Schtroumpf du Chaos

-= Chaos Servants =-
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Endless Fantasy - Occsan a été posté le : 29/03/03 22:59
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ENDLESS FANTASY – OCCSAN
Chapitre Un – Damnés et Condamnés
AN -1734
Le soir tomba vite ce jour là. Un épais brouillard s’était installé dans la vallée, et il commençait à faire très froid. Le soleil couchant, habituellement flamboyant, était peu à peu devenu pourpre, et à présent arborait un bleu hivernal mordant. Le lac de Jihmiar semblait figé. Sa surface, d’ordinaire ondoyée par la brise, était aussi tranquille que la montagne où, des elfes, les Geen avaient édifié leurs demeures. L’air était froid et pénétrant. Le soleil terminait sa course vers l’horizon. Bientôt, il disparaîtrait derrière le mont Jihmiar. Lentement, le crépuscule faisait place aux ténèbres nocturnes. Les derniers rayons miroitaient sur les flancs de montagne, au Nord, tout devenait spectaculaire. Celène, la grande lune, était déjà apparue depuis quelques heures, et une fois que le soleil aurait disparu derrière le mont Jihmiar, la petite lune, Celes, se montrerait juste derrière Celène. Cela se produisait seulement tous les trois cents ans… En quelques minutes, le ciel s’agrémenta d’un voile de nuit ponctué d’étincelles brûlant perpétuellement aux confins de l’univers. Le dernier rayon de lumière échancra la montagne, la rendant momentanément noire d’encre. Puis le jour céda la place à sa compagne la nuit. La brume s’était réfugiée dans la vallée toute la soirée, attendant son heure pour envahir les montagnes. Cette heure était arrivée : le ciel était terne et le voile sibyllin enfermait les plus hautes cimes d’un secret sinistre... Celène était bien visible mais pas Celes… C’était vraiment trop injuste. Pourquoi fallait-il qu’il y ait tant de brouillard ! Celène, trop brillante, l’illuminait, masquant ainsi Celes.
Déçue, Occsan s'attarda un instant devant le spectacle manqué, puis se leva et repartit vers la montagne de Geen, maudissant la pleine lune.
Le chemin vers la montagne était assez long. Il fallait traverser une forêt de pins et souvent escalader de petits rocs, qui barraient le chemin. Il fallait parfois grimper sur les pins, puis sauter sur des rochers précis, car certains étaient en équilibre instable, et personne n’aurait eut l’envie de provoquer un éboulement dans cette montagne. Elle contourna encore un gros rocher en évitant un certain tronc qu’elle savait envahit par des abeilles venimeuses. L’idée de rentrer au village ne l’enchantait pas beaucoup, d’autant plus qu’elle venait de manquer l’éclipse. La plupart des Geen ne la considéraient pas comme des leurs. Ils voyaient en elle une étrangère ou pire, une espionne. Mais cette seconde possibilité avait été très vite écartée par le plus vieil elfe de leur montagne. Il avait répondu à cette provocation en interrogeant les Geen sur ce qu’il pouvait bien y avoir à espionner dans leur village. Depuis un siècle et demi, il la défendait Occsan de cette manière. Shaun était en quelque sorte son grand-père protecteur.
Bien des heures plus tard, le village était en vue. Ce n’était que de petites chaumières en bois de pin. Les toits n’étaient que des brindilles, herbages et autres aiguilles de pins, si abondants dans cette région. Les Geen s’étaient établis dans une petite clairière en bordure de falaise. On aurait dit que le village voulait absolument se fondre dans la forêt et être en tout point identique à elle et l’odeur des aiguilles, obsédante, était omniprésente. Les quelques pins qui parsemaient le village servaient à soutenir les plus grandes demeures, mais faisaient aussi office de tour de guet. Mais en réalité, si les tours de guet avaient de l’importance pour la sécurité du village, personne apparemment ne s’en souciait. De toute manière, qui voudrait s’en prendre à un village ayant si peu d’intérêt ? Personne n’aime dormir sous un flot perpétuel d’aiguilles de pin.
La nuit mettait en valeur la fumée rougeoyante s’élevant du grand feu de joie au centre du village. On y voyait quelques silhouettes mal définies danser ou faire rôtir le gibier, sans doute. La distance qui séparait Occsan de son village était encore trop grande. Soudainement, il était clair qu’elle allait se faire sévèrement gronder. Elle avait parcouru de nombreuses lieues, ce jour-là. Partir en douce aux aurores, pour aller voir une éclipse, et ne revenir qu’à la nuit tombée… C’était clair : elle allait se faire gronder. Et en plus, elle avait manqué l’éclipse !
Deux heures plus tard, elle arrivait au bout du seul chemin digne de ce nom qui menait au village, les autres n’étant qu’épaisses et rocailleuses forêts de pins… Apparemment, personne ne l’attendait. Sans doute étaient-ils tous trop occupés à faire la fête pour remarquer son départ. De toute façon, si parfois ils leur arrivaient d’observer ses actes, c’était uniquement dans le but de trouver des prétextes pour l’humilier.
Occsan se faufila derrière la hutte la plus proche, le contraste entre l’ombre de la chaumière et les flammes du grand feu lui facilitaient les choses. Les difficultés apparaissaient dès lors qu’il fallait se jouer des villageois fêtards pour passer inaperçue. Elle jeta un œil rapide sur le grand feu : personne en vue… Elle se plaqua derrière le mur. A trois, elle courrait vers la masure suivante… Un… Deux… Trois ! Elle s’élança vers la hutte, mais contre toutes ses précautions dès qu’elle dépassa le mur qui la cachait, un elfe Geen lui barra la route…
_Où étais-tu encore partie ? Beugla-t-il.
Occsan avait manqué de le faire tomber, elle recula d’un pas, interloquée tandis que l’elfe agrippait son avant-bras en ajoutant :
_De toute façon, je ne veux pas le savoir, tu vas être punie !
Il l’emmena au milieu des fêtards, près du grand feu.
_Regardez qui voilà ! Clama-t-il en arrivant. Comment allons-nous la punir aujourd’hui ?
Elle reçut un petit bout de bois mal équarris qui lui écorcha la joue sous l’œil. C’était un enfant qui venait de lui lancer, et qui était maintenant imité par tous les autres. Les Elfes Geen dansaient autour du grand feu, et lui jetaient tout ce qui leur passait entre les doigts, alors que celui qui l’avait amenée là serrait l’étau de son poing toujours plus fort. Quand ils n’en avaient plus, ils ramassaient de la terre. Elle était tombée à genoux, un coup de pied au mollet lui avait contraint. C’était son lot quotidien, alors elle ne pleurait pas, elle serait forte. Voyant cela son bourreau interpella tous les autres :
_Arrêtez ! Nous devons la punir, maintenant… Sérieusement !…
Il agrippa son autre bras, et la tira jusqu’à ce qu’elle se mette debout sur sa jambe valide, et il approcha ses mains vers le feu.
_Non, supplia-t-elle ! Arrêtez !
Il plongea alors ses mains et ses bras dans les flammes… Tandis que le grand feu lui consumait la chair, elle se débattit vainement en implorant les elfes Geen d’arrêter. Anéantie, ses larmes, inutiles, lui brûlaient les yeux…
_Pourquoi… Demanda-t-elle avant de s’évanouir.
Quand elle se réveilla dans son lit, contre un mur, seule, elle avait les bras bandés jusqu’aux coudes. Le moindre de ses mouvements la faisait souffrir. Et personne n’était là… Après une tentative particulièrement douloureuse, elle laissa tomber l’idée de se lever. Les bandages étaient comme des lames de rasoir. Elle était prisonnière dans ce village… Des pas retentirent dans la maison. Elle tourna la tête vers la tablette de bois qui lui servait de bureau. Derrière elle, quelqu’un avançait d’un pas engourdi. C’était le vieil elfe, le seul être dans ce village semblant l’apprécier.
_Tu es réveillée… Tu veux quelque chose ? Quelque chose à boire ?
La lueur tremblotante de la bougie mettait en valeur les larmes qu’Occsan avait versées. Le vieil elfe sortit par l’autre porte, donnant sur la cuisine.
_Ne me laissez pas ! Hurla-t-elle, à peine fut-il sorti. Je vous en prie !… Ne me laissez pas seule…
Il revint à son chevet, s’accrou*******ant à terre de peur de la faire souffrir. Ses yeux semblaient morts… Car il n’osait pas lui prendre la main pour la réconforter, il lui posa un linge humide sur le front et les yeux.
_Vous n’y pouvez rien ? Demanda-t-elle.
Ses avant-bras étaient complètement calcinés. Rien ne pourrait jamais enlever ce qui a été fait…
_Je vous en prie, dites-moi. Quémanda-t-elle.
_… Ma médecine n’y peut rien…
Une larme coula le long de sa joue, sous le linge. A moins qu’il ne s’agit seulement d’eau…
Durant treize jours, Occsan resta dans un état léthargique. Les trois premiers jours, qui étaient jours de fête se déroulèrent anormalement silencieux. Un malaise planait dans tout le village. Le quatrième jour vit naître au grand jour un schisme entre les elfes Geen. A la fin du quatrième jour, la tension fut telle que les elfes qui avaient changé de « camp », qui étaient en faveur de la guérison d’Occsan, étaient entrés dans la masure de son bourreau et l’avaient massacré devant sa femme et ses enfants. Le cinquième jour un conseil eut lieu, pour discuter des « problèmes » du village. Le vieil elfe ne put y participer : Occsan ne pouvait plus être seule. La discussion qui semblait pourtant avoir commencé sur le terrain de l’union, tourna en une dislocation totale et définitive de leur peuple. Le conseil se termina sur le meurtre de celui qui y présidait. Le Sixième jour, la bataille ouverte commença. Durant les six jours qui suivirent, les elfes se battirent en dehors du village. Le septième jour, les derniers elfes qui restaient encore se battirent dans l’enceinte du village. Le vieil elfe sorti de la demeure où se trouvait Occsan, il l’avait veillé tout ce temps. Il se fit tuer dès qu’il ouvrit la porte. Et avec lui, les derniers elfes Geen moururent.
Pendant la nuit du septième jour, Occsan se réveilla un moment, le vieil elfe n’était pas là. Elle se leva, elle ne sentait plus ses avant-bras morts. Lorsqu’elle sortit de la masure, elle vit le carnage. Tous les elfes avaient été tués ! Le village était en feu ! Le vieil elfe, qui s’était occupé d’elle, gisait à ses pieds !…
Chapitre Deux – Le Roi d’Atlan
AN -1443
A l’aube du huitième jour, Occsan se réveilla hors du village, dans une forêt de chênes. Une brume légère était lentement emportée par le vent. La terre était douce et le ciel frais. Un feu de bois était éteint quelques mètres plus loin. Elle commença à se lever, mais aussitôt, elle se laissa tomber sur le sol. Elle regarda alors ses mains et ses bras. Quelle surprise ! Mais comment ?… Les marques de brûlures s’étaient quasiment estompées… Elle était tellement impressionnée, qu’elle n’entendit pas les feuilles frétiller au passage de celui qui l’avait ramassée dans le village mort. Il s’arrêta derrière elle un instant, puis se montra devant elle. Elle paniqua un instant, se plaquant au sol le plus possible. Il lui tendit la main, alors elle l’attrapa et ainsi il s’accroupit devant elle et observa un moment ses anciennes brûlures.
_Tu sens tes doigts ? Demanda-t-il, en lui pinçant le bout de l’index.
_Aïe ! Oui, oui, je le sens !… Dit-t-elle en reprenant son bras. Mais… Comment ?…
Il reprit son index ; en la pinçant, il l’avait coupé. Il posa lentement son index contre le sien, puis lui rendit sa main. Occsan l’observa sans comprendre. Elle essuya le sang et vit alors que la blessure avait disparue.
_Qui êtes-vous ?…
_Je suis un roi d’Atlan. C’est un miracle que tu aies échappé au massacre qu’il y a eu ici.
Elle jeta un rapide coup d’œil autour d’elle. Ils étaient bel et bien dans une forêt tranquille.
_Je… ne comprends pas…
_C’est moi qui t’ai emmené ici, expliqua-t-il. Tu étais dans la dernière ville attaquée par nos ennemis, un peu plus à l’Ouest. C’est une chance si je t’ai trouvée avant qu’ils ne la pulvérisent.
_La pulvérisent !? Une telle chose est-elle possible ?
Le roi se releva en lui tendant la main.
_Ils ont un magicien très puissant avec eux.
_ « Un magicien », s’étonna-t-elle. Un seul homme détruisant une ville ? Est-ce réellement possible !?
_Pas qu’une ville, répondit le roi en aidant Occsan à se mettre debout. Toute la vallée a été ravagée…
_Et… C’était une grande vallée… ?
_Nous ferions mieux de ne pas trop nous attarder...
Elle était abasourdie par cette histoire. Les plus anciennes légendes de son peuple défunt parlaient d’êtres surnaturels capables de choses terribles et miraculeuses. Des êtres qui, bien qu’ils n’aient pas une goutte de sang elfique, vivaient des centaines et des centaines d’années. Elle avait toujours pris ces légendes pour ce qu’elles sont : de simples légendes, et non la réalité. Pour elle, un humain, s’il vivait des centaines d’années, c’était uniquement dans le souvenir des générations suivantes. Quant aux prétendus pouvoirs de ces gens… les poètes ont toujours eu tendance à l’hyperbole…
Le roi se retourna, il semblait soucieux.
_Qu’y a-t-il, demanda Occsan.
La brume se leva subitement. L’air devenait plus chaud, plus lourd. A travers les arbres, on pouvait voir une vive lumière. Du feu ?…
_Nous devons partir immédiatement, déclara-t-il en attrapant le bras d’Occsan.
_Mais qu’est-ce qu’il y a ?!!
_Un Empereur du Ciel, dit-il en appuyant sur une gemme du brassard de son armure, qui éclata aussitôt, révélant son bras ensanglanté.
Occsan sursauta sur le coup.
_Je savais bien qu’il y avait un roi d’Atlan dans le coin ! Déclara un nouveau venu.
C’était un homme aux cheveux clairs, courts. Il portait une cape qui cachait le reste de son corps.
_Cache-toi vite ! Ordonna le roi.
_Mais…
_Fais ce que je te dis, commanda-t-il en la poussant en arrière.
Occsan se retourna et courut jusqu’au rocher le plus proche. Dans son dos, elle entendit leur combat. L’inconnu se régalait.
_Tu ne la tueras pas, elle aussi ! Prévint le roi.
_Ne fais pas le malin, Mac Hyster, roi des fous ! Tu n’as plus l’usage de ton bras droit.
Il jeta un œil anxieux sur son bras. Il ne pourrait jamais remporter ce combat. Surtout contre un Empereur…
_Tu me traite de fou, mais c’est vous les Empereurs du Ciel, les véritables déments !
_Ce ne sont que les sarcasmes d’un pauvre petit roi peureux. Meurs !
La suite fut incompréhensible, et une explosion s’en suivit. Du sang éclaboussa le rocher derrière lequel s’était cachée Occsan. Elle entendit le roi en armure tomber, suivi d’une déflagration. L’Empereur du Ciel jura.
_C’est ça, fuyez encore, comme des lâches !
Deux hommes en armure se montrèrent devant Occsan.
_Nous sommes des rois d’Atlan. Déclara l’un d’eux. Nous allons vous mettre en sécurité, si vous l’acceptez.
Elle les regarda dans les yeux, désorientée. Son visage était en sang, mais ça n’était pas le sien. Elle hocha finalement la tête. Alors, ils l’agrippèrent et ils disparurent avec elle dans un souffle. Ils l’emmenèrent dans un navire flottant à quelques mètres au-dessus du sol dans une clairière éloignée. Bizarrement, on aurait dit qu’ils avaient peur d’elle…
L’un des deux rois se mit à la barre, alors le vaisseau se mit à trembler, Occsan sentit que le vaisseau s’envolait plus haut… au-dessus de la forêt. Elle regarda par-dessus bord : plus à l’ouest, à l’opposé de la lumière sombrait dans les flammes ce qui devait être il y a seulement quelques heures une grande ville prospère. Quel personnage pouvait être capable d’une telle chose ? Les légendes seraient-elles toutes fondées ?…
Il y avait, sur le navire, une longue-vue. Elle s’en approcha et la dirigea vers la cité en ruine. Tout était dévasté, il y avait un cratère au centre de la vallée. Là, tout avait été calciné. Plus loin, vers l’est, dans la direction où Mac Hyster l’avait sauvée, on pouvait voir sur le sol et les bâtiments les traces de la fin d’une bataille. Il restait encore quelques survivants… mais leurs blessures auraient bientôt raison d’eux…
Mais que faisait-elle ici ?... Comment Occsan pouvait bien être arrivée là ?... Elle commença à réfléchir tout en observant l’ancienne ville s’éloigner… Quel était son dernier souvenir ? Le village des Geen avait été détruit. Il y avait eut un massacre. Elle s’était évanouie… Shaun était à ses pieds… Mais que faisait-il ?...
Elle s’accroupit... Elle approcha sa main de la tête de son seul ami. Ses doigts étaient calcinés, elle avait été brûlée cette semaine. Elle passa ses doigts meurtris dans les cheveux de Shaun. Du sang ! Du sang coulait de son crâne ouvert ! Occsan se releva d’un coup. Le village… Les flammes brûlaient encore le village. Les Elfes Geen étaient amassés par terre. Baignant dans le sang et la boue. Elle voulut fuir, elle courut, insensée, vers la falaise, cherchant à échapper au carnage. Elle rencontra sans sa course deux elfes qui se battaient. Du sang suintait de leurs blessures. Elle hésita un instant. Devait-elle essayer de les raisonner ?... Mais pourquoi se battaient-ils ?... Quand elle s’approcha d’eux, ceux-ci se retournèrent. La haine tordait leur visage. Occsan voulut s’enfuir, mais ils lui barraient le seul passage. Elle recula de quelques pas, puis s’enfuit vers le bord de la falaise. A peine s’était-elle retournée, qu’elle reçut le premier elfe de plein fouet. Il s’était jeté sur elle arme au poing. Sa dague lui était rentrée dans l’épaule. Le deuxième elfe planta alors son épée à travers le premier, éventrant ainsi Occsan. Le choc ébranla le bord hasardeux de la falaise. Ils moururent tous les trois…
Une lumière bleutée enveloppait la chambre d’Occsan. Elle venait de se réveiller… Quel cauchemar venait-elle de faire ?... Où était-elle cette fois ? Le grand lit, deux places, était soyeux. Des tableaux ornaient les murs. Les vitres, qui donnaient sur une petite terrasse, étaient encadrées par de somptueux rideaux. Un grand tapis occupait la majeure partie de la chambre. Et cette lumière… Les vitres devaient être en cristaux. La lumière rayonnait à travers. D’où pouvait-elle venir ?... Occsan leva les yeux au dehors. Elle vit la silhouette des montagnes, le ciel étoilé… Cette lumière, c’était celle deux lunes jumelles : Celes et Celène ! C’était leur ballet… Elle se leva d’un coup. Ce ballet qui n’avait lieu que tous les trois cents ans environ, elle le vit derrière la baie vitrée… Tandis que son souffle embuait la vitre, elle y posa les mains, comme si cela lui permettrait de mieux apprécier la danse des deux lunes… Déjà quelques étoiles filantes venant de Celène filaient vers Celes. Il y avait une très légère brume et le ballet l’illuminait de ses feux bleutés… Le spectacle était majestueux, mais elle ne s’y attarda pas longtemps. Malgré la beauté de l’événement, ses yeux dévièrent vers d’autres lumières. En bas, elle devait être dans un très grand château, des lueurs flamboyaient. Elle sortit sur la terrasse. Le vent était froid et soufflait fort. Elle prit une couverture à l’intérieur. Dehors, comme autant d’échos aux étoiles scintillant aux confins des cieux, une myriade de flambeaux brûlait. Y avait-il une révolte ?... Si seulement elle pouvait y voir de plus près… Mais, n’avait-elle pas une petite lunette ? Il y avait une table de chevet près du lit qu’elle avait défait. La lunette était là. Elle alla la chercher, et observa la scène. Les gens brandissaient des lanternes, et autres flambeaux. Ils avaient l’air plus terrorisés qu’autre chose. Un claquement métallique retentit sur le balcon de droite. Un homme en armure venait de sortir par la porte de sa chambre. Occsan recula rapidement dans la sienne. Il ne devait pas l’avoir vu. Elle passa la tête, il observait les villageois ameutés. Comme il se retournait à l’intérieur, elle mit un pied sur la terrasse. Où pouvait-il bien être maintenant ? Probablement dans sa chambre… Elle se pencha un peu plus… Il ressortit Soudain ! Et, entendant un bruit, tourna la tête vers le balcon d’Occsan. Elle venait de se plaquer contre la vitre, à travers les rideaux. « Heureusement, cela n’a fait aucun bruit » jugea-elle. Elle passa à nouveau la tête. L’homme avait enlevé son casque, mais il était de dos… Etait-il blond ? On n'y voyait rien sous la lumière bleue des deux lunes… Agrippée aux rideaux, elle fit un pas sur la terrasse… Non, pas blond… Il était… Occsan retourna vite dans sa chambre. Il s’était retourné, et il était châtain clair. Au moins, il ne l’avait pas vue… Elle regarda un moment le rideau… Ca c’était un problème : il volait sous le vent, dehors… Comment allait-elle faire pour passer inaperçue ?... Elle passa la tête une nouvelle fois, et elle vit l’homme juste en face d’elle. Elle trébucha de surprise. L’homme lui tendit la main, mais Occsan recula et se releva d’elle-même.
_Vous n’avez pas à voir peur, lui dit-il. C’est moi. Je m’appelle Mac Hyster.
Sa voix était grave et apaisante, comme ce Roi d’Atlan qui l’avait ramassée.
_C’est vous qui m’avez sauvé tout à l’heure ?
_Euh. Disons que je vous ai protégé d’un empereur.
Elle jeta un œil à sa main. Rien. Pas de bandages. Il devait forcément avoir une blessure. Comme Occsan inspectait sa main, il répondit à son interrogation non formulée :
_Les médecins d’Atlantis m’ont soigné.
_Atlantis ? C’est votre cité ?
_En effet.
_Ce sont ces médecins qui m’ont soigné aussi ?...
Voyant qu’il ne répondait pas, elle ajouta :
_Mes brûlures, je veux dire.
_Des brûlures, demanda-t-il perplexe. On vous a trouvé saine dans la dernière ville attaquée par les Empereurs.
_Je ne me rappelle pas, répondit Occsan en plissant les yeux. Vous m’avez trouvé en forêt, non ?
_Non, nous étions en train de parler dans cette cité qui a été détruite, quand les Empereurs sont arrivés. Je vous ai alors enlevé en direction de la forêt. Mais à ce moment vous êtes tombée inconsciente. C’est sans doute la raison pour laquelle vous ne vous souvenez de rien…
De quoi se rappelait-elle exactement ?... Elle se rappelait seulement s’être réveillée dans une forêt… Pourquoi avait-elle parlé de brûlures ? Il lui semblait bien avoir une certaine gène… ou plutôt une impression au niveau des bras. Comme si elle était fiévreuse…
_De quoi vous rappelez-vous au juste ?
_Pas de grand-chose… Je me souviens de la forêt. Mais je ne me souviens pas vous avoir parlé avant…
_Peut-être le choc de ce matin vous aura provoqué une amnésie passagère.
....... A suivre......
J'ai pas encore écrit la suite....
-------------------- Si tu veux gouverner un peuple, place-toi en deçà de celui-ci.
Un tyran se place au dessus du peuple.
Un prince se place en deçà.
Le Titprince se place au même niveau 
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Cachée
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