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Elite Troups

-= Chaos Elite Troops =-
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Réponse au Sujet 'Isaac Asimov' a été posté le : 23/06/10 07:47
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Bon allez hop, on remonte des vieilleries pour parler de vieilleries.
Moi j'aime pas trop Asimov, je ne savais pas trop pourquoi. Je n'ai aucun souvenir du seul bouquin de fondation que j'ai lu (Fondation et Empire je crois), je me souviens vaguement de Azazel, de plusieurs bouquins du cycle des robots et je suis à peu près sur d'avoir lu le premier volume de Face aux feux du soleil et Cailloux dans le ciel.
Récemment, parce que quand même il faut se cultiver, je m'y suis remis. J'ai donc lu quelques nouvelles supplémentaires et entamé les fabuleuses aventures de David Starr, le justicier de l'espace. J'avoue, le dernier je le lis plus par amour du kitsch en SF que pour Asimov.
Mais du coup, j'ai mis le doigt sur ce qui me déplaît chez Asimov. Les robots, l'espace et tout ces trucs m'avaient aveuglé et je ne m'étais pas rendu compte que fondamentalement, Isaac Asimov c'est l'Agatha Christie de la SF.
La formule qu'Asimov reprend dans la quasi totalité des nouvelles que j'ai pu lire est strictement celle d'un roman policier de Christie, on s'interroge sur l'identité du coupable et la façon dont il s'y est pris pour commettre son forfait. On assiste même à ces amusantes scènes finales, où le détective réunit tout le monde dans le salon pour confronter le coupable, après avoir établi l'innocence des autres. La seule différence, c'est le mode opératoire, parfois l'énigme que l'on cherche à résoudre.
D'un côté, je salue le concept, surtout qu'Asimov, apparemment un excellent vulgarisateur scientifique, expose très bien la situation scientifique. On nous parle d'astronomie, de gravité, de logique, etc. C'est quand même très bien foutu et l'astuce au coeur de chaque récit réside toujours dans une des conséquences logiques des prémisses. En plus, Asimov ne triche pas trop avec son lecteur (beaucoup moins que Christie) et pour peu qu'on se prenne au jeu, il est possible d'essayer de résoudre l'énigme tout seul comme un grand. Asimov se montre aussi très visionnaire dans certaines nouvelles (il prévoit par exemple l'apparition d'ordinateurs de taille réduite après la résolution le problème des tubes à vide par l'électronique).
Mais bon d'un autre côté, ça doit faire quinze ans que je ne lis plus Christie, me lassant un peu de ses personnages en carton, du manque d'ambition de ses romans, de la répétitions du même schéma jusqu'à l'écoeurement et du fait qu'elle n'arrête pas de tricher.
Et Asimov, c'est un peu la même chose. Les personnages sont assez peu attachants (Susan Calvin n'arrive même pas à être antipathique, quoique la concernant, je pense que l'idée est d'en faire un robot, ce qui est dans ce cas réussi), les intrigues se résument à démasquer un coupable, les rebondissements sont un peu ridicules. J'ai souvent l'impression de lire Flash Gordon en plus rigoureux. Quant au style, si vous accordez de l'importe à cet aspect, il est professionnel : ça se lit bien, ça ne nécessite aucun effort, c'est totalement dénué d'intérêt mais ça marche (donc quelque part ce doit être réussi).
Bon il faut que je vous parle du justicier de l'espace quand même. Sérieusement, le justicier de l'espace ? Bon ça a été écrit en 1950. Mais quand même quoi. Le justicier de l'espace. J'en ris encore.
L'édition que je possède est un gros livre qui réunit six courts romans, illustré par Patrice Sanahujas (j'imagine qu'il existe un lien de parenté avec Simon Sanahujas ? Après vérification, il s'agit de son fils), illustrateur entre autres de Bob Morane et de Doc Savage (on ne peut pas se tromper !) nous narre les aventure de David "Lucky" Starr (oui, le surnom est formidable), un jeune et brillant agent du conseil scientifique, une sorte de super agence gouvernementale.
Ces récits sont de grands moments de n'importe quoi. Entre le héros surhumain, son faire-valoir musculeux, caractériel et, évidemment, roux, les plans complètement débiles pour confondre les méchants, les méchants encore plus débiles, l'apologie du libéralisme débridé et, cerise sur la gâteau, l'identité secrète de justicier de l'espace, aussi crédiblement secrète que l'identité de Superman (ou de Fantômette, ça se vaut), je ne sais plus où donner de la tête. Je suis heureux comme quand j'étais petit et que je découvrais Perry Rhodan. Et si je vous dis qu'en plus il y a des martiens surévolués qui décident d'aider David Starr dans sa quête de justice en lui filant du matos, vous ne vous tenez plus de joie, vous voulez le lire !
Donc David Starr, ce sont des romans policiers dans l'espace avec des éléments nanars irrésistibles. Je recommande, ça se lit vite et on rigole.
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Dernière mise à jour par : Jormugaund le 23/06/10 07:49
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-= Chaos Genitor =-
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Réponse au Sujet 'Isaac Asimov' a été posté le : 23/06/10 11:41
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Rhobentiens, un sujet sur Asimov qui remonte au moment même où je finis de lire The Complete Robots, de lui. Qui est un compendium de toutes ses nouvelles de robots (en VO), triées et préfacées par lui-même.
Et la progression (pas du tout chronologique, mais plutôt logique) est très intéressante, commençant par une nouvelle où un enfant lunien se voit offrir un vrai chien en remplacement de son chien-robot, et finissant par The Bicentennial Man qui est l'histoire d'un robot qui se transforme pour devenir un homme. Bien entendu, on voit Susan Calvin, on nous rebat avec les trois lois de la robotique, mais on a aussi droit à quelques nouvelles qui changent, comme cette histoire de maison de retraite pour voitures-robot, ou cette nouvelle de robot qui devient un fou mystique.
De façon plus générale, il ne faut pas perdre de vue qu'Isaac Asimov (peut-être l'ai-je déjà dit par ici, j'ai eu la flemme de relire le sujet ) ne voyait pas la SF comme un style de littérature, mais comme un univers. Ainsi, dans un ensemble relativement cohérent (et parfois même avec les mêmes personnages), on a droit de sa part à une saga épique (le cycle de Fondation), des enquêtes policières (dans The Complete Robots, par exemple, on a droit à un joli whodunnit avec R. Daneel Olivaw), des histoires d'amour (parfois même avec du poil autour: c'est de lui que j'ai lu la première "description" -très prude- de scène de fesse dans l'espace -sa note préliminaire expliquait que son éditeur lui avait commandé une histoire avec du sexe), etc.
Regards,
Skro
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