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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 26/03/04 19:14
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La contraction d'un texte est contre la Nature,
C'est châtrer la pensée par des ratures,
C'est à l'esprit livrer la guerre,
C'est flatter le vulgaire,
C'est vomir, huer,
C'est tuer.
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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 31/03/04 12:43
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Et voici...
LA CRIQUE
Il existe une crique, au détour d'une berge,
Où se heurtent les rocs et les vents boréaux,
Une vasque de pierre, où la voix du Très-Haut
S'entend dans le choc noir des flots qui y convergent.
C'est un lieu froid, sauvage, ardent, terrible et vierge.
Le fouet des vagues dompte jusqu'aux idéaux
Et la houle cabrée cingle comme un fléau
La pierre qui parfois de ses fureurs émerge.
Puissé-je être porté sur sa rive farouche,
Quand je mourrais, sentant s'insinuer dans ma bouche
Les souffle froid des nuits qui perclura mon coeur.
Là-bas, loin de la France, enfin libre d'entraves,
Je rejoindrai les dieux du Nord antique et grave
Et leurs flambeaux de houle aux triomphes vainqueurs.
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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 06/04/04 17:24
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Hermione, si tu m'aimes, pense à ma colère,
A cette haine aiguë qui fait bouillir mon sang.
Jamais je ne serai, pour survivre ou te plaire,
Un faible, un scélérat qui cède et qui consent.
Il me faut aux combat briser mes maxillaires,
En tuer dix en brave ; demain ils seront cent,
Et nous ne serons pas deux ceux qui s'en allèrent
Embrassés et heureux sur les chemins pensant.
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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 10/04/04 15:53
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Les voyez-vous venir, quand la Lune décroît,
Sur les chemins discrets, muets, courbés et braves ?
Leurs pas sont minutieux, leurs yeux sont vifs et graves,
Leurs fronts sont résignés, leur cœur porte une croix.
Le voyez-vous, le masque dur, hardi et froid
Que la nuit assombrie sur leurs visages grave ?
Les arbres les surplombent comme une architrave
Mais ici nul n'espère, et pourtant chacun croit.
Puis c'est l'épaisse haie que le chemin traverse,
Et l'abri sous les arbres le temps d'une averse.
Mais un hululement soudain chante leur nom.
Alors, bien que la couvre une cape tremblante,
La chandelle soudain de sa clarté dolente
Fait briller dans leurs mains l'acier gris des canons.
Mis à jour, merci la Grande Ourse...
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Dernière mise à jour par : JWRK le 11/04/04 09:11
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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 15/04/04 08:49
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A quoi bon remonter sur de frêles pirogues
Les cataractes rauques des fleuves anciens ?
A quoi bon explorer les plateaux haïtiens
Et leur jungle où au loin les toucans bleus dialoguent ?
A quoi bon avoir vu la fleur chargée de drogue,
Sur les coteaux lointains que le sort a fait sien
Et entendre rouler le chant des batraciens,
Lourd et fétide, au creux des paysages rogues ?
Passe encor si l'on est ou cupide ou proscrit !
Mais tu parles de chants, oh, tu pousse des cris,
Pauvre cousin, tu veux, me dis-tu, fuir la France.
Nul besoin pour cela de risquer le trépas !
Reste donc à Paris, car elle n'y est pas ;
L'en ont chassée la Honte, la Joie, la Souffrance.
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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 16/04/04 08:33
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Elle est auprès de moi depuis bien des hivers,
Ne m'ayant pas quitté même aux matins d'épreuve,
M'ayant acccompagné là où les pierres pleuvent
Dans l'exil charognard de mon monde à l'envers.
Quand je lève mon front de ce tombeau de vers,
Je la vois, et mes yeux à sa source s'abreuvent ;
Et sa beauté me donne une lumière neuve,
Où mon coeur se répand dans des combats divers.
Elle est, tout ce que j'ai, seule à me posséder.
Elle est la délivrance où j'ai pu accéder,
Et le repos serein de ma poitrine creuse.
Puissé-je voir, couché sur un grabat crevé,
A mon ehure dernière, encor à mon chevet
Cette photographie d'une aimée bienheureuse.
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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 25/04/04 18:42
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C'est par amour que j'ai vers vous brandi mes poings ;
C'est par amour que j'ai pour vous caché mes larmes ;
C'est par amour de vous que je suis parti loin.
C'est par amour que j'ai sur vous braqué cette arme.
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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 26/04/04 19:08
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J'ai longtemps cru pouvoir ne pleurer qu'en silence,
Et n'offrir aux malheurs qu'un chagrin ténébreux,
Celui, dur et sauvage des portraits d'Hébreux
Que l'aristocratie eût teinté d'insolence.
Certes je n'ai pas vu sur l'horrible balance
Se poser le poids lourd des hurlements scabreux.
Les tourments en effet me furent peu nombreux ;
Mais je sais bien qu'un jour répandra leur violence.
Il est en moi des voix qui me disent : qu'importent ?
Mais il faut par courage refermer les portes,
Refuser le aprtage et son pain d'opiacés.
Il faut rester très droit ; or j'en suis incapable.
Mes yeux secs sont pour moi de façon très aplpable
Le signe que je n'ai aps dû souffrir assez.
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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 25/07/04 19:06
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Depuis le premier jour ce fut pour tes yeux clairs,
Et pour ton âme pure que j'ai purgé ma flamme.
Et j'ai franchi pour toi l'Océan dont les lames
Ont déchiré ma vie comme tombe l'éclair.
Et j'ai voulu pour toi m'envoler dans les airs,
Mais je ne suis pas fait pour de trop nobles femmes
Pour moi, les quolibets et les farces infâmes,
Sont tout l'art douloureux qui jaillit de mes chairs.
Car la viande est en moi plus que le cœur céleste,
Et plus que les sonnets les historiettes lestes ;
Et j'aurais pourtant tant voulu t'écrire bien.
Mais je ne peux pas peindre tes traits de déesse,
Je suis un farceur gras plein des scélératesses.
Pardonne-moi, mon ange ! Il ne me reste rien.
Oui, bon. J'ai beaucoup changé, depuis trois semaines, il faut bien dire ce qui est. Je n'écrirais plus du tout cela aujourd'hui ; mais ce qui est fait est fait.
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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 05/08/04 07:55
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La nuit, les craintes et les haines
Me font souffrir de leurs étreintes,
Car les haines brisent mes chaînes
Et les craintes brisent mes plaintes.
J'écoute des musiques blles
Je leur dis : partez ! je le veux !
Mais ces deux flammes se rebellent
Dans violent spasme nerveux.
Mon âme que le rêve éreinte
Rêve que la fureur me prenne,
Mais c'est une trop brêve empreinte,
Et la crainte reprend mes rênes.
Et ma chair faible est un aveu
Qu'au son fiévreux des violoncelles
Les femmes feront de mes voeux
Un carcan dans une nacelle.
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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 13/08/04 09:22
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Bon, j'ai veillé tard pour écrire ces âneries et je suis fatigué et de mauvais poil, et en plus en me réveillant ce matin je constate que c'est pitoyable, autant dire que le premier qui m'importune va le regretter.
Dans le prophyre noir des pays du Borée
Que soient gravés les termes de mes infamies
Pour que la rude roche d'une rive amie
Protège leur éclat de la vague abhorrée.
Je crains les lâchetés dont je suis à l'orée
Et ce pain fraternel et sournois dont la mie,
Plus que la peur des crocs de leurs rauques lamies,
Feront taire mon âme à jamais éplorée.
Ni mes credo versés dans l'encre des missives,
Ni mes mots prononcés, ni mes rimes pensives
Ne survivront de moi après ma trahison.
Et mon combat perdu, profané par la houle,
Et que m'auront ce jour fait abjurer les foules,
Sombrera dans l'éther comme au soir l'horizon.
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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 13/08/04 09:42
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Et j'ai déterré cela simultanément, dans mon calepin :
J'ai vécu les bienfaits du bonheur objectif,
Né au milieu des luxes et des privilèges,
Insouciant d'un fardeau que tout du reste allège
Et travaillant sans sueur comme un cheikh inactif.
J'ai reçu le pardon lorsque j'étais fautif
Et de bonnes leçons quand j'allais au collège
Et des livres, bouffi d'un pédant florilège,
Et des plaisirs nombreux sans l'ombre d'un motif.
J'ai reçu beaucoup plus que ce qui m'était dû,
Je n'ai jamais été affamé ni perdu,
Ne souffrant pas au nom du républicanisme,
Aimé des autres gens autant qu'il se pouvait.
Aussi ne faut-il voir dans mes soupirs mauvais
Que les lamentations d'un bourgeois égoïsme
***
Où est la lettreblanche et dure
Que tu portais contre ton coeur ?
Et de tous nos combats moqueurs
Qu'est-ce qui demeure et perdure ?
Sommes-nous pareils à l'ordure
Que disperse le temps vainqueur
Ou aux sentiers de nos rancoeurs
Qu'engloutit l'épaisse verdure ?
Qu'il est banal, horrible et triste,
De n'aimer plus qu'à l'aoriste
Et de se sentir étiolé,
Et de demeurer solitaire
Sans être seul sur cette terre,
S'étant rêvé inconsolé.
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Réponse au Sujet 'Poésie réactionnaire' a été posté le : 30/08/04 11:40
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Quand ma montre me dit qu'il faut me mettre à l'oeuvre,
Je peuple de clairons l'intérieur de mes murs,
Et sur le bois poli pris d'un tourment très mûr,
J'associe au papier l'atrabile des pieuvres.
Tournant alors le dos au crucifix chef d'oeuvre
Je Le sens qui repose ses larges fémurs
Sur ma tête chassé des berges de Saumur
Qui l'a considérée comme un nid de couleuvres.
Alors je dis : soyez justes et soyez forts,
Etayez la pensée comme des contreforts.
Ayez l'esprit fécond et le verbe fertile.
Oui, contemplez la terre et labourez le ciel,
Soyez le feu, la pluie, le rocher et le miel,
Et sachez en vous-même que c'est inutile.
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