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zifnab7

Ogre du Chaos



-= Chaos Servants =-
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Homme  Age : 42 ans
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Pourquoi vous regardez ca ?
   Good morning Versailles a été posté le : 11/09/02 14:15
Bien, je trouve l'idée de ces threads littéraires exclusifs excellente, donc je me prête au jeu. Pour satisfaire notre belge Nothombophile je précise que c'est une parodie du XVIIème siècle français agrémenté de fantastique bien trash. Voila, et comme mieux vaut un mauvais commentaire que rien du tout : lâchez vous !!

Dites, je mets cette modification parceque je vois qu'il ya eu quelques visiteurs, mais une seule réponse. J'en déduis que peu ont lu le texte. Est-ce que c'est indigeste à cause de la longueur ou bien certains sont-ils mort en lisant mon horreur ?

Nyxl : Naaan, laissez le temps aux lecteurs de s'habituer à votre style...


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CHAPITRE 1

Nicolas était allongé sur sa paillasse, endormi. Il avait le sommeil agité, et poussait de fréquents gémissements. Tout son corps était recouvert d'une sueur poisseuse qui collait à sa chemise et à ses chausses, qu'il ne quittait pas même pour dormir, derniers vestiges d'une réalité qui s'effilochait inexorablement. Perdu dans quelque sombre rêve, il serrait violemment dans sa main droite un mouchoir de dentelle finement ouvragé, ponctué de petites taches d'un sang vermeil.

Une ombre se pencha sur lui. Une silhouette d'homme. Un étrange et long tube à hauteur de sa bouche libérait une fine fumée qui partait en volutes vers le plafond.

- Nicolas, fit une voix doucereuse.

Nicolas, au paroxysme d'une lutte mentale qu'il menait dans les sombres recoins de son esprit, était maintenant pris de spasmes convulsifs violents.
La silhouette secoua la tête.

- Nicolas, répéta t-il d'une voix plus forte et en secouant l'endormi par le bras.

Nicolas se réveilla en sursaut, et se redressa sur sa couche, haletant. Il jeta un regard autour de lui, mais ne put rien distinguer dans la pénombre, si ce n'est l'étrange homme au long tube. L'esprit embrumé, Nicolas paniqua. Où suis-je ? Qui est cet homme ?

Soudain une vive lumière apparut au plafond, éclairant tous les recoins de la petite pièce, qui n'avait rien à cacher; la chambre ressemblait plus à une cellule qu'à autre chose, et n'était meublée que de la paillasse et d'une simple chaise sur laquelle Nicolas avait déposé sa cape.

Nicolas cligna des yeux quelques instants, se protégeant avec les mains le temps de s'habituer à l'éclat intense qui lui agressait les yeux. Puis il put distinguer les traits de son visiteur, et alors tout lui revint en mémoire, la réalité. L'autre réalité, celle qui avait supplanté la première, qu'il croyait unique et indivisible.

L'homme était grand et élancé, et il avait le crâne presque rasé. Il portait de grosses lunettes qui lui tombaient sur le nez, et derrière les verres, ses petits yeux étaient injectés de sang. A sa bouche était planté un porte-cigare, dans lequel était enchassée une longue cigarette. Il en tirait de fréquentes bouffées. Il portait des vêtements extravagants aux couleurs criardes, qui donnaient mal à la tête à Nicolas. L'attitude de cet homme était pour le moins étonnante : il n'arrêtait pas de secouer la tête dans tous les sens, d'allonger le cou comme s'il avait voulu séparer sa tête du reste du corps. Mais cela n'étonnait plus Nicolas. Plus maintenant.

- Mon pote, aujourd'hui c'est le grand jour, fit l'homme presque hystérique.

Il tira une longue bouffée, et recracha la fumée quelques instants plus tard, dans un soupir d'extase.

- Faut pas déconner mec, tu sais que de grands intérêts dépendent de ton attitude, poursuivit-il tant bien que mal. L'ordre des Eléphants Apocalyptiques a fait pression pour que tout soit réglé au mieux pour leurs intérêts. Les déçois pas mec, dit-il en agitant un doigt menaçant sous le nez de Nicolas.

-Tu sais, reprit-il lentement, les attitudes néo-marxistes de tous ces jeunes godelureaux que tu fréquentes est très mal vue par les boss, finit-il dans une grimace indéfinissable.

Nicolas se tenait la tête entre ses mains, et lâcha un soupir de désespoir. L'homme secoua la tête énergiquement, tout en sautillant puis reprit :

- Ouais t'as raison, oublies ce que je viens de dire.

Nicolas lui lança un regard de détresse. L'autre hocha la tête, et prit une mine contrite et empreinte de compassion. Soudain sa face s'illumina comme si une idée de génie venait de lui traverser l'esprit, et il fit un clin d'oeil à Nicolas.

- Bouge pas, je vais chercher de l'éther lui lança t-il.

Il fit un tour sur lui même en agitant les bras, puis s'esquiva par la porte en titubant.
Mais quand? Quand tout cela finira t-il? se demanda Nicolas.

***

Tout avait commencé deux mois auparavant. A moins que ce ne soit trois. Peu importe. Toujours est-il que le début de la fin commença avec la fin du Mazarin. Le vieux ministre décédé, le roi s'était senti pousser des ailes, avec des missiles de croisière, au bout des ailes. Tous les grands du royaume n'avaient vu en ce petit Louis, qu'un pleutre faiblard. Une sorte de chiot de compagnie de l'autre roi de France. Le vrai. L'italien.

Grave erreur.

En ces temps bénis où un battement d'ailes de papillon à Tokyo vous faisait roi, et où un pet de mouche au Zimbabwe vous faisait paysan des marais Poitevins, en ces temps donc, chaque Grand y allait de son imagination pour servir l'état. Etant entendu qu'en ces temps l'état était à qui voulait le prendre, et que les amateurs étaient nombreux. Les princes de sang confondaient donc les caisses de l'état avec les leurs, et on eut alors un beau contre-exemple du phénomène des vases communiquants. Le trésor royal était à sec, voire déficitaire, tandis que les Conti et les Beaufort jouissaient d'une fortune ... royale.

Fouquet était bien entendu au courant de cette situation. Parbleu, il était surintendant des finances du royaume. Il avait d'ailleurs lui même profité de cette situation : il détenait les clés du trésor.

- Haha ! C'est le renard dans le poulailler ! s'était un jour écrié son ami La Fontaine, méditant aussitôt un projet de fable.

Comme tout le monde, Fouquet ne s'était guère inquiété que le roi soit libéré des chaînes que lui avait passé au cou il signor Mazarini. Comme l'avait si bien dit cette bonne Anne d'autriche (sûrement inspirée par son riche amant) :

- Sire, est vraiment roi celui qui a de l'argent.

Fouquet avait de l'argent. Beaucoup d'argent. On aviserait donc.

Et il fallut bientôt aviser, quand on se rendit compte que le jeune chiot avait des griffes, et qu'il comptait s'en servir. Le premier coup de semonce fut donné deux semaines après la mort du cardinal. Les deuils étant achevés, le conseil royal pouvait reprendre ses activités.

En 1643, à la mort de Louis XIII, son fils n'avait que cinq ans, et l'on décida que le bambino n'était pas en âge de gouverner. On l'affubla donc d'une régente, sa mère. Malheureusement la pauvre femme n'entendait rien aux affaires de l'état - occupée qu'elle était de choisir ses habits et ses bijoux à longueur de journée - et elle en fit donc cadeau au cardinal de Mazarin. Coup du sort, l'homme s'accrochait au pouvoir comme le soleil s'accroche au ciel. Il faut dire qu'il avait sept nièces à nourrir, le digne prélat ! Aussi n'eut-il jamais le coeur de laisser son fardeau au roi, si jeune et si fragile.

Ce fut donc en 1661 seulement que le monarque fut enfin le maître, et lors de ce fameux premier conseil qu'il présida il fit clairement entendre que les choses allaient changer. Devant l'assemblée des ministres - parmi lesquels on trouvait ce cher Nicolas Fouquet - le roi fit un petit discours, histoire d'annoncer les grandes lignes de son gouvernement. Durant toute l'allocution, il ne quitta pas son air supérieur et ses petites mimiques méprisantes, et parla aux vieux renards sur un ton condescendant qui n'échappa à personne. Il conclut sur un mot qui fit sourire tout le monde à la sortie :

- Messieurs, j'ai décidé de prendre moi même en main les affaires de l'état, aussi vous retirerez vous jusqu'à nouvel ordre.

Et il congédia une vingtaine de soixantenaires, d'un petit geste de la main. Soixantenaires qui, une fois hors du palais, furent pris d'une hilarité incontrôlable, ce qui étonna grandement les passants. Chacun y allait de son petit commentaire, et les éclats de rire repartaient aussitôt. Reprenant enfin son sérieux, Fouquet parvint à articuler une remarque :

- Enfin tout de même, nous avons été congédiés en quelques sorte !
- Et alors répliqua le garde des sceaux ? De toute façon il n'y avait plus rien à piquer dans les caisses.

Nouveaux rires. Pas convaincu Fouquet reprit :

- Et s'il découvre nos magouilles ? Peut être voudra t-il réprimer ?
- Avec quoi ? Avec ça ? fit un vieillard en désignant un groupe de mousquetaires en train de violer une servante dans le parc du palais.
- Ces braves mousquetaires ne pensent qu'à tripaille, et leurs épées servent plus souvent de lardoirs que de bâtons de justice. Quant aux chevaux de ces messieurs, le roi devra bientôt les faire abattre, s'il veut continuer à manger. Pardieu, vous en savez quelque chose monsieur le surintendant ! termina le vieillard en se tordant de rire par terre.

Bis. Tout le monde retourna donc à ses affaires, rassurés.

Pendant ce temps le roi savourait sa liberté nouvelle, et il se prit à vouloir organiser une petite fête, histoire d'instaurer dignement son règne par une orgie mémorable. Le jeune homme s'enquit donc de l'état des finances auprès du premier intendant qu'il put trouver. Le sort voulut qu'il tombât sur ce petit cuistre de Colbert. C'était un petit homme aux yeux enfoncés dans les orbites, affublé d'une moquette en lycra sur la tête, et d'un bec de canard à la place des lèvres. L'individu déplut aussitôt au roi, mais bon, il fallait faire avec.

- Dites moi mon brave, je souhaite donner une petite réception en mon castel de Saint Germain en Laye. Occupez vous de faire transférer l'argent nécessaire à mon maréchal des logis.

Jugeant l'ordre clair et suffisant, il s'apprêtait à repartir, mais il fut interloqué par la réaction de l'intendant : celui ci le regardait, affichant l'expression qu'on utilise pour parler aux fous, et il lâcha un :

- Nga nga !

Les yeux du roi firent huit tours dans leurs orbites, et une fois remis en place, cherchèrent avec frénésie le premier bidule contondant, coupant, ou pointu qui lui permettrait de massacrer l'intendant. Le sang lui battait aux tempes, et des veines énormes se dessinaient sur son front. Rouge de fureur le roi rugissait, et il commença à avancer vers le pauvre Colbert, mains crispés et en avant, dans l'évidente intention d'étrangler le fâcheux.

Colbert fut le premier Français à comprendre que Louis XIV était un caractériel capricieux, atteint d'une névrose mégalomanoïde en phase terminale. En conséquence de quoi il se jeta aux pieds du monarque, et lui lècha les bottes en gémissant comme un toutou. Ce voyant, le roi perdit toute humeur belliqueuse, et il afficha alors un air de triomphe, gonflant la poitrine à la limite de la rupture, et jetant des regards aux alentours pour voir si quelque courtisan était témoin de la scène. L'orgueil flatté, il décida d'être magnanime, grand, et il laissa une chance à sa victime :

- Eh bien monsieur ! Expliquez vous !
- Sire ! gémit Colbert.
- Au fait monsieur, fit le roi un peu agacé.
- Votre majesté veut organiser une fête ?
- Si fait !
- Hé, il doit bien me rester quelques pistoles dans mes poches répondit l'intendant, en faisant mine de fouiller sa veste.

De nouveau le roi fut outré, et laissant son instinct lui dicter ses actions, il décocha un coup de pied dans la mâchoire du pauvre homme, qui vola littéralement à cinq mètres, et atterrit avec fracas sur le marbre de la galerie, qu'il redécora d'une délicate gerbe de sang échappée de son nez explosé. Le roi, légèrement étonné, fixa sa botte quelques instants, cherchant une explication logique. Il finit par se dire que cela faisait partie des choses que l'on doit savoir faire quand on est roi. Il reporta alors son attention sur Colbert agonisant au pied d'une toile retraçant la victoire de Rocroi. Il était assis et tentait d'endiguer le flot d'hémoglobine qui s'échappait de ses cavités nasales. Cela n'émut guère le monarque. Celui-ci se rapprocha du malheureux, et ignorant son état reprit :

- Monsieur, vous me faites l'honneur de me dire que mes caisses sont vides, je crois ?

Colbert fit un effort suprême pour articuler une réponse audible :

- Oui fire, f'est fa, en quelque forte.

Il tamponna son nez avec ses dentelles, et le saignement sembla cesser. Il poussa un soupir de soulagement. Le roi, lui, était songeur et restait debout en se grattant le menton ... qui n'offrait pas grand chose à gratter puisque imberbe. Puis il sembla remarquer les badauds qui se pressaient dans la galerie voisine, avides de scandales, guettant le scoop comme le lion affamé guette l'insouciante gazelle. Le roi leur lança un regard courroucé, et il en fut quelques-uns pour s'incliner. Les autres passèrent leur chemin en haussant les épaules. Bah ! c'est toujours un début se dit Louis.

- Debout monsieur, suivez moi, lança t-il à son accolyte.

Colbert eut un instant d'hésitation, que remarqua le roi. Celui-ci jeta un oeil en arrière, et ce que vit l'intendant alors, nul ne le sait, mais toujours est-il qu'il se leva et suivit son souverain cahin-caha à travers le dédale de couloir du Louvre. Ils poursuivirent ainsi leur chemin, rencontrant de temps en temps un valet ou un courtisan. Peu semblaient reconnaître le roi, et aucun ne s'écarta sur son passage. Le jeune homme en conçut une grande irritation, et il s'en fallut de peu qu'il n'organisât tout seul une Saint-Barthelemy en l'honneur de tout ce qui marchait sur deux pattes à vingt lieues à la ronde. Le mérite en revint à Colbert, qui était peut être un cuistre, mais qui avait compris très vite que l'on pouvait obtenir plus du roi par la flatterie que par de sages conseils. Aussi, durant toute la traversée du palais détourna-t-il son attention de victimes en puissance par un flot incessant d'éloges pompeux et redondants auxquels le roi fut très sensible.

Arrivé devant les appartements privés du roi, celui-ci donna l'ordre au mousquetaire en faction de ne laisser personne le déranger, étant attendu qu'il se trouvait en réunion à débattre des affaires les plus graves de l'état. Ce à quoi le mousquetaire répondit qu'il n'en avait cure, puisque personne ne venait jamais demander après son auguste personne. Puis tranquillement il reprit son activité, à savoir démonter les dorures qui encadraient la porte des appartements royaux. Le chanceux eut la vie sauve grâce à l'intendant qui poussa vivement le roi à travers l'encadrement, ce qui une fois à l'intérieur, lui valut un coup de poing qui l'envoya pendre à un magnifique lustre en verre de Burano.

- M'enfin fire !! s'exclama t-il. Un luftre de fotre grand-mère ! termina t-il indigné.

Louis réajusta ses dentelles et se recomposa une mine royale, pendant que l'intendant achevait sur le sol en parquet, une chute de cinq mètres. Le roi ne s'en inquiéta pas.

- Monsieur, vous êtes intendant, je crois ? finit il par dire.
- Oui-da répondit le bouc-émissaire.
- Vous êtes donc un peu au courant de mes finances ?
- Si fait sire, répondit l'interessé.
- La situation est donc catastrophique ?
- Votre majesté, il n'est rien d'irrémédiable, et je pense que si je m'attelais à la tâche...

Colbert laissa sa phrase en suspens. Il apprenait vite le renard.

- J'entends bien monsieur, répondit le roi en chassant la remarque d'un geste hautain. Je veux que vous m'expliquiez les causes. Nous envisagerons les remèdes après.

Colbert se tortilla, et parut embarassé.

- Votre majesté permet-elle la franchise ?

Louis acquiesça d'un geste impatient.

- Et bien sire, vous ne savez peut être pas que feu monsieur le cardinal de Mazarin était au trésor royal, ce que le robinet est au tonneau.

Etonné, le roi se tut quelques instants. Puis il reprit :

- Vous insinueriez que ce brave Mazarini était un voleur.
- Le mot est faible sire, répondit Colbert en effectuant une petite courbette qui fit rougir le roi de plaisir.
- Bien, bien, murmura le roi pour lui même.
- Mais enfin, poursuivit-il, cet homme n'a pas pu à lui tout seul engloutir le budget de la France!
- Monsieur le cardinal faisait de l'aérophagie rétorqua l'intendant.
- Pardon ? fit le roi.
- Rien, rien s'empressa de dire Colbert. Il est vrai sire que feu le cardinal n'est pas la seule cause de ce désastre continua t-il. Je soupçonne de hauts fonctionnaire de l'état, actuellement encore en service - notez bien ce que je dis sire - de malverser. La chose s'est déjà vue termina t-il.
- Non ?!? lacha le roi, outré.
- Si, conclut doctement le financier.
- Des noms, monsieur ! hurla le roi.
- Sire je ne peux ! Se défendit il. Il me manque des preuves, nécessaires à l'inculpation fit-il d'une voix où perçait l'espoir.

Le roi était de nouveau prit d'un accès de rage, et ses veines commençaient de nouveau à gonfler. Il sortit un mouchoir de dentelles fines, et s'en épongea le visage, en tentant de se calmer.

- Monsieur, il réfléchit un instant, monsieur je vous confie la création d'une commission d'enquête, dont vous serez le commissaire, dit il encore essouflé.

Il marque une pause et poursuivit :

- Cette commision aura pour but de déceler toute les magouilles financières qui ont pu être organisées durant ma minorité. Vous avez carte blanche. Prenez tous les commis que vous voudrez. Epluchez les comptes, fouillez les appartements privés, débusquez les arnaqueurs, trucidez ceux qui se mettraient en travers de ma volonté fulmina t-il.

Il marqua une nouvelle pause.

- Les noms, je veux les noms de tous ces salauds !!! hurla t-il. Trouvez les, et agissez sans discrétion. Je veux que les coupables sentent ma colère et ploient sous ma volonté quasi divine !!! Je veux que ces chiens se traînent à mes pieds en m'implorant ma grâce !!!!!!!!! Je... je veux que...

Soudain la porte s'ouvrit et le mousquetaire entra en trombe en criant :

- C'est pas bientôt fini ce bordel !! Pas moyen de dormir dans ce merdrheuu heu heu !!! Aaaaaaaaaaaaargh.........

Le pauvre ne put finir sa phrase, sa gorge s'étant soudainement trouvée entravée par la lame d'une immense rapière sur laquelle le roi s'était précipité en transe. Il avait alors enfoncé l'arme avec une délectation non dissimulée dans l'organe vocal du fâcheux. Le corps s'effondra en tachant le parquet d'un sang abondant. Le roi s'agenouilla, se pencha dessus et commença à boire goulûment le liquide qui sortait abondamment du cou de sa victime. Après une longue rasade, il se releva. Il avait la bouche ruisselante de sang. Il regarda Colbert comme si de rien n'était. Ce dernier n'était d'ailleurs guère plus étonné que cela, perdu qu'il était dans ses pensées. Cette commission l'obnubilait, et il passait en revue toutes les tâches qui l'attendaient, toutes les possibilités qui miroitaient dans son esprit intelligent. C'était un bon boulot. Tiens, le roi boit du sang ? Il faudrait bien sûr perquisitionner chez le surintendant. Celui-là tombé, il ne resterait plus qu'à cueillir les autres tels des fruits mûrs. Le roi reprit la parole, la bouche toujours ensanglantée :

- Monsieur, je crois que j'ai été clair. Donnez-moi des coupables. Ne vous occupez pas de la suite : c'est mon affaire, dit il en se pourléchant les babines. Vous n'aurez bien sûr pas un sou, mais je pense qu'après notre petite opération, je serai en mesure de récompenser vos efforts à leur juste valeur.

Colbert lui fit un sourire radieux et s'inclina profondément. Le roi tourna la tête, flatté et congédia son sujet d'un geste.

- Oh! fit le roi alors que Colbert s'apprêtait à franchir le seuil de la porte. Débarassez-moi de ça dit il en désignant le cadavre du mousquetaire.

Colbert s'éxecuta et le traîna par les pieds en dehors de l'appartement. Il s'aventura dans le labyrinthe qu'est le Louvre et tenta de joindre son petit bureau dans l'aile droite. En chemin quelques-uns furent intrigués de voir ce financier d'habitude si triste, tracter vigoureusement un cadavre d'au moins quatre-vingt kilos, un sourire rêveur aux lèvres. Colbert s'en rendit compte et il décida de se débarrasser de son fardeau. Il bifurqua vers les cuisines et demanda le chef cuistot. Aussitôt qu'il lui expliqua l'affaire, le bonhomme s'illumina et le remercia chaleureusement. Sur ce il chargea la carcasse en sifflotant et disparut par une porte blindée. Colbert reprit joyeusement sa route.

***

Nicolas se mit à réfléchir. Ou plutôt à se remémorer les événements. Les événements!

Pff!

Dès les premiers jours, tout le monde avait perdu les pédales. Il n'était pas le responsable de tout ce qui s'était passé. Oh bien sûr, une fois que la mécanique s'est lancée, le démon du jeu l'avait possédé et du diable s'il s'était retenu. Qui ne l'aurait pas fait ? Qui ne l'a pas fait ? Il aurait pu gagner gros. A cette pensée il sourit. Oui, il aurait pu gagner très gros. Il soupira. Il soupirait beaucoup ces derniers temps. Le soupir est le compagnon du désespoir. La corde est la compagne de la défaite. Il faudrait bientôt trouver une corde...

- Où peut être m'en fourniront-ils une. Une solide. Avec un tabouret. Et puis tiens, il y a des moyens plus simples. M'étonnerait que ces gens là n'aient rien à me proposer...

Il en était là de ses pensées quand l'homme réapparut. Il poussa timidement la porte, et son visage apparut par l'entrebaillement.

- Vous êtes seul ? chuchota-t-il.

Nicolas était las. Et puis ******** tiens ! Il ferait front ! Il terminerait en beauté, dans la dignité. Il avait perdu soit, mais il n'avait pas démérité. Il se leva et gonfla sa poitrine.

- Entrez monsieur, fit il à l'intention de l'autre, monsieur ... ?

L'autre ignora la question et se précipita à l'intérieur en fermant la porte derrière lui. Il ne s'était pas arrangé depuis tout à l'heure. Il regardait partout et semblait angoissé.
Soudain il sortit de sous son manteau une tapette à mouches et commença à en donner de grands coups de-ci, de-là, sans raison apparente.

- Des chauves-souris ! hurla t-il. C'est le pays des chauves-souris répéta t-il.

Essouflé il se recroquevilla par terre et se mit à sangloter.

- Les chauves-souris ont tué le... le lap...pp...pin blanc ! gémit-il.

Il se releva brusquement, saisit Nicolas au col et l'attira brusquement vers lui :

- Il faut pas couper la tête au lapin blanc!! d'accord ?? vociféra t-il au visage de Nicolas.

Celui-ci avait perdu tout le peu de confiance qui lui restait devant la démence de cet illuminé. Il s'apprêtait à tenter le tout pour le tout et à l'assommer séance tenante, lorsque la poignée de sa porte tourna sur elle-même. Un homme entra suivi d'un autre... enfin pas tout à fait pareil. Plutôt poilu, plutôt petit. Les pieds très poilus, surtout les pieds. Et puis grassouillet ... heu non : carrément gras. Enfin bizarre quoi, pas du genre que Nicolas avait déjà vu.

Le premier avança vers Nicolas. C'était un homme grand et sec, entièrement chauve. Il était vêtu d'une grande robe de bure, serrée à la taille par une corde de chanvre. Il ne s'adressa pas d'abord à Nicolas, mais à l'étheromane.

- Allons Dwaine, je vous ai déjà dis que toutes ces drogues étaient mauvaises pour vous... Nt, nt, nt, fit il en secouant la tête.

Il fit un signe à son gnome, qui s'avança hardiement vers le dénommé Dwaine, qui s'était - à leur entrée - ratatiné dans un coin de la pièce. Le nabot arrivé à lui, Dwaine gémissait. Le gnome fouilla sans ménagement la veste de l'homme et en sortit une bouteille, qu'il exhiba triomphalement devant le nez de son patron. L'homme prit une mine contrite, et secoua la tête. Dwaine le regardait maintenant, complètement dejanté.

- Il n'y a plus qu'une seule solution fit le chauve, à l'intention de Dwaine qui ne captait plus rien de ce qu'il se passait.

Soudain le chauve se courba violemment, s'arc-bouta en arrière, et se projeta en avant, les mains collées paumes contre paumes mais les doigt écartés.

- Kaméhaméharghhhhh !!! hurla t-il alors dans cette position grotesque.

Nicolas crut qu'il allait déféquer. Mais alors, à sa grande surprise, et aussi à sa peur, il vit une boule incandescente se former entre les mains du chauve, et puis tout d'un coup elle partit en direction de Dwaine et explosa à son contact. Nicolas fut violemment projeté en arrière, et un épais nuage de fumée s'était soulevé, le faisant tousser. Il se releva, gémissant à cause d'une douleur dans le dos. Il regarda le chauve, qui n'avait rien, et souriait. Il regardait en direction de Dwaine. Nicolas suivit son regard, et vit un amas de chairs sanguinolentes à la place de l'illuminé. Le mur contre lequel il était adossé auparavant était maintenant pourvu d'une brèche très large qui donnait un aperçu de la chambre d'à côté. Une jeune femme emmaillotée dans un fatras de couvertures regardait, yeux écarquillés, vers le trou.

Nicolas était abasourdi. Il en avait vu des choses durant ces derniers mois, mais là, c'était le pompon. Il restait là, mâchoires pendantes, quand la voix du chauve vint le tirer de son ébahissement.

- Veuillez me suivre s'il vous plaît, dit-il. L'instruction de l'enquête judiciaire est ouverte et nous avons besoin de votre témoignage. Etant donné que vous êtes passible de plusieurs chefs d'inculpation, je vous informe que vous avez le droit de garder le silence, et qu'à partir de maintenant tout ce que vous allez dire pourra être retenu contre vous.

Et bien non, décidément il n'avait pas tout vu, pensa Nicolas. L'homme sortit et s'engouffra dans un couloir éclairé par de curieuse lampes sans feu. Le gnome poussa Nicolas qui suivit l'autre.

- Je me demande jusqu'où ça va aller. Je crois que je deviens complètement cinglé. Le meilleur moyen de m'en sortir est encore de jouer le jeu. Ils ne suivent aucunes règles? Qu'à cela ne tienne, je vais jouer au débile encore plus qu'eux.

Et il partit d'un rire sonore qui résonna dans le couloir.

***


***********************************************************

Bon la mise en page est pas top, alors je vais essayer (plus tard) d'arranger ça:)
Au passage, si qqu'un connait une parade aux bugs d'apostrophe de word, je la recevrai avec reconnaissance. Merci :)



Dernière mise à jour par : nyxl le 14/09/02 18:25

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La plume est plus forte que l'épée. Surtout si la plume est pointue, et l'épée très courte.

A vaincre sans peril, on evite bien des ennuis !!

Il faut être économe de son mépris, étant donné le grand nombre des nécessiteux


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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 12/09/02 12:06
Et ben, dis donc!

Moi, ça me plaît beaucoup, ce récit... C'est bien trash, et c'est une belle relecture de l'Histoire... Le Roi Vampire, ah, ah! Et c'était que le premier chapitre! Tu as lancé tellement de pistes qu'il va encore te falloir un bon moment avant de finir... Ca ira, tu sais où ça va arriver ou tu pars comme ça à l'aveuglette?

Sinon, pour les apostrophes, le mieux, si j'en crois Nyxl, c'est de transférer d'abord ton texte sur le bloc-note, en format .txt.


Bon, maintenant, on arrête de bavarder, on veut la suite.


--------------------
Et toujours, des bandes dessinées...

Nicole et les tueurs à gages, ça, c'est la nouveauté... qui avance, qui avance...

Le post en dessous de celui-ci est super!


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zifnab7

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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 12/09/02 12:12
En effet c'est prévu pour être assez long. J'ai déjà fini le chapitre deux, mais je veux avoir toujours un chapitre d'avance, donc il faudra attendre que je finisse le 3 pour avoir le 2. Mais c'est pour bientôt.
Sinon merci du commentaire, ça m'encourage à poursuivre :)


Dernière mise à jour par : nyxl le 14/09/02 18:41

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La plume est plus forte que l'épée. Surtout si la plume est pointue, et l'épée très courte.

A vaincre sans peril, on evite bien des ennuis !!

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Nyxl

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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 12/09/02 20:06
C'est burlesque, c'est dantesque, c'est grotesque... Bref, j'ai adoré :D ! Si vous le désirez, j'éditerai volontiers ce post pour éliminer les dernières traces d'erreurs de copier-coller. Comme ça, vous aurez plus de temps à consacrer à la mise en place de la suite !!!

Remarquez, si vous avez le temps, n'hésitez pas à fragmenter ce chapitre en 3 posts (un pour chaque volet), cela facilitera la lecture. Voilà ce que j'entendais, lors de mon premier PM, on se comprend, maintenant...

Bien à vous...


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Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
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"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."

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Gerald

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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 12/09/02 20:20
Arf:bask (onomatopée et smiley produits par un ancien étudiant en histoire qui se régale. En plus, historiquement, le règne de Louis XIV aurait presque pu commencer à peu près comme ça!) Zifnab doit être comme moi, il attend avec impatience la sortie de "Blanche", non?

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Je n'irai, plus tard, ni au café perdre ma santé, ni aux courses perdre mon argent, ni au cinéma perdre mon temps à voir des films dont les héros sont des voleurs et des assassins dignes de mépris.
(Extrait d'un manuel de morale à l'usage des classes, première moitié du XXe siècle)

Karolinus sum.


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Neitsabes

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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 12/09/02 21:30
Bien bien bien.

Argh ! Quelle horreur ! Encore pire que moi !
Rassure-toi, Zifnab, je parle de la présentation et non de l'histoire.

Donc, prochaine fois, essaie de fractionner tout ça (je sais que l'exercice n'est pas facile, moi même j'ai eu à *SBAFFFF !!* ok, ok, je faios pas de pub pour mon thread.

J'ai imprimé tout ça et je mets une critique ici dès que j'ai lu.

Bien à vous ! (c) Nyxl 2002 <- Z'êtes lourd, là, cette formule ne m'appartient pas ! (Nyxl)


Dernière mise à jour par : nyxl le 14/09/02 18:43

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Neitsabes, râleur par principe si ce n'est par défaut.

Sans jamais être incohérents, sachons cultiver les contradictions et la dualité. (Les Béruriers Noirs).


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zifnab7

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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 13/09/02 01:31
Heu Nyxl je sais que c'est un peu abuser, mais si tu pouvais éditer le post comme tu l'as si généreusement proposé, ça m'éviterait de faire une bourde :)
Pour ce qui est de fragmenter le post, pourquoi pas, mais comment fait on ? on peut le faire en modifiant ??
* j'espère que ce n'est pas précisé dans un autre thread que j'aurais raté ... pas taper !!.*

Voila voila ! Je vais peut être mettre le prochain chapitre en ligne plus tôt que prévu.

Je vois que les commentaires positifs sont surtout dus à ma "relecture" de l'histoire. Ca m'embête un peu parce que j'avais prévu que ca parte complètement en live à la fin du chapitre trois.(j'entends par là garder les persos bien sûr, mais prendre de très large libertés avec la réalité) Vous en pensez quoi ?


Dernière mise à jour par : nyxl le 14/09/02 18:44

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La plume est plus forte que l'épée. Surtout si la plume est pointue, et l'épée très courte.

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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 13/09/02 01:55
Donc comme indiqué ci-avant, je mets le chapitre deux, ou tout du moins la moitié. J'espère que cela le rendra plus lisible, d'autant que j'ai fait un petit effort de mise en page.

Je modifie aussi sec pour exprimer mon désapointement : Ouinnnnnnnnnnnnnnn ca marche pas le truc du bloc note. Snif, fit-il avant d'entreprendre la fastidieuse correction.

Hum, réflexion faite c'est pas beaucoup plus lisible. Le mieux je crois c'est de faire comme Neitsabes, c'est à dire imprimer...


Nyxl : Vérifiez bien que vous utilisez une police non-proportionnelle, telle "Courier New"; sinon, tous mes textes longuets sont rédigés directement dans le notepad et sauvé sous format *.txt. Je n'ai jamais eu de problème...

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Au regard de ce qu'il s'est passé ensuite, le lendemain peut être considéré comme le premier jour de la plus terrible guerre qu'ait connu la France jusqu'à ce jour. Les événements se précipitèrent et s'enchaînèrent à une vitesse supraliminale. Dès le réveil, tôt le matin, Colbert établit son plan de bataille et entra en action. A peine lavé, ce qui ne changeait pas de ses habitudes, il quitta le bouge infâme qui lui servait de logement et se mit à la recherche d'un page quelconque auquel il pourrait confier un message. Il chercha longtemps. Tous se dérobaient à sa vue, et aucun de ceux qu'il réussit à accoster ne voulut lui adresser la parole. Il en fut étonné et se demanda quelle en était la raison. Mais en financier qu'il était, il ne fut pas long à trouver la réponse. Il lâcha un soupir à fendre une gaufrette d'avoine centenaire, c'est à dire un soupir pas crédible...

Il entreprit de rejoindre les appartements du prince de Conti. Il s'arrêta au détour d'un couloir juste avant l'antichambre du prince et prit soin de ne pas se faire repérer tout de suite. Il regarda vivement autour de lui, et parut déçu. Finalement il jeta son dévolu sur une chaise de style qui traînait à quelques pas de là. Il s'en empara et s'embusqua derrière le chambranle. Alors un léger sourire apparut sur ses lèvres, et il tira d'une poche secrète de son pourpoint un beau Louis d'or. Il s'assura que personne ne l'avait repéré. Satisfait, il reporta son attention sur l'antichambre pour constater qu'un oisif était sur le point de s'y endormir. Alors, d'un geste sûr, il lança sa pièce, qui alla rouler dans un joyeux tintement à deux pas de lui, juste dans l'embrasure de la porte donnant accès à l'antichambre...

Moins d'une nanoseconde plus tard, le page arrachait deux lattes de plancher fumantes, sous l'effet d'un démarrage canon, et se précipitait en un plongeon de huit mètres sur le disque d'or en rugissant de triomphe. Une femtoseconde plus tard, une chaise d'époque Louis XIII s'abattait sur son crâne à une vitesse sidérante, manquant de lui arracher la tête. Colbert envoya valser son arme, et entreprit de relever sa victime par le col. Il amena son visage à hauteur du sien, et commença à le gifler. Quelques mandales plus tard, il s'éveilla difficilement en gémissant. Il regarda Colbert qui arborait un sourire franc. Ce dernier fit une mimique rassurante. L'autre lui sourit, et Colbert lui décocha un coup de boule de professionnel qui lui arracha la moitié du nez.
Il allait s'écrouler, mais Colbert le retint d'une main ferme. Ca devrait suffire, pensa-t-il. Il s'assura que le page était encore en vie, et conscient surtout. Alors il se composa un visage hargneux et parla d'une voix douce, mais chargée de menaces :

- Ecoute moi bien petite crevure, souffla t-il. Tu vas gentiment faire ce que je te dis, ou alors je peux t'assurer que ce que tu viens de recevoir ne sera qu'une douce caresse comparé à ce que je te mettrai ensuite. Crois moi, petit, continua t-il en baissant encore la voix, j'ai le bras long, et j'ai les moyens de te faire regretter tout faux pas. Capito ?
- Vi, articula difficilement le premier torturé de cette guerre.
- Bien! dit Colbert en souriant et en lâchant le page qui s'écroula lamentablement par terre.

Il releva la tête et observa le financier de son dernier oeil valide.

- Tu vas, sur le champ, filer en place de Grève. Tu te dirigeras, sans bifurquer vers une quelconque taverne, vers l'enseigne de Notre-Dame. Là tu demanderas à voir un homme. Il s'appelle d'Artagnan. Tu lui diras que l'intendant Colbert, il bomba le torse en prononçant ces mots, le mande en son cabinet du Louvre.
- Vous croyez qu'il n'y a pas de toilettes chez lui ? intervint le fâcheux.

Colbert, qui touvait que les méthodes de son royal employeur avaient du bon, envoya un coup de pied retourné au page, qui fit voler une rangée de dents. Colbert reprit son petit discours comme si de rien n'était.

- Il fera probablement des difficultés. Si c'est le cas, prononcez ces mots : "service du roi". Logiquement ce crétin devrait accourir comme s'il avait le diable à ses trousses. La fibre du sentiment royal ne l'a jamais quitté. Hé bien, il va être servi avec le nouveau, finit-il avec un rictus railleur.

Il regarda son nouveau serviteur par en dessous, comme le faisait si bien le roi, et vit qu'un sursaut de vigueur l'habitait encore.

- C'est clair monsieur ? fit il en haussant un sourcil.
- Vi m'sieur, répondit l'interessé.
- Alors exécution s'écria Colbert en frappant le valet une dernière fois pour la route.

Alors il quitta les lieux, et se dirigea vers l'aile droite du palais, celle de la surintendance.

***

Pendant ce temps, le surintendant Fouquet participait à une petite sauterie dans la salle de réception du palais. C'était la reine-mère qui régalait. Comme à chaque fois qu'une réception avait lieu d'ailleurs. Si elle n'avait pas eu le cynisme méthodique des Fouquet et des Mazarin, du moins elle avait toute sa vie durant joui de l'insouciance financière dont les femmes ne manquent jamais. Surtout quand elles sont reines de la plus grande puissance mondiale de l'époque. Aussi avait elle contribué au travail de fourmi qu'avait représenté l'assèchement des finances royales. Sauf qu'il faudrait imaginer des fourmis de la taille d'éléphants, dotés de la puissance de travail de stakanovistes dopés.

L'ambiance était bon enfant. L'habituelle débauche de mauvais goût et d'abominations intellectuelles. Nicolas adorait ces soirées. Il pouvait à loisir étaler aux yeux de tous, la puissance que lui conférait sa fortune colossale. C'est à dire qu'il se déplaçait toujours avec une dizaine de gentilhommes assez douteux, le regard féroce, la rapière bien huilée, la plume brossée... et la bourse au bord de l'indigestion aurifère.

Il était assis à la plus prestigieuse table de la salle, et devisait gaiement en jouant aux cartes. Il était en compagnie du prince de Conti, de la duchesse de Longueville, du duc de Beaufort et de quelques jeunes libertins très fier d'eux même, mais sans le sou. Les Grands les ignoraient, se contentant d'échanger avec eux les cartes adequates, avec une indifférence qui eût été vexante si les interessés n'avaient été exclusivement concentrés sur les piles de pièces brillantes amassées au centre de la table, en de belles et séduisantes colonnes.

- Monsieur le surintendant, fit la duchesse en clignant outrageusement des yeux, je suis éblouie par tant de faste, termina t-elle en désignant l'escorte de Fouquet. Se pourrait-il que vous possédiez quelque combine, que des siècles de recherches menées par la noblesse n'aient point révélée ?

Le surintendant lui rendit son sourire et répondit :

- Madame, il faut prendre l'argent là où il est : chez les pauvres, et il termina sa phrase en lui jetant un regard langoureux.

La duchesse, elle, fixait le surintendant. A hauteur de poitrine, où pendait une magnifique chaîne en or, incrustée de diamants très couteux. Tout en elle exprimait la convoitise, et ce fut Beaufort qui la ramena à la réalité, en lui flanquant une rude claque derrière la nuque. La pauvre femme se cogna le visage contre la table en marquetterie et s'évanouit.

- Toujours le même défaut sur ces modèles de luxes, fit le duc de Beaufort en soupirant.

Fouquet acquiesça d'un hochement de tête. Autour d'eux les gentilhommes attendaient impatiemment qu'il joue. Ce qu'il fit en posant négligeament un valet de trèfle au dessus de l'amas de cartes. Depuis un moment, le prince de Conti trépignait comme un gamin sur son siège. Et finalement après avoir joué lui aussi à la hâte, il se décida à parler :

- Monsieur Fouquet, comment se portent les deux millions que je vous ai donnés à placer ?

Le surintendant reporta son attention sur son interlocuteur.

- J'ai acheté le domaine de Vaux, auquel sont attachés six cent hectares de terre, réparties entre cultures, pâturages, vergers, forêts et étangs, répondit Fouquet.
- Ha! Bien, bien, fit le prince.

Il parut satisfait, mais le surintendant remarqua qu'il s'impatientait et se retenait difficilement.

- Votre altesse ?

Le prince regarda autour de lui, et s'approcha de l'oreille du surintendant pour lui chuchoter :

- Ca va me rapporter combien ?
- Hé bien voici : j'ai fait un appel d'offre pour la gestion des terres, fit Fouquet. Plusieurs bourgeois se sont précipités sur l'aubaine. Evidemment, votre altesse comprend que je ne peux m'occuper d'une telle affaire sans manquer à mes devoirs envers la couronne ?
- Parbleu ! Vous êtes surintendant répondit le prince, en invitant d'un geste son comparse à continuer.
- Il est évident que ces goujats ne sont que peu enclins à nous faire des cadeaux. Aussi pour rentabiliser l'affaire ai-je fait jouer la concurrence. Et vous savez votre altesse, comme je m'y entends ?
- Parbleu ! Vous êtes surintendant !
- Les mécréants arguaient qu'une telle entreprise impliquaient une masse de travail, et des coûts astronomiques. Je leur répondit dignement que je ne lâcherait rien à moins de deux millions l'an.
- Mon dieu, s'écria le prince en sursautant à l'annonce d'un tel chiffre.

Fouquet poursuivit imperturbable :

- Les scélérats simulèrent des crises d'évanouissement et hurlèrent que dans ces conditions il faudrait ne pas payer les ouvriers ! Je leur répondis : faites mieux messieurs, levez un impôt sur le droit de travail, vous arrondirez vos comptes !
- Ha la belle idée! s'exclama, le prince en applaudissant.
- Cette suggestion acheva de les...

Fouquet s'arrêta, et fronça les sourcils en direction du jeune de la Haute Broise qui tentait maladroitement de sortir un as de sa manche gauche. Sans un mot, Fouquet sortit un pistolet frappé à ses armes - un écureuil - et en tira un coup vers le fripon. La détonation violente fit sursauter tout le monde. La tête du jeune homme éclata comme une poire trop mûre qui tombe de l'arbre. Du sang gicla et inonda la pauvre duchesse de Longueville. Tous retournèrent à leurs affaires.

- Je disais donc, que cette astucieuse suggestion finit de les convaincre, dit il au prince, dont l'attention lui était de nouveau acquise. Les enchères purent commencer ...
- En sorte que ? fit le prince suspendu aux lèvres du surintendant.
- En sorte que monsieur Blochet a remporté le marché pour la coquette somme de cinq millions six cents quarante milles livres l'an, termina Fouquet un large sourire aux lèvre.
- Ha ! souffla le prince.

Les yeux perdus dans le vague, il béait d'étonnement. Se ressaisisant enfin, il saisit Fouquet dans ses bras et le serra virilement contre sa potrine.

- Mon dieu! vous êtes bien le surintendant.

Fouquet se dégagea de son étreinte, et se rassit.

- Voyons votre altesse, c'est tout naturel fit-il, l'air modeste.

Le prince était aux anges. Il souriait et semblait perdus dans des rêves de luxure que lui seul connaissait. Fouquet toussa.

- Hein ? fit le prince, sorti de son absence.

Fouquet lui adressa un sourire enjôleur.

- Oh ! fit Conti, sur la même longueur d'onde. Et pour votre peine ? demanda t-il dans une grimace anxieuse.
- Votre altesse, les transactions s'étant toutes déroulées en mon nom, je me suis permis de m'octroyer la totalité des revenus, pour service rendu à votre altesse, fit il en effectuant une petite courbette.

Le prince perdit toute couleur, et son visage s'affaissa. Il sembla vieillir de vingt ans d'un seul coup.

- ... fit-il.
-Je sais, le coupa Fouquet. Parbleu! Je suis le surintendant s'écria t-il en se levant et en riant.

************************************************************


J'espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire que j'en ai pris à l'écrire. Non je ne vous dirai pas à quel point ce fut une torture d'écrire ce torchon ... non ... n.. n'insistez pas je vous dis :) !


Dernière mise à jour par : nyxl le 15/09/02 09:29

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Pourquoi vous regardez ca ?
   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 14/09/02 17:22
La fin Du chapitre 2... N'hésitez pas à mettre des commentaires. Merci d'avance.

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Une foule de badauds s'était concentrée autour de la table et avait écouté toute la conversation depuis le coup de feu. A la dernière pique de Fouquet, elle explosa en acclamations, et tous se précipitèrent pour serrer la main du glorieux vainqueur.

- Ha ! s'écriait-on. Que n'est il roi celui là.
- C'est vrai ! fit un autre. Quel art de baiser les gens en beauté !!!

Des chansons à sa gloire furent improvisées alors qu'il traversait la salle pour quitter le palais, entouré de sa garde personnelle. Le prince de Conti, lui, s'était évanoui et fut laissé pour mort auprès de son infortunée belle soeur, et de l'apprenti tricheur prématurément refroidi.

Fouquet sorti ainsi du Louvre, toujours entouré par des centaines de gens hurlant sa gloire. Leurs cris allèrent résonner aux fenêtres du roi, s'engouffrant dans ses appartements comme le vent s'engouffre dans la caverne, caressant doucement les parois, mais gelant le coeur de son occupant. Maintenant des demoiselles d'honneur jetaient des fleurs sur son passage, et lui même faisait de grands signes de la main, ce qui ravivait encore les acclamations.

Autour de lui, ses dix mercenaires marchaient fièrement à ses côtés, profitant de l'honneur qui rejaillisait sur eux, repoussé par l'ineffritable paroi de dignité qui entourait le surintendant. Alors qu'il s'apprêtait à monter dans son carosse pour rejoindre sa petite maison de Saint-Mandé, un laquais de sa livrée se précipita en hurlant vers le surintendant en agitant frénétiquement les bras. Comme un seul homme, les dix mercenaires, bourrés d'un courage nouveau que leur conférait l'avantage du nombre, sortirent leurs pistolets de leurs fontes, ajustèrent le pauvre homme et firent feu. L'homme s'écroula, et ses braves assassins rangèrent leurs armes, en se félicitant l'un l'autre de leur professionalisme. Fouquet n'avait rien vu de l'incident, mais le laquais dans un dernier sursaut de vie hurla ses derniers mots :

- Monsieur Colbert perquisitionne la surintendarghhhh...

Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Fouquet vociférait en dégainant sa rapière :

- A l'attaque mes braves !

Et sa petite troupe de partir au pas de course piétinant la pauvre âme au passage, en direction de la surintendance l'épée au clair. Fouquet courait en queue de file. Ils partaient au combat contre la vermine qui osait s'en prendre à leur maître. A celui qui payait leur solde. A mort l'infâme !!! S'engageant dans les couloirs ils allèrent droit à la surintendance, tuant tout sur leur passage sans distinction.

Enfin ils débouchèrent en vue de la porte des bureaux de Fouquet. Elle était ouverte et ils aperçurent Colbert assis au bureau en train de feuilleter tranquillement un épais dossier. Alors une clameur s'éleva du groupe de mercenaires à l'assaut...

- A mort l'infâme !!!!!! hurla Fouquet pour transcender ses soldats.

Colbert tourna la tête vers eux, et sourire aux lèvres il leur fit un petit signe. Ce qui décupla leur ardeur. Prêt à embrocher scéance tenante le malotru, ils tentèrent de franchir la porte... qui se referma sur eux avec une violence inouïe, faisant culbuter toute la colonne et amochant sérieusement le premier cavalier. Les mercenaires se relevaient tant bien que mal, et regardaient autour d'eux désemparés.

- Tuez le!!!!!!!! clama Fouquet hors de lui, les yeux injectés de sang, l'épée menaçante.

Ce que voyant ils se retournèrent vers le seuil de la surintendance, qui s'ouvrit lentement, pivotant sans un bruit sur ses gonds bien huilés. Dans l'encadrure de la porte apparut un homme, plutôt petit, habillé d'un vieux pourpoint miteux, et de chausses délavées. De courtes bottes à large revers recouverts de... ce qui fut de la dentelle. Il avait le nez aquilin, et l'oeil de l'ivrogne patenté. Dans sa main droite il tenait un bout de ferraille vaguement pointu. Il se découvrit, et balaya le sol d'une plume imaginaire en saluant ses adversaires bien bas. Puis il jeta son couvre-chef derrière lui, et attendit, la moustache frétillante.

- Qui êtes vous ? demanda fébrilement un mercenaire dangereusement proche du nouvel arrivant.
- Beuh ?!? fit l'homme en se retournant pour vomir sur le parquet de la surintendance.

Voyant cela, les assaillants échangèrent des sourires confiants.

- Arrêtons les bavardages, et passons au carnage, leur lança Fouquet.

Les mercenaires s'avancèrent alors vers l'homme l'épée en avant, prêt à lui régler son compte en un instant, mais de la surintendance, Colbert s'écria :

- Service du roi !!!

A cette phrase, l'hilarité fit mine de s'installer chez les braves mercenaires, mais ils déchantèrent vite. En effet, si ces trois mots étaient risibles à leurs yeux - et reconnaissons qu'ils l'étaient à l'époque pour la quasi totalité des Français - ces trois mots donc, eurent sur l'homme un effet certain. Dans ses yeux auparavant vitreux, brillait à présent une lueur d'intelligence, et plus dangereux encore : de malice.

Les résultats ne se firent pas attendre, et pour cause, les quelques spectateurs présents eurent droit à un remake des massacres de l'époque gallo-romaine. Nous ne détaillerons pas ici ce combat tout à fait inégal : d'Artagnan - car il nous faut bien le nommer ici - était tout seul, et eux n'étaient plus que neuf. Deux à deux ils tentèrent, fébrilement de taquiner le bretteur, en vain. Celui-ci parait les coups trop timides avec une désinvolture déconcertante. Son épée virevoltait et dessinait dans l'air et dans les chairs, de délicates arabesques colorées. Une véritable oeuvre d'art ! Fouquet en fut ému, et oublia un instant, très court certes, que c'était ses hommes que l'on mettait en pièces avec une telle facilité.

Quand ils furent tous gisants, sanguinolants et agonisants, d'Artagnan s'approcha de Fouquet l'épée sous le bras. Celui ci recula d'un pas, inquiet. Mais d'Artagnan ne fit rien pour l'inquiéter, bien au contraire.

- Monsieur le surintendant, dit-il, monsieur Colbert désirerait vous entretenir finit-il, sans paraître le moins du monde essouflé par sa petite rixe.

Fouquet recula encore d'un pas, toujours pas rassuré. Comment peut on avoir confiance en un homme qui vient de trucider dix bonshommes sans être plus perturbé que s'il avait cueilli des fraises ? Mais devant l'air martial de d'Artagnan qui se tenait maintenant devant lui, en train de se lisser la moustache, et cherchant discrètement à atteindre une bouteille qui dépassait d'une poche de son pourpoint, il se décida à pénétrer dans la surintendance. D'Artagnan lui emboîta le pas, avalant de longues rasades d'un vin douteux.

Fouquet longea les étagères collées contre le mur à l'entrée, et parvint au bureau qu'il occupait d'habitude pour étudier ses dossier, et signer les papiers qui servaient les intérêts de l'état. C'est à dire les siens. Colbert était assis derrière, le plus tranquillement du monde. Il parcourait de ses yeux avides, les lignes d'un document, et ne paraissait pas avoir remarqué la présence du maître habituel des lieux. Derrière Fouquet, d'Artagnan, le visage de plus en plus rouge, continuait à s'enivrer, tout en jetant de temps en temps un oeil sur le surintendant.

Ce dernier, mal à l'aise, épongeait son front en sueur à l'aide d'un mouchoir brodé. Il glissa un regard à son pseudo garde. Voyant qu'il semblait très occupé à faire la morale à un mauvais Beaugency, il tenta dicrètement de quitter les lieux en catimini. Il n'avait pas fait deux pas, qu'il se retrouva nez à nez avec un d'Artagnan alerte qui lui barait la route, en secouant lentement la tête.

- Nt, nt, nt, fit-il en mettant ostensiblement la main à son épée.

Fouquet prit peur, et regarda éperdu, dans la direction de son inférieur hiérarchique. Ce dernier sembla enfin remarquer sa présence, et leva lle nez de sa paperasse.

- Approchez monsieur le surintendant, fit-il d'une voix suffisante.

Fouquet s'approcha, circonspect. Arrivé devant le bureau, il se tint immobile, dans la posture la plus digne qu'il put mettre en oeuvre. Il baissa un regard faussement dédaigneux vers Colbert. Leurs regards se croisèrent, et durant un long moment ils se toisèrent ainsi. D'Artagnan en finit pour achever, magnanimement, son litron. Finalement, ce fut Colbert qui détourna les yeux le premier. Il toussota, et parut enfin décidé à entamer la conversation.

- Monsieur, commença t-il, c'est au nom du roi, votre souverain précisa t-il en insistant sur ces mots, que moi, intendant du trésor royal, ai perquisitionné vottre office, pour clarifier certains points du budget, qui paraissaient douteux aux yeux de Sa Majesté, conclut-il d'une voix vibrante.

Fouquet lui décocha un sourire entendu. Colbert l'ignora. Il prit une profonde inspiration, et dans sa voix perçut la déception :

- Mes investigations m'ont révélé divers irrégularités de trois de vos intendants. Je vous passe les détails, je pense que vous les connaissez fit-il, en jetant un regard perçant au surintendant pour lire ses émotions sur son visage.
- Si vous le dites, répondit Fouquet impassible.

Colbert soupira.

- Bien, bien, souffla t-il. Les trois fautifs, les trois traîtres, corrigea t-il en crachant ces mots, seront écroués sous peu, et attendront à la Bastille la décision de sa majesté. J'aime autant vous le dire tout de suite : il en va de leur tête.

Cette fois le surintendant ne put réprimer un mouvement de surprise, et il porta son mouchoir à sa bouche.

- Les noms ? souffla t-il.
- Lyodot, d'Emery.
- ... fit Fouquet.
- Et monsieur Fouquet, votre fils.

Les deux premiers ne suscitèrent aucun émoi chez le surintendant, mais au dernier, il faillit défaillir. Il se retint, le souffle coupé, au bord du bureau. Colbert ricana ostensiblement et poursuivit en ignorant l'émoi du pauvre Fouquet.

- Quant à vous monsieur, aucun chef d'inculpation n'est retenu contre vous. Vos comptes sont blancs comme neige.

Le surintendant qui s'était remis, gonfla fièrement sa poitrine, comme pour dire : on apprend pas un vieux Londonien à tartiner son bacon de confiture !!! Colbert lut tout cela sur le visage de son adversaire. Son visage se contracta en un rictus de haine :

- Mais je sais cracha t-il, que vos ambitions sont pachydermiques !!! Vous êtes riche, mais la convoitise ronge votre coeur perverti. Rien ne vous satisfaira, que vous n'aurez placé votre derrière sur le trône. Ne dissimulez pas, fit-il en arrêtant de la main un geste de défense du surintendant. Je lis dans vos intentions comme je lirais un article de Science et Vie !!!

Fouquet haussa un sourcil. Colbert aussi.

- Peu importe, reprit-il très énervé. J'aurai votre peau !! Je n'aurai de cesse de vous chasser, de vous traquer et de vous mettre à mort!! Quo non ascendam est votre devise, n'est ce pas ? J'vais vous faire descendam fissa fissa moi !!! hurla t-il hors de lui.

Fouquet le regardait, méprisant. Colbert attendait la réplique, prêt à riposter aussi sec. Elle arriva, froide, sèche :

- Z'êtes cinglé mon vieux !!!
- DehoOoors !!! hurla Colbert en prenant à bras le corps son bureau dans l'intention de le balancer à la tête de l'insolent.

Fouquet ne se fit pas prier et s'enfuit en courant, en pensant : cette homme n'est pas mon ami. D'Artagnan esquiva, malgré son ébriété avancée, le bureau volent de Colbert, et attendit les ordres. Colbert reprit lentement son bon sens, et finit par lui dire :

- Ce sagouin va sans doute prévenir son moutard. Il ne faut pas que ce petit voleur se fasse la malle à l'étranger. Vous m'entendez ?!? cria t-il à d'Artagnan...

Celui-ci sortit un petit cornet en cuivre de sa poche et se l'enfonça dans l'oreille. Il fit alors un signe de tête à Colbert pour acquiescer. Ce dernier décida de ne pas se mettre en colère à cette boutade de vieux soldat. Il tenait à la vie le bougre !

- Vous allez donc courir chez lui. Essayez d'arriver avant son père. Si ce n'est pas le cas, faites tout pour l'arrêter. Crevez dix cheveaux pour le rattraper. Prenez le mort ou vif, finit il.
- Mort ou vif, répéta d'Artagnan en hochant la tête.

Il salua, et sortit sans un mot. Colbert, ébahi, le regarda s'en aller, se demandant s'il n'avait pas commis là une erreur. Bah l'avenir le dirait...


Dernière mise à jour par : nyxl le 15/09/02 09:45

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TYM

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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 15/09/02 03:33
Un seul mot : GRANDIOSE !

L'Histoire de France revisitée par Stuart Gordon, c'est du picaresque de haute volée...


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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 15/09/02 09:53
Merci TYM, je vais essayer que la suite soit aussi bonne que le début. Mais va falloir attendre un peu parceque j'écris pas très vite :)

Nyxl : en fait le coup du bloc-note ca marche nickel. En fait c moi ki comme un gros boulet m'étais contenté de copier le texte dans le bloc, puis de recopier à partir de celui la pour le mettre dans openBB. En fait il fallait enregistrer pour que la conversion soit effective ...
Un grand merci pour la retouche, c'est deja beaucoup plus digeste


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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 16/09/02 14:01
Ah, ah, ça y est, j'ai lu la suite... Ca va, c'est très bien et l'histoire ne s'essoufle pas. Il y a bien quelques lourdeurs dans le style, mais elles s'effacent devant l'imagination développée ici! C'est excellent, 007, et il va falloir apprendre à écrire viiiiiiiite!

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Le post en dessous de celui-ci est super!


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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 17/09/02 16:58
Double 007, agent de sa majesté, encore une affaire mener rondement.
Les critiques sont intransigeantes. Si les lourdeurs sont là, elles s'effacent devant l'imagination des plus débordantes.
Reste à savoir si les encouragements te permettront de poursuivre sans t'arrêter. Ca à l'air d'être sur la bonne voix. Je pense, qu'au point où tu en est, autant te lâcher un max. A bientôt Bigue Vador.


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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 17/09/02 17:07
Citation :
Moi :
Il y a bien quelques lourdeurs dans le style, mais elles s'effacent devant l'imagination développée ici!


Citation :
Carl Corey
Si les lourdeurs sont là, elles s'effacent devant l'imagination des plus débordantes.


Attention, je pourrais t'attaquer pour plagiat!!:c1
Mais comme j'ai plutôt un bon fond... *-hrum-*:mo8
Circulez, ça va pour une fois!:c4 (ouf, j'ai jamais vu un smiley plus ridicule...)

Nyxl : Attention, ceci est du pourrissage. Ce thread est réservé aux épisodes de "Good Morning Versailles" et aux commentaires, pas aux règlements de compte entre lecteurs... *Grumble* Mais moi aussi j'ai un bon fond... Aussi laisserai-je passer pour cette fois...


Dernière mise à jour par : nyxl le 17/09/02 18:00

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Carl Corey

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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 18/09/02 13:19
Je m'excuse d'avoir utilisé une illustrissime phrase, d'un critique sans pareil. Faut m'excuser, c'était mon premier message, et j'avais pas fait gaffe. Je lis rapidement les pages du net, et mon subconscient, a du par inadvertance, s'approprier ce qui ne m'appartenait pas. J'espère que mon estime n'aura pas à en souffrir.

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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 19/09/02 08:46
Gerald : suivant tes conseils avisés, j'ai été voir Blanche hier soir et je me suis régalé. Il faut dire que c'est vraiment, mais alors vraiment dans l'esprit de Good morning Versailles.
Heureusement que les dates de mes posts sont la pour faire foi, sinon on eut pu me taxer de plagiat.
Sinon, ce film est déjanté, outrageusement décalé. Les anachronismes pulullent, et c'est truculent.
Les dialogues sont bons, bien desservi par un Rochefort excellent et un José garcia guignolesque à souhait.
Seul point noir : Lou Doillon qui est très mauvaise. Mais ça ne gache pas le film ...
Voila.
Bientot le chapitre 3.


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Membre Chaos Elite Troops   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 26/09/02 00:40
je viens de lire les deux chapitres et je me suis regale, vivement la suite.

pourquoi c'etait pas comme ca les cours d'histoire, au moins ca aurait ete interessant


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"Ce n’est pas l’homme qui arrête le temps, c’est le temps qui arrête l’homme." Chateaubriand

"on ne va tout de même pas s'empêcher d'être heureux sous prétexte qu'une relation finit toujours mal (et au mieux, par la mort de l'un des protagonistes)." conanounet

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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 19/03/03 10:36
Voila, comme je suis de retour sur le forum, j'en profite pour poster la suite de GMV, étant donné que quelques personnes semblaient avoir apprécié. Je vais essayer d'écrire plus régulièrement (hé oui plusieurs mois depuis le dernier texte, arghh :)
Pour ceux qui ont déja lu le début, je conseille de relire la fin du chapitre précédent. Pour ceux qui n'avaient pas lu évidemment ...


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CHAPITRE 3





Une fois sorti du palais, d'Artagnan se dirigea vers les écuries où il avait laissé son cheval. Jésus. C'est le cheval qui s'appelait Jésus. D'Artagnan se dirigea aussitôt vers son fidèle destrier qu'il gratifia d'une caresse amicale. Vert. Le destrier. Il jeta sur son dos deux sacoches rebondies, visiblement pesantes. Puis il fit un tour sur lui même, et content, il détacha un magnifique mousquet, décoré de fines dorures. Au dessus du fusil, était fixé un étrange tube, fermé de chaque côté par de curieux disques de verre polis. Une sorte de longue-vue, mais non dépliable. D'Artagnan sortit de ses sacoches une petite boîte en ferraille, pas très large, mais longue d'une dizaine de centimètres. Il l'enchâssa dans un orifice adéquat sur le mousquet, ce qui produit un petit claquement sec que d'Artagnan apprécia en connaisseur. Il passa sa main droite le long du canon, et sourit à son doux contact. Il inspira profondément, et aligna le premier cheval qu'il trouva. Et appuya sur la détente. Une détonation retentit, assourdissante et vibrante. La tête du cheval explosa, et son corps s'effondra lourdement. D'Artagnan pivota sur lui même et aligna un autre canasson. Il continua ainsi à abattre les bourrins, et finalement après une dernière détonation, il enleva la boîte en ferraille et la rangea dans son paquetage. Il calcula mentalement et parut satisfait.
- Dix! fit-il pour lui même, un sourire satisfait aux lèvres.
D'Artagnan aimait le travail bien fait.
Il rangea le fusil dans sa fonte, et entreprit d'enfourcher Jésus. Il guida alors le cheval en dehors des écuries et s'apprêtait à s'élancer au galop, quand un palefrenier déboula vers lui en hurlant :
- Mais vous êtes fou ?!?
D'Artagnan piqua des deux, et son cheval piétina sauvagement le garçon.
- Service du roi !! Hurla l'ancien mousquetaire illuminé.
Le roi qui était à sa fenêtre, avait observé la scène, un large sourire aux lèvres.
- Mon dieu ! Quel homme ! Souffla t-il.


D'Artagnan fila comme le vent en direction de Saint-Mandé. Son cheval galopait à une allure folle, et ses jambes battaient à une fréquence telle, que parfois elles disparaissaient aux yeux des quelques spectateurs sur le bord du chemin, dépassant de loin la persistance rétinienne de ces pauvres mortels. A la sortie de Paris, le cavalier fit obliquer sa monture vers le sud, et la seine fut bientôt en vue. Loin de vouloir l'éviter, ou de chercher un pont, il s'élança droit sur le fleuve, qu'il traversa en un souffle, à une vitesse qui défiait les lois de la pesanteur. Jésus franchit la courte étendue d'eau comme si c'était de la terre ferme et continua sa folle course à travers champ.
Après un galop effréné d'un quart d'heure, le château fut en vue, et d'Artagnan encouragea son cheval d'un cri guerrier :
- Pinard et cassoulet !!!
Et Jésus accéléra encore, comme dopé par ses mots étranges.
Il déboula alors devant un portail en fer forgé, grand ouvert, qu'il franchit d'un bond. Il s'arrêta en dérapant dans la cour, arrachant au passage quelques pavés. Ses sabots rougis, à la limite de la fusion, fumaient abondamment.
Le cheval encore en mouvement, d'Artagnan sauta à bas, dans une acrobatie impressionnante. Il dégaina sa rapière d'un geste ample et fluide, et courut sus aux laquais qui tentaient stupidement de lui barrer la route. D'Artagnan en fit des confettis, et il ne fut guère plus ralenti par ces manants qu'un avis d'imposition ne l'est par une grève de la poste.
Il pénétra dans la demeure après avoir gravi les marches du perron. Il bavait, et criait frénétiquement :
- Hahahaaaaaaa !!! Hahahaaaaaaaa!!!
Dans l'entrée, il regarda autour de lui, cherchant une bonne âme qui lui indiquerait le chemin qui le mènerait à Fouquet fils. Un malchanceux majordome sortit d'une porte juste à côté de lui. D'Artagnan le choppa au collet et l'attira à lui sans ménagement.
- Le fils Fouquet !! Cria t-il au visage de l'homme. L'est où !!! Finit-il les yeux exorbités et les narines retroussées.
- P.. Papa ...par là, bégaya l'homme en désignant une porte au font d'un couloir.
- Merci, fit d'Artagnan avant d'égorger négligeament l'homme.
Il se précipita vers la porte qu'il lui avait indiquée. Il donna un coup de poing qui aurait terrassé un mammouth haltérophile russe, et la porte vola s'écraser contre le mur d'en face. D'Artagnan pénétra dans la chambre en trombe et chercha rapidement sa victime.
Personne.
Le lit était défait, et un bureau d'acajou était recouvert de papiers visiblement triés à la hâte. Sur une chaise, un petit coffre était posé, ouvert. D'Artagnan l'inspecta.
Vide.
Rouge de fureur, il fit valser rageusement le coffre en s'écriant :
- Pinard et cassoulet !!!!
Soudain, il aperçut par une fenêtre, un épais nuage de poussière au loin sur la route de l'est. Son sang ne fit qu'un tour, et il courut dans le couloir rejoindre son cheval dans la cour. Au passage, il embrocha encore quelque téméraires.
Arrivé dans la cour, il détacha les deux sacs du dos de Jésus, et en sortit deux casques étranges. Ils étaient longs et profilés. Un était plus long que l'autre. Il y avait de curieuses protubérances effilées sur les côtés.
D'Artagnan se coiffa du plus petit, qu'il fixa soigneusement en attachant une courroie sous son menton. Il ajusta l'autre sur le crâne de Jésus. Ainsi équipés, il sauta sur son dos, et il s'élança en direction du nuage de fumée.
Après une accélération démentielle, une grande détonation se fit entendre, et nos deux compères se retrouvèrent comme entourés d'une bulle protectrice, qui les isolaient de tout son. Autour d'eux, l'air s'écoulait en frôlant les flancs du cheval, plaquant ses poils dans le sens de sa marche sous une forte pression.
Newton qui passait par là fut témoin de la scène, et lorsque le cavalier fut disparu depuis un bon moment, il se tapa la tête d'une claque sèche et s'écria :
-Bon sang mais c'est bien sûr !!!

En un instant, ils parcoururent une distance phénoménale, et ils furent en quelques secondes en vue d'un autre cavalier qui chevauchait devant à bonne allure, quoique ridicule en comparaison de la leur. Alors, d'Artagnan tira sur une ficelle reliée à un troisième sac attaché sur la croupe du cheval, et un parachute se déploya dans un claquement sec. Leur allure se réduisit instantanément, et lorsqu'ils furent presque à hauteur du fuyard, d'Artagnan se retourna pour larguer le frein. Il poursuivit alors l'autre à une allure presque identique, ne semblant pas vouloir le rattraper immédiatement.
Alors d'Artagnan se mit debout sur ses étrier, et il sortit son mousquet à lunette de sa fonte. Tranquillement, et sans tenir les rênes, il rechargea l'arme d'un boîtier identique au précédent.
Décontractant tour à tour ses bras par quelques amples moulinets, il finit par un assouplissement de la nuque. Alors il épaula son fusil, et il entama un étrange ballet : il se mit à osciller verticalement en pliant et étendant ses genoux au rythme des bonds de Jésus. Au bout de quelques instants, il fut en harmonie totale avec sa monture, ses flexions compensant parfaitement les cahots. Il bénéficiait alors d'une stabilité surprenante.
Il prit une profonde inspiration, puis bloqua ses poumons. Il visa le cavalier.
Ce dernier était couché sur son cheval. Il s'était retourné plusieurs fois, et paraissait affolé de voir un tel démon à ses basques. Lorsque d'Artagnan l'ajusta, la peur et la panique l'envahirent.
Le coup partit.
Le bruit passa presque inaperçu dans le claquement de sabots des deux chevaux.
Et puis on entendit plus que les des sabots d'un seul cheval. Celui de Fouquet s'effondrant après que la balle tirée lui pénètre dans la tête.
Après que la balle, eut fait un bref passage désinvolte par la nuque de Fouquet fils.
D'Artagnan stoppa sa monture près des cadavres. Il admira l'oeuvre quelques instants. Le cheval mutilé s'était écrasé sur le corps de son maître déjà mort, le tordant et le figeant dans une position grotesque : la tête entre les jambes, les bras étrangement inclinés, à angle droit de leur position normale.
D'Artagnan hocha la tête.
- Joli boulot fit-il, en débouchant joyeusement une bouteille de vin que dieu seul sait d'où il la sortait.

************************************************************
**********

Voila, perso je pense que c'est très en deça de ce que j'ai fait avant, mais bon, je vais essayer de faire mieux pour la suite, qui ne saurait tarder ...



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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 19/03/03 16:18
La suite
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Fouquet père faisait les cent pas dans son appartement du Louvre. Il ne lui était même pas venu à l'idée d'aller prévenir en personne son fils. Un laquais accomplirait parfaitement cette tâche indigne de sa personne. Malgré tout, il était anxieux. Colbert aurait sans nul doute dépêché ce fou furieux de d'Artagnan. Mon dieu ! Quel homme ! Se dit-il.
Que n'en ai-je une vingtaine comme lui !
Il craignait pour la vie de son fils. Le père hériterait il de la charge d'intendant à la mort de son fils ? Ou alors est-ce le roi qui s'approprie l'office ? Ces questions le torturaient, et il se mit à pester en silence contre cet imprudent qui lui faisait risquer de perdre un beau bénéfice. De surcroît ses beaux-parents feraient sans doute valoir leurs droits pour récupérer l'Abbaye de Mont fourré. Et le beau château de Nogençay ? Le roi le fera sans doute raser à hauteur d'infamie !!! Mon dieu quel désastre !!
Fouquet se prit la tête entre les mains, et continua de marcher en tout sens. Pas un seul instant il ne pensa à ses fidèles amis Lyodot et d'Emery. Ses partenaires de toujours dans la finance, qui lui étaient dévoués corps et âmes. L'âme était déjà engagée, et bien il leur restait le corps à offrir, à ces braves gens.
N'y tenant plus, il décida de devancer les nouvelles, et rajustant sa chemise et ses dentelles, il se dirigea tête haute, vers la salle de réception du Louvre. Là se trouvait l'habituelle assemblée de nobliaux et de courtisans de bas étages. Mais cette faune constituait le service de renseignement le plus efficace au monde, pour qui savait écouter et démêler les ragôts incessant qui y fourmillaient dans un joyeux grondement. Telle était la fameuse police pseudo secrète, dont le Grand Cardinal (Richelieu) ne voulut jamais révéler le secret, et que le petit (Mazarin) s'appropria en temps voulu.
Fouquet fit une entrée remarquée. Cet homme était remarqué quoiqu'il fasse. On n'est pas la première fortune de France sans attirer les regards, qu'ils soient de convoitise, d'admiration ou de haine. Lorsqu'il franchit le seuil de la salle de réception, une clameur se fit entendre, émule de son coup d'éclat du matin. Tous se retournèrent sur son passage, chuchotant entre voisins des commentaires dont dieu seul savait la teneur.
- Mon dieu ! Je le trouve maigri fit l'un.
- Regardez : entre la troisième ride du haut et la quatrième du bas, il y en a une nouvelle que je n'avais jamais vue.
- Vous avez remarqué ? Son mouchoir est constellé de tâches de sang !! Fit un autre les yeux écarquillés.
- Quelqu'un sait ce que sont les Eléphants Apocalyptiques demanda un importun ?
Remarquant aussitôt l'absurdité de la question et quelques regards hostiles, il baissa aussitôt les yeux honteux.
Fendant la foule comme la hache fend le bois, le surintendant se dirigea d'un pas décidé vers une connaissance à lui qu'il avait remarqué - en fin courtisan - dès son entrée.
- Hé bien Monsieur de La Verrière Cassée fit il en prenant le bras d'un homme d'âge mûr, mais à l'&#339;il aussi intelligent qu'un banquier devant son client. Que pensez vous de notre jeune et nouveau roi.
- Ma foi j'en pense qu'il a les yeux plus gros que la rapière de ses mousquetaires, répondit-il un sourire carnassier aux lèvres.
- Et n'êtes vous donc pas au courant de ce qu'il se passe ?? Rétorqua Fouquet le visage impassible.
- Parbleu je le suis ! S'écria De la Verrière. Mais croyez moi, si ce jeune chiot va trop loin, les vieux briscards comme vous et moi auront tôt fait de lui rappeler qui il est.
Fouquet secoua la tête, le sourire crispé et le visage inhabituellement inquiet.
- Monsieur, je pense qu'avec cet homme là nous avons fais fausse route dès le début. Il y a plus chez lui du Grand Henri que de feu monsieur son père. Son sang est celui d'un conquérant, et son âme est plus dominatrice qu'un hérisson hémophile devant un vampire du Sabbat. Si vous m'en croyez, vous vous éloignerez bientôt de la cour, car il ne fera plus bon y montrer son scalp à moins d'y avoir caché une Kalachnikov.
De la Verrière observa pendant un instant le surintendant, étonné par ces paroles prophétiques de mauvais augure.
- Vos paroles sont sombre, finit-il par dire, Fouquet restant silencieux la tête baissée, songeur. Mais je sais que vous avez le nez plus fin qu'un &#339;nologue de combat pour ce genre de chose. Parbleu vous êtes le surintendant ! Vous présagez de mauvaises choses, mais je ferais comme vous dites.
Le maître daigna regarder son élève, et il lui souri en lui tapant l'épaule.
- Allons !! Rien n'est encore fait, et tant qu'il y aura de l'espoir et de la vie, je me battrais pour que les intérêts des grands soient préservés. La justice vaincra !! Termina t-il exalté.
Sur ces mots réconfortants, une rumeur parcouru toute la salle, se propageant d'un groupe de discussion à l'autre à une vitesse courtisanesque, atteignant bientôt les oreilles exercées de Fouquet. Pourtant loin de l'épicentre médiatique de la réception, ce dernier souffla à son comparse encore étonné :
- Le roi ! Nous serons bientôt fixés.
La Verrière eut à peine le temps de voir le surintendant se diriger vers la porte d'entrée. Il profita de la confusion pour appeler un de ses valets auquel il donna un ordre bref :
- Fais préparer mon attelage, fripon !! Et au trot.
Le valet claqua des talons et se précipita hors du palais comme s'il avait le diable à ses trousses.
La Verrière se tint quelques instant à observer les badauds se masser autour de ce qu'il devinait être le roi. Il soupira et sortit un mouchoir avec lequel il s'épongea le front tout en sueur. Rafraîchi autant qu'on peut l'être dans ces conditions, il plia avec attention le morceau de tissu et le rangea soigneusement dans sa poche intérieure, révélant à un observateur opportun s'il en fut, trois pistolet bien huilés et une multitude de petites fioles toutes aussi douteuses qu'une déclaration officielle de ministre.
- Des choses étranges se trament ici, fit il pour lui-même. Hé bien ça promet de l'amusement comme on n'en a plus vu depuis la Saint-Barthélemy, finit-il en un ricanement malsain sur lequel il quitta la salle de réception du Louvres, courant dans les bras de quelque complot ou cabale fort sournoise.
Mais revenons à l'essentiel de ce qui nous occupe ici. Le lecteur n'aura pas été sans remarquer que le surintendant, homme de beaucoup d'entendement et de politique, avait rejoins avec tout autant d'à propos le centre de la salle, que de nombreux fâcheux bien moins introduits tentaient vainement d'atteindre. L'auteur plein de sagesse propose donc à son client, qui n'a d'ailleurs pas le choix, de suivre cet homme si avisé.
Ainsi donc au centre de la salle de réception se déroulait une scène digne des meilleures pièces de Corneille, Racine, Molière et Luc Besson réunis. C'est dire.




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   Réponse au Sujet 'Good morning Versailles' a été posté le : 19/03/03 16:24
Euh, ben encore la suite ...
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En cercle autour de la scène, les spectateurs. Sur scène, trois personnages : le roi, son intendant Colbert, son capitaine des Mousquetaires d'Artagnan qui porte une curieuse boîte cylindrique sous le bras. Tous sont habillés en costumes d'époques du XVII ème siècle. Notamment le mousquetaire porte deux objets en bandouillère : une rapière fort menaçante et une bouteille de cognac pleine.

Le roi : Et donc Monsieur Colbert ! Qu'aviez vous donc de si important à me dire ??
Colbert (ostentatoire) : Sire ! L'affaire que vous m'avez confiée est en bonne voie, et un commencement d'exécution, si vous me permettez ce jeu de mot, y a été donné.
Le roi : Monsieur vous faites le spirituel ! Mais expliquez moi donc cela un peu mieux s'il vous plaît.
Colbert (humble) : Mais avant cela votre Majesté, je me permet de vous présenter Monsieur d'Artagnan, à qui la réussite de cette affaire doit tant. (Colbert désigne le mousquetaire du doigt, qui rougit à ce geste et s'incline profondément devant le roi).
Le roi : Monsieur nous vous sommes reconnaissant.
D'Artagnan (subjugué, levant sa bouteille d'un geste glorieux)) : Pour le roi !!
Le roi : Fort bien. Fort bien. Et donc Monsieur Colbert ?

Coup de tambour dramatique. Le surintendant entre en scène, impassible et viens présenter ses hommages au roi.

Fouquet : Sire, aujourd'hui encore vous rayonnez plus que le soleil ! Plus éblouissant que la pleine lune un soir d'orage en Russie ! (Petite courbette de circonstance).
Le roi : Ma foi je dois dire que je suis assez radieux c'est vrai. Voyez vous mon règne commence sous les meilleurs hospices. Et je le dois en partie à vous et votre famille, hinhinhin.
Fouquet (Un peu inquiet) : Sire c'est un honneur pour nous, vous le savez fort bien.
Le roi (faisant de petits allers-retours devant le surintendant) : C'est vrai et d'ailleurs, je compte vous honorer bientôt. C'est une idée de ce cher Colbert qui est de vos amis n'est-ce pas ?
(Colbert exécute une révérence fort bien sentie).
Fouquet : On peut dire que nous nous connaissons effectivement.
Le roi : Voyez vous, mon bon intendant comptait vous offrir une &#339;uvre d'art, que je désire moi-même voir orner vos appartements personnels. (Colbert claque des doigts à l'intention de d'Artagnan, qui aussitôt s'approche de Fouquet et ouvre à son intention la boîte cylindrique dont il a la charge. A l'intérieur se trouve la tête du fils de Fouquet avec du persil dans les oreilles et les narines)
Fouquet (incroyablement impassible) : Il me semble monsieur l'intendant que la chose serait plus décorative avec quelques rubans roses de ci delà. Peut-être votre femme, qui était couturière, pourrait-elle s'en occuper ??
(Colbert blêmi et recule imperceptiblement, Fouquet l'ignore royalement).
Le roi (souriant) : Hé bien puisque mon cadeau semble vous agréer, je suis fort aise. Mais pourquoi ne pas fêter cela dignement. Voyons voir &#8230; (il fait mine de réfléchir) hoo !! Je sais : pourquoi n'inviteriez vous pas toute la cour dans votre château de Vaux pour y donner quelques réceptions toute la semaine prochaine ???
Fouquet (très pâle à l'idée d'une telle dépense d'argent) : Puisque votre majesté le veut, je ferais selon ses désirs.
Le roi (condescendant) : Bien, bien. Allons nous divertir Colbert.

Aussitôt cet entretien déroutant terminé, Fouquet s'extirpa de la salle de réception, difficilement pour la première fois depuis longtemps, les courtisans de bas étages ne lui prêtant que peu d'attention, obnubilés par le roi nouveau.
Et le roi d'avancer radieux à travers la foule de ses sujets de plus en plus soumis à celui que quelques jours auparavant on appelait encore le roitelet. Derrière lui suivait Colbert qui se frottait les mains et jetait des regards hostiles à gauche et à droite, content de découvrir que pour la première fois de sa vie cela avait quelque effet, autre que de déclencher des éclats de rire.
Colbert se sentait bien. Il était plein d'une énergie débordante qu'il ne soupçonnait jamais avoir possédée. De plus son employeur était motivant et motivé, et une certaine complicité commençait à s'installer, même s'il était toujours très effrayé par ce personnage hors du commun. Il est vrai que le roi avait montré des talents et une vigueur assez incroyable depuis quelques temps. Et puis toutes ces femmes qu'il commandait dans sa chambre, et qui ressortait sur des civières, livides. Certes ce n'est pas lui-même qui s'en serait plaint. Cela réduisait d'autant les dépenses inutiles en bijoux et autres pacotilles aussi inutiles que des Kouglofs à répétition. Bah, de toute façon, les habitudes du roi ne le regardaient en rien, et il fallait profiter au maximum des vents favorables qui semblaient souffler pour lui. La partie promettait d'être belle.
Pendant que le roi et son fidèle serviteur prenaient un de leurs premiers bains de foule, un homme au fond de la salle, à l'écart de tous les regards, envoyait de magnifiques ronds de fumée vers le plafond. On ne distinguait rien du visage de ce mystérieux personnage, encapuchonné qu'il était dans son manteau de cuir marron délavé. Il portait un pantalon du même cuir, et des bottes souples dénuées des habituelles dentelles et autres frivolités barba papa du même style. A son côté pendait une épée en croix, sans garde ouvragée, et très, très large.
I Il gratifia son environnement de quelques bouffées supplémentaires, et puis disparu aussi simplement qu'on pourrait le faire si on pouvait le faire. Il n'y eut personne pour remarquer ce nouvel incident pour le moins intéressant.
Et le palais se vida aussitôt que le roi se fut enfermé avec son intendant dans son cabinet de travail. Et le silence s'installa tel le squatteur importun qui vient s'incruster dans une conversation. Mais le vide environnant était bien trop fatigué pour se disputer la suprématie avec lui, et resta bien sage jusqu'au lendemain.


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La plume est plus forte que l'épée. Surtout si la plume est pointue, et l'épée très courte.

A vaincre sans peril, on evite bien des ennuis !!

Il faut être économe de son mépris, étant donné le grand nombre des nécessiteux


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