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trome

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   Les femmes 2 a été posté le : 24/04/03 19:43
Bien, alors, voilà:
J'écris "les femmes" au fur et à mesure, sans plan préconçu, mais une structure se met peu à peu en place malgré moi. Voilà pourquoi je sépare mon récit en plusieurs parties, j'ignore combien, chacune dans un sujet particulier, pour plus de clarté. Pour lire la première partie des "femmes", appelée (peut-être provisoirement, peut-être pas) : "du sud au nord", vous pouvez aller ici

[résumé très succint]
Si vous êtes parresseux, souvenez-vous juste que Guillaume Raverd, le narrateur de la première partie, y a narré ses pérégrinations dans un monde inconnu afin de retrouver une certaine Vanessa... et y parvient, dans des circonstances plutôt insolites...
[/résumé très, très, mais vraiment très, succint]

Là commence la seconde partie, sobrement intitulée "récit de Vanessa", et la parole est donc à présent à celle-ci.


**** ****

Récit de Vanessa

Je marchai, tranquillement, pour aller passer la soirée avec des amis quand soudain je sentis comme une présence derrière mon dos. Le temps de me retourner et j'étais saisie par des mains puissantes tandis qu'on me pressait un linge humide sur la bouche. Je perdis aussitôt connaissance.

Un grand vide suit ensuite. Je dus rester évanouie des heures, des jours. J'eus plusieurs fois l'impression d'émerger, mais j'étais recouverte de tissu, j'étouffai, je transpirai et retombai dans l'inconscience. Puis, enfin, on me ranima tout à fait. On m'avait extirpée d'un grand sac en toile, dans lequel j'étais restée serrée jusqu'à maintenant. J'étais entre les mains de cinq hommes assez effrayants. Ils portaient des espèces de tuniques pâles ornées d'un même motif, une sorte de reptile stylisé. Ils étaient plus petits que moi, et tous chauves sous leurs capuches. Nous étions dans les bois, dans une tente de forme bizarre.

Les types m'examinèrent en riant entre eux, me tripotant de partout, en parlant une langue que je ne reconnaissais absolument pas. J'étais terrifiée, car je m'attendais à toute sorte de traitement de leur part. Pourtant, ils semblèrent se réfréner et se calmer et parlèrent un bon moment entre eux. J'attendis, terrifiée, encore peu réveillée, la suite des événements.

Au bout d'un moment, l'un de ces hommes prit un petit sac d'où il sortit une sorte de petite fleur bleue. Il me la tendit et me fit signe de la manger. Comme j'hésitai, il me serra vigoureusement l'épaule en réitérant son geste, pour me faire bien comprendre que j'avais tout intérêt à lui obéir. Je m'exécutai. Cette fleur était infecte, mais je l'avalai néanmoins en réprimant mes grimaces. Je crus que j'allais vomir, mais la sensation disparut instantanément.
- Bien, bien, bien, fit l'homme.

J'étais sidérée. A présent, je comprenais, je connaissais leur langue. Mon ahurissement les fit bien rire.
- Voilà, on se comprend à présent, fit celui qui m'avait donné cette fleur, et qui semblait être le chef de la bande. Bien, ça va faciliter la suite... Nous avons encore une longue route à faire...
- Gné, gné, ricana l'un d'eux, on va bien s'amuser, tu vas voir... On sait très bien s'occuper des petites dans ton genre... N'ai pas peur, tu verras, tu nous connaîtras chacun en détail... et surtout, ON te connaîtra en détails...
Tous hurlèrent de rire.
- Et ensuite, tu sais, reprit le sinistre personnage, on te découpera en détails, cette fois... Tu sais, les petites comme toi, on les mange, nous autres...


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Recuicuir

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Membre Chaos Elite Troops   Réponse au Sujet 'Les femmes 2' a été posté le : 25/04/03 11:46
chouette, la suite des femmes!

toujours aussi bien et agréable à lire, bref je veux la su..
euh, enfin, continue quoi.

PS: les petites fleurs bleues, là , tu pourrais pas en ramener de ce monde bizarre dans le notre, ça serait vraiement bien...


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trome

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   Réponse au Sujet 'Les femmes 2' a été posté le : 25/04/03 22:16
Merci Requiem, content de te retrouver!

Importer les fleurs bleues... Elles sont déjà là, Queneau en a parlé!



**** ****

Après un bon quart d'heures de rires et de menaces de ce genre, le chef les calma d'un geste de la main.
- Allez, ça suffira... Elle va mourir de peur, et Doroor n'apprécierait pas de voir arriver un cadavre dans son château...
- Non, c'est sûr, plaisanta un autre, mais il appréciera de faire sortir un cadavre...

Je devais être blanche de peur, ou verte, et le chef vint s'accroupir à côté de moi.
- Bon, du calme... Ne prenez pas les blagues de mes hommes au sérieux... Sachez que nous avons l'ordre de vous mener à notre maître, et cela dans le meilleur état possible. Ne soyez pas trop sombre, une vie plutôt agréable vous attend, finalement...

Sur ce, ils se désintéressèrent de moi. Trois d'entre eux sortirent à l'extérieur tandis que le chef et un autre entreprirent une partie d'osselets. Puis tous rentrèrent à nouveau, avec une marmite chaude. On me tendit une large assiette, mais je n'avais pas faim. Le chef de la bande me força néanmoins à absorber une bonne ration puis on me dit de me coucher et de dormir. Je mis du temps à trouver le sommeil mais, malgré mon angoisse, la fatigue finit par l'emporter.

On me réveilla le lendemain avec forces secousses. Puis je sortis, escortée par un des hommes pour découvrir dehors une charrette tirée par un animal terrifiant. Le type me poussa à l'intérieure et me donna une grosse couverture.
- Enveloppe-toi soigneusement à l'intérieur... Il vaudrait mieux que les gens ne te voient pas trop... Ca vaudrait mieux pour toi, en tous cas...
Comme toujours, ce n'était que menaces.

Les hommes me laissèrent pour aller démonter le campement. De toute façon, je ne risquai pas de filer, car j'imaginai sans peine leur réaction quand ils m'auraient rattrapée. En peu de temps, il ne resta aucune trace du camp et tous montèrent dans la charrette. Elle avança, tractée par ce terrifiant animal, hybride entre le reptile et le mammifère. Celui-ci avançait très vite, sur des routes assez bien tenues.

Nous progressâmes ainsi toute la journée, passant des bois à de grands paysages de campagne. On voyait par moment, de loin, de petits villages éparses. Je ne remarquai personne sur notre chemin.
- Les gens ont peur de nous, à cause de ça ricana un des hommes en me désignant la broderie qui ornait sa tunique. Ils savent que notre seigneur est le plus puissant de tous les royaumes.

Au fur et à mesure du chemin, j'osai leur parler, leur poser quelques questions.
- Mais... Où sommes-nous ? Où allons-nous ?
- Ah, ah... Tu seras fixée bien assez tôt, ne t'inquiète pas...
- Et qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?
- Je te dirais bien ce que je te veux, railla un de mes ravisseurs, mais ça te ferait pas trop plaisir...
- Nous sommes des hommes de Doroor, m'expliqua le chef pendant que ses hommes explosaient de rire, et tu verras, tu ne tarderas pas à le connaître... Nous t'amenons à lui, dans son château...
- J'adore quand on les amène, gloussa un homme, elles ne comprennent jamais rien, elles ont peur de tout...
- Ouais, mais toi tu n'es pas la plus drôle me reprocha un de ses compagnons, tu ne pleures pas, tu ne supplies pas...

Le voyage se poursuivit, sans cesse agrémenté de plaisanteries douteuses et malsaines sur moi. A présent, je me taisais. En milieu de journée, nous fîmes une pause pour manger. Tout le monde gloussa quand je leur fis comprendre que j'avais besoin de soulager quelque besoin naturel. Je fus conduite dans un buisson qu'on surveilla de très prêt. Puis la charrette se remit en route et, le soir approchant, nous arrivâmes en vue d'un bâtiment qui devait être une ferme isolée.

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   Réponse au Sujet 'Les femmes 2' a été posté le : 26/04/03 21:25
**** ****

Un homme se tenait à la porte, nous attendant visiblement. Il avait l'air de bien connaître mes ravisseurs, et particulièrement leur chef. Il me considéra avec gourmandise et un des hommes m'ôta ma couverture.
- Tu n'as plus rien à craindre ici, il serait dommage de se passer du spectacle...
Et, évidemment, tout le monde rit. Avec ma simple robe, je me sentais nue sous leur regard. Je fixai tout de même le nouveau venu, en tentant d'arborer une expression haineuse sur mon visage. Il détourna le regard en premier.
- M'est avis que la petite ne sera pas facile...
- Boh ! De toute façon, ce ne sera pas notre boulot...

Un homme assez jeune vint à son tour et on m'ordonna de le suivre. Je rentrai dans la bâtisse derrière lui pour me retrouver dans une grande pièce éclairée par une large cheminée, avec une large table de bois au centre. Il me conduisit dans un coin, derrière une mince cloison où avait été placée une couchette de paille. Avant de me laisser, il me passa des sortes de menottes aux poignets qu'il attacha au mur. Puis je restai seule, enchaînée. Il revint rapidement, porteur d'un bol de soupe qu'il me fit manger à la petite cuillère, un air moqueur sur le visage.
- Bon. Tu peux dormir, maintenant, vous repartirez demain.

Il me laissa. Malgré l'angoisse qui me rongeait le cœur, j'étais soulagée d'être débarrassée de mes accompagnateurs et de leurs plaisanteries méprisantes. Pourtant, je les entendis encore un long moment rire derrière le mur, mais à présent dans une autre langue que je ne comprenais pas. Ne parvenant pas à trouver le sommeil, je tentai d'analyser la situation.

Où étais-je, dans quelle situation désespérante me trouvai-je ? J'étais, même si ma raison tentait à tout prix de me contredire, dans un autre monde, un univers parallèle au miens. Il me semblait évident que des mots comme " France ", " Terre ", " Europe ", " Paris " n'auraient aucun sens ici, comme certainement le nom des pays et des villes d'ici pour moi. Mes ravisseurs me parlaient de leur chef, Doroor, un puissant seigneur. Le peu que j'avais vu de ce monde semblait appartenir à une époque médiévale, ou par là. Mais que faisais-je ici ?

J'avais été amenée de force dans cet univers, mes ravisseurs étaient venus me chercher dans le mien pour me faire passer dans celui-ci. Et cela ne semblait pas être la première fois pour eux, vu certains de leurs propos. Mais pourquoi ? Comment ? Rien ne pouvait m'apporter un semblant de réponse, à part qu'ils m'amenaient à leur seigneur Doroor. Dans quel but ? Je n'osai trop y songer...

J'en étais là dans mes interrogations quand le sommeil vint me surprendre.

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   Réponse au Sujet 'Les femmes 2' a été posté le : 27/04/03 22:03
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Au matin, je fus tiré du sommeil par les grosses voix des hommes, dans la pièce d'à côté. Comme la veille au soir, ils passaient leur temps à rire et plaisanter. Une heure après peut-être, alors que la somnolence m'avait regagnée, le jeune homme de la soirée revint me chercher. Il me défit mes fers et me fit signe de le suivre. Dans la grande salle, autours de la table, les hommes qui m'accompagnaient et leur hôte m'attendaient. On me fit asseoir à leurs côtés et on me servit un bol d'eau chaude, dans laquelle flottaient quelque plante aromatique, ainsi qu'un pain.

- Aujourd'hui, nous allons faire un beau voyage, tu vas voir, ricana le chef.
Nous sortîmes ensuite et je fus sidérée devant le spectacle qui m'attendait. Devant la ferme, au milieu d'un grand espace défriché, se tenait un immense oiseau bleu marine. Plus qu'immense, il était titanesque et évoquait plus l'avion que le volatile. Sur son dos était sanglée une nacelle et je frissonnai à l'idée d'un voyage à l'aide ce moyen de transport.

Mais je n'avais pas le choix et montai par une échelle dans la nacelle. Mes cinq ravisseurs étaient tous du voyage, et on aurait facilement pu faire venir trois ou quatre autres personnes.
- Assieds-toi, et cale-toi bien dans le fond, me conseilla le chef, si tu ne veux pas repeindre le sol de la Chaîgnerais en rouge...
Bien sûr, chacun s'esclaffa. Sans rien dire, avec un léger regard méprisant, j'obéis.

Puis l'oiseau prit son envol. Ce fut rapide, et je crus que mon estomac allait se rétracter. J'avais déjà pris l'avion à plusieurs reprises, l'hélicoptère même, mais la sensation n'était pas la même ici. Nous étions à l'air libre, fouetté par le vent, sur un animal qui ne respectait pas les paliers de décompression, grimpant, planant, descendant, zigzagant... Je fermai les yeux et tentai de faire le vide dans mon esprit.

Nous allions à une allure très élevée. Plus personne ne parlait, mais j'étais tout de même abasourdie par les claquements du vent dans les plumes de l'oiseau. A plusieurs reprises, j'osai un coup d'œil par-dessus bord. Le ciel était bleu, le paysage superbe. Dans d'autres circonstances, j'aurai apprécié toute cette campagne verdoyante, ces fleuves, ces cités fortifiées. Mais là, je m'empressai de refermer les yeux.

L'oiseau vola toute la journée et, le soir, ne semblait pas près de s'arrêter. Mais un des hommes se leva et hurla des ordres dans une langue inconnue. Nous descendîmes alors à toute vitesse et l'oiseau se posa au milieu d'un paysage rocailleux. Nous étions sur les flancs d'une immense chaîne de montagne.
- Voilà les Montagnes Dorées, m'indiqua le chef. On va descendre quelques instants, puis nous repartirons. Nous volerons toute la nuit.

Après cette trop courte pause, nous repartîmes donc pour ce voyage hallucinant. Un des hommes, soudain, désigna un point dans le ciel, qui sembla beaucoup les inquiéter. Je jetai un coup d'œil pour voir, au loin dans le ciel, fantomatique, un énorme oiseau blanc, qui planait, silencieux, dans le soir couchant.
- S'il nous repère, murmura le chef, notre compte est bon...

Notre angoisse dura jusqu'à ce qu'on le voie piquer soudainement vers le sol et disparaître derrière un pic rocheux.
- Il a dû regagner son nid pour la nuit, soupira l'un de nous.

Nous volâmes toute la nuit. Vers le matin, seulement, je parvins enfin à m'assoupir légèrement, mais mon repos fut de courte durée. Le chef me secoua et m'obligea à me redresser pour regarder au sol. Le spectacle était impressionnant. Nous survolions une région désertique, composée uniquement d'immenses blocs de pierre rougeâtre. Au milieu de tout ça, comme en sentinelle pour veiller sur le pays, un immense pic rocheux avec, perché au sommet, comme un nid d'aigle, un inexpugnable château-fort.

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   Réponse au Sujet 'Les femmes 2' a été posté le : 28/04/03 22:47
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Notre oiseau atterrit sur une passerelle, au sommet d'une tour. Ce château avait une forme extrêmement inquiétante, toute en hauteur. Ce que j'en avais vu du ciel me donnait l'impression que, sur un espace des plus restreint, on avait bâti le plus possible. La construction ne semblait être qu'un ensemble de tours, minces et élevées, qui se découpaient sur le ciel comme de la dentelle. Il n'y avait aucune cour principale, aucun donjon. Seules quelques terrasses au sommet des tours les plus larges donnaient des perspectives sur l'extérieur.

Il s'agissait à coup sûr d'une forteresse guerrière, faite uniquement dans ce but-là, sans aucun ornement ni accessoire. Avant d'atterrir, je pus voir une route étroite et serpentante qui semblait être le seul moyen de parvenir aux portes de la forteresse, mis à part la voie aérienne, bien entendu.

Notre arrivée était attendue, assurément. J'étais l'attraction principale de tout un groupe de serviteurs et gardes qui s'occupèrent de nous faire descendre de la nacelle. J'avais les jambes flageolantes, et des crampes partout. J'étais de plus passablement découragée par notre destination. Je ne savais pas du tout en quelles mains j'allais être remise, et personne ne pourrait jamais me secourir, dans ce lieu fantastique.

Une grosse femme, vêtue d'une robe multicolore, assez âgée, me prit en charge et me demanda de la suivre. Nous étions escortées par un homme, de la même taille que mes ravisseurs, mais armé d'une sorte de hallebarde qui me dissuada d'interroger ma guide. Ensembles, nous descendîmes un escalier interminable. En arrivant enfin au bout, je sentais que mes forces allaient bientôt me laisser tomber. Mais, après avoir traversé quelques couloirs déserts, la grosse femme ouvrit une lourde porte à l'aide d'une clef qu'elle portait à sa ceinture, et nous pénétrâmes dans un autre monde.

La salle où nous étions n'avait aucun rapport avec ce que j'avais vu du château pour le moment. Ici, les murs étaient ta*******és de tentures colorées, percés de larges fenêtres, et le sol couvert de tapis. Mon accompagnatrice se tourna vers moi avec un sourire rayonnant et m'annonça :
- Te voici chez toi.
Elle referma la porte.
- Je suis Naranis, c'est moi qui m'occuperai de toi... Si tu as besoin de quoi que ce soit, si tu as des questions, je serai toujours là. Et voici Buffil, ton gardien, ajouta-t-elle en me désignant le garde qui nous accompagnait.
- Mon... mon gardien ?

Je n'étais pas plus rassurée qu'auparavant. Mais la matrone haussa les épaules et me fit signe de la suivre à nouveau. Nous parcourûmes plusieurs salles richement ornées, jusqu'à un couloir aux murs garnis de portes. Naranis en ouvrit une, et nous pénétrâmes dans une sorte de boudoir, garni de coussins et de meubles divers. Buffil ne nous y suivit pas, fit un petit signe à la grosse femme et rebroussa chemin.
- Ce sont tes appartements. Viens donc les visiter.
Mes appartements étaient une enfilade de pièces, toutes agréables, dont une chambre garnie d'un énorme lit qui me parut des plus confortable. Il y avait aussi une salle de toilette dans laquelle trônait une baignoire impressionnante.

- Bien, fit Naranis, à présent, tu vas pouvoir te reposer... Je vais faire préparer un bain chaud, puis je te laisserai t'acclimater aux lieux.

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   Réponse au Sujet 'Les femmes 2' a été posté le : 29/04/03 22:42
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Ce que je fis. Après avoir pris en effet un bain très réconfortant et parfumé, préparé par deux jeunes filles d'une quinzaine d'année, que je tentai, en vain, d'interroger, je dormis, longtemps, rattrapant tout mon sommeil en retard et me remettant de mes émotions.

J'émergeai enfin d'un sommeil perturbé de rêves, rarement agréables, et entrepris d'explorer mon " domaine ". Bien entendu, la porte était fermée. Mes appartements étaient très bien éclairés par de larges fenêtre. Celles-ci étaient dépourvues de vitres, mais avec la chaleur qui régnait dans la région, leur absence ne gênait en rien. Par contre, je ne pouvais pas compter sur elles pour une escapade éventuelle. En effet, si, en venant de la passerelle d'atterrissage nous n'avions fait que descendre, ma chambre était encore très haute. En me penchant à en avoir le vertige, je vis la paroi abrupte qui se confondait à la base avec la roche pour former un versant à pic d'au moins cent mètres. Ainsi, la tour dans laquelle j'étais installée donnait à l'extérieur de la forteresse. Ca ne me servirait pas à grand chose, sauf si j'avais à me suicider...

J'étais plongée dans mes pensées morbides quand Naranis fit irruption. Je me retournai avec mauvaise humeur.
- J'aimerais bien avoir quelques explications, à présent...
- Tout de suite... Je suis venue te voir plusieurs fois déjà, tout à l'heure... Mais tu dormais, je n'ai pas eu le cœur de te réveiller...
- Trop aimable, marmonnai-je.
- Bon... Le Maître voudra sans doute te voir prochainement... Buffil nous préviendra. Il faut que tu saches certaines choses...
- Qui est le " Maître " ? Que me veut-il ? Pourquoi m'a-t-on amenée ici ? Où sommes-nous ?

Naranis fit un grand geste des mains, assez fataliste. Elle me fit signe de m'asseoir sur les coussins, mais je restai debout, les bras croisés. Mon interlocutrice s'installa et entreprit de m'expliquer certaines choses :
- Bon... Alors... Ecoute, je te parlerai de tout ça. Je sais que tu es complètement perdue, et, crois-moi, je me mets à ta place... Tu es ici à la cour de Doroor, notre Seigneur...
- Ce n'est pas mon seigneur !
- Ah, calme-toi donc ! Que tu le veuilles ou non, Doroor est ton seigneur, ton maître maintenant. Tu n'as pas le choix, c'est comme ça. Ne te plains pas, ta place n'est pas si mal...

Je bouillonnai. La peur se mêlait à l'agacement. J'avais décidé, quoiqu'il arrive, de me montrer des plus rebelle, des plus désobéissante. Mais ce que me dit Naranis était des plus refroidissant :
- Il y a certaines règles que tu devras savoir... Ici, tu n'es qu'à ton maître, et si tu fais de la mauvaise volonté, ça se passera très mal... Par très mal, je veux dire que tu peux très bien te retrouver livrée aux bêtes féroces, ou bien empalée... Tu ne serais d'ailleurs pas la première...

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   Réponse au Sujet 'Les femmes 2' a été posté le : 02/05/03 10:39
**** ****

Cette fois-ci, je m'étais assise, ou plutôt effondrée. Ma servante radoucit légèrement le ton de sa voix :
- Je sais, tout te tombe dessus d'un coup... Tu verras, tu t'y habitueras. Tu es à présent une des femmes de Doroor. Tu verras, la vie sera simple et agréable pour toi, si toutefois tu fais preuve d'un minimum de bonne volonté. Doroor ne passera pas trop de temps avec toi, seulement une nuit ou deux de temps en temps... Tu n'es pas sa seule femme. Mais surtout...

Elle se pencha en avant et approcha son visage du mien et me dit, bien distinctement :
- Surtout, ne vas JAMAIS en travers de sa décision... Je te le dis, avec lui, si tu as quelque chose à regretter, c'est toujours la dernière. Ne te mets pas dans cette situation... Et ôte-toi immédiatement de la tête l'idée de t'enfuir. Déjà, c'est impossible... En plus, si par une chance inouïe tu y arrivais, tu serais immédiatement rattrapée... Des armées de mercenaires rôdent dans la région, tous obéissants à Doroor... Et quand tu seras ramenée, il ne faudra t'attendre à aucune forme de clémence... De plus...

Elle se leva et se posta à la fenêtre un moment, puis s'écria :
- Oui ! En voici un... Regarde, cet oiseau, au loin dans le ciel... C'est un Gerbarg, un cousin de l'oiseau qui t'a amenée ici... Sauf que les Gerbargs sont carnivores... Et crois-moi, ce ne doit pas être des plus agréable de finir sous leur bec...

Naranis se tut et se pencha sur moi, prostrée, pour m'administrer quelques paroles réconfortantes :
- Il faudra te faire à cette destinée... Tu n'as pas le choix... Tu n'es pas la seule dans ce cas-là... Moi-même dois faire attention à la moindre de mes paroles, quand je me trouve proche de Doroor... Ici, la vie ne vaut rien... Mais en même temps, il n'est pas difficile de s'en sortir, avec un minimum de bonne volonté...
- Mais... mais pourquoi moi ?
- Ah, ça... elle fit un long geste fataliste, tu n'es ni la première, ni la dernière, j'ignore les raisons des choix de Doroor, mais il doit en avoir... Je te laisse à présent, je reviendrai tout à l'heure pour te présenter à Doroor.

Elle me laissa, totalement abattue. Quand elle revint, je n'avais pas bougé d'un millimètre.
- Allons, il est temps d'aller voir Doroor...
Naranis était accompagnée par les deux toutes jeunes servantes qui s'étaient déjà occupées de moi, à mon arrivée. Supervisées par la matrone, elles me déshabillèrent, me lavèrent, parfumèrent et vêtirent d'une longue robe bleu clair, pourvue de toutes sortes de broderies et de conception étrange, non sans m'avoir copieusement parée de bijoux. Je me faisais l'effet d'un cadeau de Noël. Mais j'étais trop accablée pour protester. Je m'étais renfermée dans une sorte d'état second, et m'étais comme détachée de mon corps.

Je suivis ensuite ma grosse servante à travers des endroits très variés, un véritable labyrinthe, mais j'avais l'intention ailleurs pour remarquer quoi que ce soit. Nous croisâmes des gens, qui m'examinèrent avec intérêt et curiosité. Avec envie, également, pour certains, mais là, je n'y prenais pas garde. Comme une ombre, Buffil nous suivait.

Enfin, Naranis frappa, selon un code convenu, à une lourde porte de bois qu'elle ouvrit aussitôt. Ma servante me poussa d'une petite tape et je fus introduite devant Doroor.

**** ****


Note de l'auteur :

Mes vacances touchant à leur fin, je vais, aujourd'hui-même rentrer dans mes pénates. Or, ma connection internet avait disparu, comme par enchantement, et, même si j'ai quelques pistes, peut-être ne serai-je plus connecté pendant un petit moment. Aussi, la suite des "femmes" se fera peut-être attendre... ou peut-être pas :D


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Chaos Legions



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   Réponse au Sujet 'Les femmes 2' a été posté le : 10/05/03 11:05
Arrivé ici assez récemment, j'ai lu avec intérêt les deux aprties du récit, et ne regrette désormais qu'une chose, à savoir ne pas avoir attendu que celui-ci terminé, car me voici dans les affres de l'attente. Bref, de la bien belle ouvrage.


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Septa

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   Réponse au Sujet 'Le a été posté le : 10/05/03 13:22
:( Il semblerait que Trome soit encore sans connexion fixe.
Sniff... C'est frustant, il recommence à faire avancer son histore, et pouf-pouf il disparait.
En plus, je suis sur qu'il fait exprès de nous "abandonner" sur une fin, esperons le temporaire, pleine de suspens.:p
Esperons que la suite ne se fasse pas trop attendre.


Dernière mise à jour par : Septa le 10/05/03 13:25

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"I'd really rather you didn't act like a sanctimonious holier-than-thou ass when describing my noodly goodness. If some people don't believe in me, that's okay. Really, I'm not that vain. Besides, this isn't about them so don't change the subject."
Premier commandement Pastafarien

Les Biscuits Nantais éloignent la moreausité !


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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Le a été posté le : 14/07/03 13:16
...



Bon... Me revoilà, à nouveau... Ca fait longtemps, oui... Désolé, vraiment, pour tous ceux qui attendaient une suite, et merci à JWRK et Septa dont les encouragements ont été les premières choses que j'ai découvertes en revenant...:)

Mon absence, bien plus longue que prévue, était due d'abord à une défaillance d'internet, puis à une fin d'année très très chargée... Mais les mauvaises choses ont une fin, et, pour vous remercier de votre patience... et bien, on continue!:D




**** ****

Il y avait trois hommes et une femme dans la pièce. Trois vieillards et un homme plus jeune, en fait. Devant leur air gourmand, je me sentis comme dans un tableau représentant " Suzanne et les vieillards ". Ils étaient là, assis, à me déshabiller littéralement du regard. Je jetais un ?il angoissé derrière moi, et la présence de Naranis me réconforta quelque peu.

Mes quatre spectateurs parlèrent entre eux, d'une langue que je ne connaissais pas. Je compris que Doroor était l'homme le plus jeune du groupe. Il était d'ailleurs différent des hommes que j'avais vus jusqu'à maintenant. Plus grand, plus mince, il avait quelque chose de plus " humain " que mes ravisseurs, par exemple. Je me dis à ce moment que Doroor aurait très bien pu vivre à Paris, en 2002, et aurait alors été un homme comme un autre. Mais ici, dans ce monde, il apparaissait comme un vrai extraterrestre.

Il était moins bavard que ses compagnons, et me considérait les sourcils froncés. J'avais l'impression qu'il examinait une marchandise, cherchait d'éventuels défauts, voyait s'il ne s'était pas trompé, ou si l'on ne l'avait pas trompé... J'étais terriblement mal à l'aise, particulièrement après ce que m'avait raconté Naranis, sur sa cruauté. Je me disais que si je ne passais pas l' " examen ", je finirais le soir même dans l'estomac d'une créature, ou transpercée de par en part par un pieu...

Puis il se leva de son fauteuil et dit quelques mots aux autres. Ceux-ci se levèrent et, sans cesser de me lorgner, quittèrent la pièce par la porte par laquelle j'étais entrée. Naranis les suivit et referma derrière elle. Doroor resta seul avec moi et, le visage inexpressif, s'approcha de moi. Il m'examina droit dans les yeux et je baissai la tête.
- Rah, mais cesse donc de trembler, gronda-t-il, je ne vais pas te manger !

Il fit un grand geste fataliste et me tourna autours, les yeux rivés sur moi, tout en parlant :
- Arrête donc d'avoir peur, comme ça, ça va me donner envie de te tuer... Mais tu peux être tranquille pour le moment... Pour l'instant, je ne te ferai pas de mal, ce serait du gâchis... Mais sache quand même que je risque de perdre patiente, si tu continues de la sorte... Bon...

Je tressaillis quand il posa la main sur mon épaule, pour défaire un bouton de ma robe. Instantanément, celle-ci se retrouva par terre. Je ne pus retenir un sursaut en me retrouvant nue devant lui. Mais il ne me touchait plus, s'était reculé pour mieux m'observer. A nouveau, il me tourna autours, m'examinant en détail, puis me tourna tout à fait le dos pour se réinstaller dans son fauteuil. Je n'osai pas bouger jusqu'à ce qu'il soupira que je pouvais me rhabiller, qu'est ce que j'attendais...

- Bien, déclara-t-il, bien, bien... Parfait, parfait... On dirait bien que j'ai fait une affaire... Hé, hé... Ayons une pensée pour ton grand-père, petite fille...
- Mon... Mon grand-père ? Je ne comprenais rien à ce qu'il me racontait, que faisait mon grand-père dans la discussion ? Doroor, à présent, semblait presque de bonne humeur, tandis que j'essayais tant bien que mal de me confectionner un vêtement décent à l'aide des vestiges de ma robe.
- Hé, hé, hé... Maintenant, petite, écoute-moi bien... Je suis Doroor, ici, et je suis le Maître. Je suis ton Maître, je suis le Maître de tout le monde ici ! Voici la chose dont tu devras toujours te souvenir... Sinon, et bien, les trois personnes qui étaient avec moi sont mes conseillers... A eux aussi, tu devras une parfaite obéissance... A tout le monde, d'ailleurs ! Ici, tu n'es rien, il faut que tu le comprennes bien ! Bon...

Il actionna une sorte de sonnerie. Je n'entendis rien, mais la porte s'ouvrit et Naranis entra dans la pièce.
- Bon, lui dit Doroor, ramène-là, faites ce que vous voulez, allez visiter le château, mais elle reviens ce soir.
- Très bien, répondit ma servante en s'inclinant. Elle me fit un petit signe et je la suivis, sans regarder en arrière.
Il y avait trois hommes et une femme dans la pièce. Trois vieillards et un homme plus jeune, en fait. Devant leur air gourmand, je me sentis comme dans un tableau représentant " Suzanne et les vieillards ". Ils étaient là, assis, à me déshabiller littéralement du regard. Je jetais un ?il angoissé derrière moi, et la présence de Naranis me réconforta quelque peu.

Mes quatre spectateurs parlèrent entre eux, d'une langue que je ne connaissais pas. Je compris que Doroor était l'homme le plus jeune du groupe. Il était d'ailleurs différent des hommes que j'avais vus jusqu'à maintenant. Plus grand, plus mince, il avait quelque chose de plus " humain " que mes ravisseurs, par exemple. Je me dis à ce moment que Doroor aurait très bien pu vivre à Paris, en 2002, et aurait alors été un homme comme un autre. Mais ici, dans ce monde, il apparaissait comme un vrai extraterrestre.

Il était moins bavard que ses compagnons, et me considérait les sourcils froncés. J'avais l'impression qu'il examinait une marchandise, cherchait d'éventuels défauts, voyait s'il ne s'était pas trompé, ou si l'on ne l'avait pas trompé... J'étais terriblement mal à l'aise, particulièrement après ce que m'avait raconté Naranis, sur sa cruauté. Je me disais que si je ne passais pas l' " examen ", je finirais le soir même dans l'estomac d'une créature, ou transpercée de par en part par un pieu...

Puis il se leva de son fauteuil et dit quelques mots aux autres. Ceux-ci se levèrent et, sans cesser de me lorgner, quittèrent la pièce par la porte par laquelle j'étais entrée. Naranis les suivit et referma derrière elle. Doroor resta seul avec moi et, le visage inexpressif, s'approcha de moi. Il m'examina droit dans les yeux et je baissai la tête.
- Rah, mais cesse donc de trembler, gronda-t-il, je ne vais pas te manger !

Il fit un grand geste fataliste et me tourna autours, les yeux rivés sur moi, tout en parlant :
- Arrête donc d'avoir peur, comme ça, ça va me donner envie de te tuer... Mais tu peux être tranquille pour le moment... Pour l'instant, je ne te ferai pas de mal, ce serait du gâchis... Mais sache quand même que je risque de perdre patiente, si tu continues de la sorte... Bon...

Je tressaillis quand il posa la main sur mon épaule, pour défaire un bouton de ma robe. Instantanément, celle-ci se retrouva par terre. Je ne pus retenir un sursaut en me retrouvant nue devant lui. Mais il ne me touchait plus, s'était reculé pour mieux m'observer. A nouveau, il me tourna autours, m'examinant en détail, puis me tourna tout à fait le dos pour se réinstaller dans son fauteuil. Je n'osai pas bouger jusqu'à ce qu'il soupira que je pouvais me rhabiller, qu'est ce que j'attendais...

- Bien, déclara-t-il, bien, bien... Parfait, parfait... On dirait bien que j'ai fait une affaire... Hé, hé... Ayons une pensée pour ton grand-père, petite fille...
- Mon... Mon grand-père ? Je ne comprenais rien à ce qu'il me racontait, que faisait mon grand-père dans la discussion ? Doroor, à présent, semblait presque de bonne humeur, tandis que j'essayais tant bien que mal de me confectionner un vêtement décent à l'aide des vestiges de ma robe.
- Hé, hé, hé... Maintenant, petite, écoute-moi bien... Je suis Doroor, ici, et je suis le Maître. Je suis ton Maître, je suis le Maître de tout le monde ici ! Voici la chose dont tu devras toujours te souvenir... Sinon, et bien, les trois personnes qui étaient avec moi sont mes conseillers... A eux aussi, tu devras une parfaite obéissance... A tout le monde, d'ailleurs ! Ici, tu n'es rien, il faut que tu le comprennes bien ! Bon...

Il actionna une sorte de sonnerie. Je n'entendis rien, mais la porte s'ouvrit et Naranis entra dans la pièce.
- Bon, lui dit Doroor, ramène-là, faites ce que vous voulez, allez visiter le château, mais elle reviens ce soir.
- Très bien, répondit ma servante en s'inclinant. Elle me fit un petit signe et je la suivis, sans regarder en arrière.

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Dernière mise à jour par : trome le 17/07/03 18:22

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Et toujours, des bandes dessinées...

Nicole et les tueurs à gages, ça, c'est la nouveauté... qui avance, qui avance...

Le post en dessous de celui-ci est super!


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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Les femmes 2' a été posté le : 17/07/03 18:25
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Une fois sortie de la pièce, Naranis m'arrangea d'une main experte mon habit que je pus, enfin, lâcher sans qu'il s'effondre. La grosse femme semblait débordée d'enthousiasme et d'optimisme, sans doute pour me remonter le moral.
- Alors, ça s'est bien passé ! Tu as de la chance ! C'est bon pour toi ! Tu lui as plu ! Crois-moi, tu as toutes tes chances !
- Mes chances de quoi ? De ne pas être conduite à l'abattoir demain ?
- Raaah, mais non, tu sais, j'exagérais, c'était pour que tu passes bien la première étape... Mais maintenant, c'est tout bon !
- Si c'est bon pour passer le restant de ma vie, courte sans doute, entre ces murs, et ben non, c'est pas tout bon !
- Ne sois pas négative ! Tu vas voir, ta vie présente sera loin de ne comporter que des inconvénients.

Nous marchions dans les couloirs. Je me sentais accablée.
- Peu à peu, tu découvriras le château... Tu vas te rendre compte qu'il est vraiment vaste, tu ne te sentiras pas enfermée... Et tu feras connaissance de tes compagnes...
- Mes compagnes ?
- Mais oui, je t'ai dit, Doroor a plusieurs femmes... Les autres vivent dans des appartements semblables au tien, et vous donnez toutes sur le même couloir... Les femmes de Doroor passent beaucoup de temps ensembles, et tu t'entendras bien avec elles.
- Les autres femmes... Elles ont toutes été enlevées, comme moi ?
- Oui...
- Mais alors, peut-être y en a-t-il qui viennent du même monde ?
- Peut-être, je n'en sais rien...

Nous montions un escalier interminable. Nous n'allions pas vite, car Naranis s'essoufflait très vite et faisait de fréquentes pauses.
- Tu verras, tu feras connaissance aussi des conseillers personnels de Doroor...
- Charmant, j'en rêve... Où allons-nous là ?
- Je vais te montrer un endroit intéressant... Aimes-tu la bagarre ?

J'écarquillai les yeux. Je ne comprenais plus rien, à nouveau. Mais pourquoi me parlait-elle de bagarre ? Elle s'imaginait que j'allais me battre peut-être ? Puis nous débouchâmes au sommet d'une tour assez étroite. Un petit attroupement d'une demi-douzaine de personnes se tenait à nos côtés, et me regardèrent avec curiosité pour retourner à leur contemplation première, à savoir le sommet d'une autre tour, plus basse et plus large. Là se tenait un petit groupe de combattants lourdement armés. Je compris qu'il s'agissait de gladiateurs.

Je n'avais jamais vu de tels individus, sauf en illustrations ou dans des films. Ils étaient plus que body-buildés, simplement buildés, ils n'étaient que des muscles. Ils étaient aussi larges que longs, et la grosseur de leurs bras était plus importante que le torse d'un homme normal. Ils avaient tous le crâne rasé et la peau soigneusement épilée. Ils étaient nus, et armés d'épées que je n'aurais sans doute pas eu la force de soupeser. Ils ne combattaient pas vraiment, mais semblaient s'entraîner sous la conduite d'un petit homme, qui disparaissait au milieu de cette masse.

- Ils sont magnifiques, n'est ce pas ? chuchota ma servante.
J'acquiesçai, mais avec des réserves, ces hommes étaient plus des caricatures que des hommes. J'avais presque peur qu'une simple piqûre de guêpe ne les dégonflent.
- Tu verras, régulièrement ils font des combats... Tu y assisteras, ce sera superbe...
- Je ne pense pas que j'aimerais... D'où viennent ces hommes ?
- Ah, je l'ignore... Ils viennent de loin, de très loin... Ils sont bien payés, et font parti de la garde personnelle de Doroor...
- Ce ne sont pas des esclaves ?
- Ah non, pas du tout... Ce sont des guerriers ! Mais attention, ne vas pas trop t'approcher de ces gens-là... Ils sont très dangereux, ce sont de vrais fauves... Des barbares, sanguinaires, qui ne pensent qu'à tuer... Ils ne sont pas sensibles à la beauté, et te pourfendraient le ventre sans pitié...
- Redescendons...

Nous quittâmes le sommet de la tour.
- Ca ne t'a pas plu ? s'étonna Naranis.
- Tu parles ! éclatai-je, tu parles que ça m'a plu... Dès que tu me présente quelque chose dans ce château, c'est pour apprendre que je risque d'être tuée par eux ! Mais de combien, de COMBIEN est l'espérance de vie d'une femme ici ?

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Nicole et les tueurs à gages, ça, c'est la nouveauté... qui avance, qui avance...

Le post en dessous de celui-ci est super!


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