résonner encore d’un écho lointain. Etait-il possible que des personnes aient vécu à cet endroit ? Pourquoi cette ville aussi vide, et en même temps comme en alerte ? Elaine n’eut pas vraiment le loisir de se perdre dans ces réflexions. Ce qu’elle aperçut à ce moment-là coupa court à ses pensées.

Alors qu’elle se tenait devant la vitrine d’une boutique appelée Lorelei’s Dresses, une silhouette familière et inquiétante se dressait un peu plus loin, sur l’autre trottoir. Cette démarche pesante et bancale la secoua d’une onde de dégoût, autant que ses gémissements poussifs et lancinants. Elaine sortit son couteau, qu’elle sera d’une main tremblante. La créature ne l’avait pas encore vue. La jeune femme se mit à raser les murs, prenant garde à chaque pas. Sa grâce et sa souplesse l’aida à devenir complètement silencieuse, mais la peur qui lui nouait la gorge pouvait à tout instant lui être fatale. La grotesque créature était à présent accroupie, se tordant au-dessus d’une flaque pourpre qui virait sur les bords vers le noir corbeau.

Elaine ferma les yeux un bref instant, priant pour que l’odeur de sang masque sa propre odeur d’humaine terrorisée. Elle essaya de se concentrer sur sa respiration, et fit tout pour la maîtriser. Quelques mètres plus loin, elle était pratiquement sûre que le monstre huileux ne l’avait pas vue. Elle laissa la créature derrière elle et s’en alla un peu plus rapidement, pour ôter de sa vue la chose immonde toujours agenouillée devant le sang séché.

Elle continua à parcourir la Vasquez Boulevard, qui était une rue assez large bordée de trottoirs gris et de haut bâtiments. Quelques fois, ces façades laissaient place à des grands magasins, comme un concessionnaire dont les voitures exposées étaient aussi défoncées et rouillées que celle de l’extérieur. Alors qu’elle passait devant un certain Cambridge Pub, la jeune femme aperçut non loin les grilles du lycée qui englobaient une cour de béton et un batîment rectangulaire assez impersonnel. Cette vision l’encouragea à avancer un peu plus, vers la grande entrée de la grille grignotée par la rouille. Elle s’enfonça davantage dans ce long boulevard et la brume qui l’accueillait de ses bras décharnés.
Puis, à quelques centaines de mètres de l’entrée principale, elle s’arrêta net. Puis fit demi-tour pour courir à toute vitesse.

La ville semblait être une ruche de monstruosités sorties tout droit de l’esprit d’un aliéné. Les deux créatures croisaient leurs bras démesurés contre leur ventre boursouflé, et avançaient d’un pas traînant en poussant un cri, de rage ou de douleur, qui aurait pu être féminin. Mais Elaine ne s’était pas attardée à les contempler en détails. Elle avait fui et tourné à droite dans une ruelle tout près du Lycée Edelweiss. Une ruelle qui s’avérait être une impasse. La grille de la cour grisâtre continuait jusque dans cette rue, pour finir tout au fond par une petite porte grillagée. La porte était entrouverte. Elaine la franchit.



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   Réponse au Sujet 'Ames Perdues : le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 28/10/03 18:44
La cour ne comportait aucune trace de verdure, de mégots de cigarette ou de déchets de nourriture. Elle était vide. Complètement vide. Comme si ce lycée n’avait jamais accueilli le moindre élève. Elaine savait que les deux créatures hurlantes ne tarderaient pas à venir la retrouver. Il fallait se cacher. Et le seul moyen de se trouver hors de vue, était de passer par l’entrée de service du Lycée Edelweiss, qui se résumait à une porte de plastique autrefois blanc qui entourait une vitre de plexiglas recouverte d’une pellicule de vieille graisse.

L’intérieur du lycée sentait le renfermé. Les murs pâles étaient aussi poussiéreux qu’ils pouvaient l’être. Des rais lumineux déjà ternis par le soir naissant traversaient la vitre presque opaque de la porte, pour mourir dans les profondeurs du couloir obscur. Elaine tréssaillit lorsqu’elle entendit au loin un gémissement plaintif familier. Le plus rapidement et silencieusement possible, elle prit la première porte sur sa gauche, qui était identique à celle de l’entrée, et la referma derrière elle. Puis elle s’accroupit pour qu’on ne puisse pas la voir à travers la vitre de la porte. Elaine se trouvait dans ce qui ressemblait à un bureau d’accueil. Quelques affaires et papiers étaient disséminés ça et là sur le bureau dont les angles étaient atténués par la pénombre. Toujours abaissée, couteau en main, la jeune femme frissonna lorsqu’elle entendit le bruit sourd des pas irréguliers de la créature passant dans le couloir.

Une fois la créature repartie dans les profondeurs du couloir, Elaine entreprit de fouiller sommairement les quelques affaires sur le bureau. Par chance, ses mains devenues grises à cause de la poussière tombèrent sur une lampe-torche en plastique noir. Elle l’essaya brièvement contre la paume de sa main. Ca marchait. A pas de velours, elle se glissa hors du bureau d’accueil, le couteau caché dans l’ombre. La créature était de dos et s’avançait en se traînant vers le profondeurs du couloir. Décidée à la prendre par surprise, Elaine se précipita sans un bruit vers le monstre et poignarda sa chair grisâtre en plusieurs endroits, jusqu’à ce qu’il s’écroule pour se plus jamais bouger. Le visage inexpressif, Elaine contempla cette chose gisant sur le sol lisse et poussiéreux de l’étroit couloir.

Elle jeta un coup d’œil sur sa gauche et vit une autre porte un peu plus loin, juste après la remise, où un écriteau indiquait « Infirmerie ». Elle s'engoufra dans la pièce. Une fois à l'intérieur, Elaine dut allumer la lampe-torche pour se repérer. L’infirmerie avait l’air tout à fait normale, mis à part cette étrange impression que rien de vivant n’y était venu depuis longtemps. La jeune femme trouva quelques boites de médicaments et des pansements. Elle prit les pansements avec elle, puis sortit rapidement de la pièce et prenant garde à ne pas attirer l’attention. Lorsqu’elle se retrouva dans le couloir, un hurlement retentit de l’étage, glaçant le sang de la jeune femme.

Ce hurlement était humain ! Il était humain ! J’en suis sûre !



Dernière mise à jour par : Swan le 28/10/03 18:47

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Arkan Lazam

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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 18/11/03 20:16
Franchement c'est terrible t'as vraiment un don je crois! C'est vraiment passionnant, j'aime trop ton histoire!


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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 12/04/04 17:15
Elle fut prise d’une irrésistible envie de monter accourir face à cette possible présence humaine, mais une partie d’elle plus enfouie lui disait de ne pas s’en occuper, car un hurlement n’était jamais poussé sans raison. Le silence était retombé lourdement, étouffant l’écho tel une épaisse couverture. Suivant l’étroit couloir, Elaine bifurqua sur la droite et déboucha sur un long boyau obscur qui semblait sans fond. De chaque côté, des casiers métalliques s’alignaient, ternes, rouillés, impersonnels. Le faisceau de lumière de la lampe-torche balayait le lino du couloir, créant un jeu d’ombres monochrome et fantômatique.

Après quelques pas prudents, Elaine s’arrêta lorsqu’elle aperçut dans la pénombre le reflet d’un cadre plastifié. Elle posa la lampe par terre, décrocha le cadre puis le démonta pour récupérer ce qui l’interessait : une carte d’évacuation du lycée. Un brin nerveuse, Elaine sourit du coin des lèvres, reprit la lampe-torche puis, après s’être rapidement repérée dans les lieux, fourra le plan dans sa poche gauche. Puis, au cours de sa lente marche ponctuée par les bruits sourds de ses propres pas, son attention fut attirée par les casiers. Ces hauts et étroits placards métalliques se dressaient, effrités et impassibles, comme des gardiens silencieux dont le temps avait fait délabrer leurs traits et leur esprit. Mais ce qui interessait surtout Elaine, étaient les numéros à moitié effacés et les serrures ornant ces boîtes de métal.

191, 193 … La clé que j’ai trouvée doit pouvoir ouvrir l’un de ces casiers. J’ai le numéro 517. Reste à savoir où ce casier se trouve…

Perdue dans ses pensées, elle n’entendit pas tout de suite un bruit caractéristique venant du fond du couloir…

TacTacTacTacTacTacTacTacTacTacTacTacTacTacTacTacTacTacTac
TacTacTacTacTac


Sous le faisceau tremblotant de lumière, une ombre furtive et trappue s’avançait de manière saccadée, et chacun de ses mouvements semblait accompagné d’un cliqueti d’os. Sous le regard horrifié d’Elaine se déplaçait une chose à moitié décharnée dont les membres semblaient disloqués et agencés au-delà de toute logique. Son dos se cambrait à l’extrême, au-delà des capacités humaines, pour former une figure digne d’un contortionniste aliéné. Les bras étaient plus longs que la normale, les articulations inversées, et le tout trainait par terre pour se rabattre afin d’avancer, tel un lièvre malade. La tête retournée, ou ce qui en ressemblait, dodelinait d’un côté puis de l’autre en faisant claquer frénétiquement ses machoires pourvues de dents brunâtres anormalement longues. Son corps nu était recouvert par endroits d’une sorte de cataplasme nauséabond.

Elaine n’attendit pas que cette chose monstrueuse s’approche pour faire demi-tour et s’enfuir. Elle poussa sur sa gauche une porte à double battant pour se retrouver en bas d’une cage d’escalier qui semblait vertigineuse. Sans se retouner, l’ancienne danseuse commença à parcourir les marches.



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soron elendil

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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 15/04/04 07:38
merci...;)

en éspérant sincèrement que tu continues (ou que tu me tienes au courant), mais je veux absolument la suite!



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Swan

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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 16/04/04 17:11
Voici la suite, ui introduit un nouveau personnage, eeeeh oui ;) Enjoy, et n'hésitez pas à déposer des petits commentaires ^__^

*************************************

Les hauts murs étaient parcourus de fissures et d’infiltrations. La rampe rouillée était comme enduite d’une substance coagulée à la couleur indéterminée. La peinture autrefois vive s’effritait pour tomber en miettes sur le sol. Chaque bruit résonnait à travers cette tour de fortune. Chaque pas sur les marches d’escalier faisait soulever de fins nuages de poussière et de cendres. Une fois arrivée en haut, Elaine franchit la porte menant au premier étage. Elle espéra de tout cœur que la créature disloquée ne pourrait monter l’escalier poussiéreux.

A peine avait-elle refermé la porte derrière elle, qu’une forme trappue surgit du plafond. La cœur de la jeune femme bondit dans sa poitrine, et elle ne put réprimer un cri d’effroi. Les mains moites et glacées, elle agrippa le manche de son couteau de boucher, mais déjà elle ressentit une douleur au niveau de sa joue et quelque chose de chaud commençant à couler sur son visage. A l’aveuglette, elle tailla comme elle le pouvait la chair de la créature, mais elle ne rencontra que des os sous de la peau.

Elle sentit des petits doigts acérés s’accrocher sur le dos de sa veste, et elle réalisa avec horreur qu’un morceau de chair vivante et agressive voulait l’étrangler de ses membres osseux. Dans la confusion, Elaine se jeta dos contre le mur recouvert de casiers métalliques, provoquant un grand bruit de tôle à travers tout l’étage. Mais ce fut le bruit macabre des os craqués de la créature qui glaça le sang de la jeune femme. Elle n’eut pas le temps de contempler la trainée de sang sur l’un des casiers, étant trop occupée à se débattre face à un contortioniste voulant lui mordre les mollets. Un coup de pied au visage et une lame effilée contre sa gorge mirent fin à son existence.

La sueur qui avait parcouru son corps devint glacée. Elle dut se retenir de hurler du plus profond de ses entrailles. Le carnage devant elle, la tableau dont elle avait été la créatrice, n’avait plus rien d’esthétique à présent : ce n’était qu’un amas d’os et de chairs suintantes. Elle se figea à nouveau lorsqu’elle perçut de faibles pas un peu plus loin, accompagnés d’une frêle silhouette à la lente démarche. Elle voulait pleurer, elle voulait hurler devant ces horreurs, mais elle devait survivre. Survivre, tant qu’elle n’aurait pas levé le voile sur son amour perdu. Et pour cela, elle devait se battre, comme elle le pouvait.
Reprenant son souffle, Elaine s’approcha lentement de sa cible, couteau en main, sens en alerte. Puis tout-à-coup ses nerfs lachèrent, et moins par courage que par perte de contrôle, elle se jeta telle une furie sur l’ombre, hurlant et brandissant son arme souillée, prête à frapper. A son hurlement bestial se mêla la voix de la proie, faible et grêle :

- Non… Je v-vous en supplie !

Les yeux d’Elaine s’écarquillèrent et ses mouvements meurtiers cessèrent, et tous deux restèrent immobiles durant quelques longues secondes où chacun essayait de lire dans le regard de l’autre.

- Je ne s-suis pas l’un d’eux, sanglota le vieillard, je n’en suis p-pas un…

Agenouillée sur le vieil homme, la lame du couteau glissée contre la gorge de l‘inconnu, elle fronça les sourcils tout en se relevant lentement. Toujours sur ses gardes, elle ramassa la lampe-torche qu’elle braqua sur le visage de l’individu. Le faisceau de lumière accentuait les rides creuseant ses joues et son front, et éblouissait des yeux d’un bleu limpide.

- Qui êtes-vous ? dit-elle dans un souffle.


***************************

Fin de l'épisode 3.


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Kröy

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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 16/04/04 21:17
Wow. Bravo, c'est très bien. La description des monstres manque peut-être un peu de "conviction", mais il règne dans ce récit une ambiance à la fois romantique et malsaine plutôt agréable. Enfin, façon de parler. Bien, en tout cas, j'aurais même envie de dire "vivement la suite".

Kröy - Autiste surdoué.


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Jean Louis Murat, Génie de la Transcendance Musicale Sub-Consensuelle.

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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 18/04/04 17:23
Merci de tes commentaires, Kroy. Seulement, cela m'intrigue : comment faire pour faire des descriptions avec plus de "conviction" ? Il aurait peut-être fallu que je les raccourcisse, ou encore que je les dilue dans les actions... Une idée ?
Je vous posterai la suite dès que possible.


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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 18/04/04 18:39
En fait, je trouve que tes descriptions se basent trop sur la vision vidéo-ludique que nous avons du mort vivant dans son ensemble ; tu sais que la plupart des lecteurs ont déjà vu ce genre de monstres, et on dirait que du coup, tu ne trouves pas nécessaire d'aller plus loin dans leur description. Je pense juste que tu devrais donner d'eux une description plus horrifiante, moins conventionnelle, si c'est possible. Désolé d'être chiant, parceque ça reste quand même trèèès bon. Vraiment.

Kröy - Mmmmh... Ne sais.


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Sam_Billerond

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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 22/04/04 15:49
tu es vraiment douée pour rendre l'ambiance, je suis d'accord avec Kroy, peut etre essayer de donner plus une description des machabbée basée sur ce que l'héroine perçoit et moins sur la vue d'un observateur externe.
de plus cela renforcerait l'implication du lecteur dans ce que vit cette charmante quoique malchanceuse jeune femme.

mais ton réci est captivant et trés bon, je l'ait dévoré en 1h pour l'ensemble.
vivement la suite

sam


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sam billerond....


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Swan

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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 23/04/04 16:54
Ok, j'ai enfin compris ce que je devais faire, je vous remercie pour vos remarques et conseils qui vont m'être fort utiles. J'essaierai d'autres expérimentations à l'avenir quant à la description peut-être un peu moins conventionnelle des divers monstres...
Merci encore !

Tiens, pour vous remercier je vous poste la suite avec l'introduction d'un nouveau personnage et le début d'un dialogue assez déroutant.

****************************

Episode 4 : Eros/Thanatos ( titre provisoire )

Ils restèrent face à face, s’affrontant du regard durant de longues secondes. Elaine avait légèrement détourné le faisceau de sa lampe, et tous deux étaient à présent éclairés par une lumière diffuse, essayant de sonder le regard de l’autre. Le visage émacié de l’inconnu restait inexpressif et semblait marqué par les épreuves. Si Elaine avait une posture droite, le vieillard était légèrement courbé, ce qui contrastait avec l’aura de force et de mystère qui émanait de lui. Puis, brusquement, il pivota sur lui-même et s’enfuit en courant vers l’obscurité du couloir.

- Attendez ! cria la jeune femme, qui se lança à sa poursuite.

Elle l’avait déjà perdu de vue. Comment avait-il pu courir aussi vite ?
********… C’est pas vrai !

Dans la pénombre, elle entendit le claquement d’une lourde porte. La lumière monochrome de la lampe-torche tréssautait au rythme de la course. Arrivée au bout du couloir, Elaine balaya les alentours de son regard glacé, mais l’inconnu s’était volatilisé. Elle maugréa intérieurement, rageant à l’idée d’avoir laissé passer la chance d’avoir peut-être des explications. Puis tout-à-coup, prise d’un sentiment triomphateur, elle se précipita sur la double porte menant aux escaliers. Celle-ci bloqua.
********…

L’espoir retomba aussi vite qu’il était venu, pour laisser place à l’énervement. Elaine actionna plusieurs fois la poignée métallique, mais rien à faire.

Tu vas t’ouvrir, oui !? Il est passé par là il y a vingt secondes !

L’air désemparé, elle jeta un coup d’œil circulaire autour d’elle. Puis elle se dirigea vers un estincteur mural, qu’elle décrocha puis utilisa pour forcer la porte. Les deux portes s’ouvrirent en grand devant elle, donnant sur une autre cage d’escaliers baignant dans la pénombre. Sans perdre de temps, Elaine reposa l’estincteur à terre puis dévala les marches pour accéder au dernier étage.

Le carrelage était glacial sous les pas peu assurés de la jeune femme. En regardant brièvement sa carte, elle sut que cet étage était réservé au gymnase et aux laboratoires de chimie. Tout paraissait calme, comme endormi.
A l’affut, peut-être…

Soudain, elle entendit le bruit d’un verre en train de se briser, mais elle ne parvint pas à en définir la source. S’aidant du plan, elle parcourut le couloir principal en tatonnant de sa main gauche les murs platreux, puis tourna sur sa gauche pour se retrouver près des laboratoires. Elle perçut une ombre floue à travers la vitre sale d’une salle de biologie.

Avec précaution, elle ouvrit la porte, et déboucha sur une petite salle de classe dont les tables carrelées et les chaises hautes faisaient penser à un laboratoire de sciences. Tout était en désordre et parmi les fioles, tubes et instruments divers, se trouvait le vieil inconnu, qui était de dos. Il ne semblait pas prêter attention à Elaine, et paraissait affairé.

- Je ne pensais pas que vous reviendrez me voir, dit-il d’une voix grave et posée.

Elaine ne put s’empêcher de sursauter légèrement au son de cette voix d’un calme olympien. En effet, la voix du vieil homme était plus ronde et maîtrisée. Une lampe-torche était posée horizontalement sur une table carrelée, éclairant quelques instruments scientifiques qu’Elaine ne put identifier. Elle balaya de sa lampe de poche les fioles et autres pipettes graduées.

- Que voulez-vous dire ? demanda-t-elle en entrant lentement dans la pièce.

On pouvait entendre l’inconnu farfouiller dans une boîte d’instruments métalliques. Pendant un bref instant, Elaine frissonna de dégoût en repensant à ce qu’elle allait s’infliger, juste avant de découvrir le portrait de James.
Le vieil homme sortit de la boîte une paire de fins ciseaux, qu’il essaya deux-trois fois dans le vide. Il semblait satisfait.

- Toute personne normalement constituée serait vite partie d’ici, répondit-il d’une voix teintée de philosophie.


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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 25/04/04 09:31
La suite de ce dialogue un peu bizarre...

*****************************************

Il lui tourna à nouveau le dos afin de découper quelques racines séchées, près d’une fenêtre dont la vitre était à moitié opaque. Il versa le tout dans un mortier en bois.
Elaine s’avança un peu plus dans la salle de biologie, et son regard se posa sur quelques feuilles manuscrites au coin d’une table, qui semblaient dater de quelques années. Une écriture rapide et précise parcourait le papier, mais la jeune femme n’y dicernait que quelques bribes de phrases. On aurait dit un carnet de notes, ou un journal intime. Elle parcourut le manuscrit du bout des doigts, pensive.

- Je peux savoir votre nom ? lui demanda-t-elle tout en lisant les quelques notes.

D’un geste brusque mais bien maîtrisé, l’inconnu lui arracha le manuscrit des mains, en criant d’un ton nerveux :

- Ne touchez pas à ça ! Ca va m’aider pour mes recherches.

Elaine fut surprise par son geste, mais le vieil homme se calma, puis lui adressa un sourire serein, juste avant de repartir fouiner dans une armoire pleine de matériel.

- Mon nom est Samuel Brooke, reprit-t-il, mais je ne sais pas si le fait de le savoir va beaucoup vous avancer.
- Vous êtes là depuis longtemps ? Et puis qu’êtes-vous en train de faire ?

Samuel se retourna vers son interlocutrice, une grande bouteille de verre à la main.

- Apparemment, c’est un interrogatoire que vous me faites. Vous m’avez déjà agressé tout à l’heure. Vous êtes qui au juste ? Un flic en civil ?
- Une ancienne danseuse, répliqua-t-elle. Je m’appelle Elaine…

Elle s’interrompit brusquement, jeta un rapide coup d’œil sur sa main droite, puis releva la tête.
- … Lancaster, compléta-t-elle avec une pointe de nostalgie. Je suis ici pour retrouver quelqu’un. J’ai la clé du casier 517 .

Une odeur âcre envahit la pièce lorsque Samuel déboucha la bouteille pour verser une partie de son translucide contenu dans une fiole graduée.

- Je crois que ce casier se trouve à cet étage-là, répondit le scientifique.
Il soupira, tout en versant le contenu de la fiole dans un grand bécher à moitié rempli.
- Mais en fait, continua-t-il, je ne sais même pas pourquoi je vous aide.
- Ecoutez… Samuel… Je suis désolée pour tout à l’heure, je ne voulais pas vous faire de mal. C’est que j’ai cru que vous étiez… enfin… j’avais vu… c’est assez difficile d’en parler.

Les images entremêlées des horreurs qu’elle avait vécues la firent frissonner. Samuel plissa ses yeux et lui adressa un regard interrogateur.
- Vous voulez parler de… ces choses immondes ?

C’est lui que j’ai entendu crier, tout à l’heure !

- Alors vous les voyez, vous aussi ! s’exclama-t-elle, soulagée de ne plus être la seule. Si nous avons un but commun, nous pourrions nous défendre contre eux, ensembles !


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Zien Nith

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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 25/04/04 17:05
Et bien, entre nous, sa s'améliore ! Tu joues, je trouve, très bien sur les sentiments !

Concernant les descriptions, je n'ai pas vu le défaut énnoncé.. j'ai trouvé, justement, qu'il y avait une certaine pudeur dans celles ci.. Des descriptions faites comme si la personne qui en parlait n'avait pas envie de tout dire... comme si elle ne voulait pas se souvenir...

Sinon, si tu tiens vraiment à rajouter quelques détails dans celles ci, tu peux plancher sur les odeurs, aussi... un zombie, ça pue :D

Enfin, que dire de plus, sinon que je suis totalement et inconditionnellement fan !

De la très bonne création. Vraiment.


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Paris a ça de commun avec les petits villages de la campagne profonde que ce sont les deux seuls endroits où on peut y trouver des individus foncièrement agressifs, stupides, associaux de nature, se croyants intelligents et n'étant pas conscient de la vie qui existe hors de leur commune. (Dixit Eo)
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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 28/04/04 12:57
Merci beaucoup, Biquette/fourmi pour tes encouragements ! Néanmoins, j'essaierai à l'avenir d'améliorer mes descriptions et d'ajouter quelques effets d'écritures assez sympathiques ;)

Allez hop, je vous poste la suite qui est un gros morceau de récit, et la fin du dialogue avec ce Samuel...

************************************

Il arrêta d’écraser les racines dans le mortier, puis déversa la bouillie obtenue dans une fiole à travers un entonnoir recouvert de papier-filtre. Il en versa le contenu dans le mélange du bécher.

- C’est-à-dire que… Je dois continuer mes recherches, Miss Lancaster. Pour ma fille. Je suis prêt du but. Je vais les délivrer, tous ! Mon dieu, où est passé l’agitateur magnétique ? Ah, le voilà.
- Mais… vous n’avez pas peur d’être attaqué ?

Il venait juste de placer le bécher sur l’agitateur magnétique. Un tintement retentit lorsque le vieil homme y jeta un barreau aimanté. Lorsqu’il activa l’agitateur, l’aimant tournoya sur lui-même et produisit un petit tourbillon au milieu de la fiole. Samuel contempla la solution, puis leva la tête vers la jeune femme.

- Si, bien sûr que j’ai peur. Mais grâce à moi ils seront tous libres. Je suis venu retrouver ma fille et la libérer. Et tout ce que j’ai trouvé ici, ce sont des notes éparpillées. Ce que je fais n’est pas très scientifique et j’ai de nombreuses fois douté, mais mainternant je sais. Je sais ce que j’ai à faire.

Elaine poussa un soupir à peine perceptible. Ce vieil homme sembla prisonnier de son propre monde, et elle ne put trouver aucune logique dans ses actes. Il y avait un tel décalage entre eux deux, cette ville et l’extérieur qu’elle en eut presque la nausée. Elaine recula doucement vers le pas de la porte.

- Bon, écoutez, dit-elle, je vais chercher ce foutu casier 517 et voir s’il y a vraiment quelque chose à l’intérieur. Je reviendrai dès que possible.
- Faites comme bon vous semble, Miss Lancaster, répondit-il distraitement en sortant un minucule tube de sa veste.

A l’aide d’une fine pince, il sortit du tube de verre un morceau d’une substance rouge et grisâtre, qu’il contempla à la faible lueur de sa lampe-torche. Il semblait fasciné par ce qui ressemblait à un bout de chair pourrie.
Elaine était à présent sur le pas de la porte, prête à faire demi-tour et explorer le reste du couloir.
Le vieil homme relâcha la pression qu’il avait exercée sur la pince, et laissa choir le petit bout de chair dans la solution qu’il venait de faire, toujours agitée par un petit tourbillon. Les yeux avides et fatigués, il contempla la fiole avec concentration, puis attendit, immobile.

- Je vous en prie Samuel, fit-elle, soyez prudent.

Samuel ne disait mot. Il ne pouvait bouger. Le liquide continuait à tournoyer dans le bécher, et le bout de chair se cognait silencieusement contre les parois du verre. Une tension commença à se grandir en lui, à se diffuser jusque dans le bout de ses ongles. Le poing de Samuel se serra et fut secoué d’un tremblement de rage. La machoire du vieil homme était tout aussi serrée, et ses joues pâles étaient à présent empourprées de colère.

Soudain, d’un revers de bras, il renversa d’un geste rageur tout le matériel se trouvant sur la table, et fioles, pipettes et autres instruments métalliques se fracassèrent contre le carrelage dans un bruit effroyable.
Cet immense fracas couvrit le bruit des pas d’Elaine, qui sortit précipitamment de la pièce.

- Foutu matériel !! hurla-t-il pour lui-même. Il n’y a rien d’utile dans ce lycée. Les ingrédients sont les bons, j’ai vérifié sept fois !

Haletant, il regarda autour de lui et parut pour la première fois prendre conscience du monde extérieur. Le silence était retombé, et Samuel était à présent seul parmi les éclats de verre.
Des chuchotements furtifs semblaient peu à peu émaner autour de lui, et bientôt, il se sentit envahi par des bribes de voix, des pleurs de femmes mêlés de rires démoniaques.

- Encore toi !… Je ne céderai pas, et tu le sais. Tu n’es rien pour moi !!!
Il frissonna, et s’accroupit pour saisir le goulot d’une fiole brisée. De son autre main, il agrippa un petit scalpel. Il attendit, et frissonna à nouveau.



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Kröy

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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 28/04/04 13:12
Je suis assez d'accord avec Bique_Ant pour ce qui est des odeurs : je pense que cela rendrait l'ambiance plus malsaine encore si tu évoquais des vagues de puanteur lourde de sens ; enfin, je dis ça, c'est pas moi qui écris.
En tout cas, ce nouveau personnage est présenté avec beaucoup de finesse, je ne peux là encore qu'applaudir à deux mains. Et je dois bien l'avouer, je suis assez impatient de lire la suite.

Kröy - Gloire à la palourde.


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"Ah oui oui. Comme je vous le dis. Papillon."
Jean Louis Murat, Cavalier de l'Atypie, Anihilateur de l'Exaspération Ennuyée.

"Zapata es un indio"
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   Réponse au Sujet 'Le Tombeau des Souvenirs' a été posté le : 29/04/04 14:33
Pour les odeurs, j'en tiendrai compte et jouerai avec à l'avenir.
Comme j'écris beaucoup actuellement, j'ai envie de publier également ^__^
Bref, *écoute du Anathema tout calme en boucle et est fort inspirée*, je vous poste la suite.
Le descriptif est un peu différent et j'ai voulu intégrer des effets particuliers, concernant notemment le rythme du récit.
A vous de me dire si ça rend bien ou si ça tombe à plat ;)


************************************

Les pas d’Elaine résonnaient sur le linoléum bleu sombre. Sans savoir vraiment pourquoi, elle savait qu’elle devait faire vite. Cette étrange rencontre l’avait plus déroutée qu’autre chose. Elle avait trouvé quelqu’un et espérait trouver en lui quelques réponses, mais il avait l’air plus préoccupé par ses expériences que par sa propre survie.

La jeune femme s’engouffra dans un nouveau couloir sur sa gauche, encore plus sombre que le précédent. Elaine passa devant la porte menant aux vestiaires des filles, qui était envahie par la pourriture. Le lino bleu était à présent arraché par endroits, pour laisser place sous les bottines d’Elaine à un sol friable et d’une couleur indéterminée. Les casiers s’alignaient sans fin, certains d’entre eux étaient complètement défoncés, d’autres étaient oxydés par la rouille. La double porte du gymnase était grande ouverte, et défila sous le regard absent d’Elaine qui continuait d’avancer. Une pensée la frappa de plein fouet, tandis qu’elle continuait à marcher avec précaution.

Il y avait comme des choses qui pendaient dans le gymnase… Dépêche-toi, dépêche-toi !

Elle commença à courir et bifurqua sur sa gauche. Ses battements de coeur s’accélérèrent lorsqu’elle entendit des coups violents derrière elle, faisant résonner le métal rouillé des casiers. Les murs se dégradaient au fur et à mesure qu’elle avançait, la peinture s’effritait pour devenir lambeaux cassants puis débris sur le sol. L’angoisse d’Elaine se matérialisait en une boule à l’intérieur de son ventre. On aurait dit qu’elle avait avalé de l’acide. Et le bruit incessant et métallique continuait derrière elle, à la poursuivre.
Elle s’enfonça dans les profondeurs du couloir, le numéro des casiers défilant sous son regard. Peu à peu, elle se rendit compte qu’elle était près du but. Les numéros à demi effacés des casiers se rapprochaient de celui indiqué par la clé. Elaine continua sa course, tout en tatonnant dans la poche de sa veste, pour en sortir la petite clé. Le bruit monstrueux de tôle se rapprochait peu à peu, mais Elaine ne voulait pas perdre son temps à regarder en arrière.

511… Grouille-toi !… 512… 513… 514… 515… 516…

Elle s’arrêta net, devant un casier parmi tant d’autres. Et pourtant, elle savait que le casier 517 était différent. Elle n’avait aucune idée de son contenu.
C’est ce que nous allons voir. Si cette putain de clé fonctionne…

La boîte de métal était plutôt en bon état, mis à part la texture inégale de sa surface, due à l’effritement de la peinture bleu-gris. Le numéro 517 était à moitié effacé et recouvert par endroits d’une pellicule de rouille. /BAM/ Sans plus attendre, Elaine saisit le cadenas rongé par la rouille et y inséra la clé. /BAM BAM/ Le souffle haletant, elle la tourna. Ses cheveux se hérissèrent sous l’effet du bruit grinçant du frottement du métal contre la rouille. /BAM BAM BAM/ D’un coup sec, elle arracha le cadenas du loquet et jetta le tout à terre. La paume de sa main fut irritée par le contact violent contre le métal rapeux. /BAM BAM BAM BAM/ Elle ouvrit le casier en grand, mais se rendit compte que des coups d’une violence inouie tonnaient derrière elle, juste dans son dos.



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