Advocatus Diaboli ex Machina & Orangina Rouge

-= Chaos Demons =-
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La Lignée d'Asior a été posté le : 05/09/02 19:33
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Bon, c'est décidé. Je m'y mets aussi ! 
A quoi ? Ben à pourrir ce forum de mes élucubrations scripturales pardi ! 
Alors voilà la bête :
Prologue
L'homme courait en sautant par-dessus les buissons d'épines. Son haleine exhalait une odeur de peur et de volonté mêlées qui trahissait un être au-delà de ses limites. Il était épuisé. Pourtant, il s'ingéniait à forcer l'allure, allongeant ses foulées.
Il savait que s'arrêter reviendrait à un suicide et c'est pourquoi il puisait ses dernières énergies dans son effort même, se répétant sans cesse les raisons qui l'avaient amené ici : la mort de son seigneur, les tortures endurées et l'espoir de tout un peuple au creux de ses bras.
Il repensait à son audace, à ses compagnons perdus pour toujours et surtout à Siegfried, le brave qui avait donné sa vie pour couvrir sa fuite. Tous les derniers événements se bousculaient dans sa tête pendant qu'il courait ; il revoyait les corps des gardes qu'il avait occis, le roi Yavin l'appelant à son chevet, l'assaut du palais impérial, la traîtrise et l'attaque des Hordes Sauvages sur leur flanc, les armées des derniers royaumes libres décimées, son village natal et sa tendre Sohaya... les reverrait-il un jour ?
Il devait bien avoir une dizaine de lieues depuis le château et il maintenait son allure. Il s'était réfugié dans cette forêt en pensant ralentir ses poursuivants, ou plutôt ses poursuivantes, car il les avait bien reconnues : les Amazones de l'Empereur.
Elevées dès leur plus jeune âge dans la tradition guerrière, ces femelles lui étaient dévouées corps et âme : elles n'hésitaient pas à se couper un sein pour ne pas être gênées lorsqu'elles tiraient à l'arc. C' est pourquoi elles étaient facilement reconnaissables : des femmes toujours belles, souvent blondes aux yeux verts ou brunes aux yeux violets, amputées d'un sein, un arc long dans le dos et des dagues de lancer à la ceinture, vêtues de collants verts et d'un pourpoint en cuir rouge portant leur emblème : un centaure aux sabots enflammés se cabrant et faisant face à un arc bandé. Elles formaient des cavalières et des archers hors pair. Capables d'atteindre l'aile d'une mouche à cent pas sur un cheval lancé au galop, elles étaient les seules que les centaures acceptaient sur leur croupe ; parfois, leurs chefs montaient des chevaux de cauchemars, ces êtres magiques et maléfiques, résultat d'un croisement entre un démon et un cheval, ressemblant à des chevaux avec la chair à vif, à la crinière et aux sabots enflammés, soufflant des flammèches vertes par leurs naseaux.
Le fuyard entendit un sifflement aigu avant de sentir la douleur dans son épaule gauche. Bien que la flèche se fût fichée profondément, il roula sur lui-même en évitant de heurter son précieux paquet qu'il n'avait toujours pas abandonné depuis sa fuite effrénée du palais. Sans même se retourner ou porter sa main à sa blessure, il se releva et continua de sauter les arbustes et d'éviter les arbres en reprenant de la vitesse.
Brusquement, un cor retentit puissamment et sembla emplir la forêt tout entière. Des aboiements féroces lui firent écho ainsi que les cris de furies assoiffées de sang et ivres de rage.
La chasse à l'homme durait maintenant depuis plus d'une heure et Roland sentait ses forces décliner, car, bien qu'il fût de la lignée d'Asior, il n'en était pas pour le moins qu'un humain.
Or, il le savait, les Amazones ne connaissaient pas la fatigue et étaient réputées pour leurs traques qui pouvaient durer des semaines entières, massacrant tous ceux qui se dressaient sur leur passage. Elles constituaient donc de terribles adversaires et, bien qu'elles les détestassent, elles n'hésitaient pas à enlever quelques mâles lors de leurs razzias pour assurer leur reproduction, tuant tous les individus de sexe masculin après la naissance de leurs filles. Les plus vieilles d'entre elles atteignaient rarement l'âge de quarante ans, mais elles ne vieillissaient pas, gardant jusqu'à la mort la beauté et l'agilité d'une femme de vingt ans ; les rumeurs populaires prétendaient que leur âme vendue aux démons se consumait plus vite en échange de ces facultés.
Pourquoi ces vieux ragots de pactes démoniaques me viennent-ils à l'esprit maintenant ? pensa-t-il.
Il jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule malgré sa blessure qui le faisait souffrir horriblement et, en voyant le sous-bois s'embraser, il eut un éclair de lucidité et comprit ce qui lui arrivait.
On lui réservait un traitement spécial, on voulait le prendre vivant !
Sinon, comment expliquer le nombre de Chevaucheuses - c'est comme cela que l'on appelait leurs commandants - à sa poursuite ? Car ce brasier ne pouvait être que le résultat du passage de leurs destriers ; l'odeur soufrée et les reflets verdâtres des flammes en étaient la preuve. Et c'étaient ces mêmes monstres qui tentaient de le déstabiliser par leurs pouvoirs télépathiques en influant sur ces souvenirs et le déroulement de ces pensées.
Il prit alors une profonde inspiration, jeta un dernier regard sur son butin qu'il blottissait toujours dans ses bras, et ne se concentra plus que sur une seule chose : courir, courir et courir encore.
Juste avant de se plonger dans cet état second de concentration extrême, il eut une pensée pour Stilnicius, un mage de guerre qui lui avait appris cette technique pour contrer les attaques mentales et disparaître du champ de conscience des télépathes.
Ce bon vieux et grincheux Stili... Mais il devait courir, toujours courir, encore plus vite et plus loin ; l'avenir du Monde en dépendait.
Roland continuait sa course effrénée à travers les bois. Sa peau était lacérée par les branches qui lui fouettaient le visage, on pouvait distinguer dans son dos, sous le flot de sang s'écoulant de son omoplate, un tatouage représentant deux haches de bataille croisées sur fond de soleil levant et de mer tranquille, c'était la marque de reconnaissance des Capitaines de la Garde Royale des Seigneurs d'Adori dont son surcot taché de boue et de sang séché portait la livrée : la lance d'Asior plantée dans la mer, sa pointe d'argent vers le ciel luisant à la lumière du levant. Cela faisait longtemps que Roland avait ôté son armure pièce après pièce ; maintenant, seule la vitesse comptait. Il avait juste gardé son épée et son bouclier qu'il portait dans le dos pour éviter que les furies ne l'abattent trop facilement ; celui-ci était d'ailleurs criblé de flèches à l'empennage rouge et noir.
Les Amazones se rapprochaient dangereusement, Chevaucheuses en tête. Elles hurlaient et vociféraient, alternant leurs cris perçants avec des sons rauques et caverneux.
Les aboiements avaient nettement diminué, mais la colère des poursuivantes semblait grandir. Les chiens n'arrivaient pas à suivre la cadence apparemment. Ceci eut pour effet de donner un nouvel espoir au fugitif qui sentit en lui un regain d'énergie. Il accéléra.
Courir... Courir... Courir...
Soudain, une seconde flèche vint se loger dans son épaule droite et, malgré son épuisement, le courageux chevalier réussit à encaisser le choc sans même ralentir. C'était comme s'il ne sentait plus la douleur physique. Il repensait à l'enseignement de Stilnicius...
L'âme transcende le corps. Parfois, un être particulièrement entraîné et extrêmement doué peut s'évader de son corps et parvenir à l'ultime conscience et, bien que mortel, devenir un Maah, un esprit pur, son esprit en tant qu'entité...
Pourtant, Stili lui avait toujours répété que les seuls humains à y être parvenus étaient les membres des familles royales des Temps Anciens ; Asior avait été le premier ; puis, le règne de Chilâh était venu... les Temps Effroyables...
Peut-être la peur et l'effort combinés...
Qu'importe ! Il ne pouvait pas se permettre de comprendre ! Il fallait agir et tout avantage serait le bienvenu. Il amplifia donc son champ de conscience, et, tandis que son corps courait, serré de près par les chevaux-démons, il vit la Vérité.
Dès lors, il connut son destin et sut qu'il en était prisonnier à l'instar des elfes. Il sut pour l'Empereur Plukrâh, cet être ignoble et cruel.
Cela le fit rire ; ce qui lui rappela la douleur dans son corps dont il était déjà loin alors qu'il s'élevait au-dessus des arbres.
A ce moment-là, une forme bleutée lui apparut, c'était une silhouette humaine et une aura chaleureuse et bienfaisante semblait en émaner : c'était Siegfried.
<< Ami, ne t'égare pas. Ne dévie pas de ton but.
- Siegfried ! Tu n'es donc pas mort !
- Tu es ici sur le plan des Esprits et un guerrier n'y accède que par la porte du trépas. J'ai entendu ton appel et, comme du temps où je n'étais qu'un simple mortel, je ne faillirai pas à mon serment de protéger le fardeau que tu as accepté de porter, dussé-je disparaître totalement !
- Mais, je ne t'ai pas appelé.
- J'ai ressenti que tu avais besoin d'aide.
- Seul contre une armée ! Moi, avoir besoin d'aide ? ironisa-t-il pour ne pas penser à sa détresse.
- Silence ! tonna le spectre. Tu ne sais pas comment fonctionne ce monde ! Nous, les Mahs, ne pouvons pas intervenir sur la matière.
- Alors, je ne vois pas comment tu pourrais m'aider, dit-il, avec une note de désespoir.
- Assez parlé ! Tu n'es pas de taille à lutter dans le Domaine des Esprits ! Ta seule chance de survie est sur le plan physique ! Retourne à ta tâche ! gronda-t-il en pointant un index bleuté vers le corps de Roland.
Le valeureux Capitaine de la Garde se sentit alors aspiré vers la terre et, tandis qu'il réintégrait son corps toujours en train de courir, il vit deux formes évanescentes se brasser comme un grand guerrier bleu affrontant un immense cavalier noir monté sur un cheval rouge avec la voûte céleste comme arène.
Après avoir donné sa vie, Siegfried sacrifiait son âme pour protéger son ami et le colis que Roland serrait contre sa poitrine. Il fallait tenir bon.
Alors qu'une Chevaucheuse le tenait presque à sa portée, Roland obliqua brutalement vers le fleuve qui serpentait sous les frondaisons dont les dessins complexes se découpaient et s'entrecroisaient, ombres noires sur fond de pleine lune. Il étirait son long ruban d'argent depuis la chaîne de Ménélané pour aller se jeter dans la mer d'Orannon. L'eau était couleur d'argent et le clapotis des vaguelettes contre les rochers allié à la douceur de l'air donnait l'impression d'une tranquillité illusoire.
Roland ne disposait plus que de quelques minutes avant l'arrivée des cruelles chasseresses. Il déposa délicatement le panier sur l'onde et le poussa à l'aide d'une perche.
Puis, il tira son épée, se mit en garde et vérifia l'assise de ses jambes fatiguées, éprouvant dans tout son corps l'étrange sensation d'une mort imminente.
Déjà une Chevaucheuse surgissait du sous-bois, ne laissant derrière elle qu'un vaste brûlis saupoudré de cendres. Sa terrible monture secouait vivement la tête et ses naseaux soufflaient puissamment leurs flammes verdâtres, lorsqu'elle se rua sur sa proie.
Le chevalier fit un bond de côté tout en taillant le flanc de la bête à la robe rouge sang qui s'écroula dans un horrible hennissement.
Malheureusement, Roland avait présumé de ses forces et ses jambes lui firent défaut lors de sa réception. Il gisait à terre quand elle s'approcha de lui, dague en main. Elle soupesa son arme en la tenant par la pointe pour en apprécier l'équilibre, visa, et lança sa lame acérée. Roland pressentit l'événement avant même qu'il ne se produise et put donc anticiper le mouvement de son adversaire. Il roula à terre et le couteau vint se planter juste à côté de lui.
Décidé à ce que la mort de Siegfried et des autres ne soit pas vaines, il rassembla son courage et s'élança vers la splendide jeune femme dont la beauté était altérée par le rictus de haine qui animait ses lèvres purpurines. Elle vociféra des insultes à l'encontre de son ennemi et se jeta sur lui dans un rugissement féroce qui s'acheva en un râle sur Drakûloane, la Lame du Dragon, l'épée royale de la maison d'Asior que le seigneur Yavin avait confié au Capitaine juste avant de succomber.
Cette lame sacrée avait été fabriquée par les plus grands orfèvres et forgerons Mélaros lors des Temps Anciens. Elle disposait de grands pouvoirs et ne pouvait être utilisée que par un membre de la famille royale. Son manche représentait la tête d'un dragon d'or aux yeux d'émeraude ; sa garde, incrustée de pierres précieuses, se recourbait de part et d'autre de la lame avec, à droite, le soleil levant et, à gauche, la mer ; formant ainsi le symbole de la Maison d'Asior. Quant à la lame, richement damasquinée, son fil était si finement aiguisé et son métal si solide qu'elle était capable de trancher les matériaux les plus durs comme du simple papier.
Roland regardait attentivement cette arme qui ne pouvait être ni salie ni ternie car le sang glissait dessus. Il la regardait dégoutter, lorsqu'elle brilla d'un bleu froid à la base de la lame alors qu'il pointait l'épée devant lui.
Dans un mouvement aussi rapide que fluide, il tournoya sur lui-même avant de revenir dans sa position initiale, ayant coupé en deux l'Amazone qui s'apprêtait à le poignarder lâchement.
Maintenant, une lueur bleue flamboyait sur tout le pourtour de sa lame.
Encerclé, Roland, sentant ses dernières forces le quitter, ne se concentra plus que sur son environnement et son esprit combatif, demandant à Drakûloane de l'aider.
Ne faisant plus qu'un avec l'épée, celle-ci se comportant comme le prolongement de son bras, les cadavres s'amoncelaient autour du chevalier protégé des traits par un champ de force maintenu par la Lame du Dragon.
Il jouait de son arme avec dextérité et chaque coup qu'il portait se soldait par la mort d'un de ses ennemis, mais le nombre de ses adversaires et leurs multiples assauts sans relâche ne lui laissait aucun répit ; tant et si bien qu'il commença à se laisser déborder.
Prenant conscience que sauver l'épée était aussi important que le colis qu'il avait confié à la providence, le Capitaine de la Garde du royaume d'Adori pivota et lança celle que désormais on appellerait l'Epée de l'Espérance le plus haut et le plus loin qu'il pût, mettant dans ce geste toute l'énergie qui pouvait lui rester.
Un éclair d'argent traversa alors la voûte céleste et disparut dans une étoile pourpre qui s'éteignit dans un flamboiement ambré.
Ebahi par ce spectacle aussi prodigieux qu'étrange, Roland ne vit pas le kamba que la Grande Chevaucheuse plongeait alors dans son dos. Il tomba au milieu de la quarantaine de cadavres des Amazones, chevaux-démons et centaures auxquels il avait accordé le repos éternel.
Une douce torpeur s'empara de lui, l'étrange sentiment d'un repos mérité et d'une mission accomplie l'envahissait. Il mourrait en paix avec l'espoir que son sacrifice, comme celui de ses compagnons, ne serait pas inutile.
Et, tandis qu'il sentait la vie s'en aller, un petit panier filait déjà loin sous la lune argentée, emportant à son bord un enfant.
Voilà, voilà.
Excusez-moi si j'ai trop posté d'un coup ou s'il manque des italiques car c'est bien la première fois que je livre ceci ; alors, je me récupèrerai la prochaine fois en essayant de mieux calibrer tout ça.
Maintenant, j'attends vos avis éclairés.
MAJ : Ca y est, j'ai un peu relooké tout ça pour faciliter votre lecture ! 
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Dernière mise à jour par : Neitsabes le 05/03/03 14:03
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-------------------- Neitsabes, râleur par principe si ce n'est par défaut.
Sans jamais être incohérents, sachons cultiver les contradictions et la dualité. (Les Béruriers Noirs).
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Réponse au Sujet 'Dès que je trouve un titre...' a été posté le : 05/09/02 19:52
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Ouf ! Cinq petites choses :
1) Aïe les yeux ! Les retours chariot entre les paragraphes, de grâce, qu'on puisse souffler de temps en temps ! Alors, si vous n'utilisez pas le bloc-notes de Windows, évitez les "copier-coller" qui dévastent la ponctuation des meilleurs textes... Une présentation aérée, que diantre, assurera le succès de vos histoires plus sûrement qu'un texte d'un seul bloc, aussi bon soit-il ! (C'est valable pour tous)
*mode pourrissage on*
(J'en profite pour faire une parenthèse : on me reproche souvent d'avoir opté pour une méthode de diffusion de mes récits qui fait soi-disant gonfler mon postcount et mes réserves de PO . Je tiens une fois encore à réfuter cette accusation. Si je fais des posts courts et répétés, c'est justement pour faciliter la lecture pour celui qui découvre, et la correction en ce qui me concerne : j'ai plus facile à corriger une faute de langage dans trente lignes que dans cent-cinquante. Ensuite, pour les PO, c'est rapé : les posts successifs n'engendrent aucun gain de ce côté là. Pour l'XP ? Le gain des posts répétés est le même qu'un seul post trop long pour être lisible...)
*mode pourrissage off*
2) Je trouve dommage que vous prêtiez forme aux rumeurs aberrantes concernant les moeurs des amazones. La légende comme quoi elles s'auto-mutilaient est bien cela, une légende. Il est bien des méthodes pour une femme pour dissimuler / comprimer sa poitrine, et aucune ne date du siècle dernier, si vous voyez ce que je veux dire. Ensuite, leur prétendue haine des hommes est largement surfaite : c'étaient des femmes guerrières très protectionnistes, et très isolationnistes. Ce qui a fait d'elles des "tueuses d'hommes", c'est simplement la vanité des mâles qui ont eu l'occasion de les affronter au combat et qui ne supportaient pas l'idée qu'une femme puisse être meilleure combattante qu'un homme ! (Le respect pour la femme, par contre, c'est tout à fait récent) Bon, ça c'était la parenthèse féministe. J'aime bien les amazones, moi ! 
3) Le coup de l'épée, c'est pas un peu grosbill ? 
4) L'histoire est dense. Très dense : je n'ai pas décroché avant d'atteindre la dernière ligne, à ma grande déception... 
5) A quand la suite ? 
Bien à vous !
MAJ : bon, je m'explique. Si j'ai été déçu en arrivant à la fin du prologue, c'est bien parce que c'était la fin du prologue et que je suis resté sur ma faim. Enfin, ce n'était pas propos si fin qu'il faille me poser la question afin de mieux le saisir... Ca va mieux maintenant ? 
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Dernière mise à jour par : nyxl le 05/09/02 20:31
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-------------------- Considérez-moi comme un rejeton du chat de Schrödinger. Ou alors un lointain cousin du démon de Maxwell...
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"Coupez Bruxelles dans le sens nord-sud, donnez la partie ouest au Royaume-Uni et la partie est aux Allemands. Ainsi, vous mettrez tout le monde sur un pied d'égalité, car toutes les parties râlerons avec la même intensité."
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Réponse au Sujet 'Dès que je trouve un titre...' a été posté le : 05/09/02 20:15
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Citation :Message de nyxl
4) L'histoire est dense. Très dense : je n'ai pas décroché avant d'atteindre la dernière ligne, à ma grande déception... 
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| Euh, ami Nyxl, je ne vois pas en quoi c'est un défaut ? 
Malheureusement, ces Amazones n'ont de commun avec celles que nousconnaissons que ce que j'en ai décrit, comme tu pourras le constater plus tard... 
Sinon, j'ai effectivement fait un "copier-coller" depuis mon fichier Word car je n'avais pas le temps de restructurer mon texte pour le format du forum, mais je promets d'éditer avant de me coucher.
Pour le "pourrissage", je le comprends aisément car, vous avez pu le constater de par ma prose disséminée un peu partout dans ces pages, je fais de même... 
Pour la suite, j'attends de pouvoir éditer tout ça.
Mais je vais suivre le sage exemple de Keri en postant régulièrement toutes les semaines au minimum.
Cela vous convient-il ?
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Dernière mise à jour par : Neitsabes le 05/09/02 20:42
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Réponse au Sujet 'Dès que je trouve un titre...' a été posté le : 06/09/02 18:48
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Citation :Message de Swan
Est-ce un roman terminé ?
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Oui, c'est un roman. Non, il n'est pas terminé, loin de là d'ailleurs... 
Arf ! Peut-être bien des chroniques même... 
Citation :Et est-ce que vous comptez l'envoyer à des éditeurs papier ?
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Ma foi, c'est un des rêves que j'ai caressé bien des fois mais vu l'assiduité dont je fais preuve, je pense que ceci restera l'oeuvre de ma vie inachevée... :'(
Pour le "déjà vu", je le sais bien mais ces lignes remontent maintenant à quelque chose comme 5 ans... Et comme j'ai pu l'expliquer à Nyxl via PM, à l'époque je ne possédais pas encore toute la culture nécessaire pour entreprendre quelque chose de ce type (si tant est que je l'ai aujourd'hui bien sûr... ).
NB : Le petit prince deviendra grand oui, mais pas vraiment super héros dans 20 ans... 
Et pour les Amazones, laissez-moi bâtir mon univers comme je l'entends bon sang !
En tous les cas, merci beaucoup pour vos félicitations. Cela fait vraiment chaud au coeur ! 
PS : Chère Swan, vous pouvez bien évidemment me tutoyer. Nyxl me gêne déjà bien assez ! 
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Dernière mise à jour par : Neitsabes le 06/09/02 18:52
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Deuxième chergement ! a été posté le : 08/09/02 09:55
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Chapitre 1 : Une journée Ordinaire
<< Jean... Jean ! Réveille-toi enfin !
Le jeune homme ouvrit des yeux encore emplis de sommeil et porta son regard vers le radio-réveil dont les chiffres rouges et luminescents indiquaient sept heures et demie. Il s'assit sur son lit, s'étira et se frotta les yeux avec ses poings. Puis il demanda d'une voix ensommeillée :
<< T'as préparé le p'tit déj ?
- Oui, mon amour. Mais qu'est ce que tu as ? Tu es tout trempé. C'est encore ce rêve, je parie.
- Ouais, je crois bien. Je sais pas pourquoi, mais ce truc me poursuit depuis que je suis tout petit, dit-il en se redressant sur ses coudes.
- Bon, de toute façon, il faut que tu te lèves si tu ne veux pas être en retard à la fac. Prends ta douche pendant que je réchauffe le café.
- Je croyais que le petit déjeuner était prêt.
- Il l'est. Mais je n'ai pas eu le coeur de te réveiller après un sommeil si agité, et qui plus est, le jour de ton anniversaire, répondit-elle de sa voix douce et chaleureuse tout en s'éloignant vers la cuisine.
Jean se dressa hors de son lit et ouvrit la porte de la salle de bain qui était attenante à la chambre. Il se dévêtit et ouvrit seulement le robinet d'eau froide afin d'achever de se réveiller et de se remettre les idées en place, car son esprit était embrumé, comme chaque fois qu'il faisait ce rêve.
Il en avait même oublié son anniversaire.
Pourtant, celui-ci était important : vingt ans. Un âge mythique. L'entrée dans l'âge adulte, pas comme la majorité légale qui ne signifiait pas grand chose. Non vingt ans, c'était l'âge où on devenait un homme aussi bien physiquement que mentalement, puisqu'on était plus facilement reconnu comme tel par ses parents, ses amis et, surtout, par les tiers. Il est vrai que maintenant on l'appelait "Monsieur", lorsqu'il se rendait au restaurant, ou dans tout autre lieu public, en compagnie de Daphné, et non plus "jeune homme", le tout assorti d'un regard torve comme s'il eut représenté un danger potentiel.
Oui. Ce jour était important selon les conventions et les traditions. Jean aurait dû ressentir quelque chose de particulier. Mais quoi, au juste ? Une brusque envie de se précipiter à la fenêtre et de crier sur tous les toits une joie et une fierté qu'il n'éprouvait pas, un désir barbare de se saouler ou la tentation de se droguer parce que "vingt ans, ça se fête !", comme disaient les copains ?
Non, décidément, rien de tout cela. C'est pourquoi il avait accepté sans mot dire la proposition de Daphné d'une soirée en amoureux, qui lui reprochait souvent de la délaisser au profit de ses amis.
Les femmes sont exclusives, pensa-t-il.
Bah, il aurait tout le week-end pour fêter son birthday avec ses amis.
Jean laissait ainsi vagabonder ses pensées sous l'eau froide tandis que sa peau était traversée de frissons quand Daphné tapa à la porte et entra.
<< Et bien, je ne sais pas ce que tu as ce matin, mais, ce qui est sûr, c'est que tu vas louper tes cours si tu continues !
Elle ferma le robinet et lui tendit sa serviette avant de se blottir dans ses bras et de déposer un baiser sur ses lèvres qui réchauffa Jean dans tout son être. Un frisson parcourut son échine.
Elle était belle avec sa longue chevelure auburn qui encadrait son visage en retombant sur ses épaules. Ses yeux d'un bleu proche des lagons des Antilles étaient rivés sur le visage de Jean encore ruisselant. Les deux amants s'étreignirent avec force et passion et le chemisier blanc de Daphné se tacha de transparence. Jean fit glisser ses mains caressantes le long du corps de sa dulcinée ; ils s'embrassèrent tendrement et... le téléphone sonna.
Voilà, après vos encouragements, je me suis dit qu'un second bout ne serait pas si mal perçu que ça.
Alors, voyons si la quantité postée est lisible cette fois-ci. 
PS : Je me demande si j'ai bien écrit "sept heures et demie" ?
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Dernière mise à jour par : Neitsabes le 24/09/02 22:54
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Et on en remet une couche ! :) a été posté le : 09/09/02 20:14
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L'horloge à quartz marquait sept heures et cinquante cinq minutes. Daphné décrocha le combiné et Jean sauta dans son jean, enfila sa veste et but son café d'un trait au risque de se brûler la langue. Il envoya un baiser d'une main à sa compagne et partit en courant en laissant la porte ouverte.
Une fois dans la rue, il se précipita, tout en se rembraillant, dans la bouche de métro qui faisait l'angle avec l'avenue Victor Hugo. Il arriva sur le quai alors que le signal de fermeture des portes retentissait et fit un véritable plongeon dans le wagon et laissa sa chaussure dans la gueule vorace des joints de caoutchouc qui se refermait et tentait de digérer sa Dr Martin's.
Cette entrée remarquée lui valut quelques regards et sourires moqueurs, indignés, étonnés, voire impressionnés.
Arrivé à la station de la Faculté des Sciences, Jean sortit le premier et récupéra sa chaussure au passage. Au fur et à mesure qu'il gravissait les marches des escalators quatre à quatre, il se dirigeait vers la sortie la plus proche de sa salle de cours.
Tout à coup, il réalisa que dans sa précipitation, il avait oublié de prendre son ordinateur portable à l'intérieur duquel étaient stockés tous ses cours ainsi que la quasi-totalité de ses notes. De toute manière, il n'avait pas risqué de se rompre le cou et interrompu une matinée prometteuse avec Daphné pour rien ! Il fouilla alors dans ses poches pour y trouver son carnet de notes ainsi qu'un stylo. Jean, bien qu'il disposât d'un agenda électronique, gardait toujours sur lui ce matériel qui ne pouvait pas tomber en panne et d'un accès plus rapide que tout assemblage de soudures et de plaques de silicone, car rien ne remplacerait l'immédiateté du crayon et du papier, pensait-il.
Conscient qu'il devrait plus tard recopier ses cours de la journée, Jean se dirigea d'un pas décidé vers la salle d'informatique devant laquelle les étudiants de sa promotion se massaient. Il avait de la chance. Le professeur était en retard. Ses copains discutaient tranquillement, café et cigarette en main. A la vue de cette scène, pourtant familière, Jean Dormieu eut un sourire. En effet, il pensait que si le monde estudiantin avait besoin d'un emblème, c'étaient ceux-là.
La clope et le café comme symbole. Des flemmards drogués, voilà ce qu'ils sont. Quand ils ne râlent pas pour avoir une pause ou des vacances supplémentaires, ils se contentent de prendre en abondance les autres drogues du marché pendant les week-ends.
Mais enfin, d'où me viennent ces étranges pensées ? Je n'avais jamais considéré mes amis comme des drogués auparavant. Certains sont mêmes irréprochables et je fais moi-même partie de l'archétype que j'ai défini.
Un étudiant s'approcha. C'était un jeune homme blond avec une coupe au bol dont les pointes rebiffaient vers ses yeux, les encadrant tel un masque. Il ne devait pas être bien plus âgé que Jean, un ou deux ans peut-être, mais il émanait de lui une sorte d'aisance naturelle, une certaine assurance, ou plutôt une assurance certaine.
Voilà ; alors, votre avis please.
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Dernière mise à jour par : Neitsabes le 24/09/02 16:19
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Sans jamais être incohérents, sachons cultiver les contradictions et la dualité. (Les Béruriers Noirs).
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Une journée ordinaire a été posté le : 09/09/02 22:33
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Non, c'est sûr que Jean et Daphné n'ont strictement rien à se dire... C'est pour ça qu'ils baisent ! 
OK, je sors.
*s'en va*
*revient au dernier moment à la Columbo*
Au fait, j'avais oublié un truc... 
Bon, comme là il s'agit d'un dialogue, je me permets de tout vous donner d'un coup vu que ça se lit plus vite.
<< Hé ! La Nuit, comment va ?
Jean fut tiré de ses pensées et se rappela l'origine de ce sobriquet ridicule dont Philippe l'affublait depuis le collège. Jean Dormieu La Nuit. Un jeu de mots des plus terre à terre, une galéjade d'enfant qui l'avait marqué à vie, puisque ce surnom s'était avéré adéquat pendant les années de lycée et pendant les révisions des concours. En effet, Jean avait travaillé durant ces périodes bien plus la nuit que le jour, car il n'y avait que dans le sommeil diurne que son rêve ne le hantait pas.
- Bien Phil. Et toi ?
- On fait aller. Alors, je vois qu'on glande toujours autant en info !
- C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! Pourrais-tu me dire pourquoi à huit heures et demi passées tu n'es pas dans ton bâtiment avec les autres techniciens ?
- Bah, sacré Jean, toujours à partir sur les chapeaux de roue ! Il y a eu un accident et j'suis v'nu chercher le toubib.
- Rien de grave au moins ?
-Non, mais un truc complètement dément ! Des gars du local technique étaient en train de retailler des planches à la scie circulaire quand un mec est arrivé -- le copain d'un prof je crois ; pour leur demander s'il pouvait raboter un peu un meuble ancien moyennant finances, bien sûr.
- Bien sûr. Et au black en plus !
- Evidemment. Alors, ils s'apprêtaient à restaurer ce coffre, quand ce bidule a commencé à luire. L'un des gonz a essayé de l'entamer à la scie sauteuse ; eh ben, la machine s'est retournée contre lui et lui a coupé deux doigts ! Enfin, à en croire ces types... Ils doivent être complètement ravagés. D'ailleurs, actuellement, ils sont en observation au service psychiatrique de l'hôpital. Ils sont dans un délire style heroic fantasy: Ils n'arrêtent pas de parler d'une lance avec un soleil et la mer, des trucs dans le genre.
Jean sentit son cœur se nouer et ses membres se raidir. Une froideur glaciale envahissait son corps et de la sueur perlait sur ses tempes. Ce rêve obsédant pouvait-il avoir une connotation réelle ? Daphné devait avoir raison ; il faisait peut être trop de jeux de rôles et cela perturbait son esprit. Pourtant, il correspondait parfaitement à ce que la société appelle un individu normal.
Il fallait qu'il sache. Essayant d'articuler du mieux qu'il pouvait, il demanda à son ami :
<< Une lance sortant de la mer et qui brille à la lumière du soleil levant ?
- Ouais, c'est ça. Pourquoi ? C'est un thème connu dans vos trucs de jeux de rôles ?
- Hein ? Euh... ben... ouais, quand même, dit-il dans l'espoir de dissimuler à Philippe son intérêt pour cette histoire. Il se renseignerait pour aller parler avec ces deux hommes. C'est pourquoi il ajouta :
<< Au fait, ces gars, je les connais ?
- J'pense pas.
- Bah, dis toujours.
- Jules Molovski et Stéphane Laborin.
- Non, connais pas.
Jean allait demander de quel hôpital il s'agissait, quand son enseignant arriva. Il prit congé de Philippe et entra dans la salle de cours.
En fin de journée, après avoir appris que les deux personnes dont il voulait faire la connaissance se trouvaient à l'hôpital Rochemont, Jean prit le bus en direction de la banlieue nord.
Voilà ma chère Oph ; j'espère que ce passage aura assouvi ton besoin de cohérence... 
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Dernière mise à jour par : Neitsabes le 09/09/02 22:39
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Réponse au Sujet 'Dès que je trouve un titre...' a été posté le : 23/09/02 23:09
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NB : Cela peut vous paraître un peu long au premier abord mais c'est du dialogue essentiellment (donc, ça se lit vite) et ensuite je ne peux pas le couper pour la bonne cohérence de ces posts.
Arrivé à destination, il pressa le pas, car il ne disposait plus que d'une petite demi-heure avant la fin des visites. Il se dirigea vers l'hôtesse d'accueil qui lui appris que les deux hommes se trouvaient dans la même chambre. Le jeune étudiant en informatique gravit aussitôt les escaliers rapidement et esquivait du mieux qu'il pouvait les autres visiteurs à force de "Pardon, monsieur !" et de "Excusez-moi, madame !".
Il parvint enfin à sa destination: la chambre 777. Il frappa.
Pas de réponse.
Cependant, un léger murmure semblable à une voix étouffée parvenait aux oreilles de Jean. Il se remit à frapper. Pas de réponse à nouveau. C'est alors qu'il décida d'entrer quand même. Au cas où, il pourrait toujours dire qu'il avait entendu une réponse qui serait alors venu de la chambre voisine. Il poussa la porte et entra.
<< Bonjour ! dit-il.
- 'lut ! répondirent les deux hommes.
- Excusez-moi de vous déranger, vous ne me connaissez pas mais votre histoire m'a intrigué et, voyez-vous...
- De quoi voulez-vous parler jeune homme ? coupa celui qui devait être Jules qu'on lui avait décrit comme blond avec une moustache et les cheveux longs.
Jean eut un doute.
- Vous n'êtes pas Jules Molovski et, vous, Stéphane Laborin, demanda-t-il regardant tour à tour ses interlocuteurs.
- Si, bien sûr. Mais que voulez-vous ?
- Et bien voilà, je m'appelle Jean Dormieu et je suis à la fac. Nous avons un ami commun : Philippe Lacadière.
- Ah! C'est vous La Nuit ! Enchanté de vous connaître. Philippe nous a souvent parlé de vous. Pas vrai Stéph ? Le technicien, encore en bleu de travail, acquiesça de la tête.
Jean se sentait gêné. Ce n'était pas seulement le fait qu'on l'affuble encore de ce surnom ridicule à son âge, Non, il y avait autre chose ; quelque chose qui n'allait pas. Phil lui avait toujours dit que les techniciens de la régie étaient des gens très sympathiques et même familiers, voire grossiers ; ce qui, d'ailleurs, ne l'avait pas surpris. Or, voici deux individus qui appellent son ami "Philippe" et reste polis alors que visiblement il les ennuyait.
Il est vrai que se retrouver au beau milieu du service psychiatrique d'un hôpital à attendre qu'une blouse blanche vous autorise à réintégrer la société n'a rien de drôle. Il est alors légitime de nier ce qu'on a vu ou cru voir. pensa-t-il avant de tenter un nouvel essai.
<< Vous savez, je comprends pourquoi vous ne voulez pas m'en parler, mais il n'y a aucune blouse blanche à l'horizon. >>.
Il s'attendait à une réponse mais il n'obtint qu'un silence gênant et des regards détournés. Aussi, il ajouta :
<< Bon, j'étais juste venu vous dire que votre histoire m'intéressait, parce qu'il se pourrait que j'en connaisse certains éléments, mais je ne peux vérifier ma théorie qu'avec votre coopération. Alors, s'il vous prenait l'envie de discuter avec moi au sujet d'une lance sortant des flots et dont la pointe en argent est irisée par les rayons du soleil levant...
Il s'apprêtait à sortir, quand Laborin cria :
<< Attendez ! Seriez-vous versé dans la magie ?
- Moi ? Non, mais...
- Ca suffit !, vociféra Molovski. Stéph, tu m'avais promis de ne pas recommencer !
- Mais elle a parlé, bordel ! Tu l'as entendue comme moi ! Et ce mec semble en savoir pas mal sur la question.
- Il ne fait que répéter ce que Phil ou les toubibs ont pu lui dire !
- C'est faux, déclara l'étudiant. Il est vrai que Phil m'a parlé mais il n'a pas précisé les détails, du moins pas avant que je ne les lui demande pour vérifier mon hypothèse.
- Laquelle ? demanda Jules sur un ton moqueur.
- Celle d'un rêve qui me poursuit depuis mon enfance et qui aurait une part de... réalité.
- Après les copains incrédules et les médecins soupçonneux, voilà qu'on a affaire à un rêveur ! ironisa l'homme à la moustache blonde.
- Et moi je perds mon temps avec deux poivrots qui ne savaient pas comment couvrir un accident du travail survenu pendant leurs magouilles !
- 'y a pas de mal à arrondir ses fins de mois, mon garçon.
Jean, irrité, tourna les talons et ouvrit la porte... qui fût refermée aussitôt par le jeune homme brun en bleu de travail.
<< Vous ne pouvez pas nous promettre des éclaircissements pour disparaître, dit-il, l'air chagrin et courroucé à la fois.
- C'est juste. Mais dites à votre ami de rester poli !
- D'accord, promit le vieux Jules.
- Tout d'abord, vous disiez que elle vous avez parlé. A qui faisiez-vous allusion ?
- La lance. Ou alors, une voix-off tandis que l'image de la lance flottait devant nous.
- Cette image, flottait-elle comme un drapeau ?
- Oui. Alors que savez-vous ?
- Rien qui puisse vous éclairer, j'en ai peur. De plus, vous ne me croiriez pas. Disons qu'il s'agit d'une vieille légende. Pourriez-vous m'en dire plus et me conter exactement ce qui s'est passé ?
- Attendez ; je comprends rien à votre charabia. Vous...
Il fut interrompu par la montre de Jean qui sonnait huit heures. Il n'allait pas tarder à devoir partir.
<< Ecoutez, reprit-il, avant que je parte, pourriez-vous au moins me donner le nom du propriétaire du coffre ?
- Ben, puisque ça a l'air si important pour vous et que j'y comprends rien, je suppose que oui. Il s'appelle Arnold Gardner, c'est un diplomate allemand et il a une passion pour les antiquités.
- Je vous remercie. Au fait, pourriez-vous me dessiner ce que vous avez vu ?
- Vous en savez plus que moi là-dessus.
- Non, je parle de l'objet en question. Y avait-il des dessins ou des symboles gravés sur ce coffret? Cela m'aidera à le reconnaître si son propriétaire ne veut pas me le montrer.
- Vous avez de la chance que je sois chargé des croquis et des plans ; je vais essayer d'être le plus fidèle possible. Je tâcherai de vous faire ça. Ceci dit, si vous comptez rencontrer cet homme, je vous conseillerais d'agir vite. Je crois qu'il repart pour Tübingen demain matin.
- Merci du tuyau, et bon rétablissement !
Voilà. Encore un grand merci à ceux et celles qui sont parvenus jusqu'ici. Ainsi qu'à tous ceux qui m'ont envoyé leurs félicitations via PM, mais personnellment, je préfère dans le thread car sinon j'ai l'impression de parler tout seul...
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Dernière mise à jour par : Neitsabes le 24/09/02 16:13
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Et une brouette ! Et une ! :) a été posté le : 24/09/02 15:29
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Bon, je profite d'un chtit moment libre pour vous livrer la fin du chapitre.
Jean rentra chez lui à pied. Il éprouvait le besoin de réfléchir et de se détendre. L'air était doux et frais en cette fin de Printemps et le soleil rose-orangé déchiré par les gratte-ciel donnait à la ville un aspect irréel.
Il eut alors l'idée de passer dans son dojo afin de voir s'il pouvait assister à un cours ce soir à titre exceptionnel. Cela faisait dix ans qu'il pratiquait le karaté et le kendo dans le même club ; les maîtres ne lui refuseraient pas ce service. Récemment, il s'était initié à l'escrime, mais le club était fermé aujourd'hui.
De plus, il fallait absolument qu'il libère la tension accumulée ces derniers temps et qui avait atteint, pensait-il, son paroxysme au cours de cette troublante journée. Il décida donc de se mettre en retard, et ce, sans prévenir sa fiancée, car il ne voulait pas donner d'explications, du moins pour le moment. Il n'aspirait qu'à une chose maintenant : se défouler afin de reprendre le contrôle de son esprit qui paraissait bien tourmenté depuis ce matin.
Il tourna au coin de la rue, entra et se dirigea directement vers les vestiaires. La chance lui souriait, car il n'y avait presque personne ce soir-là sur le tatami.
Il s'entraîna avec tant d'ardeur qu'il en oublia l'heure et ne s'arrêta qu'à la fermeture de la salle. Il prit une douche et s'habilla en toute hâte. Daphné devait certainement l'attendre de pied ferme. Comment se tirer de ce mauvais pas ? Bah, qu'importe ! De toute façon elle ne le croirait pas, alors pourquoi se tourmenter davantage ?
Il décida quand même de rentrer à pied. Non seulement le métro était dangereux à cette heure-ci, mais plus encore, Jean avait besoin d'air, de voir les choses, de marcher. Il mis son casque de baladeur et se mit à déambuler dans les rues. Les gens défilaient devant lui comme un film, la vie des autres s'écoulait sous ses yeux pour laisser ses pensées dériver.
A ce wknd pour le prochain chapitre ! 
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Dernière mise à jour par : Neitsabes le 24/09/02 16:04
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Il suffira d'un Cygne...

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Réponse au Sujet 'Dès que je trouve un titre...' a été posté le : 26/09/02 08:44
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Au début du récit, j'ai cru réellement que Jean était un gamin de 10 12 ans, et que la bonne femme était sa mère !
Non ca a l'air en fait d'être un vieux couple ancré dans ses habitudes, ce qui est révélateur c'est que Jean ne fait même pas un signe d'au revoir à Daphné qui est au téléphone...
Donc, cette relation est pour moi trop mère-enfant, voilà tout 
-------------------- Les racistes, c'est comme les arabes : ça ne devrait pas exister. (Coluche)
Propriétaire et inventrice des concepts suivants : TPMG, CNAQA, JITVB
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Réponse au Sujet 'Dès que je trouve un titre...' a été posté le : 26/09/02 12:46
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Arf !
Ben, c'est normal, c'est l'instinct maternel.
Et pour les au-revoirs, vu la précipitation avec laquelle il part, c'est pas dit qu'il y pense.
Sinon, ça va, car vous allez voir que Daph peut être plus intéressante mais là, le truc voulu était un démarrage rapide afin de vite rattrapper le prologue (c'est pas gagné lol ).
Mais bon, je dois donc conclure que votre silence sur le style, le rythme ou l'orthigraphe que je dois continuer ?
Bon, je vais voir si je peux poster quelque chose avant mon départ pour Bruxelles...
Et merci encore de me donner vos impressions ! 
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