miss Hide

-= Chaos Genitor =-
Inscription le 08-04-02
Messages : 354
Age : 52 ans
Lieu de résidence : dans le sud
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Le souffle a été posté le : 09/07/03 03:06
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Une grande bouffée d'air pénètre par mon nez jusqu'à mes poumons. C'est drôle, j'arrive non seulement à me figurer, comme si il était coloré, cet air qui voyage dans mon larynx avec ce petit bruit de tuyoterie encombrée; passe par mon pharynx pour aboutir dans mes veines. Mais je le sens également, et comme jamais auparavant, frotter contre les parois des organes par lesquels il passe. On dirait que la vie me dit :
" Ne me regrette pas ! Regarde je suis dure et impitoyable, même le plus élémentaire des actes qui donnent la vie, je peux lui donner une dimention de torture ". En effet ça fait mal, mais ce n'est pas ce frottement qui me gène, non lui je l'aime voyez-vous, tant que je le sens c'est que je vis; ce qui m'obsède et me fait mal c'est la peur. Pas tellement la peur de mourrir en soi - après tout cela mettra fin à toutes les douleurs -, c'est de ne plus vivre qui m'effraie.
Je ne pourrai plus jamais voir le soleil se lever annonçant de quelques rayons oranges le triomphe du fil de la vie, ce fil composé de fibres éphémères qui s'étire, se filant au fur et à mesure que l'humanité procrée.
Je ne pourrai plus, non plus, saisir à travers le sourire des gens l'idée du bonheur, impression evanescente qui parfois nous consume comme le plus formidable brasier. Au moins les Hommes, dans toutes leurs furies dévastatrices, n'auront pas réussi à le détruire. Le bonheur est un sentiment propre à l'individu, hors de question, dès lors, de le lui arracher pour le piétiner. Et, si par malchance on est incapable d'en sentir les effets, on ne peut en acheter la prorogative.
Mon Dieu j'ai la tête qui tourne et je ne peux même plus distinguerces gens qui m'aiment autours de moi.
Car il m'aiment n'est-ce pas ? ...
S'ils ne m'aimaient pas auraient-ils quelque raison d'être ici ?
Eh ! Eh! S'il vous plait ! C'est pas vrai ça ! Est-ce qu'ils vont me répondre à la fin ?
Et voilà que plus personne ne m'entend maintenant; c'est comme si j'étais déjà morte. Mais j'ai encore des choses à dire moi ! ecoutez-moi bon sang ( ils me forcent à jurer sur mon lit de mort).
Aucune importance, ce que j'ai à dire ne les interessra pas plus de temps qu'il ne m'en faudra pour le leur dire. Comment pourraient-ils se soucier de mon urgence de vivre, eux qui ont tant de problèmes financiers, affectifs et autres ( bah dans tout ça j'ai aussi ma part de responsabilité)
Mais vous qui continuerez bientôt sans moi, profitez de la moindre larme qui roule de votre oeil jusqu'à vos lèvres, et quand elle se trouve là, avalez-la sans concession ! C'est le sel de la vie, la sève de la joie de vivre. Une larme est la promesse d'un bonheur à venir. Cessez donc de vous lamenter vous qui avez encore des possibles devant vous !
Pour ma part c'est une chance que je n'aurai plus. Les gens pourront dire de moi " elle était telle ou telle "; je veux dire que ma mort, en mettant fin à mes possibles, fixe mon essence. Je suis désormais ce que mes actes ont fait de moi aux yeux des autres : je suis la Somme de mes actes ! Et je peux m'estimer heureuse si toutefois je reste un temps, pour ce que j'ai été, dans la mémoire de quelques personnes.
Si je réfléchis raisonnablement, je dois admettre que j'ai bien vécu, et par conséquent je n'ai aucune raison de me plaindre, mais toutes ces choses qu'on est lassé de faire au quotidien vont me manquer.
Je vous retranscrirai la suite plus tard il faut que j'aille me coucher
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Dernière mise à jour par : Drakula le 09/07/03 03:13
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Nous sommes des cochons poétiques
Monté sur ressorts électriques
Avec des rimes assassines
Dopées à la nitroglycérine
On va vous faire bouger comme des épileptiques
Comme on le dit chez nous
Que la force du groin soit avec vous !
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Cachée
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miss Hide

-= Chaos Genitor =-
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Réponse au Sujet 'Le souffle' a été posté le : 10/07/03 17:26
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... Toujours cette peur qui me lacère le ... néant, ben oui à part ma respiration je ne sens rien, alors ? Il faut bien que je place quelque part les coups de griffes de la trouille. Tout m'indiffère à présent, je n'ai envie que d'une chose c'est passer le cap pour la retrouver.
Elle a marqué mon existence d'une manière si radicale qu'elle en a changé le cour. Aurais-je pu, moi qui ne vivais que pour moi-même ou pour mes proches (et encore ...), m'interesser à la misère d'autrui.
Lors d'un séjour à Marseille je pris l'habitude de faire des promenades nocturnes et solitaire en quête de je ne sais quelle sagesse dont je m'affublais alors, une sorte d'élitisme personnel. Je l'appelais le club très fermé du Moi où seul était admis le moi des meilleurs jours. Une nuit que je vaccais à mon occupation favorite, des coups de feu retentirent; je me précipitais vers la fusillade, car il s'agissait bien d'une fusillade, on aurait dit que les balles dialoguaient entre elles. Mon coeur battait si fort que j'ai cru qu'il allait s'echaper de ma poitrine. Je rasais les murs, mes jambes avançaient alors que ma tête voulait faire demi tour, ou peut-être étais-ce le contraire !. La ruelle débouchait sur une petite place, la place des Matyres sur laquelle quelques heures plus tard des centaines de personnes auraient du se presser pour acheter les produits les plus frais.
Quelques noctenbules alertes s'étaient précipité criant "mais que fais la police ?"
Je jetais un oeil sur la place, et là, gisant sur le sol trempé je vis une petite fille, à quelques metres de nous à peine. Je ne sais absolument pas ce qu'elle faisait là, mais les balles, elles, n'avaient pas fait la différence. Il y avait encore assez de vie dans ce petit corps pour lui permettre de ramper sur les pavés, n'ayant plus de force dans les bras, elle s'écorchait les ongles et le bout des doigts tentant désespérément de s'accrocher aux pavés. Elle allait mourrir, les balles passaient au dessus de sa tête dans un sifflement insolent; elle allait mourrir et je ne bougeais pas je ne disais mot, je la regardais, j'étais ahurie et comme vampirisée par le sensationnel. Que penser de mon comportement ? Sur le coup personne n'a levé le petit doigt pour lui venir en aide, alors qu'attendait-on de moi quand j'étais comme les autres morte de trouille -morte avant l'heure-? En tout cas si j'avais été actrice c'eut été ma plus belle prestation. On eut pas rêvé plus belle imbécile ! Elle me regardait de ses grands yeux humides - on aurait dit une biche qu'une balle venait d'atteindre et qui sentait la vie la quitter - Bien sûr ! Elle essayait de nous dire quelque chose. Il était évident qu'elle réclamait de l'aide, elle voulait vivre.
Et je n'ai rien fait; moi qui voulais tant me démarquer des moutons!
Mon petit monde élitiste et moi sommes rentrés à l'hotel, rassasiés de l'image de la mort, et dégouté du peu de conviction qui animait les flics qui venait de prendre les dépositions.
Ce n'est que plus tard dans la nuit que j'ai pris conscience de l'horreur de mon immobilisme. Subitement je me suis levée de mon lit sur lequel je m'étais tout au plus allongée, pour aller vomir ma bile. La mort même à la troisième personne ça vous remue l'estomac, il n'y a qu'à voir les visages à peine éclairés qui tournent autours de mon lit ce soir ! Un philosophe, Pascal je crois, disait que l'on voit dans la mort d'autui sa propre condition future; et qu'on attend patiemment son tour. J'ai du voir, ce soir là, mon nom inscrit sur le manche de la faux
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Dernière mise à jour par : Drakula le 10/07/03 18:31
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