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Sujet : Les Terres Blanches de Naramône

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Lishtarone

Tortionnaire



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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 06/08/03 10:29
Orgal se montra très calme, mais sous ces airs de mer d'huile, Jean n'eut aucune peine à deviner que la tempête allait éclater.

- Vous paraissez terriblement soucieux, remarqua Darwil d'une petite voix douce.

- Quelques soucis dans ma gestion du royaume. Rien de dramatique, je vous rassure, Duchesse. Vous avez vous-même connu cela.

- Princesse ! Cria Ferrol avec force.

Orgal lui jeta un regard plus froid que le grand glacier en plein hiver. Ferrol les rejoignit. Serrant sa fille contre lui, il ajouta sur un ton enjoué :

- C'est ma fille, ne l'oubliez pas. Et heureusement pour nous, elle ne connaît pas les affres d'une gestion royale.

Il éclata de rire et la serra plus fort contre lui. Baissant les yeux vers la jeune fille, Orgal fut surpris d'y voir une peur immense. Elle se dégagea doucement de l'étreinte et fit une révérence rapide.

- Si vous permettez je vais m'empresser d'aller me changer.

Elle s'éloigna en courant presque, sans oser regarder derrière elle. Elle transpirait de peur.



- Vous ne deviez pas amener la duchesse ici !

- Ecoutez Orgal, je ne pouvais pas la laisser seule à Ferromaine. Elle est malade et se montre dangereuse pour elle-même. Mais rassurez-vous, elle n'interviendra pas dans les négociations. Elle restera sagement dans ses appartements.

- Y compris pour les repas ?

A l'instant où il posait la question, Orgal eut sa réponse. Il n'était pas question que la princesse de Ferromaine reste cantonnée dans sa chambre. Au risque bien sûr, de perturber les réunions qui s'en suivraient.


Tandis que le soleil déclinait lentement vers son lit de repos, juste derrière une des plus hautes montagnes de Naramône, on annonça, enfin, qu'un équipage arrivait, à grands renforts de chariots et de chevaux. Erlwin fut le premier à descendre de cheval et mit genoux à terre devant le seigneur Naramône. En retard d'une seconde et demi, Hector s'inclina à son tour, arrachant un rire joyeux et spontané à leur ami commun.

- Vous exagérez ! Allons, allons, pas de protocole entre nous. Voilà des lunes que je n'ai pas eu le plaisir de vous serrer contre moi !

Et sous le regard stupéfait du seigneur blanc, les deux têtes de Malphéjji serrèrent Orgal dans leur bras, déposant de bruyants baisers sur ses joues.
Tous trois avaient combattus côte à côte au cours de la bataille des Trois Crevasses qui les avait opposé à Norgorath. Seule une confiance aveugle avait permis la victoire, malgré les rumeurs prétendant le seigneur noir de Malphéjji indigne de confiance.
Orgal n'avait pas hésité et avait lancé ses troupes, ignorant si les deux autres hommes feraient de même. Mais ceci est une autre histoire.
Pour l'instant, sans s'attarder sur leurs souvenirs communs, ils se saluaient. Jean haussa un sourcil déconfit mais n'osa pas ouvrir la bouche.

- Allons-nous devoir nous jeter dans la neige pour descendre de ce haut chariot ?

La voix était douce et légère tandis qu'un pied mignon montrait le bout de sa chaussure de soie hors de la première voiture.
Jean s'arracha à sa contemplation et tendit la main pour accueillir celle, très fine, très blanche, de dame Finélia. Elle eut un sourire et s'inclina lorsqu’elle fut à terre. La beauté de l'elfe coupa la parole et le souffle au seigneur blanc.
Hector le poussa légèrement pour aider l'impératrice à descendre. Jean la regarda longuement, inscrivant les détails de son petit visage et de son petit ventre naissant dans sa mémoire. Ainsi, Malphéjji allait se parer d'un héritier, bientôt.
Déjà son esprit cherchait une solution pour se débarrasser du prochain né. Mais tandis qu'il réfléchissait, un cri étouffé l'arracha à ses pensés.

Suivant le regard du Haut Commandeur qui semblait avoir pâlit, il jura.
Sur l'une des terrasses, un étrange fantôme les observait. Le soleil couchant la nimbait d'une aura doré, faisant flamboyer ses cheveux libre sur ses épaules. Sa robe blanche rayonnait presque et elle restait sans bouger, les lèvres entrouvertes dans une interrogation horrifiée. Ses yeux semblaient noyés de larmes, mais Ferrol n'aurait put le jurer tant elle brillait. Les mains crispés sur la pierre, elle fixait le groupe avec une rare intensité.


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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 07/08/03 08:03
S'engouffrant prestement dans le château, Jean courut vers la chambre. Finélia s'étonna mais ne releva pas, s'attardant à saluer Orgal et son état-major.
Un cri jaillit de la terrasse, attirant cette fois tous les regards, mais hélas, trop tard. L'endroit était vide et Erlwin secoua la tête, se demandant s'il était l’objet d'un cauchemar ou d'un sortilège malin.

- Erlwin ? Nous sommes invités à une petite collation. Tu viens ? Demanda le druide, surpris de voir son ami secouer la tête.

- Je... oui je viens. Bien sûr. Je n'avais pas vu son fantôme depuis longtemps.

Un soupire acheva la phrase et Olwen se demanda un court instant s'il avait bien entendu. Mais le regard noir d'Hector le renseigna. Ferrol avait osé amener Darwil.




- Quand je t'ordonne de m'obéir, jeune impudente, j'entends que tu m'obéisses !

Il abattit son poing violemment sur le visage sanglant de sa « fille » et se recula, satisfait d'avoir entendu le craquement qui annonçait qu'il avait, une fois de plus, brisé un os quelconque.
Elle avait perdu connaissance dès la fin du sixième coup, à son grand damne, attisant par là-même sa rage. Il s'écarta un peu plus du lit, laissant les prêtres réparer ce qu'il avait détruit. Au fil des jours, sa fureur grandissait et son désir de la faire souffrir augmentait. Malheureusement ses petits plaisirs se terminaient invariablement de la même façon. Elle sombrait dans l'inconscience, dans ce coma semi artificielle qu'elle semblait prendre plaisir à provoquer et Jean redoublait la violence des coups.
Puis il laissait les prêtres réparer les dommages corporelles et enfin, alors qu'elle revenait à la réalité, il lançait un sort d'oubli, savourant la terreur qu'elle semblait ressentir en écoutant ses mots magiques.

- Il reste des marques, maître...

Le prêtre rentra la tête dans les épaules, regrettant soudain d'avoir choisir Ferromaine et ses villes blanches. Pourquoi n'avait-il pas décidé de suivre Hector et la voie sombre de Malphéjji ? C'était, à entendre les espions, un pays plus calme où on savourait chaque jour le plaisir d'être encore vivant.
Jean examina sa fille, encore hébétée. Sur ses épaules et sur sa tempe, de grosses marques noires s'inscrivait, viles accusatrices de son vice.

- Valentine ? Usez de vos artifices pour faire disparaître ces marques. Il ne s'agirait pas qu'on se pose des questions sur la santé... hmm fragile, de ma douce enfant.

La dite Valentine pinça les lèvres pour ne pas répondre. Puis, elle s'approcha, croyant, à tord, qu'il était l'heure d'oeuvrer.

- Que tout le monde sorte. J'ai une petite discussion à avoir avec la princesse.

La bonne ouvrit la bouche puis la referma. Jusqu'à présent, elle s'était toujours tenu à l'écart des histoires de la famille Ferrol, s'estimant, à juste titre, trop bien pour mourir sur un coup de tête du monarque. Elle se retira donc, restant près de la porte avec les prêtres qui patientaient.
Dans la chambre, on entendit alors des cris retentirent. Des cris de peur, de pure peur. Darwil hurlait, tentant de se soustraire aux marmonnements magiques de son père. Elle courrait à travers la chambre, hurlant de plus bel lorsqu'elle sentit l'onde la toucher.
Quelques instants plus tard, elle sanglotait dans ses bras.

- Chuuut, ne pleures plus ma chérie. Bientôt nous trouverons un médecin pour soigner tes crises. Je te le promets.

Elle hocha la tête et s'écarta de son père. Son sourire la fit frissonner et elle ne reprit sa respiration qu'à l'instant où Jean quitta la pièce, enfin, laissant la femme de chambre entrer pour la préparer pour le souper.




Les traits tirés, il pénétra dans la grande salle commune et se dirigea vers son fils. La fatigue se lisait sur son visage, le dernier sort l'avait vidé de son énergie.
La magie est une chose bien étrange, songea t-il, laissant son fils tenir salon pour les dames de Malphéjji.
Elle n'avait pas de coté blanc ou noir, elle n'était jamais totalement bonne ou totalement mauvaise. Courant d'énergie pure, elle puisait à la fois dans les éléments connus, tel l'eau, le feu, la terre et l'air, mais également dans les sphères supérieures et inférieures. Nul magicien n'était limité, à moins qu'il ne choisisse la voie de la prêtrise, dans ce cas, il se limitait aux sorts que le dieu ou les dieux bénissaient. Le coté sombre de la magie était utilisé par les plus purs magiciens. Le retour à la vie de certains guerriers, aussi vertueux soient-ils ne pouvaient se faire qu'en puissant dans la sphère des morts, puisqu'il fallait alors ramené l'âme du défunt.

Jean avait découvert, bien des années plus tôt que le plaisir et la colère étaient de puissants catalyseurs. Mais le pendant de la chose était que son énergie, malheureusement limitée, s'épuisait bien plus vite lorsque ses décharges atteignaient leur puissance maximum. Même si, à force d'entraînement et d'usage, il avait acquis une plus grande résistance.

- Ne pensez-vous pas, seigneur Ferrol ?

Il fixa la jeune femme longuement puis sourit et acquiesça. Du diable s'il savait de quoi elle parlait ! Mais la conversation reprit, tranquillement. Visiblement, il n'avait pas manqué grand chose.


Son fils prit bientôt congé, s'en allant à la rencontre de son épouse dont on venait d'annoncer le retour. Le plaisir se faisait voir sur son visage encore jeune. Sélyn aimait sa femme. C'en était pathétique.








Le jour s'en allait. A voir les visages fatigués des caravaniers, ce n'était pas une mauvaise chose. Ils voyageaient depuis de longues journées, de chaudes journées. L'été dans ce coin de monde, à l'est des Terres Vierges, encore plus à l'est des terres de Ferromaine et au sud de Naramône, était affreusement chaud.
Le maître de la caravane leva les yeux pour fixer une dernière fois le soleil qui disparaissait derrière les tours élancées aux motifs grotesques.
Les faces des gargouilles semblaient se tordre vers les passant, les dardant de regards véneneux.


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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 08/08/03 13:11
Jeux d'ombres.

Garice Locthar eu un frisson. Bien que marchand depuis de nombreux étés, il n'avait jamais put s'habituer à Norgorath. Car c'était bien à Norgorath qu'il allait entrer.
L'évocation de ce simple nom suffisait à instiller une vague de peur et de doute dans l'esprit de celui qui l'entendait, parfois, lorsque cet esprit était particulièrement faible, il instillait un tel effroi que la folie le gagnait irrémédiablement.
Mais Garice n'était pas faible. Un peu avide, un peu égoïste. Enfin, juste les qualités qu'il fallait pour réussir à entrer et sortir vivant de cette maudite ville.

Car telle était Norgorath, sombre et imposante, froide et tranchante.
Les habitants de cette cité n'étaient plus considérés comme véritablement humains par leurs pairs ... une vie en marge de la lumière, une cité plongée dans les ténèbres perpétuels, des mystères insondables ... toutes les légendes qui contribuaient à faire de Norgorath une cité maudite et de son maître le Seigneur Ombre, un être surnaturel.



Le pas du cheval se fit hésitant, la nervosité semblait le gagner au fur et à mesure de son avancée.
Déjà deux semaines d'écoulées depuis son départ de la cité-état de Morlakai, et hormis quelques oiseaux de proie disséminés dans le ciel, il n'avait aperçu nulle trace de vie.
L'hésitation de la monture devint palpable, et le cavalier fût contraint d'en descendre.
Il tenta vainement de la calmer, de la faire encore avancer, puis se résolu à devoir continuer à pieds.
Les premiers contreforts escarpés des montagnes de Norgorath s'étendaient devant lui, pic d'encre noyés dans la nuit sans éclat.
Il ne put empécher un voile de sombre présage lui traverser l'esprit.
Puis, doucement, il joua sur les harmoniques de sa respiration, et se calma, la voile de peur s'estompa, ne trouvant pas prise sur son esprit.
Il devait être solide comme le roc, et froid comme l'acier le plus pur.

Il relâcha sa monture, car de toute manière, elle ne le mènerait pas plus loin, récupéra les fontes passées en travers de la selle, et regarda une dernière fois l'équipement dont il disposait.
La dague trouva une place de choix dans le replis de sa botte, la lame courte, sur laquelle brillaient les runes de pouvoir gravées et consacrées se logea dans le fourreau à ses cotés.
Il ajusta une dernière fois sa légère armure en cuir, et se mit en marche vers les sommets de Norgorath d'un pas vif et alerte.



Garanice jeta un regard distrait à l'homme qui se joignait à sa caravane. C'était une chose courante que les voyageurs esseulés se glissent dans les colonnes marchandes qui entraient en ville.
Les hommes-chats qui gardaient l'entrée de la cité Maudite ne fouillaient que les voyageurs seuls. Pour ne pas gêner le commerce, paraissait-il.
Enfin. Etait-ce le moment de songer à tout cela ? Le capitaine de la garde observa la caravane passer sans mot dire. Garanice préféra hâter le pas de ses bêtes et compagnons. Il ne faisait pas bon attirer l'attention du Seigneur Ombre.

Le Seigneur Ombre ... un nom qui se murmurait dans les ruelles ... une évocation fugitive.
Qui était-il ?
Un simple fantôme créé de toutes pièces, ou une réalité tangible.
Il se murmurait qu'il dominait la cité, savait tout sur tout, et pourtant, on ne savait qui il était.
Après tout, il n'était peut-être qu'un mythe inventé par un esprit enfièvré il y a bien longtemps, mais la croyance dans cette légende était telle qu'il était fréquent de retrouver l'individu ayant blasphémé sur son compte, sous l'effet abrutissant des drogues et alcools, au petit matin, dans une ruelle, dans un état qui ne laissait planer aucun doute sur sa mort.
Qui n'avait jamais entendu parler des crucifixions rituelles ... c'est ainsi que l'on retrouvait ceux qui avaient osé parler, prononcer le nom interdit ... crucifiés sur un mur de pierres, tête vers le bas, le visage grimaçant attestant des nombreuses tortures infligées, et pourtant, jamais personne à proximité n'entendait jamais le moindre bruit ... une mort lente et sauvage, arrachant un paroxysme de souffrance.


L'homme-chat plissa les yeux, observant les sentiments et les pensées qui s'affichaient sur le visage à présent rouge du marchand. Il s'approcha lentement et l'attrapa soudain, lui arrachant un cri de surprise.
Rapidement, la caravane se vida de ses occupants permanents et temporaires. Personne ne voulait savoir ce qu'il allait advenir de l'homme qui venait de se faire prendre avec de telles pensées.


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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 11/08/03 14:13
Le cavalier jeta un dernier regard à l'homme qui lui avait permis d'entrer dans la ville. Il le savait déjà mort. Qu'importe, il avait mieux à faire. Il revoyait les images de son départ ... lui, Bellamy, un maître espion de la cité de Morlakai, avait été convoqué par le conseil régent suite aux agitations alentours.
Il apparaissait clairement que la cité-état était la prochaine cible de celui que l'on nommait le Seigneur Ombre de Norgorath, et devant la débâcle des armées ayant tenté de l'affronter, ne restait plus qu'à porter le combat sur son domaine, l'abattre sur ses terres.
Et en sa qualité de maître espion, il fut désigné pour accomplir cette tâche.
Il se rappelait les douleurs endurées lorsque, des heures durant, les mages et les prêtres l'investirent de leur magie, tatouant sur son corps des glyphes de protection, de non détection, et des runes effilées et lumineuses.
Plusieurs fois il avait faillit abandonner ce corps qui n'était plus qu'une plaie ouverte et béante, répondant au doux appel de la mort, mais à chaque fois sa mission lui revenait à l'esprit. Détruire le Seigneur Ombre. La rage le tenait alors et il repoussait la mort avec toute la vigueur possible. Puis la douleur lui vrillait à nouveau le corps, lui rappelant à la sinistre réalité.

Lorsqu'il était ressortit des salles de l'académie de magie, il s'était sentit subtilement différent, comme si son environnement était devenu ténu, tangible, imprécis.
De fait, il s'aperçut que ses mouvements étaient prodigieusement rapides, et qu'il était de même capable de disparaître à la vue de tous, juste un léger picotement sur la nuque, une rune qui scintillait, et il se dérobait au regard des passants.




Le marchand se débattit longuement, attirant les autres gardes et laissant ainsi le champ libre à Bellamy qui fonça à travers la ville. Il devait faire vite. Un garde le héla brusquement. Il était repéré !
Il actionna mentalement sa rune qui s'empourpra et il disparut aux yeux de tous pour poursuivre sa route. Le garde sembla le chercher un instant puis il renonça, se grattant la tête dans un geste de déroute intellectuelle. Avait-il rêvé ?

Dans une ruelle déserte, Bellamy réapparut, en nage.
Les runes étaient d'une efficacité implacable, certes, mais elles vampirisaient son organisme à un rythme effrayant.
Il se laissa glisser le long du mur, et resta ainsi, affalé et prostré, durant de longues minutes, reprenant son souffle, ses esprits, et surtout, reprenant le contrôle de ce corps que les runes et les glyphes lui disputaient.
Quelle folie d'avoir fait confiance aux mages ... mais il n'avait pas le choix, car sans ces glyphes, il n'arriverait jamais à approcher le Seigneur Ombre.

Il savait dominer sa peur, ses instincts, mais il savait aussi que l'indicible aura qui entourait le maître de Norgorath faisait plier même les coeurs les plus purs et les plus vaillants par sa seule présence, beaucoup de ses élèves étaient morts pour arriver à obtenir ces quelques informations sur son ennemi.
Machinalement, il crispa sa main sur le manche de son arme, et dans un grognement, se releva et se dirigea vers la tour royale. Il n'avait que peu de temps pour agir.




Corril avait le regard des sombres jours alors qu'elle descendait de cheval. Près d'elle, une elfe à la peau plus blanche que les neiges patientait, le regard dur et l'air fatigué. Sélyn fronça les sourcils mais n'osa rien dire tant la tension était palpable. La nuit venait de tomber et malgré les torches qui les entouraient, il n'arrivait pas à voir tous les gens présents.
Il s'approcha de son épouse doucement, sans vouloir déranger la conversation animée qu'il y avait entre les gardes qui accompagnaient l'elfe et les quelques magiciens présents. Combien étaient-ils ? Une douzaine au bas mot. Une douzaine de magiciens, l'air aussi fatigué que s'ils avaient affronté une vingtaine de dragons à eux seuls. Bien que les gardes qui les accompagnaient eussent l'air tout aussi fatigués, Sélyn croyait deviner que les magiciens avaient bien plus souffert que les guerriers.

- Ca ne peut plus durer. Bougonna un garde.

- Nous ne pourrons pas repousser une seconde attaque. Soupira un autre garde.

Du sang maculait les pattes de leurs chevaux. Ce qui en soit était assez étonnant. Pourquoi sur les pattes et pas ailleurs ? On aurait put croire qu'au lieu de se battre contre les ennemis, ils les avaient piétinés.

- Tout va bien, Corril ?

- Non pas vraiment. Mais on fera avec.

Sa voix était sèche et cassante. Où donc était passé sa douce et tendre épouse ? Son épouse soumise et docile ? Sélyn plissa les yeux un court instant.

- Elexia !

L'intéressée, en l'occurrence l'elfe, se tourna vers celui l'interpellait ainsi. Le grand guerrier qui l'accompagnait fronça les sourcils mais ni lui, ni la demi-douzaine de gardes ne bougea quand la prêtresse sauta de sa monture pour se jeter dans les bras d'Olwen.

- Qui est-ce ? murmura l'héritier de Ferromaine à son épouse.
- Voici Lune, la haute prêtresse de Zior, dieu des vents et des saisons. Sur le cheval noir, là, c'est Tristan, son époux et maître du domaine de Cyren.

- N'est-ce pas là ta haute prêtresse ? Dit-il d'une voix surprise.

Corril acquiesça. A l'heure où toutes les magiciennes des vents et des saisons avaient été conviée par Lune, elle était loin d'imaginer les conséquences.



Blottie dans les bras du druide des Terres Vierges, Elexia savourait le plaisir de cette rencontre fortuite. Elle n'imaginait pas le trouver sur les Terres Blanches.

- Es-tu venue chercher Darwil ? Demanda t-il, visiblement anxieux.

- Darwil ? Non... mais comment sais-tu qu'elle a disparue ? Mon courrier est revenue sans t'avoir trouvé à Malphéjji.

- Ton courrier... effectivement, je n'ai vu nul messager, mais nous avons été très pris ces derniers mois.

Il se tourna lentement vers le château et le désigna d'une main tremblante.

- Il l'a amenée.

- Qui ça ? Darwil est là ? Qui l'a amené ? Pourquoi ne m'a t-on rien dit ?

Un vent très fort s'était soudain levé, éteignant la totalité des torches, au grand désarroi des autres magiciens et magiciennes présents, qui s'accrochaient comme ils pouvaient à leur monture.

Tristan sauta à terre et dégaina soudain son arme. Devant lui se dressait Erlwin, de toute sa hauteur, lames en main également. On ne voyait que ses yeux dans la pénombre ambiante.


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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 12/08/03 15:35
Leur précédente rencontre s'était soldé par un combat qui n'avait rien de loyal et encore moins d'amical. La tension était palpable. Le temps semblait s'être suspendu. Puis le vent se calma et la prêtresse se tourna vers les deux hommes, tandis que les servants de son ordre rallumaient les torches.

- L'heure est trop grave pour se battre, mon époux.

- Je le sais, ma mie. Mais que mon nom soit mille fois maudit si j'abaisse ma garde devant cet homme.

Il se retint de cracher à terre.
A leur dernière rencontre, Lune et Darwil ne faisait qu'une, bien que leurs âmes n'eussent pas encore fusionné, si bien qu'à l'arrivée du Haut Commandeur, le fier guerrier avait vu sa tendre amie se jeter dans les bras de cet homme en lui criant combien elle l'aimait.
Son sang n'avait fait qu'un tour. Il n'était pas homme à se retirer sans combattre. Et il avait tiré son épée pour le défier. Et l'elfe noir avait accepté, un sourire aux lèvres en repoussant l'elfe rousse qu'il ne connaissait pas et ne se souciait pas de connaître.
Le combat n'avait pas duré éternellement, puisque moins de quatre heures plus tard, ils avaient été interrompus par les troupes de Ferromaine et avaient dû se battre contre des adversaires autrement plus dangereux. Du moins était-ce là leur avis.

- Et crois-tu que ce soit le moment ? Je ne suis pas femme à me jeter dans ses bras, pour l'amour de Zior !

- Ma dame je serais ravi de satisfaire vos besoins, mais je dois vous avouer que je suis déjà mariée.

Erlwin sourit, content de sa tirade. Il ne s'attendait pas à la réplique suivante.
- Et bien je sens que Darwil va être contente. Il n'y a pas à dire vous êtes réellement le pire des goujats.

Elle s'était faite dure et coupante. Elle se tourna résolument vers Olwen sans plus s'attarder sur la tension entre les deux hommes. Tristan baissa légèrement sa garde et se tourna vers son épouse, gardant tout de même son ennemi à l'oeil.

- Notre dernière rencontre, si je ne m'abuse, était autrement plus... tendre. Tenta Erlwin.

- Votre stupidité m'étonne, Haut Commandeur de Malphéjji. J'aurais cru qu'un homme tel que vous aurait eu l'éclair de génie pour comprendre que ce n'était pas moi qui me jetait dans vos bras mais bien votre amante.

Elle n'avait pas bougé, tournant juste les yeux. Olwen semblait s'amuser follement. Tristan n'arrivait pas à trouver d'amusement dans la conversation. Erlwin, piqué au vif, cherchait une réplique cinglante tandis que tous les autres baissaient les yeux, conscients de n'avoir rien à faire dans cette conversation.

Finalement, alors qu'Erlwin n'avait toujours pas trouvé de réponse, trop occupé à digérer l'impertinence de la prêtresse, elle se tourna vers lui, et planta son regard couleur d'océan dans la nuit profonde de ses yeux.

- C'était l’âme de Darwil qui vous cherchait. Pas moi. Malgré tous les sentiments qu'elle pouvait m'inspirer, vous restiez pour moi un vil et sombre elfe noir. Je me souviens de sa souffrance alors que vous me repoussiez. Je me souviens combien elle a pleuré au fond de moi après tous vos mots... méchants et gratuits. Voulez-vous que je poursuive ?

- Je...

Il la fixait, l'air douloureux, semblant soudain aussi perdu qu'un petit garçon. Il allait rajouter quelque chose quand Tristan fit un signe religieux devant lui, l'air effaré et effrayé.

- Puisse Zior nous protéger.

L'assistance entière se retourna. Sur le pas de la porte, une silhouette fragile les fixait, encore plus surprise qu'eux. Lune lâcha un petit cri et manqua de tomber. Olwen la soutint.

- Du calme, Elexia. J'ai bien assez d'Erlwin à soigner.

Le susnommé s'avança lentement vers l'apparition. Elle ne le regardait pas encore, dardant les yeux sur l'elfe rousse près du druide. Il lui semblait la connaître. Un souvenir lui arracha un sourire avant de s'effacer, lui arrachant un soupire. Alors elle se tourna vers l'homme qui s'avançait vers elle, l'air grave et menaçant. Menaçant... ou terrifié ? Elle cilla et recula d'un pas.

- Darwil ! ! ! Non !

Il avait crié, la faisant sursauter. Elle bondit en arrière et se mit à courir. Il la suivait, elle entendait ses pas claquer sur le sol dallé. Elle ne cria pas. Elle devait garder son souffle pour lui échapper. Un couloir, puis un autre, un détour puis un autre. Elle fuyait. Comme si sa vie en dépendait. Courir... encore... plus vite... pourvu que l'ombre ne l'attrape pas.


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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 13/08/03 13:06
Elle dérapa sur le dallage. Essoufflée, elle le regarda s'avancer. Il courrait aussi vite qu'elle, sinon plus. Comme si sa vie en dépendait également. Derrière lui, elle devinait les courses de l'elfe, du druide et du guerrier aux cheveux noirs qu'elle avait entr'apperçut.

- Darwil ! Attends !

N'était-ce pas Sélyn qui l'appelait ? Elle n'écoutait déjà plus, grimpant quatre à quatre les escaliers qui montaient jusqu'aux toits. De là, elle continuerait jusqu'à la tour nord, d'où elle pourrait redescendre et, espérait-elle, les semer. Qu'importe où elle allait pourvu qu'elle arrive à les fuir.
Elle déboucha sur les toits et s'arrêta, stupéfaite. La nuit l'enveloppait. Pourtant elle voyait comme en plein jour. Pourquoi une elfe s'étonnerait-elle de cette vision normale ? Deux voix s'acharnaient à lui répéter que les apparences étaient trompeuses. Qu'il fallait qu'elle lise dans son coeur.



- Darwil... ma douce... attends je t'en prie.

C'était une prière, une supplique, mais non un ordre, constata t-elle, un peu choquée, beaucoup surprise. Se pouvait-il qu'on lui mande quelque chose sans l'exiger ?
Elle se tourna vers lui, terrifiée et sur ses gardes. Elle reculait encore, consciente que l'homme avait aussi peur qu'elle.

- Ma petite elfe... mon apparition. Es-tu venu me hanter pour le reste de mon existence ? Si cela doit être alors je l'accepte, mais ne me fuis pas de grâce. Je ne survivrais pas à cette quête si elle doit être perdue d'avance.

- Petite elfe ? Qui appelez-vous ainsi ? Murmura t-elle, étonnée d'entendre sa voix.

Il lui semblait qu'elle n'avait jamais parlé de sa vie. Oh bien sûr, sa vie se limitait aux dernières heures puisqu'elle était incapable de se souvenir d'autres choses que son père la tenant dans ses bras et lui murmurant combien elle était folle de se frapper la tête contre les murs, ainsi.
Oui la folie la tenait. Elle secoua la tête pour chasser cette impression étrange qu'elle était en train de rêver. Il s'était mis à genoux, comme pour lui prouver sa bonne foi, comme pour lui dire qu'il ne bougerait pas tant qu'elle ne fuirait pas.

Derrière lui, un groupe s'était rassemblé. Elle se souvenait de son frère, Sélyn, confusément. Il lui semblait connaître l'elfe rousse à ses cotés, le druide ne lui était pas inconnu non plus. Elle respirait de plus en plus vite, s'enivrant d'air, cherchant à calmer les battements désordonnés de son cœur qui s'affolaient sous la recherche des souvenirs qui affleuraient lentement sous la multitude d'indices qu'on semait devant elle.

- Etes-vous un rêve ? Suis-je réellement tombé au plus profond de ma folie ? Allez-vous donc m'emporter avec vous dans la mort ? je vous en prie... je vous en prie.

Elle retenait ses sanglots, se refusant à pleurer, croyant que ses larmes chasseraient ces visions dont elle avait désespérément besoin.

- Darwil... non ne pleures pas.

- Mais je ne pleures pas messire. Supplia t-elle sans verser une larme.

Il se tourna un court instant vers Olwen qui lui fit un geste. Alors il se releva doucement.

- Permets-moi d'approcher. Je jure sur ma vie de ne pas te faire de mal.

Elle hésitait, pesant le pour et le contre. Finalement, elle accepta et regarda l'immense elfe noir s'avancer vers elle. Lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques centimètres d'elle, il s'agenouilla à nouveau et lui prit la main.

- Darwil de Lishternaham, je suis Erlwin Sombremain, Haut Commandeur de Malphéjji et votre dévoué.

Il déglutit péniblement. Sa main glissa le long de son bras, caressant sa peau de pèche.

- Tu es là, c'est bien toi. Je ne rêve pas.

Il lâcha un petit rire nerveux.

- Oh je t'aime, ma petite elfe, si tu savais à quel point je t'aime.

Elle se crispa lorsqu'il serra sa taille, enfouissant son visage contre son ventre. Elle ouvrait de grands yeux surpris. Avait-elle réellement entendu ces mots d'amour ? Elle avala sa salive et prit une grande inspiration.

- Vous vous trompez, messire Erlwin. Je ne suis pas de Lishternaham et vous n'êtes pas mon dévoué.

A l'instant où elle prononçait tous ces mots, ses yeux vacillèrent sous la force de la révélation. Elle connaissait Erlwin et il la connaissait, mieux que quiconque d'ailleurs. Et elle avait prononcé le nom des Terres Noires sans sourciller, les connaissant par coeur.

Elle se revit soudain, hurlant et pestant contre Ferrol qui la forçait à rentrer dans son corps inerte.
Elle se revit épousant sous une autre identité, dans un autre corps, ce grand guerrier aux cheveux noirs qui se tenait près de l'elfe rousse dont elle connaissait les traits par coeur.
Elle se revit s'interrogeant sur le bien fondé de ce mariage et se répondant qu'elle faisait bien. Ce n'était pas elle. C'était elle.
Elle se revit plantant une petite plante fragile dans une serre immense d'un royaume, palabrant avec le druide à la longue barbe blanche.
Elle se revit attrapant l'étrange oiseau qui se révéla être un dragon nouveau-né.
Elle se revit pleurant dans les bras de son « frère » sur l'étrange fardeau qui voulait qu'elle fut la princesse d'un royaume qu'elle détestait.
Elle se revit allongée sur un lit, souffrant et retenant ses larmes, ses cris, l'héritière des Neiges penchée sur son dos, effaçant des runes en lui murmurant des paroles apaisantes.
Elle se revit sur un navire, couchée contre l'elfe noir dont le scarabée blanc d'obéissance incrusté dans la nuque battait semblait-il, en mesure avec les explosions qui détruisaient le navire.
Elle se revit prenant possession d'une ville marchande, proclamant la mort de l'ancien prévaut.
Elle se revit prise par un puissant poison, la mort dans l'âme et dans les yeux, supportant les affres d'une guerre, supportant les voyages de diplomatie et de courtoisie
Elle se revit glissant dans la mort et suppliant son dieu de l'aider, une dernière fois. Et son dieu avait répondu.

Elle revit tant d'images qu'elle bascula à la renverse, le souffle éteint et les yeux grands ouverts sur ses visions. Elle suffoquait. Elle manquait d'air. Elle sombrait.
Erlwin la serra plus fort, pour ne pas qu'elle tombe à terre. Quoi qu'il arrive, il la tiendrait, quoi qu'il arrive, il ne la laisserait pas. Un sentiment confus l'envahit. Une vieille promesse, un vieux remords ressurgissait.
Mais cette fois, il ne la laisserait pas mourir. Il ne la laisserait pas seule.


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Tous se regardèrent, se tournant lentement les uns vers les autres. Olwen hocha la tête doucement. Ça devait arriver. Elle tremblait encore, les yeux à présents clos. Quelques instants plus tard, elle cessa de trembler. La fatigue et les émotions l'avaient emporté dans une inconscience salvatrice pour son esprit tourmenté.

- J'aimerai comprendre comment elle est arrivée ici. Murmura presque en même temps Elexia et Erlwin.

Corril s'avança, les yeux baissés, honteuse d'avoir à annoncer que c'était sa faute. Quand bien même ça ne l'était pas, elle se sentait coupable de n'avoir pas su empêcher une telle félonie. Elle allait ouvrir la bouche quand on la repoussa légèrement. Erlwin la dominait, de toute sa hauteur, portant Darwil dans ses bras.

- Voudriez-vous nous mener à sa chambre ? Elle a besoin de soins que nous ne pouvons dispenser ici.

Elle acquiesça et les précéda dans les escaliers, puis dans les couloirs. Elle fit sciemment un détour pour éviter la salle de réception. Elle refusait de voir Ferrol sortir vainqueur de ce moment.
Ainsi, suivant Erlwin et Darwil, Olwen, Elexia, Tristan, Sélyn et Corril entrèrent dans la chambre blanche.
Valentine eut un mouvement de recul devant tant de monde, mais voyant sa maîtresse abandonnée dans les bras du drow, elle poussa un cri.
Saisissant l'épée de sa dame, elle mit en joue l'elfe noir.

- Arrière démon ! ! Pose donc cette pauvresse. Et sors !

- Dame je vous en prie. Darwil est au plus mal.

Il n'avait pas l'air amusé. Pourtant la situation était cocasse et dans d'autres circonstances, il aurait sans doute cherché à s'amuser aux dépends de cette attentionnée dame de compagnie.

- Elphégine... Slarph... Dark Eyes... Murmura Darwil d'une voix douloureuse.

Il faillit la lâcher. Les noms qu'elle prononçait étaient ceux de ses compagnons passés. Il la posa sur le lit avant de la laisser tomber. Se pouvait-il qu'elle se souvienne encore du chevalier Dark Eyes dont la bêtise l'avait conduit à la mort ? Le dernier rapport de Slarph à son sujet faisait état de sa prise de pouvoir à Thorn.

L'imbécile avait omis de se munir de sa lettre de commandement et avait provoqué son maître de la garde en duel. François Von Striken avait la réputation d'être un bretteur hors pair. Sa disparition avait privé de Thorn d'un capitaine fort sage et brillant. Mais la fureur de Slarph avait été implacable.

Ledit Slarph, Mïstrass de son nom, était un homme-lézard. Il avait été l'ami de Dark Eyes, s'étant battu à son coté. Et lorsque Darwil avait pris la tête de Lishternaham, il avait accepté d'être une sorte de vassal. On ne pouvait le dire son vassal tant les relations que la duchesse entretenaient avec ses hommes et ses compagnons, étaient empreinte d'amitiés. Erlwin se souvint avoir envoyé Slarph à l'Est, protéger Voltarh, une ville alliée que Loïc Lemeneur, maître de la ville, avait grand mal à protéger contre l'implacable avancée de Norgorath.

Elphégine, le dernier des trois noms, avait été en son temps, le garde personnel et la demoiselle de compagnie de Darwil. A la mort de Dark Eyes, alors régent de Thorn, et de la duchesse, elle aurait dû prendre la tête de la ville commerçante, mais la rage d'Erlwin l'avait condamné au pire sort qui soit. Après l'avoir battue et laissée pour morte, en punition pour avoir laissé mourir la duchesse, il l'avait envoyée en garnison au fin fond du royaume de Malphéjji où elle avait subit les pires humiliations. Elle avait disparue depuis bientôt trois ans.



Erlwin n'était pas très fier d'avoir à lui annoncer tout cela. Il aurait aimé pouvoir la rassurer sur le sort de ses compagnons. Mais il ne pouvait pas. Il était coupable de ne pas les avoir près d'elle. Etonnamment elle n'avait pas mentionné MacGilmore, le baron de Lishternaham. Un chevalier qui l'avait accompagné depuis le début de son aventure. Savait-elle qu'il était mort lui aussi ? Tué par Pierre, le chambellan du domaine. Bien sûr, cela elle l'ignorait.
Elle devait savoir qu'il était mort, puisqu'elle avait été alors nommée duchesse. Duncan MacGilmore avait été son compagnon d'armes dès son arrivée à Malphéjji. Tous deux fraîchement débarqués du navire « L'Espérance » où ils avaient rencontré Erlwin.

L'aventure les avait mené sur les traces du maître de Norglund qu'ils avaient aidé à vaincre. Pour récompense, Hector leur avait confié la gestion du nouveau domaine rebaptisé Lishternaham.
Puis, après avoir constaté leur efficacité à tous trois, puisque Dark Eyes avait été nommé Capitaine de la garde de Lishternaham, il avait mandé à Duncan de se rendre à Norgorath. Mais ce dernier, engoncé dans la richesse qui s'installait, et dans les sensuels jupons d'une servante, avait fait traîné les choses.
A l'époque, la colère avait fait tonner Darwil qui aurait voulu faire bouger son ami. Mais il n'avait pas daigné accéder à sa supplique. Alors Pierre, sur les ordres d'Erlwin et d'Hector, avait supprimé le baron et sa maîtresse. Et si Darwil avait été peinée d'apprendre la mort accidentelle de son ami, elle n'avait pas tardé à répondre aux ordres du Seigneur Noir.


Elle gémit encore et se tourna. Valentine s'empressa de dégrafer son corset, libérant ses épaules et son dos de leur prison. De larges taches noires s'étalaient sur sa peau blanche. Détournant son regard pour ne pas voir les coups, pour ne pas sentir la douleur, Erlwin laissa ses yeux se poser sur le mobilier. Et il jura. Un grand lit blanc. Il savait bien qu'elle aurait préféré mille fois un lit de fougères fraîches. Il revint sur elle, incapable de s'éloigner ne serait-ce que des yeux. Sur sa nuque, on devinait encore la trace du scarabée blanc. Il en dessina le contour du bout des doigts. Il avait le même sur la nuque. C'était la marque de fabrique de Ferromaine. Les runes d'obéissance.

Faisant glisser le vêtement plus bas, malgré les murmures désapprobateurs de Valentine, il découvrit son dos, marqué en chaque endroit de traces noirs ou grises, restes de coups violents. En bas, au creux de ses reins, une marque blanchâtre montrait l'endroit où Ferrol avait voulu incruster la rune d'oubli. On voyait fort bien les arabesques dessinant l'onde.

Elle gémit encore et il ôta sa main, comme brûlé. Il ne voulait pas la réveiller. Il avait soudain peur de l'affronter.
L'image de sa petite elfe en colère lui revint. Il se souvenait fort bien des magnifiques colères qu'elle poussait lorsque excédée par son manque d'attention, elle s'attirait son regard.


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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 20/08/03 12:35
- Ma petite elfe. Ma merveilleuse Darwil.

Les mains de la belle interpellée, fines et blanches, se crispèrent sur le drap blanc, en proie à la plus violente des douleurs. Elle se redressa soudain, criant un autre nom qu'il reconnut aisément. Elle ouvrit les yeux, le fixa un instant sans le voir puis retomba sur les draps, à nouveau inconsciente. Tout le monde reprit sa respiration.

- Qui est Gorlec ? Demanda Corril d'une petite voix.

- C'est son dragon. Répondit Elexia en souriant.

- Je doute, dame qu'on puisse le dire encore son dragon. Il a bien grandit. C'est presque un adulte à présent.

Elexia hocha la tête sans vouloir le détromper. Malphéjji ignorait sans doute que Gorlec avait été le premier à reconnaître Darwil en elle. Et comme l'enfant qu'il était resté, il avait rejoint Sylen sous une forme humaine, restant près d'elle jusqu'à leur fusion.
Lorsqu'il n'était plus arriver à faire de différence, il s'était retiré, pleurant sur son amie perdue. Elle n'était pas vraiment morte. Mais elle ne serait plus jamais la même.

Elexia et Darwil l'avait bien compris lorsque la fusion avait commencé. Ce n'était pas tout à fait Lune qui restait, mais ce ne serait plus jamais Darwil. Car Darwil s'était retirée, laissant son amie, sa sœur d'âme s'occuper seule de sa vie. Bien que présente au fin d'elle, elle n'avait plus jamais donné de sa voix d'ange. Et plus jamais elle ne s'était opposée à Tristan de Morteville.

Lune étouffa un sanglot sans le vouloir. Elle comprenait mieux la douleur du dragon à présent. Elle se souvenait l'avoir trouvé ridicule à l'époque, mais lorsque Darwil lui avait été arrachée, quelques mois plus tôt, elle s'était rapidement aperçue que rien n'avait changé. Ses décisions étaient toujours les mêmes. Et elle avait pris conscience que la voix de son amie n'avait pas retentit depuis fort longtemps. Depuis près de trois ans.
Tristan serra son épouse, connaissant son chagrin. Il pinça les lèvres amicalement pour rassurer les autres qui les fixaient sans comprendre.


- Je me souviens de vous. Murmura doucement le drow en fixant Lune.

- Et bien j'imagine oui. Nous nous sommes croisés à Thorn. Et sur le champ de bataille des Trois Crevasses.

Lune était surprise. Pourquoi lui disait-il cela maintenant ? Malgré sa bonne résolution, elle ne put s'empêcher de capter sa pensée. La jeune magicienne aux yeux bleus... non violets. D'ailleurs oui, à l'époque ses yeux étaient violets. Pourquoi étaient-ils bleus à présent ? Il se souvenait qu'elle l'avait apostrophé un jour de guerre, alors qu'il cherchait la mort pour rejoindre son aimé. Il se souvenait d'avoir rêvé. Un doux rêve où Darwil et lui se retrouvaient par delà la mort, vivants leur amour, s'aimant une dernière fois, une unique fois, devrait-il dire avant qu'elle ne disparaisse à jamais. Un ultime adieu par delà la vie, par delà la mort.
Elexia sourit.

- Je me souviens ... c'est étrange. Je n'aurais jamais pensé que vous n'étiez qu'une.

- Je sais.

Il sursauta brusquement et tous se tournèrent vers l'elfe inconsciente. Elle s'était blottie contre lui, laissant glisser le drap sur son ventre, découvrant ses seins blancs. Il retenait son souffle, fixant sa peau blanche, tremblant d'amour pour elle. Il caressa d'une main hésitante son épaule si petite, si fragile et tellement marquée par les coups de son prétendu père.

- Est-ce un rêve ?

Sa voix, pourtant la plus douce possible, le fit sauter.

- Je... non. Je suis bien vivant.

- Oh !

Elle ramena le drap sur elle et s'assit. Lentement, elle fit le tour de la pièce, fixant son regard sur chacun des protagonistes.
Il y avait là Elexia et Tristan son époux. Elle ignorait comment elle connaissait leur noms, mais elle savait qui ils étaient. Puis, derrière eux, il y avait Sélyn et Corril. Elle tenta de fixer sa mémoire un instant puis y renonça pour l'instant. Elle devinait que le druide était Olwen. Puis Valentine, sa femme de chambre. Bien qu'elle ne comprenait pas comment elle avait put engager cette femme inconnue et pourtant presque intime.
Devant elle se tenait Erlwin bien sûr. Mais c'était comme si elle découvrait son visage pour la première fois.
Son corps lui lançait des avertissements de douleurs. Elle souffrait comme si elle avait été rouée de coups. Etait-ce un de ceux-là ? Elle en doutait.
La porte s'ouvrit brusquement, faisant sauter tout le monde. Les deux guerriers sortirent leurs armes d'un même élan. Le mur trembla sous la force du coups puis le silence s'installa.




C'était une elfe. Cheveux blonds, yeux bleus. Elle portait une robe et tentait de cacher son armure sous ladite robe. Et elle fixait Darwil, intensément.

- Je t'avais dit d'attendre ! S'écria Elexia, soudain plus pâle.

- Pardon, Elexia... je ne pouvais pas attendre.

Sous les yeux ébahis d'Erlwin qui avait pâlit à son tour, elle se jeta au pied de la Duchesse.

- Tu es vivante. Ce n'est pas une invention, ce n'est pas une histoire, tu es vivante !

Des larmes jaillirent alors. Darwil pencha la tête, interrogeant sa mémoire. Pour sûre, elle connaissait cette damoiselle. Elle la connaissait même très bien. Son regard s'éclaira alors que tout lui revenait.

- Relèves-toi donc ! Audriac va finir par se fâcher tu sais. Dit-elle d'une voix douce.

La duchesse de Lishternaham repoussa alors les couvertures et posa ses pieds blancs sur le sol glacé. S'avisant de sa robe défaite, elle remit tranquillement son corset en place et fit un signe à la femme de chambre qui obéit, surprise de trouver tant d'autorité chez la jeune fille. Elle ignorait que la princesse de Ferromaine n'était plus. Que devant elle se tenait Darwil, duchesse de Lishternaham.
Lorsque enfin elle fut rhabillée, elle se tourna vers l'assistance, constatant avec plaisir que les hommes s'étaient tournés.



Dernière mise à jour par : Lishtarone le 20/08/03 12:44

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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 25/08/03 10:59
- Bonjour messieurs. Bonjour mesdames.

Comme aucun ne répondait, gardant la bouche entre-ouverte dans une surprise non feinte, Darwil se tourna alors vers Lune et pencha la tête.

- Je connais votre nom, me semble t-il mais les circonstances de notre rencontre me semblent un peu floue. Pardonnez-moi, j'ai été longuement malade. Certains poisons sont parfois trop efficace.

Elle sourit, agrandissant encore l'ébahissement de ses protagonistes.

- Bon... C'est pas gagné. Maugréa t-elle. Elphégine, vas chercher Audriac et fais sortir tout ce monde de ma cham... mais c'est quoi cette chambre ?

Le ton de sa voix avait grondé sur la fin de sa phrase. Elle ne reconnaissait pas l'endroit. Elphégine, mue par une vieille habitude, sortie hors de la chambre et se précipita vers le milieu du château, espérant trouver la salle de réunion.

- Attends !

Le cri l'arrêta. Darwil sortait de sa chambre, tranquillement, suivie des autres. Elle semblait plus blanche d'un coup.

- Où sommes-nous ?

- A Naramône, dame Darwil. Murmura Corril.

- Naramône ? Diantre... ça fait longtemps que je suis arrivée ?

Olwen s'approcha et posa la main sur son bras. Il vérifia qu'elle n'avait pas de fièvre. Elle le repousse lentement.

- Je vais bien, merci Olwen. Où est mon chambellan ? Pierre ? Pierre ?

Elle appelait vivement, se tournant.

- Mais pourquoi rien n'est à sa place ?

Elle n'interrogeait personne en particulier, visiblement déconfite. Elphégine patientait, les yeux brillants d'une joie et d'une émotion intense.
Darwil finit par secouer la tête, en proie à un étourdissement. Elle posa le bras sur celui de son aimé puis se redressa et lui sourit.

- Je suis ravie de te voir, Erlwin. Je pensais... étrange... je pensais...

Elle semblait peiner sur ses souvenirs. Elle cherchait visiblement à se rappeler de quelques choses. Elle pencha la tête un court instant en le fixant.



Une claque retentissante alla brûler la joue du drow, sous les regards hilares de l'assemblée. Il la fixa, ébahit. Sa joue le cuisait tant qu'il ne put s'empêcher d'y porter sa main froide pour apaiser la douleur. Les yeux de sa belle dardait des lames et des poisons sur lui.

- Tu es marié ! ! Tu as osé te marier !

Sa colère fit éclater de rire tout le monde. Et ce fut un soulagement. Ils comprenaient enfin que sa mémoire, sous le choc des révélations, lui revenait par bride. Erlwin la serra contre lui tandis qu'elle se débattait, le griffant, le frappant. Il retrouvait son elfe, sa douce petite peste. Et la joie le fit presque pleurer.

- Comment as-tu osé ? Je ne suis et ne serais jamais une maîtresse !

- Je sais, mon amour, ma douce, je sais. Mais tu étais morte !

Elle cilla, le fixant longuement. Puis elle acquiesça.

- Oui... je me souviens maintenant. Le brûlant poison qui m'arrachait à la vie. Agalis répondant à mon appel. Oh par tous les dieux...

A son expression, ils devinèrent qu'elle se souvenait avoir détruit Lishternaham. Aucun ne brisa le silence, s'attendant à ce qu'elle se souvienne d'autre chose.





Le corps du garde s'affaissa au sol en émettant un discret gargouillis.
Bellamy essuya sa dague sur la tunique de l'homme au sol, puis la rangea dans sa botte. Il jeta un regard de précaution autour de lui, mais il savait déjà que personne ne l'avait vu. Pas plus que pour les quatre premiers gardes qu'il avait éliminé sans aucun remord. Devant lui, la dernière grille qui le menait aux geôles.
Les prisons lui offriraient une aimable diversion pour s'introduire dans les étages supérieurs et maintenant que les gardes de faction étaient éliminés, il ne lui restait plus qu'à ouvrir les portes et profiter de l'effet de panique.
Il se glissa prestement dans l'étroit couloir, notant avec plaisir que les torches étaient pour la plupart éteintes. Au bout dudit couloir, une lumière diffuse. Sans doute quelques lanternes éclairaient une partie de cartes. Lentement et silencieusement, il s'avança vers la lumière et jeta un rapide coup d'oeil dans la pièce. Il compta trois gardes sur le terre plein central, pour une douzaine de portes d'acier fermées.
Il prit à peine le temps de réfléchir à la situation tant le temps lui était compté. Dégainant sa lame, il se glissa dans la pièce.
Les glyphes sur sa main se mirent à miroiter, et tout à coup, l'air lui paru léger et frais.
Il se jeta en avant et égorgea le premier garde d'un revers de lame, puis sur le même pas, enfonça la cage thoracique d'un autre soldat d'un violent coup de pied qui le jeta en contrebas.
Le troisième garde, abasourdi, entendit la porte grincer et vit les cadavres de ses deux camarades s'écrouler au sol ; il porta la main vers sa lame et commença à crier à la garde, mais son cri mourut sur ses lèvres, tandis qu'il contemplait d'un air ahuri le métal transperçant sa poitrine.

Le miroitement des runes s'estompa et Bellamy redevint une silhouette humaine. Le souffle court, il posa un genou à terre et inspira à fond.
Il se sentait comme écrasé sous une chape de plomb, les runes lui coutaient trop d'energie à chaque utilisation malgré le plaisir qu'il éprouvait à en user. La grisante sensation de liberté était pernicieuse et s'il s'était écouté, il aurait abusé de ses nouveaux pouvoirs. Mais il devait garder des forces pour sa mission.
Il se hâta donc d'ouvrir les portes des cellules, et derrière chaque porte, la même odeur nauséabonde, la même image ... un corps rabougri et desséché pendu à ses chaînes. C'était à se demander pourquoi il fallait trois gardes. Trois gardiens d'un cimetière d'êtres à peine vivants. Un frisson terrifiant le parcourut des pieds à la tête. Il se secoue vigoureusement pour chasser une désagréable mais indéfinissable sensation.


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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 26/08/03 21:04
A la demande générale (si si je vous assure), je m'autorise un petit récaptitulatif des personnages et du monde :

Personnages :

Darwil de Lishternaham : elfe sylvain aux yeux verts et cheveux roux, ancienne duchesse du domaine de Lishternaham. Morte après l'absorbtion d'un poison. Etait réincarnée en Alexia de Valois (dites Lune) puis ramené dans son vrai corps par Jean Ferrol.
A vecut le grand amour avec Erlwin.


Alexia de Valois : haute elfe aux cheveux roux et aux yeux bleus. Grande prêtresse du dieu Zior (vent et esprit). Epouse de Tristan de Morteville et régente du royaume de Sylen.


Erlwin Sombremain : Drow. Haut commandeur des forces armées de Malphéjji. Meilleur ami d'Hector et d'Olwen. Est marié à Finelia. Toujours amoureux fou de Darwil.


Tristan de Morteville : guerrier et régent des terres de Sylen. Epoux d'Alexia. Une guerre constante se tient entre lui et Darwil qui n'a jamais réussit à l'aimer.


Hector de Malphéjji : empereur humain des Terres Vierges. Epoux de Cecilia et ennemi juré de Ferromaine.


Olwen : druide au service de Malphéjji. Fut le responsable de l'éducation druidique de Darwil... si elle avait eu le temps. Vieux, aimable mais pas toujours très sage.


Finelia : haute elfe d'une grande beauté. A fuit Erlwin pendant des années jusqu'à ce qu'il rencontre Darwil. Dès lors, c'est occupé à ramener le puissant drow dans ses filets jusqu'à s'en faire épouser.


Cecilia de Malphéjji : humaine. Impératrice des Terres Vierges. Très discrète.


Sélyn de Ferrol : héritier des terres de Ferromaine, marié à Corril. Dipplomate de la troupe, il s'est fait passé pour le frère de Darwil durant presque une année.


Corril : épouse de Sélyn et héritière de Naramône. Magicienne des glaces au demeurant.


Jean de Ferrol : monarque des terres de Ferromaine, il cache derrière une réputation sans tâche une fourberie sans nom. Ennemi déclaré de Malphéjji.


Orgal de Naramône : monarque des Terres Blanches, il possède une grande force de caractère. On pourrait le comparer à un grand Viking. Allié à Malphéjji suite à la guerre des Trois Crevasses qui les ont opposé à Norgorath.


Bellamy : maître espion d'une ville quelconque, il est chargé d'éliminer le seigneur Ombre. Pour cela, on lui a implanté nombre de runes magiques.


Le Seigneur Ombre : on ignore jusqu'à son nom. Maître incontesté et inconstestable de la ville forteresse de Norgorath, il n'a qu'un seul but dans la vie : conquérir le monde... oups non pardon, juste le détruire. Il est l'agent du mal à l'état pur.


Gorlec : dragon de compagnie de Darwil. Gourmand de papillon, ce jeune dragon fut le compagnon d'aventure de Darwil à son arrivée à Malphéjji.


Elphégine : haute elfe aux cheveux blonds. Elle fut la dame de compagnie et le garde du corps de Darwil à l'époque de Lishternaham. Condamnée à mort par Erlwin au décès de la duchesse, elle n'a eut la vie sauve que grâce à l'intervention de Lune.


Dark-Eyes : chevalier de Malphéjji déchu pour une bétise d'ivrogne, il fut contraint de se mettre au service de Darwil pour pouvoir un jour prétendre à reprendre sa place.
S'est vu offrir la place de dirigeant de Thorn et s'est fait tué par bétise.


Duncan MacGilmore : baron de Lishternaham avant Darwil, il a attiré le courroux d'hector qui l'a fait supprimé.


Slarph Mistrass : Homme lézard, ami de Dark Eyes et homme de main de Darwil. A disparut en combattant auprès d'un seigneur allié.




Le monde :


A l'ouest, juste avant le grand océan qui mène aux terres druidiques, se trouve le royaume de Ferromaine qui possède deux villes principales : Sélentyne et Ferromaine. On appelle ces terres, les terres du seigneur blanc.


En s'enfonçant vers l'est, on arrive à Malphéjji, dites les terres Vierges, puisqu'elles étaient innocupées avant l'arrivée d'Hector. Ces deux contrées sont en guerre depuis bientôt 30 ans.


Au nord-est de Malphéjji, se trouve Lishternaham, du moins ce qu'il en reste, après la destruction du château et des terres alentours. Elles sont nommées Terres Noires ou Terres Maudites.
La ville principale s'appelle Thorn. C'est une ville très commerçante.


Au grand nord, on retrouve Naramône. Les Terres Blanches sont surnommées ainsi à cause de la neige qui y semble éternelle. C'est un pays de chasseur et de pêcheur.


Au grand sud, on trouve Sylen, appelés aussi Terres de l'Eternel Soleil. Pays de Nomades et de désert, ce sont des terres qui abritent nombres de tribus d'hommes-lézards des sables.


Au grand Est du monde connu se trouve la redoutable et redoutée cité-forteresse de Norgorath. Ville de luxure et de jeux, c'est surtout un coupe gorge et un bouge permanent. Et pourtant les plus grands commerces se font à partir de cette cité.



En espérant que cet intermède vous permettra de mieux vous y retrouver. N'hésitez pas à me faire part de vos impressions et vos remarques.


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Lishtarone A D'Ar Wilgaronmanish

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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 03/09/03 21:08
Puis il se détourna, préférant ne pas savoir ce qui avait pu les mettre dans un tel état ... pour l'instant, son esprit était tourné vers un seul but, abattre leur tortionnaire, et il allait devoir revoir son plan.

Précautionneusement, il entreprit de passer par l'entrée principale ... après tout, c'était l'entrée la plus évidente, et peut être justement la moins protégée. Un garde passa près de lui, presque en silence, faisant couler une sueur glacée dans le dos de l'assassin.

- Thomas ! C'est quand tu veux !

- Ouais, ouais, j'arrive.

A l'instant où Bellamy allait lui trancher la gorge, le dénommé Thomas tourna les talons, après avoir tapoté sa pipe contre le mur. La nuit et son silence reprirent possession de la forteresse. Finalement, Bellamy put reprendre sa progression. Il lui semblait qu'éviter les patrouilles de garde était d'une simplicité désarmante.
Se faufiler entre les piéges aurait demandé de nombreuses heures à un novice, mais pour Bellamy, rien de ceci n'était vraiment compliqué, et ainsi, en moins de deux heures, il s'était habilement faufilé jusqu'aux quartiers de l'être honni.
Un dernier piège devant la porte faillit le surprendre ... il se maudit de sa négligence, mais d'un autre coté, quelqu'un de moins entraîné que lui ne l'aurait jamais remarqué, et serait en train d'agoniser devant la porte.
Il pénétra alors dans la chambre interdite, objet de toutes les convoitises.

Le décor même de la pièce était déconcertant. Ses murs étaient recouverts de lourdes tentures noires, aucune lumière ne perçait au travers des rideaux, aucun souffle ne dérangeait les rideaux mortuaires. Au centre trônait un massif fauteuil d'obsidienne, le reste de la pièce paraissant totalement dépourvu de mobilier.
L'antre du seigneur Ombre ressemblait à s'y méprendre à une crypte de cimetière. On aurait put s'attendre à voir surgire un squelette en livré noir et plateau d'argent tant le mobilier semblait fait pour un tombeau.
D'un pas souple et rapide, Bellamy traversa la pièce et se camoufla parmi les ombres mouvantes des tentures. Maintenant était venue l'heure de la traque, et le tueur, patient, attendait le retour de sa proie.
Les yeux mi-clos, la respiration lente, il scrutait les ténèbres de la pièce, attentif au moindre bruissement.


Il resta ainsi plusieurs heures, se demandant si l'attente prendrait fin, quand un léger courant d'air souleva les tentures.
Les sens aux aguets, son regard se fixa sur la porte, mais celle-ci n'avait pas bougé.
Par contre, devant lui, il voyait à présent une forme assise sur le fauteuil ... par où était-il arrivé ?
La forme semblait onduler sur le fauteuil, ses traits étaient flous, imprécis, et surtout, il émanait de cette présence une froideur et une noirceur qui lui glacèrent le corps jusqu'aux tréfonds de son âme. Il lui sembla soudain qu'une présence se glissait en lui, broyant sa tête comme un étau, brûlant sa cervelle d'une lave de sombres sentiments.
Sa respiration se fit saccadée, haletante. Il sentait des filaments de conscience fouiller dans les recoins de son esprit, s'insinuer dans son âme, et la vague de froid commença à le submerger. Il perdait pied, suffoquait, il sombrait. Se tordant de douleur, il tomba à genoux, la tête entre ses mains, luttant contre l'étau le comprimant, retenant les hurlements qui voulaient jaillir de sa gorge, qui voulaient s'arracher de sa bouche.
Le froid l'engourdissait, menaçait à chaque instant de le faire sombrer définitivement dans sa prison monolithique, quand soudain les glyphes s'embrasèrent.

Il sentit la douce chaleur l'envahir, les picotements effleuraient sur sa peau, le froid reculait ... il reprenait vie, enfin ! Il était en train de chasser de lui cette aura glacée qui l'avait lacéré consciencieusement.
Son esprit reprit conscience de la situation, sa respiration devint de nouveau normale, lente et méthodique, et c'est avec une assurance sans bornes qu'il sortit lentement sa lame de son fourreau.
Il regardait les runes courir sur la lame, les arcs électriques qui crépitaient, l'épée vibrait dans sa main, comme animée d'une vie propre, comme pressée de plonger dans le coeur impie du monstre.
Il s'avança calmement vers sa proie, et put enfin contempler celui qu'il venait abattre.
Enfoncé dans le fauteuil de pierre se tenait un humain, enfin, ce qui aurait pu l'être jadis, mais n'était à présent plus qu'une enveloppe desséchée, aux formes mouvantes et indistinctes.
Parfois, la silhouette disparaissait totalement derrière un voile de ténèbres insondables, puis elle réapparaissait quelques secondes plus tard, tourbillonnante et changeante.
Bellamy repoussa de son esprit les tentacules qui tentèrent de s'immiscer de nouveau, ce qui avait pour effet d'accroître l'intensité lumineuse de ses glyphes protecteurs, et il esquissa un faible sourire de satisfaction lorsqu'il entraperçu le rictus de dépit sur les lèvres parcheminées de son adversaire.


Ainsi, le Noir Seigneur de Norgorath n'était plus qu'un vieillard fripé, qu'une ombre qui semblait décliner toute seule et qui se serait probablement dissoute dans la nuit sans aide extérieure.
Mais il se rappela qu'il avait une tâche à accomplir, et d'un geste rapide, il plongea la pointe de la lame vers le coeur du monstre.
Son coup ne rencontra nulle résistance et la lame se ficha profondément dans les chairs desséchées, n'arrachant aucun cri, aucune plainte.
Le corps allait-il disparaitre en poussière ? Allait-il se répandre au sol dans un liquide écoeurant et suintant ?


Dernière mise à jour par : Lishtarone le 03/09/03 21:12

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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 04/09/03 07:56
Bellamy demeura quelques secondes interdit, contemplant le corps affaissé sur le fauteuil quand soudain, une vive brûlure au bras le tira de sa torpeur, et il se jeta en arrière avec une vitesse prodigieuse, juste à temps
L'éclair balaya le sol où il se trouvait et disparut soudainement, comme absorbé par l'obsidienne.
Les glyphes brillaient comme jamais, il les sentait aspirer toute son énergie, toutes les défenses magiques que lui avaient octroyé les mages étaient activées, et fonctionnaient au maximum de leurs possibilités, signal de grand danger.

Il sentait la douleur l'envahir et savait que malheureusement, cette dernière échappée allait lui coûter la vie. Curieux pourtant, il jeta un regard vers l'ombre du seigneur de Norgorath, satisfait du devoir accomplit.
Deux iris flamboyants incendiaient la noirceur de la silhouette, qui semblait reprendre consistance. Son sang ne fit qu'un tour. Ainsi, tout desséché qu'il était, le sombre maître pouvait encore jeter quelques éclairs. Il se précipita vers lui, lançant son bras vers sa lame afin de la dégager, mais sa main fut heurtée par un mur de glace.
Horrifié, il regardait la main décharnée posée sur son avant-bras, et il sentit à nouveau le froid glacial l'envahir.
Les glyphes irradiaient de lumière, tentant d'opposer leur chaleur au froid qui les attaquait... en vain. Bellamy sentait ses forces le fuir, les glyphes n'étaient plus sous son contrôle, elles le vidaient de toute substance plus sûrement encore que son adversaire ne le faisait.

Il contempla les iris qui le fixaient, d'un regard millénaire, morne et sans vie, qui semblaient goûter le spectacle avec avidité et délectation, laissant sa proie se consumer avec ses propres armes. Etait-ce possible ?
Dans un sursaut, Bellamy sortit sa dague et tenta de frapper la silhouette, qui s'évanouit sous l'impact. Il avait vaincu la bête.
Tremblant, vidé de ses forces, le maître-espion s'écroula lourdement au sol, consumé par l'énergie des runes. Il mourrait d'avoir accompli sa tâche.
La dernière vision qu'il eut avant de sombrer dans l'abîme fut la forme sombre qui réapparaissait dans un léger courant d'air sur son fauteuil.




Corril s'était avancé la première, posant la main sur l'épaule de la jeune elfe. Elle avait faillit reculer en voyant Elphéjine se précipiter vers elle brutalement.

- La paix, Elphéjine, je te prie. Murmura doucement Darwil.

Son garde du corps acquiesça et se mit en retrait. Elle dardait sur elle un regard enflammé. Darwil était vivante ! Qu'importe toutes les tortures qu'on avait put lui infliger, Elexia n'avait pas menti, Darwil était vivante. Oh bien sûr, la dame de Sylen n'avait pas dit textuellement que le corps de Darwil était revenu à la vie. Non bien sûr. Elle avait dit que son âme était en elle. C'était presque cinq ans auparavant. Elle allait mourir, torturée jusqu'à la mort par le Haut Commandeur de Malphéjji qui n'avait jamais put lui pardonner d'avoir manqué à son devoir.

- Tu as laissé mourir la seule femme au monde qui aurait put me donner un peu de compassion. Si tu ignorais qui était Erlwin Sombremain, tu vas vite comprendre pourquoi on m'a affublé de ce nom qui n'était pas le mien à l'origine.

Elle réprima un frisson qui menaçait de monter. Sa rencontre avec Elexia de Valois avait été un pur hasard.
Elle jeta un regard à sa dame et comprit à ses yeux brillants qu'elle aussi se souvenait.


C'était cinq ans auparavant. Diminuée physiquement et moralement, Elphéjine n'était plus que l'ombre d'elle-même. Le seigneur Hector ne la comptait même plus dans ses troupes. Encore moins dans ses troupes d'élites bien qu'elle en ait fait partie à une certaine époque.
On lui prédisait une mort prochaine. D'autant plus proche que le drow ne semblait pas se lasser de la torturer. A son retour de Lishternaham, après la mort de la duchesse, elle s'était présentée à son maître, en l'occurrence, le maître des armées de Malphéjji et s'était remise à sa disposition, conformément au protocole.
Mais le regard furieux du seigneur Erlwin lui avait promis mille torture. Pour commencer, il l'avait entraîné sur les terres Noires, constater par lui-même la mort de sa belle.
Elle se souvenait encore de ses hurlements lorsqu'il avait enfin put toucher le corps glacé de son amour. Elle était intacte, comme protégé de la corruption de la mort par Agalis.
Il avait creusé, l'obligeant à l'aider, une fosse dans laquelle il posa son corps. Sous ses mains, il plia la précieuse cape d'invisibilité et il déposa Darlaé, malgré qu'elle lui appartenait également.

- Restes-là, mon enfant, mélange d'elle et moi. Je ne saurais supporter de te savoir loin d'elle, de te sentir près de moi, alors qu'elle n'est plus.

Il avait pleuré, se souvenait-elle. Il avait pleuré des larmes d'homme. Fières et douloureuses, ses larmes n'avaient cessé de couler qu'à l'heure où ils eurent quitté les terres maudites.

Et le calvaire de l'elfe blonde, ex-demoiselle de compagnie, garde du corps de feu Darwil, avait commencé.
Les tortures qu'il s'était appliqué à lui faire supporter n'étaient pas racontables. Il avait fait preuve de nombres d'ingéniosités, sa fureur alimentant son imagination.
Elexia, sous l'impulsion de Darwil, avait cherché Elphégine, le plus rapidement possible. Et lorsqu'elle l'avait retrouvé, c'était une ombre, c'était presque un cadavre, tant elle était recroquevillée sur elle-même.
Il avait fallut près de deux ans aux deux âmes réunis pour convaincre l'elfe d'accepter leur aide et de fuir Malphéjji. A l'image de Gorlec, elle avait rejoint Sylen et s'était rallié à la cause de la prêtresse des vents.



Et aujourd'hui, elle voyait Darwil. Vivante, vibrante et perdue. Et cette fois c'est elle qui guiderait son amie jusqu'à la lumière.


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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 09/09/03 14:45
L'elfe rousse fixait les murs, intensément, comme si elle tentait de percer les pierres pour voir au delà. Un soupire lui échappa tandis qu'elle se tournait vers le groupe.

- J'ai perdu pas mal de temps, dirait-on ...

- Perdu ? Oh non Darwil !! Nous étions toutes deux et nous avons oeuvré ensemble.

La duchesse secoua la tête légèrement. Non, Elexia avait tort. Bien qu'ayant été ensemble, c'était elle qui avait travaillé et non son âme parasite. Au pire avait-elle été un soutien. Enfin, il était inutile de lui parlé de cela.
Elle finit par se tourner vers les hommes et leur sourit, le coeur battant la chamade à présent qu'elle prenait conscience du regard enflammé d'Erlwin. Il la dévorait des yeux et elle aurait aimé se laisser aller à la délicieuse sensation qui réchauffait son corps.

- Voudriez-vous me conduire à la salle du dîner ? J'avoue un appétit certain et soudain.

Sélyn fut le premier à lui tendre le bras, mais sous la demande impérieuse du Grand Commandeur de Malphéjji, il céda sa place et s'apprêta à mener son épouse.

Le silence s'imposa de lui-même. Un lourd silence pesant et étouffant qui maintenait les protagonistes de cette histoire dans un de ces instants qu'on pourrait penser de figer.
Ferrol gardait la bouche ouverte dans une hébétude sénile. Hector fixait la duchesse, partagé entre le plaisir de la revoir vivante et le désir de la corriger pour ses bétises. Finélia dardait sur le couple transpirant l'amour, un regard emplit de peine et de rage. Orgal eut un sourire. Un simple sourire de contentement. Enfin la mascarade de Ferromaine était terminé. Les masques étaient tombés. Enfin.


- Et bien ? Voilà un silence des plus inquiétants.

Elle eut un sourire en reconnaissant le fils de Naramône. Enfin elle voyait un visage connu. Et voilà qui expliquait sans doute sa présence sur les Terres Blanches. Un éclair de compréhension la parcourut à nouveau. Avait-elle donc oublié qu'elle était morte puis revenue à la vie ?

- Darwil... murmura le maître de Ferromaine. Ma petite fille chérie...

Elle se tourna vers lui et haussa un sourcil en le fixant. Puis elle pencha la tête sur le coté.

- Votre pardon, messire ... hmm...

Elle regarda vers Erlwin qui ne réagit pas, savourant son bonheur de l'avoir à son bras. Elle se tourna alors vers Sélyn qui grimaça. Et à nouveau la lumière se fit dans son esprit. Son regard se fit plus dure.

- Votre fille ? Vous rêvez Ferrol ! Darwil est vassale de Malphéjji !

La voix forte d'Hector s'était faite railleuse. La duchesse sentit le sang affluer à ses joues. Avait-il oublié dans quel état d'esprit elle avait succombé ? Elle n'avait pas oublié son désir de quitter Malphéjji suite à leur triste habitude de se jouer d'elle.

- Vassale ? Vous vous fourvoyez, Hector. Si je l'ai été ce fut avant de découvrir combien vous aimiez jouer aux marionnettes avec vos gens !

- Du respect, jeune fille ! J'ai bien des choses à vous reprocher.

- Je n'en doute pas, mais je n'ai aucun compte à vous rendre. Au moins la mort m'aura t-elle délivrée de ma vassalité.

Sa dernière tirade eut l'effet de rendre muet l'imposant seigneur noir. Il ouvrit la bouche pour répondre puis la referma, n'ayant rien de pertinent à répondre.

Ferrol, bien qu'ayant suivit l'échange avec intérêt, n'avait nulle intention de rester impuissant face à la situation qui lui échappait. Comment avait-elle fait pour reprendre ses esprits ? Son dernier sort n'était pas assez vieux pour avoir cessé. Il rageait en silence, se sentant bien trop faible à présent pour user de ses sortilèges. La garce l'avait affaiblie plus que d'ordinaire. Et son désir animal avait bien faillit prendre le dessus. Pour sa défense, il fallait avouer que l'elfe était belle.
Et la lueur de force et de dignité qui brillait en ce moment dans son regard émeraude ne la rendait que plus désirable à ses yeux. Hérésie ! ! ! Le maître blanc ne pouvait se permettre une telle inclinaison pour la chaire et l'amour.

Le groupe s'était peu à peu dispersé, donnant l'occasion à Ferrol d'agir. Il bondit tel un tigre sur sa proie et lui agrippa le bras avec force, l'attirant contre son torse.

- Ne bouges pas, mignonne où je te découpe !

Il appuya rapidement sa lame contre le cou blanc de son ancienne héritière. Erlwin, crispé, se mit soudain à appeler.

- Darlaé dans ma main ! !

Ferrol eut la fugitive pensée que les gens de Malphéjji étaient tous fous, avant de voir passer un éclair argenté. L'instant d'après, l'immense elfe noir tenait une épée courte et brillante. Il lui semblait que l'épée avait jaillit du fourreau de son fils. Mais assurément, il avait rêvé. Une épée pouvait-elle voler ?

- Darlae, dans ma main ! Cria a son tour Darwil.

Et avant que Jean ne put réagir, la fragile petite elfe lui faisait face, tenant l'épée en main. Dans son cou, un sillon sanglant glissait. Elle s'était éraflée en s'écartant si prestement de lui et de sa dague.

- Et que comptes-tu faire avec ce cure-dents, gamine ?

Elle ne répondit pas, tenant sa garde résolument.


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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 15/09/03 13:57
Il sauta par dessus le tonneau et s'éloigna rapidement, riant de sa rapine.

- Voleur ! Vaurien ! Attends que je t'attrape !



Argail laissa échapper un gloussement et tourna prestement au coin d'une rue. Dans la seconde qui suivait, il glissait à terre et roulait sous un appenti retenu à peine par un pieu qui le soutenait à peine. D'ailleurs, le jeune voleur tira le soutien vers lui, rabattant ainsi le plateau de bois et disparaissant ainsi à la vue de ses éventuels poursuivants. Il resterait ainsi caché jusqu'à la nuit.
Une longue attente sans doute mais qui en valait la peine. Doucement il dégagea l'objet qu'il avait soustrait et l'admira sous les rayons du soleil qui entraient par les rainures naturelles du vieux bois.
Assurément, Colin, le vieux bijoutier, lui donnerait une petite fortune pour ce bracelet. C'était un vieux bracelet en or semblait-il, serti de pierres somptueuses.
Dans un sourire, Argail referma les plis du mouchoir qui protégeait le précieux objets et se coucha pour attendre le soir.


Un hurlement le réveilla. Bon sang ! Il s'était endormi. Il se redressa doucement et poussa légèrement le pant de bois.
Les éclats de voix redoublaient prés de lui, et relevant la tête, il fut pris de tremblements et de convulsions qu'il eut toutes les peines du monde à maîtriser.
Devant lui se dressaient deux ombres fantomatiques, enveloppées de lourdes capes sombres, semblant reposer sur un vide abyssal, un néant noir et glacial qui menaçait de l'emporter dans un tourbillon de ténèbres.
Ils avaient capturé une proie, laquelle était à présent en train de pousser des hurlements de pure terreur, à genoux devant eux, tremblant trop pour trouver les forces nécessaires à la fuite.
Ses hurlements étaient entrecoupés de longs sanglots, les implorant de l'épargner... pour toute réponse, une des ombres émit un crissement guttural, et une sphère d'ombres et de ténèbres enveloppa le coin de la ruelle.
Argail n'était pas particulièrement couard mais il avait déjà entendu raconté ce genre de scène. Et le conteur ne semblait que rarement s'en félicité. Il enfonça son poing dans la gorge pour ne pas crier. Des tremblements l'agitaient fortement, il claquait des genoux et des dents, s'il n'avait eu son poing à mordre. Soudain, il sentit un liquide chaud lui couler sur la jambe ... il n'avait pu retenir plus longtemps sa vessie.

Sous ses yeux horrifiés, les spectres commencèrent lentement et avec précision leur sinistre besogne.
Les sévices infligés à l'homme dépassaient l'imaginable, et Argail dut détourner le regard et se boucher les oreilles pour éviter un haut-le-coeur.
La lente agonie dura de nombreuses heures, car ils prenaient soin de garder en lui cette étincelle de vie, afin de le tourmenter encore et encore ... puis l'étincelle vacilla et s'éteignit.
La nuit était à présent presque terminé, laissant bientôt la place au matin qui s'annonçait à l'horizon.
Argail osa un regard vers les silhouettes, espérant qu'elles eussent fichu le camp et qu'il eu pu s'enfuir de son immonde cachette. L'horreur le saisit à nouveau. Les capuches lui faisaient à présent face, et le contemplaient de leurs yeux sans vie... deux éclats iridescents dans une ombre mouvante.
Il était repéré. Rapidement, il évalua ses chances contre elles. Fuir, Il devait fuir, vite et loin, mais lorsqu'il tenta de se lever, ses jambes se dérobèrent sous lui, et il s'effondra au sol.
Les yeux exhorbités, c'est avec une terreur croissante qu'il les vit s'approcher de lui, lentement, sûres d'elles.
L'une des ombres tendit ce qui semblait être son bras vers lui, prononça un mot de pouvoir antique, et il cru sentir sa tête exploser sous le choc.



Vision troublée ... odeur musquée ...
Mais où était-il ?
Argail semblait sortir de sa torpeur avec peine.
Il jeta un oeil sur sa droite, puis sur sa gauche, et s'aperçut qu'en fait, il n'était peut-être pas mort. Mais loin de le réconforter, l'idée lui arrachait des tremblements. S'il n'était pas mort, ça voulait dire qu'il pouvait encore souffrir.
La pièce était froide, en pierre noire. Son esprit lui soufflait qu'il s'agissait sans doute d'obsidienne. Si tel était le cas, cette pièce valait une fortune. Les mines d'obsidienne de Norgorath étaient jalousement gardées, et jamais jusqu'alors, il n'en avait vu, ni imaginer autant.
Se relevant avec lenteur, il s'aperçut qu'il était entravé par des chaines de cristal sur une table elle aussi d'obsidienne. Son souffle se fit plus court à mesure que la panique s'emparait de lui. Il se mit à crier à l'aide, à hurler, à appeler après un quelconque secours, n'ayant pour toute réponse que l'écho de ses hurlements et le vide de la pièce. Il tira sur ses chaines avec pour seul effet de resserrer les liens. Il se débattit, en vain et hurla encore.
Les larmes roulaient sur ses joues... il allait mourir, comme le pauvre type dans la ruelle, peut-être pire encore.
Rien que d'imaginer les souffrances qui l'attendaient, il ne put s'empêcher d'appeler la mort sur lui, qu'elle s'abatte et l'emporte vite.

C'est alors que le souffle glacial le saisit. Un nuage blanc se forma devant lui à chacun de ses cris, l'obligeant à s'arrêter. Lentement il tourna la tête. Une silhouette décharnée, noire comme la nuit, la face grimaçante et osseuse s'avançait vers lui.
Son cri mourut dans sa gorge
Le Seigneur Ombre, il en était persuadé, c'était lui.
Il le regardait s'avancer, lentement, semblant flotter sur les dalles d'obsidienne, se rapprocher de lui inexorablement.


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   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 19/09/03 09:23
Il se débattit encore, usant de l'énergie du dernier désespoir. Puis la voix grinçante résonna dans sa tête, lui vrillant les tympans, et lui arrachant des gémissements de douleur.

"Il est temps pour toi d'arpenter le chemin de ta destinée.
Tu as été choisi à ta naissance pour me perpétuer. Tu es étonné, croyant, à tort, que ta capture s'est faite par hasard. Mais cessons ce bavardage inutile. Il me faut à présent t'enseigner.
Je suis l'ombre qui cache la lumière, le vide qui entoure la matière .. on me nomme le Seigneur Ombre, et Norgorath est mienne depuis la nuit des temps.
A la fin de cette nuit, ton enseignement sera fini, et Norgorath sera tienne.
Cela fait plus de mille ans que la fière et antique cité de Norgorath étend ses invincibles murailles dans les ténèbres.
Plus de mille ans qu'elle est envahie par la corruption de ces lieux.
Lors de l'édification de la cité, furent exhumées des reliques impossible à dater ou a identifier, malgré les connaissances magiques des érudits d'alors.
Ces reliques, des artefacts semblant cacher un pouvoir incommensurable ne tardèrent pas à établir une influence néfaste sur ces érudits, qui finirent par s'entretuer pour leur possession.
C'est ainsi que la gemme de sang devint mienne.
C'est lorsque j'égorgeais de mes propres dents mon infortuné compagnon que celle-ci se mit à devenir brillante, irradiant de milles feux, brûlant ma main comme un tisonnier chauffé à blanc.
Je ne sais ce qu'il advint de cette gemme, elle semblait avoir fusionné avec moi, et n'en restait comme trace que le tatouage ornant ma main.
C'est alors que je sentis ma conscience basculer, que je sentis l'appel de l'abîme et que je partis l'affronter.
J'errais dans un univers froid, noir, sans haut, ni bas, peuplé de créatures démoniaques aux formes monstrueuses.
Je dus les affronter pour continuer mon chemin, balayant inlassablement ces créatures grotesques avec une facilité et un pouvoir que je ne me connaissais pas.
C'est au bout de ce chemin de souffrance que je vis le but de mon périple .. un miroir.
Un magnifique miroir finement ouvragé .. mais ce qui retint mon attention, ce fut le reflet dans le miroir, mon reflet .. je ne me voyais pas dedans, ce que je voyais, c'était une ombre mouvante et translucide, qui parfait devenait opaque comme la nuit.
Fasciné, je m'approchais du miroir, et contemplait ce que j'étais devenu, ce que l'appel de l'abîme avait fait de moi.
J'étais devenu un être au delà de la mort .. seule mon enveloppe était encore humaine, je m'aperçus que le reste de mon humanité avait été englouti par mon long chemin jusqu'à ce miroir, qui me forçait à affronter mon ultime vérité .. détruire l'humain en moi.
Il me fut aisé de détruire le miroir, et de contempler les parcelles de ce que je fus dans les fragments épars qui me renvoyaient cette image distordue.
J'étais devenu le héraut de croyances antiques, bien avant que l'humanité ne foule le sol de ces terres .. les terres éternelles de Norgorath, et ses créatures impies et démoniaques, j'étais devenu leur maître, et je les pliais à ma volonté.
Le savoir affluait en moi, savoir antique et ancestral !
Les démons sont mes serviteurs, les spectres mes émissaires, la magie de la mort une porte ouverte sur les ténèbres insondables du néant !
Et tu es celui qui va continuer mon oeuvre .. celui qui ouvrira les portes des lymbes sur le monde tout entier.
Les anciens écrits sont formels, le monde doit être anéanti de nouveau, afin de pouvoir être recréé, et c'est la tâche qui sera tienne à présent."

Il posa la main sur le poitrine d'Argail qui sentit un froid intense se répandre dans son corps.
Les runes de pouvoir antique fusèrent, arrachant des éclats d'obsidienne au mur, Argail hurlait de douleur tandis que sa vie, que son âme, lui étaient arrachées pour rejoindre les tréfonds de l'oubli. Il lui sembla que la douleur durait des heures. Il montait puis descendait, il était jeté à droite puis à gauche d'une pièce invisible, par une force invisible sans pour autant quitter la table d'obsidienne et les chaînes de cristal.
Ses membres s'engourdissaient, s'embrasaient. Sa tête enflait jusqu'à exploser.

Enfin, la tourmente se calma

Le corps du Seigneur Ombre s'affaissa mollement dans un bruit d'étoffe, et disparut.
Argail, d'une voix rauque, prononça les mots de pouvoir, et les chaînes de cristal se rétractèrent et disparurent.
Dans ses yeux, une lueur dansante s'agitait. Le Seigneur Ombre avait investi son corps comme beaucoup d'autres avant, et à présent, il sentait affluer en lui une énergie millénaire, un pouvoir effrayant et glacé, et il sentait le froide morsure du néant dans son âme, son corps n'était plus sien, son esprit n'était plus sien, il était à présent le Seigneur de Norgorath, et il devait détruire ce monde pour qu'un nouveau puisse en émerger.


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Lishtarone A D'Ar Wilgaronmanish

Les Terres Blanches de Naramône (Fantaisie)

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Lishtarone

Tortionnaire



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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les Terres Blanches de Naramône' a été posté le : 01/10/03 16:14
Orgal avait tonné. Jamais encore personne n'avait entendu sa voix profonde de bariton s'emplir des élans de la colère.
Et ceux qui l'entendirent se firent tout petit. Y compris Darwil et Jean qui se faisaient face, armes encore en main.

- Je commence à me lasser de vos mesquineries. Veuillez rengainer sur le champ.

Dit-il plus doucement. La duchesse ne se fit pas prier, baissant les yeux sur son arme qu'elle reconnaissait à peine. Et Jean fit sa première erreur. Sans un cri, il attaqua, jetant sa lame aussi loin qu'il le pouvait vers le corps gracieux de l'elfe rousse. Une rafale puissante d'un vent rageur fit dévier son épée qui ne fit qu'égratigner la jeune imprudente. Elle fixa longuement le filet de sang qui glissait jusqu'à se perdre entre ses seins. Sa gorge, à nouveau, avait subit une attaque. Mais ce n'était qu'une égratignure.

Nul n'avait crié. Pourtant, Erlwin était blanc. Comme la mort, comme la neige et son froid linceul. Il avait cru, une fois de plus, perdre Darwil.

- Tout va bien dame Darwil ?

Elle acquiesça doucement à la sollicitude de l'héritier de Naramône. Puis tous se tournèrent vers le seigneur "blanc".

- J'attends une explication... Père.

Aucune remontrance n'aurait put faire plus mal que celles venant de son fils chéri. Ferrol leva le menton aussi haut qu'il le pouvait et demeura ainsi, le regard meurtrier fixé sur son fils adoré.
Ce fut Lune qui brisa le silence imposant qui s'était glissé dans la pièce.

- Bien ! Si ces stupides gamineries sont terminées, on pourrait peut-être passer à des discussions d'adultes. Si je suis venue à vous c'est qu'un grave problème survient à Sylen et aux alentours.

Elle n'ajouta pas combien son coeur battait fort de la crainte d'avoir put soudain manquer son coup et qu'il eut put tuer Darwil. Curieusement, la petite jeune fille présente dans la pièce semblait plus importante que tous les chefs d'état du monde entier. Et pourtant elle n'avait aucun autre pouvoir que celui d'être vivante.
A part celui de commander aux dragons... Elexia eut un sourire à cette évocation. Car finalement, c'était l'amour que Darwil vouait à ces êtres qui allaient sauver Sylen.

Orgal eut un geste vers la salle à manger.

- Dinons d'abord. Nous parlerons politique ensuite. J'avais préparé un plan de table, mais je gage qu'il n'est plus d'actualité. Je vous laisse vous placer à votre guise.

Lui-même s'installa entre Hector et Jean qui ne sembla pas renoncer à l'idée d'être invité dans ce château. Lune, Tristan, Darwil, Sélyn et son épouse se regroupèrent dans un coin de la salle.
Erlwin, conscient qu'il ne pouvait se soustraire à ses obligations, demeura près de son empereur, son épouse à son coté.
Il ne lui avait jeté aucun regard et la belle elfe était bien blanche de dépit. L'impératrice, bien au fait des devoirs d'un époux, réprouvait l'attitude du Haut Commandeur mais en voyant les regards que les deux amoureux échangeaient de loin, elle ne put s'empêcher de sourire. L'amour était plus fort que tout.

Olwen se plaça au milieu des jeunes de Naramône, discutant passionnément avec ces fougueux guerriers.

Ainsi se passa le repas. Quand, enfin, ils passèrent dans la salle de guerre, aucun domestique encore vivant n'avait jamais vu autant de monde dans une si petite pièce.

- Nous vous écoutons, Lune de Sylen.

Elle se leva, digne et fière. Bien sûr Tristan, roi de Sylen, aurait dû prendre la parole en ses lieux et places, mais il n'aimait pas parler. D'ailleurs, il n'aimait pas la politique. Son plaisir c'était les batailles et les armes.
Il était un sacré guerrier mais d'aucuns racontaient que sans son épouse, Sylen ne serait rien de plus qu'un vaste champ de bataille en ruine tant il n'avait aucune notion des choses importantes.

Ce que la plupart ignorait c'est qu'en fait, Lune était magicienne et seulement magicienne. Incapable de prendre les décisions qu'il fallait. Darwil avait toujours été là pour ça. Et quand elle s'était retiré, elle avait trouvé un chambellan fort capable.

- Sylen est sur la route que prend Norgorath actuellement.

- Je suis ravi... et en quoi cela est-il dérangeant ?

- Vous autres, grands de ce monde, vous oubliez bien souvent de vous pencher vers les petits royaumes. Norgorath s'amuse à détruire tous les pays qu'il traverse.
Je ne vous cache pas que bientôt il pourrait se décider à tourner vers Lishternaham et pourquoi pas... Malphéjji avant de rejoindre Ferromaine.

Des protestations s'élevèrent. Et chacun se mit à défendre son point de vu dans un brouhaha incompréhensible.
Seule à rester silencieuse avec les épouses des seigneurs présents, qui brodaient dans un coin de la salle, elle réfléchissait déjà à un plan pour empêcher Norgorath de poursuivre sa quête destructrice.


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