|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Interlude... a été posté le : 01/02/03 14:16
|
Citation :Message de minesthra
Que dire...Bravissimo!
Quel plaisir de te lire! On devrait obliger tout le monde à lire cette douceur en parallèle avec tous les sujets dans la section autres ou délires...
Pour en revenir aux câlins, tu n'as pas décrit les bouches! Oui, oui, les bouches, moelleuses qui se collent à ta joue comme celle de tes parents ou de ton bien-aimé, humides comme celles d'un enfant qui fait la moue pour mieux t'embrasser, sèches mais accompagnées d'un main tendre par mémé, la BOUCHE!
|
|
|
Ah mais là c'est un autre sujet ! Les baisers... Et je manque hélas trop cruellement d'expérience en la matière pour me permettre une envolée lyrique sur le sujet... Ceci dit, je ne désespère pas le faire un jour ...
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Colère 4/7. a été posté le : 02/02/03 17:18
|
Justice (colère ultraviolette).
Que l'on manque de respect à quelqu'un sans raison, devant moi. Que l'on frappe, que l'on rackette, que l'on agresse quelqu'un devant moi. Que l'on profère menaces, insultes, moqueries envers un tiers. Et l'on verra mon courroux. Que la victime soit de mes proches, de mes intimes, de mes amis, et je deviens dangereux. Cette colère est moins brûlante que la blanche, mais elle est dévastatrice. J'ai déjà risqué ma peau et pris des coups pour défendre quelqu'un. Sans regret. Cette colère a un je-ne-sais-quoi d'authentique, qui peut me faire vibrer et me rendre fort et courageux, d'un instant à l'autre. Cette colère est capiteuse comme un bon vin Alsacien pas trop sucré ou un Rosé d'Anjou, elle m'enivre et me fait me sentir plus grand, plus rapide. C'est la forme de colère qui me révèle à moi-même, qui me montre ce que j'ai dans les tripes. Et elle rayonne comme un soleil : j'oublie la notion de limite, je rugis comme un fauve, je ne sens plus la douleur, je n'entends plus qu'une chose : les battements de mon coeur...
Divers (colère opaque).
Bien sûr, il y a toutes ces petites choses qui irritent, qui démangent, qui agacent. La mesquinerie, la mauvaise foi, l'ignorance complaisante (ceux qui revendiquent avec fierté leur bêtise, ces ignares, raaaaah), la condescendance hypocrite, le lèche-bottisme, l'idolâtrie... Toutes ces petites choses ne provoquent pas la colère en moi. Pas à proprement parler. J'aurais plutôt envie de fuir, d'esquiver les personnes qui sont responsables, pour éviter de devenir méchant. Après tout, ça n'est pas mon problème. C'est donc un peu la fierté qui m'empêche de m'emporter, dans ces cas-là. Car je suis fier. Et j'essaie de n'être pas orgueilleux...
|
|
Dernière mise à jour par : nyxl le 09/02/03 15:38
|
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Colère 5/7. a été posté le : 03/02/03 22:17
|
Des manifestations de la colère.
Sur le plan physiologique comme sur le plan psychologique, les manifestations de la colère sont infiniment variées...
Sur le plan physiologique : cela peut provoquer l'accélération du rythme cardiaque, provoquer l'afflux sanguin vers la peau, lui conférant cette couleur rouge vif que l'on associe aux plus vives colères (selon moi, à tort), on peut se mettre à grincer des dents, serrer les poings à s'en labourer les paumes jusqu'au sang avec les ongles, contracter tous les muscles de son visage. Ou au contraire, on peut devenir une véritable mer d'huile. Le coeur ralentit, le sang reflue, on devient excessivement pâle, blême et on perd toute expression faciale, seuls les yeux prennet un éclat particulier, on est complètement détendu en apparence, mais en dedans ça bouillonne, la respiration s'approfondit. La colère peut exalter vos sens ou les anéantir. La colère peut tantôt vous faire rire tant elle est euphorisante, tantôt vous faire pleurer tant elle vous serre la gorge et congestionne votre cerveau. La colère peut vous permettre d'évacuer votre stress comme elle peut le provoquer. La colère, lorsqu'elle retombe, peut apaiser votre corps ou bien causer une névralgie soudaine, une de ces migraines imprévisibles et tellement douloureuses...
Sur le plan psychologique, la colère peut oblitérer complètement les sensations et, plus grave, la réflexion. La colère peut vous faire commettre ou proférer les pires bêtises comme si c'était un autre qui les faisait. C'est ce qu'on appelle "être hors de soi". D'un autre côté, on peut au contraire se retrouver stimulé intellectuellement par une violente poussée d'adrénaline (foutez-vous en rogne lors d'un examen oral ou d'un entretien, tout en contrôlant, vous pourriez être surpris de votre soudaine créativité). La colère peut être auto-destructrice, pour peu que vous ayez deux sous de savoir-vivre. Vous devenez la source et la cible de votre propre rage, à force de vous dire que vous n'avez pas le droit d'imposer votre emportement aux autres, et la douleur des causes s'augmente de la douleur des effets, au point d'en devenir insupportable. Et quand votre éducation, votre instruction, vos principes vous interdisent de simplement traiter le ou les responsables de "connards" et de tourner le dos, quand vous vous sentez obligé d'essayer de comprendre pourquoi et comment vous vous mettez en colère, quand vous endossez pleinement, consciemment, toute la responsabilité de votre colère parce que c'est trop simple de dire "c'est pas ma faute", cela peut devenir épouvantable...
|
|
Dernière mise à jour par : nyxl le 03/02/03 22:23
|
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Colère 6/7. a été posté le : 03/02/03 22:17
|
Des actes de colère.
En colère, on a tendance à perdre ses repères, ses limites, ses tabous. On se retrouve à dire ou faire des choses que, d'ordinaire, on n'oserait à peine imaginer. Et souvent, après, on le regrette. Combien de fois n'ai-je pas regretté d'avoir dit une vérité blessante, combien de fois n'ai-je pas regretté d'avoir cliqué sur "envoi" lors d'un courriel rageur ? Ah... Et ce qu'il y a de curieux, c'est l'honnêteté qui est le corollaire d'une crise de colère. Un homme en colère ne ment pas. Il dit la vérité, certes déformée par cette loupe déformante qu'est l'ire, mais il dit la vérité, telle qu'il la perçoit, telle qu'il la pense. Quand un homme ment après une colère, ce n'est plus la simple colère qui intervient : il y a préméditation pour un mensonge, donc il y a autre chose derrière qu'un "simple coup de sang".
La colère peut provoquer des dégâts matériels, aussi. On peut devenir très violent, frapper, briser, insulter. Il faut toujours être bien conscient de celà, quand on est confronté à quelqu'un qui est en colère. Il m'est arrivé de briser une chope en verre épais en la serrant dans ma main, sous l'effet d'une brusque colère, tandis que l'un des témoins en face de moi s'acharnait à me railler. Je me suis senti très mal à l'aise, par la suite, mais quelque chose me dit que c'était mieux pour l'autre que ce soit la chope qui encaisse (et ma main, parce que les coupures dues au verre, ça fait très mal, morbleu). Mais les gens colériques sont habitués à passer leurs nerfs sur le mobilier ou sur tout autre objet inerte. Frapper du poing dans un mur ou sur le tronc d'un arbre est coutumier de ces gens-là, et ils blesseront rarement quelqu'un d'autre sous la colère. Par contre, un flegmatique ou un passionné qui se met en colère peut devenir incontrôlable (pas vrai, Conan ?), parce que ce n'est pas son état naturel. Un colérique se mettra souvent en colère, par définition, il fera beaucoup de bruit, fera du verre blanc voire du petit bois, puis c'est terminé, les événements reprennent leur cours normal. Un flegmatique qui se fout en rogne peut très bien tout balayer autour de lui tel une tempête, et un passionné pourra soulever des montagnes tel un séisme...
|
|
Dernière mise à jour par : nyxl le 09/02/03 15:41
|
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Colère 7/7. a été posté le : 03/02/03 22:19
|
Contrôler sa colère.
Il n'y a pas de recette miracle, de panacée, pour contrôler sa colère. Du moins je n'en connais aucune. Je dispose toutefois de quelques petits trucs qui m'évitent souvent de faire une connerie et me permette de retomber tout doucement. D'abord, je travaille ma respiration, l'approfondit, en élargissant la durée d'une inspiration ou d'une expiration, ingurgitant et régurgitant l'air jusqu'à l'extrême limite de mes poumons, à m'en faire mal. Quand j'arrive à la frontière de l'hyper-ventilation, que des étoiles commencent à danser devant mes yeux, je recommence à respirer normalement et, au fur et à mesure, je m'apaise. Ensuite, pour évacuer les effets de bord de la colère, je me répète in petto "Je suis moi" ("Je suis celui qui est", je ne sais plus exactement comment on le dit en latin, "ego sum quus sum" ou une phrase similaire), pour "écraser la bête" sous la conscience de mon identité. C'est un peu n'importe quoi comme méthode, mais elle marche bien avec moi (je pense que, sans être surdimensionné, mon ego est assez volumineux pour étouffer une crise de colère ).
Quand j'arrive à pleinement contrôler ma colère (ce qui est rare), je peux la rediriger "utilement", la recycler. Je voyage à l'intérieur de moi-même, je fais mon examen de conscience. Tiens, voilà une barrière : "brûle !", et hop, je me retrouve à apprécier le vent alors que je détestais ça l'instant d'avant. Tiens, voilà un tabou : "brûle !", et hop, je me retrouve libre de parler d'un sujet qui, peu auparavant, me mettait horriblement mal à l'aise. Tiens, voilà une phobie : "brûle, brûle, brûle !!!", et hop, je me retrouve au quatrième étage d'un immeuble, à me pencher par-dessus le balcon pour repérer une personne qui arrive au loin, alors que quelques minutes avant cela j'étais un acrophobe pathologique (je ne dis pas que je ne tenterai pas un saut à l'élastique ou en parachute un jour ou l'autre)...
Voilà ma vision, ma perception de ce phénomène remuant. Je n'irai jamais prétendre que c'est une description fidèle du concept. C'est juste une transcription ébauchée de ce que j'ai pu ressentir jusqu'à présent dans ma vie de "passions"...
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Interlude et bonus-câlins... a été posté le : 10/02/03 21:52
|
Citation :Minesthra en redemande...
Tu ne voudrais pas continuer, s'il te plaît? C'est trop de bonheur et de douceur de te lire, même quand tu parles de colère...
|
|
|
Nyxl réfléchit deux secondes... Dur...
C'est que ça me touche profondément, ça snif ! PAs bien de m'émouvoir par surprise... Câlin ? J'en ai répertorié plein de nouveaux, mais je garde la surprise pour certaines personnes pour les rencontres IRL (je ferais bien une liste, mais je risque de me faire incendier par certains messieurs )...
Je ne pense plus beaucoup, pour le moment (ça ne m'a rien valu de bon ces dernières semaines ), par contre je rêve. J'essaierai de diffuser quelque chose avant ce week-end (ce n'est pas une promesse, hein ?)...
Alleï, je ne résiste pas !
Vous connaissez le principe de la chasse à courre ? Et bien, le "câlin-hallali" vient de sonner !
*Musique de cors de chasse dans le lointain...*
Nyxl se rue sur Minesthra avant qu'elle ait pu réagir, la soulève dans ses bras et l'emmène dans un coin discret du Forum pour lui octroyer le câlin de son choix à l'abri des regards indiscrets... 
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Mémoire 1/8. a été posté le : 11/02/03 12:36
|
Mémoire.
Un mot bien court pour nommer un concept aussi vaste. Il m'arrive, parfois, de vouloir connaître la langue des Ents pour exprimer certains termes, tant les langues que je connais me semblent dérisoire.
Mémoire.
C'est pourtant un beau mot, je trouve. Mélodieux, doux à prononcer comme à entendre. Ca rime avec grimoire, connotant de secrets mirifiques ou terrifiants. Ca rime avec armoire, connotant d'un certain ordre, d'un classement, ou au moins d'un rangement minimum.
Mémoire.
Il y a autant de mémoires que d'individus, que d'êtres pensants. Et pourtant, la base physiologique est la même : une masse compacte de neurones au coeur d'un réseau complexe et dédié, avec des centaines de milliards de milliards de connexions et des phénomènes électro-chimiques qui "matérialisent" la pensée, la perception, la réflexion...
Il y a autant de mémoires que d'individus, parce que ces individus en ont l'usage qui leur est propre. Certains seront incapables de se concentrer suffisamment sur un livre pour en retenir le contenu une fois qu'ils auront tourné la quatrième de couverture mais pourront vous réciter des catalogues de matériel informatique ou automobile à la virgule près. D'autres seront capables d'ingurgiter des milliers de pages en quelques heures mais seront bien en peine de vous expliquer ce que leur assiette contenait la veille au soir...
Je vais tenter de décortiquer les mécanismes de la mémoire, en me basant sur mes lectures (le cerveau humain est un de mes nombreux dadas) sur les neurosciences, et mon expérience personnelle...
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Mémoire 2/8. a été posté le : 11/02/03 12:37
|
En général, le processus de mémorisation se fait suivant un enchaînement perception -> interprétation -> réflexion cognitive (l'information est-elle pertinente ? Vaut-elle la peine d'être mémorisée ?) -> mémorisation. Pour les deux dernières étapes, les mots "association" et "comparaison" sont primordiaux. C'est au stade de la réflexion que, selon moi, tout se joue. Si on veut faire court, ça se résume le plus souvent à "j'aime" ou "j'aime pas". Une information qui ne nous intéresse pas a très peu de chance de passer en phase de mémorisation. Une fois que la motivation est là, on tente de raccrocher l'information à des choses qu'on connaît déjà -> association. Une fois que c'est fait, on vérifie, on soupèse, on décortique, on examine -> comparaison. Ces deux mécanismes font qu'on "manipule" l'information à de nombreuses reprises (sur des intervalles de temps de l'ordre du millième de seconde, l'influx nerveux se déplaçant à plus de 200 mètres par seconde, si mes souvenirs sont bons), et la "répétition" entraîne, petit à petit, la fixation de l'information. La mémoire est un phénomène presque purement mécanique, si on regarde tout ça. La preuve : vous avez du mal à retenir vos temps primitifs en apprenant l'anglais ? Ben oui, une liste de mots dépareillés, même pas dans la norme, à ingurgiter par dizaines, ça n'est pas agréable; le truc, c'est alors de prendre un bic et une feuille de brouillon, et de les recopier plusieurs fois, encore et encore. Votre esprit peut vagabonder ailleurs, mais votre ecerveau enregistrera l'information à force de la manipuler, même si vous n'êtes pas consciemment focalisé sur cette opération ! Ce "drill" est fondamental dans les premiers âges de la vie, selon moi : tables de multiplication, tables de conjugaison, listes de mots, cahiers d'écriture, etc. tout cela est nécessaire à l'élaboration des bases qui permettront à l'être de s'instruire dans de bonnes conditions. Le "drill" est un mécanisme puissant de mémorisation, et l'un des plus efficaces que l'on connaisse.
begin parenthèse
/* Exemple circonstancié.*/
Dans nos écoles primaires, en belgique, on a récemment fait disparaître les notions de drill des programmes scolaires, sous prétexte qu'il ne faut pas traumatiser les enfants (et pourtant, les traumatismes sont justement des outils de mémorisation puissants, eux aussi). Comme il m'arrive de donner des cours particuliers en mathématique, j'ai peu constater, sans grande surprise, que ceux qui avaient "subi" un drill (tables de multiplication, longues séances de calcul écrit et mental, etc.) plus jeune s'en sortait tout de suite après quelques minutes d'explication, tandis que les autres, les "épanouis" (ceux qui n'ont pas été traumatisés), avaient un mal de chien à raccrocher, en dépit de tous mes efforts pour expliquer, réexpliquer de manières à chaque fois différentes. Résultat, pour ces derniers, je me retrouvais régulièrement à procéder au drill qui leur manquait, ce qui menait à une amélioration sensible des résultats en fin d'année (l'un d'eux est passé d'une moyenne de 9/20 à 15/20 en math, édifiant, non ?). En effet, à quoi ça sert de savoir que 15³, c'est 15 * 15 * 15, si on est déjà incapable de faire une multiplication toute conne -> 15 * 15 = 225; 225 * 15 = 2250 + 1125 = 3375 ? Le drill ! Quand on regarde la signification de ce terme, en anglais, ça veut dire "creuser avec un objet pointu" (épargnez-moi les réflexions graveleuses, de grâce). Il y a aussi l'acception "a way of learning sth by means of repeated exercises : tense drills" (Oxford 2003), bien sûr, mais l'image du forage est néanmoins amusante, je trouve.
end parenthèse
|
|
Dernière mise à jour par : Nyxl le 28/01/07 11:28
|
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Mémoire 3/8. a été posté le : 11/02/03 12:38
|
J'ai évoqué le traumatisme, tout à l'heure. J'aimerais y revenir un peu (beaucoup, passionnément). Le traumatisme, par définition, c'est un phénomène qui "impressionne", qui "imprime". Lors d'un traumatisme, divers mécanismes physiologiques (dont une sécrétion accrue d'adrénaline) interviennent qui aguisent vos sens et affinent votre perception. Pour les uns, ça s'accompagne de l'oblitération complète de la faculté cognitive (blanc -> c'est quoi la réflexion ?), pour les autres, au contraire, ça permet au cerveau de fonctionner à toute vitesse. Cela varie également en fonction des causes du traumatismes. Et ceux qui ont la chance (toute relative, j'y reviendrai plus loin) de fonctionner en accéléré dans ces moments-là mémorisent deux à dix fois plus d'informations qu'à l'accoutumée. Maintenant, les causes d'un traumatisme peuvent être vraiment diversifiées, et il faut dépasser cette connotation négative. Il n'y a pas que les agressions, les phénomènes violents ou désagréables qui peuvent être traumatisants. La vue d'une feuille de tilleul qui tombe en tournoyant, allant déposer les deux ou trois cupules qui contiennent les graines des prochaines générations d'arbre, peut provoquer un traumatisme (en tout cas, il m'est arrivé de rester plus d'une heure en contemplation devant des tilleuls, en automne). Un premier baiser, une première nuit d'amour, voilà encore des traumatismes (et les câlins aus-si, et les câlins aus-si, et les câl... ahum, pardon) ! Celui qui est incapable de se souvenir du grain de peau de sa première gentille, du goût de ses lèvres ou de l'odeur de sa transpiration est bien à plaindre, d'après moi. Mais je m'égare...
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Mémoire 4/8. a été posté le : 11/02/03 12:39
|
La lecture est un autre support puissant pour la mémorisation. Pourquoi, me direz-vous ? Ma foi, cela me semble évident. Plus on lit, plus on acquiert du vocabulaire. Plus on a de vocabulaire, au mieux on peut conceptualiser ses pensées. Une pensée, un concept nommé, structuré, s'imprimera plus facilement dans la mémoire qu'une idée qui demeure dans le flou. Voyez l'imprimerie : si vous taillez le même motif sur un support en métal et un support en éponge, le résultat à l'impression sera plus net avec celui en métal (on fait ce genre d'expérience à l'école maternelle). Le mécanisme vient donc au niveau de la connaissance de la langue. Et là, je vais devenir un peu méprisant - il ne faut pas m'en vouloir, mais j'ai subi pendant de nombreuses années le bizutage de crétins incapables d'aligner plus de quarante mots de vocabulaires quotidiens. Quelqu'un qui a du vocabulaire et qui sait le remettre en question, l'étendre, l'utiliser, disposera d'un outil formidable pour développer sa mémoire et, partant, tous ses processus cognitifs (raisonnements logiques solides, réflexion philosophique sur des bases stables, etc.). Il suffit de prêter l'oreille aux conversations, dans les transports en commun, pour se rendre compte rapidement que le commun des béotiens a une conversation cyclique, car une fois qu'il a épuisé un sujet, il le reprendra à la base sans rien y apporter de neuf. Bien sûr, bien sûr, vous me direz qu'on ne leur a peut-être pas donné la chance d'acquérir cet outil. Bien sûr. Mais ils ont un cerveau, eux aussi, ils ont un patrimoine génétique comportant 23 paires de chromosomes, si je ne m'abuse, et l'instruction est telle que tous ont au moins appris leur alphabet. D'autre part, je crois pouvoir affirmer que, dans certaines peuplades dites primitives, il y a des gens qui ne savent pas lire qui auraient bien des choses à enseigner à certains de nos "grands penseurs" modernes...
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Mémoire 5/8. a été posté le : 11/02/03 12:40
|
Bref, la lecture est un outil formidable, certes, mais il faut le vouloir, aussi. Je connais des personnes qui affirment ne pas lire. Les malins diront "je n'aime pas lire" et, s'ils ne lisent pas de roman ou de magazines, n'en ingurgitent pas moins des centaines de pages de manuels d'utilisation, de modes d'emploi, de notices explicatives, de textes de loi, etc. Bref, ils lisent, sans se rendre compte qu'ils le font ! Eh oui, les romans et les magazines ne sont pas la seule forme de lecture enrichissante qui soit ! Je me suis bien découvert, récemment, un prodigieux intérêt pour les ouvrages historiques (tellement, tellement tard, je m'en rends compte à présent). Par contre, il y a les béotiens, qui diront "lire, ça sert à rien". En général, ils usent d'expressions beaucoup plus imagées et beaucoup plus heurtantes pour exprimer cette pensée. Le rejet en bloc sera d'ailleurs une des seules formes de pensée qu'ils pourront structurer. Je sais, je suis amer, désolé, j'assume. Si je vous en parle, c'est parce que je sais (également) que vous ne faites pas partie de ces gens-là ("chez ces gens-là, on n'pense pas, monsieur, on n'pense pas..." ), d'ailleurs je ne m'adresse pas à eux.
Un autre exemple, tiens ! Un de mes amis, Mangler (dont vous aurez entendu parler si vous avez feuilleté la Couronne des Mondes), est un électronicien génial. Il affirme haut et fort qu'il ne lit pas (un peu pour me provoquer, d'ailleurs ), mais il ment ! En fait, il ne lit pas de roman parce qu'il n'a pas le temps, ni l'intérêt. Eh bien, il est capable d'ingurgiter des notices techniques de plusieurs centaines de pages qui feraient fuir tous les littéraires purs rien qu'à l'énoncé de leurs titres. Et il a nettement plus de vocabulaire que le béotion moyen (trois à quatre fois plus, je dirais), et le dictionnaire qui trône dans sa bibliothèque est dans un piteux état à force d'avoir servi et de servir encore !
L'ignorance est excusable, la bêtise ne l'est pas (pas à mes yeux, vous n'imaginez pas avec quelle violence je peux m'auto-fustiger quand je dis ou fais une bêtise)...
Mais je m'éloigne du sujet (une fois encore )...
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Mémoire 6/8. a été posté le : 11/02/03 12:41
|
Mémoire...
Les gens qui ont une bonne mémoire, en général, l'associent avec un ou plusieurs de leurs sens. Le plus souvent, on aura affaire au couple vue-ouïe. Assez régulièrement, on trouvera le couple goût-odorat (voyez ces compositeurs de parfums ou ces grands cuisiniers, leur mémoire gustative/olfactive est tout bonnement prodigieuse). Les mal-voyants (raaah, ces termes artificiels, greu) laissent leur mémoire tactile prendre le relais.
Les gens qui ont une bonne mémoire ont également une bonne faculté d'abstraction. Certains se figureront leurs souvenirs comme une immense vidéothèque, où il suffit de piocher une cassette ou un DVD (pas vrai, Frater ?) pour retrouver de vieux événements. D'autres se représenteront un "palais de la mémoire", dans les pièces duquel s'entasseront un matériel hétéroclite (avez-vous lu Hannibal, de Thomas Harris ?).
Moi (Ego sum, ego sum, ego sum !), je me représente ma mémoire comme un ensemble de sphères concentriques. Pas de recoin dans ma mémoire, pas de zone d'ombre où peuvent se dissimuler les souvenirs désagréables. Les couches les plus profondes ("nous sommes comme les oignons, on a des couches" "tu préfères pas le clafoutis ? c'est bon, le clafoutis, tu sais ?" ) sont les plus anciennes. D'une façon imagée, les couches tendent à s'opacifier très lentement, avec le temps, mais seul le noyau m'est inaccessible à l'heure actuelle. A part des bribes de sensations (la mélodie d'une berceuse, le goût de ma première panade, le contact d'un barreau en bois dans mon lit de bébé), je ne me souviens que d'une chose de ma prime enfance, qui fait comme une entaille lumineuse dans cette boule obscure. La période où ma mère m'a appris à lire...
Ceux qui me connaissent savent que je peux vitupérer avec une belle régularité contre la demi-possessivité de ma mère. Mais il est une chose qui, à mes yeux, rachète le fait de m'avoir donné le jour, c'est qu'elle m'a appris à lire très tôt. A trois ans, je savais déjà lire plus ou moins tout seul mes livres d'enfant (Petzi, que de souvenirs !!!). Et je me souviens, avec plus ou moins de netteté de la méthode utilisée, et je compte bien l'utiliser à mon tour, un jour, si j'ai des enfants à qui apprendre à lire !
D'abord, les voyelles : "ah", "euh", "hi", "ôh", "wû"... Non, pas "wû", "ûh"... D'accord, "yû"... Mais non, "ûh"... Greu, "ûh" ! Voilà ! Puis les premières consonnes : "bé", "dé", "emme", "enne". Puis on associe : b + a = "ba"... Ouwah ! C'est génial, ce truc ! Vous vous rendez compte ? Ce "ba", on le retrouve dans "banane" (c'est bon, les bananes, écrasées dans la panade, et tout et tout), dans "bateau" (les p'tits bateaux en papier qu'on huile et qu'on fait flotter dans la piscine gonflable en été, yo !). Encore : m + a = "ma". Et ma + ma = "mama"... Hey, c'est presque "maman" ça ! Comment on fait ? On rajoute -n à la fin ? C'est gé-nial ! Eh oui, "maman" est probablement le premier mot que j'aurai écrit. Et si, parfois, je grogne un peu quand elle essaie de jouer à la poupée avec moi ("Habille-toi, il fait froid, met ton bonnet !" "M'man ! Greu !" ), je n'ai jamais oublié ça...
Depuis ce temps, je n'arrête plus de lire ! Il me faut ma moyenne de trois livres par semaine, ou je dépéris, littéralement. Et si je ne les ai pas, il faut que je compense, soit avec les bandes dessinées, soit en écrivant moi-même... 
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Mémoire 7/8. a été posté le : 11/02/03 12:42
|
Mémoire...
Ma mémoire est sphérique, et toutes les couches, en dehors du noyau, sont transparentes (ou du moins bien trans"lucides" ). Chaque élément qui s'y imprime, consciemment ou non, sera directement accessible à volonté (ou moyennant un effort relativement léger). De plus, la facilité avec laquelle je pourrai "restituer" une information dépendra des ramifications qu'elle génère. Chaque information peut être représentée comme une plante. Une fleur ou un arbre. Les racines représentent les liens, les associations, les relations que cette information entretient avec toutes les autres informations que ma mémoire détient; tandis que le feuillage ou la corolle en sont l'aspect extérieur (je confesse une grande fascination pour les roses et les orchidées).
Certains me reprochent ma petite manie de faire des comparaisons, des métaphores, des analogies, des allégories, parce qu'ils croient que je les dépossèdent de leur identité. C'est faux, c'est archi-faux, s'il y a bien quelqu'un qui a horreur des étiquettes, c'est moi ! Et j'aurais mauvaise conscience à infliger ça aux autres. Non, s'il m'arrive de vous comparer à telle ou telle personne, tel ou tel phénomène, telle ou telle idée, ça n'est pas pour vous mettre en boîte, non. C'est tout simplement pour vous ancrer, vous enraciner davantage dans ma mémoire. Et certains d'entre vous sont de magnifiques chênes et hêtres, et certaines d'entre vous sont des fleurs merveilleuses...
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Mémoire 8/8. a été posté le : 11/02/03 12:43
|
Mémoire...
Ma mémoire est sphérique, et chaque couche peut se comporter comme un miroir qui, malgré son incurvation, n'est pas déformant. Au contraire : chaque fois que je pratique l'introspection, je me retrouve face à un reflet impitoyable. Je me souviens avec une douloureuse exactitude de toutes mes conneries, celles qui ont pu blesser ou nuire à d'autres (ou que je perçois comme telles). Je me souviens de chaque échec, de chaque frustration, de chaque rêve brisé ou espoir anéanti, avec une infâme précision.
Mais je me souviens aussi des bons moments, des réussites, des accomplissements personnels, des sourires, des cââââl... Hum, broum, passons. Je me souviens des amis, des parents, des camarades de classe. Je me souviens volontiers des femmes que j'ai pu croiser, que j'ai pu aimer, quand bien même elles m'ont fait souffrir.
Et quand je suis en colère, que j'ai mal, que je suis triste, voire malheureux (ça c'est trrrrrès rare), je plonge dans un champ de fleurs imaginaires, respire les parfums et caresse les pétales. Je me souviens des choses qui me font sourire (le rire cristallin d'une amie proche, un poème particulièrement évocateur, une peinture fascinante, le poids d'une Fée sur mon dos, la voix de Shakiraaaaaaah ahum, le son d'une harpe dans le lointain, etc.)...
Avoir une bonne mémoire est une bénédiction, autant qu'une malédiction, mais il faut apprendre à vivre avec cette contradiction. Si je ne peux pas oublier, alors je dois évoluer, et devenir plus fort, plus sage. Chaque souvenir, bon ou mauvais, joyeux ou triste, agréable ou irritant, fait partie de moi et m'enrichit. Ma mémoire est le plus précieux des trésors, et j'espère qu'elle ne me faillira pas jusqu'au jour de mon départ...
"Consenguire esa sonrisa, si la puedo comprar, sera de mis favoritas -> accumuladas en mi tesoro y me esperan..."
(Heroes del Silencio)
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Mégalomanie 1/12. a été posté le : 12/02/03 22:52
|
Un style différent de ce qui précède, mais dans le même ordre d'idée...
Accrochez-vous, je risque de vous surprendre un peu...
**************************************************
1. Convocation.
"Pour un Monde Meilleur".
Voilà un nom bien ronflant pour une organisation humanitaire. Enfin, humanitaire, c'était un bien grand mot. C'était quand même une multinationale qui oeuvrait dans les communications, la sécurité et l'instruction dans le monde. L'instruction, surtout, était leur cheval de bataille. Une de leurs devises, d'ailleurs était "un homme instruit est un homme responsable, et un homme responsable peut vivre et faire vivre". Curieux. Ils avaient un pied dans tous les milieux : finance, politique, médias, etc. Et pourtant, ils restaient discrets, ils ne faisaient pas de vague...
Et moi, je me retrouvais avec cette invitation à un entretien particulier avec des représentants de la division européenne. L'enveloppe était là, dans la poche de mon veston. Et j'avais du mal à comprendre pourquoi ils m'avaient convoqué comme ça. Un entretien d'embauche ? Mais j'étais content de mon travail, moi ! En tout cas, ça n'était guère explicite, dans leur lettre. Bon sang. J'avais accepté, et m'étais rendu à leur siège belge, par curiosité plus que par intérêt. Je me demandais comment ils ont eu mes coordonnées et pourquoi ils m'avaient choisi, moi, plutôt qu'un autre...
Je regardais le bâtiment(1), un peu angoissé. C'était un ancien hôtel particulier qui avait été réaménagé en immeuble à bureaux. Il y avait un cabinet de notaires, une agence immobilière, et cette fameuse antenne de "Pour un Monde Meilleur". La pierre de facade était d'un beau gris bleuté un peu brillant; les chassis des fenêtres étaient d'un bois roux soigneusement traité et verni. La vitre translucide qui ornait l'imposante porte d'entrée laissait deviner un hall profond et bien éclairé.
Détail curieux : alors que toutes les maisons voisines étaient conchiées par les pigeons, ce bâtiment-là était épargné par ces immondes colombacés...
J'examinai les étiquettes à côté du parlophone, et pressai le bouton à côté de celle frappée du sigle de l'entreprise. Le haut-parleur s'activa aussitôt, sans crachoter, et une voix féminine résonna nettement...
"Pour un Monde Meilleur, bonjour ?"
"Bonjour, je suis Nyxl, j'ai été convoqué ici et je..."
"Je vous ouvre, monsieur, nous vous attendions..."
Un bourdonnement caractéristique m'indiqua que la serrure s'était déclenchée. Je poussai la porte et entrai. Je refermai aussitôt derrière moi. Un "bonjour !" se fit entendre sur ma droite, rafraîchissant. Je tournai la tête, et plongeai le regard dans un petit bureau dont la porte vitrée était grande ouverte. Un petit bout de femme, assise derrière son ordinateur portable, m'adresse un sourire si chaleureux que je ne peux qu'y répondre...
"Euh... Bonjour..."
"Si c'est pour un Monde Meilleur, c'est au deuxième, l'escalier est au fond du hall..."
"Merci..."
Re-sourire. Je me dirigeai vers l'escalier, constatant au passage qu'il faisait aussi propre à l'intérieur que l'extérieur le laissait supposer. Quatre volées de marches en marbre blanc plus haut, je me retrouvai face à une porte sur laquelle le sigle de l'entreprise (deux 'M' imbriqués) était peint. Je frappai trois coups discrets et espacés. On ouvrit aussitôt, et une demoiselle tout à fait charmante - d'après la voix, c'était celle qui m'avait parlé, quand j'avais sonné - m'invita à pénétrer dans le bureau.
"Bonjour, M. Nyxl, nous sommes heureux que vous ayez pu venir..."
"Ma foi, un dimanche, ça n'est guère difficile de se libérer..."
"C'est une de nos particularités... Nous faisons partie de ces rares entreprises qui ouvrent le dimanche... Si vous voulez bien me suivre, monsieur le directeur va vous recevoir..."
|
|
Dernière mise à jour par : nyxl le 18/02/03 22:42
|
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Mégalomanie 2/12. a été posté le : 12/02/03 22:53
|
2. Entretien.
"...Je vois dans le CV que vous avez mis à disposition du Forem que vous aimez lire et écrire..."
"Oui, monsieur."
"Quel genre de lecture ?"
"De tout, monsieur, je peux lire des romans de tous genres ou des essais ou des ouvrages scientifiques avec un égal bonheur, bien que ma préférence aille aux romans..."
"Et qu'écrivez-vous ?"
"Des poèmes, des petits essais, des histoires, des romans..."
"Des romans... Jamais envisagé de publier ?"
"Pas en ce moment. Et je ne suis jamais satisfait du résultat, je reprends toujours à la base, alors..."
"Mmmh... Si on vous proposait de devenir le Maître du Monde, M. Nyxl, que répondriez-vous ?"
"Pardon ?"
Jamais je n'avais entendu dire qu'on posait ce genre de question lors d'un entretien d'embauche. J'étais au courant qu'il existait des tests de personnalité, basés sur des études statistico-psychologiques (ce qui me fait hurler de rire, entre nous), mais ça...
"Oui, imaginez un moment qu'on vous propose de diriger le monde..."
"Je refuse."
"Pourquoi donc ?"
"Parce que je me connais trop bien. Passionné comme je suis, je deviendrais dingue au bout de deux jours, en me rendant compte que je ne pourrai jamais satisfaire tout le monde..."
"Intéressant..."
"Est-ce tout ?"
"Oui, M. Nyxl, nous vous contacterons d'ici peu pour vous faire part des résultats de cet entretien..."
Réponse classique. De toute façon, il savait bien que j'avais déjà un emploi, et mes réponses décidées ne laissaient aucun doute, j'en étais très content. Au fait, qu'est-ce que je faisais, déjà ? N'avais-je pas dû prendre congé pour venir ? Ah non, on était dimanche. Poignée de mains, échange de civilités, et nous nous séparâmes. Avant de quitter le bureau, je me permis un dernier coup d'oeil à la secrétaire(2) qui m'avait accueilli. Elle se tenait debout à côté d'une photocopieuse ronronnant paisiblement. On dit que les hommes ont le réflexe de scanner la silhouette d'une femme de haut en bas, puis de bas en haut. Je ne dois pas être ainsi fait que les autres, parce que si une femme me plaît, je ne fixe que le visage ou les mains (pour repérer ces anneaux qui anéantissent un espoir à peine ébauché). Je confie à ma rétine le soin d'imprimer le reste, et je décode l'information plus tard, quand mon regard ne risque plus d'être inconvenant. Bien sûr, il m'arrive de plonger les yeux dans un décolleté vertigineux, bien sûr, il m'arrive d'admirer le galbe d'une paire de jambes folâtrant librement dans une mini-jupe. Mais en quoi serais-je coupable de profiter d'un spectacle si gentiment offert ?
Ici, aucune de ces tentations. La demoiselle (j'avais lorgné son annulaire gauche) était sagement vêtue d'une robe noire à longues manches et col montant, avec un bolero de velours bleu nuit orné de trois boutons de nacre. Elle ne portait aucun bijou et aucun maquillage (ce qui la rendait encore plus charmante à mes yeux). A peu près ma taille, visage à l'ovale délicat, longs cheveux auburn ondulant nonchalamment le long des épaules, yeux noisettes, nez mutin et une bouche large et généreuse sans être "colla-gênée". Femme, incontestablement. Elle dut sentir mon regard, car elle tourna la tête dans ma direction. Et elle me sourit. Je devais être rouge jusqu'à la racine des cheveux quand je quittai le bâtiment...
|
|
Dernière mise à jour par : nyxl le 18/02/03 22:44
|
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|
Basement Cat

-= Chaos Lieutenant =-
Inscription le 25-03-02
Messages : 2821
Age : 47 ans
Lieu de résidence : Brüsel Caput Mundi
|
|
|
|
|
Mégalomanie 3/12. a été posté le : 12/02/03 22:55
|
3. Coïncidences.
Une semaine plus tard, je recevais une réponse de l'entreprise. On me proposait une place intéressante si je daignais signer mon contrat tout de suite. Evidemment, le fait que j'étais déjà engagé ailleurs poserait problème. Eh bien non ! On m'assurait que, dès que j'étais disposé à les rejoindre (fin de contrat, rupture à l'amiable, licenciement économique, etc.), je serais le bienvenu. Voilà encore un trait atypique, chez cette société. Bref. Je classe la lettre dans mon dossier "courriers" et poursuis mon train-train quotidien.
Un mois plus tard, lors d'une séance de course improvisée (un besoin d'Ice-T subit), je croisai la gentille secrétaire au si beau sourire. L'élégance sans apprêt. Elle se trouvait au rayon bonbon et contemplait les présentoirs de chocolats avec le moue boudeuse de celle qui a du mal à choisir. Je cédai à une pulsion soudaine et m'approchai pour la saluer. Elle me salua par mon nom immédiatement, avec un sourire (mmmmmh). Elle eut un moment d'hésitation quand je lui tendis la main. Puis je me rendis compte qu'elle avait un gros pansement à la base du pouce.
"Que vous êtes-vous fait à la main ?"
"Oh, une bêtise, je me suis coupée en changeant la réserve de papier de la photocopieuse, au bureau..."
Je fis la grimace. Moi qui tenais à mes mains plus qu'à mes yeux, et qui les soumettais pourtant à rude épreuve, je savais que les blessures dues au papier sont les plus douloureuses. Deuxième pulsion : je m'emparai de son panier et, d'autorité, lui imposai ma présence comme porteur. Elle sembla éberluée de mon audace (en fait, j'en étais le premier stupéfait), mais ne se départit ni de son calme, ni de son sourire. Quand nous sortîmes du magasin, je savais qu'elle s'appelait V.D., qu'elle était linguiste de formation, qu'elle adorait la lecture, la musique, la peinture, ainsi qu'une foule de détails sur sa vie(3). Cette démonstration spontanée de confiance me gonflait le coeur et, quand elle s'aperçut que je n'avais pas fait mes propres commissions, je lui répondis "Oh, ça n'a plus guère d'importance !"...
De fil en aiguille, nous nous retrouvâmes chez elle (chez ses parents ?), à bavarder jusqu'à une heure bien avancée de la soirée(4). Echange de promesse qu'on se reverra, puis il fallut que je la quitte. Au moment de partir, doux miracle, elle m'embrassa sur la joue (cââââl... non, déjà ?)...
Les semaines qui suivirent nous virent réunis de plus en plus souvent. Cinéma, restaurant, musée, théâtre, etc. Bref, nous nous rapprochions, jusqu'à ce soir où le baiser traditionnel, au lieu d'atterrir sur ma joue, me cueillit les lèvres et me cueillit tout court. Délicieuse sensation, frisson si intense qu'on ne peut que fermer les yeux pour en mieux goûter la saveur(5). Qui a dit qu'il ne fallait pas avoir confiance en quelqu'un qui ne ferme pas les yeux quand on l'embrasse ? Pour le savoir, il faudrait ouvrir soi-même les yeux et, partant, se montrer indigne de confiance...
|
|
Dernière mise à jour par : nyxl le 18/02/03 22:47
|
-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
---
"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
|
|
|
|
Cachée
|
|