Primus inter paresse

-= Lord of Graveyards =-
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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 30/09/05 15:21
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Béatrice et Benedict
Opéra de Berlioz
Acte II, Scène II
Improvisation et Chœur à boire
SOMARONE
Le vin de Syracuse
Accuse
Une grande chaleur
Au cœur de notre île
De notre île
De Sicile,
Vive ce fameux vin
Si fin!
LES CHORISTES
Vive ce fameux vin
Si fin!
SOMARONE
Mais la plus noble flamme
LES CHORISTES
…ha…
SOMARONE
Douce à l'âme
Comme au cœur
Du buveur,
C'est la liqueur, c'est la liqueur, la liqueur vermeille
De la treille
Des coteaux de Marsala
Qui l'a !
LES CHORISTES
Il a raison, et sacre éloquence
S'unit à la science du vrai buveur.
Honneur, honneur à l'improvisateur !
SOMARONE et LES CHORISTES
Le vin de Syracuse
Accuse
Une grande chaleur
Au cœur
De notre île
De notre île
De Sicile ;
Vive ce fameux vin
Si fin !
Mais la plus noble flamme [ha] la plus noble flamme,
douce à l'âme, au cœur du buveur;
c'est la liqueur, c'est la liqueur vermeille
De la treille
Des coteaux de Marsala qui l'a!
Scène III
2d Couplet (Chœur a boire)
VOIX DIVERSES
Bravo! bravo! voyons le second couplet.
SOMARONE
(entrant, en scène, suivi d'une partie du chœur.)
Le second! ah, le second,
je ne suis pas plus embarrassé que le premier…
Je vous en improviserais trente.
VOIX DIVERSES
Non, non, c'est assez de deux!
Allez Maestro! silence! silence donc!
SOMARONE
Le vin…le vin…(Hum!) le vin fin de Syracuse…
le vin de Syracuse accuse…oui, certes…
le vin de Syracuse…le vin de Syracuse
LES CHORISTES
Poète divin,
Ta muse
Abuse,
Tu le vois,
De notre patience.
Assez d'éloquence !
Rimeur aux abois, bois !
SOMARONE et LES CHORISTES
Le vin de Syracuse,
Accuse
Une grande chaleur
Au cœur de notre île.
De notre île
De Sicile
Vive ce fameux vin
Si fin !
Mais la plus noble flamme
Douce à l'âme au cœur du buveur,
c'est la liqueur vermeille de la treille
Des coteaux de Marsala qui l'a !
C'est le vin de Marsala, c'est le vin de Marsala,
c'est le vin de Marsala qui l'a !
-------------------- Jeune depuis plus longtemps que vous !

L'abus de modération est dangereux pour la santé.
Merci de jeter votre dévolu dans les réceptacles prévus à cet effet.
Restons fer-plaie !
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Zombie

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 30/09/05 22:20
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Chant premier - [strophe 4]
Il y en a qui écrivent pour rechercher les applaudissements humains, au moyen de nobles qualités du coeur que l'imagination invente ou qu'ils peuvent avoir. Moi, je fais servir mon génie à peindre les délices de la cruauté! Délices non passagères, artificielles; mais, qui ont commencé avec l'homme, finiront avec lui. Le génie ne peut-il pas s'allier avec la cruauté dans les résolutions secrètes de la Providence? ou, parce qu'on est cruel, ne peut-on pas avoir du génie? On en verra la preuve dans mes paroles; il ne tient qu'à vous de m'écouter, si vous le voulez bien... Pardon, il me semblait que mes cheveux s'étaient dressés sur ma tête; mais, ce n'est rien, car, avec ma main, je suis parvenu facilement à les remettre dans leur première position. Celui qui chante ne prétend pas que ses cavatines soient une chose inconnue; au contraire, il se loue de ce que les pensées hautaines et méchantes de son héros soient dans tous les hommes.
Lautréamont, Les Chants de Maldoror
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Fourbus Addict

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 02/10/05 15:36
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Héros
Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé.
Contre nous de la tyrannie
L’étendard sanglant est levé.
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils, vos compagnes.
Aux armes, citoyens !
Formez vos bataillons !
Marchons, marchons,
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons !
Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ?
Français, pour nous, ah ! quel outrage,
Quels transports il doit exciter !
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage !
Quoi, des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers ?
Quoi, des phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ?
Grand Dieu !…Par des mains enchaînées,
Nos fronts sous le joug ploieraient,
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées ?
Tremblez, tyrans ! et vous perfides
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez !…vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix.
Tout est soldat pour vous combattre
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux
Comme vous tous prêts à se battre.
Français ! en guerriers magnanimes
Portez ou retenez vos coups,
Epargnez ces tristes victimes
A regret s'armant contre nous.
Mais le despote sanguinaire,
Mais les complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère.
Amour sacré de la patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs,
Liberté, liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs.
Sous nos drapeaux, que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire
Strophe des enfants
Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus !
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre !
Rouget de Lisle - La M ...
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Ni Dieu ni maître (même nageur)
My God is Gorn Nova, my Devil is Elric
Succub est mon N'Amie !
Tout est dérisoire ! Même les merguez ! (Daniel Prévost)
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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 03/10/05 19:28
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Ainsi, par haine, par mépris de son enfance, il avait pendu au plafond de cette pièce une petite cage en fil d'argent où un grillon enfermé chantait comme dans les cendres des cheminées du château de Lourps; quand il écoutait ce cri tant de fois entendu, toutes les soirées contraintes et muettes chez sa mère, tout l'abandon d'une jeunesse souffrante et refoulée, se bousculaient devant lui, et alors, aux secousses de la femme qu'il caressait machinalement et dont les paroles ou le rire rompaient sa vision et le ramenaient brusquement dans la réalité, dans le boudoir à terre, un tumulte se levait en son âme, un besoin de vengeance des tristesses endurées, une rage de salir par des turpitudes des souvenirs de famille, un désir furieux de panteler sur des coussins de chair, d'épuiser jusqu'à leurs dernières gouttes, les plus véhémentes et les plus âcres des folies charnelles.
A rebours, Joris-Karl Huÿsmans.
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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 07/10/05 22:56
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Les Oreilles du Lièvre
Un animal cornu blessa de quelques coups
Le Lion, qui plein de courroux,
Pour ne plus tomber en la peine,
Bannit des lieux de son domaine
Toute bête portant des cornes à son front.
Chèvres, Béliers, Taureaux aussitôt délogèrent,
Daims, et Cerfs de climat changèrent ;
Chacun à s'en aller fut prompt.
Un Lièvre, apercevant l'ombre de ses oreilles,
Craignit que quelque Inquisiteur
N'allât interpréter à cornes leur longueur,
Ne les soutînt en tout à des cornes pareilles.
Adieu, voisin Grillon, dit-il, je pars d'ici ;
Mes oreilles enfin seraient cornes aussi ;
Et quand je les aurais plus courtes qu'une Autruche,
Je craindrais même encor. Le Grillon repartit :
Cornes cela ? Vous me prenez pour cruche ;
Ce sont oreilles que Dieu fit.
- On les fera passer pour cornes,
Dit l'animal craintif, et cornes de Licornes.
J'aurai beau protester ; mon dire et mes raisons
Iront aux Petites-Maisons.
Jean de La Fontaine. Livre V
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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 08/10/05 00:02
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Lièvre, lièvre.. Lièvre... Lapin ?
Lapin !
*
En mangeant un champignon en forme de goupillon
Je suis tombé dans un monde magique et j'étais pris de panique
Mes dents étaient tombées, mes cheveux ayant repoussés
Alors j'ai tout compris et je me suis dit...
Et je me suis dit...
J'suis Jean-Pierre au pays des merveilles
Le chapelier fou veut me croquer les orteils
J'suis Jean-Pierre au pays de mes rêves
Le grand lapin blanc veut me croquer ma merveille
J'avais oublié mon fusil dans le coff' de ma Ferrari
Heureusement, j'avais un choux-fleur si utile en cas de malheur
C'est alors que j'ai remarqué qu'un gros bifsteak haché
pendait à mes habits, et je me suis dit...
Et je me suis dit...
J'suis Jean-Pierre au pays des merveilles
Le chapelier fou veut me croquer les orteils
J'suis Jean-Pierre au pays de mes rêves
Le grand lapin blanc veut me croquer ma merveille
*solo de synthés frémissants, bondissants*
*alala les percus ! c'est Bob Sinclar, ça!*
J'suis Jean-Pierre au pays des merveilles
Le chapelier fou veut me croquer les orteils
J'suis Jean-Pierre au pays de mes rêves
Le grand lapin blanc veut me croquer ma merveille
Jean-Pierre SAUSER, 'Jean-Pierre Sauser in Wonderland'
*
Note : à la question "oh mais Jean-Pierre, qu'est-ce donc que ta merveille ?", ce petit patapon a répondu, sur le ton d'un François Hollande joyeux : "bah...hég... la merveille, c'est moi-même !"
(et forcément, spécial-cassdédi wesh wesh à Joe )
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Dernière mise à jour par : tiltizzz le 08/10/05 00:09
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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 11/10/05 12:33
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Un colosse aux pieds d'argile surveille la frontière
Des gosses aux mains fragiles jouent avec la poussière
Des veuves aux longs doigts fébriles distillent le thé
Un vieillard au regard tranquille sort de la fumée
C'est la grande marée, la grande marée, la grande marée
La grande marée, la grande marée, la grande marée
Un roi perclus de solitude sur son trône dérisoire
Un café, une pendule, un bout de trottoir
Un réveil sinistre et drôle sur l'épaule d'un ouvrier
Qui s'en va au bout du môle, vers l'éternité
C'est la grande marée, la grande marée, la grande marée
La grande marée, la grande marée, la grande marée
Les enfants qui jouent à l'ombre des matraques
Le temps qu'il fait, six mois de prison à Maniac
Une étoile est tombée dans ma guitare
Si j'étais croyant, ce serait un don du ciel
C'est la grande marée, la grande marée, la grande marée
La grande marée, la grande marée, la grande marée
Les rues n'ont plus de recoins, plus d'angles morts
Ça facilite les rapports de force
Il n'y a plus d'amoureux, plus de bancs publics
Nous sommes éternellement bronzés
Notre vocabulaire est réduit à 50 mots
Nous branchons nos sexes dans le secteur
Et nos spermatozoïdes sont calibrés et placés dans des banques
Ils servent de monnaie d'échange aux eunuques qui nous gouvernent
Notre société d'abondance fait merveille, il n'y a plus qu'un classe
Quoiqu'en y réfléchissant bien il y en a une autre
Mais il est déconseillé de réfléchir
Nous ne faisons plus jamais l'amour, sauf de temps en temps
Avec les gardiens qui nous surveillent
Le mien est frigide
C'est la grande marée, la grande marée, la grande marée
La grande marée, la grande marée, la grande marée
Bernard Lavilliers - La grande marée
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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 11/10/05 13:53
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Est-il symbole meilleur que celui de madame du Deffand, vieille, aveugle et clairvoyante, qui, tout en exécrant la vie, y goûte néanmoins les agréments de l’amertume ?
Personne n’atteint d’emblée à la frivolité.
C’est un privilège et un art ; c’est la recherche du superficiel chez ceux qui s’étant avisés de l’impossibilité de toute certitude, en ont conçu le dégoût ; c’est la fuite loin des abîmes, qui, étant naturellement sans fond, ne peuvent mener nulle part.
[…] Ainsi, la frivolité est l’antidote le plus efficace au mal d’être ce qu’on est : par elle nous abusons le monde et dissimulons l’inconvenance de nos profondeurs. Sans ces artifices, comment ne pas rougir d’avoir une âme ?
Nos solitudes à fleur de peau, quel enfer pour les autres ! Mais c’est toujours pour eux, et parfois pour nous-mêmes, que nous inventons nos apparences…
Cioran, Précis de décomposition (voir chapitre 'Civilisation et frivolité')
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Nowhere Man

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 16/05/06 13:26
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Ca faisait quelque temps que j'avais envie de remonter le sujet... Ayant rencontré un texte adéquat - bien qu'un peu long - au cours de mes périgrinations littéraires, je passe à l'action.
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Dans ma jeunesse, on avait deux jours fériés pour les présidents : le 12 février on commémorait la naissance de Lincoln, le 22 celle de Washington. [...] On a donc décidé de regrouper les deux commémorations le troisième lundi de février, qui a reçu le nom de "Journée des Présidents".
Désormais, le but est de rendre hommage d'un seul coup à tous les présidents des Etats-Unis, qu'ils aient été bons ou mauvais. Je trouve plutôt sympa de tirer de l'oubli les présidents les plus obscurs, en particulier des gens comme Grover Cleveland, qui, dit-on, avait l'habitude intéressante de se soulager par la fenêtre de son bureau, ou Zachary Taylor, qui n'a jamais voté de sa vie, pas même pour lui.
[...]
Sur les quarante et un personnages ayant accédé à la magistrature suprême, la moitié au moins ont rempli leurs fonctions si discrètement qu'ils sont passés aux oubliettes - ce que j'approuve chaleureusement. N'empêche que devenir Président des Etats-Unis et ne rien accomplir du tout relève de l'exploit, en un sens.
En général, on s'accorde à reconnaître que le plus insipide et le plus inefficace de tous nos chefs d'Etat fut Millard Fillmore, qui remplaça Zachary Taylor à sa mort en 1850 et passa les trois années de son mandat à démontrer comment le pays aurait été géré si l'on s'était contenté de caler le corps de Taylor dans un fauteuil avec des coussins. Toutefois, Fillmore a acquis une telle célébrité par cette inexistence même qu'il est devenu une sorte de personnage, ce qui le disqualifie pour cette course à l'oubli.
Plus remarquable, à mon sens, est le grand Chester A. Arthur qui fut investi en 1881, posa pour une photo officielle et dont, à ma connaissance, on n'entendit plus jamais parler. Si le but de sa vie était de se faire pousser une magnifique barbe et de laisser dans les livres d'histoire toute la place aux réalisations, des autres présidents, alors, on doit admettre qu'Arthur a magnifiquement réussi.
Admirables aussi à leur manière furent des présidents comme Rutherford B. Hayes (1877 - 1881), qui se fit l'avocat inlassable de "l'argent dur" et de la révocation de la loi Bland-Allison - deux affaires si obscures et futiles que personne ne se souvient aujourd'hui de quoi il s'agissait-, et Franklin Pierce, dont le mandat de 1853 à 1857 fut un interlude insignifiant entre deux périodes plus prolongées d'anonymat. Il passa pratiquement tout son séjour à la Maison-Blanche dans un état d'ébriété avancé, d'où ce sympathique slogan: "Pierce, le héros des bouteilles désespérées".
Mes favoris, néanmoins, restent les deux présidents Harrison. Le premier fut William Henry Harrison, qui refusa héroïquement d'enfiler un pardessus lors de sa cérémonie d'investiture en 1841, ce qui lui valut de contracter une pneumonie et de décéder avec une promptitude remarquable : il n'a été président que trente jours, la plupart dans le coma. Quarante ans plus tard, son petit-fils, Benjamin Harrison, fut élu président à son tour et réussit le rude exploit d'accomplir aussi peu de choses en quatre ans que son grand-père en un mois.
Si vous voulez mon avis, chacun de ces grands hommes mériterait d'avoir un jour férié bien à lui. Alors vous comprenez mon désarroi en apprenant que le Congrès envisage de supprimer la journée des Présidents pour revenir à la double célébration des anniversaires de Lincoln et de Washington, sous prétexte qu'eux étaient véritablement des grands hommes - et que de surcroit il ne faisaient pas pipi par la fenêtre de leur bureau.
Vous vous rendez compte ? Il y a vraiment des gens qui n'ont vraiment aucun sens de l'Histoire!
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Tiré de "American Rigolos, Chroniques d'un grand pays", par Bill Bryson.
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Cachée
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Grand Pourrisseur

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 16/05/06 19:54
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Citation :i.gorbatchov dans une contemplation à Dlul a dit:
l'histoire est l'opium des peuples
karl marx
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Hein?
Euh c'était pas plutot de la religion qu'il a dit ça?
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Zombie

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 17/05/06 09:34
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Il me semblait nécessaire d'envisager une réforme complète de 1972. Aussi arbitraires soient-elles, les dates sont là , qui ouvrent la porte aux souvenirs et les estampillent. Or, aucune université à ce jour n'a pensé à ouvrir, en son sein, un département "années". 1792, 1128, 1911, 1835, 1514 ou 1984 y seraient des disciplines universitaires aussi légitimes, aussi banales que le droit administratif, la biologie moléculaire ou la littérature médiévale.
[...]
Mes gens-72 avaient eu, avaient des vies. Ils auraient fait, faisaient des choses. Ils avaient eu, avaient des enfants, auraient des enfants. J'avais peut-être, sans le savoir, recroisé certains d'entre eux au hasard d'une promenade. Dissimulés qu'ils étaient sous du 1984, maquillés, grimés par du 1992, je ne les aurais pas reconnus. Et moi ? De qui étais-je le juin 83 ou l'août 76 ? De tous ceux qui s'en souvenaient. Nous sommes tous le Noël 82, février 78, l'été 72 de quelqu'un.
in Anissa Corto deYann Moix (cf. chapitre 9 de la première partie 1972)
Note : Ourgh, béni sois-tu.
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Dernière mise à jour par : tiltizzz le 17/05/06 09:36
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Attention chérie, ca va trancher

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 17/05/06 10:39
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Ce qui était plus important, c'est que la privation sexuelle entraîne l'hystérie, laquelle était désirable, car on pouvait la transformer en fièvre guerrière et en dévotion pour les dirigeants. Julia expliquait ainsi sa pensée :
Quand on fait l'amour, on brûle son énergie. Après, on se sent heureux et se moque du reste. Ils ne peuvent admettre que l'on soit ainsi. Ils veulent que l'énergie éclate continuellement. Toutes ces marches et contre-marches, ces acclamations, ces drapeaux flottants, sont simplement de l'instinct sexuel aigri. Si l'on était heureux intérieurement, pourquoi s'exciterait-on sur Big Brother, les plans de trois ans, les Deux Minutes de Haine et tout le reste de leurs foutues balivernes ?
Georges Orwell, 1984
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(='.'=)
(')_(')
Pour la domination du monde par Lapin.
Lapin, tu peux compter sur moi !
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Zombie

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 24/05/06 02:15
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Il y a donc un quelque chose qui détruit ma pensée ; un quelque chose qui ne m'empêche pas d'être ce que je pourrais être, mais qui me laisse, si je puis dire, en suspens. Un quelque chose de furtif qui m'enlève les mots que j'ai trouvés, qui diminue ma tension mentale, qui détruit au fur et à mesure dans sa substance la masse de ma pensée, qui m'enlève jusqu'à la mémoire des tours par lesquels on s'exprime et qui traduisent avec exactitude les modulations les plus inséparables, les plus localisées, les plus existantes de la pensée. Je n'insiste pas. Je n'ai pas à décrire mon état.
Antonin Artaud à Jacques Rivière, extrait de sa lettre du 29 janvier 1924.
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Nowhere Man

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Réponse au Sujet 'Cadavres pas si exquis 2' a été posté le : 01/06/06 14:35
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Il existe une science dont le but est l'étude de l'acoustique et des sons. Mais il y a aussi un art qui se sert de l'océan des sons : la musique. De toute évidence, il en est de même pour la pensée. La logique est l'étude des lois de la réflexion et les échecs reflètent, en tant qu'art, le côté logique de la réflexion, sous la forme d'images artistiques.
Mikhaïl Botvinnik (champion du monde d'échecs de 1948 à 1957, de 1958 à 1960 et de 1961 à 1963)
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Cachée
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