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Elric

Plus grand fan de Vlad du monde



-= Chaos Elite Troops =-
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Homme  Age : 49 ans
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Pourquoi vous regardez ca ?
Membre Chaos Elite Troops   Marde a été posté le : 24/10/02 23:08
Marde

On en parla à la cantine, ce jour-là…


Sébastien apprit donc la venue du général F. par ouïe-dire, ce qui ne laissa pas de l’inquiéter… La dernière visite d’un officier supérieur datait d’environ deux mois et lui avait laissé des souvenirs plus épouvantables que désagréables. A vrai dire, ce lieutenant-colonel avait eu du mal à comprendre qu’un militaire de carrière puisse développer une allergie à son arme. C’était sûr, Sébastien était bien la première personne, et sans doute la dernière, à développer de tels symptômes. Le médecin du camp ne comprenait pas les raisons de ce mal, qui était autre que psychologique et se manifestait par des démangeaisons et de l’urticaire. Selon Franck, le camarade de Sébastien, la cause se trouvait dans l’emploi d’un métal cancérigène, mais dont les lobby représentaient un poids économique non négligeable.


Le général F. avait la réputation d’un « dur ». De nombreuses rumeurs courraient sur son sujet. Il était de notoriété établie qu’il n’avait pas gagné ses gallons uniquement derrière un bureau, mais avait participé à de nombreuses missions. Certains de ses haut-faits n’étaient d’ailleurs pas toujours des plus reluisants. On le disait également très lié avec le président de la république. D’ailleurs, la politique semblait bien être sa porte de sortie, pour plus tard. Il était en outre très fier de son grade et considérait la soldatesque comme des moins que rien, corvéables à merci et dont la qualité principale devait être une parfaite obéissance aux ordres. Il est inutile de préciser que la discipline était pour le général une vertu primordiale, et l’insubordination un mal à éradiquer de quelque moyen que ce fut.


On comprend que Sébastien soit malade d’angoisse à l’annonce de cette nouvelle. Nouvelle qui fut confirmée le lendemain par le zèle soudain des officiers supérieurs. Les soldats furent ainsi priés de faire le Grand Nettoyage de printemps, en avance de quelques mois seulement, de laisser un sol immaculé et de se débarrasser des nombreuses affiches licencieuses qui ornaient les murs des dortoirs. On organisa même une équipe pour repeindre la cantine, ce qui prouvait bien l’importance de l’événement à venir. Le commandant de la base, le capitaine Gisars, vient en personne annoncer la nouvelle à ses hommes, ôtant ainsi les derniers doutes. Il en profita pour faire des allusions que chacun prit pour sois, et en particulier Sébastien, à propos d’une discipline qui semblait s’être relâchée et d’un laxisme sans précédent qu’il ne tolèrerait plus.

« L’armée est comme une fourmilière, métaphora-t-il, où chacun a son rôle bien défini, où chacun accomplit sa tâche non pas pour sois, mais pour tous, où chacun… heu… Bref, je vous le dis, c’est fini ces petits pistonnages, ces manquements au règlement, ces petites mesquineries… NI, FINI! Chacun a un devoir de soldat à accomplir, et il l’accomplira. »

Puis, après ces règlements de compte laborieux, le capitaine se lança dans le périlleux exercice des sous-entendus, à propos de la probabilité d’accrochages frontaliers qui, de nulle il y avait quelques temps encore, croissait pour devenir possible, jusqu’au jour, assez proche sans doute, où elle serait certaine. Bref, le capitaine tentait de faire comprendre que le premier mort de cette probable guerre avait plus de chance d’arriver aujourd’hui qu’hier, et plus encore demain, en tous cas à coup sûr après-demain.

En fin de compte, ce qu’on pouvait retenir de cette allocution était que le général F. viendrait samedi, le quatorze du mois. Dans trois jours, pour mieux situer le continuum temporel.


On imagine l’inquiétude qui travaillait Sébastien, ce soir-là. Il discutait – encore un manquement au règlement – avec son compagnon de chambrée, Franck, des moyens de se défiler ce jour fatal, au lieu de défiler.

- Il y a peu de solution, lui disait ce dernier, homme pratique. Tu peux évidemment te faire porter malade, mais après le discours de cet aprèm’, je ne crois pas que le toubib soit aussi tolérant… Et puis, mince, mets tes gants, qu’est ce que ça peut foutre ?
- Pas possible, tu te souviens du lieutenant-colonel… Quelle est la première chose qu’il ait repérée dans la colonne ? C’est Bibi et mes gants…
- Si tu étais un peu plus grand, tu serais dans la seconde rangée, et on ne te remarquerait pas…
- Oui, peut-être, mais je ne crois pas que les hormones de croissance donnent un résultat en deux jours…
- Bon, enfin, c’est pas non plus la mort, quoi… Tu vas te prendre un bon savon, au maximum quelques jours de mitard, et ce sera oublié… Bon, tout le monde va se foutre de toi, mais bon…
- Je ne pense pas… Nous sommes en guerre, tu remarqueras… Le laxisme, c’est fini, a dit le cap’, et il a dû prendre des ordres d’en haut…

Sébastien était persuadé que cette visite, en ces temps troublés, était destinée à faire « le ménage », à ôter du camp tout élément indésirable. Sébastien imaginait même qu’il serait fusillé, pour l’exemple. Le premier mort de la guerre, pensa-t-il. Evidemment, il ne dormit pas de la nuit, tout comme Frank d’ailleurs, mais pour une toute autre raison. (Pour la petite histoire, Franck avait une aventure avec une jeune femme de la ville voisine à qui il avait fait croire qu’il était dompteur de fauves dans un cirque. Il s’agissait à présent de faire passer le morceau sans casse.)


Le jeudi fut une journée épuisante, à force de marches forcées et de corvées diverses. Les officiers étaient très tendus, comme à l’approche d’un orage, et le faisaient comprendre de façon peu agréable à leurs hommes.

Dans la soirée, Franck vint trouver Sébastien pendant qu’il se restaurait dans la cantine qui empestait la peinture fraîche mélangée à la fondue savoyarde.

- Bon, Seb, j’ai pensé à toi, aujourd’hui… A ton cas… Pour samedi, tu vois ? … La venue du général…
- Oui, oui, et alors ?
- Ben, j’ai eu comme une idée…
- C’est vrai ? C’est quoi ton idée ?
- Viens, on sort, il vaut mieux qu’on soit seul…


Les deux hommes sortirent donc et s’assirent sur un muret dégagé où aucune oreille indiscrète ne pouvait les entendre. Allumant une cigarette à l’eucalyptus de sa fabrication, dont le contenu était tenu secret, Franck entama une véritable confession :
- Je dois te dire, d’abord… Heu… Te parler de moi, de ma famille…
- Ah, ça a un rapport avec ta famille ? J’ai du mal à…
- Bon, écoute… Tu sais, je n’en ai parlé à personne jusqu’ici, et j’aimerais évidemment que ça reste entre nous…
- Pas de problème, je comprends… Ne t’en fais pas pour ça.
- Bon, voilà : ma famille est la lignée d’une… d’une caste… heu, non, enfin, d’un groupement de personnes… enfin… oui, d’un groupe… comment dire…
- D’une secte ?
- Heu… Mouais, si on veut… encore que le terme ne soit pas…
- Bon, abrège là-dessus, on ne va pas y passer la nuit… J’ai compris ce que tu voulais dire…
- Bon, d’accord. Alors, vois-tu, nous perpétuons depuis je ne sais pas combien de générations le culte de Marde…
- …
- …
- Oui, continue… Jamais entendu parler…
- A vrai dire, c’est normal que tu ne connaisses pas, vu qu’il n’y a que ma famille de sang qui le connaisse… C’est un secret que nous cachons bien, tu comprends donc pourquoi je te demande de ne rien dire à personne…
- Oui, je comprends bien. Mais c’est qui, ce barde ?
- Marde… A vrai dire, je ne sais pas trop ce que c’est… C’est une entité invisible. On peut l’appeler, l’invoquer plutôt, et il nous aide à réaliser nos désirs…
- Ah, hum… oui…
- Attends, attends… Je t’en parle en connaissance de cause… J’ai fait l’expérience personnellement, et je t’assure que ça fonctionne. Cet être est entièrement dévoué à notre famille, et ce depuis des générations… A ce que mon père m’a dit, un de nos ancêtres aurait été un sorcier…
- Ah, hum… oui…
- … qui aurait invoqué un esprit oublié depuis des temps immémoriaux dans la mémoire de l’humanité… Cet esprit serait Marde… Mon ancêtre lui aurait rendu un grand service alors, et Marde lui en serait resté reconnaissant… C’est ainsi qu’il a décidé de veiller sur notre famille…
- Ah, hum… oui…
- Et donc, depuis, nous l’invoquons de temps à autre, et il résout nos problèmes…
- Ah, hum… oui…
- C’est comme ça que ma grand-mère a pu retrouver un voleur qui s’était introduit chez elle… Et un arrière-je-sais-pas-combien grand-père aurait fait appel à Marde pendant la guerre de 1870, et Marde lui aurait sauvé la vie…
- Ah, hum… oui…
- …
- Mais, bon, d’accord… Oui, je vois… Marde… Oui… Mais dis-moi, heu… à quoi ça servirait de le… de l’invoquer ?
- Et bien, il pourrait sans doute t’aider, pour samedi… Il peut très bien s’arranger pour que le général ait un empêchement…
- Ah, oui… Hum… Oui, d’accord, je vois… Heu… Excuse-moi, mais je trouve ça un peu gros, tout ça, là quand-même…
- Je comprends, je comprends… C’est vrai que c’est assez dur à croire… Je n’ai que ma parole, mais ça marche, crois-moi !
- Tu as déjà fait appel à… Marde ?
- Oui, bien-sûr… Pour avoir mon bac, par exemple… Je n’avais rien fichu de l’année, et la veille de la première épreuve, je l’ai invoqué…
- Et puis ?
- Et je l’ai eu, mention très bien !
- …
- Et après, je l’ai de nouveau invoqué, en lui demandant à ce que ma mère ne se doute jamais que c’était grâce à lui que j’avais eu un tel résultat… Et ben, ça a encore marché !
- C’est dingue tout ça !
- Hé ! Hé !
- Mais pourquoi tu ne l’invoques pas pour lui demander, je sais pas moi, par exemple que la guerre n’éclate pas ?
- Ah, ça, ça ne servirait à rien… Marde aide ma famille et c’est tout…
- Mais c’est égoïste !
- Pas ma faute… C’est Marde qui a choisi…


Tous deux se turent. Franck se prépara une autre de ses fameuses cigarettes. Il n’en proposa pas à son camarade car, à part lui-même, personne ne pouvait les supporter. Sébastien reprit la parole :
- Mais si Marde ne t’aide que toi, à quoi ça servirait de l’invoquer pour moi ?
- A vrai dire, la visite du général me barbe autant que toi… Alors, c’est en mon nom que je lui demanderai, mais tu en profiteras aussi.
- Ah, d’accord… Merci, mon vieux, c’est vraiment sympa… Mais ça t’embête pas trop d’invoquer… heu… Marde ?
- Bah, c’est rapide…
- Comment faut-il faire ? Il faut lui faire des offrandes ?
Sébastien imagina Franck en prêtre fou, en train de sacrifier une douzaine de nourrissons et autant de vierges sur un autel couvert de signes cabalistiques.
- Je ne peux pas t’en dire trop, tu comprendras… Oui, il faut lui offrir quelque-chose, et ce qu’il préfère, c’est une bouteille de vin. Et il faut aussi prononcer certaines formules, mais ça, ça reste un secret…

Sébastien était tout sauf convaincu, mais il n’avait plus rien à perdre. Et puis, à vrai dire, il n’était concerné en rien, Marde étant le dieu de la famille de Franck, et d’elle seule, il l’avait bien compris… Alors, si Franck voulait s’amuser, ça le regardait. Mais son angoisse était toujours là. Samedi, il en était sûr, serait un jour terrible, sinon son dernier.

- Donc, reprit Franck, cette nuit, j’invoquerai Marde, et je lui demanderai de faire en sorte que la visite d’après-demain n’ait pas lieu.
- Oui, d’accord… C’est sympa, merci… Mais, comment va-t-il faire pour empêcher la visite ?
- Ah, ça, on ne peut pas savoir… Mais, c’est sûr, elle n’aura pas lieu. Le général va peut-être avoir un empêchement ou va être appelé à la capitale, ou oublier tout simplement… ou il va se tordre la cheville…
- Et s’il lui arrivait quelque chose de grave ? Genre, il meurt…
- Oh, ça, pas de problème… Marde n’est pas une entité mauvaise, personne ne souffrira dans l’affaire… Non, il arrivera juste un petit empêchement anodin, mais qui suffira… Notre conscience n’aura pas à souffrir…
- Mais ça peut-être dangereux, quand même, non ? Je veux dire, faire un pacte avec un dieu… Il peut y avoir une contrepartie, non ?
Sébastien ne comprenait pas ce qui lui prenait de discuter théologie ainsi, avec un illuminé qui prétendait connaître un dieu.
- Bah, le pacte, c’est mon aïeul qui l’a fait, expliqua tranquillement Franck et roulant sa troisième cigarette. Et, je te le dis, c’est Marde qui se sent notre obligé, pas l’inverse… Et à chaque fois, je lui file une bouteille de vin…
- Oui, et qu’est ce qui lui arrive, à la bouteille ?
- Ah, bah, je l’ignore… Le matin, elle disparaît... Marde doit l’emporter avec lui…
- Ouais… En tout cas, c’est la première fois que j’entends parler d’un dieu qui boit du vin…
- Oui, tu te coucheras moins con ce soir… Mais arrête de l’appeler « dieu », c’est une entité, un esprit…
- Si tu veux…


Il était plus de minuit. Sébastien et Franck étaient réveillés, Franck s’apprêtant à appeler son entité. Il avait fait l’acquisition d’une bouteille d’un vin quelconque, et Sébastien pensait qu’il aurait pu faire un effort pour un être si serviable. Franck, levé aux côtés de sa couchette, torse nu, faisait craquer ses doigts. Il avait allumé une bougie, pour la tradition, avait-il expliqué à son compagnon. Il chuchota :
- Maintenant, Seb, je vais te demander de sortir un quart d’heure… Ce que je vais faire à présent ne doit pas être vu par un étranger à la famille.
- Si tu veux… De toutes façons, je n’arriverai plus à dormir jusqu’à samedi…
Franck semblait méditer, avec un calme qui n’était pas du tout coutumier, ce qui inquiéta légèrement Sébastien.
- Tu es bien sûr de ce que tu fais, n’est ce pas, lui demanda-t-il.
- Mais oui, ne t’en fais pas, je t’ai dit que j’étais habitué…
Il ferma les yeux et chuchota :
- Il y a juste un petit danger, dit-on dans ma famille, mais il n’est jamais arrivé…
- C’est quoi ?
- Personne ne sait plus… Ce doit être une légende… Je crois me souvenir que mon père m’a dit un jour que son propre père avait entendu du sien qu’il existait un cas, unique, où l’invocation pourrait être dangereuse… Mais ça fait des décennies que personne ne sait, ce doit être une légende d’un de nos ancêtres…
- Mouais… Tu me fais marcher… fit Sébastien, peu rassuré.

Il sortit donc, laissant seul son camarade. Il n’était pas tout à fait tranquille, mais c’était surtout à cause de la venue du général. Les billevesées de son ami l’inquiétaient bien un peu, mais bon… Il fuma une cigarette, une vraie, puis déambula un peu dans les couloirs. Il discuta quelques minutes avec un autre insomniaque, que la menace de guerre empêchait de jouir du sommeil, puis revint vers sa chambre, le quart d’heure étant largement passé.

Ce fut en chemin qu’il vit le premier éclair, puis un grondement de tonnerre assourdissant tonna. Bon, l’orage allait supprimer une partie de l’électricité qu’il y avait dans l’air, c’était déjà ça. A défaut, ce fut l’électricité réelle qui fut coupée, au second éclair, plongeant les couloirs dans l’ombre. Il put cependant regagner sa chambre sans trop de problèmes, à tâtons. Il arriva au moment où on enclenchait les groupes électrogènes de secours, tandis que l’orage éclatait tout à fait. Sébastien frappa et entra dans la chambre.

- Ca va, tu as fait ta petite tambouille ?
Franck était allongé sur sa couchette, sans avoir ôté ses chaussures, pâle comme une blouse de chercheur. La bouteille gisait, brisée, dans un coin.
- Ah, c’est malin ! Tant pis, on nettoiera demain…


Le matin, on amena Franck à l’infirmerie. Sébastien vint le voir dans la soirée. Franck, grelottant de fièvre, lui chuchota à l’oreille :
- Vendredi… vendredi 13… C’était… c’était le danger… Ne jamais invoquer Marde un vendredi 13…

Franck fut transféré à l’hôpital où il mourut dans la nuit.
Le général F. ne fit pas sa tournée d’inspection. Son hélicoptère s’abîma dans les montagnes. Il fut le premier mort d’une guerre qui devait en compter bien d’autres. Mais il fut un des seuls à recevoir ensuite la distinction de héros, ainsi que – honneur suprême – une statue à son effigie.


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pour suivre ma moitié, je me vois bien actionaire de la pétroléum bazooka, ou/et des pétroles yoblémites :D :D :D

Du rab pour tout le monde sauf les gars qui jouent avec moi une campagne shadowrun (ils se reconnaitront) :
http://annamohn.spaces.live.com
j'aime bien laisser quelques mots :D


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