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Morgoth 9 : la Tour de Fer a été posté le : 14/06/03 16:09
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Voici le neuvième volet des époustouflifiantes aventures de Morgoth l'Empaleur. Et ça commence à devenir bourrin.
1 ) Le Convenant malgré lui (1/3)
Depuis ses insondables tréfonds jusqu'aux pinacles flamboyants, la Tour de Fer avait résonné des suppliques des milliers d'esclaves qui avaient versé sang et sueur pour la construire, des suppliques qui n'avaient reçu comme réponse que le fouet ou la mort. Elle méritait son nom, cette Tour de Fer qu'un esprit dément avait conçu tout de poutres enchevêtrées, de plaques boulonnées, de chaînes et d'arches vertigineuses. De loin, on aurait dit une dague barbelée pointant ses multiples pignons vers le ciel comme pour le déchirer, une dague déjà souillée de coulures de sang. Quel que fut son génie pour faire tenir debout une si grande et si lourde masse, l'architecte n'avait rien prévu pour empêcher le fer de rouiller. A la base étaient fixées ce qu'on aurait qualifié d'ailettes si elles n'avaient pas été si immenses, des contreforts gigantesques tranchant la structure même de l'antique cité de Jhor, plantés à travers les bâtiments, sans égard aucun pour le tracé des rues ou les besoins de la population. D'immenses rangées de colonnes formaient le corps du bâtiment, au travers desquelles il était impossible de deviner la structure interne, pas plus que la raison d'être de l'édifice. Des étages supérieurs partaient cinq grands panneaux vastes chacun comme une place de marché, dont la forme rappelaient les ailes d'un monstrueux chiroptère, et qui portaient un ensemble complexe de sortilèges et de machines de guerre propres à tenir tête à tout assaut aérien. Au sommet, surplombant la ville et même les fortes collines avoisinantes, protégé par une grande bulle de verre, palpitait un feu démoniaque visible même en plein jour. A ceux qui l'ignoraient, les initiés expliquaient à mi-voix qu'il s'agissait de l'Oeil de Bronze, un mystérieux artefact magique, fruit des travaux des plus brillants sorciers de Gunt.
Et dans l'un des niveaux les moins fréquentés, proches de la base, un des plus mystérieux que seuls arpentaient parfois quelques rares spécialistes en quête de savoir ancien et de rare matériel magique, conversaient deux femmes venues de lointaines terres étrangères, deux femmes acharnées à leur triste besogne. Elles avaient été les témoins muets de maint maléfices, elles avaient assisté à des expériences révoltantes et contre-nature, elles avaient entendu les mélopées blasphématoires de nécromants fous se prosternant devant les idoles de Nug et de Yeb, elles avaient tenu entre leurs doigts usés les amulettes anciennes forgées par des peuples oubliés depuis des éons, et leurs yeux avaient parcouru les parchemins abominables écrits à l'encre de sang sur la peau humaine, vomissant un savoir hideux et malin. Mais rien de tout ceci ne les avait détournées une seconde de leur tâche.
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Dernière mise à jour par : Grouïn des Tétynes le 14/06/03 17:02
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Je tendrement dans le huître, avec deux en
plus, et dedans je le. Ordure et mou, l'chaussette
vermine jaune petit sachet de arbre.
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 14/06/03 17:00
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(2/3)
- Madame Da Silva, venez donc voaw ici donc qu'est-ce que j'ai twouvé !
Voyant que sa collègue considérait avec étonnement l'objet qu'elle tenait dans ses mains, Maria Consuella Da Silva Y Figueroa rangea son balais dans son seau et approcha sa silhouette cinquantenaire et percluse de rhumatismes.
- Marie-Josée, qu'est-che que vous m'avez encore dégottéch ?
- Wegawdez cette cochonnewie, c'est quoi encow qu'ils nous ont inventé ? C'est wangé n'importe comment comme d'habitude, ils ont mis ça avec les instwuments de musique.
- Aaaah là là là là... Ay, mais ch'est quoich ? Qu'est-ce que c'est laich !
- On diwait le cwâne de quelque bestiole...
- On lui aurait fourraich les tibiach dans le néou...
- Oh mais dites-donc là, on diwait des sowtes de fils... C'est-y pas une vawiété de guitawe des fois ?
- Si ch'est oune guitare, ch'est normal qu'elle soit dans la pièce oùque on ranche les instrumench de miousique.
- Oui mais c'est peut-êt' pas un instwument, qu'est-ce que j'en sais moi de leur magie.
- On n'est peut-être pas chour que ch'est oun instrument, mais on est chour que ch'est en os. Moi, je le mettraich dans la pièch où on ranch les vieux och.
- En tout cas, on est suw de se faiwe disputer... Bon, ben je vais wanger cette saleté avec les os.
Et Marie-Josée Fortunée Laventure dandina sa masse de graisse et de mamelles jusqu'à ladite pièce en traînant les savate, d'une main tenant l'objet avec répugnance, de l'autre soutenant ses vieilles lombes. Elle déposa la chose aux pieds d'un squelette pendu à un portique à roulettes, un de ces squelettes que l'on destine généralement aux études anatomiques et que les étudiants affublent de petits noms tels que " Gertrude ". Puis, elle referma soigneusement la porte derrière elle, et prise d'une soudaine illumination, s'écria :
- Oh mais dites-donc, c'est pas qu'on appwoche de l'heure de la pause là ?
- On dirait biench. On descend à la cafétériach ?
- C'est pas twop tôt. Et sinon, comment va madame vot'mèwe là ?
- Pas trop biench...
Et, tout en devisant des ennuis de santé de madame Dos Santos, des études problématiques du jeune Jean-Baptiste Laventure, de l'augmentation scandaleuse du prix du poireau et de toutes sortes de sujet qui n'ont qu'un assez vague rapport avec la matière habituelle d'un récit d'héroic-fantasy, nos braves commères quittèrent la " Remise Judiciaire des Objets Magiques Non Identifiés ", parfaitement inconscientes d'avoir mis en branle une ancienne nécromancie.
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 14/06/03 17:03
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(3/3)
Il est un lieu terrible et mystérieux que seuls ont vus en songes les fous et les prophètes, un pays fait de voiles gris et glacés qui effraie jusqu'aux dieux, un monde secret que pourtant, nous sommes tous appelés à explorer lorsque sonnera notre heure. Nulle chair n'est permise en ce lieu, qui veut y séjourner doit laisser derrière lui sa dépouille mortelle. Innombrables sont les ombres qui s'y croisent et entrecroisent, muettes, ce sont les âmes des défunts venus de mille fois mille mondes, en route chacune vers son séjour éternel.
Mais il est d'autres créatures, moins nombreuses, qui restent ici plus longtemps. Elles s'accrochent aux voiles gris, se tapiissent dans de douillets cocons ectoplasmiques, glissent le long de chemins oubliés en quête de leurs passions abolies, ou parfois, s'assoient au bord des allées les plus fréquentées pour observer le ballet sans fin des lucioles, profitant de la paix qui règne en ce lieu.
Il ressentit l'appel. Encore. Ça devenait une habitude. Même pas une surprise. Aucune peur. L'aptitude à la peur est la première chose que l'on perd après la mort. Ce qui est logique, quand on y pense.
Il faudrait qu'il compose une petite ballade sur ce thème. Lorsqu'il aurait recouvré sa voix.
Il entreprit alors le chemin du retour.
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Dernière mise à jour par : Grouïn des Tétynes le 14/06/03 17:06
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 15/06/03 09:21
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2 ) Rap et tôle (1/3
Chuis né dans la meerde
J'vais finir dans la meerde
J'vais m'prendre une boulette
Comme Mou Pack(*) dans la tête
- Qui c'était ce Mou Pack ? Demanda Sarlander à Grandmarteau Rochebrise, qui préférait se faire connaître sous le sobriquet de " Puppy Dog Dog Doggy Dog Ouah Ouah ".
- Mou Pack, c'était un vrai mec tu vois, un type qui a vécu vite et qui est mort tôt. Mou Pack, tu vois, c'est un mec qui est mort pour ses idées, tu vois. Ça c'est un vrai mec tu vois, sa vie est un exemple pour la jeunesse et pour tous les nains. Tu vois ?
- C'est vrai, expliqua Ghibli quand Puppy fut hors d'ouïe, qu'il défendait des idées originales. En particulier en matière commerciale, où il était partisan de considérer comme facultatif le fait de rembourser les fournisseurs. Ça ne lui a pas valu que des amis. Il avait de façon plus générale une conception spéciale de la propriété privée. Pour tout dire, il considérait que la propriété c'était le vol. Comprendre par là que la propriété des autres, c'était son vol à lui.
- Ah, je vois. Un idéaliste quoi. On n'est pas loin de la doctrine communaire de Marxengael, qui préconisait la redistribution de l'outil de production au profit des prolétaires, de manière à...
- Dis-donc l'elfe, tu ne serais pas un peu pédant ? En plus ?
(*) Brosseroche Peignecailloux, dit "Mou Pack" (car il était très lent à descendre six bières), trouva la mort à 68 ans, ce qui est fort jeune selon les critères nains, dans de troubles circonstances liées semble-t-il à un trafic de stupéfiants. Il eut toutefois le temps de composer quelques-uns des chefs-d'oeuvre de la chanson naine contemporaine, tels que "J'baise ta mère", "Moma lik my dik", "Ta mère j'l'encule", "Dans l'cul d'ta maman" ainsi qu'un florilège de comptines pour la fête des mères.
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Dernière mise à jour par : Grouïn des Tétynes le 16/06/03 22:19
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 15/06/03 09:23
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(2/3)
Cela faisait quelques semaines que le gros de la Compagnie du Gonfanon, c'est à dire Vertu, Mark, Monastorio, Sarlander et Ghibli, avaient été capturés par la douane alors qu'ils entraient au royaume de Gunt. Depuis, ils attendaient leur jugement dans les geôles de la Tour de Fer. La plupart d'entre eux ayant déjà eu affaire à la chose pénitentiaire, ils estimaient donc en connaisseurs avoir été plutôt bien traités. De fait on les avait dépouillés de leurs possessions et jetés dans ce cul de basse-fosse, ils avaient une nourriture presque acceptable et jouissaient d'une heure de promenade quotidienne dans une cour intérieure. La prison n'avait que quelques années d'existence, elle avait été conçue dès l'origine en tant que prison, ce qui était rare dans un monde où l'on considérait que n'importe quelle forteresse avec des murs épais et des fenêtres étroites pouvait faire l'affaire. Les murs de la tour de fer ne l'étaient pas tant que ça, épais, mais ils étaient en fer, inutile donc d'espérer les creuser avec une cuiller en bois. La cellule où croupiissaient les quatre compagnons mâles, ainsi que sept nains de B'rszon Herk arrêtés avec eux et trois voleurs de poules de Jhor qui étaient là avant eux, mesurait vingt pas sur dix de large, autant dire qu'elle était bien assez vaste pour eux. La pièce était très haute de plafond, et le bas de l'unique porte arrivait à trois hauteurs d'homme du sol, de telle sorte qu'il était impossible de tenter une sortie en force. Pour les sortir, les gardiens utilisaient une échelle de fer amovible, qu'ils ramenaient soigneusement après usage. Non contente d'être haute, la porte était d'une épaisseur dissuasive. La lumière, qui jamais ne s'éteignait, était fournie par trois globes magiques fixés au plafond. Ils n'avaient trouvé aucun moyen de s'échapper. Pour tuer le temps, ils se racontaient des histoires, chantaient des chansons, songeaient à ce qu'ils feraient une fois dehors.
- Ben moi c'est décidé, j'arrête cette quête pourrie, posa Ghibli du ton de celui qui défie quiconque de le contredire.
- Je comprends totalement ton attitude, acquiesça Mark. Cette histoire ne nous a rapporté que des ennuis, et je t'emboîterais bien volontiers le pas si je n'étais tenu par mes "devoirs" de "paladin".
- Mais la reine des elfes ? S'insurgea Sarlander.
- Si tu n'étais pas un de ses amis, je t'exposerais plus avant ce que tu pourrais en faire, de la reine des elfes. Qu'elle garde son or et qu'elle aille aux putes avec si ça la chante, je rends mon tablier.
- Aye, et le sort du monde, ami, qu'en fais-tu ?
Monastorio était sorti de sa réserve, il est vrai qu'il n'était pas particulièrement disert au naturel, et la détention ne l'avaient pas déridé.
- Bof, le monde, il en a vu d'autres.
- Mais c'est important. Il faut retrouver cet anneau d'une indicible malévolence et le briser enfin, avant que les forces des ténèbres ne se l'approprient. Comment rester indifférent devant une telle perspective ? C'est une sainte mission que la notre.
- Génial. Alors va trouver d'autres volontaires pour la sainte mission parce que moi, j'ai donné. Comme on dit par chez moi, "ne remets jamais à demain ce qu'un autre couillon va bien finir par faire à ta place".
- Hin hin hin, ricana Mark.
- Monsieur le nain, vous êtes un couard. Dois-je vous rosser pour vous rappeler à votre devoir ?
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Dernière mise à jour par : Grouïn des Tétynes le 15/06/03 09:28
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 15/06/03 09:26
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(3/3)
- Devoir de quoi ? Je suis un mercenaire moi, pas un blanc croisé du Saint-Tétin, je te rappelle, et j'ai été bien peu payé pour les efforts que j'ai fait, pour les kilomètres à cavaler dans la neige, et pour les coups pris et donnés. Et puis observe attentivement les autres nains qui nous accompagnent dans cette cellule. Tu noteras qu'ils font tous partie de la variété des nains couards, et sais-tu pourquoi ? Parce que les nains courageux, c'est ceux qui se sont faits tuer à B'rszon Herk en combattant un ennemi supérieur alors que de toute évidence, l'attitude adéquate était alors de fuir, comme nous l'avons tous fait, je te rappelle. Il en est ainsi depuis le commencement des siècles, ce sont les courageux qui meurent à la guerre et les lâches qui ont le loisir de vieillir en paix et de profiter de leurs amis, de leurs femmes, de leurs enfants et des richesse du monde. Nous sommes tous autant que nous sommes les descendants d'une longue lignée de poltrons, et je compte bien faire perdurer les nobles traditions de ma famille, pour peu que ces geôliers nous relâchent un jour, ça va de soi.
- Peuh, monsieur le pleutre, vous ne méritez que le mépris. L'homme sans honneur a toujours mille phrases pour justifier ses manquements, tandis que l'homme de bien ne parle que par ses actes. Serions nous en Malachie, monsieur, que vous feriez moins le malin. Chez nous, on saurait comment traiter les jacqueries de ce genre là.
- Ah ? Demanda Sarlander, qui était curieux des moeurs étrangères. Et quelle serait votre méthode ?
- Et bien, tout dépend des circonstances, bien sûr. Le garrot, le pal, le bûcher... mais en général, dans les cas ordinaires, on se contente charitablement de la pendaison.
- Surprenante conception de la charité que vous avez, en Malachie.
- Bah, pendre quelques manants de temps en temps leur apprend quelle est leur juste place dans la société, et les dissuade d'ambitions mal venues et d'idées de fantaisie. Et puis, songez que ces gueux, pour quelque raison, se reproduisent toujours plus vite que les gens de bien, et est donc sain d'en occire parfois le surplus sans quoi on se retrouverait bien vite dans une nation de vils mendiants et de traîne-misères. Plaint-on au bûcheron le droit d'élaguer sa forêt ? Non, croyez moi, une bonne exécution de temps en temps rappelle à la populace graisseuse le respect qu'il doit à ceux qui le dirigent.
- Bien parlé compère, approuva Mark. Tu reveux du saucisson ?
- N'étais-tu pas sensé être paladin à une certaine époque ? Lui rappela l'elfe.
- Contractuellement, je suis tenu de secourir la veuve et l'orphelin et de venir en aide aux petites gens. Mais rien ne dit que je doive penser du bien de la racaille.
- Ah, comme c'est curieux, je me faisais une autre idée des paladins, s'étonna Tibérius.
- Eh oui, mon jeune ami, moi aussi avant d'en être, j'en avais une autre idée. Cela dit, je ne suis peut-être pas le spécimen le plus représentatif de notre noble congrégation.
- C'est le moins qu'on puisse dire, commenta Sarlander.
- Allez, s'enthousiasma le jeune prisonnier, racontez-nous encore une de vos palpitantes tribulations ! Ah, comme je réalise que ma vie jusqu'ici fut triste et sans relief comparée à la votre. C'est décidé, dès que je sors d'ici, je me lance dans l'aventure, foi de Redshirt ! Ah, comme ma jolie Wayonna sera fière de moi !
Tibérius K. Redshirt, l'un de leurs co-détenus, était originaire de Jhor. Il n'était pas si jeune que ça, mais à vingt-deux ans révolus, il était encore loin d'avoir achevé ses études de sorcellerie. D'après ses dires, il était victime du complot d'un condisciple jaloux qui l'avait fait jeter en prison pour quelque vétille. Du reste, tout dans sa naïve attitude trahissait en lui la victime désignée de toutes les manipulations. Malgré l'adversité, il était plein d'allant, joyeux et sympathique, et ne manquait jamais une occasion d'évoquer sa douce fiancée (dont il avait montré dix fois le portrait à tout le monde) et sa vieille mère qui l'attendait là, dehors.
Le pauvre garçon, se dit Mark. Et avec pitié, il entama le récit d'une de ses peu morales aventures.
- Or donc, voici la véridique, pénible et horrible histoire qui advint lorsque, défiant les affres d'un destin impropice, je pénétrais dans la forteresse de Granola à la recherche des Disques du Pouvoir, talonné par les sicaires du prince Delu...
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 16/06/03 22:15
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3 ) Vertu dans l'enfer carcéral (1/2)
La pauvresse se morfondait au fond de son cachot, solitaire et abandonnée, en proie à des crises de profond désespoir et d'abandon qui ne lui étaient pas familières. Elle se sentait souillée, bafouée au plus profond de son âme. La prison était un rude endroit, et depuis qu'elle était retenue là, elle avait eu à subir à maint reprises de la part de gardiens inhumains l'outrage le plus abominable qu'on puisse infliger à une femme.
Ils ne l'avaient pas touchée !
Pas une main baladeuse, pas une tape sur la croupe, pas une remarque salace, même pas un regard appuyé à sa poitrine.
Ils ne lui avaient même pas fait la fouille intime, les malotrus ! C'était quoi ce pays de fous ?
Mais pour qui se prenaient-ils ?
Et quand elle s'était dévêtue pour qu'ils examinent ses vêtements, ils s'étaient RETOURNES ces cochons !
Pourtant, les gardes étaient des hommes entiers, en pleine possession de leurs moyens, et guère plus invertis que la moyenne. Alors quoi, était-elle d'un coup si vieille et fanée qu'aucun homme ne cherche à profiter de sa détresse ?
A la promenade, ses compagnes d'infortune lui avaient expliqué que les gardiens du quartier des femmes étaient choisis pour leur probité et leur droiture morale. Ils étaient recrutés parmi une secte Hazamite de stricte observance, les Panghuri, d'austères dévots qui n'avaient pas même le droit de regarder en face leur propre nudité, ce qui leur posait d'ailleurs quelques problèmes lorsque la nature les appelait à arroser la terre.
Jamais elle ne s'était sentie aussi humiliée.
Où diable étaient-ils, ces soudards graisseux entre les bras desquels elle aurait pu négocier quelque avantage, ou même préparer son évasion ? Avec ces tristes faces de lune, pas d'espoir de ce côté-là.
Avant de mater à l'oeilleton, ils demandaient toujours "eh-oh, vous êtes visible ?".
Parce qu'en plus, ils lui disaient vous. Et ils lui donnaient du "madame".
Ah, les immondes sagouins !
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 16/06/03 22:17
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(2/2)
Elle avait beau se concentrer, elle n'arrivait pas à faire naître en elle ce brasier, cette boule tournoyante de haine ardente qui lui donnerait la force de déchirer les barreaux de sa prison. L'isolement, la solitude et le désoeuvrement sont l'occasion pour les âmes fortes de se conforter encore, par la méditation, l'introspection et la recherche de la vérité intérieure(*). Elle devait retrouver Ryunotamago, son arme. Une malédiction la liait à jamais à cette lame orientale d'une grande puissance, elle ne pouvait manier d'autre épée. Même si elle trouvait moyen de s'évader, cela ne lui servirait à rien si elle ne retrouvait pas son sabre.
Elle remonta par la pensée le long de ce lien que nul ne pouvait briser, son épée l'attendait là, bouillonnant de rage, pas très loin en fait... Quelques cloisons à franchir, quelques plafonds de fer sans doute... Oui, mais comment ? Une menue distance, mais des obstacles insurpassables. Voilà des considérations qui avaient traversé les esprits de tous les prisonniers, sans nul doute.
Tiens, mais elle s'était rapprochée, cette lame...
Non seulement elle s'était rapprochée, mais elle continuait à se rapprocher. Vertu pouvait la sentir, un sens secret l'en informait du plus profond de ses tripes... Ryunotamago n'était plus qu'à une trentaine de mètres maintenant, il se trouvait au même niveau qu'elle. Quel était ce bruit, qui résonnait dans les couloirs métalliques ? Rythmiques ? Une musique peut-être ? Oui, une musique comme elle en avait déjà entendue, moqueuse et désabusée. Mais où l'avait-elle entendue ? C'était comme si le souvenir la fuyait... non, c'était plus que cela, c'était tout son esprit qui partait... Quelle était cette torpeur ? Pourquoi son corps se faisait-il lourd et inconfortable, pourquoi peinait-elle à garder les yeux ouverts ?
Un sortilège !
Elle résista autant qu'elle put, arc-bouta sa conscience contre l'engourdissement qui la gagnait, et qui toujours progressait. Puis elle employa une vieille technique qui jamais ne l'avait trahie, elle se mordit les phalanges, se lança contre le mur proche et y donna des coups de pied, en quête d'une salvatrice douleur qui la tiendrait éveillée.
Et elle y parvint.
La musique avait enflé, seconde après seconde, et parvenait maintenant de derrière la porte de fer de sa cellule. C'était là, à quelques mètres, que se trouvait aussi l'épée, objet de son désir dévorant. Qu'il entre donc, ce magicien mélomane, il aurait une belle surprise. Elle se coucha par terre, feignant d'avoir succombé au charme soporifique, et s'aperçut alors que sans le secours de la station verticale, il lui faudrait user de toute sa volonté pour rester effectivement éveillée. Comme dans un rêve, elle entendit plusieurs clés fureter dans la serrure d'acier, avant que l'une d'elle ne l'actionne. Elle avait perdu la notion du temps, s'était-il écoulé des minutes ou des secondes ? L'appel de la lame maudite l'inonda d'un regain de volonté, elle entrouvrit une paupière, juste assez pour que dans la pénombre, sa veille ne soit pas remarquée par l'intrus.
Etait-ce un cauchemar ? Avait-elle finalement rejoint le pays des songes, malgré ses efforts ?
Elle reconnut alors le luth. Un squelette, porteur d'un luth fait d'os. Un vision étrange, et pourtant familière, celle d'un ami disparu, d'un barde mort-vivant, définitivement tué lors de leur capture.
Il joua à son oreille, mezzo forte, un petit air entraînant qui dissipa aussitôt en elle toute trace de la magique somnolence. Elle se releva donc sans peine, et contempla son camarade perdu, et maintenant retrouvé.
- Ne crie ni ne te pâme,
Car un os n'est qu'un os.
Mon âme reste mon âme
Revoilà Clibanios.
(*) Et pour les âmes moins fortes, ils sont l'occasion de conforter son biceps par la pratique de l'onanisme, ce qui n'est pas forcément plus inutile que la méditation, du reste.
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4 ) De l'inconvénient d'être Redshirt (1/4)
- ...et voici donc comment seul, blessé, à mains nues et atteint de gastro-entérite, je défis une tribu entière de Baradaniktos mangeurs de tête. Mais mon triomphe allait être de courte durée, car déjà au loin battaient les tambours de guerre de Ghorghor le borgne, appelant à la vengeance les farouches...
Mark avait beaucoup lu de romans d'aventure dans sa jeunesse, aussi n'avait-il aucune difficulté à inventer tout un tas d'histoires véridiques, horribles et édifiantes pour distraire Tibérius.
- Ah, nota Sarlander qui avait l'oreille fine, on dirait que quelqu'un a décidé de ponctuer ton récit haut en couleur par un petit air, entendez, ça vient du couloir là-haut.
- C'est vrai, on dirait même que ça vient par ici. Nyaaaaaa... Wah les mecs, je crois que je vais en écraser méchant là...
- Oui, grododo. Je me demande si... zzzzzz...
- Gni ?
- Oh, debout vieux fainéant !
- Quequoi... Eh, Vertu ! On est où là ?
- On s'évade, c'est l'heure. Tiens, ta holy. Clibanios n'a pas pu ramener ton armure, il faudra la chercher dans la réserve. Aide nous à réveiller les autres.
- Ah, OK. Clibanios ? Mais, qu'est-ce que... T'étais pas mort ?
- J'étais mort, c'est un fait, plus qu'à l'accoutumée
Et j'errais sans soucis chez les âmes perdues
Quand j'entendis l'appel plutôt inattendu
D'une noire magie qui m'a ressucité.
Sans idée du pourquoi, j'en étais revenu
Parmi les ossements d'une triste remise
Peuplée de muridés et de poussière grise
Ballant bien tristement, à un crochet pendu.
Je me décrochais donc, des réponses cherchant
Parmi la collection des biens amoncelés.
Je trouvais ainsi en plusieurs pièces, morcelé,
Notre pauvre bagage, dispersé à tous vents.
Il fallut en manteau et chapeau me vêtir.
La nuit étant venue, je sortis en cachette,
Et fus bientôt surpris par un garde en goguette
Qui crut voir une liche, et me laissa partir.
Je lus sur un panneau que j'étais en prison,
J'avisais un quidam, demandais mon chemin,
Il montra le quartier des femmes de la main,
Et comme c'était mon but, j'en pris la direction.
Par la magie des notes, j'endormis les gardiens,
Je pus donc consulter le registre à loisir,
Puis, muni de la clé, j'eus l'honneur et plaisir
De rendre liberté à madame Lancyent,
Ainsi donc que ses armes, son arc et son épée.
Vous ayant déjà détaillé l'opération,
Signalons simplement sa réitération,
Ainsi donc, mes amis, vous voici délivrés.
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Dernière mise à jour par : Grouïn des Tétynes le 17/06/03 20:16
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Je tendrement dans le huître, avec deux en
plus, et dedans je le. Ordure et mou, l'chaussette
vermine jaune petit sachet de arbre.
(Excusez-moi, je suis dyssyntaxique)
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 17/06/03 20:15
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(2/4)
- Bien bien. Mais tu as quoi sur la tête là ? On dirait que tu as un crochet vissé dans le crâne, mon pauvre ami !
- Oui, bon, ben on n'a pas le temps pour les travaux de taxidermie.
Et ils ranimèrent bien vite leurs compagnons, ainsi que les nains de B'rszon Herk, car ils trouvèrent correct de les faire profiter de l'aubaine. Ils se secouèrent, se partagèrent l'arsenal que Clibanios avait eu grand peine à trimballer jusque là, puis mirent le cap vers la sortie. Soudain, une petite voix les héla.
- Eh, là !
- Hum ? Fit Mark en se retournant, pour voir que Tibérius Redshirt s'était péniblement relevé, et manifestait le désir de les suivre.
- Vous n'allez tout de même pas me laisser croupir ici ?
- Tu crois que c'est bien prudent de partir à l'aventure, Redshirt ?
- Comme je vous l'ai dit, c'est mon rêve que de me battre utilement. Et je vous assure que je puis vous aider dans votre évasion, je suis magicien après tout, et surtout, je connais ces lieux qui vous sont étrangers.
- Ah là, il marque un point, ce drôle, commenta Vertu.
- A votre service, madame. Vous êtes ?
- Jamais son sabre ne faiblit,
Jamais sa flèche ne faillit,
Sans pitié pour ses ennemis,
Ni beaucoup plus pour ses amis.
Elle vole aux bronzes leur patine,
Aux élégantes leurs bottines,
Son trône au seigneur Palpatine,
Et aux nourrissons leurs tétines.
Bons bourgeois, tremblez pour vos biens,
Vilains, cachez troupeaux et chiens,
De vos richesses ne reste rien
Là où passe Vertu Lancyent.
Ce à quoi elle répondit :
- En échardes et en poudre d'os
Très bientôt sera Clibanios
Avant de poursuivre en prose :
- En tout cas, si vous pouvez nous aider de quelque façon à quitter cet endroit, on pourra s'entendre, monsieur l'inconnu.
- Tibérius K. Redshirt, pour vous servir.
- Voilà un joli nom. Tout à fait prédestiné. Bienvenue dans la Compagnie du Gonfanon, camarade.
Il est juste à ce point de récit que je décrive Tibérius Redshirt, afin que vous puissez en avoir une image juste. Il était assez grand, de la variété dégingandée, tout à la fois maigre et porteur d'une bedaine naissante, comme souvent les hommes peu adeptes de l'exercice physique. Ses traits ne présentaient ni irrégularité, ni grâce particulière. Sa tête large reposait curieusement sur des épaules trop étroites, ses cheveux ressortaient presque blonds lorsqu'ils étaient fraîchement lavés, et ses yeux bleus avaient du mal à se fixer plus de quelques instants sur un sujet précis. Il avait tout du magicien, en fait.
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 17/06/03 20:18
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(3/4)
Tâchons maintenant de retrouver nos larrons dans la tour. Ils avaient monté deux étages. Comme ils étaient maintenant nombreux, et avaient peine à passer inaperçus, même en cette heure tardive où la plupart des étudiants et des mages de la Tour avaient déserté les couloirs. Aussi avaient-ils décidé, sous l'impulsion de Vertu, de recourir à une ruse subtile et inédite, un machiavélique chef-d'oeuvre de ruse dont on peut résumer la matière tactique par : on assomme des gardes et on pique leurs uniformes.
Ils arrivaient justement à une large coursive qui ceinturait l'édifice, surplombant la cité scintillante de Jhor. Elle était éclairée de torches magiques à intervalles réguliers, ce qui leur indiqua qu'on en faisait un usage nocturne. L'endroit idéal pour un chemin de ronde. Vertu prit avec elle Mark, Ghibli, Sarlander et Tibérius (dont elle voulait jauger les capacités), dissimulant le reste de la troupe dans une pièce attenante, dont la fonction était indiquée sur la porte : "réserve de nourriture". Ils s'accroupirent, aux aguets, comme ils l'avaient tous fait cent fois en cent lieux. Ils furent bientôt récompensés de leur patience, le pas d'une patrouille se faisait entendre. A l'oreille, pas trop nombreux, ce serait facile. Encore quelques pas et ils tourneraient au coin du coude, se présenteraient dans la ligne de mire. Les lances d'abord... ils étaient quatre, tout allait bien. Beaux uniformes, il n'y avait rien à dire. Bretelles à carreaux, fanfreluches, casques coniques à plumes, mocassins à poulaines, plastron rouge orné de l'emblème du royaume de Gunt, le dragon de gueules issant et deux lunes d'or sur fond d'hermine. Pas faits pour passer inaperçu en campagne, mais avec ça sur le dos, personne ne remettrait en question le fait qu'ils étaient des gardes. En plus, ils n'avaient pas l'air bien expérimentés.
- Regarde, chuchota Vertu à Ghibli, celui de devant est même à ta taille !
- Très drôle.
Effectivement, le combat fut très bref. Par égard pour les préventions de Sarlander et les obligations de Mark, ils se contentèrent d'assommer leurs victimes du pommeau de leurs armes, et les ramenèrent rapidement tous les quatre jusqu'à la pièce déserte où leurs collègues les attendaient.
- Voyons voir les vilaines bobines de ces hommes de main, dit Mark en ôtant le casque du plus grand des quatre. Tiens, ce gusse a quelque chose de Morgoth avec une barbe et une moustache.
- Le mien a un vague air de Piété, dit le nain en essayant le casque (dont seul la barbe dépassait).
- Oh, s'exclama Tibérius, une elfe ! Alors ça, c'est la première fois que j'en vois une aussi belle...
Un silence pesant tomba sur l'assistance.
- Oups, hoqueta simplement Vertu en résumant l'impression générale. J'ai assommé le plus petit, regarde qui c'est, j'ai pas le courage...
Mark ôta le casque de Sook, dont le visage triangulaire et moucheté présentait les premiers signes précurseurs d'un réveil douloureux. Puis in dit, à moitié sérieux :
- Si tu veux, tu as encore le temps de lui trancher la tête. Après, ce sera trop tard.
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 17/06/03 20:19
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(4/4)
Pendant ce temps, Tibérius était aux pieds de la douce Xyixiant'h, qui suscitait son intérêt au plus haut point, ce qui était bien compréhensible. Il s'adressa à Clibanios, tout proche.
- Dis moi, ami trépassé, puisque tu sembles connaître tout ce monde, qui est-elle ? As-tu à son sujet quelque petit couplet bien senti ? Je ne doute pas qu'elle t'ai inspiré.
- Approchez, je vous dirai qui
Est la prêtresse de Melki.
Parée de bien des qualités,
Sagesse, calme, et équité,
Son savoir est un puits sans fond
Où s'abreuvent ses compagnons.
En outre, elle est belle comme un rêve,
De jalousie plus d'une en crève,
Il n'est ni catin ni princesse
Qui l'égale en délicatesse.
Elle n'a que de jolies manières
Traduisant un bon caractère,
En bref, elle est belle est pas con,
Quel dommage qu'elle soit un dragon.
La conclusion est malheureuse,
Elle est de la gent écailleuse.
Qui donc, en cette elfette habile,
Aurait reconnu un reptile ?
Quel Don Juan aux yeux de braise
Courtiserait ce ver obèse ?
Il faut avoir un goût bizarre
Pour trouver grâce à un lézard.
Bon, j'arrêterai là mes vers,
Elle me regarde de travers...
- Oui, tu fais bien, dit-elle d'une voix faible. Que s'est-il passé ? Eh mais au fait, tu n'étais pas mort toi ?
- C'est l'hôpital qui se fout de la charité, lui rétorqua Vertu.
- Mais c'est vrai ça, ajouta le nain, aux dernières nouvelles tu agonisais dans je ne sais quelle montagne.
- Je vais mieux. J'allais mieux jusqu'à ce que des malotrus m'assomment.
- Je crains, madame, d'être l'auteur malheureux et confus de vos tourments, s'excusa Tibérius, plus bas que terre (il est vrai que dans la confusion du combat, c'est lui qui avait frappé l'elfe).
- Bravo, c'était bien visé. Ah mais tiens, quel est ce hâle qui vous nimbe soudain ?
- De quoi parlez-vous ?
- Mais... c'est ma foi vrai, s'exclama Monastorio, regardez Tibérius, il est tout lumineux soudain ! Et cette musique, quelles sont donc ces clochettes glorieuses qui retentissent à nos oreilles ? On dirait le chant des dieux bénissant un mortel ! Voyez la force nouvelle, l'assurance virile qui se dégage maintenant de lui, l'assurance soudaine qu'il a prise !
- Ce qui, traduit du Malachien, signifie que grâce à un coup heureux notre jeune ami niveau un vient de terrasser un dragon mordoré vénérable, prêtresse vingtième de surcroît, ce qui lui confère une pile de XP comme on n'en a pas vu depuis la chute de Skelos. Et tout ça après cinq minutes d'aventure, bravo Tibérius, je crois que tu viens d'établir le record du monde de niveau par seconde.
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 18/06/03 20:02
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5 ) La vieille école (1/2)
- Bon, alors je pense qu'on va faire les choses de manière civilisée, c'est à dire qu'en premier lieu je vais tuer l'enfant de putain qui m'a tapé dessus, et puis ensuite, on pourra négocier. Qui c'était ?
Sook, au réveil, avait l'air de moins mauvaise humeur qu'on n'aurait pu le craindre.
- Oh, eh, du calme, on est tous dans la même galère, intervint Mark. Je suggère que nous réglions nos comptes quand on sera sortis d'ici.
- Mark ! Ça alors, mais c'était donc vrai, tu es encore en vie, mon vieux filet dérivant ! Ah, comme je suis contente de te voir.
- Quel étrange sobriquet, s'étonna Xyixiant'h tout en prodiguant quelque soin à Morgoth. Quelle est l'origine de ce " filet dérivant " ?
- Ah tiens, c'est vrai ça, réalisa l'intéressé. Pourquoi tu m'appelles comme ça depuis toujours ?
- Eh bien, tu n'as pas deviné ? C'est à cause de ta légendaire faculté à ramasser les thons à la pelle.
- Ah ah ah, s'esclaffa Ghibli, je sens qu'on va bien se marrer.
- En tout cas, tu n'as pas changé, toujours aussi charmante et délicate. D'ailleurs, maintenant que j'y songe, c'est curieux que tu n'aies pas changé. Ça fait quinze ans qu'on ne s'est vus, et les rides de l'âge n'ont pas adouci les traits déplaisants de ta vilaine bobine.
- Toi par contre tu as changé, éluda Sook. Tu as une face de bientôt-grand-père, et ton front est plus large que dans mon souvenir, mais il est vrai qu'à l'époque, tu avais une grande mèche qui te tombait devant. Et ça, c'est pas un petit bidon qui pousserait des fois ? Ah, mais en parlant de changements, on m'a raconté une incroyable histoire comme quoi tu aurais viré de bord et serais devenu paladin. Y a-t-il un quelconque soupçon de vérité derrière cette invraisemblable fadaise ?
- C'est totalement véridique, répondit Mark d'un air de défi.
Sook pinça ses lèvres, des larmes mouillèrent ses yeux myopes et des hoquets remontèrent de son diaphragme, qu'elle eut toutes les peines du monde à réprimer. Elle se détourna, fit quelques pas, puis ses jambes faiblirent, et elle dut s'asseoir par terre, avant de s'y rouler en frappant le sol de ses petits poings et en poussant de petits cris.
Puis elle se calma et parvint à s'asseoir en tailleur, puis en séchant ses larmes avec sa manche, s'enquit de quelques vieux amis.
- Tiens, Vertu est là aussi. La mauvaise graine a la vie dure. Et où est le reste de la fine équipe ? Ce vieux Wahg-Ork Brisetibia ?
- Aux dernières nouvelles, il avait levé une armée dans le nord, histoire d'emmerrder les nobliaux locaux. Mais bon, il se faisait vieux, ça m'étonnerait qu'il ai fait grand chose de remarquable.
- Et Nilbor, notre gentil archer, vous l'avez revu ?
- Non, pas depuis qu'une certaine sorcière lui a planté sa dague derrière la nuque au Bois-Portefaix. Comment elle s'appelait déjà...
- Ouh, oui, j'avais complètement oublié cette histoire. Ah ah, on se marrait bien quand même.
- Marrait ?
- Et l'ami Belam, notre bon prêtre, où en est-il de son évangélisation ?
- Hélas, j'ai appris qu'il nous avait quitté lui aussi.
- C'est terrible, comment c'est arrivé ?
- Disons qu'il est mort comme il a vécu.
- Dans un mouton ?
- Ouais. Berger. Fourche. Avec le pantalon sur les genoux, il n'avait aucune chance.
- Dur.
- C'était un saint homme.
- Le seul prêtre de ma connaissance qui n'ai jamais eu de goût pour les petits garçons.
- Ou alors rondouillards et frisés.
- Ouais. Paix à son âme.
Un silence s'installa entre les trois aventuriers.
- Ça nous rajeunit pas toutes ces conneries...
- On dirait pourtant que l'outrage des ans nous a touchés inégalement. Tu fais cobaye chez L'Oreal ou quoi ?
- Que veux tu, je jouis d'une constitution robuste.
- On va dire ça.
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Dernière mise à jour par : Grouïn des Tétynes le 18/06/03 20:14
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 18/06/03 20:15
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(2/2)
Pendant ce temps, Xy avait ranimé Morgoth, aidé par Tibérius, toujours confus.
- Si je puis faire quelque chose...
- Tenez la compresse fermement sur son front, il faut maintenant que j'aille aider Piété.
- On se connaît ? Demanda Morgoth.
- Non monsieur, mais j'ai cru comprendre que nous étions collègues. Tibérius K. Redshirt, magicien en apprentissage de troisième cycle.
- 'chanté. Morgoth. Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
- Eh bien, nous avions décidé d'assommer des gardes pour prendre leurs uniformes et nous échapper...
- Quelle idée sotte.
- Je n'ai pas bien saisi votre nom...
- Morgoth. Oui je sais.
- Morgoth... Vous n'avez pas peur qu'on vous confonde avec Morgoth l'Empaleur ?
- La confusion serait justifiée, je suis Morgoth l'Empaleur. Mais d'où...
- Le Seigneur des Ruines !
- Hein ? Vous devez me confondre avec un homonyme...
- Mais non, j'aurais dû m'en douter... La légendaire Compagnie du Gonfanon... Ben ça alors...
- Légendaire, légendaire...
- Ah, quelle chance, quel bonheur est le mien de croiser votre route ! Dans tout Gunt, il n'y a pas un seul sorcier de ma génération qui ne suive vos exploits et qui ne rêve de serrer la main du héros de la Tombe-Helyce, l'héritier de Thomar de Gorlenz, l'ennemi mortel de la Reine Noire ! Permettez-moi de vous appeler Maître...
- Tiens, vous n'aimez pas la Reine Noire ? Demanda Vertu, soudain attirée par l'évocation de ce surnom honni.
- Qui l'aime à Gunt ? Les traîtres, les amis de l'usurpateur, voilà ses alliés, mais les vrais patriotes, et ils sont nombreux, savent bien malgré les mensonges officiels quelle est la voie de l'honneur et de la fidélité.
- Mais je croyais que Gunt et Baentcher étaient sur le chemin de la guerre, et surtout je croyais que l'usurpateur était l'ennemi de la Reine Noire ?
- Alors, vos informations datent un peu. Je vais vous raconter toute l'histoire, et vous verrez jusqu'où peut descendre la duplicité des politiciens corrompus.
- C'est pas trop tôt, ça commençait à devenir assez confus.
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 22/06/03 19:37
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6 ) L'histoire du royaume de Gunt (1/3)
Voici le récit que fit alors Tibérius K. Redshirt à ses camarades d'infortune, médusés. J'en fais ici une retranscription fidèle dans l'esprit plus que dans la lettre, l'expurgeant des hésitations et bafouillages propres au langage oral, des commentaires des auditeurs, des escapades digressives et autres scories verbales.
Or donc, vous savez sans doute que le royaume de Gunt fut fondé voici sept siècles par quatre archimages, messires Kletius Hippogryffe, Sofia Von Bouftouf, Darax Grolezaar et Junina Bec-de-Corbin. Chacun d'entre eux était le chef d'un grand parti, tout à la fois école de magie et secte hazamite. L'union de leurs quatre courants, jusque-là rivaux, permit l'émergence d'une puissance considérable et l'unification du royaume, qui devint la prospère nation que vous connaissez. S'inspirant de ce qui avait réussi à Dhébrox, nos aïeux prirent le parti de s'investir le moins possible dans des relations avec les états voisins, qui se bornèrent à des échanges de colifichets et du sponsoring culturel.
Je vous épargne les multiples tourments de notre longue histoire, toujours est-il que depuis près de vingt ans, nous vivons sous la douce férule du fameux Athanazagorias Dumblefoot, le plus grand sorcier du monde, qui a accepté le titre de Magiocrate de Gunt et les responsabilités qui vont avec. Et de fait nous n'eûmes qu'à nous en féliciter, car non content d'être un sorcier compétent, c'est un homme bon et sage, et un dirigeant avisé qui sut contenir les ambitions déplacées des uns et des autres, et équitablement partager les richesse du royaume. Dans un premier temps.
Las, quels que fussent ses vertus, l'Archimage n'est qu'un homme, et comme tel, il est faillible. Ainsi, lorsque voici huit ans il appela au poste de Sénéchal le fielleux Marakhter, nul dans le pays ne s'en alarma, tant il semblait que ce personnage falot avait tout du petit commis de l'Etat sans envergure.
Nous déchantâmes.
Bientôt, d'alarmantes rumeurs vinrent de l'est. On disait que des armées se levaient, que l'Etranger ourdissait contre Gunt des plans machiavéliques, que le Mal ancien se réveillait, et toutes ces choses peu originales que l'on entend souvent dans les nations qui ont peu de nouvelles de leurs voisines. Au début, le peuple n'y prêta qu'une oreille distraite et incrédule, qui voudrait attaquer la magiocratie de Gunt ? Mais les rumeurs revenaient, insistantes, relayées par des messagers sans doute stipendiés par quelque parti... Puis on vit de plus en plus souvent dans les rues les Zacemja, la milice de la secte Tharadanienne, patrouillant en grand uniforme avec leur morgue insupportable affichée sur le visage. Et lorsque ces jeunes fanatiques commencèrent à rosser leurs opposants, à saccager leurs demeures, à ruiner leurs affaires, il ne fallait pas compter sur Marakhter le Tharadanien pour leur adresser autre chose que des remontrances. On commença à dire que ceux qui s'opposaient aux Zacemja étaient à la solde de " la grande cité de l'est ", c'est à dire Baentcher, accusée de mener une coalition armée contre nous. Ainsi peu à peu, la peur gagna les esprits.
Marakhter leva alors une grande armée pour contrer la prétendue force des envahisseurs, et il commença à bâtir la tour dans laquelle nous nous trouvons. C'est une imprenable citadelle, défendue par ses murs mais aussi par de puissants sortilèges. Le Sénéchal a saigné le peuple aux quatre veines pour en payer la construction. Ses flancs sont hérissés de machines de guerre prêtes à repousser n'importe quelle attaque, qu'elle vienne de la terre ou des airs, des boucliers magiques sont dressés, invisibles, à tous les étages. Dans les niveaux intermédiaires, juste au-dessus de nous, sont parquées des légions de wyvernes, golems, élémentaires, démons mineurs, morts-vivants et autres créatures magiques, sous la garde du complice de Marakhter, un abominable drak igné d'une puissance invraisemblable. Dans les étages supérieurs sont fabriquées et entretenues les mystérieux dispositifs magiques dépassant l'entendement, dont le plus connu est l'Oeil de Bronze, celui qui voit tout, et qui permet à celui qu'on nomme maintenant l'Usurpateur de surveiller tout ce qui se passe dans son domaine.
Puis, une fois que son pouvoir fut fermement installé, il apparut qu'il n'avait plus besoin du Magiocrate. Il s'empara de lui, par la ruse sans doute, et l'enferma tout en haut de la tour. C'était une erreur de sa part, mais j'y reviendrai.
Or, voici deux semaines, un événement révéla à tout le peuple de Gunt la nature réelle de Marakhter. Il donna en effet à l'élite de ses armées, montée sur des tapis volants et des montures célestes, l'ordre de faire route vers les plaines de Tvoich Rukach, situées au sud de Baentcher. Là, les armées de mercenaires payées par Baentcher et menées par la fourbe Condeezza Gowan, connue sous le titre de " Reine Noire ", faisaient le siège de la libre cité de Malcik. Eh bien, croyez-le ou pas, voici que le général qui commandait nos forces, obéissant aux directives de l'Usurpateur, a prêté main forte aux assiégeants ! En quelques heures, c'en fut fait de la courageuse cité de Malcik, qui fut abominablement incendiée, pillée, ruinée et saccagée. Sur les horreurs qui se sont déroulées là-bas, on m'a fait des récits que je préfère ne pas rapporter ici, et j'ai peine à croire que des citoyens de Gunt aient pu se complaire dans une telle barbarie, et pourtant, plusieurs témoins différents et dignes de foi...
Bref, à la lumière de ces événements, il est apparu à quiconque avait une conscience politique à Gunt, que la menace de l'est n'était qu'un écran de fumée, un prétexte ayant servi à Marakhter pour prendre le pouvoir, la justification de ses projets mégalomanes. Et il est probable que depuis le début, il est de mèche avec la Gowan, qui a dû de même agiter la menace de Gunt devant les yeux de ses concitoyens pour monter de son côté une puissante armée.
Chacun de son côté, ils ont constitué une force redoutable, et ces deux forces, ils les ont maintenant unies. Maintenant que le glaive est forgé, maintenant qu'il est sorti du fourreau, croyez-vous qu'il y rentrera aussi facilement ? Les forces unies de Gunt et de Baentcher s'apprêtent à déferler le monde, c'est une question de semaines. Déjà, dans le sud, les armées se rassemblent en toute hâte pour contrer la menace, mais il est sans doute trop tard pour les contrées Balnaises, les pays Bardites, la Mer des Cyclopes...
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(2/3)
- Bigre, commenta Morgoth, voilà de bien vilaines nouvelles. Mais, s'il me souvient bien, l'ambassadeur de Gunt à Baentcher nous a précisément engagés pour le délivrer, le magiocrate. S'il est réellement retenu dans cette tour, nous pourrions profiter de ce que nous sommes ici pour remplir notre mission.
- Bien parlé, dit Vertu. Toutefois ce qui me préoccupe le plus pour l'instant, c'est comment partir d'ici. Dis-moi Sook, tu avais prévu quelque chose ?
- Evidemment voyons, pour qui me prends-tu ?
- Pour la reine du plan foireux.
- Ah là là, mais tu rabâches toujours ces vieilles histoires, c'est pas vrai ! Bon, le plan pour s'extraire d'ici est d'employer le même que pour entrer : on contacte des complices que j'ai à Dhébrox via les broches de Morgoth, ils nous ramène via la wouping machine. Woup. Je vois à vos mines incrédules que vous ignorez de quoi je parle, alors c'est un dispositif qui nous transporte immédiatement d'un endroit à un autre, en faisant un bruit de clochettes.
- Ne serait-ce pas une sorte de transducteur moléculaire ? Intervint Tibérius.
- Ah, mais notre ami est connaisseur ! En effet, c'est ce genre de système.
- Mais oui, j'avais écrit un mémoire à ce sujet en fin de premier cycle. C'est fantastique ! Comment avez-vous réussi à contrer l'effet Splatt-Bouzay ?
- Oh c'est simple, expliqua la sorcière avec grand plaisir, j'ai utilisé l'effet stabilisateur du dineutrosonium dont j'ai imprégné ces tenues de conten...
Puis elle se figea, air niais et bouche ouverte.
- Houlà, j'aime pas beaucoup quand elle fait son sourire figé, commenta Mark.
- Dis-moi, demanda Morgoth, tu as bien pris des tenues de contention moléculaire pour tout le monde ?
- Ben, tu vas rire...
- Oh c'est pas vrai...
- Ben, c'est un peu embarrassant...
Vertu, craignant le pire, s'enquit de la situation auprès de Morgoth.
- Quoi, c'est quoi ces histoires ?
- Il s'agit des tenues que nous portons sous nos uniformes.
- Ces pyjamas ?
- Ce ne sont pas des pyjamas. Ce sont des tenues qui sont nécessaires au procédé qui nous a amenés ici. Il semble que Sook ait omis d'en apporter pour vous.
- Ah oui. Et c'est vraiment important ? On ne peut pas essayer sans ?
- Ben... si, tu peux essayer. Sauf si tu fais partie des gens qui préfèrent trimballer leurs boyaux à l'intérieur de leur corps. Bon c'est pas grave, on va trouver un autre moyen.
- Puisqu'on a quatre combinaisons, il n'y a qu'à faire des allers-retours pour ramener tout le monde.
- Ça ne marchera pas, les combinaisons sont conçues aux mesures des voyageurs, selon leur sexe et leur race. Non, il faudrait en créer de nouvelles. Le problème, c'est qu'il faut les imprégner à chaud dans une solution de dineutrosonium pendant trois jours.
- Ah. D'ici là, nos têtes auront roulé dans la poussière aux pieds du bourreau.
- Oh non, précisa Tibérius, on a une machine spéciale qui fait ça très bien, avec un panier dessous pour récupérer les... euh...
- Ouais, bref... Quelqu'un a-t-il une idée géniale pour sortir ? Quelqu'un qui ne soit pas Sook ?
- Ben pourtant, c'était pas forcément une connerie.
- Bon, vas-y, accouche.
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 22/06/03 19:45
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(3/3)
- Ben je me disais, puisque le soi-disant plus puissant sorcier du monde est emprisonné ici, autant le rejoindre. S'il est tellement balèze, et comme il doit connaître les lieux mieux que nous, on aura plus de chances de s'en tirer avec lui.
- C'est marrant, si ce n'était pas une idée à toi, j'aurais presque pu trouver qu'elle pouvait éventuellement présenter quelques traces de bon sens.
- C'est plus que des traces, réfléchis donc. La seule sortie de la tour, c'est par le bas, donc dès qu'ils auront découvert votre évasion, ils vont vous chercher dans les étages inférieurs et dans la cité. Jamais ils n'auront l'idée de fouiner dans les étages supérieurs, qui sont bourrés de monstres. Aucun évadé sain d'esprit n'irait par là.
- Et pour cause, ils sont bourrés de monstres.
- Ah, tu vois, nous sommes d'accord. Et comment devineraient-ils que nous allons délivrer le Magiocrate ? D'après ce que je sais, vous étiez en zonzon pour des délits de droit commun, ils ne peuvent donc rien savoir de votre mission.
- Pas faux. Mais ce qui m'inquiète, c'est surtout les monstres.
- Allons, allons, depuis quand une grande fille comme toi a peur de quelques petites bébêtes. Tu devrais plutôt t'inquiéter des sorciers qui doivent monter la garde pour empêcher le Magiocrate de s'échapper.
- Pour ça c'est raté, dit alors Tibérius.
- Uh ?
- Il s'est déjà évadé, c'est ce que j'ai oublié de vous dire tout à l'heure. Pour être précis, il s'agit d'une évasion partielle, il a trouvé le moyen de se libérer de ses entraves magiques et, accompagné de quelques fidèles guerriers, il s'est retranché dans les derniers étages de la Tour. C'est en tout cas ce que j'ai compris d'une conversation entre deux gardes. En outre, j'ai ressenti les effluves émanant d'un puissant champ de confinement, sans doute lancé par un conclave de mages fidèles à l'Usurpateur pour empêcher la sortie du Magiocrate.
- C'est mauvais ça. On ne pourra pas franchir le champ de confinement, je suppose.
- C'est peu probable. En outre, je suppose que le Magiocrate a pris des mesures magiques pour empêcher toute intrusion.
- Ben c'est pas gagné les enfants. Mais d'un autre côté, on n'a pas le choix. Ecoutez, ce qu'on devrait faire, c'est grimper... Oui ? Ghibli, quel est donc ce nain conciliabule ?
En effet, durant la péroraison des grandes personnes, le nain Puppy Dog Dog Doggy Dog Ouah Ouah et ses six compères s'étaient conciliabulés de conserve dans leur rocailleux langage, puis s'étaient adressé à Ghibli, qui faisait office de traducteur.
- On a un problème. Il se trouve que ces braves gens sont finalement moyennement contents de la manière dont les choses évoluent, et ils font valoir à juste titre qu'on ne les a pas consultés pour les libérer.
- Hein ?
- Certains ont des notions de langue humaine, et ils nous ont entendu parler de monstres, de dragons et de sortilèges, ce qui ne les rassure guère. Or il se trouve qu'ils étaient en prison pour une banale petite affaire de stupéfiants, ce qui ne justifie pas une exécution, aussi préfèreraient-ils retourner à leurs cellules avant qu'on ne découvre leur fuite.
- Euh ?
- Nuhuzûlgrukh ! Ajouta Puppy.
- Ah oui, et en plus notre ami auteur-compositeur-interprète fait valoir que pour sa carrière, un petit séjour carcéral serait du plus bel effet, car c'est à la mode et ça fait voyou.
- Ah bon. Dans ce cas, ils sont libres de retourner en prison si ça les chante.
En fait, Vertu n'était pas mécontente de voir partir les sept nains, car mine de rien, un groupe de dix-huit personnes, pour passer inaperçu, c'est malcommode.
Ils se séparèrent donc avec moult effusions, et les gnomes barbus s'en retournèrent avec un visible soulagement à leur lieu de détention.
- Bien, ceci étant résolu, où j'en étais ?
- Tu allais nous dire ce qu'on allait faire.
- Juste. Donc mon plan est le suivant : profitant de ce que l'alarme n'a pas encore été donnée, on passe à la réserve pour récupérer le reste du matériel. Puis on se dirige le plus vite possible vers les étages supérieurs en évitant d'attirer l'attention. Puis là, on observe attentivement comment est fichu ce champ de confinement, et on avise. Mais j'attire votre attention sur le fait que le temps joue contre nous, et qu'il faudra donc faire très vite !
- Voilà une utile recommandation, acquiesça Mark.
- Frappée au coin du bon sens, convint Monastorio.
- Très judicieux, approuva Tibérius dans un accès de lèche-botte.
- Ça me semble tout à fait approprié, appuya Sarlander.
- Ouais, ben si on est tellement pressés, qu'est-ce qu'on fout ici à organiser une conférence depuis une heure ? Demanda Sook.
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Réponse au Sujet 'Morgoth 9 : la Tour de Fer' a été posté le : 28/06/03 21:12
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7 ) L'ascension (1/3)
En ces heures tardives, les couloirs aveugles de la Tour de Fer, vides d'hommes, ne résonnaient que des bronzinements sinistres des mystérieux dispositifs magiques accomplissant, dans les étages, leurs besognes étranges. On entendait parfois des coups, des cliquètements, des engrenages cachés dans les murs, et toutes sortes de mécanismes bien huilés, mais invisibles.
Ils suivirent Clibanios en silence et en file indienne, évitant les rares patrouilles dont la nonchalance indiquait sans équivoque que leur escapade n'avait pas encore été découverte. La porte de la réserve était encore entrouverte, aussi n'eurent-ils aucune difficulté à entrer, et bien vite, ils retrouvèrent leurs biens propres, ainsi que d'autres qui n'étaient pas à eux, mais à l'aventure, il n'y a pas de petit profit. Ainsi s'approprièrent-ils plusieurs bâtons et baguettes magiques, ainsi que des parchemins, un épais ceinturon à boucle bucéphale, un carquois de flèches de feu, une cotte de maille magique et un heaume de protection contre les coups à la tête, dont Ghibli trouvait la ligne jolie.
Puis ils gravirent encore quelques étages en empruntant un petit escalier de service. Ils entrebâillèrent une menue poterne sans grâce, et eurent leur première vision des étages intermédiaires.
C'était immense.
Sur la majeure partie de sa hauteur, la Tour était évidée en un gigantesque octogone, dont la base était formée de gradins concentriques. Deux piliers de lumière bleue oscillaient nerveusement dans un bourdonnant assourdissant, large chacun de dix pas, et grimpant jusqu'au plafond, qui culminait à des douzaines d'étages au-dessus d'eux, inaccessible. Mais le plus impressionnant, c'étaient les multiples coursives empilées les unes au-dessus des autres à perte de vue, donnant chacune sur une interminable rangée de portes grillagées, et derrière chacune de ces portes se trouvait un redoutable monstre, un meurtrier sans âme, un des innombrables serviteurs de Gunt formant cette nouvelle et redoutable armée qui, ils n'en doutaient plus maintenant, s'apprêtait à fondre sur un monde incrédule et sans défense.
Les piliers de lumière éclairaient toute cette dantesque salle d'une lumière chiche mais suffisante pour que les patrouilles, qui ça et là sillonnaient les coursives et les passerelles surplombant le vide, les aperçoivent tous sans coup férir. Parmi ces gardes, ils reconnurent les robes irisées de sorciers de bataille, et les corps flous et flottants d'élémentaires.
- Nous n'arriverons jamais en haut sans nous faire repérer, dit Sarlander.
- Sans compter qu'il y a une trotte, et que je suis déjà crevé après dix étages d'escalier, précisa Ghibli.
- Mais où est donc la proverbiale vigueur des nains et leur légendaire bonus en constit ? S'étonna Mark.
- Venant d'un presque vieillard qui est plus essoufflé que moi, la remarque est comique.
- Vieillard ?
- Bon, Redshirt, toi qui connais les lieux, tu as une idée ?
- Mais je ne suis jamais venu jusqu'ici moi ! J'ai travaillé quelques fois dans les étages inférieurs, mais tout ceci m'étonne autant que vous.
Puis il se tut et réfléchit un instant.
- Vous voyez la double porte d'acier poli là-haut ? Je pense qu'elle conduit à un dispositif magique permettant de rejoindre directement les niveaux supérieurs. Il y en a d'assez semblables dans les quartiers de l'université. Si nous pouvions l'emprunter, nous éviterions les gardes et les monstres.
- Et la fatigue ?
- Aussi.
- Je vote pour, approuva Ghibli. Allez Redshirt, va en éclaireur !
- Que... quoi ?
- Ben, t'as eu l'idée, à toi l'honneur de t'attirer la gloire. Va voir là bas si tu as raison. On est onze, on ne va pas déplacer toute la troupe sur un " je pense que c'est peut-être un truc dont on a vaguement parlé à un lointain parent d'un ami un soir de beuverie ".
- Oh, Ghibli, arrête d'effrayer notre nouvelle recrue.
- Ah, merci dame Vertu...
- Morgoth va te confier sa cape, tu y seras camouflé, à défaut d'être totalement invisible.
- Ah bon... Ah je vois, c'est une espèce de bizutage hein ? Si c'est une épreuve pour témoigner de ma valeur, j'en triompherai ou je mourrai, foi de Tibérius K. Redshirt.
- N'oublie pas, lenteur, silence, suis les ombres, et prie Fomekbloth. Euh... sinon il y a une question qui me turlupine depuis tout à l'heure. C'est quoi le K ?
- C'est pour Kenny. C'est mon second prénom.
- Tu t'appelles Kenny Redshirt ?
- Euh... oui...
Vertu jeta un regard abattu sur le jeune homme. Elle posa sa main sur son épaule avec compassion.
- Va !
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(2/3)
- Oui madame.
Et sous la cape, il s'en alla bravement, avec l'assurance que donne l'absence d'expérience.
- Il était gentil, y'a pas à dire...
- Quoi, s'étonna Morgoth, vous avez tous l'air de croire qu'il va se faire occire. Il y a quelque chose que j'ignore au sujet de ce garçon ?
- Eh bien... Comment t'expliquer... il y a des gens qui l'ont, et d'autres qui ne l'ont pas.
- De quoi tu parles ?
- Ben, tu sais, le truc. Le machin là...
- Eh ?
- Bon, on se connaît depuis quelques temps déjà. Tu as sûrement vu, ou entendu parler, de gens morts bêtement d'être tombés dans un escalier, d'avoir pris un coup de marteau sur le pouce qui se sera gangrené, ou bien qui ont péri de saisissement parce que le bruit d'un blaireau nichant sous leur plancher les avaient rendus fous. D'autres se baignent, se sèchent mal, prennent froid, et une semaine plus tard, pouf, le jeu est terminé. C'est que la vie humaine est une petite chose fragile, la flamme d'une bougie que souffle le moindre brin d'air. Et pourtant nous autres, on a traversé bien des épreuves incroyables, survécu à de nombreux combats qui auraient laissé sur le carreau n'importe quel guerrier aguerri, robuste et expérimenté. Tu vois... Bon, quand tu as vu Clibanios vivant tout à l'heure, ça t'a étonné ?
- Ben... Oui un peu. Enfin vivant...
- Oui, oui, on se comprend. Mais tu n'es pas resté sur le cul comme deux ronds de flan. Au fond de toi, tu savais que c'était normal. Et moi pareil, quand j'ai vu que Xy était encore vivante, j'ai été contente, mais pas spécialement surprise. Car tu vois, cette quête, on l'a commencée à neuf, et bien il faut te dire qu'il est plus que probable qu'on la finira tous ensemble. Parce que nous, le truc, on l'a. C'est difficile à expliquer, et du reste il est rare qu'il soit besoin de l'expliquer, il n'y a même pas de mot qui l'exprime, c'est ce qui nous sépare des gens ordinaires... Regarde Sook, je savais qu'elle serait encore vivante, bien que ça fasse un moment que je n'en avais pas de nouvelles. Parce qu'elle l'a à donf, le truc. Nous sommes spéciaux, en quelque sorte.
- Tu veux dire que nous serions... des élus des Dieux ?
- Non, ça transcende les Dieux, c'est lié à la structure même de l'univers, à sa raison d'être. D'autres l'ont eu avant nous, d'autres l'auront après, et d'autres l'ont en ce moment même, et dans certaines circonstances, ça peut nous rendre bien plus forts que des dieux. Tiens, Xy, explique lui, tu connais sûrement ça mieux que moi.
- Hum... Vertu a raison et parle avec sagesse. Je ne vois pas vraiment comment le formaliser mieux qu'elle. Avec un peu d'expérience, on voit tout de suite qui l'a et qui ne l'a pas. Et Tibérius, lui, il n'en a hélas pas une once.
- En attendant, il revient, annonça Monastorio.
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(3/3)
- Ah oui, tiens. Voilà qui est surprenant.
- C'est bien ça, annonça-t-il avec fierté à ses compagnons. C'est bien le dispositif dont je vous avais parlé, j'ai même pu lire les glyphes indiquant qu'il conduit aux niveaux supérieurs.
- Bien, la chance nous sourit. Mais il faut maintenant traverser, et si je compte bien, nous sommes onze. Comment...
- J'ai une solution, proposa Morgoth. J'ai en effet ici un parchemin d'Invisibilité de Plusieurs Bonshommes, trouvé dans le tas de détritus en bas !
- Youpie, hourra pour notre sorcier en titre !
Après le sortilège, ils se glissèrent en file indienne hors de leur refuge et progressèrent dans le plus grand silence vers la double porte. Plusieurs patrouilles de gardes croisaient alentours, mais ne les apercevaient pas, gage de la qualité du sort.
- Et maintenant, ça marche comment ? S'enquit Vertu.
- Il suffit d'appuyer sur ce commutateur, indiqua Redshirt en joignant le geste à la parole.
Une lumière rougeoyante et de mauvais augure éclaira alors le doigt du magicien, qui ne parut pas s'en inquiéter.
- Et maintenant ?
- Ben, on attend. Ce n'est pas immédiat.
Il attendirent. Et ils attendirent encore. Et au bout d'un moment, ils commencèrent à se demander si le sortilège d'invisibilité tiendrait encore longtemps.
Puis la porte s'ouvrit, projetant un grand trapèze de lumière crue sur le sol nu. Six gardes armés jusqu'aux dents étaient à l'intérieur, accompagnés d'un mage barbichu à l'air ombrageux. Nos amis s'immobilisèrent tous autant qu'ils étaient, le cœur serré, les mains prêtes à jaillir vers les armes. Tibérius avait-il trahi ? Les avaient-ils mené dans un traquenard ?
Mais non, les regards bovins des gardes ne croisèrent pas les leurs, pas plus que les yeux fatigués et courroucés du mage. Les servants de l'Usurpateur sortirent du réduit propret et aveugle qui se trouvait derrière la porte et poursuivirent leur chemin. Tibérius se glissa à l'intérieur derrière eux, actionna un mécanisme bloquant la fermeture et fit signe aux autres d'entrer rapidement et sans crainte. Le principal ornement du lieu était un panneau de bronze plus haut que large vissé contre la porte, incrusté de nombreuses gemmes de pacotille portant chacune un de ces glyphe numérique usités par les sorciers.
Du dudu duduuu dudu duduuu...
- Chaque interrupteur mène à un niveau, précisa Tibérius.
Dududuuu du du dudu duduuu...
- J'avais compris, répondit Vertu, inexplicablement énervée. On va où ?
- Je l'ignore. J'ai compté une vingtaine de niveaux de passerelles au niveau de nos têtes, et cet afficheur magique indique que nous sommes au vingt-sixième niveau. Disons cinquantième ?
- Va pour cinquante.
Du dudu dudu du du dudu duduuu...
Ainsi fit-il. La porte se referma. Il y eut comme un léger choc mais Tibérius rassura ses compagnons d'un sourire.
L'ascension commença au moment où, dans un crissement évoquant le déchirement d'une toile d'araignée, le sort d'invisibilité se dissolvait.
Puis, Vertu mit le doigt sur ce qui l'énervait.
La musique.
Du dudu duduuu dudu duduuu...
- Arrêtez de siffloter ça, c'est agaçant !
Un ding, et un nouveau choc.
La porte s'ouvre
Une deuxième patrouille se présentait devant eux, tout à fait semblable à la première. Sept hommes accomplissant leur office avec lassitude.
Comme un seul homme, les aventuriers prennent un air détaché. Traqueurs et traqués se frôlent, se touchent, se sourient d'un air gêné.
Dududu dudu dudu... dudu dudu...
Quarante-sixième, nouvel arrêt. Les gardes descendent.
Du du du dudududu...
Cinquantième. Les portes s'ouvrent.
Immense. Un tas d'or. Non, pas vraiment, des lingots bien alignés, des milliers de lingots d'or et d'argent empilés sur des étagères. Et des sacs de monnaie.
Le trésor de la magiocratie, un des états les plus riches du monde. Et là-bas, au milieu...
Non, c'est impossible.
Non, ça ne peut pas exister, pas de cette taille...
C'est sûrement une illusion magique.
Cette surface, un champ de mort noir et cendre, veinée de ruisseaux de lave...
Et là, ce joyau d'or en fusion... Non, c'est un oeil qui vient de s'ouvrir. Un oeil qui voit maintenant chacun des compagnons.
Et cette terreur... Oh non, elle ne vient pas d'une illusion...
Vertu a senti le sang quitter son visage. Livide, elle lève le bras vers le panneau métallique.
Cinquante-quatre.
Les portes se referment.
Dududu dududu duduuu... dudu duduuuu...
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